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Original subtitles

Boucles d'oreilles en or avec pendentifs,

AĂŻe liou-li, aĂŻe liou-li, oui avec des pendentifs.

Viens donc, ma belle, Allons nous promener dans le jardin verdoyant,

AĂŻe liou-li, aĂŻe liou-li, allons nous promener dans le jardin verdoyant.

Allons nous promener dans le jardin verdoyant, Cueillir de douces pommes,

AĂŻe liou-li, aĂŻe liou-li, cueillir de douces pommes.

N'est-il pas temps, ma belle, que nous mourions ?

AĂŻe liou-li, aĂŻe liou-li, que nous mourions.

-Tu as vu la blonde du premier rang ?

(ils rient) -Vu, vu !

-Oleg va toutes les prendre, les blondes.

-On va la partager, c'est ça ? -On verra plus tard.

-Écoute, sur les deux rangs, je pense... -Et alors, combien de combats on a ?

Wow ! Tu t'es préparé, hein ?

-Il faut y aller tout de suite, ne pas traîner. On déballe et c'est tout.

-Quand est-ce qu'on a traîné ?

-HĂ©, les gars, arrĂŞtez de vous gaver ! Laissez-moi quelque chose.

-Je sais pas, Sacha, ça dépend combien de temps on va rouler jusqu'à ta pension.

-C'est toi qui l'as choisi. -Maintenant tu vas te défiler, et voilà.

-Ouais, Sacha. Accélère !

Tu disais qu'il y avait un sauna lĂ -bas, donc des filles. -Tais-toi.

-On n'est pas responsables de nous-mĂŞmes. -Tais-toi ! - Quoi, tu fais quoi ?

(klaxon de voiture) -C'est clairement pour nous.

-Des groupies ! Tu as vu combien elles étaient ?

-Même mon humeur s'est améliorée sur scène. -Elle va chuter maintenant.

-On essaie de les semer ? On s'en fout.

-Non, ils vont nous crever les pneus, et après on fait quoi ?

-Bon, calmez-vous. Il faut comprendre. -On est obligés de s'arrêter maintenant.

(SergueĂŻ Starostine - "Makari")

De la bête féroce, de la bête rusée, De l'ours malin...

Les gars, qu'est-ce qui se passe ? Expliquez au moins de quoi il s'agit.

- On charge. Rous, au volant.

Nous nous sommes levés tôt, Nous avons lavé nos visages blancs,

Nous avons parcouru les champs, Nous avons appelé Egorï, nous avons loué Makari.

Egorï notre brave, Makari le vénérable,

Tu gardes notre bétail Dans le champ et hors du champ, dans la forêt et hors de la forêt,

Sous le soleil éclatant, Sous la lune lumineuse,

De la bête féroce, de la bête rusée, De l'ours malin.

(voix, cris)

-Viens ici ! -Dégage !

-Les gars !

-Qu'est-ce que tu fais !

-Lève-toi vite !

-Alors, qui a eu cette idée stupide ?

-Pardon, Ă  propos de quoi ?

-On ne t'a pas mis au courant, hein ?

-Au courant de quoi ?

-Eh bien, les gars vont t'expliquer.

-Écoutez, nous avons tout fait comme convenu.

La marchandise a été livrée à Tver.

-Livrée, livrée. Et qu'est-ce que vous avez livré ?

-Oui, qu'est-ce que vous avez livré ?

-Quoi, quoi, de la poudre blanche, oui, qui ressemble Ă  de la poudre Ă  maquillage ?

-Je n'ai rien livré, honnêtement, je le jure !

-Oui, avec toi, c'est clair.

-Oui, vraiment, alors c'était quoi ?

-Vous ĂŞtes quoi, des connards, Ă  faire les moutons pendant si longtemps ?

-Quand vous avez coupé la marchandise en deux, à quoi pensiez-vous ?

-Vous avez complètement vidé vos cerveaux en jouant de la flûte ?

À qui est venue cette idée ? Vite !

-Pas la mienne, pas la mienne. -Avoue !

C'était l'idée de qui ?

C'était l'idée de qui, hein ?

Termine-le.

-Non ! Moi, moi, c'est moi ! Ils ne savaient pas.

Laissez-moi tout rembourser petit à petit. Ne touchez pas aux gars, s'il vous plaît.

-Tu joues sur quoi ? -Moi ? Où ça ?

-Sur ta « Beresta ». -Ah !

Sur une kosa, avec des cuillères. Je chante aussi.

-Bon, pour la kosa, ils trouveront quelqu'un vite fait.

(clic de détente)

-Mère de Dieu, Reine des Cieux, sainte protectrice, pardonnez-moi...

(pleure)

-Tu as un logement ? Dis, toi, le laveur de cuillères ?

-Oui, je viens de finir les travaux.

-Quelle superficie ? -57 mètres carrés, trois pièces.

-Bon, allez, montre-moi.

-Pardon, vous devez y aller tout de suite ? J'ai ma femme et ma belle-mère là-bas.

- Valya, mais qu'est-ce que tu t'es laissée aller ?

Les racines sont déjà sorties, il est temps de te teindre. - Je sais.

Je n'ai jamais le temps, toujours une chose ou une autre.

(bruit d'eau)

- Rouslan ! Tu es avec papa lĂ -bas ?

- Oui, maman, papa et moi avons décidé de nous laver.

- Bien, bien, allez-y.

- Alors, on y va, papa ? - Mhm.

- On va appeler maman et on va manger, n'est-ce pas ?

- Oui, c'est ça. - Tu cours déjà partout.

Je n'arrive pas Ă  te rattraper, papa. - Hein ?

- Je dis que bientĂ´t je n'arriverai plus Ă  te rattraper.

Maman !

Viens manger des choux farcis avec nous, je les ai préparés selon ta recette.

- Mangez, moi je suis vraiment fatiguée aujourd'hui.

- Flora, mais on devrait manger ensemble de temps en temps.

- Vraiment, maman, et c'était très bon.

- Oui, je sais que c'était très bon,

mais laissez-moi au moins me déshabiller, quoi.

Laissez-moi reprendre un peu mes esprits.

- On ne veut surtout pas que tu te fatigues.

Mais alors, on n'aura plus aucune force.

- Rouslan, viens t'asseoir Ă  table avec papa, j'arrive.

(Sonnerie de téléphone)

- Écoute, peut-être qu'on pourrait trouver une solution pour mon travail, quand même ?

- On pourrait, sans doute, trouver quelque chose.

-Peut-ĂŞtre que je devrais parler Ă  maman ?

Elle a une entreprise sérieuse, elle a toujours besoin de personnel.

-Papa, mais quand tu es Ă  la maison, tu travailles, non ?

Tu as passé l'aspirateur hier, n'est-ce pas ?

Et qui s'occupe des fleurs ?

Ça, ce n'est pas du travail, peut-être ?

-Non, si, c'est du travail, oui.

Et la crème fraîche, elle est où ?

Maman aime ça avec de la crème.

- On s'en occupe tout de suite.

(rire de Flora)

- Écoute, mais qu'est-ce que tu racontes ? Je ne peux pas partir comme ça sur un coup de tête, le soir,

je viens juste de rentrer.

Tu ne peux pas attendre du tout jusqu'Ă  demain ?

(rit)

Oui !

(Toc toc Ă  la porte)

-Pour quelle raison ? -Pour parler à Flora. À Flora Borissovna.

Pour une raison importante. Nous étions voisines.

Nous avons toujours eu de très bonnes relations. -Attendez un instant.

-Je considère tous ses maris et ses fils comme ma famille. Que de choses à traverser !

-AllĂ´, Flora Borissovna, votre vieille voisine est lĂ .

-Lida, Lida ! -Elle s'appelle Lida. Je la fais entrer ?

Compris.

Suivez-moi.

VoilĂ , Flora Borissovna.

Je reste ici ?

-Vas-y, Volodia, vas-y.

-Merci.

Lasha !

Regarde, il marche. C'est ça, un Caucassien, hein ? La santé, ça se construit dans l'enfance.

- Lida, qu'est-ce que tu fais là ? - Flora, tu te souviens de ma nièce ?

On est passées te voir.

Tu venais de te séparer de Heinrich, elle avait 6 ans.

On est venues chez toi, et une demi-heure après, elle sautait sur le canapé en culotte.

Tu l'avais surnommée Chiche, le singe.

-Qu'est-ce qu'il y a, Lid, qu'est-ce qu'il y a ? J'ai compris pour le singe, oui, Chi-chi-chi.

-Ce Chi-chi-chi, cette créature, voici ce qu'elle a fait hier.

Elle a fourré des sous-vêtements chers dans sa culotte - et elle est sortie.

Eh bien, elle s'est fait prendre en sortant.

VoilĂ , le singe est en cage maintenant.

Et c'est une jeune fille, belle.

On va lui coller n'importe quoi lĂ -bas, et en plus, on va la faire se courber, c'est une horreur.

Je t'en prie, s'il te plaît, ma chère, aide-moi.

Elle n'a plus personne, sauf moi. -Compris. OĂą est-elle, dans quel service ?

-Au 11ème. En face du marché, à côté du magasin de chaussures.

-Non, Lid, ça ne va pas avec le 11ème. J'ai de gros problèmes avec le 11ème.

Ça ne marchera pas, je te le dis.

-Mais pourquoi va-t-elle gâcher sa vie pour ça ? Pourquoi diable a-t-elle besoin de ces sous-vêtements ?

C'est pour ça qu'elle gâche sa vie...

Flora, je t'en prie, aide-moi, s'il te plaît !

(pleure)

-D'accord, d'accord. Bon, je vais trouver quelque chose.

-Merci beaucoup.

-J'espère que ce n'est pas un piège ? On ne va pas me voler ma Mercédès, j'espère ?

-Kolya, tu es devenu fou ou quoi ? Tu es flic ou pas ?

Vas-y, vérifie toi-même, regarde tout. Si jamais, je t'en trouverai une autre, je promets.

-C'est juste comme ça. C'est une de tes parentes ?

-Elle est un peu trop insolente, je trouve.

Bon, ici, il faudrait que tu...

Chemiakina Vera NikolaĂŻevna...

nous promettes que ça ne se reproduira plus.

Parce que nous sommes responsables de toi et on ne peut pas te laisser nous laisser tomber.

-Je ne vous laisserai pas tomber, je vous le jure ! Laissez-moi partir, camarade chef.

-Écoute, la bohème, ce n'est pas toi qu'on regarde. Tu vas déguerpir d'ici.

-Ha ! Je suis déjà partie, bye bye !

-J'ai pas compris. Je dois quoi ? -Ah oui, dehors.

-Qu'est-ce que je vous dois Ă  tous les deux, j'ai pas compris.

-Tu vas sortir ?

-C'est une nouvelle combine de flics ? Je connais pas du tout.

-Je vais la refermer. -HĂ©.

Le petit singe Chi-chi-chi.

Allez, sors d'ici vite, avant que je change d'avis.

- Sérieux, bordel !

- Allez, bouge-toi.

- Je regarde, bordel, j'arrive pas à me souvenir. Ça m'est revenu après Chi-chi, Tante Flora !

Oh, oui ! Quand on me déposait chez ma tante Lida,

je n'arrêtais pas de pleurnicher pour qu'elle m'emmène chez vous.

- Et qu'est-ce que j'ai de spécial ? Tout le monde est pareil.

- Non, chez vous, c'est amusant, il y a des garçons. - Tiens donc.

Et toi, tu as commencé à penser aux garçons dès six ans ?

- Avant ! Et alors, c'est interdit ?

- Tu n'as pas mangé de la journée, j'imagine. Tu veux que je te donne à manger ?

- Tante Flor, je prendrais bien un coup.

Et pourquoi pas ? À notre rencontre. Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vues !

Tu entends ce que Valia dit ?

C'est vraiment Chi-chi.

La soirée s'est drapée de mystère.

Tu ne saurais pas par hasard,

Que la lumière dans ma fenêtre

S'est éteinte il y a bien longtemps.

- Oh lĂ  lĂ  !

Alors, tante Flora,

à votre santé.

Oui, bien sûr, si ce n'était pas vous, ces goules...

- Bon, oublions ça.

Et Ă  part voler des culottes, tu sais faire quoi d'autre ?

– Tante Flor, je sais tout faire.

Les culottes, c'est juste que je n'ai pas pu m'en empĂŞcher.

Elles ont sauté toutes seules dans ma poche, hop !

Stupide, bien sûr, je suis d'accord.

Sinon, je connais la vie, je ne l'ai pas apprise par cœur.

J'ai beaucoup vu.

J'ai été mannequin, par exemple.

– Quoi ? – Mannequin. Des photos, tout ça.

Pas pour enfants, bien sûr.

On m'a même appelée en Italie pour me lancer.

– Vraiment ? Et pourquoi tu n'y es pas allée ?

– Je suis tombée amoureuse d'un âne bâté.

Et voilà. Puis je me suis fâchée avec lui.

La vie.

Et vous savez qui de vos garçons me plaisait le plus ?

Quand je courais encore toute nue chez vous.

- Youra, c'est ça ? - Non !

Youra est un peu triste.

Mais il a des yeux magnifiques.

Non, c'est votre aîné qui m'a tapé dans l'œil.

Un feu ! Tellement audacieux.

Et peut-être, quand vous irez le voir, vous m'emmènerez avec vous ? J'adorerais.

-S... Je le prends avec moi ?

-Oui.

-Ma petite guenon idiote.

Je ne vais pas le voir.

Je ne vais pas le voir, voilĂ .

Nous sommes en guerre.

-Qu'est-ce que tu veux dire ? Quelle guerre avec ta mère ? Il a perdu la tête ou quoi ?

- Mademoiselle !

Je vous dédie cette chanson.

Vous êtes le portrait craché de Sharon Stone.

- Écoute, toi, fais ton truc dans ton coin !

Sinon, je vais te fourrer ton micro dans le cul.

D'oĂą sortent ces connards ?

(chanteur) - En fait, c'était un compliment. Mais bon.

Alors, petite singe.

En gros, il ne faut pas que tu craques pour Petka.

Mais pour Yurka. Lui aussi, par contre, on ne sait pas oĂą il est.

Mais au moins, il n'a pas le cœur sec.

Celui-lĂ , il sait vraiment aimer.

Certains pardonneront, d'autres comprendront,

Mais mon amour ne s'en ira pas...

(bruit de pluie Ă  la fenĂŞtre)

(nouvelles à la télévision)

- Pourquoi tu fixes ça comme ça ? Tu devrais te préparer pour le bal de promo.

- Maman, je veux juste ĂŞtre au courant. - Au courant de quoi ?

J'en peux plus de ces événements, c'est impossible !

Tu es là à fixer, ton père est juste là !

Merde !

Je m'en occupe tout de suite. Allez, enlève ta veste mouillée.

Qu'est-ce que tu penses des saucisses aux petits pois ? - Hmm.

(Rouslan) - Oh, Peter. Il se passe toujours quelque chose d'intéressant là-bas.

-Meurtre brutal sur le canal GriboĂŻedov.

Aujourd'hui, dans son appartement, a été retrouvée assassinée Alexandra Lebed, 31 ans, entrepreneuse.

Une grosse somme d'argent a été volée dans l'appartement,

qu'elle avait apportée pour ses activités commerciales.

C'est son jeune homme qui l'a découverte assassinée.

Selon lui, au moment du crime, il était sorti acheter des cigarettes.

(Rouslan) -Maman, Youra.

-Comme on dit, ne quittez pas ceux que vous aimez,

mĂŞme pour aller acheter des cigarettes.

Ksenia Vetrova, actualités criminelles de Saint-Pétersbourg.

(rires)

(Naïk Borzov - "La dernière chanson")

Tu entends, tu entends,

Comment le cœur bat, bat

Contre les fenĂŞtres, contre les fenĂŞtres,

Sur le toit, comme la pluie.

- Petit gars, attends. Tu restes lĂ  sur le pont.

On finit de filmer, il reste plus qu'un petit peu. D'accord ?

- Stop, c'est bon. Merci à tous, la journée est terminée.

Le dernier rayon de lumière,

Le dernier battement de cœur.

Tu vois, tu vois,

Il meurt dans le feu de l'enfer

Le garçon lilas.

Il a très peur, il est abattu.

Il peint un tableau

Avec son propre sang...

- Et toi, mec, ça ne t'a pas plu ce qui vient de se passer ?

- Quoi ? - Ben...

Ce qui vient de se passer.

- Je sais pas. Je n'ai pas vu.

- Mais tu ne fais pas partie du groupe ?

- Non, je passais juste.

- Cool.

Cool. On ne dirait pas.

- Qu'on ne dirait pas quoi ?

- Que tu dois aller quelque part.

Comment tu t'appelles ?

- Youra.

- AlexeĂŻ.

Youra, tu...

Je ne sais pas ce qui t'arrive,

mais tu n'as pas l'intention de te noyer, par hasard ?

- Liocha, parlons de demain.

- Nadia, parlons-en demain, presque avant le changement, d'accord ?

Youra, Youra.

Je pense que je dois boire avec toi.

Je dois vraiment. Je dois vraiment.

Youra, je dois boire avec toi.

Chacun a son propre segment dans la vie,

Et là, on peut soit sombrer dans le désespoir le plus total,

soit trouver un sens. Tu comprends ?

C'est une mauvaise approche, c'est une mauvaise façon de penser, tu vois ?

Tu vois, Youra, c'est...

J'ai un personnage dans mon film.

Il a sombré dans le désespoir. Lui aussi, il était très désespéré.

Tu me comprends, Youra ? Il était très désespéré. Et je lui ai trouvé une issue.

Et nous allons en trouver une, nous aussi, maintenant.

Je vais te demander maintenant.

Où est la force, mon frère ?

- Je dois répondre ?

- Tu réfléchis. Réfléchis et dis-le moi maintenant.

- Je ne sais pas. - Tu ne sais pas, tu ne sais pas ?

Bien sûr que tu ne sais pas !

Et personne ne sait.

Mais bientĂ´t, putain, ils sauront !

BientĂ´t, putain, ils sauront.

(klaxon de voiture) - Les gars, besoin d'un coup de pouce ?

- Oh, Yura, j'ai demain...

Ah, non, j'ai déjà un service compliqué aujourd'hui.

Mec ! On y va tout de suite.

Yur, pardonne-moi, il faut que je file.

Pardon.

Yura.

Stop ! Stop, stop, Yura, je ne peux pas te laisser comme ça.

Demain, tu m'appelles.

Appelle et viens demain sur le plateau de tournage.

Tu dois jouer dans mon film, Yur, absolument.

Absolument, Yur.

Yura.

Pense Ă  la question. Pense Ă  la question.

Tu me répondras demain.

- Il est temps de rentrer chez maman, Yur.

Chez Flora Borissovna, je veux dire.

Pourquoi tu la regardes comme ça ? C'est pas ta mère ?

Je t'ai demandé ce que tu voulais ? Calme-toi, calme-toi.

Youra, ta mère s'inquiète.

Doucement, doucement. Elle est au courant de tes problèmes, tu entends ?

Doucement, doucement, doucement.

(Youra tousse)

Désolé, il n'y avait vraiment pas d'autre solution.

Viens.

- Quoi, comment il va ?

- Désolé, j'ai dû le calmer un peu.

T'inquiète, il est entier. Il a juste vomi.

Ça va.

-Jin, je n'ai pas besoin de toi ici maintenant.

Et dis aux gars de ne pas traîner par ici. -Compris.

-OĂą sommes-nous ?

-Au travail, chez moi.

Mon petit, tu veux te laver la figure, n'est-ce pas ?

Voilà le lavabo. Allez, lève-toi.

Lève-toi, mon chéri.

Chut, chut, chut, allez, allez.

Tu veux te ressayer ? - Oui.

- Mon fils, j'ai juste vu à la télé...

- À la télé ?

Génial.

Qu'est-ce que tu as vu ?

- Yourochka, je veux juste aider.

- Comment ?

Tu vas à Pétersbourg pour régler ça selon tes règles ?

Mon petit, mon chéri, tu te trompes à mon sujet.

(rit) -Je me trompe, oui.

Tu crois que je suis parti et que je ne comprends rien Ă  ce qui se passe chez vous ?

-Il se passe beaucoup de choses, je comprends.

Seulement, parlons-en pas maintenant, mais de toi.

-Parlons-en. Bien sûr, parlons de moi. Que veux-tu savoir ?

- Mais on t'a emmené, non ? Ils ont ouvert une enquête, j'imagine ?

- Non, ils n'ont rien ouvert. Ça va, tu es calmée ?

- Ils ont des suspects précis ?

- C'est dingue. Tu m'as appelée juste pour savoir si j'étais en prison ou pas ?

- Calme-toi, mon fils. Tu es énervé là, je comprends, mon chéri, je comprends.

Bon, regarde, il faut que tu te reposes, on rentre Ă  la maison.

Tu vas dormir, tu vas voir ton frère. - Quel frère, maman ?

Celui qui est sous la protection des voyous, ou celui qui pourrit en taule ?

Je préfère encore celui qui est en taule que toi !

(rit)

- Tout ça, ce n'est pas pour rien. - Non, vraiment, tout ça, ce n'est pas pour rien.

Non, franchement, je comprends tout parfaitement.

Tu t'es changée et voilà, tu as tout foutu en l'air.

Maman, on t'a...

On t'aimait vraiment tous.

Tu sais pourquoi ? Parce que toutes ces thunes, tu t'en foutais !

- Laisse-le !

- Attends, attends, attends !

Vers qui ?

- Vers le père.

- Vers le père ? Et si c'était vers le grand-père ?

- Non, vers le père. Il a une représentation ici aujourd'hui.

- C'est des séances, c'est ça ? - Oui, de l'hypnose.

- Fais-en ton affaire, gamin, sois fier de ton père !

C'est un vrai dieu, ton père.

Il ressuscite les morts, tu te rends compte ?

Au début, j'ai cru que c'était une arnaque. Mais non.

Il m'a donné une bonbonne de trois litres d'eau - pour mon addiction à l'alcool.

Je l'ai bue. Tu peux imaginer... ça fait une semaine que je n'ai pas touché à une goutte !

Voilà. -Félicitations. Et où est-ce qu'on peut le trouver ?

-Viens, je t'accompagne.

-Merci.

-C'est lĂ , en haut par l'escalier.

- On dirait un musée ici. - Oui, c'est un vrai casse-tête, on est épuisés à les dépoussiérer.

Ils sont capricieux, ces salopards. Soit l'humidité n'est pas bonne, soit la température.

- Et chez nous, le chauffage déraille tout le temps. - Ce sont donc des originaux ?

- Si c'étaient des copies, pourquoi s'embêter autant avec eux ?

Là, derrière le paravent, le père est en train de bricoler, va le voir.

- Merci.

Salut. -Oh lĂ  lĂ  !

Yourets, mon Dieu !

Mon fils, c'est toi !

Mon Dieu, mon fils, comme je plains Sasha.

Que dire ? Je te présente mes condoléances.

Tout le monde savait ici qu'elle était là, ils ont prévenu tout de suite. On t'a même vu à la télé.

Comment dire... -Je peux rester chez toi un moment ?

-Bien sûr, oui.

Et tu ne veux pas aller chez ta mère ? Elle a une grande maison là-bas maintenant.

-Tu es avec quelqu'un en ce moment, pas seul ? -Moi ? Non, pourquoi. Je suis, en soi, seul.

J'ai juste parfois une femme qui vient régulièrement.

-Une sorte de femme Ă  tout faire... -J'ai compris.

-Elle s'occupe du ménage et de tout le reste. Mais tout ça...

Si tu veux, je peux mĂŞme la renvoyer en vacances pendant un certain temps.

- Non, pas besoin. - C'est bon, mon fils, ça commence pour moi.

Je suis presque prĂŞt pour le spectacle.

Assieds-toi, s'il te plaît, on parlera après. Il y a différentes façons de régler ça.

On peut mettre une sorte de paravent près du lit. On trouvera une solution.

- Non, c'est bon, papa. - S'il te plaît, ne pars pas.

- D'accord. - On parlera, c'est sûr.

(applaudissements) Bonjour !

Mes chers !

Ce n'est pas la première fois que nous nous voyons,

alors allons droit au but.

Peut-ĂŞtre que quelqu'un veut ĂŞtre volontaire ?

- Vas-y, Vasya, tente ta chance. Peut-être qu'il te hypnotisera le pénis.

- S'il vous plaît, entrez.

Dites-moi, peut-être que quelque chose vous préoccupe, vous vous plaignez de quelque chose ?

- Oui, il se plaint toujours de tout ! - C'est bien.

- Non, je ne me plains de rien.

- Eh bien, peut-être y a-t-il des problèmes généraux... Mal de tête ou troubles du sommeil ?

- Je dors bien.

- C'est bien pour lui. Mais nous, Ă  travers le couloir, on entend tout son ronflement.

- VoilĂ , le ronflement !

Essayons de travailler sur le ronflement aujourd'hui.

Et moi, entre parenthèses, j'ai apporté une boule aujourd'hui. C'est quelque chose de nouveau.

Concentrez-vous.

Mmm...

(tous les spectateurs) -Mmm...

-On accélère un peu.

(spectateurs) -Ouh ouh !

-L'univers se contracte.

Le Big Bang arrive bientĂ´t !

Quelque chose va se passer !

- Salut, Lash !

- Salut.

Volodia, écoute, tu as une cigarette ?

Parce que je suis coincé de tous les côtés. Allez, on fume, pendant que Flora n'est pas là.

Allons juste un peu plus loin.

Pour pas qu'on se fasse repérer.

- Tu n'as peut-ĂŞtre vraiment pas le droit ?

- Bien sûr que non, qu'est-ce que tu racontes.

Je n'ai le droit Ă  rien, en fait.

Mais il faut bien qu'il y ait une petite fĂŞte pour la personne, non ?

Sinon, ça ne va pas du tout. - Tiens.

- Tu ne me laisserais pas un paquet, hein ?

Je le cacherais ici quelque part.

- Non, désolé, Lash.

- Quoi ? - Pas cool devant Flora.

(klaxon de voiture) Allez, éteins, elle arrive.

- Bonsoir, Flora Borisovna. - Bonsoir.

- Tout s'est passé comme tu l'avais dit, Flor.

Les gars ont tout de suite accepté, je t'ai apporté le premier versement.

- Val, gare la voiture, c'est fini pour aujourd'hui, repose-toi.

- D'accord. Se reposer, ce n'est pas travailler.

- De quoi as-tu parlé avec lui ?

-Oh, rien de spécial, juste pour prendre des nouvelles.

-Donne l'argent.

Lash, il commence Ă  faire frais. Tu veux que je t'apporte une veste ?

-Non, ça va. J'arrive tout de suite. -D'accord.

Je voulais discuter de quelques trucs avec toi.

Bon, allons-y.

Je ne devrais pas te laisser entrer, Youra, après ta disparition.

Comme si on m'avait craché au visage. Sans prévenir personne.

Je ne parle même pas de la déclaration. Hop, et il a disparu ! C'est comme ça qu'on fait ?

-C'est mal, oui, je sais. Simplement, comprenez, la situation était urgente.

-Et tout le monde est dans l'urgence. Il faut rester humain.

On a aussi des bouleversements ici, tu sais ! -Lesquels ?

-Le club de danse a fermé.

Le responsable s'est avéré être de ceux, pas de ceux qu'on attendait.

Et pourtant, il avait l'air normal, tu te souviens ? Un type normal. Il me faisait même de l'œil.

Eh bien, pour toi aussi, Yura, il y a des changements ici.

Plus besoin de peindre des affiches, maintenant, pour le cinéma, on reçoit des posters.

Le film arrive, le poster arrive. Voilà, c'est fini pour toi, la comédie.

-Alors, pourquoi suis-je ici ?

-Il y a une proposition pour toi, Yura. Pour que tu reviennes vivre ici.

Un club d'art pour enfants d'environ 15 Ă  20 tĂŞtes.

À partir de sept ans - et tu décideras ensuite.

-J'accepte. Seulement, devrai-je les sélectionner d'une manière ou d'une autre ?

-Et les enfants, ils sont tous intéressants, crois-moi.

Il n'y a pas d'enfants inintéressants. Ce sont eux qui deviennent des connards plus tard.

-Tiens. -Merci.

- Je te le dis en père de famille, Léva. Il faut y aller tant qu'il est chaud.

C'est un type glissant.

En 1993, il a eu ce parc de tramways pour des bons, quasiment donné.

Et maintenant, il est coincé par quelque chose - il veut se barrer à l'étranger.

Ça fait un moment qu'on le surveille.

- Donc si je comprends bien, vous proposez de lui acheter

le parc de tramways en deux ?

- Oui, en deux. Et ce sera enregistré à ton nom.

Moi, avec ma position, tu comprends bien, je ne peux pas apparaître.

On discutera de l'argent plus tard. Mais le prix est cadeau, on pourra facilement payer Ă  deux.

- Bon, d'accord, admettons.

Mais, MikhaĂŻl Iourievitch, excusez-moi,

pourquoi auriez-vous besoin de moi ?

Vous auriez pu faire appel à quelqu'un de votre entourage, de votre équipe.

- Et là, Lëva, c'est une question de stratégie.

Je ne serais pas resté 30 ans à cette place si je n'avais pas flairé le potentiel.

Toi, Lëva, dans ton fauteuil roulant, tu peux aller loin.

Si, bien sûr, on te donne le bon coup de pouce, par les bonnes personnes et au bon moment.

Quand tu as créé ton mouvement, « Aide ton prochain »,

j'ai tout de suite dit : ce gars est des nôtres, il faut l'intégrer à notre équipe.

Aujourd'hui, on dit de ce genre de personne qu'il a du charisme.

Eh bien, Lëva, le tien est en béton.

Un homme en fauteuil roulant qui améliore le monde.

Personne n'aura la moindre objection.

Et du côté commercial, Lëva, il y a carte blanche.

Il n'y a pas de métro dans notre ville.

Les gens ne peuvent aller au travail et en revenir qu'en tramway.

Et la ville grandit, s'étend.

Il y a des entrepreneurs les uns après les autres ici,

et tous veulent qu'une ligne soit tracée dans leur quartier.

Eh bien, allez-y, qui est contre ? Seulement...

Et la rénovation du parc, le remplacement du matériel et tout le tralala...

Je te décharge le budget de la ville,

et on le répartit tranquillement.

(porte claque)

-Papa !

Papa, tu as fumé ? On avait dit.

-Ma Blanche-Neige, mon petit oiseau ! Nous avons un invité.

Une petite cigarette pour une discussion d'affaires, ça ne compte pas.

Tiens, Blanche-Neige, fais connaissance.

Voici Léo Stein, un jeune homme très progressiste.

Le chef du mouvement "Aide ton prochain".

-Et pourquoi seulement le prochain ? Le lointain n'a pas d'importance ?

Pour le lointain aussi, bien sûr.

J'aimerais juste commencer par le proche, si possible.

Et vous jouez du violon, n'est-ce pas ?

Je me demande comment vous avez décidé ?

Ça non, c'est un sac.

Très spacieux, on peut aller chercher le pain avec.

Papa, est-ce que les leaders de tous les mouvements sont très timides

et ne demandent jamais qu'on leur propose de la nourriture ?

Ah... Tiens, un citron.

Du caviar.

Leva, peut-ĂŞtre que tu as vraiment faim ?

Snezhana, merci de votre sollicitude.

Vous pourriez devenir membre de notre mouvement.

Je dois y réfléchir.

Eh bien, le leader, au moins, il inspire confiance.

Alors, Léva, peut-être pour l'occasion...

Non, MikhaĂŻl Iourievitch. Avec tout le respect que je vous dois, je serais ravi de boire avec vous. Je ne peux pas.

Je conduis.

Alors, à ta santé, Léva.

Je ne sais pas quoi faire d'elle.

Elle ne mange absolument rien.

Elle a vécu le blocus.

Comme un oiseau, elle picore quelques miettes, et c'est tout.

Je l'emmènerai chez le docteur si ça continue.

- Non, non... - Quoi "non" ? Il le faudra.

Une beauté... hors du commun, je voulais dire.

(musique douce)

- Bonjour.

- Bonjour. Vous cherchez le bibliothécaire ?

- Oui. - Vous l'avez trouvé.

Vous voulez vous inscrire ? - Non.

- Et alors, qu'est-ce que vous voulez ?

- Écoutez, il y avait quelqu'un avant vous ici, qui était très bien.

Je voulais savoir. Il a démissionné, c'est ça ?

Oh, moi...

On m'a dit qu'il était mort.

De lui-même, de sa propre volonté.

Quoi ?

Eh bien... Il s'est pendu.

Il buvait juste beaucoup, non ?

Je trouve encore des petites bouteilles entre les livres.

Vous ne saviez pas, hein ?

Non.

J'étais moi-même inscrite chez lui.

Il m'avait une fois grondée pour Limonov.

Avec son cheveu, ça sortait tellement drôle.

(en chevelant) Vous, dit-il, ma chère, vous avez bouffé des crêpes sur la couverture, ou quoi ?

VoilĂ .

Après, Seline m'a donné à lire du Louis-Ferdinand.

Vous n'avez pas lu ?

- Non.

- Vous voulez ? On vient de me l'apporter aujourd'hui, littéralement. "Voyage au bout de la nuit".

Ça correspond pile à la journée d'aujourd'hui, je vous le recommande vivement.

- Comment vous appelez-vous ?

- Varvara.

Écoutez, Varvara.

J'ai une petite requĂŞte Ă  vous faire. - Oui.

Si jamais vous trouvez encore des petites bouteilles entre les livres,

ne les jetez pas, s'il vous plaît, mais donnez-les-moi.

Je travaille juste en face, Ă  l'atelier d'art.

D'accord. Pour le souvenir, c'est ça ?

- On boira ensemble.

Moi, toi et Rodia.

D'accord.

Tiens, essaie ça.

Non, ça c'est un truc de fermier, ça se porte que dans les kolkhozes maintenant.

Quel kolkhoze ? Apina en portait un pareil dans un clip.

Mais ce clip, il a quel âge !

Qu'est-ce que j'en ai Ă  faire d'Apina ? C'est de la musique commerciale pure et simple.

Si Madonna portait ce fringue, là oui, ça vaudrait le coup d'y réfléchir.

Oups !

Flora Borisovna, tenez-vous bien ! Regardez, hop !

- Tu comptes ressembler Ă  une femme, au moins ?

- Je suis déjà une femme, pourquoi je devrais lui ressembler ?

Regardez cette veste !

- Bah prends-la si elle te plaît.

- Vraiment ? - Oui.

- Ah-ah-ah ! Merci, Flora Borisovna !

- Bon, ça suffit. - J'ai rêvé de ça toute ma vie, bordel !

Flora Borisovna !

Et est-ce que je pourrais regarder quelque chose pour aller avec ?

- Tu veux regarder dans le rayon homme ? - Non, au contraire.

Je voudrais une petite robe légère pour aller avec le blouson en cuir.

Oh, regardez. Celle-ci est mĂŞme courte.

- Je ne peux pas savoir comme ça, il faut l'essayer. - On va l'essayer tout de suite.

- Voilà, Flora Borisovna, nous avons tout sélectionné pour vous, comme vous l'aviez demandé.

Il y a du maquillage, des parfums, de la teinture pour cheveux.

- Je vois. Je n'ai rien Ă  payer en plus, n'est-ce pas ?

- Non, non, nous sommes dans le budget, tout va bien. - Parfait.

Tiens, c'est pour toi.

- Merci, Flora Borisovna.

Nous sommes toujours si heureux quand vous venez nous voir.

-Prends-le. Alors, qu'est-ce que tu en dis ?

-C'est époustouflant, Flora Borisovna !

Génial !

-Tu vas peut-ĂŞtre y aller directement en culotte et veste ? Pourquoi tu veux une robe ?

-Quoi, c'est trop court ? -Je ne sais mĂŞme pas quoi te dire.

-Allez, vous rigolez !

J'ai de super jambes, tout est parfait.

-Oui, tes jambes sont super.

-Alors quoi ?

-Écoute, ce que je veux te dire...

Je te prends avec moi pas pour danser sur la table, hein ?

J'ai des hommes autour de moi. Des sérieux, pas des amateurs.

Beaucoup ont fait de longues peines.

Ils comprendront tout Ă  fait cette histoire de cul nu. -Pardon, Flora Borisovna.

Je veux aussi qu'on se mette d'accord sur un point.

Sur tout. - Tais-toi !

Espèce de guenon.

Tu es jeune, je comprends tout à fait, tu as des choses compliquées...

- Il faut que je me débarrasse de quelqu'un ?

- Se débarrasser ? Oublie ces mots, petite débrouillarde.

- Pardon.

- Ce que je veux dire, c'est ceci.

Les enfants, la famille, cet amour qui arrive par surprise -

tout ça n'existe pas tant que tu es avec moi.

Tu m'as comprise ? - Mmm.

- Tu as compris ? - Oui.

Absolument pas, je te jure. -Pas besoin de me jurer quoi que ce soit maintenant.

Il faut juste calmement tout peser, tout réfléchir.

Comprendre si tu en es capable, ou pas. Comment, quoi.

-Bien sûr que j'en suis capable.

-Pour l'instant, je n'ai pas besoin de faire de promesses.

Pour l'instant, il faut juste comprendre comment les choses se passent.

Parce que si tu entres chez nous, ressortir ne sera pas facile.

Tu m'as comprise ? Allez, enlève cette chemise de nuit.

Et sors.

- Et qu'est-ce que c'est que ça, Flor, une fête des Mères en retard ?

(rires)

- Oh, de la poudre française !

- Mon Dieu, ça doit faire la moitié de mon salaire. - Même plus, tu rigoles.

-Tu n'en veux pas ? Je peux prendre. -Ah, oui, bien sûr.

-Oh, Vera, qu'est-ce que c'est dans ce pot ?

-Oh, c'est un truc super, ça donne un éclat, une teinte, essaie.

-Flor ! -Hein ?

-Et toi, dis-moi. Qu'est-ce que tu fais en ce moment ?

Il court des bruits dans le coin.

-Et les bruits, les filles, il ne faut pas y croire.

Je travaille dans une structure commerciale.

-Ah, une structure !

-Les filles, comment ça va ?

(elles rient)

-Ça fait un look héroïne, les filles !

Attends, je vais chercher la poudre.

On va se blanchir le visage, comme ça.

On va se maquiller les yeux en noir. Rit, fais ta tête comme ça.

Les cheveux doivent être négligés, c'est à la mode, les filles !

Vous avez vu Linda ? Elle chante : "Je suis une corneille, je suis une corneille !"

C'est tout elle ! -Toute une corneille, hein ?

(elles rient) -Héroïne !

On ne vit qu'une fois.

Mais qu'est-ce que tu racontes ? Tes voisins dans ton immeuble, ce sont tous des junkies finis.

Tu seras avec eux, dans le mĂŞme maquillage, tu pourras pas les distinguer.

(rire) - Bon ! Qui sont ces intrus sur le territoire ?

Et moi, cher directeur, je ne suis pas une étrangère.

Quinze ans, du début à la fin, comme on dit.

Flora, Flora !

Qu'est-ce que tu fais là, une vente aux enchères ?

- Je suis juste venue rendre visite. On ne vient pas les mains vides voir les filles.

- Ah, je vois, tu ne peux plus venir les mains vides maintenant,

tu es devenue une star, une riche.

Dis, tu m'as apporté un cadeau ?

- Pas de cadeaux pour toi, que des reproches.

- Ça commence ! Quels reproches ?

- Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Rien ne change ! Même ce coin fumeur tout craché.

Je ne parle mĂŞme pas des voitures.

- Flor, tu es devenue folle ? Tu es une commission, ou quoi ?

Tu commandes chez toi, mais ici, ne me dis pas quoi faire.

D'accord, allons-y.

-San Sanych, qu'est-ce que tu fais ? Tu t'énerves ?

Qu'est-ce qui te prend ? Je te le dis en tant qu'ancien employé.

-Et moi, je te le dis en tant qu'ancien directeur.

J'ai passé la moitié de ma vie dans ce parc. Ça suffit, laissez-moi tranquille.

-Attends, j'ai pas compris. Qu'est-ce que tu veux dire par 'ancien' ? -Je vends.

J'en ai marre, je vends. C'est comme ça.

-Et Ă  qui tu vends ?

-Quelle importance ça peut avoir pour toi ? Il y a des gens, ils achètent. Des gens sérieux.

Si tu veux offrir une belle vie Ă  tes copines,

va voir le nouveau propriétaire et discute avec lui. Voilà, salut.

-HĂ©, attends.

San Sanych.

Je suis le nouveau propriétaire.

- Mais non, j'ai déjà tout arrangé. - Ils refuseront, tu m'entends ?

- Mais tu rigoles, là ? Sérieux ? - Ils refuseront !

Je te demande clairement lĂ . Qui est l'acheteur ?

- Eh bien, des gens importants, de l'administration, et il y en a un autre.

J'aurais pu te le proposer, mais ils sont arrivés les premiers, des gens importants, je ne peux pas reculer.

- Oui, oui. C'est bon, tu y vas ? - J'y vais, salut.

- Bon, je vais régler ça moi-même, ne t'en fais pas. Vas-y.

Oh, les filles !

Oh, je vais vous faire une révolution ici dans le parc !

Oh lĂ  lĂ  ! Ce sera le bonheur de pouvoir travailler ici !

Ça suffit, vous avez assez trimer ! Il faut que vous rentriez normalement à la maison,

pour avoir de l'énergie pour regarder la télé, et bien manger,

et qu'il reste du temps pour le mec.

(elles rient)

- Oh, Florka !

- Bref, Lyova, on n'annonce pas l'affaire pour l'instant, d'accord ?

- Oui. Tout est comme on s'est dit.

(musique inquiétante)

Mikhaïl Iourievitch, vous n'êtes pas blessé ?

-C'est elle, cette salope, c'est elle.

-Qui ?

-Flora.

Borissovna.

Le directeur du parc m'a appelé aujourd'hui. Elle lui a fait du gringue pour un achat.

Il a eu peur, il m'a demandé de faire marche arrière. J'ai dit : "T'inquiète, c'est qui cette nana ?"

Maintenant, qu'est-ce qu'on fait, on va devoir céder ?

-Attendez. Pourquoi céder ?

On a déjà acheté.

Il faut réfléchir à qui aurait intérêt à se ranger de notre côté.

J'ai même pensé à quelqu'un maintenant.

Seulement, Mikhaïl Iourievitch, votre aide sera très précieuse ici.

-Ne dis rien aux flics à son sujet, compris ? Tu ne sais absolument pas qui t'a attaqué.

-Oui.

- Karassiov, viens dehors.

On est venus te voir.

- Mais qui est venu me voir ?

Personne ne vient me voir, je suis orphelin.

- Allez, allez, ne discute pas.

(musique sombre)

Debout. Face au mur.

Allez.

-Bonjour, Piotr. Asseyez-vous, je vous en prie.

Nous avons vraiment de quoi discuter.

-Qu'est-ce qu'elle veut ?

C'est votre mère qui vous a envoyé, n'est-ce pas ? -Non, non.

Nous avons justement avec elle des relations très compliquées.

C'est d'ailleurs ce que je suis venu discuter.

- À propos de la fusillade sur Lénine, près du restaurant ?

Léva, la radio en prison, ça marche très vite. Tu savais pas ?

- Si vite ? Je comprends pas.

- Tu verras quand tu y seras.

Bon, qu'est-ce que tu as ?

- Donc, si je comprends bien, vous savez aussi qui a fait ça, c'est ça ?

- Je m'en doute. Difficilement.

-Alors, passons aux choses sérieuses.

Je sais que ta relation avec ta mère est aussi très compliquée en ce moment.

-Elle n'existe pas du tout.

Elle n'est mĂŞme jamais venue ici.

-Excellent. Enfin, c'est mal, bien sûr, vous êtes de la famille tout de même...

-Tu vas parler clairement ou quoi ?

-Concrètement, oui.

Nous sommes intéressés par votre libération anticipée.

Si vous nous aidez à régler nos comptes avec votre mère.

-Qui "nous" ?

-Moi et une autre personne très influente, qui va d'ailleurs accélérer votre sortie.

-Génial.

Tu assumes ce que tu dis, lĂ  ?

-Absolument, sans l'ombre d'un doute.

Vraiment.

-Alors dis Ă  ton influent,

que si vous me sortez d'ici,

alors ma mère...

Aucune pitié pour cette salope.

Je vais la mettre Ă  genoux.

Elle va ramper Ă  quatre pattes, cette garce, supplier qu'on lui pardonne.

Je vais enterrer toutes ces salopes.

Debout, face au mur.

Circulez.

Debout, face au mur.

(Sergueï Starostine - "Berceuse-épouvantail")

AĂŻ, dodo, dodo, dodo,

Dodo, dodo...

Parti.

Petya, pourquoi tu es si abattu ?

Quoi, ta mère est vraiment venue ?

Je te l'avais dit, elle ne tiendrait pas.

Une mère, peu importe à quel point elle est une salope, elle reste une mère.

Son cœur se soucierait de son propre fils.

On ne peut pas tromper la nature.

Ce qui est étrange, c'est qu'elle ne t'ait rien apporté à manger.

Dors, mon petit garçon,

Resté sans sa maman...

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