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...
Klaxon
...
...
...
...
...
...
-Bonjour. -Bonjour.
Vous êtes le nouveau gérant ? -Oui. Marc.
-Jeanne. Enchantée.
-Enchanté. -Merci.
-Il faut du courage
pour sortir aussi tôt. -Ca vaut le coup.
-On dirait un tableau de Cézanne.
-J'aurais pas dit mieux.
-Vous venez souvent ? -Dès que je peux.
-A bientôt alors, j'espère.
-A bientôt.
...
Seb, t'aurais pu fermer la porte pour Attila.
-Il est là, c'est bon.
Je passe prendre mes derniers trucs.
Pardon. -C'est pas grave.
Tu pourrais me rendre les clés, non ?
Petit rire -OK...
T'es sûre ?
-Ca fait 3 mois qu'on est séparés.
-Hum hum...
Il va me manquer.
-Je peux l'emmener
à ton anniversaire.
-Tu viens ? -Ben, enfin...
J'en ai pas raté un
depuis tes 6 ans. -OK.
Je ferai comme si notre séparation me fait rien.
-Seb...
On en a déjà parlé, hein ?
C'était...
C'était tendre, rassurant de vivre ensemble,
mais c'était pas de l'amour.
-Je sais.
Eh ben, à plus.
...
-Lâche ton portable. -C'est Yasmine.
-On va la chercher ? -Non, elle m'attend au lycée.
-Ca nous fait 5mn pour discuter.
-C'est pas ce qu'on fait ?
-Je passe du temps à l'hôpital. On se voit peu.
Fais un effort pour ton vieux père.
-Tu devrais pas parler avec moi. -Avec qui ?
-Une femme avec qui tu sortirais dîner.
Avec qui tu partagerais tes souvenirs avant Internet.
-T'es grave.
-Nanou, ça compte pas. -Ah ouais ?
Bonne journée. -Salut, papa.
-Lucas, ton sac.
Lucas ?
Lucas, ton sac.
Ton inhalateur est dedans. -Merci.
-Ca va ?
-Bonjour. -Bonne journée.
Pardon. -C'est pas grave.
Vous embêtez pas, c'est bon. -Non, non.
-Merci.
-Désolé.
Quand c'est pas la journée... -Voire pas le mois, pour moi.
Bonne journée. -Les ruptures, c'est dur.
-Comment vous savez ?
Evidemment. Chloé.
Quand vous êtes au bloc, elle vous parle de ma vie ?
-Et on sauve des gens.
-C'est l'essentiel.
-Un dîner, ça vous dirait ?
Pour vous changer les idées. Un dîner, un verre.
-Pourquoi pas. Sonnerie
Je dois y aller.
"Le plaisir imaginé
s'appelle 'désir'."
C'est de Ricoeur. Il est pas au programme.
Ca vous évoque quoi ?
Vous voyez comment
il découpe la question en deux termes.
Désir égal
plaisir et imagination.
Vous reconnaissez cette façon de penser ?
Homme égal animal rationnel.
Un autre exemple ?
Bon, OK.
Donnez-moi votre définition du désir.
Yasmine ?
-Euh... Non, je...
-Y a qu'à demander à Lucas. Rires
-T'es relou.
-Une source possible de satisfaction.
Le plaisir, c'est pour satisfaire une pulsion.
-C'est intéressant.
Comme souvent. Mais je demandais à Yasmine.
Sonnerie
Sauvée par le gong.
Réfléchissez à la question
pour la semaine prochaine, que je me sente moins seule.
-Thomas Villeneuve t'a invitée à dîner ?
Tu devrais accepter. *-Tu crois ?
Il est pas mal.
*-Il est canon, tu veux dire.
Il est chirurgien, c'est un bon père.
-Je suis la prof de son fils.
-Une soirée.
Soupir -Je sais pas.
*-T'imagines pas
les nanas qui tueraient pour ça.
-OK.
*D'accord.
-On a besoin de toi.
-Je fais quoi ?
-Appelle-le. Je suis au taf, je te laisse.
-Ouais, mais... Chloé ?
Chloé ?
-On a quoi ?
-Anaïs Dumont, 23 ans, dissection aortique.
-Merci.
Bonjour, Anaïs.
Je vais m'occuper de vous.
On va former une équipe. J'aurai besoin de votre aide.
Ca va aller ? Elle acquiesce.
On démarre.
Ca va faire un décompte.
C'est parti. 10...
La voix devient lointaine. 9, 8, 7...
-C'était chaud. On était à 2 doigts.
Pourquoi tu souris ?
-Une charmante demoiselle accepte de dîner avec moi.
-Ce sourire... Je l'avais pas vu depuis longtemps.
C'est bien, bravo.
Ca fait 6 ans que ta femme...
Remets-toi en selle. -Je réponds quoi ?
-Tu lui dis : "Ce soir."
-C'est pas trop rapide ? -Non.
C'est qui ? -La prof de philo de Lucas.
J'ai peur de faire une connerie. -Elle a accepté, fonce.
-C'est la soeur de Chloé. -Tu fonces.
-On parle de moi ?
-Thomas a des trucs à te dire. -Je t'écoute.
-Euh... -Il invite ta soeur à dîner.
-Ah oui ?
-T'es déjà au courant.
Un resto qui lui ferait plaisir ?
-Je t'aide pas. -S'il te plaît.
-Tu te débrouilles.
Hors de question que je t'aide.
Je te dirai pas d'aller Chez Maurice
et de commander du blanc et des oursins.
-Merci.
-T'es sérieux avec elle ?
-Croix de bois, croix de fer.
-Tu t'en sors ? -Pas vraiment.
-On va se prendre un petit verre de vin.
Ca va te faire du bien. -Merci.
T'en penses quoi ?
-Tu devrais essayer celle-là. -OK.
Allez, c'est parti.
-J'adore ton pull bleu.
Je peux te l'emprunter ?
-Il s'appelle "reviens". Petit rire
-J'aimerais tant refaire un 1er rencard.
-T'es gonflée.
T'as 2 enfants merveilleux, un mari parfait...
Tu veux quoi de plus ?
-En parlant de mes enfants, t'as pas oublié pour demain ?
-Demain ?
Mais oui.
Demain, j'emmène mes neveux au zoo
et je raterais ça pour rien au monde.
Voilà ce que ça donne. T'en penses quoi ?
C'est pas un peu... -C'est parfait.
T'es magnifique. -C'est pas too much ?
-Tu stresses, hein ?
Profite.
-Bonsoir. -Vous êtes attendue ?
-Oui. -Il est au bout.
-Bonsoir.
-Bonsoir.
-Vous allez bien ? -Oui.
-Vous êtes magnifique.
-Merci.
-Je vous en prie.
J'ai pris les devants, je me suis permis.
J'ai commandé du chardonnay.
-Je vois que Chloé vous a briefé.
-Non, pas du tout. -Ah bon ?
-Un peu, si.
-Rassurez-moi, elle vous a pas menacé ?
-Vous la connaissez.
Tenez.
A la vôtre. -Santé.
Thomas sifflote.
...
-T'es de bonne humeur.
-Ouais.
-T'as fait un truc spécial hier ?
-Non, rien de spécial.
-Tu me caches quelque chose.
-T'es trop curieux.
*Notification
...
-Ah... Alors ? Raconte.
-Te voilà.
Ecoute, soirée parfaite.
-Et ?
-Et j'espère qu'on va se revoir.
-T'as l'air sous le charme.
Tu vas en parler à ton fils ? -Pas maintenant.
Depuis le décès de Marie, j'ai pas ressenti ça.
Klaxon
Elle souffle.
...
-T'es en avance.
-Tata, tata, tata. Je veux d'abord voir les girafes.
-Non, les rhinos.
-Désolée, j'ai oublié,
mais le zoo est fermé aujourd'hui.
On ira la semaine prochaine. -NON.
-Finissez le petit-déj.
-Je fais un tour avec Jeanne. -OK.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Hier, avec Thomas, je...
Je...
Je...
-Il s'est passé quoi ?
-On a dîné ensemble.
Et c'était super.
Vraiment super.
Ensuite, il m'a...
raccompagnée à pied jusqu'à chez moi.
Son portable était déchargé
alors il est entré le recharger pour appeler un taxi.
Et...
Et on a discuté.
On a bu un verre
en attendant et c'était bien.
-OK. Et après ?
-J'en sais rien. Le trou noir.
Je me souviens plus de rien.
-Comment ça ?
T'avais trop bu ? -Non.
Je...
Je crois pas.
Je me suis réveillée à poil. Je dors jamais nue. Jamais.
-Il s'est passé quoi ? -Je sais pas.
Je sais pas puisque je me souviens de rien.
Je sais pas ce qu'il a fait.
Mais je sens qu'il m'est arrivé quelque chose.
Je peux pas t'expliquer, je le sens.
Je veux qu'un médecin m'examine.
-J'ai toujours voulu être chirurgien.
-C'est une vocation ? -Oui.
Prenez ma veste.
-Ca va. -Tenez.
-Merci.
J'ai passé une très bonne soirée.
-Merci, moi aussi. Excellente. Ca faisait longtemps.
Depuis le décès de ma femme.
Désolé. Je vous raconte ma vie.
Vous allez partir en courant.
-Non, c'est honnête.
-Merci.
Donc vous venez d'ici ?
-Oui.
Je suis partie quelques années, mais je suis revenue.
Tous mes amis, ma famille sont ici.
Et vous ?
-J'ai grandi à Montpellier. Ma maman s'est installée ici.
Quand Lucas et moi, on s'est retrouvés seuls,
je me suis rapprochée d'elle.
Lucas est mieux ici. Il fait des crises d'asthme.
-Je savais pas. -Il veut pas que ça se sache.
C'est Lucas. Il en parle pas, ça n'existe pas.
-Je comprends.
Je suis contente
que vous ayez déménagé. -Pourquoi ?
-Car l'air d'ici est bon pour les bronches.
-Ah... Petit rire
Je vous raccompagne ?
Je veux juste récupérer ma veste. Chez vous, j'appelle un taxi.
...
-Vous avez bien eu une relation sexuelle.
Des microlésions le prouvent.
-Donc j'ai été violée.
-Ca prouve juste qu'il y a eu rapport.
Je n'ai pas trouvé de sperme, mais des traces de lubrifiant.
-Il a mis un préservatif ? -C'est possible.
Ce serait une bonne nouvelle.
Aucun risque de grossesse ou d'attraper une MST.
-Vous avez trouvé quoi d'autre ?
-Il n'y a aucune autre lésion.
Aucune trace de violence sur votre corps.
Pas d'ecchymoses...
Rien qui prouve qu'on vous a forcée ou que vous ayez résisté.
-J'étais pas consentante. -Ecoutez...
C'est à la justice d'établir le viol, pas à moi.
Mme Sarlat.
Je sais que c'est dur.
Si vous pensez avoir été violée, vous devez être entendue.
On peut vous accompagner
dans vos démarches.
-Elle peut transmettre ton dossier à la police, si tu portes plainte.
T'es pas toute seule.
Claquements de portières
-Ca va, tata ?
-Ca va ? -Mais oui, mes crapules.
-Viens voir.
J'ai fait une maison. -Moi aussi.
-On laisse tata respirer 2mn.
Elle va rester avec nous quelques jours.
-Super.
-Faut que tu voies mon dragon. -Oui.
-Tu peux préparer la chambre ?
-Pas de souci.
-On vous rejoint. -On y va.
-Tu viens ? -Attends.
Il m'a violée. Y a pas d'autre explication, non ?
-Si c'est le cas, tu dois porter plainte.
-On a dîné, il est venu chez moi. Je dirai quoi à la police ?
-Allez, viens.
-Elle pense que Villeneuve lui a fait du mal ?
Elle est pas sûre ? -T'as vu son état ?
-Elle va pas bien, mais ça prouve rien.
Les apparences sont contre elle.
-Et alors ? Elle doit porter plainte.
-La police va fouiller sa vie.
S'ils découvrent ce qui s'est passé il y a 5 ans...
-Ca n'a rien à voir. -Si.
Ca les incitera pas à la croire.
Ils vont pas être tendres.
Il va y avoir un gros problème.
...
-Ca va ?
Alors ?
Ta jolie prof ? -Silence radio.
Je suis voué au célibat. -Vous avez 2mn, Thomas ?
-Bonjour. -Je vous présente M. Portel.
Voici le Dr Villeneuve.
-Ravi de faire votre connaissance.
-Egalement. -Quelle réputation.
-Thomas va bientôt diriger la cardiologie.
-Si je continue à exercer souvent.
-Vous croulerez pas sous la paperasse.
-On a besoin de votre talent.
-Bonne journée. -Au revoir.
-Inutile de leur cirer les pompes, ils le font.
-Bonjour.
-Tu vas où ?
-Au lycée.
-T'es sûre ? Appelle-les, ils comprendront.
-Pour leur dire quoi ?
Pardon, je suis fatiguée.
-Assieds-toi, je vais leur dire que t'es malade.
-Non, je laisserai pas cet événement dicter ma conduite.
J'ai 3 élèves en soutien, je vais pas les lâcher avant le bac.
A ce soir.
-Hier, elle se fait violer, et aujourd'hui, elle va bosser.
-T'insinues quoi ? -Rien.
Sa réaction est bizarre.
-Donc tu la crois pas ?
-Me fais pas dire ce que j'ai pas dit.
Oh ?
Sonnerie
...
-Madame, je comprends pas.
Aristote était courageux ou pas ?
-On parle de sa pensée, pas de sa vie.
On est en cours de philosophie.
OK ? Bon...
Pour Aristote, le courage
se situe au juste milieu entre deux défauts : la lâcheté
et la témérité.
Pour lui,
le courage, c'est un équilibre et non pas un mouvement en avant,
comme on pourrait le croire.
Vous me suivez ?
C'est compliqué,
mais vous allez...
-Madame ?
Madame, ça va ?
-Oui. On va s'arrêter là. Merci.
-Mais c'est pas encore l'heure.
-C'est pas grave.
...
-Mme Sarlat ?
-Oui ? -Lieutenant Artaud.
-Lieutenant Becker. Venez.
Mme Sarlat ?
Mme Sarlat ?
Vous dînez avec le Dr Villeneuve.
Vous l'invitez chez vous.
Et après ?
Plus rien ? Trou noir ?
-C'est ça.
-Ca va pas être simple.
-Est-ce que pendant le dîner,
vous avez laissé entendre à Thomas Villeneuve
que vous vouliez coucher avec lui ? -Non.
-Vous avez beaucoup bu pendant le dîner ?
-Je sais pas. 3 ou 4 verres, pas plus.
-Si vous n'avez pas l'habitude, ça peut expliquer le trou noir.
Pas d'autres substances ?
-Non, rien d'autre.
Je m'en serais souvenue si j'avais couché avec lui.
-Oui, mais vous vous souvenez de rien,
mais vous pensez qu'il vous a violée.
Pourquoi ?
-Je me suis réveillée nue dans mon lit.
Et je dors jamais nue.
-On va reprendre depuis le début.
Ca s'est passé avant-hier, chez vous ?
-Oui.
-Vous l'avez invité,
vous pensiez passer la nuit avec lui ?
Pourquoi le faire entrer ?
-Son portable était déchargé
et il devait le recharger pour appeler un taxi.
-D'accord.
Donc il recharge son portable ? -Oui.
-Et après ? Vous pouvez plus rien dire ?
-Non.
-Vous avez nettoyé depuis ?
-Non, j'y suis pas retournée.
-Pour monter le dossier,
on doit aller perquisitionner chez vous, d'accord ?
-Oui. Oui.
Voilà, je suis arrivée chez moi.
-L'enlevez pas. Je prends juste mon téléphone...
pour appeler le taxi.
Mais je...
Je n'ai pas de batterie.
-C'est ça, le coup de la panne ? -Je vous assure, regardez.
Regardez.
-Allez.
Venez recharger votre téléphone. On boira un verre en attendant.
-Vous êtes sûre ? Demain, tu...
Vous avez école.
-On se tutoie maintenant ?
Demain, c'est mercredi. J'emmène mes neveux au zoo.
Je peux supporter un dernier verre.
Soyez pas timide.
-Vous portiez ça avant-hier ?
Mme Sarlat ?
C'est ce que vous portiez avant-hier ?
-Oui.
J'ai dit non.
Je m'entends le dire.
-Vous avez dit non ?
-Ca m'est revenu à l'instant.
-Vous vous souvenez du moment ? Vous étiez où ?
Qu'est-ce qui se passait ?
-Je sais pas.
-Autre chose vous revient ?
On est sur place. Ca peut aider.
Vous vous souvenez de rien ? -Je me souviens même pas
d'être entrée ici.
-Vous prenez souvent des anxiolytiques ?
-Ca m'arrive.
-Ce soir-là, vous en aviez pris ?
-Un demi.
J'étais stressée.
J'ai bu, je l'ai invité chez moi, mais je suis pas une menteuse.
-Il a changé d'attitude ?
Il a eu des gestes déplacés ?
Vous vous rappelez pas ?
Est-ce que...
vous vous êtes sentie menacée ?
-Je sais pas.
-C'est qui ?
-Un ami d'enfance.
-Vous avez quelqu'un pour vous soutenir ?
-J'ai ma soeur.
-Mme Sarlat ?
Vous avez rompu il y a 3 mois ?
-Oui.
-On a retrouvé
ces préservatifs dans la poubelle.
Vous aviez eu un rapport ?
-Non.
J'imagine que c'est celui qu'il a utilisé.
-On a trouvé cette boîte de préservatifs de la même marque
dans votre armoire à pharmacie.
Vous avez des amants ?
-J'ai couché avec personne depuis ma séparation.
C'était la 1re fois que je dînais avec un homme.
-Mme Sarlat...
On a juste besoin de comprendre votre vie.
-Ouais.
Si on m'avait tabassée et volée, vous auriez fait pareil ?
Miaulement
-Le fameux Attila.
-Voilà.
Y a une prise à côté de la machine à café.
-Merci.
-Tu veux boire quoi ?
-On n'a qu'à rester au vin.
-Il me reste une bouteille sur l'étagère.
Tu trouveras les verres en dessous.
-D'accord.
Ah, super.
Très bien.
Il me manque le tire-bouchon.
-Regarde le tiroir.
Juste en face,
sous les plaques. -OK.
C'est chouette, ici.
-Ouais.
Tu veux écouter quoi,
comme musique ?
-Je sais pas.
Je suis plutôt jazz, mais ce que tu veux.
Il sifflote.
...
*Musique pop douce
-Merci. -A la tienne.
C'est Chloé et toi ?
Vous avez pas changé. -Ouais, enfin...
Chloé était dans sa phase gothique, c'était pas la plus sympa.
On va dans le canapé ?
-Vous avez toujours été complices ?
-Ouais, on s'adorait, mais on s'embrouillait.
-A cause des mecs ? -Pas uniquement.
Elle était collée à moi. J'en pouvais plus.
-J'aurais adoré avoir un frère pour vivre cette complicité.
Tu me montreras d'autres photos ?
-De ma période permanente et jean blanc ?
-Ouais. -J'en ai plein.
C'est donnant-donnant.
-Prochain dîner, j'exhumerai mes photos
avec une coupe mulet. -Hé...
Pas de gaffe.
Tu dis rien à Chloé.
-Croix de bois... -Si tu mens, tu vas en enfer.
-On va faire un déroulé des événements
depuis que M. Villeneuve est entré recharger son portable.
-Vous avez ouvert une bouteille ?
-C'est lui qui l'a ouverte
et nous a servis
pendant que je cherchais de la musique.
-Vous avez bu plus que 3 ou 4 verres.
Une bouteille était vide dans la chambre.
Ca fait 2 bouteilles.
-Un fond de bouteille
que j'ai bu avec ma soeur bien plus tôt.
La bouteille qu'il a ouverte,
j'en ai bu qu'un verre.
Regardez.
-Ce sont les verres dans lesquels vous avez bu ?
-Oui, mais je les ai pas lavés.
Il a mis quelque chose dans mon verre.
C'est pour ça qu'il les a nettoyés.
Il m'a droguée, voilà pourquoi je me souviens pas.
Soupir
-Vous allez passer des examens toxicologiques.
-Vous allez l'arrêter ?
-On va l'interroger. Je peux pas vous en dire plus.
-Bonjour, on cherche le Dr Villeneuve.
-Oui. A gauche.
-J'étais au bloc.
-Merci.
-Non, non.
J'appelle un jardinier. Il s'en occupera.
Je sais pas. -Dr Villeneuve ?
-Attends. -Police.
Lts Becker et Artaud.
-Maman, je te rappelle.
Oui, je m'en occupe.
Que puis-je pour vous ?
-Suivez-nous. -Vous suivre ?
-Oui. -C'est important.
-A quel sujet ? J'ai encore 4h de garde.
-On comprend,
mais suivez-nous. -Mme Sarlat vous accuse de viol.
-Elle m'a invité à entrer.
J'avais plus
de batterie.
-Vous aviez pris un taxi
pour aller au restaurant ? -Ca change quoi ?
-Pourquoi
pas en voiture ?
-J'allais boire. Je travaille dans un hôpital.
On voit des accidents tout le temps.
-Et une fois arrivé chez elle ?
-On a pris un dernier verre.
On discutait, on s'appréciait et...
Une chose en entraînant une autre...
Vous voyez ? -Non, on voit pas.
Justement, on voit pas.
Alors ?
Il soupire. -Cauchemar...
Après, on s'est embrassés.
Et on est allés dans la chambre.
-Qui a initié ce baiser ?
-Je ne sais pas...
Nous deux, je crois.
-Essayez de vous souvenir.
-Je crois que c'est moi, mais elle me l'a rendu.
-Et vous l'avez forcée ? -Non.
Elle était consentante.
-Ensuite ?
-Ensuite ?
Vous voulez les détails ?
-S'il vous plaît.
-Bien. Euh...
Eh bien...
On s'est déshabillés, mutuellement.
On s'est embrassés, allongés et on a fait l'amour.
-Avec ou sans préservatif ?
-Avec, bien sûr.
Je n'avais pas prévu ça.
Jeanne m'a dit qu'il y en avait dans sa pharmacie.
-Et après ?
-Après, elle s'est endormie.
-Elle s'est endormie pendant ? Elle était inconsciente ?
-Non. Pas du tout.
Elle était consciente, active et contente. Enfin, je croyais.
Elle s'est endormie après. Je suis resté un peu
et je suis parti.
-Après avoir fait la vaisselle ?
-Pardon ?
-Vous avez lavé les verres ?
Petit rire
-Oui, c'est...
c'est possible, oui.
-Pourquoi pas rester ?
-J'emmène mon fils au lycée le matin.
Et je voulais pas qu'il sache que j'avais découché.
-Donc vous êtes parti en douce ? Vous avez pas laissé de mot ?
-J'ai envoyé un message hier matin pour dire que j'avais passé
une merveilleuse soirée.
Pourquoi écrire ça si je l'avais violée ?
-Pour pouvoir nous le montrer, si elle portait plainte.
-C'est du délire.
Je ne sais pas ce qu'elle vous a dit.
On était consentants, on s'est envoyés en l'air, point.
-Non, elle vous accuse
de viol et de l'avoir droguée.
-Pourquoi ? Je lui plaisais.
J'étais chez elle.
On s'embrassait.
Pourquoi faire ça ? On aurait fini par coucher ensemble.
-Merci.
-T'aurais dû me prévenir. Je t'aurais accompagnée à la police.
-Je voulais y aller toute seule.
-Seb sait ?
-Pourquoi je lui en aurais parlé ? Car c'est mon ex ?
-Non, parce que c'est un flic.
Moteur de voiture
-Yann rentre déjà ?
-Pas avant la fin du match.
-Jeanne. -C'est pas une bonne idée.
-Il faut qu'on discute. On s'est pas compris.
-Ah bon ?
-Je vois que ça, oui.
-J'ai dit non.
-Tu n'as rien dit. -M'approche pas.
-OK, je reste ici.
Désolé, si tu te rappelles pas.
-J'ai dit non !
-C'est pas le cas. Tu n'as rien dit du tout.
-Tu mens. -Non, c'est toi qui mens.
Sans le vouloir, mais quand même.
Ils m'ont convoqué.
-Ca t'étonne ?
Tu m'as droguée et t'as lavé les verres.
Ils découvriront
ce que t'as mis dans mon verre.
-Tu racontes n'importe quoi.
-Dégage. -Réalise que...
-Dégage !
-Faut que tu partes. -OK, désolé.
C'était une mauvaise idée, pardon.
-Jeanne ? Claquement de portière
Il démarre.
Des pas approchent.
-Salut, papa.
Ca va ?
-Oui, oui.
Ca va.
Quelques soucis au boulot.
-Quelqu'un que t'as pas pu sauver ?
Tu peux pas sauver le monde entier.
-T'as raison.
Ca te dirait d'aller quelques jours en Espagne ?
Faire une rando en VTT. -Trop bien.
Mais comment fera Nanou ?
-On se débrouillera.
-Et la clinique ? -Je suis pas
le seul chirurgien.
-Je sais pas ce qui t'arrive, mais cool.
Petit rire
-On a interrogé Thomas Villeneuve.
D'après lui,
vous étiez consentante.
-C'est faux.
Vous avez reçu mes analyses ?
-C'est négatif.
-Non, c'est pas possible.
Il...
Il a dû utiliser une drogue qui se dissipe.
Ca existe, non ?
-Certaines drogues disparaissent.
-Il a dû utiliser ça.
-On a aucune preuve de ça.
-Donc il m'a violée, mais vous pouvez rien faire ?
Elle soupire.
...
-Encore des vivres ?
T'as déjà rempli mon frigo y a 2 jours, mon fils.
-Tu manges pas assez.
-Toute seule, c'est moins drôle. Alors, je grignote.
-Ce soir, tu seras pas seule. On mange ensemble.
-Oh, ça, c'est gentil.
-Je vais le tuer.
Je te jure, je vais le tuer.
OK. Euh...
Qui suit l'enquête ?
-Lts Becker et Artaud.
-C'est bon, d'accord.
C'est des bons, c'est déjà ça.
Becker, c'est un ancien, Artaud est douée.
Ils trouveront,
si y a moyen de le coincer. -C'est mal barré, non ?
-C'est des affaires difficiles.
Ni témoins ni preuves.
C'est parole contre parole. -C'est foutu d'avance.
Je lui ai offert à boire. On croit que j'étais consentante.
-Dis pas ça. Ca a changé. -Tu parles...
Je fais pas le poids contre lui.
-Désolé, Jeanne.
-Il s'en tirera pas comme ça.
Non.
-Ca veut dire quoi, ça ?
-Tout le monde saura qui il est.
-Pas de connerie. Tu penses à quoi ?
-J'ai rien à perdre, non ?
-Comment ça ?
-Fais rien qui entrave l'enquête. Ca pourrait se retourner contre toi.
-Trop tard.
-De quoi tu parles. -Je l'ai déjà fait.
Maintenant, tout son entourage, ses amis,
sa famille,
tous ses collègues sont au courant.
Au moins, ils savent.
Ouais.
Maintenant, ils savent.
Maintenant, ils savent.
Sous-titrage ST' 501
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