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-Cette église est désormais un temple.
Adorer une image est interdit. - Les deux religions
ne cohabiterons jamais ici. - C'est dans l'autre religion
que je veux vivre et mourir. - Tu jettes une pauvre fille
sur les routes ? - Non, je la place
chez une dame huguenote. - Tu me touches, je te tue.
-J'ai dormi avec un homme. Je suis trop petite
Pour mon grand péché. - C'est notre péché.
- Tu lui as donné ta fleur ? - Non.
Tir. Cris.
-Un curé et un pasteur ont été assassinés.
-Le royaume est au bord de la guerre civile.
- Tu dois combattre à mes côtés ! - Mon épée est fatiguée.
-Enseigne-moi, toi, le grand convertisseur
incapable de convaincre sa femme. - Tu enfanteras avec douleur.
Elle gémit.
-Vos remèdes vont la sauver ?
-Mon fils, acceptez de moi cette médaille
Et portez-la votre vie durant. - Je le jure.
Il sanglote.
Une clochette sonne.
...
Au nom de Dieu, je te fais chevalier.
C'est le dernier coup que tu prends sans le rendre.
Sois vaillant, loyal et généreux.
-Allez, mon fils. Soyez un chevalier courageux.
Soyez brave
Et droit.
-Je le serai, avec l'aide de Dieu.
Applaudissements.
-Ta mère te regarde.
Elle est fière de son fils.
...
Le cheval gémit.
-Alors ?
-Il est cassé. Il ne marchera plus.
-Diane,
Tu as appris à monter avec lui, c'est à toi de le délivrer.
Le cheval gémit.
Hennissements.
-Vous craindrez le Seigneur votre Dieu
Et vous obéirez à sa voix.
Les hérétiques, ces faux prophètes, seront mis à mort,
car ils parlent pour vous détourner du Seigneur votre Dieu.
Si ton frère, le fils de ta mère, vient t'inciter
À adorer un autre dieu, l'écouteras-tu ?
-NON !
- L'abattras-tu de ta main ? - OUI !
- Je le lapiderai. - Amen.
Qu'il meure, le chien qui cherche à m'éloigner de mon dieu.
La foule crie.
- A mort ! - A mort !
-C'est le baron huguenot !
-Retrouve-moi devant la halle.
...
- Fontenac ! - M. de Montluc !
-Nous sommes en route pour le nord de la province
OĂą je dois poursuivre mon petit travail de pacification.
Les choses vont ĂŞtre plus simples, maintenant que nous avons
Les mains libres. Les huguenots ont été déclarés hors la loi.
On leur donne ça, ils prennent ça. "Resultatum"...
La régente renonce à ses rêveries
De concorde civile avec les hérétiques.
-En effet, ça change
Beaucoup de choses. - C'est le moment d'agir.
Personne ne vous demandera des comptes
S'il leur arrivait des broutilles.
-Avant-hier, je l'ai surprise
En train de déchiffrer un livre à voix basse.
Elle fait des progrès. Franchou fredonne.
Le soir, nous lisons ensemble
Les "Dialogues sacrés" que vous m'avez offerts.
- Bonjour, Franchou. - M. le baron.
-Je connais cette chanson. Je sais qui te l'a apprise.
-Quand je la chante, je sens madame près de moi, avec sa guitare.
-Calvin dit que la musique tourne le coeur vers Dieu.
-Ouvre.
-Oh... C'est trop beau pour moi.
-Isabelle voulait que tu les portes en sa mémoire.
Ils sont Ă toi.
Essaie-les. - Je n'en ai pas de plus beaux.
-Oh... Vous permettez que j'aille les cirer dans ma chambre ?
-Va. Et prépare-nous deux verres d'eau de fleur de sureau.
-Quand partez-vous pour Nérac ?
-Je ne pars pas.
-Vous n'êtes plus en sûreté, ici. Les persécutions ont repris.
On égorge même les enfants. - Tout le monde me connaît, ici.
-C'est pour ça que vous devez partir.
Nérac est tenu par les nôtres. Vous serez protégée.
-Je suis trop vieille. Ma vie est ici.
-Je reviendrai bientĂ´t. Prenez garde, toutes les deux.
-Oui, M. le baron.
-M. de Siorac ?
Regarde-le. C'est un seigneur et un médecin.
Un grand. - René, comment va ta femme ?
-Grâce à vous, plus bavarde que jamais.
Quand tu es née, sans le baron...
-Ce n'est pas moi, c'est Dieu qui a voulu qu'elle vive.
Bonne journée, René. - Au revoir.
-Comment te sens-tu ?
-J'ai très soif, mon père.
-VoilĂ .
...
-Pourquoi ne pas faire appel
à un de vos savants de Sarlat ? - Aucun médecin de Sarlat
Ou des environs n'a consenti Ă venir.
Baron, écuyer, je sais que des différends
Se sont élevés entre nos maisons.
-Des différends ! La phrase est belle.
-La fille n'est pas responsable des fautes du père.
Siorac,
Je n'ai qu'elle.
Elle perd des forces chaque jour.
Je vous supplie de lui apporter le secours de votre science.
-Non.
Votre demande est irrecevable.
-Dans ce cas...
-Monsieur.
Je ne peux m'éloigner de Mespech en ces temps troublés.
Mais si vous voulez me confier votre fille...
-De nouveaux cas de peste sont apparus.
Sa fille risquerait de nous apporter la contagion.
-Si vous me confiez Diane,
Je la soignerai et je l'hébergerai, à certaines conditions.
Diane doit être de haut en bas lavée à l'eau chaude et épouillée
avant de quitter Fontenac.
Elle vivra isolée au dernier étage de la tour nord
et sera gardée par Alazaïs.
En cas d'issue funeste de la maladie, vous renoncez
à tout procès contre moi.
Enfin, je serai seul à décider des soins à lui donner,
pendant tout le temps de la cure.
Pendant cette durée,
Diane ne recevra aucune visite,
ni de vous ni d'aucune autre personne.
Je vais vous examiner.
Si vous voulez vivre, vous devez me laisser faire.
-Je préfère mourir plutôt que d'être touchée
par un homme. - Je ne vais pas vous toucher,
Seulement soulever les pans de la camisole.
...
-Alors ?
-Raideur de tous les membres, langue sèche, fièvre,
vomissements. - Il faut la renvoyer
chez son père. - C'est trop tard. Si elle meurt,
On nous accusera de l'avoir volontairement infectée.
Nous serons livrés
À la colère populaire. - Elle a la peste.
-Tais-toi.
Personne ne doit savoir.
La panique peut faire plus de mal que le mal lui-mĂŞme.
-A cause d'elle... Ă cause de toi, nous sommes tous en danger.
-Il y a d'autres dangers, Jean. Les protestants sont hors la loi.
Personne ne nous aidera si le château est attaqué.
Nous garderons Diane jusqu'à sa guérison.
C'est à la fois plus chrétien et plus habile.
Tant qu'elle est avec nous, nous sommes protégés.
-Et si elle meurt ?
-Coupe-moi de la millefeuille.
Beaucoup plus.
Et de la sauge. Tu me feras des compresses
Avec de la millefeuille et du vinaigre bouilli.
-Monsieur.
Attendez.
-Pourquoi de l'angélique ?
-L'herbe aux anges, en infusion.
- Pour soigner quel mal ? - Vous le savez bien.
(La mort noire.)
Une femme fredonne.
Sibila crie.
-Bouge pas.
-Je l'aurais saigné toute seule.
-Attends...
Tu saignes.
Je reviens.
...
On me nomme Jonas.
- Je sais. - Comment tu le sais ?
-Je t'épie depuis des jours.
Tu te parles Ă toi-mĂŞme comme un "branco".
-Avant, je parlais Ă Louba, puis elle est partie.
-Pourquoi elle est partie ? Tu la battais ?
T'as pas l'air d'un homme qui bat sa femme.
-C'était ma louve. Mais je ne la battais pas.
T'es chrétienne ?
-J'ai été élevée dans l'islam. Quand les soldats du roi d'Espagne
ont massacré ma famille, j'ai suivi une troupe de Zingari
Qui m'ont faite catholique. C'est eux qui m'ont appelée Sibila.
-Ils t'ont appris Ă jouer
du couteau ? - A jouer du couteau
et de la guitare. Et Ă dresser les ours
Et les hommes.
-Pourquoi t'es pas restée avec eux ?
-Ils sont tous morts de la peste, l'hiver dernier.
-Sauf toi...
-La peste n'a pas voulu de moi.
-Moi, Ă la place de la peste, c'est toi que j'aurais prise.
...
-Je te salue,
glorieuse Vierge,
mère, épouse.
Sainte Marie, mère de Dieu,
Écoute ma prière. Purifie-nous du poison de la peste.
Bénis cette maison.
Pardonne les folies de nos maîtres, qui ne sont pas méchants.
Garde-nous du péché et de la mauvaise mort.
Que la fin de notre vie nous mène à bon port.
Amen.
-Le pus s'est amassé dans les abcès.
Je vais devoir inciser.
Diane gémit.
Je vais appliquer ça sur les plaies
Pour les purifier. Tu comprends ?
-Assez.
Finissez.
Vous me torturez. Vous vous vengez de mon père.
Faux baron.
Faux savant.
Il vous écorchera vivant,
Comme ce chien de médecin qui n'a pas su sauver ma mère.
Non... Je vous en supplie.
- C'est fini. - Non.
-Tenez, buvez.
Tu vas vivre.
On frappe. - Madame ?
Une cloche sonne.
Madame !
-N'approche pas.
(Va-t'en.
(Va-t'en.)
-Messieurs, on est prĂŞts ? Allez, en garde.
Elle halète. Tintements d'épées.
Doucement. Vous ĂŞtes lĂ pour vous exercer,
pas pour vous entretuer. On reprend. Doucement.
Allez.
Pierre, tes attaques, plus franches.
On reprend. La même de l'autre côté.
Allez.
Touché au coeur, M. le chevalier.
-Reste lĂ , toi. Personne n'entre,
Personne ne sort. - Lâchez-moi. Non !
Non !
Non ! Ouvrez-moi !
Au secours !
Au secours ! Non !
S'il vous plaît, ouvrez-moi. Laissez-moi sortir !
Franchou sanglote.
...
Murmure.
Toujours Vierge immaculée... Propos indistincts.
Veuillez prier Ă votre fils
qu'il ait de mon âme pitié et me pardonne mes péchés.
Beau sire Dieu, en qui je crois,
je te prie les mains jointes,
aie pitié de moi.
Jésus de Nazareth,
mon roi,
mon Dieu,
mon réconfort,
Garde-moi du péché, de la mort.
Amen.
-Mère, écoute-moi.
Demande à Jésus de la sauver.
C'est la fille de notre ennemi, mais elle est pure.
Je l'entends dans sa voix et je l'ai vu dans ses yeux.
Je sais que tu me comprends.
Tu es la seule.
Tu me manques tellement.
Un chien aboie.
-OĂą vas-tu ? Que veux-tu ?
Qui es-tu ?
-Je m'appelle René. Menuisier à Sarlat.
Le baron me connaît.
...
-Allez.
Doucement, messieurs.
On reprend les places.
Doucement.
PrĂŞts ?
Ah... Prêts, s'il vous plaît...
Allez.
- Toi aussi, tu la regardes. - Elle a le visage fort beau.
-Blanche comme un navet, des tétons comme sur ma main.
-Comment es-tu ?
-J'ai dormi. Pas de vomissements, la tĂŞte est moins lourde.
-Le pus s'est écoulé : le venin est sorti. Si la maladie
ne contre-attaque pas la nuit prochaine,
nous aurons gagné la bataille. - Allez-y.
-Maintenant,
Tu es assez forte pour nettoyer tes plaies.
-Les heures sont longues.
Je n'ai pas de livre.
-Une jeune fille qui sait lire.
C'est rare, dans une maison papiste.
-Ma mère m'a appris.
-Le spectacle de mes fils tirant l'épée ne suffit pas ?
Je t'apporterai des livres. - De la poésie ?
-J'ai reçu une lettre de Franchou.
La peste décime Sarlat.
Ils ont fermé les portes.
La famine menace.
- Et alors ? - Nous devons les ravitailler.
-Sarlat persécute les nôtres et tu proposes de les ravitailler ?
-Il est dans notre intérêt de les aider.
-Tu n'es pas fatigué de soigner ceux qui veulent notre mort ?
-C'est la guerre, Jean. Une guerre entre frères,
Entre voisins, entre Français. Ca va durer.
Sans amis, nous serons balayés.
- Comment tu les ravitailles ? - Il me faut 3 hommes.
Coulondre est d'accord.
Mes fils ?
François,
Tu es l'aîné et mon héritier. Ta place est ici.
Je suis fier de vous, mes fils. La bravoure
Ne se montre pas que l'épée à la main.
C'est demain.
La porte s'ouvre.
-Regarde, il a tout préparé pour demain.
-La peste...
-Regarde ce qu'on va lui faire, Ă la peste, nous.
-Dormez, mes fils. Gardez vos forces.
...
La porte se ferme.
-"Vous m'avez dit que vous m'aimiez bien fort,
"bien fort, bien fort, et ainsi, je l'ai cru.
"Mais tôt après vous fîtes votre effort
"d'en dire autant en un lieu de que j'ai vu,
"bien fort, bien fort, vous l'aimez, je l'ai su.
"Il vous faut trop de forces pour deux lieux,
"si fort aimer, mais prenez pour le mieux,
"deux bons ciseaux coupent notre amitié,
"et retenez l'autre, qui a vos yeux, forces et coeur :
"tant de double et gracieux satisfera trop bien de la moitié."
"J'ai un ciel de désir, un monde de tristesse,
"un univers de maux,
"mille feux de détresse,
"un Etna de sanglots et une mer de pleurs."
-"J'ai mille jours d'ennuis,
"mille nuits de disgrâce,
"un printemps d'espérance et un hiver de glace,
"de soupirs en automne, un été de chaleurs."
-"Clair soleil de mes yeux, si je n'ai ta lumière..."
-"Une aveugle nuée 'ennuitte' ma paupière..."
-"Une pluie de pleurs découle de mes yeux."
-(Tu ne dors pas, petit souriceau ?
(Attends.)
...
(Je me donne Ă toi.)
-(Et si tu tombes enceinte ?)
-(Maligou m'a appris les herbes qui protègent.)
-(Je me donne Ă toi.)
...
-"LES CLAIRS ECLAIRS D'AMOUR, LES ECLATS DE SA FOUDRE,
"'ENTREFENDENT' MES NUITS ET M'ECRASENT EN POUDRE.
"QUAND J'ENTONNE MES CRIS,
"LORS J'ETONNE LES CIEUX."
...
-Diane,
Tu es toujours lĂ ?
-Oui.
Je suis là , François.
La nuit est passée, je suis encore là .
-Tu dois dormir.
-Parler avec un ami m'a fait plus de bien que dormir.
Un coq chante.
-C'est folie,
Jean !
(C'est folie.
(Folie...)
-Oeil vif, poing ferme, coeur hardi, mes fils.
C'est ça, que tu cherches ?
Qu'as-tu donné à mon carrier
pour qu'il roupille comme ça ? - Du plaisir, M. le baron.
-Tu me connais ?
-Vous et vos deux drĂ´les qui me "luquent".
-Jonas !
Charge-moi 10 meules de fromage
Dans la charrette, en bas.
Tu as oublié
qu'il est interdit de paillarder
Hors du mariage ? En temps de peste, en plus.
Qui te dit que cette sorcière ne t'a pas infecté ?
- La peste ne veut pas d'elle. - Raconte-nous ça.
-J'ai passé 10 jours et 10 nuits à soigner les Zingari.
Ils sont tous morts dans mes bras.
Depuis, le seul mal dont j'ai souffert,
c'est de faim et de soif. - A mon retour, elle n'est plus lĂ .
-Ce que tu m'as dit cette nuit, tu le veux toujours ?
-Ce que j'ai dit, je l'ai dit.
-Ca suffira.
-M. le baron ? Jonas dit qu'il veut me marier.
-Mespech aussi est une famille. Pas vrai, Jonas ?
Dans une famille, chacun est Ă sa place.
Il n'y en a pas pour une diablesse
Qui couche avec son poignard.
A tantôt, Jonas. Ou adieu, si tu préfères
Suivre ta "Zingarelle". A toi de choisir.
-Que fais-tu ?
-On trouvera de quoi vivre ailleurs.
-Ailleurs, pour les gens comme nous, c'est la mort.
Si tu ne me vois pas rentrer Ă la nuit, oublie-moi.
-Père, la peste est-elle un châtiment que Dieu envoie
pour nous punir de nos crimes ? - Peut-ĂŞtre est-ce le diable
Qui nous met à l'épreuve. - Je le pense.
C'est pourquoi nous devons nous défendre contre la maladie.
-"Diane, tes regards sont comme les flèches
"que l'ange de l'amour..." Il soupire.
Bourdonnements de mouches.
-La contagion de la peste vient de l'air corrompu
qui entoure les infectés. Certains savants pensent
que c'est une vapeur qui entre en nous,
D'autres, que ce sont des bestioles qui empoisonnent le sang.
- Des vapeurs, des bestioles... - Mettez vos masques.
Coulondre, Samson, avancez, on vous rattrapera.
-Allez.
-Nomme les signes que tu repères sur son corps.
-L'apostume qui lui tend la peau de l'aine est un bubon.
Les pustules noires sont des charbons.
-Et les boutons de toutes couleurs ?
-Le purpura, mon père.
-C'est bien.
Tu vois ce corbeau
qui fait l'insolent ?
Tue-le.
Ambroise Paré raconte qu'après avoir vu pour la 1re fois
Un cadavre de pesteux, il tomba en syncope.
Tu surpasses donc Ambroise Paré, du moins par le sang-froid.
Quand tu as tué le corbeau, ta main n'a pas tremblé. C'est bien. Allez.
-Mon Dieu, envoyez vos anges pour défendre et guider
M. le baron et ses fils. Sainte Pucelle, mère de Dieu,
moi, ton humble servante,
Je t'en supplie, ne les abandonne pas.
Amen.
Si M. le baron apprend que j'ai désobéi, il me jettera dehors.
-Et si M. de Sauveterre apprend que tu pries la Vierge en cachette ?
- C'est mal, ce que vous faites. - S'il te plaît.
-C'est le déjeuner de la demoiselle.
-Bonjour, Maligou.
-Ne bougez pas, je m'en occupe.
On frappe.
...
-"Diane, depuis que nous nous sommes parlé,
"je vis et je me meurs. Je me brûle et je me noie.
"Oui, depuis cette nuit, ma vie est devenue la tienne.
"Si tu m'aimes comme je t'aime, rien n'arrĂŞtera notre amour,
"ni la haine de nos pères ni les querelles de culte.
"Non, rien ne pourra plus nous séparer,
"car ta vie est la vie de ma vie.
"A jamais et pour toujours, François."
-La ville est fermée. On n'entre pas, on ne sort pas.
-J'apporte un demi-boeuf,
De la chair salée, du fromage et des noix.
Je veux voir monsieur de la porte pour qu'il m'acquitte
des marchandises.
Fais durer la transaction, je vais chercher Franchou.
J'ai juré à ta mère de veiller sur elle.
...
Franchou ?
Franchou ?
Franchou ?
Franchou ? - C'est vous, M. le baron ?
Vous n'avez pas abandonné votre servante !
- Es-tu malade ? - Seulement de peur et de faim.
-Depuis quand es-tu seule ?
-Je suis enfermée depuis 2 dimanches.
-Elle serait déjà morte, si elle était atteinte.
Masque ton visage, je t'ouvre. - Très bien.
Merci. - Ca va aller.
-Père ?
-Donne-moi la garce, huguenot.
Elle est pour moi. - Je suis venu ravitailler la ville.
Tu vas avoir de la nourriture. - Donne-la-moi ou je vous donne
mon mal. - N'oblige pas mon fils Ă tirer.
Recule. - Je suis déjà mort.
-Tire. Déclic.
- Ca ne marche pas. - HĂ©, l'homme !
Prends-moi Ă la place de la garce.
Laisse-la. Laisse-les partir.
Viens.
Viens.
Ton mal ne me fait pas mal.
-Pour la "Zingarelle" !
-VIVAT !
VIVAT !
VIVAT !
- Barberine, Ă boire ! - Tout de suite.
-S'il vous plaît.
-Merci, Franchou.
...
-Allez, Jonas. Qu'est-ce que tu attends ?
Allez, vas-y.
-(CHUT...)
-Sibila,
veux-tu ĂŞtre ma femme,
devant les hommes et devant Dieu ? - Je le veux, Jonas.
-OH ! Applaudissements.
-Devant Dieu
et selon notre culte.
-Je veux bien épouser Jonas selon le nouveau culte
Si vous l'autorisez à bâtir une maison sur sa grotte.
-Tu as la langue bien pendue.
-Jonas te construira une maison oĂą vous logez.
C'est mon présent pour vos noces.
- Compte pas sur moi pour voisiner. - Pourquoi ?
-Elle a pas nos manières. Et elle a pas une peau de chrétienne.
-Et Jésus, tu crois qu'il avait la peau blanche comme nous ?
La porte s'ouvre.
Applaudissements. - Bravo.
A toi, Barberine.
Longue vie Ă ta petite.
-Tu as beaucoup risqué, aujourd'hui.
La vie de tes fils et la tienne.
-J'ai livré de quoi manger à une ville qui crève de faim.
J'ai respecté la volonté d'Isabelle.
-Comme je n'ai plus le droit de me confesser à M. le curé,
Je dois vous le dire Ă vous. - Parle.
-Que tu nous dises quoi ?
-Un grand crime que j'ai fait en dépit que je voulais pas.
Hennissement.
Un cheval trotte.
...
-Viens.
La porte s'ouvre.
-Un chevalier, ce n'est pas une épée, une armure et un écusson,
C'est un homme qui tient parole, qui ne ment pas à son père.
- Je ne vous ai pas menti. - Tu m'as désobéi.
-Vous aussi avez aimé une femme qui croyait d'une autre façon que vous.
-Je l'ai payé toute ma vie.
François,
Tu es mon fils aîné, tu es le garant de notre lignée.
Ta femme sera de notre religion.
- Diane se convertira. - Son père est notre ennemi.
- Mais elle est différente... - Assez !
-Va prendre ta leçon d'épée.
Et montre-toi digne de la place que Dieu t'a donnée.
-En garde. Rompez, deux fois. Tintements d'épées.
Passe avant. Tendez bras.
Tendez.
Hop !
Remonte le coude et les fesses. - C'est compris.
-Allez, reprends.
En garde...
Rompez, deux fois.
-C'est la médaille de notre mère ? Pourquoi tu la portes ?
C'est toi qui l'as volée ? - Elle me l'a donnée.
- Menteur. Voleur ! - Elle me l'a donnée, crois-moi.
Elle m'a fait jurer de la porter toujours en souvenir d'elle.
...
-Il m'a sauvée, mon père.
Vous devez la vie de votre fille Ă Jean de Siorac.
-Je n'oublierai pas.
-Pourquoi lui ? Pourquoi pas moi ?
Je te maudis.
Je vous maudis tous.
france. tv access
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