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Piaillements d'oiseaux
- Gabriel !
Musique entraînante
Oh, Gabriel !
Elle râle. - Oh, Gabriel, voyons !
Il rit. - Fais attention !
Elle râle. - Gabriel !
Gabriel, reviens ici !
Gabriel ! Elle halète.
Gabriel ! Choc
Cri au ralenti
Elle crie.
Il rit.
Gabriel !
- C'est le diable, cet enfant !
Ce petit garçon, c'est Gabriel.
Notre trésor à toutes.
Je sais ce que vous pensez.
- Gabriel ! Effort
Cri de joie Cloche
- Que fait-il dans un couvent ?
Cri étonné - Gabriel !
- Cette fois, je te tiens !
Il rit
Il la nargue.
- Gabriel !
Ça suffit !
ArrĂŞte de les embĂŞter, tu vas les rendre folles.
Ici, c'est un lieu
de silence
et de prière.
Pas... - Une cour de récré.
Je sais. - Exactement.
- Je vous présente sœur Lucie.
J'ai très envie de vous raconter leur histoire.
Je vous préviens,
il faut croire aux miracles.
Musique douce
Il était une fois un couvent triste, très triste.
Très, très, très triste.
- Il paraît qu'il existe des machines perfectionnées
qui lavent et sèchent le linge, en même temps.
- En même temps ? Vous êtes sûre ?
- En mĂŞme temps.
- Convoitise !
- Il existe une machine qui épluche les patates.
- Oh !
- Paresse ! Elles sursautent.
- Il paraît qu'il existe...
Cloches
- Heure du silence !
Elle tape un message codé.
- Je sais.
Ça fait que pousser.
Il paraît qu'il existe une cire magique qui fait tomber les poils.
- Oh ! Ah bon ?
- Coquetterie !
- Vous êtes obligée d'arriver toujours par surprise ?
- Oui !
Une cloche sonne.
Musique céleste
Musique intrigante
C'est pas possible ! Elles font quoi ?
À Sainte-Marie de la Résurrection,
nous vivons dans une communauté contemplative.
Ça signifie que nous passons la plupart du temps à prier.
Nous n'avons aucun contact avec l'extérieur, aucune visite.
Et nous ne sortons évidemment jamais.
Ça sera encore la même comédie ?
Sauf une fois tous les deux ans pour voir le docteur.
Je vous répète que vous n'avez rien à craindre.
- Sœur Constance s'est déjà perdue.
Elle a pas retrouvé le couvent.
- C'était il y a dix ans.
Des policiers vous ont ramenée.
- C'est vrai, ils étaient gentils. - Oui.
Bon, alors ?
Assez teg... tergiversé.
- Tergiversé. - Oui.
Tout le monde sur le départ dans cinq minutes. Sinon,
c'est jeûne jusqu'à Pâques.
Elles s'exclament.
Interdiction de s'arrĂŞter.
Aucun échange avec qui que ce soit.
On avance tête baissée et en silence.
Si tout se passe bien,
on sera de retour pour les vĂŞpres.
Elle souffle.
-Ça va, sœur Lucie ?
Elle soupire. - Encore les bouffées de chaleur.
C'est rien.
Ça va passer, j'arrive.
Musique douce
Pas approchants
-Ça rêvasse encore ?
- Oh, pardon, ma mère.
Soupir
Il est triste, ce jardin.
On pourrait y planter
des fleurs, ce serait joli. - Bien sûr.
Et y mettre une buvette, un barbecue, pour faire des brochettes.
On peut aussi inviter des gogo-dancers.
Qu'en pensez-vous ?
- Vous avez raison.
Austérité
et sobriété sont les preuves
de notre dévouement à Dieu.
- Ne l'oubliez jamais.
Fracas
Elle halète.
- C'est bon, la voie est libre.
Musique intrigante
Vite, vite, vite.
- Danger Ă 11 h, on tourne la tĂŞte !
Choc Moi vivante, jamais !
- Elle a pris sa retraite.
- Est-ce que je la prends, moi ? -Ă€ 85 ans,
il était temps.
- Mlle Lanoix nous suit depuis toujours.
C'est notre unique sortie.
C'est programmé deux ans à l'avance.
-Écoutez.
C'est le seul médecin, donc c'est ça ou rien.
Musique cocasse
- Sœur Lucie.
Allez.
Musique dramatique
Hop, hop, hop !
Courage.
Allez.
Après, c'est à vous.
Bruissement du crayon
Il inspire.
- Ces bouffées de chaleur datent de quand ?
- Quelques semaines.
- Rien d'autre de significatif ?
Des suées nocturnes ? Une prise de poids inhabituelle ?
- Non, non. Je crois pas, non.
C'est pas la soupe de capucines qui va me faire grossir.
Petit rire
Il prend une grande inspiration et soupire.
-Écoutez, même si ça ne touche que 1 % des femmes,
je crains que ces symptômes ne soient la conséquence d'une ménopause précoce.
- Doux Jésus...
- C'est assez surprenant, j'en conviens.
Pour ne pas dire inattendu.
Mais bon,
dans votre cas, j'imagine que ça posera pas trop de soucis.
- Pourquoi cela ?
Il rit. - Bah...
Les vœux d'abstinence, le célibat...
Si vous aviez souhaité des enfants, vous auriez choisi une autre voie.
Musique douce
- Oui, c'est juste, oui.
À vrai dire, j'y avais jamais songé auparavant.
Ou il y a longtemps, y a très longtemps.
-À vous, sœur Anne-Rose.
Ça va, sœur Lucie ?
Choc
-Ça va ?
- Tout va bien, sœur Lucie ?
-Ça fait un peu mal, quand même.
Elle soupire.
Musique douce
- Un.
- Deux.
- Trois.
Elle soupire.
- Doucement, mon chéri.
Il a la bougeotte. Petit rire
-Seigneur, Seigneur
Elles chantonnent.
- Au revoir.
Musique intrigante
Musique entraînante
Gémissements affolés
- Excusez-moi, je dois descendre. ArrĂŞtez-vous.
- Désolé, je suis pas taxi.
Attendez le prochain arrĂŞt.
Elle s'exclame. - C'est loin ?
- Terminus, madame.
Oh ! Crissement de frein
Fracas - Oh !
Priorité piétons, nom d'un Christ en bois !
Vous savez pas lire ?
Bon, allez !
-Seigneur, Seigneur
-Ça va, ma sœur ? Elle gémit de douleur.
Venez. -Ça fait un peu mal, quand même.
- Terminus !
- Au revoir.
- Excusez-moi. - Oui ?
- Vous retournez Ă Tremblay ?
- Non, je rentre au dépôt.
C'est la grève. - La grève ?
- Pour notre 14e mois.
- Le 14e m...
Elle balbutie.
Comment je vais rentrer ?
- Il doit rester des TER.
C'est pas sûr.
C'est service minimum aujourd'hui.
- Des TER ?
La gare ? - Tout droit !
- Excusez-moi...
Brouhaha
- Le chemin de la gare ?
- Tout droit.
- Attention.
- Pardon. Je cherche la gare.
Musique rythmée
Doux Jésus...
Sonnette
Crissement de freins Il crie.
- Non, rien de cassé. C'est un miracle.
MĂŞme pas une bosse.
Par contre, elle est dans le gaz.
Oui, je vous la passe.
Ma sœur.
Ma sœur !
C'est votre mère supérieure.
Elle est pas commode, la madre.
- AllĂ´ ?
- Qu'est-ce qui vous a pris ?
- Mais je sais pas.
Sanglot Maintenant, je suis coincée ici.
Je vais jamais réussir à rentrer.
Jamais, jamais, jamais.
Il y a des hommes partout...
Elles s'exclament. - Mais trop la chance d'ĂŞtre en ville.
Profitez !
- Prenez un TER. Il doit y en avoir quelques-uns.
- Oh, elle va prendre le TER ! Elle s'exclame.
Mon Dieu ! - Non, mais pas le TER.
Sanglot Je me sens pas bien.
Je sens que le Seigneur veut me dire quelque chose.
Mais quoi ?
Quoi ?
Musique douce
Sébastien ?
-Sœur Lucie ?
Sœur Lucie ?
Elle raccroche.
Elle a dit "Sébastien" et elle a raccroché.
- Sébastien, c'est qui ?
- Sébastien ?
- Vous le connaissez ?
- Oui, mais ça fait longtemps que je l'ai pas vu.
C'était le garçon le plus gentil du monde.
Musique dramatique -Remplis le sac. Dépêche-toi !
Allez !
-Baisse ton arme ! Coup de feu et cri
Il gémit.
-Allez, on se casse !
Bouge pas, toi.
- C'est impossible.
Sébastien serait incapable de faire ça.
- Faut croire qu'il a changé.
Vous venez ? J'ai promis
à la mère supérieure de vous raccompagner au TER.
- Oui, oui.
Musique intrigante
Musique douce
Annonce SNCF
La musique devient intense.
La musique va crescendo.
La musique redevient douce.
Vrombissement du train
Cris joyeux
- On va gagner !
On va gagner !
- Vous avez un match ?
- C'est la finale. - Ils sont bruyants, désolée.
- Non, ça me change du couvent.
Tenez, jeune homme. Ça vous portera chance.
- Bah, merci, c'est trop gentil.
On prend un selfie ?
- Un quoi ?
- Un selfie.
Une photo. - Ah.
Désolée, je suis pas très au fait.
Petit rire
C'est votre appareil photo ?
- Non, c'est un portable. Vous me faites marcher ?
- Pas du tout.
J'en avais encore jamais vu en vrai.
- Mais non, sérieux ?
- C'est interdit, lĂ oĂą je vis.
- On fait le premier selfie de votre vie ?
- Ouais. Elle rit.
Déclencheur
Ils rient.
- On est pas mal.
- Elle est pas mal. Elle est bien.
- On peut faire
plein d'autres trucs.
Aller sur Internet, faire des vidéos, regarder des films.
Écouter de la musique, commander,
se faire des amis, voyager.
-Ça commence à faire beaucoup.
Déjà , entre les prières, les lectures,
le potager,
les lessives, la cuisine.
Mes journées sont remplies.
- D'ailleurs, on voulait vous demander.
Enfin, je sais, c'est con.
On se demande toujours comment vous faites pour vous passer de...
Enfin, de...
Enfin...
- Ah ! De ça ?
- Oui !
- Je m'en passe pas.
Je vis
une histoire d'amour avec le Christ.
Je vis pour lui, par lui.
Ma destinée est entre ses mains.
- Ouh, là ! Vous êtes sérieuse ?
C'est interdit
de penser ça. Pas de dictature phallocrate.
- Tout doux.
- Moi, c'est pas la mĂŞme chose. C'est de notre Seigneur qu'il s'agit.
- Si, c'est la mĂŞme chose.
C'est juste un keum.
Faut rester maître de son destin,
ne pas laisser les hommes décider.
- Ah, d'accord.
Annonce SNCF
Musique douce
Sonnette
Porte
Excusez-moi.
Les Frobert habitent toujours ici ?
- Je connais pas.
- Ah.
- Qui font 8 312 euros et douze centimes. Les intérêts.
- Tout ça ? - Oui.
Elle rit.
- Oh, lĂ , lĂ .
Merci beaucoup.
- C'est votre argent. Il est lĂ depuis longtemps.
- Ah, oui.
Merci.
- Suivant !
Musique entraînante
Elle s'exclame.
Waouh !
Bruitage de jeux vidéo
- Et voilĂ pour vous.
Elle s'exclame. - Formidable !
Merci beaucoup.
- VoilĂ . C'est prĂŞt Ă l'emploi.
- Je peux vous demander un service ? - Bien sûr.
- Il est toujours aussi beau.
Petit rire
- Oui.
D'après cet article, l'affaire remonte à plusieurs mois.
"Les employés et les clients ont eu la peur de leur vie.
"Avant 8 h, deux hommes cagoulés..."
- Ah, cagoulés ! Mmh.
C'est différent des dires du policier.
-Mets l'oseille dans le sac ! Il gémit.
Allez, dépêche-toi ! - Oui, oui.
-Allez !
-Baisse ton arme !
Coup de feu et cris -Oh, merde !
Allez, on se casse !
- Faudrait que je parle au directeur du supermarché.
Vous avez son adresse ?
- Sans son nom, ça me paraît compliqué.
- Ah. -Ă€ moins d'un miracle.
- S'il vous plaît ?
- Vous m'excusez ?
- Allez. Courage, Lucie.
Qu'est-ce que j'ai raté ?
-Nous sommes en guerre.
Musique rythmée
Bris de verre
Cris affolés
Rires
Cris affolés
- Mais c'est l'apocalypse.
Elle halète.
Musique intrigante
Grésillement
Elle s'exclame. Doux Jésus !
Elle halète. Faut que je sorte !
Fracas
Elle gémit.
-Ça va ?
Ça va ?
-Ça fait un peu mal, quand même.
Klaxon
Elle soupire.
Musique douce
Oh, Seigneur !
Dites-moi ce que j'ai fait pour mériter tout ça.
-Ce n'est pas gentil, en effet.
- Hein ?
C'est qui ? -C'est moi.
- Moi ? Moi qui ?
-Moi, moi.
- AllĂ´ ?
Il y a quelqu'un ?
Ça y est, Seigneur, je deviens folle.
-Je ne prendrai pas la peine de répondre à ça.
- Seigneur ?
-Je vous écoute.
- C'est vous, Seigneur ?
-Les religions sont un grand mystère.
- Doux Jésus, Marie, Joseph !
Mais comment c'est possible ?
-Pas de Jésus Marie Joseph dans vos contacts.
Musique intrigante
- Seigneur, j'ai besoin de votre aide.
Je me suis lancée sans réfléchir.
Vous savez où est Sébastien ?
-Désolé, je ne vois pas de Sébastien dans vos contacts.
- Oh, je suis perdue, Seigneur.
Sanglots Et puis, je suis fatiguée...
-Alors, il faut dormir.
- Je sais pas oĂą je vais passer la nuit.
-Le jardin d'Éden, ça vous irait ? - Très drôle.
-Le jardin d'Éden se situe seulement à 450 mètres.
- C'est tout ?
Gémissement d'effort
Oh...
Comme c'est charmant.
Le téléphone sonne.
Porte
Elle claque la porte. Téléphone
- Couvent Sainte-Marie de la Résurrection.
- Sœur Charlotte ? C'est Lucie.
- Lucie ? -Oui, Lucie.
- Non, je ne vois pas.
- C'est pas possible ! Lucie.
- Je suis désolée, mais non.
- Lucie. La sœur Lucie !
- Oh, sœur Lucie !
Elle rit. Mais oĂą ĂŞtes-vous ?
Tout le monde est inquiet.
- Non, tout va très bien.
Je suis...
En jachère, voilà .
Elle s'exclame.
- Oh, la chance !
Cloche et alarme Ah !
Crotte, c'est l'heure du silence.
C'est toujours pareil. C'est quand ça devient intéressant.
Musique douce Elle tapote un message codé.
Elle soupire.
Bips des touches
Elle tapote un message codé.
Bips des touches
Elle tapote un message codé.
Bips des touches
Rire Charlotte tapote un message codé.
Musique intrigante
"Words" F.R. David
-Words don't come easy to me
How can I find a way
To make you see I love you ?
Words don't come easy
- Je veux être sûre que c'est le bon moment.
- Ou le bon garçon ?
- J'ai pas de doute lĂ -dessus.
Un.
- Deux.
- Trois.
Porte
- Et je t'interdis
de revoir ce garçon !
- Je te déteste !
Si papa était là ,
il serait d'accord.
- Gâche pas ta vie avec un voyou.
Que je te voie plus
traîner dans sa cité !
- Tu dis n'importe quoi ! Tu le connais pas !
Musique triste
C'est toi que je reverrai plus.
Sanglots
On va partir,
avec Sébastien.
On va partir loin, tous les deux. - C'est ça.
Commence par partir dans ta chambre ou je t'en colle
une autre !
Porte
- On part tous les deux, Sébastien.
-Tu es sûre, Lucie ?
- Tu m'aimes ?
-Oui.
- Alors, oui, je suis sûre.
On se retrouve sur le pont Ă 18 h.
Elle soupire.
Soupir excédé
- Aucun appel, sœur Charlotte ? - Rien depuis sœur Lucie hier soir.
- Et elle me dit ça avec son air de ravie de la crèche !
- Excusez-moi.
Je dois parler au monsieur victime du braquage.
- Le directeur ? - Oui.
- Pas lĂ aujourd'hui.
- Ah.
Vous me donneriez son adresse ?
- On n'a pas le droit.
C'est dans le règlement.
- Excusez-moi. - Pardon.
- Coca et pomme.
- 3,50 euros.
Si vous achetez rien...
- Si. Si, si, si.
- Vous êtes sûre ?
- Oh ! Oh, patate, non !
Ça.
Je dois voir ce monsieur.
C'est très important.
- C'est le règlement !
Cinq euros.
- C'est pas gentil.
- Vous oubliez vos préservatifs, ma sœur.
- C'est pour les pauvres.
Après tout, eux aussi, ils ont le droit de... Voilà .
Gémissement gêné Musique légère
Elle soupire.
Seigneur, c'est fichu.
Je retrouverai jamais ce monsieur.
Cette tĂŞte de mule a pas voulu m'aider.
-Ce n'est pas gentil, en effet.
- Vous voulez
quoi Ă M. Hunault ?
- M. Hunault ?
- C'est le directeur.
Je sais oĂą il habite.
Je peux vous accompagner chez lui.
- Vous feriez ça ?
- Bah, non.
Mais pour 20 euros, ouais.
Waouh !
- Chose promise.
Gémissement satisfait
Allez. -Ă€ toi de jouer.
- Oui.
Elle soupire.
Elle expire.
- Bah, tu sonnes pas ?
- Il cache un truc.
Pourquoi il me ferait confiance ?
- Mmh.
Dis-lui qu'il a menti et qu'il ira en enfer.
- J'en suis pas certaine.
- Et alors ? - Alors,
c'est un mensonge. Mentir, c'est pécher.
- Pour connaître la vérité, il faut mentir.
Si tu veux, je t'apprends.
Pour 50 euros.
- Non. Désolée, mais c'est impossible.
- Tant pis pour toi.
Bonne chance, salut.
- Non, attends !
Euh...
Peut-ĂŞtre que pour une noble cause,
je peux faire un...
un petit écart.
Musique douce
Une petite exception. Non ?
-Écoute-moi bien.
Pour mentir, garde la tĂŞte haute.
Pas trop quand mĂŞme.
Tu prends ton temps
et tu clignes pas des yeux.
Une fois lancée,
tu t'arrĂŞtes jamais, tu vas jusqu'au bout.
Tu mens coûte que coûte.
Vas-y, Ă toi. Mens-moi.
- Euh...
Bah... Elle renifle.
Elle soupire. Tu...
Je...
Non, j'ai pas, lĂ , ce...
Ça sort pas, j'ai pas d'idées.
- Euh...
Explique-moi pourquoi je suis blanc, blond, avec les yeux bleus.
- Tu es noir.
- Perdu.
Je suis blanc, avec des boucles blondes, comme ma mère.
Et j'ai les yeux bleus, comme mon "reup".
- Pas du tout. - Mais si.
Dans ma famille, on a les yeux bleus. Regarde-moi bien.
Musique majestueuse
C'est Ă cause de nos origines.
On est norvégiens, de Trøndelag, au nord d'Oslo.
- Tu parles norvégien ?
Il parle norvégien.
Incroyable !
Il rit. - Mais t'es vraiment nulle.
Je te mens.
- Ah bon ? - Je dis n'importe quoi.
Je suis noir, je suis pas norvégien.
- Ah, non, mais alors lĂ , vraiment...
Extrêmement doué.
Sonnette
Elle souffle.
Bip -Oui ?
- Oui, bonjour.
Nous développons un service de confession à domicile...
-De confession ?
- Tout Ă fait.
Il est important de confesser ses péchés
pour respecter son engagement au Seigneur.
-Seuls les prĂŞtres
peuvent pardonner nos péchés au nom du Christ.
Musique légère
- C'était avant.
-Mais avant quoi ?
-Avant la crise.
Les prĂŞtres ne sont plus assez nombreux,
donc... ils délèguent.
Il faut vivre avec son temps.
Les femmes se sont battues
contre cette dictature phallocrate.
Pourquoi seuls les prĂŞtres confesseraient ?
L'Église a mis en place des formations.
Pour nous former, nous aussi, Ă ...
confesser.
Elle raccroche.
Mécanisme du portail
Cri de joie On a réussi !
- VoilĂ , tu sais mentir.
- Je suis fière de moi.
C'est mitigé.
J'espère que le Seigneur m'en voudra pas.
Il rit.
- Merci.
Message reçu cinq sur cinq.
Elle soupire.
Bonjour.
- Bonjour. C'est le Seigneur qui vous envoie.
Mon mari déprime, il a besoin de se confesser.
Musique douce
Soupir excédé
Jean ?
Je te présente sœur Lucie. - Bonjour.
- Bonjour.
- C'est magnifique ici. - Vous trouvez ?
Vous saviez que chaque couleur de rose a une signification ?
- Ah bon ? - Oui. Le rouge,
c'est l'amour, c'est la passion.
Le jaune,
c'est la joie, c'est...
c'est le succès.
Et le blanc, c'est la virginité, c'est la pureté.
C'est l'innocence.
- Et celle-ci ?
La musique devient sombre.
- La trahison.
Le mensonge.
LĂ , c'est un peu ridicule.
C'est pour faire plaisir Ă ma femme.
- Je vous écoute, mon fils.
Il soupire. - C'est pas facile, ma sœur.
- Le Seigneur ne juge pas.
Il écoute
et pardonne.
- J'ai trompé Marie !
Avec une employée qui vient d'arriver.
- Euh, l'adultère est une faute grave.
Efforcez-vous de rester fidèle.
- Ah, oui, mais... Il soupire.
- Rien d'autre ?
- Euh, non, je... je vois pas.
- Mais si. Cherchez bien.
- Bon, c'est vrai que, en y réfléchissant,
avant mon employée,
il y avait déjà eu la postière.
La petite infirmière.
Un routier.
On n'a qu'une vie.
Elle soupire.
- Et...
Sinon, mis à part ces nombreux écarts,
Ă votre travail,
il ne vous est rien arrivé de fâcheux ?
- J'ai volé l'État, ma sœur.
Soupir exaspéré
J'ai menti sur mes déclarations de bénéfices.
- Moi, j'ai dormi chez ma grand-mère.
- Pardon ?
- Non, rien. Je vous pardonne, je vous pardonne.
Il ne vous est rien arrivé de plus grave ?
De vraiment plus grave, je veux dire.
- J'ai menti, ma sœur.
- Oui !
- J'ai menti par omission.
-Ça, c'est bien ! Ça fait plaisir... Non !
C'est pas bien du tout. C'est mal.
C'est très, très, très mal.
Elle soupire.
Je vous écoute.
- Il y a quelques mois,
j'ai été braqué au supermarché.
- C'est pas possible !
Musique dramatique
- Remplis le sac.
Allez, dépêche-toi !
Vide ta caisse dans ce putain de sac !
Toi, tu bouges pas !
- Celui qui tenait l'arme et qui a tiré sur le gendarme
avait un tatouage.
- Un tatouage ? - Oui !
Un homme m'a menacé pour que je ne dise rien à la police.
C'est honteux Ă dire, mais il nous a fichu la trouille.
Si ça se trouve, à cause de moi,
un innocent ira en prison.
- Sébastien.
- Qui ?
- Merci. Et bravo !
Elle soupire.
Léger soupir
- On l'a peut-être enlevée ?
On vole des femmes pour en faire des esclaves sexuelles.
- Vous vous sentez bien ?
Oh, il pèse un âne mort, ce sac !
- J'ai juste mis cinq saucissons, deux tommes de fromage,
six pots de miel, une vingtaine de compotes
et quatre bouteilles de ma soupe
Ă la fleur de capucine.
- La chance !
- Et des radis,
pour le régime de sœur Constance.
- On part pas
en randonnée, non plus.
Elle toussote.
Sœur Solange, je vous confie les clefs de la maison.
Je compte sur vous. Elles s'exclament.
Je vais ramener ma brebis égarée à la bergerie.
Sœur Constance, sœur Marthe, tête haute et en rythme.
Musique entraînante
Faut pas tout prendre au pied de la lettre non plus.
Le Seigneur invite simplement ses fidèles à se méfier
des voluptés charnelles et culinaires.
VoilĂ . LĂ , c'est que du saucisson.
-Évidemment.
- Mesdames. Titre de transport.
Elle s'exclame. - Un homme !
Musique cocasse
- Bah, oui, un homme.
Alors, mes sœurs.
Vous avez peur du loup ? Il rit.
- Je ne vois pas de loup. Juste une dinde en uniforme.
Il se racle la gorge.
Il soupire.
- Merci.
- Hop, vite ! On est très en retard !
Bonjour. - Bonjour. Bisous, maman.
- Bisous. Bah, dis donc, Simon !
Mon bisou, quand mĂŞme.
Bah, alors ? Bonne journée, mon cœur.
- Qu'est-ce qu'ils ont grandi !
- Lucie ?
Sonnerie de l'école Elle s'exclame.
Dans quoi tu t'embarques encore ?
- C'est Sébastien. Je peux pas l'abandonner.
- Lui, il a pas hésité.
Ça fait 20 ans. Tu le connais plus.
Le temps s'est pas arrêté.
- Le temps n'y fait rien.
Un innocent risque la prison.
- Un innocent ?
T'es sûre de toi ? - Oui, j'en ai la preuve.
- C'est quand mĂŞme triste.
On se voit plus jamais.
Tu connais Ă peine mon mari, mes enfants.
Je comprends pas, en fait.
Comment tu peux gâcher ta vie...
- Mathilde, on va pas recommencer.
- T'as raison, excuse-moi.
C'est juste que tu me manques.
- Toi aussi.
Petit rire
- Pourquoi tu nous as pas dit que t'étais là ?
- Tu sais très bien pourquoi.
- Après tant d'années, tu lui en veux encore ?
Ton Christ pardonne sur la croix
et tu pardonnes pas à ta mère ?
Cloches Musique douce
- T'as des nouvelles de la sœur de Sébastien ?
- La dernière fois que je l'ai eue, elle s'installait à Doulcon.
- Au lac vert ?
- Son mari est de lĂ -bas.
- Tu pourrais
me prĂŞter ta voiture ?
- Ma voiture ? Oh, lĂ , lĂ .
C'est pas ma voiture, c'est celle de Xavier.
Il y tient comme Ă la prunelle de ses yeux, donc...
- S'il te plaît.
Cahots
Elle est bruyante, cette voiture.
"Words" F.R. David
Sanglots
Musique triste
Sébastien, si toi aussi, tu m'abandonnes...
Un,
deux, trois !
Gémissement affolé
Elle tousse.
Je fais quoi, moi, maintenant ?
Soupir désespéré Puis ça, ça marche pas !
On est mal, Seigneur !
-Je confirme, on est dans la merde.
Musique mélancolique
Elle soupire.
Elle soupire.
- Petite bĂŞte Ă bon Dieu.
Fais que quelqu'un s'arrête, s'il te plaît.
Elle souffle.
Klaxon
"One Hour To Love Me" Craig Gildner
-Ça va ?
Elle soupire.
Ça vous ennuie si on fait une pause ?
- Non. J'en profite pour faire une toilette.
Ma robe est dans un état épouvantable.
- Salut, Kevin. - Salut, Mike.
- Bonsoir, mesdames. - Ma sœur.
Musique intrigante
Elle soupire.
- Doux Jésus...
Je vais jamais réussir à ravoir tout ça.
Bonjour.
Musique majestueuse
Vrombissement
Doux Jésus.
Vrombissement Elle rit.
Vrombissement
Musique légère
Petits cris affolés
Oh, c'est...
Elle gémit.
Soupir excédé
- Quelle tuile pour les clients, cette panne.
- Tu l'as dit, darling.
On frappe. - Mesdemoiselles ?
- Oh, mais... - Je suis coincée à l'intérieur.
- Qu'est-ce qu'elle fait lĂ ?
- Vous ĂŞtes toute nue ?
- Je suis coincée à l'intérieur.
Elle frappe. Musique légère
- Alors, ça donne quoi ?
- Bien, le soutien-gorge !
-Ça change beaucoup de ma tenue de religieuse.
- Attention !
La musique va crescendo.
Pretty woman !
- Julia Roberts ! Cris enthousiastes
Sirène
Sonnette
- Bonsoir, ma fille.
Je suis mère Henriette.
Voici sœur Marthe, sœur Constance.
Nous sommes des sœurs de sœur Lucie, votre sœur.
Rire gêné
- Chère belle-mère.
Mes sœurs, un peu de vin ?
- Non. - Juste une goutte.
- Non. - Le sang du Christ !
- Sans façon.
- Bon...
- Je voudrais pas avoir l'air de faire des généralités,
mais souvent, nos sœurs disparues se tournent vers leur famille.
Elles renouent un lien affectif avec leur vie d'avant.
- Mmh. - D'avant leurs vœux.
-Évidemment.
- Tu m'étonnes. - Sœur Lucie
est peut-ĂŞtre dans le coin.
Elle attend le moment propice pour se manifester.
- Bah, oui, merci.
Je dois appeler mes filles. Je peux emprunter le téléphone ?
- Bien sûr.
Rire gêné - Juste là .
- Bon, je récapitule.
Tu t'es fait choper en train de racoler.
Tu as 7 000 euros en cash
et des préservatifs, mais t'es religieuse,
et un sèche-mains a brûlé ta robe ?
- Oui, c'est exactement ça.
- Tu sais, t'as tort de le prendre comme ça.
Je peux te pourrir la vie, si je veux.
- Enfin, puisque je me tue Ă vous dire...
Il frappe. - Oui ?
- Bon, j'ai vérifié son identité. Elle est bien religieuse.
- Oh ! Merci, monsieur ! - Ah !
- Quand mĂŞme !
Quelle humiliation !
- T'es sûr ?
- Formel. J'ai eu l'une de ses sœurs.
C'est... - Mère Henriette ?
- Quoi ?
Bon, sœur Charlotte, recentrez-vous.
Pour racolage ?
Vous êtes sûre de vous ?
- Archi-sûre. C'est ce que les gendarmes m'ont dit.
- Putain de ta mère.
-Pardon ?
- Ils ont rien dit d'autre ?
- Rassurez-vous, ma mère, c'était avant.
- Avant quoi ? -Avant que je leur explique
qu'ils faisaient forcément fausse route.
Sœur Lucie, je la connais très bien.
C'est absolument hors de question qu'elle fasse du racolage
sur une aire... - Oui, bon. Donc ?
-Donc,
ils se sont excusés.
Ah oui, très corrects. Oh !
Et ils l'ont relâchée.
- Voilà ! Pourquoi vous dites pas ça plus tôt ?
Et elle est oĂą ?
- Qui ?
- Ta sœur !
- Que fait ma sœur là -dedans ?
- Sœur Lucie ! Sœur Lucie, elle est où ?
Elle s'exclame.
Claquement de langue
Zut ! J'ai pas pensé à leur demander.
- Alors, là , Seigneur, excusez-moi, mais elle est complètement con.
Écoutez-moi, sœur Charlotte. À l'avenir,
vous ne touchez plus jamais au téléphone !
Elle raccroche.
- AllĂ´ ?
- Vous avez l'air contrariée, ma mère. - Contrariée ? Pas du tout.
Une sœur a été arrêtée pour racolage, une autre est une idiote.
À part ça, tout va bien.
Alors, on se sort les doigts, on retrouve sœur Lucie
et on la ramène au bercail, fissa !
"Get Down" Deluxe
Elle soupire. - Que la paix du Seigneur soit avec vous.
On sourit ! Déclencheur
Cri
Hurlement
Sonnette
J'aimerais essayer la cire qui enlève les poils.
Ça fait pas trop mal ?
- Pas du tout.
Hurlement Écho
Tintements
Musique douce
- Attention ! - Oh.
Soupir gêné
Bonjour, Nathalie.
Lucie. Tu te souviens de moi ?
L'amie de Sébastien.
- Qu'est-ce que tu fais lĂ ?
- Je cherche ton frère.
J'ai traversé le pays pour venir ici. Je dois lui parler.
Je peux prouver son innocence.
- Ah ouais ?
Bah, tu perds ton temps.
On n'a plus aucune nouvelle.
Depuis le supermarché, il a disparu. On vit un cauchemar.
- Je suis désolée.
Nathalie. Tu te souviens
si Sébastien a un tatouage à l'avant-bras ?
- Je comprends pas bien, Lucie.
Tu disparais 20 ans,
puis tu réapparais ?
T'es plus religieuse ? - Si, toujours.
- Pourquoi t'as fait ça ?
À ton entrée au couvent,
Sébastien est devenu fou, tu le sais ?
Il a fait n'importe quoi.
- Il a même pas cherché à ...
- T'as détruit sa vie !
Musique mélancolique
T'oublies mon frère.
Sanglots
- Seigneur !
Seigneur, vous ĂŞtes lĂ ?
Si Nathalie dit la vérité, ça veut dire que je suis un monstre.
Bip
-Je ne suis pas sûr de comprendre.
Elle renifle.
Musique sombre
Musique d'orgue angoissante
Fracas
C'est qui, la plus sympa ?
- C'est lulu !
- Tournée
générale de shots !
Musique rock Cris de joie
Il s'exclame. -Ă€ tes amours !
- Tiens.
- Eh bah, elle est généreuse, celle-là .
Eh ben, sacrée descente, hein ! Elle soupire.
-Ça fait longtemps que j'ai pas bu.
Parce que moi,
j'étais religieuse.
Je le suis plus.
Démissionné.
Je mérite pas.
- HĂ© ! Pour Lulu qui est plus religieuse,
hip, hip, hip...
- Hourra !
Il rit.
- Tu dors oĂą, ce soir ?
J'habite à côté.
- ArrĂŞte, bas les pattes. Non, mais !
MĂŞme si je suis plus religieuse, j'ai des promesses que je dois tenir.
- En fait, t'es toujours religieuse.
- Non. Il rit.
- Si. - Non.
- Elle l'est encore.
- Je le suis plus, je vous dis !
Ma banane.
OĂą est ma banane ?
On me l'a volée !
On m'a volé ma banane ! Poussez-vous !
Ma banane...
Musique rythmée
Vous, lĂ !
ArrĂŞtez-vous !
Fracas Larsen
Elle reprend son souffle.
Larsen
Elle halète.
- Bienvenue dans le monde des vivants.
Cloches
- Je vous serai reconnaissante Ă vie.
Vous avez sauvé mon enfant.
- C'est pas moi qu'il faut remercier.
Le Seigneur a mis Lucie sur ma route. - Ah.
Oui, bien sûr.
- Sœur Henriette !
Sœur Henriette !
On vous réclame.
- Ah !
Je dois vous laisser.
Allez dans la paix du Christ.
Et plus de bĂŞtises, Lucie.
Promis ?
- Promis.
- Oui ?
Musique mélancolique
- Quelle plaie !
T'aurais pas pu ĂŞtre secourue par une autre ?
C'est quoi, ça ? - Un cadeau de sœur Henriette.
Elle s'exclame.
- Je l'aime, maman.
- Sœur Henriette ?
- Mais non ! Sébastien.
-Ça te passera.
Tu croyais quoi ?
Que vous alliez vous enfuir,
tous les deux ?
T'es d'une naïveté !
Ce garçon se fiche bien de toi.
Quoi encore ?
La musique couvre ses paroles.
Bips
- Coucou !
Elle est réveillée, notre coquine.
Elle soupire.
- Je suis lĂ depuis quand ?
- Quatre ans.
Eh oui, ça passe vite.
Nous avons un nouveau président.
C'est une femme et elle est noire.
Petite exclamation
Et on a gagné l'Eurovision.
- C'est pas possible.
Elle rit. - Bien sûr que c'est pas possible.
Je vous fais
marcher !
Vous avez dormi deux jours.
- Deux jours !
- On a prévenu le couvent.
Vos sœurs sont ici.
Elle soupire.
On vous libère. Mais attention, plus d'alcool.
Parce que le Seigneur est pas content.
Il vous a bien punie. Elle tchipe.
Mmh.
- Mère Henriette va me défoncer.
Musique légère
Oh, non !
Il a pris mon argent et mon téléphone.
Soupir soulagé
Elle soupire.
Pardon, Seigneur, de m'être égarée.
Elle s'exclame.
- Doux Jésus.
Alors, de deux choses l'une.
Soit vous rentrez avec nous au Tremblay
et on tire un trait sur cette fâcheuse affaire.
Soit vous poursuivez votre quĂŞte,
enfin, appelez ça comme vous voulez.
Mais alors, qu'on soit bien d'accord,
vous trouverez porte close Ă votre retour au couvent.
Ai-je été assez claire ?
- Claire comme de l'eau bénite.
- Tout ça pour un voyou qui vous a pas donné
de nouvelles pendant des années ?
Vous perdez la tête, sœur Lucie.
N'oubliez pas que vous avez fait vœu de fidélité et d'obéissance
envers Jésus-Christ.
- Mais j'ai rien oublié.
Mais je sais aussi que Sébastien est innocent
et que le Seigneur m'envoie ici pour le sauver.
- Péché d'orgueil.
Péché d'orgueil, ça s'appelle.
- Bah, oui.
Péché d'orgueil.
Et vous savez quoi ?
J'ai mĂŞme appris Ă mentir.
Cri d'admiration
Et je bois.
Elle s'exclame.
Je vole et je jure.
- Bon, ça suffit, maintenant !
Seigneur Dieu Marie Joseph !
- Ah !
Vous aussi, vous jurez.
Dans un couvent, enfermée, privée de tout,
c'est facile d'avoir des principes, de sermonner.
De tenir ses promesses au Seigneur.
Dans la vraie vie, c'est une autre paire de manches.
Elle soupire.
Et j'en ai marre d'être traitée comme une enfant.
Je suis en préménopause !
- Bon.
J'ai un ami qui a un monastère non loin d'ici.
Nous y dormirons.
Vous pourrez réfléchir jusqu'à demain.
Elle frappe.
Plus bas.
Il s'exclame.
- Oh !
Les occasions sont si rares de partager notre table et notre couche
avec des consœurs.
- Oh ! Ce sera parfait pour sœur Lucie.
Un peu d'austérité lui fera le plus grand bien.
La porte claque.
Elle soupire. Crise d'adolescence.
-À son âge ?
Petit rire
Sœur Marthe chante Amazing Grace.
- L'huile d'olive, ils la font eux-mĂŞmes.
C'est un rituel, je crois.
- C'est le cœur chargé d'émotion
que nous vous recevons dans notre humble monastère.
Nos coupes sont pleines.
Bien pleines.
- Oh, oui !
- Alors,
vidons-les.
- Vidons-les ! Vidons-les !
Vidons-les !
Gémissement de plaisir
- Mmh.
Claquement de langue
Il soupire.
Petite exclamation
Enfin, père Benoît.
Que faites-vous ? - Henriette...
-Ça suffit. Reprenez-vous. Nous ne sommes plus des enfants.
- Nous ne sommes plus des enfants.
Nous ne sommes plus. - Nous ne sommes plus.
- MĂŞme pas un peu ?
- MĂŞme pas un peu.
Elle soupire.
Gros bĂŞta, vous changerez jamais.
- Jamais.
On frappe.
- Sœur Lucie ?
Sœur Lucie, cessez de faire l'enfant, s'il vous plaît.
Puisque c'est comme ça, je m'en vais.
Tant pis !
Père Benoît vous a trouvé des affaires plus appropriées.
Je les pose lĂ .
Au revoir. Je pars.
Bonne nuit !
Pas
- Je vois vos pieds sous la porte.
- J'ai lu le compte-rendu de votre rendez-vous chez le médecin.
Je comprends vos doutes et votre peine.
Elle s'exclame.
Mon enfant.
Sanglots
C'est un sacrifice énorme pour le Seigneur
qu'abandonner l'idée d'être mère un jour.
Mais nous devons l'accepter avec amour.
Et humilité.
Elle sanglote.
C'est la preuve que nous lui restons fidèles.
Elle renifle. Oh...
Je comprends que dans un moment si particulier,
vous vouliez retrouver ce garçon.
Qu'est-ce que vous croyez ?
On a toutes un Sébastien enfoui quelque part.
- J'ai besoin de savoir pourquoi il est pas venu sur le pont.
- Je comprends.
N'oubliez jamais que la prière est là pour vous guider.
Hein ?
- Merci, ma mère.
Musique céleste
Elle soupire. Je fais comment, moi ?
Donnez-moi un signe. Juste un.
S'il vous plaît, Seigneur.
Choc L'oie cacarde.
Elle s'exclame.
- Sœur Lucie ?
Je peux vous couvrir jusqu'Ă l'Assomption.
Après, je préviendrai l'évêché.
Vous en répondrez devant le diocèse.
- Merci, ma mère.
Mais pourquoi ?
- Disons que l'amour entre deux êtres est sacré.
C'est une grâce.
Trouvez comment Dieu veut que vous vous aimiez.
Trouvez la réponse à votre question, aussi.
Sœur Constance et sœur Marthe viendront.
C'est plus prudent.
Sœur Lucie se rappelait que Sébastien
passait l'été chez ses grands-parents, à Angeot,
un petit village sur la route de Compostelle.
C'était l'endroit que Sébastien préférait au monde.
Ça tombait bien,
toutes les bonnes sœurs rêvent de faire ce pèlerinage un jour.
"Stand By Me" Ben E. King
- Je peux vous poser une question ?
- Bien sûr.
- Il vous arrive de douter ?
- De Lui ? Non. Jamais.
Mais de retrouver Sébastien, oui.
Gazouillis des oiseaux
Vous entendez ?
- J'entends les oiseaux. C'est le printemps qui chante.
Vrombissement sourd Musique inquiétante
- Rangez-vous !
Vite !
Cris de douleur
- Mon pied est coincé.
- Sœur Constance !
Laissez-moi faire. Elle pleure.
Klaxon
Cris affolés
- Mon Dieu, vous allez vous faire broyer !
- Allez-y !
- Seigneur Jésus, sauvez-nous !
Sauvez-nous, pauvres pécheurs !
Crissement des freins
Sifflement des freins
Elle halète.
Merci, Seigneur.
Elle soupire.
- On poursuit notre feuilleton quotidien.
Aujourd'hui, vous allez découvrir une religieuse pas ordinaire.
Voici un jour dans la vie de sœur Lucie.
Sœur Lucie parcourt des kilomètres à pied
avec deux de ses camarades,
sans raison particulière ni destination précise.
Autre fait surprenant,
un conducteur de train affirme avoir vu la religieuse
arrêter son train qui fonçait droit sur elles.
Alors, miracle ou légende urbaine ?
Notre envoyé spécial est allé à la rencontre de sœur Lucie.
-Le train s'est arrêté, car il avait de bons freins.
-Pourquoi marchez-vous ?
Pour la paix dans le monde ?
Contre la faim, la misère ?
-Pas du tout. On marche pour retrouver Séb...
-La paix intérieure.
On marche pour retrouver la paix intérieure.
-Exactement.
Notre mouvement s'appelle "En Marche" ! - Ah bon ?
-Vous étiez enfermée depuis quand ?
-Le couvent, c'est pas une prison.
J'y suis rentrée il y a une vingtaine d'années.
-Et le monde d'aujourd'hui a changé ? - Ah, oui. Beaucoup, même.
-Vous avez découvert des choses que vous ignoriez ?
-Oh, plein. Plein !
J'ai découvert que...
Musique mélancolique
Parfois, c'est utile de savoir mentir.
Si le Seigneur a donné une couleur à chaque rose,
c'était pour s'y retrouver dans nos sentiments.
J'ai découvert qu'on pouvait lutter contre la dictature phallocrate.
J'ai découvert
qu'un kébab, c'était presque mille calories.
Et surtout,
j'ai découvert que les gens avaient tous besoin de croire en quelque chose.
Peu importe que ce soit un dieu ou une personne réelle,
il leur faut juste quelqu'un qui les inspire.
Qui leur donne confiance et envie d'ĂŞtre meilleurs.
J'ai la conviction profonde
qu'il faut nous aimer beaucoup.
Et s'entraider, aussi.
-Quelle sera votre prochaine étape ?
-Oui ! On suit la route du fils du tonnerre !
-Saint-Jacques de Compostelle.
-Oui, Ă Angeot !
-Il nous reste qu'Ă vous souhaiter un bon voyage.
Musique douce
-Ça, alors !
C'est vous que j'ai vue au journal ! - Oui.
- Oh, vos mots, c'était si...
Ça m'a fait un bien fou ! Rire gêné
Je peux marcher un peu avec vous ?
- Si vous voulez.
- Vous mangez quoi ? - De la flammekueche.
Une spécialité locale.
- Vous mangez quoi ?
- Tielle sétoise.
Spécialité du coin.
- Je peux goûter ? Il acquiesce.
Léger brouhaha
Vous mangez quoi ?
- Saucisse de Strasbourg.
- Je me demande ce que font tous ces gens avec nous.
- Moi, je me demande comment ils font leurs pralines.
- Ils ont besoin de spiritualité, sœur Lucie.
D'amour et de spiritualité.
Musique calme
- Dans deux jours, c'est l'Assomption.
Alarme
Elle soupire.
Alarme
Elle tapote un message codé.
Musique douce
Elle soupire.
- Bonne nuit, sœur Lucie.
Stridulations d'insectes
- Où es-tu, Sébastien ?
Cloches
Brouhaha
- Allez, on y va ! Elle s'exclame.
Elle soupire et halète.
Musique céleste
Sébastien.
- Rejoins-moi au jardin d'enfants.
Brouhaha d'enfants
Tiens, mon grand.
Quand je t'ai vue au journal, ça m'a...
Bonne idée le rendez-vous ici.
- J'étais pas sûre que tu regardes la TV
et encore moins que tu comprennes.
J'ai tenté le coup.
-Ça fait bizarre.
- Un peu, ouais. Rire gêné
-Ça va, t'as l'air bien.
T'es heureuse ?
- Heureuse ?
Ça, je sais pas.
C'est différent de la vie que j'imaginais.
- Sébastien Frobert ?
Musique sombre
Je vais vous demander de me suivre.
- Tu m'as trahi ?
- Mais non.
Musique d'action
- Poussez-vous !
Poussez-vous !
- Bouge !
Fracas
Crissement de freins
- Monte, vite !
- Putain...
Il halète. - Oh, putain.
- Tu penses que je t'ai trahi ?
Je connais pas cet homme.
- Et cette voiture ?
- C'est Ă mon daron.
- Hein ?
- Vous me prenez en otage, lĂ ?
Trop cool !
-Ça va pas ? Pas du tout !
Pourquoi t'as volé cette voiture ?
- J'ai cru qu'il allait te tirer dessus.
Sirène
Elle s'exclame. Doux Jésus.
Sirène - Merde.
- Oh, chanmé !
En direct sur YouTube.
- Lucie, je suis innocent.
- Alors, rends-toi et dis la vérité.
Musique rap
- Baisse ton arme ! Coup de feu
- Vous faites quoi ? - Démarre.
- Quoi ? - Démarre, putain !
Sirène
- J'étais au courant de rien.
Des gars de la cité m'ont demandé de les accompagner.
- Montre tes bras. - Quoi ?
- Montre tes bras !
Je te promets que tu seras innocenté si tu te rends.
J'ai un témoin.
- Trop tard. Ils m'ont tout foutu sur le dos.
Plus personne me croira.
- Je me suis enfuie de mon couvent.
J'ai traversé le pays pour te retrouver.
J'ai pas fait tout ça pour rien.
- Je t'ai rien demandé.
T'as fait un choix y a 20 ans.
On aurait pu rester ensemble.
- C'est toi qui m'as abandonnée !
Musique triste Pourquoi t'es pas venu sur le pont ?
J'ai voulu mourir. Tu m'as brisé le cœur.
- Je te demande pardon.
Je suis pas venu parce que...
Parce que j'ai eu peur !
Peur de partir, de quitter ma famille pour...
- Pour moi ? - Mais on était des gamins.
On serait revenus au bout de deux jours.
Je suis allé te voir pour t'expliquer.
Ta mère m'a dit que tu voulais plus entendre parler de moi.
Que t'étais rentrée au couvent.
Au couvent !
J'arrivais pas Ă y croire.
- J'ignorais ça.
- On rattrape pas 20 ans, Lucie.
Je m'en sortirai seul, j'ai pas besoin de toi.
- Gendarmerie nationale !
- C'est fichu.
Je descends.
Il soupire. J'ai plus le choix.
- Mains derrière la tête !
Couchez-vous !
- Sébastien !
- Un.
Petit rire
- Deux.
- Trois.
Musique triste
- Sébastien !
- Mains derrière la tête !
Ils halètent.
- Tu veux me rendre service ?
Cherche plus jamais Ă me sauver.
Ils rient.
Ils soupirent.
Il soupire.
- Sébastien ?
C'est pas juste
pour te sauver que j'ai fait ce voyage.
Mais aussi pour me prouver que j'avais pris la bonne décision.
Que j'avais fait le bon choix.
En Le choisissant, Lui.
- Face Ă ce mec, j'aurais jamais fait le poids.
La concurrence aurait été rude.
- Et maintenant ?
- Maintenant ?
"Words" F.R. David
Pas Ă l'approche
- J'ai d'excellentes nouvelles sur Sébastien.
- Ah !
- Son avocat est optimiste.
Grâce à tout ce tintouin médiatique et sa confession en direct,
l'affaire a fait beaucoup de bruit.
Sébastien sera innocenté, c'est certain.
Le Seigneur a entendu nos prières.
- Enfin !
- Concernant l'autre affaire... Raclement de gorge
- Oui ?
- Mon enfant, il est encore temps.
Pour la dernière fois, êtes-vous certaine de ce que vous avancez ?
- Enfin !
Je vous dis qu'on s'est juste embrassés !
Vous ĂŞtes reloue.
- Reloue ? - Sérieux !
C'est ouf de pas me croire.
Je m'en souviendrais, si on l'avait fait.
- C'est certain, on s'en souvient.
Ça, c'est...
Enfin, j'imagine, parce que, évidemment, je n'en sais rien.
Doux Jésus...
J'appelle tout de suite l'évêché.
Oh, quelle histoire !
Mais quelle histoire !
Elle soupire.
- Je crois que la mère supérieure est un peu perdue, Seigneur.
-On le serait Ă moins, Lucie.
Rire et petit gémissement
Elles chantent "I Say A Little Prayer" d'Aretha Franklin.
-The moment I wake up
Before I put on my makeup
-Makeup !
I say a little prayer for you
-While combing my hair, now
- Vierge, ménopausée, et elle nous pond un mioche.
Je veux bien avaler toutes les couleuvres du monde,
mais je suis pas une cruche.
- Maman, c'est un miracle.
- Ah oui, bien sûr !
Et moi, je suis le pape. - Oh, arrĂŞte.
Elles continuent de chanter.
- Gabriel...
- Ce bébé que vous voyez, c'est Gabriel.
- L'Église t'accueille avec une grande joie.
- Vous vous rappelez ? Le bonhomme qui gambadait, au début.
- En Son nom,
je te marque de la croix, qui est le signe de Jésus,
notre sauveur.
- Et voilĂ , mon histoire touche Ă sa fin.
Je sais ce que vous vous demandez.
Et son père, dans tout ça ?
Je vous avais dit qu'il fallait croire aux miracles.
Applaudissements
"I Say A Little Prayer" Aretha Franklin
- Un, deux, trois, soleil !
Mmh...
Elle crie.
Sœur Charlotte !
- Ah, non ! Non, elle m'a poussée !
Cri outré
Musique douce
Musique entraînante
Sous-titres : Sandrine Niggeler
Sous-titrage : TransPerfect Media France
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