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Original subtitles

Madame, c'est le chapeau Eckhert.

Voyons cela, voyons cela.

Donnez-lui un louis.

Mais vous êtes sourde, ma fille. Donnez-lui un louis.

Oh ! Qu'il est chou !

Merci, madame, merci beaucoup.

Nous pouvons y aller, monsieur le Président.

Commissaire, c'est un cas un peu spécial.

Voilà-t-il ?

Dans ce genre d'affaires,

y a-t-il des cas vraiment spéciaux ?

- Ma femme est américaine. - Et alors ?

Une fois, on m'a appelé pour une dame turque,

et croyez-moi, c'était très, très banal.

Misérable !

She is just a friend.

C'est juste une amie.

Vous aviez raison, c'est plus que spécial, c'est particulier.

C'est même délicat.

On dit adultère,

y a-t-il, y a-t-il pas, en l'espèce...

Vu le... enfin, honnêtement...

- La boche ! - Traînée !

Incredible!

Elle a le feu aux fesses.

Racaille ! Marie-couche-toi-là !

Putain !

Et elle a les doigts crochus.

Youpine !

Salope !

Alors l'Emma, tu t'es encore fait coincer.

La raclée qui t'attend ! Tu l'auras pas volée.

- T'es la honte du passage. - Ferdinand !

Rentre, Ferdinand, c'est pas pour toi.

Roulure !

C'est pour tout le monde, c'est instructif.

Au revoir, messieurs et excusez le dérangement.

Traînée ! Salope !

- Tu pervertis une... - Non !

Madame a vu quelque chose dans la vitrine.

Qu'est-ce dont qui tenterait madame ?

Celui-ci.

N'aie pas honte.

Ils te forcent à avoir honte de toi,

pour pouvoir te marcher dessus.

Et après, ils ne te lâchent plus.

Oui, ma chérie. Et on en meurt. Tu le sais ?

Mais pas ma petite Emma.

Tu es jeune, tu es belle, tu es la plus intelligente.

Je te dis qu'il va te sourire, le monde.

Je te donne le secret.

Tout est permis.

Il n'y a rien d'interdit.

Écrase-les. Ils te lécheront les mains.

Écrase-les ! Pour papa.

Ma chère Emma.

Mon cher Paul.

Le jour se lève, la mer est calme,

les vents propices.

- Traduction ? - Traduction, on s'en va.

Vestiaire, s'il vous plaît.

- Tu vas faire une petite sieste ? - J'ai peur de m'endormir.

Maître Cisterne.

- Bonjour, Mme la Présidente. - Bonjour.

- Bonjour, Mme la Présidente. - Bonjour.

- Bonjour. - Bonjour.

- Bien dormi, madame ? - Et toi ?

- Moi, très bien. - Ton coquin t'a quitté ?

"Suggère festin royal avant 14h.

"Bon appétit.

"Sir Charles".

Monsieur Moïse, on n'y arrive plus.

Pourquoi, ça arrive moins ?

Au contraire, mais en petite monnaie.

C'est plus de l'épargne populaire, c'est de l'épargne impalpable.

T'occupe, palpe.

Dis donc, ma présidente.

Je t'ai déjà dit qu'on frappe, pour toi aussi.

Ah bon ? Pardon.

Entrez.

Qu'est-ce qu'il nous chante, ton Milord Lanflay ?

"Suggère festin royal avant 14h.

"Bon appétit." Quèsaco ?

Ça, j'avais compris, mais "royal" quoi ?

Royale minière, Royale des phosphates ?

Il n'y a plus que ça des "Royal".

Jeanne ?

Appelez-moi Chériaux, s'il vous plaît.

- T'as compris ? - Ah bah oui.

Ah bah oui.

Ah bah non.

Chériaux, combien cote la Royale des Pétroles ?

La Royale des pétroles, évidemment.

14.55.

- C'est mou. - J'achète.

Combien ?

Tout ce qui traîne.

Je vais le faire. Je prends encore vos ordres.

Mais peut-être pour la dernière fois.

Je suis un agent de change, pas un croupier.

Vos micmacs pour faire monter artificiellement

des valeurs tocardes.

J'en ai assez.

Vous ne me ferez pas passer pour un rigolo.

Pour un rigolo !

Rassemblement ! Tout le monde sur le pont.

Objectif :

La Royale ! Des pétroles !

Allez, mes garçons ! Que ça saigne !

Allez, allez, seulement La Royale. Mais toute La Royale.

Regardez pas aux prix, royalement sur La Royale...

des pétroles !

Urbaine électrique,

29.30.

Western Union : 17.80.

Irak Petroleum : 30.

Minière du Tonkin : 12.

Royale des Pétroles : 15.

Rhône Poulenc :

51.

Vous prenez les gens pour plus bêtes qu'ils ne sont.

Non, non, juste, juste.

Vous n'atteindrez pas 16, et demain, on tombera à 12.

Alors, qu'est-ce qu'elle fera votre Eckhert,

chargée comme une bête ?

Je ris.

Dites "madame Eckhert".

Si ça ne va pas vous arracher la gueule.

- Qu'est-ce que tu as ? - Mais rien.

Où es-tu ?

Royale des Pétroles :

15.60.

Je ris.

Royale des Pétroles : 21.

Je ris.

Royale des Pétroles : 32.

Y a plus que l'argent.

L'argent, l'argent.

L'argent.

Si tu savais ce que je m'en fous.

Tu n'as pas toujours dit ça.

Quand je t'ai donné mon premier million.

Là, dis donc, tu m'aimais.

Oui.

Et quand tu l'as eu mangé, tu me demandais pardon.

Oui.

Et l'héritage de papa ?

Sans l'héritage de papa...

tu serais encore...

en bas.

Achetez Paris-Midi ! Sensationnel aujourd'hui.

Boom sur le pétrole anglais.

Achetez Paris-Midi.

Sensationnel.

Boom sur le pétrole anglais. Achetez Paris-Midi.

Ah, bravo !

Et une femme. Et toute seule.

Mais qui...

Qui l'a informée ? Qui, à Londres ?

Elle commence à me... enfin... bravo, bravo.

Ça ne manque pas de chic.

Vous aimez le cirque ? Hein, Duclaux ?

La belle acrobate !

Elle tient. Jusqu'à présent, elle tient.

Jusqu'à présent, petit imbécile.

Votre madame Eckhert sert des intérêts copieux

à ses gogos de clients,

parce qu'elle gagne vaguement en bourse voilà, point.

- Sur La Royale, pas vaguement. - Ça vous bluffe, ça, hein ?

Le chic.

Le chic parisien donné par une étrangère.

- Elle est alsacienne. - Alsacienne, mon œil.

Mais, le jour où elle perdra en bourse,

monsieur Gogo pleurera, monsieur Gogo criera au voleur.

Parce qu'il ne sait pas

que la mère Eckhert travaille sans filet.

Moi, monsieur, j'ai toujours travaillé avec filet.

2 siècles de banques françaises derrière.

- Quoi ? - Rien.

Bon, je retire "françaises".

Et puis, sa feuille de chou,

"La défense du franc". Sa défense du franc.

Le franc défendu par des "Eckhert".

Des Gengis Khan, des Zoulous.

Un zoulou est de trop, monsieur.

Oui ?

J'ai rendez-vous.

Tu en es bien sûr, mon chéri ?

Absolument. C'était hier au téléphone.

Je vais voir, tu attends ici.

- Bonjour, monsieur. - Bonjour, monsieur.

Comment va M. Vannister ?

Ah, je ne sais pas. Je ne sais pas.

- Au suivant. - Moi ?

- Non, lui. - Ah.

- How do you do, Sir Charles? - How do you do?

- Many money. - Yes, indeed.

Beaucoup argent. Enormément French money.

Royal pourboire.

Pour Sir Martilly, président directeur général

des entreprises Eckhert.

Non, celui-là c'est le vôtre, monsieur le Président.

Gardez-le.

Ah, mais c'est ma foi vrai.

- Ça n'a pas d'importance. - Je ne m'en étais pas aperçu.

Pardon.

Que ça sent bon ! Que ça sent bon !

Tiens, tiens, le complaisant mari américain

de l'équivoque Camille.

- Bonjour, jeune homme. - Bonjour, monsieur.

C'est pour écouter d'une pièce à l'autre ?

Oui.

- Seulement la musique ? - Non, la TSF aussi.

Pas les voix de quelqu'un qui parlerait de là-bas,

et qu'on entendrait ici ?

Non, je suppose qu'il faudrait un microphone.

Vous êtes le fils de la maison ?

Monsieur, je ne veux pas

avoir l'air de vous voler à M. Vannister.

Je le quitte de moi-même.

Sur le plan du caractère,

lui et moi, c'était devenu insupportable.

Comment est-il, M. Vannister ?

Sournois, madame. Sournois et cruel.

Ça fait 2 ans qu'il me piétine.

Qui avez-vous vu ? Je suis la première ?

Non, j'ai vu l'Urbaine électrique.

M. Savatier ? C'est bien.

Non, il m'offre 5000 par mois, j'en avais 9000.

M. Vannister est déplaisant, mais large.

Je pourrais mettre le complément.

5000 chez M. Savatier, 5000 chez moi.

Vous me partageriez ?

Elle est bien malade l'Urbaine.

Si, je vous le dis, elle vit ses derniers moments.

Vous veillerez sur l'agonie.

Pour un jeune homme comme vous, c'est intéressant.

Ah, je comprends.

Enfin, j'espère comprendre ce que je dois comprendre.

- T'es vraiment le fouille-merde. - Pourquoi ? Ça en est ?

Laisse.

Assieds-toi, Moïse.

- Attention, c'est sale. - Oh, je sais.

Non, les doigts.

"Les écarts de la mère Eckhert aux 20 ans d'escroquerie."

Parfait.

Ne vous arrêtez pas au titre. On met ce qui vient.

- C'est pas bien bon. - Non.

Je sais, avec vous, on dirait que je me retiens.

"Les tendres petites amies d'Emma."

Franchement.

Ah, ça, c'est mieux.

"Les grâces d'éléphant de monsieur Ex."

C'est moi !

Oui, c'est toi.

Reste assis.

Alors ?

10 000. 10 000 et je publie pas.

Donne-lui 500 francs, Moïse.

Non, 10 000.

Mais c'est pas urgent, j'accepte les traites.

Mais publie ! Ça m'arrange.

Tu comprends pas que ça m'arrange qu'on parle de moi ?

Paris ne parle plus que de Mme Eckhert.

En quelques mois, vous êtes devenue

une des personnalités françaises les plus en vue.

Madame, comment accueillez-vous cette si soudaine célébrité ?

Avec calme.

Pour les uns, vous êtes un génie de la finance.

Quelque chose comme le messie du bas de laine.

Mais d'autres font les plus expresses réserves.

Pourquoi cette hostilité de certains ?

Parce que certains pensent que je vais les gêner.

Mais, ils ont tort.

Peut-être aussi parce que vous êtes une femme.

Charmante, d'ailleurs.

Une des plus jolies femmes de Paris.

Mais on n'attend pas du sexe un tel entregent.

On vous a surnommée la "femme-homme".

Alors Emma Eckhert, êtes-vous encore une femme ?

J'accepte toutes les expertises.

- Ah, non. - Tu dois.

C'est les tiennes. Fallait pas les gagner.

Excusez-moi, monsieur,

j'avais dit 8000 francs avec les médailles.

Sans, je crains fort que Mme Eckhert...

Vous ne la connaissez pas.

Ah, sûrement la moitié. Sans tes breloques, 4000.

Venez me voir boulevard Barbès

Bois bois Je suis le bonhomme en bois

Chères auditrices, chers auditeurs,

nous retrouvons notre invitée, Mme Eckhert.

Supposons, chère madame, que j'ai 10 000 francs.

Je vous les confie.

Que va-t-il m'arriver ?

Au bout d'un an, je vous verserai 800.

Au moins 800 francs. Au minimum 8 %.

Pourquoi 8 % ?

Parce que 8 %, je sais que je peux.

L'an dernier, j'ai versé à l'ensemble

de mes clients 9.32 % très exactement.

Vous y croyez ?

Non.

9.32 %, vraiment ? Bravo.

Mais comme tout le monde sait

que les meilleures banques françaises

servent seulement 1 % d'intérêt...

Au mieux un et demi.

Au mieux un et demi. Permettez que je m'interroge.

Interrogez-vous. Au contraire, il faut.

Nous entrons dans une période où les profits en bourse

vont dépasser toutes les prévisions.

Mais, pour qui ?

Uniquement pour ceux qui peuvent et qui savent jouer en bourse.

C'est-à-dire uniquement pour les riches.

Ce que je propose, c'est que M. Tout-le-Monde

puisse prendre sa part du progrès général.

C'est ça, sa part de rêve.

Nous en arrivons au terme du temps qui nous est imparti.

Mes chers auditeurs, bonsoir.

Charlie, pardon, je peux ?

Leroux Leroux

C'est la meilleure chicorée

Leroux Leroux

Il donne au café bon goût

Moi j'appelle cela de la démagogie irresponsable.

Elle a du charme.

Vous allez vous laisser attendrir, une fois de plus.

Non seulement elle a du charme...

mais elle a un peu raison.

À Verdun, en Argonne, au chemin des dames.

Quel combattant digne ne s'est dit :

"De telles souffrances pour rien ?"

Tant de morts pour ne pas engendrer

une transformation radicale du monde

après la victoire.

Lequel d'entre nous ne s'est pris à rêver

que nous verrions enfin le bout des combinaisons

de l'argent cosmopolite.

De l'argent anonyme,

de l'argent sale qui ruine l'épargne

et réduit les classes laborieuses à la misère.

Oui, oui, il fallait qu'un homme se levât.

Un homme, ou une femme.

Et cette femme, c'est Mme Eckhert.

Tout le monde entrera.

Les guichets resteront ouverts toute la nuit, s'il le faut.

Ne vous inquiétez pas. Tous les dépôts seront acceptés.

- Alors, maître ? Votre client ? - Mes.

- En fait, ils sont 2. - Et ça ira chercher ?

Dans les 3.

- 300 000 ? - 3 millions.

Nous sommes la région lilloise.

Dans vos... il n'y aurait pas l'évêché ?

Pourquoi ?

Vous avez eu des propositions de ce côté ?

Je ne sais pas. Je ne sais pas.

Il est vrai que certains souhaitent ne pas apparaître.

Je signerai pour eux.

Pas en ma qualité de notaire, bien sûr.

- Même si... - D'accord pour la commission.

Le plus gros est en action, en titre.

Nous vous les confions. Vous en faites quoi ?

Je les vends. Je fais tourner. Je nourris ma locomotive.

Mais s'ils veulent récupérer leurs actions ?

- Je les leur rends. - Oui, mais, pas les mêmes ?

Evidemment. J'en rachète d'autres.

De la même société, d'un même montant.

Oui, mais elles ne porteront pas le même numéro.

Et après ?

Juridiquement, je ne sais si je peux me prêter à...

Eh bien, ne vous prêtez pas !

Il y aurait peut-être un arrangement.

Fidèle à sa réputation de modernisme,

Mme Eckhert la ravissante banquière

a choisi la voie des airs pour venir passer

les fêtes de fin d'année sur la Côte d'Azur.

Joyeuses fêtes en perspective,

puisque madame 8 % a convié le Tout-Paris

à enterrer l'année en sa compagnie.

Gageons que pour la Saint-Sylvestre,

tout-Paris se bousculera à Monte-Carlo.

Espérons que les petits épargnants,

si chers à madame Eckhert, auront droit à 8 % du caviar.

- Tu vas voir ta mère, toi. - Emma, tu veux dire.

Alors, pas de réveillon, il paraît ?

Non. Je suis fatiguée.

- C'est gai. - Sors, ma chérie, amuse-toi.

Je peux rester, tu sais.

Tu n'as plus besoin de moi.

Non.

Je voulais te l'entendre dire.

Bon, au lit !

Mon cher mari, nous sommes priés d'aller nous coucher.

Les enfants, au lit !

Emma, je voulais te dire bonsoir.

Dis-moi, ça t'amuserait de dormir ici ?

Parce que c'est la nuit de Noël ?

Non, on se voit si peu, on parlerait.

Monte-Carlo, mademoiselle, c'est urgent.

Donnez-moi 2 heures.

Ce que vous voudrez, mon vieux, allez au cinéma, ça vous cultivera.

Un titre, madame, que vous avez fait monter.

Ça risque de faire jaser.

Monsieur Savatier vous inquiète à ce point ?

Non, il ne m'inquiète plus du tout.

Mais vous ne craignez pas d'être démentie par les faits ?

Je me fous d'être démentie par les faits.

Les faits, c'est moi.

Si dans 2 heures, vous n'avez pas vendu toutes mes Urbaines,

je vous vire !

C'est épouvantable !

Mon Dieu, quel malheur, c'est épouvantable !

Oh la la !

C'est épouvantable, épouvantable !

Quel malheur, quel malheur !

Quai numéro 8,

train spécial Eckhert à destination de Monte-Carlo.

Attention au départ. En voiture, s'il vous plaît.

Fermez les portières.

M. le Secrétaire d'État Radignac,

vous pouvez vous vanter de m'avoir fait...

Elle est toujours en retard.

- Mademoiselle. - Madame.

Venez, M. le Ministre, je vais vous faire les honneurs du...

Une petite coupe, M. le Ministre ?

Mademoiselle ? Oh, pardon, madame.

Merci.

Les jeux sont faits.

Les jeux sont marqués.

Rien ne va plus.

32 rouge,

vert et passe.

Messieurs, j'ai triché.

Je le dis, parce que c'est pour du beurre.

Du moins, je suppose.

Mais enfin, M. le Ministre, c'est pourtant pas compliqué.

Quoi ? Ah ! Des options.

Vous voyez, M. le Ministre, madame connaît !

C'est très connu. Expliquez-lui, je renonce.

Loulou, c'est des actions

que Mme Eckhert va introduire en bourse, c'est ça ?

C'est ça.

Elles vont être cotées.

Et elles vaudront très chers,

puisque c'est Mme Eckhert qui s'en occupe, tu comprends ?

Toi, à ce moment-là mon loulou,

il faudra que tu les vendes,

parce qu'après, elles vaudront moins.

Elles vaudront moins.

Vous me les vendez combien ?

On vous les vend pas !

Elle vous les donne.

C'est vos étrennes.

Donc, je marque juste M. le Ministre Radignac,

50, Minière du Tonquin.

Qu'on sache où elles sont, nos petites tonkinoises.

T'en fais pas, des options, ils en donnent à tout le monde.

Non, pas tout le monde.

Aux amis.

Et elle est là. La voilà.

Elle a tenu à être parmi nous, Mme Eckhert !

Une femme admirable.

Souvenez-vous l'autre jour,

cette affaire de l'Urbaine Electrique.

Comme c'était un titre que Mme Eckhert se tenait...

Ah, si l'on s'est dépêché d'annoncer

la chute de son empire,

de prophétiser la ruine de ses clients.

Eh bien non, messieurs les oiseaux de mauvais augure.

Mme Eckhert a été la seule à tirer profit pour ses clients

de l'imprévisible déconfiture

Savatier.

Miracle direz-vous, que non pas...

talent.

Sérieux.

Vigilance de tous les instants.

En faveur de la partie saine de ce pays.

La vôtre.

La nôtre ! La classe moyenne !

Il y a des matins comme ça, où on se pose des questions.

Toi ? Je n'aurais pas cru.

Si, si.

Par exemple...

Je croyais que tu n'aimais que les femmes.

Moi aussi, je croyais.

Il y a du dégât.

Bien, forcément.

C'est bon ?

Très. Et toi, ç'a été bon ?

- Non. - Pourquoi tu ris ?

Ça aurait été bon si tu n'avais pas demandé si ç'a été bon.

Oh la la, subtil.

N'est-ce pas ?

Dans le doute, on va voir.

Tu tiens absolument à me faire rater ce train.

- Oui. - Bon !

M. le Président.

Mme Eckhert m'a chargé de vous dire tout l'honneur...

L'honneur ? Elle n'est même pas là.

Monsieur le Ministre.

- Bonjour, M. le Président. - Cher ami.

Vous avez passé une bonne nuit, M. le Président ?

Courte.

Emma est là.

Mes respects, M. le Président, elle me suit.

Le fils ?

C'est cela, je suis l'enfant de Mme Eckhert.

Vous êtes aussi dans les affaires ?

Non, monsieur.

Vous avez grandement raison, tournez-vous vers les arts.

- Faites-vous du grec au lycée ? - Oui, monsieur.

C'est bien.

Je suis déçu, madame.

Vous voyant venir à moi si vite,

j'espérais que votre élan vous jetterait dans mes bras.

Vous m'avez fait un si grand plaisir en...

Le plaisir est pour moi.

Ne serait-ce que le plaisir de faire plaisir.

Mais vous avez raison, il était indécent

que nous ne nous connaissions pas encore.

Vous allez avoir du tintouin, avec ce danseur.

Je le calmerai, c'est un ami.

Un de vos amis.

Vous allez pas le présenter aux élections ?

On y pense.

Ça ? Vous voyez ça en député ?

Je l'espère.

Quelle tristesse.

Eh bien, dites donc.

Le danseur, je suis du sentiment du Président,

il a pas de manière.

S'il vous plaît.

Je vous demande une pensée.

Une petite pensée pour mon ami Savatier.

Mon malheureux Edouard.

Nous nous étions connus, lui, Marcel Proust et moi...

sur les bancs du lycée.

Oh ! Le charme de nos conversations d'adolescents.

Edouard était le plus brillant.

À 12 ans, il lisait Virgile dans le texte.

Le voilà mort. Les barbares sont arrivés.

Il n'a pas survécu.

"Je hais le vulgaire profane."

Mais, je m'en voudrais d'assombrir cette soirée...

Ce gala.

Il est minuit, bonne année !

Merveilleuse année à tous.

Bonne année, madame. Tous les bonheurs sur vous.

- Où étais-tu ? - Je téléphonais à ma femme.

Et à moi ?

Qu'est-ce que tu me souhaites à moi ?

Toi, qu'est-ce qu'on peut bien te souhaiter encore ?

Oh, des tas de choses.

Je vais même en avoir besoin.

Vannister ?

Je me fous de Vannister.

J'achète un immeuble boulevard Haussmann.

Je regroupe.

La Banque Vannister à côté n'est rien.

La Banque des familles, la Banque musée, de la rigolade.

Et moi qui la croyais dans les sentiments.

Non, madame, je ne crains pas les élections.

Connaissant ce pays comme je le connais,

je suis sûr que le bon sens l'emportera.

Voilà.

J'ai craint un moment, que vous ne vouliez soutenir

les marchands d'illusions,

les vendeurs de miracles.

Eh bien, je mens réjoui.

Vous avez été une journaliste charmante.

Vos confrères sont plus voraces.

Si j'osais, monsieur le Président.

"À la belle Mme Eckhert...

"pour tant d'efforts généreux,

"en faveur

"de la défense du franc.

"Raymond Préfaille."

Je...

Je n'ai pas mis de guillemets, à Défense du franc.

J'ai vu.

M. le Président, vous êtes un homme merveilleux.

Notre politique.

Notre politique.

Vous pouvez pas vous arrêter une minute, non ?

Non, c'est pas le moment.

Remarque, je t'empêche pas.

Tu peux très bien rester ici et faire de la politique.

Je ne crois pas.

- Pourquoi ? - Un jour, je t'expliquerai.

Les enfants, les enfants.

Non ! J'ai dit non ! Mais c'est pas possible.

Toi aussi, hop !

Non, non ! Je ne te lâche plus, hop !

Emma ! Emma !

Emma ! Emma !

Emma ?

Emma, je sais que tu es là, ouvre.

Cesse ce jeu stupide, je t'en prie, ouvre.

Emma, ouvre cette porte !

Arrête, je t'en prie.

Emma, tu vas trop loin !

Tu peux pas me traiter comme ça !

Ouvre cette porte, une dernière fois.

Je vais voir mon avocat ! On va éplucher les comptes.

Je te retire tout, tout.

Tout, tout, Emma !

Tout, tout, tout, tout, tout !

Nom de Dieu !

Tout, tout, tout ! T'entends ?

Ce cher Préfaille.

Moi, je te veux ici.

Ta femme ?

Mais des tas d'hommes

qui aiment leur femme ont une maîtresse.

Des tas.

- Mais pas une gouine. - Si tu veux.

Ils ne se font pas entretenir par une gouine, c'est ça ?

Si tu veux.

- Petit con. - Alors, écoute-moi bien.

J'ai fait ta conférence, parce que ça m'amusait,

mais je ne serai jamais ton employé.

Le reste, quand tu voudras où tu voudras.

Mais ne compte pas sur moi pour devenir

un fonctionnaire de Mme Eckhert.

Tu m'excuseras, mais je crois que je vaux mieux que ça.

C'est clair ?

Tu vaux combien ? Tu demandes combien par mois.

Eh voilà, c'est ça.

C'est contre ça que je me bats.

Votre pourriture d'argent.

Faut toujours qu'il se batte, lui.

Dis donc, l'ancien combattant, on t'a jamais dit

que t'étais un pauvre type ?

Si, toi.

Mais je ne l'ai pas cru.

Me Cisterne, candidat des gauches.

Merci, merci !

- À un mois des élections ! - Mais y a pas de quoi.

Moi mon petit vieux, je vends du papier.

J'en ai vendu 150 000.

C'est Préfaille qui inspire la confiance, pas vous.

Préfaille, j'y crois.

Si en plus, en prime, ça doit claquer le bec à ton...

Ah, je sais plus son nom... ton prétentieux de Lecoudray,

c'est pain bénit.

- Tu m'aimes ? - Non.

Eh bien, va te faire voir.

Comment le pays

ne mettrait-il pas son plus fervent espoir

dans les partis de la gauche, de la gauche ?

Enfin réunis.

Sous la conduite d'Aristide Bréhaud.

Un esprit, un caractère

d'une tout autre envergure, que le sinistre

Préfaille.

Si avide de notre argent,

il ne se contente plus d'aider les banques à nous tondre.

Il en est à soutenir de très louches officines

qui prétendent défendre le franc.

Le salaud !

Il est mignon, viens.

Si vous voulez remettre ça contre Lecoudray,

faites-moi signe.

Je trouverai bien quelque chose.

Non, ça suffira. Il lui fallait une petite leçon.

Tu trouves toujours, toi.

Oh, vous savez, moi, c'est un peu comme une maladie.

Vous me méprisez ?

Vous devriez me plaindre.

Enfant, déjà, avec ma bonne, on allait au square.

Pour un pioupiou à qui elle adressait la parole,

c'était une sucette.

Pour un caporal, c'était 2 sucettes, etc.

Quel grade tu me donnes ?

Vous, c'est autre chose. Vous, j'ai la tendresse.

Quoique, peut-être...

À propos de cet enfant chez vous.

- Le jeune Armand. - Oui.

J'ai trouvé quelque chose, sans chercher, mais...

Ça a l'air de coller, les dates.

"Fou de jalousie, il tue sa femme

"et met fin à ses jours.

"Mais qui était l'amant ?"

"L'amant".

Alors, je me suis dit : "L'amant,

"tu vois pas que ce serait ma belle Mme Eckhert".

À cause du bébé de 16 ans, parce qu'il y avait un enfant.

Un orphelin que vous auriez pu recueillir.

Mais, c'est pure supposition.

- Je sais pas si je publierai. - Sûrement pas.

Pourquoi ?

Parce que si tu touches à mon petit garçon, je te tue.

- Ah bon ? - Et je serai acquittée.

Vous croyez ?

Je crois aussi.

Avec combien ?

Au revoir, mademoiselle, merci beaucoup.

Ah, ah, ah

Préfaille, élu.

Bréhaud, élu.

Erio, on ne sait pas encore.

Me Paul Cisterne,

élu.

M. Lecoudray est battu.

Pas de chance.

Allô, oui ?

Je ne sais pas, madame, je vais voir.

- Qui ? - Madame Eckhert.

Il est ressorti.

Ah, il est ressorti, dommage.

Je voulais lui dire ma sympathie.

Vous êtes Mme Lecoudray ?

Oui, c'est gentil de vous intéresser à un battu.

Vous pensez qu'il tiendra ?

Oui.

Il est un peu triste, mais sous ses airs,

c'est une nature plutôt placide.

Finalement, il n'est pas là ou il fait dire

qu'il n'est pas là ?

Les 2.

Finalement, il est quand même un peu absent.

La France a voté à gauche.

Grand vainqueur des dernières élections,

Aristide Bréhaud a entamé les consultations

en vue de former le prochain gouvernement.

Le Président Bréhaud réserve la primeur

de son prochain grand discours de politique étrangère,

son domaine réservé, à la Société des Nations.

Rendez-vous à Genève, M. le Président.

Bréhaud a gagné. Bréhaud a gagné.

Il s'est pris une jolie couverture.

- T'en vendrais 200 000. - D'accord, arrange-moi ça.

On ne pourrait pas lui refiler notre bébé ?

- Lecoudray ? - Oui.

Comme quoi ?

- Je sais pas. - Et c'est toi qui me demandes ?

Tu veux une gifle ?

Vas-y, mais parles-en à Bréhaud.

"Guerre à la guerre", "guerre hors-la-loi".

Demeure en l'état actuel des négociations,

les seuls mots d'ordre de la délégation française.

Le Président Bréhaud répondra à vos questions demain à 11 h,

au palais des nations, salle F.

Et officieusement, je vous indique

qu'il assistera à un dîner, offert ce soir, ici même,

par un membre éminent du Parlement français,

M. Paul Cisterne.

Paul Cisterne : C-I-S-T-E-R-

N-E.

Voilà, messieurs.

Oh, pardon, mesdames et messieurs.

Alors, M. le Président, ces négociations ?

Elles sont d'une lenteur.

M. le Président, mes chers amis, permettez-moi de vous présenter

la financière et journaliste, Mme Eckhert.

Qui a, je crois, une importante information à vous livrer.

C'est un très grand honneur pour moi d'être ici, parmi vous,

dans le monde prestigieux des idées.

Je ne suis, hélas, qu'une femme d'argent,

mais comme j'ai plutôt réussi avec ma "Défense du franc",

je vous annonce la naissance d'un nouveau journal du groupe.

Un hebdomadaire, M. le Président,

dont la seule ambition sera de répandre votre pensée

à travers l'Europe.

J'ai l'honneur de mettre à votre service

la Défense de l'Europe.

Madame, je vous remercie de tout mon cœur.

Longue, longue vie à la Défense de l'Europe.

Dont je confie la direction à Me Rémy Lecoudray.

- Mais comment ? - Avec un passe, chéri.

1000 fr à la femme de chambre.

Elle dort bien, dis donc. Mademoiselle ?

Mademoiselle ?

Allez, debout. Debout, mon petit.

Allez, là.

Hop, hop, hop, hop.

Et le bibi.

- Hop, hop hop ! - Mais enfin, madame !

C'est dur, mais on vous enverra des fleurs.

Soldat, repos !

Faites vos jeux.

Les jeux sont faits. Rien ne va plus.

Patience, dans 3 mois, la gauche aura vidé les caisses.

Alors, retour de M. Préfaille.

Et un matin : "Allô, M. Vannister ?"

Mais M. Vannister renfloue, parce que M. Vannister est bon.

Mais, il tire M. Vannister.

Parce que M. Vannister en a marre de cette poule,

de cette poule d'eau sur sa rivière.

- Je peux, vous permettez ? - Non.

Duclaux.

Et si je vous reprenais à mon service ?

À quelles conditions, monsieur ?

12 000.

Alors, je peux ?

Oui.

Duclaux, je vous crois un peu vénal.

Oui, monsieur.

Soldat.

- Tout de suite ? - Oui, tout de suite.

Je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime, je t'aime.

Oui, je t'aime.

Allô ?

Allô ? Allô !

Allô, allô ?

Allô ?

"Ma pourriture d'argent", c'est pas si mal, non ?

Je sais pas, moi, je suis payé que pour les conférences.

Salaud.

Salaud.

La pourriture d'argent qui a permis à la mère Eckhert

d'offrir la Défense de l'Europe à son petit Lecoudray.

- T'as rien contre ? - Je ne sais pas, faut voir.

Et la pourriture d'argent qui t'achètera un poste de député ?

- Ça s'achète ? - Eh bien, tiens.

Je n'ai que toi.

Mon vieux, je te pousserai comme une action.

Tu n'as que moi.

- Armand ? - Non, Mussolini.

Superbe, grosse affaire.

Salut,

le phonographe.

- Bonjour. - Il faut que demain tu sois à Rome.

Quelqu'un t'attend. Au Quirina. Officiel.

Au Quirinal.

Vous mêlez pas de ça, c'est sérieux.

Il a fallu que tu viennes.

C'est pas une chose qui se téléphone.

Si ?

C'est ce que tu penses, mais immense.

Ce qu'on avait dit, mais on a vu petit.

L'Italie fasciste, bravo.

On se donne des airs, et puis on va à la soupe chez Mussolini.

C'est pas de la soupe, c'est du nanan.

Vous, vous allez continuer

vos causeries.

Votre feuille de route.

Les billets de train, l'argent de poche.

J'ai calculé large, s'il a des besoins de tendresse.

Rome.

M. Benito Mussolini

reçoit Mme Eckhert.

De source bien informée, on apprend que le Duce a confié

à la banquière parisienne le placement exclusif

de l'emprunt que le gouvernement fasciste va lancer en France.

Nul ne s'étonnera du choix du Duce,

si sensible à la grâce et à l'élégance féminine.

De plus en plus nombreuses sont les usines

que la rigueur des temps contraint à fermer.

Les espoirs nés des élections,

se heurtent à la dure réalité économique.

Après de longues consultations, le Président Préfaille

a constitué, sur les bases d'une politique d'austérité,

un large ministère d'union nationale qui demandera au pays,

toutes classes confondues,

l'effort et les sacrifices indispensables.

- Comment me trouvez-vous, Duclaux ? - Mais, très bien.

Si vous étiez une jeune femme, je vous épouserais.

Comme vous m'avez déjà trompé une fois, ce serait fait.

Chaque fois que je reviens aux affaires,

j'appelle M. Vannister.

Une habitude.

- Un rendez-vous. - Une nécessité.

Et l'emprunt italien ?

Oui, je m'attendais à ce que vous m'en parliez.

- Forcément. - Faire la présentation à Rome ?

M. Mussolini en personne, c'est délicat.

Je pense qu'il y a une solution plus directe.

- Purement intérieure. - Oui ?

Certaines officines boursières...

Boursico-bancaires.

Je ne cite pas de nom.

Non. Mme Eckhert.

- Oui. - Mais, comment ?

Tout simplement, dire la vérité au pays.

Dire : "danger".

Moi ?

D'abord, la presse.

La presse.

Puis vous.

Puis moi.

Vous ordonnez une enquête.

Judiciaire ?

Judiciaire.

Il y a matière ?

Il y a toujours matière.

- Réveille, soldat. - Madame, je vous en prie.

Mais on n'a pas une crise cardiaque comme ça.

Si et c'est la 2e.

Il aurait pu le dire. Vous êtes...

Oui.

Eh bien, ma fille, il faut le tirer de là.

C'est arrivé pendant la conférence ?

Oui.

- Vous étiez là ? - Oui.

- Il vous avait demandé de... - De le rejoindre, oui.

On va le ramener à Paris. On va le sauver.

Oh, non ! Je vous en prie !

Vous n'avez pas le droit !

Je compte sur vous pour démunir l'Américaine.

Elle ne doit pas sortir vivante de cette opération.

Nous comptons sur votre talent.

Lisez l'Intran, "La bande à l'escroque,

"le julot et les aristos."

"La bande à l'escroque, le julot et les aristos."

Lisez l'Intran, "La bande à l'escroque,

"le julot et les aristos."

Lisez l'Intran,

"La bande à l'escroque, le julot et les aristos."

Lisez l'Intran, "La bande à l'escroque..."

Taxi !

S'il vous plaît.

J'espère qu'il n'a pas lu.

Vous avez fait interdire les journaux ?

Oui, bien sûr.

Incident à la chambre où le député...

On est exposés.

Paul Cisterne s'est avisé

de défendre de la banquière scandaleuse

À l'entendre, madame Eckert serait l'innocente victime,

le bouc émissaire d'une querelle

entre le Président Prefaille et M. Bréhaud.

Mais quelle mouche a bien pu piquer M. Cisterne

quand il s'est écrié au président du Conseil :

"C'est Bréhaud que vous visez.

"C'est la gauche que vous voulez atteindre."

M. Préfaille s'est borné à répliquer :

"De droite ou de gauche,

"un gouvernement digne de ce nom applique la loi."

Soyez sans crainte, M. Cisterne, c'est ce que

nous allons faire.

Vous êtes madame Lecoudray ?

Oui.

Merci bien. Oui ?

Je veux voir le ministre de la Justice cette nuit.

Où je le prends ?

C'est ton ami, non ?

Non, c'est un ami en otage dans un ministère

d'union nationale de M. Préfaille, nuance.

- Il crachait pas sur mes options. - C'est sûrement pas un argument.

- Trouves-en, mais amène-le-moi. - Chez toi en ce moment ?

Chez moi ou ailleurs, mais cette nuit.

- Chez vous ? - Oui.

Je lance l'emprunt italien le 9 juin.

Nous sommes le 4. Il reste 5 jours.

Si d'ici là, on vous impose une instruction contre moi,

je veux que vous sachiez pourquoi et pour qui.

Vous travaillerez pour des gens qui ne supportent pas

que l'affaire italienne leur passe sous le nez.

Oui.

Et j'ajoute sous serment que si demain tous mes clients,

tous ensemble, demandent à être remboursés,

j'ai de quoi les rembourser.

- Jusqu'au dernier franc. - Vraiment ?

Si elle le dit, tu peux le croire.

Vous pensez aux options ?

Moi ? Non.

Oh si, mais fini les options.

Les vôtres, les autres, toutes.

Je n'en parlerai jamais. Oubliez.

Entrez.

Ne vous donnez pas cette peine, chère madame, nous avions fini.

Mangez un morceau, M. le Ministre, vous ne serez pas venu pour rien.

Je répète, M. le Président, que nous disposons pas

de la moindre plainte, du moindre prétexte

pour inculper Mme Eckhert.

Bien moi, je me plains. C'est moi qui porte plainte.

Cette femme a tenté de me ridiculiser.

Elle s'est servie de vos amis politiques,

Bréhaud en tête.

Si demain, elle ne couche pas en prison, je dirai pourquoi.

Je le dirai devant le pays. Prenez vos risques.

Mon dossier à moi n'est pas vide.

Bien entendu, M. le Procureur.

Oui, je suis prêt, tout à fait.

Au président du Conseil directement.

Un honneur pour moi.

Très bien. Mes respects, M. le Procureur.

Donne.

Ils ont eu de petites peurs. La peur des élections.

La peur de Bréhaud, la peur de la gauche.

Mais devant toi, panique.

Tu es la seule capable de les battre sur leur terrain,

l'argent.

Et ils le savent.

- Vu comme ça, c'est flatteur. - Je t'en sortirai.

- Tu en sortiras la tête haute. - C'est évident.

- Donne. - Non.

Donne.

Mais Présidente, on n'a plus que ça.

On a un tas de choses. On a la vérité.

Réfléchis.

Les importants, quand on les met dans la boue, ils se débattent.

Plus ils sont importants,

plus ils ont les moyens de se débattre.

Alors, ça éclabousse.

Tu crois qu'on a besoin de ça ?

Si tu ne veux pas leur laisser le plaisir de sonner,

c'est le moment.

Eckhert.

Emma, Madeleine, Joséphine, Marie.

Epouse divorcée de Nathanson Moïse.

Il n'a qu'un prénom.

La seule chose dont il se sera privé dans la vie.

Merci pour lui.

Je vous inculpe d'escroquerie, abus de confiance...

annonce mensongère, détournement de l'épargne publique.

L'épargne, monsieur,

que j'ai détournée de quoi, de qui ?

Des banques ? Travailler pour les banques ?

Elle veut l'outrage au magistrat en plus ?

Si vous trouvez qu'il est infamant de travailler

pour les banques, d'accord.

Bravo, vous avez gagné.

Je vous inculpe d'outrage à magistrat.

Contente ?

Très, maintenant, qu'est-ce qu'on fait ?

- Vive madame Eckhert ! - Hourra !

On est avec toi !

Les guichets sont ouverts !

J'accepte toutes les demandes de remboursement !

Je paye, je paye ! Où il est, le comique ?

Avec les experts, ils t'attendent. Doucement, monsieur !

C'est pas une comptabilité truquée.

C'est une comptabilité inexistante !

Qu'est-ce que vous en savez, vous ?

Si c'est ce qu'on vous a dit de dire, attendez au moins

que vos experts aient donné dans la combine.

- Un mot de plus... - Et quoi ?

Outrage à magistrat ? C'est déjà fait, j'ai un compte.

Appelez donc votre greffier. Greffier !

Je fais la déclaration suivante.

Vous notez ?

Mes entreprises sont en pleine réorganisation.

Désorganisation, non ?

Mais je m'engage à prouver que les dépôts reçus

de mes clients se montent au plus à 54 millions,

et que je détiens en titres, actions, valeurs, immeubles

au moins 58 millions.

Je dois 54, j'ai 58.

Piochez, monsieur.

Là, piochez.

Je me contente généralement d'un sandwich, madame.

Faites une exception, c'est le jour.

Ah, pendant qu'on y est,

inscrivez :

"Chez moi dans le coffre de mon bureau,

"vous trouverez 2 millions."

Chez vous, comme ça ? 2 millions sous la main ?

Vous savez combien je gagne, moi ?

Mais y a pas de honte, je gagne moins.

Oui, mais depuis, hein ?

- Ah, ça. - Ah, ça.

Le luxe, qu'est-ce qu'il fait pas faire ?

Oui, mais c'est bon.

Passé 30 ans, on ne fait bien l'amour que dans la soie.

Ah. Mes respects, M. le Président du conseil.

Oui, oui, immédiatement.

Oui.

C'est d'ailleurs ce que je suggérais

tout à l'heure dans votre cabinet.

À vos ordres, M. le Président.

Non ! On ferme ! Allez, fermez les guichets.

Silence ! Allez, fermez-moi le pasteur.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Vous n'avez pas le droit !

J'ai plus que le droit. J'ai l'ordre.

L'ordre de m'empêcher de rembourser mes clients ?

Ils seront remboursés s'il y a de quoi pour.

Les experts nous diront.

Mais, ne fermez pas les guichets.

Si vous fermez les guichets, vous tuez la confiance.

C'est ça que vous voulez ?

Si vous arrêtez la machine, vous comprenez que c'est fini.

Alors, c'est une machine bien fragile.

Gardes.

Embarquez-moi ça.

Non ! Non !

Merde alors, moi qui voulais te confier mon pognon.

J'allais me faire enfler !

Vous voulez danser, monsieur ?

Oh, tu sais que tu es plutôt beau mec pour une gonzesse.

Et moi, fille, je te plais ?

- Viens, gueule d'amour. - Me touche pas.

Eckhert !

Madame Eckhert, s'il vous plaît.

Allez, venez.

- Sale mec. - Salope !

- Escroque. - Escroqueuse.

- Sale bonhomme. - Sale pouffe !

Chacun son tour ! Goudou !

Bien fait !

Elle est dans la pelouse !

Madame.

Ma sœur.

Si vous voulez que je vous appelle "madame",

appelez-moi "Ma mère".

Ma mère, écoutez-moi.

- Je vous écoute. - Non, rien.

C'était ce que je voulais vous demander.

- Me mettre seule. - Ce n'est pas un droit.

Est-ce que je pourrais avoir une table ?

Non.

Vous voulez me mater ? Pourquoi ?

Je suis le diable ?

Pas d'orgueil démesuré.

Une table, pour écrire. Une table pour me défendre.

C'est trop demandé à votre charité ?

Vous n'êtes pas au Ritz, il ne suffit pas de sonner.

Ah ! Lecoudray.

Eh bien, Lecoudray.

Je ne vous parle pas de Lecoudray.

Vous ne faites que ça. Il ne savait rien.

Il a rien fait. Sauvons, Lecoudray.

Non, je dis seulement que s'il vous faut un coupable,

c'est moi et moi seule.

Il a été votre amant.

Je vois qu'il n'est plus votre ami.

C'est fréquent.

Peut-être vous confronter un de ces jours.

J'allais vous le demander.

Vous voyez que je vais au-devant de vos désirs.

Déposition Lecoudray :

"J'ai été dans les affaires Eckhert en tant que journaliste.

"Si j'avais su qu'il s'agissait d'escroquerie,

"j'aurais démissionné immédiatement.

"Je jure n'avoir été qu'un instrument inconscient

"des malversations

"de Mme Eckhert.

"Je maudis cette femme qui m'a déshonoré."

Voilà, c'est tout, M. le juge.

C'est très bien.

C'est exactement ce que je dis, M. Largué, n'est-ce pas ?

Lecoudray ne savait rien. Lecoudray n'a rien fait.

Vous confirmez, oui ou non ?

Non, je ne l'ai pas dit en ces termes.

T'en fais pas, soldat. J'ai reconnu l'esprit.

Mais je défends mon honneur.

Madame...

Lisez mon mémoire.

Vous verrez

que j'ai de quoi rembourser tous mes clients.

J'ai l'argent. Je paye.

Et je paye quand ? On commence quand ?

La grève de la faim m'impressionne pas.

Ce ne sera pas ma première.

Moi, si.

Pas faim ? Ne mangez pas.

Mais ne vous avisez pas de grignoter en douce.

Je le verrai.

Merci de me prévenir.

Ce ne sera pas une partie de plaisir.

Mais à 2, on doit y arriver.

Au début, vous acceptiez de boire.

- Plus maintenant. - C'est pas logique, ça.

Non.

Mais qu'est-ce qu'il faut vous dire ?

Faut me dire...

Que je peux payer ce que je dois.

Le médecin ! Appelez le médecin !

Non ! Non !

Non !

Non !

T'en fais pas, mon Paul.

L'enterrement est remis.

Ouvre ma valise.

- Il y a ma gabardine ? - Oui. Tu as froid ?

Non, viens. Assieds-toi.

- Quelle heure il est ? - 10h30.

À 12h30, je veux...

une voiture au coin de la rue d'Arcole.

T'es folle, tu te vois pas ?

J'y arriverai. De toute façon, je le ferai.

Il y a des taxis.

T'as pas le choix.

Bonjour, mademoiselle.

Je viens pour Emma Eckhert.

Merci, mademoiselle.

Ne me regardez pas.

Colette, à Strasbourg, voyez aussi M. Hecklay.

Et à Nice, M. du Bousquet. Il est mieux que Morin.

- C'est tout ? - Oui, c'est tout.

- Au revoir. - Au revoir.

Tu viens ?

Si ça ne t'ennuie pas, je préfère rester chez Colette.

- Je veux dire, en attendant. - Bien sûr.

J'ai repris ma liberté uniquement

pour pouvoir enfin défendre vos intérêts.

Je n'ai cessé de supplier mes juges de me laisser vous rembourser.

Ils ont toujours refusé,

parce que leur seul souci, leur seule mission,

est de me faire passer pour une escroque.

Je m'engage à vous rembourser intégralement.

Intérêts à 8 % compris, avant le 31 décembre.

Mais j'ai besoin de vous.

"Mais j'ai besoin de vous.

"Des comités sont déjà constitués dans chaque ville.

"Ils vont prendre contact avec vous.

"Quand chacun de vous m'aura donné son accord écrit,

"je me présenterai à mes juges.

"Ou bien ils m'autoriseront à vous rembourser,

"ou bien ils m'en empêcheront.

"Alors, vous saurez qui de la justice,

"ou de Mme Eckhert est l'escroque."

J'ai repris ma liberté uniquement pour pouvoir

défendre vos intérêts.

Défendre vos intérêts.

Aujourd'hui je m'engage à vous rembourser intégralement.

Mais j'ai besoin de vous. Mais j'ai besoin de vous.

Emma Eckhert, puisque vous ne pouvez vous asseoir,

les médecins vous ont autorisée à comparaître allongée.

Au cas où vous éprouveriez la nécessité,

dites-le, nous vous donnerons une civière.

Oui, M. le Président.

Mais vous, personne ne vous oblige à rester debout.

Si, M. le Président.

Moi.

Une lettre de dame veuve Benet.

Non, non, je vous en prie, c'est pas le moment.

"Croyez madame, à toute ma reconnaissance", etc., etc.

Très ému, Mme Benet. Eh bien, il y a de quoi.

8 actions Citroën confiées, 8 actions Citroën rendues.

Plus 35 % qu'elles lui ont rapportés,

à Mme Benet, grâce à nous.

Ces petites Citroën, et 92 comme ça.

92 lettres

émues et perdues.

Mais...

Je reviens à notre honorable notaire du Nord.

Maître, vous avez rencontré Mme Eckhert le 20 décembre.

Avec un gros, gros, gros paquet d'actions.

Et elle vous a bien dit qu'elle les vendrait,

oui ou non ?

Oui, mais je lui ai dit :

"Attention, les actions que vous nous rendrez

"ne porteront pas le même numéro."

- Juridiquement, je ne sais si... - Ça, c'est autre chose.

Racontez plus qu'elle vous prenait en traître.

Certaines officines boursières, boursico-bancaires.

- Je ne cite pas de nom. - Non.

- Madame Eckhert. - Eh oui, Mme Eckhert

avait la confiance populaire.

Alors, ça se met à arriver à flots,

des flots d'argent frais.

Parce que, les petites gens, les braves gens,

ce n'est plus dans la banque untel, ce n'est plus dans la banque machin

ce n'est plus dans la banque Vannister qu'ils ont confiance.

Ils ont confiance dans Mme Eckhert.

Dans leur mère Eckhert. Personnellement.

Il s'agirait d'assainir le marché financier.

- Que c'est ennuyeux ! - En quelque sorte.

À fusiller Emma Eckhert.

D'une, parce qu'elle sert 8 % et les banques 1 %.

J'y reviens pas, tout le monde a compris.

Et de 2, parce que ça ouvre les yeux.

Eh bien oui, quoi !

Qu'est-ce qu'il va penser, l'homme de la rue ?

Il va se dire : "Si ce M. Vannister",

à propos, je l'ai fait citer, Vannister.

- Il est souffrant. - Il aurait dû venir,

je l'aurais soigné.

Il va se dire, l'homme de la rue :

"Si les Vannister, si les banques,

"grands soutiens de l'État, béquilles du gouvernement

"me volent, c'est que le gouvernement

"me vole pour faire sa politique en faveur."

En faveur de qui ?

En faveur de Vannister et consorts bien sûr.

Maître, je vous prie d'éviter les allusions

de caractères politique

ou personnel.

Bien, je vais dire "il", "ils" au pluriel, ça vous va ?

I-L-S.

I-L-S ont tiré dans le dos de madame.

Parce que c'était eux ou elle.

J'accuse I-L-S...

D'assassinat moral prémédité.

- Vous ordonnez une enquête. - Judiciaire ?

- Judiciaire. - Attendu...

Il y a matière ?

- Qu'il témoigne. - Il y a toujours matière.

En violation de la loi,

Mme Eckhert et ses complices ont négocié

des valeurs, actions ou titres

qui leur avaient été confiés.

Pour ces motifs, le tribunal condamne la femme Eckhert

à 3 ans d'emprisonnement.

Et Nathanson,

à 2 ans.

Bourseuil, Martilly

et Lecoudray sont acquittés.

Merci.

- Qu'alliez-vous nous dire madame ? - Je disais merci.

Je remercie le tribunal

d'avoir acquitté Bourseuil et Lecoudray.

Ce n'est que justice.

Mais 2 ans aux julots et rien pour les aristos.

Que voulez-vous, cher président ?

Ça finit par faire procès arrangé.

Tu y tiens ?

Ce n'est pas bon ? Ils m'assassinent ?

Oui.

Tu ne vas pas au lycée ?

- Non. - Pourquoi ?

La grippe, les professeurs malades.

Colette ?

Oui ?

Rien.

À tout à l'heure.

- Tu t'en vas ? - Mais je reviens.

Un mot, ce serait trop te demander ?

Quel mot ?

Tu as sauvé ton honneur, n'est-ce pas ?

"Je suis un héros, j'étais à Verdun.

"Si j'avais su, ma bonne foi a été de surprise.

"Pardon, pardon !

"Je demande pardon".

"Pardon".

Vous pleurez ?

En effet, ils sont très durs.

Vous n'allez pas le faire.

Il est mort ?

Maintenez le contact avec les comités.

Je suis avec vous. Tellement, ma chérie.

À bientôt ?

Oui ?

Oui.

- Vous avez mal ? - Non, non.

- J'ai prié pour vous. - Alors, je suis tranquille.

Pardon, ma mère. Je sais pas dire merci.

T'as fini ?

Chut !

Et puis ?

Vas-y.

Vas-y !

Vas-y !

Eh, visez un peu les gouines.

Tiens, l'Eckhert qui se fait un béguin.

- Il y a de la place. - Salope !

Faut qu'on sorte !

Folle, ma folle.

Fallait bien.

Celle-là, elle cédera donc jamais ?

Si.

Dans le trou.

Ouverte par la démission du Président Préfaille

sur un vote hostile de la chambre,

la crise ministérielle aura duré près d'un mois.

Monsieur Bréhaud, éternel champion de la gauche,

a accepté d'entamer des consultations

en vue de former le prochain gouvernement.

Bonne chance, M. Bréhaud. Bonne chance pour la France.

Suite des aventures médico-judiciaires d'Emma Eckhert.

Sa santé s'accommodant mal de la paille humide des cachots,

elle a obtenu d'être transférée dans un hôpital parisien

pour une légère intervention chirurgicale.

Mais rassurons ses admirateurs.

Sa convalescence se déroule

dans une clinique huppée de la plaine Monceau,

où elle bénéficie d'attentions touchantes.

Vraiment touchantes pour une prisonnière,

car, et c'est l'administration pénitentiaire qui l'affirme,

Madame Eckhert purge normalement sa peine.

Juridiquement, nous a-t-on assuré, elle est toujours en prison.

Ça va ?

Ah non, non.

J'ai vu Bréhaud.

C'est non ?

Et c'est oui.

Quand ?

Dans un mois, pour qu'on ne fasse pas le rapport.

Quel rapport ?

Entre notre retour au gouvernement...

Et votre liberté provisoire.

- Tu lui as expliqué le schéma ? - En gros.

Mais je te paie pas pour expliquer en gros.

T'es mon avocat, oui ou non ?

- J'ai un avocat qui se les roule ! - Et voilà !

Si on m'empêche de rembourser, la liberté, je m'en fous !

À vous !

Duclaux, vous feriez un assassin très, très médiocre.

Pour notre affaire...

dans la circonstance que vous savez...

mieux vaudra recourir à des extras.

Dans la circonstance, oui, monsieur.

Regardez comme elle est dodue.

On dirait une poule banquière.

6 ou 7 autocars suffiront, il me semble.

Madame Langer,

prière de se présenter au secrétariat.

M. Haeckli, du comité de Strasbourg

est demandé au bureau d'accueil.

Ah ! Ils sont impossibles ! Vous aviez bien dit demain matin ?

Que voulez-vous ?

Ils sont là, il faut bien les loger.

Voyez avec les hôtels.

Parfait. Ici ? C'est très gai, venez.

Bien sûr. Merci, Colette.

C'était Colette, elle t'embrasse.

Elle est très...

Très quoi ?

Utile, je veux dire.

Monsieur Saray est demandé au bureau d'accueil.

Monsieur Saray du comité de Marseille

est demandé au bureau d'accueil.

C'est énorme.

Là, on va voir ce qu'on va voir, avec la crème anglaise.

Mes enfants, ça...

À vous. À vous tous, mes chéris.

- À demain. - À DEMAIN !

Victor, de Grenoble, au bureau de presse, s'il vous plaît.

Victor, de Grenoble, au bureau de presse, s'il vous plaît.

Victor, de Grenoble, au bureau de presse. Dernier appel.

Seule la volonté

de me présenter un jour devant vous,

pour vous crier : "Non, non je ne suis pas une voleuse",

m'a permis de surmonter toutes les épreuves.

Toutes les provocations, toutes les souffrances

que m'a réservées la justice de ce pays.

Bravo !

S'il vous plaît !

S'il vous plaît ! S'il vous plaît !

S'il vous plaît !

S'il vous plaît !

S'il vous plaît !

Voilà ce que je vous propose.

Dans 5 jours, le 26 mars,

je rendrai à chacun de vous

un tiers du capital qu'il m'a confié.

Un autre tiers, le 26 mars 32.

Le dernier, le 26 mars 33.

Et les intérêts à 8 %

continueront de courir jusqu'à la dernière échéance.

Que ceux qui acceptent lèvent la main.

OUAIS !

Maintenant, ceux qui refusent.

Mais nous continuerons !

Et nous continuerons ensemble !

Laissez passer !

Emma !

- Laissez passer ! - Emma !

Sous-titrage : BLEU OUEST

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