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Allez, viens.
Attrape-moi !
Attrape-moi !
Je me rends.
Alors la demoiselle appelle à l'aide,
dans un instant d'immense détresse,
et soudain, qui voit-elle ?
Qui ?
Andrzej le Hussard.
Il arrive au galop sur son destrier,
son armure flamboie au soleil du matin,
son panache vole au vent.
Il crie à l'Ottoman au masque noir :
"Qui es-tu pour menacer ainsi cette noble demoiselle ?
"Arme-toi, scélérat,
"et prépare-toi au combat, si tu l'oses."
"Approche et je te pourfendrai comme le chien que tu es."
Alors Andrzej,
notre héros,
enfonce son épée jusqu'à la garde
dans la poitrine de l'Ottoman.
Non, il croit seulement le faire.
En réalité, c'est un piètre bretteur et il trébuche.
- Il tombe sur le dos... - Non.
Ce n'est pas ça l'histoire.
S'ils ne le trouvent pas, tu fais un pas en avant.
Il n'a pas pu sortir du camp.
Ses chaussures étaient encore là. Qui s'évaderait pieds nus ?
Ils vont finir par le trouver.
Vous connaissez les règles.
Comme votre frère polonais avant qu'il ne s'évade.
Dix d'entre vous serez affamés jusqu'à son retour ou votre mort.
Il a échangé vos vies contre la sienne.
Qu'en concluez-vous ?
La trahison est dans votre nature.
Merci.
Un !
Non !
Celui-ci.
Deux !
Freddy !
Pas lui !
Tu veux mourir à ce point ?
Trois !
En avant !
Vos mains !
Quatre !
Courage, Misha.
Sois fort.
Cinq !
Six !
Sept !
En avant !
Huit !
Non, pas moi !
- Neuf ! - Non, je vous en prie !
Je vous en prie !
Dix !
J'ai une femme.
J'ai des enfants ! Non !
Pitié, non !
Mon Père ! Mon Père !
Mon Père !
Il est introuvable. Il est parti.
Ils le trouveront.
Arrête.
Rends-lui.
Il en a davantage besoin.
Vous ne pouvez pas nous sauver.
Retourne dans le rang !
Halte !
Je peux prendre sa place.
Que veux-tu, sale Polonais ?
Je peux prendre sa place.
Il a une femme et des enfants.
Je suis prêtre catholique.
Très bien.
Tu n'as rien prouvé.
Bienvenue.
Trois marks qu'ils tiennent au moins quatre jours.
Peut-être trois jours.
Pari tenu.
Vos chaussures !
Avancez !
Allez !
Allez, plus vite !
Un cadeau d'adieu de Fritzsch, pour une mort rapide.
Au revoir.
Bande de salauds ! Lâches !
Monstres ! Vous n'êtes pas des hommes !
- Ordures ! - Arrête !
Si tu continues, ils en enverront un autre mourir avec nous.
Économise ton souffle !
Qui est l'ennemi ici ? Nos frères polonais ?
Allez-y, entretuez-vous. C'est ce que veulent les Allemands.
Vous venez presque tous d'arriver.
Vous n'avez jamais vu ce que la faim fait à un homme.
Nous allons perdre la raison.
Et il n'y a rien de digne dans cette mort.
L'homme qu'ils ont traîné dehors...
Quelque chose l'avait mordu.
Nous avons été affectés ici une fois.
Pour sortir les corps de cette cellule et les emmener au crématoire, et...
Et quoi ?
Ils étaient couverts de morsures.
Qu'ils s'étaient faites entre eux.
Voilà ce qui nous attend.
Finissons-en ensemble.
C'est la tentation du Serpent.
Ne l'écoutez pas.
- Nous devons garder espoir. - Espoir ?
Espoir ?
Tu parles en prêtre aux mains douces. L'espoir !
- Je préfère partir à ma façon. - Je ne pourrais pas.
Mon ami, si c'est la dignité que tu cherches,
tu ne la trouveras pas en t'ôtant la vie.
Laissez les hommes décider, Mon Père.
Je suis un lâche.
Je ne l'étais pas avant.
Avant d'être ici.
Dans quelques jours,
ce sera plus facile.
Désolé qu'ils t'aient jeté ici avec moi.
Un seul, c'était déjà terrible, mais...
Mon Dieu...
On a survécu à Łódź pour crever ici, dans ce trou !
Albert ?
Nous allons tous mourir ici.
Un, deux, un, deux. Bien.
Un, deux. Plus fort. Plus vite.
Gauche, droite. Plus vite !
Bien, bien. Un, deux.
Un, deux. Allez.
Allez.
Bravo.
Bravo.
Dis-moi, Karl,
tu sais ce que c'est ?
Un reichsmark.
Non. Aujourd'hui, c'est une médaille olympique.
Un cadeau de mon père après un combat, quand j'avais ton âge.
Nous n'étions pas proches, mais il m'a appris à être fort.
Il disait qu'un athlète olympique ne laisse personne lui barrer la route.
Même pas son propre père.
Tiens.
Garde-le dans ta poche.
Je t'aime, papa.
La force est un choix, Karl.
Viens.
Gisela, es-tu une princesse ?
Oui, papa !
Il a été excellent.
Le prisonnier 16670.
Il dirigeait un grand journal polonais et une station de radio.
Il aurait même du sang allemand.
Mais pourquoi vous intéressez-vous à un Polonais presque mort ?
Vous ne pouvez pas comprendre, Baer.
Pourquoi sommes-nous ici ?
Pour tuer ?
Non.
Nous devons briser la volonté de la Pologne pour que le Reich
puisse la redresser.
- Voilà la raison. - Oui, monsieur.
Ne jouez pas les adolescents.
Je veux voir la volonté de vivre de ce prêtre se briser.
Quand la faim l'avilira, toute la Pologne le saura.
En attendant,
nous devons étouffer toute velléité que son geste aurait inspiré.
Imaginez un de vos tours malsains,
peut-être avec les femmes du camp.
Qu'il l'entende depuis la cellule.
Rompez.
Si nous devons mourir ensemble,
nous devrions au moins connaître nos noms.
Je suis le Père Maximilien, mais mon prénom est Raymond.
Seigneur...
Quelqu'un ici ignore encore qui il est ?
L'homme du magazine !
Qu'est-ce que ça a apporté à la Pologne ?
Alors ?
Ça vous a conduit ici, prêtre.
Voilà ce que ça a fait.
Et toi, pourquoi es-tu ici ?
Parti des travailleurs.
Vous en avez déjà vu un de près ?
Nos différences disparaissent ici.
Au final, nous sommes des Polonais.
Vous ignorez tant de choses.
Caporal Freddy Kowalczyk, pour vous servir.
Voici Albert.
Il parle comme s'il était plus intelligent, et il l'est.
Il m'a sauvé la vie plusieurs fois à Łódź.
Il en a sauvé beaucoup.
Mais à quoi bon ?
Peter.
Herschel.
Vas-y.
Il s'appelle Chaim.
Excusez-le.
Les jeunes ont bien plus à regretter que le reste d'entre nous.
C'était un de mes élèves,
avant tout ça.
Vous étiez professeur ?
Science. Torah.
Un communiste,
un catholique et un juif mourant dans la même cellule.
Quelle est la chute ?
Mes frères,
nous allons mourir, certes,
mais ne mourons pas comme des animaux.
Mourons comme des hommes, les yeux tournés vers Dieu.
Dieu est mort.
Tué par les premières bombes.
Finissons-en.
Se tuer soi-même reste un meurtre.
Vous vous êtes tué vous-même en entrant ici.
Pardon ?
Sommes-nous des hommes ou du bétail ?
Je dis non.
Nous avons nos voix.
Qu'elles soient notre arme pour donner un sens à nos derniers jours.
Ce que nous faisons n'importe plus.
Nous sommes effacés de l'Histoire.
La vie n'a pas de sens.
Mais à moi, ça m'importe.
Écoutez.
Je fonde une milice.
Il n'y aura pas d'autre solde que l'agacement des Allemands.
Nous prierons pour le camp jusqu'à ne plus pouvoir prier.
Il reste neuf places. Qui veut en être ?
Quel espoir puis-je leur donner ?
Tu as tout pris à Job,
et quand il a crié vers Toi,
Tu n'as répondu que par une question.
"Où étais-tu,
"fils de l'homme,
"quand je fondais la terre ?"
Sainte Mère,
Tu m'as appelé ici.
Donne-moi les mots qu'il leur faut.
Des mots ne suffisent pas.
Des mots ne suffisent pas.
Où est papa ?
Ça va, maman est là.
Maman est là, tout va bien, mon chéri.
Un rat !
Un rat !
Bon sang !
Sale gitan bon à rien !
Imbéciles ! Vous gâchez de l'eau !
S'il vous plaît !
Ça pourrait être le dernier sommeil de ma vie.
Peut-on avoir du calme ?
Ils vont au moins nous donner de l'eau...
N'est-ce pas ?
Salut, Reine,
Mère de Miséricorde...
C'est quoi ce bruit horrible ?
Une berceuse.
Ma mère nous la chantait.
J'aurais aimé qu'elle vous transmette aussi sa voix.
Notre vie,
notre douceur et notre espérance, salut !
Quoi ?
Ma grand-mère me la chantait aussi.
Ne me jugez pas à mon apparence.
J'étais premier soliste à la cathédrale. Je chantais comme un ange.
Vers toi nous crions,
exilés enfants d'Ève ;
vers toi nous soupirons,
gémissant et pleurant
dans cette vallée de larmes.
Ô Pleine de grâce, ô Notre-Dame,
tourne donc vers nous tes regards miséricordieux.
Karl.
S'il te plaît.
Le ministère de la Propagande.
Tu imagines ?
Oui.
Heil Hitler.
Monsieur le ministre.
J'ai entendu parler d'un poste à Berlin.
Et moi, du jeu que vous jouez avec ce prêtre.
Nous attendons votre histoire.
D'ici une semaine.
Si vous en faites un martyr,
prévoyez un manteau plus chaud, car vous partirez pour la Russie,
pas pour Berlin.
Je contrôle la situation.
Si vous ne pouvez pas dormir,
vous pourriez nous raconter vos histoires.
J'aimerais entendre vos confessions.
Ils viennent pour moi ! Ils sont là pour moi !
Chaim, réveille-toi.
Dieu merci.
Avez-vous parlé au Bureau des travailleurs ?
Chaim, réveille-toi.
Je crois qu'on a un mort !
Je suis désolé.
Je suis désolé.
Pardon...
Non !
De vrais chiens.
Maximilien !
Vous êtes venu !
Les Japonais ne vous ont donc pas nourri ?
Venez.
Avez-vous rencontré Aleksy,
le nouveau bienfaiteur de notre cathédrale ?
Kolbe, quand vous aurez fini, j'aimerais vous parler
de l'aide à notre mouvement dans votre journal.
Maximilien, parlons dans mon bureau.
Avant que vous ne partiez,
un petit souvenir de la reconnaissance de notre parti.
Ne me remerciez pas. Nous parlerons après.
L'Allemagne ou la Russie nous envahiront bientôt.
Ça n'a rien de nouveau.
Et à ce moment-là,
votre journal ne sera pas ce dont notre peuple aura besoin.
Vous n'êtes pas d'accord ?
Avec votre politique ? Bien sûr que non.
Mais dites-moi ceci.
Pourquoi fascistes et communistes poussent-ils comme de l'herbe
dans chaque fissure du pavé de Varsovie,
malgré votre excellent travail ?
Ce n'est pas une question rhétorique.
J'aimerais une réponse.
Notre Église est devenue trop confortable.
Non.
L'homme moderne est isolé.
Il a besoin d'appartenir à quelque chose.
Admettez-le, mon ami, nos mots ne suffisent plus.
Restez en Pologne.
Qu'ils sentent votre présence.
Qu'ils voient votre amour.
Nous parlons de l'amour de Dieu dans chaque édition.
Oui,
mais vous semblez oublier
que le Verbe s'est fait homme, pas magazine.
Quand nous étions de jeunes frères au séminaire,
une année, nous avons voulu jeûner tout le carême.
Nous avons tenu deux semaines,
juste avec de l'eau.
Mais nous avons trouvé un réconfort inattendu.
Le sermon arrive...
À l'heure du dîner, dans nos lits, nous parlions de notre dernier repas.
Moi, je choisissais toujours le kotlet schabowy de ma mère,
avec du pain maison et du beurre salé.
C'est de la torture.
Du poulet braisé, du bourgogne, et aussi...
du speck, des lardons,
des champignons et de l'ail.
Tu as des goûts raffinés.
Tu étais cuisinier ?
Non.
Mon...
Mon compagnon, oui.
Avant que je parte pour Cambridge,
ma fiancée Margaret a dit qu'il fallait m'initier au vrai thé anglais.
Elle m'a préparé des scones parfaits.
Alors je prendrais ça,
avec du thé anglais et du bacon.
Le lait de ma mère.
Quoi ?
Des vaches.
Ma mère élevait des vaches laitières.
Vous aviez compris que...
Non...
Non.
Je n'arrive plus à penser.
Je ne crois pas que je vais...
pouvoir rester avec vous très longtemps.
Quoi qu'il y ait de l'autre côté, garde-nous un peu de bière.
Et puis, s'ils ne nous donnent pas d'eau ce soir, on te suivra tous.
Ça serait quelque chose, non ?
Nous tous arrivant au paradis, comme des vauriens dans un bar,
en quête d'une bière fraîche.
Ces derniers mois,
j'ai vu...
des hommes de qualité
perdre leur humanité.
Je ne me souvenais plus qu'il restait du bien en ce monde.
Et pourtant,
ce qu'il a fait hier
me l'a rappelé.
Vous...
Vous avez du cran, Mon Père.
Maximilien,
il ne me reste peut-être pas d'autre soirée,
mais j'aimerais beaucoup
rejoindre votre milice.
- Qu'en dites-vous, Max ? - Vous êtes le bienvenu.
Alors je suis en paix.
Herschel,
pouvons-nous prier ensemble ?
Avec un prêtre ?
Oui.
Dans la mort,
et au-delà.
Dans la mort,
et au-delà.
Jonas, chante avec moi.
Écoute,
Israël :
le Seigneur est notre Dieu,
le Seigneur est un.
Béni soit le nom
de Son règne glorieux,
pour les siècles des siècles.
Écoute, Israël :
le Seigneur est notre Dieu,
le Seigneur est un.
Béni soit le nom
de Son règne glorieux,
pour les siècles des siècles.
Albert, s'il te plaît !
Je t'en prie !
Ne me laisse pas !
Ne me laisse pas, Albert !
Idiot !
Mince...
Dormi ?
Non.
J'aimerais que nous puissions boire un verre.
J'aimerais fumer une cigarette.
Vous fumiez ?
Non.
Mais ce serait le moment de commencer, non ?
Merci.
Mon père m'aurait tué s'il m'avait vu fumer, en fait.
Je vois de qui vous tenez.
- Puis-je vous poser une question ? - Oui.
Que ressent-on quand on est connu pour ses écrits ?
Que c'est surfait.
J'en doute.
J'avais un roman presque achevé.
J'allais inscrire mon nom dans les annales de l'Histoire,
aux côtés des grands comme...
Mickiewicz.
J'aurais une rue portant mon nom à côté de la rue Chopin.
Pourquoi es-tu parti ?
Les informations.
Quand la radio a annoncé l'invasion, j'étais avec Margaret.
Elle était bien mieux que moi.
Belle.
Pure.
Je voulais me couvrir d'honneur
et revenir en héros.
Devenir quelqu'un...
qui serait digne d'elle.
C'est bien de défendre quelque chose.
C'était une illusion.
Une histoire qu'on raconte aux jeunes hommes comme moi
pour qu'ils quittent leurs femmes et meurent sur des champs calcinés.
J'aurais pu être un lâche.
Je serais avec Margaret en ce moment.
Je la serrerais dans mes bras.
Je ne pourrai même pas lui dire adieu.
Tu la reverras.
S'ils retrouvent l'homme évadé,
ou sinon...
au Paradis.
Je me demande...
où vous étiez,
ces deux dernières années,
pour croire encore au Paradis ou en Dieu.
Vous ne deviez pas vivre dans ce monde.
Le monde de la famine, des enfants mourant en cage,
de la loi du plus fort.
Pour survivre ici, il faut voler la soupe d'un autre.
Je te comprends.
Crois-tu que je n'ai pas de colère, Albert ?
L'œuvre de ma vie n'est plus que cendres.
La Pologne que j'aimais a été séduite et asservie.
À peine libérée de la Russie, elle a été envahie par l'Allemagne.
Dieu nous a-t-Il abandonnés ?
Vous doutez ?
"Mon Dieu,
"mon Dieu,
"pourquoi m'as-Tu abandonné ?"
Tu sais qui a dit ça ?
Je suis reconnaissant d'avoir un Sauveur
qui est venu m'accompagner dans ma souffrance.
Mon Dieu...
Il pleut.
Quoi ?
Qu'y a-t-il ?
Merde !
Allez, paie.
Trois marks.
Patience, le pari ne sera gagné que demain.
Tu devras payer.
- Un pour moi. - Laissez-le !
Il vaut mieux qu'on emporte les corps.
Vous prendriez goût à la chair humaine.
Comme dans Le Triomphe de la volonté.
Donnez.
Voilà. Bien, mon fils.
Nous avons des invités.
Mon petit prêtre !
Allez, avancez !
Avancez !
Nous n'abandonnerons pas la terre d'où nous venons
Nous ne laisserons pas notre langue disparaître
Nous sommes la nation polonaise
Silence !
Nous n'abandonnerons pas la terre d'où nous venons
Nous ne laisserons pas notre langue disparaître
Nous sommes la nation polonaise, le peuple polonais
Issus de la lignée royale des Piast
Nous ne laisserons pas l'ennemi nous opprimer
Que Dieu nous vienne en aide !
Que Dieu nous vienne en aide !
Jusqu'à la dernière goutte de sang dans nos veines
Nous défendrons notre Esprit
Jusqu'à ce que tombe en poussière et en cendres
La tempête teutonique
Le seuil de chaque porte sera une forteresse
Que Dieu nous vienne en aide !
Que Dieu nous vienne en aide !
Mon commandant,
Heil Hitler.
Vos prisonniers du bloc 11 chantent.
L'officier Baer demande l'autorisation de les abattre
pour mettre fin à ce désordre.
Que Dieu nous vienne en aide !
Que Dieu nous vienne en aide !
Arrêtez !
Tu l'as entendu ! Silence !
Ni germaniser nos enfants
On peut te rendre la vie encore plus dure !
Bien plus dure !
C'est fini les chansons.
C'est fini les chansons !
Mon Père ? Mon Père !
Nous sommes vainqueurs.
C'est un peu exagéré, mais...
j'avoue que c'était agréable.
Comment pouvez-vous rire ?
Dire que nous sommes vainqueurs ?
Ma femme est là-bas, en train de mourir.
Votre chanson l'a-t-elle sauvée ?
Répondez !
Si elle ne l'a pas sauvée de sa douleur,
peut-être lui a-t-elle montré qu'elle n'était pas seule.
Sarah ?
Oui, mon amour ?
J'ai réparé ton manteau.
Étoile de ma nuit,
merci.
Allez,
mets-le.
Comme Joseph.
Un manteau bariolé.
Tu veux te débarrasser de moi ?
Qu'y a-t-il ?
Sarah, il a fait si froid.
Je ne peux plus continuer.
À faire quoi ?
À vivre.
Je ne pourrai pas vivre plus longtemps.
Sans pouvoir nous protéger.
Ressaisis-toi.
Tu as toujours pris soin de nous.
Et tu continueras.
On dirait le jour le plus froid de l'hiver.
C'est la faim.
Pas de nourriture à brûler.
Si nous devons survivre,
ce ne sera pas ainsi.
Groupons-nous.
Venez près de moi.
Salut, Reine,
Mère de Miséricorde,
notre vie,
notre douceur et notre espérance, salut !
Vers toi nous crions,
exilés enfants d’Ève.
Vos frères ne mangent que du bouillon depuis des semaines.
Oublions cette édition.
Comment nous reposer si notre ennemi ne le fait pas ?
Ils disent que vous aimez le journal plus qu'eux.
Nous sommes des soldats. C'est notre lot.
Frère Francis !
C'est ma faute.
C'est ma faute.
Un rat !
Un rat !
- Je le vois. - Un rat !
Il est là ! Tuez-le.
La pierre !
Bon sang, Mon Père !
Quoi ?
Reculez.
C'est pour vous tous. Je vais partager, attendez.
Que ce soit un rat ou du foie gras,
ça ne change rien.
Nous allons dire...
le bénédicité.
Merci, Seigneur, pour ce repas.
Amen.
Ça suffit !
Bon appétit !
Depuis combien de temps sommes-nous ici ?
C'est notre 4e jour.
Et tout va changer.
De quoi parles-tu ?
Jusqu'à présent, nous avions faim.
Nous allons commencer à mourir.
La folie viendra ensuite.
Mais elle est déjà à nos portes.
Que faites-vous ?
Il faut la détruire tant qu'il nous reste du bon sens.
Il veut brûler les ponts !
Il a raison, rendez-la-lui.
Autant en finir.
Nous en avons besoin.
Si quelqu'un voulait se repaître de l'un de nous.
Aucun de nous ne s'abaissera à ça.
Nous avons tous vu les corps qu'ils sortent d'ici, non ?
Qui dit que ce ne sera pas toi qui deviendra fou ?
Garde la pierre.
Je vais prier.
Tu lui facilites la tâche.
Karl...
Rentrez, il fait trop froid.
Leah.
Leah, venez ici.
Allez chercher le dîner, servez-le ici.
En fait, je n'ai pas faim.
Qu'est-ce qui te tracasse, Fritzsch ?
Il fait froid, dans ce pays abandonné de Dieu.
Tu penses encore au prêtre.
C'est un scandale, Franziska.
Un scandale.
Je devrais l'exécuter.
C'était une idée de génie, à vrai dire,
de sortir du rang, de te mettre au défi de l'abattre.
Et il te défie encore, rien qu'en restant en vie.
Comment peuvent-ils être encore en vie
après quatre jours ?
Ça m'inquiète beaucoup.
Qu'est-ce que c'était ?
Rien.
Une illusion d'optique.
Une illusion d'optique...
Une illusion d'optique...
Faites que ça s'en aille.
Qu'as-tu vu ?
J'ignore si je crois au Paradis,
mais je crois à l'enfer.
Mon Père...
Je voudrais me confesser.
Non.
Je n'ai rien à dire que les autres ne puissent entendre.
Très bien.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Je suis peut-être communiste, mais en vérité,
j'ai toujours voulu être riche.
Ce...
Ce...
Ce fermier bourgeois, Vasyl,
nous dépassait dans son attelage,
avec son manteau en peau de renne, son beau chapeau et son cocher,
tandis que nous grelottions, la tête nue et les gants troués.
Alors, un jour, je l'ai attendu,
et je lui ai tout pris.
J'ai raconté cette histoire tant de fois.
En riant.
L'hiver suivant, il est venu chez moi
pour mendier de la farine,
sa fille affamée à ses côtés.
Cette petite fille...
Je lui ai vendu de la farine.
La farine de son blé.
Avec sa fille affamée qui se tenait là.
Regrettes-tu pour l'enfant ou pour toi-même ?
Je regrette pour nous deux.
Chasseras-tu de ton cœur
l'envie et le ressentiment pour ne plus pécher ?
Oui.
Par le ministère de l'Église,
je t'absous de tes péchés.
Au nom du Père, du Fils,
et du Saint-Esprit, amen.
Tu es pardonné.
Va en paix.
Si je dois mourir,
j'aimerais dire ce que j'ai à dire.
Pitié, peut-on en finir avec ces absurdités ?
Oui.
Finissons-en avec des idioties.
Je t'écoute, Jonas.
Merci.
Que doit faire un homme dont la femme n'est plus amante, mais mère ?
Je l'aimais, bien sûr.
Mais on ne peut attendre d'un homme,
qu'il reste indifférent face à une femme comme Andzelika.
Comment lui refuser l'aide qu'elle demandait ?
Continue.
Avant tout ça, c'était quelqu'un d'important...
en Allemagne.
C'était une espionne.
Ne parle pas d'elle comme ça.
Elle voulait fuir un mari qui la battait.
Elle a dit qu'elle pourrait m'aider à repartir après l'invasion.
Je l'aimais.
Elle m'a embrassé et m'a dit qu'elle ne voulait que ma sécurité.
Tout ce que j'avais à faire, c'était de livrer les noms de Polonais.
Je le savais ! Sale traître !
Freddy, arrête.
Laisse-le parler.
J'ai fait cette liste pour elle.
Un meurtrier comme moi mérite-t-il le pardon ?
On ne peut pas le pardonner. Il a trahi la Pologne.
Mais si, bien sûr, tout peut être pardonné.
Votre nom était sur la liste, Maximilien.
Je leur ai donné votre nom,
et ceux de vos frères.
Quoi ?
Comment ?
Pourquoi ?
Pardon.
Vous n'étiez pas quelqu'un avec qui on pouvait travailler.
C'est vraiment drôle, non ?
Qu'on soit tous ici.
C'est ironique.
Vous ne voyez pas ?
Vous voulez...
faire un geste de la main, dire qu'il est pardonné.
Mais pendant ce temps,
vous n'admettez pas la noirceur de votre propre cœur.
Kolbe, vous êtes comme nous tous.
Je suis désolé.
Je te pardonne,
et je regrette.
Je dois moi aussi me confesser.
Mon père était un homme merveilleux.
Il m'a appris à être fort et à travailler.
Quand mon frère a disparu pendant la guerre contre les Russes,
il est parti à sa recherche et n'est jamais revenu.
J'étais en colère.
C'est ça, la confession catholique ?
Vous racontez l'histoire de votre vie, à n'en plus finir ?
Pour moi, la foi était une guerre.
Au Japon,
mes frères étaient malades,
je les forçais à faire tourner les presses.
Je n'avais du temps que pour les autres soldats catholiques.
C'est pourquoi je ne vous parlais pas.
C'est pourquoi Dieu m'a appelé ici.
C'est à cause de vous,
pour être avec vous.
Me pardonnerez-vous ?
Je vous pardonne, Mon Père.
Mon père,
il n'y a aucun autre homme avec qui je voudrais davantage mourir.
Je vous absous de vos péchés.
Au nom du Père,
du Fils,
et du Saint-Esprit, amen.
Merci pour tout.
Bravo, mon bon et fidèle serviteur.
Viens et entre dans le repos de ton Maître.
Albert ?
Je doute qu'aucun de nous deux...
ne s'en sorte,
mais si tu t'en sors,
tu te souviendras de la promesse que tu m'as faite ?
Veille sur ma mère.
Je te le promets.
Et si tu me survis...
Faire l'amour à Margaret pour toi ?
Non.
Fais sortir un message.
Dis à Margaret
que je regrette.
Mon frère.
Tu es tout ce que j'ai.
Albert,
s'ils retrouvaient le prisonnier évadé,
dans un trou où ils n'ont pas cherché ?
Dans un trou...
Je vais ramener les enfants à la maison.
On rentrera en famille à ma prochaine assignation.
Tu as un pouvoir de vie et de mort, et tu ne supportes pas d'être seul.
Nous restons ensemble. N'en parlons plus.
Heil Hitler.
Qu'avez-vous trouvé ?
Dehors !
Quoi ?
Allez !
Albert ?
Albert !
Reviens-moi.
Non, ce n'est pas ça l'histoire.
Tu te souviens ?
Il est temps que tu rentres.
Rentre.
Albert !
Idiot !
Je te déteste !
Albert !
Le prêtre de la radio.
Bonsoir.
Qui êtes-vous ?
Nous avons retrouvé le prisonnier évadé.
Dans les latrines.
Pieds nus.
Alors que ça finisse.
Libérez-nous.
Tu sais que je ne peux pas faire ça, après ce que tu as fait, 16 670.
Vous pourriez.
Non, tu es un homme de médias. Tu connais le pouvoir d'une histoire.
Pourquoi m'avez-vous laissé me proposer ?
Vous avez abattu les autres.
C'était une expérience.
Si tu n'avais pas fait ça, ou chanté tes chansons,
j'aurais peut-être libéré tes amis.
Mais ton amour et l'amour de ton Dieu les ont condamnés.
C'est votre bain de sang, pas celui de Dieu.
Le sang, c'est l'appel de la nature.
Si ça t'ennuie, tu devrais en parler à ton Créateur.
L'amour.
L'amour est l'appel de la nature.
Tout ce que ton amour a accompli,
c'est ta propre mort,
et la mort de tes frères.
Incroyable.
Tu as fait quelque chose. Quoi ?
Dis-le !
Tu ne veux pas payer !
Je n'ai rien fait.
Emmenez-le.
Vous avez envie de rire ?
On a retrouvé le prisonnier évadé.
Oui, on l'a retrouvé !
Savez-vous où on l'a retrouvé ?
Dans les latrines.
Alors, libérez-nous.
Libérez-nous !
Laissez-moi voir mon fils.
Non.
Demande-lui pourquoi.
Demande-lui.
Que savez-vous ?
Dites-le-nous.
Fritzsch est venu hier soir.
- Qu'a-t-il dit ? - Des mensonges.
Qu'a-t-il dit ?
Il a dit qu'il ne pouvait pas nous libérer à cause de nos chansons.
Je vous l'avais dit !
Je vous l'avais dit !
Je vous l'avais dit !
Il a tout inventé pour nous manipuler.
Je suis désolé.
Misha.
Feu !
Je n'ai pas pu le sauver.
Je n'ai pas pu le sauver.
Mon fils.
Il est déjà...
Il est déjà...
Tu n'en sais rien.
Comment pouvez-vous encore espérer, Mon Père ?
J'ai vu le Paradis,
une fois,
dans un rêve fiévreux,
au Japon.
Je me trouvais sur un sentier dans la forêt.
La Vierge était là.
Elle m'a fait signe.
J'ai marché avec elle jusqu'à ce que nous arrivions à une maison.
J'ai ouvert la porte,
et que croyez-vous que j'ai vu ?
Un mariage.
La grande fête
à laquelle j'avais rêvé d'être invité toute ma vie.
Tout le monde était ivre, mais pas de vin,
et les gens chantaient.
Jésus lui-même dansait la polka.
Et mon père aussi.
L'instant d'après,
une jolie demoiselle m'avait entraîné sur la piste de danse.
Et nous avons dansé toute la nuit.
Je n'en ai jamais parlé à personne.
Si Dieu...
permet tout cela pour voir si nous sommes dignes d'aller au Paradis,
alors Il est mauvais.
L'amour est la chose la plus réelle qui soit.
Personne ne peut nous l'enlever.
Même maintenant.
Qu'est-ce que tu joues ?
Je ne sais pas.
Qu'est-ce que tu joues ?
C'est l'hymne de notre ennemi ! Où l'as-tu appris ?
- Comment oses-tu ? - Réponds !
- Mon commandant, Heil Hitler. - Ouvrez.
Pourquoi vous accrochez-vous ?
À quoi pensez-vous pouvoir vous accrocher ?
Qu'allez-vous faire ?
Qu'allez-vous faire ?
Je ne suis pas là pour vous tuer.
Je viens vous montrer la vérité.
Regardez.
Votre chère Varsovie, Łódź.
Sous les obus.
Et si vous pensez que l'Angleterre vous sauvera, voici l'Angleterre.
Nous avons gagné.
Il ne reste plus rien du monde, sauf le Reich.
Celles que vous aimiez essaient de vous oublier.
Elles portent sans doute déjà des bébés allemands.
Et elles vous oublieront.
Parce que nous avons les écoles, le cinéma.
Nous avons la radio.
Goebbels a recruté 10 000 de vos fils pour l'armée allemande.
La Pologne est morte.
Alors rendez-vous service.
Renoncez à vos vies insignifiantes.
Tu veux regarder ?
- Tu veux voir de plus près ? - La Pologne vit encore...
Là, tu vois ?
Freddy !
Freddy !
Non !
Non !
Non...
Ne me laisse pas, Albert !
Albert !
Albert !
Margaret !
Albert !
Arrête !
Lâchez-moi !
Je t'en prie !
Laissez-le faire, Mon Père !
Laissez-le faire.
- Non ! - Laissez-le faire.
Il est déjà mort.
Le donnerais-tu à Misha ?
Qu'avez-vous dit ?
Le donnerais-tu à ton fils ?
Je suis là, ça va.
Laissez-moi partir.
Albert.
Tu sais ce qui m'a poussé
à sortir du rang ?
J'ai vu ton amour pour Freddy.
Tu m'as inspiré.
Je crois que...
d'une manière ou d'une autre, quelque part,
de l'autre côté de cette vie sauvage,
tous ceux qui nous ont précédés,
nous observent de là où ils sont
et contemplent cet instant.
Freddy est là.
N'abandonne pas.
Achève la course.
Merci.
Vers la mort,
et au-delà.
Vers la mort,
et au-delà.
Louez, ô, prairies fleuries
Montagnes et vallées verdoyantes
Louez, ô, bosquets ombragés
Sources et ruisseaux sinueux
Louez, ô, bosquets ombragés
Sources et ruisseaux sinueux
Louez avec nous la Reine du Monde
De nos mains, nous lui tressons une couronne
Qu'est-ce que vous voulez ?
Ils chantent encore dans la cellule.
Et alors ?
Ton père est peut-être encore en vie.
Ça fait huit jours.
Content de voir que vous allez bien.
Toujours en vie, dites-vous ?
Oui, mon commandant.
Officier Baer,
est-ce encore une de ses plaisanteries ?
Se moque-t-il de moi ?
Que Dieu nous vienne en aide !
Que Dieu nous vienne en aide !
Nous n'abandonnerons pas la terre d'où nous venons
Ce n'est pas possible sans nourriture ni eau.
Nous ne laisserons pas notre langue disparaître
Silence !
Nous sommes la nation polonaise
Le peuple polonais Issu de la lignée royale des Piast
Tous les prisonniers doivent regagner leurs baraques !
Ceux qui n'obéiront pas seront abattus !
Nous ne laisserons pas l'ennemi nous opprimer
Ceux qui n'obéiront pas seront abattus !
Que Dieu nous vienne en aide !
Que Dieu nous vienne en aide !
La froid de la nuit me brise les os.
Et la douleur qui me ronge
ne connaît pas de répit.
Amis et voisins m'ont été enlevés.
Ma seule compagne est l'obscurité.
Encore en vie ?
Comment pouvez-vous être en vie ?
Ma Dame ?
Écoute, Israël :
le Seigneur est notre Dieu.
Avance !
Le Seigneur est un.
Je priais pour un miracle.
À présent, je prie
pour que la mort vienne rapidement.
Est-ce mal ?
T'es un homme bien, Jonas.
Je suis...
si fier de toi.
Videz la cellule.
Merci, Kolbe.
Nous avons gagné.
Ta famille...
Ils t'attendent.
Je les vois.
Je les vois.
Forts.
Si forts.
Albert, regarde-moi.
Regarde-moi.
Je suis prêt.
Pour Margaret.
Vers la mort...
Et au-delà.
Ne me regarde pas. Baisse les yeux.
Nous avons mené le bon combat.
Nous avons achevé la course.
Nous sommes libres.
"Chère Margaret,
"quand j'étais avec toi, je croyais que le bien l'emportait toujours,
"et qu'une fin heureuse attendait quiconque avait la foi.
"Je regrette. Je n'aurais jamais dû te quitter.
"Et maintenant, je ne reviendrai pas.
"Mais sache que d'une certaine façon, malgré cette fin horrible,
"nous avons triomphé.
"Je crois que tu serais fière de voir
"que je suis devenu l'homme bien que tu as toujours vu en moi.
"J'offre ma souffrance pour toi et tes futurs enfants,
"et je te reverrai un jour.
"Dans la mort, et au-delà.
"À toi, Albert."
Sous-titres : Eric Leblanc pour SAJE DISTRIBUTION
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