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L'histoire d'un jeune Fran�ais, �tudiant en art,
et d'une Polonaise qui se rencontrent � Paris
� la veille de la Premi�re Guerre.
C'est ma place !
C'est une biblioth�que publique.
Je m'assois toujours ici !
- Vous ne pouvez pas r�server... - Demandez-lui !
Ma place, s'il vous pla�t.
- Prenez la place � c�t�. - Prenez-la vous-m�me !
Merci.
VERITE, un roman de l'esprit Sophie Brzeska
Je suis seul.
Vous l'�tes aussi ?
�videmment
Vous �tes un g�nie.
Je le sais car j'en suis un, �galement.
La crevette est reine quand le poisson quitte le bassin.
Une philosophe ? Je vous croyais po�te.
Je suis �crivaine. Et je veux un journal.
Je suis un artiste. Je ne lis pas les journaux.
Embrassez-moi.
- Je n'aime pas les hommes. - Moi, si.
Je les trouve bien plus beaux que les femmes.
La beaut� est morte.
Vous vous trompez.
Je cr�e de la beaut�. Vous en cr�ez aussi.
La plupart des gens cherchent � cr�er de la beaut�.
Nombreux sont ceux qui �chouent. Ce ne sera pas mon cas.
J'ai du talent � revendre.
Votre arrogance vous emp�chera de devenir un g�nie.
Vous pensez que Michel-Ange �tait arrogant ?
Je d�teste Michel-Ange.
Regardez. La pire oeuvre de Michel-Ange.
Elle n'est pas de Michel-Ange.
C'est mort ! Regardez !
Pas de trous, pas de muscles et pas de myst�re !
Regardez cette poitrine ronde.
Et qui voudrait voir ces fesses �normes,
exhib�es � la vue de tous, jour apr�s jour ?
C'est ind�cent !
Il ne faut pas s'�tonner
de voir l'innocence de nos enfants pervertie !
L'art, mes braves gens...
ce n'est que le fruit du hasard d'un travail asservissant.
Mes braves, je vous en supplie !
Chassez l'art de votre quotidien !
L'art pourrit votre force morale !
Mesdames et messieurs,
regardez cette charmante demoiselle,
avec son chapeau de paille et son panier.
On pourrait ais�ment croire
que c'est une c�l�bre femme tr�s � la mode.
Mais ce n'est pas le cas. C'est une grande �crivaine.
Mais ses histoires ne se d�roulent pas
au temps des croisades.
Pourquoi ?
Car on ne fait pas de l'art avec des r�ves.
L'art, c'est l'obsc�ne. L'art, c'est le sexe.
Et l'art, c'est... la r�volution !
- Venez ici, jeune homme ! - �a suffit !
A demain !
A la biblioth�que ! Si je n'y suis pas, oubliez-moi !
Bonjour.
J'ai oubli� de me pr�senter. Je m'appelle Henri Gaudier.
- G-A-U-D... - Silence.
I-E-R.
Marions-nous. Je gagne bien ma vie.
Un franc de l'heure � la galerie d'art Lartigue.
Non.
Emm�nageons ensemble, alors.
- Je couche avec tout le monde. - Parfait, je suis tout le monde.
Vous vous �tes donn� en spectacle au parc.
- Vous auriez d� les faire payer. - Je viens d'un bon milieu.
Mon p�re est charpentier.
Quel est le th�me de votre livre ?
Les conflits.
- Les conflits ? - Oui.
- Vous devriez le lire. - Oui !
- L�chez �a ! - Je vous aime.
- �a ne vous donne aucun droit. - C'est vrai.
Mon livre est en polonais.
J'apprendrai le polonais. Je commence d�s demain.
Vous �tes aussi fatigant qu'une semaine de travail.
Je vous donne un sou pour ce poireau.
Trois sous.
- Un. - Trois.
Vous l'emportez ou je vous le fait livrer ?
Vous aimez votre travail � la galerie ?
C'est un travail � la pi�ce.
J'y vais quand j'en ai envie.
Mais ils ont leur livre de chair.
Votre chair, monsieur la crevette ?
J'ai l'impression de toujours monter une c�te.
Mais ne vous m�prenez pas.
Je ne veux pas �tre quelqu'un d'autre.
J'ai de la chance d'�tre ce que je suis.
Mais je ne pense pas pouvoir faire ce que je veux faire tout seul.
Que les choses soient claires.
Mon invitation n'est rien d'autre qu'un acte d'amiti� artistique.
Bien s�r, Mlle Brzeska.
Des artistes comme vous, j'en connais plein.
- Vous connaissez qui ? - Je connais... Peu importe.
En quoi �a vous regarde ?
D'accord, je ne connais personne.
Vous me connaissez.
Je connais les types de votre esp�ce.
Vous pensez que l'art n'est que sexe.
L'art va au-del� du sexe !
Quand les gens liront mes livres...
- Je les lirai tous ! - Vous ?
Je n'ai jamais rencontr� pire lecteur !
- Attendez de voir mes amis. - Vous n'en avez pas.
Vous non plus ! Et vous �tes vieille !
J'aimerais voir Henri Gaudier.
Les visites sont interdites.
Mais c'est tr�s urgent !
Je suis... sa soeur et...
Et sa pauvre m�re veut le voir avant de mourir.
Toutes mes condol�ances, madame.
Le point de vente est juste au coin.
Larbin bourgeois !
Mon Dieu ! Un faussaire !
Au secours !
Mamelooshka !
J'h�berge donc un criminel.
Mieux vaut une bonne copie qu'un original rat�.
Comment dit-on "dessiner" en polonais ?
Essayez de ne pas en mettre partout !
Bref, si les riches ne voient aucune diff�rence
entre un vrai Gaudier et un vrai Gainsborough,
autant les berner.
Un jour, on copiera mon travail.
Votre "travail" ?
Vous ne savez pas ce que veut dire ce mot.
Dobrovski, travailler.
Sachez, tr�s ch�re, que j'ai "dobrovski�" de Paris � Marseille.
J'ai "dobrovski�" au pays de Galles, chez un marchand de charbon.
J'ai m�me "dobrovski�" pour avoir une bourse pour mes �tudes.
Je vais sans doute finir dans un foyer de dobrovski.
Pendant que vous ferez les boutiques � Paris.
Je suis venue ici pour terminer mon livre.
Il me fallait une atmosph�re qui m'inspire.
Il faut se cr�er sa propre atmosph�re.
Le couteau.
Il y a quoi, l� ?
Dans mon coffre ?
Tout ce que j'ai.
- Il est plein ? - Oui.
Qui vous a dit de l'ouvrir ?
Il y a trop de choses. Vous devriez tout jeter.
Vous trouvez �a artistique, le vide ?
Il n'y a rien de bon dans le vide quand on d�passe les 30 ans.
Que dis-je, les 30 ans... Les 20 ou m�me les 10 ans.
�tre seule, en avoir assez du vide
qui envahit la t�te, les bras, qui remplace toute envie.
Une lettre � poster devient plus lourde qu'un rocher.
La solitude...
"Tu veux �crire ?", disait ma m�re.
Cette pauvre, triste, emp�t�e et surprotectrice m�re
qui s'�tait ramollie apr�s ses nombreuses fausses couches.
Des gar�ons.
Puis ils ont regard� entre mes jambes, �tonn�s,
et m'ont dit : "Cette idiote ne peut pas �crire."
"Jeune fille, trouve-toi un homme aussi b�te que toi.
"Tu es en train d'�crire ?
"Pose ce livre ! Que va-t-on faire de cette gentille fille
"qui aime tant lire, manger et dormir ?"
Ils m'ont alors trouv� un dandy rustre
dont la m�re �tait riche.
La dot ?
Les jeux et les putes de papa ont tout englouti.
Quand son dandy rustre l'a quitt�e,
la fille dont personne ne voulait devint gouvernante
et v�cut au milieu des vomis et des merdes des b�b�s.
Et le soir,
elle montait dans sa chambre �crire ses pens�es.
Quelle sensiblerie !
Tiens, voil� mon cher employeur, pr�t � me sauter dessus !
Je n'ai pas besoin de votre amour.
Je suis la plus grande pute du quartier !
J'ai commenc� plus de livres que vous n'avez fait de dessins.
Mon livre parle de sommeil.
De cette substance �paisse et huileuse sous laquelle
on r�ve � moiti� endormi, � moiti� �veill�,
o� on cache ses espoirs
avant que la r�alit� ne d�truise tout.
J'en ai trouv�, des solutions pour en finir avec la vie,
sous cette substance.
A moiti� endormie, � moiti� �veill�e.
Laissant mes probl�mes dormir dans mes v�tements.
Mais les d�chirures ne dorment pas. Le temps non plus.
Si seulement on s'�tait connus il y a 20 ans.
Mon corps n'est plus. Je suis d�charn�e.
Je ressemble � une vieille sorci�re.
Ne crois pas que je pleure ma beaut� pass�e.
J'ai toujours su que mon visage �tait un handicap,
mais j'�tais assez jeune pour �tre ambitieuse, comme toi.
Je ne m�rite pas ton amour.
Ceux qui ont tent� de m'aimer ont tous fini par me d�tester.
Tu es si jeune.
Tu deviendras un grand artiste.
Trouve-toi quelqu'un de plus gentil.
Le chou est en train de br�ler.
Tu vas adorer ma m�re. Elle est g�niale.
Elle ne vit pas � la campagne ?
�a, c'est ma m�re biologique. Ma vraie m�re est...
Le Louvre ?
C'est une maison pompeuse pleine d'objets vol�s aux sauvages.
On fait de l'art avec de l'art.
- Tu ne disais pas �a, hier. - C'�tait hier.
Tu as affirm� que l'art d'aujourd'hui
devait s'inspirer du jour pr�sent.
Et le jour pr�sent est continuit� du jour pass�.
Tu crois qu'il y a une fronti�re entre hier et aujourd'hui ?
- Tu changes toujours d'avis. - En effet.
Je me couche en pensant que c'est mon dernier jour
et je me l�ve comme si j'allais vivre �ternellement.
Et tu crois que je vais me jeter dans tes bras pour toujours ?
Tu ne me supporterais pas plus d'une semaine.
Mon amour pour toi me suivra toujours.
Excusez-moi, monsieur...
Bonjour, mon cher.
O� se trouve la nouvelle t�te primitive ?
L�-bas, monsieur. Mais...
Monsieur...
Excusez-moi, mais votre chemise d�passe...
Ce n'est rien. La plupart des gens sont nus, ici.
Regarde. Voil� ce qui te travaille : l'enl�vement !
"L'enl�vement des Sabines."
L�, il n'y a pas que la chemise qui d�passe.
On dirait un mus�e de cire.
Bonjour ! Une petite excitation artistique ?
J'allais enlever mon chapeau devant la Joconde.
C'est gentil d'enlever votre chapeau devant la Joconde.
Je fais de m�me au moins une fois par jour.
Cependant, contrairement � vous, je suis correctement habill�.
Madame, retirez vos mains de mon pantalon !
Autre chose, monsieur...
Mon Dieu ! Mon fr�re !
- C'est l� que tout a commenc� ! - Moins fort !
- C'est l� que tout s'est achev�. - C'est un mus�e !
M�me si votre enthousiasme pour ces oeuvres �ternelles...
me touche au plus profond de mon coeur...
nous ne voulons pas d�ranger le contribuable
qui profite des bienfaits de la d�mocratie culturelle.
Vous comprenez, monsieur ?
D�ranger ? Il faut les d�ranger !
Il faut les scandaliser !
Nous ne sommes pas dans une morgue !
Ceci, monsieur, est une pierre. Une pierre d'une grande valeur.
Si on laisse un seul visiteur la toucher,
tous les autres voudront faire de m�me.
L'art est vivant ! Profitez-en ! Moquez-vous de lui !
Aimez-le ou d�testez-le !
Mais ne l'adorez pas ! Nous ne sommes pas dans une �glise !
Accrochez-le au mur !
Torchez-vous avec !
Mais utilisez-le !
C'est moi qui remplirai ce trou, demain.
Bien s�r, monsieur.
Dans ce cas, j'attendrai demain.
Esp�ce de gros lard bedonnant pr�tentieux !
Bon � rien qui se croit sup�rieur !
Face de rat, vandale !
Vous n'avez pas de m�re !
Vous �tes n� d'une merde pos�e par votre p�re et s�ch�e au soleil !
- On reviendra un autre jour. - S�rement pas !
Je ne remettrai plus les pieds l�-dedans !
Qu'ils gardent leur mus�e si pur pour les touristes am�ricains !
Finalement, ta "vraie m�re" est une sacr�e garce !
On verra si ma m�re biologique nous traite mieux.
Comment �a ?
Quelques jours � la campagne nous feront du bien.
Et tes parents ? Je n'ai rien � me mettre.
Je veux rentrer � la maison !
On n'a pas de maison !
Henri !
Respire cet air, Mamelooshka !
Elle a publi� chez qui ?
Chez plein d'�diteurs ! C'est une star internationale.
Elle a l'air d'une veuve.
Notre amour est platonique.
Quel calme !
Vous avez fait bon voyage, Mlle Brzeska ?
J'ai une peur bleue des trains.
C'est un moyen de transport tr�s pratique.
O� sommes-nous ?
Sur les terres de la comtesse de Montmorency.
Elle nous les loue.
Merci de m'accueillir chez vous.
Il n'y a pas de chambre pour vous � la maison.
Vous dormirez dans la laiterie.
- C'est tr�s... - Nous sommes une grande famille.
J'aime la solitude.
C'est un ange.
Tu la connais bien ?
Intimement.
�coute..
L'�clat de nos �mes a fusionn�.
Ta m�re est tr�s inqui�te.
Tes anc�tres ont taill� la fa�ade ouest
de la cath�drale de Chartres.
Je ne vais pas t'apprendre ce qu'est la beaut�.
Et elle est belle jusqu'aux os.
Bonjour, Emma !
Salut.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Quoi ?
Qu'est-ce que tu fais l� ?
Je suis venu voir si tout allait bien.
C'�tait ma chambre, avant.
C'est tr�s joli et tout va bien.
Laisse-moi seule. Je suis fatigu�e.
- Fatigu�e de moi ? - Pas de toi, mais par toi.
Tes parents vont avoir des probl�mes s'ils te trouvent ici.
D'accord. Je te laisse, alors.
Bonne nuit.
Bonne nuit, mon gar�on.
Et si on se promettait l'un � l'autre ?
Oui, on va se promettre l'un � l'autre.
Tu le veux vraiment ?
Oui.
Alors on doit s'�changer quelque chose.
Quelque chose qui durera �ternellement.
Je te donnerai mon nom.
Je te donnerai le mien.
Henri Gaudier-Brzeska.
Sophie Gaudier-Brzeska !
Je suis ton fr�re.
Je suis ta soeur.
Tu es mon amour.
Toute ma vie j'ai r�v� d'un amour comme celui-ci.
M�me quand tu �tais jeune ? Tr�s jeune ?
M�me � cette �poque-l�.
Ma famille ne m'a pas donn� cet amour.
Alors, j'ai cherch� ailleurs.
Une gouvernante vaut son pesant d'or et les voyages ouvrent l'esprit.
Mais m�re est devenue jalouse et p�re, avide.
Je vagabondais dans des pays �trangers, sans rep�res.
J'ai alors commenc� � chercher autre chose que l'amour.
L'amiti� ?
La camaraderie ?
Moins que �a.
La piti� ?
Encore moins que �a. On se contente...
de ce qu'on trouve.
Je suis venue � Paris pour me donner la mort.
Mais j'avais trop peur des asticots et du noir.
Ma soeur...
Ma petite soeur Mamelooshka.
Tu as trouv� cet amour.
Nous vivrons l'un pour l'autre.
Et tu travailleras pour tout le monde.
Toi aussi.
Bien !
Levez-vous du lit, vous deux !
Venez ! Son Excellence va vous lire quelque chose.
"Votre Excellence...". C'est moi.
"J'ai le triste devoir de vous informer
"qu'une femme d'origine �trang�re
"se sert de la laiterie de la comtesse
"pour accueillir des hommes.
"En tant que maire, il est de votre devoir
"d'expulser cette �trang�re
"de ces terres, mais aussi de cette r�gion."
Signature illisible.
Tr�s bien ! Mettez-vous en ligne !
Dehors ! Les plus jeunes d'abord !
Allez !
Fils, dis-lui de partir.
Reste ici avec nous.
Vermines.
Sales chiens ! Sortez d'ici !
D�gagez !
Au revoir, mon P�re !
Aidez-nous � trouver une petite chambre � Londres !
Merci, madame. Merci.
Celui-ci, il est pour moi !
Monsieur, laissez J�sus vous venir en aide !
Dominus vobiscus.
Je sors du couvent.
Propre comme un sou neuf, ferme comme un tambour.
Six pence la passe, cinq shillings la nuit.
Avec un joli bonus � la fin.
Vous �tes si beau que vous pourriez chier des boules de chocolat.
Dieu vous b�nisse, ma soeur.
Comment va le grand roman en 3 volumes ?
Il y a une lettre pour toi.
Ouvre-la.
Si tu ne lisais pas tant, tu pourrais travailler un peu.
Dans ce vacarme ?
Quand ce n'est pas les trains,
c'est l'humidit�, le brouillard
ou le manque d'inspiration.
Seul le moment pr�sent compte !
- Tu as du travail. - Quoi ?
Tu as du travail ! 55 shillings par mois !
55 shillings par mois !
Maintenant, j'ai tout !
Un logement, un travail,
des chefs-d'oeuvre et une femme !
Que pourrait demander de plus un citoyen de classe moyenne ?
Un baiser !
Au viol !
Quoi ? Non !
�a suffit, mon gar�on !
�a suffit, esp�ce de sauvage !
Je te l'ai d�j� dit mille fois : je n'aime pas le sexe !
Tu ne penses qu'� �a !
Il y a eu 9 cas d'outrage public � la pudeur,
� cause de femmes comme toi !
Tu veux du sexe ? Va voir une professionnelle !
D'accord, mais c'est toi qui paies !
Cinq shillings ? Tu as perdu la t�te !
Je ne vais pas jeter mon joli corps
dans les bras d'une pute � 5 shillings.
C'est tout ce qu'on a.
�conomisons et consommons � la maison.
Tr�s bien...
Sois b�ni, mon fr�re !
Je te recrute !
Pourquoi fais-tu �a, Mamelooshka ?
Tu d�truis l'amour que j'ai pour toi !
- Gaudier. - Oui ?
Occupez-vous de cette facture en polonais.
Je m'en occuperai demain. Je dois la montrer � ma soeur.
Corky a tr�s envie de rencontrer votre soeur.
Vous vous souvenez de M. Corky, n'est-ce pas ?
Mon ami, le marchand d'art.
- Je n'oublie jamais personne. - Tant mieux.
Vous n'avez donc pas oubli� que vous soupez avec lui ce soir.
"Zuteski", j'avais "oubli�ski" !
Ma soeur cuisine depuis ce matin.
Mon �pouse vous remercie pour le dessin.
Nous l'avons accroch� dans le salon.
Courage, Mamelooshka !
Mon patron m'a arrang� un rendez-vous avec M. Porky,
un des plus grands marchands d'art du monde.
Il a des bureaux � Londres, � New York et � Paris.
Tu vas bient�t devenir riche.
En attendant, j'ai postul� pour un poste � Blandford.
Tu est trop bien pour eux.
Tu es la soeur du plus grand sculpteur du monde.
A table, monsieur le g�nie.
Je n'abandonnerai pas ma modeste vie.
Un bon artiste doit rester proche du peuple.
Ah, le peuple...
Un d�licieux cresson accompagn� de lait de ch�vre afghane.
Et les restes des harengs.
Garde �a au chaud,
j'ai invit� mon c�l�bre marchand d'art � d�ner.
Ce soir ?
Et c'est maintenant qu'il me le dit !
Mon Dieu...
C'est lui !
On est riches, Mamelooshka ! Commence � d�penser !
M. Porky, j'imagine ?
Excusez-moi...
Je m'appelle Angus Corky.
Je suis Henri Gaudier McBrzeska.
Et ce n'est rien.
Quand j'aurai des outils, je taillerai des pierres.
- Je vous donnerai des outils. - Merci.
Vous aimez ?
Beaucoup.
Je l'ai su d�s que je vous ai vu. Vous �tes un g�nie.
Accepteriez-vous cinq livres ?
Combien ?
Cinq livres.
Shakespeare !
Je ne peux pas acheter tout �a.
- J'ai travaill� dur dessus. - Je prendrai celui-ci.
Vous voulez dire 5 livres le dessin ?
�videmment
Vous �tes un cr�tin.
Mamelooshka, voici mon nouveau marchand d'art !
Celui qui a des bureaux partout ?
Il vient d'acheter un de mes dessins pour cinq livres.
Zut !
M. Angus Porky, voici ma soeur,
Mlle Sophie Gaudier-Brzeska.
C'est un vrai plaisir, mademoiselle.
Et je me laisse emporter avec joie, M. Porky.
D�licieux !
Trempez vos groins, mes chers porcs.
Je vous en prie, commencez, M. Porky.
Ce n'est plus la saison de nos l�gumes rares pr�f�r�s.
- Non, on est pauvres. - On a cinq livres.
En r�alit�, je n'ai pas...
Je t'ai menti pour l'argent.
Je lui ai offert les dessins. N'est-ce pas ?
Je vous paierai demain, c'est promis.
Tu vois ?
Mangez, �a va refroidir.
Je sais qu'il nous paiera.
Mais c'est tellement facile de t'arnaquer !
Mieux vaut �tre pigeon qu'arnaqueur.
Il y a d'autres alternatives.
- Je suis l'h�te... - Voyez-vous �a !
Il est l'h�te. �a fait de moi la pute ?
- Qui ach�te � manger ? - Qui paye le loyer ?
Qui gaspille l'argent en babioles ?
Mon gar�on...
- Il fallait pas... - C'est pour moi.
Je les porterai lors de l'exposition que Porky a promis d'organiser.
De quoi remplir d'enthousiasme le coeur des visiteurs.
- C'est une marque de soumission. - Un geste r�volutionnaire.
Je devrai les porter. Tes oreilles ne sont pas perc�es.
Aussit�t dit, aussit�t fait !
Non ! Ils vont te prendre pour un homosexuel !
Ils adorent les homosexuels !
Le public aime les artistes mis�rables.
L'art est r�volution !
Arr�te !
Je rayonnerai d'une splendeur barbare,
brouillant ainsi la diff�rence entre hommes et femmes.
Mon gar�on...
Esp�ce de...
- Tu es fou ! - Je me rends !
J'aimerais beaucoup vous inviter � d�ner.
�a suffit !
A tr�s bient�t, j'esp�re.
Je me rends !
Un tigre qui br�le dans la nuit.
Un corps de femme qui br�le le jour.
Des lumi�res et des ombres sensuelles.
Mais des sons � la place des tons.
�a ressemble davantage � du Blake qu'� du Debussy.
Je ne sens pas les tigres,
mais �a pue le sexe.
Je vois une lumi�re.
On ne voit rien d'autre, avec un impressionniste.
Je pensais qu'il s'agissait d'un ballet sur l'homosexualit�.
C'est tellement typique de Diaghilev.
On dit qu'il s'est tap� tout le corps de ballet.
Les gar�ons, les filles et m�me les �lectriciens.
Associez-vous l'impressionnisme � l'homosexualit�, M. Brzeska ?
�a fait beaucoup de bites.
A table, tout le monde !
- Vous avez lu le dernier Hardy ? - J'ai lu les critiques.
- Je ne lis pas les critiques. - C'est des salauds !
D'o� puisez-vous vos informations ?
Nos informations ?
L'information qu'on trouve dans les critiques
satisferait � peine un petit esprit illettr�.
C'est bien vrai !
Tu me dis toujours de lire les journaux.
Pour lire les informations, pas les critiques !
Vous les diff�renciez ?
Non. Je me torche avec les deux.
Pippa, encore un peu de cidre ?
Mavis ?
M. Shaw...
L'art vous rapporte combien par an ?
�a lui rapporte plus que mes livres que Tom publie.
Si vous saviez ce que je paie comme frais...
Les bijoux en font partie ?
Quand la guerre �clatera, Lionel gagnera encore plus.
Quand les r�fugi�s afflueront,
ils vous �changeront des statues contre des passeports.
Un Michel-Ange contre un passeport am�ricain ?
C'est pas cher pay�.
Mais si la guerre �clate, elle tuera les artistes.
Mais pas les marchands.
Tom ! C'est horrible, ce que tu dis l�.
J'aime la guerre.
La guerre est bonne pour la sant�.
Plus elle est importante, plus je l'aime.
- Il rigole. - J'aime ce que le peuple aime.
Le peuple aime la guerre, sinon...
"Elle serait pas si populaire" ! Ne le redis pas, sinon...
- Sinon ? - Elle verse une larme pacifiste.
Pourquoi en faire une affaire personnelle ?
Parce que c'est le propre de l'homme.
Que faites-vous dans la vie, Mlle Brzeska ?
- J'�cris. - Elle chante, aussi.
Je suis �crivaine.
Vous avez publi� un livre, r�cemment ?
Le 3e des 9 volumes de son roman philosophique
a �t� acclam� � Moscou.
Les 6 autres ont d�j� �t� dactylographi�s ?
Exact, sauf que ma soeur pr�f�re �crire � la main.
Connaissez-vous des chansons populaires polonaises ?
Je d�teste les paysans et leurs horribles chansons.
C'est une femme noble.
Je suis communiste.
Alors je vais vous d�capiter !
Une chanson...
intitul�e "Mazurka m�lancolique".
Traduite du polonais par Sophie Gaudier-Brzeska.
Deux puces vivent dans les bois
L'une, c'est toi et l'autre, c'est moi
Tu avais un b�ton, moi des terres Et nous �tions propri�taires
C'est alors que Sam est arriv� Un homme mal �lev�
Qui passait son temps � r�ver
Et � rire joyeusement
Il vit que nous �tions louches
Il pr�para un crachat dans sa bouche
Son tir fit mouche
Et il rit joyeusement
Magnifique.
Vous n'avez pas aim�.
Bande de jacasseurs paresseux ! Fils de primates !
J'ai aim�. C'est vous que je n'aime pas.
Elle trouve que vous puez de la bouche.
Elle doit confondre avec vos pieds.
Quel est votre mat�riau pr�f�r�, M. Brzesky ?
Brzeska. La pierre.
- Le granit ? - Non, le marbre.
Mais pourriez-vous tailler du granit ?
�videmment
Mais vous avez surtout taill� du marbre, non ?
Mon fr�re taille tout type de pierres.
Sophie...
Je pr�f�re le marbre.
Sophie, voulez-vous m'aider avec le caf� ?
Excusez-moi !
M. Shaw va tout d�couvrir si on ne fait pas attention.
Comment ?
Il va vouloir voir une de ses sculptures imaginaires.
Je vais lui en parler.
Vous sculptez des choses vivantes ?
Vivantes et mortes. �a fait partie du boulot.
Henri, on doit y aller.
Je viens de finir un buste en marbre.
Du n�oclassique.
Je veux bien poser pour vous.
�a lui ferait plaisir.
Je suis si fatigu�e. Partons.
Henri, on va rater le dernier bus.
Laisse-moi finir mon pudding.
Ce nouveau buste n�oclassique... Pourrais-je le voir ?
Bien s�r.
- Quand ? - Demain � 8 heures.
Je serai au th��tre.
A 8 heures du matin ?
Disons 9 heures.
D'accord. M. Porky vous donnera mon adresse.
Au revoir.
Alors l�, t'as frapp� fort !
Au revoir.
Le sculpteur de Corky est divin.
Esp�rons que son talent m�rira.
Il est plus facile de devenir ministre qu'artiste, dans ce pays.
Par contre, elle, je ne la supporte pas.
J'esp�re que vous reviendrez.
Porky ! Debout !
D�sol�, madame. Je me suis tromp� de fen�tre.
Viens, on doit aller chercher la pierre de Shaw.
Et je veux mes outils.
Tous les magasins sont ferm�s.
- Dobrovski, Porkovski ! - Allez !
Celle-ci peut faire l'affaire ?
Trop de grains.
Il faudrait que tu te d�cides.
Nous sommes trop pr�s de la rue principale.
Henri ?
Mon Dieu !
Ce n'est pas le moment de faire l'idiot.
On n'est pas au march�.
Choisir la bonne pierre est un acte cr�atif.
Michel-Ange a pass� 6 mois dans sa carri�re pr�f�r�e
avant de se d�cider.
Tu d�testes Michel-Ange !
J'avoue qu'il s'am�liore. Il s'am�liore � chaque fois.
Eur�ka !
Elle est parfaite.
Allez, vite.
Tu seras maudit par... Edward Timothy West.
Balivernes !
Il me remerciera de lui enlever un poids.
Dieu Tout-Puissant !
- Ne blasph�me pas ici ! - Je suis tremp� jusqu'aux os !
Comme les juifs en traversant la mer Rouge.
Je ne suis pas juif !
Pourrions-nous nous arr�ter pour prendre un th� ?
Pas le temps !
Quelle heure est-il ?
Il doit �tre 3 heures.
Plus que six heures.
Shaw ne viendra pas, Gaudier.
Je le connais.
Il ne sort pas de sa galerie avant le d�jeuner.
Cette fois-ci, il viendra.
Il aura sa sculpture.
A 9 heures pr�cises.
Tr�s bon th�, Sophie.
Ravie qu'il vous plaise.
Bien. Je vais vous raconter une histoire.
J'esp�re que je ne l'ai pas d�j� entendue.
Un homme qui se promenait dans un champ
est tomb� sur un oisillon.
Si jeune qu'il ne pouvait pas voler.
Comme c'est mignon.
L'homme devait l'aider pour lui �viter une mort certaine.
A c�t�,
il y avait une grosse bouse de vache fra�che et fumante.
Alors,
il prit le petit oiseau,
fit un trou dans la bouse...
et posa l'oisillon dedans.
Apr�s un moment pass� dans la chaleur de la bouse,
au milieu d'un d�licat parfum,
le petit oiseau se dressa et commen�a � chanter.
Un renard r�dait dans le coin.
Il entendit le petit oiseau chanter.
Il s'approcha pour voir et...
Il lui arracha la t�te.
Morale de l'histoire :
votre ennemi ne vous fout pas toujours dans la merde
et celui qui vous en sort n'est pas toujours votre ami.
Quand vous �tes dans la merde,
fermez votre gueule.
J'ai envie de dormir.
Quel dommage !
Va te poser sur le banc d'un parc.
Vas-y, c'est � c�t�.
Ton admirateur, M. Porky, va t'accompagner.
D'accord...
Je suis d�testable, Mamelooshkina.
Ma douce �me.
Ma libert�.
Ma vie hors de ma vie.
Mon espoir de splendeur.
Ma douce voix.
Ma joie qui me sauve de ma tristesse.
Pas toi, mon cher Porkums.
J'ai besoin de toi.
Mets les burins dans la po�le.
Et alimente le feu.
Je suis tellement fatigu� !
Tu sais ce que c'est, un bon travail ?
C'est quand chaque coup est r�ussi.
Quand l'homme voit son oeuvre avant de tailler la pierre.
Buriner...
C'est quelque chose de s�rieux.
Un charpentier te dirait la m�me chose.
Cependant,
si tu ne laisses pas la pierre t'influencer,
si tu ne la laisses pas te guider,
tu es fichu.
Chaque coup doit faire mouche.
Chaque coup est une prise de risque.
Tu tiens ta vie entre tes mains.
On peut reconna�tre un mauvais artiste ou un mauvais m�decin.
Il essaye de masquer son travail avec des tours de passe-passe.
Une oeuvre doit �tre myst�rieuse.
Mais elle doit l'�tre autant pour l'artiste que pour le public.
Autant pour l'un que pour l'autre !
J'ai besoin d'avoir un public.
Tous les artistes ont besoin d'en avoir un.
Sauf cas rares.
Dans ces cas-l�, la perle rare est un saint artiste.
Mais surtout un saint.
C�zanne, par exemple.
Il avait un sacr� caract�re.
C'�tait un saint.
Il passait ses journ�es � peindre. Mais il ne vendait rien.
Il s'en fichait. Son p�re �tait banquier.
Tu devrais acheter ses oeuvres, Porkums.
Ce sera un luxe
quand nous serons vieux et apathiques.
Mais tu aurais tort de croire
� ces histoires de g�nie solitaire.
Bien s�r, je fais �a parce que �a me pla�t.
Il n'y a rien de mal � �a.
Si �a ne m'apporte rien,
�a n'apportera rien � personne.
C'est �a, le fameux myst�re.
Pourquoi les gens ne regardent pas le travail que je fais ?
Pourquoi ne me l'ach�tent-ils pas ? Incroyable.
Pourquoi ne font-ils pas leurs propres oeuvres ?
Je ne m'int�resse au travail d'un autre que s'il m'est utile,
que si je peux m'en inspirer.
Pourtant,
si personne ne regarde mes oeuvres,
alors "zut", comme dirait ma merveilleuse soeur.
Mon oeuvre ne serait qu'un bloc de pierre.
Si on met la cath�drale Saint-Paul dans un carton,
qu'est-ce qu'on obtient ?
Un carton tr�s lourd.
Au boulot, mes bons citoyens motiv�s par les oeufs � la coque !
Vous n'avez jamais effectu� une vraie journ�e de travail.
A nous deux, ma jolie.
On va raccourcir les �paules.
Et limer tes seins.
Il voulait nous prendre sur le fait.
M. Bronski ?
- Quel num�ro ? - 25. Vous �tes M. Bronski ?
Je suis M. Bronski, le grand chirurgien du cerveau !
Un t�l�gramme pour vous.
Lisez-le.
"D�sol�. Ai rendez-vous � galerie d'art.
"Appelez-moi. Shaw."
Il est 9 heures !
L�chez-moi !
Je suis un voyou ! Je m�rite pas d'�tre libre !
Laissez-moi dans ma cellule !
�a suffit ! Shaw a retir� sa plainte et Porky a pay� pour la fen�tre.
C'est l'acompte pour la statue.
Qui t'a dit de payer pour cette fen�tre ?
Je veux rembourser !
Je suis ton agent. Je vends tes oeuvres � qui je veux.
Je peux donc les acheter aussi.
Tu as fait lib�rer un criminel !
Tu l'as fait pour moi, pas pour mon travail !
Si je sors, mon acte perdra de l'importance !
Vous me d�go�tez ! Je veux pas sortir !
C'est comme si je n'avais rien fait !
Or, je l'ai fait et j'en suis fier !
Ils t'auraient expuls� !
Oublions toute cette histoire.
Je dois partir, Porky. Henri m'�puise.
Tu veux vraiment redevenir gouvernante ?
Oui. �a me permettra d'�crire.
Je n'ai plus d'argent.
Et Henri a d�pens� tout son salaire en outils.
- Sophie, laisse-moi... - Ne dis pas de b�tises.
C'est d�j� tr�s gentil d'avoir pay� le fiacre.
Je l'aime, mais je dois vraiment m'en aller.
Je veux vivre ma vie pendant quelques mois.
- Oui... - Prends soin de lui, Porky.
- Je peux pas t'accompagner. - Au revoir.
Je dois trouver du travail.
- D�sol�e pour ton boulot. - C'�tait pas un travail pour moi.
Il en trouvera un autre tr�s bient�t.
- �a va aller ? - Bien s�r que �a va aller.
Tiens.
Au revoir ! Je suis d�sol�e !
Ne t'inqui�te pas ! Moi aussi, j'aime la solitude !
Au revoir !
Je suis libre ! Viens, Porky, on va se trouver des femmes !
Nous pourrions aller voir Mavis.
Des femmes formidables.
Grandes, fortes, sexy, � forte poitrine...
Excusez-moi.
- Auriez-vous du feu ? - Bien s�r.
- Mais... - Attendez, monsieur.
Le droit de vote aux femmes !
Le droit de vote aux femmes !
Mon Dieu ! �a, c'est une femme ! Enl�ve ton chapeau !
Une modeste contribution, s'il vous pla�t.
- Elle m�riterait d'�tre fouett�e ! - Non, monsieur !
Elle ne fait que r�chauffer une nuit bien froide.
Rejoignez-nous, mesdames !
- Venez avec nous ! - Qui veut des marrons grill�s ?
C'est le jour que nous attendions !
Le droit de vote aux femmes !
Rattrapons-la ! C'est notre homme !
Bonsoir, Mlle Boyle.
Le Vortex ! La discoth�que de Shaw !
�a veut dire qu'elle est en danger !
Un instant, messieurs. Avez-vous une carte de membre ?
Pourquoi accorder le droit de vote � une femme ?
Elle a assez � faire avec la croix qu'elle doit porter.
Elle domine depuis plus de 10 000 ans
et elle ne veut pas avoir un autre patron
car il serait bien trop difficile � diriger.
Et on ne peut amener un homme � se marier
que si on fait de lui un roi.
Esclaves � la voix douce,
vous �tes d�j� au sommet de la vague.
Alors pourquoi g�cher une aussi bonne chose ?
Les anciens ma�tres exploitent les jeunes ma�tresses !
La voil� !
Elle r�siste au feu ! Montre-nous ta culotte !
Tais-toi !
Bonsoir !
- Qui est-ce ? - Gosh. N'est-elle pas magnifique ?
- Gosh ? C'est une �jaculation ! - Et bien m�rit�e !
Une autre !
Le droit de vote pour les femmes
A poil, Gosh ! Tu as un cul superbe !
Un cul superbe !
Maintenant que notre spectateur priapique s'est lib�r� d'un poids...
Je ne sais pas lire ! Je ne vous comprends pas !
Taisez-vous et m�rissez.
Merci pour cette chanson, Gosh. Mais ne d�chirez plus de tableaux.
Vous pourriez finir par en lac�rer un bon.
A pr�sent, Mlle Gosh va nous exposer son opinion sur...
- Accouche ! - Sur le...
Le suffrage f�minin...
Le Mouvement pour le Suffrage F�minin.
Laissez-la voter et enlevez-lui sa culotte !
Assieds-toi !
Ensuite, Pablo Picasso devait venir nous faire un dessin.
Connais pas !
H�las, M. Picasso n'a pas pu se lib�rer.
Tant mieux ! Je vais le remplacer !
Un po�me du nouveau g�nie de la plan�te Terre !
"B�ton", d'Henri Gaudier-Brzeska. Musique !
- Mon assistante... - Gosh Boyle.
A poil, sinon on est fichus.
Un, deux...
�a suffit.
Merci !
Vive la libert� d'expression !
Je viens de trouver une chanson encore plus coquine.
Oubliez le public.
On va faire une chose bien meilleure ensemble.
- Quoi ? - Faire sauter l'universit� d'art !
Ne revenez plus !
"Vu que je descends ce week-end, j'apporterai le livre de grammaire.
"Comme ta logeuse interdit les visites masculines,
"retrouvons-nous � Portland,
"qui est � mi-chemin et dont le bain de mer est r�put�.
"Je serai dans le train de 14h22 de Waterloo."
Le train qui arrive voie 4 est celui de 14h22 de Londres.
Il dessert les gares de Lyme Regis, de Teignmouth et d'Exeter.
Mamelooshka !
J'ai pris un autre train qui ne s'est pas arr�t� !
J'ai d� revenir sur...
Vite, mon gar�on ! Laisse-les !
Il y a un train ! Allez !
Allez !
N'oublie pas : il faut toujours garder son calme.
- On ne doit pas �nerver l'autre. - On reste calmes.
Je ferai ce que tu m'as dit de faire.
Celles-ci, de la part de Porky et celles-l�, de ma part.
Une chambre pour 2
dans laquelle je puisse cuire des harengs.
D�sol�e, madame, mais nous sommes complets.
On est o�, l� ? Dans une station de ski ?
On est en hiver et tous les h�tels sont pleins.
Allons voir la mer. �a fait si longtemps...
Attends.
Auriez-vous une chambre pour mon fr�re et moi
o� je puisse cuire...
Toi et tes harengs ! C'est par o�, la mer ?
Au bout de l'all�e, l�-bas.
Merci.
Henri ! Attends-moi !
Reviens ! On doit trouver un endroit o� loger !
Plus tard ! On a assez g�ch� notre journ�e !
Il faut penser � la nuit !
Tu ne vois que le c�t� sombre des choses !
Attends-moi, mon gar�on ! Je vais me perdre !
Salaud !
Salaud...
Maudits harengs !
Leur gosse est un petit morveux. Il me d�teste.
Les p�quenauds sortent pour me regarder quand je passe.
Comme des porcs puant la bi�re.
Ils me prennent pour une fille facile.
Ils me donnent envie de vomir !
L'ancienne gouvernante est morte de consomption.
Je mets de l'eau � bouillir et je lave la pi�ce chaque semaine.
Je n'arrive pas � �crire.
Et cette grande Lune blanche mena�ante et horrible...
Rien ne t'emp�che de rentrer.
Bient�t, mon gar�on. Ce vent est insupportable.
Pourquoi avons-nous pris ce raccourci ?
J'ai quelque chose � te dire. Tu m'�coutes ?
Je peux fermer les yeux et t'�couter quand m�me.
Porky va organiser une exposition pour moi.
- Vraiment ? - Oui.
Mon gar�on ! Je suis contente pour toi !
Des milliers de gens viendront. Le sol sera couvert de dessins.
Ils seront pi�tin�s.
Je mettrai les plus laids. Ce sera mon monde.
Je veux que les gens t'admirent.
Et toi, tu t'occuperas du catalogue.
- Demande � Porky de s'en charger. - Non.
- Je n'ai pas d'exp�rience. - Tu es �crivaine, non ?
Mon Dieu. Regarde �a.
Il y a assez de pierres pour tenir 15 jours !
Je les sens !
Merveilleuses pierres...
P�re Soleil Tout-Puissant !
Regarde tes fils
qui s'�merveillent !
Danse, Sophie ! Danse !
Nous devons rester ici � tout jamais.
Nous vivrons dans une hutte.
Nous exposerons ici.
Les gens emporteront les statues � bord des bateaux.
Une flotte de Gaudier qui s'�tire le long de l'horizon.
Tu arrives � imaginer �a ?
Je peux le faire.
Je vais trouver une maison.
Je sais que je peux le faire.
Ce ne sera pas un catalogue ordinaire.
Ce sera un po�me,
un hymne � la v�rit�...
et � la beaut� !
Mon gar�on, je suis si heureuse !
Notre belle maison !
C'est parfait ! C'est magnifique !
Et c'est calme.
Et c'est trou�.
Je t'aime, Sophie.
D�sol� si je t'ai fait du mal.
Je suis cruel car j'ai peur.
J'ai peur que tu me quittes, peur de ne pas avoir ton amour.
Mais tu m'aimes.
Oui.
Bien s�r que oui.
Je t'aime.
Mon amour...
Mon seul amour.
On ne doit pas faire �a !
Je suis d�sol�e ! Je suis folle !
Pourquoi ?
Apr�s cette exposition, tu deviendras c�l�bre et riche.
Mais si tu...
- Je resterai le m�me ! - Nous verrons.
Si tu m'aimes encore apr�s �a, on pourra peut-�tre se marier.
Viens, le soleil se couche.
O� ai-je laiss� mon sac ?
Tu l'as vu ?
J'�tais en train de danser...
Il doit �tre par l�.
O� est-il ?
Bon Dieu !
Tu me trouves belle ?
�a va.
Sexy ?
Sexy ? N'est-ce pas l� une insulte pour les suffragettes ?
J'en ai assez de la politique.
Je veux devenir une artiste.
Le monde a besoin de plus d'artistes et de moins de politiciens.
Je n'ai couch� qu'avec des po�tes.
Tu veux que je te montre mes po�mes ?
Tu les montreras � ma soeur quand elle reviendra.
Elle sait tout sur...
Pourquoi parles-tu sans cesse de ta soeur ?
J'esp�re qu'elle reviendra jamais.
J'en ai assez d'entendre parler d'elle.
Tu as h�te de faire une sculpture de papa ?
J'ai h�te de prendre son argent.
Sinon, je me serais pas trimbal� toute cette argile.
Peux-tu me donner des cours de sculpture ?
Le�on num�ro 1 :
arr�te de coucher avec des po�tes et trouve-toi des carri�ristes.
Ce sont de bien meilleurs coups, en plus.
Peu importe ce que je fais, tant que c'est cr�atif.
Je veux laisser derri�re moi quelque chose de marquant.
Les toilettes, c'est par l�.
Je m'ennuie tellement !
Mon astrologue dit que les Vierges sont sujets � l'ennui cosmique.
Je sais !
Je danserai nue lors de ton exposition !
Je ferai la danse de l'esprit de la nature !
Tu crois que les animaux ont une �me ?
Papa pense qu'Hannibal est presque humain.
Il a l'air d'un g�n�ral de premier ordre.
Je dors chez toi, ce soir.
- Salut, papa ! - Bonjour, ma ch�rie !
Bonjour, monsieur.
Ravi de voir que vous �tes � l'heure.
Donnez-lui mes mesures, Brown.
Oui, monsieur !
Elles sont pr�cises. Mon tailleur me les a communiqu�es.
Papa ! M. Brzeska est un artiste.
Il a l'air bien pauvre pour un artiste.
C'est pour cela que je demande peu.
- Dois-je rester immobile ? - Non, continuez � trotter.
Je vais vous reproduire avec tout votre bordel.
Si ce n'est pas ressemblant, vous ne serez pas pay�.
Si c'est r�ussi, je veux plus.
Je ne veux pas de baratin sur l'aspect artistique.
Nous sommes ici pour cr�er un souvenir r�gimentaire.
Un portrait qui soit reconnaissable par un soldat aguerri
se trouvant � 40 pas.
Ce qu'il te faut, c'est un photographe.
C'est ce que j'aurais d� faire.
- �a aurait �t� plus rapide. - Et plus propre.
Je vous pr�viens, Major Boyle.
Je facture au pouce carr�.
Je vais me contenter d'un buste.
La moiti� du r�giment aurait aim� faire �a.
Quand d�butera la guerre ?
La premi�re semaine d'ao�t, avec un peu de chance.
Est-ce que le nez est r�ussi ?
- On va gagner ? - Difficile � dire.
Vu nos recrues, nous ferons sans doute profil bas, au d�but.
Je suis s�r que ce nez est trop long.
Il r�tr�cira.
Il para�t que certains jeunes pr�f�rent la prison � l'arm�e.
C'est � cause du fl�au de "l'�ducation".
Il y a trop d'id�aux fantaisistes. Comme l'art, par exemple.
L'art n'a jamais remport� de guerre.
Et le plus grand des id�aux, c'est le patriotisme.
O� sont les vaillants jeunes hommes d'antan ?
Morts.
Seriez-vous pr�t � mourir pour votre pays ?
Vous avez raison. Ce nez est trop long.
Vous le feriez ?
Absolument.
Je peux vous l'assurer.
Dans moins d'un an, ce pays sera en guerre.
Ces gens devraient �tre emprisonn�s.
Les prisons sont pleines. Mieux vaut les tuer.
On dira ensuite que c'�tait leur destin.
Tu ne vis pas dans ce trou, n'est-ce pas ?
Pourquoi dessiner �a quand tu peux me dessiner nue ?
Quand on vit dans un monde pauvre, on dessine des pauvres.
Va pr�parer du th�.
C'est une vraie �curie.
Bonsoir, madame. Que puis-je pour vous ?
J'ignorais qu'il avait une domestique.
Pr�parez-moi du th�, s'il vous pla�t.
Bien s�r, madame. Indien ou chinois ?
Indien avec un peu de chinois.
Madame a peut-�tre pris rendez-vous pour voir des dessins ?
Non, je suis son mod�le.
Pardon, mademoiselle.
Pauvre imb�cile ! Je le dirai � votre ma�tre !
C'est moi. D�sol�e, j'aurais d� envoyer un t�l�gramme.
- Bonjour. - C'est tout ce que tu as � dire ?
Aurais-tu une cigarette ?
Mon Dieu ! Je n'avais pas compris.
- Tiens, ch�ri. - Merci, ch�rie.
"Ch�rie" ? Faites comme si je n'�tais pas l� !
Je vais continuer � nettoyer cette porcherie !
�a suffit, mon gar�on !
Garde tes enfantillages pour l'esp�ce de mod�le !
Voil�. Comme �a, vous ne me verrez pas.
Bien !
Gosh, montre-moi ce que tu as appris sur la rive gauche !
J'ai tout mon temps si tu es assez endurant.
- Fille facile ! - Immigr�e ennuyeuse !
Les immigr�s ne te d�rangent pas quand ils ont une queue !
Que sais-tu des hommes ?
J'ai croqu� plus d'hommes que toi de pommes.
Pauvre bourgeoise d�bile.
Tu ne reconna�trais pas...
Deux puces vivent dans les bois
L'une, c'est toi et l'autre, c'est moi
Tu avais un b�ton, moi des terres
Et nous �tions propri�taires
C'est alors que Sam est arriv� Un homme mal �lev�
Dans une minute, tu vas crier : "Je veux plus dormir dans le noir."
Et tu pleurnicheras comme le font tous les propri�taires.
Son tir fit mouche
Toi ? Une artiste ?
Tu n'as pas eu l'�ducation qu'il te fallait.
Et il rit joyeusement
Tu es �duqu�e signifie que tu es fichue.
Ma ch�re !
Et si tu retournais � la campagne
pour te trouver un bon vieux laboureur ?
Un vieux de ton �ge.
Quelqu'un avec qui tu discuterais
devant un joli tas de fumier.
Tu ne peux pas aider Gaudier.
Tu veux qu'il devienne un rat�.
Comme toi.
Quand tu reprendras tes esprits, je serai chez papa.
Mamelooshka !
Tu n'as pas chang�.
Mon gar�on !
C'est tellement bon d'�tre de retour !
Serre-moi dans tes bras !
Je ne veux plus en discuter !
Tu sais bien qu'on ne peut pas se payer 2 chambres !
On a d�j� dormi ensemble, dans le pass� !
Ce n'est qu'� deux minutes d'ici.
Deux minutes
ou deux millions de milliards d'ann�es-lumi�re,
c'est la m�me chose !
Tu veux avoir ta propre chambre ? Vas-y !
Je ne peux pas vivre dans ce vacarme,
jour et nuit !
C'est cette exposition.
Je regrette que Porky te l'ait propos�e.
N'oublie pas ta promesse.
Tu l'auras, ton catalogue.
Tu as dit qu'on se marierait apr�s l'exposition !
Je n'ai jamais dit �a !
J'ai dit : "On verra."
Tu m'avais promis...
On verra.
J'ai dit : "On verra."
Henri !
N'est-ce pas merveilleux ?
Section F�minine de l'Arm�e. C'est moi qui ai fait le sac.
- Ravi que tu aies trouv� ta voie. - O� vas-tu ?
O� ?
L� o� tout le monde va. Sur le front.
Tu aimes les dragons fran�ais ?
Papa conna�t un homme qui est responsable du corps des artistes.
Il pourra te faire transf�rer.
- Alors ? - Alors quoi ?
Alors, �a te tente ?
Je vais rester ici avec ces oiseaux.
O� peut-on voir des oiseaux comme ceux-l� ?
L� o� tu te vois en train de bander le front bless�
d'un jeune et beau soldat,
dans ta tenue militaire remplie de belles d�corations.
Que vas-tu faire ?
�a Allez, d�gage.
Esp�ce de sale tra�tre.
Combien d'ennemis tu comptes tuer avec �a ?
Je pourrais commencer par t'ouvrir le cr�ne avec.
Je ne suis pas l'ennemi.
Ceux qui parlent sans cesse d'ennemis
sont mes ennemis.
�coutez donc le messie !
Le Kaiser a bien fait de br�ler les tableaux de ce Picasso.
Pseudo-artistes modernes... Tous des l�ches !
Nous aurons bient�t assez d'oeuvres pour l'exposition de No�l.
Tout sera fini avant No�l.
Et comment dois-je appeler l'oeuvre num�ro 52 ?
Trouve-lui un nom.
D'accord.
Pourquoi pas "Mortier de tranch�e tirant une grenade" ?
Non.
"Oiseau avalant un poisson".
- Tes parents vont bien ? - Pour l'instant, oui.
Tu sais quoi ? Augustus John a rejoint l'arm�e.
Je croyais que c'�tait un pacifiste.
Non, il est devenu artiste de guerre officiel.
Il ne se bat pas, mais il a les pleins pouvoirs,
un pinceau et un joli uniforme.
Quel hypocrite.
Et personne ne le critique.
Mon effort artistique est aussi important que celui de la guerre.
Bref, quand pars-tu ?
H�las, j'ai des probl�mes de vessie.
Alors va chier.
Que devient l'art quand il est vendu lors d'une exposition ?
Il finit dans la maison d'un richard
et personne ne le voit pendant 200 ans.
Quand il n'est pas vendu � l'�tranger.
- Comment est ta nouvelle chambre ? - Bien.
Un parasite qui se nourrit d'un autre parasite
peut toujours dire qu'il travaille pour tuer son h�te.
Je ne suis pas un parasite.
J'apporte ma pierre � l'�difice.
Tu amuses les gens instruits. C'est tout.
Un ignorant ne peut pas amuser les intellectuels.
C'est le r�le du m�diocre, �a !
Mon oeuvre aidera les gens.
J'ai une responsabilit�. Peu importe ce qu'ils disent.
L'art est beau et c'est ce qui aide les gens.
�a les aide.
La cath�drale de Reims en feu ! L'Allemagne avance !
Les alli�s battent en retraite en France !
Achetez le journal !
Paris sous la menace !
Achetez The Standard !
Les Allemands aux portes de Paris !
La cath�drale de Reims en feu ! Achetez The Standard.
Ouvre-moi ! Je veux faire de toi une femme int�gre !
Va-t'en, mon gar�on.
Va-t'en, mon gar�on ! J'en ai assez de tes blagues !
Marions-nous, Mamelooshka. Je vais rejoindre le front.
Arr�te tes b�tises et rentre te coucher.
On se mariera apr�s l'exposition.
Courage, Mamelooshka.
"Tr�s cher Henri,
"je ne t'ai pas cru quand tu as dit que tu partais te battre.
"J'ai voulu te parler mais tu �tais d�j� parti.
"Je t'�pouserai apr�s l'exposition, comme promis.
"Bien s�r que je t'aime.
"Je t'ai toujours aim�.
"Sois prudent.
"Sophie."
"Je ne m'ennuie pas tant que �a dans les tranch�es.
"Je fais de belles sculptures.
"J'ai fait une statue repr�sentant la maternit�
"avec la crosse d'un fusil allemand.
"C'�tait du tr�s beau noyer que j'ai coup� avec mon couteau."
C'est s�rement vendable.
"Durant ces 12 derniers jours, j'ai r�ussi � �nerver l'ennemi.
"Je devais lancer des fausses alertes au clairon."
Toujours � faire son int�ressant.
"Puis je les ai insult�s
"et suis sorti des tranch�es avec un journal fran�ais.
"Un Allemand est venu � ma rencontre
"et m'a donn� le Hannover Zeitung en �change.
"C'�tait tr�s dr�le.
"Lors de cette incursion, j'ai d�couvert un avant-poste
"sur lequel j'ai demand� � notre artillerie de tirer.
"A 15h, quatre obus sont tomb�s dessus
"et 20 ennemis sont all�s au paradis.
"J'aime la guerre.
"J'y participe activement.
"Chaque soir, nous sortons tuer des Allemands.
"J'en ai tu� au moins quatre.
"Le bruit des obus tir�s me rappelle celui du tonnerre.
"Je l�ve toujours la t�te en pensant � Dieu."
Celui qui a �crit �a m�rite d'�tre tu�.
Il l'a �t�. Jeudi dernier.
Henri Gaudier-Brzeska fut tu� � 13 heures, le 5 juin 1915
� Neuville-Saint-Vaast, en France, � l'�ge de 23 ans.
Sous-titres : Mahdi Benfeghoul
Sous-titrage : C.M.C.
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