All language subtitles for War-Gods.of.the.Deep.1965.720p.BluRay.H264.AAC-RARBG

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Original subtitles

LES DIEUX DES PROFONDEURS

"Dans une étrange cité solitaire

"Au plus profond de l'Ouest

"Où les bons, les mauvais les pires et les meilleurs

"Sont allés au repos éternel

"Résignées, sous les cieux Gisent les eaux mélancoliques

"Mais voici un souffle dans l'air

"La vague, on voit un mouvement

"Comme si leurs crêtes avaient doté la Mort

"de son temps sans partage"

II y a un cadavre, M. Harris. Drôlement vêtu.

Je le vois. Qui est-ce ?

C'est M. Penrose, l'avocat qui conseillait Mlle Tregellis.

- Pauvre diable. - Pour sûr, c'est l'œuvre du diable.

- Tais-toi, idiot. - Il pouvait rien en sortir de bon.

Une jeune Américaine au manoir, des avocats, et ce jeune homme

avec ses échantillons de cailloux et ses questions sur la vieille mine.

Il va t'entendre, moulin à paroles.

Il a entendu. Bon, et ce corps ?

II faut prévenir Mlle Tregellis.

Trés bien, j'irai.

M. Harris ? Vous êtes venu nous aider pour l'électricité ?

La lumiére s'est éteinte pendant l'orage.

Dans le temps, on pouvait compter sur les bougies.

Je suis venu voir Mlle Tregellis.

Vous auriez dû venir pour les lumiéres, les invités se plaignent pour de bon.

Entrez. Je vais vous conduire.

Attendez là. Je vais chercher Mlle Tregellis.

Je viens avec vous.

Mlle Tregellis est avec un invité.

Un artiste, dit-il.

Il a quelque chose d'étrange.

Ce qu'il peint ne vaut pas grand-chose.

Il a amené la bête avec lui.

La bête ?

Vous verrez. Elle est là-dedans avec lui.

- Qui est-ce ? - Mumford, madame.

M. Harris est là. Il insiste pour vous voir.

- Un instant. - Je ne reste pas.

La derniére fois que j'ai attendu, la bête est sortie.

J'ouvre la porte, mais entrez vite.

Quel plaisir de vous voir ! II s'appelle Herbert.

Herbert ?

Jill, je suis venu vous parler de M. Penrose.

Je suis trés déçue, Ben. Je croyais que c'était une visite de courtoisie.

Nous sommes les deux seuls Américains du village.

Nous devrions être amis !

- Harold ? - Oui ?

M. Harris a attrapé Herbert.

- Harold ? - C'est un de nos invités. Un artiste.

- Voulez-vous faire sa connaissance ? - Avec plaisir.

Dans ce cas, entrez et fermez la porte.

- Harold ? - Oui, Jill ?

- Voici M. Ben Harris. - Comment allez-vous ?

Comment allez-vous ?

Et voici M. Harold Tufnell-Jones.

Vous vous demandez ce que je fais là-haut, non ?

Je n'y suis pas en permanence, mais il a fallu poursuivre Herbert.

Vous m'aidez à descendre ?

Pourrais-je parler à Mlle Tregellis au sujet de son avocat ?

Cela attendra bien que je sois sur la terra firma.

- Vous m'aidez ? - Bien sûr.

A propos de M. Penrose...

Nous irons le voir dans un instant. Il a passé la journée dans son bureau.

- Comment allez-vous ? Merci beaucoup. - Ce n'est rien.

Veuillez me suivre. J'aimerais vous montrer quelque chose.

Un autoportrait. Il vous plaît ?

II est trés ressemblant, si quelqu'un en veut.

- Bien sûr que quelqu'un en voudra. - Si quelqu'un en veut ?

- Voyez, je l'ai signé moi-même. - Harold Tufnell-Jones, F.R.A.

Vous êtes membre de l'Académie royale ?

Non. Fondateur du Réveil Avicole. Trés chic.

- M. Penrose est dans son bureau ? - Oui, la porte en face.

Je rentre de la plage et...

Il y a quelqu'un.

Qu'est-ce que c'est ?

Retournez m'attendre dans l'autre piéce. Allez-y.

Je vous en prie.

Vous allez bien ?

- Quelqu'un est-il sorti par cette porte ? - Non.

- Vous en êtes sûre ? - Certaine.

- On aurait dû ? - Je l'ignore.

Où est M. Penrose ?

J'ai trouvé son corps sur la plage.

Il est mort.

- On ne devrait pas laisser le corps ici. - De quoi as-tu peur ?

II n'est pas encore né, celui qui pourra me traiter de lâche.

Il y a des choses qu'on ne devrait ni voir ni entendre.

Quelles choses ?

II a encore entendu les cloches fantômes.

Oui, la nuit derniére, et elles étaient rouges dans la mer,

de la couleur du sang.

Je ne les ai jamais entendues, et je suis né ici. Viens, fiston.

Tu entends vraiment ces cloches ?

Oui. Elles étaient au fond de la mer.

- Les cloches d'un naufrage ? - C'est Lyonesse, la cité perdue en la mer !

- C'est un conte de bonne femme. - Il y a bien une cité.

Il y a des milliers d'années, la mer l'a recouverte.

Et elle est là, engloutie dans les profondeurs.

- Pourquoi les cloches sonnent-elles ? - On a trouvé M. Penrose, non ?

II y a en eu d'autres. Le son des cloches, c'est signe de mort.

Voilà, c'est mieux. Il ne reste que celui-là.

- Où sont les clous ? - Il manque un livre à la collection.

Ne vous en faites pas. A Tregathion, les choses disparaissent tout le temps.

Vraiment ?

Savez-vous que le vieux curé a disparu il y a 50 ans ? II n'est jamais revenu.

Vou savez, vous êtes une mine d'informations fascinantes.

C'est drôle, on dit qu'il s'est perdu dans une vieille mine d'étain.

Et vous, vous parlez de mines !

Quel rapport avec le livre manquant ?

Peu importe le livre.

J'ai glissé entre les pages une de mes esquisses de Jill.

- Ah bon ? - Où sont ces clous ?

Pourquoi voudrait-on voler votre esquisse de Jill ?

La modestie m'interdit de dire que, peut-être,

c'était un homme de goût qui appréciait une œuvre d'art.

Les voilà.

- Je me demande... - Veuillez tenir ça.

Tout ce qu'il se passe, la mort de Penrose

et la disparition de cette esquisse.

- Et alors ? - Tout est lié.

Tout a un point commun : Jill.

Vous avez un faible pour les mystéres.

Vous essayez de nous faire peur. Tu ne crois pas, Herbert ?

Que pensez-vous qu'il se soit passé ici ? J'ai vu cette chose.

J'ignore ce que c'était. Ce n'était pas humain.

Vous êtes raisonnable, intelligent, homme du monde et de savoir-faire.

N'importe qui, dans cette demi-obscurité,

pourrait prendre un intrus pour quelque chose de plus mystérieux.

C'est possible, non ?

Je suis un ingénieur des mines, entraîné à l'observation.

Je cherche les petites choses qu'un œil ordinaire risque de ne pas voir,

car un indice infime peut rapporter une fortune à mes employeurs.

Si je dis avoir vu une chose ou un être peut-être suprahumain,

je suis sérieux.

Je vais mettre de vrais pantalons, avec des jambes.

Merci de votre gentillesse.

Qu'allez-vous faire, rester ou repartir en Amérique ?

Je ne sais pas. L'héritage n'est pas encore réglé.

M. Penrose y travaillait lorsque...

- Essayez de ne pas y penser. - Je n'y arrive pas.

Ecoutez-moi. Je vous dis que vous êtes en danger.

Je veux simplement que vous alliez dans un endroit plus peuplé.

Je refuse de fuir.

Vous êtes têtue.

- Que faites-vous ? - Je vérifie.

Laissez-les comme ça, vous m'entendez ?

- Des algues. - Vous recommencez.

D'accord, j'imagine des choses.

Tout le monde le dit, je ferais bien de le croire.

Peut-être bien.

- J'ai trouvé Herbert. - Je vais me coucher.

Bonne nuit.

Bonne nuit, allez vous reposer.

Bonne nuit.

Elle est absolument charmante.

Une source d'inspiration pour tout artiste.

Cela dérangerait-il quelqu'un que je dorme sur le canapé ?

- Charmante. Pourquoi ? - Pour monter la garde.

Trés sage. Désolé de vous laisser. Je veux une bonne nuit de sommeil.

Demain matin, je peins quelque chose de tout à fait nouveau.

Le crépuscule.

- Un crépuscule le matin ? - Je travaille lentement. Bonne nuit.

C'est vous.

J'aimerais que vous cessiez de faire l'idiot.

Vous auriez pu me blesser. J'aurais pu ne plus jamais peindre.

Vous devez avoir une raison de rôder derriére les portes.

J'ai attrapé Herbert, il s'était encore échappé.

Je me doutais que ça se produirait.

Ce qui était ici tout à l'heure est revenu s'emparer de Jill. Mais comment ?

Ces vieilles maisons sont pleines de cachettes et de passages secrets.

Faites-moi confiance ! Ce qu'il faut ici,

c'est de la jugeote.

S'il y a une porte dérobée, il doit y avoir un bouton secret quelque part.

Mon instinct me dit d'appuyer ici.

Ou là.

Vous allez la chercher là-dedans ?

Oui.

Vous ne vous attendez pas à ce que je vienne, si ?

Venez.

Je vous avertis, je suis un peu poltron.

On l'a emmenée par là.

Ça sent le vieux fromage.

Il y a une traînée d'eau de mer.

Et pas mal d'algues. Ce serait parfait pour un restaurant chinois.

Essayons par là.

Venez.

Attendez là.

Attention !

Les canards ont du bon. L'eau glisse sur eux.

Ils nagent et peuvent aider les autres, contrairement à certains poulets !

Qu'est-ce que c'est que cet endroit ?

Je l'ignore. On dirait une espéce de porte sur la mer.

Si vous laissiez ce poulet ? II ne fera que nous embarrasser.

Il ne sait pas quel est le meilleur ami de l'homme, hein, Herbert ?

Ça va bien quelque part.

Et j'ai l'horrible impression que vous voulez savoir où.

Ne t'en fais pas, tout va bien.

S'il doit y avoir un séisme, mieux vaut quitter le pont.

Je ne passerai pas mes vacances ici.

Allons voir plus loin.

Asseyons-nous et attendons qu'il arrive quelque chose d'agréable.

Attention !

Vous avez failli perdre votre oiseau.

Herbert et moi nous vous remercions.

Il vous pondra peut-être même un œuf.

D'où cela vient-il ?

Qu'est-ce que c'est ?

- Et ça ? - Quoi ? Par là ?

C'est la seule issue.

Faites attention.

Dans quel pétrin nous sommes-nous fourrés ?

Essayons de l'aider.

Enlevons-lui cette chaîne.

Sortez.

Vite ! Par là ! Dans quelques secondes, il y aura de l'eau partout. Allez-y !

Inutile, on ne peut pas l'aider.

Allez-y !

Qui peut bien faire ce genre de choses ?

Trouvons Jill.

Sismologie, de J.S. Tilton.

C'est étrange. Il n'est pas mouillé. Rien n'est mouillé.

Et comment se procurent-ils l'huile des lampes ?

Voilà mon esquisse de Jill. Comment est-elle arrivée là ?

Où est-elle ?

Vous êtes bon lutteur, jeune homme.

L'avez-vous tué ?

Peu importe. Il me hait.

Il aimerait prendre ma place, mais il n'a aucune chance. Debout.

Ne t'inquiéte pas, Dan. Il ne te touchera pas.

Il pourrait même t'apprendre à te battre,

si tu le lui demandes humblement. Debout !

Maintenant que cette affaire est réglée, à qui avons-nous...

Qui êtes-vous, monsieur ?

C'est le capitaine.

On dirait que vous avez tenté d'emprunter les passages au mauvais moment.

Il se trouve que nous avons ici un phénoméne local

qui crée une sorte de maelström

dans certaines conditions de marée et de circonstances.

Auriez-vous l'amabilité de nous montrer la sortie ?

II n'y a pas de sortie, pas pour vous.

Ni pour lui.

Ni pour la jeune fille ? Est-elle vivante ?

C'est moi qui pose les questions, ici.

Pas de sortie ?

Vous ne pensez pas nous garder pour de bon !

Non, vous avez raison.

Alors laissez-nous partir !

II y a une petite chance que vous puissiez être utiles.

J'en serais ravi. J'aime rendre service.

Vraiment.

- Et si nous ne vous sommes pas utiles ? - Ici, la survie dépend de l'utilité.

Dans ce cas, comment vous être utiles ?

Suivez-moi.

Admirable, n'est-ce pas ?

- Qu'est-ce ? - La cité en la mer.

- Lyonesse ? - Peut-être. Un nom en vaut un autre.

J'ai demandé comment nous pouvions vous aider.

Le voilà.

Le volcan.

Le piton est fait de sable pétrifié, c'est pourquoi il est transparent.

Mais la pression de la lave fondue emprisonnée à l'intérieur

augmente réguliérement.

C'est l'attraction de ce monstre,

la puissance des éléments qu'il renferme, qui vous a conduits ici.

Je me souviens du temps où il était pratiquement endormi.

Mais la lueur a augmenté au fil des ans.

Les secousses, aussi, sont de plus en plus fortes.

Oui, la fin est proche.

Un an, un mois, une semaine.

- Une semaine ? - Peut-être.

Peut-être même moins.

Vous contemplez l'exécuteur ultime.

Le temps s'en va.

La seule question qu'il reste est : Quand ?

Entendez-vous ces pompes ?

Le peuple qui l'a bâtie les a installées.

Un grand peuple.

A tel point que, lorsque la mer s'empara de leur terre,

ils fabriquérent ces pompes pour canaliser la chaleur du volcan

et apporter de l'air frais et de l'eau.

Ces gens vécurent ici un moment, sous la mer,

dans leurs palais et leurs tours.

Puis ils s'éteignirent presque complétement.

Hormis eux.

Les hommes poissons, à demi humains,

restes pathétiques d'une grande nation.

Mais ils sont tout de même mon peuple.

- Votre peuple ? - Oui. Ce monde est le mien.

Je suis leur roi.

Non, plus que leur roi.

Ils pensent que je suis la Mort.

La Mort gigantesque dominant depuis sa tour.

Ils ont raison, je suis la Mort, car mes mains peuvent donner la mort.

Mais, pour la même raison, je suis la Vie.

Mais il y a le volcan ?

Oui.

Il y a le volcan.

Si les secousses ne cessent pas, les pompes s'arrêteront, obligatoirement.

Et lorsque les pompes s'arrêteront,

ma cité mourra.

Ainsi que mon peuple.

J'ai fait de mon mieux.

Je me suis creusé la cervelle pour trouver une façon de nous défendre.

Des incursions là-haut, à la recherche d'une solution.

Nous avons pris ceci il y a des années.

C'est un sismographe. Il enregistre les secousses de la terre.

Et qu'a-t-il indiqué ?

La violence croissante du volcan, qui augmente de jour en jour.

Alors nous avons cherché des livres.

Oui, comme celui-là. Je l'ai lu la nuit derniére du début à la fin.

Il est plus qu'inutile.

Mais je dois sauver mon peuple.

Comment ?

On dit que la science a accompli des pas de géants au cours de ce siécle.

Comment ça, au cours de ce siécle ?

- Depuis quand êtes-vous là ? - C'est moi qui pose les questions.

Et je refuse d'accepter la défaite.

Aucun homme n'en a le droit.

Regardez.

Voilà mon peuple.

C'est une partie de chasse, dirigée par mes hommes.

Ces créatures nous aident à nous procurer de la nourriture.

Inutile de le dire, ici, le poisson est notre ordinaire.

Savez-vous depuis combien d'années je n'ai pas mangé de bœuf

ou de poulet ?

- Et Penrose ? Nous l'avons trouvé mort. - Il a eu sa chance.

J'ignore pourquoi, peut-être parce que je l'aimais bien.

Mais il était inutile, alors je l'ai fait sortir

dans un de ces scaphandres.

Je lui ai laissé de l'avance.

Il est même allé jusqu'à la chapelle d'or, mais pas plus loin.

- Vos hommes l'ont tué ? - J'ai dit qu'il avait eu sa chance.

Comme vous avez la vôtre. La fin, dites-vous.

Pourquoi rester ?

II existe une sortie, vous savez où elle est,

alors pourquoi ne pas partir ?

Pourquoi ?

Vous l'apprendrez si vous vivez assez longtemps.

Je vois. Quant à la question de trouver la sortie...

Qui êtes-vous ?

Je m'appelle Harold Tufnell-Jones. Je suis artiste.

- Voici Herbert. - Un poulet.

Vous ne connaissez pas votre chance.

Voici Benjamin Harris. Le professeur Benjamin Harris.

Membre de l'Académie des sciences.

Pour le nord et le sud de l'Angleterre, il détient

la médaille d'or des prouesses technologiques.

Il est titulaire d'un D.E.U.G., d'un D.E.A.,

d'un D.E.S.S., S.G.D.G.

Son nom est suivi d'un véritable alphabet.

Ce qu'il ignore sur les séismes, la sismologie

et les prouesses technologiques, ne mérite pas d'être connu.

- Est-ce vrai ? - Bien sûr que oui.

Ce J.S. Tilton, c'est un amateur.

Le véritable expert, c'est mon ami Ben. N'est-ce pas ?

Pouvez-vous sauver ma cité ?

- Du volcan ? - Oui. L'arrêter, le dompter, le tuer ?

Cela demande réflexion, et la réflexion prend du temps.

Nous n'en avons pas.

- Pas de temps. - Capitaine.

Voici notre marégraphe.

La marée s'inversera lorsque le niveau de l'eau sera à zéro.

Vous avez exactement trois heures.

Utilisez-les au mieux.

- Non, laissez ! - Ce dessin est de moi.

C'est un de mes meilleurs, non ? Peut-être un peu trop réaliste.

Vous n'êtes pas un artiste épris.

La jeune femme est beaucoup plus belle.

Alors elle est vivante ? Lci ?

Oui, et vous êtes vivant aussi. Essayez de le rester.

Où est-elle ?

Simon.

Conduis ces hommes à la chambre de la grotte.

Inutile de questionner Simon.

On lui a coupé la langue il y a 60 ans.

- 60 ans ? - Conduis-les.

Que sont ces chuchotements ? Désolé.

Etes-vous aussi fou que le capitaine ? Que sais-je sur les volcans ?

C'est intéressant. Peut-être du babylonien.

Nous avons eu une rude journée, non ? Sans grand résultat, cependant.

Que sais-je sur les volcans ?

Autant que le capitaine, autant dire rien.

Je crois que vous parlez trop.

Si j'arrête, nous sommes morts. Vous voulez que j'arrête ?

Bon, je regrette. Mais 60 ans !

La langue coupée il y a 60 ans, quand je jurerais que cet homme en a 30.

- Le capitaine mentirait ? - Je ne sais pas.

Où ont-ils trouvé ces scaphandres et ces arbalétes ridicules ?

Plutôt anciens, non ? Le capitaine Nemo aurait pu s'en servir.

De toute évidence, ils les utilisent.

Les poémes d'Edgar Allan Poe.

C'est la premiére édition anglaise,

publiée en 1847.

Elle doit valoir une fortune.

"Nul rayon n'émane des cieux sacrés

"Sur la longue nuit de cette ville

"Car une lueur blafarde sourd de la mer

"Coule en silence sur les tourelles

"Luit sur les clochetons, lointaine et libre

"Sur les dômes, les fléches, les suites royales

"Sur les temples, sur des murs babyloniens

"Sur les ombreuses charmilles oubliées

"Sur les lierres sculptés et les fleurs de pierre

"Sur mainte merveilleuse chapelle

"Dont les frises contournées entrelacent

"Les violes, la violette et la vigne

"Tant se confondent ombres et tourelles

"Que tout semble osciller dans l'air

"Alors que d'une fiére tour de la ville

"Domine la Mort gigantesque

"Les vagues ont à présent une lueur plus rouge

"Les heures respirent faiblement

"Et quand, parmi des gémissements venus d'un autre monde

"Trés bas, alors cette ville s'établira

"L'Enfer, se levant de mille trônes

"Lui rendra hommage"

La fin : Le volcan.

L'enfer lui-même.

- Le poéme est une co'incidence. - Macabre.

Il nous faut sortir d'ici. Il y a sûrement une voie.

- Peut-être un de ces passages. - Oui, c'est trés possible.

Ce serait dommage de partir sans emporter un souvenir.

Rien de précieux. Juste un petit quelque chose.

Nous ne prendrons que Jill. Mais il nous faut la trouver.

Et vous pouvez, ce n'est pas un probléme.

Comment, nous sommes libres ?

Comme oiseaux en cage, car vous ne trouverez pas la sortie sans mon aide.

- Comment ? - Les murs ont des oreilles.

- S'il nous entendait... - Comment le pourrait-il ?

Vous avez affaire à un fou. Il nous tuerait tous.

Trés bien !

Pouvez-vous nous conduire à Mlle Tregellis ? La jeune fille ?

Oui. Et vous faire sortir d'ici.

Mais je viens avec vous, et je veux bénéficier d'un pardon absolu.

Un pardon absolu.

Vous êtes une personnalité.

Vous pouvez user de votre influence pour me l'obtenir.

Pour quel crime ?

Contrebande, quoi d'autre ?

II existe d'autres crimes : Meurtre, vol qualifié...

Il s'agissait de contrebande.

Il était capitaine.

Un homme important, châtelain de Tregathion.

Propriétaire du manoir et des terres alentour, sur des kilométres.

Un gentilhomme, mais cependant un contrebandier.

On travaillait tous pour lui.

Et on s'en sortait bien, jusqu'à l'arrivée des agents des accises.

Des accises ?

II a fallu qu'ils y mettent le nez. Ils sont venus un soir. On s'est tous enfuis.

Plus de 20 hommes, avec le capitaine. On a suivi les passages.

On les connaissait tous. Jusqu'au fond de la mer.

On a trouvé la cité, et on y est depuis.

Depuis quand ?

C'était l'été 1803.

- Vous devez être fou. - Qui ne le serait aprés cent ans ici ?

Cent ans ?

Vous ne me croyez pas ?

Voyez vous-mêmes. Ce livre était à sa femme.

La femme du capitaine. Regardez.

C'est le nom du capitaine. Hugh.

Sir Hugh, en fait.

Chevalier du royaume. Là, c'est son écriture.

A la plume d'oie. Voyez comme le temps a fait pâlir l'encre.

Vous avez la preuve que c'est l'écriture du capitaine ?

Regardez. C'est le même "O",

le même "E" et le même "T".

Et ces mots ne sont pas vieux de plus de huit ans.

- Voilà le stylo dont il s'est servi cette fois. - Un stylo à plume.

L'homme qui l'a apporté ici a dit qu'ils venaient d'être inventés.

Le capitaine l'a utilisé pour écrire ceci. Et ces mots-là datent de 1799.

Alors ? On fait affaire ?

Je peux vous conduire à la femme et à Tregathion.

Mais j'aurai mon pardon là-haut ?

Tu n'auras pas de pardon. Où que ce soit.

Je m'attendais à cela, Dan.

Non, capitaine. Je leur parlais seulement de nous.

- De nous ? T'ont-ils cru ? - Vous avez cent ans ?

Davantage, en fait. C'est difficile à croire, non ?

Vous voulez notre aide ?

Le monde a besoin de la vôtre. Vous avez découvert l'immortalité.

C'est un secret que nous ne pouvons partager.

Ce n'est, hélas, qu'un phénoméne local.

- Je n'arrive pas à y croire. - Cela ne me surprend pas.

Nous non plus,

les 10 ou 20 premiéres années.

Puis nous avons découvert que nul d'entre nous ne vieillissait.

Nous avons conclu que c'était la qualité de l'air,

à cause d'un déficit en oxygéne

provoqué par la présence du volcan.

- Leur as-tu dit où elle était ? - Non.

C'est vrai.

C'est inutile. Je vous conduirai à elle moi-même.

- Quand vous aurez dit au revoir à Dan. - Au revoir ?

Je ne leur ai pas dit où elle était !

Regardez-le. Il est pathétique, non ?

Croyais-tu vraiment que tu pouvais remonter vivre là-haut ?

Lmbécile !

Ou peut-être aurais-je dû te dire la vérité depuis longtemps.

La vérité ?

Cela vient des rayons actiniques, des ultraviolets.

Sous la mer, ils se diffractent

et ne peuvent nous nuire, mais là-haut, ils nous tueraient.

C'est faux. J'y suis allé souvent, comme bien d'autres.

Pas longtemps. Et toujours la nuit.

A la lumiére du jour, nous vieillirions si vite

que nous nous ratatinerions comme des vers sur une pierre brûlante.

Voilà pourquoi nous sommes prisonniers de notre propre enfer.

- Mais nous sommes vivants. - Oui.

Et tu aurais pu le rester, si le professeur peut nous aider.

Oui, c'est vrai.

Tu aurais pu vivre à jamais.

Mais tu as peut-être de la chance.

- Emmenez-le ! - Non !

C'était la plus forte.

- Vos pompes fonctionnent toujours. - Oui.

Pour combien de temps ?

Cela vient plus vite que je ne le croyais.

Regardez.

Ces pauvres créatures ont peur.

Je vous ai dit que j'allais vous conduire à la jeune femme. Venez.

Bandez-leur les yeux.

N'allez-vous pas un peu trop loin ?

- Si vous insistez. - Mes hommes vous guideront.

Il ne vous arrivera rien pour l'instant.

"Pour l'instant" !

Enlevez-lui son bandeau.

Le sien aussi.

- Le mien ? - Enlevez-le.

Merci.

Nous l'avons endormie. Elle a inhalé un somnifére.

Voilà la cloche.

Oui, mais pas les cloches auxquelles vous pensez.

Elles ne sonnent que quand la marée change.

Non. C'est le signal de l'exécution.

- La nôtre ? - Non, celle de Dan.

Vous l'avez tué.

Non. Je l'ai simplement envoyé là où il voulait aller.

Là-haut. A la lumiére du jour.

Mon Dieu, qui voilà ? Des étrangers ?

Une nuit bruyante pour votre premiére visite.

Pour qui était le gong d'exécution ?

Etait-ce pour... Non, bien sûr que non.

Il y a huit ans de cela. Enfin, il me semble.

Elle dort encore. Elle est jolie.

Trés jolie. Et elle a l'air d'une gentille fille.

Permettez-moi de me présenter.

Je m'appelle lves.

Pére Jonathan lves.

J'étais le curé de Tregathion.

Le village, vous savez.

Un endroit agréable. De braves gens.

Mais on dit que vous avez disparu il y a 50 ans.

Il y a si longtemps ?

On ne voit pas le temps passer. Même ici.

Assez parlé, vieil homme. Et ces deux en ont assez vu. Les bandeaux.

Si vous lui faites du mal...

A elle ? Pourquoi lui ferais-je du mal ?

Inquiétez-vous de vous.

Vous devez trouver une solution, vous vous rappelez ? Emmenez-les.

Elle s'éveille.

Veille-la, vieil homme.

Enlevez-leur les bandeaux.

Venez avec moi.

Dan et le capitaine sont arrivés par ici,

ces escaliers doivent donc conduire à la tour.

Où méne cette porte ?

- Que mijotez-vous encore ? - Nous voulons nous enfuir, non ?

- Dan disait qu'il nous sortirait d'ici. - Et que son aide nous était nécessaire.

- Evidemment. - Et alors ?

II y a un moyen de sortir d'ici. Trouvons-le.

- Pas sans Jill. - Bien sûr que non. Elle vient avec nous.

Comment ? Je ne sais pas du tout où elle est.

Moi, si. J'ai compté le nombre de nos pas et les tournants qu'on a pris.

En arrivant par ici,

on a fait sept pas et tourné à droite.

Donc, en repartant, on fait sept pas et on tourne à gauche.

Encore 60 pas, et voilà l'escalier.

Qu'attendons-nous ?

Un, deux...

Ça ne peut pas être ça. Attendez.

Trois, quatre, cinq, six, sept.

Ai-je dit droite ou gauche ?

- Gauche. - C'est ça.

Suivez-moi.

Béatrice.

Ne me laisse plus jamais.

Tu es revenue à ton époux aprés toutes ces années.

Ne me laisse plus jamais.

Pas tant que je vivrai.

57, 58, 59, 60. Là.

Nous allons essayer de vous sortir de là.

- Comment êtes-vous venus ? - Plus tard.

D'abord, savez-vous par où ils vous ont amenée ?

II faisait sombre et je me débattais tant.

Mais il y avait des passages.

Et une grotte, je crois.

Puis j'ai dû m'évanouir. C'est la derniére chose que je me rappelle.

Il y avait un homme, et sa façon de me regarder...

Vous n'êtes donc pas passée par la mer ?

II y a donc une voie non submergée.

La connaissez-vous ?

Vous voulez dire la sortie ? Oui, il y a une voie.

Mais ma mémoire n'est plus tout à fait ce qu'elle était.

Les choses semblent m'échapper.

Essayez de vous souvenir.

Je vais me souvenir. Dans un instant.

J'ai remarqué que les souvenirs vont et viennent.

- Saviez-vous qu'ils ont tué Dan ? - Son esprit s'égare.

Il sait parfois ce qu'il dit, mais le plus souvent...

- Qu'y a-t-il derriére l'autel ? - Une autre piéce. Sans issue, dit-il.

Prenons l'autre passage. Je passe devant.

- Et M. Ives ? - Voulez-vous venir avec nous ?

Vous vous souviendrez peut-être, si vous venez.

Non, merci. Il y a tant de bruit !

Je préfére rester à mon aise. Pauvre Dan.

Il était si bon.

Il y a du bon en chacun, ne croyez-vous pas ?

Enfin, ce sont les préceptes

sur lesquels j'ai fondé ma vie.

Ma trés longue vie.

Celui-là. A droite.

C'est un vrai labyrinthe, n'est-ce pas ?

J'aurais dû vous avertir que ces passages étaient une perte de temps.

Vous avez donc trouvé la jeune femme.

- J'ai sous-estimé l'un d'entre vous. - C'est moi.

Dans ce cas, vous avez droit à votre récompense.

Il est pourtant dommage que le professeur doive souffrir aussi.

Souffrir ?

- C'est la cloche des exécutions ? - Oui.

Mais elle a d'autres usages.

- Qu'allez-vous faire de nous ? - Ils en décideront.

- La mort ? - Bien sûr.

Mais nous devons suivre un rituel établi.

J'ignore de quand il date.

Ils voulaient faire un sacrifice au volcan.

- Maintenant, ils le peuvent. - Quoi, lui ?

Vous.

Mais c'est idiot. Nous tuer n'arrêtera pas le volcan.

Je le sais, mais pas eux.

Si un sacrifice doit les rendre plus heureux le peu de temps qu'il reste...

Ecoutez vos pompes.

Le son a changé.

Vous avez raison, je le crains.

Mais cela ne modifie pas votre situation.

Ils ont pris leur décision.

Vous serez exposés

juste avant le changement de marée.

Pourquoi attendre ?

Nous ne sommes pas des meurtriers. Vous aurez votre chance.

On vous donnera des scaphandres et de l'avance, tout comme à Penrose.

Pour le bien que ça lui a fait !

C'est vrai. Cela ne vous aidera sans doute pas beaucoup non plus.

Mais quelle chance a eue Dan ?

Dan était un traître. Votre seul crime a été la curiosité.

A quoi l'avance nous servira-t-elle ?

- Viendra-t-elle aussi avec nous ? - Non.

Ramenez-la.

Et à propos, n'essayez plus de la retrouver.

A partir de maintenant, ces passages seront gardés. Vas-y, Simon !

Simon est encore dehors, bien sûr ?

Que diable...

Doucement. On entend tout, sauf les murmures.

- Ici ? - Oui. Il me l'a dit.

Il va bien maintenant. Il sait ce qu'il dit.

Oui. Vous les avez entendus.

- Eux aussi vous entendent. - Comment ?

Lls ont des espéces de tubes d'écoute, alors chuchotez.

Comment êtes-vous entrés ? II y a un garde dehors.

Il y en avait un.

Vous vous rappelez la voie ? Par laquelle ils ont amené Jill ici ?

Bien sûr. Mais elle ne sert à rien pour l'instant.

Elle n'est à sec que quelques minutes par jour.

- Vous devez attendre 18 heures. - 18 heures ?

Vous devrez vous échapper quand la marée changera.

- Ils vont nous faire sortir. - La jeune femme me l'a dit.

- Là, dehors ? - Il le faudra.

Il sera trop tard quand les gardes vous poursuivront.

Maintenant ?

Vous devez être à la chapelle d'or au changement de marée. A 800 métres.

La grotte sous la falaise, à droite du volcan.

Comment y aller ?

II y a des scaphandres à la porte des eaux.

- Vous êtes arrivés par là. - C'est vrai.

C'est dangereux. Mais si vous restez, vous mourrez. Qu'avez-vous à perdre ?

Bien.

Vous descendrez à la porte des eaux, tous les trois.

Vous mettrez les scaphandres. Ils sont lourds et peu maniables.

Mais vous vous y habituerez.

Et la manivelle de commande de la porte est à droite.

Rouillée, mais elle fonctionne.

Sous la mer, la lueur du volcan vous guidera.

Suivez la lueur et dépassez le cratére.

La chapelle est émergée au changement de marée.

Un chemin méne à Tregathion.

Mais si le volcan n'est pas actif, comment nous guidera-t-il ?

Vous devez accepter cette éventualité.

Et les gardes de la porte des eaux ?

II n'y en aura plus quand l'alarme sonnera.

Le gong d'exécution est aussi le signal d'alarme.

Aprés le signal, tous les gardes qui sont sur l'escalier

se rueront dans le passage pour voir si vous êtes là.

Pour les abuser, montez à la tour et descendez l'escalier qui s'y trouve.

Personne ne vous entendra, avec le bruit du gong.

- Qui sera dans la tour ? - Juste moi, en train de sonner l'alarme.

Le capitaine se sera retiré dans sa chambre.

Bien, je monte maintenant à la tour.

N'oubliez pas, au bruit du gong, rejoignez-moi immédiatement.

- Ne pouvez-vous venir avec nous ? - Merci, mais non.

Je suis trop vieux et trop...

Trop fatigué.

Il y a une chose.

Vous n'avez pas besoin de courir ce risque.

Il se trouve que je sais pourquoi vous êtes ici.

C'est à cause d'une esquisse trouvée dans un livre volé.

J'étais avec le capitaine lorsqu'il l'a trouvée.

Je n'ai jamais vu homme plus ému.

Il a ordonné de vous amener ici. On aurait dit qu'il était possédé.

Mais vous pouvez rester. Personne ne vous fera de mal.

Bonne chance. Donnez-moi deux minutes.

Je suis vraiment désolé.

Ne t'en fais pas. On rentrera à l'heure pour le thé.

Venez.

Vite, en route !

- Qui est-ce ? - Venez. Vite, je vous en prie !

C'est un portrait de moi !

Non, ce portrait a plus de cent ans. Allez-y !

C'est moi.

Allez ! La marée ne vous attendra pas.

- Il a raison, il nous faut partir ! - Venez.

Il faut essayer ou mourir.

- Ces hommes sont-ils là ? - Ils sont partis.

Ils ne doivent pas s'enfuir.

Dans la mer, de quel côté faut-il aller ?

- Aucune lumiére ne vient du volcan. - Mettez le casque. Vous verrez à travers.

Ne me quittez pas des yeux et ne vous éloignez pas.

Où est-elle ? Où sont ces hommes ?

Une femme. Assez agréable.

Où est-elle ?

- Vous leur avez dit comment s'enfuir. - Ce n'était que justice.

Les hommes, partez devant ! Trouvez-les ! Suivez-les !

Vite, munissez-vous des arbalétes !

Venez ! Vite ! II n'y a pas de temps à perdre !

Je reviens.

Viens ici. Ne...

Il est dehors. Tout va bien.

Oui, mais nous sommes dedans, et tout va mal.

Ne restez pas comme ça, creusez.

Revenez ! Ne me laissez pas !

Cet endroit sera sous l'eau dans quelques minutes.

Vous ne pouvez pas en sortir seuls.

Je peux vous aider.

Attention.

Béatrice, écoute-moi.

Dis-leur que nous nous sommes trouvés.

Il faut qu'ils m'aident, pour que je puisse te sauver !

Le passage, à gauche.

Venez, nous ne pouvons pas l'aider. Il est déjà trop tard pour nous.

Verrouillé !

Essayons ici.

"La Mort, à des climats plus doux

"donnera son temps sans partage"

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