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Moteur d'avion
"Fly Me To The Moon" (Julie London)
-"Les femmes
ne sont pas faites pour..."
-"Découpez l'épaule en trois cubes de trois centimÚtres de cÎté,
et le lard en lardons."
-"Les femmes ne sont pas faites pour quitter le foyer."
- C'est bien vrai, ça.
- N'importe quoi.
Sonnerie C'est l'heure !
- Natacha, doucement.
- Natacha !
- Madeleine ! Ma Suze !
- Cinq, quatre, trois, deux, un, décollage !
- C'est le Transatlantique, ça.
- Waouh ! Le Transatlantique !
- Il était une fois une petite fille
qui s'appelait Natacha Malot,
et qui ne rĂȘvait que d'une chose :
se casser de chez elle !
Enfin, partir, voyager, découvrir le monde.
Comment faire quand on est nĂ©e Ă une Ă©poque oĂč les jeunes filles
sont censĂ©es quitter leurs parents pour ĂȘtre femmes au foyer ?
- On va enlever les bigoudis ?
- Le destin n'allait pas tarder à lui donner une réponse.
Rire Et hop.
Une bouclette.
Oh, c'est plat.
Plat, plat, plat.
Je suis confuse, Mme Malot.
On y arrivera pas.
- Si ses cheveux étaient plats, la Terre ne l'était pas.
Ce jour-là , Natacha découvrit pour la premiÚre fois
le monde merveilleux des hĂŽtesses de l'air.
Le petit souci, c'est que Natacha n'était pas née
avec le physique adéquat
pour devenir une de ces crĂ©atures de rĂȘve
entiÚrement dédiées au bonheur des hommes.
Au-delà de son inéluctable platitude capillaire,
elle souffrait aussi d'un corps trop long...
- C'est bon, la petite voix ! J'entends !
- Oh, merde. Bizarre, ça n'arrive jamais.
- Je corresponds peut-ĂȘtre pas aux canons dictĂ©s par ces phallocrates,
mais je suis pas un thon non plus.
- Non, ce que je veux dire...
- Oui, on a compris. Tout le monde s'en fout.
Ăa m'empĂȘchera pas de faire ce que je veux.
- MĂȘme si elle n'Ă©tait pas spĂ©cialement gĂątĂ©e
par Dame Nature...
- C'est parti !
-... Natacha Ă©tait dĂ©cidĂ©e Ă rĂ©aliser son rĂȘve.
- Madame...
Mesdames, messieurs, nous traversons une zone de turbulences.
- Elle s'entraĂźna d'arrache-pied.
Fit tout ce qu'elle put pour défier les lois de la gravité.
Elle savait que les hĂŽtesses n'ont pas le droit d'avoir peur
et pour se forger un mental d'acier,
elle ne lĂąchait jamais rien.
Car, comme sa grand-mĂšre le lui avait toujours dit...
- Maman, j'ai pas fermé la porte !
- Quand on veut... - Les courants d'air !
-...on peut.
Soupir
- C'est une girafe !
- Quelques années plus tard, on passait aux choses sérieuses
et on se confrontait
aux filles les plus parfaites de sa génération.
- Mesdemoiselles, les candidates retenues
sont les numéros
deux, trois, quatre,
cinq,
et neuf. Félicitations, mesdemoiselles.
Les autres, éliminées.
C'est de la triche, mademoiselle.
Revenez l'an prochain.
On vous gardera jusqu'à la chorégraphie.
Musique entraĂźnante
- Hélas, on ne pouvait passer le concours qu'une fois par an.
- Bonjour.
- Hello.
- Au revoir.
- Goodbye.
- GOODBYE.
- Profils !
Chariot.
De dos.
Verre d'eau !
Coffre Ă bagages.
Ramasse. Allez !
Plateaux !
Mesdemoiselles, sont éliminées,
numéros trois et neuf.
- Je reste ? - Test du chapeau.
- Ah !
- Félicitations.
Eh non. Trop plat.
- C'est vrai que c'est plat.
Musique entraĂźnante
- Non, elle triche.
-Ăa passe.
- Turbulence.
Plus.
Plus. Plus.
Plus. Cri
- Cette année-là , Natacha passa les étapes
jusqu'au grand final :
la porte d'embarquement.
- Bonjour.
Applaudissements
Merci ! - Bienvenue chez France Atlantic.
- Le truc semblait pas compliqué.
Elle s'Ă©lança le cĆur battant,
son rĂȘve Ă©tait Ă portĂ©e de main.
-Ăa sert Ă rien de revenir tous les ans.
Vous avez deux centimĂštres de trop. Vous ne correspondez pas.
- Oh, je t'ai pas dit. La fille d'Yvonne a trouvé un mari.
Ăa donne de l'espoir. Avec une belle situation.
Un commercial.
Pourtant, elle est pas gracieuse, avec son nez.
- Je peux pas me marier. Interdit pour les hĂŽtesses.
- Tu n'es pas hĂŽtesse de l'air.
Mais de terre, préposée aux bagages égarés.
- C'est temporaire. -Ăa fait cinq ans, quand mĂȘme.
Et tu vas pas travailler toute ta vie.
Ăa fait fuir les hommes. Ils dĂ©testent.
On sonne. VoilĂ papa !
- Il prend jamais ses clés ? - Je suis là pour lui ouvrir.
Soupir Oh lĂ lĂ !
C'était moins une.
Aide-moi.
- Alors, Madeleine ?
- Il a failli me voir toute chiffon.
-Le ministre de la Culture, André Molrat, a annoncé que la Joconde...
- J'ai jamais compris
le tintamarre autour de ce tableau.
Une grosse Italienne en noir avec ses cheveux tout plats.
-Ăa l'empĂȘchera pas de traverser l'Atlantique.
- Chut, oh, les filles !
-Espérons qu'il sera moins long que d'habitude.
-Pourquoi nous avons décidé... enfin...
pourquoi j'ai décidé avec le Général
de prĂȘter la Joconde Ă l'AmĂ©rique ?
En un mot comme en cent, plutĂŽt comme en mille...
-Désolé, on va pas avoir le temps, c'est la fin de ce journal.
Pas de mille mots aujourd'hui.
VoilĂ , merci...
- Natacha,
nous voulions te parler, maman et moi.
Allez...
- Bien. Bon. Euh...
avec ton pÚre, nous avons bien réfléchi.
Tu es un peu grande pour vivre encore chez nous.
Tu vas fĂȘter tes 26 ans,
tu seras catherinette.
Moi, à ton ùge, j'étais déjà mariée
et tu étais née.
- On s'attendait à un garçon.
Et puis... et puis non.
- Merci, Roger. Super intervention.
VoilĂ , on est
un peu inquiets.
Tu vas finir vieille fille.
- Oh non, Madeleine.
Pas les larmes, je t'en prie.
Fais quelque chose, prends-la dans tes bras, je sais pas.
- Maman...
Calme-toi.
Il me reste encore
un an et six jours pour devenir hĂŽtesse et je vais y arriver.
- Non. Six jours.
- Quoi ?
- Il te reste six jours. L'ùge limite est passé de 27 à 26 ans.
Comme pour les catherinettes.
Je l'ai lu dans le Figaro.
- Pourquoi tu me l'as pas dit avant ?
- Les parents ne disent pas tout Ă leurs enfants.
-Ăa, c'est hyper important pour moi, papa !
C'est une catastrophe ! - Chérie !
C'est plus alléchant d'épouser un commercial
que de servir du café les chevilles gonflées.
- Mon rĂȘve, c'est de voyager, maman !
- Non, mais dis donc ! Oh, dis !
- Je serai jamais prĂȘte
pour passer le concours. - Réfléchis.
Commercial, c'est une bonne situation pour un mari.
- Employé de banque comme moi, ce sera bien aussi.
- Oui.
- On prendra ce qu'on trouvera. - Bien sûr.
- Jeune femme, vous entendez ce que je vous dis ?
- La chance d'ĂȘtre hĂŽtesses de l'air.
- Je ne peux pas travailler sans ma valise.
Musique douce
- Je suis commercial.
En poignées de porte.
Vous m'avez perdu deux valises remplies de poignées.
Et mes clients ?
- Mesdames, messieurs...
Brouhaha
- Mademoiselle, écoutez.
Si je fais...
Musique enchanteresse
- Allez, les filles, showtime !
On sourit quand on marche dans l'aéroport.
Sylvie, formidable, votre peau. - Merci.
- C'est l'eau précieuse que je vous ai conseillée.
Walter, c'est nouveau, la moustache ?
-Ăa vous plaĂźt ? - Je sais pas.
Hier, vous en aviez pas. Comme elle a poussé si touffue ?
- Ma mÚre était moustachue.
Elle était andalouse.
Olé !
- OĂč elle va ?
Elle fait quoi ?
- Allez, les filles.
Showtime !
- M. Walter ! - Allez, les filles.
- Walter !
- Vous ĂȘtes sur une rampe rĂ©servĂ©e au personnel volant !
On est Ă la limite du harcĂšlement.
Que me voulez-vous ?
- Je dois repasser le concours. Je vous en supplie.
Je vais avoir 26 ans et...
- Qu'est-ce que vous n'avez pas compris les 3 premiĂšres fois ?
Vous ne correspondez pas aux critĂšres pour ĂȘtre hĂŽtesse de l'air.
- Pour deux centimĂštres !
Mais deux centimĂštres, c'est rien !
- C'est non ! - Je parle cinq langues.
Je connais par cĆur les 197 pages du manuel de bord.
Et je suis nyctalope.
- Dis donc !
- Non, je vois dans le noir.
- Moi aussi, il suffit d'allumer.
Vous ne correspondez pas aux critĂšres. Regardez-vous !
- Ce que vous faites, c'est de la discrimination !
-Ăa n'existe mĂȘme pas. On est en 1963.
Si vous voulez bien m'excuser,
je suis attendu sur le Transatlantique, moi !
- Pour la premiĂšre fois, Natacha eut envie de baisser les bras.
L'avion qui attendait Walter et allait s'envoler pour New York
ne symbolisait-il pas
son rĂȘve qui s'Ă©loignait Ă jamais ?
- C'est nul. - Pardon ?
- Je parle de votre métaphore.
- Si vous croyez que c'est facile de trouver les bonnes images !
- Personne vous demande rien.
- Vous le prenez comme ça ? Je me casse.
- TrĂšs bien !
Faites ça !
Ma vie est foutue de toute façon.
Rires
- Il manque une hĂŽtesse.
- Si je vous ai fait venir, chers amis journalistes,
et chĂšre amie journaliste,
car je ne fais aucune différence,
ce n'est pas pour me faire mousser.
C'est parce que les Français, à travers vous,
et vous... "e"...
Oui, c'est pas terrible.
ont le droit de savoir
que j'ai pris la décision de voyager
en personne avec notre chĂšre Joconde
ici présente, dans cette boßte.
Elle a un siÚge à mes cÎtés en premiÚre.
Croyez-moi, je ne lĂącherai pas cette merveilleuse femme d'une semelle.
En effet, la Joconde...
Brouhaha
- 273 poignĂ©es de porte ! Elle est oĂč ?
- Natacha, tu ne pleures pas.
Respire.
Pleurs
J'ai dit non !
Ăa va ?
- Je vais me faire tuer.
- Quoi ?
Je comprends pas.
T'as grossi ? - Non, je suis enceinte de trois mois.
Faut que j'y aille.
L'avion peut pas partir sans le bon nombre d'hĂŽtesses.
Walter nous a tannées, là .
Disant que le vol était hyper important.
Il y a quelqu'un de supra important. - Lisa...
- Quoi ? - Hello.
Je connais par cĆur les 197 pages du manuel de bord.
Je suis hyper entraßnée. Je peux te remplacer.
- Toi ? - Oui !
Walter m'adore. On est comme ça.
Elle rit.
- Toi, hĂŽtesse de l'air ?
Toi ?
Mais t'es folle ?
Natacha !
Elle rit.
Elle va cogner la tĂȘte contre...
"Hollaback Girl" (Gwen Stefani)
Au secours !
Natacha !
- Que faites-vous lĂ ?
- Lisa a un empĂȘchement. - Vous ĂȘtes folle ?
- C'est l'hĂŽtesse manquante ? - Oui.
- Des heures qu'on attend. Vous vous refaisiez une beauté ?
- C'est Natacha "La Molle". La grande gigue aux cheveux plats.
- Pas besoin de polytechnique pour servir des cafés.
Rejoignez vos copines.
- Peut-ĂȘtre La Victoire de Samothrace...
ou la Vénus de "Milou". Milo.
Ăa aurait pesĂ© moins lourd.
- Elle ne correspondra pas. - Walter...
- Elle va se cogner ! - Walter ! Walter !
- Elle est laide. - Je vous dis que ça ira.
- La liste de ceux que troubla cette mystérieuse femme...
- Pas la liste.
-Ă commencer par
Leonardo Da Vinci lui-mĂȘme,
qui a dit en parlant de son Ćuvre :
"Il m'advint de peindre une fois dans ma vie."
- Waouh...
- Il l'a dit. Klaxon
- Attention, un camion !
- Oh, mon Dieu !
- C'est un hold-up, personne ne bouge !
- Donne-moi la Joconde.
- Que se passe-t-il ?
- Non !
Ah non, non, non !
Personne ne vole le bagage d'un passager !
- Laissez-les aller, bordel !
- Embarque-moi ça. - Non !
LĂąchez-moi !
- Prenez-la, on l'aime pas !
Natacha crie.
- Ils les prennent en otage !
Musique de suspense
- Youhou !
- Quand je pense que j'allais réaliser mon premier vol !
Je suis mĂȘme pas montĂ©e dans l'avion !
- Je vous aurais pas laissée monter.
- Cette femme qui nous appartient Ă tous,
je parle bien sûr de la Joconde, pas de vous.
Je ne me permettrais pas.
Cette femme compte sur moi.
La France compte sur moi.
Le Général compte bien plus que vous ne le pensez sur moi.
Je ne déroge pas à mes responsabilités.
En tant que représentant de la France et chef de la Culture,
et général de la... de la...
- Voilà , voilà . On a dépassé la voiture.
- Je retrouverai la Joconde.
Entrez, Jacques ! Vous ĂȘtes lent.
Charmante, la petite journaliste.
C'est bien qu'il y ait des femmes.
- On va vraiment retrouver la Joconde ?
Et les deux otages ?
Les pauvres.
- Quels otages ?
- J'espÚre qu'ils nous découperont pas en morceaux.
C'est la pire des morts.
Ăa fait super mal.
- Vous avez peur ?
- Non. - Ah si !
- Nous, personnel volant,
sommes formés pour ne pas...
On s'arrĂȘte.
- Eux, on s'en débarrasse ?
- Oui, ils étaient pas prévus au programme.
- On est dead.
- Tout le monde descend ! - Bonjour.
- C'est l'heure de se séparer.
- LĂąchez-moi !
La Joconde !
Elle gémit.
- Faut se calmer, ma petite !
Allez.
Musique de suspense
- Non. Non...
- Ils sont partis ?
- Oui. - Partis, partis ?
- Partis, partis ! La Joconde aussi !
- On s'en fout.
Revenez, faisons le mort encore un peu.
- Ils sont hyper loin, c'est une catastrophe !
- Bon débarras.
Je déteste les gens qui prennent en otage les autres.
On sait pas du tout oĂč on est.
Bon, lĂ ,
va falloir marcher pendant...
Pourquoi vous courez ?
- Ils vont vers Caen-Carpiquet ! On est en Normandie !
- Comment vous le savez ?
- C'est le seul endroit d'oĂč dĂ©colle le type d'avion qu'on a vu.
-Ăa rĂ©pond pas Ă ma question. Pourquoi vous courez ?
- Ces énergumÚnes se barreront pas avec la Joconde !
- C'est pas Ă nous de... Ă mon avis...
- Les colis des passagers sont sous la responsabilité du personnel.
- C'était son bagage cabine à Molrat, la Joconde.
MĂȘme pas, elle Ă©tait passagĂšre.
Mais attendez !
C'est sûrement la saison des tiques !
Musique de suspense
- Magne-toi !
On se retrouve Ă Londres.
- Fais gaffe, c'est la Joconde.
- Bon, on aura essayé.
Mais ça ne sert à rien.
Elle grommelle.
Musique triomphale
On fait de grosses journées avec vous. - Allez !
-Sur le tarmac, les ravisseurs ont pris la Joconde
alors que le ministre de la Culture, André Molrat
faisait son long, long
discours devant tous les journalistes.
La Joconde devait initialement rejoindre les Ătats-Unis d'AmĂ©rique.
Ă l'origine, ce prĂȘt exceptionnel
devait faire partie d'une initiative culturelle...
-Ă nous deux, ma belle.
- On va oĂč, lĂ ?
Je me suis fait les croisés.
- Allez, donnez-moi ça. Rendez-la-moi.
"Le sifflet des copains" (Sheila)
- Stop ! - ArrĂȘte-toi.
- Attention, ce sont des yéyés.
- Bonjour ! - Salut, les copains !
- Ce sont des yéyés ! - Ouais !
- Déposez-nous au village. Il nous faut un téléphone.
- Bien sûr. C'est là qu'on va. - Merci.
MĂȘme si c'est pas trĂšs rassurant.
Vous voulez téléphoner à qui ? - Molrat.
Pour dire qu'on a la...
Si on la ramÚne, il me laissera monter sur le vol qui va en Amérique.
- Vous transportez quoi ?
- Un poster. - La Joconde...
- D'Eddy Mitchell !
- Ah bon ?
- Un poster d'Eddy Mitchell.
- D'Eddy Mitchell oui, et des Chaussettes Noires.
- Classe.
- J'ai horreur d'Eddy Mitchell ! - Chut !
- Y a une fĂȘte au club nautique, ce soir.
- Ah non. On a été kidnappés.
- Si ! Ah, bien sûr !
- Oh non...
Oh, les cons...
Ils ont rien compris. Ils comprennent tout Ă l'envers. Oh non.
Ils me détestent.
Et les photos sont moches !
Et ce foutu suffrage universel !
Téléphone
Oui, j'arrive.
André Molrat à l'appareil.
- Bonjour, M. le ministre. Je suis Walter Campion,
le courageux steward pris en otage en voulant sauver la Joconde.
- Ah oui, oui. -Je suis sain et sauf.
C'est la bonne nouvelle. Tout va bien.
Plus de peur que de mal.
Rassurez aussi ce cher capitaine Turbo.
- Ah, super. -VoilĂ , super.
Je vous appelle car j'ai en ma possession la fameuse Joconde.
Tengo la Joconda.
Ăvidemment, il Ă©tait hors de question
que je la laisse aux mains de ces terrifiants...
-ĂnergumĂšnes. -ĂnergumĂšnes.
- Je comprends pas. La Joconde n'est pas arrivée à Londres ?
Ils ont pas pris leur petit avion, les autres ?
- Qui ?
- Les voleurs.
- Si, ils ont pris un petit avion, mais aprĂšs je sais pas oĂč...
- Comment il sait ça ?
- Vous ĂȘtes pas seul ?
- Il sait mĂȘme pour l'avion ! - Natacha !
C'est un homme important. Il sait des choses
que le commun des mortels,
surtout les bonnes femmes, ne peuvent pas savoir.
- AllĂŽ ? Vous ĂȘtes lĂ ?
-J'essayais
de me débarrasser d'une moche.
D'une mouche !
- Vous ĂȘtes oĂč, lĂ ?
- Toc, toc, toc.
- Au comptoir. - PrĂšs d'Omaha beach.
- Ma Beach.
- Omaha beach !
- Oh, ma biche ?
- Omaha beach.
- Omaha beach.
- Omaha beach.
Une plage du débarquement. C'est parfait !
J'organiserai une conférence de presse comme le Général.
On se retrouve demain sur la plage à 8h pétantes.
Et n'en parlez surtout Ă personne.
Sécurité nationale. -Génial !
à demain, M. le Président.
- Le ?
- Non, M. le ministre.
Peut-ĂȘtre un jour prĂ©sident...
Il a raccroché.
VoilĂ . C'est plus simple quand les hommes font le boulot.
Hein, ma grande ?
Il hurle. Oh non.
- Y a pas que votre moustache qui colle pas.
- Je saigne. - Molrat, je le sens pas.
J'ai besoin d'un verre.
- Moi, je vais pioncer. On dort oĂč ? On n'a pas rĂ©servĂ©.
- On n'a qu'Ă pas dormir. Dansons.
Les yéyés.
- Vous ĂȘtes grotesque.
- Fidel Castor pour Chandail Jaune.
Fidel Castor pour Chandail Jaune. -Je t'écoute.
- Chandail Jaune, tu devineras jamais.
Je vais débunker. Je vais enfin savoir si j'ai raison.
Terminé.
Je te tiens, Molrat.
Rire
-AllÎ, ça va ? - Pardon, pardon.
-Un problĂšme ? - Non, non.
Je rigolais pour autre chose, Jean-Denis. Terminé.
-OK, bisous !
Il rit.
Je te tiens, Molrat !
-Ăa s'est pas passĂ© comme prĂ©vu, mais j'ai retrouvĂ© la Joconde.
Je tiens mon appel du 18 juin.
Dans ton cul, mon Général !
Demain, vous me convoquez toutes les radios.
Pour une conférence de presse comme ça.
Beaucoup de photographes sur la plage.
- C'est plus Ă Londres ?
J'ai organisé le...
- M'emmerdez pas, Jacques.
Ce qui compte, c'est l'image. Beaucoup d'images !
Plus les gens me verront dans le monde, plus ils m'aimeront.
Plus ils m'aimeront, plus ils m'enverront des petits messages
qui déclencheront des petites décharges de dopamine
qui feront que je me sentirai bien.
Vous saviez pas ça ?
- Non.
- Votre génération de boomers...
Vous serez moins con en vieillissant.
- Merci.
- C'est pas son genre de rentrer si tard.
- Elle doit parler chiffon avec ses copines.
- Ou elle a rencontré quelqu'un.
-Ăa m'Ă©tonnerait.
- Un futur mari, peut-ĂȘtre.
Elle ne doit pas dormir avec lui ou il ne l'épousera pas !
Roger ?
"Sur la planche 2013" (La Femme)
- Walter !
Walter !
On avait bien besoin d'un verre.
Vous ĂȘtes drĂŽle, bourrĂ©. Moins coincĂ© que d'habitude.
Venez au bar.
- Je suis pas coincé, mais sérieux, comme mon pÚre.
Il est mort quand il avait cinq ans.
Non !
Il est mort quand j'avais... cinq ans.
- Oh non, Walter, désolée. - C'est pas grave.
HĂ©, oh !
Faut pas le dire. Je suis l'homme de la maison. Je dois ĂȘtre fort.
Coincé ? Je t'en foutrais.
Tous Ă poil !
Et tous Ă l'eau !
- Walter ! Walter ! Walter !
- Allez, mon petit Jacques. Klaxon
- Ah. Levez-vous.
Walter, ils sont lĂ .
- C'est mon ministre.
- J'ai hĂąte de lui poser des questions.
Il est louche. - Non, c'est vous, louche.
- Vous ĂȘtes nu.
- Stop ! On arrĂȘte.
Quand je dis "on arrĂȘte", on arrĂȘte.
- OĂč est la Joconde ? - OĂč on l'a mise hier.
- Aucun souvenir. Allez la chercher. Il va attendre.
- Ouais.
- Allez ! Vous ĂȘtes molle. - Je l'ai Ă l'Ćil.
- Ah, mon heure de gloire a enfin sonné.
- M. Molrat !
M. Molrat !
Je suis lĂ !
- C'est quoi, ça ? - Votre rendez-vous ?
- Ben non.
Que fout lĂ cet hurluberlu ?
- Euh...
Pourquoi c'est...
HĂ© !
Monsieur !
- Que fait-elle ?
- Monsieur ! Oh !
Qu'est-ce que vous faites, lĂ ?
Lùchez ça ! Rendez-la-moi !
- Elle fait quoi ?
- Bouge ! - Non, jamais. Jamais.
Laissez-la. Non ! On nous ment !
On nous ment ! Molrat nous ment.
- Ah, il est louche.
- Venez. Faut pas qu'ils aient la Joconde. C'est un complot.
Montez.
- C'est qui, lui ?
- DĂ©pĂȘchez-vous. - Vous faites quoi ?
- Molrat nous ment !
- Non ! - Montez !
- Ben !
C'est une catastrophe !
Ma Joconde !
Ma Joconde ! - Molrat !
- Non, messieurs, messieurs !
- C'est qui, lui ?
- Bertrand Fouart-Michel.
BFM pour les intimes.
- Pourquoi avoir pris la Joconde ?
- Quelqu'un doit faire éclater la vérité !
Molrat a fomenté tout ça. Le faux vol de la Joconde.
Pour tirer la couverture Ă lui.
- J'avais raison.
- Messieurs, je vous en prie.
Messieurs, l'heure est grave.
Vous venez d'assister Ă un vol de haut vol.
Et comme disait la Joconde...
Musique triomphale
- Allez-y, Natacha.
Besoin d'aide ?
- On est oĂč, lĂ ?
- C'est chez moi.
- Pourquoi "Castor III" ?
- Les deux autres ont coulé.
- Super.
Ouh lĂ .
C'est impressionnant.
- Pourquoi vous faites sécher des petits papiers ?
- C'est une infime partie de mes recherches.
Quelqu'un doit garder les yeux ouverts.
Je suis pas seul. On est 10 complotistes en France.
On reste éveillés jour et nuit.
Personne nous dit la vérité.
Personne.
Regardez.
On nous le cache.
BientĂŽt, les femmes pourront travailler sans l'accord du mari.
Elles pourront prendre un médicament quotidien
mauvais pour la santé pour éviter de tomber enceinte.
Ăa sera remboursĂ© par la SĂ©cu !
On va payer.
- Tout ça est trÚs crédible.
Je peux vous parler en tĂȘte-Ă -tĂȘte ?
- Ce type est zinzin. - Il a de l'imagination.
- Molrat aurait pu nous sauver.
- De quoi ? Il a tout organisé. Vous n'avez pas compris ?
- Ah... - Oui.
- Non, pas compris.
Un homme de si belle allure que Molrat
peut pas ĂȘtre un traĂźtre.
- Au risque de vous décevoir,
on peut pas se fier Ă un homme au gouvernement.
- La gigue a raison.
Molrat veut prendre la place du Général par tous les moyens.
Il fait partie
d'un complot pour supprimer les humains. Il vient de Vénus.
Quand il cligne des yeux,
un Vénusien arrive sur Terre.
De rien pour l'info !
- Merci beaucoup !
C'est un malade. - Faut se tirer d'ici.
Y a de la flotte partout.
- Je récupÚre la Joconde et on s'échappe en bateau.
- Il l'a sortie lĂ . - Oh, lĂ .
- Il fait quoi ?
- La vraie Joconde est peinte sur du peuplier.
On reconnaßt l'odeur quand ça brûle.
- Non, vous faites quoi ?
- J'attends ça depuis des années.
Je pouvais pas me le procurer seul. Je suis agoraphobe.
- Non. Non ! Non ! - Si. Si ! Si !
- Non... Oh lĂ lĂ ... Oh lĂ lĂ ...
- On doit savoir. -Ăa brĂ»le !
- Oh lĂ lĂ ... Soufflez !
Ăteignez, lĂ !
Ăteignez !
J'y vais, j'y vais !
Non !
Musique céleste
Natacha halÚte. - Elle a coulé.
Mais pourquoi ?
Pourquoi ?
- Oui, pourquoi ?
- J'ai une théorie avec laquelle je suis d'accord.
- Mon rĂȘve vient de couler !
- C'était votre idée de la jeter. Je voulais la brûler un peu.
Le fait qu'elle ait pas flotté...
- On s'en fout, merde ! Ma vie est foutue !
- On va finir en prison.
- Je découvrirai jamais le monde.
- Je serai jamais papa.
- Je vais devoir épouser un commercial.
- J'ai une solution.
Je dois juste la retrouver.
Vous ĂȘtes assise dessus !
Avant que la Joconde tombe, vous l'avez reniflée ?
- Descendez dans votre trou !
- On a peut-ĂȘtre brĂ»lĂ© la vraie.
Parce que la vraie
a été volée au Louvre.
Vous vous en souvenez pas. Vous étiez pas nés.
- Vous non plus.
- J'ai toujours été né.
- N'importe quoi.
- La vraie Joconde était introuvable. Des fausses ont été vendues.
Un jour, comme par magie, la Joconde réapparaßt au Louvre.
Je suis sûr à 99 % que c'était une fausse.
- Pourquoi ?
- J'ai récupéré une lettre du voleur italien, Vincenzo, qui dit :
"J'ai rendu la fausse Joconde
"que tu as peinte à ces cochons de Français."
- Il est devenu quoi, le voleur ? - Oui ?
- Volatilisé.
- Volatilisé ? -"Volatilisé."
- VOLATILISĂ ?
- Et Ă qui
est adressée à la lettre ?
-Ă sa meuf, Colette Hermine.
- Elle aurait peint cette fausse Joconde ?
Vous l'avez vue ?
- J'ai pas le temps de flĂąner.
Les laboratoires chinois créent un virus avec des pangolins
qui se transmet par la salive, les mains et pour quoi ?
Pour nous vendre un vaccin qui marchera pas.
Ăa servira Ă nous mettre des puces
pour savoir oĂč on est et ce qu'on regarde sur Netflix.
- On comprend rien. - Si vous saviez.
SirÚne C'est quoi, ça ?
C'est qui, un bateau ?
Y a un bateau ?
C'est pas ma mĂšre ?
Musique de suspense
- Bertrand Fouart-Michel, mandat d'arrĂȘt international !
- OĂč sont tes copains ? - Je sais pas.
Vrombissement
Oh, c'est eux. Ils ont pris votre bateau.
- HĂ©, revenez ! Vous ĂȘtes en Ă©tat d'arrestation !
- Je vous aurais prĂȘtĂ© mon annexe,
mais j'ai plus d'essence.
Je suis en froid avec le pompiste.
- On fait n'importe quoi, lĂ !
On a coulé la Joconde et volé un petit bateau de police.
- Stop, Walter, tout va bien ! On suit notre piste.
On va trouver cette Colette et lui demander la vraie Joconde.
- ArrĂȘtez de dire n'importe quoi !
Ce type est cinglé, il raconte des salades !
- C'était pas la vraie Joconde.
Elle a coulé. Le bois, ça flotte.
- VoilĂ oĂč nous en sommes.
Voilà nos deux héros, je dirais presque nos deux zéros
en route pour l'aventure avec pour seul indice,
l'adresse d'une éventuelle faussaire à Saint-Paul-de-Vence.
Je devrais ĂȘtre plus prĂ©cis :
l'adresse éventuelle d'une éventuelle faussaire à Saint-Paul-de-Vence,
c'est-Ă -dire que dalle et en plus, Ă l'autre bout de la France.
- Vous revoilĂ , vous.
Vous boudez plus ?
- Je ne boudais pas, je me reposais.
- C'est qui, le type qui parle ?
- Vous l'entendez aussi ? - Bah oui.
- Il est lourd.
- Mais il est bon.
Il résume bien.
- Et comme tous les hommes, je suis absolument indispensable
pour... euh...
je sais pas, plein de trucs, quoi.
-Flash spécial. Les deux voleurs de la Joconde sont en fuite.
La police va diffuser leur photo partout.
Ils n'ont l'air de rien, mais peuvent ĂȘtre dangereux.
Natacha Malot, une grande gigue aux cheveux plats
et Walter Campion, un petit homme Ă moustache.
Ah, apparemment, il n'a pas de moustache,
mais un physique banal, peu de charisme, les épaules tombantes.
- On est dans une merde...
- Vous aussi, vous résumez bien.
- C'est affreux.
On va finir en prison.
Ils nous donneront pas Ă boire. On prendra plus de douches.
- Distribution de costumes.
- Ils cherchent un homme et une femme.
Pas deux hommes. - Non.
- J'ai une idée !
-Ăa marchera jamais.
Vous ĂȘtes pas crĂ©dible en homme.
C'est encore loin ?
- On prend le train. - Non, ils sont toujours en retard.
Je vais voler une voiture. - Vous savez faire ça ?
-Ăvidemment, Natacha.
Comme tous les hommes.
Dans les films, ça prend deux secondes. Il se passe rien.
- Attendez, la vraie vie et les films sont deux choses différentes ?
C'est pas possible...
C'est pas possible !
Les femmes ne se réveillent pas déjà maquillées ?
Elles ne se baignent pas avec un verre de Chardonnay ?
- Bon, j'ai compris.
On va pas faire 40 exemples.
On fait quoi ?
- On bouge plus. Klaxon
- T'as entendu ? Ăa faisait pouet pouet.
- Et alors ?
- Je sais pas, c'est bizarre.
Ils font quoi ? Non !
HĂ©, arrĂȘtez-vous !
- On a peu d'essence.
On est pas loin de la gare de Cayeux-sur-Mer.
- Comment vous savez tout ça ?
- Elle pourrait téléphoner.
Si ça se trouve...
elle passe des moments merveilleux.
Avec un homme doux,
à l'écoute.
Il paraßt que ça existe.
- Madeleine, viens voir, vite !
-MĂȘme s'ils n'ont l'air de rien...
- Pourquoi elle est dans la télévision ?
-Ce petit homme et cette fille
trop grande
ont volé la chair de ma chair.
La prunelle de mes yeux.
Mon millésime, ma meilleure année.
Et ce bonheur en prime que tu m'as donné.
- Ils ont dĂ» se tromper.
Elle porte un chapeau. Elle n'en a jamais eu.
-Je ne les lùcherai pas avant d'avoir retrouvé la Joconde.
J'étais bien ?
Téléphone
- AllĂŽ ? -Appel en PCV pour Mme Malot.
- Un appel en PCV ?
Euh, oui, j'accepte.
-Maman ? - Natacha !
- Fais semblant que c'est une copine.
-Ah, oui !
Oui, Jacqueline ! C'est Jacqueline.
- Elle choisit bien son moment.
- Tu appelles pour ton robot mixeur cuiseur
que je viens de voir dans le poste ?
- Crois pas ce qu'on dit sur moi, je suis pas une voleuse.
J'ai voulu rĂ©aliser mes rĂȘves et je me suis emmĂȘlĂ© les pinceaux.
Je te le jure.
- Tu as rencontré quelqu'un ?
Ce Walter, il a une belle situation ?
- Non. Enfin si, il est steward.
Maman, on va ramener la vraie Joconde.
C'était la fausse, au Louvre. Elle a coulé.
-Je comprends rien, mais ça m'enthousiasme.
MĂȘme si tu me manques.
- Toi aussi, tu me manques.
- Toi, tu me manques plus.
-Tu me manques, maman, tellement. - Non, c'est toi.
Non...
Ah oui, ça manque, un robot cuiseur mixeur.
- Oui, oh, ça va, j'ai compris.
J'ai compris.
Tu l'auras pour la fĂȘte des MĂšres, ce robot gnagnagna.
- Ils ont laissé le sidecar pas loin.
Faudrait ĂȘtre con pour prendre le train.
Il siffle.
- Je suis un marin !
- Bonjour, monsieur. - Bonjour, messieurs dames.
- Je te laisse. Je t'aime.
- Natacha !
- Moi aussi, Jacqueline.
Klaxon du train
C'était Jacqueline.
- J'avais compris.
Pourquoi appeler en PCV ?
En mĂȘme temps, Marcel est tellement radin...
-Nos reporters sont allés à l'aéroport d'Orly
pour interviewer une collĂšgue de Natacha Malot.
-Your bagage is perdu, sorry.
Natacha ? C'est une folle.
Elle a pris ma place sans avoir le concours.
- Elle dit quoi, cette grosse dondon ? - Ah oui.
On frappe. - M. Malot ?
- Qui est-ce ?
T'as invité des copains ?
- Non, j'ai pas de copains.
- Services secrets ! Ouvrez !
- Entrez, pour l'amour de Dieu !
-Nous sommes descendus dans la rue pour demander aux Français...
- Il a parlé, le farfelu ?
- Toujours pas.
-Vive Walter et Natacha, les anarchistes !
Ă bas le capitalisme
et la vieille France de De Gaulle et de ce schnock de Molrat !
- Bon, allez, baissez le son !
VoilĂ .
- Bon, j'ai fait faire un portrait-robot des deux voleurs.
- Pourquoi ? Qui vous a demandé ça ?
- Personne.
J'ai pris une initiative.
Un chef, c'est fait pour cheffer.
J'ambitionne les plus hautes fonctions.
- Je vous arrĂȘte tout de suite, mon petit Jacques.
Vous n'avez pas le charisme nécessaire.
- Sympa.
J'ai déjà vu ces deux malabars.
Ils sont jamais venus ici ?
- Non, laissez tranquilles ces malabars.
C'est plutĂŽt Walter et la grande gigue qu'il faut retrouver.
- Lui... - Non !
Ce sont eux, les vrais voleurs.
Qui mettent la France Ă feu et Ă sang.
De véritables terroristes.
- On aurait pu prendre un train pour les vraies gens.
C'est le Moyen Ăge. - Non, c'est excitant.
Le wagon Ă bestiaux, le train...
C'est pour ça que je veux devenir hÎtesse.
J'ai vécu plus de choses en deux jours que ma mÚre de sa vie.
- Vous avez la belle vie, les bonnes femmes.
J'aimerais aussi ĂȘtre dĂ©pendant
d'un homme viril
qui m'écrit des lettres d'amour. Là , ça veut rien dire.
Il parle en italien. Je comprends rien.
Ah, y a des chiffres, lĂ .
"16 ottobre."
16 ottobre.
Ăa veut rien dire, "ottobre". -Ăa nous est pas destinĂ©.
Musique douce
Musique mystérieuse
- Vous nous faites perdre un temps précieux,
M. Fouart-Michel.
Claquement Oh !
- BFM. - Oui, comme vous voulez.
Vous avez fait quoi de la Joconde ?
- Alors ?
Ăa va, la vie sur VĂ©nus ?
Le climat, les Vénusiennes ?
On mange bien, apparemment.
- On a affaire à quelqu'un d'instable émotionnellement.
Un déglingo.
- Si on en est aux révélations,
vu ma proximité avec le Général,
j'ai des informations de premiĂšre main.
Si vous m'aidez,
je vous renseignerai sur des trucs classés secret défense.
- Oui, faut voir.
Dites toujours.
- Non, vous d'abord !
Ils sont oĂč, Quick et Flupke ?
- Qui ça ?
Elle crie.
- Réveillez-vous, Walter !
Y a des oliviers, on se rapproche.
- J'ai bien réfléchi dans la nuit.
Cette Hermione, lĂ , on la connaĂźt pas.
Elle est peut-ĂȘtre dangereuse.
On se laisse arrĂȘter et on donne son nom.
- Ils seront compréhensifs si on dit qu'on a coulé la Joconde ?
- On fait jamais mes idées.
- Ben non.
Musique entraĂźnante
Allez !
On saute !
- Non, lĂ , il roule.
-Ă la prochaine gare, on se fera arrĂȘter par la police.
C'est now ! - Pas now ! Non ! Il roule !
- C'est génial !
Sautez, ça fait pas mal !
- Facile à dire quand on a sauté !
- Rien de cassé, Walter ? - C'est sûr que si !
On va bien dormir ce soir.
- J'espĂšre trouver Colette avant la nuit.
L'adresse est pas trÚs précise.
-Ăa schlingue, la lavande.
- Moi, j'adore.
Musique douce
-Ăa peut pas ĂȘtre lĂ .
On peut pas construire, ici.
Vous avez une boussole ?
Ah, moi aussi. - C'est par lĂ .
On est presque arrivés.
- Ah, crotte de bique.
C'est interdit aux gens.
Sauf Ă son amour, c'est pas nous.
Ah, zut.
On fait une pause et... Oh, insupportable.
Génial, une piscine.
Je vous attends lĂ , vous me raconterez !
Musique entraĂźnante
- Y a quelqu'un ?
Bonjour.
- Vous foutez quoi chez moi ?
J'ai posé une question.
- Je m'appelle...
- Je sais qui vous ĂȘtes.
Natacha Malot. Vous faites la une.
OĂč est votre copain moustachu ?
Il a plus de moustache ?
C'est quoi, le bail avec la Joconde ?
- Le bail n'est pas trĂšs reluisant.
Elle a coulé.
Il crie.
-Ăa va ?
Ăa va ?
Crépitement - Ah !
Vous m'avez cramé le pompon.
- Le pompon ?
- C'est le pompon.
- OK, ça va.
- Tout va bien, il me reste...
deux jours pour rĂ©aliser mon rĂȘve.
- Ah ? C'est quoi, votre rĂȘve ?
- Devenir hĂŽtesse de l'air.
Musique douce
- Ah ? C'est ça, votre rĂȘve ?
- Oui.
- Servir des cocas à des gens aux chevilles gonflées ? L'angoisse.
- Non, c'est plus pour...
voyager, découvrir le monde.
- Ouais ? Je m'en fous, tout le monde me soûle.
- D'accord.
MĂȘme Vincenzo ?
- Vincenzo ?
Vous l'avez...
Oh ! Vous l'avez rencontré ?
- Non, j'ai juste une lettre pour vous.
- Ah oui ? Ah oui ?
- Avant ça, vous acceptez de m'aider ? - Ah oui.
Oh, oui !
Vous avez tardé à découvrir que celle du Louvre était fausse.
- Ah, donc c'est vrai.
- Non, fausse.
- Vincenzo en a fait quoi, de la vraie ?
- Vincenzo...
Il était trÚs libre.
Rarement lĂ , le soir.
Les week-ends non plus. On était trÚs amoureux, surtout moi.
On s'est amusés ! Surtout lui. On était comme des gosses.
On aimait l'art passionnément.
C'était absurde de pas posséder les piÚces qu'on aimait.
Vous avez déjà embrassé un Italien ?
- OĂč est la vraie Joconde ?
- Vincenzo avait un don pour m'offrir ce que je voulais.
C'est toujours moi qui payais.
Il était trÚs mystérieux, vous voyez ?
Il avait deux téléphones. Rare pour l'époque, si moderne.
Il aimait pas travailler. Il avait un job au Louvre.
On échangeait les vrais tableaux
contre les faux que je peignais pendant qu'il écumait les bars.
C'est sĂ»r, il aimait la fĂȘte.
Il rentrait trĂšs tard. Parfois, pas du tout.
- Excusez-moi, c'était pas toxique, cette relation ?
- N'importe quoi !
J'ai adoré cette période.
J'adorais l'attendre prÚs du téléphone, jour et nuit.
"Vivement qu'il appelle ! Vivement qu'il appelle !"
J'avais mal au ventre. Comme des papillons en plus méchant.
Il m'a fait comprendre que j'étais meilleure pour copier les vrais
que pour crĂ©er mes propres Ćuvres.
GrĂące Ă mes faux, on s'est achetĂ© cette maison dont il rĂȘvait.
Et puis, paf !
Il a disparu.
Il m'a ghostée.
- C'est un pervers narcissique. - Un quoi ?
Non, c'était...
Vincenzo.
Je l'attends depuis deux ans.
Il va revenir.
- Vous n'avez pas bougé d'ici ?
- Ben non.
Pour quoi faire ?
Je peux la lire ?
- AprĂšs, vous me dites oĂč est la vraie ? - Promis.
- Hop ! Elle rit.
Colette hurle.
Gros connard de Rital de merde !
C'est une putain de lettre de rupture.
J'aurais dĂ» la recevoir il y a deux ans !
Il m'annonçait qu'il me quittait pour elle.
- Elle qui ? - De qui on parle ?
- Cette salope de Joconde !
Enfin, l'arriĂšre-arriĂšre-arriĂšre petite-fille de son modĂšle.
Mona Gherardini !
Il s'est barré avec elle.
C'est moi qui l'ai jeté dans ses bras.
- Je déteste quand ça arrive.
- Elle avait le droit de récupérer sa Joconde.
J'ai envoyé Vincenzo en Italie
rendre la Joconde Ă son modĂšle !
Je vais me le faire. On part Ă Milan !
- On récupÚre la Joconde ?
- Milan ? MĂȘme moi ? C'est extrĂȘmement loin.
- Je vais défoncer la gueule à ce putois.
Ou le récupérer. - Non, on le récupÚre pas,
Colette...
On va avoir une discussion.
- Je sais. Je vais rester et garder la maison.
- Non. Il vient.
- Si vous voulez. Vous ĂȘtes ridicule.
- Ah bon ? Pourquoi ?
- Toc, toc, toc.
- Entrez, pour l'amour du Ciel !
- Les gendarmes sont allés à l'adresse indiquée par BFM, y avait personne.
- Super. - Mais !
Car il y a un "mais"...
La Dauphine de Colette a été vue en gare de Cannes.
La faussaire, le steward et Natacha ont pris le train de nuit pour Milan.
Ăa fait un long voyage.
"Mille ans" !
Une boutade.
- Préparez mon bagage, nous partons.
- D'accord, donc je prépare votre bagage ?
Il a pas de femme.
Musique entraĂźnante
-Les fugitifs Natacha Malot et Walter Campion seraient en route
pour l'Italie avec une certaine Colette Hermine.
- En Italie !
Ma petite chérie est en Italie.
-MĂȘme si elle est en Italie,
lĂ -bas, j'irai la chercher, ma...
enfin, notre Joconde.
- Il me pompe l'air !
Musique douce
-PrĂȘter la Joconde aux AmĂ©ricains, une idĂ©e de Molrat.
Le Général était forcément contre.
-Ces traßtres ont osé passer un appel depuis mon bar.
Sûrement des malfaiteurs.
La fille avait un air louche.
Pas de chez nous.
-"Natacha" ? C'est de quelle origine, ça ?
C'est italien, non ?
- N'importe quoi ! -C'est pas français.
- C'est complÚtement français, Natacha. On vient du Lot.
-Ăa fera pas avancer l'enquĂȘte.
Dites, il serait pas "Suze" heures ?
Rires
- Suze heures !
Madeleine !
OĂč es-tu ?
Il est Suze heures !
Un journaliste parle en italien.
Rire La femme s'exclame en italien.
- C'est génial.
-LĂ -bas, j'irai chercher ma... notre Joconde.
- Notre ministre va la retrouver.
- Jamais.
- Madeleine, tu nous sers une tournée de Suze ?
- Tu nous les brises avec tes Suze.
Sers-les toi-mĂȘme. T'as deux bras, non ?
Et tu prépareras le dßner.
Je vais faire un tour.
- Madeleine ?
- Oh lĂ lĂ ...
- Mais dis donc ! Dis, oh !
- Toutes comme ça, aujourd'hui.
- Elles ont toujours besoin de nous pour porter des valises.
- Signore, posso portare la valigia ?
- Vous allez pas les volare ?
- Regardez-les marcher, triomphants, vers la gloire.
C'est peut-ĂȘtre la fin de l'aventure.
Natacha va-t-elle trouver la vraie Joconde, la rendre Ă la France,
en Ă©change de quoi, on la laissera rĂ©aliser son rĂȘve ?
Son rĂȘve ? Devenir hĂŽtesse de l'air.
- C'est qui, le mec qui parle seul ? Il est ultra gĂȘnant.
- Ouais.
On s'en fout, on est bientÎt arrivés.
Musique entraĂźnante
- Qu'est-ce... "EnquĂȘte en cours" ?
- C'est la bonne adresse ?
- Oui. J'ai donné l'adresse à ce gros connard.
J'espĂšre qu'il va bien.
- On s'en fout de lui. - OK.
Deux secondes.
Pas facile de sortir de l'emprise.
- Il s'est passé une chose pas catholique.
- Merci, Walter !
- Vous comptez la retrouver comment, cette Mona Gherardini ?
Je veux pas ĂȘtre dĂ©sagrĂ©able,
mais c'est mal barr', cette affaire, non ?
- Gherardini, Gherardini...
Mais y en a combien ?
On peut pas tous les appeler.
- Tant pis, on aura tout essayé. On peut rentrer ?
- Désolée pour vous. Enfin, surtout pour moi.
Musique mélancolique
- Je dois appeler ma mĂšre.
- Allez.
- Tenez.
- Merci.
Téléphone
- AllĂŽ ?
Chérie ?
- T'avais raison, maman.
J'ai pas réussi.
-Oh... - Je serai jamais hĂŽtesse de l'air.
- Oh, mon bébé.
-Quand je rentrerai,
je raconterai tout Ă la police.
J'ai toujours voulu bien faire.
- Je te crois. -Je te promets
que j'épouserai le 1er commercial venu
pour ĂȘtre la femme au foyer dont tu rĂȘves.
- Ne fais surtout pas ça, malheureuse.
- Pardon ?
-Si tu lĂąches ton rĂȘve
pour devenir l'esclave d'un homme, alors lĂ ...
je ne t'adresserai plus jamais la parole.
- Maman, ça va ?
- Je me suis jamais sentie aussi bien.
Roger, n'hésite pas à aller partout.
Faut pas rester dans le mĂȘme coin.
VoilĂ .
- Pardon, vous auriez une piĂšce ? Je voudrais faire un pissou.
- Les gars, il est pas Suze heures ?
- Oui, je dois te laisser.
Ma chĂšre... Jacqueline.
Les services secrets sont Ă la maison.
Ils ont les deux pieds dans le mĂȘme sabot.
On va au cinéma avec les copines pour voir Cléopùtre.
Je compte sur toi.
Tu ne lĂąches rien. Tu ne perds pas espoir.
Je t'aime.
Oui, je t'embrasse.
- Je t'aime, maman.
-Ă bientĂŽt, ma Jacqueline.
C'était une...
une copine en plein divorce.
La tuile.
Bonne soirée.
- La déconvenue de la seule piste pour retrouver la Joconde,
son anniversaire qui approchait
et sa conversation avec sa mÚre avaient perturbé Natacha.
Pour la 1re fois, elle ne savait plus quoi penser,
plus quoi faire, plus quoi rĂȘver.
- D'oĂč vient cette manie de tout commenter ?
- Je sais pas, peut-ĂȘtre de mon pĂšre qui Ă©tait trĂšs...
- ArrĂȘtez, ça m'arrangerait.
- Vous n'avez plus besoin d'un homme blanc de 50 ans
pour commenter et juger tout ce que vous faites ?
- Non, et j'en ai jamais eu besoin !
- Vous voyez, il fallait le dire.
C'est bien, ça me fait plaisir ! Je trouve que vous progressez.
- C'est dégueulasse ! - Je sais.
- OĂč est Walter ?
- Parti faire un "pissou".
Il serait pas un peu pervers narcissique ?
- Ah non.
- Oh, si. - Non, juste un peu con.
- Ouais, mais quand mĂȘme.
Brouhaha et coups de klaxon
- Y a un bordel, ici. C'est abracadabrantesque.
- On les retrouvera jamais.
Allez voir ce qui se passe !
Allez ! Oh, il est mou.
- Bon, qu'est-ce que...
Musique intrigante
Elles sont lĂ ! Klaxon
- Jésus, Marie, Joseph !
Mais qui sont ces malabars trÚs élégants ?
- On les enlĂšve !
- Pas encore ?
Elles sont folles ?
- Elles n'y étaient pas pour grand-chose.
- Et moi ?
- C'est pas le steward ? Comment il s'appelle ?
- Je reconnais son visage.
- Campion ! Campion !
- Jeune homme ! - Ici !
- Vous, oui !
- Oh, M. Molrat !
Vous ĂȘtes AndrĂ© Molrat !
Je suis tellement content.
Je vous avais vu de loin sur le tarmac.
Vous ĂȘtes tellement...
- On me le dit souvent. - Ah bon ?
- Je dérange pas ?
J'ai noté le numéro de la plaque d'immatriculation.
- Parfait.
- J'ai fait pareil.
Mais dans ma tĂȘte. - Super.
-Ăa finit par deux. - Cinq.
- Non, par deux.
- Merci. - Bon séjour.
- Au consulat.
C'est bon d'entendre des choses sympathiques.
Que faites-vous lĂ ?
- Eh ben...
Je me rends.
- Bon, oĂč est la...
- Non ! Me faites pas de mal !
- Laissez-moi vous interroger.
- Pardon.
- Elle est oĂč, ma Joconde ?
- On est pas résistants, dans ma famille. C'est Natacha.
Elle m'a forcé ! Depuis le début !
Elle raconte que vous avez
tout manigancé, le vol de la Joconde,
pour la rendre aprÚs et vous attribuer le mérite.
Elle est folle.
- Comment elle sait ça ?
- Donc, c'est vrai ? - Non !
Oubliez. Elle veut quoi, votre petite copine ?
- Non, pas du tout ma copine.
- Et c'est qui, Colette Renard ?
- Une chanteuse.
Qui se fait "sucer la friandise".
- Mais non ! Colette...
- Oui ! Colette Hermine !
C'est une faussaire, l'ex de Vincenzo. - Qui ?
- Il a volé la vraie Joconde au Louvre. Suivez.
Il l'a ghostée pendant des années,
elle l'attend dans sa robe jaune, mais il est avec l'autre,
une trĂšs jolie femme,
une Joconde.
Ce serait la Joconde en vrai, en homme.
- Quoi ? - Non, en femme, en humain.
- Toc, toc, toc.
Monsieur, ces carabinieri
ont d'importantes informations.
- Ah, parfait.
- Vous nous avez donné deux plaques différentes.
Les recherches ont pris du temps.
- La premiĂšre qui finit par deux.
- Oui ! C'est la mienne.
- C'est un coiffeur de 67 ans,
1,58 m, il a pignon sur rue.
On ne comprend pas ce qui lui a pris.
- On peut aller l'arrĂȘter.
- HĂ©, grĂące Ă qui ?
- Et la bonne ? Celle qui finit par cinq ?
- L'autre, c'est plus compliqué.
- C'est Ă la famille Gherardini,
la pire famille de mafieux
d'Italie.
- On ne peut pas les approcher.
- Enfin, c'est un peu votre boulot d'arrĂȘter les mĂ©chants.
- Estimez-vous heureux qu'on ait le coiffeur.
- Pas compris.
- Messieurs ?
Propos en italien
- Susceptibles. - Incroyable.
- En mĂȘme temps,
fallait pas fomenter ce plan claqué au sol.
- Pardon ?
- Je dis, fallait pas fomenter ce plan claqué au sol.
- Quel plan claqué au sol ?
- Le plan d'André.
Faire voler la Joconde pour la rendre
à la France, passer pour un héros
et j'imagine, se faire élire au suffrage universel.
C'est le but ?
J'aurais fait pareil.
- C'est con comme plan !
Excusez-moi... - Je vous en prie.
- Quelque chose cloche. - Quoi ?
- Bizarre, ce coiffeur.
Quand on est coiffeur, on coiffe.
On frise, on défrise, on brushe, on bigoude.
On enlĂšve pas les gens.
Il est tout petit.
Oh ! Si ça se trouve,
il veut faire des expérimentations sur les cheveux de Natacha.
Comme ils sont plats...
Musique inquiétante
Propos en italien
-Ăa me donne envie de rouler des pelles, l'italien.
- Ils ont des armes.
- Personne n'est parfait.
- Merci, Mona Gherardini. C'était un plaisir.
- Gherardini ? - Mona !
Propos en italien
- C'est donc vous, Natacha.
Et vous ĂȘtes...
la fameuse Colette.
- Et vous, la pute qui a volé mon mec.
On m'avait dit que vous étiez ingrate.
- Alors, les Françaises grossissent à la ménopause ?
Elle rit jaune.
- La ménopause ? J'ai mille ans de moins que toi, salope.
- On a le mĂȘme Ăąge, connasse.
- Stop ! La sororité, bordel !
- Pour une fois, je suis d'accord.
Les filles, c'est qui, le connard dans l'histoire ?
- Vincenzo. - VoilĂ .
- Il est lĂ ?
- Il est pas lĂ ?
Faut pas qu'elle le voie.
- Si, si, please ! - Non, non.
Cloche - Vincenzo !
- Non ! - Si !
Oh, mais qu'est-ce qu'il a bouffé ? Il était pas comme ça.
Pas du tout.
- Non, il est devenu imbaisable.
Je l'ai gardé, il jardine trÚs bien.
- Coletta, amore mio.
- DĂ©gage, n'y pense mĂȘme pas.
Je suis désolée.
- Dispose, Vincenzo.
Baisers ! Baci.
- Allez, dégage.
Ciao. - Bon, ben, super.
C'est réglé. Que peut-on faire pour vous ?
- Si mes infos sont exactes,
la Gioconda du Louvre a disparu.
- Oui, mais vous avez la vraie.
Musique mystérieuse
- Ce tableau a conféré à ma famille un pouvoir de fou.
Des collectionneurs du monde entier se sont présentés
avec des valises remplies de cash.
Nous les avons fait disparaĂźtre.
Les acheteurs, bien sûr, pas les valises.
En quelques années, nous sommes devenus immensément riches
et trÚs redoutés.
- Des mafieux, quoi.
- Des ? - Des pervers narcissiques armés.
Qui aiment les pĂątes, leur mĂšre et Frank Sinatra.
- Vous ĂȘtes lĂ
car j'ai décidé de rendre la Gioconda à la France.
- Super nouvelle ! - J'ai besoin d'un permis
de construire
pour un gros projet immobilier sur la cĂŽte. Sublime.
Béton, vue sur mer.
Cloche Expert !
Musique intrigante
Allez, allez !
- Oh waouh !
Dégueulasse, vu de la mer.
- Chacun son mauvais goût.
En tout cas, on refusera jamais
un terrain à l'héroïne
qui aura rendu la Gioconda Ă la France.
- Je vois le plan.
Mais pourquoi vous nous avez enlevées ?
- Colette,
tu crois pas que je vais rendre
ma Joconde ?
- OĂč est la vraie ?
- Oui, alors, la vraie...
On frappe.
- Elle est oĂč ?
- La vraie est...
- Entrez, pour l'amour du Ciel !
- Toc, toc, toc.
Una lettera per il signore Molrat. - Grazie.
-Invito a partecipare alla cerimonia ufficiale
della restituzione della vera Gioconda alla Francia.
- Et en français ?
- La mafieuse nous invite.
Elle nous rend la Joconde.
- C'est pas vrai... - C'est lĂ .
- C'est inespéré, mon petit Jacques ! Inespéré !
- Je peux pas rester enfermée.
Pas si proche du but !
Maman a raison. Je vais pas lĂącher mon rĂȘve.
Demain,
j'aurai 26 ans. Ma vie sera fichue.
Tout ça pour qu'une mafieuse rende une fausse Joconde ?
Le Louvre mérite celle de Leonardo.
Pas une deuxiĂšme de Colette.
- Sympa, merci. - C'est pas contre vous.
C'est une question de justice.
Il y a forcément une solution.
- Si le problÚme a une solution, inutile de s'inquiéter.
- Ta gueule !
- Mais c'est de Bouddha !
-Ăa vaut pour vous aussi, Natacha.
Laissez-moi bosser.
Sinon, on va se faire buter, d'accord ?
- Pardon. - Excusez-moi, je m'énerve.
- Je vous laisse finir. Je fais une micro sieste.
- D'accord.
Elle s'écroule.
- Ouh lĂ lĂ !
C'est quoi, ça ? - Vous aimez ?
- Non. Si, mais ça ressemble pas à la Joconde.
- Je leur ai faite, leur Joconde.
Elle est lĂ .
- J'ai eu peur. - AprÚs, j'étais exaltée.
J'ai trouvé ce miroir claqué. Je me suis lùchée.
Je crois que j'ai trouvé mon style.
C'est beau, non ? C'est moi, ça me ressemble.
- Vous ĂȘtes libĂ©rĂ©e de l'emprise.
- Quelle emprise ?
-Buongiorno. - Buongiorno.
La Gioconda.
-Identica. Perfetta !
"Vérifica", mais pas la "peina".
- Elle est vraiment douée.
Elle a travaillé sans relùche.
Les détails sont identiques.
- Quoi ? - Identiques.
- Parfait.
- Attention, c'est pas "seco".
- On n'a plus besoin d'elles. Adieu !
- Comment ça, addio ? Non !
Elles crient.
Musique romantique
- On a de la chance avec le temps. - En plus.
- Le Général va venir ? - Ah bon ?
- Me déconcentrez pas. - Oh, je suis tellement fan.
- Mes hommages, madame.
- Mademoiselle.
OĂč est le grand Charles ?
- Qu'est-ce que vous avez tous avec lui ?
Le Général s'en remet à moi pour les choses importantes.
- C'est dommage. - Pourquoi ?
- J'avais mis le micro assez haut.
-Ăa posera pas de problĂšme.
Ah, Mona Lisa !
Ăa fait plaisir de la voir.
C'est bien la vraie ?
- Parce que vous feriez la différence, maintenant ?
- J'ai reconnu la voiture des kidnappeurs.
Les filles sont peut-ĂȘtre Ă l'intĂ©rieur.
- Une coupette ?
-Andiamo.
Buongiorno a tutti.
J'ai décidé...
- Non, non, non.
Nous. Nous avons décidé
de rendre la Joconde Ă son pays, la France.
Bon, elle est un peu italienne,
mais quand mĂȘme un peu française.
- C'est quand mĂȘme moi, dans un Ă©lan de gĂ©nĂ©rositĂ© sans nom,
qui ai décidé de rendre
ma Joconde, mon ancĂȘtre
à la France, qui a pas été foutue de distinguer
une fausse de la vraie pendant des années.
- Non ! Alors lĂ , en ce qui me concerne, j'ai toujours eu un doute.
- Ouais, c'est ça.
Natacha parle indistinctement.
- Je ne comprends rien !
Je ne comprends rien Ă ce que vous me dites !
- Ce que c'est bon, le champagne. Hein ?
Dommage que ça fasse puer
de la gueule ! - Chut.
Elles doivent ĂȘtre dans une des piĂšces.
Musique intrigante
- Quelle horreur.
- Pardonnez.
- Ah, y en a qui s'emmerdent pas.
Bon, ben, j'achĂšte.
Hein ? J'achĂšte. J'achĂšte.
- TrĂšs drĂŽle.
- Oh, cette vue. C'est pas croyable.
Oh lĂ lĂ ...
Je vais ĂȘtre bien, lĂ . - OĂč ont-ils pu les cacher ?
- C'est fou, cette vue. HĂ© !
Dites donc.
LĂ , lĂ .
- C'est les filles ! - Ben oui.
- Pressons-nous.
Ils vont les noyer.
- Vous allez plonger, là ? Mauvaise idée.
Elle a l'air dégueulasse. C'est pas la Seine.
Je reste lĂ .
Je vais vous ralentir.
- Ici ? - Oui, je m'en charge.
- On s'en débarrasse. - C'est l'heure du bain.
- Hello.
Les issues de secours sont Ă l'avant,
au centre et Ă l'arriĂšre !
Coffres Ă bagages !
- Pour une fois que ça sert, les consignes.
VoilĂ pour vous.
- Bien joué ! - Yes !
- Allez !
Ciao, ragazzi ! - Ciao !
- On va chercher la Joconde.
La vraie !
Musique entraĂźnante
- HĂ© !
Super.
- Il suffisait d'attendre tranquillou bilou.
Personne fait jamais comme je dis.
- Je peux plus l'arrĂȘter !
Attention !
- HĂ©, mollo...
Vous arrivez vite, lĂ !
Oh, freinez !
- On saute !
Allez, Colette !
C'est now !
Elles crient.
- ChĂšre Mona Lisa,
la France sans toi est comme un bateau sans gouvernail,
comme une femme sans époux,
comme un discours sans journalistes.
Une pizza sans gluten.
- Je crois qu'on a saisi l'idée générale.
Il est temps de passer Ă la restitution du tableau.
- Spectaculaire, votre arrivée.
- Que faites-vous lĂ ?
- Je suis venu vous sauver.
- C'est trĂšs gentil.
Là , on est pressées. On a des choses à faire.
Si vous pouviez juste nous suivre...
- Allez, Walter ! - J'ai jamais de pause ?
Musique douce
Non, pas lĂ , y a des petites filles.
-Buongiorno. - Buongiorno.
- C'est lĂ .
- Mais oui !
Brouhaha
Comment ça s'ouvre ?
- Oui ! Je le savais !
Le code.
- Je sais. Essayez
le nom de jeune fille de sa mĂšre ou de son chat.
- C'est un code chiffré.
J'ai vu qu'il y avait un six.
- J'ai entendu six chiffres. Ăa nous fait...
468 559 possibilités.
- Oh lĂ lĂ . - On peut y arriver.
- Y avait un six dans la lettre du pervers narcissique.
"16 ottobre 1960." Mais on sait pas
ce que veut dire ottobre.
-Ottobre, c'est octobre !
- Mais si, mais oui !
La date oĂč il a rencontrĂ© l'autre pute ! 16-10-60 !
Colette grogne.
Musique de suspense
- La Joconde ! - C'est la vraie !
Musique enchanteresse
Alarme
- Ma Joconde ! - Mais elle est lĂ .
Elle est derriĂšre vous.
Mesdames et messieurs, Mlle Gherardini
a visiblement une urgence. Les femmes...
Non, restez.
J'avais des choses trĂšs importantes Ă vous dire.
Mona et moi, c'est une histoire...
- André, faut filer, là .
Allez ! - C'est quoi, cette tenue ?
- On s'en fout, suivez-moi !
DĂ©pĂȘchez-vous !
- J'étais en plein discours. Mon petit Jacques !
- Votre petit Jacques en a ras la casquette.
Vous pouvez la fermer, juste une fois ?
Vos discours sont longs et chiants !
On a une bouche et deux oreilles pour écouter deux fois plus qu'on parle.
On peut s'enfuir, maintenant ?
Alarme
- Je sais écouter, vous savez ?
Musique de suspense
- Mais... - Y en a deux ?
Donnez-moi ça.
- Montrez.
Mais qui a pris la...
- Laquelle est la vraie ?
- Colette ?
- Je sais pas. Je suis tellement douée que...
- Et modeste.
- Vous, le modÚle d'humilité...
- Celle-là , évidemment.
Tir
Cris
- L'hydravion ! Suivez-moi !
- Non, vous pouvez pas !
On va pas y aller à la nage. Y a un pédalo.
- Venez !
Tant pis, on l'abandonne !
Attendez-moi !
Cris de panique
Mona hurle.
- Rattrapez-les !
Rattrapez-les !
- Le petit gros s'échappe !
- Attendez-moi !
- Mais plus vite ! Pédalez !
- Attendez-moi !
On dit que c'est la fausse !
Attendez-moi !
Attendez-moi !
- On va vous lancer une bouée !
- Pédalez plus vite !
- Ils sont trop loin,
mais le ministre a lùché la Joconde.
- C'est ma Gioconda ?
Expert, allez vérifier !
- Cessez le feu !
- Alors ? Magnez-vous, vous ĂȘtes lent !
- Allez, approchez-vous.
- Pourquoi ils tirent plus ?
Bizarre, non ?
- Alors ?
- C'est la nĂŽtre, Mme Gherardini.
Je crois.
Musique triomphale
- Vous savez conduire ça ?
- J'ai fait l'armée de l'air.
Passez-moi vos lunettes,
on voit pas mieux que dans le cul d'une vache.
- Je vole !
Walter, je vole !
- Mon petit Jacques,
vous avez peut-ĂȘtre l'Ă©toffe d'un meneur.
C'est quoi, votre nom de famille ?
- Chirac, monsieur.
- Jacques Chirac ? Beaucoup de "ac", pas sûr que ça marche.
- Je mets les pieds dans le plat, mais c'est la vraie ?
- Bien sûr. Elle sera au Louvre.
Natacha, donnez-la-moi. - Attendez.
Je peux vous demander une faveur ?
- La France ne paie pas de rançon.
- Je veux pas d'argent. - Ah ? Quoi, alors ?
- C'est pas vrai. Elle ne lĂąche jamais.
- S'il vous plaĂźt. - C'est pas bientĂŽt votre anniversaire ?
Vous allez avoir un beau cadeau.
- Oui !
Hollaback Girl (Gwen Stefani)
- Attention ! - Pardon !
-Ăa va, ça va.
- BON ANNIVERSAIRE. - Merci !
- Bon anniversaire. - Merci !
Mesdames et messieurs,
nous allons bientĂŽt atterrir Ă New York !
La température est de 27 degrés.
Le ciel est bleu. Il y a un léger vent d'ouest.
Le capitaine Turbo et le personnel de bord
vous remercient d'avoir choisi France Atlantic
et espérons vous retrouver bientÎt
sur nos lignes.
En tout cas, j'y serai.
- C'est ma fille qui vient de parler.
Elle est hĂŽtesse de l'air.
Du coup, on voyage gratis.
Avec mon mari, on va faire le tour du monde.
- Super.
- Tu vois, Roger ?
Oh, Roger ?
Le monsieur trouve ça super.
- Super.
"Hollaback Girl" (Gwen Stefani)
-Attachez vos ceintures et remontez le dossier de vos siĂšges.
Ladies and gentlemen, please attach your ceinture
and remonte the dossier of your siĂšge.
- Coffre Ă bagages. Oh, pardon, excusez-moi.
Tablettes, s'il vous plaĂźt.
Ceinture.
Tablette.
TrĂšs bien.
- VoilĂ , cette histoire merveilleuse se termine.
VoilĂ comment Natacha a rĂ©alisĂ© son rĂȘve de petite fille.
- C'est vous ?
- Pardon ?
- C'est vous. - Comment ça ?
Non, je sais pas du tout de quoi vous voulez parler.
Dites-moi, mademoiselle.
Comme disait votre grand-mĂšre :
"Quand on veut, on peut."
Musique entraĂźnante
Musique intrigante
Musique féérique
Musique légÚre enjouée
Musique douce
Musique intrigante
Musique grandiose
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