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...
-Aucun retard ne sera toléré.
-Ne vous inquiétez pas.
Mademoiselle.
-Au revoir.
-Au revoir.
Excusez-moi.
Vous n'avez pas mon numéro de portable.
-En effet.
-N'hésitez pas à m'appeler.
-J'hésiterai pas.
-À bientôt.
-À bientôt.
-Je peux te parler ?
-Là, je peux pas. J'ai un coup de fil important.
Je suis désolé.
Pardon.
Allô, Choupi ?
-Salut, Choupi.
-Autre chose ?
-Non. C'est bon.
-Voilà.
-Merci.
-Robineau m'a fait passer ça.
Vous jetez un œil ? D'accord.
-On déjeune chez Tino ?
-Allez.
-Moi, je vais voir des passages de notre dossier sur Créteil.
Comme t'es un peu tatillon, je préfère être méfiante.
-Je suis pas tatillon, je suis rigoureux.
-Moi, j'appelle ça tatillon.
-Vous vous y mettez à deux ?
T'as vu ? J'ai bien couru, ce matin.
J'ai suivi tes conseils, j'allonge mieux la foulée.
-Oui, j'ai remarqué.
Je voulais te demander.
Ça t'embête, si j'invite deux potes à courir ?
-Pourquoi ça m'embêterait ?
-T'as dit : "Au-dessus de 2, on est une bande de cons."
-Je confirme.
Mais ils viennent pour courir, pas pour qu'on parte en vacances.
C'est qui, ces deux potes ? Quel genre ?
-Ben, mon genre.
-Oui. Ça va ?
Toi, t'as perdu au moins 2 kg.
-Ah, c'est possible, ça.
-Dis donc, ça sent un parfum que je connais.
C'est pas un parfum de camionneur.
Hier soir. Blonde.
Rires.
50 ans.
55, peut-être.
-C'est un sans-faute. Il est très fort, messieurs dames.
-Je bouge plus une oreille, mais autour...
Dis donc ! Hein ? C'est la débauche.
Le stupre.
La luxure.
-Personne n'y croit, quand tu dis :
"Je bouge plus une oreille."
-C'est pourtant vrai.
-Même pas une petite glissade cahin-caha ?
-Rien. Rien du tout.
La 1re année est difficile, mais après, on s'habitue.
J'y pense même plus.
Je m'en porte que mieux.
Manu rote.
Oh, putain, c'est immangeable, ton truc.
-Ah ! J'ai trop bouffé, putain.
-Tu dis ça à chaque fois.
-C'est vrai à chaque fois.
-Chaque matin, tu te dis pas :
"Putain, j'ai deux couilles."
-Quand tu dis ça, tu me fais penser à Jeff.
-J'ai de ses nouvelles.
Juliette a déjeuné avec Elsa hier.
Il a une baraque à Miami, près de chez sa fille.
-Au prix où tu as racheté sa part à Lourmarin,
en Floride, il peut se payer un château.
-Il écrit un roman, il paraît.
-Depuis quand il est là-bas ?
-Depuis 3 ans. Tout rond.
On s'est engueulés en juin,
Elsa l'a jeté en août, il s'est tiré en septembre.
-J'ai bien fait de venir en taxi. Je suis une épave.
-Ah.
Merci, Manu, pour cette transition parfaite.
Je vais vous faire une proposition
que vous ne pourrez pas refuser.
-Ça sent pas bon.
- Depuis que je suis dans un bureau... - Non.
Depuis que tu es payé à rien foutre dans un bureau. Nuance.
-Et toujours avec notre pognon.
-Tu peux dire merci au peuple français, il a bien voté.
-Je le dis tous les jours. "Merci, peuple français."
-Il y a un truc qu'on aimerait comprendre, avec Alex.
Tu fais quoi avec nos impôts exactement ?
-On aide des projets à se faire.
-Il aide des projets à se faire. C'est beau.
Moi, je n'aide pas du saucisson à se vendre, j'en vends.
-Bon. Alors, je reprends.
Depuis que je suis payé à rien foutre...
-Voilà.
-Je faisais plus de sport, mais là, je m'y suis remis.
Je fais 40 minutes de footing avec un pote.
-T'as un autre pote que nous ?
-C'est mon chef, responsable du programme "Sport et banlieue".
-Encore un travailleur de force.
-Il est sympa.
Venez courir avec nous.
-Tu veux dire avec les jambes, en short ?
-Pas en short. Son chef va se moquer de tes mollets.
-Qu'il essaye, tiens.
-Ce serait une façon de se retrouver régulièrement.
Depuis qu'on joue plus au Loto Foot, on se voit moins.
-C'est vrai. On a été cons d'arrêter.
-C'est bidonnant, de perdre 2000 euros par an.
-On s'est entraînés comme des sportifs pendant 15 ans.
Vous allez voir,
à un moment, vous allez être tout ramollos.
-Je suis pas ramollo. J'ai des tablettes, regarde.
-Oh, il fait de la muscu en cachette, cette tafiole !
-Non.
Pas de la muscu, Manu. Du rameur.
-Ah, du rameur !
Tu nous enverras des photos.
-T'es magnifique, en short.
-C'est ce que je me dis aussi.
-Tiens !
C'est lui, sur le banc.
Il dépose sa fille avant de venir.
-C'est un gamin, ton chef.
- 47, quand même. - Il a une bonne tête.
- Salut. - Bonjour.
-Alexandre Bertoni. "Alex".
Emmanuel Bossert. "Manu"
-Jean Minkowski. Enchanté.
-Antoine Desmarais.
-Oui.
-Attendez-moi, je suis un vétéran.
-Nous aussi.
-Je suis comme vous : c'est pas mon point fort, les mollets.
-Je t'avais dit de pas venir en short.
-Il croit que je vais faire ça 3 fois par semaine, Pépito ?
- "Pépito", c'est Antoine ? - Oui.
-Ça lui va bien.
-Ça va ?
Encore un petit tour ?
-Désolé, Tonio, je peux pas te dire merci.
J'ai l'impression d'avoir 100 ans, et j'ai pas aimé.
-Dans 3 mois, tu feras ? ou 8 bornes en chantonnant.
-Moi, je trouve qu'on a gagné 10 ans de vie.
-Parce qu'on a couru 3 km ?
-Non, parce qu'on va courir pendant des années.
Il nous a collé le virus.
-Merci.
Elle n'est pas indispensable, cette cigarette.
-Écoute-moi bien, Pépito : je cours pour pouvoir fumer.
-0 K.
-Antoine t'a parlé de nous ?
Lui, il nous a rien dit sur toi.
-Si, il m'a fait votre fiche.
Vous vous êtes connus à 20 ans dans un club de légende :
L'US Melun.
Tu es journaliste. T'as un groupe de presse sportive.
Et toi, t'as une boutique traiteur dans le 17e.
-Et toi, comment on se retrouve chef dans un ministère ?
- La filière classique. - C'est-à-dire ?
-Polytechnique, l'ENA, l'inspection des Finances.
-T'es une tronche, quoi.
Et tu viens d'où ?
-Nancy. Je suis monté à Paris après le bac.
- À 12 ans ? - À 12 ans et demi.
-Mon père était prof de maths, ma mère, instit.
Ils sont à la retraite.
-Nous, il n'y a que Manu qui a encore sa mère.
-T'es marié ?
-Je suis séparé. J'ai une fille de 4 ans.
J'aurais aimé avoir plein d'enfants.
-Oh, t'as encore le temps.
Moi, j'en ai 5.
Et j'ai eu ma dernière à 53 ans. Alors t'as du mou.
-Le mou, c'est pas ce qu'il y a de mieux pour faire des enfants.
- Salut, Beth. - Salut.
- Tout va bien ? - Oui.
-Plus vite, plus vite ! Il va être minuit.
Plus vite, plus vite...
-Ah, mon amour !
-Excusez-moi, monsieur.
Voulez-vous que j'aille faire quelques courses ?
-Non, merci. Vous pouvez rentrer chez vous.
On aime aller au supermarché. Ce soir, pizza !
-Oui !
-Tu veux quoi ? Un yaourt ? Une poire ?
-Une poire.
Une belle poire.
-Oui, madame.
Son téléphone sonne.
...
Oui ?
*-Je suis quoi, pour toi ? Un boulet, c'est ça ?
-Je peux pas te parler. Je dîne avec Lola.
*-Mais j'en ai rien à foutre !
-Salut.
-Salut, ma chérie.
C'est qui, le copain de Sandrine ?
-Il s'appelle Cédric, il bosse dans une banque.
Ils sont raides love. - Il a un truc violent dans l'œil.
-Il est tout doux.
-Tout doux, mon cul. Il a un truc violent.
-"La pauvre Cendrillon était chargée de toutes les corvées.
“Elle devait..."
-Ta copine va dormir ici ?
-Non. Je te l'ai dit.
Elle passe juste boire un verre et discuter.
Oh !
Quoi ? Tu boudes ?
Tu boucles quand je sors, quand mes amies viennent ici...
N'abuse pas, Lola. J'ai le droit de voir mes copines.
C'est pas parce que
je t'aime que je vais faire tout ce que tu veux.
Je continue ? Il est tard, là.
Allez.
-Je t'aime bien parce que tu m'intrigues.
J'arrive pas à te cerner.
-Normal. Ça fait que la 3e fois qu'on se voit.
-Oui, mais je me pose plein de questions à ton sujet.
-Ben, pose-les, j'ai rien à cacher.
-Comment un prof de gym se retrouve dans un ministère ?
T'as été pistonné ?
-Non. Ils cherchaient des profs pour cette mission,
je me suis présenté
et j'ai été pris.
-Depuis quand t'es célibataire ?
-2 ans.
-Qui a arrêté, la dernière fois ?
-Les deux.
On s'aimait plus.
On est tombés de haut.
Au début, on aurait mis notre tête à couper qu'on s'aimerait toujours.
-En amour, faut jamais mettre sa tête à couper.
-Excuse-moi, il est 2 h.
-Je partirai avant que ta fille se réveille.
-Ça m'embête, tu sais.
Elle risque de venir dormir avec moi.
-Tu trouves ça bien, qu'elle derme avec toi ?
-Elle vient dans mon lit quand je dors.
Je m'en rends compte que le matin.
Je vais pas l'attacher dans son lit.
-Tu te sers d'elle pour me mettre à la porte.
-Tu crois ce que tu veux.
Je veux pas qu'elle découvre une inconnue dans mon lit.
Ma relation avec sa mère la perturbe assez.
-Ça fait 3 mois. Tu pourrais me la présenter.
-Je le ferai quand... Quand je serai sûr que ça va durer.
Là, c'est trop tôt.
Je suis désolé.
Je dois me lever à 6 h 30 demain.
-C'est bon, j'y vais.
Tu me traites comme une pute.
-Qui a parlé d'argent ?
...
Qu'est-ce que tu fais là ?
-J'ai peur, toute seule.
-Hop, hop, hop ! C'est pas beau, de mentir.
Pourquoi t'as pas peur chez papy et mamie ?
-Pourquoi tu voulais bien, avant ?
-Parce qu'on avait changé de maison.
Et ta maman n'était plus là, t'étais triste.
Ça pouvait pas durer longtemps, je te l'avais dit.
Les enfants ne dorment pas avec leurs parents.
T'es plus un bébé. Tu dois perdre cette habitude.
Sinon, je vais fermer ma porte à clef.
-Oh non, ça, je veux pas.
-C'est sinistre. On dirait un catalogue de musée.
Tu sais ce que tu vas faire ?
Tu vas me mettre un peu de vie, de couleurs,
du rouge, comme ça, du bleu, comme ça.
Allez, vas-y.
-Je dois te parler.
-Oui. Vas-y, rentre.
Allez, ma grande. Qu'est-ce qui se passe ?
-C'est pas facile à dire.
Ça va pas te plaire.
-Allez, accouche.
-Tu brûles.
-T'es enceinte ?
-Non.
Mais je l'ai été, il y a 10 ans, de Léo.
-Je sais ça. Tu me prends pour qui, là ?
-Léo, il est de toi.
-De moi ?
-Tu es son père, il est ton fils.
Quand je l'ai appris,
j'ai décidé de le garder.
J'en avais trop envie.
Je pouvais pas t'en parler. Je...
Je voulais pas déranger ta vie.
Je me suis dit que tu le saurais jamais.
J'ai jamais regretté.
C'est un petit garçon magnifique.
Il a 10 ans et il pose des questions précises.
C'est dur de lui mentir.
Je sais plus ce qu'il faut faire.
-Je ne te fais pas mes compliments.
Tu m'as fait un enfant dans le dos et tu m'as volé 10 ans de sa vie.
Et maintenant, tu me fous dans la merde,
vis-à-vis de ma femme, ma fille et ce gosse.
-Je suis désolée.
-J'en ai rien à foutre, que tu sois désolée !
On n'a pas le droit de fracasser la vie des gens.
Quant à te dire ce que je vais faire…
J'en sais rien, j'ai besoin de réfléchir.
Tu me lâcheras pas. Aujourd'hui, j'ai la rage.
-Pourquoi ?
-T'occupe. Cours.
Tu peux accélérer, tu me décrocheras pas.
T'es la couille, je suis le morbac.
-Elle est gracieuse, cette joggeuse.
-Oui.
-C'est vrai qu'elle est mimi.
-Oui.
Dimanche prochain, c'est l'anniversaire d'Angèle.
Ce serait sympa, si vous veniez déjeuner.
Tu es invité aussi. Avec ta fille, si tu veux.
-Ah, c'est gentil. On viendra.
-Moi, il m'arrive un truc de dingue.
-Quoi ?
-Je peux vous laisser.
-Non, penses-tu.
Trois avis valent mieux que deux.
Vous savez ce que m'a annoncé Joëlle ?
-C'est son assistante.
-Elle a un gamin de 10 ans.
Ben, c'est moi le père.
-Qu'est-ce que tu vas faire ?
-J'ai bien réfléchi.
Y a pas 36 solutions, y en a que deux.
1. Je dis à cette pouffe de ne plus me parler de ce même.
-Ça, c'est impossible.
-À moins d'être un enculé.
-Même un gros, si je peux me permettre.
-Est-ce que j'ai le choix ?
Peut-être que dans la vie, parfois, la solution, c'est d'être un enculé.
Si c'est pour éviter de faire du mal à ceux qui t'aiment...
-Oui, ça se tient. Enfin...
-Parce que la deuxième solution :
j'assume,
je reconnais le même, je le vois de temps en temps,
pension alimentaire...
C'est plus classieux, c'est d'accord.
Sauf qu'il y a un obstacle mammouth : Nanou.
-Sa femme.
-Si je lui dis ça,
elle me dépèce puis elle me quitte.
-Et pourtant, tu vas lui dire.
-Non, je peux pas lui faire ça.
-T'as pas le choix.
-Putain.
Allons boire un coup, vous m'avez tué.
Je le connais pas, ce gosse. Si ça se trouve, c'est un p'tit con.
-C'est pas possible. L'hérédité, ça joue.
-Sa mère, c'est pas Marie Curie.
Si je le voyais avant de me décider ?
- Ça, tu peux pas. - Pourquoi ?
-Pauvre gosse.
Tu le trouves sympa, il a un père, pas sympa, il en a pas.
-Je l'ai dans le fion, comme disait l'autre.
-Une pauvre petite glissade en 25 ans de mariage,
et bing, un mouflet. Pas de bol.
-C'est très rigolo. Ça m'aide beaucoup. Merci.
-Je t'en prie.
-Salut, Dédé.
- Salut, Dédé. - Salut, Dédé.
-Va falloir que je la joue fine, avec Nanou.
Si je lui annonce ça de but en blanc,
elle pourrait me balancer du 9e étage.
Il imite la chute.
...
C'est ça, marrez-vous.
Je sais ce que je vais faire.
Ce soir,
devant la télé, au moment où elle est détendue,
je prends ma tête de six pieds de long,
et là, je lui balance que j'ai une très, très mauvaise nouvelle.
Mais je lui dis pas ce que c'est.
Je laisse mariner.
Je fais monter la mayo.
Elle va croire que j'ai une tumeur au cerveau.
Après ça,
le coup du gamin surprise, ça va passer tout seul,
comme un suppo.
Je dois te dire quelque chose.
-Quoi ?
-Ça fait longtemps qu'on n'a pas fait l'amour sur ce canapé.
-Pas ce soir, j'ai aussi mal au ventre qu'hier.
-Vivement la ménopause !
- Salut. - T'as vu l'heure ?
-Oh !
- T'as le temps de prendre un café ? - Oui, bien sûr.
-Merci.
Prends pas mal ce que je vais te dire.
Un père n'a peur que d'une chose : qu'on fasse du mal à sa fille.
-Je ne veux pas lui faire du mal.
-Je parle pas du mal psychologique.
Ça, dès qu'on s'aime, on souffre, c'est inévitable.
Je parle du mal physique.
Dans un couple, on se dispute, et ça part,
une gifle, elle t'en met une, t'en remets deux.
Ça arrive tous les jours, dans tous les milieux.
-Il n'y a aucun risque, monsieur.
-Tant mieux.
Parce qu'il y a un truc qu'il faut que tu saches :
si un jour j'apprends qu'un garçon, toi ou un autre,
a levé la main sur ma fille,
juste une gifle, ça suffit,
je veux pas savoir qui a tort, qui a raison,
je vais chercher mon 9 mm dans la caisse,
et je lui colle deux balles dans la tête.
Je prendrai dix piges, j'en ai rien à foutre,
ma vie est derrière moi.
-Ça n'arrivera pas, monsieur.
-Alors, y aura pas de problème. Je suis un beau-père super cool.
-Notre voiture sera là dans 20 min.
-Ah ! Ben, j'aurai jamais fini.
Euh...
Si on y va en scooter, on gagne 30 min.
-Je suis pas vraiment habillée pour.
-Il vous manque que le casque. Ça vous ira très bien.
Si dans un cahot nos corps se frôlent,
ce sera pas du harcèlement sexuel.
Détendez-vous.
-Comme ça ?
-Ça, c'est mieux.
-Pendant les heures de travail, ça me paraît inapproprié.
-Allumeuse !
-On sera la 1re équipe des cités en Ligue 1.
Ce sera bourré : 40000 supporters.
-Nous aimerions ajouter une dimension
qui pourra convaincre la ministre.
Antoine, expliquez votre idée.
-On aimerait que tous les ouvriers de ce chantier
soient des jeunes du 94 qui n'ont jamais travaillé.
-Il va y avoir la queue au bureau d'embauche.
-Ça prend une bonne tournure, notre histoire.
Ça va se faire, je le sens.
-Ah oui.
Vous êtes mariée depuis longtemps ?
-Dix ans.
Et vous, toujours célibataire ?
-Toujours.
T'avais raison, notre histoire prend une bonne tournure.
-J'aurais jamais cru que ça arrive si vite.
-Ça, c'est l'effet scooter.
Mais bon.
Ça faisait quand même 3 mois que je te voyais tous les jours
et que j'avais envie de toi.
Comme tu es mariée, avec deux enfants,
je me retenais, mais…
-Depuis mon mariage, c'est la 1re fois que je fais ça.
-Je suis flatté.
-Et je me sens pas du tout coupable.
-Tant mieux. On pourra recommencer.
J'ai adoré.
- C'est vrai ? - Ben oui.
- Me raconte pas de salades. - C'est pas mon genre.
-Cédric m'a dit
ce que tu lui as raconté.
Tu te prends pour Tony Soprano ?
-Il t'a déjà quittée ?
-Non. Il t'a pris pour un barjot complet.
C'est vrai que t'as un flingue ?
-Mais non, c'était juste pour lui faire peur.
S'il sait qu'il a parfois la main qui part trop vite,
il te quittera avant que ça arrive, et c'est ça, l'important.
Il inventera une excuse, mais la vraie raison, ce sera ça.
-Ne dis pas ça. On veut se marier.
-Si tu l'emmènes à la mairie...
c'est que je me suis trompé, et j'en serai très content.
N'en doute pas.
-Tu viens dîner ?
Ça va ?
-Ça va pas du tout, non.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-J'ai appris une mauvaise nouvelle.
-Qu'y a-t-il ?
-Il m'arrive quelque chose d'épouvantable.
C'est difficile à dire.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Depuis une semaine,
j'arrivais pas à te le dire,
et j'y arrive toujours pas.
-Arrête, tu me fais flipper.
-Je sais pas par quoi commencer.
-Ça a à voir avec la santé ?
-Non.
-Ah, tu m'as fait peur.
Alors, qu'est-ce que c'est ?
-C'est mon assistante, Joëlle.
-Oui, je sais comment elle s'appelle.
-Elle m'a dit que je suis le père de son fils de 10 ans.
Je suis désolé.
-Je m'en fous, que tu sois désolé.
Donc, il y a 10 ans, tu baisais ton assistante.
-C'est arrivé... deux fois.
On va pas remuer le passé.
-Il est bien présent, le passé, un enfant de 10 ans !
Tu l'as déjà vu ?
-Jamais.
-Et tu vas faire quoi ?
-J'en sais rien.
Je voulais d'abord t'en parler.
Si tu veux que je l'ignore, je peux.
Mais si j'assume,
ça veut dire reconnaître l'enfant,
le voir de temps en temps et donner une pension à sa mère.
-Et la lourder.
-Ça va de soi.
Laisse-moi le dire à Charlotte quand elle rentrera.
-Et je peux savoir ce que t'appelles “le voir de temps en temps" ?
-Ça dépendra du feeling qu'on a tous les deux.
Au début, j'irai déjeuner avec lui, puis on verra bien.
-Et ensuite, tu le verras en week-end.
- Faudra bien que tu le connaisses. - Et il m'appellera tata !
Tu me prends vraiment pour une conne !
Ce gamin n'y est pour rien. Fais ce que t'as à faire.
Mais tu vas me le payer très cher.
-Farah.
Il est deux heures moins dix.
-J'y vais.
Tu voulais pas que ta fille ne derme plus avec toi ?
-Si, mais elle vient quand même. Qu'est-ce que je peux faire ?
-Tu vas pas l'attacher dans son lit, je sais.
On se connaît depuis 6 mois. Présente-la-moi.
-On s'est pas vus beaucoup, en 6 mois.
-On s'est vus quand t'as voulu qu'on se voie.
Et moi, comme une conne, je viens.
-Pourquoi "comme une conne" ?
Tu sais que je t'aime beaucoup.
-Merci.
-Je veux plus mentir, Farah.
Le couple, j'ai essayé, je suis nul.
Il n'y a rien à regretter.
Pour moi, notre histoire, c'est beaucoup.
-Pour moi aussi, c'est beaucoup.
Mais c'est pas assez.
-C'est très joli, chez vous. Ça sent le bonheur.
-J'aime beaucoup votre nouveau copain.
Il me vouvoie comme une dame. J'adore.
-T'y fie pas trop, Juliette.
Quand on est entre garçons, il est pire que nous.
L'autre jour, il nous a fait La Marseillaise en pétant.
-Personne ne le croit.
-Et toi, où est ton homme ?
-Il avait du boulot.
Il sent que vous l'aimez pas.
-Du tout.
-Pour vous, c'est le petit bâtard qui a piqué la femme de Jeff.
-Oh ! Ça fait une paye qu'on ne le voit plus, Jeff.
-Jeff, c'est l'ex-compagnon d'Elsa et ex-vieil ami à nous
qui est parti en Floride
quand cette méchante femme l'a abandonné.
-Sans votre fâcherie, il serait pas parti.
-Le culot ! Ça va être notre faute.
-On peut se fâcher avec un ami de 30 ans ?
-On s'est engueulés.
-Pour une connerie.
-L'amitié, c'est fragile, il faut faire gaffe.
Une femme peut hurler des horreurs, et après, tu lui fais un câlin,
mais avec un pote, c'est différent.
-Tu parles sans savoir.
Je ne lui hurle jamais d'horreurs. - Ça, c'est vrai.
-Moi, si, ça m'arrive.
*Richard Strauss : "Le Danube bleu".
...
*Musique rock.
...
-C'est rare, les réunions de famille où toutes les femmes sont belles.
-MERCI.
- T'as dit à Nanou que t'étais papa ? - C'est fait.
-Et alors ?
-C'est pas passé comme une lettre à la poste.
J'ai pris ma petite rouste. Mais c'est passé.
-Elle est gentille.
-Elle fait la gueule, mais ça va se tasser d'ici 10, 15 ans.
-Tu vas demander un test ADN à Joëlle ?
-Non. Elle va pas mentir sur un coup pareil.
-Moi, je demanderais.
-C'est délicat.
- Dans ce cas, c'est obligatoire. - Ah bon ?
-Je la connais pas aussi bien que toi,
mais elle a dû dérouler du câble.
-T'as raison. Des kilomètres.
-Il est bien élevé, ce Jean. C'est agréable.
-Et nous, on est des gorets ?
-T'es jaloux.
-Comment vous êtes devenus copains ?
-Dès qu'on s'est présentés, le courant est passé.
Je l'ai trouvé sympa, lui aussi, je pense,
on s'est habitués à manger ensemble.
On voyait pas le temps passer.
-On l'a eu à la bonne tout de suite.
-Avant même qu'il n'ait parlé.
-C'est super, d'avoir un nouveau pote.
Ça nous était pas arrivé depuis 30 ans.
-Oui. Il a beaucoup de charme.
-Nanou, calme-toi. Tu crois qu'on n'a pas vu ton petit manège ?
-Tu manques pas d'air.
Vous connaissez la meilleure de l'année ?
-C'est pas une bonne idée.
-Un enfant de 10 ans avec son assistante. Sympa.
Pourquoi je le quitte pas, cet enfoiré ?
-On quitte pas quelqu'un pour une connerie vieille de 10 ans.
-Ah, d'accord.
Antoine, on peut lui dire
qu'on a couché ensemble.
Ça fait 15 ans, il y a prescription.
-C'est pas vrai.
-Je te crois.
-Pourquoi tu mens ?
Ça s'est passé il y a longtemps, c'est pas grave.
En plus, on était bourrés.
Surtout toi.
-Arrête, s'il te plaît.
-Tu crois plus ton pote que ta femme ?
-Oui.
-Faut pas t'étonner d'être cocu.
-Les meilleures plaisanteries sont les plus courtes.
-C'est pas une plaisanterie du tout. Regarde comme il est mal.
-Je suis mal parce que c'est pas vrai.
-Moi, je crois Antoine.
-T'as eu les jetons.
-Ah, ah, ah.
C'est très drôle. J'ai mal aux côtes.
-T'es folle.
Hé !
Tu sais ?
Si Emmanuel avait fait ça, je l'aurais pas quitté.
- Voilà. - Voilà quoi ?
- Voilà rien. - Oui.
- J'espère que ça te va. - Bien sûr que ça me va.
-Ma femme est d'accord pour tout, comme je t'ai dit,
mais à une condition : elle veut plus qu'on travaille ensemble.
Et puis alors, pas moyen de négocier.
Je suis désolé.
Mais t'es pas à la rue. Je t'ai trouvé un truc.
-C'est pas la peine.
Moi aussi, j'ai pensé qu'il valait mieux que je parte.
J'ai trouvé un boulot. Je démarre en janvier.
-Alors, tout va bien.
Fais pas cette tête de misère.
-Ça fait 12 ans qu'on bosse ensemble. C'est normal que je sois triste.
-Moi aussi, je suis triste.
Surtout qu'on a passé de bons moments.
Difficile de trouver une assistante comme toi.
Tu noteras que je te fais confiance. Je te demande pas de test ADN.
-On peut.
Par Internet, on a les résultats en 3 jours.
-Je le verrai quand ?
-Mercredi.
-Oh, putain.
-Je lui ai encore parlé de rien.
Comment il va réagir ?
-Mieux que ma femme.
Il a un père, et le père, c'est moi.
C'est une bonne nouvelle.
On frappe à la porte.
Entrez.
-Bonjour.
-Bonjour.
-Alex.
C'est marrant, dis donc.
J'étais blond aussi, à ton âge.
-Je vous laisse.
-Tu viens le chercher quand ?
- Il prend le métro tout seul. - Ah bon ?
-Ça fait un an. Mes copains aussi.
-Pardon.
-À tout à l'heure.
-Vas-y, tiens, va t'asseoir.
Tu veux boire quelque chose ?
De l'eau ? Du Coca ? De la vodka ?
-De l'eau, merci.
-On a plein de choses à se raconter.
J'espère que t'es bavard. - Ça dépend.
-Faire la connaissance de son père à 10 ans,
c'est pas l'idéal.
-C'est mieux que jamais.
-T'as raison.
T'aimes le foot ?
-Oui, j'adore. Je joue en club, à Montreuil.
-Tu joues quel poste ?
-Avant-centre.
-Comme moi. Pareil.
-Et dans quel club tu jouais ?
-Je jouais à l'US Melun. CFA 1, CFA 2.
Une fois, on a passé 6 tours en Coupe de France.
-Pourquoi t'es pas devenu pro ?
-Je voulais être journaliste.
Puis il faut être lucide.
Pour les pros, j'étais un peu juste.
Je sais pas si tu sais,
mais j'ai une fille de 25 ans : Charlotte.
-Oui, ça, je sais.
-Là, elle est à Londres pour 2 ans. Elle fait une école de théâtre.
Mais de temps en temps, elle passe le week-end ici.
J'ai hâte que vous vous connaissiez. - Moi aussi.
-À propos...
les filles, ça t'intéresse ?
-Pas trop, non.
-Ah bon ?
C'est normal.
À ton âge, c'est normal.
-Toujours fiancé ?
*Il parle chinois.
*-Salut. - Salut.
Vous n'allez pas faire un petit Chinois ?
“Ça risque pas.
Elle prend la pilule et je mets des préservatifs.
-Allez, je dois m'y remettre. Je t'embrasse.
-Tu peux répondre à la DGO, s'il te plaît ?
-Je vous rappelle qu'ici, on est censés se vouvoyer.
-Ah, pardon, j'avais oublié. Vous me pardonnez, mon chéri ?
-Ne me provoque pas. J'ai envie de toi.
-Moi aussi.
-Tu as quel soutien-gorge, là ?
-Celui-là.
-Il est très joli. J'adore.
-Il se débrouille bien, Thomas, en cuisine.
C'était bien la peine d'aller faire son école américaine bidon.
-Il a appris l'anglais.
-Pour faire un bœuf en daube, l'anglais !
Emmanuel.
Si je mourais,
tu mettrais combien de temps avant de pouvoir en aimer une autre ?
-Quelle question à la con !
-Réponds.
-Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
15 jours, un mois, peut-être.
-Non, sans rigoler.
-Peut-être que je ne pourrai jamais en aimer une autre.
-Comme ça, ça me va.
*-Attention, on n'en met pas partout.
*-Je peux pas prendre Lola, ce week-end.
-Pourquoi ?
*-Parce qu'elle fait que pleurer. Pourquoi t'insistes ?
Je vais pas bien.
-Tu dois rester en contact avec elle.
*-Elle me déteste ! Tu lui dis des horreurs sur moi.
-Jamais. C'est toi qui fais ça.
*-Elle doit savoir qu'à cause de toi, je vais mal.
-Je vais raccrocher. J'en peux plus, tous les soirs.
*-Oui, c'est ça, coupe.
Zappe-moi, efface-moi.
Ça t'a pas suffi de m'abandonner dans cet appart pourri ?
-On échange, si tu veux.
*-T'es un monstre. Tu me dégoûtes !
On sonne à la porte.
Salut. - Salut.
-Tu m'as réveillée.
-Je suis désolé. Il est 13 h 30.
J'ai apporté à manger. Je peux ?
...
-Pourquoi t'es venu ?
-Pour parler...
Ça peut pas durer comme ça.
On a fait une petite fille magnifique, Marie.
C'est ce qu'on a fait de mieux de toute notre vie.
-Je sais pas comment y arriver.
Faut que je retourne travailler, que je parte d'ici...
Mais je...
J'ai pas la force.
-L'urgence, c'est que t'ailles mieux.
-Tu veux me faire interner, c'est ça ?
-Mais non.
C'est bientôt les vacances scolaires.
Tu pourrais partir au soleil avec Lola et avec ta sœur.
Je l'ai appelée, elle est d'accord.
Aux Antilles, en novembre, il fait beau.
-C'est ça, bien sûr.
Et avec quel argent ?
Je croyais que t'étais dans la merde à cause de moi.
-Au point où j'en suis,
10000, 15000 de découvert, c'est pareil.
-Si t'étais pas parti, t'aurais pas deux loyers à payer.
-C'est pas ça, le problème.
Je veux que tu aies de bons rapports avec Lola.
-Ah oui, c'est ça, bien sûr.
T'en as rien à foutre, de ma gueule.
Tu veux que j'aille mieux
parce que c'est pas bien pour ta fille, une mère qui assure pas.
-Pour notre fille.
-Je supporte pas
que tu ne m'aimes plus.
-Ça va, ça va, ça va.
*Melody Gardot : "Our Love is Easy".
...
- J'ai toujours envie de toi. - Moi aussi.
J'adore faire l'amour avec toi.
J'ai jamais ressenti ça.
-On a le temps d'un petit assaut façon Bill l'Éclair ?
-Même façon Marathon Man. La République attendra.
-Ça fait une heure qu'on est là à papoter...
T'as plus envie de moi ? - Non, c'est pas ça, non.
-Quoi ?
-Je me suis embarqué dans une relation un peu régulière.
-Ah, d'accord.
-C'est une femme mariée.
On se voit surtout au déjeuner.
-Du coup, le soir, t'as moins faim.
Bon. Elle fait des trucs que je fais pas ?
-Tu fais tout.
-Elle a des trucs que j'ai pas ?
-Quoi ?
-Des poils.
- Elle est pas épilée ? - À peine.
Je te l'ai jamais dit, mais j'aime quand c'est la jungle.
-Ah ! Beurk !
-Pendant 10000 ans, toutes les femmes avaient des poils.
Et tout le monde était content. - T'aimes pas ma houpette ?
-C'est pas ce que je préfère chez toi.
-T'es le premier mec que je rencontre qui aime les poils.
Quand j'étais toute rasée, les mecs, ça les rendait fous.
-C'est inquiétant.
Sans poils, un sexe de femme ressemble à un sexe de petite fille.
Si j'étais une femme, je me méfierais des mecs qui aiment pas les poils.
-Il faut se méfier de tous les mecs.
-Bonjour.
-Bonjour.
-Bonjour.
Il est top, mon fiston. J'ai hâte de vous le présenter.
-Ah ! Voilà la belle joggeuse.
-Elle est là une semaine sur deux.
Elle doit avoir un gosse en garde alternée.
-Faut y aller, les garçons. Elle est solo, c'est sûr.
Qui dit solo dit les crocs.
Marre de la mandoline, elle passerait bien à la trompette.
-Dépêchez-vous ou vous aurez que vos yeux pour pleurer.
-Alors, on pleurera.
-J'aime pas voir les amis pleurer.
Dans 2 min, elle est sur ton scooter.
Tu t'es bien lavé la nouille ?
-Ça va, on n'a pas 15 ans.
Bonjour.
Pardon de vous déranger,
mais depuis qu'on vous voit courir...
- "Courir", le mot est fort.
-En fait, on parle de vous,
on se pose des questions, on échafaude des hypothèses...
- Ça doit être passionnant. - Ça l'est.
Comme vous vous changez parfois ici,
on en a déduit que vous n'aviez
ni voiture ni scooter.
-En effet.
-Mon ami et moi, on a chacun un scooter.
On peut vous emmener où vous voulez.
Votre destination désignera l'heureux élu.
Vous allez où ? - Dans le 15e.
-Ah ! Alors, c'est moi
qui vais vous accompagner.
Je vais porte de Versailles, vous êtes sur mon chemin.
Mademoiselle !
-Bonjour.
Ne roulez pas trop vite. - Non, jamais.
-Vos bureaux sont dans le 15e ?
-Non, dans le 13e.
-Comment il t'a niqué !
-Il y a les amateurs et il y a les pros.
-C'était très agréable. Je n'ai pas eu peur du tout.
-Vous allez faire quoi, dans ce bel immeuble ?
-Travailler.
-Laissez-moi deviner.
"Expert fiscal", "dentiste", "pédiatre",
"avocat"... Pédiatre ?
-Bravo. Et vous, vous faites quoi ?
-Oh là ! Ça vous mettrait en retard.
Je vous raconterai la prochaine fois. On échange nos numéros ?
-Oui.
- Moi, c'est Jean. - Alice.
-Bon.
C'est encore moi. Il est minuit.
Qu'est-ce qui se passe ?
-Salut.
Ça va ? La journée a été bonne ?
-Ça va.
-Je meurs de faim.
-Pourquoi tu rentres si tard ?
T'étais où ?
-À l'hôtel.
Je me suis fait baiser pendant 4 h. Je suis déglinguée.
-Je te crois pas.
-Je savais que tu me croirais pas.
Tiens.
Je t'ai gardé ça.
Un.
Deux.
Trois.
J'ai bien reçu.
Je me suis fait un assistant qui me reluquait.
T'as raison, c'est pratique avec un collègue.
Comme ça, à midi,
je me fais tirer à l'hôtel.
Tu noteras que moi, j'utilise des capotes.
Ça évite les sales surprises.
Je les mets où ?
Tu veux les garder en souvenir, mon amour ?
Non, je les jette,
sinon, on saura vite plus où les mettre.
-Comment t'as pu faire ça ?
-J'ai écarté les jambes...
-Arrête !
-Tu comptes faire quoi ? Me foutre des coups ?
-Tu m'en fous bien des coups.
-Je suis une femme. Si tu me touches, j'appelle la police.
Maintenant, t'as juste le droit de fermer ta gueule.
...
-T'es pas comme d'habitude.
-J'ai un petit souci, mais rien de grave.
Parlons d'autre chose.
-Tu m'as manqué.
C'est la 1re fois qu'on reste un mois sans se voir.
-J'ai tenu un mois ?
Je suis fier de moi.
Mais j'en ai chié.
-Bien fait. Ça t'apprendra à me délaisser.
-Écoute, je vis cette situation de plus en plus mal.
Je me sens coupable vis-à-vis de ma femme,
vis-à-vis de toi...
J'ai même arrêté de voir mon psy.
-Tu voyais un psy, toi ?
-Depuis 5 ans.
5 ans de psy, de fidélité conjugale, et puis...
Et puis tu es arrivée.
-Je suis sûre qu'on serait très heureux si on vivait ensemble.
-Moi aussi, j'ai envie d'y croire.
Tu me rends fou.
-Alex aimerait qu'on aille à Cabourg, ce week-end.
Il a dû s'engueuler avec Nanou.
Il aimerait que tu viennes avec nous.
On part demain vers 15 h, on revient dimanche.
-Ma fille part en vacances avec sa mère,
donc je serai libre.
Le problème, c'est qu'à Cabourg, il y a un casino.
-On y va à chaque fois.
- Moi, ça me rend fou. - Ah bon ?
-Je vais vous faire honte, je deviens Iggy Pop.
-Il me tarde de voir ça.
Prends un costume noir et une chemise blanche.
-Y en a qui y vont en tongs et en bermuda.
-Une fois, on y était allés après un enterrement,
et on avait tous gagné.
Depuis, c'est costard noir et chemise blanche.
Sans la cravate.
-Si c'est une superstition, d'accord. Respect.
Faut pas plaisanter avec ces trucs-là.
-19.
-Sans façon.
-20.17.
-Oui, carte, et je double.
-Ah ! Tirer doubler à 17, c'est poilu.
-C'est idiot.
-Pas du tout, Manu. Il me faut as, 2, 3, 4.
Ça fait une chance sur 3,25.
Un risque raisonnable.
-Non, non.
Attendez, mademoiselle. Jeannot, tu joues trop perso, là.
Tu risques de nous faire perdre.
-J'aurais jamais cru que tu jouais petit bras.
Mademoiselle,
carte, s'il vous plaît.
-21.
À la banque...
12.
17.
-Il a la chagatte de platine.
Jean crie.
Il chantonne.
...
-Il a de quoi danser.
...
-Une petite place.
-Merci, les gars. Vous m'avez porté bonheur.
C'est la première fois que je prends autant.
-Y a au moins 4000.
-Bravo, Manu.
On voit que ça dégage du cash, la charcuterie.
Hé ! Merci les costards.
Ça marche, votre truc.
-Pas à tous les coups. C'est rare qu'on gagne tous.
-Moi, j'ai pris 50 euros.
-C'est mieux qu'un coup de poing.
-C'est quoi, le programme, maintenant ?
-Un verre dans leurs chambres,
une claque sur les couilles et au lit.
-C'est week-end à la pension Mimosa !
Je vous aurais cru plus guerriers.
-Ben oui. C'est comme ça.
On a chargé la mule, hein.
-Tu sais ce qui m'énerve chez toi, Tonio ?
C'est que quand t'es bourré,
on voit pas la différence avec quand t'es pas bourré.
Jean, lui, il a son sourire d'idiot, il clignote un peu des yeux...
On sent qu'il a 2,5 grammes.
-Il lève bien le coude, le Jeannot.
-Il est temps de lui apprendre "Gouine, ta grand-mère".
Ils chantent sur l'air de "Guantanamera".
-C'EST UNE GOUINE, TA GRAND-MÈRE
GOUINE, TA GRAND-MÈRE
C'EST UNE GOUINE, TA GRAND-MÈRE
-Je la connais.
-CHATTE DANS LE MIROIR
J'AI VU TA CHATTE DANS LE MIROIR
CHATTE DANS LE MIROIR
J'AI VU TA CHATTE DANS LE MIROIR
-Foune dans la flaque d'eau
-J'AI VU TA FOUNE DANS LA FLAQUE D'EAU
FOUNE DANS LA FLAQUE D'EAU
-Je tiens à vous dire que...
j'apprécie beaucoup votre compagnie.
Ça se voit que vous vous aimez vraiment, c'est agréable.
-Et toi, t'en as pas, des potes ?
-Moi, je suis fils unique. J'ai l'habitude d'être seul.
-Et à propos, c'en est où...
avec la petite joggeuse ?
-Elle est pédiatre.
Je dîne avec elle lundi.
-On l'appelle Speedy Gonzales.
-C'est vrai, elle me plaît beaucoup, mais…
Non, je vais y aller pied léger.
-Pourquoi ?
-Une femme pour faire de la route, moi, je veux plus.
Le couple, j'ai essayé plusieurs fois.
Je suis pas fidèle, je les rends pas heureuses...
Alors je me concentre sur ce que je sais faire :
bosser et être un père.
-Ça se tient.
-Et comment ça se fait que c'est toi qui as la garde de ta fille ?
-Après l'accouchement, sa mère a fait un baby blues sévère.
Moi, je bossais trop, j'étais fou de ma fille...
Elle a tout mal vécu.
Ça a été deux ans de cris, de larmes...
L'enfer, quoi.
Je supportais plus que ma fille grandisse dans cette ambiance,
je suis parti vivre ailleurs avec elle.
Évidemment, pour sa mère, ça n'a rien arrangé.
-Ah oui.
Oui, t'es dans du lourd, là.
-Oui, c'est vrai que c'est pas drôle.
Enfin, pour elle et pour la petite, parce que moi,
depuis que je vis seul avec elle, je suis le plus heureux des hommes.
...
-T'avais jamais marché comme ça, sur la plage, entre garçons ?
-Non, jamais.
-Il était temps que tu nous rencontres. T'allais manquer un truc.
-Ce qui est encore plus cool,
c'est quand on s'assoit dans le sable
pour regarder la mer. Là...
-C'est vrai que c'est pas mal.
-C'est le top.
-Je reviendrai avec ma fille. Elle va aimer.
-Pourquoi tu as voulu prendre un petit week-end entre garçons ?
-Ben oui, alors ? Qu'est-ce qui ne va pas ?
-Elle t'a fait bobo, Nanou ?
-Pour l'instant, c'est difficile à raconter.
Même à des potes.
J'ai dit "pour l'instant".
-Oh, putain. Elles ont morflé, les Spice Girls.
-Je suis étonné que tu ne m'aies pas refait ton coup des capotes.
Avec le recul, c'était rigolo.
Ça met du piment dans un couple.
C'est tout bénèf, finalement.
-Contente de ta réaction. Je le referai.
-Ça te fait pas bizarre, que je le prenne bien ?
-Peut-être parce que t'en as rien à foutre de moi.
-Oh ! Non.
C'est parce que je te connais bien et que je suis malin.
L'autre soir, après ton petit numéro,
j'ai traversé Paris en Vélib' pour me calmer.
-Pauvre chouchou, il était énervé.
-Oui.
Et ça m'est venu d'un coup.
"Bon sang, mais c'est bien sûr."
Quand je suis rentré, tu dormais.
Je suis allé dans la poubelle
récupérer les capotes.
Et qu'est-ce que j'ai fait ?
Je les ai filées à un labo.
Et alors là, tu devineras jamais.
Extraordinaire.
Pas la moindre trace de sperme. Que du yaourt à la vanille.
Du yaourt à la vanille dans les castagnettes,
c'est pas courant.
Gaulée, maman !
Dis donc, vilaine.
C'est pas joli, ton embrouille. Oui, oui.
C'est moche. C'est très moche.
Je te pardonne.
- T'exagères ! - C'est de bonne guerre.
Je demande même pas le divorce.
Y en a qui paieraient cher pour s'aimer comme on s'aime.
-En deux heures, je ne vous ai toujours pas trouvé un seul défaut.
-C'est normal, je n'en ai aucun.
-J'ai de la chance que vous n'ayez pas d'homme dans votre vie.
-Qui vous dit que je n'ai pas ?
-Si vous aviez, vous seriez pas là.
Vous n'auriez pas donné votre numéro ni accepté de monter en scooter.
-Et pourquoi pas ?
-Parce que vous n'êtes pas une femme volage.
- "Volage" ? Vous savez qu'on est au 21e siècle ?
-Y a des choses qui n'ont pas bougé, depuis Cro-Magnon.
-D'un sens, tant mieux.
-J'aime beaucoup quand vous riez.
On voit que vous êtes une belle personne.
-On pourrait se dire "tu", non ?
-Tu dois rentrer à quelle heure ?
-Comment ça se fait que tu as pu prendre ta soirée ?
-J'ai pu.
-Tu es en train de prendre une place importante dans ma vie.
- Tu dis ça comme un regret. - Non, pas du tout.
Je suis de mieux en mieux avec toi. Mais tu n'es pas libre.
-Toi, tu es libre ?
-Évidemment.
-Tu vois personne d'autre ?
-Plus maintenant.
Et puis j'ai franchement pas envie d'aller voir ailleurs.
-C'est plus la peine. Je prends la pilule.
-J'aurais jamais osé te le demander.
Ça change tout.
C'est bon, quand tu fais ça.
-J'aime quand tu me parles. Tu m'excites.
-Tu sais ce qui me bouleverse, quand tu fais l'amour ?
C'est que tu as l'air heureuse.
-Je le suis.
*-15000 emplois menacés ou condamnés.
Figurez-vous que la liste pourrait encore s'allonger.
D'après le quotidien,
Carrefour devrait présenter mercredi un plan de départ.
Au moins 600 postes seraient...
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Il faut que je te dise quelque chose.
C'est pas facile à dire.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-Cet après-midi, je suis allée à l'hôpital
chercher les résultats de la mammographie
que j'ai faite la semaine dernière.
-Pourquoi tu m'en as pas parlé ?
-Eh ben...
Parce que j'avais un mauvais pressentiment,
qui s'est vérifié.
J'ai le cancer du sein.
Heureusement, c'est pas à un stade avancé.
Ils m'opèrent dans quinze jours.
-Qu'est-ce que tu me racontes ?
-Je sais.
C'est rien.
C'est rien. C'est juste la vie, mon chéri.
-Je suis là, hein.
T'en fais pas.
Je suis là.
Elle rit.
...
-Oh là là !
Oh, mes aïeux !
Waouh, chéri.
Eh ben, dis donc !
Si j'avais su que ça te mettait dans cet état,
j'aurais eu le cancer plus tôt.
-Ne dis pas ça, putain.
-T'as si peur que je meure
que tu me fais l'amour comme si c'était la dernière fois.
-J'ai pas peur que tu meures.
-De toute façon, je vais pas vous lâcher comme ça.
-Je suis tellement bien avec toi.
C'est dur, de te quitter en pleine nuit.
-J'ai beaucoup aimé cette 1re soirée.
-Oui, moi aussi.
Il faut que j'y aille.
Le taxi doit m'attendre.
...
-Votre topo sur Créteil
était admirable. Vraiment.
- Merci. - Bravo.
-J'aurais jamais cru que ce boulot me plairait autant.
Dire que quand ce sera terminé, je vais me retrouver en survêt...
-Ah non, ça, c'est fini.
Après un certain âge, le survêtement est interdit pour les fonctionnaires.
Au pire, tu te retrouveras inspecteur.
-Ce sera moins rigolo, mais OK.
S'il le faut... Son téléphone sonne.
-C'est Duhamel. Excusez-moi.
Oui, trois secondes...
-Tu veux que je t'apprenne une statistique ?
-Oui.
-58 % des couples se sont connus sur leur lieu de travail.
-Pourquoi tu me dis ça ? Jean l'imite.
T'as jamais remarqué ? J'ai un organe ici qui s'appelle un œil.
Et de l'autre côté, c'est bien fichu, y a un autre œil.
Et grâce à ce système ingénieux, figure-toi que je vois.
Je vois qu'Estelle te regarde comme si t'étais son prince charmant.
Et à chaque fois qu'elle est là,
tes plus bas instincts remontent à la surface.
T'as envie de la coller au mur.
-Je pensais pas que ça se voyait.
-C'en est indécent, non, je te jure.
Retiens-toi, quand elle arrive. La moquette est neuve.
-Je ferai ce que je peux.
-C'est une petite tumeur, à peine une noisette.
On va vous enlever ça en 30 ou 40 min.
Vous arrivez ici le mardi,
on vous opère mercredi matin,
trois jours d'examens, et le samedi, vous êtes chez vous.
Là, vous vous reposez pendant une petite semaine,
et on commence la radiothérapie.
5 minutes par jour, 5 jours par semaine,
pendant 5 semaines.
Si vous réagissez bien,
on pourra éviter de passer parla chimiothérapie.
...
-On a appris une mauvaise nouvelle.
Juliette 3 le cancer.
C'est soi-disant un petit cancer du sein, détecté à temps.
Toujours est-il qu'on l'opère dans 10 jours.
Il paraît qu'il y a 85 % de guérisons.
Mais bon.
On a tous quelqu'un qui est mort de cette saloperie.
Ça n'arrête pas, putain.
Mon père, la mère de mes grands, ta mère...
On connaît le parcours.
La radio, la chimio...
Tu crois que t'en es sorti, et t'en sors jamais.
C'est toujours lui qui finit par te niquer pour de bon.
-Et Juliette ? Comment elle encaisse ça ?
-Elle est droite comme un i.
Elle dit que c'est grâce à ses méditations.
Je m'en veux de l'avoir fait chier avec ça.
Elle s'effondre à cause d'un steak trop cuit,
et tu lui annonces qu'elle a le cancer, elle te dit :
"C'est rien, Manu. C'est juste la vie."
C'est moi qui chiale et c'est elle qui me console.
Excusez-moi.
...
-On va aller s'asseoir là.
Elle est bonne ? - Oui.
-Je suis heureux que vous ayez aimé ces vacances.
-Il faut que je te dise un secret.
Maman m'a dit de ne pas te le dire.
-Il faut pas le dire, alors.
-Mais j'ai envie.
-Dis-le, alors.
-À l'hôtel, j'ai dormi tous les soirs avec maman.
Elle aussi, elle voulait.
T'es pas en colère ?
-Non, c'est pas grave. C'était les vacances.
-Quand on partira tous les deux, je pourrai dormir avec toi ?
-À condition que tu perdes l'habitude de venir dans mon lit à la maison.
-Promis.
-On répète en mars, avril, et on joue jusqu'en septembre.
-Tu seras pas avec nous cet été, à Lourmarin.
-Ben non.
-J'ai quelque chose à te dire,
mais… c'est pas facile.
-C'est quoi ?
-Je sais pas comment te dire.
-C'est ta santé ?
-Non.
-Tu m'as fait peur.
C'est quoi, alors ?
-Comme tu le sais, j'ai fait des bêtises.
-Disons ça.
-Mon assistante, Joëlle...
-Je sais comment elle s'appelle.
-...m'a annoncé que j'étais le père de son fils.
Voilà.
Il a 10 ans.
Tu as un frère. Un demi-frère.
Il s'appelle Léo.
-Maman sait ?
-Oui.
-Tu lui auras rien épargné.
-Elle a très bien réagi.
Elle est d'accord pour que je le reconnaisse.
Mais avant de le faire, je voulais t'en parler.
Et puis que tu le rencontres.
Tu vas voir, c'est un même très attachant.
D'ailleurs, je lui ai demandé de passer.
-Là, maintenant ?
-Tiens, le voilà.
Hé...
Charlotte, Léo.
Assieds-toi.
-Ça me fait drôle.
-Moi, je t'avais déjà vue en photo. Papa m'en a montré plein.
-T'as des frères et sœurs ?
-Non. J'ai que toi.
-Mercredi, Juliette se fait opérer à 9 h.
Je repasserai pas l'après-midi.
J'aimerais que tu assures la fermeture.
-Oui, pas de problème.
C'est qu'une petite opération.
-C'est pas que pour ça, pardon.
Cédric m'a larguée.
Pour une autre, soi-disant.
Il a pas voulu me dire qui. Ça m'emmerde que t'aies eu raison.
-J'aurais préféré me tromper.
-Dorénavant, elle te présentera ses mecs avant de coucher avec.
-Très malin !
-Une femme te demande. "C'est personnel", elle dit.
-Madame Cavailhès.
Depuis le temps...
Allons boire un café.
On a des choses à se raconter.
...
-Tu m'as tellement manqué.
-Toi aussi.
-Comment 3 été ta vie pendant ces 6 ans ?
-Normale.
Des hauts, des bas...
J'ai eu une fille.
Et toi ?
-J'ai eu des bas, surtout.
Ça fait un an que j'ai quitté Francis.
Ça s'est pas bien passé.
Je suis venue à Paris en septembre avec les enfants.
J'ai repris une boutique dans le 11e.
J'ai jamais arrêté de penser à toi.
De penser au jour où je te reverrai... libre.
Ça a pris du temps.
-Moi, je suis pas libre.
J'ai six ans de plus.
Six ans de vie en plus avec elle...
et un enfant de plus.
À l'époque,
j'aurais sûrement pu tout quitter pour toi.
Aujourd'hui, je peux pas.
Je peux plus.
-Je comprends.
...
-Bonjour !
Je suis contente de vous avoir tout à moi pendant 5 jours.
-Manu emmène Juliette à l'hosto cet après-midi.
Ils l'opèrent demain matin.
- Ça me fout les jetons. - C'est une opération bénigne.
-Je parle pour moi.
Si ça se trouve, je l'ai, et je le découvrirai trop tard.
-T'as qu'à faire un check-up.
-Je préfère pas savoir.
-Moi, j'en ai fait un il y a 6 mois.
-Avec ce que tu fumes ? T'es courageux.
-J'ai des poumons de bébé.
Le toubib m'a même dit : "Prenez pas ça pour un encouragement."
-Ce serait bien d'être avec Manu, ce soir.
-T'as raison.
- Avec ta fille, tu pourras ? - Ce soir, je l'ai pas.
Sa mère la prend du mardi soir au jeudi matin.
-Ça s'arrange, alors.
Un jour, ce sera : "Je veux habiter avec maman."
-Installez-vous, je reviens.
-Oh ! Dites-moi.
On aimerait bien pouvoir se faire un petit baiser demain matin.
-S'il est là quand on vient vous chercher, pas de problème.
-Je dois venir à quelle heure ?
-9 h, pas plus tard. À demain, alors.
-Je suis contente que tu sois pas tout seul, ce soir.
-Moi aussi. Ils sont sympas de venir.
-Ça va y aller, le jaja.
-Félicitations, Manu. Ta blanquette est un chef-d'œuvre.
-Je te remercie.
-Un grand classique.
-Dis donc...
t'en es où, avec ta joggeuse ?
-Je te remercie. Jusqu'ici, tout va bien.
C'est Antoine qui a du nouveau.
Il a une nouvelle conquête.
-QUELLE CONQUÊTE ?
-Il nous dit plus rien.
- Allez. - Allez, Pépito.
Raconte a tes petits camarades.
-Elle s'appelle Estelle,
elle a 40 ans...
On travaille ensemble.
-Il a le vent dans le dos ! Rien ne lui résiste.
Regarde-le.
-Et la créature a fait l'ENA.
-Il se mouche pas avec les doigts du pied !
-Mais il y a un souci : elle a un mari et deux enfants.
-Et alors ?
Les femmes modernes, elles divorcent.
Pour ça, il faut qu'elles soient 1 : amoureuses d'un autre,
et 2 : malheureuses avec leur mari.
-C'est vrai, ça.
Moi, j'ai eu une grande histoire avec une femme mariée.
Eh ben, t'as raison.
Elle était pas malheureuse avec son mari, elle est restée avec lui.
Et toi, ta Jeanne...
Elle atout plaqué
en 3 jours parce qu'elle était avec un con.
-Donc la question est :
Estelle est-elle malheureuse avec son mari ?
-Je sais pas... J'espère.
Non, mais avec elle, je découvre un truc qui me surprend
et qui me ravit.
-Tu aimes qu'on te suce la bite.
-Bon. Écoute... oui.
Non, je découvre que je suis capable d'être vraiment bien avec quelqu'un
sans être fou d'amour.
Parce que c'est une belle personne, parce qu'on s'entend à merveille
et parce qu'on adore faire l'amour.
On n'arrête pas.
Plus on le fait, plus on aime le faire.
-Pour moi, tu présentes tous les symptômes de l'amour.
-Ça n'a rien à voir avec ce que j'ai connu.
Je suis pas jaloux,
je profite des moments sans lui prendre la tête...
-Ça, ça prouve juste que t'es devenu moins con.
-Ah ! Ça, ça serait une bonne nouvelle.
-Dis-moi, je voulais te demander un truc.
Maintenant qu'on est intimes, je peux me permettre.
Rassure-moi...
Elle est pas rasée ?
-C'est important.
-Tu ne sauras rien.
- ALLEZ ! - Ben non, enfin.
-Fais pas ta sucrée, dis-le.
-Toi, tu ne dis jamais rien sur Nanou.
-C'est ma femme.
-On peut aussi respecter les femmes qu'on a pas épousées.
-Non, non, Tonio. Tonio.
On est entre amis.
Tu peux nous dire qu'elle a une grosse touffe et la respecter.
-Justement. Arrêtez.
-Je sais pas ce que vous en pensez,
mais moi, je supporte pas les pubis tout lisses.
Ça devrait être passible de prison ferme.
-Tu as devant toi le président-fondateur,
son suppléant, le secrétaire général
du Club des fous de la touffe !
-Allez.
- C'est moi qui porte tout. - Non. On est en soutien.
-Je suis une merde.
-T'as un petit coup de mou. Ça arrive même aux meilleurs, Manu.
- Mais j'aurais pu monter tout seul. - Bien sûr.
Au lit.
-Je vous ai même pas montré vos chambres.
-T'inquiète pas, on va se démerder.
-C'est juste une petite sieste. Il est 4 h 10.
-Vous déconnez pas, les gars.
Vous me réveillez à 7 h 45, parce que j'entendrai pas le réveil.
-Surtout que tu l'as pas mis.
Dors bien.
-Fais de beaux rêves, mon chou.
-Attendez, attendez, attendez.
Je vais pas pouvoir dormir.
-Mais si, si, si.
Si, tu vas dormir, on va éteindre la lumière.
-Et là, je vais voir ma Juliette sous son drap blanc
qui part à l'abattoir.
-Tu veux qu'on te raconte une histoire ?
-Comment ça ?
-Ben, comme on fait avec les enfants.
Ça marche peut-être aussi avec les adultes.
Les gens se bourrent de saloperies pour dormir,
il suffirait peut-être qu'on leur raconte une histoire.
Où est la chambre de ta fille ? - La première, à gauche.
-T'inquiète pas, Manu. Ça va bien se passer.
C'est une opération courante... - Ça tourne !
-Tu veux qu'on t'apporte une bassine ?
-Non.
Si j'ai une bassine, je vais vomir,
sinon, je vais me retenir.
-C'est risqué, comme stratégie.
-Écoute bien l'histoire.
Ferme tes yeux.
-Il y a du sexe ?
-Ah oui, c'est bouillant.
“Il était une fois
"une reine qui brodait près de sa fenêtre."
-Je la connais.
"La reine se pique, le sang perle et elle fait un vœu."
-On t'a dit d'écouter alors écoute.
-"Elle fit un vœu.
"Je voudrais avoir une fille
"dont la peau soit aussi blanche que la neige..."
-Je mets les rillettes ?
-Mets tout. Il peut manger un sanglier, au réveil.
-3, 4.
-RÉVEILLE-TOI MANU, MON PETIT FRÈRE
RÉVEILLE-TOI T'AURAS DU GÂTEAU
RÉVEILLE-TOI MANU, MON PETIT FRÈRE
RÉVEILLE-TOI T'AURAS DU LOLO
RÉVEILLE-TOI MANU, MON PETIT FRÈRE
RÉVEILLE-TOI T'AURAS DU GIGOT
- Ben voilà. - Merci, les gars.
C'est sympa, comme réveil.
Vous pouvez venir tous les matins ? - Sans problème.
- Putain, j'ai faim. - C'était prévu.
*Radio.
...
*-Il y a du monde sur le périph.
De la Chapelle à la Muette, ça n'avance pas.
*Birdy : "People Help the People".
...
-Je peux pas finir sur du salé.
J'ai la trouille. Putain, ça fait chier.
...
-Ayez confiance.
Revenez vers midi.
Tout se passera bien.
-T'es beau, t'es beau.
...
-Bonjour.
-Un Marlboro light et un briquet.
- Quelle couleur ? - Je m'en fous.
Combien ? - 8,60.
-Quoi ?
-6,60 pour les cigarettes et 2 € pour le briquet.
-6,60 ! On est en plein délire.
-Ça fait longtemps que vous fumez plus.
Vous êtes sûr d'avoir bien réfléchi ?
-C'est pas vous qui allez me casser les couilles parce que je fume.
-Je dis ça, je dis rien.
- Tu fais une connerie. - Tu vas en reprendre pour 10 ans.
-Y a un type au bord du gouffre, toi, tu le pousses.
-Comme ça, on sera deux.
-Et voilà.
La dame aux camélias, le retour.
L'homme est faible.
-L'homme, il te dit merde.
-Tiens, file-m'en une.
Une. C'est pour soutenir Manu.
-Merci, vieux, ça me touche.
Ça, c'est un pote.
-J'adore quand tu m'emmènes dans un grand restaurant.
-Ça te rend si heureuse, je devrais le faire plus souvent.
Je vais le faire plus souvent.
-Chiche.
Les filles aiment avoir l'occasion de mettre une belle robe.
-On est là pour fêter cette première victoire
sur cette maladie...
mais pas seulement.
-Ah oui ? Quoi d'autre ?
-Eh bien...
Après l'opération,
ton toubib, en parlant de toi, il a dit :
"Votre femme."
Et j'ai trouvé que l'expression était juste.
Je vais pas me mettre à genoux, on n'est pas dans un film américain,
mais j'ai envie que tu sois ma femme pour de vrai.
J'aimerais qu'on se marie.
Tu veux ?
-Oui, je veux.
-Tu es malheureuse avec ton mari ?
-Pourquoi tu me demandes ça ?
-Pour savoir.
-Alors oui, puisque j'ai envie d'être avec toi.
-Je voulais dire "avant moi".
-En tout cas, j'étais pas heureuse.
À notre première nuit.
- Alice. - Hein ?
-Il est 2 h, je suis désolé.
-J'en ai marre qu'on se quitte en pleine nuit.
-Oui. Moi aussi.
Mais ma fille vient dormir avec moi. Je peux pas l'attacher dans son lit.
-Je crois plutôt que t'as pas envie que je derme ici.
T'as peur que je m'incruste ?
-Non.
Je veux pas que ma fille découvre une inconnue dans mon lit.
-Mais moi, je trouve ça glauque, de rentrer maintenant.
-Un jour, on se présentera nos filles,
mais pour Lola, c'est trop tôt.
Sa mère commence juste à aller mieux.
Je peux pas lui annoncer maintenant que j'ai une camarade.
- "Une camarade" ? Ah, j'adore !
-Non… Une fiancée, si tu préfères.
Ce week-end, Lola est chez sa mère.
On pourrait partir quelque part. - Ce week-end, j'ai ma fille.
-Comment il s'appelle ?
- Tu le vois souvent ? - Le mercredi.
Tant que ma femme veut pas le connaître,
je peux difficilement faire plus.
-Il faudra la bousculer un peu, mais elle y viendra.
Ta vie sans moi se remplit de plus en plus.
-Tu es toujours là.
-Plus ça dure, plus je suis frustrée qu'on se voie si peu.
-Ça fait partie du plaisir.
-Non, plus pour moi.
J'espère que j'aurai vite la force de te quitter et de me venger.
-Elle est bonne, celle-là. Tu me quittes et tu te venges ?
-Oui.
-Arrête…
...
-On s'arrête pour regarder le paysage ?
-À notre rythme, on peut regarder le paysage.
-Moi, si je m'arrête, il faut me sortir en hélico.
-Hé… On n'est pas comme des petites cailles, ici ?
Les potos, on bouge ?
Ça fait deux jours qu'on est collés ici.
- Tu veux aller où ? - Faire les jeunes hommes.
Une vie de garçon s'enterre pas entre mecs.
Il faut du jambon.
-Du jambon ? Je croyais que ça t'intéressait plus.
-Excuse-moi d'être vivant.
-T'as raison. C'est le soir ou jamais.
-Toutes les meufs seront sur nous. On va marcher sur les corps.
Vous allez croquer. - Toi, t'es hors jeu ?
-Non. Je suis sur le banc de touche,
je mets mon expérience au service de l'équipe.
-Merci.
-Waouh ! Elle a morflé, Madonna, là.
*Hard rock.
...
-Quand on voit des pères de famille, chefs d'entreprise
qui perdent le contrôle comme ça, ça fait peur.
-Ils sont totalement sous contrôle.
Ils font juste ça pour nous faire marrer.
-Tu touches du doigt une de mes limites.
Je suis incapable de me ridiculiser pour vous amuser.
J'en suis pas fier.
Tu pourrais, toi ?
-Fastoche.
Y a qu'à demander.
...
-Emmanuel Flavien Bossert,
consentez-vous à prendre pour épouse
Juliette Marie Ernestine Lezinska ici présente ?
-Oui.
Mademoiselle Juliette Marie Ernestine Lezinska,
consentez-vous à prendre pour époux
M. Emmanuel Flavien Bossert ici présent ?
-Oh oui !
-Bravo !
Pour les mariés, hip, hip... - HOURRA !
-Carton rouge !
-Où est la défense ?
Antoine !
-Je vous aime !
-Mais dis donc, toi.
J'ai appris la nouvelle.
Est-elle bonne ou mauvaise ?
-Bonne. Très bonne.
-Après avoir jeté notre ex-vieux camarade pour un gamin,
elle vient de plaquer le gamin pour...?
-La liberté.
Je veux plus être une femme soumise.
- "Une femme soumise" ? Tu parles.
Le Jeff, elle le pliait, pif, paf,
et hop, ping, ping.
-Dans nos contrées, la femme soumise est en voie de disparition,
et moi, je m'en félicite.
-Oh, le fayot !
-Elsa, tu sais ce qui va te manquer ?
De ne plus rendre un homme heureux.
-Je serais plus heureuse en les rendant malheureux.
-Ça va être une boucherie, ça.
-Allez, viens.
Non, sans déconner, c'est dégueulasse.
Y a des hôtels pour ça. - Il parle en connaisseur.
-C'est vrai que je suis pas un mari parfait.
-Tu crois ? Non.
-Mais malgré tout, après tout,
si tu es toujours là, c'est que tu es heureuse, non ?
-Non.
Si je suis toujours là, c'est parce que je suis amoureuse.
-C'est ballet qu'on ne puisse pas se remarier.
On s'aime encore plus qu'il y a 25 ans.
-Ma chère Elsa, tout le monde nous regarde.
J'espère que vous en avez conscience.
Ne vous jetez pas sur ma bouche, ça m'embarrasserait.
-C'était pas dans mes intentions.
-Très bien. Vous m'enlevez un poids.
Maintenant que vous le dites, ça serait assez amusant,
d'entamer mon parcours de chasseresse par votre dépouille.
-Aucune chance.
Je suis totalement hermétique
à votre charme un peu... agressif.
-Un jour, tu me demanderas pardon à genoux pour ce mensonge.
-Tu te rappelles du premier soir, quand je t'ai dit
que j'avais jamais rencontré un mec aussi gentil que toi ?
Eh ben, c'est toujours vrai.
-Depuis moi, t'as pas rencontré grand monde.
-Que tu crois !
-Ce mariage me donne envie de me marier.
Dommage que tu aies déjà un mari.
-J'ai plus de mari, Antoine.
-Comment ça ?
-On a divorcé la semaine dernière.
-Mais on ne divorce pas comme ça. Je comprends pas.
-Ben, je lui ai dit que j'étais amoureuse de toi,
que je voulais qu'on divorce.
Ça n'allait plus, de toute façon.
Tu te rappelles la première fois qu'on a dormi ensemble ?
J'étais plus avec lui.
-Mais pourquoi tu m'as rien dit ?
-Ben, j'avais peur de te faire peur.
De tout casser.
-Mais tu me fais pas peur.
*Musique slow.
...
...
- Ça fait du bien, hein ? - Oh oui.
-C'est bon.
-Après nos soirées dansantes,
ils demandent grâce, nos petits mollets.
-Petits, vos mollets, non ?
-Pas sûr qu'on puisse appeler ça des mollets.
-Ils sont pas gros, mais chaque gramme est efficace,
comme des élastiques. Tchac !
-T'es heureux, Manu ?
-Comme un jeune homme.
Se remarier à 58 balais, c'est super.
Comme la vie qui repart.
Je suis le 1er à me remarier mais je pense pas être le dernier.
-Ça risque pas d'être moi.
-Je suis pas à l'abri d'un coup de folie.
-On est jamais à l'abri d'un coup de folie.
-On est jamais à l'abri de rien.
Sous-titrage : Eclair Group
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