Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Esperanto
Ewe
Faroese
Filipino
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (SoranĂ®)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Punjabi
Quechua
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Sundanese
Swahili
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Allez ! Descendez !
Bouge !
Allez, plus vite que ça !
Plus vite !
Grouillez-vous ! Dégagez de là !
Barrez-vous.
HĂ©, toi !
Dégage de là !
Laisse. Allons-y.
Regarde-le, il est déjà mort.
C'est de lui dont je te parlais.
Il a fait beaucoup de chantiers. Montre-lui ta photo.
Je le connais pas.
Le grand hĂ´pital d'Alep est toujours en flammes.
Depuis 5 jours, les combats font rage dans le quartier de Salheen.
Les troupes de Bachar Al-Assad cherchent Ă repousser les rebelles.
Des témoins confirment des attaques chimiques,
probablement au phosphore blanc.
Tu as quoi au visage ?
C'est rien, je me suis cogné.
Tu dois faire attention Ă toi.
Ça va, toi ?
Ça va.
Rien ne change ici, dans le camp.
C'est toujours le bazar.
Ça fait deux jours qu'on n'a plus d'eau.
Encore ?
Je vais voir comment t'aider.
Tu vas faire quoi ?
C'est comme ça dans tout Beyrouth.
Ça ne m'empêche pas de te parler.
Comment s'est passée ta semaine ?
Super.
Tout est bien organisé ici.
L'Allemagne s'occupe bien des Syriens.
Ici Ă Berlin, en tout cas.
Cette semaine, on a des cours d'allemand tous les jours.
Tu sors un peu ?
Un peu.
Menteur !
Mon fils, tu sais, Lina penserait comme moi.
Il faut que tu rencontres des gens.
Il paraît qu'il y a beaucoup de Syriens en Allemagne.
Je cherche un ami d'enfance. Un Syrien.
Je crois qu'il est Ă Strasbourg.
On n'a jamais eu de nouvelles, et sa famille s'inquiète pour lui.
On veut pas d'histoires.
Pourquoi tu viens ici ?
Je fais tous les centres d'accueil.
On sait jamais.
Il s'appelle Sami Hanna.
Mais on le surnomme aussi Nédim, ou Mohammed.
C'est lui, lĂ .
Non, jamais vu.
Tu viens, Yara ?
Chez moi, on se méfie des gens qui posent des questions.
Et de ceux qui ont plusieurs prénoms.
Je sais, je viens du mĂŞme endroit.
Je t'ai jamais vu ici. Tu viens d'oĂą ?
Alep.
Comment tu t'appelles ?
Amir.
T'as pas une tĂŞte Ă t'appeler Amir.
Pourquoi tu te donnes tant de mal pour le retrouver ?
Tu peux juste me dire si tu l'as vu ?
Tu faisais quoi, Ă Alep ?
Pourquoi tu demandes ?
Tu as quelque chose Ă cacher ?
J'étais professeur.
Professeur de littérature à l'Université d'Alep.
Moi, je ne fais plus confiance Ă personne.
Même ici, il y a des hommes qui travaillent pour le régime.
Des indicateurs.
Professeur !
Tu es vraiment professeur de littérature ?
Oui.
Nous avons un pays Nous y avons laissé nos amis
Se recueillir autour des chagrins
Songer Ă la neige
Pour blanchir les hauteurs de leur solitude...
Que faire sous un ciel étranger
À part écouter l'oubli
Broder nos années
Comme la dentelle
Pâtir de nos regrets
Ă€ l'air libre
Il y a eu un Sami Hanna au centre,
il y a plusieurs mois.
Tu es sûre ?
Il était logé avec un ami à moi. Il est pas resté longtemps.
Mais n'espère pas trop, c'est un nom courant.
- Tu sais où il est allé ? - Non.
Tu pourrais demander Ă ton ami ?
Il n'est pas lĂ . Je lui demanderai ce soir.
Je peux revenir demain ?
Je travaille demain.
Où ça ?
Dans le quartier turc. Hautepierre. Tu connais ?
J'habite par lĂ -bas.
Aide-moi, il faut que je reste.
Pourquoi ?
C'est important. Je demanderais pas sinon.
Tu viens vraiment d'Alep ?
Quel quartier ?
Salheen.
Il faut dire que tu vas mal, que tu as besoin d'un psy.
Il t'est arrivé quoi au pays ?
Prison de Saidnaya.
Tout le monde dit ça pour avoir des papiers.
C'est pas le boulot de mes rĂŞves,
mais je fais une formation en mĂŞme temps.
Soins Ă domicile.
Tu travailles, toi ?
Je cherche.
Tu es lĂ depuis longtemps ?
Un mois.
J'ai été dure, hier.
Même ici, on est obligé d'être méfiant.
J'ai entendu tellement d'histoires.
On ne sait jamais qui est dans quel camp.
Mon ami m'a confirmé qu'il connaissait un Sami Hanna.
Ils n'ont pas gardé contact.
Il sait juste qu'il voulait s'inscrire Ă la fac, en Chimie.
Merci.
Repasse si tu veux. Je finis tĂ´t en semaine.
Pourquoi ?
Pourquoi je finis tĂ´t en semaine ?
- Non... - Pourquoi je te propose de passer ?
Merci pour le thé.
Daysam Jalal.
Houri.
Muhamadi Abad.
Abou Ali.
Abou Ali.
Tu peux me mettre des ghraybeh et du thé ?
On m'a parlé d'un homme qui pourrait correspondre.
Il a loué un appartement ici sous le nom Sami Hanna.
- Tu l'as vu ? - Pas encore. J'ai l'adresse.
C'est un quartier ouvrier de Hambourg.
- Et toi, Munich ? - J'ai épuisé toutes les pistes ici.
J'ai fait toute la communauté syrienne. Les foyers, les mosquées...
Aucune trace de lui sous les noms qu'on connaît.
Je peux parler ?
On t'écoute.
Il y a un Syrien qui étudie à l'Université ici.
Je sens un truc avec lui.
Je ne comprends pas pourquoi tu es toujours en France.
On a besoin de toi en Allemagne.
En France, il y a moins de Syriens.
C'est plus facile de ne pas se faire remarquer.
Il ne sait pas qu'on est derrière lui.
Il ne sait mĂŞme pas qu'on existe. Il n'a pas de raison de se cacher.
Y a quelque chose avec sa voix.
Tu avais déjà reconnu sa voix à Stuttgart.
LĂ , c'est pas pareil.
Tu nous avais dit que tu étais sûr à 100 %.
C'est pas que la voix.
On peut pas tout bousculer pour tes intuitions.
Tu ne l'as jamais vu non plus.
Et tu nous ralentis en restant Ă Strasbourg.
L'Allemande met trop de temps Ă venir jusqu'Ă ton parc.
Il ressemble Ă la photo, au moins ?
La photo est floue, tu le sais.
Qu'est-ce que tu as, alors ?
Je le sens.
C'est sa voix, je vous dis.
Tu fais n'importe quoi.
C'est pas comme ça qu'on cherche un criminel de guerre.
Fin de la réunion.
On attend des nouvelles de Hambourg.
Mohamed.
Nédim.
Sami Hanna.
C'est toi qui es dans un autre pays, qui as des choses Ă raconter.
Dis-moi, quelles sont les nouvelles ?
Pour l'instant, j'attends.
Ça prend du temps.
- Tu as fait quoi aujourd'hui ? - Rien de particulier.
Hamid,
je n'ai rien d'autre que toi.
Je suis allé à l'Université ce matin.
C'est une immense fac dans Berlin.
Je vais pouvoir reprendre un master lĂ -bas.
- Après, je pourrai donner des cours. - Vraiment ?
Oui, ils ont des programmes pour aider les exilés.
Après, j'ai déjeuné dans un restaurant libanais.
Le patron commence à me connaître.
Il fait des ghraybeh.
Tu vas pas le croire, je me suis remis Ă courir.
Il y a un grand parc au milieu de la ville.
Je suis heureuse d'entendre ça.
Et tu rencontres des gens ?
Un peu.
Raconte-moi.
Il y a une Syrienne
avec qui je parle souvent.
- Elle s'appelle comment ? - Yara.
- Elle fait quoi ici ? - Elle faisait médecine au pays.
Elle va retravailler aussi.
- Tu la vois souvent ? - De temps en temps.
Envoie-moi une photo d'elle.
Non.
Pourquoi non ?
Je ne vais pas la prendre en photo comme ça.
C'est une Syrienne, non ? Elle va comprendre.
D'abord, on me mettait un sac sur la tĂŞte.
Je suis resté 7 mois là -bas,
mais je n'ai jamais pu le voir.
J'ai compris bien plus tard que c'était Harfaz.
Ils m'emmenaient Ă lui
une fois par semaine.
On m'attachait Ă une chaise,
les deux mains serrées derrière le dos,
et j'attendais.
Il mettait des heures Ă arriver.
Des fois, je hurlais.
Je lui disais de venir vite pour en finir.
Ensuite, la porte s'ouvrait derrière moi.
Il marchait lentement.
Douze pas réguliers,
pour arriver jusqu'Ă moi.
Un,
deux,
trois,
quatre.
Il sentait la transpiration.
Mais il mettait de l'eau de toilette. C'était le seul.
Il commençait par me donner des coups sur la tête et puis...
il frappait la chaise pour que je tombe au sol.
Il versait sa bouteille d'eau sur moi...
ou bien...
il me pissait dessus.
Après, il allait chercher le câble électrique.
Il faisait huit pas jusqu'au placard,
puis il revenait vers moi.
Je...
J'entendais le câble traîner par terre.
Et je savais...
que ça allait commencer.
Des fois, il posait le câble juste à côté de l'eau.
Et il le poussait lentement.
D'autres fois,
il me frappait directement avec le câble.
Je sentais des décharges sur tout le corps.
À cause de l'eau, c'était insoutenable.
Ça me brûlait partout à la fois.
Et...
Je hurlais.
Et il me parlait pendant...
Il me parlait pendant qu'il...
Des cloques.
Des cloques partout. Regarde ma peau, lĂ .
Ça brûle, c'est l'acide.
Aide-moi.
Ça me brûle !
Ça me brûle encore !
La nuit, quand tout est silencieux,
j'entends sa respiration.
J'entends le bruit de ses pas.
Un,
deux,
trois,
quatre,
cinq,
six, sept pas.
Il est lĂ !
Tu te souviens de détails qui nous permettraient d'identifier Harfaz ?
Il n'est pas resté longtemps à Saidnaya après mon arrivée.
Deux mois, peut-ĂŞtre trois.
Il devait faire ma taille.
Dans les 1 mètre 80, 82 peut-être.
Je sentais sa respiration quand il se tenait face Ă moi.
C'est pas ce que tu voulais ?
Je veux juste qu'on me laisse tranquille.
Tout le monde aimerait avoir un travail ici.
Regarde-moi.
Tu crois vraiment que je peux enseigner les formes poétiques, là ?
C'est le diable.
Je ne sais pas Ă quoi il peut ressembler d'autre.
J'ai l'impression de le voir partout.
C'est lui qui a demandé que les détenus aient un sac sur la tête.
Il ne voulait pas voir les visages.
Il n'a jamais vu un seul visage.
Il disait qu'il regrettait de devoir me frapper.
Qu'il n'aimait pas ça.
Qu'il était juste là pour les essais chimiques.
Harfaz.
Il tapait. Il tapait.
Les coups venaient toujours du même côté.
Il m'a brisé la mâchoire.
Mon frère m'a dit ce qu'il avait vu. Les corps brûlés.
La peau fondue.
Avec des trous.
Sur le torse. Sur les jambes.
Sur le visage.
C'est ça qu'il faisait, Harfaz.
Il a testé tous les acides et gaz mortels possibles.
Ça fait deux mois que je l'observe. Il se fait bien appeler Sami Hanna.
Qu'est-ce que tu en penses ?
Il ne parle Ă personne. Il ne sort jamais du quartier ouvrier.
Il a une attitude étrange.
Pour moi, c'est lui.
Prends le temps de l'observer.
On a déjà eu des fausses pistes. Mais je suis optimiste aussi.
Il faut qu'on parle de la situation.
Trop de choses ont changé depuis qu'on a quitté le pays.
Poutine impose au monde entier de ne pas intervenir en Syrie.
Je pose juste la question.
Peut-on faire confiance Ă la justice internationale dans ces conditions ?
On le cherche depuis 2 ans, et tu veux abandonner ?
Si on le fait arrêter et qu'il n'y a pas de procès ?
Ou qu'il est extradé en Russie ?
On a monté le groupe pour que lui et les autres qui ont fui la Syrie
soient arrêtés et jugés.
Si tu veux renoncer...
Je ne veux pas renoncer.
Je dis juste que la situation a changé.
Et tu proposes quoi ?
Vous savez très bien à quoi je pense.
C'est Ă nous d'agir.
C'est lui, Ă Strasbourg.
Je le sais. C'est lui.
Tu as envie que ce soit lui. Tu projettes !
Tu entends sa voix partout.
Je l'ai senti.
C'est son odeur.
Tu sais très bien qu'on ne peut pas se fier à ça.
- On n'aurait pas dĂ» te laisser seul. - C'est lui.
Pendant un an, Ă Saidnaya,
toutes les semaines, on m'emmenait Ă lui.
On sait tout ça.
Je l'entendais respirer.
Je connais ses pas, son odeur.
J'avais les yeux bandés, mais je le connais comme personne.
Mon ami, c'est pour ça qu'on t'a proposé de rejoindre le groupe.
Mais lĂ , il est en Allemagne.
On a une méthode. On est 7, on s'est réparti les villes.
On fait pas les choses au hasard.
Il est différent ! Je le connais. Il n'agit pas comme les autres.
- Écoute... - C'est Harfaz !
Attention, pas de noms.
Tu ne dois pas te laisser submerger, comme Ă Stuttgart.
Dans cet état, tu vas te faire remarquer.
On sait jamais qui est avec qui, qui connaît qui.
Tu mets le groupe en danger.
Je suis discret. Je suis les règles qu'on a fixées.
On a peur que tu craques. Ça peut nous arriver à tous.
Fais une pause.
Hamid ? Il t'est arrivé quelque chose ?
Ah, maman...
Je suis désolé.
C'est notre jour.
Qu'est-ce qui t'est arrivé ? Je me suis inquiétée.
Non, il n'y a rien. Tout va bien.
T'as eu un problème ? T'as pas pu oublier !
Non, je n'ai pas de problème.
Il y a beaucoup de bruit autour de toi. Tu fais quoi, lĂ ?
Je suis avec une amie.
Yara ?
Oui.
Qu'est-ce que vous faites ?
On se promène.
Sur le marché de Noël.
Je me suis inquiétée pour rien alors.
Préviens-moi, la prochaine fois.
- D'accord. - Allez, c'est cher, le téléphone.
- Je te rappelle demain. - Au revoir, mon fils.
Bonne nuit.
Dès que je marche, ça me lance.
C'est la hanche.
C'est pour ça que je ne sors plus.
Maman...
Et si je venais vivre Ă Beyrouth ?
Qu'est-ce que tu racontes ?
Je pourrais m'occuper de toi.
- Je me sens loin de tout ici. - Ne dis pas ça.
Même si j'avais les deux jambes coupées...
Je t'interdis de venir ici.
Ce qui compte pour moi, c'est de te savoir au bon endroit.
Mon fils,
il n'y a rien Ă faire pour toi ici.
Tu es en Allemagne pour construire ton avenir.
Construire une nouvelle vie.
Pour toi.
Pour moi.
Pour Maya.
Pour Lina.
Tu disparais pendant des semaines et tu reviens comme ça, l'air de rien.
Je voulais juste te poser une question.
Je n'ai que toi Ă qui parler.
J'ai pas encore été au marché de Noël. Viens avec moi.
C'était quoi, ta question ?
Tu connais des Syriens au camp de la Bekaa ?
Je voudrais envoyer des médicaments à ma mère.
Elle est malade ?
La hanche.
Elle a besoin d'un anti-douleur.
Je connais un musicien syrien
qui est resté longtemps à Beyrouth.
Je crois qu'il était à la Bekaa.
Il passera au centre pour la fête de la Révolution.
Viens, si tu veux le rencontrer.
- Goûte, c'est délicieux. - Non, merci.
C'est du miel au citron.
Non.
Allez, goûte.
Très bon.
J'aurais préféré qu'on se rencontre dans une autre vie.
Dans une autre vie ?
Si le monde avait tourné différemment.
Tu ferais quoi, toi, dans une autre vie ?
Je continuerais d'aller voir
des concerts clandestins Ă Damas.
Tu faisais ça ?
Tu faisais quoi, toi, avant ?
Je jouais de la guitare.
Tu vois.
Quoi ?
Que tu peux ĂŞtre un gars normal.
Un gars normal.
J'ai tellement hurlé.
Il m'étranglait pour que je crie moins.
Je sens encore son pouce s'enfoncer dans mon cou.
J'ai l'impression d'avoir une marque, lĂ , Ă gauche.
Tu sais,
ils ont relâché mon frère un peu avant moi.
Il tapait, il tapait.
Les coups venaient toujours du même côté.
Les coups venaient toujours du même côté.
Un jour, alors qu'il me serrait la gorge,
qu'il serrait trop fort,
sa main a lâché d'un coup
comme s'il n'arrivait plus Ă me tenir.
Bonjour, il n'y a plus de place ?
Non, on est complets.
Il y a une place ici.
Installe-toi.
Je t'ai déjà vu.
T'es arrivé y a pas longtemps, non ?
Quelques mois.
Et toi ?
C'est pour moi.
Non, c'est bon.
Ă€ la prochaine.
Pleure aussi.
Regarde.
Tout le monde a des morts Ă pleurer.
Je suis resté un an à la Bekaa.
Ma mère est là -bas.
C'est dur, dans le camp.
Mais je comprends ceux qui veulent y rester.
C'est comme la Syrie. Mais tu ne pourras rien y envoyer.
- Rien ? - Rien.
C'est juste des médicaments.
Impossible.
Et quelqu'un de confiance qui irait Ă Beyrouth ?
Plus personne ne retourne Ă Beyrouth.
Bon courage.
Qu'est-ce que tu t'es fait ?
Je n'ai pas perdu l'habitude.
Mon frère a été blessé par un éclat de grenade.
J'ai fait son pansement tous les jours pendant des mois.
Tiens-moi ça, s'il te plaît.
Il est où, ton frère ?
Il est mort.
Paix à son âme.
C'est comme ça.
C'est lui qui a voulu repartir combattre.
On a récupéré le corps, on a pu l'enterrer.
On continue de vivre.
On a tous nos morts, non ?
Tourne-toi un peu.
Tu sais, j'en ai vu beaucoup, des cicatrices.
T'inquiète pas.
Dans une autre vie, c'est lĂ que tu me dirais ton vrai nom.
VoilĂ .
Merci.
Bonjour, mon cousin.
Je voulais te dire que notre marraine est partie en voyage.
Nous avons décidé que le climat était trop rude ici pour elle.
Elle nous a parlé de la blessure de ton ami.
Il nous intéresse.
Nous avons fait des recherches.
Le vrai Hassan Al Rammah vit en Suède.
Il faut que tu prennes une photo du visage de ton ami.
Nous avons pris contact avec certaines de ses anciennes connaissances.
Si c'est lui, ils seront prĂŞts Ă raconter ses aventures.
Maintenant qu'il te connaît,
il faut que tu sois encore plus prudent.
S'il a le moindre soupçon, il peut disparaître de nouveau.
Tu veux du thé ?
C'est donc toi.
Je ne t'imaginais pas comme ça.
Tu veux aller Ă Beyrouth alors ?
Les autres pensent que tu as le droit de choisir.
Je vais ĂŞtre franc.
J'étais contre.
Tu t'es déjà trop exposé.
Je dois y aller.
On va te faire un passeport turc.
Mais Beyrouth, c'est dangereux.
Les hommes de Bachar traînent partout.
Je sais.
On a trouvé un déserteur
qui travaillait Ă la prison de Saidnaya.
Il saura reconnaître Harfaz.
Il est prêt à témoigner.
Mais il veut que tout se fasse en direct.
Pas de traces.
Tu lui montres la photo et tu t'en vas.
(en turc) Tu viens d'oĂą ?
Istanbul.
C'est Harfaz.
Tu me reconnais pas ?
Écoute, j'essayais juste de...
Te fatigue pas.
Syrien ?
Sors de lĂ .
Allez.
Va chez les voisins.
Bonjour.
Il y a une dame qui vient de sortir.
Elle a mal Ă la hanche.
Lamina ?
- Elle est juste lĂ . - Je sais.
C'est ma mère.
- Je peux vous demander un service ? - Bien sûr.
J'ai des médicaments pour elle. Des antidouleurs.
- Vous pouvez les lui donner ? - Oui.
- Ça aussi ? - Oui.
Elle ne doit pas savoir que je suis venu.
Dites-lui que ça vient de la Croix-Rouge.
- Merci. - De rien.
Ni le feu
ni les larmes n'apaiseront mon deuil.
Mais je vivrai avec votre souvenir Ă jamais.
Et vous vivrez Ă travers moi.
On va voter chacun son tour.
"Soleil" si vous croyez au procès.
"Lune" si vous voulez qu'on fasse justice nous-mĂŞmes.
Lune.
Soleil.
Soleil.
Lune.
Soleil.
Strasbourg,
ton vote ?
Soleil.
Alors c'est le procès.
Maintenant, on doit transmettre tous les documents au journaliste.
Il a toute notre confiance.
C'est lui qui fera suivre le dossier aux autorités françaises.
Maintenant, pour nous, direction l'Espagne.
On a lĂ -bas une nouvelle cible de la liste.
Un colonel du Renseignement, proche des cousins de Bachar.
Il a été repéré alors qu'il quittait Istanbul.
Je vous fais suivre la répartition des villes.
Tu n'as jamais fait partie d'un groupe.
Tu n'as jamais entendu parler d'Harfaz.
Tu n'es pas allé à Beyrouth cette année, ni en Allemagne.
Tu es arrivé en France en septembre, pour trouver du travail.
Ce qui t'est arrivé en Syrie doit rester pour toi.
Il n'y a pas eu de prison,
il n'y a pas eu de torture.
Tu es allé à la bibliothèque de l'Université de Strasbourg
pour préparer tes cours et apprendre le français.
Tu es un exilé comme les autres.
Sans histoire particulière.
Tu ne reverras plus
ceux qui t'ont connu sous une autre identité.
Tu ne t'es jamais fait appeler Amir,
Nizar,
monsieur Fouad,
Bassem Kasir,
Nordine,
Rahim,
Saleh.
Tu t'appelles Hamid, tout simplement.
Tu as choisi de te retirer du groupe,
et nous te souhaitons bonne chance.
Tu ne nous contacteras plus jamais.
Adieu.
Sous-titrage : TransPerfect Media France
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.