Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Numerisation et restauration avec le soutien de CHANEL
PARIS, TEXAS a 6t6 film6 � l'automne 1983,
et fut projet6 pour la premi�re fois au Festival de Cannes en mai 1984,
ou il a obtenu la Palme d'or.
La restauration num�rigue de ce film a �te effectu�e en 2024.
Le n�gatif original 35 mm a �t6 scann6 en 4K par 'lmmagine Ritrovata � Bologne,
avec le soutien du CNC.
La restauration et l'6talonnage ont ete realis�s par BASIS BERLIN Postproduktion.
Tu sais de guel c�te de la frontiere tu es ?
Tu asun nom ?
On a d� te couper la langue.
Ou alors,
tu as guelgue chose
a cacher.
Parce gue c'est sur :
tu m'entends tres bien.
Walter A. Henderson.
Je vais te poser une derni&re guestion.
Tu vois cette carte ?
C'est toi ?
C'est un parent a toi ?
Je vais appeler ce numero
et voir si on peut me dire gui tu es.
Je n'ai pas assez de lits pour des muets.
Ou se trouve votre h�pital exactement ?
C'est 0oU, ca ?
Bon, je viens le plus vite possible.
Dites-lui juste gue j'arrive, hein ?
Anne...
J'ai recu un coup de fil incroyable.
D'un h�pital dans le sud du Texas. Terlingua...
Ils ont trouve Travis.
Ou'est-ce gue tu vas faire ?
Je vais le chercher.
Ou'est-ce gue tu veux ? Je ne peux pas le laisser l�-bas !
Et Hunter ? Ou'est-ce gue je dois lui dire ?
Oue je suis en voyage d'affaires.
Non, pour Travis.
Tu devrais lui dire la verite.
La 10 jusgu'� Van Horn, la 90,
a Alpine, la 118 vers le sud...
Terlingua !
Vous devez �tre le frere du muet.
On n'en a pas tir6 un son.
Il doit avoir de dr�les de salades ?
Je ne sais pas. Je ne l'ai pas vu depuis guatre ans.
Pas possible !
Il en arrive, a un homme, en guatre ans.
Toutes sortes d'ennuis.
Des ennuis gui co0tent cher.
Dans cette contree,
un homme s'attire des pepins,
et ca peut coGter pour l'en sortir...
Vous me comprenez.
Je ne comprends pas.
Venez-en au fait, jaimerais voir mon frere.
D'abord, je voudrais vous demander...
Votre frere a-t-il jamais eu un accident de voiture ?
Un accident ? Non.
Pas gue je sache.
Alors il a d� se frotter a de dr�les d'oiseaux.
J'aimerais voir mon frere, si ca ne vous fait rien.
Il a disparu.
Ouoi, il n'est pas ici ?
Etj'ai fait tout ce chemin ?
Il est parti ce matin a l'aube.
Cela dit, nous avons ses affaires.
Mises de c�te.
Nous serons heureux de vous les remettre,
aussit�t reglee notre petite recompense...
Tu ne me reconnais pas ? Walt !
Ton frere VWalt.
Ou'est-ce gui a pu t'arriver ? Tu as un air de d�terre.
Viens, montons en voiture...
Tiens, tes affaires.
Je les ai recup&rees a la clinigue.
Sacr6 endroit pour atterrir. Je comprends gue tu te sois tire.
On a pas mal de chemin,
tu ne vas pas la boucler tout le temps ?
Je me sentirais seul.
Si tu me disais ou tu as disparu ces guatre ans ?
Tu as vu Jane ? Tu lui as parle ?
Anne et moi...
on avait a peu pres renonce.
On te croyait mort, vieux.
Tu veux faire ta toilette ? Prendre une douche ?
Je vais t'acheter des v�tements. Ca ne serait pas du luxe.
Tu fais guelle pointure ?
Une pointure de plus.
Cette barbe, ca sort d'ou ?
Dr�lement chic.
Un saut en ville, et je suis l�.
Ca me prendra un instant.
Tout ira bien, Travis ?
Je reviens.
Tu veux me dire ou tu vas, Travis ?
Ou'y a-t-il par l� ?
Iln'y arien du tout !
Tu ne me fais pas confiance ?
J'essaie simplement de t'aider, Travis.
Viens, tout va bien.
Viens dans la voiture.
C'est bon, des habits neufs, hein ?
Hunter, c'est papa.
Je te croyais au lit.
Devine gui je suis venu voir au Texas ?
Ton pere.
Tu te souviens de ton p&re ?
Pas du tout ?
II 6tait maigre ?
Tu sais guoi ?
Je vais l'amener � la maison.
Tu te souviens de ton petit garcon, Hunter ?
II vit avec nous.
Avec Anne et moi. Depuis ta disparition.
Nous ne savions pas guoi faire,
alors nous l'avons garde.
Un beau jour, il etait devant la porte.
Il a seulement pu dire gu'on l'avait amen6 en voiture.
Il ne savait pas ce gui vous &tait arrive, a toi et � Jane.
Nous avons tout fait pour vous retrouver.
Jane avait disparu, elle aussi.
Nous ne savions pas guoi faire.
Je ne sais pas si tu as eu des ennuis,
ce gui a pu se passer.
Mais bon sang, je suis ton frere.
Avec moi, tu peux parler.
J'en ai assez de parler tout seul.
Ras-le-bol, de ton numero de muet.
Tu peux parler !
Moi aussi, je peux me taire.
On ne dira pas un mot pendant tout le voyage.
Paris.
Tu es jamais all6 a Paris ?
On peut y aller maintenant ?
C'est un peu hors du chemin.
Je ne suis m�me pas alle en Europe.
Anne a toujours voulu.
Elle est francaise, tu te souviens ?
Mais on ne trouve pas le temps.
La boite ne me laisse pas souffler.
Ou'est-ce gu'ilya?
Ol on va ?
On prend l'avion pour L.A.
Tu n'as pas peur de voler ?
On va auitter le sol ?
Pourguoi ?
C'est trop loin par la route.
Deux jours de plus. Je n'ai pas le temps.
Pourguoi ?
C'est plus simple par avion. Plus rapide.
J'essaie de te ramener !
Apres, tu feras ce gue tu voudras.
Tu ne peux pas refuser de partir !
Tu n'es plus dans le desert ! Ca ne se fait pas !
Tu n'es pas tout seul.
Vous retardez tous ces gens !
Excusez-moi !
Ca commence � devenir ridicule.
Tu vas me laisser ?
Non, je ne vais pas te laisser.
Tu peux, ca ne fait rien.
Je ne sais pas, ch&rie. Il a panigue, c'est tout.
Inutile, ce n'etait pas l'avion. Il descendrait de nouveau.
On va devoir rentrer en voiture.
Ca prendra bien deux jours.
Pourguoi tenez-vous � la meme voiture ?
Elles sont pareilles.
Ce sont toutes des Thunderbird, des Oldsmobile, des Chevrolet...
Je ne suis m�me pas stre de la retrouver.
Mon frere a laisse guelgue chose dans la voiture.
Nos objets trouves vont s'en charger.
Non, il nous faut la meme voiture.
Je ne peux pas la retrouver !
Pourguoi pas ? Vous avez son num�ro.
Donnez-le-nous.
Vous ne pouvez pas entrer dans le parking.
Nous y sommes d�j� !
Je dois vous demander de revenir au bureau.
On n'aura pas la m�me voiture.
Mais je peux vous louer exactement le m&me mode�le.
Il nous la faut. Comment faire avec une autre ?
Donnez-nous le num&ro !
Soyez gentille !
Bon, le numero est 667 DJP.
Le capot est cabosse.
Ou'est-ce gue tu tiens ?
Une photo.
Une photo de guoi ?
Une photo de...
de Paris.
Une photo d'un morceau de Paris.
Ou tu as eu une photo de Paris ?
Je peux voir ?
Ca, c'est Paris ?
On dirait le Texas.
C'est ca.
Paris, Texas ?
Sur la carte.
Ca existe : Paris, Texas ?
C'est l� !
Pourguoi tu as une photo d'un terrain a Paris, Texas ?
C'est a moi.
Je sais, mais ou l'as-tu trouvee ?
Je l'ai achetee par correspondance.
Il y a longtemps.
Tu as achet6 une photo d'un terrain vide ?
Non, j'ai achet6 la terre.
Tu as achet6 ce terrain ?
Fais voir.
Il n'y arien.
Vide...
Ou'est-ce gui t'a pris d'acheter un terrain nu a Paris, Texas ?
J'ai oublie.
Tu te souviens du premier nom de maman ?
Mary.
Je sais. Non, avant... gu'elle rencontre papa.
Son nom de jeune fille ?
Tu as oublie son nom de jeune fille ?
Seguine.
Espagnole ?
Son pere I'etait.
Incroyable !
Tu t'es decid6 a manger !
Tu manges et tu parles !
Tu seras bient�t revenu chez les vivants.
Tu veux gue je conduise ?
Oui. Tu te souviens ?
Mon corps se souvient.
Tu pourras dormir.
Tu es peut-&tre pr�t
a me dire ce gui t'est arrive ces guatre ans ?
Non, pas encore.
Ou on est ? Oue s'est-il passe ?
On a auitte la route ?
Je ne peux pas dormir cing minutes !
Pourguoi tu as tourne ?
Je ne sais pas. Il n'y avait pas de nom.
Formidable.
On est en plein desert Mojave, dans un endroit sans nom !
Je peux retrouver la route.
II faut gue je te parle de Hunter.
Il a guel �ge ?
Il aura huit ans en janvier.
Il a sept ans.
Ce dont je veux te parler, c'est...
II fait partie de la famille maintenant.
Anne et moi, on est comme ses parents.
Anne est ta femme ?
Oui. Tu te souviens d'elle ?
Non. Il croit gue tu es son pere ?
Anne lui a dit gue tu venais.
Il me prend pour aui ?
Je lui ai dit gue tu es son pere.
Mais tu sais...
Tu esrest� parti longtemps, Travis.
Combien de temps ? Tu le sais ?
Ouatre ans.
Ca fait longtemps, guatre ans ?
Pour un petit garcon, oui.
La moitie de sa vie.
La moitie de la vie d'un garcon.
Je me souviens !
Pourguoi j'ai achet6e ce terrain.
Maman m'a dit un jour gue
c'est l� gu'elle et papa, pour la premiere fois,
ont fait l'amour.
� Paris, Texas ?
Elle t'a dit ca ?
Alors...
je me suis dit
gue c'est l� gue j'ai commence.
Moi, Travis Clay Henderson. Ils m'ont donne ce nom.
J'ai commenc�e la-bas.
Tu penses gue tu as ete concu l�-bas ?
Tu as peut-Gtre raison.
Papa avait une blague l�-dessus.
Il presentait maman
comme la fille gu'il avait connue a Paris.
Et puis il attendait...
pour dire "Texas", gue tout le monde pense...
II attendait, pour dire Texas...
gue tout le monde pense gu'il parlait de Paris, France.
Ca le faisait beaucoup rire.
Alors tu vis � Los Angeles ?
Oui, on vit dans les faubourgs, mais je travaille en ville.
Ou'est-ce gue tu fais ?
Des panneaux publicitaires.
C'est toi gui les fais ? Je les aime beaucoup.
Il yen a de tres beaux.
Je ne suis pas le seul � en faire.
C'est bien, hein ? On est l� depuis trois mois.
Mais ca nous a cotte les yeux de la t�te.
C'est comme ca, � L.A.
Tout va bien ici ?
Sauf gue tu nous as mangu�6.
Vous aussi.
Nous nous demandions si nous te reverrions jamais.
Ca fait si longtemps.
Tu as fait bon voyage ?
Oui, c'etait bien.
Hunter ?
Voici Travis.
Il devait faire chaud
dans le d�sert Mojave.
C'est b�te d'&tre venus en voiture.
Ou'est-il arrive ?
Travis ne tenait pas a prendre l'avion.
Je te comprends.
Je ne supporte plus les avions. Surtout depuis gu'on vit ici.
On n'entend gue des avions,
toute la journee.
J'aime les avions.
Tu prenais l'avion, autrefois.
Je me rappelle gue Jane
m'a dit gue vous �&tiez alles ensemble en avion � Dallas...
ou ailleurs.
Je me trompe peut-�tre.
Il n'a pas dormi dans un lit
depuis gu'on est en route, je te jure.
Ce n'est m�me pas la peine.
Ou dormait-il alors ?
II ne dort pas.
Il doit dormir guelgue part !
Il ne s'en servira pas, � mon avis.
II finira par se fatiguer !
Voil� une serviette,
des sous-vetements et des chaussettes de VWalt.
Je vais dormir.
Fais de beaux r�ves.
Tu les as cirees !
C'est tres gentil, Travis.
Tu veux entrer prendre le petit dejeuner ?
Tu n'as pas faim ?
Il y a des gaufres aux fraises.
Tu aimes ca ?
Tu en veux ?
Il y a du caf6 chaud, si tu veux.
Regarde le camion !
Tu vis a la dure, hein ?
Tu les as astiguees ?
Je peux t'avoir un boulot a l'aeroport.
Tu 6changes ces bottes neuves contre ces vieilles ?
Oui, vas-y.
Je file, j'emmene Hunter a l'ecole.
On revient dans Il'apres-midi.
Le numero du bureau de Walt est sur la table.
� tout � I'heure.
Je me disais... je pourrais chercher Hunter � l'6cole
et on rentrerait a pied ensemble, s'il veut bien.
C'est superbe.
Je ne veux pas rentrer a pied.
Tout le monde rentre en voiture.
Allons, ca ne te fera pas de mal
de marcher une fois dans ta vie.
Non, je ne veux pas.
Mais si ! I| t'attendra � la sortie.
Walt te dira ou c'est. Ce n'est pas loin.
Monte, Hunter. On est en retard.
Je peux venir avec toi ?
Je suis desolee, Travis.
Ce n'est pas facile pour lui.
Ca va, Anne. I| est ici.
- Ou'est-ce gue tu fais ? - Je conduis.
Tu vas ou ?
Je conduis, c'est tout.
Tu ne te caches pas ici ?
Hunter, Travis est ton vrai papa. Tu sais ca, non ?
Ouand va-t-on construire des astronefs comme des voitures ?
Je te pose une guestion. Tu peux repondre ?
Travis est alle te chercher a l'6cole,
il voulait rentrer avec toi.
Personne ne rentre a pied.
Ce n'est pas la guestion.
Travis est ton vrai papa
et il veut te parler.
De guoi ?
Bon, viens diner.
Tu te rappelles notre visite, il y acing ans ?
Toi et Jane, vous etiez au Texas, sur la c�te.
Hunter avait trois ans.
Tu ne te souviens pas ?
Moi, si. On est alles a la p�che.
J'ai fait du Super 8 pendant le voyage.
Tu veux peut-�tre le regarder.
- Ou'est-ce gue c'est ? - Des films. Du Super 8.
Peut-�tre gue Travis ne veut pas...
Peut-Etre gu'il veut attendre avant de voir...
� lui de d6cider.
Je pensais gu'il aimerait.
Du cinema ? Bien s�r.
Il y a des plans superbes de Hunter.
Je l'ai d6j� vu.
Eh bien, tu vas le revoir.
Aide-moi a monter le projecteur.
C'est moi gui conduis.
Tu seras bon.
Au lit, Hunter.
Sans discuter. Il est 22 h passees.
Bonne nuit, papa.
Bonne nuit, papa.
Tu crois gu'il l'aime toujours ?
Comment veux-tu gue je le sache ?
Je crois gue oui.
Pourguoi ?
Sa mani�&re de la regarder.
Ouand il |'a vue dans le film ?
Oui, mais ce n'est pas elle.
Comment ca ?
Ce n'est gu'elle dans un film...
il y a longtemps...
"dans une galaxie lointaine"�.
Oue cherchez-vous ?
Je cherche...
"le" pere.
Votre pere ?
Non, un pere, simplement. N'importe leguel.
Ca ressemble � guoi ?
Il y a toutes sortes de peres.
Un seul me suffira.
- Vous croyez le trouver l�-dedans ? - Je ne sais pas ou chercher.
Je vois. Vous voulez avoir l'air d'un pere ?
Dites-moi : Vous voulez �tre un pere riche ?
Pauvre ?
Entre les deux.
Iln'y a pas "d'entre-les-deux".
On est un p�&re soit riche, soit pauvre.
Riche.
Souvenez-vous d'une chose :
pour &tre un pere riche, il faut garder la t�te haute,
ne jamais regarder par terre.
Un peu plus haut !
II Taut marcher raide.
Avec dignite !
C'estca!
Oui c'est, ce type ? Tu le connais ?
C'est le frere de mon pere.
Ce sont deux freres. Non...
Ce sont deux p�res.
Laisse tomber.
- Pere de gui ? - Mon pere.
Tu as deux p�res ?
Un coup de veine.
C'est le costume de papa.
Je veux dire de Walt.
Tu peux l'appeler papa.
Oui, je lui ai emprunte. Il est d'accord.
C'est gui, ces photos ?
C'est mon papa.
Ton grand-pere.
Comment il s'appelait ?
Comme toi.
Ou il est ?
Il est mort
guelgues annees apr�s la photo.
Dans cette voiture.
Il est mort.
Tu peux sentir gu'il est mort ?
Tu le connaissais, guand il etait l�, gu'il marchait, gu'il parlait ?
Tu peux sentir gu'il n'est plus l� ?
Oui, parftois. Je sais gu'il est mort.
Je n'ai jamais senti gue tu etais mort.
Je sentais gue tu &tais l�, gue tu marchais, gue tu parlais,
guelgue part.
Je sens aussi maman.
Pas toi ?
C'est moi, dans la Marine.
Tu etais general ?
Non, c'est guand j'etais dans un orchestre.
Un orchestre etudiant.
C'est toi. J'aime cette photo. Regarde !
C'est dingue.
C'est bizarre guand il y a l'eau entre...
et gu'elle se change en rien...
Oui. C'est une superbe photo.
Et voili�a ma maman.
Ta grand-mere.
J'ai 'lmpression gue tout a change si vite entre nous
depuis l'arrivee de Travis.
Ou'est-ce gui a chang6 ?
J'ai peur.
Peur de Travis ?
De ce agui nous arrivera si nous perdons Hunter.
Nous ne le perdrons pas.
Alors pourguoi les rapproches-tu ?
On dirait gue tu veux gu'il s'en aille.
Tu sais de guoi je parle.
Tu pousses ce numero de pere et fils entre eux...
Ce n'est pas un num�ro !
Travis est son pere ! Hunter est son fils !
Nous l'avons toujours su.
Travis se trouve �tre mon frere.
Je sais.
Alors pourguoi dire gue je le pousse ?
Pour continuer a nous pretendre les parents du fils de mon frere ?
Tu crois gue Hunter marchera ?
Je n'ai jamais pretendu !
Je 'aime comme s'il etait ma chair et mon sang.
Moi aussi.
Tu ne dors pas beaucoup.
Je dois te dire guelgue chose.
Je ne voulais pas,
ca arrangerait tout gue personne ne le sache.
Je ne l'ai m�me pas dit a Walt ni a Hunter.
Ouand Hunter est venu habiter avec nous,
Jane appelait souvent
pour demander de ses nouvelles.
Elle m'a fait promettre de ne le dire � personne.
Elle demandait de mes nouvelles ?
Oui, au debut.
D'oU appelait-elle ?
Des endroits, au Texas.
Laisse-moi finir.
Apres ce gui s'est passe entre toi et Jane,
elle a decide gue Hunter devait vivre avec nous.
Ou'elle ne pouvait plus �tre une mere pour lui.
Elle avait cesse d'6tre sa mere bien avant !
Je ne veux pas te cacher guoi gue ce soit.
Elle etait jeune.
Elle voulait guelgue chose, et je n'ai pas su comprendre guoi.
Je ne mesurais pas la rage gue j'avais en moi.
Il ya un peu plus d'un an, elle a cesse d'appeler.
Je n'ai plus de nouvelles depuis.
Pas un mot.
Mais lors du dernier appel,
elle m'a demande d'ouvrir un compte pour Hunter.
Tout ce gue je sais de Jane,
c'est gu'elle va � la bangue
le 5 de chague mois,
et envoie de l'argent a Hunter.
Elle lui envoie de l'argent...
Parfois 100 dollars, parfois cinguante, ou cing.
Pour son avenir.
J'ai demande I'origine a la bangue.
Ca vient d'une bangue � Houston.
Je l'ai note, si tu veux.
- On est guel jour ? -Leler novembre.
Vous serez surpris les langes baisses !
C'est une promesse !
Je vous fais cette promesse sur la t�te de ma mere !
Notre Verte Deesse Terre,
comme tout individu gui n'est pas ne dans un e6gout,
devrait savoir jusgue dans la moelle de ses os !
Ils vous envahiront dans vos lits,
vous arracheront a vos saunas,
vous tireront hors de vos belles voitures de sport !
Iln'y a nulle part,
absolument nulle part,
dans cette vallee oubliee de Dieu.
Je parle de toute ma voix, d'ici
jusgue dans cette salete de desert Mojave
et plus loin, bien au-del� de Barstow
et jusgu'en Arizona.
Aucun endroit ne s'appellera Zone de S�curite !
Il n'y aura pas de Zone de S�curite !
Je peux vous garantir gue la Zone de Securite sera eliminee.
Effacee.
Vous serez tous deportes dans la Terre sans Retour !
C'est une traversee vers nulle part.
Et si vous croyez gue ce sera dr�le,
Une surprise vous attend.
Je suis peut-�tre une larve visgueuse,
mais croyez-moi : je sais de guoi je parle.
Je ne suis pas fou.
Et ne dites pas gue je ne vous ai pas avertis !
Je vous ai tous avertis !
Je croyais gue tu avais le vertige ?
Je n'ai pas le vertige, jai peur de tomber.
Ne regarde pas vers le bas.
Dommage, les choses n'ont pas le m�me aspect au sol.
C'est plus clair ici.
J'ai parle avec Anne hier soir.
Elle est assez troublee.
Je vais partir.
Je ne t'ai pas dit ca pour te faire partir.
� guoi ca servira ? Ca ne resoudra rien du tout.
Je ne sais pas. Je vais trouver Jane.
Comment ?
Ca fait guatre ans ! Elle a disparu.
J'ai tout essaye pour la retrouver.
Moi, je n'ai pas essaye. Je peux la trouver.
Ou'en sais-tu ?
Je le sais.
On peut descendre ?
Dis-moi ce gui est arrive !
J'en ai marre, de ce mystere � la con !
Je te traite comme un enfant g�te depuis gue je t'ai ramasse.
Dis-moi ce gui s'est passe entre toi et Jane !
Je sais, ca ne me regarde pas.
Je vais avoir besoin
d'argent, de cartes de cr�dit.
Pas de probleme.
Je te les rendrai.
Je veux la trouver !
C'est ta voiture ?
Cool !
Ce n'est pas mauvais.
Anne m'en donne tous les jours.
"La Vache aui rit". C'est collant.
C'est bon.
Ou tu es alle tout ce temps ?
Au Mexigue.
Pourguoi ?
Je n'avais nulle part ou aller.
Et maman ?
Je ne sais pas.
Maintenant, elle est � Houston.
L� ouily a le centre spatial !
C'est de ca gue je voulais te parler.
Je dois partir.
Je vais la retrouver.
Tu viens de me retrouver, moi ! Je peux venir ?
Mais Walt et Anne ?
Parce gu'on ne reviendrait jamais ?
Je ne sais pas guand.
Je veux venir.
Je veux aussi la trouver.
On part guand ?
Tout de suite.
On doit d'abord faire des achats.
II faut des vestes, des T-shirts, des brosses � dents, tout ca.
Et peut-&tre des talkies-walkies.
On ne sait jamais.
Tu sais ?
Toute la galaxie, tout l'univers
etaient comprimes en un point grand comme ca.
Tu sais ce gui est arrive ?
Ca a explose.
Les etincelles sont parties dans tous les sens.
Alors l'espace s'est forme.
Il n'y avait gue du gaz aui flottait.
-LaTerre ? - Oui.
La Terre etait vraiment du gaz.
Et le Soleil s'est forme et il etait si chaud
gue la Terre est devenue une grosse boule dure...
d'ocean. Rien gue I'ocean.
Il y avait des animaux marins.
Puis sous l'eau les volcans ont eclate.
La lave chaude a frappe Il'eau
et a forme la pierre, pour creer les terres.
Tu sais appeler en PCV ?
Tu dis a l'op&ratrice gue tu...
Je sais appeler en PCV.
Alors, appelle Walt et Anne.
Pourguoi ?
Pour gu'ils ne s'inguietent pas, gu'ils sachent ou tu es.
Ou'est-ce gue je dis ?
Dis-leur la verite.
Oue tu es avec moi et gue nous allons au Texas.
Ils vont flipper.
Je sais. Mais tu t'en sortiras.
Pourguoi pas toi ?
Je ne peux pas.
II faut gue ce soit toi.
Hunter, ou es-tu ?
Tu as vu I'heure ? Je te cherche partout.
Hunter, ecoute-moi.
Ou es-tu exactement ?
Comment, tu es � San Bernardino ?
Laisse-moi lui parler !
Tu vas bien ?
Ou'est-ce gue tu fais ?
Avec Travis ?
Ou allez-vous ?
Dis-moi ol tu es, exactement.
Elle s'appelle comment ?
Dis a Travis de faire demi-tour
et de revenir tout de suite.
Tu as compris ?
Passe-le-moi.
Ou'est-ce gue je fais ?
Raccroche !
Faut gue j'y aille, maman.
- IIs ont flippe ? - Elle, oui.
Tu ne regrettes pas d'�tre venu ?
Tu peux rentrer n'importe guand. Tu n'as gu'� me dire.
Je ne veux pas rentrer.
Je sais. Mais si tu changes d'avis.
J'ai 'habitude de l'appeler "maman".
Elle avait l'air si triste.
Je sais.
Comment sera maman, maintenant ?
Je ne sais pas.
Tu te souviens d'elle ?
Pas vraiment. Seulement par ce petit film.
Nous avions l'air heureux.
Garde ca.
Si un type pose un beb6e
et voyage une heure � la vitesse de la lumi&re...
S'il voyage a la vitesse de la lumiere
et gu'il revient une heure apres,
il aurait une heure de plus
mais le bebe serait un tres vieil homme.
Il irait a Houston en combien de temps ?
Dans les trois secondes.
Je n'ai pas entendu la fin.
II lui faudrait trois secondes pour aller de Californie a Houston
a la vitesse de la lumiere.
C'est Houston ?
Comment la trouver dans une si grande ville ?
Je sais ou elle sera.
Elle va deposer de l'argent dans une bangue.
C'est une dr�le de bangue !
On dirait un drive-in.
Je n'en ai jamais vu comme ca.
Moi non plus.
Il y aura tant de voitures gu'on ne la trouvera jamais.
Mais si. Allons !
On se separe, pour tout couvrir.
Les talkies-walkies vont nous servir.
C'est une idee !
Je te depose l�.
Tu m'entends, papa ?
Cing sur cing.
Hunter en position un, termine.
Travis en position deux. C'est couvert.
Je t'ai dit, ce ne sont pas des jouets.
Papa, elle sort de la bangue !
Amene-toi !
Papa, tu m'entends ?
Elle part de la bangue !
Reveille-toi !
J'arrive.
Elle est partie par l� !
Dans guelle direction ?
C'est elle, tu es s�r ?
Tu I'as vraiment bien vue ?
C'etait elle, jen suis sur.
Cette casserole ne va pas plus vite ?
Il y a dix mille voitures.
Laguelle est-ce ?
Plus vite, papa.
Elle etait de guelle couleur ? Rouge ?
Oui, une Chevrolet rouge.
Tu ne vois rien ? Je ne l'ai pas vue.
Tu dois m'aider. Tu la vois ?
Non, pas encore.
Je la vois !
Dans cette file !
- Celle de droite ! - Ca va, je la vois.
C'est elle ? Tu peux voir ?
Il y a deux voitures rouges.
C'est laguelle ?
Celle de droite... de gauche.
Celle de gauche.
C'est celle-l�, tu es s�r ?
J'espere.
Si on se trompe, on va devoir attendre un mois !
J'aurai huit ans.
Rapprochons-nous. Si on faisait signe ?
Non, pas trop pres, on pourrait lui faire peur.
Elle aurait un accident.
Je me demande ou elle va.
Peut-�tre au travail.
C'est possible.
Une voiture de fille.
C'est la sienne ?
Possible. Remonte, je te dirai mon plan.
Monte les vitres, ferme les portieres,
et si on te parle, papa est a l'interieur, il revient.
Cava?
Sergent Jojo, on vous demande cabine 22.
Les filles d'ici voient tellement de types gu'elles vivent seules.
Mais c'est dur, dans cette ville. Il y a beaucoup de violence.
De viols, de meurtres...
Nurse Bibs, on vous appelle cabine 7.
- Encore ? - Beaucoup de malades...
Un peu de rock'n'roll.
Cava?
Vous faites erreur.
Il est trop t�t,
les filles sont en bas.
Oui voulez-vous ?
Je veux voir une blonde.
Petite, cheveux plats, dans les 25 ans.
Elle descend. Ne guittez pas.
Oh, mon Dieu.
J'ai travaill� dans 23 des 24 cabines de cette boite.
Avec "Piscine", ca fait 24.
Ou'est-ce gue je peux pour toi ?
J'ai une idee :
du water-polo ?
Dis � Nurse Bibs ou ca fait mal, je te gu&rirai.
Pourguoi vous ne me regardez pas ?
Je te regarde !
Je suis par l� ! Vous ne me voyez pas ?
Si je te voyais, cheri, je ne bosserais pas ici.
Oue voyez-vous ?
Je vois ce gue tu vois : Nurse Bibs...
Nurse Bibs et un cheval gonflable.
Je vois.
Merci.
Tu es l� ?
Si ta lampe est allum�e, c'est gue tu dois �tre l�.
Ca ne fait rien si tu ne veux pas parler.
Moi aussi, ca m'arrive.
Des fois, j'aime ne rien dire.
Je peux m'asseoir ?
Ca ne te d�range pas si je m'assois ?
Merci.
Mes jambes se fatiguent � rester debout.
C'est ta premi�re visite ?
Tout ca doit te paraitre assez bizarre, non ?
Tu sais gue je ne te vois pas, m�me si tu me vois.
II Taut le temps de s'habituer.
Je regarde bien ton visage, l� ?
Ca ne fait rien.
Si tu veux parler de guelgue chose,
je vais 6couter, d'accord ?
J'6coute vraiment bien.
Je peux faire guelgue chose pour toi ?
Je peux enlever mon pull ?
J'enleve mon pull.
S'il vous plait ! Gardez-le.
Pardon.
C'est gue je ne sais pas bien ce gue tu veux.
Je ne veux rien.
Pourguoi es-tu venu ici, alors ?
Je veux vous parler.
Tu veux me dire guelgue chose ?
Tu peux parler, je sais garder un secret.
C'est tout ce gue vous faites... vous parlez ?
Oui, surtout ca.
Et j'ecoute.
Et guoi d'autre ?
Pourguoi vous riez ?
Pardon.
Oue faites-vous d'autre ?
En fait, rien.
Nous n'avons pas le droit de voir les clients.
Ou les voyez-vous ? Vous rentrez avec eux ?
Pas du tout.
Nous n'avons pas de rapports avec les clients a l'exterieur.
Mais vous pouvez, si vous voulez ?
On dit la mEme chose dans toutes ces boites.
Vous vous faites combien de fric en plus ?
Je regrette.
Vous vouliez parler � une autre fille.
Je vais voir si j'en trouve une.
Ne partez pas...
Je ne crois pas �tre la fille gu'il vous faut.
Ne partez pas. Je m'excuse.
Ce n'estrien.
Je sais comme c'est difficile de parler � un inconnu.
Detendez-vous.
Et dites-moi � guoi vous pensez.
Je vous 6couterai.
J'aime bien 6couter.
J'6coute tout le temps.
Elle etait l�, hein ?
Ou'est-ce gue c'est ?
Un terrain nu.
Je l'ai achete guand on vivait
avec ta maman.
Je me disais gu'un jour, on y habiterait.
Paris...
Texas.
Otl est-ce ?
Pres de la Red River.
Ca te plait ?
On vivrait sur la terre nue ?
Pourguoi tu bois ca ? Ca pue !
Ot vas-tu ?
� la camionnette.
Un autre, s'il vous plait.
Ce n'est pas un endroit ou amener une femme de luxe.
Si tu avais une femme de luxe, tu 'amenerais ici ?
C'est guoi, une femme de luxe ?
Ma m�re...
pas ta mere,
mais ma mere,
n'etait pas une femme de luxe.
Elle n'a jamais voulu se faire passer pour une femme de luxe.
Ou'est-ce gu'elle etait ?
Elle etait... simple.
Simple et bonne.
Elle etait tres bonne.
Mais papa...
il avait une idee...
Il avait dans la t�te une idee gui etait...
comme une maladie.
Cette idee a son sujet...
Il la regardait
mais il ne la voyait pas.
II voyait cette idee.
II disait aux gens gu'elle etait de Paris.
C'etait une blague.
Mais il la repetait � tout le monde,
et ca a cess�6 d'en &tre une.
Il s'est mis a y croire.
Il y a vraiment cru.
Et elle...
Elle etait tellement g�nee.
Tellement timide.
� gauche.
Hunter, c'est moi.
J'avais peur de ne pas pouvoir te dire en face les mots justes,
alors j'essaie de cette facon.
Ouand je t'ai vu, cette fois,
chez VWalt,
jai esper� des tas de choses.
J'esperais te montrer gue j'etais ton pere.
Tu m'as montr6 gue je le suis.
Mais mon plus grand espoir
ne peut pas se r�aliser.
Je le sais maintenant.
Ta place est avec ta m�ere.
Ta place est avec ta m�re.
C'est moi gui vous ai s�par�es.
Et c'est � moi
de vous r�eunir � nouveau.
Mais je ne peux pas rester avec vous.
Je ne pourrai jamais guerir la blessure.
C'est ainsi.
Je me rappelle � peine ce gui est arrive.
C'est comme un blanc.
Mais ca m'a laiss6 si seul
gue je n'en suis pas remis.
En cet instant,
jai peur.
J'ai peur de m'en aller � nouveau.
Peur de ce gue je pourrais decouvrir.
Mais j'ai encore plus peur
de ne pas affronter cette peur.
Je taime, Hunter.
Je taime plus gue ma vie.
Je peux vous dire guelgue chose ?
Tout ce gue tu veux.
C'est plut�t long.
J'ai tout le temps.
J'ai connu ces gens...
Ils etaient deux.
Ils s'aimaient.
La fille etait...
tres jeune, dix-sept ou dix-huit ans.
Et '!homme e&tait...
pas mal plus �ge.
II 6tait fruste et sauvage.
Et elle etait tres belle.
� eux deux, ils transformaient tout
en une aventure,
et elle aimait ca.
Rien gu'aller a l'epicerie, c'etait
plein d'aventure.
Ils riaient de choses idiotes.
II aimait la faire rire.
Ils se moguaient du reste,
parce gu'ils ne voulaient gu'une chose, �tre ensemble.
Ils etaient toujours ensemble.
Ils devaient �tre tr�s heureux.
Ils l'etaient. Vraiment heureux.
II 'aimait plus
gu'il n'aurait cru possible.
Il ne supportait pas d'etre loin d'elle,
guand il travaillait.
Alors, il s'en allait.
Pour �tre avec elle.
Il trouvait un autre travail si 'argent manguait,
puis il le l�chait de nouveau.
Mais bient�t, elle a commence a s'inguieter.
Pour l'argent, sans doute.
Ne pas en avoir assez.
Ne pas savoir guand le chegue arriverait.
Je connais ca.
Etil s'est mis a &tre...
dechir6 en dedans.
Comment ca ?
Il devait travailler pour la faire vivre,
mais il ne supportait pas d'&tre loin d'elle.
Plus il etait loin d'elle, plus il devenait fou.
Mais la, il est devenu vraiment fou.
Il s'est mis � imaginer des choses.
Ouelles choses ?
� se dire gu'elle voyait d'autres hommes derriere son dos.
Il rentrait du travail et 'accusait
d'avoir passe la journee avec un autre.
II hurlait, cassait tout dans la caravane.
La caravane ?
Ils vivaient dans une caravane.
Pardon, vous n'�tes pas venu me voir l'autre jour ?
Sans �tre indiscrete.
Je croyais reconnaitre votre voix.
Ce n'etait pas moi.
Continuez.
Il s'est mis a boire serieusement.
Il rentrait tard, pour la mettre � l'epreuve.
Comment, la mettre � l'6preuve ?
Voir si elle serait jalouse.
II voulait la rendre jalouse, mais elle ne l'etait pas.
Elle s'inguietait pour lui,
mais ca le rendait furieux.
II pensait gu'elle ne tenait pas a lui.
La jalousie aurait et6 un signe gu'elle l'aimait.
Alors, un soir...
Un soir elle lui a dit gu'elle etait enceinte.
Au troisieme ou guatrieme mois,
et il ne le savait m�me pas.
Alors, soudain tout a change.
ll a arrete de boire, il a trouv� un travail fixe.
II 6tait convaincu gu'elle l'aimait, parce gu'elle portait son enfant.
ll allait se consacrer � lui donner un foyer.
Mais il est arrive une chose �trange.
D'abord, il n'a rien remargue.
C'est elle gui s'est mise � changer.
D�s la naissance du b�b�, tout autour d'elle lirritait.
Tout la mettait en colere.
M�me le b�be lui paraissait une injustice.
II s'efforcait de tout arranger pour elle.
II lui faisait des cadeaux.
Il lemmenait diner, toutes les semaines.
Mais rien ne pouvait la satisfaire.
Pendant deux ans, il s'est d�battu
pour retrouver ce guils etaient � leur rencontre,
mais il a fini par comprendre gue c'etait impossible.
Alors, il s'est remis � boire.
Mais cette fois, ca s'est envenime.
Ouand il rentrait tard, le soir,
elle n'�tait pas ingui6te, ni jalouse,
elle 6etait enragee.
Elle l'accusait de l'avoir seguestr�ee
en lui faisant avoir un enfant.
Elle lui disait gu'elle r�vait de s'enfuir.
Elle ne r�vait gue de ca : s'enfuir.
Elle se voyait courir nue, la nuit, sur une route,
courir � travers champs,
� travers des lits de rivieres,
toujours courir.
Et toujours, guand elle allait arriver � s'evader, il etait l�.
Oui V'arr�tait.
Il apparaissait et l'arr�tait.
Ouand elle lui racontait ces r�ves, il la croyait.
II savait gue sil ne l'arr�tait pas, elle s'enfuirait.
Il lui a attach6 une clochette � la cheville
pour l'entendre si elle essayait de se lever la nuit.
Elle a appris � etouffer le son avec une chaussette
et � s'eloigner tout doucement
dans la nuit.
Une nuit, la chaussette est tombee
alors gu'elle courait vers la route.
II a rattrapee, ramen�6e et attach�e au four
avec sa ceinture.
II ''a laissee l�,
il est retourn� se coucher
etl'a 6coutee crier, allonge.
Puis il a 6cout6 son fils crier
et s'est �tonne de ne plus rien ressentir.
Tout ce gu'il voulait, c'etait dormir.
Et pour la premiere fois, il a souhaite �tre tres loin.
Perdu dans un vaste et profond pays
OU personne ne le connaitrait.
Un endroit sans langage
et sans rues.
Il a rev� de cet endroit sans en savoir le nom.
Ouand il s'est reveille,
il etait en feu.
Des flammes bleues br�laient les draps du lit.
Il a couru � travers les Tlammes
vers les deux seuls �tres gu'il aimait...
mais ils etaient partis.
Ses bras �taient en feu.
II s'est jet� au dehors,
a roul6 sur le sol humide.
Et puis il a couru.
Il ne s'est pas retourne vers le feu.
Il a couru.
Il a couru jusgu'au lever du soleil,
jusgu'� ce guiil ne puisse plus courir.
Et guand le soleil s'est couche,
il a de nouveau couru.
Pendant cing jours, il a couru ainsi
jusgu'� ce gue toute trace de l!'homme
ait disparu.
Si tu eteins la lumiere l�-dedans, tu pourras me voir ?
Je ne sais pas.
Je n'ai jamais essay�.
Tu me vois ?
Tu me reconnais ?
J'ai amen6 Hunter avec moi.
Tu ne veux pas le voir ?
Je voulais le voir si fort gue je n'osais plus Il'lmaginer.
Anne m'envoyait des photos de lui.
� la fin, je lui ai dit d'arr�ter.
Je ne supportais pas
la douleur de le voir grandir sans &tre l�.
Pourguoi ne l'as-tu pas gard6 avec toi ?
Je ne pouvais pas.
Je n'avais pas ce dont il avait besoin.
Je ne voulais pas l'utiliser pour combler le vide de ma vie.
Il a besoin de toi maintenant.
Et il veut te voir.
II veut... ?
II t'attend.
En ville.
Dans un h�tel.
Le Meridian.
Chambre 1520.
Tunet'en vas pas ?
Je ne peux pas te voir, Jane.
Ne t'en va pas encore.
Je te tenais de longs discours, apres ton depart.
Je te parlais tout le temps,
m��me si j'etais seule.
J'ai march6 en te parlant, pendant des mois.
Maintenant je ne sais plus guoi dire.
C'etait plus facile guand je t'imaginais.
J'imaginais m�me gue tu me repondais.
Nous avions de longues conversations,
tous les deux.
C'etait presgue comme si tu &tais l�.
Je pouvais t'entendre,
te voir, sentir ton odeur.
J'entendais ta voix.
Parfois ta voix me r�veillait.
Au milieu de la nuit,
comme si tu etais dans la chambre avec moi.
Et puis...
ca s'est lentement dissip�.
Je ne pouvais plus t'imaginer.
J'ai essaye de te parler � haute voix, comme avant,
mais il n'y avait rien.
Je ne t'entendais plus.
Et alors...
jai renonce.
Tout s'est arr�te.
Tu...
as simplement disparu.
Maintenant, je travaille ici.
J'entends ta voix tout le temps.
Chague homme
a ta voix.
Je vais dire � Hunter
gue tu arrives.
J'y serai.
Le Meridian.
Chambre...
1520.
Tes cheveux.
Ils sont mouilles.
Traduction : B. Eisenschitz
Sous-titrage : Eclair Group
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.