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Mon 1erjour à la faculté de droit, le professeur a dit deux choses.
D'abord : "À partir d'aujourd'hui, quand ta mère dit qu'elle t'aime,
- "demande un deuxième avis." - Et ?
"Si tu veux la justice, va dans un bordel.
"Si tu veux te faire baiser, va en cour."
Naomi !
Si vous savez que votre client est coupable...
Non, ne commencez pas avec ça.
Notre système judiciaire s'en fiche, et moi aussi.
Tout accusé, peu importe qui il est ou ce qu'il a fait,
a droit à la meilleure défense que son avocat peut offrir, point.
- Où en étiez-vous avec la vérité ? - La vérité ?
- Que voulez-vous dire ? Naomi ! - J'arrive.
J'ignorais que ça pouvait signifier plus d'une chose.
Croyez-vous que c'est le cas ?
- Je ne peux pas. - Tu es en retard.
- Oui, oui. - D'accord.
À vrai dire, vous avez raison.
- Une seule compte. - Ne bouge pas, Marty.
Ma version,
celle que je crée dans l'esprit des 1 2 jurés.
Si vous voulez, vous pouvez appeler ça autrement.
L'illusion de la vérité, par exemple. C'est vous qui décidez.
- C'est bon. Oui. - Oui ?
Jack, c'est tout ? Faut-il autre chose ?
- Oui. - Demain après-midi ?
- Oui. - Ma secrétaire organisera ça.
Bon.
- C'est pour la page couverture, non ? - Oui.
Oui. D'accord, au revoir.
Cabinet d'avocats MARTlN VAlL et associés
TERREUR EXTRÊME
La chorale des garçons de St-Michael. Merci. Merci.
- Un groupe de talent. - Je te le dirai après.
- Bien sûr. - Mesdames et messieurs,
c'est le moment de la séance de photos
pendant qu'on a les garçons avec Son Excellence.
Je reviendrai dans quelques minutes.
Soyez patients et savourez votre dessert. Merci.
- Oui. - Allons-y.
Bien, bien.
- Merci. - Merci.
Merci.
Merci. Marty. Toute une surprise.
Je suis venu secourir notre gentil procureur.
- Pardon. - Combien ça va coûter ?
- Bien moins que l'alternative. - Demain à mon bureau, 9 h 30.
- C'est allumé ? Oui. - Excellence. Heureux de vous revoir.
Mesdames et messieurs, nous abordons le cœur du sujet,
la raison pour laquelle nous sommes réunis ici ce soir.
Pour la cinquième année consécutive, j'ai l'honneur
d'être votre maître de cérémonie
pour le bal du Barreau et des œuvres catholiques de Chicago.
Vous allez devoir l'éteindre, j'ai bien peur.
On est dans un bar, pour l'amour.
Ce soir, grâce à vos généreux efforts,
on a battu le record de participation de l'an dernier et le montant
- amassé pour les... - Tu avais arrêté, non ?
- ... œuvres charitables... - Diminué.
... une bonne main d'applaudissement !
- Tu es superbe. Nouvelle coiffure ? - Depuis quelques mois, oui.
Et comme j'en ai le plaisir depuis quatre ans...
- Veux-tu danser ? - ll n'y a pas de musique.
Mais oui, il y en a.
... le procureur de l'État de longue date, béni soit-il, M. John Shaughnessy.
Merci, mesdames et messieurs,
- et je remercie personnellement... - Allez.
Tu n'as qu'à te retourner.
Je pensais que tu préférais être derrière.
Comme ça, tu n'es pas obligé de regarder ta partenaire.
C'était méchant.
Considérant l'heure qu'il est, je tâcherai...
Regarde-moi.
D'abord, merci d'être venus ce soir
appuyer l'archevêque...
Viens, trouvons un bar où on te laissera fumer.
Merci pour l'invitation,
mais je n'aime pas trop les histoires d'un soir.
- On s'est fréquentés pendant des mois. - C'était une histoire d'un soir, Marty.
Sauf qu'elle a duré six mois.
Merci, John.
Eh bien, je dois dire
que je n'avais pas vu autant d'avocats et de politiciens
réunis en un seul endroit depuis la confession de ce matin.
La poursuite ne tolérera pas
qu'on indemnise une ordure qui mérite au moins 20 ans de prison.
C'est votre client, mais Joey Pinero est un criminel endurci.
Trafic de drogue, fraude,
- blanchiment, tentative de meurtre. - Avez-vous dit "accusé de", Yancy ?
Je n'ai pas entendu... A-t-il dit "accusé de" ?
M. Pinero n'a été trouvé coupable d'aucun crime.
Les flics l'ont agressé et l'ont laissé pour mort.
C'est un miracle qu'il ait survécu.
Ceci dit, je ne suis pas contre un règlement à l'amiable.
1 ,5 million, et M. Pinero quittera l'État.
Un citoyen peut résider là où il le désire.
Vous ne pouvez pas l'obliger à partir.
Que ce soit une entente légale ou un engagement d'honneur,
M. Pinero comprendra ce qu'on veut.
Obtenez la réponse que vous cherchez.
Ne restez pas assis à bavarder. C'était un plaisir.
Vous êtes pire que les voyous que vous représentez.
Ça suffit, Bud. C'est terminé.
- Je dois lui en parler. - Vous recevez 40 % de commission.
J'ai entièrement confiance en l'adoption de votre recommandation.
Merci, John.
Ma main !
Merde.
- Bonjour. - M. Vail.
Comment ça va ?
Belle chanson.
Alors, qu'ont-ils dit ?
Va de l'avant ou laisse tout tomber pour 1 ,5 million, offre de Shaughnessy.
Qu'en penses-tu ?
Je crois qu'on devrait accepter,
à moins que tu veuilles passer deux ans
coincé en cour d'appel.
- Non, merde. Accepte. - C'est comme si c'était fait.
D'accord.
À toi de jouer.
ll reste un petit détail.
lls veulent que tu quittes l'État.
- Que tu disparaisses. - Que je disparaisse ?
- Encore des conneries, pas vrai ? - Quoi ? Que veux-tu dire ?
lls n'arrêtent pas de me faire des offres du genre, Marty.
Quelles offres ?
ll y a quelques mois, un flic est entré ici.
ll a dit : "Témoigne contre le conseiller Martinez,
"et on t'en devra une, Joey.
"Dis qu'il t'a rendu service, que tu le paies."
Des conneries du genre. Je l'ai envoyé promener.
Pourquoi ? Parce que Martinez est quelqu'un de bien.
C'est lui qui empêche
la conversion de South River en condos de luxe.
- Pourquoi ne m'as-tu rien dit ? - Pourquoi ?
Parce que ça arrive tous les jours.
Je croyais que ça n'avait rien à voir.
- Vraiment ? - Hé !
J'ai beaucoup investi ici.
- Et eux, plus encore. - J'ai bâti une clinique.
- Ces gens dépendent de moi. - Je m'en fiche.
Envoie-leur des chèques depuis la Californie.
Je respecte tes conseils, Marty, mais je ne les suivrai pas.
Je prends l'argent, mais je reste.
- C'est chez moi, ici. - Ça ne me plaît pas, Joey.
- Que vont-ils faire, me tuer ? - lls ont déjà essayé.
Comment vont-ils tuer un homme qui ne dort jamais ?
- Prends l'argent. - Tu es incroyable.
- Hé ! - Oui.
La chanson que tu aimes ? C'est la quatrième.
- C'est gentil, merci. - Oui.
Merde, y a-t-il assez de policiers ici ?
La police en aura plein les bras avec cette histoire.
Capitaine Stenner, que pouvez-vous dire ?
Je ne sais rien. Je viens d'arriver.
Capitaine Stenner, que se passe-t-il ?
Andy, je n'ai encore rien vu.
Dès que je saurai, je reviendrai vous parler.
D'accord.
Tu devrais être alité, Abel. C'est contagieux.
J'y réfléchirai, Harvey.
- Seigneur. - Quel gâchis, hein ?
Sam, as-tu ce qu'il te faut ? Retourne-le doucement.
Police ! Arrêtez !
Le pouce et l'index de la main droite ont été coupés.
Le symbole "B32.1 56" a été gravé sur la poitrine.
- Le corps est encore chaud. - Capitaine, on a un suspect en fuite.
On voit qu'un train qui passait a séparé le fuyard...
Savez-vous ce que je hais ? Je vais vous le dire.
Je hais quand on raconte
que les avocats de la défense sont des putes.
... le suspect se dirige vers le train...
On est les méchants. Savez-vous pourquoi ?
On s'assoit à côté de criminels,
et ça nous fait mal paraître.
lls sont présumés coupables.
Les gens présument qu'ils sont coupables et qu'on le sait.
On ne le sait pas. On ne le demande pas. On s'en fiche.
On fait notre travail.
Ce n'est pas nos amis, merde.
... impossible de dire où le suspect est allé...
À vrai dire, certains sont nos amis, mais...
Pourquoi avez-vous quitté le bureau du procureur ?
C'était un travail sans avenir.
On finit soit par se présenter en politique, soit par devenirjuge.
Un athlète ne devient pas arbitre.
... continuent à affluer dans la zone de St-Michael
et du manoir de l'archevêque.
Par ici ! ll est par ici !
On vous tiendra au courant de ce drame
à mesure qu'il continue à se dérouler.
Ce qu'on sait pour l'instant,
c'est qu'à environ 1 1 h 08 ce matin, un...
Quand avez-vous su que vous les aviez ?
En ce moment, la scène à St-Michael est bondée...
- Quoi ? Désolé. - Y a-t-il eu un moment
pendant le procès de Pinero où vous avez pensé :
"Je les ai" ?
Le jour où je l'ai pris comme client. Excusez-moi.
... le meurtre atroce ce matin
d'une des personnalités les plus aimées de Chicago,
l'archevêque Richard Rushman, a mis la ville sous le choc.
Andy est en direct sur les lieux. Allons le rejoindre.
Diann, on vient d'apprendre
que la police de Chicago a arrêté un homme de 19 ans
identifié pour l'instant comme étant Aaron Stampler.
Selon le capitaine Abel Stenner...
ll faudra remettre ça. Appelez à mon bureau, d'accord ? Désolé.
... sous la place McCormick quelques minutes après le meurtre...
... avec une cruauté de sang-froid, un modèle d'espoir nous a été volé.
Cabinet de Martin Vail.
- Regardes-tu les nouvelles ? - Oui, on regarde.
Appelle Sullivan du bureau du juge Trotter.
Découvre où le jeune est détenu.
Je suis à l'Alibi.
- Beaucoup de gars le voudront. - D'accord.
La police a suivi les premières étapes,
procédant à l'arrestation de façon rapide et déterminée.
Prenez-vous l'affaire Stampler ?
Désolé, Andy. Je ne peux rien dire.
Merci beaucoup.
Quand allez-vous parler ?
- Le procureur d'État est-il parti ? - Oui. Yancy.
- Ah bon ? L'aide juridique ? - Venue et repartie. On ferme !
- Mes amitiés à ton frère. - Certainement.
J'aimerais le voir seul, si possible.
Je devrai t'enfermer avec lui.
Compris.
Sais-tu qui je suis ?
Eh bien, non. Non, monsieur. Je l'ignore.
Je m'appelle Martin Vail. Je suis un avocat réputé.
Je n'ai pas d'argent.
Je m'en doutais.
Je suis prêt à te défendre bénévolement,
tu obtiendrais donc mon expertise et mes efforts gratuitement.
Ou encore, si tu préfères,
tu peux embaucher un avocat sous-payé de l'aide juridique
qui t'accompagnera jusqu'au couloir de la mort.
À toi de choisir.
Non. Non, monsieur. Je...
Je serais très reconnaissant si vous m'aidiez.
De rien. Quel est ton nom complet ?
Mon... Aaron Luke Stampler.
Stampler.
- Viens-tu du Kentucky, Aaron ? - Oui, monsieur. De Creekside.
Est-ce que c'est écrit là-dedans ?
Depuis combien de temps es-tu à Chicago ?
Ça fera deux ans le mois prochain, je crois.
- As-tu déjà été arrêté ? - Non, monsieur.
Comment connais-tu l'archevêque ?
Je mendiais dans la rue, sur Wacker Drive,
et l'évêque Rushman est passé dans sa Cadillac.
ll m'a vu et il s'est arrêté.
ll m'a emmené à la maison Sauveur. Je travaille comme enfant de chœur.
Je chante dans sa chorale.
Combien de temps as-tu passé à la maison Sauveur ?
Un an, un an et demi.
On est censés partir à 1 8 ans,
mais l'évêque Rushman m'a laissé rester passé mes 1 9 ans.
C'était gentil de sa part.
Oui. Oui, ce l'était.
Aaron, avais-tu une raison de ne pas aimer l'archevêque ?
De ne pas l'aimer ? Non, monsieur.
ll était comme un père pour moi.
Oui, mais tu...
Comment dire ? Étais-tu...
Étais-tu dans la pièce quand il a été assassiné ?
Comment expliques-tu ça ?
ll y avait quelqu'un d'autre dans cette pièce, M. Vail.
- Une troisième personne ? - Oui, monsieur.
L'as-tu dit à la police ?
Oui, mais on ne m'a pas cru.
D'accord. Raconte-moi maintenant.
Je rapportais un livre à la bibliothèque de l'évêque Rushman.
J'ai entendu un bruit. Je suis donc allé à sa... À sa chambre.
L'évêque Rushman était couché par terre.
ll y avait du sang partout.
Et alors, j'ai vu une ombre. J'ai vu un homme penché sur lui.
ll a levé la tête et a foncé vers moi, et j'ai perdu la notion du temps.
Comment ça, "perdu la notion du temps" ?
J'ai perdu connaissance.
Ça m'arrive parfois.
J'ai des crises.
J'ai des crises. Je perds la notion du temps. Je ne peux pas...
Je ne me souviens de rien.
Aaron, pourquoi t'es-tu sauvé de la police si tu n'avais rien fait ?
Eh bien, quand...
Quand je suis revenu à moi, j'étais couvert de sang.
J'ignorais quoi faire. J'ai eu peur. En entendant les sirènes, j'ai fui.
Je sais de quoi ça a l'air, M. Vail, mais je vous jure...
lnutile d'essayer de me convaincre, Aaron.
Réponds à mes questions, c'est tout.
Mais je n'ai rien fait. Vous devez me croire.
Non, je ne dois pas te croire. Je m'en fiche.
Je suis ton avocat,
donc je suis à la fois ta mère, ton père, ton meilleur ami et ton prêtre.
En d'autres mots, tu ne parleras maintenant qu'à moi.
Pas aux policiers, pas à la presse, pas aux autres prisonniers,
à personne sans ma permission. Compris ? Oui ?
- Oui, j'ai compris. - Très bien.
Maintenant, les détails importants. Quelle taille portes-tu ?
- Quelle taille ? - Pour un costume. Tu dois faire du 38.
Je l'ignore.
- Probablement 38 long. - D'accord.
Stampler a été expulsé par la police
de sa cachette dans les buissons derrière la cathédrale.
La police l'a poursuivi au nord de la place McCormick
et l'a presque perdu quand il a traversé la voie ferrée
devant un train qui arrivait et qui l'a séparé de la police.
Plus tard,
l'avocat de la défense bien connu Martin Vail
aurait rendu visite à Stampler au poste de la rue Maxwell...
Après une poursuite sur la voie ferrée derrière la cathédrale St-Michael,
Stampler a été appréhendé dans un trou sous les voies.
- Défendrez-vous cet homme ? - Andy, désolé. Je ne peux pas...
Merci beaucoup. Merci.
On a terminé la première étape du processus.
Je peux maintenant répondre à vos questions.
Que pouvez-vous nous dire du groupe d'enfants de chœur
- dont Aaron Stampler était membre ? - Peu de choses.
Avez-vous exclu l'implication d'autres enfants de chœur ?
On n'a pas de raisons de croire qu'il y a d'autres suspects.
ll avait accès aux quartiers de l'archevêque.
On l'a surpris fuyant les environs de St-Michael.
Couvert de sang, Aaron Stampler a été poursuivi
sous la place McCormick
et a failli être tué par un train qui passait.
Cabinet de Martin Vail.
ll vous appellera en arrivant.
Je sais. Je vous le promets. Merci beaucoup.
- Naomi ! - Oui.
- À plus tard. - Salut.
Désolé du retard. On a un nouveau client.
- J'avais peur que tu dises ça. - Qui ?
Sais-tu comment on l'appelle déjà ?
- Le boucher de St-Mike. - Ça me plaît.
Tant mieux. Tu l'entendras souvent.
Le jeune qui a tué l'archevêque est notre client ?
Tommy, essaie plus fort
d'intégrer le mot "prétendument" à ton vocabulaire
- si tu veux être avocat. - Tiens.
- Du café, Tommy ? - Non merci.
ll dit qu'il était dans la pièce quand le meurtre a eu lieu,
mais qu'il n'a pas vu ce qui s'est passé.
- Je peux t'arrêter ? - Non.
ll remettait un livre à l'archevêque.
ll a entendu un bruit fort dans la chambre.
ll est entré. ll a vu une silhouette,
quelqu'un dans l'ombre, penché sur le corps. ll a perdu connaissance.
ll a ensuite eu conscience
d'entendre des sirènes et d'être couvert de sang.
La police l'a trouvé dans un tunnel ferroviaire.
ll avait la bague de l'archevêque dans sa poche.
ll lui a volé sa bague ?
Je n'ai pas dit ça. J'ai dit qu'elle était dans sa poche.
C'est tout ?
Oui.
C'est n'importe quoi, Marty.
La pire histoire de merde que j'aie entendue de ma vie.
C'est notre histoire de merde. Au travail.
Ce qui importe, c'est son mobile,
car la poursuite ne lui en connaît pas.
Ce qu'on doit faire,
c'est prouver que quelqu'un d'autre aurait pu commettre le crime.
On pourra alors établir un doute raisonnable.
Je veux tout savoir sur ce gars, tout ce à quoi il touchait.
Fouillons les bases de données, les archives, les dossiers du fisc.
- Et ses prétendues œuvres de charité. - Prétendues ?
C'était un prêtre, pour l'amour.
Naomi, prends ceci en note : B-32.1 56.
Gravé sur la poitrine de l'archevêque.
- Prétendument. - Non.
C'est un fait, mais j'apprécie l'effort, Tommy.
Merci.
Je veux aussi des exemples de meurtre à l'arme blanche,
de meurtre par mutilation, de meurtre pour motif religieux.
- Et il me faut un psychiatre. - À qui le dis-tu.
Pas un qui passe son temps à la barre des témoins.
Un vrai,
qui s'y connaît en amnésie.
- De quoi a-t-il l'air en personne ? - Le boucher ?
D'un scout.
Un scout avec une médaille du mérite en dépeçage.
L'archevêque était un ami intime de M. Shaughnessy.
ll m'a demandé ce matin qui était mon meilleur avocat,
- et je vous ai nommée. - Merci.
M. Shaughnessy, si je suis chargée de la poursuite,
on doit me donner l'autorité qui vient avec cette tâche.
Vous serez chargée de la poursuite, mais mettons une chose au clair.
Je veux la peine de mort.
J'aimerais pouvoir étudier le dossier
avant de déterminer
si on demandera la peine de mort.
Je suis ouvert à votre opinion, Janet,
mais pour moi, la question est réglée.
Le garçon qu'on a arrêté a-t-il parlé ?
Oui. ll dit qu'il est innocent.
On ne peut pas perdre, Janet.
Excusez-moi. J'apprécie votre confiance,
et je ne veux pas argumenter...
C'est pour ça qu'on vous paie.
... mais si c'est aussi clair, vous n'avez pas besoin de moi.
L'avocat de l'aide juridique s'en remettra au jugement de la cour.
- ll n'aura pas d'aide juridique. - ll a déjà un avocat ? Qui ?
Bonjour, je m'appelle Martin Vail. Je défends Aaron Stampler.
- Je dois inspecter la scène. - Le boucher ?
Merci. Oui, j'avais oublié son vrai nom.
Qu'y a-t-il, Marty ? Tu as perdu la foi ?
Tu cherches un sauveur ?
Alors, maître,
qui de nous deux cherche vraiment la gloire ?
- J'ai été affectée au dossier, pas toi. - Ah bon ? Tu te crois à la hauteur ?
As-tu déjà vendu les droits pour le livre ou vas-tu attendre un peu ?
Veux-tu voir des photos ?
Allez. Elles sont mignonnes.
Avoue qu'elles montrent clairement la nature haineuse du crime.
Un petit conseil,
n'utilise pas le mot "haineuse" en cour.
La moitié du jury ignorera de quoi tu parles.
Un petit conseil,
je ne suis plus ta seconde.
Au cas où tu n'aurais pas remarqué, je suis diplômée.
- Je n'avais pas de raisons de partir. - Tu avais toutes les raisons.
Pourquoi travailler pour eux ?
Quoi ? Tu t'attends vraiment à ce que je suive tes traces, Marty ?
Partir parce que tu l'as fait ? Je ne veux pas de Mercedes.
Je ne veux pas montrer mon visage aux nouvelles du soir.
Tu savais que je viendrais ici, n'est-ce pas ?
Tu savais que je le défendrais. Tu as donc pris le dossier.
Tu l'as demandé à Shaughnessy.
Allons donc.
Que t'arrive-t-il, Marty ? Es-tu nerveux ?
Ça fait un moment que tu t'es frotté à une femme intelligente ?
Que t'arrive-t-il ? Tu es fatiguée ? Tu dors mal ?
C'est toi qui as un compte à régler, Marty.
Je dors bien la nuit.
- Salut. - Salut.
Service correctionnel du comté de Cook Division lX Dortoir à sécurité maximale
Merci.
- Bonjour. Où est-il ? - Par là.
Bon, on sera assis ensemble à une table
avec deux associés. Une fois les accusations lues,
le juge te demandera comment tu plaides.
- Non coupable. - Non.
- Mais je ne suis pas coupable. - Ça n'a pas d'importance.
Tu peux te taire. Ne dis rien.
Vous allez dire que je ne suis pas coupable.
Je dirai ce que je dirai. N'y pense pas.
- Mais M. Vail... - C'est bien ce dont je parle.
Ça ne doit pas se produire en cour, alors habitue-toi.
Je parle. Tu ne parles pas.
Tu restes assis avec l'air innocent.
Je suis innocent.
C'est ça ! C'est de ça que tu dois avoir l'air.
C'est en plein ça. Peux-tu t'en souvenir ?
Regarde dans le miroir, l'expression parfaite.
C'est inutile. J'ai toujours cette expression.
Alors tu as déjà une longueur d'avance, pas vrai ?
Ne souris pas.
Non.
M. Vail, une déclaration ?
On va découvrir ce qui s'est passé.
Comment défendre Aaron Stampler malgré la pression du public ?
Je ne cherche que la vérité.
... couvert du sang de l'archevêque.
Avez-vous parlé à la police ? J'ai dit de ne pas faire ça.
Comme toujours, elle se trompe.
Comment allez-vous expliquer
ses vêtements couverts de sang ?
- On a tous vu ça. - À ce stade,
je n'expliquerai rien.
Je viens de commencer à travailler sur le dossier.
Des éléments significatifs sont toujours contestés.
Marty, vous faites souvent subir un procès à la victime
pour aider votre client.
Ce sera difficile avec l'affaire actuelle.
Mon client est une victime dans cette affaire.
On a deux victimes, aucun suspect. Merci beaucoup.
lnquiet pour sa sécurité ?
Non. Merci.
C'est impossible à défendre.
ll n'y a aucun doute quant au verdict.
Levez-vous.
Bon après-midi, mesdames et messieurs.
- Huissier ? - L'État contre Aaron Stampler.
Tout le monde est ici ? Asseyez-vous. Tout le monde ?
Oui, Mme le Juge.
Madame la procureure ?
L'État accuse le prisonnier, Aaron Stampler,
du crime de meurtre au premier degré.
Comment votre client plaide-t-il, maître ?
Mme le Juge, si je le puis,
j'ai besoin de temps pour compléter une évaluation psychiatrique
avant l'accusation.
L'État a assez de preuves pourjustifier les accusations.
Je suis d'accord. La requête est rejetée.
M. Stampler,
comprenez-vous ce dont on vous accuse ?
- Oui, je... - Mme le Juge, je somme mon client
de ne pas répondre
puisque sa réponse pourrait l'incriminer.
ll veut le droit au silence
pour ne pas dire s'il comprend ?
Oui, Mme le Juge. Jusqu'à ce qu'on ait l'évaluation psychiatrique,
il invoquera le droit au silence sur toutes les questions posées.
ll y a un précédent pour votre étude, l'État contre Appleby.
Merci.
Non, je ne peux pas faire ça. Non.
Que voulez-vous ?
Je cherche la chambre où résidait un jeune nommé Aaron Stampler.
- Vous êtes de la police ? - Je suis son oncle.
- Merci. - Salut.
- C'est à Alex. - Qui est Alex ?
- Un autre enfant de chœur. - Un enfant de chœur ?
Un enfant de chœur portait ça ?
Pas à la messe.
Cet enfant de chœur a attaqué un de mes collègues.
ll lui a fait assez mal.
Que crois-tu qu'il faisait dans ta chambre ?
- Ma chambre ? - Oui.
Je ne peux pas... Je l'ignore.
- Je n'ai rien. - Sais-tu où je pourrais le trouver ?
Qui ? Alex ?
- Non, je ne sais pas où il est. - Tu ne le sais pas ?
- Qui est Linda ? - Linda ?
C'est ta copine ?
- Où est-elle ? J'aimerais lui parler. - Je ne sais pas où elle est.
Pourquoi ai-je l'impression que tu me caches quelque chose ?
- Je dis la vérité. - Je ne te crois pas.
Es-tu surpris qu'Alex ait attaqué mon ami ?
- Non, il a mauvais caractère. - Oui, on peut dire ça.
Dis-moi une chose. Crois-tu que ça pourrait être Alex
dont tu as vu la silhouette dans la chambre de l'archevêque ?
- Alex ? Je ne suis pas sûr. - Mais ça pourrait être lui ?
Je ne sais pas.
Aaron, tu ne comprends pas. La poursuite te veut mort.
Si tu ne m'aides pas, c'est ce qui arrivera.
Je...
J'essaie. Je ne me souviens pas.
Je ne comprends pas. Pourquoi Alex ferait-il ça ?
Pour ses propres raisons. Peut-être qu'on l'a payé.
- Qui l'aurait payé ? - Je ne sais pas. Oublie ça.
Ce que je dois savoir, c'est si tu le crois capable de le faire.
Je ne sais pas.
Je ne sais pas qui serait capable d'une chose pareille, M. Vail.
- Merci. - De rien.
ll dit qu'il y avait quelqu'un d'autre dans la pièce
et qu'il ne s'en souvient pas.
Et vous voulez que j'étudie la question de l'amnésie
- pour découvrir ce qu'il sait ? - Oui.
Supposons qu'il sait qu'il est coupable ?
Les principales causes d'amnésie sont l'abus de drogues, les crises,
les blessures à la tête et la pathomimie.
Je crois qu'il dit la vérité.
D'accord.
Alors mettons une chose au clair.
Ça me fera plaisir d'analyser son cas.
En fait, j'ai hâte de le faire.
Mais je ne le ferai pas pour valider son histoire, compris ?
- Faites votre travail, et moi le mien. - C'est exact.
Écoutez, si je crois que c'est nécessaire,
je demanderai une l.R.M., un E.E.G. et un test neuropsychiatrique.
- D'accord, docteure. Bonsoir. - Bonsoir.
J'enregistrerai nos rencontres pour M. Vail,
alors ce dont on parlera n'est pas aussi confidentiel que ça le serait
si tu consultais comme patient.
ll me fera peut-être témoigner,
alors si tu as des questions à ce propos,
pose-les pendant qu'il est ici.
- Non, madame. Je comprends. - Bien.
- D'accord. Je crois que ça ira. - Bon.
- À plus tard. Très bien. - D'accord.
Au revoir.
M. Vail m'a dit qu'il y avait un laps de temps
autour de la mort de l'archevêque dont tu ne te souviens pas.
- C'est bien ça ? - Oui. J'ai perdu la notion du temps.
J'ai perdu connaissance.
- Ça t'était déjà arrivé ? - Oui.
Quand est-ce arrivé pour la première fois ?
Ça a commencé quand j'avais environ 1 2 ans, je crois.
Tes parents savaient-ils que ça t'arrivait ?
Non. Ma mère était morte.
Et ton père ?
Non, non. C'était un homme méchant.
- As-tu cherché à te faire soigner ? - Si j'ai quoi ?
As-tu vu un médecin à ce sujet ?
Non.
À Creekside, on va chez le médecin seulement si on se casse une jambe.
- Salut. Puis-je te parler ? - Parle.
- Excusez-nous. Je vous la ramène. - Comment oses-tu ? Que suis-je ?
Un pion que tu déplaces dans un jeu d'échecs ?
- J'étais en train de dîner. - À quand la communication préalable ?
Que veux-tu, Marty ?
Savoir quand elle aura lieu.
- J'ai des requêtes à présenter. - C'est faux.
Tu veux conclure une entente.
Je n'ai pas l'autorité pour le faire.
Je n'en ai pas parlé à mon client. Quelle est ton excuse ?
Si je croyais qu'on devait en conclure une,
j'aurais l'autorité nécessaire.
N'importe quoi ! Shaughnessy veut la peine de mort
et il se sert de toi pour y arriver.
Dans ta position, tu devrais marchander
pour une accusation de meurtre.
Ma position ? On a un dossier en béton.
En béton ?
Pas d'antécédents, pas de témoins, pas d'aveux, pas de mobile.
Des preuves indiscutables.
Je présume donc que tu ne plaideras pas la folie.
C'est dommage. Mes psychiatres l'auraient démoli.
Garder le silence à l'accusation, c'était génial, en passant.
- C'était bien, pas vrai ? - Oui.
Ça m'a plu.
Si tu perds, c'est toi qu'on blâmera, pas Shaughnessy.
- Parle-moi. - On s'en va en procès, Marty.
Bon, il n'en faut qu'un,
un seul juré qui doute de sa culpabilité.
Un juré qui a un enfant du même âge, qui voit son visage...
Un visage innocent, oui. Le prépares-tu à témoigner ?
Son bégaiement, ça n'a pas de prix.
Marty, ne me dis pas que tu le crois innocent.
Quoi, le petit Aaron Stampler t'émeut ?
On ne parle pas que de prison. On parle de mettre un jeune à mort.
Si tu te trompes et que Shaughnessy t'y pousse,
- pourras-tu vivre avec ça ? - Je survivrai.
On se verra en cour.
Mme le Juge, nous déclarons qu'un meurtre a été commis.
Par conséquent, ces photos n'ont plus force probante.
Ce n'est pas qu'un meurtre. ll y a eu mutilation et torture.
La poursuite veut uniquement montrer ces photos sanglantes au jury
- pour le choquer. - C'est faux.
- ll faut les exclure. - Elles démontrent
la nature haineuse du crime
et lient l'accusé,
qu'on a trouvé couvert de sang, à la scène du crime.
- C'est préjudiciable. - Pas d'accord.
- Peu importe votre accord. - Maître, je vous prie.
Les photos seront admises, M. Vail.
Voulez-vous faire une pause
pour continuer cette discussion en privé ?
Désolée, Mme le Juge, mais il va trop loin.
Ensuite, il fera objection
si on veut montrer l'arme du crime comme preuve.
Maintenant qu'elle en parle...
C'est un édifice public.
Excusez-moi, M. Vail.
Signeriez-vous ceci pour moi ?
Parle-moi de Linda. M. Vail a dit qu'elle était ta copine.
Oui, elle l'était.
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
On restait à la maison Sauveur. J'étais enfant de chœur,
et elle travaillait pour l'évêque Rushman.
- Comment était la relation ? - Entre moi et Linda ?
Elle est très cultivée. Très cultivée et intelligente.
On s'amusait bien ensemble.
On va peut-être se marier.
Couchiez-vous ensemble ?
- C'est personnel. - Je sais, mais je dois le demander.
Aviez-vous des relations sexuelles, Aaron ?
Oui.
Avais-tu d'autres partenaires à l'époque ?
- Non. - Et elle ?
Est-elle venue te voir, Aaron ?
- Eh bien, non, mais... - Et ça te déçoit.
Non. La vérité, c'est qu'elle est partie.
Elle est partie pendant un moment.
Elle est partie avant le meurtre. Je ne crois même pas...
Je ne crois même pas qu'elle soit au courant.
- Bonjour, patron. - Bonjour.
- As-tu quelque chose pour moi ? - Oui.
ll n'y a rien à la succursale du centre-ville
sous le numéro B321 56.
Mais je crois que le b n'est pas un b, mais plutôt un 8.
Je crois que le couteau a glissé. Le 8321 56.
"Thomas Jefferson" ? ll n'est pas coupable.
Bon. Tu ne seras pas plus satisfait de ceci :
une liste des œuvres de l'archevêque et des investissements de sa fondation.
Rien d'étonnant ici, à part leur nombre.
Attends un peu. Qu'est-ce que c'est ?
Que faisait-il dans l'affaire South River ? Appelle ce dossier.
Qui sont les investisseurs ?
Shaughnessy ?
C'est le quartier de Joey Pinero.
Tu vois ce terrain ? Avant, tout ça, c'était des maisons.
En fait, il y avait une maison là-bas, au coin,
où j'ai embrassé ma première copine. Je l'ai mise enceinte, aussi.
- C'était tout un baiser, Joey. - C'est sûr.
Enfin, tout le quartier sera occupé par des condos de luxe
si ces gars-là obtiennent ce qu'ils veulent.
C'est pour ça que j'achèterai le terrain avec l'argent de l'entente.
- Le saviez-vous ? - Oui.
- Pour l'argent ? - Tout le monde est au courant.
- Marty est le meilleur. - Je ne fais que mon travail.
Oui. Un million et demi, et il ne fait que son travail.
Conseiller, Joey m'a dit qu'un policier est venu
demander qu'il vous tende un piège.
C'est typique.
lls ne peuvent pas m'acheter, alors ils approchent un des miens.
La plupart des gens présument que ce terrain
appartient à la société de chemin de fer, mais il appartient à l'église.
À l'église ?
- C'est ça, la fondation Rushman ? - Oui.
Et à un groupe de riches promoteurs.
- Comprenant John Shaughnessy ? - Oui.
C'est des rapaces. lls ont acheté tous les terrains
et les vieux bâtiments autour de la propriété de l'église
et les ont démolis.
Notre vieux quartier allait disparaître.
J'ai demandé à l'archevêque :
"Que faites-vous à ces gens ? lls sont pauvres.
"lls se font jeter à la rue
"et c'est des catholiques."
Merde.
ll a écouté. Je n'arrivais pas à le croire.
ll a dit de ne pas toucher aux terrains de l'église.
Les partenaires sont pris
avec des bâtiments vides qu'ils ne peuvent pas démolir
- et des terrains vagues. - C'est exact.
Shaughnessy perd des millions.
Témoigneriez-vous si j'avais besoin de vous ?
Qui, moi ? Oui, sans problème.
J'enlève ce costume et j'en mets un de Brooks Brothers
- avec des flâneurs, c'est sûr. - Merci, Joey.
Merci. Pas toi.
Bien sûr.
Je témoignerai.
Vous savez ce que les gens pensent.
lls pensent que la ville se gère d'elle-même.
Qu'elle se lève, qu'elle va travailler et se couche le soir, tout comme nous.
lls ignorent ce qu'il faut
pour s'assurer que tout ne tombe pas en morceaux.
Le crime, les incendies, les émeutes,
les conduites d'eau qui explosent sous la ville.
Seigneur, c'était tout un bordel, ça.
Qui le commissaire aux eaux appelle-t-il ?
L'entrepreneur qui a posé les tuyaux ? Non. ll m'appelle. lls m'appellent tous.
Mon Dieu, c'est excellent.
lls m'appellent parce que je sais maintenir l'ordre.
C'est mon travail.
La ville ne brûle pas parce que je ne le tolérerais pas.
Je suis le grand négociateur.
Croyez-vous que les gens le comprennent ?
En vérité, ils s'en fichent. Les imbéciles ne votent même pas.
lls ne veulent que manger, dormir, regarder la télé
et baiser leur femme de temps en temps.
Je suppose qu'on devrait tous vous remercier.
De rien.
John, vous devez vous renouveler.
J'ai déjà entendu ce discours sur notre belle ville une dizaine de fois.
Votre client, Pinero, ne respecte pas sa part du marché.
Est-on ici pour parler de Pinero ?
En partie.
Je lui ai mentionné sa part du marché. C'est un adulte. Et l'autre raison ?
J'ai su que votre assistante fouille
dans les dossiers financiers de l'archevêque.
Oui. Eh bien...
Combien avez-vous perdu
quand il a bloqué le projet South River, John ?
Laissez-moi vous dire une chose.
C'est une erreur de mettre un doigt
dans les yeux des gens les plus puissants en ville.
Ce n'est pas leurs yeux que je vise.
Ne vous en prenez pas à moi, Marty.
Les conduites explosent encore, John.
Dans le procès pour meurtre le plus attendu de l'histoire de Chicago,
l'ancien procureur d'État Martin Vail commencera
avec sa déclaration préliminaire pour le compte d'Aaron Stampler.
La poursuite est dirigée
par la procureure d'État adjointe Janet Venable. Venable...
Richard Rushman était un homme de Dieu.
ll a consacré sa vie aux gens de Chicago.
ll était une source d'inspiration
non seulement comme chef spirituel, mais comme citoyen.
... donnera sa déclaration préliminaire pour l'accusé...
Je m'appelle Martin Vail,
et la raison pour laquelle nous sommes tous ici
est de s'assurer de faire connaître la vérité.
Nous pouvons commencer à découvrir la vérité
en parlant de ce que la poursuite veut que vous ignoriez.
Ne soyez pas dupés par l'apparence et l'attitude innocentes de l'accusé.
Aaron Stampler a réfléchi au sort de l'archevêque Rushman
et a déterminé qu'il devrait non seulement mourir,
mais mourir de la façon la plus brutale possible.
On a arrêté Aaron juste après la mort de l'archevêque.
On le sait tous. On l'a vu à la télévision.
Mais pourquoi ? Parce que c'était pratique.
Parce que la police était pressée de résoudre le crime.
Les preuves montreront qu'Aaron Stampler a surveillé, piégé
et cruellement assassiné ce grand homme.
La poursuite ne veut pas que vous sachiez
à propos des autres enfants de chœur
qui ont mystérieusement disparu.
Quand les preuves auront été présentées,
vous verrez qu'Aaron Stampler avait tout le nécessaire
pour commettre le meurtre parfait.
Avec ce couteau, Aaron Stampler a poignardé
la poitrine, les organes génitaux et les yeux de l'archevêque.
On veut vous cacher que l'archevêque avait investi
pour le compte de l'Église catholique romaine
et que ces investissements ont fait perdre beaucoup d'argent
à des gens très, très puissants.
On veut vous cacher les 20 menaces de mort, rien que cette année,
dont l'archevêque avait été la cible avant le meurtre.
Et on veut à tout prix vous cacher la théorie du mobile.
Pourquoi donc ? C'est très simple.
On ne lui en connaît aucun.
lnspecteur Woodside, pouvez-vous expliquer à la cour
d'où viennent ces chaussures de course ?
On les a enlevées à l'accusé lors de l'arrestation.
Et quel est le résultat de l'analyse des taches de sang ?
L'analyse a démontré qu'il s'agit de sang humain
correspondant au groupe sanguin et à l'A.D.N.
de l'archevêque Rushman.
Qu'indiquent les traces de pas sanglantes entourant le corps ?
Le tueur a laissé plusieurs traces de pas sanglantes
dans la zone où il y a eu lutte,
tel qu'indiqué par la répartition du sang dans la pièce.
lnspecteur, répondez par oui ou non.
Aurait-il pu y avoir une 3e personne dans les quartiers de l'archevêque ?
Aucune preuve ne suggère cela.
Mais aucune preuve n'indique que c'est impossible.
Non.
Que s'est-il passé après la lutte ?
L'analyse suggère que le tueur a été surpris pendant la mutilation
et a fui la chambre par l'escalier.
Est-ce possible, inspecteur, que le vrai tueur, une 3e personne,
qui était peut-être assez intelligente
pour ne pas laisser d'empreintes ensanglantées partout dans la pièce,
aurait pu mettre les empreintes de l'accusé
sur le couteau pendant qu'il était inconscient ?
M. Vail, tout est possible.
De toute évidence, la victime a été poignardée à répétition ?
Oui, 78 fois. ll a tenté de se défendre.
Cela explique les coupures aux mains et aux avant-bras.
Docteur, n'est-ce pas un fait que vous ne pouvez pas être sûr
si plus d'une personne a infligé ces 78 coups de couteau ?
Ce pourrait être plus d'une personne, en effet. Mais j'en doute.
Selon votre analyse des blessures, Dr Weil,
sauriez-vous dire si le tueur était gaucher ou droitier ?
La coupure à la gorge et les blessures à la poitrine
ont été infligées d'un angle qui suggère qu'un gaucher
avait le couteau en main.
Savez-vous si l'accusé est gaucher ?
Oui, il l'est.
C'est donc possible qu'un droitier
ait délibérément utilisé sa main gauche pour infliger certaines blessures.
Oui, je suppose que c'est possible.
ll serait alors raisonnable de présumer
qu'une 3e personne se trouvait sur les lieux du crime.
Raisonnable, non. Mais c'est possible.
Après les déclarations préliminaires,
la journée a été marquée par les témoignages
des premiers témoins de la poursuite,
le directeur médicolégal du comté, Harvey Woodside,
et le médecin légiste du comté de Cook, Émile Weil.
On a également assisté au contre-interrogatoire
de Woodside et de Weil
par l'avocat défendant Stampler, Martin Vail.
Selon les observateurs, la poursuite...
Capitaine Stenner, j'aimerais vous remercier
pour le temps que vous nous avez donné.
Mais finalement, j'aimerais attirer votre attention
sur le symbole gravé sur la poitrine de l'archevêque.
Pouvez-vous en parler au jury, capitaine ?
Oui. La lettre et les chiffres B32.1 56
étaient gravés sur la poitrine de la victime.
Ce que vous venez de décrire,
avez-vous pu y trouver une référence identique ailleurs ?
Je crois que oui.
Le symbole B32.1 56 est un code de catalogue pour un livre
trouvé dans une salle de lecture privée au sous-sol de l'église.
Ce chiffre précis, le B32, fait référence à un livre,
La Lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne.
En ouvrant le livre à la page 1 56, on a trouvé un passage souligné.
Pourriez-vous lire ce passage souligné à la cour ?
"Aucun homme, pendant une période considérable,
"ne peut présenter un visage à lui-même et un autre à la foule
"sans finalement oublier lequel est le vrai."
Merci.
Que signifie ce passage pour vous, capitaine ?
Objection. ll est policier, pas professeur d'anglais.
Son interprétation serait conjecturale et sans pertinence.
Elle n'a pas demandé une opinion d'expert.
Le témoin peut répondre.
Selon moi, c'est simple.
Le tueur croyait que la victime était hypocrite,
malhonnête d'une certaine façon.
Selon votre expérience, capitaine,
un tueur laisse-t-il intentionnellement des indices sur son mobile ?
Pas souvent, mais ça arrive.
Merci.
- Merci, mon vieux. - De rien.
As-tu souligné ce passage ?
- Si j'ai quoi ? - As-tu souligné ce passage ?
- Non. Non, M. Vail. - Non ?
Non, M. Vail. Je n'ai jamais ouvert La Lettre écarlate.
Je n'aime pas Hawthorne.
J'ai essayé de lire celui à propos de la maison des sept
au secondaire. J'ai abandonné avant la dixième page.
Je n'étais pas le seul à me servir de la bibliothèque de l'évêque.
Tout le monde empruntait des livres à l'évêque Rushman.
ll encourageait cela.
Ses enfants de chœur et ses employés le faisaient.
Gardien ?
Merci.
Vous n'abandonnez jamais, hein ?
Vous ne saviez donc rien de ça ?
- Non. - Et l'impact de...
Je ne peux pas vous parler. Mon bureau vous appellera.
- D'accord. Merci. - Au revoir. À plus tard.
- Au revoir. - Au revoir.
Qu'est-ce qui s'est passé, merde ?
Je suppose que le 8 était bien un b, après tout.
Tu trouves ça drôle ? On perd cette affaire.
Comment est-ce arrivé ? Comment ça a pu t'échapper ?
Marty, ils sont 50
en plus du service de police de Chicago.
Comment savoir qu'il avait une salle de lecture privée ?
- C'est ton travail. - Tu veux le faire ?
Je veux que tu fasses ton travail !
Allez, Marty.
J'insinue qu'il y avait un 3e homme.
Le sais-tu ? T'en es-tu rendu compte ?
Je n'ai pas de 3e homme. Sais-tu pourquoi ?
Parce que tu n'arrives pas à le trouver !
Un jeune dans le besoin, est-ce dur à trouver ?
Le jeune qui l'a tué a peut-être déjà été arrêté.
On doit au moins admettre qu'il pourrait être coupable.
Toutes les preuves pointent vers lui,
et tu refuses de les voir.
Je ne refuse pas de les voir ! Je crois qu'il est innocent !
Écoutez, vous deux,
on présente dans quelques jours et on n'a rien !
Alors j'aimerais que vous fassiez votre travail, compris ?
Merde !
Ça a dû être difficile pour toi de venir ici à Chicago.
Tu ne connaissais personne.
Non. Personne.
Avais-tu de l'argent ?
Non, rien.
J'aimerais qu'on reparle de ta copine, Linda. Peut-on, Aaron ?
- Non. - Pourquoi pas ?
Aaron.
Je suis désolé.
Pourrait-on faire ça plus tard ?
- Non, je veux qu'on continue. - Je suis un peu fatigué.
Je sais. Pourquoi ça t'embête qu'on parle de Linda Forbes ?
Ça ne m'embête pas.
Je n'ai juste pas envie d'en parler en ce moment.
- Pourquoi pas ? Ça va ? - Non. J'ai mal à la tête.
D'accord, désolée. Laisse-moi arranger ça.
Sais-tu ce que je peux faire avec ça ?
Non, merde, comment le saurais-je ?
Seigneur.
Aaron ?
Quoi ?
Que disiez-vous ?
Allez.
Arrêtez-le !
Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ?
Que voulez-vous ? Je vous tuerai !
Je ne crois pas, Alex. Pose ça.
Pose ça.
- Te souviens-tu de moi ? - Je m'appelle Martin Vail.
Je me fiche de votre nom.
- Vous n'avez pas le droit de faire ça. - J'ai le droit !
Je suis l'avocat d'Aaron Stampler, petite ordure !
Que sais-tu à propos du meurtre de l'archevêque ?
Rien.
Où penses-tu t'en aller ?
N'importe quoi ! Pas de conneries.
Je jure que je ne sais rien.
Alors, que faisais-tu là-bas ?
Que faisais-tu chez Aaron ? Que cherchais-tu ?
- Une cassette. - Une cassette ? Une vidéo ?
- Oui. - De quoi ?
De sexe.
De sexe ?
Faut-il que je vous fasse un dessin ?
De qui ?
De moi et de Linda.
Et d'Aaron ?
Oui. ll filmait aussi, pour l'archevêque.
Dis-tu...
Dis-tu que l'archevêque Rushman était mêlé à une affaire de sexe ?
Oui. ll appelait ça "purger le diable".
Un court sermon, puis il nous disait quoi faire.
- N'importe quoi. - Je me fiche de ce que vous croyez !
Hé ! Quoi ? Quoi ?
Qu'allais-tu faire avec la vidéo ?
- Qu'allais-tu faire ? - La jeter.
J'allais la jeter.
Juste une. Une cassette. Juste une cassette.
Oui. Une. On se servait de la même. ll enregistrait par-dessus.
Pourquoi pensais-tu qu'Aaron l'avait ?
J'ai pensé qu'il l'avait prise, puis qu'il était retourné le tuer.
- ll l'a tué, pas vrai ? - Non.
Où est la fille ? Où est Linda ?
Je l'ignore.
Elle a paniqué ! Elle est partie.
Je ne m'attends pas à recevoir de carte postale.
Regarde-moi. Regarde-moi.
Emmène-le, Tommy.
- Pour aller où ? - Au chaud, avec trois repas parjour.
- Vous ne pouvez pas m'arrêter ! - J'ai déjà été policier. Ça te va ?
- Regarde qui est ici. - Finis ce que tu lis.
- C'est un bon article. - Tu connais les règles.
Ne touche rien. N'enlève rien.
Si tu le fais, c'est moi qui y passerai.
Et moi aussi. Je ne toucherai rien.
Excusez-moi.
... prêcher l'évangile à tous...
Bonjour.
- Que regardez-vous ? - Attends un peu.
Va vers elle. Bien.
Maintenant, aide-la. C'est ça, Aaron. C'est bien.
Linda, aide-le.
Bien. Enlève-lui sa blouse, Aaron.
C'est ça. Maintenant, aide-le, Linda.
N'est-ce pas gentil, Linda ? Bien. C'est ça.
Prends-le dans ta bouche.
- Voilà le mobile. - Aaron,
prends-la par derrière.
- Aaron, prends-la par derrière. - Seigneur.
Merci.
4871 13, rapportez-vous au...
- Je dois lui parler seul. - ll y a quelque chose
- dont on devrait discuter. - Je dois être seul avec mon client.
Me fais-tu confiance ?
Si...
Oui, bien sûr que oui.
Bien. Parce que moi, je ne te fais pas confiance.
Je serai franc avec toi.
Je suis en train de perdre. Sais-tu pourquoi je perds ?
Parce que mon client de merde me ment.
- Je n'ai jamais menti. - N'importe quoi !
C'est fini. Plus de conneries. Plus de petits jeux.
Tout le monde te croit coupable. Tout le monde.
Je suis le seul à te croire et je te crois à peine.
Je veux tout savoir. Tout. lci, maintenant.
As-tu souligné le passage dans le livre ?
Hé ! Hé ! Regarde-moi. As-tu souligné le passage ?
- Non. - Je ne te crois pas.
- C'est n'importe quoi. - J'ai dit...
Je ne te crois pas ! J'ai vu la vidéo !
J'ai vu la vidéo. Je sais ce qu'il t'a fait. Je veux te l'entendre dire.
Non ! Non ! Non !
Dis-moi tout. Ne fais pas ça.
Je veux que tu me dises la vérité. Ne mens pas.
Tu l'as tué, pas vrai ? Tu l'as fait !
- Tu l'as tué. Tu mens ! - Non !
Tu l'as fait, pas vrai ? Dis-moi la vérité. Ne mens pas.
Petite merde ! Tu l'as fait ! Tu l'as tué ! Fils de pute !
- Tu l'as tué ! - Non !
Que veux-tu de moi à présent ?
Arrête de pleurer ! Je ne comprends pas un mot de ce que tu dis.
Petite mauviette ! Tu me rends malade !
- Qui êtes-vous, merde ? - Qui es-tu ?
C'est ma cellule, l'ami ! Qui êtes-vous, merde !
Je vous reconnais. Vous êtes l'avocat.
- Vous êtes son avocat, non ? - Oui.
Oui, avec votre costume chic. J'ai entendu parler de vous.
Vous avez raté votre coup, maître.
Je crois qu'on va injecter du poison à Aaron
jusqu'à ce que ça lui sorte par les yeux !
- Où est Aaron ? - Aaron est parti pleurer
dans un coin quelque part. Vous lui avez fait peur !
C'est à moi que vous devez parler à présent.
Je devrais vous tabasser, par principe. Regardez-moi.
Si vous revenez jouer les durs devant Aaron,
je vous botterai le cul !
- Me comprenez-vous ? - Je comprends. Je comprends.
Si Aaron a des ennuis, il t'appelle. C'est toi, le dur.
Aaron ne pourrait pas botter son propre cul.
Vous l'avez vu, avec ses...
Oui.
Seigneur, il ne sait rien faire.
ll ne savait pas quoi faire avec le sang du prêtre, hein ?
S'il m'avait écouté, on ne serait pas dans ce pétrin.
Mais il a eu peur.
ll s'est enfui et s'est fait prendre, ce petit merdeux.
Donc, Aaron a tué Rushman.
Merde, non ! Seigneur, où vous ont-ils trouvé ?
M'écoutez-vous ? Aaron est trop peureux pour faire quoi que ce soit.
C'était moi, mon gars.
- C'était moi. - C'était toi.
- C'était toi. C'était toi. - Oui.
ll est venu me voir en pleurant, comme toujours.
"Je n'en peux plus, Roy. Tu dois m'aider.
"S'il te plaît, Roy."
J'ai dit : "La ferme, espèce de fillette !
"Agis en homme. Règle ça tout seul."
- Agis en homme, oui. - Vous comprenez ?
Donc, tu t'appelles Roy ?
Oh ! Seigneur, oui. Désolé. Vous, c'est quoi, déjà ? Marty ?
- Oui. - Écoutez, Marty.
Je meurs d'envie de fumer. Avez-vous une cigarette ?
- Non, j'ai arrêté. - Merde.
ll m'en faut une. ll doit y avoir un mégot quelque part.
Roy.
Roy, parle-moi de Linda.
- Linda ? - Oui, Linda.
On s'en fiche de Linda.
Moi, je me préoccupe d'elle. J'aimerais parler de Linda.
Petite salope. Laissez-moi vous dire.
Tout le monde lui est passé dessus, vous comprenez ?
Aaron était tellement fou d'elle
qu'il croyait qu'elle était sa copine.
C'était pitoyable. Elle lui a brisé le cœur.
C'est pour ça que tu as tué Rushman, à cause de l'histoire de sexe.
Vous avez vu la vidéo.
Répondez, salaud !
Croyez-vous que je blague ? Je vous briserai la nuque !
Je répète. Avez-vous vu la vidéo ?
J'ai vu la vidéo. Bien sûr que oui.
Merde. Merde. Je lui avais dit de la reprendre.
J'ai dit : "Retrouve la cassette. Ça montre le mobile !"
Ça va tout gâcher, Marty.
Ne la montrez à personne !
- C'est compris ? - Oui.
- C'est compris ? - Oui. Merde.
- Aaron. - Maudit !
M. Vail ?
Je suis juste ici, Aaron.
ll l'a fait. ll est coupable, le petit con.
Comment ai-je pu ne pas le voir ?
- Me faut-il des points de suture ? - Non.
ll n'est pas coupable. Aaron ignore ce qui vient de se passer.
Je voyais tous les signes, les gros.
Les mauvais traitements, les pertes de conscience,
les pensées qui s'égarent.
ll est ambidextre. Je voulais vous parler
quand vous êtes arrivé.
Vous êtes emballée, mais je suis fichu. Je n'ai pas de défense.
C'est un cas classique de trouble de personnalités multiples.
Je témoignerai pour vous.
ll est fou.
Je ne peux pas changer le plaidoyer en plein procès.
Le juge ne le permettrait pas.
De plus, prouver la folie, c'est le plus difficile.
D'accord.
Mon opinion professionnelle ?
On n'a pas affaire à un criminel. C'est un malade.
ll est en prison et il n'y est pas à sa place.
Avez-vous de l'aspirine ?
Allez, Connerman, posez-la.
Poser quoi ?
La question que vous vouliez me poser.
Je ne comprends pas, M. Vail.
"Comment défendre quelqu'un qu'on sait coupable ?
"Comment le pouvez-vous ?
"Comment défendre de véritables ordures ?"
C'est ce que vous vouliez me demander, non ?
Toutes ces questions subtiles de merde.
Ce que vous voulez savoir, c'est comment je peux faire ça.
Vous croyez que c'est pour l'argent, non ?
C'est bien payé. C'est très, très bien payé, Jack.
La première chose que je demande à un nouveau client est :
"Avez-vous des économies pour les mauvais jours ?
"Devinez quoi. C'est un mauvais jour."
Croyez-vous que c'est parce que je veux voir mon visage à la une ?
Mes 1 5 secondes à la télé ? J'adore ça, vraiment.
Mais devinez quoi.
Ce n'est pas pour ça.
- Allez-vous à Las Vegas ? - Oui.
Je n'y vais jamais. Pourquoi, croyez-vous ?
Marty, il est tard. Je crois qu'on devrait y aller et...
Pourquoi parier de l'argent quand on peut parier des vies ?
C'était une blague.
Bon, je vais vous le dire.
Je crois que les gens sont innocents jusqu'à preuve du contraire.
J'y crois parce que je choisis de croire
que les gens sont bons, à la base.
Je crois que tous les crimes ne sont pas commis par des méchants,
et j'essaie de comprendre
pourquoi de bonnes gens font de très méchantes choses.
Quand je travaillais pour Shaughnessy,
j'ai fait quelque chose de très mal. Peut-être même
illégal. J'étais procureur à l'époque.
Ce que j'ai fait m'a beaucoup troublé, et j'ai décidé de partir.
Je suis parti. Je suis devenu avocat de la défense.
L'ironie, c'est que tout le monde présume que je mens de toute façon.
Je me suis promis
que je garderais mes mensonges pour ma vie privée.
Si vous publiez ça, je vous poursuivrai.
D'accord. J'ai fait une petite erreur.
Sans blague.
Que veux-tu ? Un nouveau costume ? Je t'en achèterai un.
Une erreur ? Tu disais que le 3e homme l'avait fait.
Maintenant, tu as trouvé ton 3e homme, et ton 4e, ton 5e...
Que vas-tu faire, Marty ?
Je ne sais pas. J'ai vraiment gaffé.
Tu avais raison.
Comment vas-tu le faire innocenter ?
Je l'ignore.
Aaron n'a pas commis de meurtre au premier degré.
- Marty, il l'a poignardé plusieurs... - Non, pas Aaron.
Pour le trouver coupable d'un crime capital, l'État doit prouver son intention.
Roy avait une intention, pas Aaron.
Oui, mais pour le prouver, il faudrait plaider la folie,
et on ne peut pas faire ça au milieu du procès.
Je me suis trompé, mais je n'avais pas tort.
Aaron est innocent. Roy est coupable.
ll a besoin d'un exorciste, pas d'un avocat.
Tom, c'est n'importe quoi. Tu n'étais pas là.
ll est très malade. ll s'est fait malmener toute sa vie.
Par son père, par son prêtre. ll ne mérite pas de mourir.
C'est notre travail de convaincre le jury qu'il ne mérite pas de mourir.
- D'accord. - D'accord. Comment faire ?
En parlant de cette affaire d'abus.
- La vidéo. - Quoi, la vidéo ?
C'est fou. Ça lui donne un mobile.
Non, on penserait ça, mais ça...
Ça change complètement la perspective.
Ça montre ce que Rushman a fait à ce jeune.
Mais on ne peut pas la diffuser. Tu le sais bien.
On ne va pas la diffuser.
Merde !
- D'accord, d'accord. - Bien.
- Oui. - Qu'est-ce que tu fais ?
- Qui est-ce ? - Tu le sais très bien.
- Chez Barleycorn, Marty, tout de suite. - Janet ?
Mignon, le porno. Ça fait partie de ta collection ?
Salut.
Où l'as-tu trouvée ? L'as-tu volée
- sur les lieux du crime ? - Je ne sais rien.
- Tu mens. - Penses-y.
- J'y ai pensé. - Si cette vidéo montre
ce que tu dis qu'elle montre,
je te la cacherais. Tu aurais ton mobile.
- Tu devais me la donner. - Pourquoi ?
Tu ne la montrerais pas en cour. Le jury te mépriserait
de calomnier le défunt évêque.
Mais si je la montre, mobile ou pas, c'est moi qui parais mal
et tu gagnes de la sympathie pour ton pauvre garçon abusé.
- Tu crois ? - Je te déteste.
Ne t'en sers pas.
Je n'ai pas l'intention de m'en servir.
- Comme d'habitude, Stu. - D'accord.
Tu prépares autre chose, pas vrai ?
Je ne prépare rien.
Tu ouvres une porte et tu crois que je vais entrer ?
ll y aura un tigre à l'autre bout, et je ne...
Sais-tu qui serait fâché de la voir ?
- Je t'ai dit... - Shaughnessy.
- Je l'emmerde. - Tu l'emmerdes ?
Je t'emmerde.
Merci bien.
Si ce n'est pas ça, ton mobile, alors quoi ?
J'ai un mobile.
Oui, quel est-il ?
Je vais vraiment te le dire.
Dis-le bientôt au jury. Tu vas manquer de temps.
Tenez.
Tu crois m'avoir.
Tu crois que parce que tu me connais, tu sais comment je pense.
Je sais comment tu penses.
Sais-tu à quoi je pense ?
Qu'est-il arrivé à ton visage ?
Je me suis cogné contre l'armoire à médicaments.
Non, Marty, c'était une fille qui partait.
On devrait revenir ici plus tard.
Plus tard ? lls ferment dans dix minutes.
Non, après.
Après le procès.
Quand on n'aura rien à perdre.
Comment peux-tu être si intuitif en cour
et si nul dans la vraie vie ?
J'y repenserai. Je te déteste trop en ce moment.
Vous avez de la visite.
La voici.
- Je vous reparlerai. - D'accord.
Janet.
Bonjour.
Où est la cassette ?
Cette cassette montre des choses assez crues.
- Oui. - Qui aurait pu le croire ?
- D'où vient-elle ? - On l'a envoyée chez moi hier soir.
- Aucun message. - Vail ?
- Qui d'autre ? - lntelligent, ce salaud.
Que croyez-vous qu'il prépare ?
- Je n'en ai aucune idée. - Pas de ça, Janet.
Vous le connaissez plutôt bien. Vous couchiez ensemble, pour l'amour.
- Où est-elle ? - Chez moi.
J'ai un conseil à vous donner.
Si vous avez des ambitions au-delà du bureau où nous nous trouvons,
prenez votre sac, rentrez chez vous et détruisez cette cassette
que vous auriez dû détruire, comme je l'ai fait, en la recevant.
Ne croyez-vous pas que Vail en a une copie ?
Ne croyez-vous pas qu'il y a un original ?
On fait le procès de Stampler, pas de l'Église catholique.
Si vous n'avez pas d'autre mobile pour le condamner, que Dieu vous aide.
Debout.
Veuillez vous asseoir.
Madame la procureure.
Mme Venable.
L'État appelle Thomas Goodman.
Objection, Mme le Juge.
La poursuite sait très bien
que M. Goodman est mon enquêteur dans cette affaire
et sous la règle du travail en cours, il ne peut pas témoigner.
Permission d'approcher, Mme le Juge ?
Accordée.
Je viens d'obtenir des preuves importantes
dont ce témoin peut confirmer l'authenticité.
À M. Vail de décider. Si M. Vail ne veut pas que M. Goodman témoigne,
M. Goodman ne témoignera pas.
Décidez, M. Vail.
M. Goodman, êtes-vous déjà allé à mon appartement ?
- Non. - Je veux dire l'immeuble où j'habite.
Prétendument.
Pardon, vous ne comprenez pas. Vous y êtes allé ou non.
"Prétendument" n'a rien à y voir.
J'y ai été, oui.
- Pourquoi ? - J'avais quelque chose à livrer.
De la part de qui ?
Martin Vail.
M. Vail vous a envoyé me livrer quelque chose.
- Oui. - Qu'est-ce que c'était ?
Une cassette vidéo.
Est-ce la cassette que vous avez livrée pour M. Vail ?
Je crois bien que oui.
La poursuite donne cette cassette vidéo de 1 ,25 cm
- comme preuve, Mme le Juge. - D'accord. Huissier, classez-la.
Où M. Vail a-t-il obtenu cette cassette, si c'est bien la même ?
ll l'a prise du placard de l'archevêque Rushman.
- ll l'a volée. - Non, il l'a empruntée.
Après l'avoir copiée pour lui, je l'ai remise, donc...
Pouvez-vous me décrire ce qu'il y a sur cette cassette ?
ll y avait dessus un sermon de l'archevêque Rushman,
un sermon qu'il répétait, devrais-je dire, suivi...
- d'un genre de film maison. - Un film maison ? De quoi ?
- D'enfants de chœur. - Et ?
- D'une fille. - Faisant quoi ?
Un genre de cours d'enfant de chœur ?
En train d'avoir des relations sexuelles.
Silence.
Un film porno.
- Oui. - Oui. Bon.
Comment croyez-vous que cette vidéo, cette vidéo porno,
s'est retrouvée dans le placard de l'archevêque où M. Vail l'a prise ?
- C'était lui le... Le réalisateur. - Qui, lui ?
- L'archevêque Rushman. - Silence dans la salle !
L'accusé était-il un des enfants de chœur
qu'on voit dans le film maison de l'archevêque ?
- Oui. - Ainsi que sa copine ?
Je crois qu'elle s'appelle Linda Forbes.
Oui, elle aussi.
Vous a-t-il semblé que l'accusé avait du plaisir
en tournant ce film avec sa copine ?
Non.
Je ne vous demanderai pas, M. Goodman,
si vous croyez qu'on a trouvé son mobile.
Nous le déciderons nous-mêmes quand nous aurons vu la vidéo.
Pas d'autres questions.
Contre-interrogatoire de la défense ?
- Non, Mme le Juge. - Nous allons faire une pause.
Huissier, préparez la vidéo. M. Goodman, vous pouvez partir.
Merci du conseil.
- M. Vail a dit qu'elle était ta copine. - Oui, elle l'était.
- Comment vous êtes-vous rencontrés ? - À la maison Sauveur.
J'étais enfant de chœur,
et elle travaillait pour l'évêque Rushman.
Que faisait-elle ?
Avais-tu d'autres partenaires à l'époque ?
- Non. - Et elle ?
Non.
Est-elle venue te voir, Aaron ?
- Oui ? Non, je suis toujours ici. - Non.
- Quoi ? - Est-ce que ça te déçoit ?
D'accord.
M. Vail, êtes-vous prêt à présenter votre premier témoin ?
Oui, Mme le Juge. La défense appelle John Shaughnessy.
La poursuite s'y oppose, Mme le Juge.
M. Shaughnessy n'a jamais été nommé comme témoin.
- Puis-je approcher, Mme le Juge ? - Oui.
Merci.
Mon client risque la peine de mort. ll a toujours insisté qu'il y avait
- quelqu'un dans la chambre. - Vous croyez que M. Shaughnessy
pourrait le confirmer ?
Mme le Juge, la Constitution des États-Unis
passe en priorité ici
et me permet d'appeler tout témoin pouvant démontrer son innocence.
C'est clairement indiqué dans le 6e Amendement.
C'est aussi au cœur de Brady contre le Maryland.
M. Shaughnessy, êtes-vous membre du conseil
d'une organisation appelée la fondation Rushman ?
J'ai la chance d'être membre honoraire du conseil.
Pouvez-vous expliquer la nature et la raison d'être de la fondation ?
La fondation Rushman a été fondée par feu l'archevêque.
Elle investit dans des projets pour le bien de la communauté.
Le bien de la communauté, d'accord.
Ce serait vrai dans le cas du projet immobilier en faillite
- de South River ? - Oui.
Pouvez-vous dire à la cour pourquoi le projet South River a échoué ?
ll y avait une divergence d'opinions quant aux coûts.
N'y avait-il pas aussi une divergence d'opinions
entre les investisseurs et feu l'archevêque ?
- Je ne m'en souviens pas. - Eh bien...
De combien d'argent est-il question ici ? Je veux dire...
Combien d'argent, M. Shaughnessy,
a été investi et perdu dans le projet South River ?
- 60 millions de dollars. - Silence.
60 millions de dollars !
Ouah ! C'est beaucoup d'argent.
L'archevêque et vous avez été amis pendant quoi, 20 ans ?
On peut dire que vous vous connaissiez très bien.
C'est exact.
Étiez-vous surpris du contenu de la vidéo
- que Mme Venable a montrée ? - Bien sûr.
Vous n'aviez jamais eu vent d'accusations
contre l'archevêque pendant ces années ?
Pas que je me souvienne, non.
Non, surtout que vous êtes procureur d'État depuis 1 5 ans.
On peut donc affirmer que vous avez supervisé toutes les poursuites
dans le comté de Cook pendant ces 1 5 ans,
surtout les poursuites contre des personnages importants.
Je supervise aussi une équipe de 1 000 des meilleurs procureurs...
Oui, mais comme procureur d'État, au bout du compte, vous décidez
de qui sera poursuivi ou non.
- Oui. - Oui. D'accord.
Retournons en arrière.
Retournons en juin 1 985.
Vous souvenez-vous d'accusations d'inconduite sexuelle
- contre l'archevêque à cette époque ? - Je ne m'en souviens pas, non.
Non ? Vous souvenez-vous d'un dénommé Michael O'Donnell
qui est venu à l'unité d'étude des délits graves de votre bureau ?
J'ignore de quoi vous parlez,
- maître. - Vraiment ?
Tout cela me semble embrouillé,
carj'ai un document ici
du service de police de Chicago
selon lequel Michael O'Donnell a parlé au superviseur de l'unité
pendant deux semaines, lui décrivant en détails explicites
les abus sexuels dont il a souffert aux mains de l'archevêque Rushman.
Silence.
N'est-il pas vrai, M. le procureur d'État, que vous avez décidé que votre ami
l'archevêque Rushman ne serait pas jugé pour ses crimes ?
ll vous devait une grosse faveur, John.
Vous avez dû être furieux qu'il se retire de South River.
Que s'est-il passé ? Quelle était la raison ?
ll a fini par dire : "Je n'en peux plus" ? ll a dit : "Non !"
- M. Vail. - Donc vous et vos investisseurs aviez...
- M. Vail. - ... 60 millions de raisons de le tuer !
- Espèce de salaud ! - Ça suffit. Le témoin est excusé.
Faisons une pause. Vail, à mon cabinet, tout de suite.
C'est pour Joey Pinero, espèce d'ordure.
Commencez à chercher un nouvel emploi.
Si vous croyez vous servir de ma cour pour votre vengeance personnelle
et pour régler de vieilles querelles, vous vous trompez.
J'annule le témoignage de Shaughnessy. ll n'est pas pertinent.
Vous êtes coupable d'outrage au tribunal et devrez payer 1 0 000 $.
Vous dites que je ne peux pas obtenir de procès juste dans votre cour ?
Soyez très, très prudent, M. Vail. Vous êtes en terrain glissant.
Bon, d'accord. Je fais le chèque à votre nom, Mme le Juge ?
Voulez-vous que je vous expulse du procès ?
Vous vous moquez de ma cour, et je ne le permettrai pas.
Commencez à représenter votre client plutôt que vous-même.
... faire ça plus tard ?
Non, je veux qu'on continue.
- Je me sens très, très fatigué. - Je sais.
Pourquoi ça t'embête de parler de Linda Forbes ?
Ça ne m'embête pas. C'est juste...
- D'accord. - Je suis désolé.
Sais-tu ce que je peux faire avec ça ?
Non, merde, comment le saurais-je ?
Dre Arrington, combien de temps avez-vous passé avec Aaron Stampler ?
Environ 60 heures.
Qu'avez-vous découvert au cours de votre évaluation ?
M. Stampler souffre d'un trouble dissociatif aigu, plus précisément,
d'un trouble de personnalités multiples.
Objection, Mme le Juge.
La Dre Arrington dit ce qu'elle a observé personnellement.
- Mme le Juge. - Maîtres.
- Je sais ce que tu fais. - Excusez-nous un moment.
Mme le Juge, s'il doute de la santé mentale...
Mme le Juge, je tente d'établir une raison médicale pour son amnésie.
Ce n'est pas ce qu'il fait. ll dit qu'il est fou.
- Est-ce ce que vous faites ? - Non.
Je vous permets d'interroger le témoin à condition que vous soyez prudent.
Certainement. Oui.
Écrivez qu'il a dit ça.
Bon, où en étions-nous ?
Aaron Stampler pourrait-il
avoir été présent pendant le meurtre de l'archevêque Rushman
- et l'avoir oublié ? - Oui, c'est possible.
Pourriez-vous expliquer cela ?
M. Stampler était dans un tel état au moment du crime
que son corps pouvait être sur les lieux
sans que son esprit s'en souvienne.
- Comment est-ce possible ? - Le mécanisme neurologique
qui rend cela possible a été déclenché par l'abus, enfant,
dont il a été victime aux mains de son père.
Pour se défendre, l'esprit d'Aaron s'est divisé,
l'aidant à créer deux personnalités distinctes.
- Mme le Juge. - Je ne l'ai pas dit.
- Je ne l'ai pas dit. - Deuxième avertissement.
Voulez-vous continuer dans cette veine ?
Je vous suggère de bien réfléchir avant de répondre.
Mme le Juge, juste une dernière question.
D'accord, Dre Arrington,
selon vous, Aaron Stampler est-il capable de commettre un meurtre ?
Non. ll est bien trop traumatisé
pour exprimer sa colère et sa frustration.
ll réprime ses émotions.
C'est pour ça qu'il a créé Roy, qui serait capable de tuer.
- Objection, Mme le juge. - Ça suffit, M. Vail.
Le jury et la cour ignoreront la dernière déclaration du témoin.
- Merci. - Madame la procureure,
- voulez-vous contre-interroger ? - Bien sûr que oui.
Comme vous en avez parlé malgré les consignes de la cour,
je suis curieuse de savoir
si le trouble de personnalités multiples est votre domaine d'expertise.
Ce n'est pas mon domaine principal, non.
La psychiatrie légale est-elle votre domaine d'expertise principal ?
- Non, je suis neuropsychologue. - Je vois.
Vous n'avez pas d'expérience médicolégale
et vous êtes plutôt une universitaire ?
Alors permettez-moi cette question de nature théorique.
Je conduis ma voiture, et quelqu'un me coupe.
Je me dis intérieurement : "Je veux le tuer."
Mais je ne le fais pas, n'est-ce pas ?
- J'espère que non. - C'est exact.
Ça nous arrive. Des gens nous font du tort,
mais on ne va pas s'inventer un psychopathe
pour régler nos comptes, n'est-ce pas, docteure ?
Je n'insinue pas que vous souffrez d'un trouble de personnalité.
- Je dis que M. Stampler en souffre. - Je sais. On a compris.
Vous avez aussi témoigné que vous avez rencontré ce...
Comment s'appelle-t-il, déjà ?
- Roy. - Roy qui ?
- ll n'a pas donné de nom famille. - Je vois.
Roy vous a-t-il dit qu'il avait tué l'archevêque ?
M. Vail était seul avec lui. J'observais par la fenêtre.
Mais peu après, je suis entrée dans la pièce et j'ai vu Roy
redevenir Aaron.
Avez-vous enregistré cette apparition d'Aaron...
Excusez-moi. Je ne m'habitue pas à ce nom.
- Roy. - L'avez-vous filmé ?
- Non, j'avais arrêté la cassette. - Arrêté ?
Vous n'avez donc aucune preuve de son apparition.
- Non. - Non.
Aaron Stampler différencie-t-il le bien du mal ?
Oui.
Si Aaron Stampler avait massacré l'archevêque, saurait-il...
Objection, Mme le Juge.
Si Aaron Stampler avait tué l'archevêque,
- saurait-il qu'il aurait enfreint la loi ? - Oui, mais ce n'était pas Aaron...
Je sais, docteure. C'était Roy.
C'est tout. Pas d'autres questions, Mme le Juge.
Le témoin peut partir.
Mme Venable, si vous voulez rouvrir le dossier de la poursuite
et appeler le psychiatre de l'État,
- je le permettrai. - Non, je...
Je ne crois pas que ce soit nécessaire.
Je crois qu'on a compris ce qui se passe.
M. Vail, êtes-vous prêt à continuer ?
Aimeriez-vous faire une pause ?
Roy ?
Aaron.
Parle-nous un peu de ta relation
avec l'archevêque Rushman.
ll était comme un père pour moi. Je l'aimais beaucoup.
Pourquoi l'aimais-tu ?
Pourquoi ?
ll m'a sauvé la vie.
C'est le seul à m'avoir traité comme si je comptais pour lui.
Arrête de geindre, fillette. Agis en homme.
On a tous vu la vidéo te montrant, Aaron.
Comment te sentais-tu ?
Est-ce que ça t'a fait changer d'avis à propos de l'archevêque ?
Non.
C'était un homme merveilleux.
Tu n'étais pas en colère contre lui
qu'il t'ait forcé à te laisser filmer ?
Non. ll a tout fait pour moi.
Je ne pouvais rien faire d'autre pour lui, et il en avait besoin.
Connais-tu quelqu'un qui s'appelle Roy ?
Non.
Tu as entendu le témoignage de la Dre Arrington
à propos de ce qu'on a vu en prison, elle et moi.
Aaron, des choses étranges ont eu lieu. T'en souviens-tu ?
Je sais ce qu'elle a dit, mais je ne m'en souviens pas.
- Aucun souvenir ? - Non, monsieur.
As-tu tué l'archevêque Rushman ?
Non, monsieur.
Merci.
Le témoin est à vous.
M. Stampler, voulez-vous de l'eau ?
- Non, madame. - Certain ?
Oui, madame.
M. Stampler, croyiez-vous que l'archevêque portait des masques ?
Pardon, qu'avez-vous dit ?
Croyez-vous qu'il agissait différemment en privé et en public ?
Non, je ne croyais pas ça.
Vous avez souligné le passage d'Hawthorne pour ça, non ?
M. Stampler ?
Non, je n'ai rien souligné dans ce livre.
- Vous n'avez rien souligné ? - Non, madame.
Vous n'avez pas gravé de chiffres référant à ce passage sur sa poitrine ?
Non, madame. Je n'ai pas fait ça. Je vous ai dit que...
Vous l'aimiez.
Vous l'aimiez comme un père.
Même s'il vous a forcé, avec votre copine,
à commettre des actes sexuels humiliants pour son propre plaisir.
Non, vous ne comprenez pas. ll...
ll n'avait pas d'autres moyens d'exorciser ses démons.
- ll en avait besoin. - ll voulait prendre son pied, Aaron.
C'est ça qu'il faisait.
C'est pour ça qu'il se servait de vous comme d'un animal de cirque.
- C'était votre rôle dans sa vie. - Non.
M. Stampler, je vous le demanderai directement, carje suis fatiguée,
j'en ai assez de toute cette histoire sordide
et je veux rentrer chez moi.
Je veux me laver les mains et tout oublier de vous
et de l'archevêque Rushman.
L'archevêque vous a-t-il obligé, avec votre copine et d'autres,
à commettre des actes sexuels devant lui ? Oui ou non ?
- Oui, il l'a fait, mais... - Oui, il vous y a obligé.
ll vous y a obligé en vous menaçant de vous expulser de la maison Sauveur
et de vous jeter à la rue, sans chauffage, ni eau, ni nourriture.
ll vous a mis devant la caméra ! ll vous a fait vous dévêtir !
Ne croyez-vous pas que c'est un autre aspect de lui ?
Un autre visage d'un homme qu'on croyait...
- Non ! Non. - Savez-vous ce que je ferais
si quelqu'un me faisait ça ? Je le tuerais. Sans hésiter.
- Non. - Je le poignarderais
78 fois avec un couteau de boucher !
Je lui couperais les doigts ! Je lui trancherais la gorge !
Je graverais des numéros sur sa poitrine !
Je lui arracherais les yeux ! Je le jure devant Dieu.
Mais ça, c'est moi.
Plus de questions, Mme le Juge.
Où croyez-vous aller comme ça ?
- Pardon ? - Regardez-moi
- quand je vous parle, salope ! - M. Stampler.
- Allez au diable ! Approchez ! - Ça suffit.
À l'ordre ! Huissier ! À l'ordre !
Revenez ! Vous voulez jouer dur ? On va jouer dur. Allez. Reculez !
- Roy ! Du calme. - Essaie, pour voir, salaud.
Je vais lui briser la nuque, vous verrez.
- Roy, je dois te parler. - Allez au diable.
- Je vais sortir d'ici. Doucement... - C'est moi.
Non ! Non ! N'osez pas...
Non !
- Ça va ? - Oui, je vais bien.
Ne songez même pas à allumer cette cigarette, Mme Venable.
- Ça va, votre cou ? - Je m'en remettrai.
Je pourrais appeler un médecin.
M. Shaughnessy a appelé pour dire qu'il n'y aura pas de procès nul,
- comme s'il avait à décider. - Je ne peux pas croire
que ce déchet a osé appeler ici.
Non, merci.
Ce qui m'importe, c'est ce que vous avez à dire.
De toute évidence, votre affaire a été compromise.
Pour être juste envers la poursuite, je déclarerais le procès nul
peu importe ce que messieurs Shaughnessy et Vail pensent,
si c'est ce que vous voulez.
La poursuite ne reprendrait pas le procès même si elle le pouvait.
Et elle ne le peut pas, en tout cas moi, je ne peux pas.
Et je peux garantir que personne d'autre
au bureau du procureur ne voudra le faire, alors ça dépend de vous.
Je renverrai le jury et procéderai à un procès devant juge
avec plaidoyer de non culpabilité pour cause de folie.
- Oui ? - Oui.
L'accusé sera emprisonné à Elgin
pendant une période d'évaluation de 30 jours.
On y décidera des termes de sa détention.
Est-ce que ça vous pose problème ?
Mme le Juge, il sera libre dans un mois.
Discutez-en avec l'autorité législative, Mme Venable.
Je rentre chez moi.
- Mme le Juge. - Non, M. Vail.
Je ne vous rembourserai pas votre amende pour outrage,
et la prochaine fois que vous voudrez plaider la folie,
plaidez ouvertement la folie
sinon je vous ferai exclure du Barreau.
- Tu vas bien ? - Si je vais bien ? De quoi ai-je l'air ?
J'ai été attaquée par un malade. J'ai perdu le procès et mon emploi.
Non, Marty, je ne vais pas bien, mais tu as gagné.
La justice a été rendue. On s'en fiche, pas vrai ?
Félicitations.
Tu le savais, n'est-ce pas ?
Tu savais que si je m'en prenais à lui, il perdrait la tête.
Je savais qu'il sortirait s'il se sentait menacé.
Et qui de mieux placé pour le faire que moi ?
Tu t'es servi de moi.
Oui. Je n'avais pas le choix.
Qu'ai-je fait de si terrible, en passant ?
Je savais que tu ferais ton travail et que tu tiendrais tête à Shaughnessy.
Je savais que tu essaierais de gagner. Qu'y a-t-il de mal à ça ?
J'ai perdu mon emploi, merde !
Tu aurais dû partir il y a longtemps.
Seigneur, pourquoi crois-tu toujours savoir ce qu'il me faut ?
Parce que je suis arrogant.
Je suis très,
très arrogant.
- Veux-tu danser ? - Non.
- Certaine ? - Oui.
Tu n'aurais qu'à te retourner.
Non.
Je dois voir mon client.
- J'aimerais une minute seul avec lui. - Certain ?
Oui, j'en suis certain.
Ça va ?
J'ai mal à la tête.
Tu ne te souviens pas de ce qui s'est passé ?
- Non ? - J'ai encore perdu la notion du temps.
J'ai de bonnes nouvelles.
On va arrêter le procès.
On va t'envoyer à l'hôpital.
Tu y obtiendras l'aide qu'il te faut.
Tu as de bonnes chances d'en sortir bientôt.
Oui.
Je n'arrive pas à y croire.
- Je ne sais pas quoi dire, M. Vail. - Ça va, Aaron.
J'ai su dès que vous êtes entré dans ma cellule
que tout s'arrangerait pour le mieux.
Vous m'avez sauvé la vie.
Oui.
Je dois partir.
- Quand vous reverrai-je ? - Ça dépendra de la cour.
Ne t'inquiète pas, Aaron. Je m'occuperai de toi, d'accord ?
Merci.
Appelle-moi si tu as besoin de quelque chose, d'accord ?
- D'accord. - Très bien.
- Hé ! M. Vail ? - Oui ?
Pouvez-vous présenter des excuses à Mme Venable de ma part ?
Dites-lui que j'espère qu'elle n'a pas mal au cou.
Oui.
- Que viens-tu de dire ? - Quoi ?
Tu disais que tu n'avais aucun souvenir. Tu perdais connaissance.
Comment sais-tu pour son cou ?
Tant mieux pour vous, Marty.
J'allais laisser tomber.
Vous aviez l'air si heureux. J'ai pensé...
Mais à vrai dire, je suis content que vous ayez compris,
carj'avais très envie de vous l'avouer.
Je ne savais pas qui devrait vous le dire.
Aaron ou Roy ou Roy ou Aaron.
Laissez-moi vous dire un petit secret.
Un secret entre un avocat et son client, vous me comprenez ?
Peu importe qui vous l'apprend. C'est la même histoire.
ll fallait
que je tue Linda, M. Vail.
La salope a eu ce qu'elle méritait.
Mais découper ce fils de pute de Rushman,
c'était un vrai travail d'artiste.
Tu es doué. Tu es vraiment doué.
Mais je me suis fait prendre, pas vrai ?
ll n'y a donc jamais... ll n'y a jamais eu de Roy ?
Seigneur, Marty. Si c'est ce que vous croyez, vous me décevez.
Ça ne m'embête pas de vous le dire.
ll n'y a jamais eu d'Aaron, maître.
Voyons, Marty, je croyais que vous l'aviez compris.
Votre façon de me faire témoigner,
c'était du pur génie, Marty.
Et cette histoire d'agir en homme,
je savais exactement ce que vous me demandiez.
C'était comme si on dansait, Marty !
- Gardien. - Ne soyez pas comme ça, Marty.
On a réussi. On a réussi, merde. On est une super équipe, nous deux.
Croyez-vous que j'aurais pu le faire sans vous ?
Vous êtes juste un peu fâché
parce que vous étiez attaché au bon vieux Aaron. Je comprends,
mais l'amour, ça fait mal, Marty. Que puis-je dire de plus ?
Je blague, l'ami ! Je ne voulais pas vous faire de peine !
Que pouvais-je faire d'autre ?
Vous allez me remercier, au final.
Cette histoire va vous endurcir, Martin Vail !
Vous m'entendez ? C'est une promesse !
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