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Bonne chance.
Merci.
Soulève ta valise.
Attends.
Attention.
Reste près de moi.
Suis mes pas.
Tu n'as pas froid ?
Quoi ?
Je peux rester avec toi ?
Non. Ca serait trop dangereux pour toi.
On y va.
On est passés par les égouts.
Je savais que vous étiez dans la merde, mais là...
Viens. J'ai quelque chose pour toi.
Allez, tu dois te dépêcher.
C'est pour toi.
Prends ces bijoux, au cas où.
Allez ! Il faut se dépêcher.
Fais vite.
C'est Hugo.
Bonjour, Hugo.
Moi, c'est Mariana.
Ne t'inquiète pas.
Mariana s'occupera de toi, tu seras bien, ici.
Elle t'a connu tout petit.
Fais ce qu'elle te dit, sois patient et sois bien sage.
Et ne pose pas de questions.
Maman t'aime plus que tout au monde.
Vite !
Maman...
Allez, vite !
Viens.
Allez.
Hugo, viens.
Il fait froid, ici.
Allez.
Viens.
Viens.
Au lit.
Allez, couche-toi.
Tu te laveras demain.
Même si tu pues.
On peut pas faire de bruit, il est tard.
On peut pas faire de bruit, il est tard.
On n'est pas seuls, ici.
Maintenant, dors.
Maman !
Tout va bien.
Hugo.
J'ai changé d'avis.
On ne peut pas se séparer.
J'ai trouvé un abri où on pourra être ensemble.
Prends tes affaires. Prépare-toi vite.
Attends-moi, je reviens.
Fais vite.
Bonjour.
Tu as dormi tout habillé ?
T'as rien mangé.
On n'a pas de chocolat, ici.
Fais ta toilette.
Tu me donneras tes affaires sales.
Allez, j'ai beaucoup à faire.
Je te laisse ça pour faire pipi.
Je ferme la porte.
Mariana !
J'arrive !
Ferme les yeux.
Pense...
à la chaise qui est dans le salon, près de la fenêtre.
Déplace-la
dans la rue, devant la pharmacie.
Non.
Pas dans la rue.
C'est trop dangereux pour la chaise.
C'est trop dangereux pour la chaise.
Ferme les yeux.
Pense à quelque chose.
A ce que tu veux.
A un souvenir, si tu veux.
Tu peux aller où tu veux.
Tu peux voyager dans le temps.
Tu peux voir le passé
et aussi l'avenir.
Tu es libre.
Tu peux me faire venir quand tu veux.
Comme ça, on pourra passer toute notre vie ensemble,
si on veut.
Tu as déjà embrassé ?
Qui ?
Une fille.
Vite. A trois, on imagine qu'on s'embrasse.
Tu es prêt ? Tu me vois ?
Tu es prêt ? Tu me vois ?
Oui.
Un...
deux...
trois.
Hugo !
Qu'est-ce que tu fais ? Viens.
Tu as bien dormi ?
Regarde.
C'est en ton honneur.
Elles sont belles, non ?
Ta mère m'a dit que tu aimais lire.
Ta mère m'a dit que tu aimais lire.
Ici, tu auras tout le temps pour ça.
Tu as pas mangé ?
Il faut manger.
Si quelqu'un frappe à la porte,
ne fais pas de bruit.
File dans le réduit.
Compris ?
Je reviens tout de suite.
Si on frappe, ne réponds pas.
A personne.
Non ! Eloigne-toi de la fenêtre.
Tout de suite !
Recule-toi.
Tu vois ?
Tu vois ce poêle ?
Ne va pas plus loin.
Ce salaud pourrait te voir.
Le concierge a des mains énormes.
Des vraies pattes d'ours, il peut te briser le cou.
Prends ça.
C'est pour toi.
Mange sur le fauteuil.
Si on te pose des questions,
dis que tu es à Mariana.
Et puis c'est tout.
Tu dis que tu es le fils de Mariana.
Je suis si contente d'avoir un beau garçon comme toi !
Fais pas cette tête.
J'aurais très bien pu avoir un fils.
Personne doit savoir que tu es ici.
Je suis ta seule amie.
La seule.
Allez, va dans ta chambre.
Attends.
T'as entendu ?
Ca sera notre code.
Joyeux anniversaire, Hugo.
Ton père serait fier de toi.
Voilà son cadeau.
Il aurait aimé te l'offrir lui-même.
Comme ça, tu pourras m'écrire.
Tous les jours.
Merci, oncle David.
Une rafle ! Chut !
Il faut descendre à la cave.
Allez, vite !
Entre, mon chéri !
Je crève de soif.
J'ai bouffé du Juif toute la journée.
Faut que je boive un coup.
Après ça, je te boufferai le cul.
Où tu caches ton cognac ?
- Où ? - J'en ai pas.
Oublie le cognac.
T'as un coup dans le nez,
mon commandant.
Calmez-vous.
Respirez.
La douleur va s'apaiser.
Papa.
Retourne au lit, Hugo.
Et voilà,
Mariana t'a oublié.
T'as rien mangé de toute la matinée.
J'ai dormi comme un loir.
Et maintenant, j'ai mal au crâne.
Comment il va, le petit chiot préféré de Mariana ?
Bien, merci.
Tu peux rester un peu dans ma chambre.
J'ai une surprise pour toi.
J'ai une surprise pour toi.
Merci.
Arrête de me dire merci.
Ca m'énerve.
Elle est chaude.
J'apporte encore deux seaux d'eau bouillante,
et on rajoutera de l'eau froide.
Tu vas voir,
ce sera un bain digne du paradis.
Déshabille-toi.
Déshabille-toi.
Allons,
fais pas le timide avec Mariana.
Déshabille-toi, je t'ai dit.
Et le slip, aussi.
Je reviens tout de suite.
Elle est pas trop chaude ?
Je vais te laver avec un savon qui sent très bon.
Tu es un grand garçon.
Tu as quel âge, déjà, mon joli ?
Douze ans.
J'ai eu mon anniversaire
juste avant de venir ici.
Ton anniversaire.
Un vrai beau garçon.
Tu as quelque chose à me demander
Tu as quelque chose à me demander
ou dont tu voudrais qu'on parle ?
Ta mère t'a rien dit ?
Maman m'a dit de pas poser de questions.
Ton travail, c'est pas mes affaires.
Très bien.
Tu as été malade, cette nuit ?
C'est mignon.
Tu as eu peur ?
Tu as pas peur des Allemands ?
Tu t'entends bien avec eux ?
Ici, c'est différent.
Ce qu'ils font la journée, ça reste dehors.
Ici, il y a que des hommes.
Ni plus, ni moins.
Fais pas attention à ce que tu entends.
On s'amuse, c'est tout.
C'est ça, mon travail.
Je fais semblant.
C'est quoi, au juste ?
Et dire que tu devais pas poser de questions !
C'est juste un jeu.
On joue des rôles.
C'est ça, mon travail. On me paie pour ça.
J'aime tes questions.
Vraiment, je les adore !
Allez, frotte bien ta zigounette.
Mariana aussi a sa pudeur.
Tu sens bon comme les fleurs au printemps !
Tu fais confiance à Mariana ?
Tu ne la juges pas ?
Bon.
Mariana est fatiguée.
Elle va faire un petit somme, va dans ta chambre.
Prends ça.
Je dois aller en ville.
Tu peux te réchauffer près du poêle.
Fais de beaux rêves, mon lapin.
Tu me prends pour qui ?
Fous-moi la paix, je te dis !
T'entends comment tu me parles ?
Lâche-moi, je suis pas ta poupée !
T'es bien allée avec l'autre.
Je vais le dire à Madame.
Tu me menaces ?
Tu vas voir !
Voilà pourquoi,
matin et soir,
Mariana me demande du rab.
"Donne-m'en un peu plus, Victoria.
"Sois gentille, sois généreuse.
"Victoria chérie, j'adore tes bons petits plats."
Ca faisait un moment que j'avais des soupçons.
Tu sais ce qu'on risque, à cacher un Juif ?
Tu sais que ça nous met toutes en danger ?
Où est Mariana ?
Elle est là.
Tu croyais que t'allais nous berner ?
C'est pas tes affaires.
Ma porte était fermée, t'aurais pas dû entrer.
C'est pas mes affaires ?
Tu nous mets toutes en danger, avec ton Juif.
Viens, on va parler.
J'ai rien à te dire.
Tu sais ce que font les Allemands
à ceux qui cachent des Juifs ?
C'est mon fils.
Tu devrais avoir honte, Mariana.
Je vais tout dire à Madame.
Tu crois en Dieu ?
Tu veux dénoncer mon fils ?
Tu veux dénoncer mon fils ?
Je suis là, mon chéri.
Je suis là.
Yacov Blumenfeld ?
Oui, c'est moi.
Que se passe-t-il ?
Occupe-toi du petit.
Je n'ai rien fait.
Yulia !
Laissez-le, il n'a rien fait !
Attendez !
Il n'a rien fait !
Yulia, je reviens vite.
Yacov !
Maman.
Je veux être avec toi.
La cuisinière va me dénoncer.
Emmène-moi avec toi.
C'est impossible, tu le sais, mon chéri.
Tu es mon coeur...
mon bébé.
Personne ne peut nous séparer.
Ne te fais pas prendre.
Sois patient.
Fais confiance à Mariana.
Elle m'a menacée.
Tu te rends compte !
Elle a dit que tu devais partir.
Elle voulait pas croire que tu étais mon fils.
Elle voulait pas croire que tu étais mon fils.
Mais je lui ai parlé.
Elle se taira.
Mariana a pas dit son dernier mot.
Et Victoria dira rien.
Une vraie grenouille de bénitier !
Je sais comment la faire taire.
Mariana va se la mettre dans la poche.
N'aie pas peur.
J'ai promis à ta mère de te protéger.
Et je te protégerai.
Tu me regardes avec de ces yeux...
Tu ne dis rien.
Tu fais tout ce que te demande Mariana.
Tu fais confiance à Mariana.
Tu la juges pas ?
Y en a, là-dedans.
Lève-toi.
Mariana !
Hugo !
Hugo !
Hugo, viens !
Il y a de la neige partout !
Vite !
Hugo, viens !
Hugo, viens !
Allez, descends !
Vite !
Il y a de la neige partout !
Je t'en conjure, ne perds pas espoir.
Le désespoir est une défaite.
N'oublie pas de faire tes devoirs.
Quoi qu'il arrive, il faut toujours se cultiver.
Que cherches-tu ?
Le stylo plume que tu m'as offert.
Tu ne t'en sers pas beaucoup, non ?
Si tu n'étudies pas,
ta tête se videra.
Je l'ai perdu.
Je me dégoûte !
Regarde dans mon sac,
je t'ai pris des sandwichs chez Orwitz.
je t'ai pris des sandwichs chez Orwitz.
Tu es allée en ville ? Tu as des nouvelles de maman ?
Je t'ai dit cent fois que personne sait rien.
Les Juifs, soit ils sont planqués, soit ils sont morts.
Ils reviendront après la guerre, c'est pas difficile à comprendre.
En attendant, tu dois rester en vie.
Alors, mange.
Regarde-moi ça.
Tu es gelé !
Je peux plus voir cette chambre.
Elle me dégoûte.
Ma mère à moi, elle est bien malade.
Ces salauds !
Ils ont pas voulu me donner les médicaments à crédit.
Ils ont pas voulu me donner les médicaments à crédit.
Ces salauds qui ont piqué la pharmacie de tes parents.
Une semaine !
Je leur demandais juste d'attendre une semaine.
Sans médicaments, elle tiendra pas.
Qui a piqué notre pharmacie ?
Il y a deux semaines, je lui ai acheté des fruits.
Je peux faire quoi de plus ?
Je veux pas que ma mère m'en veuille.
Ta mère sait que tu l'aimes.
Qui a piqué notre pharmacie ?
D'où tu tiens ça ?
Une mère a un lien spécial avec son enfant.
C'est scientifiquement prouvé.
Ah bon ?
C'est un lien qui doit se faire à la naissance.
Ma mère me protège partout,
même ici.
La tienne aussi.
La tienne aussi.
Tu es intelligent...
Qui a pris notre pharmacie ?
Mais là, tu te trompes.
Ma mère a jamais pu me blairer.
Même quand j'étais petite.
Ta maman sait que tu l'aimes, je te dis.
Tu es le seul...
à qui je peux faire confiance.
Mon Dieu...
Tu m'as envoyé un ange.
Tu mérites un cadeau.
Un joli cadeau.
Très personnel.
Ne l'enlève jamais.
Ni le jour, ni la nuit.
Ils traquent les Juifs.
Toi, t'as rien à craindre,
Toi, t'as rien à craindre,
tu es mon fils.
On se ressemble un peu, non ?
Je peux te manger ?
Non.
Alors peut-être que je peux te faire un bisou ?
Encore non ?
T'es malade ?
Pour qui tu te prends ?
Je connais des gradés, moi.
J'en ai rien à faire, de tes copains schleus !
Tu crois que tu me fais peur ?
Casse-toi.
Casse-toi, sale con !
Espèce de malade !
Pour qui tu te prends ?
Tu sais qui je suis ?
Un sale pervers qui bande mou !
Oui, tu bandes mou !
Tout dans la gueule, rien dans la bite.
Tout dans la gueule, rien dans la bite.
Qu'est-ce que t'as dit ?
Répète, pour voir.
Tu sais à qui tu parles ?
Tu sais qui je suis ?
Nacha !
S'il vous plaît.
C'est un malade, ce type.
On se calme.
Il m'a étranglée.
Calme-toi.
Casse-toi !
Dégage, salaud !
Ferme ta gueule, toi.
Je vous ferai tous arrêter !
Va te plaindre à tes boches !
- Respecte les clients. - Je m'en fous !
Connard !
Je vous ferai tous arrêter !
Salaud !
Notre établissement vous présente ses excuses.
Tout va bien ?
Dors, maintenant.
Dors, maintenant.
Mariana se sent pas bien.
Si tu as froid, mets-toi près du poêle, mais me parle pas.
D'abord, arrête de pleurer.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Encore soûle.
Il bandait pas.
Pour qui tu te prends ?
Il voulait m'enfoncer son poing !
On a assez de clients pour les faire fuir ?
Et s'il raconte ça à ses amis allemands ?
Ils peuvent fermer l'établissement, ou pire.
Pourquoi il fouine, celui-là ?
Hé, l'abruti, c'est à toi que je parle !
Les filles entendent des rats, de la nourriture disparaît.
Je cherche où se cachent ces saloperies.
Moi, je vois qu'un seul rat, ici !
Ca suffit, Mariana !
Je t'avais prévenue. Tu m'avais juré.
C'est fini pour toi, mademoiselle.
Demain, tu dégages de cette chambre.
Demain, tu dégages de cette chambre.
Après tout ce qu'on a fait pour toi, moi et cette maison.
Et moi ?
J'ai rien fait pour cette maison ?
Madame...
me faites pas ça.
Vous allez pas me jeter à la rue ? Je vous en supplie.
Je t'ai assez vue.
S'il vous plaît...
En plus, tu nous as tous mis en danger.
Je donnerai ta chambre à une des filles demain midi.
Vous pouvez la donner à Nacha ?
S'il vous plaît, Madame ?
Soyez gentille.
Fais tes valises.
T'inquiète pas.
On va aller parler à Madame.
Regardez comme son cou est bleu.
Je connais ce taré, c'est une ordure.
Quand il reviendra, ce porc, on lui fera sa fête.
Quand il reviendra, ce porc, on lui fera sa fête.
Allez, laissez-moi.
Tu peux t'asseoir.
Tu vas partir ?
Quoi ?
Tu vas partir d'ici ?
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Faut que je réfléchisse,
d'accord ?
Debout !
Au lit.
Il fait froid.
Il fait froid.
Pousse-toi.
Pour une fois, on va dormir ensemble.
Toute une nuit.
Pousse-toi.
Tu es glacé.
Tu es tout froid !
Viens te mettre contre moi.
Il y a rien de mieux que la chaleur humaine.
Je vais partir avec toi.
Non, non, non...
Dans le lit de Mariana,
on ne pleure pas.
On est un homme.
Bonjour, Hugo.
Je te présente mon amie Nacha.
Il est mignon,
et en plus, il est intelligent.
Comme tous les Juifs.
Tu as vu ça ?
Nacha aime bien les Juifs.
En face, il y a le hangar à bois.
Vas-y seulement en cas de danger absolu.
Sinon, ne sors jamais de ton réduit.
Compris ?
Je laisse mes affaires ici.
Je les récupérerai plus tard. En même temps que toi.
Où tu vas ?
Ecoute,
Nacha est une fille gentille et fiable.
Nacha est une fille gentille et fiable.
Et la cuisinière ?
Elle me dénoncera.
Victoria ? T'inquiète pas.
Je l'ai payée.
- Quoi ? - J'avais pas le choix.
La broche de ma mère ?
C'est le prix de ta vie.
Commence pas.
Le désespoir, c'est pour les faibles, ça sert à rien.
Et tu tomberas peut-être amoureux de Nacha.
Tu voudras plus venir avec moi.
Tu trahis ma mère.
Tu m'abandonnes.
Quoi ?
Qu'est-ce que j'entends ?
Qu'est-ce que tu as dit ?
Espèce d'ingrat.
Fils à maman !
Yulia est mon amie,
mais elle t'a trop couvé.
T'es plus dans ta petite maison bourgeoise.
J'étais dans le ghetto.
C'est ça !
Dans ta famille de riches, bien protégé ?
Dans ta famille de riches, bien protégé ?
Tu sais faire de belles phrases, mais rien d'autre.
Regarde autour de toi.
Ouvre les yeux.
C'est la guerre.
Pense pas qu'à toi.
Au revoir, mon homme.
On se reverra bientôt.
Viens.
Tu m'embrasses pas ?
Pas terrible, comme baiser.
Ca manque d'ardeur.
T'as pas envie de m'embrasser ?
Il va falloir qu'on t'apprenne.
Anna...
Anna...
Ils ont trouvé une famille avec trois enfants.
Ils étaient cachés dans une maison à côté.
Les propriétaires ont été fusillés sur la place, devant tout le monde.
On va en faire quoi, du Juif ?
Rien.
Tu dois faire aucun bruit, tu entends ? Tu bouges pas.
Tu diras que tu es le fils de Mariana.
Et surtout,
dis que personne savait que tu étais ici.
Y a que Mariana qui savait.
Moi, je savais rien.
Et sors ta croix,
il faut qu'on la voie.
Prie.
Comment ?
Tu dois t'adresser à la mère de Dieu.
Ecoute.
Marie, mère de miséricorde qui es aux cieux,
protège-moi de la mort,
même si je suis juif.
Tu nous tueras tous.
Arrête de respirer.
Lave-toi, tu pues.
Je plaisante pas avec la propreté.
Allez.
Lève-toi et mange.
Mariana m'a dit que tu étais obéissant.
Elle a menti.
Maman,
surtout, j'espère que tu te caches bien.
Mariana s'est disputée avec la propriétaire de la maison
et elle a été renvoyée.
Son amie Nacha s'occupe de moi.
Son amie Nacha s'occupe de moi.
Ici, le temps passe sans moi.
Hugo.
Les mots que j'utilisais autrefois ont perdu leur force.
Je ne lis pas, je n'étudie pas.
Je n'arrive plus à faire marcher ma tête.
J'ai peur qu'elle se vide,
que je me transforme en bête.
Mes souvenirs s'effacent.
Je ne peux plus être ailleurs que là où je suis.
Depuis que Mariana est partie,
je ne sais pas comment passent les heures.
Et encore moins les jours.
J'attends son retour
pour lui donner ma lettre.
Elle saura sûrement comment te la faire parvenir.
J'arrive !
Aide-moi, mon chou.
Il est fort, mon petit homme !
Personne n'a vu Nacha ?
Non, Madame.
Elle a pas dîné hier et pas mangé ce matin.
Personne l'a vue partir ?
J'ai demandé à toutes les filles. Elle est pas rentrée.
C'est incroyable ! Elle a pas pu se volatiliser.
Je peux pas lui faire confiance.
Ils ont des manteaux de fourrure en plein été !
On aura fini avant midi.
Victoria disait vrai.
On a un petit youpin chez nous.
Nacha a été arrêtée.
Tu dois partir.
Qui aurait cru que Nacha était juive ?
Tu le savais pas, toi ?
Me dis pas qu'entre vous...
Pardonne-moi.
Sors de là.
Le voilà, ce sale petit rat.
Victoria disait la vérité.
Mariana cachait un Juif dans sa chambre.
Tu es ici depuis longtemps ?
Oui.
C'est Mariana qui t'a caché là ?
Oui.
C'est très dangereux pour nous.
Je suis chez moi et je ne savais rien.
Tu trouves ça normal ?
Et Nacha ?
Vous étiez de mèche ? Vous êtes parents ?
Bien sûr qu'ils sont parents.
Des Juifs ont été arrêtés.
Je les ai vus passer devant la maison.
Où ils les emmènent ?
Ils font des rafles partout.
Laissez-moi le livrer, je l'amènerai moi-même.
Pour qu'on soit tous fusillés ?
Depuis le temps qu'on le cache.
Je connais un bon endroit.
Tu vois, tout va s'arranger.
Madame est bonne.
Si tu pars tout de suite,
elle te livrera pas aux Allemands.
Fais ton sac,
et dans une heure, M. Tudor t'emmènera loin d'ici.
File ! T'as rien à faire ici !
Dégage !
Va au diable !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Bruto.
Allez.
Viens, Bruto, on s'en va.
Merci Seigneur de l'avoir protégé.
Pardonne-moi, mon petit.
Pardon.
Marie, pleine de grâce,
sauve ce Juif.
Victoria dira rien à Madame.
Mariana va tout arranger.
Ma mère est morte.
Sa maladie l'a emportée en quelques semaines.
Maintenant, elle est au ciel.
Et moi, je suis seule ici.
Et moi, je suis seule ici.
J'ai plus personne.
Arrête de pleurer.
Ils te feront plus de mal.
Ecoute.
Tu dois être fort.
J'ai vu Anna.
Dans la forêt.
Dans un grand trou...
plein d'eau.
Et dedans...
il y avait plein de gens morts.
Ca suffit, arrête de pleurer.
Allez, pas de bruit.
Ensemble, on va retrouver ta mère, après la guerre.
Mais attention,
il me faut un homme à mes côtés.
Pas un bébé.
Je dois aller travailler.
Reste avec moi.
Ecoute,
la vieille morue a accepté de me reprendre
à condition que je travaille.
Et que j'arrête de boire.
Allez, essaie de dormir un peu.
J'ai arrêté de boire.
J'étais dans la maison de mon père.
J'étais dans la maison de mon père.
Il portait sa kippa.
Il m'a accueillie à bras ouverts.
Il m'a appelée sa fille.
J'ai vu Anna, là-bas.
Ne t'inquiète pas.
Elle va bien.
Elle pense à toi.
- Allez, Hugo. - Sors !
- Allez, Hugo. - Sors !
Il a tellement grandi, j'ai eu du mal à lui trouver ce costume.
C'est parce que je le nourris bien.
Hugo !
Allez.
Je te présente mon amie Ketty.
Bon anniversaire, Hugo.
Vous avez presque le même âge.
Tu es très élégant.
Merci.
Marche un peu, qu'on t'admire.
Ce que tu es beau !
Regarde dans ta poche.
Dans la poche intérieure.
J'ai vu.
Vas-y, ouvre !
Tu regardes pas à l'intérieur ?
Regarde.
Tu la reconnais pas ?
Tu reconnais pas ta mère ?
Si.
Et à côté, c'est qui ?
C'est toi !
Et le garçon ?
C'est ton oncle.
Sigmund.
C'était mon amoureux.
Je te l'avais bien dit.
On est de la même famille.
Sigmund.
Mon cher Hugo,
te voilà arrivé à l'âge adulte.
C'est comme ta bar-mitsva.
Maintenant, tu es un homme.
Mais tu seras pas comme les autres.
Mais tu seras pas comme les autres.
Tu seras généreux.
Je le sais.
Parce que je te connais.
Tu as le coeur bon.
C'est quelque chose de très rare.
Merci.
Merci ? C'est tout ?
Embrasse donc Mariana, pour la remercier.
Allez !
Mieux que ça, allez.
Tu es beau.
Je suis là !
Qu'est-ce que tu as ? Tu as l'air triste.
Bois un coup.
Tu as le droit, maintenant.
Hier, tu pouvais pas, aujourd'hui, si.
Le jour de son anniversaire, on pense
à ses parents.
Moi, j'en ai pas, et je pense quand même à eux.
T'en fais pas, Hugo.
Moi, je te comprends.
Les trains s'arrêtent plus à notre gare.
Bientôt, la ville sera plus ravitaillée.
On y est pour rien si les Allemands reculent.
Au contraire, même.
Vous vous trompez.
Les Allemands ont pas dit leur dernier mot.
Tu te souviens du directeur de l'école des Carmélites ?
Il dit que la situation est en train de changer,
ou quelque chose comme ça.
Les soldats en poste ici sont envoyés sur le front de l'Est.
Alors, on va se retrouver au chômage.
Ils traquent plus les Juifs ?
Une petite unité allemande les pourchasse encore.
Ils partiront quand ?
Personne le sait.
A votre avis,
les communistes, c'est mieux que les Allemands ?
Qu'est-ce qui va nous arriver ?
Quelle différence entre une bite allemande et une russe ?
Les Rouges vont pas apprécier
nos anciennes fréquentations.
C'est pas eux qui nous demanderont des comptes.
C'est Dieu.
Alors pour moi, c'est foutu d'avance.
Heureusement, on a notre petit Hugo.
Pas vrai ?
T'oublieras pas tes vieilles copines qui t'ont protégé, nourri, consolé.
T'oublieras pas tes vieilles copines qui t'ont protégé, nourri, consolé.
Tu raconteras tout ça aux communistes ?
On a fait tout ce qu'on a pu.
Pas vrai ?
Madame et lui, ils ont tellement la trouille
qu'ils croient plus en toi qu'en Jésus !
Un officier envoyé au front
me demande de l'attendre.
Il dit que ça l'aidera à combattre.
Quelle horreur !
Une gorgée.
Une seule.
Aux ordures, je plais encore.
Mariana va se coucher.
Tu peux t'asseoir à côté, si tu veux bien.
Tu veilleras sur mon sommeil.
Mariana est plus tranquille
quand son petit chien veille sur elle.
Les chiots sont si mignons.
Mais ils grandissent,
ils deviennent des chiens.
Toi, tu resteras mon petit chiot.
D'accord ?
D'accord.
Mariana !
Mariana, tu es là ?
Je suis malade.
J'ai un client, en bas, un jeune soldat.
Tu peux le prendre ?
Qu'est-ce qui se passe ?
J'ai un client, en bas, un gamin.
Tu peux me le prendre ?
Il est trop tôt.
Il part pour le front demain.
Allez, fais ça pour moi.
Fais-le monter.
Va dans ta chambre, mon trésor.
Allez !
Vite !
Bonsoir, madame.
Entre.
Entre donc.
Qu'est-ce qui t'arrive, mon chéri ?
Entre.
C'est ma dernière nuit ici.
J'ai personne à qui parler.
C'est pour ça que je voulais...
C'est très bien.
T'inquiète pas, viens là.
Mon grand garçon.
Tu es beau.
Pardon.
J'y arrive pas.
Non, non, non...
Dans le lit de Mariana, on ne pleure pas.
Dans le lit de Mariana, on ne pleure pas.
On est un homme.
On pleure pas, ici.
Qui c'est ?
Hugo, qu'est-ce que tu fais là ?
- Ma mère a la syphilis. - Menteur !
Vous feriez mieux de partir.
File dans ta chambre.
Disparais, immédiatement !
C'est mon fils.
C'est mon fils.
Hugo.
Pardon.
Me regarde pas comme ça !
Ca suffit ! Disparais.
Pardon.
Va-t'en !
Qu'est-ce que t'as fait ?
C'est très grave !
S'il raconte ça à tout le monde ?
Il le fera pas, il aura trop honte.
C'est dangereux !
Je suis pas ton client.
Ca me fait pas rire.
Tu dis vraiment n'importe quoi.
Tu dis vraiment n'importe quoi.
T'es pas bien dans ta tête.
Qu'est-ce qu'il y a, mon coeur ?
Tu crois aux rêves ?
Aux rêves ?
Je m'en méfie.
Pourquoi ?
Pour rien.
S'il n'y a plus d'Allemands,
on aura le droit de sortir ?
C'est vrai que t'étais l'amoureuse d'oncle Sigmund ?
C'était un intellectuel, ton oncle.
Dans ton genre.
Sigmund...
avec la fille de la bonne.
Même pas juive, en plus.
Mariana aurait pu être une femme d'intérieur dévouée.
Elle aurait élevé ses enfants
comme on le fait chez les Juifs.
Je trouve que vous vous ressemblez.
Regardez qui voilà !
Bonjour !
Vous le connaissez ?
J'ai entendu parler de lui.
Elle le tient par la main.
Je vous présente mon ami.
Comment tu t'appelles ?
Hugo.
- Comment ? - Hugo.
C'est mon ami.
Il est comme un frère, pour moi.
Tu veux un café ?
Il boit que du lait.
Du lait ? Il est assez grand pour boire du café.
Ou du champagne.
Hugo !
Pourquoi tu dis rien ?
Tu veux qu'il dise quoi ?
On croyait que c'était un enfant.
Mais c'est un grand garçon.
Tu te trompes.
Il est grand, c'est tout.
On sait faire la différence
entre un garçon et un jeune homme.
entre un garçon et un jeune homme.
C'est notre métier.
Ca va ?
Il est timide.
Comment vas-tu,
mon jeune ami ?
Tu te souviens de notre dernière rencontre ?
Oui, madame.
Cette fois-ci, tu vas devoir
chercher un autre refuge.
La maison va fermer ses portes.
Quoi ?
Pourquoi ?
Je n'ai pas les moyens de continuer.
On n'a rien gagné depuis plus d'un mois.
Comment je peux nourrir quinze filles ?
Il n'y a plus un Allemand en ville.
On sait rien faire d'autre.
On n'a pas d'argent non plus.
Les filles, écoutez-moi.
On était solidaires.
On était comme une famille.
Tout ce que je peux vous conseiller, c'est d'aller chercher
votre bonheur ailleurs.
La famille, c'est chacun pour soi ?
Les Allemands reviendront et ils se vengeront
de ceux qui ont fermé les institutions qui les servaient.
On va faire quoi ?
Merci bien !
Elle aurait pu le dire avant.
La tempête arrive.
Qu'est-ce qu'on va faire ? On va aller où ?
Les Russes seront sans pitié.
Il y a les Carmélites.
Il y a les Carmélites.
Tu nous vois au couvent !
Taisez-vous !
Ne tournez pas le dos à votre dernière chance de salut.
Mariana va partir.
Je sais pas où je vais aller, mais je me tire.
J'étouffe, ici.
Je dois attendre mes parents. Ils vont venir me chercher.
Toi, t'as rien à craindre des Rouges.
Moi, ils me demanderont des comptes.
Je peux pas attendre. Je dois fuir.
Eh bien, je les attendrai seul.
Victoria prendra soin de toi.
J'ai besoin de personne.
Si tu veux, tu peux partir tout de suite.
Sois pas si dur avec moi.
Hugo !
Où est notre grand garçon ?
Mariana, laisse sortir notre prince !
Sa Majesté !
Ecoute,
tant que les Russes sont pas là,
j'attendrai
avec toi.
D'accord ?
Tu crois que je vais te laisser avec ces putes ?
Il restait que ça. J'en ai marre de la soupe.
Mon chéri,
viens m'aider.
Tu peux me laver la nuque ?
Tu peux me laver la nuque ?
Allez.
Comme tu es coincé !
Arrête de réfléchir tout le temps.
Arrête !
Je t'ai bien eu !
Attends !
Mariana, attends !
C'est pas fini, t'as pas gagné.
Je t'ai bien eu !
"Abraham et Sarah étaient vieux,
"d'un âge avancé,
"et Sarah ne pouvait plus espérer avoir d'enfants.
"Elle rit en elle-même, en disant :
"Maintenant que je suis usée,
"aurai-je encore des désirs ?
"aurai-je encore des désirs ?
"L'Eternel dit à Abraham :
"Pourquoi donc Sarah a-t-elle ri, en disant :
"Est-ce que vraiment j'aurai un enfant, moi qui suis vieille ?"
Répète la dernière phrase.
"Alors on ne dira plus :
"Les pères ont mangé des raisins verts,
"et les dents des enfants en ont été agacées."
Tu vois ?
C'est écrit là, je te l'avais dit.
Qu'est-ce que tu avais dit ?
Qu'il faut pas avoir peur de Dieu.
Il est généreux envers tous les miséricordieux.
Et toi, tu es un coeur pur.
Ca veut pas du tout dire ça.
En gros, moi je dis que si.
Tu es un ange.
Mon Dieu,
Tu m'as envoyé un ange.
Tu m'as envoyé un ange.
Tu ne racontes pas ce qui t'est arrivé.
Tu n'en parles jamais.
Mariana a été gentille avec toi ?
Mariana a été gentille avec toi ?
Tu t'es bien entendu avec elle ?
Hugo !
Descends !
Plus rien ne sera comme avant.
Je ne suis plus le même.
J'ai pris ma décision. Je pars avec Mariana.
Comment ça, tu t'en vas ?
Nous sommes tes parents.
Je suis ta mère.
Tu préfères une traînée à tes parents ?
Tu brises le coeur de ta mère.
Mariana.
Les Russes sont en ville.
Les Russes sont en ville.
Il faut partir.
Je m'en vais.
Bonjour, Hugo.
Qu'est-ce qui se passe ?
Madame est partie.
Elle a rien dit, elle a filé sans me prévenir.
En pleine nuit.
Je croyais
qu'elle m'emmènerait avec elle.
Mais elle nous a abandonnées.
C'est pas plus mal.
On empochera l'argent nous-mêmes,
on gagnera plus.
Hugo, attends.
Qu'est-ce qui se passe ?
Je dormais, j'ai rien entendu.
Où elles sont toutes ?
Où elles sont toutes ?
Tout le monde est parti.
Même ce gros porc de concierge.
Alors les Russes sont là ?
Ils sont partout en ville. Bientôt, ils passeront cette porte.
Et Madame ?
Elle a été la première à filer.
Qu'est-ce qu'on va faire ?
Fuyez.
Je pars chez ma soeur, à Lviv.
Ici, ça sent la mort.
Dieu vous garde.
Ne tardez pas.
Attends, reste avec moi.
Mariana, elle se fiche de toi.
Moi, je m'occuperai de toi.
Ketty...
Et toi, tu me protégeras.
Viens avec nous, on s'en va.
Non. Ils viendront pas ici.
Viens, je te dis.
Non, je veux pas sortir. Attends.
Hugo, attends !
Qu'est-ce que t'attends ? Fais ta valise, on doit partir.
Partir ?
Où ça ?
J'ai nulle part où aller.
On me connaît partout.
Dans la forêt, loin des habitations.
Laisse-moi.
Les soldats te ramèneront à tes parents.
Mariana, vite !
Ils sont là. Viens avec moi.
Laisse-moi.
On part ensemble.
On y va.
Mariana, aide-moi !
Mariana !
Mariana !
J'ai faim.
Allez.
Il faut trouver un abri avant le couvre-feu.
On fuit la ligne de front.
On cherche un endroit où dormir.
On a de quoi payer. J'ai un enfant avec moi.
Il a faim.
Je m'appelle Maria.
Je suis mère et veuve. Voici mon fils, Taras.
Je peux ajouter ça.
Non, on n'a pas besoin de cigarettes.
Entrez.
On vient de se mettre à table.
On ne veut pas déranger.
On partira demain matin.
Mets des assiettes.
Dieu seul sait ce que demain nous réserve.
Je ne sais pas comment vous remercier.
N'est-ce pas, mon chéri ?
Les gens ont oublié qu'il faut s'aider les uns les autres.
Surtout quand il s'agit
d'une mère seule,
avec son jeune fils.
Merci.
Seigneur,
bénis cette nourriture et les gens autour de cette table.
Apprends-nous à nous aimer comme nous T'aimons.
Apprends-nous à partager notre pain.
Pardonne-nous nos péchés,
donne-nous un nouveau jour et bénis-nous.
Amen.
Prenez une couverture, il fait froid.
Prenez une couverture, il fait froid.
Merci.
Bonne nuit.
Tu serais pas Mariana ?
Quelle Mariana ?
Je connais personne de ce nom-là.
J'étais sûr que t'étais Mariana.
Tout le monde peut se tromper.
Et lui, c'est ton fils ?
Ca se voit pas ?
Pas trop.
Tu sais qui est ton père, au moins ?
Vieux salaud.
Lui parle pas comme ça.
Si tu veux, on peut aller parler avec ta femme et ton fils.
T'es devenue bien fière, Mariana.
Demain, tu dégages.
Espèce d'hypocrite !
Sale plouc.
Et après ça,
ça joue les bonnes âmes, ça prie, même !
J'ai peur.
Serre-moi fort.
- J'ai changé d'avis. - A quel sujet ?
On va retourner à Czernowitz.
Je vais te raccompagner chez toi.
C'est là que ta mère ira te chercher, que vous vous retrouverez.
Mais c'est dangereux pour toi, la ville.
Là-bas ou ailleurs...
Peu m'importe
où j'irai.
C'était quoi ?
Y a quelqu'un ?
J'ai froid.
Tu es à moi, Hugo.
Je veux pas partir
sans t'avoir donné quelque chose.
Prends mon amour.
Cache-le.
Cache-le dans ton coeur.
Et de temps en temps,
dis-toi :
"Je me souviens de Mariana."
C'est ton fils ?
Oui.
Honte à toi !
Une mère dort pas comme ça avec son fils.
Lève-toi.
C'est pas mon fils.
Salope.
Sorcière.
Je te prenais pour une bonne chrétienne, une victime.
Attends un peu !
Lâche-moi, sale porc !
Sale suceuse de boches, tu le paieras !
Nos amis russes t'attendent.
Lâche-moi !
Hé, les gars !
Qu'ils embarquent cette traînée.
Me touchez pas !
Petit bâtard !
C'est l'heure de payer pour les traîtres.
Lâche-moi !
Garde ma valise, mon coeur.
Garde ma valise, mon coeur.
Je reviens.
A tout de suite.
Je te connais.
Tu es le fils de Yacov et Yulia.
Tu es le fils des pharmaciens.
Tu te souviens pas de moi ?
Ma femme et moi, on habitait au troisième étage.
Comment tu t'appelles ?
Macha.
Tu es une belle fille, Macha.
Tu as quel âge ?
Maman !
Qui es-tu ?
Qu'est-ce que tu regardes ?
Qu'est-ce que tu fais là ?
Va-t'en !
Va-t'en, je te dis, ou j'appelle la police.
Tous ceux qui habitaient ici sont morts.
Il y a plus rien pour toi, ici.
Plus personne et plus rien. Dégage !
Mange.
Mange pendant que c'est chaud.
Allez, mange, mon petit.
Laisse-le tranquille.
Mets-lui le manteau.
Nous aussi, on attend quelqu'un.
Notre fils.
C'est son manteau.
Vous avez pas compris ?
Ca sert à rien.
Ca sert à rien d'attendre.
L'écoute pas.
Personne reviendra.
Il dit n'importe quoi.
Comment tu t'appelles ?
Il doit bien avoir un nom.
C'est qui, ça ?
C'est tes soeurs ?
Ta mère ?
C'est ta mère ?
C'est elle ?
Ou elle ?
Comme il est fort, mon petit homme !
Demande-moi ce que tu veux.
Une lampe, pour lire et pour écrire.
Une lampe !
C'est pas possible, dans le réduit.
Dans le réduit, on ferme les yeux
et on rêve.
Sous-titres : Emmanuelle Maupetit
Sous-titrage : TransPerfect Media France
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