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Original subtitles

-Schefferville est en état de choc. L'Iron Ore

a confirmé qu'elle y ferme ses installations le 1er juillet.

Tout le monde là-bas doit décider

s'il quitte ou s'il reste à Schefferville.

- Qu'est-ce que tu fais, toi, quand ça fait

19, 20 ans que t'es établi icitte avec ta famille

puis tu te ramasses demain matin avec rien ?

- Pensez-vous que je suis venu perdre 21 ans de ma vie icitte ?

Je m'en vais, là, aujourd'hui. Je ne sais même plus ou aller.

-C'est ici, en 47, que la décision fut prise

d'exploiter 417 millions de tonnes de minerais de fer

en réserve.

4000 hommes, Blancs et Autochtones,

y vivront l'aventure du Nouveau-Québec.

Novembre 82, IOC décide

de cesser ses opérations à Schefferville.

Le minerai de fer devient trop difficile à exploiter.

Depuis ce temps, la ville n'a cessé de se vider.

Il ne restera à la fin de l'été qu'une centaine de Blancs

assurant les services essentiels au profit

des 800 Montagnais et Naskapis qui y vivront.

- Les Montagnais se sentent comment devant la situation ?

- La plupart ont dit : "On va rester icitte.

On va s'unir pour pouvoir conserver

notre village et nos territoires."

♪♪♪

♪♪♪

♪♪♪

- Maman ? - Je suis en bas !

- Tu le laisses dans la cave ?

- Je suis quand même pas pour dormir avec.

Allô. - Allô.

- Hum, belle fille !

Allô, mon beau Mathieu ! - Allô, Louise.

- Etes-vous arrivés tard ? Je vous ai pas entendus.

- Ah, ça s'est bien fait. Si vous habitiez pas si loin,

on viendrait plus souvent.

- C'est vous autres qui habitez loin, c'est pas moi.

- Ouais...

- Je voulais pas que ça fasse de dégât.

Tiens.

Tu m'avais demandé des photos de nous autres, là-bas.

C'est tout ce que j'ai trouvé, là.

C'était pas mal loin. - Est-ce que c'est Sophie, ça ?

- Oui, juste avant la fermeture.

- Il va falloir qu'on y aille, hein, nous autres.

- Ouais. Il faut y aller, maman.

- Déjà ? - Ouais.

- On n'a même pas eu le temps de jaser. Puis le café ?

- On va le prendre dans le train. - Soyez prudents.

- Bien oui, là. De toute façon, mon oncle Réjean

nous attend en arrivant.

- Bien oui, je sais.

Tu le salueras de ma part. Je l'ai pas vu depuis le salon.

- Hum. OK. Bye !

♪♪♪

♪♪♪

♪♪♪

- Comment ils font pour savoir qu'on arrive ?

On voit rien dehors.

- On va bien finir par arriver, je peux pas croire.

- Sophie ! - Salut, Réjean !

- Salut, ma belle fille ! - Salut !

- Eille ! C'a bien été ? - Ouais, mais c'est long.

- Ah, je le sais, c'est effrayant ! On s'habitue pas.

Quand on sera riche, on viendra en avion.

- Ah ! T'as déjà rencontré Mathieu ?

- Ah ! Peut-être. Je m'en souviens pas. Salut, le jeune !

- Allô ! - Ca, c'est Jean-Louis.

Je travaillais avec son père, dans le temps.

Un bien bon gars. - Salut !

-Allô ! - Vous devez être fatigués.

On va aller vous mener.

- Vous êtes chanceux pour le train.

Celui de lundi est pas passé.

- Ah ouais ? Comment ça ? - Je sais pas.

Il était brisé, je pense.

Ca arrive souvent.

♪♪♪

- Merci.

- Merci.

- En voulez-vous ?

- OK. - Ah oui. Merci.

- T'es chasseur ?

- Oui, bien, je suis allé une fois à l'orignal avec mon père.

Sinon, je vais à la perdrix une fois de temps en temps.

Toi, j'imagine que tu vas au caribou.

- Depuis que les mines sont revenues, ç'a fait fuir les animaux.

- C'est-tu toi, la nouvelle infirmière ?

- Non.

- Tu travailles à l'école ? - Non.

- Qu'est-ce que tu fais icitte, d'abord ?

- Il y a pas de réseau, hein ? - Hum.

Non.

♪♪♪

♪♪♪

- Eille ! Bien dormi ?

- Très bien. Toi ?

- Réjean, tu nous amènes de la belle petite femme icitte !

Mademoiselle. - Sophie.

C'est la grande fille à Michel. Puis son ami.

- J'ai su pour ton père. Mes sympathies, ma belle fille.

- Merci. - Mais qu'est-ce qui vous amène ?

- On s'en va arranger le chalet pour le vendre.

- Es-tu fou ? Attendez un peu. Avec les mines qui ont repris,

vous pourriez faire une couple de piasses avec.

La compagnie rachète plein de terrains.

- Bien, voyons ! Ca ne sera plus jamais comme dans le temps.

Il y a rien que toi qui es assez fou pour rester ici, au cas.

- Vous allez voir, c'est un beau petit camp.

- Hum...

- Etes-vous prêts ?

- C'est qui, ce monde-là ? - Des vieux amis de ton père.

Je leur ai dit qu'ils pouvaient venir.

- Seigneur !

Donne-moi ça.

- Ah, OK. - Tiens.

Vas-tu faire une prière...

dire un mot pour ton père ?

- C'est lui qui voulait revenir ici.

Moi, je connais pas la place tant que ça.

Je sais pas, peut-être que c'est toi

qui pourrais dire quelque chose.

- OK. - OK.

- Mon Michel...

t'es revenu chez vous...

ou t'as passé tes plus belles années.

Rebienvenue icitte, dans ta famille.

Sur ton territoire.

Reste en paix, mon frère.

Bon... Ca, c'est fait.

- Ca fait que c'est ça, l'affaire ?

- Ouais.

T'en rappelais-tu ? - Pas bien bien.

- J'ai changé quelques planches sur la galerie

quand je suis arrivé au début de la semaine.

Au moins, c'est ça de fait.

Demain matin, je vais chasser avec le petit jeune

puis on finira de réparer les affaires en après-midi.

On va voir s'il est capable de tenir un marteau.

Ah, il y a une toilette en dedans,

mais il y a pas d'eau courante. Pour tes grosses commissions,

tu serais mieux d'aller dans les bécosses dehors.

- En tout cas, si tu veux savoir si Réjean ronfle,

c'est en fin de semaine que ça se passe.

- La maison ou on habitait quand j'étais petite,

elle existe-tu encore ?

- Je pense pas. Elles ont pas mal toutes été crissées à terre.

- Ah... - Ca fait que vous reveniez

toujours chasser ici avec... avec Michel ?

- Je venais de temps en temps. Mais quand ç'a fermé,

j'aimais mieux rester chez nous que de monter icitte, au chalet.

C'était déprimant, tout le monde était parti.

Il restait juste les Indiens.

Mais Michel, lui, il venait pas mal.

- Ah ouais ?

Je pensais que c'était votre affaire à tous les deux, ici.

- T'es-tu prêt pour demain, le jeune ?

- Certain !

- On va voir comment tu vas te débrouiller.

T'as pas l'air chasseur bien bien.

- A cause ? - Oh, tes petites mains blanches.

C'a pas l'air d'avoir travaillé fort, fort, ça.

- Je travaille dans une shop depuis dix ans.

- Ah, là, Mathieu ! T'es comptable. Je veux dire, c'est

pas comme si tu travaillais à la shop tant que ça.

- Je travaille dans une shop pareil.

- Une autre bière, quelqu'un ? - Oui, moi.

Ah !

- Bien, c'est pas drôle. - Oui, c'est drôle.

- Pas terrible.

- Réjean, tu checkerais-tu mon gun, là ?

Il y a quelque chose de bizarre, je sais pas trop. Il est...

- Qu'est-ce que t'as fait avec, pour l'amour ?

- Rien de spécial. - C'est peut-être ça le problème.

- Eille, regarde, laisse faire, OK ? Je vais m'arranger.

- Je suis debout, là. - Laisse faire !

- Laisse-moi voir ça. Tiens... - Mathieu...

- Tiens, envoye !

Elle a-tu déjà été nettoyée ou bien, hein ?

- Bien oui ! - En quelle année ?

- Je le sais-tu, moi ? C'est pas à moi.

- Avant que tu viennes à la chasse, t'es censé

checker ton arme, t'es censé de tout le nettoyer...

- C'est beau, c'est parfait. J'ai pas raison. C'est beau, Réjean.

Réjean ! - Shit !

- Réjean ? Tu m'entends-tu, Réjean ?

Tabarnac !

- Voyons, qu'est-ce qui s'est passé là ?

- Je sais pas, il est tombé. Je comprends pas ce qui est arrivé.

- Il est tombé comment ? Il est tombé tout seul, de même ?

- Je sais pas, je l'ai pas vu faire. Il allait s'asseoir.

Il "feelait" pas. Il a peut-être eu un malaise. Je sais pas trop.

Il vérifiait mon gun. Fuck ! - Réjean, m'entends-tu ?

C'est-tu toi qui as tiré ? - Bien non, c'est lui en tombant.

Il saigne, câlisse !

♪♪♪

-Allô ! Est-ce qu'il y a quelqu'un ?

- Oui ? - Madame, j'aurais besoin d'aide.

Il y a un blessé dans le bois.

- Il faut que t'ailles au dispensaire des Blancs.

Ici, c'est juste les Indiens.

- Non, mais madame, il est vraiment blessé.

Oui, mais je sais pas c'est ou, madame !

Madame ?

Madame !

Câlisse !

-On a un 10-10 au Royal.

- On quitte la scène au kilomètre 25 vers lac Annabelle.

On rentre en ville bientôt.

- C'était quelqu'un de proche de vous ?

- Oui, c'est mon oncle. - OK.

Vu les circonstances du décès puis les traces de violence,

on va devoir vous poser une couple de questions.

- Comment ça ? - C'est la procédure.

On est obligé de faire enquête. Mais ça va aller à demain matin.

Là, on n'a pas le temps. On est juste deux patrouilleurs puis c'est le bordel en ville.

- OK, mais là, nous autres, on fait quoi ?

Je veux dire, ou c'est qu'on va ? - Je sais pas.

Mais vous pouvez pas retourner en dedans.

C'est considéré comme une scène de crime en ce moment.

- C'est un accident. - Paniquez pas.

C'est le terme usuel. On dit tout le temps ça.

- Vous allez être corrects pour revenir en ville ?

Moi, je vais retourner avec eux autres.

Ils connaissent pas le chemin.

-C'est beau, ça va être correct. Merci.

♪♪♪

- Allô ! - Je peux-tu vous aider ?

- Les policiers nous ont demandé de passer ce matin pour...

pour l'accident.

- Pour l'interrogatoire ?

- J'imagine, oui.

- Les policiers sont tous sortis. Il va falloir revenir demain.

- Bien, c'est parce qu'on devait prendre notre train demain.

- Je pense que vous allez le manquer.

- Un interrogatoire. Quel ostie de niaisage !

- Ouais, mais là... il y a rien qu'on peut faire.

- Je sais bien.

- J'aurais jamais dû t'amener ici.

Ca va te mettre dans la marde à la job.

- Non, non, c'est correct. Je vais m'arranger.

- Salut !

- Ca existe-tu encore, des cartes d'appel ?

- Ouais, 5 $ ou 10 $.

- On peut-tu encore faire de quoi avec 5 $ ?

- Hey, my friend ! Got any money ? I wanna bring some food home.

- Non, j'ai rien.

- I'm just joking. I wanna buy beer.

- Je n'ai plus d'argent. J'ai tout mis sur ma carte d'appel.

- Hey, man, come on !

- Gilles Fontaine.

- Oui, bonjour ! C'est Mathieu Baril.

- Salut, Mathieu ! T'es revenu du Nord ?

- Euh, non, pas encore. En fait, on a eu un petit délai.

On pourra pas prendre le train demain.

- Bien, voyons, qu'est-ce qui se passe ?

- Bien, il est arrivé quelque chose au...

au monsieur qui nous amenait ici.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? C'a bien l'air grave.

- Non, non, un accident, là. - Hey !

- Ca tombe mal. - Je comprends, mais je peux juste pas revenir tout de suite.

- Ca va me prendre une date de retour le plus vite possible.

On a vraiment besoin de toi au bureau en ce moment.

C'est pas un super bon timing. - Hey, man !

Hey, I used to be Johnny Cash.

Now my name is Johnny Without Cash.

- Oui, je vais faire le maximum.

Je vous donne des détails aussitôt que j'en ai.

- On va te mettre sans solde pour tout de suite, mais je sais pas

combien de temps je vais pouvoir t'attendre.

- Oui, je comprends. - Donne-moi des nouvelles quand t'en auras des meilleures.

Bye, Mathieu. Bonne chance. - Bye !

- Voyons, t'es-tu correct ?

- Câlisse d'ostie ! - Mathieu ?

Mathieu ! Qu'est-ce qui se passe ?

- Désolé pour l'interrogatoire !

Il faut qu'on aille sur place pour faire la scène de crime,

mais là, on n'a pas le temps. Il annonce de la neige

plus tard, ça fait que ça va peut-être aller à demain.

- OK, mais pourquoi vous y allez pas maintenant ?

- On va y aller quand on va pouvoir.

- Sti !

Ils sont pas encore allés voir, hein ?

Ostie de gang de jambons !

- Que veux-tu qu'on fasse ? C'est eux autres, la police.

On va attendre. Il y a rien qu'on peut faire.

- Bien oui. Puis mon boss est content en ostie

que je revienne pas à la job.

- Ca fait pas l'affaire à l'école non plus, là.

- Coudonc, on est ou, icitte, câlisse ?!

- Bien, moi, j'étais dans le chalet, en haut.

Je prenais des photos.

- Et l'incident s'est produit dehors.

- Oui, c'est ça. Mathieu était avec mon oncle.

- A quel moment êtes-vous sortie ?

- Quand j'ai entendu le coup de feu.

- Qui a tiré ? - Réjean.

- Et vous l'avez vu tirer ?

- Non, mais c'est Mathieu qui m'a dit

qu'il a tiré comme en tombant.

- OK, mais vous l'avez pas vu faire.

- Non.

- Euh, après, il s'est levé

puis, euh, je sais pas trop pourquoi, euh...

Peut-être qu'il a eu un malaise ou quelque chose puis il a...

il est tombé... puis il s'est cogné la tête

sur le coin de la galerie.

- C'est tout ? - Euh, ouais.

Oh non ! Après, euh... Sophie est sortie puis là,

on a décidé de le rentrer pour pas qu'il gèle.

- Puis le coup de fusil ?

Votre conjointe a indiqué avoir entendu un coup de fusil

et c'est ça qui a attiré son attention vers l'extérieur.

- Oui. Euh, ça, c'est Réjean qui a tiré.

Je lui avais demandé de vérifier ma carabine

parce que j'avais un problème avec.

Lui, il connaissait ça mieux que moi, ça fait que je lui...

- Mais... il y a eu un coup de feu qui a été tiré ?

- Oui.

- Avec quelle arme ?

- La mienne.

- Quel genre de relation vous aviez avec Réjean ?

Merci pour votre collaboration.

Est-ce que vous savez s'il avait une femme, des enfants ?

- Il était pas marié. Pas d'enfant.

- On peut-tu retourner chez nous ? - A l'hôtel ?

- Non, non, chez nous, chez nous.

- Il faudra attendre qu'on aille sur place avant.

De toute façon, le prochain train est dans quatre jours.

Vous aurez pas bien bien le choix d'attendre.

- On n'aurait jamais dû venir icitte

pour un crisse de chalet à marde !

- C'est toi qui voulais venir avec moi.

- Pour te faire plaisir.

- Je t'ai jamais forcé à venir ici. T'es de mauvaise foi.

- Ah, puis merci beaucoup, en passant.

- De quoi ?

- De m'avoir stoolé dans l'affaire du gun.

- Je t'ai jamais stoolé. J'ai raconté ce qui s'est passé.

- Oui, puis j'ai l'air de quoi, moi, à c't'heure ?

- Oui, mais moi j'ai entendu un coup de fusil,

ça fait que j'ai dit que j'avais entendu un coup de fusil.

- Ca paraît mal en crisse pour moi.

- Oui, mais qu'est-ce que tu voulais que je dise ?

Je comprends pas pourquoi tu capotes, Mathieu, là.

Ils font leur enquête, eux autres. C'est bien normal.

On est ensemble là-dedans. - Ouais.

Bien, c'est sûrement pas toi que la police a regardé

comme un tueur quand elle parlait du coup de fusil.

- C'est Réjean qui a tiré. C'est ça que tu m'as dit.

- Avec ma carabine.

- OK. Puis ça ? - Puis je le sais-tu, moi ?

Je le connais pas, ce bonhomme- là. C'est pas mon mononcle.

- C'est-tu de ma faute à moi s'il est mort ?

Je veux dire, c'est toujours bien pas moi qui l'ai tué.

Crisse !

Mathieu.

- Merci.

- Eille, c'est-tu toi qui as tué le vieux Réjean ?

- J'ai pas tué personne. - OK.

Ca fait que... c'est-tu toi ?

- Je m'excuse.

Ca me rend sur les nerfs, cette affaire-là.

C'est pas de ta faute.

- C'est correct, là. Je m'excuse, moi avec.

Hum, t'es froid.

♪♪♪

- Merci de nous prêter votre appartement.

- C'est les professeurs puis les infirmières

qui vivent icitte d'habitude. C'est presque juste des Blancs.

Vous allez être corrects.

Il faut juste que je prenne de quoi.

- Bye ! - Bye bye !

-Bye ! - Merci.

Bon...

♪♪♪

Oh !

- Crédit ?

Penses-tu que j'ai le droit de laver mon coat ?

- Je sais pas, Mathieu.

- G-54.

G-54.

- T'es sûr que tu veux pas venir ? - Non, ça me tente pas.

Il y a rien à faire, anyway.

- Bon, bien, moi, je sors. - Fais ce que tu veux.

- Tu t'en vas ou ? - Au restaurant.

- Ah ! Il y en a un autre dans la communauté.

Embarque, je vais t'amener.

- OK.

- Jean-Louis !

Hein, mademoiselle ?

- Euh, sûrement.

- Infirmière ? - Non.

- Professeure ? -Non.

- Laisse faire ça.

C'est tout le temps comme ça ici.

- Mais là, il y a pas de caribous, hein ?

- Il y en a quelque peu, pas gros, là, quelques-uns icitte...

- Surtout l'orignal... - Ah ouais.

- Bon. Ca fait que ça, c'est... "kahi"...

-"Tchitchioune". -"Tchitchioune" ? Je l'ai-tu eu ?

- Essuie-main, essuie-main. - Je l'ai-tu ? "Kahitchitchioune".

- Je te présente mon amie Andrée. - Salut ! Enchantée !

Sophie. - Bonjour !

- Puis mettons le sel. -"Chouta".

-"Chouta". Ca, c'est bon. Puis du poivre, ça serait quoi ?

-Tu viens d'ou ?

- Bien, je viens d'ici.

Je suis née ici, mais j'ai grandi plus à Sept-Iles.

- Oh !

- T'aimes-tu ça ici ? - Ah oui, j'aime ça.

- Excuse-moi. - Je comprends rien. Ouais...

- C'est lui qui me dit n'importe quoi.

- OK. Bon...

"Katawatou" ? -"Katabotou".

-"Katabouaitou" ? - Ne pas me croire.

- Ah OK ! Ca fait qu'il faut pas que je vous croie.

- Hum, lui. - Lui, OK.

- Salut !

- Salut ! - Allô !

- Je t'ai vue l'autre jour avec Jean-Louis. C'est mon cousin.

- Ah ! - C'est mon cousin, moi aussi.

Est-ce que c'est ton chum qui a tué le vieux monsieur ?

- Non.

- OK. OK !

♪♪♪

- T'étais ou ? - Au restaurant.

- C'est bizarre, je suis passé devant puis t'étais pas là.

- Ah, je suis allée au restaurant de la communauté.

- Ah bon.

Excusez-moi. - Oui ?

- A quelle heure il part, le train, demain ?

- Il y a pas de train demain.

- Comment ça ?

- Il y a un problème en bas.

Le train est pas parti de Sept-Iles à matin.

- Puis le prochain ? - Ah...

Sûrement dans quatre jours, si Dieu le veut.

- Fuck !

- Je te sers quoi ?

- Je vais te prendre une grosse.

- Guylaine, t'as-tu le dépôt d'hier ?

- Je te donne ça, Marcel.

- T'es encore là, le jeune ? - On attend après l'enquête.

- Ah, les affaires sont bien longues icitte.

Je suis venu installer un hôtel il y a 40 ans

puis je suis encore icitte.

- Souhaitez-moi pas ça.

Merci. Ca fait que l'hôtel aussi est à vous ?

- Tout est pas mal à moi icitte.

Le restaurant, l'hôtel, le bar, le garage, la morgue.

Il y a de l'argent à faire avec les Indiens.

- Ah. Je pensais que c'était eux autres qui faisaient de l'argent avec nous autres.

- Alors, moi, les Indiens, je les nourris, je les saoule

puis je les enterre. Mais je devrais pas dire ça.

Il y a de l'indien dans la famille.

- Vous avez de l'indien dans la famille ?

- Il y a pas grand-monde qui a pas d'indien dans la famille.

♪♪♪

- Merci de nous sortir un peu.

On peut pas aller bien loin.

- C'est correct.

♪♪♪

- Je peux pas croire que mon père

a déjà travaillé dans ce trou-là.

- J'ai donné mon nom pour travailler à la mine.

Même si ça me tente pas.

- Pourquoi ?

- Il y a rien d'autre, icitte.

- On vous rapporte vos affaires.

- Enfin, ostie !

- On s'excuse. On a peut-être mis un peu le bordel dedans.

Il faut fouiller.

On attend des nouvelles du coroner.

J'imagine que ça ne devrait plus tarder.

- OK.

- Vous pouvez le laver, votre coat, hein.

On le sait que c'est le sang du monsieur.

Ca fait pas très propre.

- Ah, salut ! - Salut !

A soir, il y a un groupe d'ici qui joue au Caribou Bar.

Ca vous tente-tu de sortir ? - Bien, je sais pas trop, là.

On va en jaser un peu. On peut peut-être aller vous rejoindre.

C'est ou, le Caribou Bar ?

- Ah, ça serait mieux que vous veniez avec moi.

- Ca donne le goût.

- Ca te dérange-tu de nous attendre juste cinq minutes ?

- OK. - OK. Ce sera pas long.

- Ca me tente pas, Sophie, là. Je vais encore me faire écoeurer.

- Là, t'exagères. C'est peut-être l'occasion

de rencontrer du monde puis leur montrer qu'on est bien corrects.

- Tout le monde nous surveille.

Je... -Ah, tu capotes...

♪♪♪

- Il dit qu'on va aller prendre sa belle-soeur en passant.

- C'est combien ? - 30 $.

- 30 $ ? - 30 $.

- J'ai pas dit que je voulais acheter des parts.

♪♪♪

♪♪♪

- Merci ! - On te doit-tu 100 $ ?

Merci.

♪♪♪

♪♪♪

♪♪♪

♪♪♪

- C'est-tu toi qui as tiré sur Réjean ?

- J'ai tiré sur personne.

- J'aime ça, les bad boys. Tu serais mon genre.

- C'est bien gentil, mais je suis pas intéressé.

- Pourquoi ? On n'est pas à ton goût ?

T'aimes juste les Blanches ?

T'es-tu raciste ?

- Vous dansez pas ?

- Ca me tente pas bien bien. - Venez donc !

- Bien, peut-être, oui...

- Viens-tu ?

♪♪♪

- OK !

♪♪♪

- Je vais te prendre trois bières, s'il te plaît.

- Tu la laisses danser avec Jean-Louis ?

- Elle fait bien ce qu'elle veut.

- Il y a du monde qui ont perdu leur blonde pour moins que ça.

♪♪♪

♪♪♪

♪♪♪

- Il fait chaud là-bas.

- J'aimerais ça m'en aller. Je suis fatigué.

- Bien là, come on, on reste encore un peu. C'est la première

fois qu'on fait quelque chose de le fun depuis qu'on est ici.

- Je veux m'en aller.

- OK, mais moi, je veux rester.

- Viens-t'en, là. On décrisse. - OK, les nerfs.

- Non, viens-t'en. - Non, non.

- Hé, wô, mon ami ! Calme-toi.

Elle va rester. Je vais te la ramener, moi, après. Crisse !

- Toi, mon crisse, tu vas lâcher ma blonde !

- Hé ! Tu parleras pas comme ça ! - T'es pas chez vous icitte !

- Toi, mon ostie de soulon, tu peux bien aller chier !

- Arrêtez ça !

- Ma gang d'ostie de sauvages de tabarnac !

Vous savez pas vivre, tabarnac !

- C'était quoi, cette affaire-là ?

On n'est pas déjà assez dans la marde de même ?

Toi, il fallait que tu rajoutes une couche ?

C'est quoi, ça sentait pas assez ?

- Tu jouais à la plote avec Jean-Louis.

- Quoi ? Je dansais ! - C'est ça que je voulais dire.

- Mais depuis quand j'ai pas le droit de danser ?

- C'est nouveau. - Je te comprends pas, Mathieu.

A quoi tu joues ? - On n'a pas d'affaire icitte.

Je comprends pas ce que tu fais pantoute !

- Mais de quoi tu parles ? On est pognés icitte, anyway !

Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?

Que je reste à l'appartement à me pogner le cul ?

- Bien, c'est mieux que de se le faire pogner par d'autres.

- Va donc chier ! - Non. Toi, va chier !

- Va chier ! - Va chier !

Il est quelle heure ? - Pas de bonne heure.

Je m'en vais à l'épicerie. Il ne reste plus rien.

Salut, Jean-Louis ! - Salut !

- Euh... je suis désolée pour hier.

- Non, c'est correct. On est habitués.

- Tu sais, il pensait pas ce qu'il disait, là.

- As-tu envie de venir dans le territoire avec moi ?

Je m'en vais rejoindre du monde dans un camp pour la journée.

Ton chum peut venir aussi, s'il veut.

Pas obligé non plus.

- Je sais pas trop, là. Euh...

- On reviendra pas tard.

- Sophie ?

Sophie ?

♪♪♪

- Sophie.

- Allô ! Enchantée ! Salut !

- Sophie. - Allô.

Merci !

- Ils disent qu'on va manquer de nourriture.

- Ah oui ? Mais vous faites quoi dans ce temps-là ?

- Bien, c'est... D'habitude, c'est que c'est les invités

qui apportent à manger.

C'est la tradition chez les Innus.

Comme... t'as rien apporté.

- Bien là, je savais pas. Tu m'as rien dit.

Si j'avais su, c'est sûr que j'aurais apporté de quoi, là.

- Tout le monde sait ça.

- Qu'est-ce... qu'est-ce qu'ils font ?

- Ils s'en vont à la chasse.

As-tu déjà tiré ? - Non.

- Viens, je vais te montrer.

- Je pousse ? Ah ! OK. - Ca donne un coup.

- Ah oui ? - Tu dois garder l'épaule solide.

- Attends un peu. - OK ?

- De même ? - Oui. Ferme ton oeil.

Tu vises. OK ? - Comme ça ?

- Oui, tu peux tirer. - Ah oui ?

- Oui. - Euh, attends un peu.

OK, comme ça ?

Eille ! Là, je fais ça ?

- Oui. - Ah !

Eille, je peux-tu tirer encore ? -OK.

- C'est beau, ici.

- C'est notre territoire.

Avant, c'était tout à nous autres.

- C'est à qui, le camp, ici ?

- C'est à toute la communauté. Tout le monde peut venir.

T'as-tu des enfants, toi ? - Non, pas encore.

- T'es vieille, pourtant. De quoi t'as peur ?

T'aimes pas les enfants ?

- Non, je suis prof. J'en ai 32 à l'école. C'est déjà pas mal.

- Moi, j'étais grand-mère à 42 ans.

Tu l'aimes pas, ton chum ?

-Non, non, c'est pas ça, là.

- Fumes-tu ?

- Merci.

- Puis, c'est-tu vous autres qui l'avez tué, Réjean ?

- Bien non ! Il est mort tout seul, là.

Il a dû faire une crise cardiaque,

quelque chose du genre.

- Il paraît qu'il y avait du sang.

- Bien, c'est parce qu'il s'est cogné en tombant.

On n'a rien fait, là.

- L'as-tu vu tomber ?

- Non, mais mon chum l'a vu.

- Il est pas avec toi, ton chum ?

- Non. Il était fatigué.

- Il aime pas les Indiens.

- Non, non, c'est pas ça, là. C'est juste...

C'est l'enquête puis tout, là.

- Je pense qu'il aime pas les Indiens.

Ca fait que t'es la fille à Michel, c'est ça ?

- Oui.

Vous le connaissiez comment ?

- Tout le monde l'aimait icitte jusqu'à tant qu'il parte.

Comme les autres.

- Oui, mais il n'y avait plus de job ici. Il avait pas le choix.

Tout le monde est parti.

- On est restés, nous autres.

Tu devrais t'en aller, comme ton père.

- On peut-tu le lâcher, mon père ?

Il est mort, là.

On peut-tu respecter ça ?

- On reparlera du respect, ma petite fille.

- Je comprends pas pourquoi vous me dites ça.

- Comme ils disent,

"la vengeance est douce au coeur des Indiennes."

- Ca va-tu ? - Oui, oui.

On devrait rentrer. Il commence à être tard, là.

- OK, on s'en va.

Es-tu correcte ? - Oui.

- OK. Tiens-toi comme il faut. On va rouler vite.

- Eille, tu me payes-tu une bière ? Il ne m'en reste plus.

Vas-tu me tirer dessus ?

♪ Sans jamais y être allé, je sais ce qu'est le désert ♪

♪ Entendre l'inconnu ricaner derrière soi ♪

♪ Et porter un coeur lourd ♪

♪ Je sais cela ♪

♪ Se nourrir de tendresse et en priver les autres ♪

♪ Et accuser tout bas le bon Dieu et sa mère ♪

♪ Vouloir mourir perdu ♪

♪ Comme un papier au vent ♪

♪ Depuis que j'aime ♪

♪ Je sais cela ♪

♪ Séparé d'elle ♪

♪ C'est tout cela ♪

♪ Des rondeurs de montagnes, des torrents, des vallées ♪

♪ Milliers, milliers d'outardes qui font des trous dans l'air ♪

♪ Je sais cela ♪

♪ Des gros troncs d'arbres forts ♪

♪ Qui rentrent dans la terre ♪

♪ Jusqu'au fond de son ventre et dans les corridors secrets ♪

♪ Vont se mêler aux racines des sources ♪

♪ Je sais cela ♪

♪ Le pain, l'eau et le feu, les appeler ses frères ♪

♪ Dompter les hommes fauves, cultiver le silence ♪

♪ Parler d'éternité comme on parle d'amour ♪

♪ Depuis que j'aime, je sais cela ♪

♪ Car avec elle ♪

♪ C'est tout cela ♪

♪ Mais un jour ♪

♪ Qui n'est pas venu ♪

♪ Et qui se fait dans les nues ♪

♪ Peut-être est-ce demain ♪

♪ Peut-être ♪

♪ L'an prochain ♪

♪ Il viendra ♪

♪ Il viendra ici ♪

♪ Et si nous sommes endormis ♪

♪ Il nous réveillera ♪

♪ Et sera ♪

♪ Sans fin ♪

♪ Non, il ne viendra pas ♪

♪ Il appartient à la nuit ♪

♪ Faisons de celui-ci ♪

♪ Le jour ♪

♪ Que tu as dit ♪

♪ Si tu veux ♪

♪ Faisons de notre vie ♪

♪ Le jour ♪

♪ Qui jamais ne finit ♪

♪ Qui s'appelle ♪

♪ Aujourd'hui ♪

- T'étais ou ? - Dans le territoire.

- C'est ou, ça, le territoire ?

- Je sais pas, mais... j'étais là.

- Avec qui ?

- Avec Jean-Louis puis des gens de la communauté.

- Ah bon ?

C'était-tu le fun, ta virée de sauvages ?

- Je répondrai pas à ça.

- La police est passée.

Le coroner arrive demain, si jamais ça t'intéresse.

- Allô ! Est-ce qu'Yvette est là ?

- Elle est au dispensaire.

Elle va revenir pour dîner. - Non, mais...

Je vais l'attendre.

- OK.

- Euh, je...

Je vais y aller, finalement.

- OK.

- C'est quoi ton nom, en fait ?

- Shanie. - Bien, moi, c'est Sophie.

- OK.

- Je t'ai vue à la croix, l'autre jour.

Tu connaissais Michel. - Oui.

Je le voyais pas souvent.

J'aurais aimé que mes enfants soient là,

mais ils étaient à Sept-Iles, avec leur père.

On s'est séparés.

- Puis, euh...

Bien, tu fais quoi, en général... dans la vie ?

- Pas grand-chose.

Je m'occupe de mes petits.

- Puis t'as-tu...

T'as-tu des projets ?

- Peut-être d'aller travailler à la mine.

- Ouais. Bien, c'est bien.

- C'est payant.

Ca m'aiderait pour mes enfants. -Oh !

- J'aimerais retourner à l'école aussi.

Quand est-ce que vous retournez chez vous ?

- Bien, bientôt, je pense.

- Vous devez avoir hâte.

C'est pas facile pour vous autres, hein ?

- Bon, bien, je... je vais te laisser.

- OK.

- Je... je suis contente de te connaître.

- Moi aussi.

- Salut.

Euh...

Je...

Qu'est-ce que tu fais, là ? - Bien, quoi ?

Ca fait longtemps.

T'es pas ma blonde ? Hum ?

T'es supposée être ma blonde. - Mathieu.

Mathieu.

J'ai une soeur dans la réserve.

- Ouais, mais tu dois pas être la seule.

Ca change quoi, anyway ? Hein ?

Si on n'était pas venus ici, là, tu l'aurais peut-être jamais su.

- Ouais, mais là, je le sais.

- Quand on va partir d'icitte, là,

on va tout laisser ça derrière.

- Mathieu, je te parle !

- Bien, parle-moi.

- Non, arrête !

- Qu'est-ce que je t'ai fait, Sophie, hein ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Ou tu t'en vas ?

- Ah, je suis pas capable de rester icitte.

- Bon, bien, fais donc ce que tu veux. Va-t'en donc.

- Ouais...

♪♪♪

- Ah ! Une petite soirée en vue, mon Jo-Lo !

- Allô. - Allô.

- Penses-tu que je peux dormir chez vous, à soir ?

J'ai pas d'autres places ou aller.

- Euh, oui.

- Bien là, on peut-tu venir avec vous autres ?

- En veux-tu ?

- Ouais.

C'est ou qu'on va ?

- Je vais aller te montrer quelque chose de spécial.

Il y a souvent un ours qui vient ici.

Mais là, il doit dormir pour l'hiver.

On peut attendre.

Il va peut-être venir.

- Est-ce que le monde chasse l'ours ici ?

- C'est un animal sacré pour nous autres.

Mais depuis qu'ils viennent manger ici,

c'est pas très bon.

Il y en a même qui mangent des batteries de char.

- T'aimes-tu ça, vivre ici ?

- Je sais pas. J'ai tout le temps vécu ici.

- Penses-tu que...

que tu pourrais faire ta vie avec une fille comme moi ?

- C'est quoi, une fille comme toi ?

- Bien, je sais pas, là. Une...

Une fille, euh... - Une Blanche ?

- Ouais... mettons.

- Je sais pas.

Une fille comme toi, ça vivrait-tu ici ?

- Euh... Bien, je sais pas.

Je pense pas.

- Moi, jamais je vivrais en ville.

- Pourquoi ?

- C'est pas pour nous autres.

- T'es icitte, toi ?

- Bonjour ! Je peux rentrer ? - Oui.

- Toujours selon le rapport d'autopsie fait par le coroner,

la blessure à la tête correspondait à la description

des faits que vous nous aviez fournie : du côté droit

de la tête, près de la tempe.

"La douille de la carabine a été retrouvée plus loin sur le site

et n'a pas été tirée en direction du monsieur,

donc la blessure crânienne n'a pas été causée

par un projectile d'arme à feu.

Selon l'autopsie, c'est un accident cardiovasculaire

qui aurait tué M. Réjean Paquet, mais le sang perdu

à cause de la blessure causée par la chute

a pu accélérer le décès."

- Ca fait que ?

- M. Réjean Paquet est décédé d'un infarctus

et la mort n'est plus considérée comme suspecte.

Vous êtes libres de quitter les lieux.

Le corps a été rapatrié ce matin.

On est bien désolés. On est short staff.

Ah ! Puis ça, c'est à vous.

Bon retour chez vous.

- Bon, calvaire ! On va pouvoir s'en aller.

Ca va être correct.

C'est peut-être un bout tough, mais...

mais on va être corrects.

On... on est plus forts que ça.

Ca va s'arranger.

- Qu'est-ce que tu penses qui va être correct ?

Il y a rien de correct.

Ca va pas s'arranger.

- Je comprends pas ce que tu fais.

Je comprends rien de ce que tu fais.

Mais moi, je rentre chez nous.

Il y a pas une ostie de chance que je rate ce train-là.

Compte sur moi.

Je passerai pas une ostie de journée de plus icitte.

Puis toi, bien, tu feras bien ce que tu voudras.

- Si t'es malade,

il faut que t'ailles au dispensaire des Blancs.

- Je le sais, là. Je suis pas malade.

- Si t'es pas malade, t'as rien à faire ici.

- Je voulais juste vous dire que...

Bien, je suis pas mon père puis, euh...

Il y a rien que je peux changer, là. Il est mort.

J'aimerais ça faire quelque chose pour vous puis Shanie.

Est-ce qu'il y a quelque chose que je pourrais faire ?

- J'ai su que vous partiez.

- Oui.

- J'ai trouvé ce que tu peux faire.

- Parfait. Quoi ?

- Laisse-nous tranquilles.

♪♪♪

♪♪♪

♪♪♪

♪♪♪

♪♪♪

Sous-titrage : Epilogue Services Techniques Inc.

♪♪♪

- O-65

O-65.

B-2.

B-2.

O-61.

O-61.

O-71.

O-71.

Bingo !

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