All language subtitles for Miss.and.the.Doctors.2013.FRENCH.720p.WEB-DL.DD5.1.H264-K0RP0S.FRE

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Original subtitles

Allez-y.

Maman revient vite, chéri. Ça va bien se passer.

- Tu m'appelles tout Ă  l'heure, Boris ? - Oui, je t'appelle.

- Ça va, docteur ? - Oui.

- T'es chirurgien, ou quoi ? - Oui.

- T'opères ? - Oui.

- T'opères quoi ? - La tête.

La tĂŞte ? C'est bien...

Tu veux qu'on chante une chanson en attendant ton papa ?

Oui.

Qu'est ce qu'on pourrait chanter ? Qu'est-ce que tu aimes ?

- A la volette ? - D'accord.

"Mon petit oiseau a pris sa volée."

"Mon petit oiseau a pris sa volée."

"A pris sa, Ă  la volette."

"A pris sa volée."

"Mon petit oiseau veux-tu te soigner ?"

"Mon petit oiseau..."

- Merci d'être resté. - Je vous en prie.

Vous avez des nouvelles ?

C'est pas une migraine, donc elle passe une IRM Ă  l'hĂ´pital du Kremlin-BicĂŞtre.

Mais ne vous inquiétez pas, on vous tiendra au courant.

Salut bonhomme, t'as été très sage.

Merci, au revoir.

Ah, docteur !

Bonsoir, vous allez bien ?

Oui, merci. Tenez, c'est pour vous et votre frère.

Merci, fallait pas.

Si, c'est pour tout ce que vous faites pour mon fils.

Excusez-moi.

Allô ? Oui, Rémi est avec son père.

T'as vu Lapresle ?

Il est descendu aux urgences, il va s'occuper d'elle ?

Très bien. Ouais, à plus. Ciao.

Merci, au revoir.

Bonjour, docteur Pizarnik.

Bonjour. Ça va, les enfants ?

- Monsieur Pérez, ça va ? - Ça va, je vous remercie.

On y va les enfants ?

Au revoir, monsieur le docteur.

Bonne soirée.

TIREZ LA LANGUE, MADEMOISELLE

Concentre-toi bien. VoilĂ .

Doucement.

Envoie.

Comme ça.

Fouette-la ! Fouette-la un peu !

- Encore 6 mois, et je te bats. - Vas-y.

- On joue la semaine prochaine ? - D'accord.

Monsieur Pizarnik ! Votre frère a oublié son courrier.

Merci beaucoup. Bonne soirée.

Tais-toi, Aspro.

C'est qui ?

C'est nous, les docteurs.

- Prouvez-le. - Appelle ta maman, s'il te plaît.

Prouvez-le.

Vous êtes le Maître des Serpents ?

Je vois plus rien.

C'est normal, j'ai caché l'œilleton.

Et c'est lĂ  qu'une petite chouette apparut.

Vas-y, tends bien ton bras. C'est bon.

C'est parti.

Dis-moi Alice, tu as mangé ou bu quelque chose de spécial aujourd'hui ?

Non, pas du tout. Je suis diabétique.

Et tu as mesuré ton taux de glycémie ?

Oui, il est Ă  1,10 grammes.

On va le remesurer. C'est pas qu'on te fait pas confiance,

mais il faut absolument qu'on soit sûrs.

T'as un carnet de traitement ?

Merci.

Alors, qu'est-ce que ça donne ?

C'était bien 1,10 grammes.

Tu as mangé quelque chose aujourd'hui ?

Faut pas que tu sautes de repas, tu le sais ça ?

T'as des fourmillements aux jambes ? Tu te sens engourdie ?

Oui.

Je pense que tu fais une crise d'hypoglycémie.

Alors, on va dire que pour toi c'est une banane,

et 4 morceaux de sucre.

- Tu fais souvent des malaises ? - Non.

Non. J'étais mal, alors le concierge m'a conseillé de vous appeler.

Pourquoi vous ĂŞtes venus avec un chien ?

Bah, c'est Aspro, c'est notre chien.

Aspro ?

Oui, c'est le roi de l'aspirine.

Et tu es toute seule ? Ils sont oĂą tes parents ?

Ma mère travaille la nuit.

Elle va rentrer bientĂ´t, normalement.

Tu peux me faire son numéro de téléphone, s'il te plaît ?

Oui, bonjour Madame.

Ici le docteur Boris Pizarnik Ă  l'appareil.

Votre fille a fait un malaise. On est avec elle, pour l'instant ça va,

mais ce serait bien que vous me rappeliez quand mĂŞme

au 06 62 98 83 40.

Je vous remercie.

Ecoute, tu vas rester allongée comme ça.

Et s'il y a un problème, tu rappelles. N'hésite pas. D'accord ?

Oui, au 06 62 98 83 40.

Eh bah dis donc !

Ma mère m'oblige à apprendre tous les numéros importants.

Le sien : 06 07 82 97 95.

Le Samu, le 15.

Celui des urgences de Necker, le 01 78 98...

Ok, on a compris, Miss Numéro.

Allez. Mange ta banane tout de suite, s'il te plaît.

Tirez la langue, Mademoiselle.

Ouh la ! Elle est trop longue, va falloir la couper. Allez, bonne nuit.

Elle a l'air seule cette petite.

C'est pas terrible, mais je crois qu'on va s'en sortir.

Franchement, Annabelle, je ne sais pas ce qu'on ferait sans vous.

Boris...

Vous avez quelqu'un dans votre vie ?

Vous allez pas recommencer, Annabelle.

Pourquoi vous refusez qu'on soit amoureux de vous ?

C'est pas ça, mais faut pas tout mélanger.

Le travail, les sentiments, c'est pas...

Trois ans qu'on se voie tous les jours, je vous connais très bien.

Vous êtes généreux, c'est rare, vous savez.

- Bonjour. - Bonjour.

Docteur Pizarnik.

Ah, c'est vous. Bonjour. Judith Durance.

Enchanté.

Justement, je voulais vous appeler.

Entrez, je vous en prie.

Excusez-moi, je viens de me réveiller.

Je vous fais un café ?

Non merci, j'ai pas le temps.

Je vous ai ramené votre chèque.

Pourquoi ?

J'ai pas mis assez ?

Vous l'avez pas signé.

Ah pardon, excusez-moi, je fais toujours les choses trop vite.

Vous ĂŞtes lequel des deux ?

Pizarnik 1 ou Pizarnik 2 ?

Celui qui a une grosse voix ou le timide ?

Boris Pizarnik.

D'accord, c'est la grosse voix.

Je suis désolée pour cette nuit, je voulais vous rappeler, mais j'ai pas...

Ça va, mais ce qui est grave c'est que votre fille n'ait pas pu vous joindre.

Vous laissez souvent votre fille seule ?

C'est dangereux. Avec son diabète, elle peut faire un coma.

Vous le savez ?

Je sais. Je suis imbattable sur le diabète.

Ma fille et moi, on maîtrise très bien les choses.

N'exagérez pas la situation.

Ou appelez les services sociaux pendant que vous y ĂŞtes.

Je vous retiens pas...

Au revoir.

Anna, ces 2 derniers mois, on t'a vue pour un rhume, un mal de ventre,

des crampes à l'estomac, un problème de sommeil.

T'as eu quatre bobos.

Toi Pierre, on t'a vu pour une diarrhée,

des petits boutons sur la main gauche, un mal de gorge,

un petit bobo à l'oreille, une fièvre.

En tout et pour tout, cinq bobos.

Mais on joue pas la comédie, on n'est pas des menteurs.

On dit pas que vous jouez la comédie,

on dit juste qu'il y aucune raison pour que vous soyez aussi souvent malades.

Vous êtes tous les deux en parfaite santé.

Vous avez entendu ce que disent les médecins, les enfants.

Pierre, dis-moi pourquoi tu veux nous voir aussi souvent ?

Et toi, Anna, pourquoi tu as besoin de nous comme ça ?

J'ai acheté du thé, vous l'avez trouvé ?

Oui, Annabelle, merci.

Tiens, Judith Durance...

Elle est passée tout à l'heure.

Elle avait pas l'air très à l'aise. T'as pas été un peu brutal avec elle ?

Peut-ĂŞtre. Pourquoi, elle t'a dit quelque chose ?

Alice a un diabète simple. Enfin, en tout cas, bien maîtrisé.

Elle est belle cette femme.

On a convenu qu'on allait s'occuper de la petite.

Toi et moi ? Ou juste toi ?

J'ai pas précisé.

Ils sont pas un peu bizarres, ces médecins ?

Moi en tout cas, j'aime bien leur chien.

Maman, j'ai pas été malade aujourd'hui.

Bon bah, je vous laisse.

Vous ne mettez pas le bazar, hein ? J'ai tout rangé.

Ne vous inquiétez pas. Merci, Annabelle.

Au revoir, Annabelle.

Elle est gentille, je l'aime bien. Tu sais, elle travaille dur.

- Pourquoi tu dis ça ? - Parce que...

Avec ton air, lĂ ...

J'ai parlé avec la petite pharmacienne tout à l'heure...

- Tu l'as invitée à dîner ? - Non, j'ai l'impression que...

C'est ton genre, non ?

Merde.

N'importe quoi !

Je me suis pissé dessus. Je suis désolé.

Ça t'arrive souvent ?

Oui, depuis une dizaine de jours.

J'espère que tu refais pas une poussée. Ta rémission était bonne depuis 6 mois.

Passe demain, on va refaire des bilans.

D'accord.

Hier soir, j'ai vu une émission de télé sur la sclérose en plaques.

Il y avait une femme malade sur le plateau,

dans un état bien plus grave que moi,

et elle paraissait morte d'angoisse.

Je vais rentrer chez moi, je me sens trop sale.

Bonne soirée, les deux frères.

Bonsoir.

Salut, Charles.

Tu rentres Ă  quelle heure ?

Ça dépend si on cause beaucoup, ou pas.

Et toi, tu causes beaucoup ?

J'ai pas Ă  te le dire.

Tu vas voir la mère de Rémi ce soir ?

Son mari m'a demandé de passer la voir.

Ok, Ă  plus.

C'est toi qui t'occupes d'Aspro ?

Bah oui, qui veux-tu que ce soit ?

- Bonsoir. - Bonsoir.

Bonsoir Ă  tous.

Qui veut commencer ?

Dimitri, tu veux prendre la parole ?

Oui, je veux bien.

Bonsoir, je suis Dimitri, je suis alcoolique.

J'ai pas de problèmes avec ma femme. D'ailleurs, j'en ai pas.

Et j'ai pas de problèmes avec mes enfants.

D'ailleurs, j'en ai pas non plus.

J'ai un problème, mais je sais pas vraiment lequel.

Est-ce que quelqu'un peut m'aider ?

Ouais, Boris...

Alors ça donne quoi la mère de Rémi ?

Une tumeur...

Ah, merde.

Ils l'opèrent cette nuit ?

Alors, en plus du reste, vous pratiquez aussi la cigarette ?

Bah oui, je me détends comme je peux.

Vous avez des soucis ?

Ah, c'est secret ça.

Vous m'accompagnez ?

Pourquoi pas ?

Ça fait longtemps que vous venez ?

Ah, c'est secret.

Tu veux pas rester dormir avec moi ?

Comme tu veux, Docteur Solitaire.

Alice ?

Alice, tu sais que j'ai pas le temps pour les blagues.

Mais ma chérie, faut pas parler comme ça.

Tu me fais mal au cœur.

Mais ma chérie...

mĂŞme au travail t'es toujours dans ma tĂŞte.

C'est ça que vous cherchez ?

Bonsoir.

Merci, docteur Pizarnik.

Qu'est-ce que vous faites ici, Ă  cette heure ?

Et vous, madame Durance ?

Je rentre chez moi, j'ai fini ma nuit de travail.

C'est pas très prudent. Vous voulez pas que je vous accompagne ?

Sinon je vous offre une soupe pour me faire pardonner de l'autre fois.

Pourquoi ?

J'étais de mauvaise humeur, ça m'arrive parfois.

Il est six heures.

Alice dort Ă  cette heure-ci.

- Un quart d'heure, alors. - Ok.

Merci.

Si un bébé est tout rouge à la naissance, c'est signe de quoi ?

C'est signe qu'il a déjà honte de sa mère.

Non, c'est qu'il a un taux de globules rouges très élevé dans le sang.

C'est fréquent chez les nouveaux-nés.

Bonne réponse, docteur. Vous aurez droit à un rab de nouilles.

Merci.

C'est une étudiante en Médecine.

Elle bosse comme une dingue, et en plus elle aide ses parents au restaurant.

Ils sont forts ces jeunes.

Ça fait longtemps que vous travaillez dans le quartier ?

Ça fait depuis toujours. J'ai toujours travaillé là.

Et vous, vous travaillez dans quoi ?

Je suis barmaid.

Je suis la reine des cocktails. J'ai même gagné des concours, et tout.

Vous travaillez la nuit, non ?

- Oui. - C'est pas trop dur ?

Non, ça va, j'ai l'habitude.

J'aime bien vivre Ă  l'envers.

Ce qui m'embĂŞte, c'est Alice, parce que j'aime pas la laisser seule.

Elle supporte bien la situation ?

Bah oui.

Oui, ça va bien pour elle.

Vous avez les larmes aux yeux, et de la sauce piquante aux lèvres.

Faites attention, ça arrache.

Ça s'appelle comment l'endroit où vous travaillez ?

Le Fidji.

C'est dans le quartier ?

C'est à côté, là.

Ça marche bien, j'ai plein de clients fidèles.

Non, mais ça va...

je ne suis pas une pute, si ça peut vous rassurer.

Ça me gène pas. J'aime bien les prostituées, elles sont courageuses.

J'en avais une parmi mes patientes, une chinoise qui bossait Porte d'Ivry.

Elle a complètement disparu de la circulation.

Mais vous pensez faire ce travail longtemps ?

Vous ĂŞtes en train de me parler de mes vieux jours, lĂ  ?

Non, arrêtez, ça me déprime trop.

Ça va, pour l'instant, je vous remercie, je tiens le coup.

Vous avez l'air fatiguée. Peut-être vous devriez vous reposer ?

Oui, vous avez raison.

En plus, j'ai peur qu'Alice se réveille.

Je vous ai pas vexée ?

Pas du tout.

Mademoiselle, s'il vous plaît, est-ce qu'on peut avoir l'addition ?

L'addition, c'est pour moi.

Non, c'est pour moi, c'est mes pourboires.

Moi aussi, j'ai des pourboires.

Il y a un caïd du quartier qui m'a payé avec un bouddha en or.

Je l'ai pas revendu par peur d'y passer, mais ça aurait plu à ma comptable.

Merci beaucoup.

De rien.

Voilà, encore une journée nouvelle.

Bonne journée, docteur Pizarnik.

J'ai pris rendez-vous auprès de votre secrétaire,

parce que j'ai reçu les résultats du labo.

Ma fille n'aime pas trop les médecins, elle les a sur le dos depuis petite.

J'espère que vous comprendrez si elle est un peu... sauvageonne.

- Au revoir. - Au revoir.

Kay, comment tu vas ?

Moi, plus ou moins. Et vous ?

Ça va.

Tu peux enlever ta capuche, s'il te plaît ?

Ecoute, on est très contents de tes résultats.

Ça fait 6 mois sans crise d'épilepsie, c'est vraiment très bien.

Non, mais j'ai envie d'arrêter le phénobarbital.

Je peux Ă  peine bander quand je le prends.

T'as une petite amie ?

Ça vous regarde pas.

Il y avait une petite Marie dans ta vie quand t'avais 8 ans, il me semble, non ?

Tiens, regarde.

Elle est horrible.

C'est vrai qu'elle est pas terrible,

mais on voit déjà que ça te travaillait en tout cas.

Vous gardez tout sur moi, ou quoi ?

Bah oui, c'est normal, on te suit.

C'est pour ton bien.

Faut que tu continues le phénobarbital, c'est indispensable.

Mais vous pouvez pas savoir, vous avez pas de petite amie.

Qu'est-ce que t'en sais qu'on a pas de petites amies ?

On sent que vous êtes frustrés, enfin, que vous avez pas de vie.

C'est quoi, pour toi, avoir une vie ?

Et pour vous ?

Bah, c'est simple...

c'est trouver l'amour, non ?

Trouver l'amour ? C'est ridicule.

Bon, on va aller parler Ă  ta maman, et on revient.

Tu nous attends tranquillement ici, d'accord ?

Bonjour, madame.

Bonjour, docteur.

Quoi ? T'es inquiet pour Kay ? C'est normal qu'il ne nous piffre plus.

Faut pas tout prendre comme ça, au pied de la lettre !

Docteur ?

Oh, Judith...

Qu'est-ce que vous faites ici tout seul ?

J'ai un coup de barre. Je viens de perdre un patient.

Je suis désolée. Il est mort ?

Non, il est pas mort, il me déteste.

Vous voulez pas vous asseoir ?

Euh, si, je veux bien, merci.

J'ai même pas le courage de vous inviter pour une soupe. Je suis trop épuisé.

J'ai un congolais, si vous voulez.

Un congolais ?

J'adore.

C'est hyper sucré, ça reste des heures dans le ventre.

J'ai pas mangé ça depuis que je suis tout petit.

Mais vous l'avez pas entamé ?

Bah non, c'est pour vous, allez-y.

C'est bourratif comme du béton. Un peu comme vous.

Vous avez un côté mur de béton, je trouve.

C'est rassurant...

mais ça fait peur aussi.

Et Dimitri ?

Dimitri, je ne sais pas, je ne le connais pas bien.

Il est plus doux que vous. Non ?

En tout cas, merci pour le béton. Ça fait plaisir.

Merci de vous occuper d'Alice.

Elle va mieux depuis qu'elle vous voit.

Vous ĂŞtes forts avec les enfants.

Pourtant, Dimitri et moi, on veut pas d'enfants. Enfin...

Dimitri veut pas d'enfants, et moi non plus.

C'est marrant, moi, j'ai toujours voulu avoir des enfants.

MĂŞme si...

Max Fusetti...

C'est le père d'Alice...

Pardon.

Je l'ai foutu dehors, il y a des années. Je l'aimais plus du tout.

C'est comme ça.

Je peux vous demander une faveur ?

C'est Ă  propos d'Alice ?

Vous changez de visage dès que vous parlez d'elle.

Ah bon ? J'avais pas remarqué.

Bonsoir, Alice.

Ta maman m'a dit de passer, paraît que t'étais pas très bien aujourd'hui.

Non, mais ça va très bien. C'était pas la peine de venir.

Eh, c'est moi le docteur. Qu'est-ce que tu manges ?

Un pépito.

C'est pas terrible.

Bon, tu notes bien tous tes petits malaises, hein ?

Tu nous racontes pas de cracs, t'es sûre ?

On peut te faire confiance ?

Tu fais pas la gentille pour faire plaisir Ă  ta maman ?

Sûre ?

Bon.

Reste allongée alors, je vais écrire un mot à ta maman.

Docteur, vous êtes marié ?

Non. Je suis pas marié.

Et votre frère ?

Mon frère n'est pas marié non plus.

Allez, rendors-toi, petite piplette.

Judith,

votre fille me fait tourner en bourrique, je crois.

Votre appartement n'est pas mal du tout,

mais vous devriez surveiller la date de péremption des sodas.

Il y a trop de sucres rapides à portée de main, il ne faut pas la tenter.

Bien Ă  vous, Boris.

Qu'est-ce que vous faites ici ?

Vous avez vu Alice ?

Oui, tout va bien. Ne vous inquiétez pas.

Votre fille est un petit chardon, toute piquante et fragile, mais ça va.

Merci.

Excusez-moi, j'ai une commande.

- Oui ? - La même chose, s'il vous plaît.

Bien sûr. Vous voulez des amandes ?

Judith, je viens de comprendre ce qui m'arrive.

Je vous aime.

Vous ĂŞtes fou.

Je vous fais pitié, c'est ça ?

Si ! Moi et ma fille, on vous fait pitié.

Mélangez pas tout, docteur.

A l'aide !

- Monsieur, ça va ? - Ouais, ça va.

- Vous voulez rentrer chez vous ? - Ouais.

Vous habitez oĂą ?

18eme.

Vous avez de quoi payer un taxi ?

Ouais.

Bonsoir, je suis Dimitri, je suis alcoolique.

En fait, aujourd'hui, c'était une journée moyenne.

Parce que j'ai un frère dont je suis très proche...

Vous ĂŞtes jumeaux ?

Non, on est juste frères.

Et mon frère aujourd'hui n'allait pas très bien.

Moi quand il est dans cet état-là, ça m'inquiète énormément.

Et... voilĂ . Donc, je suis venu.

Stéphane, vous voulez dire quelque chose ?

Oui, bonsoir. Je suis Stéphane. Je suis alcoolique.

Dimitri, tu dis que ton frère allait pas bien. C'est ça ?

J'ai envie de dire...

Désolé si c'est un peu brutal,

mais c'est vraiment pas grand-chose.

Moi, ma femme m'a quitté, ça fait deux jours,

et je peux dire que c'est dur.

Je morfle. C'est très dur.

Donc, c'est sûr que j'ai très envie de boire aussi.

Je peux te dire aussi que...

je dois régler des histoires, où je vais devoir changer de logement,

donc des histoires de paperasses pour trouver un autre appartement.

C'est très compliqué aussi.

Tu rajoutes à ça...

des histoires de...

Bref, ma sœur qui a des problèmes avec sa fille.

Et puis...

Oui, Charles, excuse-moi c'est Dimitri, je sais qu'il est hyper tard,

je sors d'une réunion des Alcooliques Anonymes...

C'est bien ma chance, j'ai deux docteurs :

un alcoolique, l'autre, un sportif raté.

Oui, bon, écoute, à la réunion, un de mes patients m'a reconnu.

Et je sais pas quoi faire parce que Boris dort. Donc...

Oublie Boris, oublie ta famille, oublie tes amis.

C'est Ă  toi de sentir la chose.

T'es sûr, Charles ?

Mais oui. Tu vas trouver quelque chose, je suis sûr. Allez !

Ça fait bizarre de vous voir tout seul, sans Boris et les deux petits.

On dirait une convocation du chef de la Mafia pour me faire trucider.

J'ai pas de pistolet caché sous ma veste.

"Avez-vous déjà eu la sensation que vous buviez trop d'alcool ?"

"Votre entourage vous dit-il que vous buvez trop ? Avez-vous envie le matin ?"

"Avez-vous eu la sensation de devoir réduire votre consommation d'alcool ?"

Voilà, je vous épargnerai déjà le protocole d'introduction.

Merci.

C'est quoi votre boisson préférée ?

Ballantine's. Pur malt.

Avec glaçons ?

Et sans, ça le fait aussi.

Mais vous buvez quoi exactement ?

Pas seulement du whisky.

Tout ce qui me passe de correct sous la main.

A quelle fréquence ?

Plusieurs fois par jour.

Ecoutez, moi je ne suis pas là pour vous faire la leçon.

Vous traversez une période difficile, mais l'alcoolisme, je sais ce que c'est,

et c'est grave.

Alors voilĂ  ce qu'on va faire : dans un premier temps,

on va faire un bilan hépatique,

pour voir votre dosage en Gamma-GT.

Si le dosage du gamma-GT est trop élevé,

je vous enverrai chez un addictologue, Ă  l'hĂ´pital Pompidou.

Bien.

Ce n'est pas avec vous que je vais tricher, n'est-ce pas ?

Mais moi non plus, je ne vais pas tricher avec vous.

Pourquoi vous buvez ?

L'impression de ne pas ĂŞtre Ă  la hauteur.

A la hauteur de quoi ?

Pourquoi il faudrait ĂŞtre Ă  la hauteur ?

Vous faites les choses comme vous pouvez, c'est déjà ça.

Vous savez, moi je serai toujours alcoolique, je le sais.

Mais vous, vous pouvez vous en sortir, je le sens.

Pourquoi moi ? Pourquoi pas vous ?

Ma chérie, va chercher tes médicaments, tu en as besoin.

La pharmacienne les a reçus, d'accord ?

Bisous.

Docteur ?

Ah, bonsoir.

Bonsoir. Qu'est-ce que vous faites ici ?

J'attendais que la pluie se calme, mais là ça a l'air d'aller.

Vous êtes pas avec votre frère, ce soir ?

On n'est pas collés tout le temps. On n'est pas des frères siamois.

Vous vous aimez beaucoup, vous et votre frère, non ?

Oui.

C'est bien, vous avez de la chance.

Vous me rappelez mon frère, à moi.

Ah oui ?

Vous aimez l'alcool, non ?

Mais ça ne vous regarde pas, Madame Durance.

Non, je sais, ça ne me regarde pas.

J'ai tout de suite vu, Ă  vos yeux, que vous aimiez l'alcool.

Ils sont injectés de sang, c'est ça ?

Ils sont brumeux.

Brumeux ?

Vous n'allez pas me faire la leçon, j'espère ?

Mon frère était alcoolique. Je l'aimais beaucoup.

Et puis ?

Il est mort il y a une dizaine d'années.

A la fin, il s'enfilait tout ce qui passait.

Il venait me voir au bar, et puis...

j'étais obligée de faire appel au vigile pour le sortir.

Je sais pas si je hais les alcooliques, ou si je les comprends parfaitement.

Je peux vous poser une question débile ?

Allez-y, il est tard, c'est l'heure des questions débiles.

Ça existe souvent, ces cas où un homme reste encastré dans sa femme ?

C'est dommage que Boris soit pas lĂ . On nous pose souvent la question.

Je sais pas pourquoi ça excite tellement les gens.

Enfin, je parle pas pour vous.

Oui, ça existe, ça s'appelle le "penis captivum".

C'est très rare, vous savez. Personnellement, j'en ai jamais vu.

Je me suis toujours demandé ce que le couple disait au médecin. Du genre :

"La clef est coincée dans la serrure..."

Oui, ou alors :

"Docteur, je sais par où il est rentré, mais je l'ai pas vu sortir."

J'aurais jamais osé poser cette question à Boris.

Bon, je dois y aller.

Au revoir, docteur Pizarnik numéro 2.

On m'appelle...

C'est peut-ĂŞtre le premier cas de "penis captivum" de ma vie.

Ma question aura peut-ĂŞtre servi Ă  quelque chose, finalement.

- Au revoir, docteur. - Au revoir.

- Bonjour. - Je voudrais un rendez-vous.

Vous voulez voir Dimitri ou Boris Pizarnik ?

Je sais pas. Lequel est le meilleur ?

Boris...

j'aime quelqu'un.

C'est la pharmacienne ? Je t'ai vu au café de la rue Tolbiac avec elle.

Non, elle n'a rien à voir avec ces trucs de médecin, c'est Judith Durance.

Et tu penses que c'est réciproque ?

Je ne sais pas. J'ai pas eu le temps de lui parler.

Tu crois que j'ai une chance avec elle ?

Boris...

accompagne-moi chez elle.

Tu m'attends, hein ?

C'est marrant que ça monte jusqu'ici alors qu'on est haut.

Je crois qu'Alice est dans une bonne période.

Elle a moins de crises, elle est moins fatiguée.

Vous lui convenez bien avec votre frère. Je vous remercie beaucoup.

C'est elle que vous devez féliciter, c'est pas nous.

- Elle se prend bien en charge. - Oui.

Ça vous embête pas si je fume une cigarette ?

Je sais que c'est pas très bien devant un médecin, mais bon...

Vous savez, moi aussi je suis fumeur occasionnel, alors...

Mais pas plus de 5 par jour, sinon attention Ă  vous.

Ça vous lâche jamais l'esprit, votre métier ?

Ça doit être fatiguant d'y penser tout le temps, non ?

Ah non, pas du tout.

Vous savez, notre mère, à Boris et à moi, elle était très malade.

Qu'est-ce qu'elle avait ?

Elle avait une maladie neurologique...

assez grave.

Quand mon père était pas là, ce qui arrivait quand même souvent,

mon frère et moi on prenait le relais.

Et juste avant de mourir,

elle nous a tenu la main Ă  Boris et Ă  moi,

et elle nous a dit : "Merci."

C'est triste.

Non, c'est comme ça.

C'est marrant, j'ai jamais pu le raconter aux Alcooliques Anonymes.

"Docteur Dimitri, j'ai trouvé votre histoire très émouvante."

Pardon.

Judith, c'est vous que j'attendais.

Pourquoi vous dites n'importe quoi ?

J'aurais jamais dĂ» fumer cette cigarette devant vous.

Vous avez quelqu'un dans votre vie ?

Je suis désolée, ça ne vous regarde pas.

Pardon.

Non, pardon.

Judith...

Judith, je vous attendrai.

Maman,

te fais pas de soucis.

Je vous explique ce qu'a votre papa. C'est une maladie, l'alcoolisme.

Alors l'alcoolisme,

c'est comme si, par exemple, dans vos jouets,

on vous avait mis une substance qui fait qu'au début...

Oui, Cabinet Pizarnik.

Boris ? Docteur Vallini Ă  l'appareil.

Une seconde.

Docteur Vallini ? Oui, bonjour.

Je vous en prie, il n'y a pas de quoi.

Ça va lui faire du bien de voir un vrai neurologue,

parce qu'avec le temps, il a fini par nous prendre pour des guignols.

Mais je vous mets en garde, Kay est un cas compliqué.

Il risque de vous faire tourner en bourrique.

Tant mieux.

Je comprends.

Excusez-moi docteur Vallini, faut que je vous laisse. Bonne journée.

Non, je viens tout de suite.

J'arrive.

Vous pouvez dire Ă  Dimitri que je reviens dans une heure ?

- Oui. - Merci.

Judith, vous voulez un café ?

Non merci.

Ça y est, elle dort.

Ça va mieux.

Elle est très fatiguée.

Judith, je crois que sa maladie va se compliquer.

Va falloir tout repenser.

Probablement changer son schéma insulinique.

Envisager le port d'une pompe sous-cutanée en permanence.

Va falloir qu'elle se surveille elle-mĂŞme, plusieurs fois par jour,

qu'elle adapte son traitement en fonction des résultats.

Excusez-moi.

Je comprends pas.

Elle allait mieux ces derniers temps. Pourquoi elle m'a caché la vérité ?

Je ne pense pas qu'Alice allait mieux.

Elle a tout fait pour vous le cacher, le plus longtemps possible, mais...

elle y arrivait plus.

C'est de ma faute,

parce que je suis toute seule.

Je ne comprends pas.

Parce que Max ne reviendra jamais. C'est pour ça.

Mais je croyais que c'était vous qui l'aviez chassé.

C'est parce que...

C'est pas moi qui l'ai foutu Ă  la porte, c'est lui qui a voulu partir.

Il ne m'aimait pas tant que ça, en fait.

Enfin, il m'aimait moins que moi je l'aimais.

Quand j'ai dit que j'attendais Alice, il a eu peur. Il se sentait pas prĂŞt.

Il est parti.

Il m'a quittée quand j'étais enceinte de 4 mois.

J'ai l'impression qu'avec Alice, ma vie c'est n'importe quoi.

Vous pensez que si elle revoyait son père, ça irait mieux ?

Judith, je ne sais pas répondre aux grandes questions.

Oui, forcément, elle irait mieux si elle pouvait voir son père.

Alors, allons-y.

Je ne suis même pas sûre d'avoir le bon numéro.

Ça fait tellement longtemps que je lui ai pas parlé.

Répondeur.

Il n'a pas changé de voix.

Max, c'est Judith.

Je t'appelle car Alice est très malade. Je te passe son docteur.

Bonjour, docteur Pizarnik. Votre fille a un diabète qui s'est aggravé.

Ça serait bien que vous rappeliez ici.

Merci.

Ça c'est gentil.

Boris...

je ne sais pas si vous êtes au courant, votre frère m'a fait une déclaration.

Je sais, oui.

On se reverra, Judith ?

Vous savez,

c'est pas de la pitié,

c'est bien autre chose.

J'avais pas vraiment prévu d'avoir quelqu'un dans ma vie.

Moi j'ai pas prévu d'avoir une femme.

Faudra vous accrocher.

J'ai de la résistance.

Donc, prends bien ton klamoxyl pendant sept jours,

et tu n'arrĂŞtes pas en cours, parce que c'est pas bon.

Sinon ça ne marchera pas. Mais ça va s'arranger très vite.

D'ici une semaine, tu seras sur pied.

- Merci, docteur. - Je vous en prie.

Vous avez changé, docteur.

Moi ?

Vous, Boris. Vous avez l'air heureux aujourd'hui.

Excusez-le, docteur.

Prise de colchicine au long court.

Nette diminution de la fréquence et de la sévérité des poussées d'aphtose,

troubles digestifs mineurs, intermittents,

associant douleur abdominale et diarrhée.

Une coloscopie en 2001, en raison de rectoragie aurait été normale.

Il existe des poussées d'arthralgie, sans arthrite,

prédominant au niveau des genoux et des chevilles.

A noter également l'existence de lésions cutanées,

dont la biopsie était compatible avec une pseudo folliculite.

Ces données on fait porter le diagnostique de la maladie de Behçet,

pour laquelle elle est suivie régulièrement par le Professeur Dot.

Judith, je t'aime.

J'ai envie de te regarder comme ça toute ma vie.

Docteur Pizarnik,

je viens de me tester, j'ai 1,23 grammes.

Super. Bravo.

Dites-moi...

vous aimez ma mère ?

Annabelle, Boris vient de me laisser un message.

Il ne viendra pas aujourd'hui, il a un truc important, apparemment.

Bon, on fera sans lui.

Docteur...

J'ai pas le temps, j'ai une urgence. Appelez au cabinet, merci.

Hématie 4 millions 620

Hémoglobine 13,4

Hématocrite, 39,5 %

Hématocrite TG MH : 29

CCMH : 33,9

VGM : 85,5

Polymétrophile : 66,6 %

Lymphocite : 22,5 %

Monocite : 6,7 %

Ne vous inquiétez pas, c'est juste une bronchite.

Merci, docteurs Pizarnik.

Et je voulais vous dire, j'ai réussi le concours de Médecine.

Je suis même bien placée, je suis 32eme.

Félicitations.

Vous envisagez quelle spécialité ?

Gériatrie.

C'est pas facile ça. Bon courage.

Merci.

Bon courage.

Est-ce que tu aimes Judith ?

Oui.

Depuis quand ?

Depuis la première minute, sûrement.

Donc, vous ĂŞtes ensemble ?

Oui.

Espérons qu'il y ait une seconde Judith sur cette terre.

Elle a une sœur cachée quelque part, tu crois ?

Je sais pas.

Et au moment de sortir du métro, j'ai poussé la porte,

et il y avait quelqu'un derrière moi.

Je lui ai tenu la porte. Elle m'a pas dit merci.

J'ai dit : "Mais vous avez l'habitude qu'on vous tienne la porte ?"

Enfin bon, voilĂ  quoi.

Moi je vais arrêter de venir, parce que ça sert pas à grand-chose.

VoilĂ .

Eh toi ! Je te connais !

Viens par ici !

On se connaît, non ? Enfin, je t'ai vu chez les médecins.

Ouais, je crois. Tu es épileptique, non ?

- Et toi t'es diabétique, c'est ça ? - Ouais.

Qu'est-ce que tu fais ici ?

Rien, j'aide juste mon oncle.

Vu que t'es là, autant te présenter notre spécialité.

C'est le bubble tea. Tu dois sûrement connaître.

Comme parfums nous avons, durian,

corossol, carotte aussi.

Et puis mangue, framboise, noix de coco, et des tas d'autres.

- Je voudrais un smoothie mangue-banane. - D'abord, tirez la langue mademoiselle.

J'ai laissé tomber les docteurs Pizarnouille.

Pourquoi ?

Parce qu'ils m'emmerdaient, voilĂ . Tiens.

Ils t'emmerdaient ?

Moi aussi, ils m'emmerdent.

Lequel tu trouves le plus beau ? Boris ou Dimitri ?

Je sais pas ! Quelle question !

En général...

je me pose pas ce genre de questions.

Ah, pardon.

Moi ce que j'aime bien chez Dimitri,

c'est la couleur de ses cheveux. Je trouve que ça lui va bien.

Et chez Boris, c'est sa grosse voix. Je trouve qu'elle fait peur.

Ouais.

Lequel tu trouves le plus gentil ?

Dimitri, faut avouer qu'il a la classe.

Boris, il est chiant par contre. Il est dur,

et en plus, il aime donner des ordres.

Tu trouves ?

Ouais, je trouve.

Dimitri, il parlait beaucoup moins. C'est comme s'il avait un secret.

Ah bon ? Quel genre de secret ?

Un secret de cœur.

N'importe quoi. En plus, c'est impossible.

Bref, j'ai vu ta mère il y a pas très longtemps.

Je la trouve super belle avec ses cheveux roux.

Et ton père ?

Il est loin, très loin.

Ah bon ? Pourquoi, il veut pas te voir ?

Oui, c'est ça. C'est combien le smoothie ?

Ça va ?

Il est lĂ .

Vous m'espionnez, tous les deux ? Mais ça va pas, non ?

Charles, je vais pas y aller. Je voudrais que tu lui parles, toi.

Qu'est-ce que tu veux que je lui dise ?

Je sais pas, tu lui dis que...

Que c'est pas de ma faute si on aime la mĂŞme femme.

Qu'est-ce que vous foutez là ? Ça va pas de venir ici ?

C'est pas de sa faute si vous aimez la mĂŞme femme.

Il peut pas parler lui-mĂŞme ?

Va lui dire que j'ai besoin de Judith plus que lui.

Je reviens.

Il a besoin de Judith plus que toi.

Qu'est-ce qu'il en sait ?

Non, lui dis pas ça. Dis-lui que j'ai pas fait exprès.

Il a pas fait exprès.

Il dit si, t'as fait exprès. Et que tu veux pas qu'il ait sa vie à lui.

N'importe quoi.

Ça, c'est pas une phrase. Donnez-moi au moins des phrases.

Dis-lui que je veux son bonheur plus que tout.

Il veut ton bonheur plus que tout.

Mon œil, ouais.

Bon, c'est pas le tout, mais j'ai un dîner qui m'attend.

Nom de Dieu, pourquoi vous aimez la mĂŞme femme ?

Charles...

demande-lui si j'ai une chance avec Judith.

- Bonsoir, Judith. - Bonjour, Dimitri.

Je peux vous voir une seconde ?

Oui. Tu t'éloignes pas trop, mon cœur ?

Judith, est-ce que j'ai une chance avec vous ?

Dimitri, je ne vous aime pas.

Je suis désolée.

On ne peut rien y faire.

Et Boris, vous l'aimez ?

Bonsoir, Dimitri.

Oui, allĂ´.

Bonjour. Qu'est-ce qu'il se passe ?

C'est un client qui vomit sans arrĂŞt depuis 3 heures. Chambre 319.

Y a quelqu'un ?

Bonjour, monsieur.

Un cauchemar...

Vous êtes deux médecins ?

C'est deux pour le prix d'un, ou le tarif double ?

Oui, ça fait pas mal de fois qu'on nous la fait.

Merde...

Excusez-moi, ça recommence.

C'est comme ça depuis ce matin.

Le patron m'a dit que vous étiez les meilleurs médecins du quartier.

Vous avez des brûlures d'estomac ?

Ouais.

Des nausées ? De la fièvre ?

Non. De la fièvre : 38,5

Il y a quelqu'un qui peut aller chercher des médicaments pour vous ?

Non, je suis seul, je ne connais personne ici.

Je vais vous en laisser quelques-uns,

et puis je vais vous donner le nom d'une pharmacie.

Si vous pouvez pas bouger, vous appelez de ma part, ils vous livreront.

Je les connais bien.

Votre nom, s'il vous plaît ?

Max Fusetti.

Il y a un problème ?

Non, y a pas de problème. Il y a beaucoup de gastros en ce moment.

Pardon, tu permets ?

Je vais vous faire une ordonnance. Alors, Fusetti, comment ça s'écrit ?

F-U-S-E, deux T-I.

Max.

Alors, du Tiorfan, et du Primperan.

Votre adresse, c'est quoi ?

Je vis Ă  Parme, en Italie.

Parmigiano ! Vous ĂŞtes lĂ  pour longtemps ?

Je ne sais pas encore. Je suis lĂ  pour voir ma femme et ma fille.

Elles vont ĂŞtre contentes de vous voir, alors.

J'aimerais leur faire un petit cadeau. OĂą on trouve une jolie boutique ici ?

Alors, vous avez une bijouterie avenue d'Italie, juste à côté.

Ils ont babioles pour les enfants, et des bijoux pour les femmes.

Et ils ont des perles grises, assez ravissantes, je dois dire.

Votre ordonnance est ici.

Bonne journée, au revoir.

Merci, au revoir.

Vous avez quelque chose de gĂŞnant Ă  me dire, je le sens.

Oui, le truc gĂŞnant c'est qu'on va pas pouvoir vous garder.

On avait besoin de vous, mais c'est plus possible.

Je comprends.

Je m'en doutais depuis le coup de fil de la comptable, l'autre jour.

Boris, je peux vous voir seul ?

Encore ? C'est reparti ?

Bien sûr.

Ne vous inquiétez pas, je vais pas vous faire encore une déclaration.

Je suis désolé, Annabelle, si je vous ai fait de la peine.

Oui, vous m'avez fait de la peine. Et c'est pas fini.

Je voulais vous poser une question. Vous vous séparez, Dimitri et vous ?

Ça c'est privé, je ne peux pas vous dire.

C'est à cause de la mère d'Alice.

J'ai tout de suite remarqué que vous la regardiez comme des fous.

Cette Judith, elle est trop belle, elle est pas pour vous.

Merci, c'est gentil.

Non, mais elle serait bien avec n'importe qui d'autre.

Avec l'italien, par exemple.

C'est Alice qui m'a parlé de son père.

Je parle souvent avec vos patients dans la salle d'attente.

Vous êtes une commère, Annabelle. Et en plus, vous dites n'importe quoi.

Oui, les femmes sont des personnes bizarres, docteur.

Bonjour, Judith.

Pourquoi vous n'aimez que les gens malades ?

Vous voulez absolument parler Ă  Boris ?

Ça va pas être possible, parce qu'il est très occupé.

Ce soir ?

Je vous préviens, il faut le secouer en ce moment, il en a besoin.

D'accord, je transmets.

Oui, vers 20h.

Allez, bonne soirée.

Boris, j'ai un rendez-vous pour toi.

Bonsoir, Alice.

Bonsoir.

Tu as passé une bonne journée ?

Oui, ça va.

On buvait des "Love Me Tender", tu te souviens ?

- Bonsoir. - Bonsoir.

Merci beaucoup.

Boris, voici Max qui est...

revenu Ă  Paris depuis quelques jours,

et qui a débarqué sans prévenir.

Max, c'est Boris, un ami de la famille.

- Enchanté. - J'ai beaucoup entendu parler de vous.

Moi de mĂŞme.

Papa, on reprend ?

Ouais.

Alice...

J'ai un cadeau pour toi.

Tu peux le mettre dans ma chambre, s'il te plaît ?

C'est moi le père d'Alice.

Ne l'oublie pas, Judith.

Maman !

Pourquoi tu m'as rien dit ?

Je ne sais pas, je n'arrive pas Ă  y croire encore.

A croire Ă  quoi ? T'es avec lui ou t'es avec moi ?

Je peux pas te dire comme ça. C'est incroyable que Max soit là.

Tu te rends pas compte, c'est le père d'Alice.

Et alors ?

Et alors quoi ? Je ne sais pas quoi penser, lĂ .

Je ne sais pas quoi penser...

Est-ce que j'ai le droit de ne pas ĂŞtre raisonnable, une fois dans ma vie ?

Est-ce que j'ai le droit de peut-ĂŞtre faire une grosse connerie ?

Non, t'as pas le droit.

Alors, quelles sont vos intentions ?

Je ne sais pas, demandez à Judith. C'est elle qui décide dans cette affaire.

Judith n'est plus votre femme, et Alice n'est pratiquement plus votre fille.

Oui, docteur.

C'est tout ce que vous avez à dire pour votre défense ?

Ecoutez, vous êtes médecin, vous êtes brutal...

Vous prenez les gens pour des cas qu'il faut régler.

Je n'étais pas capable d'aimer Alice et sa mère,

je n'étais pas capable de m'occuper d'elles.

Maintenant, je le peux.

Vous vous rendez compte du mal que vous leur faites ?

Oh, c'est le médecin qui parle ?

Qu'est-ce qu'il se passe ?

Merde, ton œil.

Bonsoir, Judith, c'est la Science Ă  l'appareil.

Non, excusez cette mauvaise blague. C'est Dimitri.

Non, je n'appelle pas pour vous faire une scène, c'est pas mon genre.

Judith, je voulais savoir simplement,

ce que vous comptez faire avec mon frère ?

D'accord.

Je vais lui dire. Ce sera moins cruel si ça passe par moi.

On pourra pas dire qu'on a pas essayé, nous, les deux frères, avec vous, hein ?

C'est ça.

Bonsoir, Judith.

Attention ! T'as déjà eu des piqûres ?

T'aimes bien ?

Ça te fait peur, ou pas ?

Tirez la langue, Mademoiselle.

Ferme les yeux.

T'as presque rien senti.

Rien de tel qu'une petite piqûre contre les grosses laryngites.

- Au revoir. - Au revoir, merci d'être passé.

Je vous en prie.

Dimitri, ça va ?

Oui, ça va, et toi ?

Ouais, ça va.

Je suis devant la mer.

C'est beau.

C'est un peu chiant, mais bon, c'est beau quand mĂŞme.

Enfin, c'est la Méditerranée, quoi.

Et toi ?

Je vais larguer le cabinet, c'est vraiment trop cher pour moi.

Tu sais, j'ai commencé à donner des consultations ici, d'ailleurs.

C'est déjà fait depuis longtemps.

Paris te manque pas trop ?

Non.

Oui, il y a pas mal de femmes parmi mes patientes.

Il n'y a pas que des vieilles mémés qui cherchent le soleil.

Tant mieux.

Bon, je te laisse.

Ah, attends ! Tu sais quoi ? Kay est guéri !

C'est génial.

Tu vois, il a bien fait de changer de médecin, finalement.

Moi, j'y croyais pas. Merde !

J'aurais adoré être à Paris pour voir ça.

Tu lui diras quand mĂŞme qu'il aurait pu m'appeler.

Tu sais, les jeunes, ils préfèreraient mourir que de dire quelque chose.

Moi, j'étais content pour lui en tout cas.

Bon, je te laisse.

A bientĂ´t.

Salut, Dimitri.

Excuse-moi, je suis en retard.

Ça va ?

Ça va mieux qu'hier ?

Non.

Pas tellement.

Ne t'inquiète pas. Je suis sûr que la corthicothérapie va marcher.

Merci, Papa Boris.

Boris,

il y a une chose que je ne t'ai pas dite tout Ă  l'heure.

Je ne sais pas pourquoi on a aimé la même femme,

je ne sais pas pourquoi, malgré les 40 ans passés ensemble,

on doit maintenant se séparer.

Mais une chose est sûre,

tu dois ĂŞtre heureux Boris,

tu dois ĂŞtre heureux.

Dimitri.

Bonjour.

qu'est-ce que vous faites ici ?

Je suis venu voir un ami.

Et vous ?

Moi je suis avec Alice. Elle a fait une crise.

- Vous ĂŞtes revenues vivre Ă  Paris ? - Oui.

Depuis un mois.

Boris !

Excusez-moi.

Boris, j'ai peur.

Tu peux me jurer que je ne vais pas mourir ?

Charles, t'es un mâle français, né en 1972.

t'as une maladie qu'on connaît bien, un état général

satisfaisant.

T'es comme tous les mâles de ton âge,

t'as encore 40 ans et demi Ă  vivre.

Et demi ?

Mesquin.

Plains-toi.

Moi, il m'en reste 35.

Allez, dors.

Te fatigue pas.

Quand Max est revenu, ça faisait dix ans que j'attendais ça.

Tu m'as fait trop de mal, Judith.

Alice, je reviens dans 1h, je vais chercher quelques affaires, d'accord ?

Oui, maman. Fais vite, s'il te plaît.

A l'aide ! A l'aide !

A l'aide, s'il vous plaît !

Ça va ?

Asseyez-vous.

Ça va ?

Ouais, je suis bourré.

Merci.

Je vous en prie.

Si je suis revenue Ă  Paris, c'est parce que Max et moi, c'est fini.

Oui, on n'était pas fait l'un pour l'autre,

et il l'avait compris bien avant moi.

Mais si je suis revenue, ce n'est pas seulement pour ça, Boris.

Je suis lente, tu sais, mais j'ai compris quelque chose.

T'as pas bonne mine, tu devrais voir un médecin.

Pardon.

Madame, il y a votre fille qui vous appelle.

Je t'aime.

J'aime tes yeux, j'aime tes mains, j'aime ta bouche...

Il y a votre fille qui vous attend.

Tu viens avec moi voir Alice ?

Bonsoir, Alice.

Bonsoir, docteur.

Tu vas bien ?

Oui.

Qui t'a soignée pendant tout ce temps ?

Le "Dottore Olivario".

Il me plaisait moyen.

OĂą est Aspro ?

Aspro est mort.

Mais tu sais, il était très vieux.

Il a pas beaucoup souffert.

35 ans.

Il me reste 35 ans Ă  vivre.

Si vous voulez, on peut les tenter ensemble.

- 35 ans, c'est long. - Tu trouves ?

Oui.

Toi aussi ?

Bonsoir Annabelle, vous rĂŞvassez ?

Bonsoir, Monsieur Pérez.

Ça fait longtemps que je vous ai pas vue. Vous avez un nouveau job ?

Oui, je travaille dans un autre cabinet médical.

- Avec deux médecins ? - Non.

Non, ma patronne est une femme, une dentiste. Elle travaille seule.

C'est un peu moins fatiguant.

Et vous ? Et vos enfants, ça va ?

Oui, ça va bien.

C'est marrant, je viens de parler Ă  Dimitri.

Il va bien ?

Il est loin d'ici, maintenant.

Et son frère ?

Boris exerce toujours dans le quartier.

DrĂ´le de paire tous les deux. Vous ne trouvez pas ?

Oui.

On ne s'ennuyait pas tous ensemble.

Je me demande quelquefois s'ils sont heureux maintenant ?

Je vous laisse, Monsieur Pérez.

A une autre fois, peut-ĂŞtre. Prenez soin de vous.

Au revoir, Annabelle.

Sous-titres : WRP Cinema Translations

Sous-titrage : C.M.C. - Paris

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