All language subtitles for apreder.Nous_irons_tous_au_paradis(1977)DVB_track5_fre

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Original subtitles

Ah, dis donc !

C'est pas pour dire, mais vous manquez de maturite.

Pourquoi il s'arrete au feu ? Espece de lache !

Allez, avance ! Faut que je me couche tot,

je me leve tard.

Et s'il y a un guignol : retrait de permis. Merci, les mecs.

D'autant qu'on sent que le quartier est tres surveille.

Qui c'est qui veut bronzer ?

Allons-y !

Oh, t'es con ! Ma permanente !

Electricos, les mecs ! Vous avez vu ?

Elle est pas froide.

Fais gaffe aux fauteuils. C'est presque du cuir.

Allez, c'est vert. Vas-y !

Allez, pousse.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Eh ben, vas-y !

J'y vais.

- Qu'est-ce qui bloque ? - Rien, mon grand.

Attends, c'est rien.

- Y a qu'a pousser a fond. - Mais j'ai pousse a fond.

J'ai pas fait Sciences Po, mais je sais pousser.

On se depeche, parce qu'alors la...

C'est l'autre ! S'il se depechait d'etre moins con !

Tu vas pas nous faire une depression nerveuse !

Eteins la radio.

Tu t'es trompe de tirette ?

- Aide-moi. Tu me regardes, la ! - Vous etes cons, les mecs.

Qu'est-ce que je peux faire ?

Tire la tirette !

- Qu'est-ce qu'il y a ? - Rien, rien.

Je suis coince !

- Arrete de crier comme ca. - Tu me fais rire.

Je crie pas, j'ai les deux mains prises !

- Range-toi. - Vous me plaisez, tous les trois.

Je vous le dis : vous me plaisez vraiment !

On n'a rien fait, nous.

On aide, alors qu'on est des intellectuels.

Mais comment ca s'ouvre, ce capot ?

Mais tu cherches quoi ? On n'est pas en panne, non ?

Oh, puree !

Ca redouble, hein !

- Et faire du stop a cette heure-ci ! - Pourquoi tu ferais du stop ?

On va pas abandonner la bagnole.

Toi, t'es en survetement. Tu t'en fous.

Toi, t'as ta veste.

Le cachemire, quand ca mouille, ca crepe.

Dites, les mecs, quand je fais ca, ca marche ?

Et la ?

- Oh, merde ! Des etincelles ! - Merde !

Quand on connait pas, on touche pas !

On est bien a 20 km de notre belle capitale.

Facile !

Comment ?

Attendez, parce qu'avec ce foin !

Ho, he ! C'est pas bientot fini, la marmaille ?

C'est mignon, votre petite croix. C'est a vous, ca ?

C'est ravissant, dis donc.

Oui.

Je vais en parler avec ma fiancee. Je ne suis pas le directeur.

Ne quittez pas. Tu veux prendre l'idiot du village, parce que...

Tu pourrais cacher l'appareil, pour dire ca.

Allo ? Professeur ?

Vous paierez avec le court.

Oui, on va arranger ca.

Mangez vos bananes. Magnez-vous.

Bonjour. Elle est pas la, ta maman ?

Non. Elle ne veut plus venir.

- 8 de carreau. - Non, Bouly !

Connerie !

- Ca va, les comiques ? - Ah, ben non !

Bouly !

T'as pas retrouve mon portefeuille dans le vestiaire ?

Si. On me l'a pose au bar. Attends. Viens, tu vas voir.

Quoi donc ?

Oh, excusez-moi, madame. Je regarde pas.

Bonjour, madame.

C'est ici qu'il y a une douche qui fait du foin ?

Oh, pardon. Excusez-moi.

En effet !

- Tiens ! Bonjour, Etienne. - Bonjour, Daisy.

- Vous attendez quoi ? - Non, non. Rien.

Personne.

C'est parce que mon portefeuille est au bar.

Je vais voir ce que je peux faire.

Il va falloir appeler un professionnel.

Vous derangez pas, madame. Je regarde pas.

T'as vu ce boucan ?

- T'as vu ca ? - Daisy patrouille dans les couloirs.

Dis donc, Daisy, c'est pas Marie-Ange.

J'ai 3 momes, elle, 4. C'est pas le bal des debutants.

On n'est pas maries. On fait... Comment on dit ? J'ai lu ca.

On fait l'amour libre.

"L'amour libre" ?

Oui. Chacun fait ce qu'il veut. Enfin, surtout moi.

Parce que dans la femme, il y a la mere de famille avant tout.

Attention ! Pardon !

- Ah, Bouly ! - Quoi ?

Alors...

T'as regarde dedans ?

Non, mais ca va pas ?

Pourquoi tu veux que je regarde dans le portefeuille d'un...

Et meme si c'etait pas un ami, d'ailleurs.

Parce que moi, j'aurais regarde.

Ben, j'ai regarde.

- Et tu comprends pas ? - Ben non.

Moi non plus, mon grand.

Hier matin, le calme regnait sur la ville.

Tu reviens deja du lycee a 8 h 45 ?

Le prof de francais s'est pete le genou. Quel bol !

- Maman est la ? - Non. Elle tapisse chez Lucien.

Allez ! Il va falloir bourrer.

"Il va falloir bourrer."

Ca m'amuse pas de vous le dire, mais ca fait encore des plis.

- Hein, mon amour ? - Vous brossez pas assez franchement.

Si mon style vous decoit, il y a une solution :

prenez ca, et moi, le canape.

Il loue la chambre, il peut s'exprimer.

C'est parce qu'on est des jeunes ?

Maman, je t'ai pris des ronds.

- Pour quoi ? - Ma gym corrective.

Papa me depose.

Salut, Lulu.

L'appelez plus "Lulu".

Allez, papa !

Bonjour, Lucien.

- Josy, mon amie. - Salut.

- Allez, papa, active. - Au revoir, Michel-Ange.

Tu me passes mes cigarettes ? Dans mon imper.

Allez, papa !

- Alors, papa ! - Va devant. J'arrive. Ne me...!

Qu'est-ce que t'as fait ?

Sur le moment, rien.

Avec tous ces temoins, j'etais, comment dire...

cueilli. Cueilli par une situation

assez nouvelle.

Enfin... Quand meme ! T'as fait quoi ?

J'ai accompagne mon enfant...

notre enfant, a sa gymnastique.

Oui, mais alors ?

"Alors" rien. Je suis reste prostre, seul avec moi-meme,

dans ma voiture arretee, en ecoutant de la grande musique.

C'est tout.

Elle est descendue. Elle avait a faire.

Vous pouvez regarder le store ? Il tombe tout le temps. C'est chiant.

- Marthe ! - Elle est a ses travaux pratiques.

T'es meme pas retourne fouiller la casba ?

Incapable.

- Qu'est-ce que tu fais, papa ? - Rien. Je range.

C'est formidable, ces appareils.

T'appuies, et crac, t'as une photo.

Y a qu'un truc, si je peux me permettre une critique...

La couleur, c'est pas...

A moins que ce soit le flash.

- Au revoir, papa. - Au revoir, mon cheri.

Au revoir, papa.

Au revoir, papa... parrain.

Au revoir, papa.

Au revoir, parrain.

Au revoir, mon amour.

Elle a dit quoi, quand tu lui as montre la photo ?

Rien, parce que je ne lui ai pas montre la photo.

- Ciao, Bouly ! - Ciao.

Pourquoi ?

Peut-etre parce que j'avais peur qu'elle ne me mente pas.

Je confiai a ce fidele camarade, temoin de joies passees,

la verite, verite matinee de quelques variantes

qu'on consentira a l'orgueil d'un garcon agresse

en pleine jeunesse par la fureur des femmes.

Je ne me decidai pas a confronter Marthe avec ce document scandaleux.

Neanmoins, la faiblesse n'est pas mon fort,

et je resolus de faire la lumiere

sans laisser a Marthe le loisir de l'eteindre ou de la tamiser.

Au debut, je tendis quelques pieges de facture elementaire,

comme tout le monde l'eut fait a ma place.

Allo, Marthe ?

Qui est la ?

Tu le sais bien, avoue.

Tu m'aimes ?

Je pense a ton corps qui ondule sous mes caresses.

Oui. D'accord. Mais qui est a l'appareil ?

Je pense a ta bouche.

Bouly, arrete tes betises, sinon, je te balance a Etienne.

Allez, salut. Je travaille.

Rentre ! Il y a la cle !

- Qu'est-ce qu'il y a ? - T'as trouve mon message ?

Oui. Qu'est-ce qui se passe ?

Je ne sais pas. On jouait au tarot avec des gens que tu connais pas,

et l'autre, la, s'est mis a saigner du nez.

Alors finalement, je t'ai appele.

Il est dans ton lit ?

Ben oui.

Je lui ai file un cachet pour dormir. J'avais rien d'autre.

Vous jouiez au tarot ou a autre chose ?

Mais non, je t'assure. Je te le dirais.

Il bouge.

Heureusement ! Il est pas canne, tout de meme.

Il a rien fait, je crois pas. C'est une epistaxis.

Un saignement de nez : epistaxis. C'est rien.

Je vais lui faire une piqure. Il a un peu de tension.

Qu'est-ce qu'il dit ?

Je sais pas.

Je crois qu'il est polonais.

Je regarde pas. J'ai horreur des piqures.

Ca brule quand j'appuie la.

Ca te fait ca, quand tu te retiens de respirer ?

Je sais pas. Je me retiens jamais.

Avant, c'etait une sorte de crampe. Maintenant, ca fait 2 jours...

Je suis blanc ou quoi ?

- Euh... Non, non, mais tu es chaud. - Je suis chaud.

- Ca va mieux ? - Yes. OK.

C'est deplaisant.

Ca y est : je me bloque.

Il faut pas que je me bloque.

Ah, ca y est. Ca recommence.

T'inquiete pas, je m'en vais. Je recupere un peu et puis...

Tu joues du piano, maintenant ?

Enfin, je "joue"...

Je m'y mets. Ca me...

Quand les voisins ont demenage, ils me l'ont laisse.

Je travaille une petite sonate de Greg.

On dit "Grieg".

Dis donc, t'as des nouvelles d'Etienne, ces temps-ci ?

Non. Pas depuis l'histoire de la capote.

Et toi ?

Mais non.

- Maman ? - Oui.

- Salut ! - Salut !

Delphine rentre pas. Elle dort chez Pauline et Xavier.

- Qui a apporte ces fleurs ? - Je sais pas. Je viens d'arriver.

Elle s'est maquillee.

Monsieur !

Monsieur, est-ce que Delphine est la, s'il vous plait ?

Monsieur ! Elle est la, Delphine ?

Il faut qu'elle me rende mon blouson. Josy en a besoin.

Allo, monsieur Bernie ?

Ecoutez, vous etes fou. C'etait vraiment pas la peine...

C'est Marthe Dorsay. "La peine" de quoi ? Je sais que c'est vous.

Vos fleurs sont moins modestes que vous, M. Bernie.

Non. Je dis : vos fleurs sont moins modestes...

Coupe. Merde.

Monsieur Dorsay !

Pourquoi vous me regardez et vous me repondez pas ?

- T'es la, toi ? - Hello. Je papotais avec Lucien.

Vous voulez quoi, Lucien ?

A part ca, quoi de sensass ?

- Rien. - Ou vas-tu ?

J'en ai marre de les voir la.

Je vais les donner a Lucien pour sa chambre.

A qui telephonais-tu ?

Tu n'enleves plus ton chapeau ?

Si.

A qui telephonais-tu ?

A M. Bernie.

Un type a qui j'ai trouve un travail. Il m'envoie cette plante ridicule.

Bonjour, toi, quand meme.

Ce n'etait pas une plante ridicule.

C'etait une euphorbia pulcherrima que j'avais payee 134,40 F.

Tout en embrassant ses levres tiedes du baiser d'un autre,

j'innocentai le correspondant de Marthe.

Une femme qui cede a la bestialite d'un homme hors liens du mariage,

ne continue pas a l'appeler "monsieur Bernie".

Neanmoins, moi qui, comme d'autres,

et avec le temps, me serais cru a l'abri du besoin d'etre aime,

je sentais le sirocco de la jalousie me souffler en rafales

dans la region du coeur.

Jusque dans mon travail.

Une societe m'avait charge d'etudier la possibilite de diffuser la Bible

en petites K7 de dessins animes.

La rigueur de mon comportement habituel se trouvait alteree

par d'imperceptibles ecarts verbaux et meme gestuels,

qui pouvaient etonner les observateurs.

Je m'en prenais meme aux gabarits les plus impressionnants.

Mais c'est un malade, ce mec !

Non ! Meme elle ?

Mais... Je vous ai rien dit, hein ?

Comment il est, le mec ? Francais ?

J'en sais rien. Sur la photo, il portait pas son drapeau.

- Meme elle ! - Et alors ?

Et Etienne ?

Ben, Etienne, tu le connais.

The great nervous are...

toujours betes.

- Bouly ? - Oui. Merci.

Dis donc, mais t'es bien jolie, toi.

Soufflez les bougies !

Il vaut mieux les economiser.

Ils vont surement recommencer, ca les amuse.

Oh, bonjour !

Tiens, Mauricette, tu me fais le tour des cendriers, tu seras gentille.

Simon !

Arretez-vous deux minutes.

Ah, Simon ! Allez, les enfants...

Simon, attends. J'ai deux mots a te dire.

Ecoutez, il y a le pick-up. Allez prendre une consommation.

Merci. Vous l'avez bien merite, va.

Mais je t'avais pas vu, toi.

Qui c'est qui sent le muguet ? C'est toi, ca, encore ?

C'est pas du muguet, c'est Aventure.

- Sens. - Mais je m'en fous.

Viens dire bonjour a Mme Martinez.

Il y a son fils, ton camarade quand vous etiez petits.

Et arrete de boire pour te donner un genre.

Marie-Line !

- Tu dis bonjour, hein ! - Mais oui !

Le voila !

Alors, qu'est-ce que tu dis a Jean-Claude ?

Ben, je sais pas.

Salut.

T'aurais cru ca d'elle, toi ?

Tout a l'heure, je l'ai touchee sans faire expres.

La peau, dis donc...

Satinee...

Moi, si c'etait pas la femme...

Est-ce que t'aurais cru ca d'elle, toi ?

Salut, toi, Bouly !

Ca fait longtemps que tu m'as pas telephone, dis donc.

Qu'est-ce qu'il fait, Jean-Claude ?

Il est dans l'atome. Au CNRS.

On n'a pas sonne ?

Ah, ils nous en ont fait voir, hein !

Oui, mais ils nous donnent aussi des satisfactions.

Mais oui, on a sonne !

- Bonjour, Etienne. - Bonjour.

Bonjour, Etienne !

Comment ca va ?

Qu'est-ce qui vous ferait plaisir a boire ?

Un Martini ? Je suis sure que ca vous...

Et voila ! Allumez les bougies ! Depechez-vous !

Nicole ! Jean-Claude, rends-toi utile. Rallume la bougie.

Voila !

Vous vous rendez compte, Etienne ?

Le jour de ma cremaillere, ils me font des coupures.

Au prochain releve, je leur envoie mon cheque en petits morceaux.

Ou est Charles ? Charles ! Charles !

Ou il est passe ? Charles !

Enfin !

Eteignez-moi ca. Depechez-vous. On fait des economies.

- Marthe ! - Oh, mais t'es la, toi.

Ben ! Tu t'es vu ?

Qui est ce type qui s'agrippe a toi ?

On s'agrippait pas. On a danse.

Je sais pas comment il s'appelle.

C'est quoi, cette robe ? Tu fais un tour de chant ?

C'est une robe. Tu la connais.

Qu'est-ce qui te prend ?

Vous avez rien contre les etudiants, mademoiselle ?

Tu permets que je te l'emprunte, parce que c'est un paso...

Pourquoi tu m'embrasses ?

Bonjour, Etienne. Je te fais un petit...

Un quoi ?

Tu veux pas t'asseoir, mon grand ?

Viens. Degage, toi.

Doucement.

T'as pas faim ?

Non, non.

Tu veux...?

Je te fais une petite assiette ou tu veux d'abord...

Dis donc ! Tu veux pas qu'on te le...

Bouly vous a parle.

Mireille !

Charmante soiree.

Je te presente Mireille Fayolles.

Je parle avec le capitaine Villalonga.

Merci mille fois. Tachez d'etre la le 18.

Ca depend de Charles. Avec lui...

- Beaucoup de bonheur. - Je vous accompagne.

Pardon.

Mouchy, je te presente Mireille Fayolles.

Qu'est-ce qu'ils font avec le Martini ?

Simon, va voir, au lieu de faire l'imbecile.

- Ca suffit ! - Quoi ?

- Va saluer cette jeune fille. - "Cette jeune fille" ?

Je ne te demande pas, je te somme.

Tu me "sommes" a moi ?

Tu me "sommes", a ta mere ?

Mais c'est pas possible !

Elle est partie.

Qu'est-ce qu'elle t'a fait, celle-la ?

Si tu mets le feu, tu prends une claque.

Mais je vais peut-etre vivre avec elle d'une minute a l'autre !

Je me suis pas saignee aux quatre veines toute ma vie,

pour que mon fils aille tout croquer avec une folle

qui a que son derriere pour diplome.

Mais quelle vulgarite ! Tu la connais meme pas.

- D'ou elle vient ? - Et nous ?

Justement ! Elle a quoi, comme diplome ?

Mais j'en sais rien, moi.

Elle travaille. On s'en fout, des diplomes, aujourd'hui.

C'est tes idees de gauche, ca ! T'es communiste ?

Je dirai aux gens que mon fils est communiste.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Je t'aime, Marthe.

Qui t'a mordu le genou gauche ?

Oh, mais qu'est-ce que... C'etait a Pleyel.

On t'a mordu a la salle Pleyel ?

C'etait a la gymnastique.

Il est 4 h 15.

Non. 10. Il avance.

Oh, dis !

Bonjour, Micheline.

- Je suis en retard ? - Non, docteur.

- Ca va, Micheline ? - Oui, docteur.

Qu'est-ce que tu fais la ?

J'attends mon tour. T'inquiete pas pour moi.

Ton "tour" de quoi ?

Je suis inscrite. Sers ces messieurs dames.

C'est pas une epicerie. Qu'est-ce que tu veux ?

Vous entendez comment il me parle ? C'est mon fils.

Qu'est-ce que tu veux ? C'est quoi, ca ?

Ca, c'est a toi.

Je te prie de verifier.

Je te rends tout.

Tes lettres.

Tes cahiers.

Tes photos.

Ton brassard. Puisqu'il parait que je suis un calvaire.

Mais, maman, ecoute...

Voila. Il y a un mat casse. Je te le paierai.

Et maintenant...

voila l'argent.

Arrete ! C'est un hopital ! C'est un hopital !

La ! Tiens ! Voila !

La ! Compte.

- C'est quoi ? - Ta part apres ton pere.

Et compte devant tout le monde pour pas dire que je t'ai vole.

Le telephone, docteur.

Quoi ?

J'ai dit que vous etiez en consultation, mais il insiste.

La valise, je la garde. Elle est a moi.

Tu la recupereras apres ma mort.

Il faut etre malade pour appeler l'hopital.

Tu veux bien me parler aimablement. Moi aussi, je suis deborde.

On est tous debordes.

Je suis dans mes nouveaux bureaux depuis ce matin 8 h.

Allo ?

Mme Chatain !

Vous pouvez baisser votre musique de negre, s'il vous plait ?

"Musique de negre", Tannhauser !

Pas au club, mes nouveaux bureaux.

Je t'expliquerai.

Je t'appelle pas pour ca, mais parce que...

Tiens-toi bien au pinceau, je retire l'echelle.

Je l'ai trouvee !

Depuis le temps qu'on en parlait, je l'ai trouvee.

La baraque avec tennis.

- M. Boulifay ? - Oui.

- Vous avez rendez-vous ? - C'est lui qui m'a appele.

- C'est monsieur...? - Khrouchtchev.

Marcel Khrouchtchev.

Je vais voir.

C'est par un notaire.

Tu l'as vu au club. Un type minuscule, le mardi.

Je lui avais dit ce qu'on cherchait.

Il m'appelle ce matin. Alors ecoute bien. Allo ?

Si vous voulez entrer.

Pas cher, justement.

Il faut l'acheter aujourd'hui : le type part demain au Bresil.

Il faut lui sauter dessus.

Ecoute ! Il partait aujourd'hui, sans la greve des avions.

Tiens ! Voila Daniel.

Je discute plus. Je passe te prendre en bas de chez toi.

Moi aussi, j'ai du travail. Tu me verrais. Je suis aux abois.

Bon. Allez, c'est fini. Je t'embrasse.

Alors ? T'as vu ca ?

Le frere de Daisy est parti monter un truc en Afrique.

Il voulait pas se separer de sa societe, alors voila.

Les bureaux, le telephone, deux secretaires.

La, il y en a une qui est malade. Je paie rien.

Et toi, tu fais quoi ?

- Ben, officiellement, P-DG. - De quoi ?

Ben, c'est ca, le probleme.

J'ai pas encore trouve.

C'est pour ca que c'est pas l'effervescence.

C'est con, j'ai toute l'organisation et je sais pas quoi faire.

T'aurais pas une idee, toi ?

Je sais pas. T'as qu'a faire import-export.

De quoi ?

Je sais pas.

- Bonsoir, Mme Chatain. A demain. - Messieurs.

Il me dit bonsoir a 11 h du matin. Tu vois le genre ?

On fait rien, rien, rien.

C'est pas cher. 12 millions, c'est couteux, mais c'est pas cher.

- On peut pas remonter la capote ? - On peut pas.

C'est 4 fois moins que le prix. Il faut voir.

- Il faudrait un architecte... - On n'a pas le temps, figure-toi.

Popineau m'a dit qu'il est tombe dingue d'une Bresilienne.

Qui c'est, Popineau ?

Popineau, c'est le notaire.

Le petit mec dans son costume, c'est le clerc du notaire.

Faut tout t'expliquer ?

Alors la, c'est pas cher.

Le tennis, c'est par la.

- C'etait a sa mere. - Elle aurait pu tricoter un filet.

Elle est morte. Personne n'habite plus ici.

Il quitte la France, donc il vend tout.

Mais pour faire les demarches aujourd'hui, il est deja 11 h 50...

Vous n'avez aucune demarche. Tout est pret.

- Vous n'avez qu'a... - "Vous n'avez qu'a"...

Et l'argent, il faut le trouver !

"L'argent" ! Pour Daniel et moi, ca va etre plus sportif que vous.

Il faut que je passe a la banque pour les titres.

Et j'ai ma consultation.

Et moi, ma conciliation, c'est aujourd'hui.

- "Conciliation" de quoi ? - Avec Marie-Ange.

Dis donc, a propos... Quoi ?

- Tu fais quoi, au dejeuner ? - Je dejeune.

Je suis convoque a 13 h 30. Si tu venais... Moi, les divorces...

Messieurs, les chambres sont en haut, si vous voulez.

Vraiment, j'y connais rien.

Le mobilier est un peu craignos, mais enfin !

Pourquoi "craignos" ? C'est rustique.

Hein ? Oui, d'accord. C'est ca. "C'est rustique."

- En plus, j'ai pas d'avocat. - C'est pas le divorce.

On prend ce qu'on appelle des mesures provisoires.

Surtout quand il y a le probleme des enfants.

Bouly !

T'as vu en bas ? Tu peux faire un dortoir pour tes nains.

D'abord, c'est pas des nains. C'est des enfants.

C'est pas cher. 12 millions ! Comparativement a...

Tu vas nous en chanter une autre, parce que le voila.

Alors devant lui...

Vous avez de la chance. Sans la greve des avions, il partait ce matin.

Je sais. Me Popineau me l'a dit.

Bonjour, messieurs. Comment trouvez-vous ma maison ?

- Pas mal. - Moyenne.

Humide.

Le mec, Marie-Ange, elle m'a dit, il est...

- Masseur ? - Non, pianiste.

Mais tu sais, c'est pas vraiment du piano, c'est des trucs...

electriques. Et les mecs, ils jouent comme des cons en trepignant.

Comment s'appelle son ensemble ? "Son groupe", comme elle dit.

Tu m'as file la traduc.

Les Without Family. Il me semble.

Mais toi, ton piano, tu y joues pas debout, toi.

Moi, je commence. Je suis pas...

Mais c'est ce que je dis a Marie-Ange. Si maintenant...

le progres en musique, c'est supprimer les tabourets !

Alors l'autre, tout de suite : "Facho ! Reac !" J'ai raccroche.

- C'est pas encore a nous ? - Non. On attend.

- C'etait jambon cru. - Y avait pas.

- Parme, c'est qui ? - C'est moi.

Je te rends la monnaie. Je peux pas rester.

Si on veut tout faire dans la journee !

Moi aussi. Pour etre chez le notaire a 18 h, je peux pas secher.

Oui. D'accord. Merci, les mecs. Bon apres-midi, hein.

- Qu'est-ce que t'as ? - Rien.

Des qu'il y a un homme a terre, on se tire.

- Mais ecoute ! - Non, mais merci infiniment.

- Moi, je reste. - T'es gentil, t'enleves ta main.

Je travaille quand je veux.

"Un homme a terre" pour une conciliation !

- Ca, c'est moche. - Mais ils vont pas te garder.

La voila.

- Bonjour. - Bonjour.

- Il parait que t'as pas d'avocat ? - Non. Pourquoi ? J'ai rien fait.

Bonjour, Marie-Ange.

Bonjour, Marie-Ange. T'as coupe tes cheveux ?

C'est une perruque.

Bonjour, Marie-Ange.

Allez, au revoir, Marie-Ange.

Je me sauve.

Au revoir, Marie-Ange. Moi aussi.

Il faut que je te depose et que je recupere ma voiture.

Il veut ma photo, lui ?

Pourquoi tu parles comme ca ? C'est Willy.

C'est pas possible.

C'est pas lui, quand meme !

- Tu le connaissais pas ? - Ben non.

Elle peut pas le trouver mieux que moi !

Au revoir. A 17 h a ton bureau. Tu viens, toi ?

Au revoir.

Non, mais t'as vu le futal ?

Ils font les memes pour hommes ?

Sois naturel, Bouly. Sois naturel.

Alors je vous presente Willy.

Bonjour, jeune homme.

Salut.

M. et Mme Boulifay.

- Et la famille peut... - Ils attendent. Ca ira vite.

Tiens-moi ca.

Tu m'attends, hein ?

- Tu vas tout verifier, hein ? - Oui. Dans la mesure de mes...

- T'as deja eu une sciatique, toi ? - Non.

- Et Mireille Fayolles ? - Me parle pas de ma mere.

Je te parle pas de ta mere, mais de Mireille.

Mais c'est pas Mireille. Mireille, bon...

C'est la comedie de la vie.

C'est le principe.

A propos de comedie,

l'ami que tu nous as recommande pour la voix d'Adam est venu.

Il est bien, hein ?

- Monte 2 min, tu vas voir. - Non. J'ai pas le temps.

Tu peux rien faire pour lui ?

Il sera paye pour ses essais, mais tu m'avais pas parle de son accent.

Ca s'entend beaucoup ?

Adam, montre-toi.

Adam !

Hors du jardin sacre, miserable.

Tu as touche au fruit defendu.

Moi, j'ai croque la pomme ? Moi, j'ai croque la pomme ?

Elle est bonne, celle-la ! Ou, la pomme ? Quelle pomme ?

Tres franchement...

Attention a ce que vous dites...

Il peut pas s'empecher d'ajouter du texte.

- C'est vrai ? - Ca, on pourra toujours...

- Merci. - On a refait la tour de Babel.

- Vous n'aimiez pas le cote HLM. - Non.

Excusez-moi.

Simon Messina. Bernadette Lamouret, qui dessine beaucoup de nos...

Bonjour.

Sympathique.

Oui. Et elle a pas l'air... antipathique.

Dis donc !

C'est elle, non ?

Elle s'est dessinee elle-meme.

Tu l'avais remarque ?

Non.

Excusez-moi. Je me suis trompee.

Je vous en prie.

Asseyez-vous.

Bon.

Vous avez une cigarette ?

- Vous n'avez pas de blonde ? - Ben non.

Vous n'aimez pas tellement les blondes.

Pour votre avance, j'ai transmis a M. Pouillat, mais...

Faut dire que c'etait beaucoup.

- C'est non ? - Vous savez comment ils sont.

- C'est tres important ? - Oui.

Enfin, non.

Vous aviez besoin de tant que ca ?

Bon. Ecoutez...

J'aurais peut-etre pu personnellement...

Pas toute la somme, mais...

Non, non. Merci.

Ben, au revoir.

Pardon.

Excusez-moi. Au revoir.

Vous pouvez pas faire attention ? Il peut pas faire attention ?

Regardez-moi ca. Ne touchez pas !

Il voit pas plus loin que le bout de son nez.

C'etait pour rire, voyons. Qu'il est emotif !

Allo ?

Oui. Oui. Merci.

C'etait pour rire.

Pour commencer, c'etait une magistrate.

Et myope.

Des carreaux, dis donc, comme ca.

Elle les retirait tout le temps. Impossible de jouer Luis Mariano.

En plus, elle te regardait meme pas.

Marie-Ange, elle demandait rien. Meme pas les enfants.

- "Meme pas les enfants" ? - Ben non.

C'est des mesures provisoires, comme t'as dit.

Ca l'arrange, parce que l'autre, il part faire le singe

en Hollande, ou je sais pas ou,

provisoirement, avec les... Redis-moi comment...

Without Family.

Il l'emmene, quoi, provisoirement.

Du coup, je garde les enfants.

- T'es content, alors ? - Ben ouais.

Comme c'est jour de chance, Daisy me prete sa rente Pinay.

Je lui aurais jamais demande.

- Pourquoi Daisy ? - Pour la maison.

Comme elle a vu que malgre ma fortune personnelle, j'etais...

Alors elle m'a prete sa rente Pinay tres sportivement.

Y a des femmes, tu crois que...

Et puis tu trouves du napoleon, de la rente Pinay...

Ca te pose aucun probleme sur le plan, je veux dire...

Non. Attends. Tu me demandes si je fais le mac ou quoi ?

Pourquoi ? Je demande. Tu reponds avec acrimonie.

C'est pas moi qui dis ca. C'est toi qui dis ca.

J'achete une baraque. Une femme que j'eleve avec ses 4 enfants

me donne sa rente Pinay, et toi, tu dis...

Dis pas ca. Si on t'entendait ? Tu eleves les petits, pas elle.

Et puis, toi aussi. Daisy, c'est comme sa femme.

On vit une epoque ou la femme peut preter de l'argent a l'homme.

Je pose une question. Pas besoin d'etre agressif.

Je suis pas agressif. He ho ! Je travaille, moi !

Avance !

Allez, excuse-moi. On est tous un peu sur les nerfs.

"Sur les nerfs" ! T'es pas sur tes nerfs, t'es sur les miens.

- On peut pas remonter la capote ? - Non. On peut pas.

On n'est pas en avance !

Fallait pas me laisser la place. Pourquoi vous etes derriere ?

Ca va, toi ?

La sante, ca va, oui.

Mais pour la maison, j'ai pas les ronds.

- Ah, ben non ! - Y a pas de "ah, ben non".

Ils veulent pas m'avancer.

- Comment on fait ? - J'ai qu'a descendre.

- Mais non. - Comment t'as demande ?

J'ai dit : "S'il vous plait."

Y aurait bien les lingots de ma mere qu'elle m'a apportes ce matin.

Je peux t'en passer un. Je savais pas que c'etait a moi.

Fais voir.

Oh, la vache ! Le plumier, les mecs !

"Simon Messina, 7e D."

Arretez ! Touchez pas.

Oh, les photos, les mecs !

Oh, les lingots de Mouchy.

Elle m'a apporte ca. On est brouilles.

Allez, accepte !

Non. Je peux pas accepter.

Mais accepte ! Sans ca, c'est moi qui accepte.

Qu'est-ce qu'il a ?

- Ou tu l'as trouve, ton champagne ? - A l'epicerie, en allant telephoner.

- A qui ? - A Marthe. Elle etait pas la.

T'aurais pu nous donner des verres. Ca fait pas chic, des bols.

Ils sont tous casses, les verres. Il faudra en racheter.

Oh, moi, j'ai plus d'argent.

Et je suis rond.

T'entends les oiseaux ? C'est pas cher, hein ?

Les mecs, vous savez ce qu'on fait, ce soir ?

On dort ici.

- Ou ? - Ici, chez nous.

On n'a pas nos affaires.

Et alors ? Tu dormiras en combinaison.

- Et vos femmes ? - De toute facon, Daisy,

mardi, elle a sa reunion politique. Qui veut du champagne ?

Oh, mais alors, juste un bol. Parce que...

De toute facon, il faut que j'aille telephoner.

J'ecoute.

- Allo ? - J'ecoute.

Pourrais-je parler a Mme Dorsay ?

Elle ne prend aucune communication jusqu'a 23 h 15.

Y a-t-il un message ?

Qui est a l'appareil ?

Lucien Raki.

Ah, c'est vous, Lucien. Bonsoir.

Passez-moi ma femme.

Elle ne prend aucune communication jusqu'a 23 h 15.

Y a-t-il un message ?

Ecoutez, Lucien, c'est moi, Etienne. M. Dorsay.

J'ai compris, mais elle repete Berenice avec ses camarades.

Y a-t-il un message ?

Elle repete Berenice ?

Une tragedie de Jean Racine.

Je sais. Merci beaucoup.

Mais passez-la-moi. Et d'abord, que faites-vous la ?

Je travaille ici car Josy devait se concentrer la-haut sur un projet.

On m'a prete votre bureau, et je fais la sentinelle au telephone.

Pendant que je vous tiens, je vous ai rapporte les tableaux.

Josy dit que ma chambre n'est pas un debarras.

Ecoutez, Lucien : je suis loin, il est tard,

nous en reparlerons demain. Passez-moi ma femme.

Elle ne prend aucune communication jusqu'a 23 h 15.

Ecoutez, Lucien, ca suffit peut-etre comme ca, non ?

Votre mari a telephone. Il a achete une maison. Vous etes au courant.

- Il dort dedans avec ses copains. - Merci, Lucien. C'est tout ?

Enfin, les banalites d'usage : il vous aime, vous embrasse, etc.

- La, Marthe, vous entrez. - Ah oui.

Et je dis ? Qu'est-ce que je dis ?

"Enfin je me derobe a la joie importune."

Son mari, je l'ai vu que 2 fois.

Il est moins bien que moi, mais il est chef du personnel

dans une usine.

He ! T'entends le vent ?

On se croirait a la campagne.

Mais on y est, he, con !

Quand je lui ai dit : "Viens vivre avec moi", j'ai pas pense

qu'elle viendrait avec les 4 momes.

Remarque, les enfants, meme d'occasion, j'adore ca, moi.

Dis donc, c'est toi qui es chez elle, au tennis.

Ah oui, mais au debut, ils ont tous deboule chez moi.

J'aurais jamais espere qu'elle vienne aussi vite.

Je sais pas ce qu'elle m'a trouve.

Peut-etre qu'elle t'a trouve qu'elle en trouvait pas d'autre.

Que t'es con !

Dis donc, dans ton metier, c'est pas un handicap, d'etre aussi con ?

Oh ! J'ai un moustique !

Telephone a Popineau !

Etienne...

Tu peux pas dormir, hein ?

Si. La, au contraire, je commencais a...

Non, tu peux pas dormir. Je le sais bien, va.

Imaginer sa femme qui se deshabille avec lenteur

en regardant dans le fond des yeux un homme nu qui la desire.

Non. Franchement, je pensais pas du tout a ca.

Tu nous fais bonne figure, parce que tu veux pas etre rabat-joie.

T'inquiete pas. Je me mets a ta place. Ca doit te...

Non. Je t'assure. T'es gentil, mais...

Allez, hein ?

Ca te fait pas rire d'imaginer son corps tordu par le plaisir...

Je dis pas que ca me fait rire, mais ca m'etait pas venu a l'idee.

Allez, bonsoir, Simon.

Bonsoir.

A ton avis, c'est le genre de type qui l'embrasse des heures

avant de... quoi que ce soit,

ou qui se jette sur elle, dechire ses vetements, dit des obscenites...

Alors, la, arrete, Simon, hein !

Mais quoi ?

Arrete !

Dans quelques secondes, il sera 8 h.

Voici le journal, presente par Philippe Gildas.

Bonjour. Conseil des ministres ce matin a l'Elysee.

Dans un instant, l'ordre du jour.

Mais d'abord, une bonne nouvelle pour les usagers des aeroports :

l'ordre de greve ayant ete leve par les syndicats,

les avions peuvent decoller normalement depuis peu.

Il devrait faire beau aujourd'hui, d'apres Albert Simon...

- Qu'est-ce que t'as fait ? - Du the.

Etienne !

He ! Reveillez-vous, les mecs !

He ! Reveillez-vous !

- C'est des avions. - Non ! Tu crois ?

Le scandale que nous fimes chez le notaire ne servit a rien.

Nous etions tres legalement et pour "pas cher", comme disait Simon,

proprietaires d'une maison inhabitable,

dont notre homme, profitant des 24 heures de greve aerienne,

s'etait malhonnetement debarrasse au profit de 4 innocents.

Apres le desordre de cette matinee,

chacun courut sombrement a son travail.

Pour ma part, je n'etais pas au bout de mes aventures.

Ayant l'appetit coupe, je brulai le controle de ravitaillement

pour reprendre ma surveillance dans l'enquete que je menais

sur ma propre vie.

Marthe avait son cours de danse acrobatogymnique,

- si j'ose acoquiner ces adjectifs - au-dessus de la salle Pleyel.

J'avais trouve un poste ideal pour observer la sortie.

- Monsieur, est-ce que je puis...? - Non, merci.

- Je reflechis. - Mais je vous en prie.

Tiens, salut.

Ils t'attendent. La repetition est au 5e. 83.

Salut ! A bientot.

Au revoir, monsieur.

Merci.

Je suis le mari de Marthe.

On excusera ce trait d'amertume :

j'appreciai au passage la solidarite qu'on rencontre chez les autres

quand ce genre de tragedie vous arrive.

Vous allez rire. C'est une meprise.

Je cherche une personne

qui a une veste du meme dessin que la votre.

Mais si vous regardez bien, vous observez que...

sa descente dorsale est a soufflet,

et que la votre...

Il a une martingale, et pas vous.

Ce qui dissipe entierement toute...

Moi aussi, j'ai des bourdonnements, moi aussi, je vois des papillons.

Comme ca, on est deux.

Excusez-moi.

Vous repondez ainsi a vos malades ?

Non. C'est ma mere. Elle me...

Bon. Madame Chalamand, je vais vous...

examiner. Si vous voulez passer dans mon...

Mlle Mireille Fayolles sur la 2.

Ca suffit. J'ai ma mere sur la ligne directe !

Pour une fois que M. Chalamand est la, arretez de me sonner.

Je ne prends personne.

Ce telephone !

Deja que c'est pas drole de voir des gens avec leur maladie !

C'est pas grave, vous savez.

J'arrive pas a savoir. Elle me tient des propos tellement...

Mais je veux continuer a la voir deux fois par semaine.

Le mardi et le vendredi.

La-dessus, je serai...

Elle a rien, mais ca peut etre long.

- Vous avez... - Merci.

Pourquoi t'es venue avec lui ?

Mais c'est pas moi. C'est lui qui est venu avec moi.

Il se doute ? Il a pas trouve ma lettre ?

Mais non.

- J'aime ton corps, j'aime ton corps. - Je sais, je sais.

Tu me rends folle.

Ma beaute, ma beaute...

Allo ? Oui, ne quittez pas.

Daniel ?

Daniel !

- C'est moi, mon grand. - Etienne ?

Ne t'inquiete pas. Je suis en pleine forme.

J'ai eu un accrochage.

Il faudrait debloquer une porte.

Daniel, telephone urgent.

Armand ! Occupe-t'en.

Merci, mon grand.

Il vient tout de suite.

Oui. Allo ?

- Elle dit qu'elle a eu un malaise. - Mouchy ?

A La Samaritaine.

Elle voudrait que Simon vienne la chercher avec une ambulance.

L'autre, il prend personne au telephone.

T'as une attaque, il faut lui ecrire.

Elle fait pas ca pour le faire danser ?

Ben, je sais pas, moi.

J'ai telephone a Etienne : il est nulle part. Parce que moi...

j'ai un petit probleme.

Et puis quand je dis "un petit"... Attends.

Va t'amuser avec Jean-Jean.

Regarde, il t'a pique ton robot.

Oh, dis donc ! Il a pique le robot, Jean-Jean !

He ! Parce qu'elle est revenue, dis donc.

Marie-Ange. Si, si !

Ben, je sais pas, mais l'autre pianiste qui joue debout,

au moment de partir en tournee, y a eu excedent de bagage.

Elle est la

avec sa valise et sa cantine.

Ben, Daisy, justement,

j'ai interet a etre la quand elle va revenir.

Je vais tacher d'y aller.

Ou Etienne va essayer d'avoir Simon.

Parce que pour Simon, si c'est Etienne...

Si. Il est la.

Merci, messieurs.

Mais alors !

Quoi ?

Tu ameutes la region, tu demandes l'ambulance et toi, tu fumes.

La fumee te derange, en plus ? Comme la sonnerie du telephone ?

J'ai un eblouissement en pleine Samaritaine,

j'appelle mon fils : il me raccroche au nez.

Et il se plaint que je suis pas morte.

Si c'est votre medecine de gauche,

les communistes ont pas interet a prendre froid, parce que...

Le telephone.

Pardon, madame Santoni. Moi, je reponds.

On sait jamais ! Si c'est mon fils !

Qu'elle soit tombee dans les pommes, c'est vrai. On me l'a dit.

C'est rien. C'est de l'hypoglycemie.

Un sucre, et tu repars.

Elle fait un regime pour faire la belle.

C'est ma faute : ma mere, je l'ai mal elevee.

Le mieux, c'est que tu te pendes.

Remarque, c'est comme les enfants, les femmes.

T'en as qu'une, tu t'inquietes.

Quand t'en as plusieurs, c'est pas plus de travail.

Qui veut de la brillantine ?

Oh, arrete ! Merde !

Marie-Ange a decide de s'installer ici ?

C'est Daisy qui a decide.

Ben, elle dit que pour les enfants... Et comme il y a de la place !

Mais toi, avec l'amour libre... Le soir,

tu dors avec... Enfin ou ?

Ah ! I am a gentleman, hein.

Excuse me.

- Parrain ? - Yes.

Le mari de ta femme est la.

Maman demande si...

Attends... Qui est la ?

Willy, le mari de Marie-Ange.

"Willy" ?

On va dire a Bouly de liberer ses affaires du placard.

Mais on fait pas kibboutz ici, nous.

Merci.

Qu'est-ce qu'il veut ?

De la musique ?

- Oui. - Quoi ?

Je suis pas fixe.

Du genre avec des violons, si vous avez.

Il a un peu soif, aussi.

J'aime pas quand tu pars.

Mais, ma cherie, c'est le travail. Il faut bien.

- Tu vas faire quoi, la-bas ? - De la prospection

pour la diffusion de notre Bible

en dessin anime

dans les pays de l'Est.

Le marketing, comme on dit.

La Bible, dans les pays de l'Est ?

Il est pas mal, ton manteau. Il est a qui ?

Un ami de Daniel.

Tu sais, la-bas, c'est l'ete comme ici.

"L'ete, l'ete", c'est vite dit.

Allez.

Je t'ai appele un taxi.

C'etait pas la peine.

Tu vas pas aller a Roissy en stop.

- Allez, au revoir, les boudins. - Oh, dis donc !

Attention, mon dos.

Allez, a dans 3 jours.

- Au revoir, papa. - Au revoir, les sauterelles.

Au revoir.

- Tu bouges pas, ce soir ? - Oh non.

Prenez la 1re a gauche, 2 fois a gauche encore, puis a gauche.

Si on fait ca, on va se retrouver dans votre rue.

Oui. C'est ca.

On aura compris l'extreme ingeniosite de mon plan.

J'avais remis de jour en jour le moment ou Marthe me poignarderait.

Pour en finir, cette fois,

je partais pour les grandes manoeuvres.

Le rideau derriere lequel j'allais operer etant de velours, pas de fer.

Le voyageur s'etait envole pour l'autre cote de la rue.

Le programme de ces 3 jours etait des plus classiques :

controle photographique des entrees et sorties,

chronometrage des absences, traquenards telephoniques,

filatures diverses et retour a l'improviste

en pleine nuit pour surprendre eventuellement les diaboliques.

Oui. Entrez.

Maintenant, tu vas tout me dire, et tout de suite.

Que fais-tu dans cet hotel ?

Tu crois que c'est a toi de me poser la question ?

Assieds-toi calmement, nous allons bavarder.

Non, je ne m'assieds pas. Non, nous n'allons pas parler.

C'est toi qui vas parler.

Ne me moleste pas !

Tu peux crier, tu ne me fais pas peur.

Comment as-tu retrouve ma trace ?

Ta "trace" ? T'es parti depuis 5 minutes.

Le coup du voyage, j'ai deja vu ca au cinema, figure-toi.

Avec tes airs en dessous depuis des semaines !

Alors, maintenant,

dis-moi le nom de cette personne et depuis quand vous vous voyez

ici ou ailleurs.

Et vous allez faire des photos, en plus !

Vous qui penetrez dans mon coeur, ne faites pas attention au desordre.

Commotionne par ce renversement scandaleux des valeurs,

au lieu de devoiler a Marthe les machinations que j'ourdissais,

j'eprouvai ce que Freud ou un autre docteur

aurait appele un "blocage".

Je m'en tirai par quelques phrases dont la beaute litteraire

ne me faisait que gagner du temps

sur des evenements dont je n'etais plus le maitre.

Non, vois-tu, Marthe,

quand le bateau de la vie est deja loin sur la mer,

le capitaine doit savoir faire le point dans la tempete.

Pour cela, il a parfois besoin de s'isoler.

De prendre du recul avec l'equipage.

- Et quand les etoiles... - Arrete.

Arrete "les etoiles".

Parce que les "distances" a 20 m de la maison, arrete.

Qui est cette femme ? Je te previens : j'attends.

Il n'y a pas de femme, Marthe.

Je te le jure sur la tete de ces deux jeune filles...

Arrete !

Qu'est-ce que tu fais ?

Je me couche.

Il etait trop tard pour tout dire a Marthe

meme si je l'avais voulu.

Nous passames une nuit stupide juste en face de chez nous,

chacun sous la haute surveillance de l'autre.

Je cherchai vainement le sommeil aupres de cette inconnue.

30-15.

- Hein ? - 30-15.

Quoi ?

Ca m'etonne qu'elle soit mauvaise. Elle est pleine ligne.

- Qu'est-ce qu'il dit ? - Hein ?

- Qu'est-ce qu'il dit ? - Ils perdent, alors ils contestent.

Allez, 2 balles.

- Pas prets. - Quoi !

On n'etait pas prets !

A chaque fois que je vais faire un point, ils vont trouver un truc.

Prets ?

- Elle sort juste de ca. - Qu'est-ce que tu dis ?

- Elle sort juste de ca. - Encore ?

Refais-la au ralenti, tu verras bien.

Nous, on la voit bonne.

- Il y a vraiment faute ? - Ma parole de soldat.

- C'est une illusion d'optique. - Alors annoncez-le carrement !

Viens, perds pas ton influx.

On te l'a hurle, mais le Paris-Istanbul passait.

Il craque.

Avec leur maison de con !

Dis, notre maison, qui c'est qui nous l'a fait acheter ?

Et l'autre qui verifie tout, avec ses etudes soi-disant superieures !

Qu'est-ce que j'ai fait encore ?

Si tu veux le point, on t'en fait cadeau. Ca nous interesse pas.

Dis donc, toi, tes ailes de geant, elles t'empechent pas de marcher ?

Oh, ecoute, Bouly, tu joues, oui ?

Daisy, elle a du merite. La vie avec pepe...!

- Allez ! - Qu'est-ce que tu dis ?

Rien, rien. Allez, allez, allez.

Si on commence avec la vie privee,

j'ai 2 ou 3 balancoires pour toi.

Ah bon ? Lesquelles ?

Je voudrais pas faire couler ton Rimmel.

Moi, je mets pas du Rimmel,

mais, l'autre, celui qui joue debout, il met des bigoudis.

Ca l'a pas empeche de se tirer avec ta femme.

Ce qu'ils sont chiatiques ! Arrete !

Toi, les cocos a Moscou !

- Pourquoi tu dis ca ? - C'est ta mere qui l'a dit.

Ca suffit comme ca. Toi, ramasse ta raquette.

Je vais lui eclater les genoux avec son type antisemite.

- Parce que je suis de gauche ! - Ca va !

Qu'est-ce que t'as dit ? Qui a le type antisemite ?

Toi.

Va chez toi, Bouly. Tu m'ecoutes ?

Qu'est-ce que ca veut dire ? On a le type semite, pas antisemite.

Si. Justement.

- Pas possible. C'est comment ? - Comme toi.

Avec tes petites moustaches,

ta facon de parler, de marcher,

de regarder les mecs. T'as le type antisemite.

Ah non, Daniel. Non.

Dis donc, t'es tout seul, dans ton costume pour me parler ?

C'est fini, oui ?

- T'as mal ? - Evidemment ! T'as tout declenche

avec tes simagrees : "Elle sort de ci, elle sort de la."

Il y a toujours quelque chose.

Deconne pas, hein !

T'as eu peur, hein ? Il est bath, l'apollon !

Tu sais ce qu'il dit a Miss France ?

Elle va te filer un coup de tronche, Miss France.

Arrete de me provoquer.

C'est pas parce que ta mere...

Laisse ma mere. Occupe-toi de ta femme.

- Parce que hein ! - "Parce que" quoi ?

Pourquoi tu me dis ca ? Pourquoi tu me dis ca ?

Nous traversames un temps dont le souvenir nous est cruel.

Pour la 1re fois de la vie,

nous ne nous aimions plus.

Chacun restait sans nouvelles des autres. Les semaines passaient.

Entre Marthe et moi, c'etait une paix armee.

Nous echangions

des sourires fallacieux par egard pour les enfants.

Les filles etaient-elles encore des enfants ?

Je regardais avec perplexite s'arrondir la jeune Josy,

enceinte des oeuvres de Lucien.

Elle refusait de regulariser la situation.

Mes filles l'admiraient beaucoup.

Lucien m'a avoue la passion qu'il a eue pour votre femme.

Je n'epiloguerai pas sur votre complaisance,

mais vous me rendrez les lettres et les portraits de Lucien,

pour detruire les derniers vestiges de cette liaison lamentable.

- Lucien ! - Oui, mon amour.

Je fis une tentative pour quereller Marthe sur cette fable incroyable.

Elle prit la chose avec arrogance,

et si je devais rendre compte de la seance,

je le signerais de notre envoye special sur les roses.

Puis Marthe lacha prise.

Elle cherchait un nouveau travail,

et la 1re representation de la piece de Racine, Jean,

interpretee par des etudiants d'age variable

etait pour juillet a Rueil-Malmaison.

Marthe prenait l'art dramatique tres au serieux.

Ce n'est que plus tard

que j'appris que Simon avait un nouvel amour dans sa vie.

On ne les vit jamais ensemble.

Les conditions de leurs rencontres restent obscures.

Simon n'en parla jamais.

Si tes analyses sont bonnes, il va te laisser sortir.

Ca fait 18 jours. Tu n'as rien.

Mais tu sais,

il dit qu'il ne faut pas se fier aux analyses.

Mme Chalamand.

Bonjour, docteur.

Bon. Eh bien, maman, merci d'etre venue.

Et au revoir.

Au revoir, Jeanne.

Merci pour vos gateaux.

Madame.

Ma beaute, ma beaute, ma beaute...

Ah, tu me tues, tu me tues.

Je sais, je sais.

Je te fais du bien.

Sur sa traversee de notre desert, Daniel fut encore plus secret.

Un jour, il devait me dire

qu'a cette epoque, il s'etait lui-meme un peu perdu de vue.

Quant a Bouly, son enthousiasme pour l'amour libre fraichissait.

Certaines femmes font des enfants,

les siennes lui faisaient des maris et des amants.

Papa ! Papa !

Tu viens pour quoi ?

Maman m'a invite. J'ai plus d'appartement.

Comment ?

Bouly, degage tes affaires de la chambre.

Comment ?

On les mettra dans ton sac tyrolien.

Marthe, vous passez un peu plus vite dans le fond.

"Vous ne faites qu'un coeur et qu'une ame avec nous."

Bien.

"Au nom d'une amitie si constante et si belle..."

A "Si belle", tu lui sers un whisky et tu passes derriere.

"Au nom d'une amitie si constante et si belle..."

"Employez le pouvoir que vous avez sur elle."

- "Voyez-la de ma part." - "Moi ?

"Paraitre a ses yeux ?"

Musique moins fort.

"Pourquoi vous derober vous-meme en ce moment

"Le plaisir de lui faire un aveu si charmant."

Quelle heure il est ? Il est pas 10 h ?

Il faut que je parte, moi.

Alors, les enfants, continuez sans moi.

Je pars.

Allez, a ce soir chez vous.

Eh ben, la-bas ! On va pas rester la a attendre !

Le jour ou je croyais le tenir, l'amant de ma femme tenait mon pouce.

Une grande timidite s'emparait de moi

a l'instant de lui hurler que Marthe devait choisir entre nous deux.

Tout a coup, ma destinee m'apparut - comment dire -

absconse.

Marthe...

"Que je le plains ! Tant de fidelite..."

"Que je le plains !

"Tant de fidelite, madame, meritait plus de prosperite."

Ce que c'est beau !

Et tu sors en faisant sauter les cles de ta voiture.

Ah, Michel, t'es encore un poil trop tot.

- Il dit quoi, la ? - "Vous fera souvenir..."

"Vous fera souvenir que je vivais encore."

"Adieu."

"Adieu !"

Non. Mais non ! Mais non !

Regarde.

Moi, je dis ca.

Toi, tu fais ca.

Je dis non.

D'autre part, lorsqu'elle te parle de Titus :

"Il ne me laissait que de tristes adieux, jugez de ma douleur..."

Moi, je siffloterais pas. Je siffloterais pas.

On en a pour 5 minutes.

Il faut remplacer Benoit. Il a ete nomme a Marseille.

On fait un petit raccord.

- Vous avez dit de depoussierer. - Oui, mais sans rayures.

Benoit, vous voulez nous montrer ?

On avait pourtant fait ca le jour des photos !

T'etais pas la, avec ton frere ?

Tu veux repondre ?

Tout ca n'etait donc que de la tragedie.

Homme de peu de foi qui m'imaginais

que Marthe pouvait embrasser un autre homme que moi.

La main, la.

Pourquoi pas lui donner l'usufruit de ce corps

dont j'avais la nue-propriete ?

Allo ? Oui ?

Oui, c'est moi.

Bonjour, mademoiselle.

Mais oui, mademoiselle.

Comment ?

Mais quand ? Cet apres-midi ?

C'etait quoi ? Le coeur ?

Et lui, ou il est ?

Il a pas laisse de telephone ?

Ah oui, d'accord, oui.

Il rentre quand ?

Qu'est-ce que vous faites la ?

Faites pas les cons. Elle a pas du tout d'humour.

Qui c'est qui lui parle ?

Etienne.

Mais qu'est-ce qu'il y a ?

Etienne veut te parler.

C'est joli, ca.

Il veut te dire que...

ta maman est morte.

Mais tape ! Tape ! Mais tape !

Je l'imaginais pas dans ce pays. C'est marrant.

On n'y venait jamais.

Elle avait achete ca quand on est rentres.

Je sais meme pas avec quels sous.

Avec ses lingots ?

Vous partez directement, Marthe ?

Oui. Je suis obligee.

Comme ca, je reprends le train avec Charles.

Etienne va rester.

- Non. C'est pas la peine. - Mais si, c'est la peine.

Ecoute, n'insiste pas. N'insiste plus. Pas ca.

Comment ?

Je sais pas. Je serai a Paris vers 20 h, 20 h 15.

Bon. Mais pas seuls, alors.

Ou seront les autres ?

Cela dit, j'ai souffert.

Remarque...

- Chacun ses... - "Remarque" quoi ?

Oh rien.

Mais selon moi, il y aurait ni Berenice ni Josette.

Elle embrasserait personne.

Mais la, on peut pas. C'est la transposition artistique.

- Ca n'a rien a voir. - Passe-moi le sel.

Personnellement, j'aimerais pas que les miennes

aillent me transposer avec un autre type.

Enfin, j'ai pas de lecon a... Tu viens ?

Non. T'as pas de lecon.

Daisy et Marie-Ange, ca me regarde pas, mais...

qui se retrouve tout seul au bureau a faire un calin a son sac tyrolien ?

Non, mais je m'excuse, c'est pas pareil.

Daisy, c'est son mari.

J'ai plaque Marie-Ange au moment ou elle est partie avec lui.

Il me fait marrer, lui.

Il y avait plus de place. J'allais pas dormir dans ma bagnole.

Et attention : c'est pas pour la vie.

Elles ont dit qu'on faisait un roulement : chacun son tour.

Pour les affaires d'un P-DG, on est mieux sur place.

- Tu fais quoi ? - Location de bureaux.

- T'as des clients ? - Non.

Y a le petit qui se reveille.

Tu fumes, maintenant ?

Oui.

T'as faim ?

Oui.

Pas mal, ca.

Je vous ai pas dit...

Je vais me marier.

Mais qu'est-ce que t'appelles te marier ?

Tu veux dire... avec...

une femme ?

Oui.

Ca m'empechera pas de siffler les militaires.

Pourquoi tu n'as rien dit ?

Je vous connaissais plus.

Il va se marier !

- Qui ? - Daniel.

- "Daniel" ? - Mais demande-lui.

Comment...

Comment elle s'appelle ?

Marie-Christine.

Une demoiselle Bernadette Lamouret a telephone au cabinet

pour prendre rendez-vous de ta part.

Oui. C'est une collaboratrice qui a une contrariete dans les reins.

Tu la connais, d'ailleurs. C'est une dessinatrice. Une chic fille.

Je peux avoir un cake ?

Ah oui. Celle qui...

Avec les chaussures a lanieres ?

Oui.

Les voila.

- Je la vois pas. - Laisse-la descendre.

Dis donc !

Quoi ?

C'est pas une premiere main.

Qu'est-ce que tu dis ?

C'est peut-etre pas elle.

Ah si.

Elle a de l'allure. T'as vu les vetements ?

"Les vetements", oui. Mais elle a quelques heures de vol.

Bonjour, mademoiselle.

Bonjour.

Mademoiselle.

Voila. Etienne Dorsay.

Simon Messina.

Et Bouly.

Enfin, Boulifay.

Alors, voila les...

Garcon !

- Vous fumez ? - Oui. Oui, merci.

- Messieurs dames. - Merci.

Une menthe.

- Et lui ? Qu'est-ce qu'il veut ? - Comme eux.

Un demi ! Une menthe !

Ca vous gene, pas, vous, la difference d'age entre nous ?

Non !

Primo, ca se voit meme pas...

Et a notre epoque, ce sont des choses qui...

Il y a tout de meme une evolu...

Oui. Et puis, on voit plus d'un couple, au depart,

on se dit qu'il y a un decalage horaire.

Puis regarde ma soeur.

Elle a 1 an de plus que Jean. C'est pas pour ca que...

- Vous pouvez me donner un demi ? - Deux.

- J'ai envie de vous embrasser. - C'est gentil, Bylou.

Non. "Bouly" !

Je peux ?

Et ou est-ce que vous comptez convoler ?

Ah ca !

- On n'a pas de famille. - Oh, dis !

Arrete tes violons.

T'as qu'a le faire a Neuville. T'as qu'a te faire domicilier.

Ou est-ce, Neuville ?

Il vous a pas dit qu'il possedait une propriete a la campagne

loin du bruit et de la fureur de notre grande cite ?

Que "nous" possedions.

- Non. - On a fait une tres bonne affaire.

Je voulais pas qu'elle m'epouse pour mes richesses.

Le laissez pas jouer ! Le laissez pas jouer ! Attention !

Pourquoi tu shootes ? J'etais tout seul.

J'ai tente ma chance.

Parce que tu joues personnel. Ca fait 2 fois !

Voila ! Voila ! Voila !

Le laissez pas jouer.

Tiens, voila Simon.

Qu'est-ce qu'il fait, Daniel ?

- On n'est pas en retard ? - Non. Dis donc, t'es costume, toi.

Ah ! Ben alors ! Hello. You speak french?

- C'est la mairie ? - My name is Bouly.

Elle va pas tarder.

Faut prevenir le Boeing Bar pour qu'ils s'impatientent pas.

Il est alle telephoner.

Tout le monde est la sauf Maman.

- Comment elle s'appelle ? - Cynthia.

- C'est pas son vrai nom. - Non. Elle s'appelle Arlette.

Tiens ! Le voila.

Maman, en cadeau de mariage, je vais lui offrir une pendule.

Elle est la.

La, j'ai reintegre le tennis.

Ils sont partis tous les quatre en vacances.

Ils m'ont laisse les momes. Un chewing-gum ?

Tu es seul avec les sept ?

Ben oui.

- Qu'est-ce qu'il y a, Jean-Jean ? - J'ai mal.

Qu'est-ce qu'il fait ?

T'as du feu ?

Qu'est-ce qui se passe ?

Tiens.

Ah ben !

On divorce.

Qu'est-ce qu'elle a dit ?

Bon. Alors ?

Elle demande de pas lui en vouloir.

Bon. Ben, voila.

C'est pas nous. C'est pour toi. Est-ce qu'elle a appris...?

Pour moi et les garcons ? Ecoute ! Elle le sait depuis le 1er jour.

- Qu'est-ce qu'elles veulent ? - Tu devrais le savoir.

Mais pourquoi ?

Non. Je crois que tout a coup,

elle s'est pas vue rentrer a la maison avec un type comme moi.

Ou plutot si, elle s'est vue.

Ou "avec un type" tout court.

Oui. C'est ce qu'elle dit.

Elle y pense le jour du mariage ?

C'est justement le mariage qui lui a fait penser au mariage.

Bon. Alors, qu'est-ce qu'on fait ?

Non.

Peu de temps apres, Daniel s'en alla vivre chez Bouly.

L'ete commencait.

Daniel, s'il etait malheureux ne le montrait pas a Bouly

qui lui cachait qu'il etait heureux.

Nous avions essaye de vendre la maison.

Sitot qu'un conflit eclatait au sein d'Air France,

nous mettions des annonces partout.

En attendant, certains soirs,

a l'heure ou les avions se font plus rares,

nous allions y souper comme dans une maison humaine

avec d'autres amis, parmi lesquels Bastien et sa femme.

C'etait un homme merveilleux, professeur et fou de theatre.

Je deplorais que Marthe le traitat avec tant de desinvolture.

Je me gardais de provoquer la sensibilite de Marthe.

C'est qu'apres tant de tourments, en ce debut de vacances,

ma vertu prenait les siennes.

Mlle Lamouret, par le truchement d'une maquette,

m'avait laisse entendre qu'elle etait sensible a mon charme austere.

Le coeur serre, je me vis oblige de mentir a cette femme epatante.

Le mensonge est encore aux yeux de tous les chercheurs

le seul moyen pour aller d'une femme a une autre

sans que la premiere prenne des sanctions.

J'avais dit a Marthe que comme nous tenions notre chance,

sous la forme d'un preavis de greve depose pour le mardi suivant,

il fallait appreter la maison pour appater les naifs.

C'etait presque la verite :

mes 3 amis y allaient pour ces 2 jours

et me deposaient au passage a l'aeroport.

La soeur de Bernadette Lamouret gerait un relais de campagne

dans la region bordelaise,

et nous allions faire la-bas une experience physico-sensorielle.

J'etais d'accord.

En chemin, je ne pouvais m'empecher de songer a la compagne admirable

que je laissais derriere moi pres de l'atre,

fidele et heureuse,

simple exemplaire de la Francaise

telle que nous l'envient les touristes du monde entier.

Je savais que lundi,

quelqu'un m'attendrait avec un visage severe :

moi-meme.

Non ! Pas de photo.

T'es d'une beaute !

Merde, Simon ! Tu m'as fait bouger.

Dis donc...

Quoi ?

Je vois flou ou c'est moi ?

- Pourquoi etes-vous habille ainsi ? - J'aime assez la provocation.

Je dois telephoner a ma mere. Vous n'avez pas quelques pieces ?

Ca alors ! Ca alors !

Arrete de repeter "ca alors" ! A quoi ca sert ?

- Si c'etait une ressemblance ? - Frappante.

Qu'est-ce que tu regardes ?

Pourquoi j'ai sorti mes cles ?

Je regarde une femme que j'aime et qui m'a quitte.

On s'etait prevenus.

- Tu vas m'ecrire ? - Non.

Quand je reviendrai a Paris, on se reverra ?

Non.

Tu t'en fous ?

Oui.

Ca fera quoi, ces 2 derniers jours ?

Ca fera d'abord la 1re nuit, et puis...

On va pas se faire une belle scene, non ?

Non.

Tu veux pas qu'on arrete ici, maintenant ?

Oui.

Non.

Qu'est-ce qu'on fait ?

On s'en va.

Allons-y.

Je sais que je devais t'appeler...

Depart a destination de Bordeaux,

vol 2043, embarquement immediat satellite no 8.

Tu me suivais ?

Oui.

Tu sais que t'es terrible, toi.

Et toi ?

Comment ?

Qu'est-ce que tu fais la ?

- Eh ben... - On est venus accompagner l'autre.

Qui ?

Ben oui. Donne-lui son billet, toi.

Pardon, mademoiselle. L'avion pour Bordeaux ?

Depechez-vous.

Bon. Allez, salut, vieux. Couvre-toi.

Au revoir. T'embrasses pas Etienne ?

Merci.

- Vous allez faire quoi, a Bordeaux ? - Je sais pas.

Bon ! Allez !

- Ton sac ! - Le sac... Les journaux...

Voila !

Allez ! Reviens-nous vite.

Nous ? On dit jamais rien, hein ?

Jamais !

Sous-titrage : Eclair Group

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