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Original subtitles

Dans le système judiciaire,

les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux.

À New York,

les inspecteurs qui enquêtent sur ces crimes

sont membres d'une unité d'élite appelée Unité spéciale pour les victimes.

Voici leurs histoires.

Allez, détends-toi, Jake. Tu es doué pour ça.

Tu t'en sors bien.

Je reprends le volant au stop.

Il faut qu'il apprenne avant que tu prennes ta retraite, Tony.

Ouais, OK.

Bizarre. Cara Raleigh n'est pas là.

- Elle est peut-être en retard. - Non. Elle est toujours à l'heure.

Tu veux bien aller voir ?

Madame Raleigh ?

Ohé !

Il y a quelqu'un ?

- Alors ? Qu'est-ce qui se passe ? - Il n'y a personne.

Oh. Il y a toujours quelqu'un.

Sympa, l'appart.

- Madame Raleigh ? - Ohé !

Parabus ! On vient vous chercher !

Oh, mon Dieu !

Cara Raleigh, 41 ans. En fauteuil roulant.

- Trouvée par ? - Parabus.

- Blessures ? - Ecchymoses sur la poitrine,

les bras et le ventre, à différents stades de guérison.

J'ai déjà vu ça sur des victimes handicapées.

Les soignants ou les aidants sont frustrés et s'énervent.

Et ce n'est pas tout.

La victime n'avait pas sa couche

et elle a eu des rapports sexuels.

J'ai demandé un kit de viol.

- Elle a parlé d'un viol ? - Non.

Ça ne marche pas comme ça.

On ne peut pas lancer une enquête sans plainte.

Cette fois, il faudra.

La patiente a une forme très agressive de sclérose en plaques.

Elle est quadriplégique.

- Elle peut parler ? - Non.

À moins qu'elle ait donné son consentement par la pensée, c'est un viol.

NEW YORK, UNITÉ SPÉCIALE

C'est mieux comme ça ?

Inspectrice Benson. Inspecteur Stabler.

Damien Woods.

- Qu'est-ce qui est arrivé à ma tante ? - On allait vous poser la question.

- Elle reste seule la nuit ? - Non, jamais.

Ma mère ou une infirmière est censée être avec elle.

Je prends le relais quand je peux.

- Mais pas hier soir ? - Non, j'étudiais à la bibliothèque.

- Où est votre mère ? - Je ne sais pas. Je l'ai appelée 10 fois.

Comment elle s'appelle ?

Janice Raleigh.

On doit interroger votre tante. Elle peut répondre ?

En clignant des yeux.

- Un clignement pour oui, deux pour non ? - Oui.

Merci.

Bonjour.

Je sais que c'est dur, mais je dois savoir ce qui vous est arrivé.

Madame Raleigh, avez-vous été violée ?

Connaissez-vous votre agresseur ?

Non ? Vous êtes sûre ?

On sait aussi que quelqu'un vous battait.

S'agit-il de la même personne ?

Je sais que vous avez peur.

Mais on va trouver le coupable et il ne vous fera plus jamais de mal.

DOMICILE DES RALEIGH MARDI 16 MARS

- Tu as trouvé quoi ? - Comme d'habitude.

Poils, fibres et empreintes. Pas d'effraction,

pas d'éraflures sur le verrou.

L'agresseur avait une clé.

Pas de fluides sur la couche ?

Non. Juste des taches de sang sur un tee-shirt.

- Trouvé dans le lave-linge. - Ça doit être au neveu.

- Comment tu le sais ? - Ce gamin est un géant.

Le chauffeur de bus a trouvé la victime par terre.

Mais le lit n'était pas défait.

Il faut beaucoup de force pour soulever un poids mort.

Tu penses qu'il a violé sa tante quadriplégique ?

Si c'est son sang sur ce t-shirt, je mets moi-même le yéti en cage.

Des nouvelles de l'hôpital ?

Notre victime a été admise pour la nuit.

Tant qu'on n'a pas le coupable, elle ne rentre pas chez elle.

Ça aurait été plus facile si elle l'avait identifié.

Olivia essaye de la convaincre.

- C'est la sœur de la victime ? - Oui.

Janice Raleigh. Un agent l'a récupérée alors qu'elle rentrait chez elle.

C'est vous qui m'avez fait embarquer comme une criminelle ?

Désolé. Vous étiez introuvable.

J'ai de mauvaises nouvelles à vous annoncer.

Quoi ?

Votre sœur a été agressée dans sa chambre hier soir.

Elle a été violée.

C'est de la folie ! Qui... ?

Qui s'en prendrait à une handicapée ?

Des soignants, des inconnus en quête d'une proie facile...

Plus de la moitié des femmes handicapées sont violentées ou violées.

Où est mon fils ? Il n'a pas été agressé ?

Damien va bien. Il n'était pas à la maison hier soir.

- Il était censé y être. - Vous aussi.

Le chauffeur de bus l'a trouvée parce qu'elle n'était pas à son arrêt.

- Où étiez-vous ? - Avec un ami.

J'ai envoyé un message à mon fils pour qu'il s'occupe d'elle.

Comment savez-vous qu'il l'a reçu ?

Il est censé m'appeler quand il ne rentre pas.

Comme il ne l'a pas fait, j'ai supposé...

Mon Dieu !

Qui s'occupe de ses soins ?

Elena Colby est notre infirmière de jour, et je m'occupe d'elle la nuit.

Mais en ce moment, elle est en vacances.

Du coup, Damien donne un coup de main.

- Pas d'infirmiers ? - Au début, il y en avait trois.

Vous les avez virés.

J'ai signalé des chèques volés à l'agence de soins infirmiers,

Home Healing.

MARDI 16 MARS

On a enquêté sur cette plainte. Elle était sans fondement.

- Vous êtes détective ? - J'ai interrogé les trois infirmiers.

Faute de vol d'argent, l'affaire a été abandonnée.

Par vous ou vos clients ?

Les infirmiers étaient innocents, mais je les ai réaffectés.

Il nous faut leurs noms.

Mark Hubbard, Alan Foster, Drew Cummings. Mais ils ne travaillent plus ici.

- Bizarre, non ? - C'est un métier fluctuant.

Ils ont dû recevoir une meilleure offre. Mais personne d'autre ne s'est plaint.

- Pas plus que d'habitude. - Comment ça ?

Beaucoup de nos patients souffrent en permanence.

Ils sont dépressifs, suicidaires... Ils ont besoin de se plaindre.

Tous les infirmiers font l'objet d'accusations.

- Quel genre d'accusations ? - Disparitions de biens,

atteintes à la vie privée, attouchements...

Elles sont généralement fausses. Et on contrôle les antécédents.

La sœur de Cara dit que vous avez la clé de chez eux.

Oui. Trois personnes se relaient.

La première prend la clé, la dernière la rapporte.

- Mais je l'ai rendue. - Quand ?

Quand Janice Raleigh est repassée à des soins de jour.

Elle devait vouloir faire des économies.

Quelqu'un aurait fait une copie ?

Donnez-nous leurs dossiers. On vous dira.

Drew Cummings. En procès pour vente de médicaments de catégorie quatre.

Lesquels ?

Vicodine, Percocet, Oxycontin...

Mais il était avec ses avocats

quand Cara Raleigh a été agressée.

Alan Foster, 35 ans, infirmier agréé dans plusieurs États.

Pas d'antécédents. Il semble honnête.

Il est dans le privé.

Il travaille pour un hypochondriaque de Long Island.

Et Mark Hubbard ?

Plusieurs procès pour fraude et chantage.

Aucune condamnation.

- Étrange. - Les victimes se sont rétractées.

Il les a fait chanter.

Facile quand on a accès à leur domicile.

Allez le chercher et secouez-le un peu.

DOMICILE DE MARK HUBBARD MARDI 16 MARS

- Ça sent quoi ? - Rien de légal.

Un instant. Il y en aura pour tout le monde.

La soirée va finir au poste.

Ne dites rien.

- Tu as quel âge, ma jolie ? - Dix-huit ans.

- De quoi on m'accuse ? - Possession de substance illicite.

De l'herbe ?

Je n'ai pas touché cette gamine.

- Ce n'est pas ce qu'elle a dit. - Elle a beaucoup d'imagination.

Elle a trop fumé l'herbe de son père. Il a un cancer généralisé.

Il en a besoin pour la douleur.

Tournez ça comme vous voulez.

Vous n'avez rien contre moi, sinon je serais déjà au trou.

On a trouvé cette caméra cachée dans la bibliothèque.

Qu'est-ce que vous alliez faire ?

Filmer cette gamine en train de fumer et envoyer ça à son père mourant ?

Je n'aurais jamais fait ça.

Vous vous en prenez à ceux qui ont besoin de soins.

Vous découvrez leurs secrets

et vous les faites chanter.

Vous avez dû faire de sacrés films chez les Raleigh.

Janice qui couche avec des inconnus ?

Ou son fils qui vole les cachets de sa tante chérie ?

- Non. - Bien sûr que si.

Et quand Janice a refusé de payer, vous avez tabassé sa sœur.

Je n'ai pas vu Cara depuis des mois.

Je savais qu'elle était maltraitée, mais pas par moi.

Vous avez filmé ça et vous ne l'avez pas signalé ?

J'ai montré le film à mon chef quand il m'a accusé de voler des chèques.

C'est pour ça que je filme mes clients.

- Pour me disculper. - Pourquoi votre chef n'a rien dit ?

Parce qu'il veut continuer à être payé.

Où est cette vidéo ?

Dans ma boîte mail.

Tu es sale ?

Tu as faim ?

Tu as besoin de quoi, Cara ?

Je suis là. À ta disposition.

Qu'est-ce que tu veux ? Qu'est-ce qu'il te faut ?

Pourquoi as-tu toujours besoin de quelque chose ?

Je suis fatiguée.

Je deviens folle !

Ferme-la !

Capitaine.

Vous avez trouvé un remplaçant pour Alex Cabot ?

Pas encore. Vous êtes coincé avec moi en attendant. Où est Janice Raleigh ?

- En salle d'interrogatoire. - Elle a demandé un avocat ?

Dès qu'on lui a lu ses droits.

Et où est son requin ?

Patrice LaRue est arrivée il y a 10 minutes.

S'il y a moyen de négocier avec la défense, je le ferai.

Pas quand vous aurez vu ça.

Ces larmes.

Tu ne sais pas ce que sont de vraies larmes.

- Vous ne m'aviez pas parlé de ça. - Je n'ai pas eu le temps.

Mettez ça sur disque dur.

- Il y a quoi dans la chaussette ? - Du savon.

Très courant dans les cas de violence domestique.

Je vais la clouer pour agression et viol.

Janice est en colère de devoir s'occuper de sa sœur.

Mais je ne vois pas le rapport avec le viol.

Les violences sur handicapés sont souvent le fait d'un proche.

Une rivalité entre sœurs doit aggraver les choses.

Pas à ce point-là.

Pourquoi pas ? C'était une cantatrice de renommée mondiale.

Janice l'a sûrement jalousée toute sa vie.

Le talent de Cara a été encouragé dès son plus jeune âge.

Janice y était habituée.

C'est autre chose qui a déclenché ça. Je dois savoir quoi.

Elle est prête à reconnaître une agression au 3e degré.

- Non. - Vous n'allez presque jamais au procès.

J'ai rarement un dossier en béton.

Pourquoi avez-vous violé votre sœur ?

- Quoi ? - Taisez-vous, Janice.

Vous avez utilisé quoi ? Une bouteille ? Un bâton ?

C'est dégoûtant.

Vous l'avez humiliée parce que c'est ce que vous ressentez.

Vous devez avouer. Faites ce qui est juste.

Je ne l'ai frappée qu'une fois ou deux. Ce n'était rien.

Taisez-vous. Ils essayent de vous faire parler.

Oh que oui, je parle.

Je n'ai pas violé ma sœur.

Je n'étais même pas là.

Oui, vous étiez avec un ami.

Donnez-moi son nom, son numéro et son adresse.

- Il est marié. - Ça alors !

J'aime ma sœur. Depuis toujours.

- Elle est très spéciale. - Plus que vous ?

Je ne sais pas chanter. Mais elle, elle ne peut même plus parler.

- Vous aimez la voir souffrir. - Non.

Mais ça fait du bien de la voir découvrir le monde réel.

Les gens la vénéraient.

Mais où sont-ils, maintenant qu'elle est malade ?

Elle n'a peut-être pas envie d'être vue.

Elle a peur qu'ils aient pitié d'elle ? Dommage.

Pensez-vous que Cara ait pitié de vous ?

Pitié de moi ? Pourquoi ?

J'ai fait de mauvais choix. Mais j'ai mon fils.

- Et elle n'a personne. - Ce n'est pas vrai.

Damien semble très soucieux de son bien-être.

Parce que je l'ai bien élevé.

Nous sommes liés.

- Je suis sa mère. - Et Cara est sa tante.

Il s'inquiète pour elle. Il l'aime peut-être plus que vous.

Vous ne pouvez pas dire ça.

Vous ne savez rien.

C'est votre pire cauchemar, non ?

Qu'il ne vous choisisse pas ?

- Je vous ai dit de vous taire ! - On se calme !

Du calme. Doucement.

- Lâchez-moi ! - Du calme, ou ça va mal finir.

- Je n'ai rien fait. - Vous avez été filmée

en train de la battre avec des barres de savon.

Je devrais vous faire pareil.

L'alibi de Janice est confirmé.

Elle s'envoyait en l'air avec son amant dans un motel.

Bruyamment. Le réceptionniste s'en souvient.

Tu es plus hostile que d'habitude.

- Tu as vu la vidéo. - Oui.

- Que dit le labo ? - On a reconnu toutes les empreintes.

Janice, Damien et quelques-unes des chauffeurs de bus.

Mais les taches sur le tee-shirt...

- Du sang animal. - Un chien.

Cinq chiens, même.

Il organise des combats de chiens ?

Avec cette famille, plus rien ne m'étonne.

Alors ça ne va pas t'étonner que Damien ait menti.

Il n'était pas à la bibliothèque le soir du viol.

Il n'y a même pas de carte.

- Et maintenant, où est-il ? - Chez lui. Il s'occupe de sa tante Cara.

- Je ne peux pas vous dire où j'étais. - Plus de secrets, Damien.

On vous soupçonne d'avoir violé votre tante.

Quoi ? Ce n'est pas moi. Demandez-lui.

Elle dit non.

Vous saviez que votre mère la battait ?

Elles avaient leurs problèmes, mais ma mère ne la battait pas.

On a une vidéo.

Je suis désolé, tante Cara. Je ne savais pas. Crois-moi, je...

- Je ne savais pas. - C'est très touchant.

Coopérez. Prouvez votre innocence.

On a trouvé du sang de chien sur votre tee-shirt. En grande quantité.

Je ne fais pas de combats.

Je nettoie et j'enlève les cadavres. J'avais besoin d'argent.

- Pourquoi ? - Des dettes de jeu.

- Quelqu'un peut confirmer ? - Les organisateurs.

Mais si vous les interrogez, ils vont venir ici.

Vous pensez qu'ils seront plus sympa si on vous met sous surveillance ?

- Allez voir Tony Griegs. - Le chauffeur de bus ?

C'est lui qui m'a trouvé ce travail.

- Je ne veux pas d'ennuis. - On ne vous en cherche pas.

- On vérifie juste un alibi. - Écoutez.

Damien ne ferait pas de mal à une mouche.

Il dit qu'il était à un combat de chiens

le soir du viol de sa tante.

- Vous y étiez aussi ? - Oui.

Je l'ai vu là-bas. Mais quand j'ai perdu ma mise, je suis parti.

Je fais attention. Je vais prendre ma retraite.

- Quelqu'un peut confirmer ? - Ma femme.

J'ai bu une bière avant d'aller au lit.

Quand Damien vous a-t-il demandé de lui trouver un travail ?

Il y a des mois. Un jour, j'ai vu qu'il était stressé.

Il avait besoin d'argent.

Je connais un type qui connaît un type...

Ils l'ont engagé.

Vous savez pourquoi il avait besoin d'argent ?

Oui. C'est pour couvrir sa mère.

Elle vidait le compte en banque de sa sœur. Il essayait de rembourser.

Merci beaucoup.

Janice Raleigh bat sa sœur handicapée d'une main

et la vole de l'autre ?

Et Cara couvre Damien. Dès qu'il ouvre la bouche,

il en sort un mensonge.

Je vais faire ajouter "vol" à la liste des charges.

Demande à Fin de te retrouver

et parlez de sa mère avec ce gamin.

- Combien d'argent a-t-elle pris ? - Près de 60 000 $.

Il faudra qu'elle fasse quoi pour que vous compreniez ?

Ma tante ne lui en veut pas.

Leurs parents étaient pauvres.

Cara avait tout ce dont elle avait besoin.

Ça ne lui donne pas le droit de la battre et de la voler.

- Et maintenant ? - Votre mère va aller en prison.

Et si vous ne dites pas la vérité, un violeur va s'en sortir.

Vous voulez savoir quoi ?

Votre mère aime les hommes.

Elle a donné sa clé à l'un d'eux ?

Pas que je sache.

Et vous ?

Vous n'avez pas donné une clé à un ami ou à un voisin en cas d'urgence ?

Pas la peine. Il y a toujours quelqu'un. Infirmiers, psys, médecins...

Vous avez un sac ou un sac à dos ?

Personne n'a pu me voler ma clé.

Pourquoi ?

Mon sac reste dans la voiture de M. Grieg quand je travaille.

- Vous pensez que Tony a violé ma tante ? - Il y a un moyen de le savoir.

Madame Raleigh.

Il faut que vous me fassiez confiance. Vous voulez que je vous aide ?

Bien.

Est-ce Griegs, le chauffeur de bus, qui vous a violée ?

Et il a menacé de s'en prendre à Damien ?

Je vais vous protéger tous les deux. Promis.

- Attends, maman. - Pourquoi parlez-vous à ma sœur ?

- Vous êtes là, vous ? - Son argent a payé la caution.

Qu'est-ce que vous faites ?

Ce que j'aurais dû faire il y a longtemps.

Je vais la placer dans un centre de soins.

-Vous ne pouvez pas. -La procuration dit que si.

J'ai un papier qui le prouve.

- Lève-la. - Vous ne pouvez rien faire ?

- Non. - Sors-la du lit.

Tante Cara, ça va aller.

Je te tiens.

Ça va aller.

Ne t'en mêle pas, Damien. Ça ne te regarde pas.

Tu es folle, ou quoi ?

Ils disent que tu as battu tante Clara.

- Tu ne comprends pas. - Non.

C'est ta propre sœur !

Si tu l'aimes tant, pars avec elle.

Mais je suis ta mère. Tu es avec moi ou contre moi.

Le procureur a annulé la procuration de Janice

et trouvé un tuteur temporaire.

Un tuteur mandaté par le juge va préconiser

qu'elle reste en centre de soins.

Tant que Janice est en liberté, elle y sera en sécurité.

Cara a bien identifié Tony Griegs comme étant son violeur ?

Elle a cligné des yeux une fois.

- Elle a peur qu'il s'en prenne à Damien. - Griegs est malin.

Il a fait mine de la découvrir pour justifier la présence de ses empreintes.

- Des antécédents ? - Pas même une amende.

Mais il n'a plus un sou, il est à découvert.

Des dettes de jeu. Et son alibi est bidon.

Sa femme l'a quitté.

Vous lui avez parlé ?

Oui. Il dépensait sa paye à elle en combats de chiens et en prostituées.

Et au travail ?

La MTA l'a viré pour avoir tripoté des collègues.

Et on ne l'a pas su ?

Elles n'ont pas porté plainte. Elles voulaient juste qu'il parte.

Il aimait les femmes actives et maintenant il viole des handicapées ?

Quelque chose a pu déclencher ça. Allez interroger son patron.

VENDREDI 19 MARS

Personne ne s'est plaint.

Pas même pour des commentaires inappropriés ?

J'ai raté un épisode ?

La MTA a viré Griegs pour harcèlement sexuel.

Ce salopard a menti sur son CV.

Heureusement qu'il prend sa retraite. Pas la peine de le virer.

- C'est lui qui a dit ça ? - Là aussi, il a menti ?

Il va être licencié à cause de la loi sur le handicap.

Pour garder vos subventions, vous avez dû engager Gleason.

Il a perdu un bras en Irak. Beaucoup de vétérans sont amputés.

Ils sont jeunes, dynamiques et on a une dette envers eux.

Et Griegs a perdu son travail. Ça l'a mis en colère ?

Il a cogné un mur dans mon bureau

et bouché le trou le lendemain.

Quand l'a-t-il appris ?

Il y a six mois.

J'étais désolé pour lui.

Il aurait agressé une handicapée

parce qu'un handicapé lui a pris son travail ?

Un viol est une manifestation de colère. Cara était une cible facile.

Ça ne suffit pas.

La victime l'a identifié.

Et Griegs a eu accès à la clé de la maison.

- Je ne peux pas dire ça à un jury. - Vous ne voulez pas.

C'est trop de travail. Vous risqueriez de suer.

Trouvez-moi des preuves.

Ou un témoin qui peut parler,

prêter serment et être interrogé.

Vous blâmez la victime. Une handicapée.

Elle est quasiment dans le coma.

Si on la fait parler, vous convoquerez le Grand Jury ?

Avec quoi, un ventriloque ?

Elle a touché le visage de son neveu avec un doigt.

Donc elle peut taper au clavier.

Ça vaut le coup d'essayer.

CENTRE DE SOINS VENDREDI 19 MARS

Cara.

Essayez de taper ce que vous avez à dire.

Cara, voulez-vous essayer ?

Vous pouvez le faire.

- Depuis quand est-elle ainsi ? - Depuis son arrivée.

Son environnement a changé.

C'est normal qu'elle soit déprimée.

Comment va-t-elle, physiquement ? Je ne connais pas bien la SEP.

C'est une maladie auto-immune qui attaque le cerveau et la moelle épinière.

Dans le cas de Cara, les dégâts sont chroniques, aigus et agressifs.

Le décès résulte généralement d'une insuffisance cardiaque,

parfois d'une crise de pneumonie.

Aura-t-elle la force de supporter un procès criminel ?

Honnêtement, je l'ignore.

Je ne peux pas inventer des preuves.

Mais tu n'as rien raté ? Par accident ?

- Jamais. - Personne n'est parfait.

Regarde encore.

Tu sais ce que je suis censée chercher ?

Non.

- Tu auras une dette envers moi. - Comme toujours.

Fin. Il a fait quoi ? J'arrive.

- Dites-lui. - Ce type est monté dans le bus.

Il a envoyé Tony dans les barres de sécurité. Il m'a dit de vous appeler.

Il s'est enfermé avec des otages.

J'ai établi un périmètre et je vais appeler l'ESU.

Les passagers ne sont pas des otages. Il n'en veut qu'au chauffeur.

Je vais t'arracher la tête !

- Damien, ouvrez. - J'ai pas fini !

Que penserait Cara si elle vous voyait ?

Elle me sourirait avec les yeux.

Je lui fais justice.

Ce sera juste si vous êtes arrêté ?

- On s'en fout. - Pas moi.

Ouvrez-moi.

Il a violé ma tante. Il doit payer.

Ensuite, c'est Cara qui va payer.

Elle veut rentrer à la maison.

Elle ne le pourra pas si vous n'êtes pas là.

Allez. Ouvrez cette porte.

- Ça va mieux ? - Je devais faire quelque chose.

Vous auriez fait quoi à ma place ?

Venez.

Tu as fait libérer Damien ?

Oui, et je dois des faveurs à beaucoup de monde.

Pourquoi tu fais tout ça ?

Tu ne le connais pas.

Quand j'étais à l'Académie, j'ai dû placer mon grand-père en maison de retraite.

Il m'a quasiment élevé. Ça a été horrible.

Il y a été maltraité ?

Oui. Je suis flic et je n'ai rien vu avant qu'il soit trop tard.

À sa mort, j'ai pété un câble.

J'ai menacé le personnel.

Je déclenchais des bagarres. J'ai failli être viré de la police.

Tu te sentais coupable.

Un instructeur m'a remis dans le droit chemin.

Il m'a sorti plusieurs fois du pétrin. Maintenant, c'est mon tour.

Tu vas avoir du boulot. Griegs va porter plainte.

En prison, il sera trop occupé à surveiller ce qui se passe derrière lui.

Il faut d'abord le condamner. Siper a appelé.

Elle a quelque chose ?

Une empreinte digitale dans la couche de Cara.

Allez chercher Griegs. Interrogez-le.

- Vous faites fausse route. - Asseyez-vous.

Votre empreinte sur la couche de Cara dit le contraire.

Vous la lui avez arrachée. Vous l'avez violée.

On sort ensemble.

Je comprends qu'elle soit gênée. Je ne suis pas un beau parti.

Voilà une première vérité.

Vous avez un passé de harcèlement sexuel.

Des malentendus.

C'est dur de mal comprendre une main au cul.

C'est ce qu'on dit vos ex-collègues.

- Elles ont menti. - Et votre ex, elle a menti ?

Vous êtes un poivrot. Elle s'est barrée.

Elle dit ce que vous voulez entendre.

Vous avez bu le soir du viol de Cara ?

Un manchot vous a pris votre travail. Quelqu'un devait payer.

Non.

Je suis triste pour elle. C'est pour ça que j'ai couché avec elle.

Elle ne peut pas parler, Griegs.

Quel clignement d'yeux vous a dit qu'elle avait envie de vous ?

Ça durait depuis des mois.

Vous croyez que c'est facile pour elle ?

Les gens ne la voient pas comme une femme. Ils ont juste pitié.

Et encore, s'ils la voient.

Beaucoup de femmes handicapées ont des relations sexuelles saines.

Pas avec des pervers comme vous.

- Vous vous trompez. - Très bien.

Pourquoi personne ne vous a vus ensemble ?

Sa famille vous ment. Ils ne lui sont pas si dévoués.

Damien allait en cours.

Janice n'aimait pas s'en occuper. Elle partait tout le temps.

Pourquoi Cara vous accuse-t-elle de viol ?

C'est vous qui m'accusez.

Les infirmières de Cara devraient confirmer ses dires.

- Ou les infirmer. - Je ne vois pas comment.

Il n'y a qu'une infirmière de jour. Je ne l'ai jamais vue.

Griegs est crédible.

- Vous avez gobé ça ? - Le jury l'écoutera.

Il connaît des détails sur la famille de Cara.

Il s'est rapproché du neveu de Cara.

C'est tout.

Il mêle ses mensonges à la vérité. Efficace.

C'est votre travail de démontrer qu'il ment.

Le Connecticut a rejeté une affaire de viol

où la victime handicapée ne pouvait pas parler.

Pourquoi ?

La victime avait ses bras mais ne s'est pas défendue.

On apprend aux femmes à ne pas se défendre.

D'après le juge, elle était consentante.

Il va me falloir plus qu'une empreinte.

Si le jury pense qu'il a couché avec elle par pitié, il s'en sortira.

Les gens sont mal à l'aise face au handicap. Griegs le sait.

S'appuyer sur les préjugés liés au handicap est un gros risque.

Un risque calculé. Les gens dévalorisent souvent les handicapés.

Ils pensent qu'une apparence anormale est sexuellement repoussante.

Griegs est le seul à parler.

Il peut dire ce qu'il veut, personne ne le contredit.

- On fait comment ? - Il ne sait pas se contenir.

Confrontez-le à d'autres victimes.

Son histoire ne tiendra plus.

Son chef dit que personne ne s'est plaint.

Interrogez les femmes qui ont cessé du jour au lendemain de prendre ce bus.

CENTRE DE SOINS DE JOUR LUNDI 22 MARS

Beth a arrêté de prendre ce bus il y a cinq mois.

- Pour quelle raison ? - Elle a juste refusé d'y monter.

Elle n'a pas pu me dire pourquoi. Elle souffre de troubles mentaux.

De quoi s'agit-il ?

J'aimerais lui montrer des photos.

Euh... D'accord.

Beth ?

Je vais vous montrer des photos. D'accord ?

Beth. Tout va bien. Il ne vous fera plus de mal.

- Que se passe-t-il ? - Je pense que votre fille a été violée.

C'est impossible.

Beth a-t-elle été seule avec cet homme, Tony Griegs ?

C'est un homme bien.

Il se portait volontaire pour la garder quand je faisais mes courses.

Beth.

Cet homme vous a fait du mal ?

Tout va bien, Beth. Parle-nous.

Ça va aller.

A-t-il fait autre chose ?

Ma chérie !

- Je n'y arrive pas ! - Pense à la technique.

Cesse de nous faire perdre notre temps.

D'accord !

- Qu'est-ce que tu cherches ? - Une porte d'entrée.

On a trouvé d'autres victimes muettes.

Seule Cara peut lui donner le coup de grâce.

Ce n'est plus la même personne.

- Je suis fier de toi. - Tu as trop d'attentes.

Ou pas assez.

Je vous ai traitée comme une invalide.

J'ai pris des gants avec vous. Je ne referai pas cette erreur.

On a trouvé deux autres victimes.

Beth Myers.

Julie Anderson.

Elles ne peuvent pas témoigner.

Mais vous le pouvez.

Non ?

Vous êtes la seule victime pour laquelle on ait des preuves.

Vous devez parler pour elles.

Qu'est-il arrivé à cette femme ?

Talentueuse. Intrépide.

Passionnée.

Vous avez baissé les bras.

Les maltraitances de votre sœur ne sont rien à côté de ce que vous vous infligez.

Vous pensez que je suis une garce ? Vous n'êtes pas la première.

Allez-vous témoigner pour mettre votre violeur en prison ?

Oui.

C'est tout ce que j'avais besoin d'entendre.

Maintenant, on va vous faire sortir d'ici.

Vous avez changé d'avis ?

Personne plus que moi ne veut voir Janice Raleigh croupir en prison.

Tu vas me mettre en prison ? Le dernier numéro d'une diva mourante.

- Qu'est-ce que tu fais là, Damien ? - Tu es ma mère.

Je ne veux pas te voir en prison. Et Cara non plus.

- C'est ça. - Votre sœur vous fait un cadeau.

Elle essaie de m'acheter.

Si le prix est mon fils, c'est non.

Pour une fois, rendez-vous service et taisez-vous.

- Quel est le verdict ? - J'abandonne les charges.

En échange de quoi ?

Reconnaître l'agression, cinq ans de mise à l'épreuve,

suivi psychiatrique, et on va déposer une ordonnance restrictive.

Ça veut dire quoi ?

Si vous n'approchez plus votre sœur, vous n'irez pas en prison.

Envoyez-moi les papiers.

Ne t'attends pas à de la reconnaissance.

C'est ta faute si j'ai été arrêtée.

Tu avais tout.

Et je dois m'occuper de toi comme si j'étais ta bonniche.

Te torcher le cul tous les jours et te donner ton bain.

Vous n'y étiez pas obligée. Vous l'avez voulu.

Vous vouliez ce contrôle sur elle.

Vous vouliez qu'elle souffre pour les choix de vos parents.

C'est terminé.

- Tu crois me connaître ? - Je sais qu'elle vous pardonne.

Et qu'un jour, vous voudrez de son pardon.

Et qui s'occupera d'elle ?

Moi.

- Je ne te le permets pas. - Vous n'avez rien à dire.

La procuration a été transférée à votre fils.

Tu n'auras pas mon fils, Cara.

Si tu fais ça, tu le regretteras.

Cara ?

Si tu aimes Damien,

ne l'oblige pas à abandonner sa vie pour toi comme j'ai dû le faire.

COUR SUPRÊME MERCREDI 24 MARS

Madame Raleigh. Anthony Griegs vous a-t-il violée ?

Le témoin a identifié l'accusé,

- Anthony Griegs, comme son violeur. - Objection.

Comment sait-on qu'un clignement veut dire oui ?

Elle n'a peut-être pas compris.

La défense dit-elle que la SEP attaque les facultés cérébrales ?

Pas du tout.

Mais la liberté d'un homme

ne doit pas être compromise par un simple tic facial.

Je vais reformuler.

Madame Raleigh.

Pouvez-vous désigner l'homme qui vous a violée ?

Cara Raleigh vient de faire un doigt d'honneur à votre client.

Ça suffit, monsieur Blaine.

Notez que le témoin a identifié l'accusé comme étant son violeur.

CECI EST UNE FICTION

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