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Original subtitles

Musique électronique

Bruit indistinct

Quelqu'un renifle.

Voix indistinctes

- Alors ? - Elle est très, très bonne.

- Ça va ou quoi ? - Bien. Ça va ?

Oh ! Mais alors ça !

- Quoi ? - Mais qu'il est beau !

- D'où tu sors comme ça ? - De nulle part.

- Bien sûr. - Aboule.

- Attends mec. Bonjour, nan ? La politesse, bonjour.

- En italien - Tu parles bien italien.

- J'ai vécu à Rome pendant cinq ans.

Tu viens d'oĂą ?

Je suis

américano-

franco-

italo-

sénégalo-

algéro-vénézuélien.

- Wow. - Tu t'es fait un pote ?

Oui, il parle italien.

- Souf. - Enchanté.

Enchantée.

Musique dance

Choc contre du verre Il gémit.

Isis. Isis.

Ah, c'est toi ? Ça va ?

Isis. Viens ma belle.

- Tu sais que ta chatte elle est super mignonne ?

- Je sais, je l'ai ramassée dans une poubelle,

nourrie, logée mais tu l'as toujours... Pourquoi ?

Toi t'as tirée une belle. Viens, je suis avec des amis.

- On va se marrer. - De quoi, tes potes bledards ?

- Quoi ? - Non merci.

- Et pourquoi ? Toi t'es quoi ? T'es suédois ou quoi ?

Putain, mais pourquoi la Suède ?

Mais putain, viens, t'es... oh !

Il rit.

- À Marrakech déjà, tu lèves la main, t'as rien demandé,

500, 600... Je dis, mon frère, je t'ai rien demandé mon gars !

Ils rient.

Au Maroc, c'est partout.

Elle est jolie !

Ils chantent en arabe.

Comme ça lui va bien...

- En arabe - Je vous l'avais dit.

Attends, attends.

S'il te plaît, Tahar.

- Tahar, il m'a dit que t'était un dragueur.

- C'est vrai ! L'autre jour, il était avec une bombe.

Il les fait boire.

- Qu'est-ce tu fais chier, toi ?

Quoi ? Quoi ?

- Stop... - Il est fou !

- ArrĂŞtez ! - HĂ© ! Bande de circoncis.

En fait, vous voulez baiser ? Vous avez des sœurs ?

Bah, le plan il est simple : chacun baise la sœur de l'autre.

Toi, tu baises la sœur à lui ! Lui, il baise la sœur à lui !

Vous deux, sa sœur, en famille !

Tu parles pas de ma sœur !

- T'es fou ? - Il parle de ma sœur !

- Il est bourré... - Fils de bâtard là.

Musique sombre

Voix indistinctes Ă  la radio

HĂ©, Isis...

Pourquoi tu veux pas rester avec moi ?

T'as vu ma tronche ?

Oui, j'ai besoin de toi, moi.

- On frappe Ă  la porte. - Souf !

Je sais que t'es lĂ .

T'as reçu une lettre et rends-moi mon chat.

Chanson Ă  la radio

"Je reviens te chercher" Dalida

La musique s'interrompt.

Il lit la lettre Ă  voix basse.

Musique intrigante

- Vous avez raté plusieurs fois vos examens

et changé deux fois de cursus, ça va pas !

Donc difficile de renouveler la carte de séjour.

- Madame, j'ai 30 jours pour partir...

- Merci. - 30 jours. Je fais quoi ?

- Il va falloir trouver un détour. - Quel détour ?

- Écoutez, vu l'urgence de la situation, un pacs ou un mariage, c'est compliqué.

Donc la seule solution, c'est l'embauche.

Trouver un travail avec un contrat.

Je sais pas... Un travail boudé par les Français.

Comme quoi ?

Brouhaha urbain

Tintement de vaisselle

- T'as une petite assiette sur le bureau pour ta cigarette.

- Sucre ? - Non, merci.

Moi aussi, j'ai arrêté.

Je bois plus que ce café.

Merci.

Je suis désolé pour ta mère.

J'aurais aimé venir à l'enterrement, mais je l'ai su trop tard.

J'avais pas eu de nouvelles de ton père depuis très longtemps.

Avant, on se voyait à Sétif, l'été.

Il inventait toujours des histoires incroyables.

On pensait qu'il allait devenir poète ou genre écrivain...

- Juste. Je sais pas si mon père vous a bien expliqué,

mais j'ai besoin d'un contrat de travail,

sinon je risque d'être expulsé.

Oui, il m'a tout expliqué.

- T'inquiète pas. - Et je l'aurai quand ?

Tu es pressé ?

Je comprends, mais il faut d'abord que tu travailles.

- OK. D'accord. Je veux juste savoir quand est-ce que je l'aurai.

Je dois quitter le pays sous peu...

- Écoute, on travaille souvent avec la police. Je les connais bien.

Il n'y aura pas de problème.

En arabe Bonjour Hadj.

Bonjour.

C'est le nouveau. Sofiane.

- Souf. - Quoi "Souf" ?

On m'appelle Souf.

Tu travailleras avec lui.

Un téléphone sonne.

Bonjour.

AllĂ´, oui ?

Porte qui s'ouvre

- En arabe - Bonjour.

Bonjour.

C'est toi, le nouveau ? Bienvenue.

- Je m'appelle Morad. - Souf.

- Il s'appelle Sofiane, mais il veut qu'on l'appelle Souf.

- Ah, t'as choisi un surnom comme les rappeurs !

T'es d'oĂą d'origine ?

- Je suis né à Sétif, mais j'ai vécu dans plusieurs pays :

Sénégal, Italie, Venezuela,

New York aussi.

Wah... C'est bien.

- Tu comprends l'arabe ? - Oui.

- En arabe - Dieu merci.

Prends sa sacoche, suis-le.

Allez, dépêche-toi.

On va oĂą ?

- À la morgue. - Direct ?

OK.

Les deux derniers jeunes avant toi :

l'un s'est évanoui, l'autre il a vomi, il s'est sauvé.

OK ?

- El Haj, ça va ? Toujours la forme ?

- Dieu merci. - Hamdoullah.

C'est encore un nouveau ?

- Oui. - Tu viens d'oĂą le nouveau ?

- J'ai vécu un peu partout. - De Sétif. Un petit Sétifien.

Je suis fils de diplomate, c'est pour ça. Je suis pas un Sétifien.

- Tu ne fais rien, tu regardes seulement.

Musique intrigante

- Je vous préviens, il est pas très beau celui-là. Il a mangé du pare-brise.

Une porte s'ouvre.

Claquement

Je vous laisse faire ?

Ă€ tout Ă  l'heure.

Remplis le seau.

Tu entends ?

Sifflement

Il vomit.

Ils prient en arabe.

Voix indistinctes

- En arabe - Je t'en prie, prends-la.

Désolé, mais non...

- Je t'en conjure, prends-la.

Vraiment...

Brouhaha au loin

Musique douce

Mais c'est la vérité !

Sofiane me croit pas, mais tout ce que je dis est vrai.

Bien sûr.

- Alors, un jour... Alors ça, c'est drôle...

Un jour, il y a une amie de ma mère... Votre grand-mère, paix à son âme.

Il parle en arabe.

Elle avait deux perruches dans une cage

et elle voulait voir si j'allais pouvoir communiquer avec elles.

On fait le premier jour, ça n'a pas fonctionné.

Deuxième jour, non plus.

- Troisième jour... - Papa, c'est long...

- Je vais abréger. Troisième jour, toujours rien.

Après une semaine,

ils sont venus dans la chambre pour récupérer leurs perruches,

et lĂ , ils n'arrivaient pas Ă  y croire: je parlais avec les perruches.

On échangeait, c'était vraiment un vrai dialogue. Ça faisait un peu ça...

Hamid imite le bruit d'animal.

Hamid rit.

- Tu peux pas faire quelque chose ? - Tu parles de quoi ?

Tu sais très bien.

Le Boutlali, lĂ , ton cousin,

il m'exploite, il me donne pas de contrat, je bosse gratos.

- Si t'avais pas changé mille fois d'études, t'aurais pas ce problème.

- Et tu peux pas l'aider Ă  avoir des papiers belges ?

- Comment ? Moi, je vais perdre mon passeport diplomatique

et devoir demander une carte de séjour.

- Et Ă  l'ambassade ? - Quoi Ă  l'ambassade ?

- MĂŞme s'ils ont encore besoin de moi,

je suis Ă  la retraite, maintenant.

Et au nouvel ambassadeur, je ne demande rien. C'est un petit arrogant.

Il te croit pas ?

- Sofiane... - C'est ça.

Franchement, je préfère qu'on reparte tous à Sétif

plutĂ´t que de demander.

Non, mais bien sûr.

OK, en gros tu peux rien faire.

J'ai essayé.

Et pour l'argent ?

- Convertis ma retraite en euros, et tu auras fait le calcul.

Si tu veux pas être comme moi, termine tes études.

J'ai pas eu ta chance !

Tu veux que je t'explique là, tout ce que j'ai dû faire à ton âge ?

- Non, c'est bon, je sais. Merci.

Y a eu quoi Ă  la fac ?

- Arrête, s'il te plaît. - Quoi arrête ?

Bah... C'est des racistes, c'est tout.

Ils ont vu un Arabe et ils se sont dit, tiens, on lui passe rien.

De quoi tu parles ?

- Tu peux arrĂŞter ? - J'essaye de comprendre.

Pourquoi tu fais ça ?

Mais de quoi tu parles ?

- Laisse tomber. - ArrĂŞtez.

- Tu parles de maman, c'est ça ? J'ai envie de comprendre. Pas toi ?

- Y a rien Ă  comprendre. - Si !

- Overdose de calmants ! Y a quoi Ă  comprendre ?

- Assez ! - Hein ?

- Sofiane tu vas te calmer, oui ? Stop !

Pleurs de bébé

T'es vraiment chiant, Sofiane.

Je lui ai préparé un biberon.

- On veut qu'il parte ce soir à Rabat. Vous pouvez arranger ça ?

Ça sera fait.

J'ai toutes les autorisations. Encore quelques signatures.

Très bien.

Claquement

Clapotis

Frottement

- Il se passe quoi là ? Je veux mon téléphone.

- Allez, sors. - Non, je vais rester ici.

- J'ai mal au ventre. - Tu viens ou tu changes de travail.

Musique dramatique

- El Haj ! - Ça va ? Comment vas-tu ?

- Il te faut les documents ? Ça part ce soir.

Ça part ce soir, hein, d'accord.

- Fanny, tu peux me mettre le cachet s'il te plaît ? Merci.

- Trois jours ? - Trois jours, ouais, c'est ça.

Moteur d'avion

Je peux avoir mon téléphone ?

S'il vous plaît ?

Bon, c'est quoi le problème ?

- Qu'est-ce que le New-Yorko-Italo- Vénézuélien fait dans ma camionnette ?

J'en sais rien.

Tout ce que je sais, c'est que tous vos trucs de

"on est arabes, algériens, kabyles et fiers de l'être",

ça me gonfle.

Vous voulez que je vous dise : MĂŞme vos trucs lĂ , sur la religion...

On fait comme ci, pas comme ça.

Bah, ça me gonfle aussi. Je suis pas musulman.

C'est normal : tu es rien.

- Peut-être, mais au moins j'aurai un autre métier.

Après, si c'est votre truc de vous occuper des morts, très bien.

- Franchement, moi j'ai mieux Ă  faire. - Comme quoi ?

- Comme tout. Tout est mieux que ça.

Tu sors.

- Ici, là ? - Tout est mieux que ça.

En arabe Sors, Souf.

Putain !

Musique angoissante

- Sofiane, tu veux du thé ? - Non, merci.

- Tu veux du café ? - Non.

OK.

Papa rentre vers dix-huit heures.

Je sais pas pourquoi il passe encore ses journées à l'ambassade.

Mais si ça lui fait plaisir...

L'eau coule.

Piano au loin

- Je pensais qu'il avait vendu le piano. - Non, il n'a pas pu.

Ils sont venus pour le prendre, et il a dit non.

- Ça va, tu vas pas finir au bled, calme-toi.

- Calme-toi ? Facile Ă  dire, regarde-toi.

- Ouais mais moi ça fait huit mois que j'ai pas baisé.

- Non ! - Quoi ?

- Et pourquoi ? - Qu'est-ce que j'en sais, moi ?

C'est grave.

- Pauvre Lucas. - Pauvre Lucas ?

C'est quoi cette vieille solidarité masculine ?

Tous les mĂŞmes !

- Tous les mêmes ? Hé, tu sais quoi: l'abstinence, c'est prouvé,

c'est plus dur pour nous.

- Plus dur pour vous, tu l'as vu où ça ?

Tu l'as vu où ça ?

- Un livre de biologie. - Un livre de biologie.

Vas-y, arrĂŞte de dire n'importe quoi, tu sais mĂŞme pas lire.

- Non, mais t'es un vrai macho, en fait.

- Retourne au bled. - Confort total, tu seras Ă  l'aise !

On est arrivés.

- Ah non ! - Ah si !

Une femme chante.

- Ma chérie ! - Ça va ?

- Ouais ça va, je suis content ! Vous arrivez au bon moment.

Allez vite, assieds-toi, vite.

- Bravo ! Bravo ! - Merci.

La musique démarre.

Soyez indulgents, hein.

En arabe Je reviens te chercher

- Putain, pas celle-là. - C'était leur chanson.

Je savais que tu m'attendais

Je savais qu'on ne pourrait pas

Se passer l'un de l'autre longtemps

Je reviens te chercher

- En arabe - Tu fais quoi ?

Tu as bien traversé le temps

- En anglais - Je finis mon premier roman.

Impressionnant.

Tu viens d'oĂą ?

- Je suis Italien, mon père vient de Rome.

C'est un vrai Romain.

Et on a de la famille Ă  New York.

- Super. - Tu y vas souvent ?

- Pas si souvent que ça, mais parfois.

Et j'adore cette ville.

Je me sens vraiment New-Yorkais.

C'est une façon de voir le monde.

Je crois que mĂŞme si t'as jamais mis un pied Ă  New York...

Voix inaudibles Musique dramatique

Grondement de la machine

HĂ© ?

Mais ça va pas !

- Pardon, vraiment. Je pensais que t'étais...

- Morte ? - Ouais.

Vraiment ?

- C'est la première fois que quelqu'un me dit ça. Désolée.

- Ça va ? - Tu respirais plus.

Je faisais mes exercices.

- On croit qu'on sait respirer mais en fait non.

Tu vois ? Même ça, ça s'apprend.

Marcher, manger, boire, faire caca aussi.

- Ah bon ? - Oui.

Le mieux, c'est quand le bassin est très bas,

comme quand on est accroupi.

- OK. Comme pour les toilettes turques.

- Les toilettes turques ? - Oui.

C'est lĂ  oĂą il y a un trou au milieu.

- Oui mais je savais pas qu'on appelait ça comme ça en France.

- C'est pas très pratique pour lire. - Ah, oui. C'est vrai.

Voix indistinctes

T'aimes bien lire, toi ?

- Oui, j'aime bien. - Tu lis quoi, en ce moment ?

- En ce moment, c'est sur les relations internationales.

C'est lié aux guerres du pétrole, quoi.

- Intéressant. - Et toi ?

Voix indistinctes

- Salem. Tu veux quoi ? - Bonjour.

- Une barquette de frites. - Barquette de frites, OK.

- Ketchup, mayo ? - Mayo.

Je peux ?

C'est Boutlali qui m'a dit que vous aviez l'habitude de manger ici.

Ça a l'air bon,

non ?

- Il est pas trop sucré ? - Il est comme d'habitude.

La dernière fois, il était trop sucré.

J'en refais un ?

- Il est froid. Un thé qui n'est pas brûlant n'est pas un thé.

- Écoutez, je sais que je suis pas concentré au travail.

Mais faut vous mettre à ma place, je suis étudiant.

Je suis victime de l'administration qui veut pas renouveler mon titre de séjour

parce que c'est des racistes.

- VoilĂ . - Attendez.

- Et donc, je disais que pour renouveler mon titre de séjour

il me faudrait un contrat.

Vous pouvez parler à Boutlali ? Comme ça vous serez débarrassé de moi.

Vibration de portable

AllĂ´ ?

- Je peux avoir du ketchup ? - OK, j'arrive.

- On n'a plus trop de chibanis dans le foyer,

ils ont été remplacés par des Subsahariens.

Ça va pas toujours entre eux.

C'est par lĂ .

L'association vient le chercher dans une heure, ça vous va ?

On n'a pas de famille ?

- Non. Il voulait que ça soit vous qui vous occupiez de lui.

Vous le connaissiez ?

Il était très propre, soigneux...

Sa femme est morte, il a changé.

Allez.

Tu remplis le seau.

Putain !

- En arabe - Celui qui est sale,

c'est celui qui juge les gens, morts ou vivants.

Tu respectes la créature de Dieu.

Compris ?

Musique douce

Bon, j'y vais.

Je m'appelle Didier Leberger.

Je suis SDF.

Donc, si quelqu'un parmi vous peut me dépanner d'une petite pièce,

d'un ticket restau, d'un billet de 500...

- Ça peut être super cool ! - Merci Sofiane, c'est courageux.

Devant nous. Tu connais presque personne.

Au lieu de faire semblant que ça va,

t'aurais pu choper cet état de peur que t'avais en arrivant,

parce qu'il faut endosser une nouvelle identité,

mais il faut aussi s'exposer quand mĂŞme.

Il faut se dévoiler un petit peu, vous comprenez ?

Tu comprends ?

Musique techno

- Bien vu mec, t'inquiète c'est de la bonne.

Ils hurlent

- Sofiane, regarde-moi dans les yeux. - Oui. Oui, je te regarde.

- Dis-moi quelque chose en arabe.

- Quoi ? - Dis-moi que t'as envie de moi en arabe.

Pas comme ça.

Qu'est-ce que t'as ?

Klaxon

- Ça va ? Je t'ai pas fait mal ? - Ouais, ouais, ouais, ça va.

- Calme-toi, qu'est-ce qu'il t'arrive ?

- Lâche-moi ! - Tu restes tranquille !

Monsieur...

Il est dans un drôle d'état. Il a même pas ses papiers.

Une fois, mais pas deux...

Deux secondes.

- Madame, s'il vous plaît, je suis sincèrement désolé.

Je peux parler au policier,

juste deux secondes, pour m'excuser.

Allez, sortez.

- Pardon ? - Sortez, avant qu'il change d'avis.

Merci.

Je me voyais déjà dans un avion.

J'ai pu sortir, c'est comme si mon cauchemar finissait.

J'oublierai jamais ça.

Jamais.

On va oĂą lĂ , au fait ?

La vitre se baisse.

El Haj.

- C'est qui ? - Il travaille avec moi.

- Allez-y.

Chien qui aboie

Fermez vos gueules.

Musique intrigante

Voix inaudibles

De l'eau coule.

- Qu'est-ce que je fous lĂ  ?

L'eau s'écoule dans l'évier.

Aboiements

Voix indistincte

- J'éviterais de fouiner à ta place. C'est par là.

Il prie en arabe.

Quelqu'un approche.

Il faut la prendre.

Merde !

- Tu travailles plus avec moi. - Hein ?

Je comprends pas. Qu'est-ce que j'ai fait ?

- En arabe - Comme dit le prophète :

"Allah aime que lorsqu'on fait quelque chose,

"on le fasse avec soin".

Si Dieu le veut.

- Vas-y, je passe tout à l'heure. Qu'Allah te protège. Ciao.

Ça va, Sofiane ?

- Ça va. - T'aimes pas parler arabe, hein ?

Ça veut dire quelque chose, Souf ?

Rien du tout.

- Moi, je préfère Sofiane. C'est joli Sofiane.

Ça a une belle signification, sois fier de ton prénom.

C'est bien qu'on travaille tous les deux.

De toute façon, avec El Haj, je savais que ça allait finir comme ça.

Comment ça ?

- Avec El Haj, ça finit toujours comme ça.

Et encore toi, je sais pas... Il t'a gardé longtemps.

D'habitude, il y a toujours un moment donné

où tac, ça casse.

- Tu sais pas pourquoi. - Ah, ouais ?

Dieu seul sait,

il est comme ça.

Mais tu sais qu'il est jamais parti Ă  la Mecque.

On l'appelle Haj mais il n'a jamais mis les pieds au Haj. Tu savais ça, toi ?

- Je sais même pas pourquoi je vous raconte tout ça.

Un de ses collègues m'a dit d'appeler

une pompe funèbre musulmane. Il était d'origine musulmane,

mais ne croyait pas, il était communiste.

- Quand on naît musulman, on meurt musulman.

Ce qu'il y a entre les deux, communiste ou pas, ça change rien.

Si vous voulez, on peut rapatrier le corps, on s'occupe de tout.

Il ne m'a jamais parlé de ça.

Vous n'avez rien Ă  faire.

- Je préfère qu'il soit enterré ici.

- Pas de problèmes. Vous avez une grande table ?

- Comment ? - Une grande table. Pour le corps.

- Pour le lavage. - Vous le lavez ici ?

- On peut le faire au funérarium, si vous préférez.

Oui, s'il vous plaît.

- On se retrouve au CHR ? - À tout à l'heure.

Merci.

Pourquoi tu lui as dit, Ă  la femme, pour la morgue tout Ă  l'heure ?

On aurait déjà fini.

T'as pas faim ?

Tu sais les Boutlali, les El Haj, mon père, ce saoulard,

tous les mĂŞmes.

Ils mentent Ă  leurs femmes, Ă  leurs clients.

Les Arabes en crise, c'est eux.

Au fait, tu m'as pas répondu pour la chambre ?

Quelle chambre ?

- Je t'ai dit que tu pouvais vivre chez des amis.

C'est mieux que la chambre de Boutlali,

puis c'est des gens bien, croyants, travailleurs.

Qu'est-ce que tu fais ? Faut pas faire ça.

- Ça va, j'ai rien fait. - Comme a dit le prophète...

qu'Allah le bénisse :

"Le bon comportement est la meilleure chose

"qui ait été donnée aux gens."

La porte s'ouvre.

El Haj. Ça y est ? Fin de journée ?

En arabe Qu'Allah te protège.

El Haj, il parle pas mais t'inquiète qu'il en pense pas moins.

Voix inaudibles

Musique douce

- Je m'appelle Zach. Zacharia.

Je suis de Bruxelles

et, depuis quelques années, je n'arrête pas de changer de pays

car je recherche une femme.

Je cherche une femme qui m'a tendu la main.

Une main que je n'ai pas su prendre.

Je...

Je voudrais lui dire que je n'étais pas prêt,

que je n'étais clairement pas prêt, mais maintenant je le suis.

Je voudrais aussi lui dire que je pense Ă  elle,

qu'elle me manque.

Et je voudrais lui dire ça.

Il chante "Creep" de Radiohead. Quand tu étais ici autrefois

Je ne pouvais pas te regarder Dans les yeux

Tu ressembles Ă  un ange

Ta beauté me fait pleurer

Tu voltiges comme une plume

Dans un monde merveilleux

J'aimerais ĂŞtre unique

Tu es tellement incroyable

Mais je suis un pauvre type

Je suis un taré

Qu'est-ce que je fous ici ?

Ma place n'est pas ici

Ma place n'est pas ici

- Tu vas jamais à la mosquée, toi ?

T'inquiète pas, il y a que des gens bien qui viennent ici.

- Tu sais, Morad a eu une adolescence un peu agitée, n'est-ce pas ?

- Mmmh. - Grâce à Dieu, il a trouvé la paix.

Hamdoullah.

Grâce à ma femme, grâce à vous aussi.

- C'est lui qui m'a présenté à Boutlali. - C'est un vieil ami, lui.

Votre métier est important pour la communauté.

Vous devez rester purs et droits.

- Morad est lĂ  pour t'aider. - Inchallah.

- Et n'oublie pas, tu peux venir quand tu veux.

- Le premier timbre de l'Algérie indépendante.

- C'est quelque chose, quand mĂŞme. - C'est qui ?

C'est Sofiane,

le fils de Hamid. Hamid,

- le fils de Malika. - Je sais qui c'est.

Arrête de tout répéter, je suis pas folle.

Il travaille avec moi.

Dites, vous savez pourquoi

El Haj veut plus travailler avec moi ?

- El Haj, c'est El Haj. - Ça veut dire quoi ?

- La seule chose que je sais de lui,

c'est que dès qu'il s'attache à quelqu'un, il le repousse.

Et c'est pour ça qu'il fait bien son métier.

Il sait qu'on ne s'attache pas aux morts.

- T'as donné les dattes ? - Oui.

- Lesquelles ? - Celles de la boîte verte.

Les autres, c'est toi qui as la clé.

Elle les enferme pour pas que je grossisse.

C'est une maman.

Tu sais où j'étais ces deux derniers jours ?

- À Nice ? - À Nice, exactement.

Je vais ouvrir un bureau lĂ -bas et je veux que tu t'en occupes.

Tu seras le patron.

Vous êtes sérieux ?

- Morad m'a dit que tu imites El Haj.

Pour lui, c'est une critique,

mais pour moi, c'est que tu travailles bien.

Alors je vais te préparer ton contrat et tu l'auras dès que tu arrives là-bas.

Ă€ Nice ?

- Sofiane, c'est une offre sérieuse que je te fais.

Alors, réfléchis. Réfléchis bien.

On toque.

- Ça va ? - Je t'avais dit de m'attendre en bas.

Quoi ?

- On dirait pas une chambre d'étudiant.

- Ça veut dire quoi ça ? - Bah, je sais pas.

Il y a pas de livres, pas de cahiers.

Et donc ?

Donc... rien.

- Si tu veux, je peux te montrer ma carte.

Non, merci.

- Qu'est-ce que tu fais ?

- J'ai pas de photo de toi. Et puis, t'es très mignon quand t'es vexé.

- Arrête, s'il te plaît. - Tu veux pas te déshabiller ?

Rachel.

Seulement le bas ?

Allez viens, on sort.

Je suis sûre qu'il y a des capotes.

Qu'est-ce que tu racontes ?

- Je savais pas que t'étais religieux. - Je lis le Coran, c'est tout.

- Ça te dérange ? - Non.

Pas du tout.

Je suis surprise, c'est tout.

Non, merci.

T'es vraiment religieux, en fait.

T'es relou, lĂ .

- Bah bois un petit verre alors, pour m'accompagner.

- Pourquoi tu fais ça ? - J'ai envie de savoir.

- Savoir quoi ? - Qui tu es.

- Dès que je bois pas un petit verre, dès que je lis le Coran,

tu sais plus qui je suis ?

- J'ai l'impression de pas te connaître.

- Pourquoi tu sors qu'avec des Turcs et des Arabes ?

Pourquoi tu me demandes ça ?

- VoilĂ . C'est bon ? Tu sais qui je suis ?

Moi je sais pas. Je sais pas du tout. Pas du tout !

Simplifie-toi la vie, couche avec un blanc.

T'auras plus besoin de yoga, ni de théâtre, ni quoi que ce soit.

Tu es un grand connard, tu sais ?

Prière en arabe à la radio

Il prie en arabe.

- Je vous en supplie ! C'était un bon musulman !

C'était un bon musulman !

Je vous en supplie...

Mon frère s'est suicidé.

- Je vous en supplie, s'il vous plaît !

Je suis désolé, mais si c'est vrai...

- Madame, il sera lavé et enterré comme un bon musulman.

- En arabe - Merci, qu'Allah te bénisse.

- Pourquoi tu leurs as dit ça ? C'est un suicidé.

La tradition interdit de...

- T'es qui pour parler de la tradition, hein ?

T'es qui pour juger qui est un bon musulman ou pas ? T'es qui ?

Voix indistincte Musique au piano

Sofiane tousse

Tu fais quoi lĂ  ?

Je veux retravailler avec vous.

Ă€ demain.

Voix indistinctes

- En arabe - Mon chéri.

Mon chéri.

Madame,

qui vous a laissé passer ?

- Vous ĂŞtes de la famille ? - Ecoute,

tu me laisses, sinon je tape un scandale, d'accord ?

Elle chante en arabe.

- Il fallait pas, je sais. J'aurais pas dĂ» la laisser faire.

- En arabe - T'en fais pas.

J'aurais fait la mĂŞme chose.

Vous avez déjà fait un autre métier ?

J'ai du mal Ă  vous imaginer, vous ĂŞtes si...

Ouais ?

- C'est le mĂŞme houmous que d'habitude ? - Ouais.

- Il a un arrière-goût.

- Vous voulez que je vous le change ? - Non, amenez-moi le thé.

Pas trop sucré et très chaud.

- Pourquoi vous changez pas de kebab, s'il y a toujours un truc qui va pas ?

- Tu te débrouilles très bien. J'ai plus rien à t'apprendre.

Boutlali a du mal Ă  trouver du personnel, il tient Ă  te garder.

C'est Ă  toi maintenant de choisir ce que tu veux faire de ta vie.

Tu peux partir.

Va-t'en.

Va-t'en !

Musique inquiétante

Gargouillis

Voix indistinctes

Sofiane soupire

- La hchouma pour la famille. Tu bandes mort !

- Frère, comme ça tu rentres pas au bled, moi je te le dis.

- La honte. - C'est après une mort violente.

Souvent par pendaison ou par poison.

- T'as déjà vu ça toi ? - Non.

- Comment tu fais ça ? - C'est temporaire.

Dès que j'ai les papiers, bah je me casse. Je ferme la boutique.

- Mais c'est quand mĂŞme enrichissant. - Enrichissant ?

- Ouais l'expérience, zehma. Attends un peu.

Si moi demain je meurs et que je bande, tu vas me toucher ?

Les gars, rien que pour ça je meurs pas ! Vous êtes des fous.

- Arrête de faire zehma, faudrait que tu bandes de ton vivant déjà.

- Non mais les gars, moi de toute façon avec la mienne, le cercueil ferme pas.

- Sonnerie de téléphone - J'y vais les gars.

- Frérot, touche pas trop de queues quand même.

Non ! Je viendrai après ta mort !

Ils rient.

Xavier Candoni. On y va ?

Cris de dispute

Sonnette

Ils se sont disputés.

Ils ont pas voulu me dire pourquoi. Ils veulent parler Ă  un musulman.

On fait 50-50, c'est OK ?

Monsieur Rhamani, Monsieur Candoni.

Voix indistinctes

- En arabe - Entre.

- Mesdames, messieurs. Sofiane Rhamani, des pompes funèbres Boutlali.

Qui est la femme du défunt ?

C'est moi.

Toutes mes condoléances, madame.

Merci.

Si vous pouvez me mener au corps...

- Vas-y, mène-le au corps maintenant ! Comment tu fais là ?

Comment on l'enterre dignement ?

Comment on fait ? Vas-y ! En arabe

- S'il vous plaît ! S'il vous plaît. Je veux juste voir le corps.

Il est lĂ  !

C'était son souhait.

C'était son souhait...

La religion l'interdisait.

- Il trouvait ça débile. - C'est toi la débile !

- Quelle honte ! - Vous me détestez !

- Mais t'es qu'une sale menteuse ! Jamais on t'a...

Voix indistinctes

La mort n'appartient Ă  personne.

Cette femme a respecté la dernière volonté de son mari.

- C'est elle qui lui a mis ça dans la tête.

- Et vous, vous voulez que soit respectée la tradition ?

Que faire lorsque la volonté,

la vie d'un individu s'oppose aux traditions de ses ancĂŞtres ?

- En arabe - C'est qui lui ? D'oĂą il sort ?

Qu'est-ce qu'il fait ?

Bon ! On fait quoi lĂ  maintenant ?

C'est simple.

Cet homme a voulu être incinéré, nous ne pouvons plus rien contre ça,

mais nous pouvons mettre ces cendres dans un cercueil

et l'enterrer dignement.

Ils parlent en arabe.

- Comme si on avait le choix, franchement.

Dans un carré musulman ?

D'accord.

Il rit.

- Quelle diplomatie. T'as vraiment assuré.

Merci.

- Avant, mon père faisait les musulmans.

J'en fais aussi mais moins. Ils ne veulent que des musulmans.

- Ton patron pourrait me faire un contrat ?

Je m'occupe des musulmans, plus de clients.

- Tu sais quoi, j'ai une meilleure idée.

On se lance ensemble.

On monte un truc, on fait 50-50. T'es chaud ?

- Le problème c'est que j'ai besoin d'un contrat maintenant.

- Tu peux lui en parler ? - Mec, c'est un truand, mon patron.

S'il te prend, je perds ma place.

- Personne pourrait m'aider ? - Je vois pas, j'suis désolé hein.

Mais ma proposition, c'est pas des conneries.

T'as vraiment un truc, penses-y.

Sonnerie de portable

- Ça va ? - Ouais.

- Merci. Sympa ton appart !

Ils rient.

Il est spécial.

T'as pas vu l'intérieur.

J'aime bien la déco.

T'es vraiment con, hein.

T'as quelqu'un dans ta vie, toi ?

- Et toi ? - Non.

C'est beau !

L'ambassade fait une soirée pour le départ à la retraite de papa.

On sait pas encore quand, mais viens.

- Pourquoi ? Il va chanter ? - ArrĂŞte.

- Depuis la mort de maman, Monsieur est devenu chanteur.

Comme si ça suffisait pas de nous saouler avec ses histoires.

Il t'a fait quoi ?

- Justement, il a rien fait. Ni pour moi, ni pour vous et encore moins pour lui.

- Tu voulais qu'il vide les caisses des ambassades, c'est ça ?

- Je te parle mĂŞme pas de maman.

- Il a fait de son mieux, comme nous.

- Il lui racontait surtout des bobards. - Et elle aimait l'écouter.

- Elle était tout le temps seule, dans des pays de merde.

Waouh, quelle belle vie de diplomate.

C'était un mythomane égocentrique.

- T'es mal placé pour parler. - Ça veut dire quoi ça ?

- On sait que tu t'es pas présenté aux examens.

Mais on dit rien. Pourquoi ?

Parce que Sofiane va mal, tout le monde se tait.

- Ça va. - Non, ça va pas.

C'est comme la chaîne de maman.

Elle est autant à Hind ou moi qu'à toi, et évidemment qui la garde ?

Bah, c'est toi. Tout le temps toi.

T'es comme papa, c'est ça qui te dérange.

Musique dramatique

- Donne-moi une chips. - Non !

- Donne-moi une chips. - Non !

Putain...

Voix indistinctes

Porte qui s'ouvre

- Y a quelqu'un ? - Oui !

Sofiane. Boutlali.

- Abdelmajid Boutlali, je suis le cousin de ton patron.

Il m'a dit que t'étais le fils de Hamid ?

C'est un cousin aussi. On est en famille, lĂ .

Écoute, je suis là parce que le fils de mon patron est mort cette nuit.

C'est la famille Belhassen.

Il faut rapatrier le corps Ă  Tunis aujourd'hui.

Je peux compter sur toi ? Tu peux t'en occuper ?

Bien.

Merci.

- Sofiane, j'oublierai jamais ce que tu fais et mon patron non plus.

Tu vois qui c'est mon patron ?

C'est Samir Belhassen, l'homme d'affaires.

Tu verras, il est très généreux.

C'est la famille, on va y arriver !

Par contre, discrétion. Je ne l'ai même pas encore raconté à ma femme.

Vas-y colle-le, colle-le, faut pas le perdre. VoilĂ .

Sofiane, il fallait tourner lĂ .

Sofiane, tu fais quoi ? Fallait le suivre.

Sofiane, tu fais quoi ? T'es fou ? Réponds-moi, Sofiane !

- Retouche encore une seule fois, je t'éclate !

Donne. Tu vas appeler ton connard de cousin

et lui dire que je veux mon contrat, aujourd'hui.

Contrat ? Hein ?

- Vous pigez pas ? Pas de contrat, pas de corps !

Sonnerie de portable

- Ça doit être mon patron. - Rien à foutre. T'appelles Boutlali.

Tu trouves une solution lĂ .

Quoi ?

Je lui dis, je lui dis !

Bon, il dit que son scanner ne marche pas.

Qu'il m'envoie le contrat signé sur WhatsApp. Maintenant.

- AllĂ´ ? Tu as entendu ? Oui, sur WhatsApp. Hein ?

- Comment ça « hein » ? - Il a cassé son portable.

- Boutlali, j'ai une toute petite question pour toi.

Dis-moi, est-ce que tu veux que le corps pourrisse dans la camionnette ?

- Non, je veux pas qu'il pourrisse le corps.

Donne-moi le téléphone. Donne-moi le téléphone.

- Excusez-moi, messieurs ?

On a un fax, si ça peut vous aider.

- Génial. - Un fax ?

- Il est oĂą ? - Il est lĂ .

- Très bien. Vous pouvez me donner le numéro du fax.

Sonnerie de portable

- Oui, allô. papa ? S'il te plaît, te mêle pas de ça. OK ?

Non, non, non, ce que t'arrives pas Ă  comprendre en fait.

C'est que ton cousin, il me prend pour un con depuis un moment.

Messieurs, c'est arrivé.

Musique enjouée

Voix inaudibles

- Sonnerie de portable - Excuse-moi.

AllĂ´ ?

Ouais.

Musique tragique

- Tiens, il voulait que ça soit pour toi.

Non, j'peux pas.

Voix indistinctes

- Oh ! C'est pas vrai ! - Je le savais !

Je suis désolé du retard.

Je t'attendais plus.

Je suis lĂ .

Il parle en arabe.

Mesdames, Messieurs.

Son excellence ne peut, hélas, être avec nous ce soir,

mais il a tenu Ă  vous remercier

pour tout le travail accompli au service de la diplomatie de notre pays.

Je n'ai pas eu la chance de travailler avec vous,

mais je tiens Ă  souligner ce parcours exemplaire,

celui des hommes et des femmes qui travaillent dans l'ombre

pour la diplomatie internationale.

Merci.

Et reposez-vous bien, surtout !

Voix indistinctes

Ă€ la tienne !

Quand je t'ai dit que je voulais que tu deviennes ambassadeur,

j'ai jamais précisé que c'était pour les vivants.

Et tu veux faire ça toute ta vie ?

Je sais pas.

Pour l'instant, je sais que c'est ça ce que je veux faire.

Après on verra. Tu comprends ?

J'ai vendu le piano.

Pour mon petit-fils, quand il vient Ă  la maison,

je veux pas que cette chambre devienne un mausolée.

- Cher Hamid, je n'avais pas prévu de prendre la parole,

mais je ne peux pas m'en empĂŞcher.

Nous les diplomates qui travaillons dans l'ombre,

nous savons reconnaître les gens lumineux

et toi, Hamid, indiscutablement,

tu fais partie de ces gens.

Nour, Hind, vous voulez dire quelque chose à votre père ?

(-Pas moi.)

Sofiane ?

Merci.

Bonsoir.

Réverbération du micro

En arabe Je reviens te chercher

Je savais que tu m'attendais

Je savais qu'on ne pourrait pas

Se passer l'un de l'autre longtemps

Je reviens te chercher

Je n'ai pas tellement changé

Et je vois que de ton côté

Tu as bien traversé le temps

Tous les deux On s'est fait la guerre

Tous les deux

On s'est pillé, ruiné

Et volé

Qui a gagné ? Qui a perdu ?

On n'en sait rien

On ne sait plus

On se retrouve les mains nues

Les mains nues

Musique émouvante

Qu'il repose en paix.

Voix indistinctes

Ils prient.

Musique douce

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