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Original subtitles

calorifix Twilight Samurai (v.01)

Traduction : Lavie Corrections : Marcel, Ulairi

Hiroyuki SANADA

Rie MIYAZAWA

Réalisé par Yoji YAMADA

Vous pouvez partir.

Après une longue maladie, notre mère est morte.

J'avais alors cinq ans.

Elle était atteinte de tuberculose.

Alors, de son vivant, il ne m'était pas permis de l'approcher.

J'ai donc très peu de souvenirs de ma mère.

Ito... Ito...

Pauvre petite chérie...

Je suis d'Unasaka,

dans le nord-est de ce qui est maintenant la préfecture de Yamagata.

Avant 1868, c'était la ville au pied du château du clan Unasaka.

Un petit fief de 70 000 koku de riz par an.

Nous avons bien travaillé.

Ce sera tout pour aujourd'hui.

Sakaguchi...

J'ai entendu parler d'un nouvel endroit à Hakkenmachi.

Tu parles de Hisago ?

Tu as envie de boire un verre ?

Bonne idée.

Kawanami, tu viens ?

Certainement.

Iguchi ?

Cela te distraira.

Sans moi.

Ça ne ferait pas de mal.

Veuillez m'excuser.

M. Crépuscule est toujours aussi amusant.

Avec une femme malade,

deux jeunes filles et une mère âgée à sa charge,

mon père ne pouvait se permettre

d'aller boire avec ses collègues de travail.

Il devait se dépêcher de rentrer à la maison avant la tombée de la nuit.

Ses compagnons de travail lui ont donné un surnom.

Le surnom un peu cruel de M. Crépuscule.

THE TWILIGHT SAMURAI

Ito...

Père !

Hop !

Ta figure est sale.

Père est revenu !

Bienvenue à la maison !

Kanyano, une fricassée de morue ce soir ?

Ne le laisse pas tomber !

Je suis de retour, Mère.

Comment allez-vous ce soir ?

De quelle maison êtes-vous, monsieur ?

Je suis Seibei Iguchi du clan Unasaka, et magasinier pour le Château.

Je vois.

Son état empire, elle ne reconnaît plus son propre fils !

J'ai fait bouillir de la rhubarbe. Prenez-en.

Merci. Vous êtes si gentille pour mes filles.

Naota !

Tu peux retourner chez toi maintenant.

Bonsoir.

Ne pourrait-on faire quelque chose pour M. Crépuscule ?

Son kimono est en lambeaux, il ne prend jamais de bain.

Il sent mauvais, disons-le.

Ça ne peut pas durer.

On trouve tous ça très déplaisant.

Nous avons cherché une nouvelle femme pour lui.

Mais aucune ne veut d'un homme avec sa situation.

En effet...

Il a deux jeunes filles et une vieille mère sénile...

Et 20 koku, sur les 50 de son salaire, servent à rembourser ses dettes.

La femme qui voudra de lui devra également travailler.

Oui, il doit de l'argent partout.

Je ne sais pas comment il a pu payer les obsèques de sa femme.

Même la vente de votre sabre ne paierait pas de telles obsèques.

Des obsèques ! C'est quelque chose dont je dois m'inquiéter aussi.

Mon père en a plus pour longtemps.

Kawanami le chanceux ! Des parents en santé et une jolie femme !

Allez-y doucement avec elle. Ça pourrait nuire à votre travail.

C'est pour ça que vous dormez à votre travail ?

C'est pas vrai !

Écoutez-le !

Soyez les bienvenus !

N'est-elle pas magnifique ?

Grand-mère, c'est l'heure de dormir.

Bonne nuit, Seibei.

Bonne nuit.

On dirait qu'elle se souvient de moi...

Le maître dit : Pour gouverner une terre de mille chariots...

Kayano...

C'est Confucius, n'est-ce pas ?

Quand as-tu commencé à l'étudier ?

Depuis le mois dernier. Le professeur dit

que dorénavant les filles auront aussi besoin d'étudier les livres.

C'est bien.

Quand j'étais enfant, j'ai lu et relu Confucius.

Père ?

Si j'apprends à faire des travaux d'aiguille,

un jour je pourrai faire des kimonos.

Mais à quoi me servira d'étudier les livres ?

Bien...

ça sera probablement jamais aussi utile que des travaux d'aiguille.

Mais tu sais,

si tu les étudies bien, les livres t'apprendront beaucoup,

ils t'apprendront à réfléchir.

Peu importe si le monde change... si tu sais te servir de ta tête,

tu survivras d'une façon ou d'une autre.

Cela est vrai pour les garçons et les filles.

Tu comprends ?

Oui.

Tu peux continuer à lire.

Tseng Tzu a dit : Chaque jour de trois façons...

je me demande...

si j'ai fidèlement effectué ce que j'ai entrepris pour un autre...

La maladie de ma mère avait laissé mon père couvert de dettes.

Comme Grand-mère avait perdu la raison,

le ménage, l'approvisionnement en combustible

et le travail aux champs, lui sont tombés sur le dos.

Le laissant avec peu de temps pour prendre soin de lui-même.

Il est graduellement devenu négligé et encrassé.

Étant sa fille, ça m'attristait beaucoup.

Balayez cette poussière !

Ils arrivent.

Sa seigneurie !

Kawanami ! Vite !

Les provisions.

L'entreposage des provisions. Ce qui nous permettra de tenir

en cas de conflit ou de siège.

Ensuite, l'entrepôt pour le sel...

Ici vous avez les fèves. Soja et fèves rouges...

Nous faisons ce qui est possible afin de bien les garder au sec.

Raifort séché, têtes de violon séchées, pâte miso...

Kusaka !

Ceci est de la morue séchée...

Ravitaillement très important en temps de guerre.

Combien en avons-nous ?

Iguchi...

Iguchi ? Vous pouvez répondre directement.

Avec votre permission.

Nous avons 760 bandes,

soit un poids de 120 kan.

Combien de temps cela se conserve-t-il ?

Entre cinq et dix ans.

Ici est le plus vieux stock.

Il a été acheté il y a six ans.

Cette morue séchée est ce qui se fait de meilleur.

Elle garde sa saveur au moins dix ans, et...

Cette odeur étrange que j'ai remarquée, elle émane de vous ?

Les serviteurs du clan doivent servir d'exemple au peuple.

Tâchez de rester propre.

Oui !

Continuez votre travail.

Idiot !

- Monsieur, je... - Je vous parlerai plus tard.

- Mais... - Assez !

Iguchi !

Imbécile !

L'histoire s'est répandue parmi la cité.

Mon père est devenu sujet de moquerie.

Mon grand-oncle est revenu de la maison principale

de fort mauvaise humeur.

Quelqu'un ?

Il y a quelqu'un ?

Seibei !

C'est l'oncle.

Il faut y passer...

Il y a quelqu'un ici ?

Vous êtes tous morts ?

J'arrive !

Kayano, fais du thé.

- Qui est-ce ? - Grand-oncle !

Quelle honte !

Paraître devant sa seigneurie,

alors qu'on sent plus mauvais que de la morue séchée...

Ne savez-vous pas que votre honte...

retombe sur toute la maison Iguchi ?

C'est inexcusable.

Au nom de toute la famille, j'ai été m'excuser auprès de Terauchi.

Sa seigneurie est généreuse, aussi a-t-elle oublié la faute.

Mais au temps de son noble père,

cela aurait signifié hara-kiri !

Je n'aurais jamais imaginé que ça puisse causer tant d'ennuis.

J'implore votre pardon.

Kayano ?

Quel âge as-tu maintenant ?

J'ai dix ans.

Travailles-tu tes leçons ?

J'apprends les travaux à l'aiguille et Confucius.

Quoi ?

Une fille n'a aucun besoin des classiques.

Tu as seulement besoin d'apprendre à écrire.

Trop de connaissances nuiront à ton mariage.

Tu peux partir.

Mon neveu...

Je suis ici pour une question importante.

Une entente de mariage.

Il te faut une femme dure à la tâche,

pour échapper à ta misère actuelle.

Un ami du chef du village a une fille

qui voudrait bien de toi.

Il sait que tu es pauvre,

que tu as deux jeunes filles et une mère sénile.

Tu réalises... que tu ne peux pas exiger une beauté.

Tu as besoin d'une femme en santé, qui puisse s'occuper des enfants.

Son visage est donc sans importance. Il te faut une femme forte avant tout.

Je vais donc donner notre accord, si tu n'as pas d'objection.

Alors ?

Avec tout mon respect, je préfère attendre.

Pourquoi ?

Je ne suis pas aussi malheureux que vous le pensez.

Bien sûr, offenser sa seigneurie en apparaissant ainsi devant elle

est une erreur que je jure ne plus jamais répéter.

Cependant,

voir grandir mes deux filles est...

Comment dirais-je ?

C'est comme voir une récolte mûrir,

ou des fleurs dans un jardin.

C'est un délice pour moi.

Je ne suis pas certain, si la dame dont vous parlez

comprendrait cela.

Qui comprendrait de telles sottises ?

Tu n'as pas changé...

Enfant, tu tourmentais déjà ton père avec ton bavardage.

En quoi ton mariage a-t-il à voir avec des fleurs dans un jardin ?

Alors je vais tenter de parler plus clairement.

Je voudrais que vous cessiez de vous sentir concerné par mon mariage.

Tu défies ta propre famille ?

Soyez le bienvenu.

Kinu... Comment vas-tu ?

Merci, je vais bien.

Puis-je vous demander de quelle maison vous êtes ?

Je suis ton frère !

Seibei, amène-la ailleurs. Elle est gênante.

Mère...

Quelle inconvenance ! Qu'est-ce que les voisins vont penser.

Attachez-la quelque part !

"N'espére plus d'aide de moi"...

a crié mon grand-oncle furieux, quand il nous a quittés.

Peux-tu faire ça ?

Laisse-moi voir.

Ici, tu le tords pour l'ajuster.

Grand-mère est endormie ?

Oui.

Bien.

Père ?

Grand-mère pleurait, tu sais.

L'oncle a crié après elle.

Pauvre Grand-mère.

Vous aimez votre grand-oncle ?

Vous ne l'aimez pas ?

Je le déteste.

Il est venu me parler d'un remariage, mais j'ai dit non.

Je ne veux aucune aide de sa part.

On aurait dit qu'il s'agissait d'acheter une vache.

"Il faut juste qu'elle soit saine" dit-il.

Ce n'est pas très poli pour la dame.

Vous sentez-vous trop seules...

sans mère ?

Je ne me sens pas seule quand tu es là.

Pareil pour moi.

Voilà mes filles.

Tu veux aller aux toilettes, Grand-mère ?

Regarde !

Des chapeaux-du-diable ! Cueillez-en le maximum, d'accord ?

Qu'est-ce que c'est ?

Un enfant !

Pauvre petit. Il ne reste que les os.

D'où il peut venir ?

De Matsukawa, peut-être.

Retourne à Bouddha !

Comme tous les enfants, nous aimions cueillir des herbes

au bord de la rivière au printemps.

Mais ce printemps-là sévissait la famine.

La rivière charriait les corps de paysans

morts de faim.

Visez...

Feu !

Vous tous, regardez-moi...

Coudes relevés...

Jambe droite fixe.

Seibei ! Désolé de t'avoir fait attendre.

Tu es allé à Kyoto ?

Oui, ainsi qu'à Osaka, pour discuter avec les marchands.

À quoi ressemble Kyoto ?

J'en espérais beaucoup, mais ce fut horrible.

Jamais rien vu comme le boulevard Miyako-oji.

Des samouraïs sales et sans maître affluant de tout le pays.

Jurant et criant dans des dialectes incompréhensibles.

Au moindre incident, les sabres sortaient.

La rivière Kamo pleine de corps décapités et tout gonflés.

Je croyais que ce serait mieux qu'ici...

Ça alors...

Prêts ?

Visez !

Feu !

Raté !

Qu'est-ce qui ne va pas ?

Oh !

Imbécile !

Je t'avais dit d'attendre !

C'est un peu trop tard.

Le clan Choshu a été battu une fois, mais ils seront de retour avec Satsuma.

Ils feront disparaître 250 années de shogunat,

comme le vent souffle une bougie !

Que fait notre clan ?

Nos chefs ne réfléchissent pas !

Que dirais-tu d'aller à Kyoto ?

Le palais de l'Empereur manque de gardes.

Je te recommanderai.

Tu verras comment les choses sont.

Quelqu'un comme toi ne devrait pas finir sa vie dans un endroit comme ici.

J'ai peur que tu me surestimes.

Les temps changent.

Le moment venu,

je laisserai tomber le statut de samouraï pour me faire fermier.

Je suis fait pour ça.

Que tu es étrange.

Mais tu l'as toujours été.

Pas d'ambition du tout.

Oh, j'allais oublier.

Mes condoléances...

Brûle un bâton d'encens pour elle.

Ce n'était pas nécessaire.

Je voulais envoyer ma sœur aux obsèques à ma place,

mais elle avait elle-même des ennuis.

Désolé.

Mlle Tomoe ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

Vous savez qu'elle a épousé le fils du capitaine Koda.

Il s'avère que ce Toyotaro est un ivrogne.

Si j'avais su, je n'aurais jamais donné mon accord.

Un ivrogne ?

Il l'a frappé, à coups de pieds.

Elle est arrivée chez moi en courant.

J'ai eu peur qu'il ne la tue.

Alors j'ai demandé au Château qu'on ordonne le divorce.

Ils sont divorcés ?

Tout récemment.

Maintenant Tomoe demeure avec moi.

Vraiment ?

Moi qui croyais qu'elle avait épousé un gentil samouraï de 1 200 koku.

Je n'aurais pas imaginé ça.

J'ai fait une erreur.

Elle a connu l'enfer par ma faute.

Bien fait, tous sans exception.

C'est tout pour aujourd'hui.

Sakaguchi...

Sakaguchi ! On fait un petit tour au Hisago ?

Tu veux revoir O-Kume ?

Kawanami, tu viens ?

Encore ?

Tout à fait !

Je m'en vais.

Iguchi...

Tu devrais venir voir les filles, cela te changerait les idées.

Je vais bien, merci.

Iguchi.

Ne perds pas ton temps.

Regarde, les azalées sont en fleurs.

Oui.

Kayano, Ito, je suis là !

Personne ici...

Bienvenue à la maison.

Ça fait longtemps.

Heu... peut-être... il y a...

Vos filles m'ont permis d'entrer...

M'avez-vous oubliée ?

Je suis la jeune sœur d'Inuma, Tomoe.

Ah ! Mlle Tomoe !

Je ne vous avais pas reconnue.

J'ai justement vu votre frère aujourd'hui.

Il m'a dit ce qui était arrivé.

Ainsi, vous êtes au courant de toute l'histoire ?

Oui.

À cause de ça, je suis retournée vivre chez mon frère.

On m'empêche de travailler. Alors l'ennui me gagne.

Je suis venue ici pour y échapper.

Vous êtes la bienvenue.

Entrons.

Votre bas...

Ah, oui...

On dirait que votre père m'avait oubliée !

Nous qui jouions toujours ensemble !

Bienvenue à la maison.

Kayano, Ito, c'est Mlle Tomoe.

Nous étions... heu...

... des amis d'enfance. Il avait l'habitude de me taquiner.

Ce n'est pas vrai !

J'ai eu un cadeau.

Moi aussi.

Qu'ils sont jolis !

Mère, je suis de retour.

Bienvenue.

Vous reconnaissez cette dame ?

C'est Mlle Tomoe, la sœur d'Inuma.

Vous voyez, elle se souvient de moi.

C'est bien.

Naturellement, vous vous souvenez de moi, n'est-ce pas ?

De quelle maison êtes-vous ?

Je suis votre fils.

Ah ! Bien sûr.

Bonjour.

Tane, vérifie le ragoût.

C'était comme si la maison était devenue plus lumineuse

à partir du moment où Mlle Tomoe est arrivée.

Je me souviendrai toujours de ça. C'était quand j'avais cinq ans.

Je voulais toujours faire comme les garçons.

J'ai grimpé après un pin, et une branche s'est cassée...

Et je me suis blessée.

C'est vrai ?

Oui ! Votre père était heureusement là.

Il m'a portée sur son dos jusqu'à la maison du docteur !

Je crois qu'il avait 12 ou 13 ans.

Son dos était très large.

Comme celui d'un adulte. Il m'a tellement rassurée.

Vous vous souvenez, Seibei ?

Je me souviens de quelque chose de ce genre...

Quand j'ai eu 9 ans, m'a mère m'a dit

que je ne pouvais désormais plus jouer avec les garçons.

J'en ai été si triste...

Être une fille n'est pas drôle, Kayano.

Ploc, ploc, ploc...

Venez larmes de notre Chonbei.

Ploc, ploc, ploc...

Attrapons ses larmes qui tombent

Et effaçons-les...

Et effaçons-les...

Prenons son kimono imbibé de larmes...

et lavons-le...

et lavons-le...

Prenons ce kimono imbibé de larmes...

et tordons-le...

et tordons-le.

Prenons ce kimono que nous avons tordu...

et accrochons-le pour le faire sécher...

accrochons-le pour le faire sécher.

Vous n'avez pas changé, vous savez ?

J'ai l'impression, moi, d'être une tout autre personne.

Ce n'est pas vrai.

Votre sourire est toujours le même.

Ne vous sentez pas obligé de me consoler.

Je sais que j'ai changé.

Les gens m'ont dit comment vous étiez radieuse en jeune mariée,

quand vous être entrée à la maison Koda.

Je préfère ne pas me souvenir.

Il se fait tard. Je vais maintenant vous laisser.

Dites bonjour de ma part à votre frère.

Votre barbe a beaucoup poussé...

C'est doux...

Inuma ! J'exige la vérité !

C'est mon mari.

Mon ex-mari...

Je reconnaîtrais cette voix de quand il a bu, n'importe où.

Je pars.

Votre maître s'en va...

Me touchez pas !

Je suis pas ivre.

Mes sandales.

Allez !

Inuma, où Tomoe est-elle allée ?

Je vous l'ai dit. Elle est chez sa tante.

Tu mens !

S'il vous plaît ! Modérez votre voix ! Il y a des gens âgés ici.

Alors ?

Écoute, Inuma...

Si je ne suis pas assez bon pour elle, elle a bien fait de partir.

Mais Inuma...

J'ai quelque chose à régler avec toi.

Tu as été au Château pour obtenir la sentence de divorce.

Messire Koda, je vous l'ai dit plusieurs fois...

Ferme-la !

Tu m'as ridiculisé aux yeux de tout le Château !

Je demande réparation.

Tu as compris ?

Messire Koda !

Mon sabre !

Arrêtez, je vous en prie !

Tomoe...

Tomoe, où étais-tu à cette heure de la nuit ?

Où je vais n'est pas votre affaire.

De plus... nous avons officiellement divorcé.

Je ne suis plus votre femme ! C'est donc "Mlle Tomoe" pour vous !

Tomoe ! Entre !

Cela suffit maintenant.

Qui tu es, toi ?

Je suis Seibei Iguchi, un ami d'Inuma.

Peut-être que je peux accepter votre défi en son nom ?

Mais c'est impossible ici.

Et vous êtes soûl.

Réglons cela une autre fois, quand vous serez dans un état normal.

Si vous vous avancez de cette façon,

vous devez savoir vous battre.

Ce n'est pas à moi de le dire.

Parfait. Nous combattrons demain.

Demain ?

Derrière le temple d'Hannyaji, à la huitième heure.

D'accord.

Derrière le temple, à la huitième heure.

À plus tard.

Seibei, il est sérieux !

L'es-tu aussi ?

Je n'avais pas le choix.

Il est très bon à l'sabre.

Cela s'arrangera.

Je vais te dire bonne nuit.

Ne dis rien à Tomoe, à propos de ce qui vient de se passer.

Attends !

Et si tu le tues ? Le clan a interdit les duels.

Je trouverai quelque chose.

Bonne nuit.

Naota...

Nous partons.

Ito !

Yu Tzu a dit : L'harmonie est le grand bienfait des rites...

Bonjour !

On s'assoit !

Je sors.

Ce n'est pas bon. Je suis lent.

Vous pensez que vous pouvez m'avoir ?

C'est vrai !

Préparez-vous alors !

Il a peur !

Arrêtez !

J'ai dit la nuit passée que je prendrais ta place !

Je dois le faire.

Tu n'as aucune chance contre lui. Va là-bas et regarde.

Je suis désolé du retard, Messire Koda. Je vais être votre opposant.

Pourquoi ce bâton ?

Mon école de combat l'utilise pour pratiquer.

Vous vous moquez de moi ? Sortez votre sabre !

Une sabre peut tuer. Pas ce bâton.

Au pire, il cassera un os.

Je n'accepterai pas ça d'un samouraï de votre rang !

Vous m'insultez !

Attention à toi !

Vous pouvez encore vous excuser.

C'est à vous de vous excuser.

Avec un vrai sabre, vous seriez mort.

Faites-vous des excuses ?

Ou... vous désirez continuer ?

Aspergez-le d'eau. Ça va le faire revenir à lui.

Viens, Inuma.

Tu n'es pas blessé ?

Ne dis rien de ceci à Tomoe.

Ni à personne d'autre.

Ces hommes vont parler.

Non. Un chien fouetté n'aboie pas.

Pardonnez-moi de vous interrompre. Je suis Zenemon Yogo, maître de garde.

Je le sais.

Êtes-vous le "Seibei Iguchi" qui a malmené Toyotaro Kosa ?

Et qui l'a laissé avec une grosse bosse sur la tête ?

Je ne l'ai pas vraiment "malmené".

Il a demandé un combat,

et mon sabre l'a atteint à la tête.

Koda est un compagnon de beuverie.

L'autre jour, il est venu se lamenter auprès de moi.

Il m'a demandé si j'accepterais de le venger.

Voilà quelle sorte d'homme c'est.

Il semble que vous savez vous battre. De quelle école êtes-vous ?

Il y a plusieurs années, j'ai été l'élève de Jinsai Toda.

Vous êtes donc un disciple de Jinsai Toda ?

J'ai simplement servi son dojo.

Peut-être un de ces jours pourrions-nous essayer un combat.

Je crains de ne pas être un adversaire bien intéressant pour vous.

Excusez-moi...

Je n'arrive plus à lire au coucher du soleil, je vieillis.

D'abord vos dents vous lâchent, ensuite vos yeux.

Et comment va le numéro 3 ?

C'est mort depuis longtemps !

C'est tout pour aujourd'hui, messieurs.

Je vais y aller.

Veuillez m'excuser.

M. Crépuscule s'en va ?

Vous n'êtes pas au courant ?

L'autre jour,

il s'est avec battu en duel avec le fils du capitaine Koda.

Un duel ? Et qu'est-il arrivé ?

Bois contre fer.

M. Crépuscule d'un seul coup l'a assommé.

Il a fait ça ?

J'ai toujours pensé qu'il était étrange,

mais je n'aurais jamais cru que c'était un tel combattant.

Peut-être ne devrions-nous pas l'appeler "M. Crépuscule".

Vous croyez qu'il sait ?

Sûrement qu'il sait.

Fumi ! Il pleut !

Il pleut ! La lessive a été rentrée ?

Oui !

Bienvenue à la maison.

Mlle Tomoe est venue. Elle t'a laissé cette lettre.

Son écriture est encore plus jolie que celle du professeur.

Laisse-moi le faire !

Non !

J'ai fini par apprendre par mon frère ce qui est arrivé.

Je dois vous demander pardon des ennuis

que je vous ai causés.

Mais...

je suis honorée de votre attention.

Je désirerais beaucoup vous voir et vous remercier en personne.

Aujourd'hui en votre absence, avec l'aide de vos filles,

nous avons nettoyé votre maison et fait la lessive.

Ne grondez pas vos filles de m'avoir permis d'entrer.

Je voudrais dans le futur vous être utile autant que je le pourrai.

Écrit à la hâte,

À M. Seibei Iguchi, de Tomoe.

Tomoe a commencé à venir tous les deux jours ou presque.

Nous étions toutes deux impatientes de revenir de l'école.

Nous sommes revenues !

Bonjour !

Vous savez ce que le professeur a fait aujourd'hui ?

Il a pété très fort.

Nous faisions le ménage et la lessive ensemble...

Et elle nous a appris à cuisiner.

Les jours de pluie, nous pratiquions la calligraphie et la couture.

Et elle nous racontait des histoires comme nous n'en avions

jamais entendues auparavant.

Terminé.

Trace cette ligne au-dessus.

Terminé !

C'est bien, Ito !

Hé, arrête ça !

Ito ! Dessine sur ton papier à toi, d'accord ?

Non !

Que vous êtes jolies !

Comme c'était amusant d'aller au festival dans les kimonos

que nous avions faits ensemble !

Allez ! Va-t'en !

À cette époque, il était interdit à la caste des samouraïs

d'aller au festival des paysans et des citadins.

Mais Tomoe ne s'en est pas soucié une minute.

Je me rappelle bien ce qu'elle a dit :

"C'est grâce aux paysans"

"si nous pouvons vivre en tant que samouraïs."

Pourquoi est-ce toi qui les attrapes tous ?

Nous utilisons le même appât !

Tu es trop impatient. Les poissons sentent ça.

Tes épaules sont trop raides. Il faut faire comme avec le sabre.

Arrête tes remontrances !

Montre-moi ta canne.

Cet hameçon est trop gros !

Seibei...

Je voudrais te parler.

C'est à propos de Tomoe.

Elle a eu quelques propositions.

Elle est belle et talentueuse.

Il n'y en a pas beaucoup comme elle dans notre clan.

Il y a des propositions intéressantes ?

Elle ne dira pas oui et je ne veux pas faire pression sur elle.

En plaisantant à moitié, je lui ai demandé si elle aimerait t'épouser.

Tu as fait quoi ?

Nous sommes peut-être de vieux amis, mais ce n'est pas drôle.

Elle n'a pas pris ça comme une plaisanterie.

Elle a dit qu'elle n'y verrait pas d'objection,

et elle est devenue toute rouge.

Ça suffit !

Vous vous moquez de moi, tous les deux.

Tu es idiot !

Elle était sérieuse.

Arrête ça.

Écoute...

Je l'ai mise dans une situation infernale en la mariant avec Koda.

Si tu es d'accord, j'aimerais faire ça pour elle.

C'est un peu...

inattendu...

Tu n'es pas obligé de répondre maintenant,

mais si tu pouvais le faire d'ici 2 ou 3 jours...

Je pourrais devoir partir pour Edo.

Tu es vraiment occupé ces derniers temps, que se passe-t-il ?

Sans doute, n'as-tu rien su.

Il a un mois...

sa seigneurie est morte.

C'est resté secret.

Vraiment ?

Pourquoi ils ne nous l'ont pas dit ?

Ils ne se sont pas mis d'accords sur le successeur.

L'intendant du Château, le seigneur Hori, a demandé au shogun

la permission d'adopter le troisième garçon du seigneur Tadaastu.

Et prendre ainsi lui-même le pouvoir.

Si cela se produit, ça sera le bain de sang.

Je ne pourrai pas moi-même en sortir indemne.

Alors, si tu pouvais me donner une réponse

avant que je parte pour Edo...

Compris.

Je vais te répondre.

Je suis très reconnaissant de ce que Tomoe a fait pour mes filles.

La cuisine, la couture.

J'apprécie vraiment.

C'est comme un rêve devenu réalité.

Cependant...

qu'elle devienne ma femme

est tout à fait différent.

Elle vient d'une famille de 400 koku.

Elle ignore ce qu'est la vie avec un petit samouraï de 50 koku.

Es-tu certain que tu ne la sous-estimes pas ?

Elle est très indépendante.

Ce serait bien au début,

mais en se rendant compte que cette vie de 50 koku sera pour toujours

elle aura des regrets.

Ç'a été le cas pour ma première femme.

Elle venait d'une famille de 150 koku.

Elle n'a jamais pu s'habituer à cette chute dans son statut social.

"Fais-toi une meilleure place dans le monde"...

Elle répétait ça tout le temps, après être tombée malade.

Je ne veux pas imposer à Tomoe ce tourment.

Et qu'avec le temps...

elle finisse par me détester.

Tomoe n'est pas une fille de 15 ou 16 ans.

Je suis sûr qu'elle y a beaucoup réfléchi.

Quand même.

Oublions cela.

Essayons plus haut.

C'est une fille !

Quelle puanteur !

Ça suffira pour aujourd'hui.

À partir de ce jour-là,

Mlle Tomoe n'est plus venue à la maison.

Faite place !

À gauche !

L'intendant est revenu !

Allez !

Qu'est-ce que c'est ?

C'est l'alarme !

Arrêtez votre travail et écoutez.

J'ai des nouvelles importantes du seigneur Hori,

l'intendant du Château, revenu de Edo ce matin.

Le 12ème chef du Clan Unasaka, le seigneur Tadatomo,

est mort de la rougeole au début du mois.

Il était âgé de 32 ans.

C'était un dirigeant bon, sage, intelligent et tolérant...

Un vrai héros !

Le printemps dernier, nous avons eu l'honneur de le rencontrer

et le bonheur qu'il nous adresse la parole.

Iguchi !

Vous n'avez sans doute pas oublié.

Quel homme fin et quel gentilhomme c'était !

Les vieux serviteurs iront au Château.

Les autres doivent se retirer et prier pour le repos de son âme.

Cela pourrait signifier la guerre !

J'en doute,

mais le seigneur Hori devra sûrement affronter les réformateurs.

Vous êtes certain ?

Oui.

De quel côté est notre commissaire ?

Les réformateurs ou la faction Hori ?

Il sera avec le courant dominant.

Tout comme moi.

Même si courait la rumeur effrayante

que le Château se préparait à la guerre,

cela semblait ne pas devoir concerner un petit samouraï comme mon père.

Ça va ?

Nous aurions voulu demander à notre père pourquoi Mlle Tomoe ne venait plus...

mais quelque chose nous en empêchait.

Sans doute parce que, même dans nos cœurs d'enfants,

nous devinions que ce sujet était douloureux pour lui.

Seigneur Iguchi !

J'ai peur que vous ne soyez venu pour rien.

Mon mari n'est pas revenu d'Edo.

Il devrait arriver dans un jour ou deux.

A-t-il écrit quoi que ce soit sur ce qui se passait là-bas ?

Non.

Nous avons reçu une lettre hier,

mais il n'y parle que de ce qu'il veut manger une fois de retour à la maison.

C'est parfait.

Vous savez sans doute qu'en ce moment il s'y passe beaucoup de choses.

Certaines personnes se sont vu ordonner le suicide.

J'étais inquiet sur le sort de votre mari.

Je suis heureux d'entendre qu'il se porte bien.

Faites-lui mes salutations lorsque qu'il sera à la maison.

Vous êtes venu seulement pour ça ?

Oui.

Bonne journée.

C'est très gentil de votre part, merci.

Continuez.

Où est le seigneur Iguchi ?

Il est parti.

Où allez-vous ?

Le seigneur Iguchi n'est peut-être pas encore très loin.

Pourquoi désirez-vous le voir ?

Aucune raison en particulier.

Je ne l'ai pas vu depuis longtemps. J'aurais aimé le saluer.

Attendez !

Tomoe...

C'est inconvenant, pour une jeune femme,

d'être vue sur la rue avec un samouraï.

Et vous avez une proposition de mariage en discussion.

Vous ne devriez pas faire ça, avec les gens autour qui peuvent jaser.

Mon intention était de vous dire cela bien avant.

Qu'y a-t-il de mal à ce qu'une femme parle avec un samouraï ?

Où est le déshonneur ?

Vous interrogez la femme de votre frère aîné ?

Je ne peux pas ?

Vous ne le pouvez pas.

Une jeune femme ne doit pas interroger ses aînés.

Avec les 60 mon du mois dernier, cela fait 550 mon.

Vous pouvez signer le reçu ?

Vous savez que le prix des bains est passé à 7 mon le mois passé.

Les prix augmentent partout.

Vous ne pouvez pas payer plus pour ces cages ?

Par ces temps incertains,

plus personne n'achète de cages à insectes.

Vous pouvez demander à votre patron pour moi ?

Bien, je lui demanderai.

Je prends ce travail très au sérieux.

Je comprends ça.

Si vous voulez bien m'excuser.

Allons.

Nous ne sommes pas des voleurs...

Nous sommes seulement venus ramasser les cages à insectes du seigneur Iguchi.

Il fait du travail à la pièce ?

Bonsoir !

Bonsoir !

Oui !

Qui est-ce ?

Le commissaire Kusaka.

Il est très tard, je sais.

Il faudrait m'accompagner chez le seigneur Hori.

Oui, Commissaire.

Il n'est pas nécessaire de vous habiller de façon trop formelle.

Seulement la jupe hakama.

Vous êtes la fille de Iguchi ?

Quel âge avez-vous ?

5 ans.

Vous êtes très mignonne...

Je suis prêt.

- Kayano... - Oui ?

Vous irez vous coucher.

Allons dormir.

Seibei Iguchi, magasinier du Château...

Cela suffira.

Iguchi, venez par ici.

Si nous vous appelons aussi tard,

c'est qu'une situation inattendue est survenue.

Vous savez qu'il y avait une révolte parmi nos serviteurs à Edo ?

Oui.

Heureusement, aucun mot de cela n'a atteint le shogun.

Sa seigneurie a ordonné à Shima Hasegawa et à sa faction de se suicider.

Mais un des hommes du seigneur Hasegawa, Zenemon Yogo, maître de garde...

a répondu qu'il ne suivrait que les ordres de son supérieur.

Il demande pourquoi il devrait être puni et refuse de se suicider.

"Si vous voulez me voir mort, venez et tuez-moi", a-t-il dit.

Et sur ces paroles disgracieuses, il s'est barricadé dans sa maison.

Ce matin nous avons envoyé contre lui notre maître d'armes.

Zenemon Yogon ! Je suis ici par ordre du clan.

Mais c'est lui qui est mort.

C'est un adepte du sabre long.

Personne du clan n'a son habileté.

Il y a eu une discussion,

et finalement, votre nom est ressorti.

Iguchi, relevez la tête.

Vous êtes un combattant avec sabre court, de l'école de Toda ?

Il y a bien des années, le maître Toda m'a enseigné.

J'ai eu l'honneur de servir son dojo.

Nous n'avons pas de temps pour la modestie.

Nous savons que vous avez été instructeur à son dojo.

Il doit être combattu à l'intérieur. Le sabre court va aider.

C'est une des raisons

pour laquelle nous vous avons choisi.

Il nous faut tuer Yogo demain, au crépuscule.

C'est un ordre de l'aîné des serviteurs du clan.

Kusaka...

Combien cet homme gagne-t-il ?

50 koku.

20 koku sont pour des dettes. Reste 30 koku.

Ça doit être dur avec deux jeunes filles et une mère âgée.

Ramenez-nous la tête de ce Yogo

et la vie sera plus facile.

Alors, qu'en dites-vous ?

Répondez-lui.

C'est un honneur.

Fermez-la.

Eh bien ?

Avec votre permission...

J'ai honte de dire qu'au cours de plusieurs années de privation...

avec la naissance de mes filles, ma femme malade et une mère âgée,

j'ai perdu le désir de manier une sabre.

Un combat sérieux... où il faut tuer un homme,

requiert une férocité animale,

et beaucoup d'indifférence pour sa propre vie.

Pour le moment, ce n'est pas le cas.

Peut-être qu'en passant un mois

seul avec les bêtes dans la montagne, je pourrais retrouver cela.

Mais pour demain...

c'est impossible, j'en ai peur. Totalement impossible.

Je vous supplie de donner l'honneur de cette mission

à un autre.

Quelle bêtise et quelle absurdité !

Nous ne sommes pas ici pour entendre les sottises d'un petit samouraï !

Votre clan vous ordonne de tuer Yogo.

Vous avez compris ?

Les ordres du clan, sont les ordres de sa seigneurie.

Tout refus est une offense !

Vous êtes relevé de votre poste ! Vous êtes expulsé du clan !

S'il vous plaît, Surveillant.

Qu'avez-vous dit, Iguchi ? Vous acceptez ?

Naturellement qu'il accepte.

N'est-ce pas ?

Puis-je demander un jour ou deux de réflexion,

avant de donner ma réponse ?

Hors de question !

Vous devez répondre maintenant.

Je vais obéir.

J'accepte la mission...

de tuer Zenemon Yogo.

Voilà qui est bien.

Un officier va vous appeler à l'heure du serpent.

Soyez prêt.

Retirez-vous.

Iguchi...

N'ayez pas peur. Qui est ce Yogo de toute façon ?

Vous allez gagner à coup sûr.

C'est exactement ce que j'ai décidé.

Bien.

Cependant, on doit toujours se préparer au pire.

C'est vrai. Le pire peut toujours arriver.

Dans ce cas, Commissaire, ceci sera un adieu.

Merci pour tout ce que vous avez fait pour moi.

Veuillez transmettre mon respect à mes collègues des magasins.

Je comprends ça.

Je vais prendre la responsabilité

de ceux que vous laissez derrière vous.

Je verrai à ce qu'on s'occupe d'eux.

C'est un grand soulagement pour moi.

Je vous remercie beaucoup.

Le bruit singulier m'a fait ouvrir les yeux.

Cherchant d'où venait le son, j'ai vu mon père qui affûtait son sabre.

Son expression était tellement inhabituelle,

que c'était difficile de croire qu'il s'agissait bien mon père.

Je me souviens très clairement de cette nuit-là.

Le bodhisattva a clairement vu le vide des cinq états...

délivrant malheur et souffrance.

La forme est le vide, le vide est seulement forme...

Nous partons !

Kayano !

Le Maître a dit : "Un homme habile en paroles et trop souriant

est rarement bienveillant." Tzeng Tzu dit : "Chaque jour...

Naota, fais quelque chose pour moi.

Oui.

Tu connais la maison de Mlle Tomoe à Nishiko, n'est-ce pas ?

Oui.

Va là-bas, et demande à parler à Mlle Tomoe.

Écoute, c'est important...

Tu dois dire ceci à Mlle Tomoe seulement.

Tu lui diras :

"Mon maître est vraiment désolé, mais il voudrait vous voir immédiatement."

"Il vous expliquera pourquoi quand vous arriverez."

Compris ?

Mon maître est vraiment désolé...

mais il voudrait vous voir immédiatement.

Il vous expliquera pourquoi...

Heu... Il vous expliquera pourquoi

"Il vous expliquera pourquoi quand vous arriverez."

... quand vous arriverez.

C'est bien. Fais vite !

Regardez où elle a pondu !

Pouvez-vous venir...

Il vous expliquera pourquoi... quand... quand...

Que se passe-t-il ?

Mon maître est vraiment désolé...

mais pourriez-vous venir immédiatement ?

Quand vous arriverez... heu...

Il va m'expliquer pourquoi ?

Le seigneur Seibei t'a envoyé me dire cela ?

D'accord. Je serai bientôt prête.

Je ne croyais plus que vous viendriez.

Le clan m'a ordonné de partir pour me battre

avec un rebelle du clan.

C'est une mission officielle, je dois donc être correctement paré.

Et je ne peux pas me coiffer seul.

Je ne savais que faire, alors j'ai pensé demander votre aide.

Si vous avez le temps, pouvez-vous m'aider ?

Quand devez-vous partir ?

À l'heure du serpent.

Cela ne laisse pas beaucoup de temps...

Où est votre kimono ?

Il est préparé là-bas.

Naota, fait bouillir de l'eau.

Qui vient vous chercher ?

Un officier du clan.

Naota, tu peux surveiller si quelqu'un arrive ?

Asseyez-vous, je vais vous coiffer.

Puis-je vous demander la raison...

pour laquelle vous devez vous battre ?

Je ne peux pas refuser un ordre du clan.

Je suis pauvre, mais je reste un samouraï.

Paniers, balais !

Paniers, balais !

Votre frère aîné... m'a demandé...

si je voulais vous prendre comme épouse.

J'ai refusé.

Vous le saviez, sans doute ?

Oui, je le savais.

Mais...

Mais depuis ce jour...

Depuis que j'ai exprimé mon refus à votre frère...

je ne peux m'empêcher de penser à vous.

Aujourd'hui, je me dis que depuis que nous sommes petits...

alors que je vous fabriquais des poupées...

... j'ai toujours rêvé que vous deviendriez un jour ma femme.

Ce rêve est resté en moi, même après que je me sois marié...

et que vous soyez mariée à Koda.

Ce rêve ne s'est jamais effacé.

Je pars maintenant pour un combat à mort.

Je vais gagner et revenir dans cette maison.

À ce moment-là, si je devais vous demander...

d'être ma femme...

Accepteriez-vous ?

Il y a quelques jours, j'ai reçu une proposition...

d'un citoyen de Aizu.

J'ai accepté.

J'ai été très grossier.

Je n'aurais pas dû vous demander de venir ici.

Non.

Je suis heureuse que vous me l'ayez demandé.

Je me suis rendu ridicule.

Veuillez oublier tout ce que j'ai dit.

Vraiment ? Un citoyen de Aizu ?

C'est bien. Je suis content pour vous.

Ils sont là ?

Oui.

Bien, je vais y aller.

Je vous remercie pour tout.

Un instant...

J'ai peur de ne pouvoir attendre ici jusqu'à votre retour.

Je souhaite de tout mon cœur...

que la chance soit avec vous et que vous reveniez sain et sauf.

Naota...

Raccompagne Mlle Tomoe quand elle partira.

Et prends soin des enfants.

Madame Iguchi.

Comment allez-vous aujourd'hui ?

Bien, merci.

De quelle maison êtes-vous ?

Oui...

Je suis...

l'amie d'enfance de votre fils Seibei...

Tomoe.

Monsieur.

Seigneur Iguchi ?

Zenemon Yogo s'est enfermé et a rabattu les volets.

C'est Genba Hattori, maître d'armes.

Il faudrait enlever le corps,

mais il ne nous laisse pas approcher.

Faites attention.

Zenemon Yogo n'est plus un homme. C'est une bête !

J'entre !

M. Crépuscule...

Alors c'est vous l'élu ?

Zenemon Yogo...

par ordre du clan, je viens prendre votre vie.

Prenez votre sabre, s'il vous plaît.

Vous buvez ?

Je sais que vous êtes sous tension, mais je vais me sauver.

Vous sauver ?

En effet.

Je désire que vous me laissiez partir...

S'il vous plaît.

Je ne m'attendais pas à cela d'un des meilleurs sabreurs du clan.

Mes ordres sont de vous tuer, je ne peux donc pas vous laisser partir.

Ne soyez pas si impatient. Vous pouvez me tuer n'importe quand.

Je voudrais vous parler.

Vous pouvez vous asseoir.

C'est une belle journée.

Asseyez-vous.

Que se passe-t-il ?

Ils discutent.

Même si vous vous échappiez, où iriez-vous ?

Au-delà de la montagne, là je serais hors du domaine du clan.

Il y a des samouraïs sans maître partout.

Je peux me cacher parmi eux et me rendre ainsi à Tokyo ou Edo.

Si je reste dans l'ombre quelques années,

le monde aura le temps de changer.

Le temps des samouraïs est terminé.

Le moment de discuter de cela est mal choisi.

Prenez votre sabre s'il vous plaît.

Je dois me conformer aux ordres reçus...

Au diable !

Vous êtes le garçon de courses du clan qui cherche récompense ?

Buvez un coup. J'ai aussi été garçon de courses.

J'ai servi le seigneur Shigemasa Toki.

Il y a douze ans, suite à une lutte de pouvoir,

on lui a ordonné de se suicider...

Alors j'ai erré pendant sept ans avec ma femme et ma fille...

à la recherche d'une nouvelle situation.

Sept ans ?

Sans aucun revenu ?

Bien sûr que non.

Je faisais des travaux manuels et aidais des paysans à cultiver et à récolter,

en échange d'un peu de riz.

Nous sommes restés un temps dans un temple, à vivre d'aumônes.

Il y a trois ans, le clan Unasaka a fait de moi un serviteur officiel...

mais les privations avaient déjà tué ma femme.

J'étais bon avec un sabre, mais j'avais un sale caractère...

et je tenais mal l'alcool.

Malgré tout,

je m'étais promis que les choses se passeraient bien.

Je ferais mon devoir comme un vrai serviteur doit le faire.

J'ai travaillé dur pour mériter de la considération.

Mon supérieur était le seigneur Shima Hasegawa.

Il m'aimait bien, et il a fait tout ce qu'il a pu pour moi.

À mes yeux,

les tâches qu'il m'assignait étaient les tâches du clan.

Ses ordres étaient les ordres du clan, et je les ai suivis fidèlement.

Qu'y a-t-il de mal à cela ?

Pourquoi devrais-je m'ouvrir le ventre ?

Je ne suis pas venu ici pour répondre

à ce genre de questions.

Iguchi...

J'ai entendu dire que votre femme est morte de tuberculose. C'est vrai ?

Je suis surpris que vous sachiez cela.

Et sa fièvre a augmenté à l'arrivée de la nuit ?

Oui.

La tuberculose est une maladie difficile, et c'est contagieux.

Ma fille est morte d'une tuberculose attrapée de sa mère.

Vous n'êtes pas le seul à avoir souffert.

Quel âge avait votre fille ?

16 ans.

Quand elle a été comme une fleur prête à s'épanouir,

elle est morte.

Il ne lui restait que la peau et les os.

Une bien triste vision.

Je suis réellement désolé pour vous.

Ses cendres.

C'était une jolie fille, avec le teint pâle.

Je suppose qu'alors le seigneur Hasegawa a eu pitié de moi.

Il m'a donné l'argent qui m'a permis de payer à ma fille

des funérailles bien au-dessus de notre état.

Ne serait-ce que pour ça,

je lui serai toujours reconnaissant.

Quel est votre salaire ?

50 koku.

Une femme malade, des enfants et seulement 50 koku ?

Cela a dû être dur ?

Le médecin et les soins coûtent à eux seuls 1 ryo et 2 bu par mois.

Le travail à la pièce ne peut pas payer ça.

J'ai emprunté aux parents, mais ce n'était pas toujours assez.

Souvent, il n'y avait pas assez de riz pour le lendemain.

Je sais comment on peut se sentir mal de voir le fond de la boîte à riz.

Vous avez eu de durs moments aussi.

Ce qui m'a vraiment causé des ennuis, c'est les funérailles de ma femme.

La branche principale de la famille

a voulu des funérailles qui ne leur feraient pas honte.

Je ne pouvais me le permettre.

J'étais désespéré, et finalement j'ai dû vendre mon sabre.

C'était un excellent sabre hérité de mon père.

Mais après réflexion, je me suis dit qu'après tout

le temps des sabres était terminé.

J'ai bien peur que ceci ne soit que du bambou.

Vous allez me tuer avec un sabre de bambou ?

Bien sûr que non.

J'ai appris la technique du sabre court.

Je voulais me battre avec cela.

Un sabre court ?

Vous avez l'intention de me tuer avec quelques tours bon marché ?

Vous ne me prenez pas au sérieux, n'est-ce pas ?

Attendez !

Cela ne sera pas !

Je croyais que vous vouliez que je vous laisse partir !

Il y a peut-être une solution.

Dégainez !

Attendez !

Vous êtes très bon.

Si vous voulez vous sauver, voici votre chance.

Après vous avoir tué.

Dégainez !

S'il vous plaît ! Il est encore temps d'arrêter.

Réfléchissez !

Vous n'avez pas eu de repos depuis hier.

Vous avez déjà le souffle court.

Vous vous raillez de moi ?

Arrêtez !

Ou je devrai vous mettre hors de combat.

Je n'aurai pas le choix.

C'est ce que vous voulez ?

Ça me va.

Dégainez.

Vous m'avez blessé, M. Crépuscule.

Voilà ce que vous gagnez, à ne pas me prendre au sérieux.

Asseyez-vous.

Me laisserez-vous partir, M. Crépuscule ?

C'était...

mon intention.

C'est sombre.

Je vois mal.

Mon Dieu.

M. Crépuscule.

C'est terminé ?

Oui...

La place est à vous.

Allez !

Il est mort.

Ito...

Va acheter du tofu.

Ne perds pas l'argent.

Mlle Kayano !

C'est le maître !

Ito...

je suis de retour.

Mlle Tomoe, Père est revenu !

Alors...

vous êtes toujours là !

Dieu merci !

J'étais certaine...

J'étais sûre...

que vous étiez mort.

Finalement, Mlle Tomoe est devenue notre mère.

Mon père était heureux.

Mais la paix a prévalu dans notre maison moins de 3 ans.

Avec la restauration Menji, est venue la guerre civile.

Notre clan a soutenu l'ancien shogun...

et s'est battu du côté des rebelles contre le gouvernement de l'Empereur.

Durant la guerre appelée "Guerre de Boshin",

mon père a reçu une balle et en est mort.

Mlle Tomoe nous a amenées à Edo, aujourd'hui appelé Tokyo,

et nous a gardé avec elle jusqu'à ce que nous soyons mariées.

Maintenant elle repose sous cette pierre, au côté de mon père.

Dans la nouvelle ère Menji,

plusieurs hommes qui avaient travaillé avec mon père,

sont devenus des fonctionnaires très haut placés.

Je les entendais souvent dire...

"Ce M. Crépuscule était un homme malheureux".

Mais je ne suis pas d'accord.

C'est mal connaître mon père.

Il n'avait aucun désir de réussir dans le monde...

Je ne crois pas qu'il se voyait comme malheureux.

Il a aimé ses filles...

Et la jolie Tomoe l'a aimé.

Sa vie, je crois, a été courte mais pleine.

Je suis fière d'avoir eu un tel père.

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