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[musique intrigante]
[grand-mère] Vendredi, l'ouvrier est passé.
Tu sais, celui qui devait réparer la porte.
Il voulait réparer le trou que tu as fait dans le mur de ta chambre.
Mais j'ai refusé.
Non. Parce que ça me rappelle les débuts.
Quand tu es arrivée.
C'était pas facile, hein, mon petit crapaud ?
C'était pas facile, je sais.
Heureusement, tu avais tes cours de kung-fu ful.
Je l'ai croisé en ville.
Il m'a demandé de tes nouvelles, mais...
Moi, j'ai pensé... "Quel culot !"
C'est à cause de lui que tu es partie.
[musique douce]
[musique inquiétante]
[musique intrigante]
["Machine" de Lily Oakes]
[sonnette]
[sonnette]
[grognements]
- [sonnette insistante] - [gémissements]
- [sonnette insistante] - Oh...
[sonnette]
- [sonnette] - Ouais ?
[JP] Toc, toc, toc, je sais que t'es là.
Putain, JP, il est 7 heures.
- [JP] Je monte ? J'ai le petit-déj. - Non.
[sonnette]
[elle grogne]
Ouais, ça va, monte.
[soupir]
Ça en jette.
[JP] Oh, putain ! Ah ouais.
Petit-déj des champions.
- Qu'est-ce que tu veux ? - [JP] Oh.
Je viens discuter avant d'aller taffer.
De ce qui s'est passé à la compta hier, par exemple.
Tu veux du sucre dans ton café ? J'ai que du Nes.
Tu les as bien arrangés.
[JP] Michelle, elle est remontée.
Je veux dire, plus que d'habitude.
Elle a même lancé la grève.
Attends, mais...
Si vous faites grève, je suis plus payée.
Eh ben...
fallait y penser avant de leur rentrer dedans.
Putain, fait chier.
[JP] Ah bah...
Tu les as empêchés de partir avec les bons de commande.
Ah, ah.
JP.
Faut me promettre d'en parler à personne.
Je suis pas de la police.
Moi non plus.
Je vais pas te raconter ma vie.
Je suis juste là pour aider.
Hé, ça va, ça va.
C'est juste une béquille, ça.
Ça m'aide à oublier certains trucs.
Ah ?
Une béquille.
Je vois plutôt ça comme une enclume, moi.
Tu sais, y a quelqu'un qui m'a aidé.
Karl.
Pas Lagerfeld.
C'est ça, fous-toi de ma gueule.
"Du passé, faisons table rase." Ça te parle ?
Oui, bon... Mets-toi en tenue.
On va être en retard.
J'y vais pas.
Pas si je suis pas payée.
Mais si, tu leur expliqueras ça.
Ce matin, y a une AG.
Une A quoi ?
Oh, putain...
Bon allez, vas-y, en route.
[musique intrigante]
- [JP] Allez ! - Ça va, j'arrive !
[JP] Allez, du rythme !
Tu te traînes, là. Allez !
[la musique continue]
- Oh là là, allez ! - Gnagnagna, ça va !
[musique intrigante]
- Qu'est-ce que tu regardes ? - Rien.
Vas-y, magne-toi !
Pour une fois qu'il se passe quelque chose.
[musique douce]
- [on frappe] - [Stéphanie] M. Kwandaï ?
[en anglais] Entrez.
[Stéphanie] Bonjour.
Excusez-moi, c'est le thé que vous aviez demandé.
Je suis désolée... je suis entrée, la porte était ouverte.
[en anglais] Vous parlez anglais ?
[en anglais] C'est le thé au jasmin que j'ai commandé ?
[en anglais] Oui.
[en anglais] Mais...
Juste un peu.
Euh... Attention, c'est...
"really chaud".
[en anglais] Le thé doit infuser dans de l'eau chaude,
pas bouillante.
Wait.
[il parle en coréen]
[traducteur] Écoutez l'eau frémir.
Préparez votre bouillote en tenant compte de l'environnement.
Et vous connaîtrez les pensées qui surgissent au plus profond de vous.
[bip]
Euh...
Je dois y aller, M. Kwandaï.
OK.
Hésitez pas...
if you need quoi que ce soit.
OK.
[M. Kwandaï] Merci.
- Comme ça. - Trop haut ?
- C'est bien ? - Oui, c'est au niveau.
Penche-la.
[homme] Les autres affiches sont où ?
Tu vas les chercher ?
[ouvrier] Je remettrais de la peinture pour que ce soit visible.
- [JP] Salut ! - [tous] Salut.
Tu leur dis pas bonjour ?
Oh !
- [sifflement d'un haut-parleur] - [Yves] Pardon. Excusez-moi.
Continuez à parler, on attend encore du monde.
On va commencer quand même.
Tout le monde n'est pas là, mais on va commencer.
Merci à tous d'être là.
Il me tenait à cœur d'ouvrir le débat avec vous
- pour trouver une issue favorable... - [Michelle] On veut notre pognon.
[acclamations]
[Yves] S'il vous plaît.
On peut encore trouver un repreneur.
J'ai des contacts.
La grève, ça condamne tout le monde.
Arrête, Yves !
- [Michelle] On est condamnés. - [Leïla] Si je les avais pas empêchés,
les commandes seraient parties en Pologne.
[Michelle] Réfléchissez.
À part la grève, on a quoi comme levier pour négocier ?
[Stéphane] Négocier avec Kwandaï ?
- Des culs dans un champ de bites. - [rires]
[Yves] Écoutez, si nous sommes contraints de fermer l'usine,
vous serez tous replacés.
[huées]
[Michelle] Replacés ?
Replacés à Pôle Emploi, oui.
C'est nous qui avons tout à perdre.
Oui, tout à perdre !
Les prolétaires n'ont à perdre que leurs chaînes.
T'as un truc à dire ?
Ouais.
Le patronat, les syndicats nous font croire qu'on a besoin d'eux.
Mais c'est l'inverse !
Exactement.
Arrêtons d'écouter les délégués syndicaux.
- Cette usine, elle est à nous. - [huées et approbations]
L'usine est à nous !
[applaudissements]
Nous, les ouvriers.
Alors profitons de ce moment pour en devenir les patrons.
[tous] Ouais !
Vas-y, continue à faire ta politique de bourgeois.
- Nous, on fait la grève. - [acclamations]
[en chœur] Nous, on fait grève !
Nous, on fait grève ! Nous, on fait grève !
[Yves] La grève n'est pas la solution.
[en chœur] Nous, on fait grève ! Nous, on fait grève !
Nous, on fait grève ! Nous, on fait grève !
Laisse tomber, c'est plié pour ma paie.
[en chœur] Nous, on fait grève ! Nous, on fait grève !
Putain.
[tonalité]
[tonalité]
Allô ? Oui, chérie, c'est moi. Ça va ?
Écoute, c'est compliqué, ici.
Je suis pas sûr de vous rejoindre pour le weekend.
Je suis désolé.
Je continue d'essayer de trouver un repreneur.
Oui.
Tu sais si Bertin est en ville ? Il me rappelle jamais.
Ouais, essaie de passer par sa femme.
OK, tu me dis.
Je dois appeler Villardier.
Bien. Je t'embrasse.
[musique intrigante]
[détonation]
Je t'avais dit de pas revenir.
J'ai vu la banderole. J'avais besoin de vous parler.
Cette occasion, tu l'as laissé passer il y a longtemps.
À ton arrivée, tu étais comme un chiot. Perdu dans la rivière.
Tu étais très en colère.
Tu te souviens de ma 1re leçon ?
On n'utilise pas le kung-fu pour se défendre,
mais pour défendre les autres. C'est ce que j'ai fait.
En le mettant au service de l'armée.
J'étais naïve.
Tu as fui tes responsabilités.
- L'armée m'a formée. - Déformée !
Qu'est-ce qu'il te reste dans le cœur ?
[il rit]
Je vois.
T'es pas venue pour parler. Tu es venue pour combattre.
Je me bats pas contre un aveugle.
[il rit] L'aveugle, c'est celui qui a peur.
Tiens.
[musique intrigante]
[cri]
[musique martiale]
Tu réfléchis plus. T'as passé trop de temps là-bas.
Tu sens l'alcool.
Ça brûle tes repères.
[elle soupire]
On est obligés de parler ?
L'oiseau qui chante plus ne trouve pas son nid.
L'armée t'a appris à te taire.
Ils ont affaibli ton esprit.
[cri]
Et ton corps aussi.
Maintenant, tu confonds la violence et la force.
Si tu veux retrouver ta force, rappelle-toi ta 1re leçon.
[gong]
[cliquetis métallique]
Un rhum.
[ouvrier] Je suis d'accord pour la grève, mais les paies, c'est pour nous.
Tout est prévu. Y a une cagnotte de grève.
C'est pas un salaire complet, mais ça permet de tenir.
Quelques semaines.
Dis ce que tu veux, je suis sensible aux arguments de JP.
Vous imaginez, bosser sans patron ?
[André] L'autogestion ? C'est illégal et ton JP, il a bouffé du cerf-volant.
Vous l'imaginez à la tête de l'usine ?
Pas faux. Et on comprend rien quand il parle.
Voilà, on comprend rien.
Il prend ses airs depuis qu'il traîne avec la punk à chien.
Hein ? La clocharde. Regarde-moi ça...
Sérieusement, une bonne vieille grève, y a que ça de vrai.
On se laisse pas berner et on fait la grève. À la grève.
[tous] À la grève.
[vibreur]
[René] Je te dérange ?
- Je bosse. - [René] Moi aussi, j'ai bossé.
Et j'ai du nouveau sur ta Corinne Levasseur.
- Parle. - J'ai lu son dossier militaire.
Elle a un parcours remarquable.
À 20 ans, c'est du jamais-vu. 1re partout. Sur le terrain, en cours.
Presque aucune fausse note.
- Presque ? - Presque.
Il est fait mention dans son dossier de problèmes d'intégration.
Elle a même dû changer de régiment à la suite d'une bagarre.
- Que s'est-il passé ? - Ça...
Faudrait que tu demandes à un certain Daum.
Sergent Daum.
Il est cité sur le rapport d'incident. T'as de quoi noter ?
Oui.
03.26.83.04. Voilà.
Euh... Benoît.
On a eu un avertissement de la DRSD.
Ils nous ont demandé de plus te parler.
Que tu étais obsédé par cette histoire et...
Benoît ?
Ben de rien.
Eh bien voilà.
[musique mélancolique]
[Benoît] Putain !
Une usine qui ferme, ça arrive tout le temps.
Je comprends pas pourquoi Matignon vous envoie.
Dès qu'on parle de délocalisation, les esprits s'échauffent.
Ah, vous faites de la sécurité ?
Euh... Disons que je trouve des solutions.
Comme au problème de financement de la campagne électorale.
Quel problème ?
Vous voyez ? J'ai bien fait mon travail.
Ici, il s'agit des relations franco-coréennes
à un niveau qui nous dépasse vous et moi.
D'accord.
Je crois qu'on va pouvoir se passer de vos services.
Si j'avais touché un euro à chaque fois qu'on m'a dit ça...
Vous ne seriez pas en mission dans une petite ville de province.
Madame, monsieur ? M. Kwandaï vous attend.
[en anglais] M. Kwandaï, quel plaisir de vous voir.
- Vous avez fait bon voyage ? - J'aurais préféré ne pas le faire.
[en anglais] Nul besoin de s'inquiéter,
c'est une tradition française, de se plaindre.
La grève ne durera pas, ne vous inquiétez pas.
[en anglais] Dans mon pays, notre tradition est de rétablir l'ordre.
[il parle en coréen]
[traducteur] Nous avons de grands projets en Europe.
Mon père tient à ce que l'image de Kwandaï reste positive.
C'est pour ça que je suis là.
[en anglais] Robert est un spécialiste de ces situations.
Il est mandaté par le plus haut échelon de l'État.
Et M. Marchandeau ?
Marchandeau fait ce qu'on lui dit de faire.
Et les médias ?
Nos pays sont similaires :
les journalistes diffusent ce qu'on leur demande.
Bien.
Je croyais que tu venais pas ?
- J'ai changé d'avis. - Ah ?
T'as bien fait de te barrer, hier.
Les autres pensent qu'au pognon.
- C'est pas les seuls. - Tu t'es fait mal ?
Tu devrais arrêter le karaté.
C'est pas du karaté, mais du kung-fu.
Ah oui ? C'est quoi, la différence ?
Un est chinois, l'autre japonais.
- Ah oui, c'est pas pareil. - Eh non.
Le karaté, c'est comme frapper avec une hache.
Le kung-fu, c'est l'eau. Tu t'adaptes.
Tout le monde peut faire du kung-fu.
L'arme du kung-fu, c'est le corps. Le corps reste quand t'as plus rien.
Tu comprends ?
Ouais.
C'est comme ça que Marx définit le prolétariat.
Ils n'ont que leur corps à vendre.
J'aime bien quand tu parles comme ça. Oui.
Allez, du rythme !
Allez, pousse, pousse, pousse !
Qu'est-ce que tu fais ?
T'as vu la camionnette ?
- [Machine] Oui. - [JP] Les flics vont casser la grève.
Ils vont d'abord nous provoquer.
Histoire de faire des images de violence au 13 h.
Une fois qu'on sera passés pour des cons, on entrera en négo.
Et après ça, ce sera une affaire de pourcentage.
OK.
- Et ? - Ben... Viens avec moi.
Où ? Tu vas où ?
On va changer la donne. Allez, petit bonhomme, pousse !
On nous dit depuis toujours
que la Terre est ronde. Oui.
Ne serait-elle pas aussi un peu plate ? Qui sait ?
Alors, les gilets jaunes ? Ça se passe ?
Oh, oh, oh ! Y a des casseurs de grève, là.
Ah, non. C'est plutôt des touristes à vélo.
Cassez-vous, y a plus de merguez.
On a besoin d'aide à l'usine.
On n'a pas le temps. Je fais mon Vlog.
Ah !
T'aimes pas les caméras ? OK.
J'aime pas les journalistes.
Moi non plus. C'est les perroquets du gouvernement.
- T'as la gueule de l'emploi. - Tu me fais mal.
Je suis vloggeur.
Pas une putain d'Instagrameuse. Tu sais ce que c'est ?
Je m'appelle Final Fuck.
[klaxon]
- OK. - Final quoi ?
Fuck.
J'ai 480 000 abonnés et ça fait que monter.
Y a encore un public pour la vérité.
- Combien d'abonnés ? - 480 000.
La convergence des luttes, ça intéresse les abonnés ?
- [tous] Ouais. - Commence pas à les embrouiller.
Vas-y, je t'écoute.
Yo, les pirates !
On se retrouve en direct de l'usine.
Avec nos frères et sœurs de chez Kwandaï
qui résistent à la mondialisation et aux patrons voyous.
Comme d'hab, ils nous envoient l'ultra police.
L'ultra police pour casser une grève d'utilité publique
et nous imposer leur vision de la société. On va pas se laisser faire.
Non ! On va pas se laisser faire.
Ici, dans l'œil du cyclone,
avec nos frères et sœurs de chez Kwandaï,
on va organiser la résistance.
On va faire griller des merguez. On va bouffer du méchoui !
Et on va remettre en question les valeurs de la société.
Résistance ! Résistance !
[musique inquiétante]
Putains de gilets jaunes. Les CRS veulent plus y aller.
La dernière fois, à Paris, 3 hommes ont fini à l'hosto.
6 autres ont été mis en examen par l'IGPN.
[en anglais] Une usine Kwandaï ne peut pas être en grève.
[en anglais] C'est pour ça que je suis là.
[Jeanne] Eh bien, allons-y.
[huées]
[femme] Dégage, on est chez nous !
[musique intrigante]
Ben voilà.
Qu'est-ce que j'avais dit ?
Je vous laisse gérer les pourcentages.
- Je serai plus utile ailleurs. - [homme] Rentre chez toi !
[huées]
[musique inquiétante]
[rires]
Salut, un petit quelque chose pour la grève ?
- Tiens. - Merci.
Faut les couper comme ça.
Tu leur passes... Attends, pas de sauce ?
Merci.
- Un petit quelque chose ? - Désolée, on n'a rien.
Pas de souci.
- Les gars, un petit quelque chose ? - Oui.
[gréviste] Super, merci.
Merci. Merci. Bon appétit.
Merci !
- Regarde. - [gréviste] Un petit truc pour la grève ?
C'est quoi, ça ?
La cagnotte de grève. Tu veux participer ?
- Non. - Enlève tes mains de tes fouilles.
C'est pas très engageant. Tiens. Mets...
la merguez. Attends qu'ils viennent. Du rythme !
- [gréviste] OK, JP. - Merci.
L'idée, c'est pas que tu les bouffes.
Parce que c'est pour eux.
On a personne.
[musique rock]
Qu'est-ce que tu veux ?
Une bière.
Qu'est-ce que tu veux ?
- T'as un truc à me demander. - C'est la France qui demande.
Barre-toi avant que je m'énerve.
T'inquiète pas, faut juste casser du coco.
Mollo, mec. On n'est plus en fac de droit.
Alors...
Qu'est-ce qu'on a là ? Oh !
Possession et vente de substances illicites.
Vol avec violence.
Oh, recel.
Mon préféré, exhibitionnisme.
Et devant une crèche. Sympa !
C'est bon, on a compris.
Je vais te le rendre, ton service.
Super.
Maintenant, je veux bien une bière.
[grand-mère] Je sais pas si je dois te le dire, mais...
hier,
j'ai croisé ton père en ville.
Il a plus que la peau sur les os.
Oh là là, ça m'a fait un...
[grésillement d'avance rapide]
[musique entraînante]
J'ignorais qu'on bossait autant en grève.
Les machines, c'est notre trésor. On soigne l'outil de production.
Merci, Marx.
Moi, je remballe.
Je vais à la réunion d'orga de la grève.
Ça va aller ?
Ouais, t'inquiète.
J'ai jeté ta gnôle dans les chiottes.
Et j'ai bien tiré la chasse.
[musique entraînante]
[musique inquiétante]
On y va, les gars.
[cris]
- [ouvrier] Mais non, c'est pas ça... - [Michelle] Ah !
On n'attendait plus que toi. Ferme la porte.
Pourquoi ? Y a un complot ?
Oui, le grand soir. Pour toi.
Ah... Toi, là.
- Bon, on peut reprendre ? - Oui.
- Chipos. - Chipos, merguez.
On peut partir sur une option végétarienne. Avec du quinoa.
- Du céleri ? - Non.
- Des chipos aux herbes. - Des poke bowls ?
OK. C'est un régime hyper protéiné, pas grave.
Ben mets des frites.
[elle écoute "I'm Outta Love" de Anastacia]
[la musique masque des cris]
[gémissements]
[hurlements]
[cri]
["I'm Outta Love" de Anastacia]
- [craquements] - Fini, le baseball.
- Non, non ! - [gémissements]
[cris]
Souris, cancer de la bite.
Voilà, petite merde.
La petite salope !
Vas-y, dégage, petite merde !
[craquements]
[murmures]
[soupir]
Oh, on peut avoir un peu de silence ?
On est en pleine réu, nous !
[musique palpitante]
Bouge.
[skinhead] Hé, oh !
Mignonne.
Vous êtes sûrs ?
- [ils rient] - Ah, ah. OK.
[musique palpitante]
[cris]
Ouh !
[soupir]
[gémissements]
[cri]
[il reprend son souffle]
[cri]
[craquement]
[tintement métallique]
[il crie]
[cri]
Michelle, la bière, il en faut plus.
Écoute, la bière, y en a assez. C'est toujours...
À chaque fois, y en a pas assez.
On rajoute du Selecto ?
[soupir] Du Selecto...
- Grenadine aussi. - C'est quoi ce bordel ?
Qu'est-ce que tu fous ici ?
[musique intrigante]
Tu me rappelles mon 1er mariage.
J'avais juré de plus cogner une gonzesse.
Je vais faire une exception.
Salope.
Donne-moi un chiffre.
Sept, pourquoi ?
Et sept !
[cri]
Ça, c'est pour le plaisir.
[musique intrigante]
[coups et cris]
[soupir]
Oui, je sais. Les vestiaires, c'est pas pour les intérimaires.
C'est quoi, ce bordel ?
C'est qui, cette meuf ?
[brouhaha]
[Yves] Qu'est-ce qui se passe ?
Fous le camp ! T'en as fait assez.
- On se calme ! On se calme. - [cris]
- Laisse tomber. - Je vous jure, c'est pas moi.
Laisse tomber. Vas-y.
Tu le défends ? Qui les a envoyés à ton avis ?
- Je pense pas que ce soit lui. - Arrête.
C'est un vieux collabite.
Eh ouais.
[musique intrigante]
- Bonjour. - [tous] Bonjour.
[Jeanne] Tout le monde est là, on peut commencer ?
- [Jeanne] Suite aux événements... - Oh, silence !
[musique douce]
Je ne comprends pas l'attitude de M. Marchandeau.
L'heure est au dialogue,
et il fait appel à des voyous pour casser la grève.
[huées]
Mais M. Marchandeau a accepté ce soir
de signer le protocole
d'accord avec les syndicats.
[Michelle] Il était temps !
Merci.
[musique intrigante]
Putain, ma carte.
Mais... Qui a touché à ma caméra ?
[ouvrier] Salut ! À demain.
[Michelle] Attends.
[Michelle] C'est qui, cette fille ?
C'est une autonome ? Une Mao ?
Une Mao ? T'as vu sa gueule ?
Faut pas me la faire.
C'est pas une intérimaire. Elle est entraînée.
Je vois pas de quoi tu parles.
Je les connais, les ultras.
Elle vient chez nous faire de l'agit-prop ?
Je te préviens...
Si elle fout la merde dans nos négos...
Les négos... On n'a pas besoin de négos mais de héros.
Mais ils sont morts, tes héros.
Tu nous emmerdes avec ta mythologie !
Les héros du peuple sont immortels ! Qu'on se le dise.
[musique douce]
Vaffanculo.
[hululements]
- T'es qui, putain ? - Je suis de la maison.
Qu'est-ce qui me le prouve ?
[gémissements]
Je viens de la part de René.
- Je cherche le sergent Daum. - Lieutenant Daum.
- Tu veux quoi ? - Des infos sur une fille du 27e.
Corinne Levasseur.
- Tu lui veux quoi ? - Lui faire payer ce qu'elle a fait.
Je suis un ami de Beaulieu.
Viens.
C'est moi qui le fais.
Je le distille moi-même.
Je fais ça avec des racines de tubercule.
Parfois, je l'utilise dans le jardin pour désherber.
Hop... et un.
Et deux.
Ça m'étonne pas qu'elle ait mal tourné.
[Daum] Déjà au pensionnat, elle était instable.
Oh, ça va aller, moi.
Je cherche n'importe quel indice pour la retrouver.
Je sais pas, si t'as un souvenir, un truc...
Elle était du 51.
Elle faisait du 51 ?
Non, elle était du 51.
- Le département. - Département 51.
J'étais au courrier. Je voyais des courriers du 51.
- D'accord. - Des lettres.
- Des cassettes, je crois. - OK. Du porno ?
Non.
Non.
Non, des cassettes audio.
- Audio. - Je sais pas qui lui envoyait.
Je me rappelle plus du nom du patelin.
Je me rappelle plus grand-chose, d'ailleurs. Le désherbant...
René m'a dit qu'elle était partie à cause d'un incident ?
Non... C'est des conneries, ça.
Juste un jour, avec les gars, on avait essayé de la décoincer.
C'est...
C'est rien.
On va dire que...
À cause d'elle, j'ai dû abandonner la guitare.
[musique douce]
On a pris une semaine de gnouf.
Et elle, rien.
On l'a mutée chez les Alpins.
C'était la petite protégée du colonel Chantel.
Il habite dans le coin, j'ai son adresse.
Je veux bien.
[soupir]
Fais gaffe. Parce que si tu la retrouves...
c'est pas une femme que t'auras en face de toi.
C'est une machine.
[musique intrigante]
Sous-titrage TITRAFILM
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