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Original subtitles

QUE FAIRE QUAND ON EST MOURANT

MON CŒUR A DES AILES BLOG SUR LA FIN DE VIE

MISTER - QUAND TU SAIS QUE TU VAS MOURIR

BEAU COMME UN SOLEIL

LES ENVAHISSEURS

ET C'EST REPARTI

AVENIR

Vous n'êtes sans doute pas du genre à recevoir des messages

mais je vous écris par pur égoïsme.

Je suis votre blog depuis un moment.

J'espère que vous sortirez de votre opération

ou de ce que vous vivez

fort et en bonne santé.

Vos posts me manqueraient.

Sincèrement.

Merci pour votre égoïsme.

D'habitude, seuls des fous m'écrivent,

proposant des traitements miracle, des conseils psy, etc.

Je reçois aussi des photos de femmes nues,

ou d'hommes nus, de tout âge.

C'est vraiment à couper le souffle !

Rassurez-vous : je ne suis pas encore mort.

La tumeur s'ennuyait et elle m'a quitté.

Mes intestins semblent la regretter car je souffre encore plus qu'avant.

"Les pas maladroits mais légers d'Hélène sont...

exquis..."

"Merveilleux."

Allô ?

Salut ? Je...

Je ne te vois pas.

Non, ma caméra est cassée.

Mais c'est ok juste avec le son.

Oui, juste le son.

Tu as un léger accent, non ?

Non...

Non, pas vraiment. Je suis Luxembourgeoise.

Mais j'ai passé mon adolescence en France.

Où as-tu appris le français ?

- Waouh. - Tu n'y as jamais été ?

Non.

Africa rocks !

Comment on dit ça en français ?

Peut-être :

Je pense.

J'adore !

Ça va ? Tu as peu posté depuis ton opération.

Non. Je me sentais trop mal.

Pas envie de partager.

Je connais cette sensation.

Pardon...

Je...

Je te rappelle, ok ?

Mon concentrateur d'oxygène.

C'est bien avec juste l'audio, tu ne vois pas cette merde.

Les tubes dans mon nez.

Plus rien ne m'effraie.

J'aime beaucoup ton blog, tu sais.

Avec seulement des images,

sans commentaires idiots comme : "Bats-toi !",

ou : "Tu es si courageux !"

En fait je supprime ces commentaires !

Rien de pire que ces messages de gens en bonne santé.

Je hais les gens en bonne santé.

Parle-moi de Saebø.

Saebø ?

Tu es une espionne !

Je peux te dire qu'ici, c'est la campagne.

J'habite une vieille maison.

Juste au bord du fjord.

Il y a un hangar à bateaux en contrebas.

Des montagnes verdoyantes partout...

C'est... parfaitement ennuyeux.

Tes photos sur le blog ne sont pas très ressemblantes...

Quelle photo ?

La photo avec la chemise d'hôpital ?

Le cul nu.

Ah, lui !

C'était mon voisin de chambre.

Je vois.

J'ai jamais dit que c'était moi.

Je vais d'abord te montrer la cabane.

C'était un hangar à bateaux avant.

Il y a des serviettes là

et de l'eau.

Pour les toilettes, tu peux monter à la maison.

Et...

- Salut. - Bonjour.

Désolée pour hier soir.

J'étais crevée.

Oui, je sais.

Tu veux quoi ? Thé, café ?

- Du thé, s'il te plaît. - Bien.

Hélas, il n'y a que des restes.

Mais je préfère la Bergen soup.

La Bergen soup ?

La Bergen soup.

Il y a quoi dedans ?

Des légumes, de la crème, du poisson, bien sûr.

Je ne sais pas trop, t'auras qu'à lire l'étiquette.

Tu sors deux bols du buffet ?

Tu as Internet ? Le Wi-Fi ?

Je n'ai pas de réseau.

Tu plaisantes j'espère !

J'ai assez de radiations comme ça dans mon corps !

Pas de Wi-Fi, juste un câble à l'ancienne.

Tu peux utiliser le téléphone du bureau.

Oui, mais...

Je voulais écrire un SMS.

Un texto.

Il y a ce qu'on appelle ici "la Colline connectée",

le seul endroit avec du réseau.

Mais... je peux y aller à pied ?

Oui, bien sûr.

Tu as bien dormi cette nuit ?

- Non. - Non ?

En fait, non.

Je crois que c'est à cause...

du silence, de la lumière.

Je vois.

Le soleil, le silence, le calme.

C'est horrible...

Si ta maladie ne te tue pas...

ma cuisine s'en chargera !

Non, tu cuisines très bien, Bent !

Désolée !

En fait...

Je perds l'appétit subitement. Pas toi ?

Si, ça m'arrive très souvent.

Qu'est-ce que tu as ?

Tu ne m'as jamais dit.

Tu n'as jamais demandé.

Tu n'es pas obligée d'en parler

si tu ne veux pas.

J'ai une fibrose pulmonaire idiopathique.

Répète-moi ça ?

Ils deviennent épais.

Alors...

Merci pour ce beau refuge !

Je le pense. Vraiment.

Somnambulisme ?

C'est la lumière.

Ça me rend dingue.

C'est atroce.

C'est toi qui as fabriqué ça ?

Je m'ennuie parfois.

C'est ce que je préférais au travail.

Je passais des heures entières seule

à en fabriquer.

C'est pas mal du tout, Bent !

Cela dit...

si ça, c'est le garage,

je mettrais une terrasse ici.

Et je mettrais des baies vitrées

donnant sur le fjord.

C'est une super idée.

Du coup, encore plus de lumière l'été.

J'ai vu les stores occultants dans ta chambre.

Tu en mettrais aux baies vitrées

et aussi dans la cabane.

C'est terrible à ce point.

Tu veux dormir dans ma chambre ?

Vraiment ?

- Pour un petit moment. - Tu es sûr ?

J'adorerais, juste quelques heures.

Mais toi, comment tu te sens ?

J'étais hyper mal aujourd'hui, mais j'ai bien dormi au final.

Oh, c'est bien.

J'ai besoin de dormir...

encore un peu, d'accord ?

Oui, je prends mes affaires.

Pourquoi ?

- Je vais dormir dans la cabane. - Non Bent, je t'en prie.

Ne va pas dans la cabane.

Je n'ai rien dit, mais le lit est affreux.

Dors dans ton lit.

Dors ici...

et moi, je me repose encore un peu,

si ça ne t'ennuie pas.

Non, non.

- D'accord. - Bien.

Que s'est-il passé ?

J'appelle un docteur ?

C'était juste ma dernière balade.

C'est tout.

Peut-être que oui.

Peut-être que non.

Quoi ?

Ta dernière balade.

Tu sais...

Et c'était bien.

Ne t'en fais pas.

Arrête.

Pardon.

C'est une femme du village.

Son mari était un de mes meilleurs amis.

Il y a une commémoration,

elle m'a invité.

Et c'est tout.

Et tu n'iras pas.

C'est ça.

Son mari et moi,

on était ingénieurs sur une plateforme pétrolière.

Il y a 30 ans.

Ça fait longtemps que je n'en parle plus.

Un dysfonctionnement dans une pompe.

Le gaz s'est enflammé

et une énorme explosion a tout dévasté.

Comme une flamme de chalumeau,

mais cinq mille fois plus grosse.

De la fumée noire partout.

Et cette chaleur...

Des hommes se sont retrouvés piégés.

Les flammes se rapprochaient

et j'ai dû sauter.

Quand j'ai refait surface, l'eau était brûlante.

J'ai nagé aussi loin que possible

et j'ai heurté son cadavre.

Il flottait sur le ventre.

La mort.

Les morts.

Font partie de la vie.

J'ai pas besoin de commémoration annuelle.

Je ne veux pas t'interrompre.

Je peux m'assoir sur le canapé ?

Bien sûr.

Mais ne me parle pas.

Je suis inspiré, là...

Mon mari va venir.

Je lui ai dit que je ne veux pas de greffe.

D'accord.

On ira à l'hôtel à Saebø.

Restez dans la cabane...

Le premier soir de mon arrivée ici,

je me suis assis sur ce banc-là précisément.

Pour manger de la pizza ?

Pour boire de la bière.

Salut, Bent.

Pourquoi es-tu resté après l'accident ?

Je n'arrivais pas à partir.

Ma femme est partie.

Elle est retournée à Oslo avec mon fils.

Elle n'a pas supporté.

Tu trouves ça égoïste de ma part, de vouloir rester ici ?

C'est toi qui meurs, là.

Tu ne dois rien à personne en ce qui concerne ta mort.

Tu choisis le mieux pour toi, pas pour les vivants.

Et puis, qui est égoïste ?

Toi, ou ceux qui veulent te garder en vie à tout prix ?

- Tu fais quoi ? - Une omelette.

Du fromage ?

Comme ça ?

Parfait.

Je devrais sans doute partir, là.

Non.

C'est ta maison, c'est à nous de partir.

Ta maison, ma maison, sa maison...

On s'en fout.

C'est dur pour lui.

Désolé.

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