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(chuchotements et toux)
(musique grave)
- Les personnes innocentes se souviennent jamais de rien.
Si Frédéric Lalonde avait tué Julia Ouimet
le 17 décembre 2023, il se souviendrait de tout,
dans les moindres détails.
Quand on veut cacher son crime,
on se fabrique des scĂ©narios dans sa tĂȘte,
qu'on se répÚte ad nauseam.
Julia Ouimet a été portée disparue le 17 décembre 2023.
On a retrouvé son corps le 21 mars 2024,
soit trois mois plus tard.
Le 25 mars, on arrĂȘte FrĂ©dĂ©ric, on le questionne.
Il dit ne pas se souvenir de ce qu'il a fait
le 17 décembre au soir.
Mesdames, Messieurs, est-ce que vous vous souvenez
de ce que vous avez fait le 17 décembre?
C'est pas un crime de pas se souvenir.
(musique grave)
Et c'est pas un mobile valable pour accuser quelqu'un.
Ceux qui connaissent bien Frédéric
sont venus vous dire ici aujourd'hui
que la personne qu'ils connaissent serait incapable
de poser un tel geste.
Ces personnes-lĂ le qualifient de bon gars.
Ce qui est pas non plus une preuve de son innocence.
Ce qui la confirme,
c'est l'absence de preuve.
Qu'est-ce qu'on sait?
Pas qu'est-ce qu'on pense qu'on sait.
Qu'est-ce qu'on sait vraiment? Qu'est-ce qu'on a?
Rien. Pas la moindre preuve
que Frédéric ait rencontré Julia cette journée-là .
Aucune trace de Frédéric sur les lieux du crime:
pas d'empreintes, pas de preuves d'ADN,
pas de mobile. Rien! La seule chose
que les procureurs ont à vous offrir, c'est le témoignage
d'une personne à qui Frédéric se serait confié. Quatre fois
cette personne-lĂ a Ă©tĂ© rencontrĂ©e par les enquĂȘteurs.
On a eu droit Ă ... une, deux, trois, quatre;
quatre versions différentes.
(musique grave)
Celle de Frédéric, elle a jamais changé.
C'est la chose la plus difficile,
essayer de prouver quelque chose qu'on n'a pas fait.
C'est tout ce que vous avez Ă retenir.
(musique grave)
Merci de votre attention.
(aboiements)
(musique sombre)
(approche de pas)
(impact)
- Je pensais que t'étais déjà partie au cégep, toi.
- Fallait que je te parle avant.
Je le sais que tu dĂźnes avec maman demain.
- InquiĂšte-toi pas, Charlie,
ce sera pas le dßner de la réconciliation.
- Vous ĂȘtes pas les premiers Ă divorcer, pis pas
les derniers non plus. Dis-toi que c'est plus intelligent
d'avoir la paix que d'avoir raison.
- T'as pas autre chose Ă faire que de te mettre le nez
dans mes affaires ce matin? - Anthony a gagné son procÚs.
- Enfin, il va pouvoir venir faire le travail
pour lequel on le paye. - Il a fait libérer
un jeune faussement accusĂ© de meurtre. Tu devrais ĂȘtre fier.
- Un dossier d'aide juridique gratis sur mon bras.
J'aurai pas de crédits d'impÎt pour ça, moi.
- Sois gentil avec ma mĂšre, OK? - Hum, hum.
- Sérieux, papa, là , réglez ça.
Ce serait le plus beau des cadeaux
que tu pourrais me faire.
C'est mon anniversaire demain. 18 ans.
Juste au cas oĂč tu t'en souviendrais pas.
- Je m'en souviens certain. - L'an passé aussi,
tu t'en es souvenu... une semaine aprĂšs.
(musique douce)
(sirĂšnes)
(musique douce) - Alors, d'abord,
Anthony, bravo pour ta victoire hier au tribunal.
- C'est juste un dossier oĂč les policiers
se sont dĂ©pĂȘchĂ©s de se trouver un coupable
en se disant que la DPCP allait s'arranger avec le reste.
- Minimise pas ce que t'as fait. T'es un excellent avocat,
et c'est tout. - C'est vraiment une exception.
Je fais pas de contentieux.
Les procÚs, je laisse ça aux autres.
Ma job, c'est justement d'en éviter à nos clients.
- C'est un peu pour ça qu'on est ici.
Bon, on sait que toi et ton pĂšre, c'est difficile.
- C'est mon pÚre. On n'est pas différents des autres.
- Il voit Ăric dans sa soupe. - Moi, je comprends pas.
T'as plein de talents. T'es pas tanné d'arriver deuxiÚme?
- Si vous voulez m'offrir quelque chose,
vous vous y prenez pas de la bonne maniĂšre.
- On aimerait t'avoir chez nous. - On connaĂźt ta valeur.
On sait ce que tu peux amener Ă l'entreprise.
- Pis ce qu'on t'offre, lĂ , c'est de penser Ă toi
avant de penser aux autres.
- Quand on veut offrir quelque chose Ă quelqu'un,
on le fait pas avec les mots, on le fait avec les chiffres.
(musique intrigante)
- Stéphanie, j'ai pas du tout envie
d'aller m'obstiner au restaurant avec toi.
- Si tu veux pas t'obstiner, t'as juste à régler.
- C'est cette attitude-lĂ qui est pas trĂšs invitante.
- Je veux qu'on en finisse. On rÚgle ça là ,
sinon on s'en va devant les tribunaux.
Pis ça, je pense que c'est la pire des solutions.
- Bon. Au Levernois, demain midi tapant.
(bips de ligne coupée)
(musique énergique)
- Bonjour, Monsieur Dumas. Hum...
Je sais pas si vous avez eu le temps de regarder mon rapport.
- Je vais passer au travers cet aprĂšs-midi.
- Vous... Vous m'en redonnerez des nouvelles.
- C'est un rapport sur quoi? - La sécurité autour du Stade.
- Grosse victoire pour Anthony au tribunal.
- Il a passé son temps à expliquer aux membres du jury
que les enquĂȘteurs de police, c'est tous des incompĂ©tents.
Ăa va ĂȘtre le fun quand on va avoir besoin de leur aide.
- Tout le monde connaßt José Savaria?
- Oui, le DG du club de hockey.
- Pierre-Marc Corbin, le fameux joueur de centre.
Mégane Viger, 20 ans, serveuse dans un café au centre-ville,
étudiante à la Polytechnique.
Ils se seraient rencontrés au Vésuve.
Ils ont passé la soirée ensemble,
pis ils se seraient ramassés au condo à Corbin.
Il l'aurait agressée sexuellement,
pis l'équipe veut savoir ce qui s'est passé.
- Elle a porté plainte à la police?
- Si elle l'avait fait, je serais en train de t'en parler?
Non, non. Ils voulaient passer par des enquĂȘteurs privĂ©s.
- Comment ça s'est rendu à leurs oreilles?
- Ce que je comprends, c'est que Corbin serait allé voir
son Dwight Summers raconter ce qui s'était passé:
la fille le lùchait pas, l'a suivi toute la soirée.
Le lendemain, elle l'a appelé pour le menacer.
Il pense qu'elle veut de l'argent.
- Attends. Est-ce qu'il l'a agressée, oui ou non?
- C'est ça qu'on sait pas, c'est ça que le club veut savoir.
- Si elle veut de l'argent, c'est de l'extorsion,
c'est criminel. C'est un cas pour la police.
- Comment c'est venu aux oreilles de la direction?
- Tu sais bien que le coéquipier a parlé
au DG. Ăa se protĂšge, ce monde-lĂ .
- La parole de l'un contre la parole de l'autre.
- C'est ça qu'ils veulent: la version du mangeux de pucks
pis celle de la serveuse. Pis l'équipe veut absolument pas
que ça sorte dans les médias tant qu'ils auront pas eu
le temps de se faire une tĂȘte. - LĂ , on n'a pas le contrĂŽle
sur la fille. Elle peut dire pis faire ce qu'elle veut.
- Le mandat, c'est pas de la faire taire. C'est de savoir
ce qui s'est vraiment passé. C'est pas pareil.
âȘâȘâȘ
(sonnerie)
Te v'lĂ , toi.
- "Bonjour, Anthony", ça te tentait pas, non?
- ArrĂȘte de faire ta princesse. Viens me voir dans mon bureau.
(soupir)
T'as décidé de défendre ton client,
contrairement à ce que je t'avais conseillé.
T'as gagné ton procÚs. Bravo. Tout à ton honneur.
On a du travail à faire ici, là . Je t'ai parlé de l'affaire
de Pierre-Marc Corbin? - Oui.
- Il va ĂȘtre au bar Le Maillet ce soir.
Il faudrait que t'ailles voir ça,
lui parler sans trop l'énerver. T'es bon là -dedans.
"On est là pour te protéger", bla, bla, bla.
- Je lui dis que le club nous a mis au courant?
- Pas encore, non. - OK. J'ai su ça comment, moi,
qu'il aurait agressé la fille? - Va voir les autres, là .
- Quels autres? - Sophie pis Ăric.
Regarde, je leur ai expliqué, là .
Je ferai pas le travail Ă votre place.
- Elle est pas allée voir la police non plus?
- D'aprĂšs toi? - Je te pose la question.
- J'ai tout expliquĂ© Ă Sophie pis Ăric,
pis je me répéterai pas. Va les voir.
As-tu aimé ça,
ton petit-déjeuner avec Cazal pis Amadeo?
Si t'es pas content,
tu peux cĂąlisser ton camp d'icitte.
Tu laisseras la clé de ton char sur ton bureau
pis la carte de crédit qui va avec.
(musique énergique)
- J'ai l'impression que le club
cherche à protéger le joueur, pis le coéquipier aussi.
- Je veux bien, mais je le l'approche comment, lui?
Comment ça se fait que je suis au courant de cette histoire-là ?
- Si tu disais que la fille t'a parlé?
- Il me répondra jamais. Il va laisser ça à son agent.
- Je suis pas si sûre de ça, là . "Hé, mon agent, j'ai oublié
de te dire, j'ai agressé une fille chez nous hier."
- Si c'est vrai, parce que sinon, tu dis au mĂȘme agent:
"Eille, hier, il y a un privé qui est venu voir avec
une histoire Ă dormir debout." - Peu importe, il parlera pas,
Ă moins que je lui dise que c'est le club qui m'envoie.
- Non, ça... ça, le boss veut pas ça.
- C'est quoi, la solution?
- Fais comme tu le fais toujours si bien, Anthony.
Tu le dis sans vraiment le dire.
"Il y a du monde qui veulent ton bien.
On est là pour te protéger."
Faut que tu lui parles de toute façon.
On a besoin de sa version avant que le club le confronte.
C'est ça le mandat.
(rires)
(musique lounge)
(ouverture d'une porte)
- C'est quoi, là ? - C'est écrit sur la carte.
- C'est quoi ça, Intelco?
- Ăa aussi, c'est Ă©crit sur la carte.
Demande-moi pas ce que je fais.
C'est écrit en dessous de mon nom.
âȘâȘâȘ
- T'es avocat. Pour qui?
Pour elle? - Intelco.
- Qui t'a envoyé?
- Les toilettes, c'est la pire place pour parler.
Il y a plein de tuyaux. Tout coule ici.
(musique intrigante)
- Qui t'envoie ici? - Relaxe.
Je suis ici pour te protéger.
Je suis fan, en plus. Pierre-Marc Corbin,
38 buts, 23 passes. (sifflement)
Google-moi. Tu vas voir ce que je fais.
- Qui t'a parlé de cette histoire-là ?
- Du monde qui ont pas avantage
de voir sortir ça au grand jour.
Je vais avoir besoin de ta version des faits.
Mais on fera pas ça dans un stationnement.
- C'est Mégane Viger qui t'envoie?
- Je sais mĂȘme pas de quoi elle a l'air.
La carte que je t'ai donnée.
Tu m'appelles quand tu veux. Mais dĂ©pĂȘche-toi,
parce que t'as pas le luxe de prendre ton temps.
(sirĂšne de recul de camion)
(ballade pop)
- Qu'est-ce qu'on peut vous servir?
- En fait, j'aimerais parler avec Mégane, s'il vous plaßt.
- Mégane.
- Oui? - AllÎ, Mégane.
J'aimerais ça vous parler.
(musique intrigante)
- Donne-moi deux minutes. OK?
- Je travaille pour Intelco.
C'est une firme d'enquĂȘteurs privĂ©s.
- Vous travaillez pour lui ou pour le club?
- Ni un ni l'autre.
- J'ai rien à dire, de toute façon.
- Vous ĂȘtes pas obligĂ©e de me parler.
Si je suis ici, c'est parce qu'il y a des gens
qui sont au courant de ce qui s'est passé,
pis ils aimeraient ça avoir votre version de l'histoire.
- Je peux pas. Je travaille. - Vous pouvez passer me voir
aprĂšs votre travail. - Si c'est pour m'offrir
de l'argent pour que je me ferme la yeule,
vous perdez votre temps. - Non. Ce serait
un acte criminel de ma part de vous offrir de l'argent.
Tout ce qu'on cherche à savoir, c'est ce qui s'est passé.
- C'est-tu le club ou c'est Pierre-Marc Corbin
qui vous envoie? - C'est des gens
qui veulent connaßtre la vérité.
- Meg. Come on. - Faut que j'y aille.
- Appelez-moi, si vous avez envie de jaser.
(musique intrigante)
Est-ce qu'elle va m'appeler ou non, aucune idée.
- Elle a pas insisté pour savoir qui t'avait mise au courant?
- J'ai pas vraiment répondu. Elle a pris
le temps de me dire: "Si c'est pour m'offrir
de l'argent, vous perdez votre temps."
- Ăa peut ĂȘtre une façon d'en demander sans en demander.
- Bon, je présume rien, dans son cas.
C'est moi qui suis allée la voir, pis pas l'inverse.
- Bon. Corbin, ç'a donné quoi?
- Il veut savoir qui m'a mis au courant de cette histoire-lĂ .
Je lui ai dit: "Je peux pas. Le boss veut pas."
- Sérieux, là , tu lui as dit quoi?
- Rien. C'est un joueur de hockey. J'ai patiné.
Mais ça se peut que je lui dise que ça vient du club.
- Ils m'ont demandé de rester dans l'ombre pour un moment, là .
- Ben lĂ , on peut lui dire: "Toi, dis-moi tout,
mais moi, je te dis rien."
Pourquoi c'est pas le DG qui lui pose la question?
C'est son joueur, aprĂšs tout.
- Parce qu'il veut pas se faire mentir.
La seule façon qu'on a de savoir si Corbin dit la vérité,
c'est d'aller voir Savaria pis de lui dire tout ce qu'on sait.
- C'est comme Sophie a dit. Ăa va toujours demeurer
la parole de l'un contre celle de l'autre.
- Les faits, ça ment jamais. Aujourd'hui, les gens laissent
des traces partout. Entre ce que les gens disent
pis ce qu'ils font, il y a un monde de différences.
- Oui, allÎ. Oui, Mégane.
(sonneries) Oui.
(sonnerie)
- As-tu eu le temps de lui parler?
- Ă qui? - Anthony.
- Parler de quoi? - De son déjeuner
avec Cazal pis Amadeo.
- Regarde. Ils veulent l'engager;
ils ont besoin d'un avocat pour faire leurs jobs sales.
Si, narcissiquement, il se sent flatté
parce qu'il est courtisé par des bandits,
qu'est-ce que tu veux qu'on fasse?
- Lui parler, pour le faire changer d'idée.
Il sent qu'il a pas sa place ici.
- Un jour, il veut défendre les causes perdues,
pis le lendemain, il veut plus défendre des cas d'agression
ou de maris cocus sauf si c'est des politiciens
ou des joueurs de hockey. C'est pas de mĂȘme que ça marche, lĂ .
Oui, Maïsa. - Oubliez pas Stéphanie.
- C'est tout ce que je veux, l'oublier.
- Fait que vous voulez pas me dire
si c'est lui ou si c'est le club qui vous envoie?
- Ben, si c'est pas vous qui m'avez appelé,
faut que ça vienne de son entourage.
(klaxon) - Son agent?
- Je peux pas répondre à cette question-là ,
mais je vous jure que je suis ici pour connaßtre la vérité.
- Vous devez déjà en savoir un petit bout, hein,
vu que vous avez pris la peine de venir me rencontrer.
- Ce que je sais, c'est que vous l'accusez
de vous avoir agressée sexuellement. Lui dit que non,
mais honnĂȘtement, je me fous de ce que lui il dit.
Non, c'est ce que vous, vous avez vécu qui m'intéresse.
- OK, mais pourquoi je dirais ça à vous?
Pourquoi pas Ă la police? - L'un empĂȘche pas l'autre.
(musique grave)
Tu sais, j'ai déjà travaillé aux crimes sexuels.
Des cas comme le vĂŽtre, j'en ai eu un pis un autre.
Aller voir la police, c'est une décision
qui vient avec son lot de conséquences.
- Je suis allée prendre un verre chez lui.
On s'est embrassés. Il a voulu aller plus loin.
J'ai refusé.
Il a insisté, je disais non, pis il m'a forcée.
Quand il a eu fini de faire ce qu'il avait Ă faire, ben...
je me suis levée, je me suis habillée, pis je suis partie.
- Je sais que vous vous ĂȘtes parlĂ©, le lendemain matin.
- Oui, pis c'est lui qui m'a appelée, pour s'excuser.
D'habitude, quand quelqu'un s'excuse, c'est parce qu'il sait
qu'il a fait quelque chose de pas correct.
- Il y avait pas d'ambiguïté quant à votre refus?
- "Non, je veux pas. Non, arrĂȘte, s'il te plaĂźt. Non."
Rien d'ambigu lĂ -dedans. Non.
- Avez-vous passé une trousse médicolégale?
- Non.
(musique jazz douce)
- Excuse-moi. J'ai été retenu. - Ben oui.
Moi, je suis en retard, mais toi, t'es retenu. Oui.
Charlie t'a parlé? - Oui.
Pis je comprends pas pourquoi t'as dĂ©cidĂ© de la mĂȘler à ça.
- Non, elle a fait ça de son propre chef.
Elle pense qu'on n'est pas capables de communiquer.
- C'est pas un problÚme. Le problÚme, c'est s'écouter.
- Ben, moi, je veux régler ça le plus rapidement possible.
Faut que je lĂąche prise parce que j'ai pas les moyens
d'essayer de prouver mon point.
- Lequel?
- La valeur de mes 40% chez Intelco.
- Stéphanie, on a engagé deux spécialistes.
Ils ont procédé à une évaluation.
Ils se sont mis d'accord, pis tu refuses de le reconnaĂźtre.
- Bon. Ăa... (toussotement)
C'est ma derniĂšre offre,
basée sur ce que toi, tu m'as offert.
Tu veux acheter mes parts? C'est Ă prendre ou Ă laisser.
Je peux t'offrir un verre de vin?
- Oui, si tu veux. Une belle vue, d'ici, hein.
Tu préfÚres ça à une maison, ou...?
- Pour l'instant, oui. Pas de femme, pas d'enfant.
Quand j'en aurai, on verra.
Je suis né pour jouer au hockey. C'est toute ma vie.
Je pense Ă mes parents, les sacrifices.
J'ai un frĂšre, une soeur. Je suis assez intelligent
pour savoir qu'ils ont investi plus de temps sur moi
que sur les autres, fait que j'essaie de leur remettre ça
à ma façon. Mais ce serait con de tout perdre ça
pour un malentendu. - Un malentendu?
(musique intrigante)
- Je me suis renseigné à ton sujet.
Ils m'ont dit: "C'est un bon avocat."
- Ce que t'as entendu, c'est tout vrai, mais...
j'aimerais ça revenir au malentendu.
Qu'est-ce que tu veux dire, au juste?
- Tu rencontres une fille, elle s'offre pour venir chez toi,
fait que tu l'accueilles en sachant
qu'elle est pas ici pour venir voir ta collection de trophées.
- C'est elle qui s'est invitée? - Qui a invité qui?
Je pense que oui, mais ça change rien.
- Comment ça s'est passé? - Comment ça s'est passé, quoi?
- Je sais pas, tu l'as embrassée?
Tu l'as prise par la main?
Tu l'as entraßnée dans ta chambre?
- Il y a rien qui s'est passé. On s'est embrassés. On...
On s'est caressés un peu. - Vous avez baisé?
- Pas vraiment, non.
- Pas vraiment?
(musique intrigante)
Est-ce que ton pénis est entré dans son vagin?
Ăa, tu t'en souviendrais.
- Cette histoire-là , ça peut faire beaucoup de dégùts.
J'ai une belle carriĂšre, les choses vont bien,
mais tout ça, ça tient à un fil.
Si c'est de l'argent qu'elle veut,
elle a juste à me dire combien. - C'est pas une réponse.
- Ben, c'est celle que tu vas avoir.
Tu travailles pas pour la police, Ă ce que je sache.
- Je te reviens. - Hé, hé, attends.
T'as mĂȘme pas pris une gorgĂ©e de vin.
- J'aime pas le pinot noir.
(fermeture de porte)
- Bon, ça, tu vas me couper ça de moitié,
pis ça, c'est non.
Pour le reste, j'ai pas de problĂšme.
Tu changeras pas d'idée, là ? - Je fais faire les changements
par mon avocat, pis on finalise tout ça.
(musique jazz douce)
Mets des initiales à cÎté des changements. Comme ça,
tu pourras pas nier avoir dit oui.
- Tu sais que je peux changer d'idée
tant que c'est pas officialisé, tu sais.
(déclic de prise de photo)
Tu sais que c'est la fĂȘte de ta fille, aujourd'hui?
- Moi, oui. Mais toi, tu le savais pas.
Fais attention Ă Anthony. Tu vas le perdre.
- Déjeuner avec Cazal pis Amadeo, hier.
Si c'est ça qu'il veut dans la vie,
dĂ©fendre des bandits... - C'est peut-ĂȘtre ça
dont il a besoin, aller voir ailleurs.
Ăa fait du bien, des fois... il paraĂźt.
(musique intrigante)
(crissement de pneus)
(coups de feu)
(cri de femme)
(musique de suspense)
(musique de suspense)
(propos radio indistincts)
- Vous pouvez pas passer, Madame.
- On a un blessé par balles.
Madame, vous étiez avec lui?
- Oui. - Suivez-nous. On va se parler.
- J'aurais pas dĂ» le rencontrer. - Pourquoi?
- C'est insensé, le talent de ce gars-là .
Maintenant, Ă chaque fois que je vais
le voir en échappée, je vais rester avec l'image du gars
qui sait pas s'il l'a pĂ©nĂ©trĂ©e ou non. Il se souvient mĂȘme pas
si elle s'est invitée chez lui ou si c'est lui qui l'a invitée.
Il est prĂȘt Ă payer pour quelque chose qu'il a mĂȘme pas fait.
- Elle dit la vérité. Pourquoi t'offrirais de l'argent
Ă quelqu'un pour quelque chose que t'as pas fait?
- C'est peut-ĂȘtre moins compliquĂ© de payer
que d'essayer de s'expliquer. Je sais pas.
(sonnerie) Oui, Stéphanie?
OK.
Non, non. J'arrive.
Mon pĂšre est Ă l'hĂŽpital. Il vient de se faire tirer.
(musique de suspense)
- M. Dagenais demandé, salle 314.
M. Dagenais.
(sanglots)
- Il est oĂč, lĂ ?
- Il est en salle d'opération.
- Qu'est-ce qui s'est passé? - Je... Je sais pas.
Maman m'a demandé de venir ici, là . Elle m'a dit
qu'il s'est fait tirer dans le stationnement d'un restaurant.
- Pis m'man est oĂč? - Elle est au poste de police.
- Lequel?
Il y a 35 postes pis 4 centres d'enquĂȘte.
- Je sais pas, Sophie. Je viens d'arriver.
- Jean, lui? - Encore en salle d'opération.
- OK. Veux-tu qu'on vienne te rejoindre?
- Non, non. Il y a des clients qui vont s'inquiéter
quand la nouvelle va sortir. Faudrait voir à ça.
Prépare-moi un document aussi pour ce qu'on a à faire.
- Non, non. Toi, tu vas t'occuper de ton pĂšre.
- On a une business Ă faire rouler.
- On s'en occupe. - Faut parler à José Savaria
aussi pour Pierre-Marc Corbin. - Anthony, c'est beau.
On est lĂ . - DĂšs qu'il sort de salle d'op,
je retourne au bureau.
- J'ai beau réfléchir, je vois pas un dossier qui justifie
qu'on veuille s'en prendre Ă lui.
- Là , il va falloir parler à l'équipe.
Si jamais des journalistes ou des clients appellent,
on fait pas de commentaires. - Renseigne-toi auprĂšs
de tes chums dans la police, OK? - C'est pas mal plus l'inverse
qui va arriver. Ils vont venir nous voir assez vite.
- Est-ce que le médecin est venu vous voir?
- Non, pas encore, là . Il est toujours en salle d'opération.
- Ils voulaient quoi, les policiers?
- Savoir ce qui s'était passé, mais comme j'ai rien vu...
- C'est arrivé comment? - Ben, on mangeait.
Pour une rare fois, il était de bonne humeur. On s'est entendus
sur les derniers détails du divorce. On était contents
de régler ça. Il s'est levé, il est parti.
Je suis allée aux toilettes. Quand je suis sortie,
il y avait visiblement quelque chose qui se passait dehors.
Je suis sortie pour aller voir, pis c'est lĂ que je l'ai vu
étendu au sol. - Il était conscient?
- Oui, mais il parlait pas. (sanglot)
(conversations indistinctes)
- Excusez, tout le monde. Si je pouvais avoir votre attention.
Bon.
Alors, on a toujours été transparents avec vous.
On va continuer de l'ĂȘtre.
Aujourd'hui, Jean Dumas a été victime
d'une tentative d'assassinat. (réactions consternées)
Il est Ă l'hĂŽpital au moment oĂč on se parle
en salle d'opération.
- La nouvelle est pas encore sortie,
mais c'est clair que vous allez recevoir des appels.
On fait aucun commentaire. Vous ĂȘtes pas au courant
de ce qui s'est passé. Pis s'il y a des gens qui insistent,
juste les transfĂ©rer Ă Ăric ou Ă moi. Ăa va?
- Bon, on pense que c'est peut-ĂȘtre reliĂ© Ă un dossier
qui comportait un risque assez élevé.
- Eh, c'est arrivé comment?
- Un tireur. On prend des dossiers délicats à l'occasion,
pis parfois, ben, on bouscule du monde
qui aime pas se faire bousculer. Ăa fait partie de la job.
- Ce qui a toujours fait la réputation d'Intelco,
c'est sa grande discrétion.
C'est d'autant plus important
dans le dossier qui nous préoccupe.
- José Savaria.
- T'as oublié de lui dire bonjour?
- Non, je... j'ai pas eu le temps.
Il a... Il a raccroché. Ton pÚre?
- On va faire ça avec Sophie.
(sonnerie)
- Mais lĂ , il y a-tu quelqu'un qui a pu lui parler?
- Non, mais il est sorti de la salle d'opération,
mais il est aux soins intensifs.
(soupir)
Ils nous ont dit que les 24 prochaines heures
allaient ĂȘtre dĂ©terminantes.
Il va sans doute s'en sortir. Ăa va prendre du temps.
Il va falloir que la boĂźte roule.
- Anthony, on est lĂ , tu sais.
Mets-toi pas tout ça sur les épaules.
- Il faut parler aux clients, les rassurer.
- Pour leur dire quoi? "Notre patron s'est fait tirer dessus.
On sait pas pourquoi"? - Ce qui va se passer
dans les prochains jours risque
d'avoir un impact important sur Intelco.
On va gérer ça intelligemment.
Bon, c'est pas lui qui était sur le terrain.
On "spinne" ce qu'on peut "spinner",
pis le reste, on laisse ça aller. à ce que je sache,
Jean Dumas est pas encore mort.
- Justement, tu devrais mettre
tes énergies aux soins intensifs.
- Non. Stéphanie a 40% de la compagnie à son nom
parce que le divorce est pas signé. Elle veut s'assurer
qu'on "scrapera" pas son fonds de retraite.
- Son ex est victime d'une tentative de meurtre,
pis elle, ce qui l'inquiĂšte, c'est son 40%?
Oui? Oui, un instant. La police est ici.
Ils veulent parler Ă la personne responsable.
Fait que c'est qui, la personne responsable?
- Ăric, occupe-toi d'eux autres.
La police, tu connais ça mieux que moi.
(ouverture de porte) - Quelqu'un s'en vient.
(musique sombre)
(musique sinistre)
(bips réguliers)
(klaxon)
- Bonjour.
- Je m'en viens rencontrer-- - M. Corbin.
- Oui, c'est ça. Oui.
(musique d'ascenseur) - Comment ça va?
- Ăa va. Toi? (fermeture de porte)
- T'as pas déjeuné, j'espÚre. - J'ai pris un petit café.
- Regarde, j'ai tout ce qu'il faut, lĂ . Viens.
Jean Dumas, c'est ton pÚre, ça. Non?
- Des fois, oui. Des fois, non. Ăa dĂ©pend des jours.
- Je connais ça, des pĂšres de mĂȘme, moi.
Le mien me criait tout le temps aprĂšs pendant mes games,
pis il Ă©tait mĂȘme pas capable de se tenir debout sur des patins.
- T'as ben des versions de ton paternel.
Tu m'as pas dit qu'il avait fait beaucoup de sacrifices
pour te permettre de rĂ©aliser ton rĂȘve?
- Ouais, ça l'empĂȘche pas d'avoir son petit cĂŽtĂ© fatigant.
(signal de déverrouillage)
- Comment ça va, Maïsa? - Je suis tellement contente
de vous voir. Comment va M. Jean?
- Toujours aux soins intensifs, mais stable. Toi, ça va?
- Ăa va, Ă part la nouvelle d'hier
qui a mis tout le monde Ă l'envers.
- HĂ©, de la grande visite.
Je me suis dit que vous auriez besoin d'un coup de main.
- Oui. Euh, viens dans mon bureau.
(musique intrigante)
- Il s'est passé quoi pour que quelqu'un veuille
s'en prendre à lui? - Aucune idée.
Tu le connais, ça lui ressemble pas.
- T'as vu les journaux?
- Oui. Tout le monde appelle. - Besoin d'aide?
- Oui. Explique donc Ă Anthony qu'il aurait intĂ©rĂȘt
Ă passer du temps auprĂšs de son pĂšre.
Me semble que ça leur ferait du bien aux deux.
- Je suis pas sûre. Ils sont en compétition.
Pourquoi? Je le sais pas. - Ben, moi, je pense
qu'Anthony aime mieux plaider comme avocat que protéger
les clients de la firme. - Pas vraiment.
Jean prend toute la place.
Ăa finit par ĂȘtre Ă©touffant. Je sais de quoi je parle.
- Ăcoute, il y a des clients qui veulent nous rencontrer.
- Je m'en occupe. - Non, non, non, ça va bien, là .
- J'ai encore 40% des parts dans l'entreprise.
Pis l'autre 60%, il est aux soins intensifs.
Je laisserai pas Intelco partir à la dérive.
Je vais protĂ©ger mes intĂ©rĂȘts, pis ceux de Jean aussi.
- Toi, tu penses qu'on n'est pas capables
de faire rouler la boßte? - J'ai pas dit ça.
Je veux juste garder un oeil sur ce qui se passe ici.
- Je suis pas certain que c'est une bonne idée, Stéphanie.
Tu sais, quand t'es partie, il y a la moitié du staff ici
qui est allĂ© prendre un coup pour fĂȘter ton dĂ©part.
T'avais pas beaucoup d'amis ici.
- Elle veut pas faire ça pour vrai?
- Oui. J'ai failli m'étouffer. - Si jamais Jean
sort vivant de cet attentat-lĂ , dis-lui pas,
il va mourir d'une crise cardiaque.
- T'imagines la réaction des employés, de la voir
se promener dans les corridors? (sonnerie)
- MaĂŻsa. Oui, il est ici.
Parfait.
José Savaria,
le DG de Pierre-Marc Corbin, est à la réception.
- Oui. La salle de conférence.
- C'est certain que j'aurais pu signer ailleurs,
mais un moment donné, c'est juste de l'argent, là .
Pis tu sais, jouer à Montréal,
c'est pas comme jouer dans le désert en Arizona.
- Ă partir du moment oĂč on a dit ça, on jase de quoi?
Tu m'as pas fait venir ici pour me parler
de tes plans de carriĂšre. - Non. Je voulais te voir
pour te dire que j'ai absolument rien Ă me reprocher.
Mégane Viger est venue ici.
Elle a pris un verre, on s'est embrassés.
C'est tout ce qui s'est passé.
Je lui ai demandé de partir parce que j'étais fatigué.
C'est ça, la vérité.
- C'est pas la version que tu m'as donnée.
- Non, c'est exactement ça que je t'ai dit.
- C'est pas le souvenir que j'en ai.
- Mon agent a demandé à mon DG si c'est lui qui avait retenu
les services d'Intelco pour venir me poser des questions.
J'ai rien de plus Ă dire,
mais elle va recevoir une lettre de mes avocats.
Pis si jamais elle me salit publiquement,
je vais lui en faire un, procĂšs. Elle s'en remettra pas,
mon ami. - C'est tout?
- Il y a rien Ă rajouter.
- Tu vas m'excuser. J'ai des choses importantes à régler.
De toute façon,
au nombre de fois oĂč tu changes de version, d'aprĂšs moi,
on va se revoir trĂšs prochainement.
(musique sinistre)
(ouverture et fermeture de porte)
(klaxon)
- La liste des appels entrants pis sortants.
- T'es trop fin, toi.
- As-tu des nouvelles de ton pĂšre?
- Non.
Tu sais bien qu'il va s'accrocher.
MĂȘme la mort veut pas de lui. - HĂ©, sois respectueux.
Ton pÚre m'a pris quand j'étais dans le fond du baril.
- Pis il t'a ramené sur le droit chemin.
T'es chanceux, hein. Il a pas fait ça avec ses enfants.
- "Watche" ton cul, Anthony.
- Comment ça?
- Stéphanie, tiens-la loin.
Elle fait pas l'unanimité.
Personne veut la voir revenir au bureau.
- Mon pĂšre, t'en penses quoi?
- Rien.
Tout le monde est surpris. Personne comprend.
(musique sombre)
(sonnerie)
(conversations indistinctes)
- ... décision-là .
- Vous vous souvenez d'Anthony Dumas?
- Désolé. Je savais pas qu'on avait une rencontre.
- Ouais, ça s'est décidé un peu à la derniÚre minute.
- J'étais pris dans un déjeuner.
- J'étais en train de faire un compte-rendu
à M. Savaria sur ma rencontre avec Mégane Viger:
sa version de l'histoire, ce que nous, on sait, ses états d'ùme.
- On t'attendait pour la version de Pierre-Marc Corbin.
- Laquelle? Il en a deux.
- Comment ça, il en a deux?
- Ben oui. La premiĂšre version,
c'est qu'elle est allée chez lui,
ils se sont embrassés, les mains se sont promenées un peu.
Pis là , il était pas certain s'il l'avait pénétrée ou pas.
J'en ai conclu qu'il avait plus
de talent pour "scorer" avec ses mains qu'avec son bĂąton,
mais ça, c'est une appréciation personnelle. On va pas là .
Il m'a aussi parlé d'offrir de l'argent à Mégane
pour qu'elle se ferme la trappe,
parce que son rĂȘve, c'est de jouer au hockey,
pis ses parents ont fait beaucoup de sacrifices, hein.
Les Montréalais comptent sur lui
parce qu'on est déprimés en hiver.
- Ăcoutez, Monsieur Savaria... - La deuxiĂšme version...
Ăa, c'est mon dĂ©jeuner de ce matin, ça.
Il paraßt que son agent, à Corbin, vous a téléphoné.
Vous lui auriez fait comprendre que vous étiez nerveux.
Ouais. Ensuite, il m'a dit que Mégane était effectivement
allée chez lui, mais il l'a mise dehors
parce qu'il était fatigué. Il m'a aussi dit
qu'elle allait recevoir une lettre d'avocat, parce que
si elle salissait son nom sur la place publique, il allait
la poursuivre pis lui faire le plus grand procĂšs du siĂšcle.
Bref, je pense pas qu'il va avoir la premiÚre étoile
du match avec ça. Hein? (rire inconfortable)
- C'est vrai que son agent m'a appelé,
et c'est vrai que ça nous inquiÚte.
C'est pour ça qu'on vous a mandatés
pour savoir ce qui s'est réellement passé.
- Ăcoutez, Monsieur Savaria,
la journĂ©e oĂč elle dĂ©pose une plainte Ă la police,
il pourra rien faire pour empĂȘcher que tout ça
se retrouve sur la place publique.
- D'aprÚs toi, c'est la version de Mégane
qui se tient le plus? - Je sais pas,
mais c'est pas celle de Pierre-Marc Corbin
que je défendrais en cour. La victime est jeune.
Si elle décide de porter plainte,
c'est pas de ta faute, pis c'est pas de ma faute.
Pierre-Marc Corbin est assez vieux
pour assumer les conséquences de ses gestes.
- Elle va porter plainte? - Je sais pas.
Je la connais pas. - Yes, Charlie.
- P'pa a passé à travers le pire.
Son état est stable. Les médecins sont confiants.
- Il va mieux. Il va s'en sortir.
- On doit pas se réjouir trop vite, mais ça regarde bien.
- Va falloir qu'ils lui donnent des calmants
quand il va se réveiller, parce qu'il va tout casser!
Oui, allĂŽ.
- Oui, Anthony. C'est Pierre-Henri Cazal.
On a su pour ton pĂšre. On voulait te dire
qu'on est de tout coeur avec toi. Comment il va?
- Il a passé la nuit aux soins intensifs. Là , il est stable.
- Si on peut faire quelque chose pour vous,
ne te gĂȘne pas. D'accord?
Ce qu'on t'a dit, on le pense encore.
Alors, je sais que c'est pas le moment,
mais tu auras toujours ta place ici.
(bips d'appel entrant)
- Ouais, merci. C'est vraiment apprécié,
mais il faut que je te laisse, lĂ . J'ai un autre appel.
- D'accord. On se reparle.
(sonnerie)
(musique intrigante)
(bip de déverrouillage) - Oui, allÎ.
- AllĂŽ. Est-ce que je peux parler Ă Anthony Dumas?
- Oui, c'est moi-mĂȘme. - Bonjour.
Désolée de vous déranger. Mon nom, c'est Mégane Viger.
Je sais pas si vous avez entendu parler de moi.
- Mégane Viger...
Peut-ĂȘtre, oui. Pas certain.
- J'ai rencontré quelqu'un de chez vous, Sophie Lacoste.
Ăa vous dit quelque chose? - Bien sĂ»r.
- J'ai lu les comptes-rendus du procĂšs
que vous avez fait dans les journaux.
Je sais ce que vous avez fait pour Frédéric Lalonde,
celui que vous avez défendu. - Je sais trÚs bien c'est qui.
- J'aimerais ça vous rencontrer au sujet de Pierre-Marc Corbin.
Dites-moi pas que vous savez pas de qui il s'agit.
Vous allez m'insulter. - Vous avez la carte de Sophie?
- Oui. - Venez me voir Ă mon bureau.
- OK.
(musique intrigante)
(musique rock)
- Vincent Guilbault.
Sergent-dĂ©tective Diotte. Vous ĂȘtes en Ă©tat
d'arrestation pour la tentative de meurtre sur la personne
de Jean Dumas. Vous avez le droit de garder le silence.
Ă partir de maintenant, tout ce que vous direz
pourrait ĂȘtre retenu contre vous devant une cour de justice.
(signal de déverrouillage)
- Mégane? On n'avait pas de rendez-vous aujourd'hui,
je pense. - Non. Euh...
Je viens voir Anthony. (sonnerie)
- C'est beau, Sophie. Je m'en occupe.
Venez, Mégane, par là .
- Il est avec MĂ©gane en ce moment mĂȘme dans son bureau.
- Pis ça dĂ©range quoi? - On est tous lĂ
Ă essayer de travailler dans la mĂȘme direction
pour essayer de se sortir un minimum la tĂȘte de l'eau,
pis lui, monsieur, fait ses petites affaires
sans le dire Ă personne. - Oui, mais laisse-le faire.
Il a sûrement une bonne raison.
- Mégane, je l'avais de mon bord.
- Les mensonges, ça s'invente, Mégane, hein.
C'est surtout difficile à gérer parce qu'il faut s'en souvenir.
La vérité, il y en a une. Facile à retenir.
- Tu connais mon histoire avec Pierre-Marc Corbin.
- Ăvidemment, oui.
- Accepterais-tu de me défendre comme avocat?
- Non. Ăa, je pourrais pas, non.
(musique sombre)
- Pourquoi? Parce que tu défends le joueur?
L'Ă©quipe? T'es en conflit d'intĂ©rĂȘts?
- Non. Je peux pas te représenter, Mégane, parce que
j'en fais pas, de procÚs. J'ai fait celui de Frédéric Lalonde
parce que c'était un dossier d'aide juridique.
Effectivement, t'as raison,
je serais en conflit d'intĂ©rĂȘts. T'as pas besoin d'avocat.
Si tu vas porter plainte Ă la police,
ils vont te défendre.
- Ouais, mais c'est gros. Pierre-Marc Corbin,
la grosse machine derriĂšre, me faire pointer du doigt...
Il m'a violée.
- C'est toi qui sais ce que t'as Ă faire.
- Bon, ben, contrairement Ă ce que j'ai dit Ă ta collĂšgue, lĂ ,
j'en ai passé une trousse médicolégale.
Ils ont de l'ADN.
Ăa peut pas ĂȘtre personne d'autre que lui.
(musique sombre)
- Ăa, c'est le relevĂ© tĂ©lĂ©phonique,
ses appels à ton téléphone,
soulignés en jaune, là .
Avec une trousse médicolégale,
il pourra pas dire qu'il y a pas eu de rapport sexuel.
Je peux pas te donner ça, mais t'es en droit
de demander à ta compagnie tes relevés cellulaires.
Appelle Savaria.
Dis-lui qu'il est pris avec un violeur de femme dans son club.
Elle a une trousse médicolégale.
Mais faut pas lui dire. - Eh, excuse.
C'est parce qu'Ă moi, elle m'a dit le contraire.
- C'est peut-ĂȘtre une question de confiance.
- Donc, c'est officiel? Elle veut porter plainte?
- Je sais pas. Chose certaine:
Pierre-Marc Corbin, c'est un menteur.
Ăa, ça nous cause un autre problĂšme.
Si on dit à Savaria qu'elle a une trousse médicolégale,
il va vouloir le dire Ă son joueur.
Corbin va encore changer sa version.
Il va dire qu'elle était consentante, pis elle,
elle va dire le contraire. - C'est son problĂšme, Anthony.
Faut le dire Ă Savaria. C'est lui le client.
C'est lui qui nous a mandatés pour connaßtre la vérité.
- Appelle Savaria. Dis-lui ce qu'on sait.
Il a eu une relation non consentante avec elle.
Il l'a violée. Corbin, il est brûlé.
Si Mégane Viger va porter plainte à la police,
les enquĂȘteurs vont dĂ©barquer chez Corbin.
LĂ , il va nier avoir eu une relation sexuelle avec elle,
comme il m'a dit à moi. Parce que c'est ça,
sa version Ă lui. Il sait pas qu'elle a
une trousse médicolégale. Ils vont le pogner à mentir.
Ils vont l'accuser. - On sert pas les intĂ©rĂȘts
du client. - Le client est le DG du club,
pas Pierre-Marc Corbin. Il l'a violée.
C'est un crime. Il va payer pour.
- Dis quelque chose, toi. - Fait que tu la crois?
- Elle a une trousse médicolégale.
- Mais elle a peut-ĂȘtre pris la dĂ©cision d'aller en chercher une
aprĂšs avoir eu une relation sexuelle consentante avec lui.
- Pierre-Marc Corbin dit qu'il a pas eu
de relation sexuelle avec elle.
- Pour le moment, il y a pas d'enquĂȘte policiĂšre,
fait qu'on peut pas ĂȘtre accusĂ©s d'entrave.
Anthony, il a raison quelque part.
Corbin, c'est un menteur.
On peut pas aider un violeur Ă camoufler son crime.
Ăric.
- On avait le mandat de savoir ce qui s'était passé.
LĂ , on le sait. Savaria, il ne pourra
plus jamais dire qu'il le savait pas.
- On lui dit pas pour la trousse?
- Non. Il a pas à savoir ça.
Laisse-le se faire pogner avec ses menteries.
Il l'a violée. C'est un crime.
On n'a pas à l'aider à cacher ça en plus.
- OK. Tu diras ça à ton pÚre quand il va sortir de l'hÎpital.
Ăa va le rachever.
- Il voulait savoir ce qui s'était passé.
Pierre-Marc Corbin a violé Mégane Viger.
C'est ça qui s'est passé.
(sonnerie)
(musique sombre)
(bips réguliers) (musique de piano mélancolique)
C'est ça qu'elle voulait.
C'est la chose Ă faire.
Corbin, il est ben bon au hockey, mais c'est un viol.
- C'est pas elle la cliente.
On s'en fout de Mégane Chose. Pierre-Marc Corbin, Anthony,
c'est gros, lĂ . Qu'est c'est que t'avais d'affaire
à aller dire au DG que la fille a passé
une trousse médicolégale? C'était sa surprise à elle.
Tu penses que le DG le dira pas à son joueur, ça?
T'as tout fucké sa défense, à cette pauvre fille-là .
Pis vas-y donc travailler chez Cazal, ostie de tarte.
C'est ben juste ça que tu mérites.
(musique de piano mélancolique)
(bips réguliers)
- Jamais content, hein.
(grondement sinistre)
- StĂ©phanie GuĂ©rin, vous ĂȘtes en Ă©tat d'arrestation
pour la tentative de meurtre sur la personne de Jean Dumas.
Vous avez le droit de garder le silence.
Ă partir de maintenant,
tout ce que vous direz pourrait ĂȘtre retenu contre vous.
(musique de piano mélancolique)
- Il y aurait du nouveau dans l'attentat.
- C'est Vincent Guilbault qui a passé le contrat.
- C'est qui Vincent Guilbault? - Le chum Ă ma mĂšre.
- Toi, StĂ©phanie, tu penses... - Elle a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e.
- Toi, il y a quelque chose qui va pas puis tu me le dis pas.
- Au contraire, tout va bien.
- Vous avez rencontré Corbin
dans un dossier d'agression sexuelle
sur la personne de Mégane Viger.
Elle pense que vous l'avez mis au courant pour la trousse.
(musique de piano mélancolique)
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