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Qu'est-ce qu'il y a?
- Que veulent-ils? - J'en sais rien.
Allez, dépasse-moi.
- C'est un flic? - J'arrive pas à voir.
- A quoi ils jouent? - Ils jouent pas. Tu peux en être sûr.
- Que fait-on? - J'en sais rien.
Accrochez-vous.
Il y a aussi une camionnette.
Merde. C'est un flic.
Tu ferais mieux de t'arrêter.
Restez assis. Ne dites rien, laissez-moi parler.
Tout ira bien. Ne vous inquiétez pas.
Vous savez pas que la vitesse est limitée?
On avait la trouille, les gars.
- Nous appelle pas "les gars", youpin. - Comment dois-je vous appeler?
Rien du tout, espèce de youpin négrophile. Ecoute.
Bien.
Bon sang, tu commences même à sentir le nègre, youpin.
- Vous inquiétez pas. Tout ira bien. - Bien sûr, sale négrophile.
Il a vu ta figure. C'est mauvais. Faut pas qu'il te voie.
Ça changera plus grand-chose.
Merde! C'est parti, les gars.
J'aurai buté un nègre, c'est toujours ça.
Ouais, c'est sûr.
EGLISE NOIRE INCENDIEE
COMITE DE LA NAACP
Vous les communistes, les nègres et les juifs
Dites à vos copains d'être attentifs
L'heure du jugement dernier a sonné
Et le Seigneur contemple les damnés
Le trahira-t-on en mélangeant les races?
On veut des bébés blancs, et non des foncés à leur place
Jamais jamais jamais
Car le Ku Klux Klan est aux aguets
Jamais jamais jamais
Car le Ku Klux Klan est aux aguets
Ces types savent mieux lyncher qu'écrire des paroles.
Lisez le dossier, M. Anderson. Je me passe du numéro d'humoriste.
- Vous ne m'appréciez pas, chef. - Si.
Mais je ne partage pas votre sens de l'humour.
Parfois, c'est tout ce qu'il reste.
- Vous êtes au FBI depuis longtemps? - Trois ans.
- Dès la sortie de l'université? - Non. J'ai été au ministère de la Justice.
un disciple de R. Kennedy. Je vois.
Non. Je ne crois pas que vous voyez.
Entendons-nous bien.
J'ai passé l'âge de l'acné. Je me rase tous les matins.
Je vais aux toilettes tout seul. Alors arrêtez de me donner du "chef".
Je dirige l'affaire car j'ai connu des cas similaires.
- Birmingham? Montgomery? - Oxford. J'ai escorté Meredith à Old Miss.
Vous avez reçu une brique sur la tête, alors ils vous ont promu.
Non. une balle dans l'épaule.
- Vous avez survécu, c'est ce qui compte. - Meredith a survécu, c'est ça qui compte.
BIENVENuE Au MISSISSIPPI "L'ETAT Du MAGNOLIA"
Qu'est-ce qui a un mi et deux si mais ne se chante pas?
- Quoi? - Le Mississippi.
- Gros bâtiment pour une petite ville. - Oui.
Bonjour.
COMTE DE JESSuP SHERIF
Bonjour. Je suis Alan Ward.
Je travaille au FBl.
Le Bureau Fédéral de l'lntégration?
- Vous passez pas franchement inaperçu. - Nous venons voir le shérif Stuckey.
Le shérif est occupé.
Faut attendre ou revenir une autre fois.
Nous attendrons.
Ecoutez, espèce de crétin de bouseux.
Allez chercher le shérif illico ou je défonce la porte. Compris?
On dirait qu'on a de la compagnie.
Les gars de Hoover nous rendent visite.
- Comment allez-vous? - Bien.
- Je suis le shérif Stuckey. - Rupert Anderson.
Rupert, nous vous attendions.
- Vous avez déjà vu mon adjoint, M. Pell. - En effet.
C'est pour résoudre nos problèmes de nègres?
Non. Il s'agit de disparitions.
Bien, venez.
- Vous souhaitez la présence du petit? - Shérif.
Je suis l'agent spécial Ward et je suis chargé de cette affaire.
Selon nous, ce serait plus grave que de simples disparitions.
Ça m'étonnerait. Vous savez ce que j'en pense?
C'est un coup médiatique combiné par ce Martin Luther King.
Venez.
Pell les aurait arrêtés pour excès de vitesse vers 15 h.
Il les a gardés jusqu'à 22 h puis les a libérés.
Il a dit les avoir suivis jusqu'à la frontière du comté
et ne plus les avoir revus.
Pourquoi n'ont-ils pas téléphoné?
- Pourquoi l'auraient-ils fait? - Ce sont des militants.
Ils doivent téléphoner régulièrement, surtout dès qu'ils sont libérés.
L'hôtel est à deux pas. Ils auraient pu téléphoner de là-bas. Ça ne tient pas.
- Ils sont allés boire une bière. - Non, pas eux.
L'antenne des droits civiques de Rossville a appelé en absence de nouvelles.
Le shérif a dit qu'il ignorait où ils se trouvaient.
Premier mensonge.
De qui? Du shérif ou des militants?
Qui croiriez-vous, franchement?
J'ai été shérif dans une petite ville du Mississippi comme celle-ci.
- Je sais. - Il n'y a pas de mensonge qui tienne.
Nous étions à un million de kilomètres du reste du monde.
Si un shérif dit que ça s'est passé ainsi, alors ça s'est passé ainsi.
Allons déjeuner.
C'est complet. Vous voulez attendre?
- Ça vaut le coup? - C'est pas complet pour rien.
Vous voulez voir le menu en attendant?
Merci.
Alors, vous attendez ou vous partez?
On va attendre pour rester près de vous.
- Il y a des places libres là-bas. - M. Ward.
C'est pour les noirs. N'y songez même pas.
- Des gens s'apprêtent à partir. - Vous n'avez pas faim, M. Anderson?
Bonjour. Ça a l'air bon.
Puis-je vous poser quelques questions?
Je cherche des renseignements.
- J'ai rien à dire. - Rien que quelques questions.
J'ai rien à dire.
Les militants voulaient leur expliquer comment acquérir le droit de vote.
Avant qu'ils ne puissent accepter, le Klan a tout brûlé.
- On peut voter, mais en théorie. - C'est le principe.
Qu'a dit l'antenne de Rossville?
Que les garçons étaient venus s'excuser auprès des fidèles.
"Désolés que vous ne puissiez voter."
"Vous ne deviez même pas savoir que c'était possible."
"Maintenant, vous n'avez plus d'église."
Après, ils auraient discuté avec des gens du coin.
- C'est là que nous devrions commencer. - Ils ne diront rien.
Ils devront encore vivre ici après notre départ.
Ils préféreraient s'arracher la langue.
C'est la procédure, M. Anderson.
L'église a pris feu et vous êtes rentrés chez vous en courant?
Oui.
Et les quatre blancs vous ont arrêtés?
Oui.
Et ces quatre blancs ont attaqué votre mari?
Oui.
Mais vous ne pouvez les identifier?
Non.
L'avez-vous signalé à la police?
Non.
Mais vous l'avez dit aux activistes?
Oui.
Vous ont-ils dit où ils allaient après cela?
- Non. - Rien?
Non.
Bien. Merci, madame.
De rien.
- Allez. - Ouvre.
- Ton frère Hollis est là? - Oui.
Réveille-le. On veut le voir.
- Pourquoi? - Réveille-le.
- Qu'y a-t-il? - Te voilà, sale négro!
Viens par ici!
Ramène ton cul par ici, sale merdeux de nègre.
T'as pas intérêt à parler avec le FBl.
Sinon, t'es mort. Compris?
Vous admirez ces gars, non?
Pas vous?
Je crois qu'ils sont manipulés.
On les envoie ici en baskets et en Volkswagen
pour qu'ils se fassent trucider.
Ne supposez-vous pas qu'ils croyaient en leur action?
- Supposaient-ils qu'ils allaient mourir? - Peut-être.
A Washington, ils devaient le savoir, non?
Certaines causes méritent qu'on se sacrifie.
Ici, on voit les choses différemment.
On pense que certaines causes méritent qu'on tue pour elles.
Mais d'où vient toute cette haine?
Vous savez, quand j'étais petit,
il y avait un nègre, Monroe, qui vivait près de chez nous.
Et il était... Il avait un peu plus de chance que mon père.
Il s'est acheté une mule.
Ça a fait toute une histoire dans le village.
Mon père haïssait cette mule.
Ses amis se moquaient. Ils disaient que Monroe labourait avec sa mule
et qu'il allait louer une autre parcelle grâce à elle.
un jour, on a retrouvé la mule morte.
On avait mis du poison dans son eau.
Après ça, personne n'a plus parlé de cette mule à mon père.
un jour, on a vu que la maison de Monroe était vide.
Il avait dû partir vers le Nord, quelque chose comme ça.
J'ai regardé mon père.
Et j'ai su que c'était lui qui l'avait fait.
Et il savait que je savais.
Il avait honte.
Je crois qu'il avait honte.
Il m'a regardé et a dit:
"Si même un nègre est au-dessus de toi, t'es au-dessous de tout."
Vous pensez que c'est une excuse?
Non. C'est juste une histoire sur mon père.
A quoi cela mène-t-il?
A un type envahi par la haine
au point de ne pas savoir que c'était d'être pauvre qui le tuait.
La lumière!
Ça va?
Ils savent qu'on est là.
Vous savez à quoi vous attendre.
J'appelle Washington. Il nous faut plus d'agents.
Vous renoncerez si je dis qu'il faut éviter de le faire?
Non.
On a le bâtiment pour 75 dollars par mois. C'est privé, central. C'est parfait.
On peut encore caser cent agents.
Deux cents, peut-être, avec le balcon.
Je veux juste retrouver ces trois gars.
J'utilise toute l'aide disponible.
Le spectacle commence quand?
- Qui est le gros bonnet? - C'est le Klan.
Pas de bonnets pointus mais plein de benêts obtus.
Je vais vérifier les plaques.
Bon après-midi, messieurs.
Anderson. Saluez donc notre maire, M. Tilman.
- Comment allez-vous? - M. Ie maire. M. Ie barbier.
Ça m'a l'air d'être l'endroit idéal.
Ouais. Rien de tel qu'un barbier pour faire un brin de causette.
D'où venez-vous, Anderson?
Thornton, Mississippi. A un jet de pierre du Tennessee.
Alors vous devez savoir ce qu'on ressent.
On n'aime pas recevoir de leçon des étrangers.
Nos nègres étaient heureux
avant que ces beatniks ne viennent semer le trouble.
Avant, personne ne se plaignait jamais.
Personne n'osait.
C'est une petite communauté paisible.
Mais ils sont comme tout le monde, si on pousse le bouchon trop loin.
Je vois ça comme trois bâtons de dynamite.
Si vous les secouez, on va devoir ramasser les cadavres.
Je ne fais qu'enquêter sur la disparition des trois jeunes.
La somme de vos preuves
ne pèse vraiment pas bien lourd.
Je vous parie que les trois gosses que vous cherchez sont déjà à Chicago,
avec une bonne bière, en train de rigoler du cirque qu'ils ont déclenché.
Je l'espère.
Dites à vos patrons que les gens se trompent sur le Sud.
Vous savez ce que je veux dire.
Les gens en haillons, arriérés et illettrés,
qui mangent du petit salé trois fois par jour.
Vous savez, Anderson, on a deux cultures, par ici.
Celle des blancs et celle des noirs.
Ça a toujours été comme ça. Ça sera toujours comme ça.
- Le reste du pays n'est pas de cet avis. - On se fout de leur avis.
Ici, on est dans le Mississippi.
Ça, c'est certain!
- Quel est le score? - St Louis mène 5 à 0.
- Quelle manche? - Fin de la septième.
- Vous aimez le base-ball? - Oui. Vous savez,
c'est la seule fois où un noir peut brandir un bâton devant un blanc
sans déclencher d'émeute.
On a vérifié les plaques. Clayton Townley.
Le grand sorcier des chevaliers blancs du Ku Klux Klan.
C'est lui. Et on a un tuyau pour la voiture.
un lndien croit savoir où elle se trouve.
Bien.
Vous avez pris rendez-vous pour mardi?
Alors, à mardi. Au revoir.
Bonjour, mesdames.
- Puis-je vous aider? - Oui, sans doute.
Je déteste mon apparence, vous savez?
Qu'en pensez-vous? Permanente ou décoloration?
- C'est joli. Ça a été fait ici? - Non. A Jackson.
A part une perruque, je vois pas. Y a rien à faire avec ces trois poils.
Si vous avez des questions, c'est ici que tout se sait.
Effectivement, j'en ai une.
Je me demandais qui est ce monsieur qui vient d'arriver.
- C'est pas le président Johnson. - C'est Townley. Clayton Townley.
- Vous êtes un des messieurs du FBl? - Oui, madame.
C'est dommage si ces 2 gars sont morts. J'espère que vous les trouverez vivants.
Merci. Mais ils étaient trois. Il y avait aussi un noir.
Vous seriez ici s'il n'y avait pas ces deux garçons blancs?
- Peut-être pas, mademoiselle. - Madame.
Pell. Son type, c'est l'adjoint de Ray Stuckey.
Mais moi, je suis célibataire.
Ecartez-vous.
Partez. On va s'en occuper. Ça nous regarde.
On s'en charge. On n'a pas besoin de vous.
Du sang sur la grand-rue, c'est pas joli à voir, surtout aux nouvelles.
- Lève-toi. - C'est bon, je le tiens.
C'est le gosse du restaurant.
Réfléchissez avant de parler à un noir en public.
C'est un message du grand patron de Tupelo.
Clayton Townley, le chef des bonnets pointus.
Oui. Comment le saviez-vous?
La procédure. Vous devriez essayer.
C'est ce que j'ai fait.
Nous avons retrouvé la voiture.
Bonjour.
Bonjour.
Deux canettes de bière, une bouteille de Coca-Cola,
une montre carbonisée arrêtée à 12 h 45 et des clés. Aucun corps.
- Fouillez la zone au peigne fin. - Bien.
- C'est un grand marais. - Au peigne fin.
Ils n'ont pas quitté le Mississippi.
Non. Ils sont morts.
M. Bird?
- Oui? - Il y a un téléphone à la station-service.
Allez-y et demandez une centaine d'hommes supplémentaires.
- une centaine? - Oui.
- Des agents fédéraux? - N'importe, même des militaires.
- Je veux qu'on fouille ce marais. - Bien.
Ne faites pas ça, M. Ward.
- Vous déclencherez une guerre. - Elle était là avant nous.
LIBERTE
Barre-toi d'ici!
Le shérif a un alibi. Il jouait au poker avec son beau-frère et ses cousins.
- Tout ce temps-là? - Pendant 3 heures. Il a perdu 1 1 dollars.
Autre chose. Nous avons des ennuis avec le gérant du motel.
- Quel genre d'ennuis? - Il dit qu'on ruine sa réputation.
Achetez-le.
- Pardon? - Achetez-le!
Le motel.
- Je peux monter jusqu'où? - Ce qu'il faudra.
Ici le comté de Jessup, dans le Mississippi.
Dans la violence des derniers jours, la nation entière
suit de près la recherche des trois militants disparus.
C'est sûrement une blague. Mais s'ils sont dans ce marais, c'est qu'ils l'ont cherché.
Des appelés de la marine se sont joints au FBI pour rechercher les disparus.
Ils ont tout combiné. Ils sont à New York en train de se moquer de nous.
- Vous croyez que c'est une blague? - Oui. Ils ne trouveront rien.
Les leaders des droits civiques restent optimistes.
Mais en privé, ils doutent retrouver leurs militants vivants.
Ils ont bien cherché les ennuis.
Ici Marek Barlbobi, Network News, comté de Jessup, Mississippi.
Ce qu'ils devraient faire, c'est chercher ces gars au Canada
plutôt que dans nos marais.
C'est un coup médiatique monté par les gens de la NAAC.
- La NAAC? - NAACP.
Vous savez ce que ça veut dire? Nègres, Afros, Ânes, Chimpanzés et Pouilleux.
Je vais vous dire ce que vous avez. Vous avez votre NAACP.
Vous avez votre SNCC, votre COFO.
Vous savez ce que c'est que ce bordel? F-O-u-T-A-l-S-E-S.
Compris?
un jour viendra où ne devrons plus dire: "Bonjour, monsieur le shérif".
un jour viendra où nous ne devrons plus dire "M. Stuckey".
un jour viendra où nous dirons simplement "Stuckey" ou "shérif".
un jour viendra où le shérif ne sera même plus blanc.
Bonjour.
Je peux vous poser quelques questions?
Connaîtriez-vous le nom de ces fleurs, par hasard?
Il y en a partout, ici.
Je n'en ai jamais vu d'aussi jolies.
C'est des plantes trompette.
Des plantes trompette?
Elles sont vraiment magnifiques.
Même si elles ne sentent pas tellement bon.
Ravi de pouvoir vous parler.
Désolés d'avoir interrompu votre réunion, mais personne ne veut nous parler.
Ils se ferment comme des huîtres.
C'est parce qu'ils ont peur que les autorités l'apprennent.
- L'autorité, c'est nous. - Pas par ici.
Nous voulons découvrir ce qui est arrivé à ces gars. Ils étaient là pour vous aider.
- C'est pas à nous qu'il faut le demander. - A qui, alors?
Viens, Aaron.
Commencez par le bureau du shérif.
- Tu n'as pas peur, toi? - Vous non plus, non?
Aaron. Allez, viens.
Bonsoir, Mme Pell. Je suis l'agent Ward. Voici l'agent Anderson.
Nous sommes du FBl.
Votre mari est là?
Nous aimerions lui parler.
Entrez donc.
Ce sont les messieurs du FBl, Clinton. Ils veulent t'interroger.
Je mets ton dîner dans le four?
Laisse-nous seuls.
Je peux m'asseoir?
Pourquoi venez-vous me déranger chez moi?
Je voulais revoir votre emploi du temps du 21 juin.
Du combien?
Du 21 juin.
Vous savez de quel jour il s'agit, alors faisons cela de manière civilisée.
Ainsi, vous retournerez à votre match et nous retournerons à Washington.
Ne vous arrêtez pas pour moi.
Ecouter la même question des dizaines de fois, c'est un peu lassant.
J'imagine.
- Vous dînez pas ensemble? - Il a de drôles d'horaires.
- Vous trouvez ça bizarre? - Non.
Moi aussi, j'ai de drôles d'horaires.
Je mange quand j'ai faim, et lui quand il peut.
- Vous voulez quelque chose? - Non, merci.
C'est une jolie maison.
- Vous vivez ici depuis longtemps? - J'y suis née.
Mais mon père a perdu la maison au poker il y a longtemps.
Depuis, on paye le loyer.
C'est un jeu dangereux.
Le poker.
Dangereux.
Ravi de vous avoir parlé. Je dois y aller.
Les côtelettes sont chaudes? Apporte-moi une bière.
Bonne nuit.
Retournez à votre base-ball.
C'est le seul jeu où un noir peut brandir un bâton...
Je la connais déjà.
Son alibi repose sur sa femme pendant 50 minutes.
- Elle est comment? - Gentille.
Dites-moi, comment une telle femme se retrouve-t-elle...
Avec un crétin pareil? C'est comme ça dans les petites villes.
une fille passe ses années de lycée à chercher un type à épouser
et le restant de ses jours à se demander pourquoi.
Ça cloche. Il est trop sûr de lui.
- Vous avez vu la photo de mariage? - Non.
Ses garçons d'honneur avaient les pouces dans la ceinture
et trois doigts pointés vers le bas.
C'est quoi? un truc de francs-maçons?
Non! KKK.
Je sais que t'es pas soûl.
- Je suis pas soûl. - Très bien. T'es pas soûl.
Je vais t'emmener là où tu pourras cuver tranquillement.
Tiens-toi à moi.
Attention à la tête.
Bonsoir. Je voulais vérifier deux-trois choses avec vous.
- Mon mari est absent. - C'est à vous que je voulais parler.
Moi?
Entrez, dans ce cas.
J'en ai pour une minute.
Mon chef est un peu casse-pied. un universitaire.
Il lui faut toujours chercher la petite bête.
- Que vouliez-vous savoir? - On a un doute sur l'emploi du temps.
Vous voulez que je mette vos fleurs dans l'eau?
Oui. Elles sont pour vous.
Elles sont magnifiques.
Jolies, n'est-ce pas?
Même si elles ne sentent pas tellement bon.
Vous voulez quelque chose? Du thé?
Oui. Merci.
Ne regardez pas. Cette photo est horrible.
Je n'en suis pas si sûr.
- Elle est récente? - Non. J'aimerais bien.
Ça m'a l'air récent.
On s'est mariés il y a 14 ans.
Je ne vous crois pas! Allez.
- Du sucre? - Pour sûr.
- J'ai grandi dans une ville comme ça. - Vous avez eu la sagesse de partir.
Pourquoi n'êtes-vous pas partie?
"Pour le meilleur et pour le pire."
Et vous? Vous êtes marié?
Je l'ai été, si je me souviens bien.
Pas pour longtemps. Je n'étais jamais là.
Elle en a eu assez des coups de fil de Miami et des cartes de Des Moines.
Il y avait toujours un type dans le coin.
un type ayant le temps d'aller au cinéma ou de boire une bière,
ayant toujours de quoi alimenter le juke-box.
Elle m'a quitté.
- Et vous? - Vous connaissez le Sud, M. Anderson.
On quitte le lycée et on épouse le premier qui vous fait rire.
Votre mari est un sacré bonhomme.
Mon patron s'interroge sur une heure, 50 minutes pour être exact,
pendant lesquelles votre mari dit avoir été avec vous.
- Ça doit être vrai. - Ça doit être vrai.
Eh bien, c'est dommage.
Ça veut dire que je n'ai plus d'excuse pour venir traîner chez vous.
Merci pour le thé glacé.
- Merci pour les fleurs. - De rien.
Vous savez ce que c'est?
- Des plantes trompette, il paraît. - Oui, c'est ça.
Mon père les appelait dames-de-l'enfer, elles sont carn...
Carnivores.
- C'est le bon mot? - Oui.
Cette jolie couleur, là, c'est l'appât. L'insecte fonce dessus et paf, il meurt
avant de pouvoir dire ouf.
J'aurais dû choisir autre chose.
Peut-être.
Que la paix et la joie du Saint-Esprit demeurent en chacun de vous
à jamais. Amen.
On t'avait prévenu, sale nègre. On va pas te le dire trois fois.
Si t'ouvres encore tes grosses babines pour parler aux agents fédéraux,
tu peux être sûr de bouffer les pissenlits par la racine, et sans cercueil.
C'est compris?
Comment traite-t-on les noirs dans le Mississippi?
Bien. Aussi bien qu'ils le méritent.
Les nègres sont très mal traités depuis belle lurette.
Je crois que Martin Luther King est leur chef.
J. Edgar Hoover a dit qu'il était communiste
et qu'ils avaient des preuves.
Ça, je saurais pas dire. Je les ai pas vues mais on le dit.
Vous voulez vraiment trouver ce nègre?
Ils disent qu'on doit manger ensemble et utiliser les mêmes toilettes.
C'est difficile pour les gens du Mississippi.
Ils sont pas comme nous. Ils se lavent pas. Ils puent. Ils sont hargneux.
Ils sont pas comme les blancs.
A votre avis, où sont les trois garçons?
Morts.
Tout ce qu'il y a de plus morts.
J'adore.
- Elle est endormie? - Oui.
Désolée de t'avoir réveillée.
- Au revoir, chérie. A plus tard. - D'accord.
Mary, c'est la petite de ta Betsy?
Oui. Elle grandit vite, hein?
Si je les ai mardi, c'est parfait.
C'est drôle.
Leurs gosses sont si mignons.
Vous braquez encore ça sur moi?
La garde rapprochée n'a pas pu sauver le président,
et on est censés protéger quelques nègres?
C'est à cause de quelques pauvres blancs bouseux qui boivent trop de gnôle.
Ou plutôt trop de solvant, car cet Etat est au régime sec,
Ies alcooliques le prouvent bien.
Laissez-moi passer. Excusez-moi.
- C'est bon? - Quel est votre nom?
Clayton Townley. Entrepreneur local.
Êtes-vous un porte-parole des chevaliers blancs du Ku Klux Klan?
Je suis entrepreneur, c'est tout.
Je suis également un Américain du Mississippi.
Et j'en ai assez de la façon dont nous voyons
nos opinions déformées par vous, les journalistes.
Mettons les points sur les i.
Nous rejetons les juifs car ils refusent le Christ.
Ils contrôlent les cartels bancaires, ce qui a engendré le communisme.
Nous rejetons les papistes soumis à un tyran romain.
Nous rejetons les Turcs, les Orientaux ou les nègres,
afin de protéger la démocratie anglo-saxonne
- et le mode de vie américain. - Merci, monsieur.
Lefty, tu es la preuve que des cousins ne devraient pas forniquer.
Ce que je voulais dire... Ce noir,...
il veut jouer au foot pour Bear Bryant, en Alabama.
Bear lui dit: "T'as droit à un essai."
Il va courir avec quoi, une pastèque?
Il continuera à courir longtemps.
Il lui dit: "Tu vas jusqu'à la ligne de but".
Il met toute l'équipe adverse sur la ligne de but. Il lance le ballon...
- Vous êtes ouverts? - Faut être membre pour boire ici.
Membre?
Membre de quoi?
Membre du club.
Je croyais que vous me payeriez une bière.
Donne-lui une bière, Frank.
C'est bien d'être dans un comté "sans alcool".
Quand j'étais shérif, la moitié de mes revenus
provenait des taxes sur les tripots illicites.
C'est sûrement pareil ici.
Ça doit rapporter de fermer les yeux sur ce genre de commerce.
J'en sais rien.
Ça doit bien rapporter.
- Vous avez rien de plus costaud? - Non.
A Thornton, il y a des distilleries illégales dans toutes les arrière-cours.
Suffit d'un peu de maïs, de sucre et d'une grosse marmite.
J'ai pris un jour les empreintes d'un type.
Il avait trimé dans ces marmites.
Il n'avait plus de peau. Pas d'empreintes.
Vos souvenirs du Mississippi nous intéressent pas.
Vous n'êtes plus d'ici.
- Pourquoi êtes-vous parti? - Pour changer d'air.
Le maïs bouilli me laissait un goût amer.
Si c'est votre sentiment, monsieur FBl,
retournez donc vers vos patrons cocos et négrophiles du Nord.
Vous connaissez mal mon patron. Hoover.
Il n'aime pas trop les cocos. Il serait de votre côté.
Je me fiche de savoir de quel côté il serait.
Mais je sais qu'ici, il y a 5 000 nègres absents des listes électorales.
Et moi je dis qu'ils seront jamais dessus.
Alors dites à vos ronds-de-cuir de Washington qu'ils nous changeront pas.
A moins de me passer sur le corps. Ou sur celui d'un tas de nègres.
Iriez-vous donc jusqu'à tuer, Frank?
Ça me ferait ni chaud ni froid, pas plus que d'étrangler un chat.
Et pas un tribunal du Mississippi me condamnerait pour ça.
Et vous, shérif adjoint?
- Ça vous ferait quoi, d'étrangler? - Continuez à me provoquer.
Ecoutez bien, espèce d'enculé.
Dites à vos pédés de patrons qu'ils trouveront pas d'activistes par ici.
Alors, faites vos valises et repartez vers le Nord.
Ecoute bien, sale petit bouseux.
Ne me prends pas pour quelqu'un d'autre.
T'as le cerveau dans le slip si tu crois qu'on partira.
On restera ici jusqu'à ce qu'on ait terminé.
Et vous, shérif adjoint?
Ce revolver, c'est pour la parade?
Ou vous tirez sur les gens à l'occasion?
Merci pour la bière.
Demandez-leur s'ils désirent sauver ce pays des ravages de l'intégration.
Ils veulentjeter ensemble les enfants blancs et de couleur
dans le creuset de l'intégration,
d'où sortira un conglomérat de mulâtres et de sang-mêlé.
Les deux races en seront détruites.
Jejure devant Dieu de mourirplutôt que de permettre
une telle chose surle sol américain.
Qu'avez-vous provoqué?
Ils ont parlé toute la journée à la radio des intimidations du FBl.
Nous ne sommes pas des brutes. Procédons à ma façon.
- Je sais. C'est la procédure. - Pourquoi étiez-vous au salon de beauté?
Si ça a à voir avec l'enquête, je veux savoir. Sinon, je l'interdis.
- C'est compris? - Entrez!
Vous ne savez pas quand l'ouvrir et quand la fermer!
Ça fait de vous un crétin!
Mme Pell ne dira rien contre son mari.
Je vais pas lui extorquer des aveux!
Ce guêpier se détruira de l'intérieur.
Je sais.
Liberté! Liberté!
Nègre blanc!
Dépêchez-vous!
Liberté! Liberté! Liberté!
Vingt cents?
- Bonjour. - Hé, salut!
Je passais dire bonjour. Vous ne regardez pas le cortège?
Pourquoi on m'interroge pas? On interroge tout le monde, sauf moi.
Envoyez-moi un de vos beaux gars du FBl.
Désolé de m'inviter comme ça. J'étais à la quincaillerie.
- une noix de pécan? - Je n'aime pas ça.
Liberté! Liberté!
Êtes-vous prêts à vous battre?
Comment êtes-vous au courant?
La procédure, M. Ward.
Le shérif Stuckey.
Il a eu son coup de fil.
Qui d'autre a bien pu être appelé?
Où est-ce que tu vas?
Allez, va-t'en.
Les voilà.
- Allons-y. - Attendons qu'ils rentrent.
Attrapez-le!
Foutez-le dans la camionnette!
Rentrez, espèces de connards.
- Allons-y! - Attendons qu'ils soient rentrés!
Allez, Ward. On y va.
Allez!
- A gauche! - Vous le savez?
Non. Tournez.
Voilà la camionnette.
Prenez cette petite route.
Arrêtez-vous.
Qu'est-ce qui cloche chez ces gens?
Mme Walker, je sais que c'est dur, mais j'ai besoin de votre aide.
Si vous convainquiez votre fils de porter plainte,
nous pourrions coincer le shérif adjoint.
Il refuse de parler.
- Et ça ne servirait à rien. - Je vous promets que si.
Laissez-le tranquille,
et ils nous laisseront tranquilles.
S'ils font ça régulièrement, on sait ce qui s'est passé le 21 juin.
Pell a arrêté les jeunes pour excès de vitesse.
Il les a gardés le temps que le Klan s'organise.
Puis il les a libérés à 22 h 30, et ses copains étaient prêts.
Non. Pell les a accompagnés. C'est sûr.
Il craquera, à votre avis?
On dit que les serpents ne se suicident pas.
Avez-vous libéré les trois militants
pour les remettre entre les mains du Klan?
Non.
- Êtes-vous membre du Ku Klux Klan? - Non.
- Avez-vous déjà été membre? - Non.
Connaissez-vous le terme "grand cyclope"?
J'en ai entendu parler.
Etiez-vous le grand cyclope pour le Mississippi de l'une des branches
du Ku Klux Klan durant ces 3 dernières années?
Objection. Mon client a dit qu'il n'était pas membre du Klan.
Objection? Ce n'est qu'un interrogatoire. Inutile d'être aussi protocolaire.
Dans ce cas, j'imagine que je ne suis pas tenu de rester. J'ai du travail.
- Vous aussi, non? - Oui. Et soyez certain que nous le ferons.
Bonne chance.
Si vous avez de quoi m'inculper, vous savez où me trouver.
- Alors? - Ça s'est bien passé.
T'as aucune raison de t'inquiéter.
Allez-vous être inculpé?
Le FBI a-t-il des preuves contre le shérif?
- Coopérez-vous avec eux? - Oui. Depuis le début.
Ils n'ont pas la moindre preuve.
Pourriez-vous arrêter? Arrêtez, s'il vous plaît.
On vous l'a déjà dit! Barrez-vous d'ici!
Faut vous le dire combien de fois? Repartez d'où vous venez!
Allez, du balai!
Cassez-vous et laissez-nous tranquilles!
Repartez, sinon vous allez souffrir!
Vous commencez à dépasser les bornes.
- Tout le monde se plaint. - Pas maintenant.
Attendez. Je n'aime pas la façon dont vous harcelez l'équipe du shérif.
Vous avez tout fait pour les compromettre.
Vos insinuations ne sont en aucun cas des preuves de leur culpabilité.
Nous cherchons la vérité. Ça nous frustre aussi.
Montrer du doigt ne constitue pas une preuve.
Nous les gens du Sud sommes assez naïfs pour croire en la démocratie.
- Nous savons quels sont nos droits! - Ça, vous savez quelque chose.
- Je veux bien parier là-dessus. - Vous me tapez tellement sur les nerfs
que je commence à avoir mal au crâne.
Pour une dernière fois, monsieur le gauchiste.
Quelques hurluberlus gigotant dans des draps pour effrayer des nègres,
ce n'est pas la faute de tout le Mississippi.
Ces trois gars sont morts et beaucoup ont peur à cause de votre shérif.
- Alors habituez-vous à nous voir par ici. - Et habituez-vous à avoir mal au crâne.
Vous feriez mieux de partir.
Foutu FBl. Pour qui se prennent-ils, à venir chez nous...
- Avez-vous une déclaration à faire? - Certainement.
Pendant un instant, M. Anderson,
il m'a semblé que nous étions du même côté.
- Ça va, ma chérie? - Oui.
- Dis-moi s'il te faut quelque chose. - Merci.
Maman! Viens vite!
Aucune trace de lui. Il est parti depuis longtemps.
Sa mère habite en face. Elle refuse de nous ouvrir.
Quadrillons la zone. Quelqu'un a dû voir quelque chose.
- Ils ne parleront pas. - M. Bird,
s'ils refusent, tirez-leur les vers du nez.
Allez. La moindre maison.
Quoi?
Envoyer tous ces blancs dans le coin avec leur calepin ne mènera nulle part.
Très bien. Que feriez-vous?
C'est normal d'avoir peur.
Allez, Willie. Dis-leur ce que tu as vu.
Que les accusés se lèvent.
Dans ce pays, le foyer d'un individu est sacré.
C'est un des principes fondamentaux de notre communauté.
Vous avez violé ce principe.
Mais le tribunal comprend
que les crimes commis ont été, dans une certaine mesure,
provoqués par des influences extérieures.
Des étrangers sont venus dans le comté de Jessup,
des individus peu recommandables
et malpropres.
Leur présence a provoqué nombre de gens.
Ainsi, la cour comprend,
sans pour autant les excuser,
que les crimes dont vous êtes responsables
ont été, d'une certaine façon, provoqués par ces influences.
Votre sentence ne saurait donc être sévère.
Je vous condamne chacun à cinq ans de prison.
Mais je vous accorde un sursis.
Vous ne pouvez pas continuer.
FBl. Laissez-nous passer.
Désolé. Vous ne pouvez pas passer.
Shérif?
Vous avez déclenché quelque chose.
Je veux aller leur parler.
- Vous n'irez pas plus loin. - On s'en charge.
Quelques nègres détraqués qui se font du tort.
Problème interne.
Regardez ces flammes. C'est pour ça qu'ils vous ont envoyé, non?
Elles auraient eu lieu de toute façon, et vous le savez.
Si j'étais noir, je penserais comme eux.
Si vous étiez noir, on se ficherait de ce que vous pensez.
Aaron! Fais sortir maman, mamie et les enfants par la porte de derrière.
Quand tu arrives sur la route, continue sans t'arrêter.
Nathan! Viens, Nathan.
Lève-toi, Nathan, maintenant! Allez!
- Qu'est-ce qui se passe? - Maman! Allez.
Venez tous.
Allez, mamie. On y va!
Qui est là? Si vous êtes là, sortez! Vous m'entendez?
J'en ai marre de cette merde!
Tout va bien, papa.
Maman et les filles vont bien.
T'es blessé à la tête. Faut que tu continues à respirer.
Ne meurs pas maintenant.
Tu m'entends?
Tu vas t'en sortir.
Les vaches ne s'enfuient jamais. Elles sont trop stupides, j'imagine.
Elles restent jusqu'à ce que leur ventre enfle et explose.
Ils ont de la famille à Detroit.
- Ils vont y aller? - Ils n'ont pas le choix.
Au moins, on sait qui a fait ça.
- On le savait. - C'est un progrès.
Il y a vingt ans, on l'aurait pendu pour avoir volé une pastèque.
Je ne vous comprends pas du tout.
Mettons les choses au clair.
On a tout saboté en en faisant un show pour les informations.
Trois gosses disparus, c'est de l'information.
Non. Trois militants disparus, c'est de l'information.
Pour moi, ce ne sont que des gosses, toujours manquants.
Ce qui manque, ce sont les 50 minutes où Pell a dit être avec sa femme.
Très bien.
J'aime le Mississippi.
JAMAIS JAMAIS
Eux...
Ils détestent le Mississippi.
Ils nous détestent car nous montrons un exemple rayonnant
de ségrégation réussie.
Ces étudiants du Nord, avec leurs chefs communistes athées,
qui sont venus cet été dans notre communauté pour la détruire
ont essuyé cette semaine une défaite cuisante.
Leur cause a perdu beaucoup de terrain.
Tous ces policiers fédéraux qui fourrent leur nez dans nos vies
et violent nos libertés civiques
ont appris qu'ils ne peuvent rien contre nous
si tous les chrétiens anglo-saxons s'unissent!
Cette semaine...
- Ward? - On a de la compagnie.
Partez. C'est un meeting politique.
- Ça a une toute autre odeur. - C'est un meeting politique.
Ça ressemble à un meeting politique, mais ça sent le Klan à plein nez,
avec ou sans les déguisements d'Halloween.
Messieurs.
Les tribunaux du Mississippi leur ont rappelé
qu'ils ne peuvent transformer de force nos communautés
en copies conformes des leurs.
Des communautés où les nègres sont déchaînés, sans limites ni sanctions,
comme on l'a vu cet été dans les rues de Harlem, d'Oakland,
ou de Chicago!
Je peux entrer?
Vous ne devriez pas être ici.
- Pourquoi? - C'est laid.
Tout ça est d'une laideur.
Savez-vous ce que c'est de vivre avec ça?
Les gens ne voient en nous que des fanatiques et des racistes.
On ne naît pas avec la haine.
On l'apprend.
A l'école, on apprenait que la ségrégation était dans la Bible.
La Genèse 9, verset 27.
A sept ans, si on vous le répète suffisamment, on finit par le croire.
On croit en la haine.
On la vit, on la respire.
On l'épouse.
Mon mari conduisait une des voitures, ce soir-là.
C'est ce que vous vouliez, non?
Les corps sont enterrés dans la ferme des Roberts, sous une digue de terre.
Faites une pause, M. Bird.
Protégez-vous avec un mouchoir.
Les corps des activistes ont été retrouvés
dans un endroit non divulgué.
Ni le FBI ni le shérif n'ont voulu faire de commentaires.
Les corps ont été apportés à l'hôpital,
où aucun commentaire n'a été fait.
une autopsie pourrait avoir lieu plus tard dans la soirée.
Laissez-la ouverte, on passe.
Ouvrez.
Restez ici.
T'as des problèmes à régler à la maison.
Comment ça?
Je te demande d'ouvrir les yeux et d'aller voir chez toi!
"Moi, Vincent Thompson, suis le champion du monde du cheddar."
"Dans une compétition internationale, mon cheddara eu le premierprix,
sur des critères de goût, de texture et de couleur."
Clinton. Je ne t'attendais pas de retour si tôt.
Bonsoir, Frank.
Ne fais pas ça. Je suis désolée.
Pardon?
J'arrive tout de suite.
- M. Bird? - Oui?
Allez chercher cinq hommes.
- Où est Anderson? - Au motel.
Vous deux, surveillez la porte principale. Empêchez quiconque d'entrer.
Vous deux, surveillez la porte du couloir.
Bien. Allez chercher Anderson. Amenez-le ici.
Ne lui dites pas pourquoi. Amenez-le ici, c'est tout.
M. Anderson. Arrêtez!
- Anderson! - Cassez-vous.
Arrêtez-vous. Nous ne sommes pas des meurtriers.
- Ça nous différencie de ces gens-là. - Non, ça vous différencie de moi.
- Vous n'êtes pas comme eux. - Faux.
Que vous importe ce que je peux faire à un connard de shérif?
- Mossieur a le monde à changer! - Et je le change.
- Vous êtes idiot et arrogant! - Vous aussi, vous le changez.
Vous verrez comme je le change!
Ne fichez pas tout en l'air parce que vous batifolez avec les témoins.
un revolver, faut savoir s'en servir.
- Si vous ne m'écoutez pas, je vous tue. - Allez vous faire foutre.
Laissez-moi.
- Nous allons les coincer ensemble. - Vous ne sauriez pas comment faire!
- Vous allez me l'apprendre. - Vous n'en avez pas le cran.
J'en ai, et le cran, et l'autorisation.
Comment ça?
Les règles ont changé. On les coince de n'importe quelle façon. Même la vôtre.
D'après qui, vous ou celui qui tire les ficelles?
Les deux.
- On le fait à ma manière. - Oui.
- Avec mes hommes! - S'il le faut.
Donnez-moi une minute.
- Il m'aurait tiré dessus? - Oui.
Ce petit connard a des couilles, hein?
Je devrais dire: "N'oublions pas
que deux blancs ont trouvé la mort en voulant aider les noirs."
Je devrais dire: "Nous pleurons avec les mères de ces deux jeunes blancs."
Mais l'Etat du Mississippi ne permet pas à ces blancs
d'être enterrés auprès de leur camarade.
Je n'ai plus d'amourà donner.
Je n'ai que de la colère dans mon coeur
etje veux que vous soyez en colère avec moi!
J'en ai assez,
etje veux que vous en ayez assez avec moi!
J'en ai assez d'alleraux funérailles
de noirs assassinés parles blancs!
J'en ai assez des gens de ce pays
qui continuent à permettre ce genre de choses!
Que signifiie "un droit inaliénable" si on est noir?.
Que signifiie "égaux devant la loi"?
Que signifiie "Lajustice et la liberté pour tous"?
Je veux dire à ces gens:
regardez le visage de cejeune homme et vous verrez le visage d'un noir.
Mais si vous regardez le sang versé, il est rouge, comme le vôtre!
Il est comme le vôtre!
Vous...
Je vais vous conter une histoire.
un type du nom de Homer Wilkes vit à une cinquantaine de kilomètres d'ici.
un jour, il ramenait sa fiancée chez elle et il marchait sur la route
quand une voiture s'est arrêtée.
Trois blancs l'ont emmené faire un tour.
Ce type,
il n'avait rien fait,
sinon
être noir.
Ils l'ont emmené dans une cabane.
une cabane comme celle-ci.
Ils ont pris une lame de rasoir,
une lame de rasoir toute bête, comme celle-ci.
Ils ont baissé son pantalon.
Ils lui ont écarté les jambes.
Et ils ont tranché son scrotum.
Ils l'ont mis dans une tasse.
Vous savez à quel point on saigne quand quelqu'un vous coupe les couilles?
Homer semblait avoir été trempé dans le sang jusqu'à la taille.
Il était à moitié mort quand on l'a amené à l'hôpital.
Maintenant, il peut à peine marcher.
M. Ie maire, vous savez
qui était là quand ces trois militants ont été tués.
Vous savez qui a tiré.
Vous avez quelque chose à me dire?
- Il est du FBl? - Oui. C'est une sorte de spécialiste.
- Et le maire n'en dira rien? - Non, ils le tueraient!
Très bien. Qu'avez-vous?
Il y avait sept hommes. C'est Pell et Bailey qui ont tiré.
- Stuckey? - Il est trop malin pour y être.
- Pell a tiré à sa place. - Et Townley?
C'était son idée. Les grands sorciers ne se mouillent pas.
Il a tout dit? A la moindre balle près?
J'imagine que les mots "coercition" et "rumeur" ne vous intéressent pas.
Les tribunaux ne les apprécient pas.
On n'est pas au tribunal. Et on ne les coincera pas pour meurtre.
C'est du ressort de l'Etat. Ils ne les poursuivront jamais.
- Je sais! - Il faut aller en cour fédérale.
- Violation des droits civiques! - Les droits de qui se retrouvent violés?
- Descendez de votre piédestal! - Sortez de votre caniveau!
Ces types viennent tout droit des égouts!
C'est dans le caniveau qu'il faut être!
Merci.
J'espère que c'est important.
Qui a nous a convoqués?
- Je croyais que c'était toi. - Moi? Tu es idiot?
C'est pas toi? Merde.
- Alors, c'est qui? - La ferme.
C'est un piège à la con? Ray, t'es sûr que c'est pas toi?
Parce que ma femme m'a laissé un mot de ta part...
Lester, la ferme!
Nous allons sortir d'ici immédiatement,
sans dire le moindre mot.
Sans un mot, Lester.
- Le premier qui l'ouvre est mort. - La ferme.
On dirait que les serpents commencent à se suicider.
Bonjour, Lester.
On te ramène chez toi, comme prévu.
Quoi?
Je sais, tu avais dit 16 h 30, mais on a pris du retard.
- Je te retrouve dans la voiture. - Vous êtes malades.
Tu as la monnaie sur 20 dollars?
Bien sûr.
Monte dans la voiture, Lester,
ou ça sera dur de te curer le nez quand j'aurais fermé ce tiroir.
Tu faciliterais les choses en déposant immédiatement.
J'ai rien à vous dire. Vous vous trompez d'adresse.
Lester, je vais te dire un truc: tu es coincé.
Tes copains ont déjà parlé.
Vous mentez.
Tu es dedans jusqu'au cou. On sait que tu conduisais la camionnette verte.
Ton copain a dit... Rafraîchissez-moi la mémoire, M. Bird.
"Lester Cowens a frappé le noir au visage et lui a tiré dessus."
- C'est faux. - Non, c'est vrai. Quoi d'autre, M. Bird?
"Lester Cowens a dit: 'j'aurai buté un nègre, c'est toujours ça'."
- Je l'ai pas tué. J'ai tiré dans le cul. - On le sait.
Il était déjà mort. Mais ton copain voit les choses autrement.
Il dit que tu l'as tué. Alors soit tu déposes maintenant,
soit cette fois, c'est ton cul qui est en jeu!
Réfléchis, Lester. Allez, descends.
C'est délicat.
Ça a l'air si facile quand ils le font.
J'ai une petite question, Clinton.
Ça t'embête pas si je t'appelle Clinton?
Il me semble te connaître si bien.
Selon nos sources, le soir des meurtres,
t'as fait un discours quand vous enterriez les gars.
Qu'a dit Lester?
"Le Mississippi sera fier. Vous avez marqué un point pour l'homme blanc."
C'est ce que t'as dit, Clinton?
C'est ce que t'as dit?
Ça doit être toi,
car Clayton Townley et Ray Stuckey étaient trop malins pour y être.
Et t'es trop con pour penser qu'on se rappellerait tes propos.
Mais Lester a une bonne mémoire.
Désolé. J'ai pas fait ça depuis des années.
T'as fait un discours, le soir où t'as battu ta femme, Clinton?
Dis-moi!
T'as marqué un point pour l'homme blanc, ce soir-là?
T'as un sourire idiot, tu sais ça?
Tu le vois? Bien!
T'as souri quand le bulldozer est passé sur le corps du noir? Dis-moi!
T'as souri quand les corps ont été recouverts? Dis-moi!
Lève-toi. Allez!
T'as souri de ton sourire idiot?
Dis-moi!
T'as souri, Pell? T'as souri?
Te fais pas d'illusions.
Je suis prêt à te trancher la gorge et je me fous des rapports éventuels.
Encore une bouchée.
Encore une bouchée, mon chéri.
- Lester! C'est quoi ce tintamarre? - Ferme-la!
Va dans la chambre et ferme à clé! Eloigne-toi des fenêtres!
Merde.
S'il vous plaît. J'ai rien dit!
Je jure que j'ai rien dit. C'est un piège!
Rien! J'ai rien dit du tout!
J'ai rien dit du tout!
T'as eu de la veine qu'on te surveille.
Si vous déposez, M. Cowens, nous assurerons votre protection. Sinon...
Sinon, ils te tueront de toute façon.
Il te faut des toilettes, Lester.
Il a marché, non?
Condamné à 10 ans de prison pour violation des droits civiques.
Condamné à 3 ans de prison.
On s'occupe de l'addition, M. Swilley.
Condamné à 7 ans de prison.
Condamné à 10 ans de prison.
Je serai de retour pour le dîner.
Acquitté.
Rhabille-toi, Wesley.
Condamné à 7 ans de prison.
Condamné à 10 ans de prison.
Pourquoi a-t-il fait ça?
Il n'était pas dans le coup. Il n'était même pas du Klan.
M. Bird, il était coupable.
Tout témoin qui prétend que rien ne s'est passé est coupable.
Non. Il était bien coupable.
Tout aussi coupable que les fanatiques qui ont tiré.
Peut-être le sommes-nous tous.
Il y a quelqu'un?
Oui.
Je vous ai ratée à l'hôpital. Ils ont dit que vous étiez rentrée à la maison.
Ce qu'il en reste.
- Je suis désolé. - Moi aussi.
- Qu'allez-vous faire? - Je ne sais pas.
- Où allez-vous aller? - Nulle part. Je reste ici.
C'est chez moi. J'y suis née.
J'y mourrai probablement.
Si j'avais voulu partir, je l'aurais fait depuis longtemps.
Les choses vont s'arranger.
Il y a assez de gens bien qui savent que j'ai fait le bon choix.
Et assez de dames qui aiment la façon dont je les coiffe.
Si vous passez par Des Moines,
ne m'envoyez pas de carte postale.
Vous voulez conduire, Rupert?
Oui.
1964 ENCORE DANS NOS MEMOIRES
Ce film s'inspire d'événements ayant eu lieu dans les années 60.
Mais les personnages sont purement fictifs.
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