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Ici, Radio -Canada.
Tu peux pas savoir comment on se sent quand on sort du garde -robe devant sa
famille et ses amis.
Bien, continue comme ça, puis tu vas retourner dans ton garde -robe. Ăa se
que je le barre avec un cadenas.
Ah, franchement, Jean.
Je te dis, j 'étais sûre que t 'allais le rachever.
C 'est justement ça le but de l 'exercice.
Je voulais voir s 'il y avait tant changé que ça, notre monsieur Dumas.
En tout cas, je veux te dire, t 'es une bien belle fille, ta blonde.
Non, mais c 'est pas ma blonde.
C 'est vrai, t 'es vraiment lesbienne?
Ben non, c 'était juste pour voir sa réaction.
Pis aussi pour empĂȘcher notre cher Anthony de sauter dessus.
Bon, c 'est vrai qu 'il Ă©tait quand mĂȘme obnubilĂ© par sa prĂ©sence. Pis quand j
'étais jeune, toutes mes amies étaient formées dessus, c 'était vraiment
agressant. J 'ai pensé à ça quand j 'étais arrivée chez ma mÚre. Je me suis
je vais faire comme si c 'était ma blonde.
Comme ça, on va avoir la paix.
Pas pire, hein?
Salut, BenoĂźt.
Comment ça va?
Mal.
OK, viens.
Qu 'est -ce qui se passe?
J 'ai des affaires internes aprĂšs moi.
Pourquoi?
Tu ne veux pas le savoir.
Non. Je suis venu te voir pour quelque chose de précis.
Tu sais, mon affaire de moi qui rachĂšte mon gun pour 10 000 piastres.
à part d 'yot, tu n 'en as pas parlé à personne d 'autre.
Ă part Diop, non.
Si les affaires internes viennent te voir et te poser des questions lĂ
toi, tu réponds quoi?
Moi, je rĂ©ponds rien, parce qu 'on sait ĂȘtre discret quand il le faut.
OK. Parce que, Jean, s 'ils apprennent ça, moi, je suis en dehors de la police.
Ben, ils l 'apprendront pas de moi, ça peut ĂȘtre.
C 'est l 'astrophe de grand -yeu, la Diop, par contre, qui me fait peur. HĂ©,
Diop, lĂ , c 'est trop tard.
Il serait dans le trouble lui aussi parce qu 'il n 'a pas avisé ses
Oui, mais il serait capable de me vendre pour sauver son gros cul.
Regarde, tu peux toujours nier. Le seul qui pouvait te faire mal, c 'était des
caries et il est mort.
Une chance?
Une chance, certain.
Toi, tu n 'as rien Ă voir avec sa mort, j 'imagine.
ArrĂȘtez que ça. Je suis un enquĂȘteur. Je ne suis pas un tueur.
Oui, mais il y a des morts qui font plus notre affaire que d 'autres.
Un gars qui a enlevé ta fille.
Je suis un enquĂȘteur.
Je ne suis pas un tueur.
Je ne suis pas sûr que tu regardes dans la bonne place, par exemple. Tu devrais
parler à Maßtre Fénécal. Tu devrais aller avec lui sur le dossier des
Les erreurs de comptabilité dans tes papiers.
Qu 'est -ce que ça veut dire?
Ăa ne va pas ĂȘtre pour toi. Ăa ne va pas ĂȘtre pour les autres.
Jean Dumas.
LĂ , je suis mĂȘlĂ©.
C 'est toi qui travailles pour la police. C 'est moi qui ai rendu un tel
Je ne sais plus.
Non, toi t 'es payé pour ta job, moi je suis bénévole.
Ben écoute, je t 'appelle pour te parler de ton merveilleux collÚgue, Dicker.
Je pense qu 'il est sur la panique, il est venu me voir pour me parler du gun.
Il brasse des vieilles affaires? Je pense qu 'il sent la soupe chaude.
J 'ai l 'impression qu 'il pense que c 'est toi qui va le vendre aux affaires
internes. Pourquoi les affaires internes viendraient me voir avec ça?
à moins que t 'aies trop parlé.
Non, non, non, jamais.
Jamais je vais vendre quelqu 'un qui m 'a aidé. Je voulais juste te dire.
J 'apprécie.
Bayanco et Ferland ont été libérés ce matin. Ils partent aprÚs lui parce qu
a fait des rapports de source.
Il finit, ce gars -lĂ .
On pourrait s 'arranger pour que ça arrive.
Tu le connais, toi, au Sénégal? Oui.
J 'espĂšre qu 'il a l 'intention de poursuivre Dicker lĂ -dedans. Oh,
police, les médias. Il va se rendre jusqu 'au ministre de la Sécurité
'il le faut.
Attends, moi, je vais essayer d 'arranger quelque chose. OK, bye.
Avant le meeting, viens -nous prendre un café, que je te sacre dehors.
Mon Dieu, tu savais depuis combien de temps j 'attends ce moment -lĂ .
En tout cas, ça fait des années qu 'on est ensemble, toi et moi.
On a eu des hauts et des bas.
Là , j 'ai une grande décision à prendre.
Puis sais -tu quoi?
C 'est pas moi qui vais en prendre, c 'est toi.
Juste pour te montrer tout le respect que j 'ai pour toi dans le processus.
Dans le processus. Le processus, oui.
Je sais.
Oui, ça va, mais sinon, je ne saurais pas te faire changer d 'idée.
ArrĂȘte de tourner ton sport.
Si je laissais Stéphanie prendre un bureau ici...
Lui donner un petit bureau
ou la ramener ici?
Non, non, non.
C 'est plus pour aider Catherine que d 'autres choses. Mais je vois bien que
toi, Stéphanie, ça marche pas.
Ăa a jamais Ă©tĂ© facile.
Ben lĂ , tu veux faire du camping en Caroline -South avec nous pis les
Ăric, tu veux pas, j 'essaie pas de te faire changer d 'idĂ©e. J 'ai pas dit
Faudrait peut -ĂȘtre juste qu 'on prenne le temps de se parler, elle pis moi. Tu
vois? Ben, c 'est une bonne chose de s 'ouvrir Ă l 'autre.
Des fois, j 'ai l 'impression que c 'est toi qui est tombé en bas du balcon.
Ouais, des fois, je me dis ça, moi aussi.
Bien, il y a un temps, ils vont nous attendre.
Bon, en fait, on attendait aprĂšs vous autres. Bon, toi, je te relance que tu
changer de job. Il n 'y aura pas juste toi et JérÎme aussi.
J 'ai un citané, puis c 'est dit, on met ça dehors.
JérÎme, tu vas te familiariser avec de l 'équipement vidéo. C 'est parce que
Catherine et toi, vous allez tourner un documentaire.
Un documentaire.
Ok, on fait un truc en Afrique, genre?
Sur la migration des gnous qui se font manger par des crocodiles dans l
'environnement. T 'as vu ça?
Non, non.
Vous allez interroger Yoann Moreau.
Yoann Moreau?
Pourquoi ça me dit quelque chose, ce nom -là ?
C 'est pas le violoniste qui a perdu sa main?
Ah, ouais, ouais, ouais. Mais c 'est Moreau, M -O -R -O -W.
Pas M -O -R -A -U, ça se peut -tu?
Exact. Bon. Fait que lĂ , tu vas l 'appeler, puis tu vas dire que tu
pour Intech Productions. Ăa, Intech Productions, eux autres, ils font de la
production audiovisuelle.
On a des cartes d 'affaires pour toi.
Laisse -toi bien faite. On a tout ça ici.
OK. Et on va l 'interroger pourquoi?
Bien, tu t 'intéresses à lui. C 'est un homme de grand courage.
Il est super vaniteux. C 'est sûr qu 'il va dire oui. OK.
On a -tu un plan d 'entrevue pour le documentaire? On va préparer ça.
Un virtuose du violon qui perd sa main, comment ça a changé sa vie, tout ça.
Tiens. Puis, on est -tu supposé connaßtre son répertoire? C 'est dans le
aussi. OK, on fait d 'accord? Hier, parler Ă Ăric et Sophie, ils vont ĂȘtre
courant de la patente.
Petite question avant que tout le monde parte, sans la présence de Jean -Dumas,
s 'il vous plaĂźt.
Oui, oui, Jean, ça arrive que les employés parlent dans le dos de leurs
employeurs. On ne peut pas toujours ĂȘtre dĂ©sirĂ©.
Je me fais expulser de ma propre compagnie. Bye! Pas de problĂšme.
Parle de ton cĆur, c 'est bon.
Petite question simple.
Jean m 'a demandé si ça me dérangeait qu 'on mette un bureau à la disposition de
Stéphanie chez Intelco.
Ăa a rĂ©pondu quoi?
Non, réponds -moi pas pour une question.
Moi, ça me va, tant qu 'elle ne lutte pas trop avec le boss.
C 'est ma mĂšre. Tu penses que je vais te dire non?
Je pense rien, je te le demande.
Comme dit sa fille en montant qu 'il commence par s 'obstiner.
Si on parle juste d 'un bureau mis Ă sa disposition.
Jean, c 'est une affaire de famille, ça. Ăa ne te regarde pas.
Ben justement, tu parles de ta mĂšre, je parle de ma belle -mĂšre. T 'es drĂŽle,
toi. Ben, j 'ai pas d 'objet criminel.
Bon, le message est le suivant.
En autant que le boss pis Stéphanie commencent pas à chicaner au bureau.
C 'est bien que je suis pas comme ça.
Ben oui.
Mais lĂ , y 'a une affaire qui change pas.
Pas avant qu 'on se soit parlĂ©, elle pis moi. Ăa va, ça va au garde, j 'ai pas Ă
me mĂȘler de ça. Faut que ça me tente, mais...
Comme tout le monde fait des efforts par les temps qui courent.
Tu sais, Rick, je pense qu 'elle va l 'apprécier.
Un bureau qui est un tel coup, pourquoi?
Juste pour moi, mettons que tu as des choses Ă faire.
C 'est certain que j 'ai des choses Ă faire. J 'ai de la lecture Ă faire, je n
'ai pas pas d 'affaires.
Il faut que je m 'occupe de ma fille.
Mais ça serait le fun si tu venais entreprendre Catherine un peu.
Entreprendre pourquoi?
Ben, elle commence dans le métier.
Elles sont parées là pour l 'aider.
Moi, j 'aime mieux m 'occuper de sa soeur.
Ben, Charlie, elle sera pas lĂ tout le temps. Elle veut s 'en aller dans l
'appartement avec JérÎme.
C 'est pas fait, ça.
Ben, ils sont majeurs et vaccinés. Ils peuvent faire ce qu 'ils veulent.
Toi, tu me demandes pas ça pour le fun. Il y a toujours une raison pour laquelle
tu fais les choses.
Je peux pas reculer en arriĂšre dans ma vie.
Je peux juste regarder en avant.
Toi, t 'as lu cette phrase -là quelque part ce matin, puis je t 'ai décidé de
venir me la répéter.
Non, Stéphanie, j 'ai... J 'ai décidé de laisser tomber mes gants de boxe.
J 'aimerais ça que tu viennes au bureau à l 'occasion.
Puis s 'il y a quelque chose, mes employés sont là pour ça.
Mais c 'est correct, Jean.
Je vais m 'organiser.
J 'aimerais ça essayer de rétablir un semblant de relation avec la mÚre de mes
enfants.
C 'est pas ça.
Quoi? La mĂšre de mes enfants.
Parce que c 'est moins difficile que de dire j 'aimerais rétablir ma relation
avec mon nain.
Ăa serait dĂ©jĂ un pas dans la bonne direction.
Oui, allĂŽ? C 'est moi.
Il n 'y a pas de service au numéro que vous avez composé. Et s 'il vous plaßt,
essayez de ne pas me rappeler.
Bon, ben, bon, bon.
Rentre, ce ne sera pas long.
Oui, allĂŽ?
Veux -tu s 'il te plaĂźt ne pas raccrocher?
Je m 'excuse pour ce que j 'ai dit la derniĂšre fois.
Je ne m 'en souviens plus. J 'ai besoin de te parler.
Est -ce que c 'est vraiment nécessaire?
Un café, ça te fera de mourir?
Hum, 15 minutes.
Je passe te voir.
Non, on ne fera pas ça ici.
Tout Ă fait.
T 'es de Bourgogne? Dans une derniĂšre?
Non, écoute, la boßte marche à plein. J 'ai des gens à rencontrer. Je vais t
'envoyer un message texte quand je vais ĂȘtre prĂȘt. Oublie -moi pas.
Delphine.
Bon, Catherine et JérÎme sont pas de soirée, mon loup.
Faut trouver un moyen de fouiller dans tes affaires tant que t 'en aperçois.
Je pense que JérÎme va pouvoir nous aider avec ça.
Bon.
Comment ça s 'est passé, tout ça?
Ah oui, tout ça.
J 'étais en vacances, dans le sud, à Cuba.
Toujours trĂšs compliquĂ©es les vacances pour moi, parce que je dois quand mĂȘme
pratiquer. Il y a aussi la question du violon. On n 'amĂšne pas un Guarneri sur
le bord de la mer comme ça.
Ăa, c 'est la marque de votre violon?
C 'est ça, oui.
Guarneri.
Puis, la main?
C 'est difficile à expliquer, mais j 'étais à Mégano.
Je pense que je me suis fait piquer par un insecte.
Ou un poisson, quelque chose du genre.
Je ne m 'en suis pas rendu compte sur le coup.
Mais ça a commencé à me gratter.
Et je suis soudainement devenu trÚs, trÚs fatigué. Et la fiÚvre, je délirais,
pense. Une fatigue extrĂȘme. J 'ai passĂ© presque 48 heures dans ma chambre.
Ils sont venus me chercher.
Et j 'avais la main bleue.
Enflée.
Il n 'y a pas d 'hÎpital à Méganou.
On m 'a amené d 'urgence à la Havane.
Ils m 'ont amputé la main.
J 'ai... J 'ai lu quelques trucs là -dessus, mais jamais rien aussi précis.
C 'est comme ça que j 'ai perdu ma main.
Mon instrument de travail.
Pour un grand virtuose comme vous, ça doit ĂȘtre assez dramatique.
C 'est mourir à moitié.
Comment on fait pour survivre à ça?
Ăvidemment, sur le coup, ça fait la grande dĂ©pression.
AprĂšs, on se crache dans la main, on se ramasse, on regarde en avant.
Non, c 'est juste, vous avez dit la main au lieu de les mains.
Elle est bonne.
Faut mettre la main Ă la pĂąte.
Vous dites que vous voulez vous rediriger par la direction de l
Oui.
Oui, je travaille.
Je travaille.
Vous voyez, ça, on n 'a jamais réussi à se le faire confirmer.
Quoi, qui veut faire la direction de l 'orchestre?
Quand il dit « j 'y travaille », tout ce qu 'il dit là -dedans, ça vient
confirmer sa version qu 'il vous a donnée, non? Oui, oui, absolument.
C 'est ça que je cherchais à savoir.
Si vous me permettez, M. Pinchot, je vais juste expliquer à JérÎme et
ce qui se passe dans le dossier -lĂ .
On avait besoin de se faire confirmer la version officielle de Morrow, puis
maintenant, on l 'a.
Ces deux mains sont assurées à 1 ,5 million $.
M. Pinchot représente la compagnie d 'assurance.
Attends une seconde.
1 ,5 million $ chaque main?
Exact.
Sauf qu 'on ne croit pas vraiment son histoire. Mais vous l 'avez déjà payé,
non? La moitié.
On attend avant de finaliser le dossier parce qu 'il y a certains détails qui
font aucun sens.
M. Pinchot ne croit pas du tout Ă la version de M. Bonjour.
Oui.
De toute façon, c 'est assez rare que les compagnies d 'assurance croient Ă
qui font la réclamation d 'assurance.
Classiques voleurs qui ont peur de se faire voler.
Ăcoutez, M.
Pinchot, on va vous appeler quand on va avoir des dĂ©veloppements. Ăa vous va,
ça? Oui.
JérÎme, bureau.
Je vous raccompagne.
Oui. C 'est juste une blague. C 'est ça le problÚme. Si tu l 'avais fait avec
cĆur, ça m 'aurait fait plaisir.
On peut y retourner si vous voulez.
J 'ai l 'impression que ça me l 'a pas.
Comment on fait pour savoir quelles informations Yoann Moreau a cherchées
Internet au moment de son amputation?
On peut pas fuir dans son ordinateur. C 'est illégal de faire ça.
Techniquement, je sais comment.
C 'est comme si c 'était illégal.
C 'est vraiment niaiseux, en plus. Je l 'ai fait souvent.
C 'est pas niaiseux, moi.
Je suis pas grave d 'affaire. Non, mais je veux dire niaiseux pour ma
génération. C 'est sûr que pour la vÎtre, chacun son affaire.
Qu 'est -ce qu 'on pourrait apprendre, mettons?
On peut tout voir, en fait.
Ses messages, ses courriels, son stack de recherche.
Tous ses fichiers médias aussi.
Photos, vidéos, musique.
D 'en avoir un chien, la musique, le Yuan.
Mais bon, comme c 'est illégal... Ouais, pis... Ici, si on...
On fait pas ça?
Non, non, non.
Jamais.
Ben non.
M. Pinchoux, l 'accompagnateur, pense vraiment que l 'autre s 'est coupé la
pour récolter sa bolette? Il pense, oui.
Faut qu 'on le prenne pour fraude, ce sera pas drĂŽle.
C 'est un jeu qui est perdu Ă la main.
Ăa va coĂ»ter un bras.
On va ĂȘtre dans le marge jusqu 'au coude!
Ăa lui fait une bonne paire de manches!
On va lui prendre la main dans le sac!
Ok, écoute ce qu 'il me faut parce que ce qu 'on va faire c 'est illégal, ok?
s 'appelle un trojan pis... C 'est ce que je vais faire.
C 'est que je vais lui envoyer un petit bout de vidéo de l 'entrevue qu 'on a
faite avec lui en format MP4 par courriel, MAIS...
Dans le piÚge -joint, je vais mettre un petit spareware comme ça. Surtout qu 'il
l 'ouvre, le logiciel s 'installe.
Palabim, palaboum.
N 'oublie pas de cacher ton numéro parce qu 'il est trop important.
Ah, s 'il te plaßt, JérÎme, t 'es pas avec ma femme. Tu peux me dire quoi
Je fais pas ça.
Ouais.
Prends ta voix normale aussi.
AĂŻe.
Oui, allĂŽ?
Oui, bonjour. Monsieur Moreau?
C 'est lui -mĂȘme, oui.
Oui, c 'est Catherine de Texte Production.
Ăcoutez, on a un premier assemblage de notre entrevue de fait, lĂ , si vous
voulez en prendre connaissance.
Oui, avec plaisir, oui.
Parfait. Il nous faudrait juste votre courriel parce que c 'est un fichier qui
est assez lourd. On va vous le compresser. Il va se décompresser une
vous allez l 'ouvrir.
Oui, ça va. Oui, j 'ai l 'habitude.
Parfait. Votre adresse, c 'est quoi?
morrow145osvm .ca morrow145osvm .ca C
'est bien ça.
Super. Ăcoutez, on vous l 'envoie et vous nous direz s 'il y a des trucs que
vous voulez qu 'on modifie.
Parfait. Merci.
C 'est simple de mĂȘme? C 'est simple de mĂȘme.
Tu voulais me voir?
Je suis lĂ .
C 'est qu 'un peu, ton affaire?
Je pense que t 'oublies toutes les insultes que tu m 'as dites la derniĂšre
qu 'on s 'est vus.
Tu m 'excuses.
Faut pas m 'en tenir rigueur.
J 'ai plus rien.
Je me retrouve les mains vides.
J 'ai perdu mes clients. Ils se sont tous volatilisés.
Je sais plus quoi faire.
Je me retrouve devant rien.
Tu t 'es rĂ©veillĂ©e avec Julien Marcoux. Ăa l 'intĂ©ressait quand je m 'occupais
des Américains. Mais là , je suis devenue moins intéressante.
J 'ai comme perdu la face aussi devant Sioui dans cette affaire -lĂ . J 'ai
Casal Ă vous parler.
Je suis pas dans ses bonnes grĂąces de ce temps -lĂ .
Je t 'ai parlĂ© de l 'enquĂȘteur Ducaire qui a perdu son gun?
Non.
Tu veux retrouver les bonnes grĂąces de Marcoux? J 'aurais peut -ĂȘtre quelque
chose pour toi, mais il va falloir que tu sois prudent.
D 'oĂč en est l 'enquĂȘteur BenoĂźt Ducaire? Il a volĂ© son arme de service
stationnement d 'un bord de danser.
Il vient de voir qu 'on l 'aide Ă la retrouver.
On va voir l 'avocat sénégal qui retrouve l 'arme, mais ça coûte 10 000
piastres. Qui a payé à ...
Tiens -toi bien.
Patrick Descaries.
Je pense que Descaries a voulu le faire chanter.
Tu ne m 'as jamais dit ça.
Je te le dis lĂ , lĂ .
Je vais raconter ça chez Winky.
Je dis que tu fais ça parce que tu étais chez un tel coup quand ça s 'est passé.
Si oui, il va s 'éviter un gros paquet de tournes.
Puis Marco va retomber dans les bonnes grĂąces du chef.
Ce qui s 'est passĂ©, c 'est que l 'enquĂȘteur, quand il met dans ses poches
moitié de l 'argent qu 'il est censé payer, il y a une décision.
Parlez -nous, les avocats, Vaillancourt et Ferland.
Faute m 'accuser dans une affaire de merde.
Raconte -lui ce qu 'ils disent.
Ils vont t 'envoyer aux affaires internes, tu leur racontes l 'histoire.
Vaillancourt et Ferland vont ĂȘtre prĂȘts de payer une petite fortune pour avoir
ta version des faits, parce qu 'ils vont poursuivre avec raison.
C 'est une cuillÚre qui a magouillé tout ça, mais il est dangereux.
C 'est gros, ce pays -lĂ .
Je tombe sur le cul, moi.
Delphine, elle sait tout.
Comment elle sait tout?
L 'affaire du gun Ă Dicker, lĂ .
Comment elle? Elle travaillait à Chantéco quand ça s 'est passé.
Je pense qu 'elle a raconté ça, si oui. Puis son boss, c 'est Marcou. Marcou, c
'est le grand -chum. C 'est oui.
Tu es dans la marde, moi, lĂ ?
Non, non, non, pas en tout. On a tout raconté ça sans jamais prononcer ton
cette fois.
Mais là , il va falloir que tu te grouilles pour écrire ton rapport.
Ce qui dit que Dicker mettait l 'argent de la source dans ses poches. T 'es
supposé le dénoncer. T 'étais là quand ça s 'est dit.
Je vais faire ça.
Non, je te dis, Delphine est dangereuse.
Assez doute.
Oui, allĂŽ ? Qu 'est -ce que tu fais ? Je travaille, mon amour.
Il est tard, il n 'y a rien qui prĂȘte tant que ça pour que tu travailles le
soir.
Je t 'aime, mais il y a des choses que je fais que je ne peux pas t 'expliquer
et c 'est important ce que je fais en ce moment.
Je m 'ennuie.
On se voit tantĂŽt.
Ok, de bord.
Ăa fait trois fois que tu l 'appelles Ă une heure.
Dis -moi donc, toi, tu dois savoir ça.
Il sort plus avec Delphine, hein ? Je ne pense pas, non.
Affûtez pas avec lui.
Pas que je l 'aimais pas, elle était bien fine, mais tu le vois que c 'était
plus de la business que de l 'amour.
C 'est l 'affaire que je me suis rendue compte que toi pis papa, t 'es toujours
à couteau tiré à cause des affaires.
Pis depuis que t 'as pris ta retraite, vous ĂȘtes plus pareils ensemble, vous
ĂȘtes plus... ça coule plus, votre affaire. Comme si le fait que je me
bas du balcon, ça vous a fait prendre conscience que, ben, les affaires, c
pas tout, on a des enfants, nous deux, faudrait peut -ĂȘtre qu 'on s 'en occupe.
Pas que je veux te faire culpabiliser, lĂ , c 'est juste que, ben, avoir su, j
'aurais peut -ĂȘtre sautĂ© avant, tu sais.
C 'est un petit peu évident, ce que tu dis.
Non, au contraire.
C 'est avec les épreuves qu 'on grandit.
Il est toujours rendu ici.
Ce n 'est pas juste pour me voir.
Avant mon accident, il n 'Ă©tait mĂȘme pas capable de rentrer dans la maison. Je
le vois, les efforts qu 'il fait.
Quand Katia a annoncé qu 'elle était lesbienne, on s 'attendait à ce qu 'il
explose. On se disait conservateur comme il est.
Mais non, on l 'a mal jugé.
Parce qu 'on a mĂȘme eu le droit Ă un bienvenu dans la famille.
Le pire, c 'est que ce n 'est mĂȘme pas vrai.
Quoi ça?
Qu 'elle est lesbienne.
Elle disait juste ça pour le provoquer. Mais dis pas que c 'est pas vrai, parce
que... Kato veut le faire marcher encore un peu.
Ouais, c 'est encore moi. Tu veux -tu avoir mangé quand tu vas arriver ici?
T 'es -tu bougé ici?
Ah, c 'est tout Ă fait.
Alors, JérÎme, y 'a rien d 'infirgent ici ou quelque chose au bureau, ça va,
toi? J 'aurais juste adoré, j 'aurais fait des cauchemars toute la nuit.
Qu 'est -ce qui t 'a mis dans le tĂȘte -lĂ ?
Je suis tombé sur des vidéos dans l 'ordinateur de Monroe, des affaires
dégueulasses.
T 'as pas fouillé dans son ordinateur?
T 'es pas supposed to voir ça.
Sérieux, une jambe. C 'est des trentaines de vidéos d 'ablation.
Ablation? Oui, ça veut dire couper.
Oui, j 'essaie d 'ablation d 'une main, genre. De toutes? Des mains, des jambes,
des couilles, des... Est -ce que ça date d 'avant ou aprÚs l
'ablation de sa main?
Avant.
Bien, bien avant, lĂ , je veux dire.
Soit il avait vu son destin s 'en venir, ou bien... Il avait tout prévu dans sa
tĂȘte avant. OK, fait que dans ta tĂȘte Ă toi, lĂ , d 'ablation, ça sera un geste
délibéré. Non, j 'ai pas dit ça.
J 'ai pas dit ça. Je dis juste que si c 'est vrai que j 'étais fait piquer par
une débile, ben, il s 'est mis dans le mode mental bien, bien avant.
J 'ai -tu parlé de la glace sÚche?
AllĂŽ, maman?
Est -ce que tu pourrais parler Ă ta soeur? Parce qu 'elle s 'est mise dans
tĂȘte que son beau JĂ©rĂŽme avait passĂ© la nuit avec une autre fille.
Ta blonde te cherche, toi.
OK, dis -le, je m 'en viens.
HĂ©, ça va, tout le monde, hein? Ăa va, mais peux -tu le dire Ă JĂ©rĂŽme d 'aller
se coucher? Il a passé la nuit au bureau.
Pourquoi t 'as couché au bureau, toi?
Viens, Tana, viens.
Viens avec moi.
C 'est cela que le café.
Bon,
écoute -moi bien, ma petite échalote.
Ton beau JérÎme, il a passé la nuit au bureau à faire des recherches sur un cas
assez bizarre qu 'on traite ici.
Je peux pas tout te dire, mais mettons que c 'est l 'histoire d 'un gars qui s
'est coupé la main pour réclamer un million et demi... ses assurances.
Fait que là , on va te renvoyer ton beau JérÎme, puis tu vas y faire attention,
parce qu 'il a l 'air pas mal fatiguĂ©. Puis tu vas arrĂȘter de te raconter des
histoires aussi, puis il repasse moins de main. C 'est responsable de le faire
travailler comme vous le faites travailler. C 'est pas votre esclave, c
ĂȘtre humain comme tout le monde.
Elle veut te parler.
Pas drÎle, son beau JérÎme.
Euh,
il y a Ăric qui veut te parler.
AllĂŽ? Qu 'est -ce que je peux faire pour toi?
Tu n 'as rien à faire pour le lunch. J 'aimerais ça qu 'on ait mangé.
Ah.
OK.
Ben, dis -moi oĂč.
Bon, qu 'est -ce qu 'on fait?
Des vidĂ©os d 'ablation, il n 'y a rien lĂ , mais en mĂȘme temps.
En principe, on ne sait pas ça, Jean. Je pense qu 'il faut le confronter.
On a un mandat de l 'assureur, on est en droit de poser des questions.
Il y a quelque chose que je ne comprends pas.
L 'ajusteur de la compagnie d 'assurance, il n 'a pas fait ses
d 'y payer une partie de ses indemnisations?
Il y avait ce qu 'il fallait pour au moins repousser le paiement et pousser
enquĂȘte plus loin.
Ăa aussi, on a affaire Ă Yohann Moreau, le virtuose qui a perdu sa main.
Il y a un énorme risque réputationnel de la compagnie d 'assurance. Il ne paye
pas ce gars -là . C 'est déjà une traßnée en soi.
Il a dit qu 'il allait se faire opérer à Cuba.
Moi, je pense qu 'on devrait aller vérifier là -bas. C 'est vrai.
Si le client paye, je vais y aller avec Sophie.
Ăa prend un avocat et une enquĂȘteur.
Il ne faut pas envoyer Eric avec Sophie.
Les plans pour qu 'elle fasse l 'argent Ă l 'heure et qu 'elle passe les
manottes Ă lui, c 'est trĂšs dangereux.
OK. Fait que lĂ , toi, t 'es en train de me dire que tu veux aller Ă Cuba avec
une employée. Comment?
C 'est pas trÚs... Deux chambres avec deux douches séparées.
Ce que j 'aime de toi, Jean, c 'est la bienveillance que t 'as envers tes
employĂ©s. Ăa me fait vraiment plaisir.
C 'est parfait.
C 'est pas mal de te faire travailler de mĂȘme. Je suis Ă un bolide, je vais me
coucher. On va aller dans le douche quand on va se coucher.
ArrĂȘte, t 'as marre.
Elle part tout.
Elle grouille.
Ăa
va
? Oui.
Toi ? Peu de surprise, belle. Pourquoi ? C 'est pas trĂšs bien, toi et moi, on
fait des efforts.
Est -ce que c 'est vrai que tu veux revenir au bureau?
Pas du tout.
C 'est Jean qui a mis un bureau Ă ma disposition. Je ne sais pas pourquoi, d
'ailleurs.
Mais c 'était pour aider Catherine.
Mais Catherine, elle a plein de monde autour d 'elle pour l 'aider. Elle n 'a
pas besoin de moi.
Je pense que notre beau Jean, il donnerait tout ce qu 'il y a pour
arriÚre. Il y a bien des affaires qu 'il ferait différemment.
Moi aussi, d 'ailleurs.
Et pour ça, j 'imagine.
Quand on a le nom de l 'hÎpital et tout ça, on a vérifié, c 'est là que l
'opération a été faite.
On a fait des recherches, mais il n 'y a rien qui apparaĂźt sur son passeport.
Il me semble que si tu veux faire Ă croire que tu as eu un accident Ă Cuba,
'arranges pour démontrer que tu es allé là -bas, non?
Il Ă©tait peut -ĂȘtre ailleurs, aprĂšs aller Ă Cuba pour se faire opĂ©rer.
C 'est Johan Moreau. C 'est quand mĂȘme dĂ©licat. Si ça peut vous rassurer, ça ne
s 'est pas pensé de son histoire. C 'est cousu de fil blanc.
Pour bien le faire, il faudrait aller poser des questions.
Pour ensuite aller confirmer certains trucs Ă Cuba.
Vous faites ce que vous avez Ă faire. Moi, je suis convaincu qu 'on est devant
un cas de fraude.
En tout cas, j 'en ai vu des capades dans ma carriĂšre, mais se couper une
pour toucher une prime d 'assurance, c 'est plutÎt fort le café.
Stéphanie, tu m 'as accusé d 'agression et de malheur de mort.
Tu m 'as pris Ă gorge, Eric. Oui, parce que tu t 'apprĂȘtais Ă rĂ©vĂ©ler des
informations Ă mon sujet. Tu savais trĂšs bien que ça pouvait ĂȘtre dangereux pour
moi. Je me suis excusé.
On reviendra pas lĂ -dessus.
Moi, j 'ai tourné la page.
C 'est lĂ -dessus.
Oui, lĂ -dessus.
Il y a autre chose à éclaircir.
Je pense pas, non.
Je pense que oui.
Est -ce que c 'est ton problĂšme?
Parce que moi, si j 'en sens pas le besoin, Ă un moment donnĂ©, il faut ĂȘtre
capable de faire le deuil de certaines choses.
OK. Mais là , on a quelque chose à régler.
J 'écoute.
Tu m 'écoutes.
Comme s 'il y avait quelque chose Ă m 'approcher.
Tu sais, l 'histoire de mon gun.
Quel gun?
Jean Dumas qui retrouve mon gun, puis moi, il faut que je paye pour le
retrouver. D 'aprĂšs moi, tu t 'inquiĂštes pour la mauvaise affaire.
Comment ça? J 'ai l 'impression que c 'est pas ça qui les intéresse plus que
relation avec ta source, Alex, puis l 'argent que tu lui dois.
C 'est juste... Tu veux vraiment aller Ă
Cuba, toi?
Si c 'est ça qu 'il faut, ouais. Ben t 'as pas besoin de moi là -bas, t 'es
capable d 'y aller tout seul.
Ăa serait bien plus agrĂ©able si tu venais avec moi.
Hum, ben pas sûrement.
Pourquoi pas?
Parce que je sais qu 'il va se passer, je t 'attends pas de retourner lĂ .
Il se passera rien, on s 'en va poser des questions. Oh ouais, ben oui, ben
Contre des peurs.
Ouais,
non, je dirais pas.
Comme tu veux.
Tu vois qu 'on Ă©tait mĂȘme pas capables d 'insister un peu.
J 'aimerais vraiment que tu viennes, Sophie.
OK.
C 'est ça, tu veux te faire prier.
Non, peu importe. Je changerais mĂȘme pas d 'idĂ©e.
Bonjour.
Oui? Bonjour. Tomorrow.
Anthony Dumas, on s 'est parlé tantÎt chez Intelco.
Ma collĂšgue, Sophie.
Bien, entrez.
Non, j 'irai pas.
Non, non.
OK.
Si je comprends bien, au lieu de me payer ce qu 'ils me doivent, ils ont
engager une firme de détectives privées pour me faire du trouble?
Faut pas voir ça comme ça, monsieur.
Vous voulez voir comment?
J 'assure mes mains Ă un prix fou.
J 'en perds une.
Ils veulent pas me payer?
C 'est pas ça. C 'est juste que votre histoire est difficilement vérifiable.
Qu 'est -ce qu 'il vous faut de plus?
PremiĂšre question, puis ça va ĂȘtre assez simple.
Dans quel hĂŽpital vous ĂȘtes -vous en butĂ©e de la main? Au centre mĂ©dical OsĂ©e
-Marty à La Havane. Le 12 novembre dernier, c 'est bien ça? Oui.
Bon, lĂ , le problĂšme, c 'est que selon votre passeport, Ă cette date -lĂ , vous
étiez au Canada.
Il n 'y a pas d 'entrée ni de sortie au Canada ou à Cuba.
HĂ©, mais lĂ , de quoi vous vous mĂȘlez, lĂ ? Ăa prend quand mĂȘme un passeport
rentrer Ă Cuba. Oui, exactement. Mais lĂ , vous vous dites n 'importe quoi.
J 'ai des amis qui travaillent pour le président Diaz.
Ce sont eux qui sont occupés de mon admission à l 'hÎpital.
J 'ai pris un mois de convalescence lĂ -bas. Je suis revenu ici aprĂšs.
Demandez -leur. Ils vont vous le dire. J 'imagine qu 'à l 'hÎpital Rosé -Marty,
on sait le dossier Ă la main. Oui.
Ăa fait des mois que ça traĂźne.
J 'avais une grande carriĂšre, moi.
Je gagnais trĂšs bien ma vie.
L 'amputation de ma main, c 'est un drame épouvantable. J 'ai l 'impression
subir semaine aprĂšs semaine parce que la compagnie du refuge va me payer.
J 'ai du mal.
J 'arrive d 'un lunch avec Stéphanie.
J 'ai su ça, oui.
Ăvidemment.
Elle n 'a jamais demandé d 'avoir accÚs à un bureau ici.
J 'ai -tu dit ça, moi? Oui, t 'as dit ça, oui.
Probablement parce que je voulais qu 'elle puisse ĂȘtre Catherine dans son
travail. C 'est pas plutĂŽt pour te faire plaisir, non?
Regarde, Rick, c 'est sûr que plus elle est prÚs de moi, plus c 'est facile de
la surveiller.
C 'est -tu si dur que ça d 'admettre que t 'essaies de racheter quoi, je sais
pas, mais c 'est... La paix. Ăric, OK, bon, quand j 'essaie de racheter la paix
avec mes enfants et avec leur mĂšre, je l 'ai dit, lĂ , c 'est correct?
C 'est bon.
C 'est bon que je note cette date -lĂ dans mon calendrier.
Puis? Oui, bien, il est dur Ă suivre, virtuose, trĂšs convaincant.
Oui, mais c 'est peut -ĂȘtre vrai, tout ça, finalement. J 'ai de la misĂšre Ă le
croire, mais il y a quelque chose qui m 'en vient pas. Pas en tout.
Neuf heures sans la conférence, tout le monde.
Ta blonde, t 'as laissé sortir, là ?
Jamais avant qu 'on se soit pas gĂȘnĂ©s.
Jean Moreau, ça vous dit -tu quelque chose, ça, comme nom? Y 'a -tu un lien
parentĂ© avec Yohan Moreau? Son parent certain, c 'est le mĂȘme gars.
Jean Carignan, lĂ , y 'a deux passeports. Un au nom de Yohan Moreau, son nom d
'artiste, pis un au nom de Jean Moreau. Ouais, parce que M -O -R -E -A -U, c
'est pas mal moins sexy Ă appeler, hein?
M -O -R -R -O -W, ça fait plus international.
Le passeport de Johan Moreau, c 'est un passeport belge, on le savait déjà . Mais
le passeport de Jean Moreau, c 'est un passeport canadien. Ăa veut dire qu 'il
a notre gars, il a la double nationalité. On a effectivement été
prouver qu 'il a passé une semaine proche de Mégano, dans une villa
il s 'est fait livrer.
La sarchelle.
La sarchelle, c 'est la mĂȘme maudite affaire. On comprend que ça fait mal en
chien. Il s 'est trempé la main là -dedans, on pense.
Comment tu sais ça?
Des photos de sa main.
Ăa ressemble bien plus Ă une enjure qu 'Ă une subtilitĂ©.
T 'as trouvé ça dans son ordinateur, là ?
Ouais. Tu peux pas dire ça à personne.
J 'ai dit pas Ă personne, j 'ai dit Ă vous autres. J 'ai dit Ă toi, t 'es pas
personne, toi, t 'es le beau -frĂšre.
Je pense qu 'il faut aller Ă la police avec ça. Ou je pense qu 'il faut aller Ă
l 'équipement. Moi, je pense que tu cherches des vacances. Moi, je pense que
cherches un voyage de neuf.
Moi, je pense que j 'ai manqué tout ça.
Hein?
Hein?
Que tu m 'appelles beaucoup depuis que je suis Ă la retraite. Libre pour
Découdons, toi, depuis que Fifi n 'est partie, t 'es mal pris.
J 'ai -tu le droit d 'inviter la mĂšre de mes enfants Ă souper?
Tu vois, encore, la mĂšre de tes enfants.
C 'est encore ça, aux derniÚres nouvelles.
Euh... Je vais y réfléchir.
Je te rappelle.
J 'ai pas une bonne nouvelle, mon gars.
Les affaires internes sont venues te voir?
Non. J 'ai mes entrĂ©es au quartier gĂ©nĂ©ral chez vous. MĂȘme si le commandant
-François, c 'est oui, mais il m 'a tué. Qu 'est -ce qu 'ils t 'ont dit, tes
entrées?
Julien Marcoux, tu connais ça?
Ouais, c 'est le millionnaire qui cache son argent dans les banques offshore.
On parle du mĂȘme gars.
Il a tout raconté, l 'histoire du gun pis du 10 000, c 'est oui.
Attends, attends, attends.
Comment il fait ça, lui?
Delphine Proulx, sa partenaire. T 'avais chez nous quand ça s 'est passé. J 'ai
ton cul.
L 'histoire que tu volais de l 'argent à tes sources, ça. Hé, ça, c 'est de la
bullshit. Faut juste te mettre au courant, moi, tu fais ce que tu veux.
Fuck!
AllĂŽ?
C 'est -tu Sylvain Diot?
C 'est moi.
Ouais, c 'est... Alex Smith.
Ăa me dit de quoi, ce nom -lĂ ? C 'est la source Ă du cĆur, lĂ .
Tu sais, là , le tal qui a trouvé de l 'argent sur mon dos?
Ah ben oui, Alex.
Ouais, ben là , ça va vraiment pas, OK?
M 'en plus, il veut me parler.
Non, mais je fais quoi, moi, lĂ ?
Fais attention Ă ce que tu dis.
Comment est -ce qu 'il va?
Mal.
Comment ça?
Peut -ĂȘtre parce que tu t 'es crissĂ© la moitiĂ© de mon argent dans les poches.
Hé! C 'est ça que tu racontes, là ?
La police est arrivée avec des reçus que j 'aurais signés.
C 'est mĂȘme pas ma signature.
Ils vont essayer de me frimer.
C 'est qui te fait rire, toi?
En tout cas, merci.
Je t 'en loue.
HĂ©, tu me nourris un peu en tout.
Ouais.
On se croise les doigts pis ça se finisse comme du monde.
InquiĂšte -toi pas.
Bon, ça se présente comment, vous autres?
Stéphie pis moi, on s 'en va à Cuba demain matin trÚs tÎt.
Qu 'est -ce qu 'il y a?
T 'es correct avec ça, toi?
Bonne soirée, ben.
Ă demain.
Fais attention Ă ce que vous faites.
C 'est ta collĂšgue de travail.
Fais -y pas de peine.
Elle va bien, je pense.
C 'est sûr qu 'elle a des relents.
L 'autre fois, quand elle attendait JérÎme, elle avait l 'air tellement
inquiĂšte.
Elle a besoin d 'ĂȘtre entourĂ©e, d 'avoir son monde autour d 'elle.
Ăa, je l 'ai compris.
C 'est quoi ça, Jean?
C 'est quoi quoi?
Ben, ça lĂ , nous deux, en tĂȘte Ă tĂȘte.
Je n 'ouvre pas les mots pour... Je ne veux pas que ça sonne cucul non plus.
Comment tu fais pour t 'excuser les 30 derniÚres années?
Je ne sais pas par quel bout de peinture.
C 'est pour ça qu 'on est ici.
On s 'est fait du marge.
Beaucoup.
Beaucoup de marge.
Ă nous, Ă nos enfants.
Ă tout le monde autour de nous.
Mais t 'es pas de la latte.
Moi non plus, je donnais pas ma place.
J 'aimerais ça que tu viennes faire un tour au bureau une fois de temps en
temps, Stéphanie.
Ăa me ferait plaisir.
J 'ai toujours dit que ça fait mal.
J 'aimerais ça qu 'on s 'occupe de la famille, Stéphanie.
Chacun de notre cÎté.
C 'est clair qu 'on se trouve dans une situation de vol d 'identité.
Malheureusement, il n 'y a pas grand -chose qu 'on peut faire. On a fouillé
son ordinateur. Ăa se fait pas. Un tel coup peut perdre sa licence.
Ăa allait bien avant que tu te pointes ici, toi.
Si c 'est vrai l 'histoire de l 'argent des sources, Dikar pourrait -il avoir
quelque chose Ă voir dans le mort de Patrick Descaries?
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