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Il y a le feu au bureau ? Ah oui, il y a le feu, François. Vous deviez me livrer
votre manuscrit fin juin. J 'ai laissé passer tout l 'été, j 'ai attendu tout
mois d 'octobre, et il y a vous me déposer 50 pages.
72. Vous ne montez mĂŞme pas dans mon bureau, vous filez droit Ă la compta
toucher votre chèque, et vous ne tenez pas compte de mes deux faxes ? Non mais
vous me prenez vraiment pour une andouille ! Une andouille ? Non, non,
tout.
Il est midi, François, merde !
Ah bon, mademoiselle, excusez -moi, mais il ne faut pas la François.
Vous savez quoi ? Vous avez la trouille de vous y mettre.
Oh là là , elle n 'aime pas les clés de tête.
Votre premier roman était épatant.
Je n 'ai eu aucun mal à convaincre le comité, évidemment. Vous l 'aviez écrit
Besançon, dans la concentration.
Depuis que vous ĂŞtes Ă Paris, vous picolez, vous sortez, vous jouez l
vous n 'avez aucune discipline.
Je ne suis pas un boxeur.
Écoutez -moi, François.
Je ne veux pas monter jusqu 'ici pour rien.
Il y a un moment qui tient le coup dans le texte que vous m 'avez donné.
Vous n 'avez jamais écrit une ligne.
Je n 'ai pas besoin de vous pour savoir ce qui est bon.
Mais si, si, j 'ai de l 'intuition. Je sais ce que je dis. Je suis sûre de
talent. Oui, ce n 'est pas moi.
Peut -être qu 'en me fourrant quelque chose dans le cul, ça me fera bander le
cerveau.
Gustave Flaubert. Allez, viens, on se casse.
Enfin, François ! Quel petit con ! Mais je veux vraiment pour que je me fasse
chier.
Prétentieux avec ça.
J 'allais se faire éditer ailleurs. C 'est chaud, Paris.
Merci.
Elle est fraîche ? Oui.
Merci bien.
Un whisky ? Merci.
Rien ? J 'ai une zone de sécurité.
Au revoir.
Bonsoir, je vous présente Miguel Antrentodon.
C 'est donc qu 'il croit.
Il est un peu jeune. Ah oui.
Il comprend encore l 'humain et l 'humanité. On ne sait pas la politique
'humanitaire. Un mouvement Ă la bonne conscience.
C 'est ça, avec tout un compagnon de tequila.
Monsieur Miguel, vous pouvez me signer ? Volontiers.
Alors, ça parle de quoi ? Alors, toi ? Ça, c 'est gentil.
Je suis venu, mais que pour toi.
Parce que tu sais ce que je pense des prix.
Oui, oui.
C 'est comme la Légion d 'honneur. La Légion d 'honneur.
Il vaut mieux la refuser. Il faut surtout ne pas l 'avoir rien dit.
Oh, Michel.
Je me sauve.
Alors, comment ? C 'est le mec de la télé ? Oui.
Vous êtes médecin ? Ah non, moi, je suis premier.
Pourquoi tu m 'as dit de venir ? Comment ça, c 'est moi qui t 'ai dit de venir ?
Tu sais même pas pourquoi je t 'ai demandé de venir.
Pour comprendre quelque chose, j 'ai besoin de solitude pour écrire. Tu
comprends ? Ouais, c 'est pas d 'accord.
Regarde bien mon cul parce que c 'est la dernière fois que tu le vois.
C 'est bien, vous allez pouvoir vous mettre Ă travailler. Ne me fatiguez pas.
S 'il vous plaît !
Mon cher Miguel, l 'aventure que vous avez vécue est douloureuse. Et c 'est
pourquoi je trouve qu 'il est légitime que vous ayez été récompensé par le prix
novembre.
Je voudrais ajouter que sans l 'intervention de Diane Clavier,
alors que de ces interventions nous ne sommes pas toujours orthodoxes, mais c
'est grâce à Diane que nous sommes tous ici ce soir parce que c 'est elle qui a
conduit. Miguel, je vous ai toute mon affection et mon admiration. Vous
ĂŞtes ici chez vous. C 'est quoi ton travail ici ? Nous attendons avec
impatience, mais avec confiance, votre prochain ouvrage.
Le livre de Miguel devrait ĂŞtre par lĂ .
J 'ai vu que vous avez sympathisé avec lui. C 'est un homme très courageux.
Et très charmant aussi, intelligent.
Ah, ça, c 'est ce qui fait tourner la maison. On n 'y échappe pas, c 'est
Très glorieux, mais enfin, si vous aimez la cuisine, voilà .
Je ne vous offre pas le livre de François, j 'imagine que vous l 'avez
Ça, par contre, c 'est un très joli petit livre d 'un auteur dont je m
Tenez, je vous l 'envoie.
Miguel, en revanche, je m 'en occupe depuis un an et demi.
Son premier livre en langue française, celui -là , les deux autres n 'ont pas
encore été traduits.
Ah, tenez -le, voilĂ .
Lisez -le, vous me direz ce que vous en pensez.
Excusez -moi.
Ça me calate toujours.
Les amis des lecteurs sont pendant l 'édition au studio.
Aidez -moi à ramasser les livres, s 'il vous plaît.
Bon, il faut que je rentre.
Pardon ? Je peux t 'appeler ?
Avec qui c 'est basé ? Je sais pas.
Tiens, il y a les flics, j 'ai le but. T 'as vu ?
Avec une fourchette.
C 'est dingue.
C 'est dingue.
Donc, Mme Lepluche a tué son mari.
C 'est pas droit.
C 'est pas droit.
Quand je lui ai demandé si elle avait un avocat, elle a répondu, oui, elle vient
de marier Mme Closier.
VoilĂ .
Bon.
Je vais la défendre, Mme Lepluche. Je vais la défendre.
Pourquoi son mari l 'a défiguré avec un tisonnier, au fait ? Je n 'en sais rien,
moi. Je m 'en fous de cette bonne femme.
Mais non, elle... Non, c 'est Antonio le personnage intéressant. Vous êtes sûrs
que c 'est lui ? Oui.
Je vous jure que non.
Elle ne m 'intéresse pas, cette bonne femme. C 'est juste une bonne femme dans
le village.
Bonjour, Diane. Bonjour, Mathieu.
Allô ? C 'est ça ? C 'est passé le mois.
Oui.
Non, non.
François, ce n 'est pas possible.
Bonjour, François.
Je vois que vous ĂŞtes en plein travail.
Bon,
je vous laisse.
Bonsoir.
Je n 'y arrive pas.
Je ne sais même pas pourquoi j 'ai parlé d 'elle.
Vous n 'y arrivez pas pour le moment.
Non, je n 'y arriverai pas. J 'ai le talent qui plafonne.
Je ne sais pas ce que c 'est que l 'implication.
Contre l 'angoisse et le travail, François.
Prenez votre temps, je préfère attendre.
Et puis pour le reste, ne vous inquiétez pas.
Je m 'arrangerai.
Revenez me voir tant que vous voulez.
Allez, bonne journée.
Au revoir.
Il est emporté.
J 'ai un peu faim.
Vous voulez aller manger ? Si, si, j 'ai très faim. Bonjour.
Mais c 'est quoi cette histoire de plombier ? Je suis plombier, mais un peu
le monde, quoi.
Oui, ça, j 'avais compris.
PlutĂ´t hydrolytien ? Je vais commencer par ton camp.
99.
C 'est comment la vie en dehors des bouquins ? Rien.
Rien de spécial. J 'ai un mari avec qui je m 'entends très bien.
Deux enfants.
Dans quel âge, les enfants ? 13 et 14 ans.
On a fait comme son bureau. On a créé une espèce de No Man's Land.
Comme ça.
Vous faites quoi dans No Man's Land ? Je ne sais rien.
C 'est une condo.
Bien.
Oh, c 'est moi ! Bonjour, c 'est moi.
Hey, maman. Salut.
Bonjour, les garçons.
T 'as bien dormi ? Très bien.
Elle a dormi ? Dans ma chambre.
Je vais m 'afficher. T 'as bien dormi ? Attends, que je lui dise bonjour Ă elle.
Dis donc.
Quand je suis rentré cette nuit, tu dormais déjà .
Hein ? Ça va.
C 'est pas trop pour nous ? Mais t 'as déjà eu des cornflakes, toi ?
Dis donc, vas -y, tu te coffres plus jamais ? Bon,
y allez -nous.
T 'es avec qui, ce matin ? Avec qui ?
On va y arriver.
C 'est un peu dur au début, puis on y arrive.
Isabelle, c 'est Edmond II, Charles Roux, une fois pour toutes. C 'est pas
Edmond, c 'est pas un homme, c 'est une femme.
Ah, c 'est une femme ? Moi,
j 'aime bien le chinois.
Bon,
ben, on vous laisse ? Non, non, je vous rejoins tout de suite au chinois. D
'accord. Il est carrément canon, lui.
Emilio.
J 'ai une vie d 'avance sur vous, alors on va en rester lĂ .
Tu veux pas venir avec moi acheter des chaussettes au bon marché ? C 'est mon
sens de l 'esthétique qui m 'a perdue.
Connasse !
Je vais vous dire que vos cheveux, ça vous va bien.
Merci.
Bonne journée.
Au revoir.
Posez votre pied sur le tabouret.
Pensez -vous.
Coupez.
Vous pouvez vous relever.
Qu 'est -ce qu 'il y a ?
Je suis en dîner.
En plus, on a trop bouffé.
T 'es mignonne.
T 'as l 'air d 'une étudiante.
Ça va, toi ? C 'était un tel menton tout rouge.
Non,
c 'est rien.
On a mangé des fraises.
Je crois que t 'avais trop bouffé.
Non, mais j 'avais encore un petit creux.
Ouais ? T 'avais enlevé ? Je sais pourquoi le pluche a tué son
mari avec une fourchette Ă gigot.
Non.
Parce que c 'était dimanche.
Bah oui, le gigot, c 'est dimanche.
Mais pourtant,
Alors, elle est arrivée là , c 'est quand même incroyable.
Parce qu 'elle était trop malheureuse.
La veille, il a dit qu 'il voulait divorcer.
En plus, ce dimanche -là , il m 'a expliqué qu 'il avait pris la souris du
alors que d 'habitude, il la lui offrait.
Je ne sais pas, elle était énervée, le gigot était trop cuit.
De toute façon, on peut parler avec un gigot, il est très méditation.
Ça, c 'est mon avis.
VoilĂ .
Tu dors oĂą ?
Ça fait quatre jours que je dors pas.
J 'ai appelé le rectorat, je vais prendre mon boulot de prof.
Ça sert à rien de m 'accrocher.
J 'ai fait la chance d 'écrire mon livre sans me plaindre.
Personne ne vous oblige.
Mais moi, j 'arrive pas avec cette bonne femme.
Mon premier livre, j 'ai eu du mal, mais à côté de cela, c 'est du pipo.
Oui, mais c 'est toujours comme ça. Le premier livre, c 'est toujours plus ou
moins autobiographique.
Le deuxième livre, c 'est beaucoup plus difficile parce qu 'on est devenu un
auteur, vous savez.
Ça s 'appelle le syndrome du deuxième livre.
Il est 4 heures.
Ça va aller, croyez -moi, je me trompe jamais. Vous devriez aller dormir, ça
mieux demain.
Oui,
bonne nuit.
Je connais un mec qui nourrit un bébé hirondelle avec des verres à pain.
Véman Lebeau, bonjour.
Oui, de la part.
Je suis désolée, mais Mme Clavier est en rendez -vous à l 'extérieur pour l
'instant. Mais elle est partie manger.
La musique de mon premier baiser.
Elle avait de la chance, elle avait quel âge ? 12.
Elle, 14, tu vois, j 'aimais déjà les vieilles.
Je t 'emmerde !
Je ne fais plus de masque si tu ne mets pas du cuir au moins une fois par
semaine. On est beaucoup mieux dans les baskets.
C 'est vrai ? Et Lisa, là ? Elle sort avec Jimé. Ta gueule ! Ah bon ?
Tu n 'es pas trop triste, ça va ? Oui, il y a Cathy qui sort avec lui.
Ta gueule, je t 'ai dit.
Tu fais des ravages.
Il y a le bonheur russe, Cathy ? Je vais se poigner le premier rang.
T 'as qu 'à rééludir.
Il me plaît, Marie.
Il me plaît tellement.
Il y a une façon de me prendre la taille, ça me fait des fanouilles.
J 'arrive après le mat' de pied.
Je vais aller voir madame Lecuche.
Elle va mieux ? Oui, un peu mieux.
Elle est un peu triste parce que ses fils viennent pas la voir, mais ça va.
Ça va.
En fait, qu 'est -ce qu 'il y a à t 'asseoir en ce moment ? Un problème.
Elle va pas avoir des problèmes, Marie.
Oui, je sais bien, mais je restais avec elle une heure au téléphone et comme ça
elle est pas, je suis allée la voir.
Une heure au téléphone ?
Le soir, ça va mieux.
J 'ai mis très, très longtemps à oser avouer que j 'étais orpheline.
Je dois avoir, je sais pas, 21 ans.
C 'est con, non ?
Ils sont morts.
C 'est ce qui m 'a le plus pu après avoir fini.
C 'est ce que j 'en suis.
Ils me bougent le coussin.
C 'est le boulot du prince.
C 'est normal.
Attends, attends.
Bouge pas.
Il y a deux mois, j 'ai tenu une petite fille comme ça.
On était en train de réparer Indy sur un barrage du Pouce Sourd au Bangladesh.
Il y avait des Indiens et une Indienne avec son petit enfant.
On avait peur que ça se déclenche.
J 'ai reconnu la première vague de crues, ça avait pété en haut.
Alors j 'ai pris l 'enfant dans les bras.
Je sais pas comment j 'ai fait, la mère par la main.
Et quand on a été fauchés, j 'ai lâché la mère.
Alors je suis resté comme ça avec l 'enfant.
Ça m 'a rien fait.
J 'étais sec la première fois.
Ça va ? Je
me couche très bien.
Et en plus, j 'ai le temps.
Mais qu 'est -ce qu 'on a ? C 'est froid.
Bonjour, les garçons.
Ça fatigue, hein ?
Ah bon ? Je travaille beaucoup.
Les garçons.
Bon alors, je me couche ou je ne me couche pas ? Tu fais comme tu veux.
J 'ai une petite faim, moi.
Je crois que je suis déplacé dans les vies.
Ça va ? Depuis tout Ă
l 'heure.
Non, non, laisse -moi. Il faut que je descende au bureau.
Il faut que j 'y aille. Laisse -moi partir.
C 'est que j 'ai de la chance avec toi.
Oui, pourquoi ? Parce que je suis pas Ă moi.
Non,
non, j 'ai pas le temps.
Allez, laisse -moi.
Laisse -moi partir, je te le dis.
Ciao. Excuse -moi.
Plus jamais.
T 'es vraiment dégueulasse.
Vous travaillez trop, Yann.
Bonjour, monsieur.
Gaudin vient de me dire que Fayol veut se faire rembourser une nuit Ă l 'hĂ´tel
des Trois Continents. Pourquoi ? Le studio n 'était pas libre ? C 'était
C 'était jeudi, jeudi dernier.
J 'avais complètement oublié que Fayol montait, c 'est vrai.
Et François Laroue me l 'avait demandé la veille, alors je lui ai passé.
Mais François Laroue habite Paris.
Vous savez bien, Diane, que le studio est réservé aux auteurs habitant la
province. Oui.
Mais il est un peu fragile en ce moment.
Pourquoi on a besoin d 'un studio quand on est fragile ? Faites attention.
Ah, Philippe... Si t 'avais une... une histoire,
tu... Je veux dire... Tu le mettrais pas en danger.
Mais qu 'est -ce que tu racontes ? Si tu baisais avec un autre homme, tu ferais
mettre une capote, je veux dire. Non.
Il se baisse pas ? Non.
Non ?
Je suis à la recherche du deuxième tome de Dr. Givago, t 'as pas ça ? Madame
Lepluche.
Il y a des pages Ă racheter dans son exemplaire qu 'elle est en train de lire
la prison.
Alors voilĂ .
VoilĂ .
Je vais chercher si tu veux.
Merci.
Au fait, tu sais comment ça se passait ? Il y avait deux téléphones chez
Lepluche.
Dans la maison.
Un jour, par hasard, elle a levé le combiné en même temps que lui, elle a
entendu une voix de femme qui lui disait, je voulais juste t 'entendre.
Je voulais juste t 'entendre.
Alors le plus, après, elle tendait l 'oreille dès que ça sonnait, toi.
Et après, elle a levé le combiné juste au bon moment.
C 'est incroyable.
C 'est effrayant. Ça a duré 43 ans.
Viens dormir chez toi.
Je peux ? Oui.
Emilio, va dormir à côté. Je te sens dans mon dos, je ne peux pas travailler.
Putain, ça résiste.
Attends, je regarde si les boutons de ton pyjama sont bien tous fermés. Oui,
oui.
C 'est bien fermé.
Il n 'en manque pas.
Je te dis chat parce que...
J 'ai pas le temps de froid, quoi.
Mais c 'est bon, j 'ai pas de ski, j 'ai pas envie d 'avoir froid.
Non, non, mais...
Ça te lève pas, hein ? Non.
J 'aimerais bien que tu aies cherché les enfants aux élevés, s 'il te plaît.
Ouais.
Pas toi ? Non, je peux pas, j 'ai Ă recevoir un petit.
Le man de bois a eu un infarctus.
Un infarctus ? Sa femme vient de m 'appeler.
Sa femme ? Ouais.
C 'est trop chiant, mais je vais... Je vais se la lire tout, quoi.
Rien de mort.
D 'accord.
Tu es super.
Oui, merci.
Tu en as déjà pris un, je crois.
Et ça, c 'est qui, Victor ? Victor, c 'est celui qui fait du riz smagrévis, c
'est ça ? On
m 'a proposé une mission, là .
J 'ai pas envie de partir en ce moment.
Joyeux Noël, Emile.
Oh, merde.
Oui ? Ah, bonsoir, François.
Je t 'ai dit un peu, mais...
Non, allez -y.
Quoi comme titre ? Maria Republica ? Oui, c 'est très beau, mais c 'est dĂ©jĂ
pris.
Une femme espagnole ? Non, ça m 'emballe pas.
François,
on devrait peut -être se dire ça une autre fois.
Allez,
je vous rappelle.
Bonsoir, au revoir.
Il a besoin de toi.
Ta gueule ! Tire, maman, tire
! Allez, tire ! Allez, vas -y. Prends les photos.
Allez, vas -y, lui croire.
Vous écrivez, et cette ardente nuit -là , elle devint républicaine. Je trouve ça
un peu courant. Ah, mais je n 'ai pas écrit une scène de cul.
Non, mais ce n 'est pas ce que je vous demande.
Il faut quand même parler de son... Appeler ça ton émoi, c 'est ça qui va
déclencher. Ah oui, je ne suis pas compétent.
Ce n 'est pas ce que c 'est le désir d 'une femme.
Je ne suis pas compétent. Je n 'ai jamais été pénétré. Jamais.
Tandouille, là , François, vous voulez qu 'on appelle les dés ? Oui, oui.
Sérieusement, enfin, je ne sais pas, il y a mille choses qui font qu 'une femme
court Ă la pleine lune pour rejoindre son amant, non ? Vous avez le choix.
Il y a des femmes qui se font tromper avec en entendant la voix de l 'homme qu
'elles aiment au téléphone.
C 'est des salopes.
Oui, et même elles écoutent le répondeur plusieurs fois.
C 'est toujours un peu la chienne de l 'homme qu 'on aime. Excusez -moi.
Bonjour François, vous allez mieux ? Oui, j 'ai bien.
Diane, notre voyage à Prague est avancé. N 'oubliez pas tout à l 'heure pour le
déjeuner avec nos rissiers.
Alors comme ça, on squatte le studio des écrivains ?
Diane m 'a dit que vous étiez trop fragile en ce moment pour écrire chez
En tout cas, on est tous très impatients de vous lire.
Mon petit François.
Très gentil.
J 'espère que tu étais baumé, Kouma.
PrĂŞte -moi ton grand bruit, ta grande allure si douce, ton glissement nocturne
travers l 'Europe illuminée, au train de luxe et l 'angoissante musique.
qui bruit le long de tes couloirs de cuir doré, tandis que derrière les
de laquiers, au locle des cuivres lourds, dorment les millionnaires.
C 'est très beau.
Adrien, je sais ce que vous faites.
Ah,
je crois que c 'est lĂ .
Donnez -moi votre sac.
Je vais aller, je suis là près. Je me dépêche.
Tu restes avec moi ? Non, non.
Je suis désolée, j 'ai essayé de t 'appeler plein de fois, tout ça, mais...
peux aller chez ton grand -père ? Pas grave.
Je t 'ai apporté un cadeau.
Tiens. Aujourd 'hui, qu 'est -ce que t 'es désolée ? Les boucles d 'oreilles.
Elles sont magiques.
Je vais pas ouvrir. Non, non, après.
Il faut que j 'y aille.
C 'est ce qu 'on se voit.
Je pense qu 'elle va venir en quelques minutes.
Désolé.
Je pars en Afrique.
Je pars en Afrique.
Alors, on n 'ira pas chez ton grand -père, alors ? Si, en mars, c 'est bon.
Je pars fin avril.
Ă€ combien de temps ?
C 'est pas parce que je pars que je m 'en vais.
Je te jure.
M 'en fous, je veux pas que tu partes.
Je vais te trouver un boulot passionnant Ă Paris.
Mais Diane, je pars parce que j 'aime ça et que je crois encore que ça vaut la
peine.
Tu vois, toi avec tes bouquins, c 'est pareil, Tini.
Tu les passes à lire les manuscrits, à scotcher au téléphone, à la télé, au
journaux, pour savoir ce qu 'ils pensent, pour avoir une médaille, c 'est
pareil.
T 'as vu comment tu pousses François ? Il a beaucoup de talent, François.
Ouais, il marre de jour et nuit, il se rend malade.
C 'est la passion de ce qu 'on fait qui me rapproche, j 'en ai gelé.
Non.
Non.
La passion.
C 'est mal.
Allez, viens. On rentre ?
MĂŞme quand tu n 'es pas lĂ .
Non, je ne veux pas qu 'elle meure non plus.
Et la scène où elle se penche par la fenêtre pour regarder le défilé des
fascistes, elle se penche tellement, on est persuadé qu 'elle va tomber.
ArrĂŞtez de vous attendre avec cette bonne femme. Elle se penche pour voir au
bout de la rue.
Je ne veux pas qu 'elle meure, je ne veux pas en faire une meurtrière non
Ce n 'est pas une autobiographie.
Non mais attendez, calmez -vous François.
ĂŠtre personnel, ce n 'est pas raconter sa vie, d 'accord ? Allez, passez par lĂ
comme ça, je vous emmène chez moi boire un verre.
Pourtant, je n 'ai pas rêvé. Tu m 'as emmené chez ton grand -père.
Sous -titrage Société Radio -Canada Sous
-titrage Société Radio -Canada
Sous -titrage Société
Radio
-Canada
Bon appétit.
Quoi ? Les enfants ? Oui, il a deux filles de 13, 14 ans.
Et toi ? Qu 'est -ce que tu penses faire ? Avoir une famille, avoir des enfants
? Pedro ? Oui, oui.
Excusez -moi.
Je vais venir avec les tchèques.
Je crois que je vais rester quelques jours un peu plus avec mon bébé.
Yann est arrivé ? Elle avait pas l 'air contente.
Elle m 'a fait buter.
Si c 'est pas 8000 francs, 5000 c 'est bien déjà .
Paul ? Oui ?
On a repassé. Vous faites l 'échec de 5000 francs.
Entendu, Diane.
Merci.
Fais l 'amour avec toi une dernière fois.
C 'est de là que Safo s 'est suicidée.
Je pensais que ça changeait un petit peu de l 'image classique qu 'on a de la
Grèce. Mais personnellement, je pense que c 'est pas mieux d 'utiliser le
L 'endroit s 'appelle le Sceau de l 'Ecade.
D 'ailleurs, Koskas m 'a raconté une très belle légende à ce propos.
Safo s 'est suicidée parce que son ami l 'avait quitté.
Apollon a trouvé ça trop bête et il a décidé qu 'à partir de ce moment -là ,
chaque amant malheureux qui se jetterait de la falaise, non seulement ne
mourrait pas, mais en plus serait guéri de son chagrin d 'amour.
C 'est joli comme légende.
J 'ai trouvé des gravures anciennes du siècle dernier.
C 'est pas un peu morbide, le corps de Saphon.
C 'est pas très vendeur, ça manque de couleur quand même pour un guide.
Moi je trouve ça plus original que l 'image classique qu 'on utilise des
D 'ailleurs je vais vous la montrer.
Coscas, qu 'est -ce qu 'ils ont dit, Coscas ? C 'était magnifique, ça fout.
Je ne veux pas que ce soit fini, je ne veux pas.
Suculaire ? Oui.
Faut le faire, quand mĂŞme.
Et nous, le... Au revoir.
Je viens de gagner 200 balles, tu devineras jamais comment.
Bah non, dis -moi.
Avec l 'hystérique pour laquelle tu travailles, t 'as pas fini de ramer mon
vote.
Je l 'ai tiré quatre fois, elle est partie comme en 14, elle a cru que c
son futur.
Tu t 'étonnes qu 'elle te colle au cul, t 'es vraiment un imbécile.
Je t 'ai dit pour être heureux que ça devait être parfait.
C 'était une histoire de merde de toute façon.
C 'était pas une histoire de merde, c 'était une histoire.
Non mais attends...
T 'avais besoin de tendresse, t 'avais besoin d 'une cabane, me parle pas d
'amour.
Tu l 'as aimée pour son cul, t 'as vu l 'âge qu 'elle a.
C 'est quoi, qu 'est -ce qui te gêne ? Super, l 'écrivain anarchiste.
Bourgeois masqué.
Dis -moi, t 'as pas envie d 'aller creuser des chiottes pour 25 paumées ?
'en ferais du large et ça me permettrait de rebosser avec elle.
Sans elle, j 'y arrive pas.
Je peux plus lui parler au téléphone.
Je peux plus déjeuner avec elle.
J 'écris que de la merde.
Ouais, il serait temps que tu te casses.
Je me casse.
Je vais aller déconstruire tes chiottes pour les 25 tonnes.
Le seul problème, c 'est que c 'est le gouvernement qui tire à la chasse.
Est -ce que j 'ai bien compris, lĂ ? Si je la tire plus, toi, tu vas nous
chercher un chef -d 'oeuvre.
Parce que t 'as du talent, hein ? T 'as du talent.
Je sais, je sais pas.
Oh putain ! Prends -toi ! Il y a quelqu 'un caché sur ton foyer.
Milieu ! C 'est
sympa.
Tu veux pas que tu lâches demain ? Non.
Je vais venir me faire massacrer.
Quoi ? Je veux que tu me dises des choses définitives.
Qu 'est -ce que tu veux que je te dise ? Hein ?
Écoute, c 'est mieux pour toi qu 'en quoi, moi.
Je t 'ai quand même pas réveillé un bon matin en me disant que tu m 'aimais
plus.
C 'était plutôt un soir, mon darmon.
Pourquoi t 'es glacial ? Pourquoi
t 'es glacial ? Pourquoi t 'es glacial ?
C 'est ce qu 'elle te dit, la snob, la bourgeoise, la mondaine.
Tu sais ce qu 'elle te dit ?
J 'ai besoin de toi.
Je suis trop besoin de toi.
Ne t 'inquiète pas.
Je ne vais pas devoir souffrir pour un autre.
Je ne vais plus te voir, Diane.
Je suis venue te demander pardon.
Je n 'aurais jamais pensé que je puisse faire une chose pareille. Je te le jure.
Ok, pardon.
Je suis... Je suis confuse.
Je n 'ai jamais été comme ça dans ma vie.
Je n 'arrive plus Ă me concentrer.
Il faut que tu m 'aides.
Allez, entre.
De toute façon, France arrive.
J 'ai beaucoup aimé tes noms.
Je te rends compte.
T 'es une femme formidable, c 'est heureux, c 'est tout pour ça.
Ouais, mais moi je suis plutĂ´t amoureuse une fois tous les 15 ans.
Tu m 'as fait faire des progrès, c 'était... Tu m 'as pris le temps... Tu m
mĂŞme appris Ă me taire.
C 'était bien.
Maintenant, tu vas partir et... Je te le verrai plus jamais, voilĂ .
Il va falloir que je t 'oublie, comme si t 'étais mort.
C 'est bizarre.
Ça va mieux ? Oui.
80 litres d 'eau Ă cause d 'un mec.
En Afrique, il faut qu 'on apporte 10 litres à une mère et à son bébé pour qu
'il continue Ă vivre.
C 'est fou.
C 'est fou, je fais bien un concours de souffrance.
J 'ai pas la craie.
Fais attention.
Ça va aller.
C 'est Ă moi.
Qu 'est -ce que tu as
? Je suis pas particulièrement heureux parce que je t 'ai quitté.
Diane ? Diane ?
Je n 'ai pas de taquine Ă matin.
Je vais Ă ... Je vais Ă l 'hĂ´pital.
Je vais Ă l
'hĂ´pital.
Ça, combien ? C 'est payé, madame.
Pourquoi ? Oui.
Monsieur, la main ferme.
La royale.
C 'est une royale.
Je vais être interdit par la convention de Genève, ça.
Il y a une façon de me prendre la taille, ça me fait défanouir.
Tu défanouis, Génard.
Un jeune beau et de passage, c 'est la mort idéale.
Qu 'est -ce que tu fais ? Allez, allez, on comprend.
C 'est votre femme ? Vous voyez que ça marche.
On est au courant de tout.
Ben voilĂ , c 'est fini.
Faites pas cette tĂŞte.
Faut juste t 'attendre un peu, puis ça va revenir comme avant.
Mon fils cadet est venu me voir.
Il m 'a forcé ça.
C 'est gentil, non ? Oui, c 'est bien.
Il est venu nous voir, finalement.
C 'est bien ? En
fait, vous avez trop dit Ă votre mari, vous l 'aimez, vous ne pouvez pas lui s
'enlever.
Il en a abusé, voilà .
C 'est de la cruauté mentale, si vous voulez.
Je ne sais pas, c 'est comme si vous vous trouviez dans une situation de
légitime défense.
Vous n 'en faites pas, je vais vous sortir de lĂ , madame le pluche.
On va s 'en sortir.
Tout le monde vous aime.
Oui, j 'ai récolté des témoignages sur le drame.
C 'est vrai, tout le monde vous aime.
Les gens vont être très sensibles à vous.
Et puis il y en a sûrement parmi eux qui ont eu des drames sur ce poteau, non ?
Il y a sûrement parmi eux qui ont eu des envies de meurtre, non ?
Je passe de l 'énergie pour traiter deux dossiers à la fois.
Ă€ 20 ans, quand on pleure, quand on a un chagrin d 'amour, c 'est parce qu 'on
croit qu 'on n 'aimera plus jamais.
Mais après 40, on pleure parce qu 'effectivement, on n 'aimera plus
Plus jamais, jamais, jamais.
C 'est pas très très positif, ça.
Je vous le déconseille.
C 'est une autre affaire, le suicide.
C 'est quand on a décidé de devenir un arbre.
Un arbre républicain.
Ouais.
Amenez -moi tout.
Mon petit François.
Vous devez parler des odeurs.
Pourquoi les odeurs ? Est -ce qu 'il est plus difficile Ă oublier l 'odeur ? L
'odeur de transpiration d 'un homme sans géranium.
Géranium.
Il n 'y a mĂŞme pas de beurre.
Tu connais la petite souris ? C 'est la petite souris, elle rentre de chez elle.
Elle va rentrer de ses courses plutĂ´t.
Elle traverse la voie ferrée et...
Regarde, il n 'y a pas de train Ă ce moment -lĂ .
Dès qu 'elle passe, il y a un train qui passe et qui lui coupe la queue.
Elle ne s 'en aperçoit pas, elle rentre chez elle.
Et quand elle est chez elle, elle voit qu 'elle a perdu son bout de queue,
elle dit qu 'elle revient sur la voie ferrĂ©e, il n 'y a aucun train encore Ă
moment -lĂ .
Elle prend son bout de queue et juste avant, il y a un autre train qui passe
qui lui coupe la tĂŞte.
C 'est quoi le moral de l 'histoire ? Un retrait de motard ? Oui. Je ne sais
pas. Les souris perdent toujours la tĂŞte pour un petit bout de queue.
Mais arrĂŞte de te toucher.
ArrĂŞte, c 'est chiant.
Je suis lĂ Ă te toucher, c 'est chiant. Il y en a marre, tu t 'en fous de moi.
C 'est ta faute si papa s 'est cassé. Tiens, je me barre.
Ne t 'inquiète pas, Georgette, ça va passer.
Sous -titrage ST' 501
Moi, je suis Ă partir quand tu es lĂ .
Moi, je vais regarder les autres jouer au basket.
Peut -ĂŞtre partir une semaine chez mamie Jeannette.
OK.
Bonjour, Mme Diane.
Bonjour, Isabelle.
Dans le mille, Emile.
qui m 'a jamais donné envie de mourir.
Merde, merde ! Allez, les deux !
Bébé, l 'extincteur ! Oh, ça n 'a rien du tout ! Où est -ce que je suis ? Dans
'escalier, c 'est un peu plus fort.
Mais ça peut se propager, c 'est la porte de mon bureau. Ne l 'ouvrez pas la
fenĂŞtre.
Moi, j 'ai tout de suite vu qu 'elle n 'était pas bien psychologiquement.
Madame Diane, je vais vous faire du café.
Ça va vous remonter.
C 'est un court -circuit. Qu 'est -ce qui s 'est passé ? C 'est l 'info.
Mais qu 'est -ce qui se passe ? Elle a des problèmes personnels ? Caroline,
savez quelque chose ? Je ne sais pas. Je pense que c 'est passager. Mais en tout
cas, ne vous inquiétez pas pour cet après -midi. Je peux parfaitement y
sa place.
J 'espère que ça va s 'arranger, Diane. En tout cas, je le souhaite.
C 'est plus possible.
C 'est devenu intenable de travailler comme ça. Partez, partez 15 jours,
un mois, partez autant que vous voudrez.
C 'est mieux pour tout le monde.
Je sais pas ce qu 'elle a en ce moment, mais elle a une sale gueule, elle le
perd tout le temps.
C 'est complètement irresponsable.
Tu t 'es foutu en l 'air, c 'est ton problème, mais t 'es pas obligé d
'embarquer tout le monde avec toi.
Allez, j 'emmène le garçon.
Dors bien.
T 'as pas de demain ?
Il est vrai que j 'ai eu des plaisirs bien surprenants aux aimants.
Mais ils me coûtent d 'étranges douleurs.
Je vois bien que je vous aime comme une folle.
Pourquoi avez -vous empoisonné ma vie ?
Je vous défie de m 'oublier entièrement.
Je me flatte de vous avoir mis en état de n 'avoir sans moi que des plaisirs
imparfaits. Et je suis plus heureuse que vous puisque je suis plus au...
mais elle s 'en repose. Elle veut voir personne.
Comment tu le sais ? Parce que c 'est d 'un mec.
Diane, c 'est Naou.
Qu 'est -ce que tu faisais ? Je réfléchissais.
J 'ai mis mon piano.
Tu te dors pas au moins ?
Orgueilleux narcissique.
Je vais reconnaître que c 'est ça qui me plait.
Ça fait du bien.
Qu 'est -ce que tu m 'as donné à part quelques centimètres de foudre ? Hein ?
Mais qu 'est -ce que tu m 'as donné ?
J 'ai pas envie de vivre.
Je suis pas sûre, je crois qu 'elle préfère être tranquille. Si tu vas voir,
va lui faire vachement plaisir qu 'on est professeur pour la fête des mères.
Oui.
Oui, oui.
Bonjour, votre bĂŞte.
Ça te manque ?
Bonjour, monsieur. Ça va ?
Il
n 'y a rien.
Vous l 'avez ! Félicitations ! Bravo, bravo.
Alors pour les tournées province, nous avons bloqué tout le mois d 'octobre,
FNAC de Lyon, Toulouse, Aix, Montpellier. Je voudrais très bien de
pour lui annoncer la nouvelle.
Pourquoi ? Tous ceux qui ont défendu ce livre sont ici, elle, elle ne l 'a même
pas lu.
Elle a disparu dans la nature.
Ni vu ni connu, le temps d 'un sein nu entre deux chemises. Sans elle, je ne
serais jamais arrivé.
Pourquoi ? C 'est elle qui a écrit votre livre ? Non mais c 'est elle qui m 'a
filé son énergie. Elle m 'a écouté pendant des heures et quand j 'ai voulu
'arrêter, c 'est elle qui m 'a redonné le goût de mon sujet.
Je suis désolé, elle ne fait plus partie de la maison.
Quelle maison ? C 'est elle la maison. Vous, je vous ai vu trois fois pour
signer mon contrat. C 'est elle qui m 'a fait accoucher de ce livre.
Elle n 'a pas craqué pour rien. En plus, c 'est elle qui m 'a inspiré cette
histoire d 'amour que vous aimez tant.
La passion est passée dans l 'encre.
Mais qu 'est -ce que vous racontez ? Je ne peux pas vous laisser dire ça. Vous
me prenez pour quoi ? Pour un pot de fleurs ? Vous m 'avez vu trois jours et
vous croyez que cette maison, elle s 'est faite
J 'ai mis 20 ans pour en faire ce qu 'elle est. 20 ans avant que Diane n
dans la boîte pour faire le chien de berger en courant d 'un auteur à l
Alors, moi aussi, je l 'ai, votre droit de crise.
Elle vous a laissé tomber. Elle a foutu le feu à la baraque.
Elle a fait poireauter un mois le seul auteur qui faisait bouillir la marmite.
Elle n 'a même pas lu son manuscrit. Et quand je m 'en suis aperçu, il était
déjà parti chez Gallimard.
Vous savez très bien que c 'est un prétexte. Il avait déjà décidé de se
Pourquoi, vous aussi ?
Vous voulez vous tirer, c 'est ça ? Mais arrêtez, François, ne soyez
pas stupide, on a eu le prix quand mĂŞme.
Diane !
Ouvrez, Diane, mon Dieu, je suis sûr que vous êtes là .
Diane, j 'ai un truc pour vous.
Diane ? Bon, je m 'en fous, je campe.
Je reste lĂ , hein ? Diane ?
Regardez, c 'est pas beau, ça ?
C 'est mon livre.
Vous ne voulez pas au moins regarder la dédicace ?
Oh là , ça a l 'air d 'aller.
Quand vous faites quelque chose, on ne peut pas dire que vous ne le passez pas
fond.
Vous avez réussi à changer votre appartement en décharge municipale.
Dans le genre, la thé qui est très poitier.
C 'est réussi.
Champagne ?
Ce sont les vers.
Ouais, mais tout est sale, lĂ .
Vous avez une petite tĂŞte, hein ? Oh lĂ lĂ !
On l 'a bien mérité, quand même.
On peut rincer lĂ , hein ?
Vous emmenez -nous.
Ça vous fait plaisir, mon livre ? Ben voilà .
Vous avez bien dormi ? Vous avez dix minutes pour pleurer, on arrive Ă Corfe.
Vous vous sentez bon ? Qu 'est -ce que vous avez mis ? Une lueur de géranium.
Je vous demande les droits d 'auteur.
L 'amour en société oblige à des compromis.
Il y a des ĂŞtres qui n 'acceptent pas ces compromis.
C 'est le drame de l 'amour absolu.
Ce sont des asociaux, direz -vous. Non, ce sont des ĂŞtres de passion.
A me plus, j 'avais une très haute idée de l 'amour.
Lorsque votre femme rentre chez vous Ă 4 heures du matin, n 'avez -vous jamais
pensé à lui planter un couteau ?
Fourchette Ă gigots.
Fourchette Ă gigots, mon cou.
Est -ce que vous savez ce que c 'est que d 'ĂŞtre tapis, accroupi, tremblant, le
cœur battant ? À l 'affût des mots d 'amour destinés à un autre.
Madame Lepluche lui a tout pardonné.
43 ans de vie double, de mensonges.
43 ans d 'abus.
Comment pouvait -elle tolérer qu 'il s 'en aille, qu 'il la quitte
définitivement à tout jamais ? Cette idée lui était absolument insupportable.
'il soit libre, oui.
Oui.
Qu 'il la laisse, non.
Il n 'en avait pas le droit.
Lui à qui elle avait donné tous les droits.
Mesdames, Messieurs, Marguerite Lepuche, en apprenant le divorce,
En lui annonçant le divorce, il a rompu d 'un seul coup l 'équilibre insensé qu
'il avait construit dans son amour envers et contre tout.
Vous savez, dans le drame de l 'amour, oĂą on tue, oĂą on se tue, oĂą alors on
continue.
Son mari l 'a tué à petit feu pendant 43 ans.
Elle, elle l 'a tué d 'un seul coup.
Pour ne pas sombrer dans la folie, elle a agi.
Tout seul.
Nous appelons ça un crime, n 'est -ce pas ?
n 'est pas plutôt sa défense légitime.
Que Marguerite est tuée ne change rien à son destin, mesdames et messieurs.
Elle a perdu pour toujours celui qui donnait la chance Ă sa vie.
Messieurs les jurés.
Messieurs les jurés.
Ça va ou pas ? Ça va, mon grand.
Et va te coucher, va.
Je n 'arrive pas Ă dormir.
Je parle, va te coucher.
On revient bientĂ´t, moi.
Oui, oui, bientĂ´t, oui.
Monsieur Jury, 15 ans de prison.
Tout ceci, nous avons perdu un amour.
En souvenir de cet amour perdu.
Je vous demande de faire en sorte que Mme Le Puy s 'y recouvre à la liberté
avant la fin de l 'année.
Je vais ĂŞtre Ă chier.
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