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- Je me souviens, il y a longtemps,
mon copain Fred m'a emmenée à mon premier bal trad.
C'était en Auvergne, chez moi, au cœur de l'hiver.
Je devais avoir 25 ans.
Ce soir-là, j'ai découvert un monde
qui ressemblait un peu à celui que j'avais imaginé enfant,
en écoutant ma grand-mère.
Un monde qui rien que d'en parler lui faisait briller les yeux.
Mais un monde qui lui manquait,
celui des veillées entre voisins,
des chansons en travaillant au champ,
de la bourrée, des mazurkas....
Mais surtout des valses,
qu'elle dansait avec tout le village après les moissons, les vendanges,
ou lors des mariages, des baptêmes.
Je me souviens, elle me racontait qu'elle dansait toute la nuit,
qu'elle arrivait pas à quitter le parquet, qu'elle touchait plus terre.
Et ce soir-là, j'ai dansé comme elle,
au son de la vielle, d'un accordéon,
sur un beau parquet dans une grange pleine à craquer.
Et tout le monde danse, ça tourne, ça frappe le sol,
ça se regarde, ça rigole, ou c'est très sérieux.
Etle temps n'existe plus.
Le monde du bal, je l'ai aimé tout de suite.
Je m'y suis sentie tellement bien.
Depuis, les bals jalonnent ma vie.
Et l'été, je vais au Grand Bal.
Musique traditionnelle, mélodie ensoleillée, vibrante et cadencée
Au Grand Bal, depuis 27 ans, on danse pendant 7 jours et 8 nuits.
Toute la journée, on apprend des danses dans des ateliers
et les soirs, c'est les bals.
On peut danser jusqu'au petit matin,
et on recommence, en essayant de voler quelques heures pour dormir.
On est plus de 2 000 à perdre ensemble la notion du temps,
à braver nos fatigues, nos corps pendant une semaine.
Je me dis que forcément, au Grand Bal,
pour pouvoir tenir physiquement comme on le fait tous,
c'est qu'on carbure à autre chose,
qu'il s'y passe quelque chose entre nous
sans commune mesure.
La musique cadencée revient au premier plan sonore.
- Dani Detammaecker ! - Waouh !
- On se met en place pour la mazurka des loups.
Diverses ambiances musicales se mélangent.
C'est de la très bonne musique.
qui vient de partout en France.
Si tu aimes la musique traditionnelle en général,
et pas d'une région en particulier, alors t'as un gros problème !
Musique joyeuse et énergique à l'accordéon et la clarinette
- Un, deux, trois, quatre. La musique disparaît.
Leurs pas résonnent sur le parquet.
Ils fredonnent.
Ils frappent des mains.
Elle fredonne.
Cris d'enthousiasme La musique reprend gaiement.
Ils frappent dans leurs mains en rythme.
Crescendo intrigant de la clarinette
Cris d'enthousiasme
Air entraînant à la clarinette Acclamations
Ils frappent dans leurs mains en rythme.
La musique s'estompe.
Acclamations
-Une autre, une autre, une autre !
- Oh, au pire, on le refait.
- Au pire on le refait.
Édition 2016. - On peut le faire à 5 voix.
(En grec) - Santé ! - À notre santé !
Ils chantent une chanson traditionnelle grecque.
- Attendez, je voudrais vous rappeler à l'ordre.
Atelier demain à 10h30. I me semble que vous oubliez.
Ils le huent.
- L'atelier, ça va aller comme ça.
Tout le monde va donner cours.
Tania va assurer toute la Crète.
Tu vas donner toute la Crète. - Avec Pierre.
- Pierre !
Tu vas faire la Crète ?
- On verra demain.
Musique traditionnelle groove, au rythme chaloupé
- Pierre !
Oh, Jean-Pierre !
Applaudissements
- C'est le prof de ce matin, il dansait sur le même parquet que nous.
- Qui ça ?
- Le prof de ce matin qui animait le bal folk pour les nuls.
-1l est où ?
- Il est passé là-bas, un jeune.
- Ah.
- Ça y est, tu as remis tes chaussures pour aller danser.
Allez, on y va ?
-Onyva.
Bruits de fermetures éclair de tente
Chants d'oiseaux du matin
Brouhaha des conversations
- Bonjour. En deux mots, on est contents de vous accueillir,
ça nous fait super plaisir.
Ici, il y a quelques règles.
- On fait pas de bruit dans le camping.
Les gens qui vont au camping, c'est pour se reposer et dormir.
- Sachez que 21h, 9h, c'est toujours tôt ou tard pour quelqu'un.
Il y a toujours des gens qui dorment, tout le temps.
- Voulez-vous des tickets repas ou boisson ?
- On peut les prendre qu'ici ?
- Oui, il n'y a pas d'échange d'argent sur le festival.
- 10 tickets boisson.
- T'es pas rentré hier, tu rentres aujourd'hui, demain.
- DIMANCHE, LUNDI. - Pas mardi.
- Demain, tu reviens avec, il ne faut pas le couper.
Ça veut dire que tu t'es inscrite, que tu as fait l'administration,
sinon, on peut pas savoir.
- L'an dernier, on a tous eu du bleu à Saint-Gervais.
Alors cette année.
L'an dernier, aucune fille n'a demandé du rose,
alors on se calme, les messieurs.
Voilà. - Ça suffit.
- C'est assorti à mes ongles de pieds.
- Tu veux un programme ?
- Oui, merci.
-Ily à du monde qui attend.
Et ce jusqu'à 21h.
Ensuite, les bals commencent sur tous les chapiteaux en même temps.
Donc tu choisiras quelle danse, quelle musique.
Ça change toutes les heures et demie.
Tu t'arrêtes à 5h du matin.
Le petit-déj est servi à 8h et tu recommences à 10h.
- Voilà, et ce jusqu'à épuisement.
- Bienvenue.
Bienvenue au festival. - "Welcome" au festival.
- Le festival acoustique.
- Salut, ça va et toi ?
- On ramène pas ça sur le parquet 8 ?
- Non.
- Ahlà là.
- On peut le faire.
Puis reprendre ce dont on a besoin pour le mettre ailleurs.
- Ça peut être pas mal.
Excusez-nous, pardon.
- Quel salaud.
- Attention. Pardon.
- C'est l'élan, c'est l'élan I
- Quand l'esprit ne recherche pas le tempo.
- II faut le chercher.
- Si on le cherche pas. -Ille faut.
- Laissez-moi finir.
Quand on le cherche pas, on peut être tout à la gestuelle,
quand on le cherche pas.
Quand on recherche le tempo,
une partie de l'esprit est occupée par la recherche.
Alors que quand le tempo est bien audible,
on peut se laisser aller dans la gestuelle,
on peut libérer le corps.
- Comme on est deux, si on n'a pas le même tempo, ça va pas.
Vous voyez bien.
Le tempo, c'est les premiers temps forts.
-Oui. - Donc justement.
- S'il est bien marqué.
- I! faut qu'ils le marquent, mais après, il faudrait presque.
Quand ils font "tchuk ta da, tchuk ta da".
Des groupes font ça.
"Tchuk ta da, tchuk ta da".
C'est pour nous faire intérioriser la musique.
Et rester sur le.
- I! fait déjà chaud dès le matin.
Musique à l'accordéon au loin
Chaussures enfilées. Là, on est prêts.
Il fredonne une maraîchine.
-Ok?
Ce que je fais là, c'est les années 70.
Les danseurs des années 70.
Si on remonte dans le temps, c'est bien pire que ça.
La maraîchine, on a de la chance d'avoir les plus vieux films de danse
qu'on ait en Vendée, c'est pour la maraîchine.
Maraîchine et Grand'danse. Premier film, 1935.
C'est très long à vous expliquer. Je vous explique pas.
Ce qu'on voit sur les films de 1935, les pépés notamment.
Je suis un garçon donc j'ai une esthétique masculine.
Mais en 1935, les gens font ça.
Je prends un danseur que je peux atteindre,
sinon, c'est compliqué.
Ils font ça.
Il fredonne.
Un accordéon et une guitare le rejoignent.
Ouais.
C'est pas un.
C'est pas un tout seul,
on en a une petite collection.
C'est pas un cas isolé. C'est ça, la maraîchine,
dès qu'on remonte un peu dans le temps.
Sans en arriver là,
on va essayer de remettre un peu de hauteur à cette affaire-là.
Musique douce et nostalgique - On lève, on change de pied,
on lève, on pose, on pose, écarte derrière.
Veillez à ne pas reculer, voilà.
On lève, on change de pied, on lève.
On pose, on pose. Aux épaules I
Essayez d'avancer un peu, le cercle du milieu.
Voilà, visez l'intérieur, concentrez-vous.
Et au début.
On lève.
On lève.
On lève.
On change de pied, on lève. Posé, posé.
- Tu fais quoi, cette année ?
- De la plomberie.
- C'est bien, ça te plaît ?
- Ouais, ça fait passer le temps.
Ça fait passer le temps avec les festivals.
- Pas mal de temps.
- Il y en a tout le long de l'année.
- Tu en fais aussi le long de l'année ?
-Oui.
Sinon, ce serait trop dur.
- Ah ouais ?
- Tu danserais pas pendant un an. - Ce que je fais.
- Toi, c'est pas pareil. - Ah ouais ?
- Moi, je pourrais pas.
- Ah si ma tante le veut bien, pour moi j'en suis contente
- Ah si ma tante le veut bien, pour moi j'en suis contente
- Et si ma tante ne veut pas, ‘lors dans un couvent j'entre
Ah que je me plains de l'amour, que l'amour me tourmente
- Ah que je me plains de l'amour, que l'amour me tourmente
- Et si ma tante ne veut pas, ‘lors dans un couvent j'entre
- Et si ma tante ne veut pas, ‘lors dans un couvent j'entre
Me suis levée de bon matin, plus matin que ma tante
Ah que je me plains de l'amour, que l'amour me tourmente
- Ah que je me plains de l'amour, que l'amour me tourmente
- Ah que je me plains de l'amour, que l'amour me tourmente
Ah que je me plains de l'amour, que l'amour me tourmente
Mélodie douce à l'accordéon
Elle fredonne un air doux et aigu.
Une autre voix de femme la rejoint.
Le tempo ralentit.
Note finale
L'accordéoniste rit.
- Quand j'ai commencé d'apprendre à danser, c'est la mazurka
qui m'a pris le plus de temps.
J'ai mis du temps à bien la danser.
Ouais. - Au début, c'est dur
quand t'as pas l'habitude de se laisser aller.
Ça rend les choses encore plus compliquées.
- La mazurka, il faut vraiment se laisser aller, sinon, ça bloque.
C'est plus une mazurka, c'est une danse.
- Très raide.
- J'aime pas trop.
- T'aimes pas ? - Non.
La danse en elle-même, j'aime bien. Mais j'aime pas me faire inviter.
Je trouve que c'est la danse la plus ambiguë.
J'aime pas l'ambiguïté en danse.
Même si des fois, ça n'appartient qu'à la danse.
La personne a juste envie de jouer pendant la danse.
Mais ça me gêne, j'ai tendance à direct me braquer.
- Normalement, je danse qu'avec les gens que je connais.
- Oui ?
(Accent étranger) - Normalement, oui.
Parce que c'est ce cocon qu'on aime bien danser.
- Moi, j'aime bien les surprises, avec des danseurs,
comment ils font leurs variantes, c'est super agréable.
Parce que si tu danses toujours avec le même,
ça m'ennuie, j'ai besoin de.
de variantes, variations.
- C'est un voyage.
- Ouais.
- Sentir la personne à l'intérieur. - Aller ensemble.
- Ouais.
- Normalement, ce sont des mouvements qu'on ne voit pas.
C'est intéressant.
- J'ai dansé avec des hommes qui ont aucun.
Ils ont aucun contact, vraiment, ils sont pas là.
Quand même, une mazurka, on a besoin d'être présent
dans la danse.
Sinon, la danse, c'est plus une mazurka,
c'est juste brasser de l'air.
Moi, j'ai même envie d'arrêter.
Quand la personne n'est pas présente, quand elle est pas là,
c'est désagréable, une mazurka,
quand la personne à pas vraiment envie d'être là.
Mazurka tendre et intime à l'accordéon et la clarinette
- Quand j'ai montré mes premières images de bal
à un ami chorégraphe,
il m'a dit qu'il n'y voyait qu'une seule chose :
le besoin impérieux, essentiel des êtres humains
d'être touchés.
C'est vrai que le bal est un des rares espaces
où on se touche, même sans se connaître,
où les corps se rencontrent.
Danser, c'est lutter contre tout ce qui retient,
tout ce qui enfonce, pèse et alourdit,
c'est écouter ce que le corps nous chuchote.
C'est faire tourner le monde autour de soi.
Mais dans la danse, pour moi, il y a surtout l'autre.
J'aime pas danser toute seule.
C'est quelquefois sortir de soi.
Ressentir l'autre jusqu'à presque le devenir,
comme si le cœur bondissait de la poitrine
pour se loger dans la poitrine de l'autre.
Et sentir que je me dissous
tout en étant plus densément présente que jamais.
Sentir que le monde n'est pas seulement une chose extérieure à moi-même,
mais qu'il m'est offert,
que je suis dans la vie.
Mazurka chaloupée
aux cuivres, banjo, accordéon et vibraphone
Applaudissements
- Je pense que c'est plus.
Il y a des danseurs avec qui j'aurais envie de danser,
que je repère depuis des années.
En fait, si ça se trouve, ils m'ont absolument pas captée.
Mais ça fait tellement de fois qu'on se croise en bal, je me dis.
Je connais leurs visages par cœur, c'est forcé qu'ils m'aient captée.
Et je me demande pourquoi ils viennent pas m'inviter.
- Pourquoi tu les invites pas ?
- J'ose pas, parce que s'ils viennent pas m'inviter,
c'est qu'ils ont pas envie.
Voilà.
Benoît me dit que je les intimide,
que je leur fous la pression ou je sais pas quoi.
Fais chier, quoi. Du coup, je danse pas.
Non, c'est pas vrai.
Mais ça se mord la queue, cette histoire, tu vois ?
Valse suspendue à l'accordéon diatonique
Le tempo ralentit.
La musique se suspend.
Elle reprend le thème au tempo initial.
La musique s'arrête doucement.
Elle repart lentement.
- Moi, hier soir,
j'attendais, comme à un bal de samedi soir,
je faisais mes étirements.
Puis il y a un monsieur, 45, 50 ans, un British,
il me dit : "Ça va, vous êtes prête ?"
“Oui, je suis prête."
Du coup, on a commencé,
c'était une valse pour l'ouverture.
Etil m'a posé la question : “Vous voulez mener ou je mène ?"
- Trop bien.
- On me l'avait jamais demandé.
- C'est génial. - C'est aussi le consentement, quoi.
- Ouais. J'ai dit : "Non, allez-y."
Je suis pas assez à l'aise.
- Par rapport à il y a quelques années quand j'ai commencé,
le nombre de mecs qui veulent être guidés,
c'était pas ça, avant.
Avant, il y en avait peut-être un ou deux,
ils me pétaient le dos.
Parce que je suis toute fine.
Puis c'est lourd, un mec.
Puis maintenant,
c'est bien, il y en à plein qui sont légers,
c'est chouette de les guider.
- C'est vraiment autre chose.
- Ouais.
- Nous, on est habituées, comme on danse aussi entre filles,
à passer d'un rôle à l'autre.
Plein de garçons n'ont jamais été guidés.
- Plein de nanas ont jamais guidé
et ça les intéresse absolument pas.
Parce que je pense, de ce qu'elles me disent,
c'est que d'arriver dans la danse de couple.
C'est peut-être des femmes qui ont tenu leur vie,
qui ont eu, pour une raison ou une autre, à tracer leur route,
à porter, à prendre les décisions, à gérer.
Et là, elles ont besoin d'apprendre ou réapprendre
à lâcher et à se laisser guider.
Tu leur proposes d'apprendre à guider,
elles disent : "Ah non, c'est bon, je fais ça toute ma vie !
Je viens pour autre chose."
Oui, ben d'accord, ok.
On vient pas pour les mêmes choses, à la danse, ni au même âge.
Il y à plein de manières de vivre ce festival, aussi.
Un homme chante en occitan.
- Excuse-moi.
- C'est une très bonne idée, la lampe.
- Tu peux me lire ?
- "Angleterre - Pays de Galles, parquet 1.
Trois Temps des Saules, nivernais/morvan."
En dessous, “Shillelagh".
- C'est de la Flandre, c'est bien.
- Sûrement.
- Je te le dis, que c'est bien.
- On ira voir.
Des hommes chantent une bourrée à trois temps d'Auvergne
Applaudissements et acclamations
- On est le groupe Quaus de Lanla,
on puise dans le répertoire d'Auvergne pour fabriquer un bal auvergnat
à la voix.
On continue avec la suite de polka piquée.
Rires
- C'est ça, d'enchaîner les nuits blanches.
- C'est pas parce qu'on dort que deux, trois heures par nuit
depuis trois ou quatre jours
qu'on doit être fatigués.
Deux, trois heures par nuit...
Trois, six, sept...
12 heures pour quatre jours, c'est pas mal.
- Moi, j'ai fait plus que des nuits normales,
j'ai fait neuf, huit heures.
mais c'était le jour, pas la nuit.
- La buvette est fermée !
La buvette est fermée !
Musique triomphante
(Cri collectif au loin) - Olé I
(Cri collectif) - Olé I
Ils parlent allemand.
- Les bœufs, au début,
je ne savais même pas qu'ils existaient.
Je dansais toute la journée,
je faisais tous les ateliers pour tout apprendre.
Et à 3h du mat', à la fin des bals,
j'étais si épuisée que j'allais me coucher.
Puis en journée, tu commences à entendre parler des bœufs,
tu sens bien qu'il s'y passe un truc.
Alors une nuit, tu dépasses ta fatigue
et tu restes après la fermeture des parquets.
Et alors là, tu découvres un autre grand bal.
Des gens que tu n'as parfois même jamais croisés le jour.
Plein de jeunes, qui dorment souvent toute la journée
et ne se réveillent que pour les bals.
Musique entraînante à l'accordéon
Musique entraînante à la flûte, clarinette, accordéon
- Stop !
Cris et rires joyeux
Le tempo s'accélère.
Chants d'oiseaux du petit matin
Au loin, notes d'un accordéon langoureux
Long accord final
Applaudissements
Brouhaha des conversations en fond Bruit de douches
Musique énergique et chaleureuse
Applaudissements et acclamations
(Accent italien) - Bonjour à tous.
Merci.
Rires
C'est pas difficile du tout.
C'est une danse.
où le rythme est serré, toujours le même,
donc le corps il faut qu'il aille un peu en "extasis”.
Donc "Pizzica", le nom de danse, signifie "piqué".
L'origine du nom Tarentelle, ça vient de tarentule,
et on croyait,
quand on était dans la campagne,
imaginez la campagne du sud de l'Italie dans le 19...
“siègle 19". 19ème, merci.
Il y avait des phénomènes, des gens qui devenaient un peu fous.
Et donc, pour guérir ces gens, on appelait des musiciens
pour jouer cette musique-là, cette Pizzica,
comme un vrai rite d'exorcisme.
Rythme syncopé au tambourin
Vous pouvez essayer à faire des tours,
si vous voulez, comme un, deux, trois, par exemple.
Vous pouvez tourner dans le côté que vous préférez.
Commencez avec juste un tour.
Un, deux, trois, par exemple.
Ça peut être plus lent ou plus vite.
Écoutez le tambourin.
Mélodie chaleureuse et très énergique
Une femme chante une Pizzica en italien.
Changez de couple encore une fois.
Changez.
Si vous êtes fatigués, faites des pas petits.
N'arrêtez pas de danser.
- Aujourd'hui, ce que je préfère vraiment
ce sont les danses enracinées.
Plus je sens que la personne qui me transmet ses danses
est ancrée à sa propre culture,
au plus proche de sa singularité,
de ce qui la fait vibrer, elle,
et plus le cadeau est grand.
Je n'ai pas dansé enfant
sur les musiques de ma région.
Mais j'en suis quand même imprégnée,
je m'y sens comme chez moi.
Comme si j'avais hérité d'une mémoire commune,
celle du pays d'où je viens.
Et j'aime par-dessus tout les danses collectives.
J'y trouve une chaleur, une osmose, une connexion plus intense.
Comme avec les danses grecques,
ça me bouleverse à chaque fois.
C'est comme si soudain j'étais traversée par l'histoire,
les vies de cette communauté humaine.
Bon, je ne danserai peut-être jamais ces danses comme une Grecque,
mais le plaisir que j'ai à les découvrir
et à me glisser dans ces chaussures étrangères est infini.
- Et voilà, merci beaucoup.
Cette chanson me tient à cœur.
La chanson dit : “Toute l'Epire chante et danse."
On chante pour exprimer,
sortir son. "ton pono", le mal ou le chagrin,
et on chante aussi, on danse pour accueillir les immigrés.
Je vais vous emmener dans une tout autre région.
Je vais vous emmener dans les îles.
Musique d'ensemble, mélodie enjouée
Long accord final Applaudissements et rires
- Deux pêches.
- Vous m'avez dit des brugnons.
- Deux brugnons, oui, si possible, un mûr.
- Ils sont pas mûrs.
- Deux pêches, si elles sont mûres.
- Elles sont plus mûres.
-"Plus mûres", c'est pas français.
- Elles sont pas tout à fait mûres non plus.
- T'as essayé quand même, t'as accepté.
- J'aime pas refuser.
- Moi non plus.
- Je suis jamais pas partante du tout, je suis jamais "Ah non, non”.
- Oui, voilà. Il y en a.
- Je ne refuse jamais. J'ai pas refusé une fois ici.
- On a souvent des surprises.
- J'ai refusé personne.
Y compris un débutant.
- Surtout quand tu dis que tu es débutant et qu'on te fait : "Ah."
- Putain.
- Ça arrive.
- Dans la même soirée, en l'espace de cinq minutes,
trois fois, j'ai eu ça.
C'était une polka, c'est ça ?
- Une polka. -Oui.
En cinq minutes, trois refus.
- Trois râteaux ?
- Quelqu'un m'invite, je lui dis que je débute, il fait : "Ah."
- I! part comme ça.
-"Je t'avertis juste que mes pas vont pas être.
- C'est dingue.
- Ça touche un peu l'ego.
- Combien de jours en avance pour avoir une tente ici ?
- Genre trois jours, je crois.
Vous êtes arrivés mardi ? - Non, jeudi.
- Eli est arrivé mardi ?
Eli est arrivé mardi.
C'est pas juste une place, c'est toute la place de l'ombre.
C'est le quartier à l'ombre, c'est génial.
Ils rient.
- Danser, ça a été long.
- Etle plaisir ?
Il y à une différence entre danser et le moment où tu trouves le plaisir.
- Ça met au moins 3, 4 ans.
Une première année, toutes les danses.
Les quadrilles anglais, les claquettes,
les trucs que tu fais avec plein de monde.
Tous les trucs cajuns, tous ces trucs-là.
Ensuite, la phase où tu fais les initiations,
scottish, polka, mazurka, tu démarres.
Puis. - Les cercles circassiens.
- 3e année, tout ce qui est variantes, mix sur les valses asymétriques.
Quatre, cinq ans après, tu commences enfin à t'amuser.
- Oh, arrête, tu t'amuses avant.
- Oui, mais tu danses mal.
- C'est ça.
- Parce que j'ai encore du mal
à inviter les gens.
Du coup, c'est vrai que c'est un peu compliqué.
Du coup, je danse plus souvent avec des personnes un peu plus âgées.
Parce que les jeunes, ils s'invitent direct très vite.
Et voilà. Mais après, au fur et à mesure de la soirée,
vu que les personnes âgées vont souvent se coucher plus tôt.
Pendant le bœuf, il reste que des jeunes.
- J'ai dansé avec des gens,
tu sais pas par où commencer.
Non, mais sans être super méchant, c'est désagréable.
- Faut faire attention, aujourd'hui, j'ai discuté avec quelqu'un,
plutôt débutant qui m'a dit qu'il partait demain.
J'ai dit : “Pourquoi tu restes pas la semaine ?"
Il m'a dit - "J'ai envie de partir
“parce que les gens dansent un peu avec moi puis ils partent.
Ils ont pas envie parce que je danse mal."
J'ai trouvé ça super triste qu'il soit comme ça.
Puis du coup, il ressentait Gennetines
comme un truc un peu fermé.
- Faut l'annoncer, si tu apprends.
Si je le sais, ça me fait presque plaisir de l'aider à trouver ses pas.
Alors que si tu sais pas.
- N'importe qui, qui sait pas, qui est là, qui demande,
il trouve des gens qui lui expliquent, qui lui montrent.
Il y à quelques personnes qui essaient de danser trop bien,
qui pensent savoir, et forcent les filles
à faire des machins et qui y arrivent pas du tout...
- L'autre jour, je me suis fait bloquer le dos par un brute, vraiment.
C'était. - C'était le dernier jour.
- Avant-hier,
je me suis fait démonter par une meuf.
Ils rient.
Elle me tirait...
- Sur quelle danse ? - Hein ?
- Sur quelle danse ? - Peu importe, j'en sais rien.
Sur la posture, elle s'appuyait dans ma main et sur l'épaule.
J'avais le poignet cassé, elle s'appuyait.
Elle, ça devait être confort.
Mélange de plusieurs musiques au loin
- J'ai un souvenir très précis de ma première danse de couple.
C'était en été, sous les cerisiers, chez les amis de mes parents.
Je devais avoir 7 ou 8 ans.
Des vieux tubes de musette sortaient d'une vieille chaîne hi-fi
et un vieux monsieur m'a invitée à danser une valse.
Une harpe égrène des notes hésitantes.
Il a dû sentir que j'aimais ça
parce qu'il a passé l'après-midi à m'apprendre le paso doble,
la marche, la java et la valse.
J'ai aimé sa patience.
Etle temps qu'il m'a accordé.
Je l'ai jamais revu.
Aujourd'hui, moi aussi j'adore
faire danser les personnes qui n'ont jamais dansé,
les emmener dans le bal, c'est un de mes grands plaisirs.
Sentir leur corps tout raide, hésitant, balbutiant,
puis qui petit à petit se détend, cherche,
et trouve le rythme au fur et à mesure.
J'adore leur transmettre ce plaisir et les rendre accros à leur tour.
- On commence sur le Do 7. Pam pam pam
Chanson rythmée et chaloupée aux accents brésiliens
Bien avant que je naisse, ma grand-mère disait
Au temps de sa jeunesse Tout le monde dansait
L'amour en amulette Un air d'accordéon
Que vive la musette Et dansons dans les salons
N'étaient-ils que des danseurs en herbe ?
Qu'en est-il des bals populaires ?
Fallait-il que cette culture se perde ?
Au Brésil, je l'ai redécouverte
Acorda Säo Joäo, acorda Säo Joäo
C'est plus l'heure de dormir Toute la foule danse
Acorda Säo Joäo, acorda Säo Joäo
Regarde ces sourires Ton amour est une chance
Acorda Säo Joäo, acorda Säo Joäo
C'est plus l'heure de dormir Toute la foule danse
Acorda Säo Joäo, acorda Säo Joäo
Regarde ces sourires Ton amour est une chance
Acorda Säo Joäo, acorda Säo Joäo
C'est plus l'heure de dormir Toute la foule danse
Acorda Säo Joäo, acorda Säo Joäo
Viens bénir ces sourires Ton amour est une chance
Acorda Säo Joäo, acorda Säo Joäo
C'est plus l'heure de dormir Toute la foule danse
Acorda Säo Joäo, acorda Säo Joäo
Viens bénir ces sourires Ton amour est une chance
Merci ! - Bravo !
- Yes.
Acclamations
- Acorda Säo Joäo
- Vive la Saint-Jean !
Conversation couverte par le brouhaha de la vaisselle
- ... Sur le parquet 1.
- Sur le parquet 1 ?
- Sous Le Pont.
- C'est quoi, comme danse ?
- Justement, c'est des valses.
Des valses impaires.
- Oh, super !
- On arrive.
-Onyva.
- Vous allez avoir quoi ?
- Du pâté à la patate.
- C'est pas juste !
- Eh ouais !
- On n'en a pas eu.
- Vous vous êtes arrangés avec le cuistot ou quoi ?
- Non, c'est nos amis, on a des belles relations.
- Chanj'tu, Madeline Madeleine
Chanj'tu, Madeline dors-tu
J'ai cinq à quatre moutons dans mon village en haut
J'ai cinq à quatre moutons dans mon village en bas
- J'ai cinq à quatre moutons dans mon village en haut
J'ai cinq à quatre moutons dans mon village en bas
Dans mon village en haut Mon village en bas
Chanj'tu, Madeline Madeleine
Chanj'tu, Madeline dors-tu
Chanj'tu, Madeline Madeleine
Chanj'tu, Madeline dors-tu
- J'ai quatre à trois moutons dans mon village en haut
- J'ai quatre à trois moutons dans mon village en bas
- J'ai quatre à trois moutons dans mon village en haut
- J'ai quatre à trois moutons dans mon village en bas
Dans mon village en haut
Mon village en bas
Chanj'tu, Madeline Madeleine
Chanj'tu, Madeline dors-tu
Chanj'tu, Madeline Madeleine
Chanj'tu, Madeline dors-tu
- J'ai trois à deux moutons dans mon village en haut
- J'ai trois à deux moutons dans mon village en bas
- J'ai trois à deux moutons dans mon village en haut
- J'ai trois à deux moutons dans mon village en bas
Dans mon village en haut
Mon village en bas
Chanj'tu, Madeline Madeleine
Chanj'tu, Madeline dors-tu
Chanj'tu, Madeline Madeleine
Chanj'tu, Madeline dors-tu
- J'ai deux à un mouton dans mon village en haut
- J'ai deux à un mouton dans mon village en bas
- J'ai deux à un mouton dans mon village en haut
- J'ai deux à un mouton dans mon village en bas
Quelques notes de piano au loin
- Merci.
Bonsoir.
Merci.
Mais ça, c'est à ouvrir ou pas ?
C'est joli.
- Un Congo !
Un harmonica entonne une mélodie joyeuse, bondissante et engageante.
Une cornemuse de Gascogne, chaude et vibrante le rejoint.
Entrée du tun-tun, percussion à cordes
Applaudissements
- Merci, bravo ! Quelle ambiance !
Un accordéon chromatique joue une valse.
Les violons accompagnent l'accordéon.
Accord final
Applaudissements
- Merci, les amis. À demain.
Bribes de conversations indistinctes
Musique au loin
Ronflements sonores
Notes éparses de flûte, de clarinette
- Tu crois que Fabien a dormi ?
- Aucune idée.
- Il était au bœuf, ce matin ?
-Oui.
- Sil le faut, il est pas allé se coucher.
Il joue une mélodie sautillante.
- C'est génial de se faire inviter à danser.
- Quelqu'un que tu ne connais pas, que peut-être tu ne reverras pas,
et t'as passé un moment.
Ce côté éphémère, en fait,
ça crée une poésie humaine.
Je trouve ça beau, la personne avec qui tu danses,
que tu vois pas après, ou que tu revois mais...
- Quand je me sens bien,
je demande, généralement à une femme, avec qui je danse,
si elle veut guider.
Et je passe dans l'algue qui suit le sens du courant.
Qu'est-ce que c'est bon !
- Donc après ton traumatisme de.
- Oui, la première année ici,
ça a été une forme de traumatisme pour moi.
Mais je me suis quand même accroché et à un moment,
j'ai senti le plaisir de la danse, la première fois de ma vie.
J'ai appelé mon ex-femme, j'ai dit - “Anne,
je viens de sentir le plaisir de la danse."
C'était une révélation, pour moi,
de dire "Merde, y a un truc là-dedans, je viens de sentir ça."
- Depuis, tu danses.
- Ouais, depuis, j'ai plaisir à ça.
Puis à un moment, je voulais danser pour que ce soit beau.
Puis pour qu'on me regarde.
- Non. - Si, je l'ai vu, ça.
À un moment, je dansais et j'avais un œil circulaire.
Puis doucement, j'enlève des épaisseurs.
Et maintenant, je danse, voilà.
Il y à des rencontres de danses.
- C'est beau, ça.
- Des fois, il se passe des choses dans la danse, y à du désir.
Mais c'est pas du désir sexuel.
Tu sens la connexion avec la personne...
Voilà, il y a le désir qui est là, qu'on sent, qui nous remplit,
et une connexion qui est liée à l'envie de vivre, c'est pareil.
Désir et envie, c'est pareil.
Envie, c'est la vie, et on sent ça, ici, dans la danse.
Musique orientale à la mandoline et derbouka
- Dans l'autre sens.
Et revenez, on va pousser le bassin.
Côté.
Côté.
Un rythme à la percussion entre.
Un violon rejoint les percussions.
- À Strasbourg, j'ai vu un danseur sur un cercle circassien,
la partie promenade, un coup il avait la main sur une fesse,
un coup il avait la main sur un sein et il s'est pas fait gifler.
C'est aberrant qu'il termine la danse sans se faire gifler.
- Mais faut oser le faire.
- Oui, mais.
- Faisons un sondage.
Combien de femmes ont eu une danse désagréable
où elles savaient pas quoi faire, sans l'arrêter ?
Voilà.
- J'ajoute une petite note d'humour.
À mon âge, on n'a plus à dire non parce qu'on ne nous invite pas.
Rires
J'aimerais bien pouvoir dire non.
- J'ai remarqué quelque chose,
c'est la différence d'âge.
Effectivement, il y a des hommes assez mûrs, on va dire
qui aiment bien danser avec des jeunes filles,
parfois très jeunes filles.
C'est important qu'elles s'autorisent à ne pas dire oui.
- Pour nous les laisser.
- Tout à fait.
Parce qu'on en a marre. Rires du groupe
Et moi, je ne me permets pas d'aller inviter un jeune homme de 20 ans
parce que ça doit pas être très agréable.
Il préfère danser avec une plus jeune. Huées
Et voilà. - Je veux bien témoigner d'une chose.
J'ai vécu des danses magnifiques voire initiatrices
avec des femmes qui avaient 40, 50, 60 ans.
Ma première réaction était : “Peut-être pas”.
En fait, c'était magnifique.
- Des valses merveilleuses avec des personnes plus âgées
qui maîtrisent ça depuis super longtemps, c'était super.
- Ouh là là.
- Allez !
- Quelle heure est-il, s'il vous plaît ?
- Euh.
Ça ne marche pas. Et monsieur ?
Attends, attends.
Voilà.
- Ah, bien.
- Dix heures moins le quart. moins vingt.
- Les heures de location sont finies ?
- Je suis satisfait.
- Voilà, au revoir.
Merci d'être venu.
Suivant !
Suivant.
Il y à une place.
Mélodie syncopée à deux accordéons diatoniques
- Certains soirs, en bal, tu traverses des zones de turbulences.
Ce moment où tu souhaiterais être ailleurs,
où la sensation de ne pas trouver ta place
remplace le plaisir d'être là.
Alors, tu t'enfonces doucement
dans la frustration de ne pas être choisie,
la jalousie face à d'autres danseurs plus doués, plus gracieux.
On ne veut pas de moi, je suis trop gauche, trop terne,
je suis Une paria de la piste de danse.
On pleure aussi beaucoup, au grand bal.
Parce que danser, c'est aussi prendre ce risque.
La musique disparaît. Le risque du chaos, de l'inconfort,
des rendez-vous manqués, de l'agacement,
de la confrontation à ses propres limites.
Silence
Mais aussi celui de l'addiction à l'extase.
Parce qu'il y a aussi tous les soirs où la grâce te tombe dessus.
Parce qu'une mazurka céleste vaut toutes les larmes des grands bals.
Parce qu'au milieu d'un branle de Noirmoutier,
un sanglot m'envahit, parce que ça déborde de joie, de plaisir,
d'épuisement et de souvenirs.
Et ce violon qui me fissure l'âme
parce que c'est plus de beauté qu'elle n'en peut prendre.
La musique revient. Parce que la bourrée
me libère de la pesanteur et fait rire mes pieds.
Parce que je ne connais pas de jeu plus drôle et inépuisable
qu'un cercle circassien.
Parce que dans la chapelloise, je peux vous regarder et vous sourire,
même quand vous êtes si concentré ou aussi timide que moi,
et que nos regards se croisent au cœur du tourbillon.
Parce qu'avec les danses en ronde ou en chaîne,
me revient l'espoir du Nous
et de la cité apaisée,
où je nous retrouve plus vivants et ensemble que jamais.
Mélodie douce à l'accordéon
Parce que soudain, s'éveille au cœur de moi
le féminin majestueux, voluptueux et libre.
Parce que danser à deux, à quatre ou à cent,
c'est toucher en moi l'incarnation sans âge
et la joie pure.
Mélodie suspendue au rythme planant
Une voix d'homme chante en wolof.
Des percussions entrent.
Chanson grave et envoûtante en wolof
Le thème à l'accordéon reprend doucement.
Des personnes fredonnent le thème.
Decrescendo musical, les danseurs se mettent à chanter.
Les danseurs fredonnent doucement.
Crescendo du chant
Une voix s'élève.
- Ça va, Gennetines ?
Acclamations
Les instruments diminuent, les personnes fredonnent.
La musique s'arrête.
Applaudissements et acclamations
Merci !
C'est un beau cadeau, merci beaucoup.
Merci beaucoup, vraiment.
Mélange de musiques au loin
Berceuse cristalline et lumineuse à la senza et la guitare
La musique disparaît.
Silence
La musique revient doucement.
Deux accordéons jouent une mélodie joyeuse et minutieuse.
Applaudissements
- Merci beaucoup, bonne fin de festival.
Merci beaucoup, c'est très gentil.
On s'arrête, il est 2h15, on doit respecter les horaires.
Les techniciens travaillent vraiment toute la journée.
On va s'arrêter à l'heure.
- Si un autre dansait comme toi, ça me fatiguerait trop.
Tu vois ?
Genre, au bout d'une minute, je dirais :
"Détends-toi, mec, fais quelque chose."
Mais j'ai l'impression que je sais tout ce que tu fais.
- Tu forces pas.
- Je force pas, c'est normal.
La fin, c'était "Merci, bonsoir".
- Je sais pas ce qui s'est passé, je serais incapable de guider ça.
- Mais en fait, je me rends compte qu'on se...
Tu guides, mais en fonction.
- Je suis à l'écoute de ce que tu fais.
Comme en plus, on a des génomes en commun...
- Ouais, c'est fou.
Ça se passe bien avec d'autres gens, mais là c'est évident.
- Je pense que si tu n'étais pas ma sœur,
je pourrais tomber amoureuse de toi.
Musique pop, violoncelles rythmés
- Que de temps passé en surface
Que de temps à ne pas s'encombrer
Du temps et des étoiles tombées
Que de temps passé en surface
Je me voulais léger, léger
Du plaisir sans se retourner
Ce plaisir ne m'allégeait pas
La beauté n'avait pas de bras
Je rëvais d'une vie de plume
lgnorais la stèle et l'enclume
Je balayais mes propres traces
Que de temps perdu en surface
Que de temps passé en surface
Que de temps à ne pas succomber
Au spleen et aux étoiles plombées
Que de temps passé en surface
Que de temps passé en surface
Que de temps à ne pas s'encombrer
Du temps et des étoiles tombées
Que de temps passé en surface
Percussion métallique douce au steel-drum
Un accordéon soutient le steel-drum.
Mélodie célébrante et intérieure
- Aller au Grand Bal, pour moi, aujourd'hui,
ce n'est rien d'autre que réparer le monde en nous.
Pourquoi parle-t-on si peu de l'amour ? Celui qui nous relie tous.
C'est cette intensité qui nous manque le plus aujourd'hui.
La relance à la profondeur, à ce qui est au-delà.
Nous ne sommes pas là pour nous bercer les uns les autres,
mais pour nous réveiller ensemble,
pour réveiller en nous la mémoire endormie.
Et le miracle, c'est d'être debout dans la nuit,
plein de silence dans le fracas du monde,
de l'insignifance.
Plein de louanges au milieu de la haine.
Nous ne sommes pas isolés les uns des autres,
en vérité nous ne sommes qu'un
dans ce noyau d'immortalité qui nous habite.
Et la certitude qu'il existe un autre monde
et qu'il est déjà dans celui-là.
Les musiciens jouent de plus en plus doucement.
La musique s'est arrêtée.
Le parquet grince sous les pas des danseurs dans le silence.
- Ne touchez à rien.
On enchaîne avec un Kost Ar C'Hoat.
Les danseurs rient.
Applaudissements
Deux violons et un accordéon jouent une mélodie tonique et tribale.
Cris de joie
Crescendo des violons
Passage dissonant
Explosion de cris
(Camille) - Nos mains ont tant aimé
Et encore et encore
Nos corps ont tant dansé Qu'il en coule de l'or
Le temps a tant tourné
Tout peut recommencer
Nos mains ont tant aimé
Et encore et encore
Nos corps ont tant dansé
Qu'il en coule de l'or
Le temps a tant tourné
Tout peut recommencer
Chanson en canon
Un chœur rejoint la chanson.
Sous-titrage : Le Joli Mai
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