All language subtitles for Shook.2024

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Original subtitles

- « Beta, ton père a encore appelé.

Rappelle-le. »

Choc

- Merci.

- Bonjour. Qu'est-ce que je vous sers ?

- Un Americano, s'il vous plaît.

- Cool. C'est quoi, votre nom ?

- Mon nom ?

- Ouais.

- Pourquoi ?

- Le verre.

- Le verre ?

- Pour votre Americano.

- Vous faites pas ça ici.

- On a commencé à le faire.

- Non, j'étais là hier.

- On a commencé aujourd'hui.

- Euh, Alex.

- C'est votre vrai nom, Alex ?

- Vous lui avez pas demandé son nom, à lui.

- Non, non. C'est pas mon genre.

- Quoi ? - Vous allez comprendre.

Je comprends.

Ouais, c'est juste...

que je sais pas

ce que je suis censé dire, maintenant.

- Vous pourriez commencer par me dire votre vrai nom.

- Ash.

- Ash ?

C'est un diminutif ?

- Oui.

Ashish.

- Enchantée, Ashish.

Ashish.

- Non, mais l'écrivez pas au complet.

- Non, j'insiste. - C'est que je trouve ça

très embarrassant, vous comprenez ?

- Attendez, je suis sûre que je vais bien l'écrire.

- Impressionnant, Claire.

Je veux toujours mon café, par contre. - Ouais.

- Hé, on aimerait commander aussi !

- « Dernière nouvelle par Ashish Sharma.

Titre à déterminer. »

« Appartements pas chers au centre-ville. »

Merde !

Prochaine station,

Victoria Park.

Station Victoria Park.

- Ash, beta ?

- Oui, maman.

- C'est encore chaud, si t'as faim.

- Encore du resto ?

- Désolé, beta, j'ai travaillé tard.

Je te ferai un dal demain, OK ?

J'ai fait encadrer quelque chose pour toi.

- « Maîtrise création littéraire. »

Merci, maman.

- Alors, ta nouvelle, ça avance ?

- Ouais.

- De quoi est-ce qu'elle parle, celle-là ?

Ça coûtait rien de demander.

- Maman, faut vraiment que je m'habille.

- OK. Est-ce que t'as lu mon mot, ce matin ?

- Je l'ai lu.

- Et alors ? - Et alors, quoi ?

- Tu dois l'appeler, beta. - Je vais le faire

dès que tu m'auras dit ce qui se passe.

Pourquoi il faut absolument

que je lui parle maintenant ? - C'est...

très important, Ashish.

Fais-moi confiance, OK ?

- Ouais, la dernière fois

que vous m'avez caché quelque chose,

vous avez fini par vous séparer

et vendre la maison.

Donc, oui, je vais l'appeler,

mais quand tu m'auras dit ce qui se passe exactement.

- J'y crois pas,

t'as pas encore défait tes boîtes.

Où est-ce que tu vas, ce soir ?

- On fête Dave qui a obtenu sa résidence en médecine.

- Wow ! C'est fantastique.

Félicite-le de notre part.

- Oui, maman. Écoute,

faut vraiment que je me prépare.

- D'accord, d'accord.

T'oublies pas d'appeler ton père demain.

Ash ? - Oui !

- Mais qu'est-ce qu'il fait ?

- Bien joué.

- Merci.

C'est quoi cet endroit ?

Non, tu vas pas commencer !

C'est Dave qui a choisi, alors ton opinion,

on s'en fout. - Wow !

- Et tes opinions politiques aussi.

- Comment oses-tu ? - Hé, Gilbert !

Le voilà !

- Les gars, quoi de neuf ?

Ça va ?

- Félicitations, Dave.

- Merci, Ash.

- On boit ? - Ça va, détends-toi !

- Il est déjà 23 h, on a juste deux heures pour faire la fête.

- Attends un peu ! - Faut que tu rencontres Megan.

Chérie,

je te présente Ash.

Ash !

Contente d'enfin pouvoir te rencontrer.

Dave est toujours en train de parler de toi.

- J'espère que c'est pas en mal ?

- Non, non, c'est toujours en bien.

Je te le jure.

Merci d'être venu.

- J'aurais manqué ça pour rien au monde.

- Il mérite tout ça.

- J'en ai aucun doute.

Docteur Dave.

- Non, m'appelle pas comme ça. - Quoi, t'aimes pas ça ?

- Je m'appelle Gilbert,

mais tout le monde m'appelle Hurricane.

Comme dans le film avec Denzel ?

T'es un boxeur ?

- Non.

Ça fait référence à l'ouragan Gilbert

qui a tué plein de gens en Jamaïque.

- Donc, toi aussi, tu en neurologie ?

- Je suis généraliste. - Cool.

- Hum-hum. - Cool. Alors...

Tout le monde a étudié en médecine avec vous ici ?

- Non, on a aussi des amis

qui viennent de la côte ouest.

En parlant du loup, t'es enfin là !

: Salut, désolée du retard.

- Ash, je te présente Claire.

- Non, c'est pas vrai.

Alex !

- Non, c'est Ashish, tu le fais exprès.

- Non, je suis sûre que c'est Alex.

- On s'est déjà rencontrés. - Ouais ?

- D'où ça sort, ce Alex ? - C'est mon faux nom de blanc.

D'accord. Bon choix.

- On s'est vus deux fois, aujourd'hui.

- Ouais, c'est toute une coïncidence.

- C'est étrange. - Non, pas du tout.

Elle t'a vu sur l'Instagram de Dave

et a demandé si tu venais.

- Sérieux ?

- Dave, est-ce qu'on va prendre un autre verre ?

- Oui, excellente idée.

- Alors, tu savais qui j'étais, ce matin ?

- Ouais,

mais mon idée avec le verre était bonne.

Ça, c'était pas prévu, je le jure.

Mais t'as rien dit après.

Ça fait un peu peur.

- Non, mais c'est aussi que tu m'as dit

que tu t'appelais Alex, et je ne savais plus quoi faire.

- C'est juste que ça m'a surpris.

Et sache que toutes les personnes de couleur font ça.

- Ouais ? - Ton verre, Alex.

Salut, moi, c'est Ryan.

- Claire, je te présente Rohit.

Détends-toi.

Ça va, elle est cool.

Je te présente Claire.

- Ravie de te connaître.

Alors, je suis cool, hein ?

- J'ai l'impression.

- Cool.

Oui !

- Notre docteur nous a prescrit un petit sirop

pour aller mieux !

Mon Dieu !

: Hurricane !

Hurricane !

- Hé !

- Wouh !

- Wouhouhou !

- C'est la meilleure fête !

: Ouais ! Wouh !

- Qui fait une maîtrise en géographie ?

Dit le gars

qui a une maîtrise en création littéraire.

Non, mais la géographie, c'est génial.

C'est vrai !

C'est un mélange d'arts et de sciences.

La géographie crée un pont entre les sciences sociales,

les technologies de l'information

et la nature. C'est quand même chouette.

Et puis, c'est un sujet très vaste

qui sert à un tas de choses.

- Si tu le dis, l'intello.

- Intello toi-même !

Tu fais exprès.

- Tu vas étudier où ?

À l'université de Toronto ?

Concordia.

- À Montréal ? - Oui, monsieur.

J'ai vraiment hâte.

- Je comprends.

Ils ont les meilleurs noms de bars de danseuses.

- Hum. Le club Super Sexe.

- Ouais ! Le club Super Contact.

- La Source du Sexe.

C'est incroyable.

- Il y en a d'autres

où c'est juste un nom géographique,

comme le Club Centre-ville.

C'est quoi, ce nom ?

- C'est sûrement juste un club

qui est au centre-ville. - Allez, viens !

- Quoi ? - Seigneur !

- C'est le dernier train, dépêche !

- Merde ! - Il faut que j'y aille.

- Quoi, déjà ? - Oui.

Si je prends pas ce train, c'est le bus de nuit,

et crois-moi, c'est le musée des horreurs.

- OK, bien, t'as mon numéro.

À propos de ça, j'ai jeté le verre.

Quoi ?

- C'était un réflexe, d'accord ? Je suis désolé.

- Mon Dieu. - Hé !

Si tu te dépêches pas, je pars sans toi, je m'en fous !

Euh, je vais demander ton numéro à Megan, c'est bon ?

- Ouais, faut vraiment que t'y ailles là.

Vas-y !

- Non !

C'est de ta faute.

Va te faire foutre, Gilbert.

Ouais, la boîte vocale ?

- C'est bon, Gilbert. - Il est quelle heure ?

Yo, lève-toi. Aujourd'hui, on mange hakka.

Allez, dépêche-toi !

- Salut, comment a été ta soirée ?

- Plutôt bien, en fait. - T'as appelé ton père ?

- Maman, je viens de me réveiller.

- Est-ce que tu peux défaire une boîte, au moins ?

- Et toi, tu travailles encore un samedi ?

OK, je vais le faire.

C'est bon.

Bye.

- Vous avez l'air...

en pleine forme, aujourd'hui.

Et vous vous êtes habillés chic juste pour nous.

- Jaspreet, il est beaucoup trop tôt

pour nous faire chier.

- On est l'après-midi, le parasite.

Mais bon, je suis trop occupée pour vous humilier,

alors dites-moi, qu'est-ce que je vous sers ?

- Du poulet au piment, avec beaucoup de sauce,

des nouilles de Mandchourie, du riz frit aux légumes,

et une soupe won ton.

Pour moi.

- OK, ça sera pas long,

mais promettez-moi que celui-là...

ne vomira pas sur ma table.

- Alors, comment ça,

tu connaissais cette fille, Claire ?

Elle est barista au café où je vais écrire.

- Mensonge !

Une barista blanche et hipster ?

C'est la kryptonite d'Alex.

Merde.

Ash, ça, ça va pas te faire plaisir.

- Quoi ? - Salut, les garçons.

Salut, Ashish.

- Bonjour, monsieur Sharma.

Ça fait longtemps.

- Quoi de neuf, Gilbert ?

- Pas grand-chose de nouveau sous le soleil.

- Oui, je vois ça, malheureusement.

On dirait bien

que vous êtes rentrés avec le bus de nuit.

- Oui, mais c'est de sa faute à lui.

Ouais !

- Rohit ?

Toujours aussi bavard, à ce que je vois.

Euh, faites pas attention à lui.

Il a un peu trop bu, hier soir. - OK, super.

Écoutez, je dois parler avec Ash.

Ouais, ça veut dire : « Foutez le camp d'ici. »

Ouais !

Euh, de toute façon, on allait partir.

- Mais la nourriture... - Allez, dépêche !

- La sortie est par là. - Je sais.

- Voilà, très bien.

- Hum. Vous voulez peut-être qu'on vous débarrasse ?

Non ? Aucun problème.

Content de vous voir, monsieur Sharma.

- Je peux ?

Alors...

Je sais que tu as bien reçu tous mes messages.

Et je sais que ta mère t'a demandé de m'appeler,

donc tu peux pas m'en vouloir de débarquer comme ça.

Non ?

- Comment ça va, l'écriture ?

Vraiment ?

- Ça coûtait rien d'essayer.

Tu devrais goûter, c'est délicieux.

- Pourquoi t'es ici, papa ? - Bonjour !

Comment ça va, oncle Vijay ?

Depuis quand t'es là ?

Et où sont passés les deux idiots ?

Salut, Jaspreet.

: Comment ça va ?

- Ça va bien.

On a ouvert un nouveau restaurant sur Morningside.

: Ça a été un peu le chaos, tu vois ?

Ça fait longtemps que je t'ai pas vu.

- Où t'étais passé ? - Jamais bien loin, je...

J'avais des trucs familiaux à régler.

- Des trucs familiaux à régler ?

C'est exactement ça, Jazz.

Tu vois, mon père a décidé de tromper ma mère,

ils se sont séparés, on a dû vendre la maison,

et on ne se parle plus depuis des mois.

Mais c'est juste...

des trucs familiaux à régler.

- Pour être honnête,

je sais pas comment je suis censée réagir.

Donc, je crois que je vais juste continuer ma journée.

- Tu crois vraiment que c'est aussi simple que ça ?

- En fait, j'en sais rien,

parce qu'avec maman,

vous avez cette fâcheuse habitude indienne

de rien nous dire,

mais j'en sais suffisamment.

- Écoute, je sais que je te dois des réponses,

mais tu dois comprendre que dans cette histoire,

je suis pas juste le méchant.

En tout cas,

si un jour tu veux...

Tu veux qu'on discute de tout ça en détail,

je suis là,

mais c'est pas pour ça que je suis venu te voir.

Non ? Tu me surprends.

Qu'est-ce qui t'arrive ?

Hum ?

- C'est moi ou tu trembles plus qu'avant ?

Oui.

Ouais, je tremble plus.

C'est ça dont je voulais te parler aujourd'hui.

Le docteur a dit

que j'ai la maladie de Parkinson.

- Quoi ?

Non. Il t'avait dit

que c'était juste des tremblements bénins.

- Oui, c'est ce qu'il croyait, sauf que,

maintenant, c'est différent.

- Comment ça, c'est différent ?

Et comment il en est aussi sûr ?

- Tout va bien, Ashish.

- Comment ça, « tout va bien » ?

- Je veux dire, ça va pas super,

mais ça va aller. Tout va bien aller.

Je prends des médicaments,

donc les tremblements sont sous contrôle,

pour l'instant.

- Comment ça, « pour l'instant » ?

- C'est une maladie dégénérative.

Écoute...

Je vais pas mourir, Ash.

Et c'est pas pour ça

que j'aimerais qu'on recommence à se parler,

mais peut-être qu'on peut voir ça

comme une chance...

de mettre de côté tout ce qui s'est passé,

dernièrement.

Je comprends.

Tu croyais que t'allais débarquer ici,

me dire que t'es malade et puis quoi ?

Que j'allais passer l'éponge ?

Oublier tout ce qui s'est passé ?

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

Ça me réjouit pas de vivre

avec cette maladie de merde, tout seul.

- Tu m'énerves !

- Ash.

Quelle merde.

- Depuis quand tu savais ? - Il a fini par te retrouver.

- Réponds-moi, merde ! - Calme-toi, beta.

- Que je me calme ? Est-ce que t'es sérieuse ?

- Désolée que tu l'aies appris comme ça,

mais c'est pas comme si je t'avais pas dit de l'appeler.

- Maman, pourquoi tu m'en as pas parlé ?

- Non, je pouvais pas. Il m'a interdit de le faire.

- On fait quoi, maintenant ? - Comment ça ?

- Maman, il est malade, et il est tout seul.

- Il n'est pas tout seul, on est là, nous.

- Il va revenir à la maison ?

Arrête, Ashish !

- Quoi ?

Maman, t'es pas sérieuse ?

Maman !

Où est-ce que tu vas comme ça ?

Maman, c'est important !

- Je suis en retard.

Je sais que t'es encore sous le choc,

mais je te promets qu'on s'en reparle demain, OK ?

J'y vais.

Et toi,

t'étais au courant ?

Imbécile !

- Soyez gentils. - Hé !

T'es une merde !

Pourquoi tu m'as pas dit qu'il était malade ?

- Quelle merde !

On dit souvent aux jeunes auteurs

d'écrire à propos de quelque chose

qu'ils connaissent bien.

C'est pour ça que c'était important pour moi

que l'histoire se déroule à Scarborough.

C'est pas une coïncidence

que ça se trouve à l'est de la ville.

C'est comme l'est de L.A, l'est de Vancouver,

l'est de Londres, ou l'est d'Oakland.

L'Est est réservé à une certaine...

catégorie de personnes.

Et c'est ce que je connais.

Je sais que, quand on vient de la banlieue,

on a l'impression que la ville est toute proche,

mais...

elle est tellement loin.

On s'imagine...

qu'elle est accessible.

Mais tous les efforts qu'on déploie

sont jamais suffisants.

- Tout à fait. Ouais, t'as raison,

et tu en parles dans ton livre avec brio, d'ailleurs.

Et c'est pour ça qu'on a demandé à Rebecca

de te voir, aujourd'hui. L'authenticité...

- Hum... - ...du récit

est quasiment palpable.

Et ça, ça nous parle.

C'est notre cheval de bataille.

- Pour nous, tout est question d'authenticité.

Et puis, les écrivains de banlieue

ont la côte, en ce moment. - Oui, le vent en poupe.

Croyez-nous.

- On a quelques commentaires, par contre.

- Juste des petites remarques.

De Pat. - Hum-hum.

- T'étais comme un poisson dans l'eau.

- Ouais. Enfin, je suis pas à mon premier rendez-vous.

- En parlant de ça, euh, j'ai...

J'ai eu des nouvelles des éditions McAllister.

Ils ont beaucoup aimé ton livre

et ils t'aiment beaucoup,

mais ils sont pas intéressés. - Quelle surprise.

- Faut pas que tu te décourages.

Tu sais ce que je dis toujours :

« Tout ça fait partie du processus. »

- Ils avaient des commentaires ?

- Oui, qu'ils aimaient ta voix.

Et aussi, ton authenticité.

C'est une blague !

- T'as aussi eu des remarques similaires

de la part de Penguin. Tu les as lues ?

- Oui.

Et alors ?

- C'est non.

- Ash. - Non.

Ils s'en foutent de ce que j'écris,

tant que je suis un immigrant. J'embarque pas là-dedans.

- Ils t'ont proposé d'écrire un documentaire.

C'est un super moyen de te faire connaître.

- Ma nouvelle est un super moyen de me faire connaître.

- Oui, bien sûr. Je le sais.

En tout cas, ceux-là, je les sentais bien. Ils t'adorent.

Croisons les doigts, OK ?

OK.

Croisons les doigts !

- Salut ! - Salut !

- Contente de te voir.

C'est...

C'est particulier comme endroit.

- Oui, je sais, euh...

C'est un ami qui me l'a recommandé,

il y a pas longtemps. - Bonsoir messieurs-dames,

j'espère que vous allez bien.

- Très bien, merci.

Hum...

J'ai soif. - Parfait.

On a tout ce qu'il faut pour vous. Ce soir, on propose un cocktail exclusif,

le Boris Yeltsin.

Une vodka au wasabi dont raffolait

cet ancien président, bien entendu.

Vous y retrouverez aussi, bien entendu,

une touche de concombre, de sureau et de citron de la Floride,

bien entendu. Sans oublier

une note de jus de pomme fraîchement pressée,

ainsi qu'un soupçon de bergamote.

- Wow ! - Bien entendu.

T'as trouvé où cet endroit ?

Me dis pas que t'as regardé sur « blogTO »

ou un autre site du genre ? - Non !

- Donc, si je tape

« meilleurs bars du moment à Toronto »,

ce bar n'apparaîtra pas ?

- Non, comme j'ai dit, c'est euh...

un ami qui me l'a recommandé...

Merde, tu l'as trouvé sur BlogTO.

Mais t'as fait des efforts !

- Je peux pas tenir le rythme, tout change tout le temps ici.

Chaque deux secondes, ils ouvrent un nouveau resto de ramen,

ou une crèmerie où ils vendent de la glace au riz brun.

Dans mon coin, on a soit Jack Astor's soit Kelseys.

Le choix est simple.

- T'as eu beaucoup de premiers rendez-vous là-bas ?

- Tu plaisantes ?

On va pas chez Jack comme ça.

- Non, on y va au troisième rendez-vous, et ça, c'est dans le meilleur des cas.

Bien sûr, désolée.

Tu veux qu'on parte d'ici ?

- Oui, s'il te plaît. - On y va.

Seigneur.

T'as pas besoin d'une maîtrise pour écrire, non ?

- Non, mais quand j'ai terminé le premier cycle,

j'étais pas sûr de ce que je devais faire.

Alors, je me suis dit : « Je continue. »

- Donc, t'as écrit ton livre pendant tes études ?

- C'est une nouvelle.

- Et maintenant, tu sais ce que tu vas faire ou... ?

Aucune idée.

Non, je mets mon réveil à 10 heures du matin,

sinon, je dormirais jusqu'à midi.

Comme les gens disent : « Après tes études,

tu vas entrer dans le vrai monde. »

Bien, quand j'ai eu mon diplôme,

on dirait que le « vrai monde » m'a foutu la plus grande claque de toute ma vie.

- Comment ça ?

- Non. C'est un peu intense pour un premier rendez-vous.

J'étais pas au courant

qu'il y avait une limite au premier rendez-vous.

OK, d'accord.

J'ai mangé avec mon père, il y a quelques jours de ça.

Ou plutôt, il s'est invité à un repas avec mes amis.

Vous êtes...

en mauvais termes ?

- Mes parents se sont séparés, il y a quelques mois.

- On est partis en appartement avec mon frère et ma mère,

et mon père vit tout seul, maintenant.

- Ça doit être dur, je suis désolée.

- Et c'est pas ça le pire dans l'histoire.

- Merde.

- Donc, mon père débarque à mon resto hakka préféré.

- Ton resto quoi ?

- Hakka. Tu sais... - C'est quoi, « hakka » ?

- T'es sérieuse ? - Ouais...

- Wow ! - Merde.

J'ai l'air d'une blanche inculte, c'est ça ? - Oui, exactement.

Je me moquerai de toi plus tard.

Je peux finir mon histoire ? - Ouais. OK.

Donc, ton père débarque à ton resto préféré...

- Pour me dire

qu'il a la maladie de Parkinson.

Trop intense ? - Non, tu plaisantes ?

Il a débarqué sans prévenir

et il t'as dit ça comme ça ?

- Disons qu'il a essayé de me joindre

depuis quelques semaines.

Alors, il avait pas vraiment d'autre choix.

- Hé ! - T'es dans quel camp ?

Le sien !

Merci de m'avoir raconté ça.

Tu dois te sentir un peu perdu, en ce moment.

- Oui, mais étrangement, ce soir,

je suis à 100 % dans le moment.

- Me alegra.

Quoi ? Tu parles pas espagnol ?

- J'ai déjà oublié une langue en grandissant.

C'est suffisant.

- Alors, tu parles pas hindi ?

- Wow, t'as dit « hindi », pas « indien ».

Tu marques un point.

- Tu te souviens que j'ai étudié en géographie ?

- Et toi, avec ta famille ?

Vous êtes proches ?

- Ouais, ils sont super.

J'ai quitté la côte ouest pour m'éloigner d'eux,

mais maintenant, je me rends compte

que j'avais de la chance.

Ce sont des amours.

- Oui, parfois on a besoin de prendre nos distances

pour apprécier les choses.

À ce qu'il paraît.

- Ouais.

- J'aime beaucoup cet endroit.

- Je viens souvent ici.

Je vis juste à côté.

- Génial.

Alors, comment ça se fait

que je t'ai jamais vue au café avant ?

- Peut-être que j'étais là,

mais que tu m'as juste pas remarquée.

Je t'aurais remarquée.

- Hum...

Non, j'y suis pas tout le temps.

Je travaille juste là-bas quand j'en ai besoin.

Et en parlant de ça,

c'est moi qui fais l'ouverture, demain matin.

Alors...

Tu me raccompagnes ?

T'es pas obligé.

- Non, non, bien sûr. Avec plaisir.

J'adore cette partie de la ville.

- Tu veux déménager ici ?

- C'est pas envisageable, pour l'instant.

Avec tout ce qui s'est passé

avec mes parents dernièrement, c'est...

compliqué.

- Ouais, je comprends.

- Et puis les prix des loyers dans le coin sont absolument fous.

Ça, c'est vrai.

J'ai eu beaucoup de chance,

mon proprio vient de l'Ouest aussi

et c'est un ami de mes parents.

- T'habites ici depuis longtemps ?

- Alors, j'ai quitté Victoria...

Je crois que ça fait cinq ans, maintenant.

C'est fou comme le temps passe vite.

- Et là, tu t'en vas à Montréal ?

Est-ce que tu comptes revenir après ?

- Hum...

Je sais pas trop.

Je sais pas, j'ai l'impression

d'avoir fait le tour de Toronto.

Ouais ?

C'est où le plus à l'est

que t'es allée en transports en commun ?

Non, laisse-moi deviner.

Woodbine.

The Beaches, c'est ça ? - Ouh...

Hein ?

- Tu m'as eue.

Ouais, tu m'as bien eue.

En tout cas, maintenant, j'ai...

J'ai une raison d'aller dans l'est de la ville.

Je dois goûter de la nourriture Takka.

- Hakka.

Je sais.

- J'habite là.

Tout en haut.

Je suis vraiment désolée pour ton père.

Heureusement que t'as un ami neurologue.

Dave ?

Un de tes meilleurs amis, qui sort avec mon amie Megan ?

- Oui, c'est vrai.

- T'as de la chance d'être mignon.

- Wow, j'y avais même pas pensé.

C'est juste que j'ai encore du mal à réaliser

que c'est un vrai docteur, maintenant.

Tu comprends ?

- À bientôt.

- Ouais.

Alex, hum...

Faut que tu te dépêches si tu veux attraper le dernier train.

Merde !

Wouh !

Merde !

- Ouais.

- Il l'a appris quand ?

- Il y a quelques semaines, apparemment.

- Comment il va ?

- Il a perdu pas mal de poids.

Ça, c'est pas à cause de Parkinson.

- Non ? - Non.

Bien, tant mieux.

- Il a beaucoup de tremblements ?

Je les avais même pas remarqués, au départ,

mais ça fait aussi un moment qu'il a la main qui tremble.

- Tu vas faire quoi ?

- Bien, j'espérais que tu me le dises.

- Non, je voulais dire, est-ce que vous allez faire la paix ?

La bonne nouvelle, c'est qu'il a été diagnostiqué.

Ça prend parfois des années.

Et que dans l'ensemble, il est en assez bonne santé.

Et puis, ils font beaucoup de recherche

pour cette maladie. En plus,

il doit avoir de bons avantages avec son syndicat, non ?

- Oui, je crois.

- OK. Laisse-moi réfléchir à tout ça,

et je t'enverrai des infos, ce soir.

Des articles sur le sujet,

des noms de docteurs, des trucs du genre.

Enfin, bien sûr...

si tu veux.

- Oui. Merci, Dave.

Je dois avouer que c'est super de...

de te voir comme ça. Je veux dire--

Le Dr Fam est attendu par le docteur Stevens

dans la salle d'examen numéro six.

Le Dr Fam.

- « Le Dr Fam. »

C'est trop cool.

Hé, est-ce qu'ils savent ici que t'as été arrêté

pour avoir tabassé un gardien de sécurité

après un vol à l'étalage ?

- OK, je crois que... Il faut que t'y ailles.

- Salut ! - Salut.

Entre.

Je suis presque prêt.

OK.

Je crois que j'oublie rien. - Super.

Dave a dit d'apporter une carte d'identité

et toutes recommandations écrites de ton docteur.

- C'est dans mon sac.

On y va comment, là-bas ?

- Bonjour, monsieur Sharma !

Merde.

- T'avais besoin d'un taxi.

- Est-ce que vous voulez venir devant ?

- C'est comme un Uber, mais en 1000 fois pire.

- Vraiment ?

- Quoi de neuf, les fillettes ?

- J'ai décroché un travail de merde

- à la brasserie. - Oui ?

Elle est encore ouverte ?

- Ouais. À part ça,

les affaires vont bien. Enfin, on s'en sort.

On est pas tous des artistes

qui vivent de subventions.

- En parlant de ça, comment va l'écriture ?

- Non, il aime pas parler de ça.

- Alors, quand est-ce que...

je vais pouvoir lire ton petit roman ?

- On peut dire aussi novella.

- Novella !

- Je suis sérieux, tu me l'as jamais fait lire.

- Non, parce que t'avais toujours mieux à faire.

- C'est ta copine hipster ?

- Ta copine hipster ? - Arrêtez de dire hipster.

- Une petite nouvelle ?

- Non, on va pas parler de ça ensemble.

- Hum.

En tout cas, merci de jouer les taxis,

les gars. À ce propos,

elle est à qui, cette voiture ?

- À notre ami Marlon,

mais il a été expulsé du pays.

Bien, c'est une vraie poubelle.

- Ouais.

- Monsieur Sharma, vous avez commencé

à observer ces symptômes, il y a environ un an ?

- À peu près, oui.

- Avez-vous remarqué des changements

dans votre démarche ?

- Ma démarche ?

- Hum... Oui, exemple,

de la difficulté à franchir le seuil d'une porte,

- ou de figer carrément. - Non, non, non.

- D'accord, super. - Bien, pour le moment,

on dirait que vous êtes en mesure

d'accomplir toutes vos tâches.

- Oui, tout à fait. - Bien, tant mieux.

Je vais procéder à des tests maintenant,

si ça vous va. - D'accord.

- On va commencer par cette main.

Et...

OK, super. L'autre, maintenant.

- Alors, comment vont tes parents ?

Ils vont très bien.

OK, parfait. - OK.

- On reprend avec cette main. Vous allez faire

comme si vous vissiez une ampoule.

- On dirait une danse de Bollywood.

- Parfait. La même chose avec cette main.

Super, merci.

Maintenant avec l'autre main, vous allez toucher

votre pouce avec l'index, et ouvrir vos doigts comme ça.

Parfait. L'autre main.

: C'est ça. Parfait.

OK, génial. C'est super.

: Hé, Dave, euh...

Tu peux me dire où sont les toilettes ?

- Au bout du couloir à gauche.

- Merci.

- Tu te souviens de la fois

où t'avais donné une raclée à ce gardien de sécurité ?

Tout va bien ?

- Oui, oui, ça va. - Ash,

je te présente le Dr Lidstone.

- Bonjour, docteur Lidstone.

Merci beaucoup d'être là.

On vous en est très reconnaissant.

- Pas de problème, ça me fait plaisir.

Dave m'a dit que vous étiez des amis de longue date.

- Oui, depuis qu'on a 15 ans. - 15 ans !

En tout cas, je suis content de vous aider.

Donc, comme je le disais à votre père,

on va continuer avec le médicament prescrit,

et augmenter le dosage au besoin,

mais il peut aussi provoquer

de la dyskinésie et des raideurs,

donc il faut faire attention.

Il y a aussi différentes options chirurgicales,

mais on en est pas encore là.

Génial.

- J'ai encore quelques questions.

- Comment va Le sommeil ? - Ça va.

Je dors bien. - Tant mieux.

Est-ce qui vous arrive de mimer vos rêves,

de vous lever ou de lancer des choses ?

Bah, si c'est le cas,

je m'en rappelle pas le matin.

- C'est un des symptômes qu'il faut nous signaler,

car ça peut être dangereux.

Si ce genre de situation se présente,

vous nous en ferez part ?

Mais en tout cas, pour le moment,

je trouve que vous allez très bien.

J'ai été content de vous rencontrer,

monsieur Sharma. - Moi aussi, docteur.

- Merci de votre visite.

- Merci beaucoup. - De rien.

Merci.

- Monsieur Sharma,

vous êtes toujours chauffeur de bus, n'est-ce pas ?

- Oui, toujours chauffeur, Dave.

- Bien, il y a pas de souci. - On vous donnera une lettre

pour que vous puissiez arrêter de conduire, le moment venu.

- Euh, quoi ?

Mais pourquoi il faudrait que j'arrête ?

Euh, bien,

il y a des chances que vous ne soyez bientôt plus en mesure de conduire.

Quand on perd en motricité,

notre temps de réaction est plus long.

- OK, super. Merci encore de ton aide.

- C'est normal, ça me fait plaisir.

Euh, surtout, prenez votre temps, OK ?

- Merci, Dave.

C'était pas si terrible.

- Non.

- Tu vas pouvoir arrêter de conduire des bus.

- Tu n'auras plus d'ados rebelles à gérer,

ou à attendre dans des guichets climatisés.

- En effet.

OK, fichons le camp d'ici.

Ton frère m'a texté.

- Et ? - Tu sais ce qu'il m'a dit ?

Il a dit que l'herbe, c'était bon pour le Parkison.

Hari t'a recommandé de prendre de l'herbe ?

Tu me surprends. - Tu sais où je peux en trouver ?

- T'es sérieux ?

Tu trouves qu'on a pas assez de magasins de cannabis en ville ?

- Tu sais quoi ? Oublie ça. Je vais juste...

J'irai avec Hari un autre jour.

- Non, non, c'est bon, on t'emmène.

C'est quand même ironique.

La pire raclée que vous m'ayez donnée, c'est la fois où vous avez trouvé

- un mégot sur le perron. Tu te souviens ? - Oui.

T'avais dit que c'était Rohit. - Attends, quoi ?

- Tu sais rouler un joint ?

- Comment ça rouler ?

- Seigneur.

Hé, on s'en va au magasin sur Birchmount.

- Je vais acheter de la drogue avec mon fils.

Le rêve de tous les immigrants.

- Celles-ci sont en bois.

Elles sont vraiment magnifiques.

Il y a juste à visser ça comme ça. - Ouais, je crois que c'est mieux

de pas avoir deux pièces, au cas où. - Au cas où quoi ?

On a aussi des mini vapoteuses,

vous voyez, c'est fin, léger,

et très facile d'utilisation.

- On va la prendre. - Excellent.

Je vous emballe tout ça. - Et pour ce qui est...

de ce qui va dedans ?

- Tu sais que tu peux dire de l'herbe, hein ?

- En fait, ça fonctionne avec de l'huile.

- De l'huile ? C'est plus cher ?

Bien, le prix diffère selon la variété.

On a plein de choix.

Hindu Kush. Bombay Baba.

Mysore mango.

Coochie, coochie.

Vous saviez que ce sont les Indiens

qui ont cultivé la ganja les premiers ?

- Hum.

Je parie que quand on va partir...

: ...il va dire « namaste ».

: Namaste.

- Namaste.

- Quoi ? Qu'est-ce qui te prend ?

C'est les vapeurs du magasin ? - Non.

Non, je me suis souvenu que...

que j'avais donné un coup de poing à ta mère,

une fois. - Quoi ?

Non, non, non.

Non, non, je veux dire, dans mon sommeil.

Tu te souviens, le docteur m'a demandé

si je mimais mes rêves. Bien, une fois,

j'ai rêvé que je me faisais attaquer par un voleur

et que je me battais contre lui.

Sauf que je me battais contre ta mère.

- Et elle a fait quoi ?

Elle...

Elle m'a donné un coup de poing,

et puis elle m'a dit en hindi :

« Je sais pas de quoi t'es en train de rêver,

mais si tu me frappes encore, t'es mort. »

- C'est fou !

- Salut, beta, quoi de neuf ?

- Salut. - T'as écrit aujourd'hui ?

- J'ai emmené papa à l'hôpital.

- Pour qu'il voie Dave ? - Oui.

Et aussi un neurologue de renom

et spécialiste du Parkinson.

: C'est génial.

C'est tellement gentil de la part de Dave.

Comment ça s'est passé ?

- Pas trop mal.

C'était étrange. - J'imagine.

- Maman...

Il faut qu'il revienne à la maison.

- C'est le docteur qu'a dit ça ? - Non, mais...

sa santé va décliner, et...

il vit seul dans son appartement.

T'as vu de quoi ça a l'air ? - Non, mais...

Je peux m'imaginer.

- C'est pas drôle. - Oui, t'as raison.

Je comprends.

Mais tu sais, il n'est pas seul.

Vous avez repris contact, Hari va l'aider.

On est tous ensemble. - Non, on est pas tous ensemble.

Il est pas ici.

- Écoute-moi bien.

C'est dur.

Je sais que c'est dur.

Je me souviens quand mamie est tombée malade.

- Il n'y a rien qui te prépare à ça,

mais je peux te dire

que c'est pas ça qui va sauver notre mariage.

Il faut que tu te rentres ça dans la tête.

- Depuis quand t'es au courant ?

- Il me l'a dit, il y a quelques semaines.

- Non, ça, c'est quand...

les docteurs ont confirmé le diagnostic.

Mais depuis quand t'es au courant ?

- Hum. - Ouais.

On dirait que tu t'es sauvée au bon moment.

- Non, c'est pas grave.

- Je crois qu'il a eu un choc quand il lui a dit

qu'il devrait arrêter de conduire.

Je comprends pas. Honnêtement,

je pensais qu'il serait content.

- C'est quand même de sa liberté dont il est question.

- Ça doit pas être facile de devoir arrêter de travailler

juste parce que ton corps ne suit plus.

- J'imagine.

- Des nouvelles de ton agente ?

- Et toi, quoi de neuf ?

À part torturer les gens de couleur à ton café.

- Il n'y a pas de gens de couleur à mon café,

tu le sais très bien.

Allez, viens,

je veux te présenter quelques personnes.

- C'est logique. - C'est logique.

Désolée.

C'est rien.

- Les amis, je vous présente Ash.

Ash, Sam et Kate. On est chez eux ici.

- Merci d'être venu.

- Merci à vous de m'avoir invité.

- Votre maison est superbe. - Merci.

Oui, nous aussi, on l'adore.

- Tu vis où, toi ?

- Hum, je vis à Scarborough, en fait.

Ouh, Scarborough.

- Ça a dû te prendre du temps pour venir ici.

C'est long en transports en commun.

- Je vais me chercher une autre bière, tu viens avec moi ?

- Oui, j'en prendrais bien une autre.

OK. Euh, enchanté de vous connaître.

Il faut que j'attrape le dernier train.

Pas ce soir.

Je vais chercher ma veste

et dire au revoir à quelques personnes.

Tu me donnes cinq minutes ?

Hum-hum.

- Yo ! Vous vous en allez ?

- Oui. - Cool, cool.

Claire t'as dit qu'elle partait pour Montréal ?

- Hum-hum.

- En tout cas, t'as vraiment de la chance, mon gars.

- Comment ça ?

- Tu baises tranquille quelques semaines,

et elle s'en va.

Zéro engagement, c'est génial.

Tu sais qu'elle voit les choses de la même façon, pas vrai ?

Une relation sans lendemain.

Rien de plus.

- Qu'est-ce qu'il voulait ?

- Rien.

Allez, on y va.

- On mange quelque chose ? - Oui !

J'ai une faim de loup.

- T'as envie de quoi ?

- Donde esta la biblioteca ?

Ouh, me gusta ese cruasan !

Donde esta la estacion de metro, por favor ?

Tu peux arrêter avec tes cours ?

- Pourquoi t'aimes pas les langues étrangères ?

- Je suis arrivé au Canada quand j'avais 11 ans.

J'étais pas bon en langues. Par exemple, en français.

J'avais toujours des notes de merde.

- Genre un B-plus ? - Non.

La prof de français croyait que j'étais idiot.

Elle a même convoqué mes parents, une fois.

- Ça a dû être le pire jour de ta vie.

- Je me souviens de ce que ma mère avait dit.

« En ce qui me concerne,

je trouve qu'il se débrouille très bien

pour quelqu'un qui n'a jamais étudié le français avant. »

- T'imites vraiment bien le faux accent indien.

- Hé, qui a dit que c'était pas le vrai accent ?

- T'es un idiot.

- Quoi ?

- Explique-moi pourquoi.

- Arrête avec ça. - Je trouve ça stupide.

- Écoute, Claire,

ça sert à rien que je t'explique, OK ?

C'est quelque chose que les personnes comme toi peuvent pas comprendre.

- C'est nul. Tu devrais pas avoir à utiliser un autre nom.

- Ouais, je sais.

Regarde, tu vas voir.

- Est-ce que je peux avoir votre nom ?

- Euh, c'est Paul.

- Comment tu sais

qu'il s'appelle pas vraiment Paul ?

OK, faut que j'y aille.

Salue Dave de ma part.

- D'accord. - Hum.

- « Traitement du Parkinson.

Le principal traitement de cette maladie

est la Lévodopa. »

Le Dr Fiztgerald

est demandé en salle de réveil,

le docteur Fitzgerald.

- « Pat de chez McNulty Press veut qu'on se parle demain.

Croisons les doigts ! »

- Yo ! Où est ton père ?

- Euh, j'en ai aucune idée.

- Il est pas venu ? - Non.

Je lui envoie des messages, mais pas de réponse.

- Peut-être qu'il s'est trompé de date ?

- Ouais.

Je suis désolé. - C'est rien.

Hum, regarde, prends un autre rendez-vous.

OK ? Faut que j'y aille.

Non. Attends, viens avec moi.

Je veux que tu voies ça.

Harry.

- Bonjour ! - Bonjour !

Je vous présente mon ami Ash. - Enchanté.

- Bonjour. - Harry,

le père de Ash vient d'apprendre qu'il a le Parkinson.

- Hum. Je suis vraiment désolé, Ash,

mais tu sais, c'est pas la fin du monde.

- Merci. - Harry,

vous pourriez montrer à Ash

comment fonctionne votre stimulateur ?

- Oui, bien sûr. - Super.

- Euh, tout de suite ? - Oui, ça serait génial.

- OK.

OK, je vais l'éteindre, maintenant.

Ça y est, c'est fait.

Je te donne ça. - Hum-hum.

C'est bon.

- OK, je vais relancer le stimulateur, maintenant.

Nom de Dieu !

Désolé.

- C'est ce que j'ai dit aussi, la première fois.

Merci.

Il s'est fait mettre une puce dans le cerveau ?

- Non, pas une puce. C'est pas un ordi, imbécile.

Et puis ça guérit pas la maladie,

mais que beaucoup de gens trouvent que ça les aide.

- Quand il a éteint l'appareil, c'est comme ça qu'il tremble

quand il prend pas ses médicaments ?

- Ouais. - Wow !

- Ton père n'en est pas à ce stade,

mais c'est quelque chose qui pourrait lui être utile,

éventuellement.

- Merci, Dave.

Tu sais, plus j'en apprends sur cette maladie,

moins je suis nerveux.

- Ouais.

Faut juste que ton père vienne maintenant, hein ?

- Ça s'appelle Le livre des cauchemars,

c'est de Galway Kinnell. C'est de la poésie.

- Euh, salut.

Ça va ? - Ash !

Je savais pas que c'était la journée

« amenez vos enfants au travail. »

Salut, Frank.

- T'es sérieux là ?

Tu sais que Dave a dû faire jouer ses relations

pour t'obtenir ce rendez-vous, papa.

C'est vrai !

C'est que j'ai dû rentrer travailler, finalement.

- T'aurais dû appeler.

Tu sais qu'il fait beaucoup d'efforts

pour nous aider. - OK, OK, relaxe.

J'avais pas envie. Et comme je me sentais bien

et qu'on m'a appelé pour un remplacement--

- Ça change rien que t'allais bien.

C'est ton avenir qui est en jeu !

- Hum-hum, justement, c'est mon avenir.

J'avais pas envie d'y aller.

Et j'ai pas besoin de tes remontrances.

- Papa, tu peux pas manquer ces rendez-vous, OK ?

- Ouais.

Ça ne se reproduira plus. Écoute,

j'ai une faim de loup.

Je t'invite ? - Non.

Non, faut que t'arrêtes de manger au resto.

- Dépêchons-nous

avant que les enfants ne sortent.

Allez, viens !

- Hé, on s'en va faire des courses !

- Comment, euh... Comment vont...

tes affaires ?

- Quelles affaires ?

- Tu sais.

- Quoi ? Non, je sais pas.

- Les filles, par exemple.

Comment va la hipster ?

- Elle s'appelle Claire

et je comptais pas te parler d'elle.

- OK.

Est-ce que t'aurais le temps de m'aider à...

à créer un profil Tinder, s'il te plaît ?

- Papa, c'est dégueulasse.

T'as pas le droit d'être sur Tinder.

- Sinon, l'écriture, ça va ?

- Ouais, ça va.

- Ta mère a dit

que ta nouvelle était vraiment incroyable

et qu'il y avait plus de maturité dans le livre que dans ta vie réelle.

- OK, qu'est-ce que tu dis de ça ?

Il y a pas grand-chose à faire, c'est prêt en cinq minutes,

faut juste ajouter de l'eau. Qu'est-ce qu'il y a ?

- Tu sais bien que j'aime pas les trucs fades, sérieux.

- Oui, je sais, sauf que tu peux pas te faire livrer du Rogan josh pour le restant de tes jours.

- Hum.

- Du vindaloo ?

- Non, du Karahi, j'aime mieux ça.

- Euh, il y a pas de Karahi.

Ils ont du Korma.

: Je te propose le curry de Madras.

: OK.

Tu sais comment on le prépare ?

- Maintenant ? Je l'ajoute maintenant ? - Non, attends ! Je dois...

Faut que je relise la recette. - Je suis pas sûr

que c'est censé ressembler à ça.

- Alors, pour en revenir à mon profil Tinder...

- Peut-être que je devrais aider maman

à faire le sien ? - Hum.

Je pense pas qu'elle ait besoin de Tinder.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Ton oncle Arif m'a dit que ta mère avait un copain.

- Quoi ?

- C'est pas surprenant.

Ça fait un moment qu'elle est seule et...

Elle est incroyable, donc...

Merde. Attends,

je vais t'aider.

Tu veux qu'on aille sur la table ?

- Non, non. Ça va aller.

Puis de toute façon, c'est dégueu.

Dis-moi, Tinder, est-ce que c'est le site

pour le sexe seulement-- - Oui, le sexe, c'est ça.

- ...ou pour des relations sérieuses ? - C'est juste pour le sexe.

« Tu viens manger chez moi, demain soir ? »

- Salut, beta.

Comment a été ta soirée ?

- Ça a été. - T'étais où ?

- Avec papa. On a fait du curry.

: Et c'était bon ?

- Tu vois quelqu'un ?

- C'est ton père qui te l'a dit ?

- Il pensait que j'étais au courant.

- Oui.

Je sors avec quelqu'un. - Maintenant ?

Avec tout ce qui arrive à papa ?

- Tu vois ? C'est pour ça que je t'ai rien dit avant.

- Parce que tu savais que je te rappellerais que ton mari est malade ?

: Je n'ai pas de mari.

Pourquoi c'est aussi dur

pour toi de l'accepter ?

- En tout cas, ça t'arrange bien, hein ?

- Arrête ! Arrête d'insinuer des choses.

Je lui ai demandé de rester,

même après ce qu'il avait fait,

mais il a rien voulu savoir.

Et tu sais quoi ?

C'était la bonne décision, parce que tu dois comprendre qu'entre nous, c'est terminé.

- Maman, ça peut pas finir comme ça. Il a besoin de nous. Tu comprends pas ?

- Non, je comprends très bien.

Je comprends que le problème,

c'est pas sa maladie ou mes sentiments.

Non, c'est plutôt que t'as pas envie

d'affronter une situation difficile.

Mais devine quoi ?

La vie de famille, c'est difficile.

Il faut que tu t'y fasses.

Oui, et comment ?

En invitant ton Don Juan à manger à la maison ?

- Il s'appelle Steven.

Il est blanc ?

Il ne manquait plus que ça.

Papa est malade, et toi,

tu sors avec un petit blanc qui veut sûrement juste savoir

ce que ça fait de-- - Ferme-là tout de suite !

Tu fermes ta grande gueule immédiatement !

Comment oses-tu ?

Tu ne le connais même pas.

C'est pas toi qui décides

qui j'ai le droit de fréquenter.

Est-ce que c'est clair ?

RAPPEL - CE QUI SE PASSE ICI RESTE ICI

- Yo, réveille-toi.

Quelle heure il est ?

- 6 h 30. - Laisse-moi dormir !

- Hé, il y en a qui travaillent, bordel !

Ma mère va s'en aller,

et mon père est déjà parti.

- Lève-toi, sers-toi un café, prends une douche,

et dehors. - Yo,

qu'est-ce qui s'est passé avec ce gentil petit garçon ?

Non, non, non, non, non !

Est-ce que je peux prendre ta voiture,

aujourd'hui ?

C'est pas vrai !

- Ash ?

- T'es pas sérieux, là ?

J'avais tout nettoyé l'appartement.

- Oui, mais ce qui se passe, c'est que l'herbe me donne faim.

- Ça a rien à voir avec l'herbe.

T'es juste un enfant dans la cinquantaine qui sait rien faire par lui-même

et qui ne peut plus compter sur sa femme de ménage.

- Vraiment ? - Comme on dit...

Les chats ne font pas des...

Euh...

Peu importe. T'as compris.

C'est quand, la dernière fois que tu lui as fait ses courses, à elle ?

- Et toi,

j'accompagne papa chez le docteur,

je fais les courses, et toi,

tu débarques en héros avec l'herbe, c'est ça ?

On a enfin trouvé quelque chose pour lequel t'étais utile.

Cool. - Tu vois,

c'est ça, la différence entre toi et moi.

Je sais que j'ai tout gâché avec ta mère.

Elle méritait mieux, mais toi, tu lui en veux,

parce qu'elle n'a pas craqué après mon départ.

T'es fâché parce qu'elle est plus forte que tu le pensais.

- Non. Je sais à quel point elle est forte. Je le vois tous les jours.

Je la vois faire des pieds et des mains pour notre famille, tandis que toi,

t'arrives même pas à te gérer.

- Vous lui avez déjà dit ça, à maman ?

Ce que vous venez de dire.

Ferme ta gueule, Hari !

- T'es juste un sale ingrat.

Salut.

- Salut, ça va ?

- Hum, t'as pas répondu à mon invitation.

Est-ce que tout va bien ?

- Euh, oui. Oui, oui, désolé.

C'est juste qu'avec mes parents...

c'est dur.

- Non, je comprends.

Alors, veux-tu venir manger chez moi ?

- J'ai une meilleure idée.

- C'est juste

que ça m'a vraiment pris par surprise.

- T'avais aucune idée qu'elle voyait quelqu'un ?

- Non.

- Les hommes ! - Quoi ?

- C'est sûr qu'il y avait des signes, sauf que tu voulais pas les voir.

- OK, laisse faire la psychanalyse,

c'est la géographie, ton domaine.

- Ouais, bien, j'ai vraiment hâte

de goûter à cette cuisine.

- On dirait une touriste sur le point de manger

de la nourriture étrange dans la rue.

- OK !

Du poulet au piment avec beaucoup de sauce,

et du riz frit de Mandchourie.

- Merci beaucoup. Ça a l'air délicieux.

- Bonne chance.

- Merci.

- Non, mais qu'est-ce que tu fais ?

- C'est la première fois que je mange ça.

Faut que j'aie un souvenir. - Non, range ça tout de suite.

C'est trop gênant.

Tiens.

- Merci.

C'est bon.

- C'est tout ?

- C'est bon. C'est juste différent.

- T'aimes pas ça, en fait. - Non, j'aime ça.

C'est juste que c'est intense.

C'est comme s'il y avait presque trop de goût.

- Attends, t'as dit quoi ?

- C'est comme s'il y avait presque trop de goût.

- OK. Tu entends ce que tu viens de dire ?

- Quoi ? Désolée, je vais m'habituer.

J'ai juste besoin d'un peu de temps.

Tu vois ? - Non.

T'as perdu le droit de manger hakka.

- Euh, pardon ?

- Je connaissais pas cet endroit.

- Ouais, peu de gens de la ville le connaissent.

Et on veut que ça reste comme ça.

- C'est vraiment magnifique.

- Je voulais t'emmener ici...

...avant que tu quittes la ville.

- Hum.

- Claire,

ça a été... Ça a été fantastique.

Mais...

Mais... - Attends,

t'es en train de rompre avec moi ?

- Non, je...

Est-ce que t'es en train de te foutre de ma gueule ?

- Désolée, désolée.

Sérieux !

Tu croyais que je serais fâchée ?

Que je pleurerais et...

qu'on se ferait un câlin,

et qu'on se dévorerait du regard ?

- Oui, exact, et aussi qu'on baiserait

une dernière fois dans l'auto.

L'auto de Gilbert.

- Wow, c'est vraiment pas facile pour toi

de parler de ça, hein ?

- À quoi ça servirait ?

On connait déjà la suite.

Tu vas t'en aller et...

Et moi, je vais pas te suivre.

- Et on peut pas rester ensemble

jusqu'à ce que nos chemins se séparent ?

- Je suis pas capable.

- Pourquoi pas ? - C'est pas tout le monde

qui est capable de faire ça.

C'est pas tout le monde qui...

qui travaille quand il veut, qui vit où il veut,

qui baise avec qui il veut

et qui continue sa vie comme si de rien n'était.

- OK. - Hé.

- Donc, tu préfères en finir maintenant

que de ressentir ce que tu vas ressentir

quand je vais partir ? - Claire, écoute.

On dirait que tout est en train de s'écrouler,

en ce moment.

Absolument tout.

Et je sais...

que je vais pas supporter

qu'une autre bonne chose se termine.

- C'est peut-être pas la fin.

Peut-être que c'est différent de ce que tu imaginais,

mais ça pourrait être plaisant quand même.

- Je suis désolé.

Bien, c'est fini, alors.

Merci de m'avoir ramenée.

- Claire...

- Salut, Ash, c'est Rebecca.

Euh, je viens juste de raccrocher

avec Pat et Graeme, et...

Ils m'ont dit qu'ils passaient leur tour,

malheureusement.

Je dois t'avouer que je suis surprise.

Je pensais que c'était dans la poche.

En tout cas, on se décourage pas, OK ?

À bientôt !

- « Où êtes-vous, les gars ? »

« Au La Rouge, on s'éclate. »

« Tu viens ? »

- Ash, Ash ! - Arrête !

- Lâchez-moi ! - Qu'est-ce que tu fous ?

- Dégagez d'ici ! - Lâchez-moi !

- On s'en va, maintenant ! - C'est bon, calme-toi !

- Laisse-moi y retourner ! - Dégagez et ne revenez pas !

- Allez, tu rentres là-dedans.

Démarre !

Démarre, je te dis !

- Pourquoi...

Pourquoi t'arroses toujours au même endroit ?

Ça peut pas être plus propre que ça. Arrête !

Ça travaille fort.

Les gars, euh...

Je sais pas ce qu'il m'a pris, hier soir.

Alors, voilà un repas de chez Mona

pour me faire pardonner. Merci d'avoir été là pour moi.

C'était qui, ce gars-là ?

- Je l'ai rencontré à une fête où j'étais avec Claire.

- Et alors ? Il t'a cherché ?

- Non, non, il m'a juste dit des conneries

et j'ai pas répondu,

mais quand je l'ai vu, hier soir...

Ouais, je sais pas.

- Qu'est-ce qui t'arrive ?

- À moi ?

On a failli se battre hier soir,

juste parce que t'es un vrai imbécile.

- Ouais, et c'est pour ça que je suis venu.

Pour m'excuser en personne.

- Et tu t'excuses de quoi ?

Imagine quelqu'un aurait appelé la police !

- Oui, je sais.

OK ? Je m'excuse.

C'est juste que...

avec tout ce qui arrive avec mon père--

- Non, mon gars !

Ça a rien à voir avec ton père.

- T'étais avec Claire avant de me texter, hier soir.

Il s'est passé quelque chose,

et tu nous as entraînés dans tes problèmes.

- Yo, ça va. Relax.

Tout va bien.

Écoute.

Laisse-lui un peu de temps, et...

ça va aller, OK ?

Mais faut que t'arrêtes tes conneries.

Hé !

Donne-moi ça.

- Qu'est-ce que je peux te servir ?

- Euh, un americano, s'il te plaît.

- Cool. Ton nom ?

Ton nom ?

- C'est... Ashish.

Je m'appelle Ashish.

Joli nom.

- Merci beaucoup.

- C'est à toi.

- Quel abruti !

- Kevin ?

- Ouais.

- Vraiment ?

- Ouais.

- C'est quoi ton vrai nom, Kevin ?

- Euh, c'est... Kevin.

- OK. Tu sais quoi ? Va chier, Kevin.

- Quoi ? - T'auras pas ton café.

- Mais j'ai déjà payé. - Non,

va te faire foutre, Kevin. Suivant !

- Désolé.

- Salut. - Regardez.

Alex est là, c'est génial. Hé, Alex,

est-ce que tu connais Kevin ? - J'ai rien fait !

- Ta gueule, Kevin ! - On peut se parler ?

Est-ce que tu peux prendre une petite pause ?

Je sais que tu pars bientôt. Et...

je voulais juste te dire que je suis désolé.

Notre relation a été une bouffée d'air frais.

Quand tu ne seras plus là, tout ce qui va me rester,

c'est que des problèmes, tu vois ?

J'essayais seulement...

d'abréger mes souffrances, j'imagine,

mais c'est pas vraiment juste pour toi.

- Merci.

Mais il y a peut-être une part de vérité

dans ce que tu m'as dit. - Non, j'ai juste été con.

- Ouais, bon, ça, c'est pas faux.

- Non, mais c'est vrai que je prends pour acquis

le fait que je peux aller où je veux quand je veux.

Je sais que tout le monde n'a pas cette chance, donc...

- Je vais te poser cette question une fois

et uniquement par obligation juridique.

Il y a pas une partie de toi qui a envie de rester, non ?

- Non.

Est-ce qu'il y a une partie de toi

qui a envie de partir ?

- Non.

- Je déménage en fin de semaine.

- Mais je fais un petit truc chez moi.

Il y aura juste quelques amis.

Ça sera un peu... comme une fête de départ.

J'aimerais ça que tu viennes.

Tu peux amener Gilbert et Rohit.

- Je pense que ça va être trop dur.

OK.

- Un instant.

Maman ?

Quoi ?

Non, non. Ouais, t'inquiète pas.

J'y vais tout de suite. Oui, oui.

Merde.

Il faut que j'y aille.

Mon père a eu un accident.

- Je peux faire quelque chose ?

- Non, ça ira. Merci pour...

Merci.

- Papa !

Ça va ? - Ça va.

Je vais bien, calme-toi. - Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Ash, ça va. T'en fais pas.

J'ai juste cogné un poteau avec mon rétroviseur.

Je sais pas pourquoi,

mais la voix de ton frère résonnait dans ma tête,

et d'un coup,

je ne voyais plus clair.

Donc, j'ai été distrait pendant quelques instants.

- Vraiment ? - Mais oui, si je te le dis.

Je sais à quoi tu penses.

- Papa. - Ash, tais-toi.

Écoute ton père, pour une fois. C'est pas à cause du...

Enfin, tu sais.

Je te jure,

c'est pas les tremblements. Non, c'est juste que...

Je suis un peu ailleurs, ces derniers temps, tu vois ?

- Va falloir que tu leur dises, papa.

- Je sais.

C'est le seul travail que j'ai aimé

depuis qu'on est arrivés ici, tu comprends ?

Allez, viens, on y va.

- Allez !

On va prendre une bière ?

- Maintenant ?

- Je ne peux plus conduire,

autant en profiter et me soûler.

- D'accord,

mais rien qu'une.

- Oui, rien qu'une.

Promis.

- Hum.

« Les causes de la maladie de Parkinson.

Traitements. »

: Qu'est-ce qui se passe ?

Non, mais qu'est-ce que tu fous ?

- Yo ! - Maman !

- Chut ! Ferme ta gueule !

Je t'aide, c'est tout !

Tu la fermes, OK ? - Lâche-moi !

Qu'est-ce qui se passe ici ?

Hein ?

- Maman !

- Oui, mon beta saoul ?

- Maman, c'est pas ta faute.

- Hum ?

- C'est pas ta faute.

- OK.

OK. OK, OK, beta.

Je... Je te présente Steven.

- Salut, Ash.

Je suis ravi d'enfin te rencontrer.

Nisha m'a énormément parlé de toi.

Et en passant, j'ai beaucoup aimé ta nouvelle.

- Enchanté de vous connaître, Steve.

Je vais aller vomir, maintenant.

- Il a vidé une boîte.

Oui, j'ai vu ça !

- Rohit est toujours aussi fort.

- C'est un don, vraiment. - Tais-toi !

Ta copine s'en va demain ?

- Comment tu le sais ?

- Dave m'a texté.

Elle fait une fête.

On y va pas ?

- C'est juste que...

Elle reçoit ses amis pour leur dire au revoir

et elle est toute contente.

- Je veux pas gâcher ce moment.

- Je comprends.

Tu veux pas jouer les pleurnicheurs,

comme d'habitude.

- Et si c'était le fait que tu y ailles pas qui gâche ce moment ?

- Tu veux dire quoi, que je suis égoïste ?

- Non, non.

On sait que c'est dur.

Tu dois faire comme tu le sens. On comprend.

Mais faut pas que t'oublies que, dès le début,

tu savais qu'elle resterait pas.

Ça l'a pas empêchée d'être avec toi.

Si vous vous voulez être amis, autant commencer ce soir.

Et puis, Dave a dit qu'il y allait avoir

de belles filles à la fête.

- Hé, euh... Je m'excuse encore

d'avoir perdu le contrôle, l'autre soir.

Je crois qu'au fond, je savais que tu m'arrêterais.

- Évidemment.

Tu le sais.

- Vous avez fini ?

Parce que moi, j'ai hâte de te prendre le reste de ton argent.

- Tais-toi un peu !

Vous voulez faire la fête ?

- Oui.

- Hé, vous êtes venus !

- Ça a été facile, il voulait venir.

Ta gueule !

- J'adore l'ambiance ici.

- Il nous regarde.

- OK, on se revoit dans quelques heures.

- Seigneur !

Hé, comment va ton père ? - Ça va. Ouais.

J'ai enfin réussi à lui faire accepter

d'arrêter de conduire. - OK. C'est super. Génial.

- Tout ce que ça a pris, c'est un accident de bus.

Tout va bien.

C'est bon.

- Elle est dans la cuisine avec Megan.

Mon Dieu, t'as dit ça en pleurant ?

Salut.

- Ash !

Contente de te voir.

Est-ce que t'as vu Dave ?

Je crois qu'il fait son asocial dans un coin.

- En fait, Rohit était sur le point de lui montrer

son nouveau grain de beauté ou je sais pas trop.

Quoi ? Encore ?

Mon Dieu, OK, faut que j'aille le sauver.

- T'es venu.

- Ouais, je voulais seulement voir

qui allait récupérer ton appartement.

Tu ris,

mais il y a déjà six personnes

qui me l'ont demandé.

- Je suis vraiment contente de te voir.

- Moi aussi.

Alors, t'es prête ?

- Ouais, je crois.

J'ai vendu la plupart des gros trucs,

donc ça m'a simplifié la vie.

- Claire, viens danser !

Suis-moi.

Tu peux fermer ? - Ouais.

- Danke.

Bien, Alex...

C'est l'heure de se dire adieu.

Si jamais tu viens à Montréal, ma maison est ta maison.

- Génial. Les copains vont être contents.

- J'aurais peut-être pas dû...

On s'est pas rencontrés au meilleur moment,

mais je suis heureuse de t'avoir connu.

- Ouais, moi aussi.

- Fallait vraiment que tu fasses ça, hein ?

- Salut, ma belle.

À demain.

Choc

Un grand merci à Shernaz Kennedy et Vikram Wala.

Plus connus sous le nom de maman et papa.

Sous-titrage : difuze

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