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- - -
Musique disco
- - -
-Deux boules, c'est combien ? -16 F.
-Une boule, ça ira.
Tu as huit francs ? -Non, j'ai pas de monnaie.
-Vous avez de la monnaie ? -Sur combien ?
| chuchote. -Pardon ?
-500 F. -Oui, monsieur.
-VoilĂ .
-Merci. -Nom de Dieu !
Pauvre con.
Oh, le… -Attention !
Connard !
Crétin !
Pauvre mec !
Klaxons
-C'est mon billet !
ArrĂŞtez le billet, il est Ă moi. ArrĂŞtez-le !
500 F. C'est 500 F.
Mais quoi ?
Klaxons
-T'es dingue ou quoi ?
-Il me le faut !
- - -
Poussez-vous.
Poussez-vous !
Mais qu'est…
Bah, oui !
Qu'est-ce qu'y a ? C'est un billet.
ArrĂŞte la voiture et donne-moi ton pantalon.
-Comment ?
-Ton pantalon est sec. Donne-le-moi.
-Tu veux ma veste ? -Non, ça ira.
Pourquoi ? -Tes billets sont mouillés.
-Quels billets ? -La liasse, dans ta poche.
-Elle est pas Ă moi.
-Elle est Ă qui ?
-Vous voulez ma photo ?
Grouille-toi, mémé m'attend.
Allez, roule.
Donne-moi les clés.
Je garde la voiture.
-Urbain, si tu vas à la Palombière, fais gaffe.
On est presque Ă sec.
-Comment ? On en a mis pour 100 F mardi dernier.
-Et alors ? -Quelqu'un nous siphonne.
Sûrement un ouvrier.
Je me demande si c'est pas le nouveau.
| a vraiment une sale tĂŞte.
Tu ne restes pas dans la voiture ?
-Non. Je suis ton chauffeur, ton secrétaire,
ton maître-d'hôtel, ton coiffeur et ton pantalon de rechange.
Je ne reste pas tout le temps dans la voiture !
-Pas ce ton avec moi. Ne m'oblige pas Ă te remettre Ă ta place.
Ne gâchons pas une amitié de trente ans, restons copains.
Tu fais la tĂŞte ?
Allez, restons copains.
-Restons copains.
-Hein ?
-AllĂ´, oui ?
Ne quittez pas. Mme Donnadieu, votre chauffeur.
-Merci.
AllĂ´, oui ?
-Fleurette, mamour ?
-Mais oĂą es-tu ?
-Y a un problème. -Grave ?
-Ton mari se promène avec une énorme somme sur lui.
-C'est toi, Urbain ?
-Oui, c'est moi. Ouvre !
Le banquier est lĂ ?
-Tu as l'argent ? -Évidemment.
-Ta veste est toute mouillée. -Je t'expliquerai.
-Il est dans le salon. Il t'attend depuis une heure.
J'ai dĂ» lui servir un vieux fond d'amer.
-Excusez-moi, M. Hervé. J'ai eu un petit contretemps.
-Y a pas de mal, M. Donnadieu.
-Ce que tu es maladroit.
-Vous avez la somme ? -Vous avez les lingots ?
-Avec ces six-là , ça vous en fait mille en tout.
-Tenez. -Le compte est bon ?
-Oui. Ah non ! Avec celui-lĂ , oui.
-Il sent bizarre, ce Pascal, non ?
-Vous trouvez ? C'est quand même 500 F, M. Hervé.
-Bien sûr, M. Donnadieu.
-Mets ça, tu vas m'attraper la crève.
-C'est quoi ? -Un vieux manteau de papy.
-Vous me signez le reçu bancaire ?
-Oui.
-Dites donc.
Depuis trois ans qu'on se voit, vous allez me manquer.
-C'est ça. -Sans indiscrétion,
vous allez faire quoi
de ces lingots ?
Ça doit tenir une sacrée place.
Vous les mettez où ? -Ça ne vous regarde pas !
-Excusez-moi.
-C'est quoi, cette curiosité ? Un peu de discrétion,
M. Hervé !
Il est pas un peu grand pour moi ?
-Le pantalon, peut-ĂŞtre. -Oui, d'accord.
Restez ici. Ne sortons pas ensemble.
-Bien sûr, M. Donnadieu.
-Quel crétin !
Musique intrigante
- - -
-Alors ? -Dépêche-toi. Pousse-toi.
Tu sais comme il est radin.
Il se promène avec une énorme liasse de 500 balles.
-Que fiche-t-il chez la vieille vache ?
-Il l'emmène à la campagne, comme tous les mardis.
-Dis-moi, y a un coffre à la Palombière ?
-Je crois, oui.
-Il! planque du pognon lĂ -bas.
-Les voilĂ , les voilĂ .
-Démarre, on y sera avant eux.
-C'est contrariant que Jacques ait vu la liasse.
-Tu as confiance en lui ?
-Oui, mais il est bizarre.
On s'est presque engueulés. Je me demande s'il m'aime tellement.
-Il 'adore. Si y a quelqu'un sur qui tu peux compter, c'est sur lui.
-Tu as raison, mémé.
Je suis injuste avec lui. Il est nul, mais il est brave.
Si Fleurette apprend que j'ai pris de l'argent dans la caisse,
elle me balance aux impĂ´ts et je me retrouve au trou.
- - -
-Il fricote encore un sale coup.
Il n'a pas accepté la situation. | essaie encore de me baiser.
-Tu m'as juré qu'il ne te touchait plus.
-Essaye de comprendre. -Quoi ?
-Ne sois pas jaloux. On a couché ensemble une seule fois y a 3 ans.
J'étais inspectrice des impôts et il voulait éviter un redressement.
Il s'agissait d'un milliard et demi.
-Le sale nain !
-Tu le détestes autant ? -Oui !
-Embrasse-moi.
-Pas ta main dans mes cheveux.
-Serre-moi dans tes bras, très fort. -Oh oui !
-Ma boucle d'oreille.
-Ta boucle, mamour. -Oh oui !
Plus fort.
Ah… Oh oui !
-En plus, elle est frigide. -J'en étais sûre. Ça se voit.
-Tu sais combien elle dépense par jour ?
10000 F, minimum. Elle s'habille chez Saint-Laurent.
-Non ?
-Elle m'a obligé à lui payer une Mercedes 230E neuve.
Je roule dans la mĂŞme 604 depuis douze ans !
-C'est ignoble.
Dans une semaine, on aura passé l'or en Suisse,
tu pourras l'envoyer chier.
Ratés du moteur
-L'essence, c'est l'essence.
On est Ă sec.
Merde, merde !
-On est encore loin ? -Encore assez.
J'ai pourtant dit Ă ce con qu'on nous siphonnait.
Il rouspète.
Mémé, aide-moi ! -Mais qu'est-ce que…
-Pousse derrière.
Il est con, ce Jacques. Il est bĂŞte et tĂŞtu.
Je lui ai dit de faire le plein.
Il mégote. Il n'en met que pour cent balles.
Moralité, c'est toi qui pousses.
À ton âge, c'est criminel.
Pousse, mémé ! Encore un petit effort.
VoilĂ , on y est.
Allez !
C'est bon. C'est bon.
Allez, dépêche. Je t'attends en bas.
-Je cours vite, mais… -Grouille-toi.
-Oh, Jacquot !
ArrĂŞte ! Les voilĂ . -Quoi ?
-VoilĂ , voilĂ , voilĂ , voilĂ .
VoilĂ !
Viens.
Allez, tu lambines.
-J'arrive.
-On va rater le banquier suisse.
-Ă€ quelle heure on a rendez-vous ? -17 h, hĂ´tel George V.
Son avion est Ă 19 h.
-On prendra un taxi. -Ça va coûter une fortune.
-Oui, c'est épouvantable.
Dépêchons-nous. Dépêche-toi.
-Oui, oui !
Alarme stridente Elle hurle.
Merde, le code !
- - -
*Vous êtes cernés. Police, rendez-vous !
Un pas de plus et on tire. Ne m'y obligez pas.
Pas un geste, pas un mouvement brusque.
-Oh, le con !
*-Les mains contre le mur.
Mains sur le mur ! Police, rendez-vous !
Auschweiss, bite!
Ă€ plat ventre, vite !
-La clé, vite.
C'est fermé.
-Benito !
Benito !
Reviens ici.
Grognements
Petit salaud, il m'a mordu.
Sirène
Alarme
- - -
-Où tu as mis la clé ?
-Dans le pot.
-Attends, je ne l'ai pas.
Voilà , ça y est.
-Allez ! Mais tire ! -Je tire.
Allez, tire.
- - -
-Ouf !
-Bon, allez, maintenant, au mur.
-Ferme la porte Ă double tour.
-Qu'est-ce qu'ils sont beaux ! Ils sont magnifiques !
-Mille lingots. Si elle se doutait, la bourrique, elle en crèverait.
Le dernier. Allez.
-Tiens, le voilĂ .
-Allons voir ce qu'ils fricotent.
Viens vite. Elle est bonne.
-Attention, ça glisse. -Je saute ?
-Oui, saute.
-Oh !
Sirène
Les flics ! Qui les a appelés ?
-C'est l'alarme.
-Aide-moi Ă remonter.
-Merde, les gendarmes !
On frappe.
-Vous ĂŞtes lĂ , Mme Donnadieu ?
-VoilĂ , voilĂ , on vient. VoilĂ , voilĂ .
Désolée de vous avoir dérangés.
Mon petit-fils a oublié d'enlever le code.
-Bonjour, adjudant Flottard. Excusez-moi.
Vous n'ĂŞtes pas venus pour rien.
Tu peux fermer les volets, mémé ?
Vas-y. -Pardon.
-J'ai un petit service Ă vous demander.
Figurez-vous que nous sommes tombés en panne d'essence,
en venant ici.
Mon chauffeur, cette gourde…
A oublié de faire le plein.
Par hasard,
vous n'auriez pas quelques litres en rab ?
-Gerfaut, il nous reste du rab ?
-Cinq Ă six litres, chef.
-Je vous les achète.
On doit être à Paris à 17 h. On est déjà en retard.
-Si ça peut aider… -Merci.
Vous avez un rabais sur l'essence, non ? Vous la payez combien ?
-1,30 F.. -1,30 F ? Extra !
Cinq litres à 1,30 F, ça fait…
-6,50 F.
-6,50 F. Alors, tenez.
VoilĂ 10 F. Gardez le reste pour l'Amicale de la gendarmerie.
Sirène
-Tu connais le code ? -Oui, j'ai bricolé l'installation.
-OĂą est le coffre ? -Je sais pas.
-Cherche !
Musique disco
Si ce salaud m'a piqué de l'argent, je l'envoie au trou.
- - -
On cherche le coffre. Ne saccage pas tout.
-J'ai jamais supporté cette maison.
-C'est toi et l'enfoiré quand vous étiez petits ?
Vous étiez avec la vieille ? -Donne.
C'est ce crétin d'Urbain et moi au collège quand il m'a sauvé la vie.
-T'avais foutu le feu au dortoir ?
-Je fumais sous les draps.
Un jour, j'ai oublié d'éteindre une clope, ça a un peu cramé.
Mais ce connard d'Urbain,
il a donné l'alarme et il m'a traîné sur dix mètres.
Il m'en chie une pendule depuis cette époque-là !
-On peut faire confiance Ă ce banquier ?
-C'est Les tienne, le cimentier, qui me l'a recommandé.
-Monsieur.
-On a rendez-vous avec M. MĂĽller.
-Le comte MĂĽller.
-Il est comte ?
-Certainement.
-Il y a des comtes suisses ?
-Évidemment, on est venus ici pour ça.
-Un monsieur et une dame vous demandent à la réception. Bien.
Le comte MĂĽller descend.
-On l'attend dans la 604 verte métallisée.
-M. Urbain Donnadieu ?
-Gottfried Müller. -Enchanté.
Montez.
Ma grand-mère.
-Enchanté.
-Monsieur.
-Vous voulez ouvrir un compte chez nous ?
Ce sera un compte avec un nom de code
que seuls connaîtront vous, moi
et votre épouse, Mme Donnadieu.
-Surtout pas elle !
-Je vais vous expliquer, M. le Comte.
Sa femme Fleurette était polyvalente.
-Ils l'ont virée des impôts,
mais elle a emporté mon dossier.
-Elle le fait chanter depuis trois ans.
Elle l'a obligé à l'épouser et à lui céder la moitié de sa société.
Ils vont divorcer.
-Ça n'intéresse pas M. Müller.
-Mais si, ça m'intéresse énormément, M. Donnadieu.
Un banquier suisse, c'est comme un pasteur, un curé, un rabbin.
On peut tout lui confier.
Imaginez-vous à l'église, dans le confessionnal.
-Tu n'as pas Ă avoir honte, Urbain. Raconte.
-C'est Ă la fois simple et tragique.
Je paye la TVA, la taxe foncière, d'habitation, d'apprentissage,
la taxe professionnelle, sur les ordures, la vignette, la Sécu,
l'impôt sur le revenu, l'impôt sur les sociétés, la CSG,
la RDS et la redevance télé.
Pour qu'il me reste 3 F, j'ai un peu fraudé.
-Combien ? -1,5 milliard, mon Père.
Je veux dire, M. le Comte.
Bref, la polyvalente, ma femme,
m'a contrôlé et m'a forcé à l'épouser.
-Il croyait la séduire et elle l'a roulé dans la farine.
-C'est intéressant. Poursuivez.
-Bref, j'ai truqué ma comptabilité.
Je me suis volé moi-même.
60000 F par jour pendant trois ans, mis en lingots.
J'en ai mille.
Six milliards de centimes Ă faire passer en Suisse.
-Pas de problème.
Vous les déposez, à Paris dans un établissement que je vous indiquerai.
Vous trouverez l'équivalent à Zurich.
Ça vous coûte juste 3 %.
-C'est exorbitant !
-Trois pour cent ?
Sur six milliards ?
Ça fait 180 millions de centimes.
On ne fait pas affaire.
-J'ai peut-ĂŞtre une solution.
Ça me coûte combien si je les amène en Suisse ?
-Rien, sauf de la prison si on vous attrape à la frontière.
Et une tonne d'or, c'est pas facile Ă transporter.
-M. le Comte, je vous amènerai la tonne.
Téléphone
Mais oui. -Passez-moi le téléphone.
-J'ai une idée brillante.
-AllĂ´ ? -3 %, vous plaisantez ?
-Quoi ?
C'est Flottard. On a cambriolé la Palombière.
-Flottard, mais qu'est-ce ce qui s'est passé ?
Qu'est-ce qu'ils ont pris ?
-Les murs ! Les murs !
-Les murs, ils sont toujours lĂ ?
Quoi, quels murs ? Ceux de la cuisine, bordel ! J'arrive !
-On vous a volé des murs ? -Faut qu'on y aille !
-Vous arriverez quand, en Suisse ?
-Dans une semaine, Ă La Chaux-de-Fonds,
Ă l'hĂ´tel du Cygne.
-Votre nom de code, ce sera quoi ?
-George V !
Lâche ça, maintenant.
Musique intrigante
- - -
-Au revoir, M. George V.
- - -
-Bon sang !
-Ah, M. Donnadieu.
-Laissez-moi passer.
Génial, ils n'ont pas touché aux murs.
Ah, c'est génial !
-Génial.
-C'est génial ?
-C'est génial, ils auraient pu dégrader les murs aussi.
On l'a échappé belle.
On l'a échappé belle.
-Qui a pu faire ça ? -Des jeunes.
Ils vandalisent pour le plaisir.
C'est le cycle infernal : chômage, délinquance, drogue.
-Quel foutoir !
-Vous allez porter plainte, M. Donnadieu.
-Inutile, la cuisine est intacte. -Tout de mĂŞme !
Ils ont tout saccagé : mes porcelaines, mes bibelots
et mĂŞme ton cadre avec Jacques.
-Cette soupière avait de la valeur ?
-On s'en fout, c'est une vieille merde.
Jacques, peux-tu demander à mon épouse,
pourquoi elle m'a convoqué ici ?
J'ai autre chose Ă faire que de voir des cons taper sur une balle.
-Madame a entendu ou dois-je répéter ?
-On est arrivé ce matin au terme des 3 ans de prescription fiscale.
Je te rends le dossier qui t'aurait valu cinq ans de taule.
Deuzio, je demande le divorce Ă tes torts.
-Excellente nouvelle. Pour fêter ça, je vais partir en vacances.
Je vais emmener mémé prendre des bains de boue, à Albano.
-Vous rouler dans la boue, ça vous ira très bien.
-Dis à la mocheté que je subis depuis 36 mois
que si elle parle mal de mémé, je lui claque le beignet.
-La ramène pas, pauvre gland. Dans 48 h, je te vire.
Dans deux jours, je serai PDG des Maisons Urbain.
-|! faudrait que tu aies la majorité au conseil, ma grosse.
Je possède 50 % des actions de ma société.
Moins vingt actions offertes Ă Jacques.
Et il va les revendre Ă son copain, hein, mon grand ?
-Mon grand, je suis emmerdé.
Ces vingt actions, je les ai vendues hier, à ma fiancée.
-C'est qui, ta fiancée ? -Ta femme,
Fleurette. -Quoi ?
-Ça fait trois ans qu'on couche ensemble.
-Judas ! Fumier ! Ordure ! Salaud !
-Tu le lâches ! Tu vas le lâcher ?
-Fléchis ta jambe.
-Laisse-moi jouer.
-Jacques ? -Mais qu'est-ce qu'il a ?
-Regarde ce que t'as fait. C'est malin.
-Mon Jacquot ?
OĂą il est ?
-LĂ , il est lĂ .
-C'est quoi, cette touffe ?
-Une moumoute. Ton fiancé perd ses cheveux.
-Il est mort ? -Mais non.
Il a juste pris une balle.
Oh ! -Fais quelque chose !
Tire-le de lĂ . -Ordure !
-Mais pousse. -Qu'est-ce que je fais ?
-Jacquot ?
-Il est gros comme un tonneau.
-Excusez-nous. Ma femme est maladroite.
-Maladroite, tu parles !
OĂą vous avez appris Ă jouer ?
Quand on tape comme une forcenée, on regarde où ça va.
-Vous savez ce qu'elle dit, la forcenée ?
-Jacquot ?
Appelez un docteur.
-Ça y est, il réagit.
Il me crache au visage, cette loque.
Lève-toi, ordure !
Françoise, mais qu'est-ce que tu fais là ?
-Assassin !
-Vous voulez de l'aide ?
-Pousse-toi !
-On se connaît ?
-C'est moi, Urbain Donnadieu.
1972, Londres, l'île de Wight.
-1972 ? C'est de ma mère dont vous parlez.
-Attrapez ça. -Il m'a poussé, salaud !
Mes cheveux ?
OĂą sont mes cheveux ?
-Vous aviez des cheveux ? -Oui, sur la tĂŞte.
-Appelle immédiatement le comte Müller, mémé.
Dis-lui qu'on arrivera un peu plus tĂ´t, en Suisse.
*-Que se passe-t-il ?
Y a un problème ?
-Fleurette va fourrer son nez dans la comptabilité.
*-Hein ? -Il! faut déménager le mur
et se barrer avant l'aube.
-Vous venez ? Mon mari doit partir. -J'arrive.
*-Où je vais ? À la campagne ? -Rendez-vous à la Palombière.
Excusez-moi.
Je vous ai vraiment prise pour votre mère.
-C'est aimable. Elle a 47 ans, sa mère.
Elle a déjà été liftée un, deux, trois fois, ma chérie ?
-Tu es odieux, Jean-Louis.
-Ma femme n'a aucun sens de l'humour.
-Elle ressemble beaucoup à sa mère à son âge.
À votre âge.
-Garçon, l'addition.
Je prends l'avion Ă 16 h, pour Londres.
J'ai une vente Ă Sotheby's. -Merci pour votre invitation.
-Chérie, à demain 14 h, à Drouot. N'oublie pas.
Si ça vous chante, vous n'avez qu'à venir jeter un coup d'œil.
-J'ai jamais assisté à une vente. -C'est l'occasion ou jamais.
-Demain, je ne serai pas Ă Paris. -Tant pis. Ciao.
-Votre mère et moi, ça a été une histoire dingue.
-Ah bon ?
-Vous vous rappelez de moi ?
-Non.
-J'aurais cru.
Et votre maman, ça va ?
-Très bien.
-Elle vit toujours avec votre papa ?
-Elle est divorcée 3 fois. Elle vit à Washington avec un sénateur.
-Elle parle de moi, parfois ?
-Jamais.
-C'est marrant.
-Monsieur.
-Il vous a encore fait le coup. -Quoi ?
-C'est une maladie ! Il invite les gens et…
-Et quoi ?
-|| trouve une excuse
et laisse l'addition.
C'est dégueulasse ! Je ne supporte pas l'avarice !
-Moi aussi. C'est une tare abominable.
Il ne va pas revenir ?
-Non, je vous le garantis.
-Bah, je vais payer.
2350 F ?
C'est le coup de fusil, ici.
-Non, laissez. -Ça me fait plaisir.
-Je suis confuse.
-C'est une broutille.
-C'est gentil. Vous me rejoignez ?
Je ne peux plus supporter ce mec-lĂ !
-Mais pourquoi vous l'avez épousé ?
-Et vous, l'autre teigne, vous l'avez épousée quand ?
-Il y a trois ans.
-Elle faisait quoi ?
-Elle était fonctionnaire.
-Dans quel secteur ?
-Un secteur assez spécial. -C'est-à -dire ?
-Spécial. Je préfère pas en parler, c'est un peu délicat.
-Délicat ?
-Elle est pas agent secret, cette grosse conne ?
-Hein ?
Il n'y a pas que les services secrets qui soient spéciaux.
-Quoi d'autre ?
-Je sais pas. Les impĂ´ts, par exemple.
-C'est pas spécial, c'est chiant, comme l'argent.
-Il est gentil, ce chien.
Euh… Laurence ?
-Oui. -Vous faites quoi ce week-end ?
-Pourquoi ?
-J'ai un rendez-vous de chantier, demain, en Suisse.
On aurait pu se retrouver à Genève.
-Dites donc, c'est une proposition ?
-En quelque sorte, oui.
-Venez demain Ă 14 h Ă Drouot Montaigne.
Je vous répondrai.
-Ça m'arrange pas des masses. D'accord, j'y serai.
-Dire qu'il couche avec ta femme.
-Jacques. -Qui ?
-Je m'en fous.
-Je trouve ça dégoûtant.
-C'est pas une idée de génie, ça ?
-C'est pas si sûr.
Si à la douane, y a un problème…
-C'est la 60e maison qu'on leur livre.
On est toujours passés par le même poste frontière.
Ă€ ce propos,
on ne partira pas Ă l'aube.
J'ai un rendez-vous Ă 14 h. -Avec qui ?
-Un ami…
Commissaire-priseur.
-Et voici une toile exceptionnelle de Raoul Dufy,
de 1931,
Le Retour des régates à Deauville.
Elle est signée en bas, à gauche.
Et nous débutons à deux millions.
Musique disco
- - -
-Grouille !
-Lot numéro 34.
Nous vendons ce vase d'Emile Gallé,
en verre multicouche, vert foncé sur fond bistre,
décoré d'éléphants en semi-relief,
signé en creux.
C'est une œuvre d'une qualité exceptionnelle.
Nous commençons les enchères à 400000 F.
-Asseyez-vous, monsieur.
-Veuillez dire à Mme Auger… -Une seconde.
-500000, madame Ă ma droite.
550, madame.
550, qui dit mieux ? 550 ?
550 à ma gauche. 600 derrière.
650000.
650000.
-Psst ! -700 au monsieur qui vient d'arriver
au milieu.
-725. -725, monsieur.
725000.
750000 Ă monsieur.
750000 ?
-775. -775, madame.
800000, monsieur Ă ma gauche.
-875.
-875.
900000 pour le monsieur.
900000, qui dit mieux ?
900000 ? J'adjuge Ă monsieur au milieu
Ă 900000 F.
Applaudissements
Lot numéro 35.
Et voici l'avant-dernier lot de la vente.
-Vous avez payé ça beaucoup trop cher.
Vous gâchez le métier. -Pardon ?
Il est malade, j'ai rien acheté.
-Votre ticket. -Pour quoi faire ?
-Pour retirer votre lot. -Quel lot ?
-Le vase de Gallé adjugé à 900000 F.
-J'ai acheté cette horreur 900000 F ?
90 millions de centimes ?
Il faut que je parle à maître Auger.
-Il vous recevra après la vente.
-Hors de question que je paye. C'est un piège à cons.
Hein ?
-Je ne peux pas vous rejoindre en Suisse.
Jean-Louis m'expédie à Monaco. Le voilà .
-Vous avez mis la main sur un lot superbe.
On va aller régulariser ça.
-Justement, maître… Coups de klaxon
Ma grand-mère est mal garée.
Excusez-moi. -Ma chérie, tu t'en occupes.
C'est par ici. Bertrand, vous venez ?
-Vous ne trouvez pas ça extrêmement cher ?
-C'est une très belle acquisition.
-Oh non ! -Bertrand, vous avez bu ?
-Mon vase ! J'étais tellement content.
-Mais c'est vous…
-C'est pas moi qui ai cassé mon vase !
-C'est une catastrophe !
Vous ĂŞtes chiant. Je vais dire quoi au vendeur ? Tenez.
-Dans l'état où il est, je ne suis plus preneur.
Vous vous ĂŞtes fait mal ?
-Monsieur, ils emmènent votre grand-mère à la fourrière.
-À la fourrière ? C'est le pompon, ça.
-Je vous dis que je ne sais pas conduire.
Je dois le dire en chinois ?
-Urbain, écoutez… -Une seconde. Non !
Je pars tout de suite. -Trop tard, c'est inscrit.
-900 F ? Je suis resté trois minutes.
-Pauvre cul !
-Qu'avez-vous dit ?
-Moi ? Rien.
-Urbain, venez. Trois minutes.
-Je dois partir. -Vous restez ou vous partez ?
-Je m'en vais tout de suite.
-Vous pouvez me rejoindre Ă Monaco.
-Vous ĂŞtes d'accord ?
-Une amie me prĂŞte un appartement Ă Monte-Carlo. Je serai seule.
Appelez-moi ce soir chez moi au 46432388,
entre 20 h et 20h30.
Pas après. Jean-Louis est jaloux.
Klaxon
-Urbain, y en a marre maintenant !
-J'arrive.
-Là , vous l'avez. Deuxième P.-V ! 250 F.
-Je vous ai dit que je partais, mais merde.
Je vous appelle ce soir, sans faute.
Vous le faites exprès !
-Laurence, qu'est-ce que tu fabriques ?
-J'arrive !
-VoilĂ ! Vos papiers, monsieur.
-Merci !
-Allez, viens.
-Gonflante, la mémé, tu trouves pas ?
Musique intrigante
- - -
-Putain de flics ! -On s'en fout.
Le camion est à la société. C'est ta femme qui paiera.
-Mais mémé.….
Qu'as-tu fait ? Tu es impossible. Mon numéro !
Raclements
-Fais attention.
Oh, que se passe-t-il ?
-Merde !
Ah lĂ lĂ !
Ça a touché.
Oh lĂ ! Oh lĂ ! Klaxon
Malade !
Passe le triangle.
Le triangle, derrière mon siège.
On risque de se faire emplafonner.
On ne peut plus avancer ni reculer. Qu'est-ce qu'on fait ?
-Dégonfle les pneus, ça passera.
-Oh oui !
-C'est intelligent d'avoir pris l'autoroute !
-On était en retard.
-Et c'est la faute Ă qui ?
On a six milliards à l'arrière,
et tu dragues la fille d'une ancienne maîtresse.
Tu perds la boule, mon garçon.
-46432388.
46432388.
46432388.
-Tu marmonnes quoi ? -Moi ? Rien.
-Le salopard. Il truquait sa comptabilité depuis trois ans.
Soixante millions !
Il m'a prise pour une conne.
-Il planque le pognon dans la maison.
On doit les rattraper avant la frontière.
-Tout droit. Avance.
-Ça passe ?
-Oui, c'est bon.
Tout droit.
C'est bon. Allez.
-Andouille ! -Ta gueule, toi !
Tu sais le nombre de ponts jusqu'à Besançon ?
-Non. -43 ! Et neuf péages !
Ça va coûter une fortune. -À la prochaine sortie,
je prends la N19.
-On devrait les avoir dépassés. Où ils sont, putain ?
-La maison Urbain !
Les voilĂ . Ce sont eux, lĂ !
-Mais sors de lĂ , nom de Dieu !
-La prochaine sortie est Ă 25 bornes.
-Fais quelque chose. Démerde-toi.
-Je vais faire demi-tour.
-Repars !
Qu'est-ce que t'as foutu ?
-Tu m'as dit de repartir.
-Il est vraiment très con.
BĂŞlements
-Ah… -Espèce de malade !
Connard !
Abruti ! T'as vu ce que t'as fait ?
-Et toi, gros lard, tu pouvais pas freiner ?
-Il a dit quoi, le pédé ? -Je t'emmerde !
T'as rien. T'as rien.
Notre bagnole est bousillée. -Il se fout de ma gueule !
Touche pas
Ă mes moutons !
-J'adore les bêtes. Je vous les achète.
-Quoi ? -Et j'achète le camion.
Je vous laisse ma Mercedes. -T'es folle, mamour ?
On s'en fout des moutons.
-Tu vois pas le temps qu'on perd ? 200000 F, ça va ?
Accélère, on se traîne.
On les rattrapera jamais.
-Je suis à fond. Cette enflure t'a entubée.
-C'est pas ton pognon. Conduis.
-LĂ€-HAUT SUR LA MONTAGNE
L'ÉTAIT UN VIEUX CHALET
MURS BLANCS, TOIT DE BARDEAUX
DEVANT LA PORTE, UN VIEUX BOULEAU
LĂ€-HAUT SUR LA MONTAGNE
L'ÉTAIT UN VIEUX CHALET
-Pourquoi tu t'arrĂŞtes ? -Je dois appeler Laurence.
Viens avec moi.
-La barbe !
On est pressés.
Tu l'as sautée ? -Je t'en prie, mémé.
Y a pas que ça qui m'intéresse.
Laurence est comme sa mère : vive, intelligente, cultivée.
-Sa mère avait vingt ans de plus que toi. La fille, vingt de moins.
C'est pas plus mal.
Coup de tonnerre
-Tu as cinq francs ? -Moi ? Ah non.
-Si, dans ton sac. -Dans…
Ça m'étonnerait.
Trois francs, ça irait ?
-Non, ça ne va pas. Donne. -Tu crois ?
-Tu vois bien ?
C'est toi qui parles.
Si c'est elle, passe-la-moi. Si c'est le mari, raccroche.
-Compris.
-46… 43...
-2388.
-2388.
*-AllĂ´ ? -Miel, c'est lui.
*-"Miel, c'est lui" ? Qui est Ă l'appareil ?
Répondez ! -Il gueule.
*-AllĂ´ ? -Raccroche.
Pourquoi t'as dit "Miel, c'est lui” ?
-Parce que c'était lui.
Tu la rappelleras demain matin.
Cris des enfants
-Sortez de là . Dépêchez-vous.
Rassemblez-vous.
On monte, allez.
Viens avec moi. Allez, lĂ -haut.
-J'ai mal aux pieds. -Dans mes bras.
Coup de tonnerre
N'ayez pas peur, c'est juste un grain.
On va demander si on peut s'abriter dans la maison.
-Elle est marrante, la maison.
-Vite, mon Père, ça caille.
-Y a quelqu'un ?
-T'as vu ? C'est chouette.
-Y a des placards.
-J'veux faire pipi.
-Du calme, les enfants.
Taisez-vous et écoutez-moi.
Enlevez vos pulls et séchez-vous.
Y a des serviettes. Ne vous battez pas.
-Y a plein de bouffe.
-J'ai faim, M. L'abbé.
-Vous avez faim ? -OUI !
-Le cocu a quel âge ?
-La quarantaine. -Elle aime les vieux.
-Il est riche ?
-Oui, mais il est avare comme un pou.
-Riche et avare, je ne supporte pas.
-Moi aussi. -Ton père, par exemple,
il était un peu radin.
Je me suis gendarmée et il est devenu dépensier comme toi.
-Papa était dépensier ?
-Heureusement que j'étais là .
T'as pas faim ? -Si, si.
Allez, on y va.
-Non, garde-le. -Si, si, mémé.
-Mets-toi dessous. -Et toi ?
-Allez, on y va. Un, deux, trois. On y va.
De la lumière dans la maison ?
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Cris d'enfants
Viens vite !
Y a des mioches, lĂ -dedans.
C'est quoi, ça ?
Qu'est-ce que vous foutez lĂ ?
-Excusez-moi, mon fils.
Bris d'objet
Taisez-vous. Taisez-vous !
Pardon, madame.
Je suis l'abbé Furteaux. On a été surpris par l'orage.
Nous nous sommes permis d'envahir un moment votre demeure,
pour nous abriter.
-Ils bouffent tout. -Les goinfres !
-Les louveteaux, on dit bonjour.
-BONJOUR.
-Fous-les dehors. -Non, il pleut des cordes.
-Scouts toujours ? -PRĂŠTS !
BĂŞlements
-Je gèle. J'ai froid.
-Bah, tiens.
Tiens, mets ça.
-Oh.…. ça sent le bouc.
C'est une infection.
Elle crie.
-Mais casse-toi, sale bĂŞte !
Casse-toi. VoilĂ .
VoilĂ , c'est fini.
Il est parti. Allez.
Viens, fais dodo, ma chérie.
Fais dodo.
Il ronfle.
- - -
- - -
-Emmerdeur.
- - -
Pénible.
Musique disco
- - -
Quel gougnafier, ce curé !
Il pleurniche.
-Au secours. Au secours !
-C'est quoi, ces cris ? Y a quelqu'un ?
-Au secours !
-Au secours, je veux voir l'abbé Furteaux.
-Le con, il a oublié un de ses louveteaux.
-Quoi ?
Oh... mais !
Merde !
Qu'est-ce que tu fais lĂ , toi ?
-Je veux voir l'abbé.
Je veux voir l'abbé Furteaux.
-Descends par lĂ . Oui.
Sors de là . -Je veux voir l'abbé Furteaux.
-ArrĂŞtez-vous. Stop !
Excusez-nous, cet enfant est perdu.
Je dois le ramener d'urgence à son abbé. C'est un peu plus loin.
Vous pourriez nous déposer ?
-Bien volontiers, il est tellement mignon.
Tu veux un bonbon ? -On n'a pas le temps.
Il va déposer le môme.
-Euh… non.
-T'as quoi comme bonbons ?
-J'en ai au miel. Tu aimes le miel ?
-Tu l'as vu ? Je peux pas lui laisser le mĂ´me.
-Tu vas appeler ta poule ?
-Quoi ? Mais pas du tout !
-Tu vas téléphoner à ta poule.
-Mais enfin…
-On a six milliards…
-Je sais. Je sais !
Non, mais attendez-moi.
-Alors, montez.
-On perd du temps, Urbain. Dépêche-toi.
-Je reviens.
-|| s'est tiré. C'est le moment.
-La vieille chouette est toujours lĂ .
-Faut la faire sortir. Suivons les moutons.
-Quel connard, ce chien !
Il nous emmène où ? C'est pas la bonne direction.
-Allez, viens.
Viens, mon ange. -Je fais ce que je peux !
-Attention. Baisse-toi.
Donne-moi ton bracelet. -Pourquoi ?
-Je vais la faire sortir. Viens, cachons-nous.
Planque-toi, bon sang !
-Excusez-moi. Pardon, laissez-moi passer.
-Maintenant !
-Vieille vache ! -Au voleur !
Au voleur !
Au voleur ! Au voleur !
Jacques ! -HĂ© !
-Reviens, je t'ai élevé.
ArrĂŞte, tu n'as pas le droit.
Ingrat !
Voyou !
Voleur !
Assassin !
Salaud !
Salaud ! Oh, le salaud !
-J'ai un appel Ă passer Ă Paris.
Je n'ai pas de monnaie. Vous auriez cinq francs en trop ?
-Si je peux vous dépanner, bien sûr.
-T'es content, t'as retrouvé ton abbé.
-Oui, monsieur. -Vous avez de la chance.
-Merci.
Ça, ça me dépanne.
46432388.
Téléphone
-AllĂ´ ? *-C'est moi.
-Urbain, quelle chance ! OĂą ĂŞtes-vous ?
-Entre Besançon et Pontarlier.
Donnez-moi vite votre numéro à Monaco.
*-Je n'y vais plus. -Comment ça ?
-Je plaque Jean-Louis. Une vieille lui à raccroché au nez.
*-Mince.
-Il a essayé de m'étrangler. -Non ?
-Rendez-vous Ă Pontarlier, place de la mairie. J'arrive.
* -Non !
AllĂ´ ?
Merde, ça a coupé. -M. Donnadieu.
Le car arrive.
-Au revoir. -Merci, M. le Curé.
-Au revoir. -Au revoir, bonhomme.
-LĂ , vite. ArrĂŞte-toi lĂ .
-Mais allez !
Six milliards en billets, ça fait du volume, non ?
-Je te dis qu'ils sont dans la maison.
-Ils sont pas dans le frigo. Va lĂ -bas. Je monte lĂ -haut.
Les rats ! Les sales rats !
Putain, oĂą est-ce qu'ils les ont mis ?
Y a rien en haut. -Cherche, ils sont ici.
Jacquot. -Oui ?
-Prends-moi. -AĂŻe !
Ici, maintenant ? -Oui, ici.
-Que se passe-t-il ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Fleurette, viens voir oĂą on est.
-Bah, merde !
-ArrĂŞtez, je descends lĂ !
Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
-C'est pas ma faute. C'est les moutons.
-Quoi ? Quels moutons ?
-Ils l'ont volée. -Quoi ?
-Jacques et Fleurette, ils ont volé la maison.
-Nom de Dieu !
Nom de Dieu !
-Fouille la cabine, je m'occupe du jardin.
Mais y a rien.
Mais c'est pas vrai.
Y a rien que des fleurs.
Vas-y, mais vas-y !
Déjante, bon Dieu !
Le fric est lĂ -dedans.
-Sans les outils, on n'y arrivera jamais.
-Bon, allez, on va trouver un garagiste.
-Tu viens ?
-J'en peux plus. Laisse-moi, je te retarde.
Tu me reprendras plus tard. Va téléphoner.
-Ă€ qui ? -Au comte suisse.
-On s'en fout du comte suisse.
On n'a plus rien.
Mais pourquoi es-tu sortie de cette maison ?
-J'ai vu briller ça au milieu des moutons.
-C'est quoi ?
Le bracelet de Fleurette. Ils t'ont bien piégée.
Ton avarice… Tu peux pas résister.
|| souffle.
C'est vraiment un défaut que je ne supporte pas.
C'est une tare abominable. Je te le dis comme je le pense !
-Je te demande pardon.
Pardon. -Trop tard, c'est foutu.
-Urbain, oĂą vas-tu ?
-Ah!
La maison ! Mémé, la maison !
-La voilĂ .
La maison.
Dieu merci, le mur est lĂ .
-Ne le remercie pas. Il manque un lingot.
56740 F, au cours d'aujourd'hui.
-Ça a baissé. Qui te l'a dit ?
-L'abbé Furteaux.
Regarde-moi ce bordel.
-Le saligaud !
-Enferme-toi, je vais chercher du secours.
Je serai pas long. Mets tes boules et dors un peu.
-Je suis pas fatiguée. -N'ouvre à personne.
Klaxon
Ça va !
-Bonjour, vous avez une machine à déjanter ?
-Bien sûr. -Vous nous la prêtez ?
Chérie, donne au monsieur. Messieurs, remontez
les ridelles, s'il vous plaît.
Merci.
-C'est Ă vous ?
-Ça ? C'est… Non, non.
-Jacques !
-Qu'est-ce qu'y a ?
-C'est de l'or.
C'est de l'or. -De… l'or ?
-La Poste, c'est oĂą ? -En 'haut. LĂ -bas.
-Des murs en or. Le chien, le tordu, le salaud.
-Il est assez malin. -Pourquoi ?
-C'est malin de faire passer soixante millions dans une maison.
Grâce à lui, c'est nous qui nous retrouverons avec les six milliards.
-Je vais chercher le semi.
-Sans papiers, on passerait pas la douane.
Loue une voiture. J'appelle le chef de chantier
pour qu'il vienne récupérer la maison. Vite !
-ArrĂŞtez-moi Ă ce garage, lĂ .
VoilĂ , merci. Merci, mon grand.
Merci beaucoup.
S'il vous plaît, le patron est là ?
-Derrière. -Là -bas ?
Dites donc, c'est mon semi-remorque.
-Ça m'étonnerait.
-Comment ? Tenez, la carte grise, l'assurance et mon permis.
Qui vous l'a amené ?
-Une blonde et un basané. -Bon, je le reprends.
-Non. Vous ne pouvez pas partir avec ce camion.
-Vous allez m'en empêcher ? -Et ma responsabilité ?
-Vous vous débrouillerez avec eux !
Ne le prenez pas sur ce ton.
Ça pourrait très mal se passer.
-Ziegler ? *-Oui ?
-Fleurette Donnadieu.
*-Ça va ? -Très mal.
Je suis en panne avec la maison témoin.
*-Qu'est-ce qu'on va faire ?
-Je serai Ă l'heure si vous faites ce que je vous dis.
*-M. Donnadieu est d'accord ?
-Il n'a pas à être d'accord. Vous avez reçu mon fax ?
*-Oui.
-C'est moi la PDG, c'est moi qui décide.
Il klaxonne.
Récupérez la maison. Elle est 10 km avant Besançon.
*-Comment je fais ? -Prenez l'hélicoptère.
*-Je la ramène ici ? -Mais oui, et vite ! J'arrive.
- - -
Tenez.
Allez, roule. En Suisse.
Musique disco
- - -
-D'accord, Caramel, on s'arrĂŞte.
- - -
Caramel,
pas sur la route.
Viens ici.
Mon Dieu !
Urbain ?
-Je suis lĂ .
-OĂą ?
Vous êtes blessé ? -Non, ça va.
Vous en faites pas.
Un ami chez Peugeot vous trouvera une 4e main pour un bon prix.
-Je suis barbouillée.
J'ai mangé une saloperie, hier soir.
Je vais prendre l'air.
Elle hurle d'effroi.
-Donnez-moi la main.
Nom de Dieu, ça flambe.
Ça va exploser !
Hélicoptère
La maison. La maison !
Cri de mémé Zézette
-Au secours !
Pourquoi es-tu sortie ?
-Au secours.
Au secours, Urbain.
-Bouge pas, j'arrive.
Salaud, ordure, kidnappeur, voleur.
-Qu'est-ce que tu dis ?
J'entends rien, j'ai mes boules.
-Rentre dans la maison, j'arrive.
Ma grand-mère ! On m'a volé ma grand-mère.
Ils l'emmènent en Suisse, à La Chaux-de-Fonds.
Elle crie.
-Pourquoi on a enlevé votre grand-mère avec un hélico ?
-Mais c'est eux. Ils veulent ma maison.
-Qui ça, "eux" ?
-Ma femme et mon chauffeur. C'est sa maîtresse depuis trois ans.
-Prévenez la police. -Non !
Je ne peux pas, Laurence.
-Pourquoi ?
-Par… Par… Je ne peux rien vous dire.
Si je la retrouve pas, je suis ruiné.
-Vous l'aimez beaucoup, hein ?
-Plus que tout. Plus que ma vie.
C'est toute ma vie.
-C'est pas trop tĂ´t, merci !
-C'est la frontière. On attend ici ?
Tiens.
Hélicoptère
-La voilĂ .
Ce qu'elle est belle ! -Elle est magnifique.
Musique intrigante
- - -
Musique de fanfare
- - -
Klaxon
-C'est la femme du promoteur immobilier.
-Bonjour, Mme Donnadieu.
-Excusez-nous, M. le Maire.
-C'est pas grave. -M. Ziegler.
-Venez. On va couper le ruban.
Venez, venez.
Ă€ vous l'honneur, Mme Donnadieu.
Musique de fanfare
- - -
-Tiens.
-Tiens, ma chérie.
- - -
-M. le Maire, donnez-vous la peine d'entrer.
-Alors, M. le Maire ? -C'est confortable.
-AĂŻe !
-Je suis fière des murs que nous avons élevés.
Ils sont minces, m'avez-vous murmuré, M. le maire, mais c'est exprès.
Dans une maison Urbain,
on entend les voisins.
Leur chien aboie, le vôtre lui répond.
S'ils se disputent, on apprécie le calme de son foyer.
VoilĂ pourquoi,
merci de nous avoir permis de construire ce village
dans un si beau pays.
-Et maintenant,
tous Ă l'hĂ´tel de ville.
-Allez-y, allez-y.
Allez-y.
Allez-y. La porte claque.
-Bravo, Fleurette.
-Tu as été géniale.
-Oh, Jacquot. -Quoi ?
-Prends-moi.
-Une seconde, mamour.
-Hôtel du cygne, j'écoute.
M. le Comte. -Ja?
-Téléphone.
-AllĂ´, oui ? *-George V Ă l'appareil.
-George V, enfin ! *-C'est moi.
-J'allais partir.
OĂą est-ce que vous ĂŞtes ?
-Mme Donnadieu, c'est Ziegler.
-Quoi ?
-Le maire vous attend.
Presque tous sont partis. -J'arrive.
-Faut casser les murs. Rien Ă foutre de leurs fondants.
-On ne peut rien faire avant la nuit. Ne les vexons pas.
-Oui. Comment on va reconnaître la maison, la nuit ?
-Y a la pancarte "Maison témoin".
Et il lui manque une brique.
-Ah oui !
-Viens.
Musique intrigante
- - -
-Bourrez, bourrez.
C'est un veau, cette bagnole.
-Ils allaient bien Ă La Chaux-de-Fonds ?
-C'était l'hélicoptère de mon chantier.
-Vous croyez que votre grand-mère
les empĂŞchera de voler les lingots ?
-Vous la connaissez pas.
-Elle n'est plus toute jeune, M. Donnadieu.
-Ma grand-mère ? Elle à vingt ans, ma grand-mère.
-Des lingots ? C'est pour ça que vous ne vouliez pas la police ?
-Mettez-vous Ă sa place, Mme Auger.
Mieux vaut éviter la police pour passer de l'or en Suisse.
-Vous faites du trafic d'or ?
-Pas du tout. Ne dites pas n'importe quoi.
-Je plaque un mufle pour un trafiquant.
Bravo, Laurence. C'est réussi !
-Je trafique rien. C'est mon or. Je l'ai gagné en travaillant.
Tout le monde veut me le prendre.
-Pas les Suisses. Ils sont honnĂŞtes, les Suisses.
-Elle est oĂą, cette maison ?
-Cherche le panneau "Maison témoin".
Magne-toi.
Vite.
-Éloigne-toi.
-Mais arrĂŞte !
Les fous pas à l'intérieur.
-Y a pas d'or dans ces briques. On s'est gourés de baraque.
-Une autre maison. -Quoi ?
-Magne-toi. Celle-ci.
-C'est pas la maison témoin. -Y a le trou.
-Donne-moi ça.
-Mais c'est pas…
Ah ! C'est celle-lĂ .
Ah, enfin !
ArrĂŞte ! -Quoi ?
-Il manque une brique Ă toutes les maisons.
-Hein ? Mais oĂą ?
-Ne bouge pas. Tu vas voir.
-Vas-y, c'est bon. Celle-lĂ , oui.
Y a rien.
-Oh ! Enfin !
-Mémé, j'ai eu tellement peur.
OĂą est la maison ?
-Je suis pas en sucre. Éboulement
-C'est quoi, ce bruit ?
-Les deux ordures ravagent le village.
-OĂą est la maison ? -La voilĂ . C'est celle-lĂ .
-Bonsoir, Mme Donnadieu.
-T'as amené la gourde ?
-Pas ce mot-lĂ .
-Vous savez ce qu'elle vous dit ?
-Ne nous disputons pas. Vaut mieux s'engueuler riche que pauvre.
Au train oĂą ils vont,
on les aura bientĂ´t sur le dos.
-Le Suisse, amenez la voiture. Vous autres, au boulot.
-Allons ! Tenez, Laurence.
-Y a vraiment des lingots d'or ?
-Mille à 56700 F l'unité.
-Ça vous intéresse ? -Oui.
-Écartez-vous. -On ne partage pas.
Vas-y, tu lambines !
-Je fais au mieux.
-Dépêchez-vous !
-Mais du nerf, bon Dieu !
-Je monte dedans.
Passe-les-moi.
-Attention.
-Je balance. -Plus vite, la gourde.
-Merde !
-Pousse-toi.
-Par ici. Par ici.
Viens. Mais avance.
Par lĂ . Vas-y, celle-lĂ .
Celle-lĂ .
Vas-y, viens par lĂ .
|| tousse.
Plus bas, la pelleteuse. En avant.
Vas-y, vas-y.
-Casse-toi. -Fous-la en l'air.
Éboulement
Y a rien, lĂ non plus.
-Allez-y, chargez, chargez.
-Poussez-vous, vous.
-N'oubliez pas, y en a mille.
-Elle est toujours dans mes pieds.
-Laissez-moi passer. -Attention.
-Prenez-en plusieurs Ă la fois.
-Dessous, dessous. Allez, grouillez-vous.
Allez, on y va.
Continuez, je reviens.
-Mais oĂą vas-tu ?
-Je reviens.
-Oui !
Continue, on va toutes se les faire.
Fleurette, c'est celle-là . Ça y est, on a gagné.
On a gagné.
On a gagné. On a gagné.
Fleurette, c'est celle-lĂ .
Fais-le voir. Fais-le voir.
-On a gagné. On lui a raflé son pognon.
-C'est pas celle-lĂ .
On s'est gourés.
-Celui-lĂ , il est venu comment, abruti ?
-Y en a encore ? -Non, c'est terminé.
C'est fini.
-Donne-le.
-Il est Ă nous. -Il est Ă Moi.
-On y va ? -Urbain, venez.
Il klaxonne. -Vous allez voir
- - -
Musique intrigante
- - -
-Le nain est lĂ !
-Bye-bye !
Démarre, le Suisse.
-Le 4x4, vite ! -Le 4x4.
Oui, le 4x4 !
-Démarre, bon Dieu !
-Y a plus de clés. Il nous a piqué les clés.
-C'est foutu. Il nous a baisés.
-Pas complètement.
On est tous les deux, et il nous reste un lingot. mamour.
-Ça te suffit ? -Ça vaut quand même 57400 F.
-Donne-moi le lingot.
-OĂą vas-tu ?
-Je rentre Ă pied, connard ! Et toute seule !
-Que vais-je devenir sans toi ?
J'ai pas les clés.
-Réveillez-vous, il commence à faire jour.
Tout le monde debout. -Mon or est toujours lĂ ?
-Bien sûr, t'inquiète pas.
-Ça va, Laurence ? Vous êtes toute poussiéreuse.
-Vous aussi.
-Arrêtez. On est plein de poussière.
Vous n'en avez pas eu assez ?
Urbain, ouvre la fenĂŞtre. Et vous aussi.
Elle tousse.
Refermez les fenĂŞtres, je suis en plein courant d'air.
-C'est une sacrée nuit qu'on a passée.
-Mais tout est fini.
-C'est sûr.
Nous arrivons au col de la Sarine.
On peut voir les trois lacs. Brienz, Thoune et Bienne.
-Le panorama vaut le coup d'œil.
On s'arrĂŞte ? -Volontiers.
-Je m'en fous. On a pas le temps !
-Oh.….
Quelle nuit. Il parle allemand.
Y a bien trois lacs.
Magnifique.
-Pourquoi on s'arrĂŞte ?
-Respire, mémé. Profite.
-M. George V,
s'il vous plaît.
Vous voulez me photographier devant la voiture ?
Ça fera un joli souvenir pour mes petits-enfants.
-Avec plaisir. On vous doit bien ça. -Danke schön!
-Une photo, maintenant ?
-J'appuie sur le bouton rouge ?
-Comme tu veux, y a pas de pellicule.
-Pardon ? -Je suis pas banquier.
Je suis pas comte. Je suis pas suisse.
Ma moustache est fausse.
-Mais… -Et pour ton or,
tu l'as dans le cul !
-Je vous préviens, je vais porter plainte.
-Porte plainte, petit con, et tu finiras en prison.
-Reviens ici !
Salaud !
Fumier !
Faux cul !
L'or, c'est Ă moi !
ArrĂŞte !
Oh... parti !
Il est parti.
-Urbain ?
-Il est parti. -Urbain !
-Urbain.
-Il est parti. -Urbain ?
Tu n'as rien ?
-Urbain ? -Non, j'ai rien. J'ai rien.
J'ai rien, je n'ai plus rien, je suis ruiné.
J'ai plus rien.
Musique disco
Sous-titrage : EVA France
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