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Les murs de Havrenoir
forment un rempart inexpugnable en pierre de basalte.
Le château est entouré
de profondes douves sèches.
Ses fortifications repousseront toute incursion dornienne Ă venir.
Ma demeure
est peut-ĂŞtre de taille modeste,
mais son emplacement
est des plus plaisants.
La vue sur les Marches
est grandiose.
La reine Alysanne elle-mĂŞme l'affirma
lorsqu'elle honora mon père...
Lord Dondarrion,
ma bisaïeule était-elle jolie ?
Cela remonte à un demi-siècle, princesse.
Oui, en effet.
Votre question était inconvenante.
Cet homme
est plus vieux que mon père.
Il est inconvenant de sa part de prétendre
Ă ma main.
Suivant !
Un enfant, à présent.
Les Nerbosc disposent d'une armée redoutable.
Ils ont jadis régné sur le Conflans en souverains.
Le sang des Premiers Hommes coule dans leurs veines.
Parlez.
Ma princesse, le lien qui nous unit est pérenne.
Lucas Nerbosc, mon trisaĂŻeul,
a aidé le Dragon lors de la Conquête.
Les Nerbosc ont bouleversé le cours de la guerre.
Descendants des Premiers Hommes,
nous avons ancré notre histoire dans cette terre
où votre maison s'est établie.
Si je suis choisi,
vos journées seront agréables et vos nuits sûres
sous ma protection.
Votre "protection" ?
La princesse a un dragon, bougre d'idiot.
Bracken.
Il pourrait me plaire.
Passons au suivant.
Ensuite, nous irons dîner.
Poltron.
Partons.
Rengainez vos lames, imbéciles !
Que le capitaine Oswin s'apprĂŞte Ă appareiller.
On nous attend Ă Pont-l'Amer.
Je ramerai jusqu'à Port-Réal
si cela met fin Ă ce spectacle affligeant.
Ne regardez pas.
Nous accosterons dans l'heure, princesse.
Comment le prendra-t-il ?
Que vous ayez éconduit tous vos prétendants
ou que vous ayez coupé court au voyage ?
Ă€ couvert !
Princesse.
Vous allez bien ? Ça va ?
- Le mestre ! - Je vais bien.
Pour le trĂ´ne.
Tu portes une couronne.
Te fais-tu appeler roi ?
Une fois la Triarchie anéantie, on m'a proclamé roi du Détroit.
Mais je sais qu'il n'y a qu'un seul véritable roi, Sire.
Ma couronne
et les Degrés de Pierre
sont vĂ´tres.
OĂą est lord Corlys ?
Chez lui, Ă Lamarck.
- Qui tient les Degrés ? - Les marées.
Les crabes.
Et deux mille cadavres de corsaires de la Triarchie,
crucifiés sur le sable en guise d'avertissement.
Lève-toi.
Le royaume t'est redevable, mon frère.
Suis-moi.
C'est l'occasion rêvée...
Daemon partait à l'aventure, dans des terres étrangères,
remportait des tournois...
Je ne rouvrirai pas ce débat, tu as toujours été
le préféré de notre mère.
Ce n'est guère un mystère.
Tu l'étais.
Notre mère n'avait cure
des coutumes ou des règles.
Hélas, je n'étais pas un grand guerrier.
Je vous félicite de votre victoire.
Merci, princesse.
Le prince veut-il visiter la galerie ?
Il n'a pas vu les tapisseries
offertes par Norvos et Qohor.
Veux-tu voir les tapisseries ?
Il se moque de pareilles choses.
J'aimerais les voir.
Ne t'en prive pas, en ce cas.
Je vais les admirer seule.
Du vin !
Comme je le disais, tu étais son préféré.
C'est vrai. J'insiste.
Le voyage n'a pas été fructueux.
Je l'ai supporté autant que possible.
Tous ces chevaliers et ces seigneurs qui te font les yeux doux...
Quel supplice !
Il est rare d'avoir le choix entre plus de deux prétendants,
alors deux vingtaines...
Ces hommes ne me font pas les yeux doux.
Ils veulent mon sang pour leur progéniture.
C'est assez romantique.
Comme c'est romantique d'être cloîtrée dans un château
pour pondre des héritiers...
Pardon.
Est-il furieux ?
Le roi s'est donné du mal pour arranger ce voyage.
Il est contrarié.
Mais je me réjouis de ton retour.
J'ai peu d'amis ces temps-ci.
J'aime Ă croire que je suis encore lady Alicent,
mais quand on me regarde, on ne voit plus que la reine.
Toi aussi, tu m'as manqué.
Vous aviez l'air si heureux Ă Peyredragon.
Pourquoi ce retour ?
Il y a sûrement autre chose
que le simple désir de narguer mon père.
Alors ?
Que voulez-vous ?
Les agréments de mon foyer.
Je ne pensais pas que vous trouviez ce lieu agréable.
Mais vous semblez avoir été changé par vos aventures.
Vous êtes plus mûr, peut-être ?
Vous aussi avez mûri en quatre ans.
Vous vous ferez Ă toute cette attention.
Je tolère l'attention, c'est le reste qui m'insupporte.
Mon père veut me vendre au seigneur qui a le plus grand château.
Ce n'est pas le pire des sorts.
Le mariage n'est que de la politique.
Une fois marié, on fait ce qu'on veut.
Pour l'homme, c'est de la politique. Pour la femme, une sentence de mort.
Si tel était le cas, je me serais débarrassé
de ma garce de bronze depuis des lustres.
Votre femme a bien de la chance.
Vous ne l'avez pas engrossée.
Un enfant ne peut s'épanouir dans un milieu aussi hostile.
Ma mère était faite pour enfanter.
Jusqu'Ă en mourir.
Je ne subirai pas le mĂŞme sort.
Ce que votre mère a vécu est une tragédie.
Mais ce monde est tragique.
Si on vivait toute sa vie dans la peur,
on renoncerait aux merveilles
qu'elle nous offre.
Je ne veux pas vivre dans la peur.
Mais dans la solitude.
VoilĂ une sinistre perspective.
Les Degrés de Pierre
devaient revenir au royaume, mais depuis peu,
le Serpent de Mer a supplanté le Gaveur-de-Crabes.
Il nous reproche d'avoir rejeté Laena en faveur d'Alicent.
Des années ont passé
depuis cet incident.
Il ne peut plus être courroucé.
Le Serpent est pétri d'orgueil,
de toute évidence.
Son orgueil est blessé.
Nous pourrions apaiser sa douleur.
L'orgueil de Corlys est le cadet de nos soucis.
Je ne veux pas vous troubler davantage,
mais mon frère a rapporté une nouvelle inquiétante.
Lord Corlys aurait commencé à parlementer
avec le Seigneur de la Mer de Braavos.
Il prévoit de marier sa fille Laena au fils du Seigneur.
Si la maison Velaryon forgeait une alliance
avec les cités libres,
alors...
il nous faudrait établir
notre propre pacte matrimonial.
Bonne nuit.
Dormez bien.
OĂą allons-nous ?
Dégage, garçon !
Il m'a dit garçon.
Désires-tu savoir comment tu mourras ?
Laissez-moi faire.
Partez.
Tous.
Tu es bien plus douce qu'elles.
Merci, mon mari.
Venons-en maintenant Ă la question
du grand fauteuil de Fer
et de la personne qui y posera son derrière.
Notre bon roi a désigné sa fille, une femme,
comme héritière.
Mais ensuite,
un enfant lui est né.
Un fils !
Quel héritier filoutera le fauteuil ?
Quel prétendant ?
Le frère ? La fille ?
Ou le petit prince de 3 ans ?
Rhaenyra.
La Joie du Royaume.
Une fille dont la jeunesse embaume,
adorée de tous ses sujets.
Mais ferait-elle une puissante reine ?
Ou serait-elle faible ?
Le petit prince Aegon
pourrait vouloir trĂ´ner.
Il a deux attributs dont Rhaenyra est dépourvue.
Le nom d'un conquérant
et une queue.
Calomnie !
Amusez-vous donc.
Les petites gens pensent qu'en tant que mâle,
Aegon doit hériter.
Leurs souhaits sont sans importance.
Ils seront importants
si vous voulez régner un jour.
Ce soir, j'aimerais me libérer du poids
de mon statut d'héritière.
Quatre pièces de cuivre.
À Port-Réal, on paie ses plaisirs.
- Reviens ! Garçon ! - Je m'en occupe.
À qui espères-tu échapper ?
Ser Harwin.
Princesse ?
S'il vous plaît.
Fais attention.
Tu pourrais mal tomber la prochaine fois.
Ça vous amuse ?
Je profite de ma liberté.
Entrez.
Pardonnez-moi.
Le roi vous réclame.
Il est tard.
En effet, Majesté.
Quel est cet endroit ?
Un lieu de jouissance.
Baiser est un plaisir, voyez-vous.
Pour la femme
comme pour l'homme.
Le mariage est un devoir, certes.
Mais cela n'empĂŞche pas de faire ce que l'on veut.
De baiser qui on veut.
Daemon ?
Princesse ?
Êtes-vous blessée ?
J'avertis le lord Commandant.
Non.
Mon heaume.
Est-ce fini ?
Merci.
ArrĂŞtez.
- Pardonnez l'heure tardive. - Oui ?
Un message de la part du Ver Blanc.
Suis-je ton prisonnier ?
Comme j'ai été ta prisonnière.
Je suis ta protectrice.
Tu as de la chance.
Pour le brouillard.
Je n'ai pas besoin d'une vulgaire putain.
Je ne suis pas si vulgaire.
D'une putain pas si vulgaire, alors.
J'ai laissé cette vie derrière moi.
Le commerce du corps ne mène pas loin.
Tu n'as jamais aimé l'oisiveté.
Les leçons cruelles ne sont jamais bienvenues.
Mysaria.
Tu paieras la chambre en sortant.
Entrez.
Qu'y a-t-il ?
Pardonnez-moi l'heure indue, Sire.
J'apporte...
une nouvelle troublante
que je souhaitais partager avant le Conseil.
Le Serpent de Mer.
Hélas, cela concerne la princesse.
Est-elle blessée ?
Il n'est pas aisé de parler à un père des prouesses de sa fille.
Je pensais ne rien dire...
Qu'a-t-elle fait ?
La princesse a été vue hier soir.
Par-delĂ les murs du Donjon.
Dans une maison de joie.
Et alors ?
Elle folâtrait avec son oncle.
Ils s'adonnaient
à des activités malséantes pour une jouvencelle.
Pour une princesse.
Quelles activités ?
Dois-je le formuler, Sire ?
Vous m'avez sorti du lit pour accuser ma fille.
Alors parlez, sans détour.
Daemon et Rhaenyra ont été aperçus ensemble
dans les entrailles d'un bordel.
Ils copulaient.
C'est un mensonge.
On vous a menti.
Si seulement, Sire.
Qui est l'auteur de ces commérages ?
Qu'on m'amène ce colporteur de rumeurs.
Je vais lui arracher les yeux.
Je dois m'assurer de la fiabilité de mes sources
et celle-ci ne m'a jamais fourvoyé.
Plusieurs servantes ont avoué l'avoir vue,
la princesse,
franchir les portes de Port-Réal déguisée en page
pendant l'heure de la chouette.
Votre ambition dévorante vous pousse à surveiller ma fille ?
Ă€ la faire espionner ?
Vous guettez une occasion de ruiner sa réputation ?
Je n'en ai aucunement l'intention.
Vous vous croyez rusé.
Vos desseins sont clairs.
Vous désirez voir votre descendance régner
au point de détruire la mienne ?
Sortez.
Partez.
Sur-le-champ.
Sire.
Je suis habillée, Annora. Entre.
Princesse.
Approchez.
J'ai un message de la part de la reine.
Que s'est-il passé hier soir ?
Que veux-tu dire ?
Mon père a émis d'inquiétantes allégations.
Étais-tu avec ton oncle ?
Il a été absent longtemps. Nous nous sommes divertis.
Donne-moi les détails, Rhaenyra.
Ton père m'accuse d'un crime.
D'avoir bu du vin ?
D'avoir quitté le château la nuit ?
D'avoir baisé Daemon dans un bordel.
VoilĂ une odieuse accusation.
Vraiment ?
Les Targaryen ont d'étranges traditions.
Et Daemon se permet tout.
Alicent. Majesté. Ma soeur.
Sache que je ne ferais jamais cela.
Ne crois pas les commères.
Je crois mon père.
On l'a trompé. Il n'a pu voir cela.
- Pourquoi ? - Ça n'a pas eu lieu.
- On le lui a rapporté. - Rapporté ?
Qui a renseigné ton père ?
Je suis la princesse.
Mettre en doute ma vertu est un acte de trahison.
- J'ignore... - Ton père ne te l'a pas dit ?
Il a averti le roi.
J'ai entendu par hasard.
Tu m'accuses de calomnies
entendues par hasard ?
Mon but est de t'aider.
Nous avons bu dans une taverne.
Dans plusieurs tavernes.
Il se faisait tard,
j'ai demandé à rentrer.
Daemon souhaitait prolonger la soirée.
Il m'escortait, je n'ai pas eu le choix.
"Prolonger la soirée".
Dans un bordel ?
Il m'a emmenée voir une farce.
J'étais spectatrice, je n'ai rien fait.
Ensuite, Daemon s'est aviné,
et m'a délaissée pour aller retrouver une putain.
C'était à prévoir.
Tu n'as donc pas...
Dois-je vraiment nier ces allégations ?
Daemon ne m'a pas touchée.
Je te le jure.
Sur la mémoire de ma mère.
C'était imprudent de t'empêtrer dans une situation ambiguë.
Le roi s'efforce de te trouver un bon parti. Et moi aussi.
Si ton prétendant
pense que tu as été...
souillée...
- Cela gâchera tout. - Je sais.
Majesté.
Je le déplore.
Le roi sollicite une audience.
Ôtez vos sales pattes.
Ma fille.
Tu ne nies mĂŞme pas ?
Je dois savoir de quoi on m'accuse avant d'objecter.
Tu l'as déshonorée.
Tu persistes Ă te taire.
Quelle importance, mon frère ?
À son âge, nous forniquions dans toute la rue de la Soie.
Nous étions de jeunes hommes.
Ce n'est qu'une enfant. Ta nièce.
C'est une femme.
Je vaux mieux qu'une quelconque putain.
Espèce de...
Tu as provoqué sa perte !
Quel seigneur voudra l'épouser ?
Que les seigneurs aillent se faire foutre !
Tu es le dragon, ta parole
tient lieu de vérité et de loi.
J'ai passé ma vie à te défendre.
Mais ton coeur est plus noir que je croyais.
Je devrais la déshériter,
comme je t'ai déshérité, et ce serait réglé.
Donne-moi sa main.
Tu m'as promis tout ce que je voulais.
Je veux Rhaenyra.
Je l'épouserai malgré sa condition selon nos traditions.
Tu es déjà marié !
Ça n'a pas arrêté Aegon le Conquérant.
Tu n'es pas un conquérant !
Tu es un fléau. Envoyé pour me détruire.
Laisse-moi prendre Rhaenyra pour épouse
et la maison du dragon retrouvera la gloire qu'elle mérite.
Bien entendu.
Ce n'est pas ma fille que tu convoites.
Mais mon trĂ´ne.
Retourne dans le Val, Daemon.
Retrouve ton épouse légitime.
Efforce-toi de restaurer le peu d'honneur qu'il te reste.
Ou n'en fais rien. Peu me chaut.
Tant que tu disparais de ma vue.
Comme tu voudras, mon frère.
L'as-tu interrogée ?
Non.
Rhaenyra n'a pas l'âme fourbe.
À la différence de ton frère.
Tu penses qu'il a menti ?
Dit-il souvent la pure vérité ?
Ă€ quoi lui serviraient de tels aveux ?
Ă€ t'affaiblir.
Quoi qu'il se soit passé, Rhaenyra n'est pas innocente.
Car Daemon a essayé de la pervertir.
Daemon et Rhaenyra sont du sang du dragon.
Ils sont impétueux.
Elle m'a juré qu'elle était encore vierge.
Je la crois.
Ce poignard
a appartenu à Aegon le Conquérant.
Et Ă Aenar avant lui.
Avant cela,
nul ne le sait vraiment.
Avant la mort d'Aegon,
les pyromants cachèrent sa chanson dans l'acier.
"De mon sang
"viendra le prince qui fut promis.
"Et sienne sera la chanson de la glace et du feu."
La charge que je t'ai transmise,
le poids de cette prophétie importe plus que le trône.
Que le roi.
Plus que toi.
Et tes désirs.
Jaehaerys t'aurait déshéritée.
Pour un mensonge ?
Vous ignorez la vérité.
La vérité ne compte pas.
Seules les apparences comptent.
Tu t'es compromise.
Nous en pâtirons tous les deux.
Si j'étais un homme,
je pourrais coucher avec qui je veux.
Engendrer des bâtards.
Personne Ă la cour ne cillerait.
Tu as raison. Mais tu es une femme.
Alors vous me déshéritez en faveur d'Aegon.
Je le voudrais.
Mais je dois préserver l'unité du royaume, pas le diviser.
Le défilé des prétendants est terminé.
Tu vas épouser Laenor Velaryon.
Et tu le feras sans protester.
Le fils du Serpent de Mer.
Pour dénouer votre imbroglio politique.
C'est toi, mon imbroglio politique.
Ton mariage avec Laenor Velaryon
unira les deux grandes maisons du royaume.
Avec la force combinée de nos dragons et de notre flotte,
nul n'osera se dresser contre nous.
La maison du dragon sera unie pour une génération de plus.
Et que ferez-vous du vautour perché sur votre trône ?
Quel vautour ?
Votre Main.
Otto Hightower a été le serviteur loyal et fidèle de deux rois.
Il veut voir Aegon régner.
Il est prĂŞt Ă tout pour s'en assurer.
Comme me faire espionner pour me discréditer.
Vous avez évoqué le rêve du Conquérant,
la puissance et l'unité nécessaires au royaume.
Comment les atteindre avec un conseiller aussi intéressé ?
Tous les seigneurs qui me sollicitent,
tous les membres siégeant au Conseil restreint
sont intéressés.
- C'est inévitable. - C'est faux.
Je ferai mon devoir d'héritière, j'épouserai ser Laenor.
Mais faites d'abord votre devoir de roi.
Sire.
Cinq jours.
Pardonnez-moi, Sire ?
Bien que cela date un peu,
les détails restent en mémoire.
Mon père était un guerrier et dragonnier robuste,
dans la force de l'âge.
Jaehaerys organisa une chasse quand il fut nommé Main du roi.
Cinq jours plus tard, mon père trépassa.
À peine la durée d'un tournoi.
Baelon le Brave.
Dragonnier de Vhagar.
Héritier du trône de Fer.
Mort d'une rupture du ventre.
Les dieux sont cruels.
Ce fut une journée sinistre.
Je ne m'en souviens que trop bien.
Ce fut une bonne journée pour vous.
Jaehaerys vous nomma Main Ă la place de Baelon.
Ce n'est pas ainsi que je le perçus.
C'était un devoir.
Vous avez servi mon grand-père durant ses derniers jours.
Vous m'avez appris Ă ĂŞtre roi.
C'est un bel hommage, Sire.
En cinq jours Ă peine,
vous êtes passé de membre de la cour de Jaehaerys
à deuxième homme du royaume.
Je m'interroge...
quand avez-vous décidé de trahir votre roi ?
Sire ?
Je ne me remettrai jamais de la mort d'Aemma.
Toutefois, Alicent...
m'a aidé à surmonter mon deuil.
C'était une distraction calculée.
Je saisis à présent
à quel point elle était bien calculée.
C'est absurde.
La reine vous aime.
Tout comme vous l'aimez.
Vos intérêts ne concordent plus avec ceux du royaume.
Votre jugement a été perverti.
Une Main loyale doit révéler les dures vérités à son roi
de temps Ă autre.
S'il ne le fait pas,
il faillit Ă son rĂ´le.
Vous avez été un serviteur fidèle.
Couronne et royaume
vous doivent une dette incommensurable.
Mais je ne peux plus me fier Ă vous.
Entrez.
Pardonnez l'heure tardive, princesse.
Je l'ai préparé avec grand soin.
Mal infusé, il peut se révéler inefficace
ou bien provoquer
des effets...
Mal infusé ?
Quel est ce breuvage ?
Un thé, princesse.
De la part du roi.
Il vous évitera un état non désiré.
Adaptation : Antonia Hall
Sous-titrage : DUBBING BROTHERS
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