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-Je te fais chevalier.
-Les Huguenots sont hors la loi.
Brouhaha.
-Les persécutions ont repris.
Vous n'êtes plus en sûreté ici.
-Ma fille...
Je vous supplie
De lui apporter le secours de votre science.
- Je la soignerai et l'hébergerai. - Elle a la peste.
A cause d'elle
Et de toi, nous sommes tous en danger.
-Sans alliance, nous serons balayés.
- Personne n'entre ni ne sort ! - Lâchez-moi !
-La peste décime Sarlat. On doit les secourir.
-Masque ton visage, j'ouvre.
-Tu as risqué la vie de tes fils et la tienne.
- Veux-tu ĂŞtre ma femme ? - Je le veux.
- (Je me donne Ă toi.) - (Je me donne Ă toi.)
-Si tu m'aimes comme je t'aime, rien n'arrĂŞtera notre amour.
-C'est la fille de notre ennemi.
-Je sais !
- Jean de Siorac m'a sauvée. - Je n'oublierai pas.
-C'est la médaille de notre mère ?
Menteur ! Voleur ! - Elle me l'a donnée.
-Je te maudis.
Je vous maudis tous.
Telle la salamandre qui orne le blason de notre ville,
Sarlat renaît aujourd'hui.
Après ces jours de mort et d'affliction, la ville entière,
reconnaissante et convalescente, se tourne vers vous,
Jean de Siorac, baron de Mespech,
qui avez, au péril de votre vie,
ravitaillé la population affamée.
Applaudissements.
-La maladie de votre fille vous aura fait manquer
Une belle occasion de l'abattre. Il est intouchable.
-La peste s'éloigne, et la paix est là .
Dans sa grande sagesse, notre roi Charles
a ordonné la fin des meurtres, des vengeances, des pilleries
Et autres actes de guerre civile.
Le roi déclare, ordonne et veut que, dorénavant,
tout gentilhomme protestant,
avec sa famille et ses sujets, puisse vivre dans sa maison
et exercer, en liberté de sa conscience,
la religion dite réformée. Applaudissements.
-Votre modération semble l'emporter,
Mais je crains que la trĂŞve ne soit courte.
-Pour célébrer l'édit royal et pour honorer le baron,
ses deux fils,
Pierre et le chevalier François,
Vont nous montrer leur adresse à l'épée.
Roulement de tambour.
Mettez-vous en garde.
...
Exclamations de la foule.
-Poing ferme, mon frère.
Poing ferme.
Cri.
-Finissez !
Qu'est-ce qui vous prend ?
Etes-vous devenu idolâtre ?
- Votre fils bien-aimé vous trahit. - Tais-toi !
Tu déshonores ta famille en te battant ainsi.
-Je n'ai pas de leçon à recevoir d'un homme qui a donné son nom
Au fils d'une gardeuse de moutons.
-Allez vous brosser, monsieur.
...
Mon fils, pour la dernière fois,
Retirez cette médaille papiste de votre cou.
-C'est impossible.
-Ton père t'a donné un ordre. Obéis.
-Cette médaille ne fait pas de moi un papiste.
Elle m'est sacrée car elle vient de ma mère.
-Aucun objet n'est sacré.
-Je lui ai donné ma parole sur son lit de mort.
-Voulez-vous que je trahisse ma parole ?
-Tiens.
Ta mère me l'a donnée
La nuit où on a dormi ensemble pour la première fois.
Ce sont ses cheveux. Elle est lĂ .
Donne-moi cette médaille qui nous déchire
Et garde ta mère contre toi.
-Désolé d'avoir à vous déplaire,
Mais je ne peux faire ce que vous me demandez.
-En t'entĂŞtant,
c'est ton père que tu braves.
Si tu ne me donnes pas cette médaille,
Je te retranche de ma famille et je te jette dehors !
-Je vais partir.
-Je suis avec toi, Pierre.
-Je serai Ă la hauteur de votre nom que je suis fier de porter.
-Sortez tous les deux et partez avant la nuit.
Sortez ! - Non !
- Je vous ai ordonné de sortir. - Restez.
-Ceci est une affaire de famille qui ne concerne que moi.
-Cette affaire concerne Mespech. Je suis le coseigneur du domaine.
-Ce sont mes fils !
-Ils vivent sur ce domaine et contribuent Ă sa richesse.
En les bannissant,
vous appauvrissez Mespech.
-Ils doivent obéir
À nos règles.
-Ils ne peuvent être chassés sans mon accord. C'est le contrat.
-Mon fils doit m'obéir et respecter
les commandements de Dieu !
-Tu les respectes, toi, les commandements de Dieu ?
- Fais attention, Jean. - Toi, fais attention.
Tu vas finir seul.
Il y a des folies que même un frère ne peut supporter.
- Comment ça ? - Ce sont tes fils.
Tu as risqué leur vie pour une chambrière,
Et maintenant, tu les chasses ?
-Si tu n'étais pas ce frère que tu dis être,
Je te ferais rentrer ces mots dans ton gosier.
...
-J'ai rien fait de mal. Pourquoi vous me regardez ?
-Vous n'avez rien Ă faire ici ! Retournez Ă vos travaux !
Et vous, à votre étude !
...
-Non.
...
-M'épouser, c'est tout sacrifier.
C'est renier ton père, ta famille, ta religion.
-Ma famille, c'est toi. Ma religion, c'est toi.
-Jamais ton père ne le permettra.
-Il n'a rien demandé à personne quand il a décidé de se convertir.
Je n'ai pas à lui obéir.
-Ma fille,
Seule, en compagnie d'un homme... Monsieur, expliquez-vous.
-Mon père...
-C'est lui que je veux entendre.
-Monsieur...
Je vous demande la main de votre fille.
-Accordée.
-Je vous demande de me bénir.
-Il faut d'abord qu'on cause un peu.
D'homme Ă homme.
-Je me prosterne
Devant toi, mon Dieu.
Je reconnais mes grandes fautes et mes grands péchés.
Frappe-moi, Seigneur, mais épargne mes enfants,
Qui sont innocents des fautes de leurs parents.
Donne à François la force et le courage qu'il lui faut
Pour affronter les épreuves, et illumine le coeur de mon Pierre.
Qu'il comprenne que cette médaille est un boulet
qui va perdre son âme.
(Amen.)
Isabelle...
-Diane m'a raconté, tu sais. Elle m'a raconté votre nuit.
Ce sont tes mots qui l'ont sauvée.
C'est grâce à toi, grâce à ta voix, grâce à ton amitié
Que Diane a gagné la bataille contre la peste.
-Je ne sais pas si c'est moi qui l'ai sauvée.
Cette nuit-lĂ , j'ai fait le voeu de lui consacrer ma vie
Et de mourir pour elle. - Mais qui parle de mourir ?
Moi, je veux que vous viviez ensemble, heureux, amoureux.
Tu as l'accord de ton père ?
- Je me passerai de son accord. - Toi, peut-ĂŞtre, mais moi, non.
Sans son accord, tu n'as plus rien.
Le domaine, le titre, le nom,
tu perds tout.
Je ne peux pas donner ma fille Ă un cloporte
Condamné à trimer.
-Vous savez que mon père ne consentira jamais.
-Si je lui parle de baron à baron, il m'écoutera.
Ce mariage, c'est aussi son intérêt, il le sait.
Mais si.
On se fait la guerre entre voisins, mais, au fond, on se ressemble.
Si je te cède ma fille,
Mespech et Fontenac réunies, ça devient la baronnie
La plus puissante du Périgord.
-Mon père place la foi au-dessus de ça.
-Moi, je sais que tu es un soldat de la Vierge,
et ta mère le sait aussi. - Ma mère...
-Bénie soit-elle.
Une vraie, une pure.
Elle va voir son fils laver son honneur
et déployer ses ailes.
-Vous parlerez à mon père ?
-Je ferai tout pour le convaincre.
-Comment ?
Je peux annoncer votre visite ?
-Il faudrait...
Un terrain neutre.
Une rencontre inattendue.
-Pierre...
-J'ai juré, mon père.
Ce sont les derniers mots que je lui ai dits.
"Je te le jure, maman."
-Elle avait la fièvre.
Elle divaguait, ce n'était plus elle.
Tu es des nĂ´tres.
Tu rejettes toutes ces superstitions.
Tu sais les crimes qui sont commis au nom de cette image ?
-L'heure est à l'apaisement. Le roi nous protège.
-Le roi est une girouette.
Tu es mon fils.
Je te regarde, c'est comme si je me voyais à ton âge.
Je sais ce qui se passe lĂ et lĂ .
Toi aussi, tu dois comprendre.
Mespech, c'est comme un corps.
Tu sais ce qui arrive quand une partie du corps est atteinte ?
C'est tout le corps
qui se gangrène.
Si tu gardes cette médaille, les autres suivront,
Et Mespech mourra.
-Et voilĂ , monsieur.
...
-On irait oĂą ?
-LĂ .
-C'est loin.
Terra florida ? - La terre fleurie.
C'est lĂ qu'on va aller, toi et moi.
LĂ -bas, les cadets comme nous peuvent devenir des princes.
-Même les bâtards ?
-(Oui, même les bâtards.)
Bonsoir, Hélix.
On t'a coupé la langue ?
-On m'a défendu de vous parler.
-Bonne nuit.
-Si tu devais mourir sur les routes,
Je mourrais dans le mois qui suit.
Si tu me faisais un petit, tu serais forcé de revenir.
-Quelle tĂŞte il aurait ?
- Une tête comme ça. - Hélix !
-Aucune trace de Monsieur François.
La nuit est lĂ .
-Qu'on ferme les portes.
Une nuit à la belle étoile ne lui fera pas de mal.
-Pardon.
-(Ce n'est rien.)
Son de cloche.
...
Où étiez-vous ?
-Je suis tombé de cheval.
Je n'ai retrouvé mon chemin qu'à la pique du jour.
-Habillez-vous
Et reprenez-vous, monsieur.
...
En latin.
Gémissements.
-ArrĂŞte !
-C'est le diable ! Le diable est en elle.
Il nous détruit.
-C'est pas le diable qui nous détruit.
C'est l'orgueil de nos maîtres.
-On ne mange pas, ici ?
-Il n'y a personne.
-Mon fils,
demandez au coseigneur de claudiquer jusqu'aux communs
Pour voir ce que font nos gens.
-Si ma jambe claudique, c'est parce qu'elle a reçu une balle
À la bataille de Cérisoles.
-Et tu n'étais pas mort la veille grâce à mon épée
Qui a tué un Espagnol qui allait t'achever.
Il crie.
Qu'est-ce que tu veux ?
-Nous, travailleurs de Mespech, avons décidé, d'un accord commun,
De cesser la besogne tant que les maîtres se querelleront.
-Les travailleurs seront chassés s'ils ne reprennent pas la besogne.
-C'est votre droit.
Mais oĂą trouverez-vous ceux qui nous remplaceront ?
Au cimetière ?
La peste a ravagé la province. Les bras qui bâtissent manquent.
Les mains qui sèment et récoltent manquent.
Vous le savez bien.
Messieurs,
Un jour, vous avez déclaré qu'ici, nous sommes une famille.
Et une famille qui se déchire,
ce n'est plus une famille.
C'est la maison du diable.
Alors, accordez-vous,
Et nous retournerons à nos tâches, que nous aimons.
-En d'autres lieux,
d'autres maîtres vous auraient punis pour votre audace.
-Mais de mĂŞme que nous pensons que le peuple peut contester un roi
qui exerce son pouvoir de façon néfaste...
-Vous avez le droit de nous rappeler
aux devoirs de notre charge. - En nous raccordant devant vous,
nous renouvelons le contrat qui unit les habitants du domaine,
maîtres et serviteurs,
chacun Ă la place que Dieu a choisie.
Je t'aime...
Et te pardonne.
-Je t'aime et te pardonne.
Je t'aime et te pardonne.
-Mon père...
-Je t'aime et te pardonne, mon fils.
-Moi aussi, père.
-Pardon, mon père.
-Je t'aime, mon fils.
Applaudissements.
Rires.
-Mon Dieu ! De la fiente dans l'oeil ! Quelle horreur !
-Mais comme toute fiente !
Propos indistincts.
Rires.
Pas du tout, on la distille.
L'essence recueillie ayant une odeur,
On y met du musc et du camphre.
-A quoi ça sert, tout ça ?
-J'ai des rougeurs aux paupières à cause des fumées.
M. le baron m'a dit de les laver chaque soir,
mais l'eau n'y fait rien.
-J'admire ton savoir de guérisseuse,
Mais je m'y risquerais pas.
Ne mets pas de fiente sur tes paupières.
-Et cette maison, Jonas, toujours pas terminée ?
-Les pierres ne se montent pas toutes seules.
-Nous aiderons tous Jonas Ă condition que...
La Zingarelle nous gratte une sarabande.
- On t'écoute ! - Joue quelque chose.
Applaudissements.
Dimanche, on termine le toit de la Zingarelle.
Rires et propos indistincts.
-"Monsieur...
"l'occasion est lĂ .
"Ce dimanche, Ă la pique du jour, je vous attendrai au ruisseau,
"sous la forteresse des Croisés,
"et vous mènerai jusqu'à mon père,
"en terrain neutre.
"Une rencontre inattendue.
"François de Siorac."
...
Chant du coq.
Une femme hurle.
-A l'aide !
Mes yeux ! - Qu'y a-t-il, Maligou ?
Il est pas 5h ! - J'y vois plus !
-(Chut, calme-toi.)
(Chut...)
Montre-moi.
Elle gémit. (Oh, là là ...)
...
-Tu regardes ton nouveau domaine ?
-C'est le domaine du baron de Mespech.
-Que tu vas épouser.
-C'est François que j'épouse.
-Qui sera baron à la mort de son père.
-Le baron de Mespech m'a sauvé la vie.
Ne l'oubliez pas.
-Que tes prières m'accompagnent.
...
-Jonas nous attend.
Tout le monde est prĂŞt.
-Elle risque de perdre la vue.
- Je pars en avant. - Et François ?
- Il est déjà parti aider Jonas. - Je vous rejoins.
-Qu'allez-vous me faire ?
-Le grand Ambroise Paré recommande d'inciser la paupière
Ă€ l'aide d'un objet tranchant qu'on appelle un scalpel.
-Sainte Lucie, patronne des aveugles,
Venez-moi en aide. - Laisse les saints tranquilles.
-Faites que je revoie la lumière.
...
Hennissement.
- Que faites-vous sur nos terres ? - Il est avec moi.
Pourquoi mon père n'est pas avec vous ?
-Si mon capitaine vous trouve ici, il n'en sortira rien de bon.
-Je crois, au contraire, que je vais attendre ton capitaine
pour le saluer.
-Dès ce soir, ça ira beaucoup mieux.
-Monsieur le baron, vous avez de la visite.
-C'est une trahison !
Mon fils n'épousera jamais la fille de Bertrand de Fontenac !
-Mon père s'attend à votre refus.
Son but est de se battre avec vous en duel devant témoins.
- S'il veut un duel, il l'aura. - J'aime François.
Je veux l'épouser.
Mais pas au prix de votre vie.
-C'est plutôt la vie de ton père qui est en danger.
-Dans un combat loyal. Mais lĂ ...
N'y allez pas.
-Où sont les garçons ?
-Si vous voulez saluer le baron de Mespech, suivez-nous.
-Si je voulais me rendre à Mespech, François m'y aurait conduit.
-J'ai demandé la main de Diane à son père. Il n'a pas refusé.
- C'est impossible, tu le sais. - Lui n'aime que les souillons.
-Reprenez ces mots, monsieur !
-Allez, allons-y, Pierre.
-Rentre avec nous.
Allons.
Rentrons.
-Monsieur...
-François,
Tu ne peux pas être avec eux ! - Nous allons tirer l'épée !
-Il est sûr de lui, pour un cadet sans titre.
-Le titre n'empêche pas d'être un traître.
-Ton cadet t'insulte.
Tu dois te battre.
-C'est Ă vous que je parle.
-Un duel avec moi ?
Vous visez trop haut, monsieur.
-Ne lui réponds pas.
-Je répète que vous êtes un baron brigand,
Un traître et un lâche.
-Ne l'écoutez pas.
-Je crois que c'est le jour oĂą je tue du Siorac.
-Non !
ArrĂŞte.
-C'est trop tard.
-Assez parlé, morveux !
-Il cache une cotte de mailles sous son pourpoint.
-Pique-le Ă la gorge.
Il est lent.
Vas-y, Pierre !
Esquive !
Attaque !
Pierre !
Cri.
Gémissement.
-Reconnaissez votre défaite et restons-en là .
Il crie.
-VoilĂ .
Reste à ta place. - A toi, François, bats-toi.
François ! Pour l'amour de Diane et de la Vierge Marie !
-Pierre !
-Non ! Coup de feu.
-Pierre !
-Pierre !
Pierre...
Hennissement.
Pierre, regarde-moi. - Père !
- (C'est pas ce que je voulais.) - Je sais ce que tu voulais.
Lève-lui la tête, faut qu'il respire.
Il gémit.
Elle sanglote.
-(Diane...)
- Ca ressemble Ă quoi ? - Une blessure par balle.
Tirée à 15 pieds.
-Si le coeur était touché, ce serait déjà fini ?
-Oui.
Lâche pas, mon fils.
Rentre Ă la maison.
...
La balle est passée entre l'épaule et la mamelle,
Sans toucher le coeur.
Faut l'extraire
pour éviter que la blessure ne s'infecte.
Huile bouillie ou essence de térébenthine et benjoin ?
-(Térébenthine.)
Il gémit.
Pierre hurle.
-Je la remettrai après l'opération.
Je le jure.
...
On y va ?
Hurlement de douleur.
-Ton père me charge de te faire part de sa décision.
Tant qu'il vivra, les portes de Mespech
te seront fermées.
Tu partiras avec le cheval que tu as l'habitude de monter.
On te remettra une bourse, ton épée et ta panoplie.
Si tu te maries sans son accord, il te déshéritera,
Comme c'est son droit.
Adieu, monsieur.
Votre sort dépend maintenant de vous,
Et votre salut, de Dieu seul.
...
Lis ça.
L'homme de Fontenac a fait un faux témoignage au tribunal.
Il dit que Pierre a tué son maître de sang-froid.
- Personne ne peut croire ça. - Tout le monde voudra le croire.
Dès que Pierre pourra monter à cheval,
il devra partir avec Samson pour Montpellier,
En attendant que les esprits se calment.
-François...
Pierre... Samson...
-"Le Seigneur essuiera toute larme de leurs yeux,
"et la mort ne sera plus,
"et il n'y aura plus ni deuil ni cri."
-ArrĂŞte.
(ArrĂŞte.)
Il sanglote.
Mes fils...
A vous deux, vous avez Ă peine 30 ans.
Sur le chemin, évitez les beuveries,
les jeux d'argent
et les filles vénales qui ruineront votre bourse
et votre santé.
Riche, pauvre, gentilhomme, manant,
Ne portez ombrage Ă quiconque.
A Montpellier,
Choisissez vos amis de préférence parmi ceux de notre religion.
Observez, apprenez.
Ne soyez pas oisifs. Et le plus important,
Soyez toujours, l'un pour l'autre, un frère et un ami.
-Samson, c'est toi qui auras le ménage de la bourse.
Pierre, c'est toi qui commanderas l'équipage.
Salut, mes neveux.
...
-Mes fils...
...
-Quand tu reviendras
et que tu auras vu le monde,
pour moi, tu seras toujours mon petit souriceau,
que je croque quand j'en ai envie.
...
-Oeil vif !
-POING FERME ET COEUR HARDI !
...
-Bon voyage, les louveteaux !
-Adieu Ă toi, Jonas ! "Adios", la Zingarelle !
-Bon voyage !
...
-(Tu serres les dents quand je te pince au sang.
(Tu vas pas pleurnicher pour des sottises.)
-C'est pas ton péché, c'est le nôtre.
Si tu vas en enfer, j'irai avec toi.
"Mon Hélix...
"Quel idiot je suis d'attendre d'ĂŞtre loin pour te dire
"que je t'aime."
"Sous ta blouse de servante bat le coeur d'une princesse.
"Personne ne te remplacera dans le mien.
"Si tu m'aimes comme je t'aime, mon Hélix,
"j'ai la certitude que Dieu nous réunira à nouveau à Mespech."
...
-Tu tiens le coup ?
-On les reverra.
Je sais qu'on les reverra.
-Le seigle est Ă point, il faut s'y mettre.
-Pourquoi pas aujourd'hui ?
Mon frère...
- Petit galop ? - Petit galop.
...
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