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Original subtitles

Musique orientale

...

*- Le TGV en provenance de Marseille Saint-Charles

*va entrer en gare voie N.

...

*Vous ĂȘtes arrivĂ© Ă  Paris Gare de Lyon, terminus du TGV.

...

Quelqu'un fait des percussions.

...

- Ouais ? - Euh...

C'est...

Estå aquí l'association de solidarité

con les victimes de la dictature de l'Amérique latine ?

- Quoi ?

- L'association.

- Je comprends rien. Yekea.

Viens. Y a un AztÚque ou un Péruvien...

Yekea chantonne.

- Oh lĂ .

Tu veux quoi ?

- Soy un exilé du Chili.

Estå donné l'adresse aquí

pour la solidarité et l'hébergement.

- La solidarité, y en a. Mais l'hébergement...

Il souffle.

- Ça veut dire

que je peux pas rester ?

- T'as compris, ma gueule. - Si tu me laisses,

je fais l'ambiance, la rigolade.

Je peux faire le lavage, le repassage, je fais de la cuisine.

Je fais des blagues, des "carembours",

des rébus, des charades. Je monte la garde. Tout ce que vous voulez.

- Non. On a besoin de personne.

Essaie l'église. C'est là-bas qu'on aide les gens.

Musique douce Ă  l'orgue

...

La porte grince.

...

...

- Il faut que vous enleviez le bonnet.

- Seigneur, notre Dieu,

créateur de l'univers,

Tu as fait l'homme et la femme Ă  Ton image.

Et pour qu'ils soient associĂ©s Ă  Ton Ɠuvre d'amour,

Tu leur as donné

un cƓur capable d'aimer.

Tu as voulu que dans cette église, Anne-Sophie et Cyprien

unissent leurs vies. Que leur amour, Seigneur,

devienne une source de vie, qu'il les garde

attentifs aux appels de leurs frĂšres

et surtout, que leur foyer

soit toujours ouvert aux autres.

- AMEN.

- Amen.

Petit rire

Au Chili, estĂĄ dit que al Francia,

pas de problĂšme, ils vont aider. Parce que lĂ -bas, Pinochet

estĂĄ grande "salopardo".

Attrapé, il...

Tu comprends, les gens, il leur fait la "tortue".

- Bon, ça va. T'inquiÚte pas.

FrĂšre Jean va s'occuper de toi.

- Gracias, ton pĂšre.

- "Mon" pĂšre.

- Ah, pardon. Votre pĂšre.

- FrĂšre Jean,

vous allez héberger José.

Avec l'accent l'espagnol - José.

EstĂĄ de lĂ -bas, Chili.

Waouh.

- Non ! C'est moi, le responsable des bougies.

C'est mon travail.

Va regarder sous les bancs si personne n'a rien oublié.

- Au revoir. - Vous avez prévenu pÚre Léon ?

- Non. - Mais il faut le faire.

- FrĂšre Jean, tu sais oĂč je vais dormir ?

- Dans ma cellule.

- "Dans la cellule" ?

- VoilĂ . C'est ta chambre.

- Waouh.

Ça fait plaisir.

- VoilĂ .

Glisse-toi dedans et tu n'auras pas froid.

- Oh ! Tu crois que je suis un Twix ou quoi ?

- De toute façon, pour une nuit... - "Une nuit" ?

- Demain, il fera jour et c'est pÚre Léon qui décide.

Remercie le Seigneur des bienfaits qu'Il t'octroie.

Bonne nuit.

- FrĂšre Jean. - Oui ?

- Y a pas la nuit. Je vais pas dormir maintenant.

- La nuit peut tomber plus vite qu'on ne le pense.

Musique douce

...

Un avion passe.

...

- Ces avions, dĂšs le matin, c'est l'enfer.

- PÚre Léon.

- Oui ?

- FrĂšre Jean, il m'a dit

que je dois partir. - Oui.

On doit tous partir un jour.

- Non, il a dit aujourd'hui.

- Si tu ne sais pas oĂč aller,

on va te garder.

La maison du Seigneur

est toujours ouverte. - Je fais tout ce que vous voulez.

Je peux repasser et laver le linge.

Je fais la cuisine, je fais des blagues,

je monte la garde, je sors les poubelles,

j'allume les bougies, j'éteins

les bougies.

- Ça va, ça va. Pas trop.

On verra.

FrĂšre Jean,

quel est le programme ?

- Nous avons quatre mariages et un enterrement.

- Ah. - Et un baptĂȘme.

- Bien. Vous devez faire quelques courses aussi ?

On manque de détergent.

- Oui, et toutes les réserves de chocolat sont épuisées.

Il faudrait en racheter.

Alors, on a le papier toilette, le détergent, le chocolat.

On peut y aller.

- Tu prends pas de l'assouplissement ? - Non.

- Et de la margarine ? - Non plus.

Ah ! Par contre, j'oubliais.

Tu vas aller Ă  droite, au bout, prendre des mouchoirs en papier.

J'ai oublié quelque chose.

- À droite, là-bas ? - Tout au fond.

- Mademoiselle. - Oui ?

- Je cherche la crÚme pour le démaquillage de la nuit.

- Tout est lĂ , monsieur.

- Et ça ? - Ça, c'est une bonne crùme de jour.

- Ah. C'est une crĂšme de jour ?

Si je la mets la nuit, je fais nuit blanche ?

Non ? - Oui. Enfin...

- Je sais pas. Je connais pas toujours.

J'ai besoin aussi d'un shampoing.

- Oui. Pour quel type de cheveux ?

- Euh... cheveux sales.

- Oui. Tout est lĂ , monsieur.

- Alors...

"Peaux sĂšches. Anti-dessĂšchement."

- Je cherche un jeune homme avec des bijoux et un poncho rouge.

- Oui. Un peu... - Oui.

- Vous le trouverez au rayon féminin. - Merci.

- De rien.

- Ça fait 30 min que je te cherche.

- Ça va. Doucement, tu m'as fait peur.

Je regarde, c'est tout. J'achĂšte pas.

- Évite de penser aux femmes.

- Je pense pas aux femmes. J'aime les crĂšmes qui font la peau douce.

- Elle est plus douce qu'on ne le croie. - Ça va.

Tu crois que je suis un enfant ou quoi ?

- Aux caisses.

Il souffle.

- Samy, récupÚre la piÚce.

- Tu as vu comment il est sapé ? - Clint Eastwood.

- C'est normal. Tu as vu comment tu es habillé ?

- "Comment je suis habillé" ? T'étais pas en robe dans l'église ?

- C'est pas pareil. C'est une tenue d'ecclésiastique.

- Et alors ? - Et je doute que tu sois chilien.

- Tu joues la police ? - Non. Je ne joue pas la police.

Mais tes bobards sont gros. PÚre Léon t'a pas cru.

Avec ton accent chilien ou je ne sais quoi.

C'est pas parce qu'on est croyants qu'on croit tout.

- Depuis le début, tu m'aimes pas.

- Non. J'aime tous les humains. C'est clair ?

- Pourquoi tu m'as pas montré ta chambre ?

"Alléluia"

...

- Waouh...

C'est trĂšs...

personnalisé.

- C'est la Vierge. Que son nom soit sanctifié.

- Je connais. La mÚre de Jésus-Christ.

- Oui, voilà, c'est ça.

Je suis lĂ  grĂące Ă  elle. - Tu la connais ?

- Mais non, je la connais pas. C'est symbolique.

- La classe !

- Avant, je m'appelais Coco. - "Coco" ?

- Oui. Coco.

Parce que j'étais toxico.

Mais j'étais aussi voleur, menteur,

paresseux. Je brûlais des voitures

sur les parkings juste pour le plaisir.

Le reste du temps,

je dealais dans les tours...

Et une nuit,

j'étais sur le pont de l'autoroute A6, à réfléchir,

elle est apparue lĂ .

- Mais qui ?

- Elle, la Vierge Marie.

- Elle ? - C'est comme ça que j'ai découvert la foi.

Elle flottait sur l'A6.

Elle était à moitié nue. - Ah...

En Ă  poil ?

- Mais non. C'était un nu artistique.

On voyait rien. Enfin, presque.

- Elle est nue et tu vois rien ? - C'est symbolique.

Depuis cette nuit, je lui ai consacré ma vie.

La drogue, le péché, les filles,

la tentation, tout ça, c'est fini.

Maintenant, je me morfonds dans cette église, corps et ùme.

J'espĂšre qu'un jour je deviendrai prĂȘtre.

Cet été,

si Dieu le veut, pÚre Léon et moi, nous irons au Vatican

pour que le pape me bénisse.

- Le pape, c'est lui, votre chef ?

- Oui. On peut voir les choses comme ça.

- Alors pÚre Léon, c'est comme un sous-pape.

- Oh...

Cloches

Un avion passe.

- Merci, Seigneur. Allez.

- Merci, Seigneur.

- Pas trop.

Non merci.

Eh ben, eh ben.

- Ah. C'est chaud.

- Je t'ai trouvé un travail temporaire.

- Pour moi ?

Merci, mon pĂšre.

- Tu as de la chance. Une dame

de la paroisse a besoin de quelqu'un.

- Mon pĂšre, je fais tout ce que tu veux.

- D'accord. Avant tout, je veux que t'arrĂȘtes de mentir.

T'es pas chilien.

La dictature, c'est terminĂ©. Je veux pas savoir d'oĂč tu viens.

Tout ce que je peux faire pour toi, c'est t'aider Ă  aller lĂ  oĂč tu veux aller.

C'est... C'est quoi, ton nom ?

- Je m'appelle Chouchou.

- "Chouchou" !

Putain, ça alors !

- Vous savez ce que vous avez dit ?

- Pardonnez-moi. Je sais pas ce qui m'a pris.

Ce soir, je réciterai 50 Pater Noster

et je ne mangerai que deux carrés de chocolat.

- C'est pas mon vrai nom, c'est un pseudonyme.

Mon vrai nom, c'est Choukri.

- Chouchou, cet aprĂšs-midi, frĂšre Jean t'accompagnera

chez la dame.

Juste une petite chose,

habille-toi correctement.

- C'est gentil de me donner les habits, mais la veste est fatiguée.

- Ton poncho, c'était pas mieux.

- Waouh !

- Attention !

Il souffle.

Je t'ai prévenu.

Oh, une goutte. Ça veut dire qu'il va pleuvoir.

Attends.

Ça va aller.

Tonnerre

Faudra pas parler pour ne rien dire. - Je suis pas un hmar.

Pourquoi tu me fais la honte en public ? - Y a personne.

- Pourquoi tu me fais la honte devant personne ?

Oh, ça va.

Elle est pas sourde. - Qu'est-ce que t'en sais ?

*- Oui ?

*- Bonjour, docteur. C'est moi. *- Et moi aussi.

*- Oh...

- Vous travaillerez à mi-temps. Vous aurez une clé.

Vous veillerez Ă  ce que le portail soit ouvert.

Vous travaillerez Ă  huit heures, le matin.

Y aura le courrier, le ménage.

- Oui. - Je commence mes séances à 10 h.

Installez les patients dans le salon. Proposez-leur du thé ou du café.

- Oui, je connais. "Soyez la bienvenue."

Elle rit.

- TrĂšs bien.

Alors...

TrÚs important : mes patients ont besoin de confiance et de discrétion.

- Tu t'inquiĂštes pas. Je parle mĂȘme pas avec eux.

Comme ils sont malades, déjà,

je respecte. - Vous vous contenterez

des formules de politesse.

Vous toucherez 20 euros par jour.

Ça vous convient ?

- Oh ! Vingt euros !

Merci, madame.

- Il faut m'appeler "docteur". - Ah.

Alors, docteur. Merci, docteur.

- Je vais vous faire visiter la maison.

Vous passerez l'aspirateur une fois par semaine.

Le lundi, par exemple.

Vous ferez trĂšs attention Ă  ce vase.

- Il est trÚs personnalisé.

- Oui. Et sentimentalement, trÚs précieux.

FrÚre Jean, ça va ?

Vous avez une petite mine. - Oui.

- Elle vous rend toujours visite ? - Oui.

- Il faudra passer me voir. - Bien, docteur.

En plus, j'en ai vraiment besoin en ce moment.

Musique cocasse

...

Tic-tac du réveil

...

- Tu es à moi ! À moi, à moi !

Tu es Ă  moi ! Oui, oui, viens !

Oui, oui ! Ouh lĂ  lĂ  !

Tu es belle ! Oui, encore !

- Il est somnambule ou quoi ?

- C'est bon, ça ! Ça me fait du bien ! Bouge encore !

Danse encore, danse encore ! Oui !

Oui, oui ! Comme ça, comme ça !

Oui, oui ! Oh, c'est bon !

Oh ! Pardon, mon Dieu ! C'est tellement bon !

Oh oui, vas-y, encore ! Danse, t'arrĂȘte pas, danse !

Oui, comme ça ! Plus vite, plus vite, plus vite !

Non, comme ça ! Pas trop vite !

Oui ! Continue, t'arrĂȘte pas !

- On est pas sortis de la verge. - Oh oui !

*- Mais non, Kévin. Tu ne peux pas te mettre à ma place.

*Depuis mon accident au genou, notre relation ne tient plus debout.

*- Cindy, tu as souvent fermé la porte et je n'avais pas le code.

*Tu as souvent évité mon regard en faisant la sourde oreille.

*Sans parler de ton silence Ă  propos de Belinda et des rumeurs sur vous.

*- Kévin, crois-moi, nous ne sommes jamais allées à Honolulu.

*Je te le jure sur ce que j'ai de plus cher : notre maison Ă  Long Island.

*- Il n'empĂȘche que lorsque vous avez pris l'avion pour Cincinnati...

- Dis-lui que tu l'aimes et c'est fini.

*- Oh, Kévin.

- Kévin. Allez, Kévin. Dis : "I love you."

Allez.

*- Je ne sais plus oĂč j'en suis. - Oh.

- Les gens viennent se recueillir dans cette église.

- Non. Pourquoi tu fais ça ? J'étais...

Pourquoi tu as éteint ?

C'était un moment de suspense.

Elle va lui avouer l'amour et John Smith va lui avouer la trahison.

- T'as dévalisé le Monoprix ?

- C'est bien de manger un peu le matin.

FrĂšre Jean,

t'es pas un peu somnambule ?

- C'est pas ton problÚme. - Tu es énervé.

- Tu bosses pas, ce matin ?

Sonnette - Bonjour.

- Bonjour.

J'ai rendez-vous avec le docteur. - Oui. Veuillez procéder, merci.

Tu veux le café ou le thé ? - Un café avec quatre sucres et demi.

- D'accord. Installe.

J'apporte le café. Tu fais la lecture.

Il y a tout : la chasse, la pĂȘche, les logements, les voitures, j'en passe.

- Merci. - D'accord.

- DÚs que j'ai terminé de manger les madeleines,

j'ai senti ce goût bizarre qui envahissait ma gorge.

Il voulait plus me quitter.

Musique zen

J'ai pris mon cerf-volant,

je suis monté sur ma trottinette et puis, j'ai roulé.

J'ai roulé comme un fou à travers la campagne.

Le vent chatouillait mon visage. C'était...

tellement agréable.

Et lĂ , au bout du chemin, mon pĂšre, les bras ouverts,

comme s'il voulait m'empĂȘcher de passer.

Moi, j'essaie de m'arrĂȘter, mais... je peux pas.

Je peux pas. J'arrive plus Ă  contrĂŽler ma moto.

Jamais je n'ai éprouvé autant de frayeur.

Je sais que je vais le percuter,

alors que je l'ai déjà percuté.

J'arrive pas Ă  freiner.

Puis alors lĂ ,

plus de madeleines.

Vous savez, docteur,

la seule fois oĂč j'ai lu quelque chose d'humain

dans le regard de mon pĂšre, c'est...

C'est quand il est venu s'écraser sur le pare-brise de l'avion.

Cloches

...

...

- C'est pas moi. Je l'ai trouvé comme ça.

Merci, ton Seigneur. PÚre Léon, il est bien.

Heureusement qu'il travaille ici. Car frĂšre Jean, il est un peu...

Merci.

- Il est beau, hein ? - Oui. TrÚs personnalisé.

- Alors, Chouchou ? - Oui.

VoilĂ . Ce qui turlupine, c'est... Par rapport au Dr Milajovovich,

je voulais demander quelque chose que je trouve bizarre.

- C'est-Ă -dire ?

- Je me mĂȘle pas de son travail. Je veux juste savoir.

- C'est trĂšs bien de vouloir comprendre.

- Dr Jimolovavovich, c'est le docteur, mais c'est pas le docteur normal.

Moi, je connais le docteur, il me dit : "OĂč tu as mal ?"

Il regarde, il me donne des médicaments.

- Oui. - LĂ -bas, rien.

Les gens viennent, ils s'allongent et ils parlent.

Ils parlent de ce qu'ils ont rĂȘvĂ©, de ce qu'ils ont dit.

Des fois, ils crient, des fois, ils pleurent.

C'est ça, le docteur ? Ils donnent l'argent

et elle lui dit : "À la semaine prochaine." Oh !

Le pĂšre rit.

- T'as pas tout Ă  fait tort.

Je vais t'expliquer. Enfin, je vais essayer.

Le Dr Milovavovich est psychothérapeute.

C'est un peu particulier.

Elle vient en aide aux personnes qui éprouvent...

certaines difficultés, tu vois.

Certains problĂšmes de l'Ăąme

que l'ĂȘtre humain n'arrive pas Ă  rĂ©soudre tout seul. Pas...

Oui, bon, tu me suis ?

- Oui.

- Auparavant, il y avait la confession. Maintenant, il y a les psys.

Musique cocasse

...

...

- On se rappelle. On en parlera plus longuement.

À bientît.

Chouchou, tu es une vraie fée du logis.

Plus clean que ça, on peut pas.

Qu'est-ce qu'on mange bien depuis que tu es lĂ  !

- Merci, docteur.

- Parle-moi un peu de toi.

- De moi ? - Oui.

Il n'y a personne d'autre, ici.

- C'est difficile je raconte, car si je raconte...

AprĂšs, tu vas faire l'analyse.

- Non.

Je veux juste te connaĂźtre un peu. - Bon, je...

Je crois tu as compris.

Je m'appelle Chouchou, parce que je suis... VoilĂ .

Depuis que je suis petit, voilĂ .

Bien sûr, les gens rigolent, ils me montrent du doigt, ils me jugent.

Mais ils savent pas que je n'ai aucun tabou.

Je vis trÚs bien l'homosexualité.

Et mĂȘme mon rĂȘve, mais vraiment mon rĂȘve,

si je peux, je deviens une femme de la tĂȘte aux pieds.

- À partir de demain, tu peux venir travailler ici en tant que femme.

- C'est vrai ? - Oui.

- Merci, docteur. - Il n'y a pas de quoi.

Il souffle. - C'est...

Je vais le faire.

Musique funky

...

Bonjour, M. Catimini.

- Quentin Minier, Chouchou !

- Je taquine.

...

Yekea. Qu'est-ce que vous faites ici ?

- Ils ont cadenassé. On a fait trop de bruit.

- T'es dans la merde. Viens, j'ai une solution.

Tu vas aller tout droit. AprĂšs, tu tournes Ă  gauche, puis Ă  droite.

Tu vas voir un rond-point. Tu le "rond-pointes".

En face, tu vas voir une église. Tu demandes le pÚre Léon.

C'est sur mon compte.

- TrĂšs drĂŽle. TrĂšs, trĂšs drĂŽle. TrĂšs, trĂšs, trĂšs drĂŽle.

- FrĂšre Jean, tu es lĂ  ?

...

FrĂšre Jean ?

HĂ©...

Zarma, "je morfonds avec du chocolat, corps et Ăąme".

Hum... Pizza.

...

Waouh !

...

Waouh, l'écran moderne.

Il est petit.

Écran "placenta".

- Bonjour, frĂšre Jean. - Bonjour.

Qu'est-ce que tu fous lĂ  ?

- Je fais de la tchatche avec mes amis de lĂ -bas.

- Qui t'a dit de toucher à mon ordinateur ? Ça va pas, non ?

- Ça va. Tu veux de l'argent pour le tĂ©lĂ©phone ?

- Tu devrais te chercher une chambre. - DĂšs que je trouve, je pars.

- Bon débarras !

Il claque la porte.

Il la rouvre.

J'allais te les ramener.

Claquement de porte

Cloches

Pardon pour ce que je t'ai dit tout Ă  l'heure.

En ce moment, je suis Ă  cran.

Le moindre petit truc m'exaspĂšre.

Je prie sans arrĂȘt, mais ça continue.

Je suis stressé et je manque de sommeil.

- C'est pas grave, mais fais attention.

Je suis gentil, mais je suis pas M. Ingalls.

Au lieu de t'énerver sur moi, va voir le Dr Nicole.

- Chouchou !

Chouchou, je sors lĂ .

Je sais pas...

Musique douce

...

Tu es trĂšs belle, Chouchou.

- Merci.

- Le pÚre Léon t'a vue comme ça ?

- Non.

Mais attention si tu lui dis.

- T'inquiĂšte pas. Il est trĂšs ouvert d'esprit.

Et personne ne lui dira jamais rien.

Comme convenu, il n'y a qu'ici que tu es Mlle Chouchou.

Mon assistante.

- Mlle Chouchou,

l'assistante particuliĂšre.

- Je reviendrai demain vers midi.

Au revoir, Chouchou.

...

Téléphone

...

- AllĂŽ ? *- AllĂŽ ?

- Cabinet du Dr Jilavavovich. *- Bonjour.

- Oui ? *- Je voudrais un rendez-vous.

- Elle est pas lĂ .

*- Comment ça, "elle est pas là" ? - Oui.

En rendez-vous. Je sais pas. *- Comment ça ?

- C'est pour prendre un rendez-vous ou pas ?

Oui. Pour quand ? Demain ?

Quelle heure ? C'est pas possible. *- Comment ça ?

- Elle arrive Ă  midi, demain. *- Connasse !

*Je veux un rendez-vous, alors tu te démerdes !

- D'accord. Non, je suis Mlle Chouchou, l'assistante du Dr Milajovovich.

*- T'entends, connasse ? - D'accord.

Mais si vous... Il raccroche.

Mais ça va pas ou quoi ? Il a raccroché, hmar.

Je te jure. Il y en a, laisse tomber.

On en voit des vertes et des pas mûres, ici.

Oh lĂ  lĂ .

Qu'est-ce que tu me regardes ?

Depuis le début, tu me regardes en diagonale.

Oui, M. Fred,

zarma le grand docteur. Tu crois que la parole soigne.

C'est bien, la parole, mais pas trop. Oui, M. Fred.

C'est ça, regarde-moi. Oh là là, laisse tomber.

Quoi ?

Ah bon, je croyais.

Cloches

...

...

Le pÚre Léon est mort ? - Mais non, calme-toi.

Le mari de la boulangÚre est mort. Le pÚre Léon prépare la messe.

- Je croyais que c'était lui qui a succombé.

- "Succombé" !

- Tu restes lĂ  ? - Ben oui.

- J'ai une faim de loup-garou. On tape un resto ? Elle m'a payé.

- Je suis pas contre. Mais aprĂšs la messe.

- Mais quand ? Tu vas rester. J'ai faim.

- Ça dure 20 min.

- FrÚre Jean. - Oui, pÚre Léon.

Messieurs, dames, si vous voulez bien vous donner la peine.

Nous allons procéder à la cérémonie.

- Psst ! FrĂšre Jean.

- Oh...

Ça me touche beaucoup que tu m'invites.

- C'est normal.

Quand la paie tombe, elle doit rebondir sur les autres.

Sinon, ça sert à rien. Prends les frites.

- Ça va, Coco Lapin ?

- Je m'appelle FrĂšre Jean, compris ? Oh !

- Salut, Mister Fly. - Yekea, tu veux du poulet ?

- ArrĂȘte.

- Non, merci.

- Il est bizarre, celui-lĂ .

- C'est les percus, ça l'a bousillé.

- Pourquoi "Yekea" ? - Il est toujours démonté.

- Hein ?

- Il a le cerveau en piÚces détachées.

- Je comprends pas. - C'est des vannes de quartier.

- Il faut aider ces jeunes. Vous pouvez pas les laisser

comme ça.

- On n'arrĂȘte pas. - Quoi ?

- On s'occupe d'eux, on a organisé des matchs de football.

On a un atelier peinture, un atelier théùtre. Je m'occupe de la chorale.

- J'adore la chorale !

- Moi non.

Percussions

- Écoute ça, Mister Fly.

...

- Ah, c'est ça, la névrose.

Ah...

- Oui, c'est ça, une Margherita.

Non. Pour deux personnes.

VoilĂ . Avec un Coca normal et un Coca Light.

Musique divine

- Si tu connaissais personne Bob Marley Davidson

Elle chantonne.

J'appuie sur la fenĂȘtre

Parce que je voulais Que c'est trĂšs propre, allez

Si tu connaissais personne Bob Marley Davidson

...

On frappe.

On sonne fort.

Ça va, oh !

Oh lĂ  lĂ . Tu vas pas casser la porte ?

- Ouvre la porte ! - Je te jure, il y en a... Oh lĂ  lĂ  !

...

Attends. - Alors ?

- Ça va.

- Oh !

Oh ! - Il est pas lĂ , le docteur.

Tu m'écoutes quand je te parle ? Le docteur n'est pas là aujourd'hui.

HĂ©, monsieur. Je te parle.

Mais il est pas lĂ . - Fait chier !

- Ouh lĂ  !

- Elle se fout de ma gueule ou quoi ?

Elle sait que le mardi matin, c'est ma séance.

Et ce matin, je suis mal, voilĂ  !

Je suis mal ! - Tu es mal ?

- C'est l'enfer, au commissariat. - Tu es un policier ?

Sanglots

...

- Inspecteur Grégoire.

Qu'est-ce que je lui ai fait, bon Dieu ?

Musique zen

Dix ans de service, une carriĂšre au top.

Il en a qu'aprĂšs moi.

Y a que moi qui trinque.

- "Il" ? C'est qui celui-lĂ  qui te fait toute la misĂšre ?

- Le commissaire Molino. Il m'a détesté dÚs le premier jour.

Je le hais. J'aimerais le flinguer.

- Tu sais...

Le pistolet,

c'est comme le sexe.

C'est-Ă -dire que tu as

la symbolique que tu es un homme Ă  travers le pistolet.

Ton pistolet.

- Je comprends rien. - Tu peux demander

aux plus grands psychanalystes : "Vilmakovak", "Drodinisco", Dr Fred,

il va t'expliquer.

C'est la libido. Tu fais un transfert sur lui. Tu crois que t'as le pistolet.

Non. Ton pistolet, c'est du sexe.

Tu es un homosexuel refoulé.

Tu veux niquer

le commissaire...

- C'est moi qui vais te niquer. Connasse.

- Ouh...

J'ai eu peur.

Musique triste

...

M. Jacques, ça va ?

- HĂ©, toi !

- Qui ? Moi ?

- Oui, toi. Viens par ici.

- Je peux pas. Il y a de l'eau.

- Je veux pas le savoir. Viens.

- C'est pas possible, c'est un aquaboulevard.

- Traverse !

- Tu crois que je suis le Grand Bleu ou quoi ?

Je vais plonger "en acné" ? - Te fous pas de moi !

Fais gaffe ! - Bon, je...

Je fais le tour. Viens.

Musique funky

- Déconne pas.

...

ArrĂȘte tes conneries !

...

ArrĂȘte, fumier !

...

ArrĂȘtez-le !

...

ArrĂȘte-toi, salope !

...

- LĂąche-moi ! J'ai rien fait !

Non, mais c'est quoi, ce bordel ?

- Au secours !

- Je vais te déchirer ! - Au secours !

...

- Fais pas le con !

...

- C'est pas vrai ?

C'est Djamila Popotame. Je reviens pas. Djamila !

Oh !

- Chouchou !

- C'est moi.

- Allez-y, les filles, je vous rejoins. Je crois pas mes yeux.

C'est la meilleure de l'année au top 50.

- Oh lĂ  lĂ  !

Ça va ? - Trùs bien. Chouchou à Paris,

je crois pas mes yeux. Chouchou Ă  Paris !

- Ma belle. Ça va ? - Qu'est-ce qui t'arrive ?

La poule mouillée ? - Si je te raconte...

Je suis dans une merde internationale.

Je suis poursuivie. Faut bouger. Y a trop du suspense.

- Je te donne des habits et tu me dis.

- Yallah. On y va. C'est par oĂč ? LĂ  ?

- Par lĂ . Viens.

Aziza m'a dit que tu avais traversé,

mais je croyais qu'on t'avait expulsée.

- Ça fait un moment que je suis lĂ . - Et tu ne m'as pas appelĂ©e ?

- J'attendais d'ĂȘtre installĂ©e. - DĂ©solĂ©e.

- Tu me connais, j'ai ma fierté, ma dignité. Je n'aime pas m'imposer.

Ça me fait plaisir de te voir. - Ça me touche.

- Non, je sais, faut pas.

Tu es toujours soupe au lait et trĂšs nerveuse.

Je te connais comme si je t'avais faite.

- Tu aurais pu me dire que tu étais là. On n'est pas des étrangers.

- Un peu. Avec ce qui vient de m'arriver, on l'est.

- Il t'est arrivé quoi ?

- On va s'asseoir, je me sĂšche et je te raconte.

- D'accord. - Une académie, il m'est arrivé.

Il est trop petit,

ton séchoir.

- Il vaut mieux un petit séchoir qu'un grand chez les autres.

- Oh, laisse tomber !

Waouh ! Elles sont bien, tes photos du bled.

J'ai vu ta mĂšre. Elle parle toujours de toi.

Ton frĂšre. Beau gosse.

Il a gagné le permis. Je l'ai vu...

Qu'est-ce qu'il y a ? Ah non. Si tu pleures, je pleure aussi.

Oh, alors ? Ça ira, ça ira.

- Parler du bled, ça me fait quelque chose.

- Yallah, je sais. Allez. S'il te plaĂźt, remonte.

- OK. - Je suis trop sensible.

ArrĂȘte. Non, j'aime pas. - C'est fini. Je te promets.

- Ah non...

Je suis fragile.

Je peux me casser comme un... Parle-moi de Hamid. Je veux le voir.

Il m'a manqué. - Hamid, ton neveu ?

- Oui. - Il travaille Ă  l'Apocalypse.

- L'Apocalypse ?

- Le cabaret, en bas.

Tu connais pas l'Apocalypse ?

Ce soir, on va lui faire la surprise du siĂšcle.

Il faut voir comment il est devenu.

C'est une bombe.

- Non ? - Tu sais comment elle s'appelle ?

Vanessa.

- Vanessa ? - Vanessa !

- Hamid Vanessa ? - Vanessa.

- Si Hamid s'appelle Vanessa, tu vas ĂȘtre qui ? Cindy Crawford.

Rires

Discussion au loin

... tu devineras jamais le geste qu'elle fait.

Elle m'a envoyé une boßte de chocolats. C'est le geste.

- J'ai jamais eu ça. Jamais, jamais.

- Les gens qui mangent du chocolat ont besoin d'affection.

- Oui, mais le chocolat, ça fait un peu...

- Laisse tomber ! C'est ici, l'Apocalypse ?

- Bonsoir. - Comment tu vas ?

- Salut, Mitch. Comment tu vas ?

- Bien.

- Bien ? - Ouais.

- Bonsoir, jeune homme.

- Salut.

- Bonsoir. Enchantée.

- Il y a du monde ?

- J'adore les discothĂšques.

- Tu t'en vas déjà ? - Oui. Je travaille tÎt.

- Salut, Stan. Ça va ?

- Ça va ? - Tu pars ?

C'est dommage.

Chouchou, s'il te plaĂźt. Tu me suis.

Musique romantique

...

Chouchou, on t'attend.

Tu dors ou quoi ?

"Tout simplement" (Bibie)

...

La voilĂ , ta Vanessa.

- Tout doucement

Envie de changer d’atmosphùre D'altitude

Tout doucement

Besoin d'amour pour remplacer l'habitude

- Viens. Suis-moi, Chouchou.

- C'est pas vrai !

- Hein ? Tu as vu ?

- Qui font de ma vie un enfer

Je l'aime encore, mais plus vraiment

Tout doucement

Sortie de ses draps et de son cƓur

Tout doucement

Sans faire de bruit Pour pas qu'il pleure

Tout simplement

Changer de peau Oublier tous les avants

Fermer les yeux Se sentir de nouveau

- Merci. - Autrement

- Chouchou.

- Tout simplement Fermée pour cause de sentiments différents

- Je la connais.

- Reviendrai peut-ĂȘtre Dans un jour, un mois, un an

Dans son cƓur, dans sa tĂȘte

Si encore il m'attend

- Je suis trop émue.

- Fermée pour cause De sentiments différents

Tout simplement Fermée pour cause d'inventaire

Dans mon cƓur, dans ma tĂȘte

Si encore il m'attend

Applaudissements

- Bravo, bravo !

- Merci. - Bravo, la star américaine.

- Merci beaucoup. - Oh là là ! C'est le fils de ma sƓur !

- Chouchou, le frĂšre de ma mĂšre.

Chouchou, ma petite coquine. - Bravo.

- J'en crois pas mes yeux. Wallah, ils sont pourtant ouverts.

- Tu es magnifique. Tu ressembles Ă  MylĂšne Farmer comme deux gouttes d'eau.

- Ce que je suis contente ! Alors tu as pu sortir ?

- Oui. Mais pas de l'auberge.

Dans le port, j'ai galéré. AprÚs, j'ai payé pour le visa.

AprÚs, j'ai déguisé zarma en Chilien, zarma réfugié politique.

Avec un poncho, je te jure.

Mais je me suis trompée. Là-bas, la dictature est finie.

Mais j'ai trouvé le pÚre Léon. - Léon de Bruxelles ?

- Non, non ! Ah non !

Non. ArrĂȘte. Ne rigole pas.

C'est un homme de Dieu. La classe.

Grùce à lui, j'ai trouvé le travail chez le Dr Midovavovich.

- Oui. - Tu es infirmiĂšre ?

- Non. Je fais la femme de confiance,

le ménage, la bouffe. Mais ça rapporte pas beaucoup.

- Tu veux travailler avec nous ?

- Non. Je suis pas encore prĂȘte pour le tapinage.

- N'importe quoi !

- Quel tapinage ?

C'est pour travailler ici avec nous comme serveuse, entraĂźneuse.

- Non. Ça fait longtemps que j'ai pas fait d'entraünement.

- Chouchou !

- Yekea ?

C'est pas vrai, celui-lĂ  !

Yekea.

Yekea !

Yekea, réveille-toi. C'est quoi, cette situation ?

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi moi ?

- Qu'est-ce que tu fais ici ? Pourquoi tu dors ici comme un... HĂ© !

- Quoi ? - Qu'est-ce que tu fais ?

- Tu crois quoi ? Je dors. - Fais voir tes yeux.

- Quoi ? - Fais voir tes yeux, en face-Ă -face.

Tu as bu de la drogue ?

- Mais non. J'ai rien pris du tout. Tu m'embrouilles, lĂ .

- Allez.

- Il est lĂ , l'autre ? - Chut !

Viens.

Yekea bĂąille.

- Waouh !

HĂ© ya !

- Il faut que tu dormes.

Tu touches pas ! Non ! - OK.

- Glisse-toi dedans. Tu auras pas froid.

- Tu m'as pris pour un Snickers !

- Écoute, ne m'Ă©nerve pas. Ça suffit, maintenant.

- Hallucinant. - Touche pas à ça.

- HĂ© ! Tu as une meuf ? - Non. C'est de moi.

- Comment ça ? T'es... - Je suis ce que tu veux.

- Oh là là. Attention. Moi, je suis pas branché cul.

Si tu m'as emmené ici pour faire des trucs moyenùgeux...

- Hmar. Regarde ta gueule, t'es en travaux.

Dors. - Je peux fumer un pet ?

- Il y a pas de pet ! Yekea, allez, tu dors.

- OK, OK !

- Tiens. - AĂŻe !

Il est sympa. J'aimerais bien en avoir un. - Chut !

- Au secours ! - C'est quoi, ce délire ?

- C'est frĂšre Jean. Il est malade.

- Aidez-moi ! - Il a craqué son slip, le Coco.

FrĂšre Jean pleure.

- FrĂšre Jean ! - Elle est en haut de l'armoire !

Elle est toute nue ! - Je vois pas. OĂč ?

- Juste au-dessus.

Elle est descendue en bas !

- OĂč ? - Elle a un string !

Un string rouge ! - Quelle couleur ?

- Elle est passée par là ! - Par ici ?

- Elle a enlevé son string !

Attention ! Elle est sur l'ordinateur.

- OĂč ? - Sur les rideaux.

- Je la vois pas. - Elle fait des grimaces.

- Attends. OĂč, frĂšre Jean ? - C'est lĂ .

- Montre-toi, si tu es une femme, nardinamouk !

On va la dribbler. Fais comme ça. Drible.

Attends.

On va lui faire comme dans le film avec Dracula.

Va-t'en !

Va-t'en, le diable camouflé !

Va dans le métro, Satanas !

Va dans le métro, Santanas ! Allez, va !

- Elle est partie.

- Elle est partie ?

Viens.

- J'en peux plus.

- Allonge-toi. - Je suis fatigué.

- Glisse-toi dedans. Comme ça, tu auras pas froid.

Allez.

Tu vois.

Si elle vient encore, tu lui sors ça.

L'arme fatale 4. Tu as compris ?

Mets ça à cÎté de toi. Voilà.

Fais tes mains comme quelqu'un de gentil qui dort, comme ça.

VoilĂ , gentil. Tu fermes les yeux.

VoilĂ , comme les enfants. Tu dors et tu fais des beaux rĂȘves.

Il souffle.

Je te chante une chanson ? - Oui.

- Comme ça, tu n'as pas peur. - J'ai peur, Chouchou.

- Je connais une chanson de quelqu'un qui avait peur.

C'est une femme.

C'est la mĂšre de Michel.

Elle avait peur de le chat.

Je vais te la chanter.

C'est la mĂšre de Michel

Qui a peur de le chat

Elle crie dans sa fenĂȘtre

Qui c'est qui lui rendra

C'est le pĂšre Lustucru

Qui lui a répondu :

"Tant pis, le chat d'ici

Je l'ai pas vu"

Ah, l'air du Traviata

Ah, l'air du Traviata

Ah, l'air du trav et trav et trav Et Traviata

Allez, tu dors bien.

Ça y est, tu dors, frùre Jean.

Il faut pas que tu t'inquiĂštes.

VoilĂ .

Il m'a couru derriĂšre dans toute la ville.

Je sais pas ce qu'il veut.

- Tu es tombée sur le gros lot. Pendant quatre ans, il m'a épuisée.

Ça n'a donnĂ© aucun rĂ©sultat. Son cas s'est aggravĂ©.

Je veux plus m'en occuper, mais il s'accroche.

Ces pruneaux ont l'air délicieux. - Merci.

C'est fait avec le cƓur. Ah, c'est chaud !

- C'est un dangereux psychopathe.

Il est victime du malaise de la police.

Il a fait une fixation sur moi.

Je veux plus avoir affaire Ă  lui.

Hum ! Merci.

- Il va me faire des problĂšmes ?

- S'il essaie, on portera plainte.

- AprÚs, moi, je me retrouve expulsée.

- Non. ArrĂȘte de t'angoisser.

Ça se passe comment, à l'Apocalypse ?

- TrĂšs, trĂšs bien.

TrĂšs bonne clientĂšle, trĂšs bonne ambiance.

Il y a beaucoup d'intellectuels.

J'ai servi une vodka-orange Ă  "Filkinkraut".

Il est venu

avec "Péjadas" et Samantha Fox.

Applaudissements

"L'amour Ă  la plage" (Niagara)

...

- Ce soir

J'irai danser le mambo

- J'arrive, j'arrive !

La mĂȘme chose ? À tout Ă  l'heure.

- Sous les lambris rococo

...

La nuit

Viendra me faire oublier

Tu me feras rĂȘver

Comme les chansons d'été

...

- C'EST L'AMOUR À LA PLAGE...

AHOU, CHA CHA CHA !

- Et mes yeux dans tes yeux

- AHOU, AHOU !

- Baisers et coquillages

- AHOU, CHA CHA CHA !

- Entre toi et l'eau bleue

- AHOU, AHOU

...

- La mer

Quand vient le temps des vacances

C'est le temps de la danse

Entre tes bras...

- Allez, allez ! - Allez, allez !

- Donne-moi des glaçons.

- J'ai le cƓur tout retournĂ©

LĂ , je t'embrasserai

Jusqu'à la fin de l'été

...

C'est l'amour Ă  la plage

- AHOU, CHA CHA CHA

- Et mes yeux dans tes yeux

- AHOU AHOU

- Baisers et coquillages

- AHOU, CHA CHA CHA

- Entre toi et l'eau bleue

- AHOU, AHOU

- Bonjour, Chouchou. - Bonjour, mon pÚre Léon.

- Ça va ? - Ça va bien, alhamdoullah.

- On ne te voit pas beaucoup. Ça va toujours, avec notre amie ?

- Chez Dr Jimojolavovitch ?

- Oui. - Oui. TrĂšs, trĂšs bien.

Elle est gentille avec moi. Je travaille, j'organise, je s'occupe.

Et le soir, je prends des cours du soir.

- Tu prends des cours ? - Oui.

Des cours de... Comment on dit ?

La gestion hĂŽteliĂšre des hĂŽtels, de la finance...

Au niveau du management,

comment on peut spéculer l'administration.

VoilĂ .

J'organise, tu connais.

Voilà. Parce que moi, j'ai compris, pÚre Léon,

sans l'instruction... - Bon. Ça va.

J'ai compris. Dis-moi, j'aimerais que tu passes me voir un de ces jours.

- D'accord. Si tu veux, je viens dimanche.

- Par exemple, aprĂšs l'office.

- Le fils de qui ?

Tambours

- Alors, comment préparer un biberon ?

On ouvre le biberon.

On le ferme comme ça et puis, on se démerde.

Rires

- Il a bu. Il a picolé. - Non. Il est toujours comme ça.

- Viens ici. ArrĂȘte de courir, tu vas trop maigrir.

- N'importe quoi.

- Allez. J'arrive, deux secondes.

Oh là là, laisse tomber. C'est pour vous, les glaçons ?

- Et notre bouteille ?

- Ça va ?

- Pardon. Je sais pas comment j'ai tombé.

C'est Ă  cause du stress, les commandes...

- Je comprends. - Ça va, ça vient.

- Bien sûr. - C'est gentil.

- Il faut faire connaissance, maintenant.

- Stanislas de la Tour-Maubourg.

- Chouchou, de la Place Clichy.

Pardon.

Merci. - De rien.

- Excusez-moi. Je suis désolée. - Tout va bien.

Musique douce au piano

"Si j'étais un homme" (Diane Tell)

...

- Moi, si j'étais un homme

Je serais capitaine

D'un bateau vert et blanc

D'une élégance rare Et plus fort que l'ébÚne

Pour les trop mauvais temps

Je t'emmĂšnerais en voyage

Dans les plus beaux pays du monde

Je ferais l'amour sur la plage

En savourant chaque seconde

OĂč mon corps engourdi s'enflamme

Jusqu'Ă  s'endormir dans tes bras

Je suis femme et quand on est femme

On ne dit pas ces choses-lĂ 

...

Je t'offrirais de beaux bijoux

Des fleurs pour ton appartement

Des parfums Ă  vous rendre fou

Et juste à cÎté de Milan

Dans une ville qu'on appelle Bergame

Je te ferais construire une villa

Je suis femme et quand on est femme

On n'achĂšte pas ces choses-lĂ 

...

Il faut dire

Que les temps ont changé

De nos jours, c'est chacun pour soi

Ces histoires d'amour démodées

N'arrivent qu'au cinéma

On devient économe

C'est dommage

Moi, j'aurais bien aimé

Un peu plus d'humour et de tendresse

- Mais, toi, ça te fait pas un problÚme ?

- Non.

Je vis ce que je ressens sans me poser de questions.

Ouais. C'est comme ça.

J'ai commencé à fréquenter l'Apocalypse, au début,

sans vraiment savoir pourquoi.

Sans vouloir me l'avouer.

C'est plus tard que j'ai compris que j'avais une attirance...

pour ces papillons de nuit qui me fascinent.

Musique douce

Je sais pas.

- Et moi, tu crois que je suis un papillon de la nuit ?

- Toi, tu es un soleil de la nuit.

...

Chouchou.

Je crois que je suis en train de tomber amoureux.

- Je vais m'affaler dans le sol. - Non. Je suis lĂ , mon amour.

- Ça me fait du bien d'entendre ça, mais tu sais le problĂšme Ă©pineux.

- Mais non. Il n'y a aucun problÚme qui va nous séparer.

J'ai envie que tu sois et que tu vives avec moi, telle que tu es.

- C'est trop de bonheur.

C'est trop.

- Pleure pas, mon amour. - Je pleure pas.

- Tu sais ce que j'aimerais ? - Non.

- Te faire visiter ma ville. - Oui.

- D'accord ? - Oui.

- Tu veux aller faire un tour sur les Champs ?

- Tu sais ce que je rĂȘve de voir Ă  Paris ? La premiĂšre chose ?

- Non. Dis-moi - C'est mon rĂȘve.

- Dis-moi.

...

Attention. - Hop lĂ  !

Waouh. C'est émouvant.

C'est là qu'elle s'est décédée, Lady Di ?

Ouh lĂ  lĂ .

Quel destin elle a eu, cette femme.

Elle avait tout, tout.

Pour moi, c'est le symbole de l'amour Ă  outrance, Lady Di.

Et voilĂ . Du jour au lendemain...

Vrac !

Le hmar, il conduit en diagonale et...

Quel destin !

J'adore les sushis !

Stanislas.

Je veux te dire quelque chose. - Non.

- Je veux te dire quelque chose.

- Ne dis rien car c'est moi qui voudrais te dire quelque chose.

- Une bonne nouvelle ?

- Oui. Je voudrais te présenter à mes parents.

- Ah non. Ça me fait plaisir, mais ça fait peur.

- Non. Ils sont charmants. Et je leur ai tellement parlé de toi.

- Je leur dirai quoi ? Il faut préparer.

- Non. Il n'y a rien à préparer.

- Il faut faire une répétition. - Mais non.

On s'en fiche. On y va, comme ça.

Vibreur

...

...

*- Stanislas ?

- Oui, maman. *- Je te dérange ?

- Je t'écoute. *- C'est quoi, cet excÚs de vitesse ?

- Qui t'a raconté ça ?

*- C'est ton cousin Blaise. - De quoi il se mĂȘle ?

*- Le problÚme, ce n'est pas ça.

- Pas la peine de me gronder. *- Tu entends ?

*Rouler Ă  250 km Ă  l'heure sur la route de Blois !

- Non. J'ai jamais roulé

Ă  250 sur la route de Blois. *- Monstrueux. Et te faire poursuivre

*par les gendarmes sur dix kilomĂštres. Ils ont dĂ» te retirer des points.

- Comment il le sait ?

*- Avec les 15 points de l'an dernier. - C'est un radar.

*- Tu n'es plus un gamin. Je me fais un sang d'encre, moi.

*Si ton pÚre apprenait ça, il pourrait se fùcher.

*Et puis, ça fait une semaine qu'on ne t'a pas vu...

Musique cocasse

...

- Non, maman.

Maman, Ă  chaque fois, tu me...

*- Je vais te tirer les oreilles.

- Tu sais, je...

Je vais avoir une surprise, bientĂŽt.

Bon, maman...

Maman, je t'entends plus.

Musique orientale

- Il te faut un régime diététique. - Il va pas manger trois kilos d'ananas !

- ArrĂȘte de faire la folle !

- Karima, tu me fais un massage ?

- Tu as fait l'épilation. - Mais j'ai pas fait le maillot.

- Tu l'as pas fait ? - Non.

- Vous ĂȘtes le maillot faible !

Rires

C'est propre ici, au moins ?

- Tu crains rien. Il y a la Javel. - D'accord.

- Bismillah. C'est chaud, c'est bon.

- Stanislas...

Il va me présenter

avec ses parents. - Ah oui !

Youyous

- ArrĂȘte. ArrĂȘte ! - Pourquoi ?

- Tu me fais la honte. Pardon.

- Chouchou, pour voir les parents, il faut que tu sois classe. Hein, Djamila ?

- Ah oui.

- Je te fais

une épilation. AprÚs, on voit pour la robe et les souliers

que je te prĂȘte. - Combien tu pointes ?

- 46 et demi.

- 46 et demi ! C'est les pieds de DamoclÚs, ça !

Ça va pas ? C'est trop ! - Chouchou,

je suis content.

Ils chantent en arabe.

...

- Bonjour. - Bonjour.

- Il est là, pÚre Léon ? - Il est dans le confessionnal.

- Oh...

Tu veux te confesser, Chouchou ?

- Oui, mon pĂšre, je...

Je veux tout dire de A jusqu'à Z. Ça y est.

- Allez, viens.

Allez.

N'aie pas peur, viens.

Allez.

Parle, mon fils. Parle.

Tu es dans la maison de Dieu.

Rien de ce que tu diras ne sortira d'ici.

- D'abord, mon pÚre, je veux commencer du début.

Jamais j'ai tué quelqu'un ou je vole ou...

ou quelque chose comme ça.

Des fois, je fais des mensonges pour sortir ma tĂȘte d'un problĂšme.

Je fais pas souffrir quelqu'un d'autre.

Je crois que mon enfance, mon pĂšre,

était trop difficile.

Avec mon pÚre qui était trÚs pauvre.

LĂ -bas, au bled,

il travaillait dans le port.

Il levait des cartons et les mettait dans des bateaux qui partent.

C'est pour ça que je rĂȘve toujours que je suis un carton.

AprĂšs, quand j'ai eu six ans et demi, ma mĂšre est morte.

Elle voulait s'accoucher d'une petite sƓur,

et elles sont parties toutes les deux.

C'est ma grand-mÚre qui m'a élevé.

Une femme... Je l'oublie jamais.

Une femme comme ma mĂšre.

Elle me disait toujours : "Chouchou, comme tu es beau."

Tu vois, des choses, quand tu t'en souviens, ça fait plaisir.

Elle me disait : "Tu es différent des enfants de la rue."

Parce que je ne jouais pas Ă  la violence.

Et aprĂšs, je suis devenu Chouchou.

Tu me donnais une poupée, quand j'étais petit,

je pouvais jouer trois heures ou quatre heures.

Mais malheureusement, on n'avait pas la poupée.

Chouchou renifle.

Alors je suis venu ici aprĂšs.

Je veux dire merci Ă  toi, merci Ă  mon Seigneur,

merci Ă  Dr Nicole que je travaille.

AprÚs, j'ai trouvé l'Apocalypse. alhamdoullah.

Je dis la vérité.

C'était un deuxiÚme travail.

J'y ai trouvé une ambiance que je connais, que je me sens bien,

oĂč personne ne me juge, oĂč personne ne va rigoler de moi...

Et là-bas, mon pÚre, j'ai rencontré Stanislas.

Un homme...

qui est plus qu'un homme pour moi.

Quelqu'un que je suis amoureuse de lui.

C'est quelqu'un de bien.

De famille.

TrÚs bonne situation. Son pÚre, c'est lui qui a inventé la grenadine.

Alors je demande, mon pùre, du fond du cƓur...

Je veux m'épouser avec lui.

Et je veux que tu me donnes la bénédiction.

S'il vous plaĂźt.

Mon pĂšre ?

Mon pĂšre ?

Tu dors ?

Mon pĂšre ?

Tu as attrapé la crise cardiaque ?

- Non, Chouchou. Non.

J'ai bien tout entendu.

Tout.

"Sentimentalita Chou Chou Chou" (Gilles Tinayre)

...

- Ça me fait plaisir de les rencontrer,

mais j'ai peur Ă  cause de ce que tu sais.

- Oh ! J'ai plus 15 ans, ça va.

Je vis la vie que j'ai envie de vivre en toute liberté.

Ils sont mĂȘme assez fiers que je vole de mes propres ailes.

S'ils comprennent pas ça, tant pis. - Je sais.

Mais j'ai peur parce que tu sais comment je parle.

Les mots arrivent pas dans l'ordre.

- Mais non. Tout ira bien, mon amour. T'inquiĂšte pas.

...

- Je crois que c'est bien si tu regardes un peu la route.

- Oui.

...

- Bonjour, M. Stanislas. - Bonjour, Max.

- Mademoiselle.

Ils vous attendent depuis une heure. - Mais comment ?

- Mme La Tour-Maubourg, je ne vous dis pas.

- Allez, viens. - J'ai peur.

- Tu as peur de quoi ? Ils font de trĂšs bons desserts.

Musique classique

...

- Chéri...

C'est beau, c'est bissextile.

- Bonjour, maman. - Mon petit Stan d'amour.

- Non, maman. Je te présente Chouchou, ma fiancée.

- Oh, Chouchou. Stanislas m'a tellement parlé de vous.

Vous ĂȘtes exactement comme je l'imaginais.

Belle et mystérieuse. - Merci beaucoup. Vous aussi,

vous ĂȘtes comme il m'avait dit.

Ici, avec votre mari. - Dans mes bras, mes enfants.

- Bonjour, papa.

- Je suis trĂšs heureux. - Merci beaucoup, M. Stanislas.

- Tu vois ?

- Madame, monsieur, bonjour. - Bonjour.

- Qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?

- Ils font un thé divin. - Ah oui ?

- Ceylan.

- C'est long ?

- C'est leur spécialité.

- Non. Si c'est long, je vais prendre...

Ah !

La grenadine.

Chouchou rit.

- Tu vois ?

- Parfait. Et monsieur ?

- Un Gini sans glaçons,

s'il vous plaĂźt. - Je vous en prie.

- Alors,

ce Shakespeare, hier soir ?

- C'était un vrai beau moment

de théùtre. Hein, Chouchou ?

- J'adore Shakespeare, Richard III.

J'ai pas tout compris. J'avais pas vu le un et le deux.

Mais j'avais saisi l'ambiance et de quoi ça s'agit.

- Alors vous ĂȘtes dans la psychanalyse ?

- Oh ? - Bah si.

Si, si.

Dis, Chouchou.

Modeste.

- Oui. Je collabore avec le Dr Milavovovich.

Je travaille un peu pour elle.

J'ajoute mon petit grain de sel.

- Je suis en analyse depuis dix ans. - Han !

Oh lĂ  lĂ  !

Votre psy, c'est un lacanien ?

- Non. Il est français.

- Tu sais que...

Rires

- J'aime bien, car chacun rigole et aprĂšs, tout le monde, il est content.

- Oh lĂ  lĂ .

- Avant de venir, j'avais le tract. Oh lĂ  lĂ  !

Sonnette

- Ouvrez cette putain de porte !

Je vais la dĂ©foncer sinon ! - Ça va pas ? Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Je vais la dĂ©foncer ! - Ça va pas ou quoi ?

Chouchou hurle. - Recule, pédale !

- Que se passe-t-il ?

- Au secours !

- Dans son bureau ! Allez !

- Qu'est-ce que c'est ? - Bouge !

- Qu'est-ce que ça veut dire ? - Vous allez m'écouter.

Ou je lui fais sauter le caisson ! - Pas le pistolet.

- Vous allez vous calmer.

- Si je veux !

Sanglots

Moi, je n'aurais pas le droit

Ă  votre intĂ©rĂȘt ? Je peux crever ?

Me débrouiller tout seul ?

Je peux devenir cinglé ? Et lui, vous l'aidez,

cette tapette qui se travestit. - Docteur.

- Bon. Calmez-vous. Que voulez-vous au juste ?

- Je veux reprendre mon analyse et aller jusqu'au bout !

- Je l'ai dit, c'est impossible.

C'est pas en me menaçant... - Nicole.

Nicole, je t'aime ! - Non !

ArrĂȘtez ! Non !

Vous ĂȘtes dingue !

- Oh lĂ  lĂ  !

- Non !

- Non ! Pas le vase ! Non !

Non ! Non !

- Docteur. - Mon vase de Tienzawing.

- Je crois que je l'ai tué ! - Mon vase...

- Il a le sang qui coule. Je crois qu'il est mort. On est dans la merde.

Musique mélancolique

...

Salut. - Salut.

- Ça va ? - Et toi ?

- Merci, ça va.

- Tu voyages ou quoi ?

- Non. Je vais chez Vanessa. Elle m'héberge un peu.

- C'est sympa. - Je suis pas bien.

- Pourquoi ? - Je t'expliquerai.

- Demain, on se fait un hammam ?

- Avec plaisir. Je rebondis sur l'occasion.

J'ai besoin de laver ma tĂȘte et mon corps en un seul coup.

- T'as raison, il faut décompresser. - J'y vais. Merci. Ciao.

- Salut. - Bye bye. Merci.

- Chouchou, c'est moche la marque de la culotte sur le jean.

- Je dois faire quoi ? - Mets un string.

- Tu crois que j'ai le moral Ă  "stringuer" ? Tu me connais.

Musique intrigante

...

- Toi, tu restes lĂ . Tu touches Ă  rien.

...

- Je comprends trĂšs bien. Mais que voulez-vous savoir ?

- Eh bien, nous recherchons quelqu'un qui travaille chez elle.

Un jeune homme trĂšs dangereux.

Un Ă©tranger aux mƓurs Ă©tranges.

Vous me comprenez ?

Vous l'avez peut-ĂȘtre vu Ă  l'Ă©glise ou avec le docteur.

- Non.

- Le Dr Milovavovich n'est pas sortie d'affaire.

Complicité d'agression sur un policier.

Accueil et protection d'un clandestin.

- C'est l'heure de mon office. - Faites, mon pĂšre.

VoilĂ  ma carte.

Si par hasard,

vous avez une information susceptible de nous aider.

- Je la garde.

Je ne pense pas avoir Ă  l'utiliser.

- Allez, viens. Je te montre oĂč tu t'installes.

J'ai fait une place pour toi.

Les petites affaires, tu les mets dans la commode.

Les choses intimes, dans la salle de bains.

Si tu veux te maquiller, bienvenue.

Il y a tout ce qu'il faut. - Merci. Tu es la bonne Samaritaine.

- LĂ , tu as un futon. Tu vas ĂȘtre trĂšs bien.

Une couette avec des plumes qui te caressent quand tu dors. Le top !

- Merci. Tu sais, je pense pas au confort.

Je suis dans l'angoisse totale.

- Quelle angoisse ? Ici, Chouchou, tu es tranquille.

L'Apocalypse est en bas. Personne ne te voit.

Tu fais ton travail tranquille. Qui va venir te chercher ici ?

Tu sors pas, tu prends pas le métro.

Hein ? MĂȘme le vent te touche pas.

- Je suis pas bien, je te jure....

J'ai lĂ ... Tu sais.

- Ça peut aller trùs loin, cette histoire. Trùs loin !

- Mon vase de Tienzawing. Oh, c'est pas possible.

OĂč vais-je en trouver un autre ? - Vous ĂȘtes en garde Ă  vue.

En attendant que...

je vous mette en examen.

- Vous ĂȘtes un grand malade.

Rire hystérique

...

- Pardonnez-moi, Seigneur.

Pardonnez mes mensonges.

J'ai toujours agi selon ma conscience.

Encore une fois, je vous demande pardon,

parce que je vais agir encore selon ma conscience.

- PÚre Léon.

J'ai une information importante Ă  vous communiquer.

L'inspecteur Grégoire voulait savoir si je connaissais Chouchou.

- Et ? - Une chose s'est passée.

- Je suis au courant. - J'ai rien dit.

Mais qu'est-ce qu'on fait, pÚre Léon ?

- Prier, frĂšre Jean. Seulement prier.

- D'accord, mon pĂšre.

Vacarme

Oh...

- C'est la ouate - De toute les matiĂšres

C'est la ouate qu'elle préfÚre

Passive, elle est pensive

En négligé de soie

- C'est la ouate

- Pas bosseuse

Et tous les beaux mecs s'usent

- "Cher mon amour,

Je t'écris ces quelques lignes

en espĂ©rant qu'elles vont trouver ton cƓur,

ta tĂȘte et tes yeux

bien-aimés."

- En négligé de soie

- C'est la ouate

- De toutes les matiĂšres

C'est la ouate qu'elle préfÚre

Passive, elle est pensive

En négligé de soie

- C'est la ouate - De toutes les matiĂšres...

- "Tu me manques

comme une épluchure peut manquer à son orange,

comme la pluie

manque au parapluie,

comme le chocolat

manque aux petits enfants."

- À son vocabulaire

Amour par terre

Et somnifĂšres

En d'autres mots

Elle se laisse faire

- "Cher Stanislas, pour finir cette petite lettre,

j'espĂšre qu'un miracle de Dieu

ou de quelqu'un d'autre que je ne connais pas,

peut nous sauver et peut nous ramener."

- IL EST NÉ, LE DIVIN ENFANT

CHANTONS TOUS SON AVÈNEMENT

DEPUIS PLUS DE 4 000 ANS NOUS ATTENDIONS

CET HEUREUX TEMPS

IL EST NÉ, LE DIVIN ENFANT

JOUEZ HAUTBOIS RÉSONNEZ MUSETTES

IL EST NÉ

LE DIVIN ENFANT

CHANTONS TOUS SON AVÈNEMENT

AH, QU'IL EST BEAU QU'IL EST CHARMANT

AH, QUE SES GRÂCES SONT PARFAITES

AH, QU'IL EST BEAU QU'IL EST CHARMANT

QU'IL EST DOUX, CE DIVIN ENFANT

- Hein, qu'il a un beau chapeau ?

- Tu montes, mon chéri ?

Musique rythmée

...

...

- Je suis dans un état, laisse tomber.

- Je te préviens. Elle ne dira rien.

MĂȘme condamnĂ©e, pas un mot.

Toi seul peux faire quelque chose.

Fais, mais en ton Ăąme et conscience.

- Ma décision est déjà prise. Je vais aller au commissariat raconter tout,

de A jusqu'Ă  Z, direct.

De toute façon, on est entre les mains de celui qui est en haut.

- Je peux me dénoncer à ta place. Je risque rien.

- Non merci, Coco. Je veux le faire. J'ai ma fierté, j'ai mon orgueil.

Sinon, je peux plus me regarder dans la glace.

- Je serai pas bien loin.

- PÚre Léon.

- C'est bien.

- Vanessa, je te donne une lettre. Tu la donnes Ă  Stanislas.

Tu lui dis que je raconte tout dedans.

Dis-lui aussi que toute ma vie, je pense Ă  lui.

- D'accord. Compte sur moi.

Allez. Bon courage, ma belle.

Musique triste

...

- On m'a jamais écrit une lettre comme ça.

Ouais.

La vie, c'est bien de la merde. - Eh oui.

- Voilà le petit café. Tu vas voir, ça va te faire du bien.

Allez, courage. - Ça va ?

Fais voir tes yeux.

- Allez, et que ça saute !

- Ça va aller.

- C'est toujours pareil. Pourquoi c'est toujours...

- Stanislas !

Ça va aller.

Viens, ma petite coccinelle.

Viens lĂ , allez, viens. Tiens.

Reste avec moi, voilĂ .

Je vais m'occuper de toi. Ça va.

Musique menaçante

...

- Tu reconnais

m'avoir agressé. C'est trÚs bien.

Mais ça ne changera rien ! Ni pour toi, ni pour elle.

Séjour illégal en France.

Agression contre un fonctionnaire de l'État.

Travail au noir.

Je te transfĂšre chez mes copains de l'Immigration.

Pensée inaudible - C'est FrÚre Jean qui t'envoie ?

Musique divine

Alors tu es pas Dracula ? - Oh ! Est-ce que t'as compris ?

...

Pensée inaudible - Tu peux pas parler, c'est ça ?

Tu peux pas donner les nouvelles de Stanislas ?

- Alors ! Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

Vous ĂȘtes complĂštement dingue, inspecteur GrĂ©goire !

Vous vous rendez compte ? Heureusement, Berthier m'a prévenu.

Vous venez de gĂącher mes vacances

avec vos conneries.

- M. le commissaire... - Le Dr Milovavovich,

estimée de tous, membre du conseil municipal !

Vous osez la retenir pendant 24 heures, arbitrairement,

sans lui laisser consulter son avocat,

aprÚs l'avoir agressée dans son cabinet !

Mais c'est la quatriĂšme dimension, ma parole ! Vous allez

vous grouiller et m'arranger ça ou...

Et ça, c'est qui ? - Rien, c'est rien.

- Que fait-il dans mon bureau ? - Il allait partir.

- Oui. - Allez, hop !

- Je peux ? - C'est bon.

- Allez ! - Allez-y.

- Merci beaucoup, merci.

- C'est mes lunettes de soleil ? - Merci.

- Je les ai cherchées partout. - Merci, madame.

- Vous savez tous pourquoi nous sommes réunis.

L'injustice dont Chouchou a été victime ne peut laisser personne indifférent.

D'ailleurs, il est écrit

que l'étranger, c'est avant tout celui qu'on ne reconnaßt pas,

parce qu'il n'est pas d'ici, pas comme nous.

Il surprend.

JĂ©sus n'avait pas Ă©tĂ© reconnu par les disciples d'EmmaĂŒs,

qui, pourtant, ne parlaient que de lui.

Ils attendaient quelqu'un qui correspondait Ă  l'image

qu'ils se faisaient du Christ,

quelqu'un qui les délivrerait.

Jésus les a délivrés, mais pas à la maniÚre dont ils l'entendaient.

Il les a dirigés vers un nouveau chemin.

- Chouchou !

- Chouchou ?

Musique rock

...

Marche nuptiale rock

...

- Ils s'embrassent sur la bouche.

- Et alors ?

...

"Sentimentalita Chou Chou Chou" (Gilles Tinayre)

...

- J'adore les fleurs !

...

Salut, GĂ©raldine. Ça va ?

Attention. Si tu déchires encore une fois les habits,

plus de Stimorols. Tu me connais.

J'ai qu'une parole. Regarde-moi.

...

- Comment il s'appelle ? Le doigt... Le doigt...

- Le doigt de Boulogne !

Rires

- Et le petit doigt,

comment il s'appelle ?

- "Pour les oreilles" ? Le coton-tige.

...

Qu'est-ce qu'il y a, Fred ? Tu te dis Chouchou va casser le vase ?

Non. Hop lĂ  ! Hop ! Hop !

...

Tu veux du café ? - Non. Je me morfonds.

...

- Non. Je sais bien. Quand t'es mort, t'es mort.

- Tu es trĂšs sensible, toi.

- L'incinération, ça me fait froid dans le dos.

- Non. C'est mieux.

Tu rentres dans le micro-ondes et tu ressors en poudre dans une boĂźte.

...

- Do you speak English? - Yes. Ah oui.

- Is this chair free? - "This" ?

- Is the chair free?

- Oh, you want to break free?

- No. Is the chair available? Is it free?

- No. This is "kids my life".

- So, it's not free?

- Look on the level 42.

And it's mine. Where's Brian? Brian is in the kitchen.

- Oh. Uh...

OK, right. Thanks a lot. - Fly away.

- OK.

Thank you. Excuse me.

- Bonjour, madame. Je peux vous aider ?

- Excuse me. Can I sit somewhere?

In the kitchen or with Brian or somewhere. Please.

- If you want, chicken with bread.

...

- La sexualité est exacerbée ou réprimée.

Dans ton cas, elle est réprimée par les tabous,

par la pression sociale et des pairs.

"Pairs", P-A-I-R-S. Le langage est important en psychanalyse.

"La pression des pĂšres", tu vas croire que ton pĂšre veut...

Non. C'est la pression de la société, elle te laisse pas tranquille.

Moi, je vis ma vie. Et depuis que je lis de la psychanalyse, attention,

c'est le festival de la liberté.

C'est le salon de "Je fais ce que je veux".

Laisse tomber, Las Vegas.

...

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