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-Regarde ce que j'ai trouvé. Et y en a plein les placards.
-Qu'est-ce qu'ils fabriquent avec tout ça ?
Il débouche la bouteille.
-Fais voir.
Reine-des-près.
-C'est bon, j'ai toutes les infos.
Alors, Thomas Bellant, 40 ans, est le père de Gaspard, 6 ans,
En instance de divorce avec Julie Bellant.
Elle a porté plainte pour violences conjugales,
il a été condamné à une mesure d'éloignement.
Ce matin, nouvelle plainte :
coups et blessures.
-Regardez.
Elle était sur ses gardes.
-Nos collègues le cherchent.
-Il l'a su.
Il est passé à l'acte.
-Y a un truc que je trouve bizarre.
Il usurpe une identité et tue sa première famille.
Mais après, il refait sa vie avec une autre
en gardant son vrai nom ?
Ca a pas de sens.
Aboiements à l'intérieur.
-Qu'est-ce que tu fais là, toi ?
Qu'est-ce que tu fais ici, mon chien ?
La même race que celui
De nos Endormis.
-Julie Bellant a acheté un traceur.
-Elle a dû avoir peur que le père kidnappe leur fils.
-Elle a une appli.
Duchesse, est-ce que tu aurais
la date de naissance du garçon ? - Oui, je crois.
-C'est lui.
Moteur coupé.
Bonjour. - Bonjour.
-Papiers, je vous prie.
-Bien sûr.
-Ne bougez plus !
On va sortir
tranquillement.
-Oh, putain...
-Sortez doucement.
Doucement !
-Non ; mais vous comprenez...
Je vais vous expliquer.
...
...
Ouverture.
Fermeture.
-Le 4 juin, t'étais chez moi.
C'est ce jour-là que tu me l'as offert.
On a passé la soirée ensemble et t'as dormi chez moi.
-Je suis parti dans la nuit,
Revenu à l'aube sans que tu t'en rendes compte.
-Donc...
Pendant que je dormais profondément,
tu t'es glissé subrepticement hors du lit,
tu as braqué la bijouterie,
Et hop, t'es revenu te coucher ni vu ni connu, c'est ça ?
-Voilà.
-A quel moment t'arrêtes
De me prendre pour une conne ?
C'est ton neveu
Qui a fait le coup.
Comment il s'appelle ? Pablo, non ?
Tu sais ce que tu risques, Luis ?
-Tu m'attendras.
-Tu me demandes de t'attendre dix ans, Luis ?
Tu risques dix ans pour un crime que t'as pas commis.
Pourquoi il s'en sortirait, lui ? - Il est trop jeune.
La taule, ça détruit.
Je peux pas lui faire ça.
Elle soupire.
-A quoi tu penses
Quand tu joues au héros ?
D'abord, tu penses à toi,
Surtout préserver le code d'honneur à la con.
Mais est-ce que tu penses à ton neveu
qui va recommencer ses conneries ? Il peut les faire
En toute impunité !
Est-ce que tu penses aux victimes ? Non.
Est-ce que t'as pensé à moi ?
Non, sûrement pas.
Moi, j'ai pas fait partie de l'équation.
-Ca veut dire que tu m'attendras pas.
-J'espère...
Que t'es bien conscient du choix que t'es en train de faire.
Ouverture.
Fermeture.
-Je vais tout vous expliquer.
-Eh ben, allez-y !
Parce que, là, ça commence à être long.
Combien de fois vous l'avez frappée au visage, hier ?
Hein ?
Quand avez-vous estimé que ça suffisait ?
-Elle a dit que c'était moi ?
-Vous avez été condamné y a 4 mois
À une mesure d'éloignement. Pour quel motif ?
-J'ai frappé Julie, oui : j'ai pas supporté
Qu'elle joue avec la vie de Gaspard.
Ca...
C'est pas moi.
-"La vie de Gaspard",
ça, c'est intéressant...
Continuons là-dessus, parce que, en l'état,
C'est vous qui êtes un danger pour lui.
-Vous comprenez pas ?
Gaspard est gravement malade, et sa mère refuse de le soigner.
-D'après le dossier médical trouvé dans votre voiture,
il souffre d'une sclérose en plaques
Pédiatrique.
-Cette pathologie rare évolue vite si on la traite pas.
J'ai dit au juge que mon fils était en danger de mort avec sa mère,
Mais il a pas voulu me croire.
Elle a joué un double jeu dégueulasse.
Mais, moi, je sais.
Je sais ce que j'ai vu.
-Allez-y, M. Bellant,
dites-le-nous donc.
-Quand le diagnostic est tombé, j'étais souvent en déplacement.
C'est Julie qui gérait
Le traitement à la cortisone de Gaspard.
Et puis, un jour, je me suis aperçu
Que les plaquettes de médicaments étaient toutes pleines.
Elle lui avait jamais rien donné.
-Pourquoi elle aurait fait ça ?
-Julie a toujours été un peu... Fragile.
Elle avait un discours délirant,
comme quoi notre fils n'avait
besoin que d'amour.
Quand je l'ai confrontée pour les médicaments,
Elle a nié, et c'est là que je me suis emporté.
-Pour vous, gifler
à deux reprises votre femme devant votre fils,
c'est "s'emporter".
-J'ai reconnu tout ça, mais elle a inventé le reste,
le harcèlement,
Toutes ces conneries... - Bon, et ça ?
- Qu'est-ce que c'est ? - Reine-des-près. Y en avait plein
Dans la maison. C'est à vous ?
-Non. Sûrement un remède de grand-mère
De Julie qu'elle donnait à Gaspard, je sais pas.
-Ah ?
-Vous pourriez regarder
Cette image, M. Bellant ?
-C'est quoi,
Cette horreur ?
-Des enfants qui ont consommé de la reine-des-près
puis fini dans un charnier.
On pense que c'est vous qui en avez donné à votre ex-épouse
et que ça fait partie de votre mode opératoire.
-Non... N'importe quoi, là ! Je voulais juste
amener Gaspard
À l'hôpital, j'ai rien à voir avec ça, moi !
- Lorenz Da Costa, ça vous parle ? - Qui ?
- Da Costa ? - Non.
Putain, c'est un cauchemar !
Je voulais juste sauver mon fils.
J'ai désobéi pour lui donner de la cortisone !
-On a retrouvé
Un berger malinois chez votre ex-épouse.
-Gaspard m'a dit qu'un homme le leur avait donné...
-Un homme a offert
un berger malinois ? - Oui...
- Vous avez son nom ? - Non,
Je sais rien d'autre.
-Qu'avez-vous fait entre 2005 et 2011, M. Bellant ?
Elle soupire.
-Bon, y a rien chez Thomas Bellant.
-OK. Faudra quand même vérifier ses déclarations.
-OK...
Soupir.
Ca va, toi ?
-Oui...
Je m'en remettrai, va.
J'ai vécu bien pire, tu sais.
Alors, et toi ?
Comment tu te sens ?
Il soupire.
-Ben...
Bizarrement, ça va très bien.
Je ressens pas le manque des médicaments, ni rien...
C'est bon signe ou pas ? - Je m'inquiète
plutôt pour après : toutes ces merdes qu'on a avalées,
On n'en guérit jamais vraiment, j'en sais quelque chose.
Je m'en veux terriblement...
T'as pris tous ces médocs à cause de moi.
C'est moi qui ai donné l'ordre.
-Non, attends...
Marijo... Marijo, écoute-moi bien.
En deux...
Un, c'était un accident.
Il allait le poser, son fusil. Donc, c'était un accident.
Deux, à ta place, Darius aurait donné le même ordre.
Je connais les risques de mon métier.
Je t'interdis de t'en vouloir. On est d'accord ?
- Alors, en deux... - Oui ?
-Si jamais tu sens que tu vas replonger,
Tu m'appelles, jour et nuit. T'as compris ?
-Promis.
-Et...
Je suis tellement fière de toi, gamin.
-C'était ça, le deux ?
OK.
-Allez, file ! Elle pleure.
Mauvaise graine !
Fait chier !
-Merci.
- C'est le mien, ça. - Non.
- T'es sûr ? - Oui.
-C'était quoi, ça ?
-Hein ?
-Vous parlez le langage des signes avec Chistera ?
-Je... Je sais pas pourquoi
Il a fait ça.
-Alors ?
T'as pris
Ta décision ?
-Non.
Ils étaient au courant.
-Vous étiez au courant ?
Pourquoi vous m'en avez pas parlé ? - On en parle, là !
-On voulait pas
T'influencer. Le mieux, c'est que tu te sentes libre.
- Alors ? - Quoi ?
-Elle va rien lâcher !
-Bon, OK. Ben, tes vérifications ?
-Oui, donc...
Thomas Bellant était bien à Marseille entre 2005 et 2011,
C'est pas lui qui les a enterrés.
-Et ses déclarations au juge concordent aussi.
-Il dit la vérité, donc c'est pas lui
Qui a donné de la reine-des-prés à son gamin.
Alors la gentille maman va devoir s'expliquer.
...
-(Viens, ma puce.)
-(Pourquoi tu chuchotes, maman ?)
-(Fais-moi confiance.)
- (On va où ?) - (Retrouver nos amis, d'accord ?
(Allez, viens.)
...
-Bonjour.
-Bonjour.
-Ils ont disparu.
On a fouillé partout. - Julie Bellant avait
Le même collier que la mère des Endormis.
-Filez voir si elle est chez elle.
D'accord, à tout de suite.
Marijo, lance un avis de recherche.
Je vais demander au père
S'il sait chez qui elle pourrait se réfugier.
-D'accord.
OK.
Bonne journée, madame.
Bonjour, messieurs dames.
...
-On n'a rien.
Les voisins ne savent rien, Thomas Bellant ne sait rien...
Et c'est comme ça.
Il soupire.
Tu peux rentrer chez toi, Marijo.
-OK.
Si t'as besoin de moi, je suis joignable.
-Merci.
Soupir.
- Je suis fatigué, maman. - Je sais, mon chéri.
-J'ai mal à ma jambe.
Maman !
-OK...
On va trouver un endroit pour faire une pause, d'accord ?
Allez, viens.
- Je te croyais parti. - J'avais oublié un truc.
-En ce moment,
On se voit pas beaucoup.
-C'est-à-dire que je suis sur le dossier
Duchesse Lacorderie. Gros dossier...
-On boit une bière ?
-Ben, euh... Demain ?
- Même pas, quoi ! - Hé !
-En tout cas, t'es beau à voir, ça fait plaisir.
-Merci, patron.
Bon, on la boit demain, la bière, OK ?
Il sort.
La porte claque en se refermant.
Moteur coupé.
Coups de marteau, caquètements.
...
-Je savais
Que tu viendrais.
Tes yeux...
Ils n'ont pas changé.
Les années ont passé,
mais, pour moi, c'est comme
Si c'était hier.
Tes yeux m'accusent.
-Mes yeux vous accusent ?
-Pourtant, à l'époque, j'ai essayé de faire bien les choses, vraiment.
...
-C'est vous
Qui m'avez déposé devant l'orphelinat ?
-Quand tu es arrivé dans nos vies,
pour Joël, ça a été...
Incroyable.
Il était fou de toi.
Suzanne était jeune.
Elle avait besoin de se reconstruire.
Petit à petit,
il a pris sa place.
Il ne te laissait même pas la rejoindre.
A un moment, Suzanne a essayé de reprendre son rôle, mais...
Joël était fou furieux.
-Il s'est opposé ?
-Puis il y a eu la maladie...
La varicelle,
des complications...
Tes poumons étaient touchés et...
On n'a rien dit à Suzanne,
mais je l'ai laissée te rejoindre, un soir.
Et là, elle a compris.
-Qu'a-t-elle compris ?
-Si tu ne consultais pas, tu étais condamné.
Et comme ici, on ne consulte pas,
Alors elle t'a emmené et elle a fui avec toi.
-Vous étiez là, le...
Vous étiez là, le soir où ma mère a été assassinée ?
-Non.
J'ai été te rechercher, après.
J'ai essayé de te garder.
Mais c'était trop dangereux et...
Je suis désolée, Gabriel.
Joël croyait que...
Joël...
Joël ne savait pas que...
Un homme. - Je vais voir comment va Eliane.
L'homme approche.
Joël !
Il soupire.
Hurlements.
Eliane. - J'ai essayé de te garder.
Mais c'était trop dangereux.
Joël ne savait pas que...
...
Hululement.
-Pourquoi il faut
être prudents ?
-Pour que papa ne nous retrouve pas.
-Gabriel...
-On n'a jamais su
ce qui s'était
passé...
Regarde cette fleur.
Elle offre ses pétales au soleil.
On est plus fort si on connaît et maîtrise leurs pouvoirs.
-Vous avez connu ma mère il y a 50 ans.
-Elle meurt...
Elle a accompli son cycle...
Gabriel...
Il faut accepter sa mort...
- Santé, mon Capitaine ! - Santé !
On est enfin ensemble, et je change de poste.
C'est con, hein ? - Oui, mais pas plus mal.
- Parce que ? - J'en pouvais plus de voir ta tête
Tous les jours en face de moi !
Il l'embrasse.
On va se voir moins,
Mais on va se voir pour les trucs qui comptent vraiment.
-Et puis seulement trois étages nous séparent.
On est dans le même immeuble. - Oui.
Mais est-ce que, quand on se croise, on se vouvoie ?
-Ah oui, bien sûr ! Enfin, tu me vouvoies.
-Et pas dans l'autre sens ?
Elle rit. - Non.
-D'accord.
...
-Des nouvelles de Caroline et Jean-Pierre ?
-Impératifs familiaux.
- Patricia et Ahmed ? - Ils sont en congés.
-Viendront pas non plus. Manque de respect !!!
-Qu'est-ce
qui se passe ?
-Je sais pas ce qu'il a.
-C'est moi. Pourquoi tu me réponds pas ?
Il soupire.
-Il faut que tu te calmes.
Ils respirent profondément.
Nous sommes tous là pour accueillir la mort d'Eliane
dans la sérénité. - Et tous ceux
Qui se défilent après ce qu'Eliane a fait pour eux ?
-Les gens ont d'autres priorités, c'est pas nouveau.
Tu dois ouvrir les yeux, Marc.
-Je comprends pas.
-Nous sommes de moins en moins nombreux.
La société a pris un autre tournant.
Les priorités ont changé.
Il faut l'accepter.
-Au contraire, il faut continuer à lutter pour nos idéaux.
-Eliane est morte. Et moi, je ne suis pas éternel.
-Mais, moi, je suis là pour continuer
à faire exister notre rêve. - Notre rêve
Est mort avec Eliane, Marc.
-Je comprends pas. C'est ce Gabriel
Qui te fait douter ?
C'est ça ?
-As-tu eu des nouvelles de Julie et Gaspard ?
-Non, j'arrive pas
À les joindre depuis deux jours.
-Avec eux, tu as la possibilité de redémarrer à zéro
Et de faire ce qui est juste.
-Mais ce qui est juste, c'est la communauté. Sans toi,
j'aurais pas survécu. - Mais, sans moi,
tu n'aurais jamais regardé tes enfants mourir
Sans rien faire. - Mais c'est la nature.
C'est la nature qui a fait son choix.
-Et Louise ?
-Et Louise...
Louise...
-Les enfants doivent
Voir un médecin ! - Pas le choix.
- Je t'en supplie ! - Arrête.
Arrête...
-Je t'en supplie !
Laisse-moi sortir !
Bruit de fusil qu'on arme, détonation.
...
Démarrage.
...
-Salut, Marijo.
- Salut. - On reprend
les éléments de la "perquise"
de chez Julie Bellant.
- Darius est pas là ? - NON.
-Je vous donne un coup de main.
Chants d'oiseaux.
-Thomas Bellant a dit
au sujet du chien
qu'un homme l'avait offert à son ex-femme
et au gamin. J'ai l'adresse
de l'élevage où il a été
acheté.
On y va ? - Allez !
-J'attends Darius.
-OK. A tout à l'heure.
-Oui, elle était venue
Avec son compagnon.
C'est lui qui avait acheté le chien.
Il était... Pas trop grand...
Et les cheveux bruns, oui.
Il avait du chien. Comme vous.
Il était charmant. - Bien.
Vous avez une bonne mémoire ! - Ce monsieur m'a marquée.
Il avait déjà eu un berger malinois,
Des années auparavant.
Sa mort l'avait vraiment affecté. Faut dire
que c'était pas commun...
- C'est-à-dire ? - Le chien avait eu la tuberculose.
J'ai noté son nom dans le registre. Le nom du maître,
Celui qui est comme vous, pas du chien.
- Oui, voilà... - Alors, euh...
C'était il y a...
Il y a 4 mois, je crois.
Là ! Regardez... "Marc Daumier."
- OK. - Merci beaucoup.
-Je vous en prie. Revenez quand vous voulez.
- Bonne journée ! - Bonne journée !
-Merci, Ben.
-Oh...
Bon, Darius, c'est encore moi.
Je commence à m'inquiéter, rappelle-moi, s'il te plaît.
Et...
Putain !
-Le meurtrier a refait sa vie avec Julie Bellant.
-Le berger malinois, la maladie, les remèdes aux plantes...
-Ca fait beaucoup de similitudes. J'ai vérifié, la tuberculose
Peut se transmettre de l'animal à l'humain.
- Les enfants seraient morts de ça ? - Ca peut.
- Une maladie du Moyen Age ! - Julie rencontre Marc
quand Gaspard tombe malade. Vulnérable, elle aime déjà pas
Les médecins... - Il la convainc de pas le soigner.
-Elle est sous son emprise.
Bip. Elle soupire.
-Merde... Darius répond toujours pas.
Putain, j'ai comme un pressentiment...
-Comment ça ?
-Il s'est foutu
dans un sacré merdier. - Marijo,
Tu nous expliques ?
-Marc Daumier est le gérant
de La Communauté de la Terre, association
de réinsertion
fondée par Joël et Eliane Puissat,
le couple qui a recueilli
La mère de Darius.
-Quoi ? C'est pas possible !
-Bon, les empreintes ont matché avec le fichier.
Marc Daumier s'appelle Nathan Schneider.
- Son pedigree ? - Poursuivi pour délit d'initié
après malversations,
il disparaît en 2005,
juste avant son procès,
Il disparaît avec sa femme, Louise.
-Nathan Schneider
usurpe l'identité de Da Costa
pour échapper à la justice.
Il loue une maison perdue dans les bois.
Là, toute sa famille tombe malade de la tuberculose...
-Ils ne se soignent pas, ou mal.
Il achève sa femme, peut-être pour abréger
Ses souffrances, et enterre tout le monde.
-Et dix ans plus tard, il se fait appeler Marc Daumier.
Chants et cris d'oiseaux.
Elle ouvre la porte.
-Repose-toi, ma puce.
Maman est très fière de toi.
T'as été très courageux.
Je reviens.
Respirations profondes.
...
-Maman !
-J'étais encore avec Thomas quand j'ai rencontré Marc.
Il vendait des légumes au porte-à-porte.
On a tout de suite connecté.
-Et quand vous avez rencontré ce Marc,
votre fils Gaspard
Était déjà malade ? - Oui.
Mais pour Marc,
C'était juste un enfant comme les autres.
-Pourquoi n'avoir rien fait pour sauver votre gamin ?
-Gaspard n'avait pas besoin de cortisone.
Les plantes peuvent le soigner.
Mais, surtout,
il a besoin d'amour, de soutien,
Et d'un foyer paisible, sans tensions.
-C'est aussi Marc qui le dit ?
Elle soupire. - Et il a raison.
Ce qu'on faisait subir à Gaspard était pas vivable.
Thomas était jamais là,
Il bossait comme un fou.
Et quand il était à la maison, on s'engueulait sans arrêt.
Heureusement, j'avais Marc
et tous les gens des Enfants de la Terre.
En les rencontrant,
j'ai su qu'on avait enfin trouvé notre place.
-Pourtant, ce Marc,
Vous savez quand même de quoi il est capable ?
Il a laissé ses propres enfants
Mourir de la tuberculose.
Et sa femme,
Avec une balle dans la poitrine.
-Marc a dû agir au mieux.
A la fin, c'est la nature qui décide.
-Et la mise en scène des coups, les faux témoignages,
ça aussi, c'est la nature ? - Ben ! (Ca va.)
-Il fallait
protéger Gaspard de son père. Marc m'a dit
qu'on n'avait pas le choix. - Donc, vous avez suivi
Les instructions de Marc à la lettre ?
-Ben, oui.
-Oui...
Les inscriptions qu'on a retrouvées gravées,
ces hexagones,
Ça signifie quoi ?
-C'est notre symbole.
Comme les alvéoles d'une ruche.
Chacun choisit un arbre centenaire sous lequel
il veut être enterré.
On trace un hexagone sur le tronc pour rendre hommage aux morts.
-Bon, où sont vos petits copains de la Terre ?
-Ils ont dû partir enterrer Eliane dans une forêt.
- Laquelle ? - Je sais pas.
Bruit de verre dans la poche.
Il verse le flacon.
-Maman !
- Gaspard ! - On se calme !
-Laissez-moi ! J'ai rien fait de mal !
- On se calme... - Gaspard !
-Vous avez pas le droit !
-Madame, madame !
Avant d'avoir des droits, on a des devoirs,
Surtout envers les enfants.
Une enquête sera ouverte pour soustraction par un parent
À ses obligations de soin. Vous comprenez ?
-Quoi ? Vous voulez me retirer la garde ?
-Moi, je veux rien vous retirer du tout.
Mais si vous perdez la garde,
Vous pourrez vous en prendre qu'à vous-même.
Il boucle la ceinture de sécurité.
-Merci. A plus tard.
-Ils ont géolocalisé le portable de Darius, on y va !
-Avant de célébrer Eliane une dernière fois,
Je voulais m'adresser à vous.
Il est temps, je crois, pour nous tous,
de tourner la page
Et de passer à un nouveau cycle.
Les Enfants de la Terre,
c'était
l'oeuvre de ma vie,
De notre vie, avec Eliane.
Je ne veux pas que vous reniiez vos valeurs,
mais que vous puissiez les vivre différemment,
hors de la communauté.
Elle essaie d'ouvrir. - Merde !
Il a laissé son portable.
Il essaie d'ouvrir.
-Maintenant,
célébrons
Eliane.
Merci.
Pour Eliane.
- Tu restes pas ? - Je vais me préparer.
Je veux me faire beau pour elle.
-A la vôtre !
...
-Je savais que tu reviendrais.
Enfant, déjà, tu voulais toujours tout comprendre.
Je t'ai élevé comme mon propre fils.
J'espère que tu t'en souviendras.
-Y a une seule chose
que je garderai en mémoire...
C'est le visage terrorisé de ma mère
à l'idée que mon père nous retrouve.
J'ai longtemps cru que c'était Yohann Richer.
Mais y avait un autre homme que j'appelais papa...
C'était toi.
C'est toi qui as assassiné
ma mère.
Regarde-moi.
Regarde-moi !
Ca fait quarante ans
Que j'ai besoin qu'on m'explique ce qui s'est passé.
C'est long, quarante ans.
Alors, vas-y, je t'écoute.
-Les filles, là, là !
-Merde !
-Quand ta mère
a fui la communauté,
Je t'ai cherché partout, jour et nuit.
Je ne pouvais pas supporter l'idée de te perdre.
-Donc, tu nous as retrouvés dans l'appartement du Vieux-Lille ?
-Oui, j'ai retrouvé Suzanne,
Mais toi... Toi, je ne t'ai pas trouvé.
Ta mère hurlait que c'était moi qui t'avais tué,
qu'elle avait tenté de te faire soigner
mais que c'était trop tard...
Que j'étais un assassin,
Qu'elle allait me dénoncer.
J'ai explosé de colère.
Je ne pouvais pas supporter l'idée de ta mort.
-Venez !
-Eliane m'avait caché le secret.
Je ne savais pas que tu étais là.
Et quand tu es réapparu,
Tout s'est effondré.
-Tu assassines ma mère...
Et après, tu continues de vivre comme si de rien n'était ?
Il marmonne.
-Quand tu es revenu, toi...
Et...
J'ai compris...
Ah !
J'ai compris
Que j'avais fait une grave erreur.
Pardonne-moi...
-Le temps finit toujours par dire la vérité.
Il suffoque. - Aide-moi...
Arrive plus à respirer...
-Laisse la nature faire son oeuvre, papa.
...
-Il est mort.
-J'ai un pouls.
-Moi aussi..
Il hume. - Il les a empoisonnés.
-Ben, appelle les secours !
Duchesse, va voir si tu peux trouver Darius.
-OK.
-Oh, putain !
Gémissements.
Elle souffle.
-Merci pour tout, Mme Cantini.
...
Chute d'objet. - Pardon !
-Oh là là, fais attention au matos !
- Désolée. - Déjà que la Crim' nous bouffe
tout le budget !
Comment tu t'appelles ?
-Sybille.
-Tiens, viens là, Cendrillon.
Mets-toi à ma place.
Regarde bien...
Non, première leçon : y a pas de "Cas X" chez nous,
Tout le monde a un nom. - OK.
-Toi, Sybille, tu l'appellerais comment ?
-Je sais pas...
-Regarde autour de toi, observe.
-Y a des arbres...
Il frappe.
- Bonjour. - Bonjour.
-J'ai rendez-vous avec le capitaine Lacorderie.
Je suis à la bourre.
Est-ce que vous savez comment il est ?
-C'est moi.
-Ah...
-Enchantée.
Cris et jeux d'enfants.
-J'arrive...
- Et voilà ! Vous êtes chez vous. - Merci beaucoup.
-Vous avez déjà dirigé
Un orphelinat ? - Pas du tout.
-Vous faisiez quoi, avant ?
-J'étais...
En chemin.
-Pardon ?
Des enfants. - GABRIEL ! GABRIEL !
-Wouhou !
- Au revoir. - Au revoir.
france. tv access
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