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Bon,
vous me prenez toutes les empreintes que vous pouvez, d'accord ? C'est pas grave,
vous prenez toutes les empreintes, comme d'habitude.
Oh,
dis-moi, t'as vu l'heure ?
Tu pètes la forme, hein ? T'as encore passé la nuit à l'hosto, toi ? Non,
monsieur, je suis à domicile avec mon petit médecin personnel.
Alors, madame la substitue ? Axelle Dubreuil, 26 ans, la vendeuse du
magasin.
C'est sa patronne qui l'a découverte en ouvrant la boutique.
Martial Dubreuil, ça vous dit quelque chose ? Cosmétique ? Exactement. Axelle
était sa fille unique.
D'où votre présence ici.
Axelle Dubreuil, vendeuse de jouets.
Curieux, non ? Contourner l'héritière d'un nom aussi prestigieux.
Si on peut profond la base du coût-conséquence d'une strangulation au
lien régénétique cadavérique de l'ensemble du corps, ce qui laisserait
supposer que la mort remonte Ă une douzaine d'heures, ce qui, si je ne m
'abuse, nous ramène à hier, au début de cette soirée.
Axelle était une jeune femme sans histoire.
Depuis deux mois qu'elle travaille ici, pas de problème.
Elle était toujours souriante et gentille et aimable.
Oh mon Dieu !
Je comprends pas, monsieur.
Vous l'avez quittée à quelle heure hier soir ? 18h.
Je l'ai eue au téléphone un petit peu plus tard, vers 20h30.
Elle m'a dit qu'elle n'avait pas fini de déballer tous les cartons. J'ai rappelé
Ă 21h.
Elle n'a pas répondu. J'ai pensé qu'elle était partie.
La boutique ferme à 19h. Pourquoi elle était encore là après la fermeture ?
Vous savez, le commerce, c'est pas des horaires très très faciles. On a des
enfants toutes les deux, alors on s'arrangeait. Jeudi soir, elle restait
un petit peu plus tard, au numéro 2, pour ouvrir les livraisons. Et le
mercredi, une fois par mois, elle restait toute la journée avec son fils.
Pauvre malheureux.
Perdre ainsi sa maman Ă 3 ans.
Réunis, madame.
Ça sert à rien de rester là .
Elle a été probablement tuée entre 20h30 et 21h.
Puisqu'elle a ouvert, elle devait connaître l'assassin.
Depuis le temps, je le dis, les belles nanas devraient ouvrir qu'aux flics.
J'ignore si ma fille avait au nom des problèmes, elle ne se confiait pas.
Pas Ă nous, en tout cas.
Bonjour, madame.
Et vous aviez des bons rapports avec votre fille ?
Vous savez, Axelle était très indépendante.
Partageant pas toujours sa façon de penser.
Elle avait des idées.
Elle avait refusé la situation que je lui destinais dans l'entreprise
familiale. Elle ne voulait rien devoir Ă personne.
Au point de travailler comme vendeuse dans un magasin de jouets, par exemple.
Elle était en train de changer.
De revenir à des sentiments moins tranchés.
Nous étions beaucoup rapprochés ces derniers temps.
Madame, c'est Adrien. Il est pas bien.
ne lui dites rien pour l'instant.
Je lui annoncerai moi-mĂŞme tout Ă l'heure.
Pardonnez-moi, c'est notre petit-fils.
Adrien est avec nous.
Axel nous l'avait confié il y a deux jours.
C'était fréquent ? Fréquent serait abusif, enfin disons régulier.
Assez pour qu'il eût le temps de s'attacher à nous.
Grâce au ciel, car la présence est ici qu'il va vivre.
Nous sommes désormais sa seule famille.
Et son père ?
Vous aviez un père, ce gosse ? Votre fille était séparée ? Axel élevait son
fils toute seule.
Bon, ils ne vivaient pas ensemble, quoi.
Comment vous êtes-vous retrouvé responsable de votre petit-fils ? Son
père s'intéresse si peu à Adrien qu'il a jugé bon de ne pas le reconnaître.
Ce qui ne l'empĂŞchait pas de vivre avec Axel.
Par intermittence, naturellement.
Monsieur Ounoua est un rétif à toute forme d'engagement.
Un père qui reconnaît pas son gosse, plus quand il habite avec lui.
Ce genre de mec, moi, je peux pas avoir.
Tu sais, mon père m'aurait peut-être reconnu s'il m'avait pas abandonné.
Ce genre d'histoire, de toute façon, c'est jamais net.
Regarde ma fille.
On peut pas dire que j'ai une passion pour son mec.
De là à lui faire un enfant dans le dos, un enfant, ça a besoin de son père et de
sa mère.
Elle peut pas comprendre ça.
Qu'est-ce que tu veux que j'y fasse ? Laisse-lui du temps.
T'es sûr que c'est ça qui te gêne, toi ? Qu'est-ce qu'il y aurait d'autre ? C
'est pas n'importe qui le père du gamin. Coute-moi ça.
Sciences Po Paris, major de sa promotion, ensuite conseiller Ă l
'ambassade de France Ă Dakar, conseiller Ă l'ambassade de France Ă Madrid.
Et il y a 5 ans, retour en fanfare au Quai d'Orsay.
On a affaire à la crème de la diplomatie française.
Il était pas ravi de devoir se déplacer pour venir nous voir ce matin.
Encore un mec qui se prend pour la République et lui tout seul.
Excusez-moi d'ĂŞtre aussi directe, M. Aulnoy, mais revenons aux circonstances
qui nous amènent ici.
Depuis quand viviez-vous avec Axel Dubreuil ? Axel et moi, nous nous sommes
rencontrés il y a quatre ans.
À proprement parler, nous n'avons jamais vraiment vécu ensemble.
Pour préserver la force des sentiments qui nous unissaient, nous avons choisi d
'emblée de ne pas cohabiter.
Comme moi, Axel avait un tempérament très indépendant.
C'est une des raisons de mon profond attachement pour elle.
Certes, l'amour se conjugue mal au quotidien.
Mais l'éloignement, voyez-vous, n'est pas une garantie de pérennité.
Le temps... Le temps, surtout, finit par mettre un terme Ă
ses passions ardentes.
Pas pour nous. Est-ce aussi pour préserver la fraîcheur de vos sentiments
que vous n'avez jamais reconnu votre fils ? C'est mon plus grand regret.
J'y retourne aujourd'hui.
Axelle voulait Ă tout prix un enfant.
Moi pas.
J'ai accepté pour elle.
Petit à petit... Non, tout de suite, je me suis attaché à elle.
Je m'apprêtais à le reconnaître.
Maintenant, je vais devoir me battre pour légitimer mon fils.
Votre fils a trois ans, monsieur.
Je me demande surtout d'où vous vient ce sursaut tardif de responsabilité
paternelle. Il y a moins qu'un événement récent n'est-il raison d'un doute qui
vous retenait depuis fort longtemps ?
Pardon ? Vous doutiez de votre paternité ? Ah non.
Adrien est mon fils.
Je n'en ai jamais douté.
Bien. Vous nous voyez maintenant dans l'obligation de vous demander ce que
vous faisiez dans le début de soirée hier.
Je travaillais chez moi, sur des dossiers confidentiels.
Ils ne vivent pas ensemble, je veux bien.
Qu'Aulnoy ait décidé de pas reconnaître Adrien à la naissance, passe encore.
Mais alors, qu'il prétende avoir voulu reconnaître Adrien trois jours avant le
meurtre, alors là , je trouve ça un peu fort de café.
Un doute de paternité, ça peut constituer un module de meurtre. C'est
vrai qu'Aulnoy, il est pas clair, mais dans le genre, la petite Dubreuil, pas
mal non plus. J'ai trouvé ça chez elle. Tiens, Polo, ça va t'intéresser.
Eh merde, elle a goût doux.
Un canon pareil.
J'aurais pas cru ça d'elle. Sur l'agenda, la vraie guide du Paris
lesbien. Étape incontournable, les flambeuses. Sans QG, apparemment.
Elle n'a pas choisi la plus moche, la fiancée du diplomate.
Regarde la brunette qui est sur toutes les photos.
Pas vilaine non plus.
Bon, Fred, vous accompagnerez Polo.
On va quand même creuser de ce côté-là .
À défaut de meurtrier, ce sera peut-être une meurtrière.
Merci.
Mlle Irina Pevski ? Oui.
Brigade criminelle, Mlle Pevski, nous aimerions vous poser quelques questions.
A quel sujet ? Au sujet d'une de vos amies, Mlle Axelle Dubreuil.
Elle a été assassinée hier soir.
Quoi ? Première fois que je l'ai vue, c'était ici.
Dans ce bar. Axelle est rentrée.
Elle était belle.
Je me souviens quand on s'est paxé à la mairie avec son petit bouquet.
Je comprends pas.
Vous vous êtes paxé ? Ouais, c'est Axelle qui a voulu.
Elle avait du mal à accepter complètement son homosexualité.
Puis elle voulait se libérer de la pression que faisait peser sur elle sa
famille. Vous viviez ensemble ? Ouais, avec notre fils Adrien.
Est-ce que vous connaissez Bertrand Olnois ? Ouais.
Pourquoi ?
Parce que lui aussi prétend qu'Adrien est son fils et qu'il était maquée avec
Axel. VoilĂ pourquoi.
Jamais. Ah bon ? Bertrand est le géniteur d'Adrien, c'est tout.
Axel et moi, on voulait un enfant.
C'était impossible.
Bertrand était un ami, il a accepté de nous aider.
Mademoiselle Pefsky, étant donné que vous, vous viviez avec Mademoiselle
Dubreuil, où étiez-vous hier soir ? Je travaillais tard. Je suis créative dans
une agence de pub.
Après, j'ai enchaîné avec le comté d'un client, mais je n'avais pas vu Axel
depuis 15 jours.
J'étais en séminaire au Bahamas.
Je suis rentrée hier midi.
Bon, on va vérifier ça.
Je suppose que l'adresse est la mĂŞme qu'Axel.
Non.
Ça, c'est-à -dire qu'Axel avait gardé son appartement à côté de ses parents.
Vous avez bien dit que Axel et vous éleviez ensemble Adrien.
Oui, mais Axel rentrait dans son appartement quand j'étais en déplacement
professionnel.
D'accord, mais alors pourquoi les grands-parents parlent de garder Adrien
auprès d'eux ? Parce que je n'ai aucun droit sur lui, même pas Axel.
Officiellement, c'est le fils d'Axel, Pablo.
Sa vie de la loi, je ne suis rien pour ça. Rien.
Bon, merci, mademoiselle. Allez, on y va.
Merci, au revoir. Bien.
Tu sais quoi ? Moi, je crois qu'il y en a un des deux qui nous bat lĂ .
Alors, soit c'est elle, soit c'est Tolnois.
Moi, j'aimerais savoir lequel c'est et surtout pourquoi.
Ça, je voudrais savoir.
Oh, pardon.
Ouais, allĂ´ ? Ah, Ulysse.
Mais oui, on se voit ce soir. Attends, on se fait trois fois que tu m'appelles.
Bon, deux heures, c'est pas énorme à attendre, c'est ça ? Moi aussi.
Oui, je t'embrasse partout. Ciao.
Bientôt, faudra demander pardon des traités rouges.
Dis donc, ça t'embête si on fait un petit détour par les maréchaux ? Je
pense pas que ce soit une bonne idée. Allez.
Donc, allez-y.
Bon, écoute, Polo.
Quoi ça te sert de rester là , à la regarder ? Ça peut te faire que du mal.
Écoute, elle a choisi sa vie, Polo, d'accord ? Et sa vie, c'est plus avec
toi. Alors tu te mets ça une bonne fois pour toutes dans le crâne.
Merde ! Tu vois, je l'étais sûr.
J'étais sûr qu'il était là , le coup.
C'est lui qui l'a remise au tapin.
Je vais jamais la lâcher, ce connard.
Oui, VĂ©ran ? Salut, c'est Polo de la Crime. Ça va ? Dis donc, t'es toujours Ă
BRP ? Dis-moi, j'aurais besoin d'un truc, lĂ .
Un certain... Nidal.
Un... Julo.
Tu peux faire quelque chose ? Je comprends, Polo, je comprends. Avec le
Julo de Sonia, t'as mauvaise pioche.
C'est un tonton d'estupe.
Estupe ? Ouais.
Nidal les rend cartes sur les trafiquants de coke. Ils ont besoin de
lui pour faire tomber le réseau. Ça fait un an que ça dure. Mais putain, il est
tombé pour proxénétisme aggravé sur mineurs.
Et justement...
Ça cause de ses histoires avec les gamines qui bavent au stup comme ça.
Sinon, il en prendrait pour 8 ans.
Attends, tu veux me dire la BRP ne peut rien faire ? Mais putain de merde, ça
doit être compliqué de trouver l'autre indique, non ? Mais plus maintenant, c
'est trop tard. Mais toi, ça te gêne pas qu'une enflure remette une fille sur le
tapin alors qu'elle était en train de s'en sortir ? Ça te gêne pas, ça ? Mais
si, ça me gêne.
Surtout quand c'est Sonia.
Mais où ça te gêne ? Pourquoi ça te gêne ? J'ai dit que ça me gêne, Polo. Mais
lĂ , c'est mort.
Je peux rien faire pour toi, Polo.
Merci, monsieur.
Polo !
Salut. Attends, il se prend pour qui, celui qui est dorsé, là ? Sa femme s
'amuse depuis des années avec le même clito et lui, Motus, prend un mot. C'est
pourtant son métier de comprendre vite, merde.
Ben, le noir était peut-être au courant et ça lui était égal.
On peut pas dire qu'il promet un clito très classique avec Axel.
D'accord, mais enfin, classique ou pas...
Le jour oĂą il s'est rendu compte qu'elle se servait de lui pour la foutre en
cloques, il s'est chopé les boules et il se les a gardées. Plus personne n'en
voulait.
Mais Axel Alapévski voulait peut-être l'empêcher de voir Adrien.
Un jour, il a pu supporter, il a pété les plombs et voilà .
S'il tenait tant que ça à voir son fils, il aurait très bien pu engager une
procédure en reconnaissance paternelle et demander un droit de visite qu'il
aurait très certainement obtenu. Or, il n'a rien engagé de tel, voyez-vous.
D'autant qu'Axel était une fille correcte et tranquille. L'enquête dans
les milieux lesbiens a montré qu'elle n'avait pas d'autres liaisons à part
celle avec Irina Pevski.
Elles vivaient toutes les deux sur le salaire d'Irina.
Pas de dette, pas de crédit.
Enfin, il y a quand mĂŞme un truc qui cloche.
Il y a deux mois, Axel qui vivait sur le dos d'Irina prend un job de vendeuse.
Alors c'est quoi ce besoin subi de vie active ? Elle en avait marre d'être mère
au foyer.
Je sais pas, on l'allait pomper peut-ĂŞtre.
Il a d'abord négocié à la hausse son surplus de liquide séminal et puis
après... Il leur a vendu de son silence la peau des couilles.
Je ne crois pas qu'il allait tuer sa poule aux odeurs. C'est pas possible.
Par contre, le père et la mère Dubreuil, vis-à -vis de leur fille, là , il y a un
truc qui coince.
Enfin, elle leur confiait quand mĂŞme son fils.
On ne peut pas dire que c'était la guerre entre eux.
Bon, il y a peut-ĂŞtre un truc Ă creuser.
Ă€ creuser, mais pas ce soir.
Hélène ? C'est à cause de Georges que t'es aussi possée ?
Tu sais, je voulais te dire... Tu me connais, les compliments, c'est pas
vraiment mon truc, mais... En tout cas, je... Je trouve ça formidable ce que tu
fais pour lui.
Je la fais pour moi aussi, tu sais.
Je suis en train de comprendre pas mal de choses ces derniers temps.
Je suis en train d'accepter qu'il soit à la fois mon père et... un homme malade
que moi seule peux aider.
C'est... C'est un peu confiant, lĂ , ce que je viens de dire. Non, non.
Si je peux faire quelque chose pour toi... Je sais, Jean.
Je sais.
Toi aussi, hein.
Si... Si t'as besoin de moi... Je sais que par rapport Ă Nat, en ce moment, c
'est pas... Oui, enfin... C'est un peu différent, hein.
Nat, elle risque pas de mourir.
C'est mĂŞme l'inverse.
En tout cas, tu peux lui faire confiance, hein.
Si elle a envie de garder le bébé, je suis sûre que ce sera une très bonne
mère.
Et puis par rapport Ă son mec, laisse-leur du temps.
Il finira bien par reprendre contact un de ces jours, non ? Oui, c'est ça, un de
ces jours.
En tout cas, merci.
T'as un moment ? Qu'est-ce que tu fais là ? Qui t'a dit que j'étais ici ?
Écoute, il faut qu'on se parle, mais pas ici.
Décidément, tu ne me laisses pas beaucoup de choix.
Quand tu veux, où tu veux, c'est ça ? Écoute, je sais pourquoi t'es ici. J'ai
vu le professeur plusieurs fois.
J'ai aussi fait les examens, je suis compatible.
Écoute-moi bien, Hélène.
Je ne veux pas que tu te mules de ça. Cette opération, c'est mon problème, pas
le tien.
Puis j'ai raté à cette chose comme ça avec toi.
Ce serait peut-être l'occasion de repartir à zéro, tu crois pas ?
Comme tu voudras.
Tu dois avoir raison, ça va être impossible entre nous.
Trois morts en une demi-heure, pas besoin d'ĂŞtre de vingt. T'as pas vu Nati
hier soir, c'est ça ? Elle aurait pu laisser un mot ou appeler. Elle est pas
Ă l'hĂ´tel, merde.
Ah ah.
Oui, d'accord. Prétend le tyran.
Ouais. On voit qu'elle se retrouve Ă l'hĂ´tel.
Ben, ce soir, hein.
Monsieur Olnoir ? Bonjour.
Bonjour.
Nous aurions quelques précisions à vous demander.
Ne vous inquiétez pas, ce sera pas long.
Vous voulez bien faire quelques pas avec nous ? J'imagine que nous n'avons pas le
choix, c'est ça ? Ah.
Bien. Allons-y.
Merci. De rien.
Alors... Stéphane Barnet, 35 ans, steward, domicile.
Vous avez la mĂŞme adresse.
Une heure de la préfecture, j'imagine ? Stéphane et moi vivons ensemble depuis 5
ans. J'ai du mal Ă comprendre pourquoi vous nous avez fait croire Ă une
relation avec Axel Dubreuil. J'avais accepté de servir d'alibi hétéro à Axel
vis-Ă -vis de ses parents.
Ils n'ont jamais accepté sa homosexualité.
Il maintient les apparences, après sa mort, sans en quelque sorte respecter sa
mémoire. C'est un bel hommage, mais c'est un tout petit peu rencardé.
Vous alliez voir souvent Axel Dubreuil et son magasin de jouets.
Vous savez pourquoi ? C'est effectivement de temps en temps, Axel
était une amie très proche. Au point de lui faire un enfant ? Les homosexuels
aussi ont des désirs d'enfants, comme les autres.
Quand Axel et Irina ont voulu en avoir un, ils nous en ont parlé.
On se voyait souvent tous les quatre.
D'ailleurs, on avait décidé la naissance de deux enfants.
Le premier élevé par Axel et Irina et le deuxième par vous, c'est ça ? Oui, c'est
ça. Malheureusement, Adrien a aujourd'hui trois ans et il n'a toujours
ni petit frère ni petite sœur.
La nature, hein.
Ça ne s'y met pas.
Axel ne souhaitait pas des grossesses trop rapprochées. Nous avions décidé d
'attendre précisément trois ans et demi.
Mais lorsqu'elle s'est séparée avec Irina, elle a pu souhaiter avoir un
autre enfant.
Elles se sont séparées ? Il y a deux mois, oui.
Donc, vous êtes retourné au magasin pour lui rappeler ses engagements ? C'est
complètement faux.
Bertrand et moi, on a cherché une autre solution.
Mais en rompant ces engagements, Axel, vous privez d'Adrien, auquel, il me
semble, vous étiez très, très attaché, non ? Non.
Le soir du meurtre, M. Hollenois nous a déclaré avoir travaillé chez lui toute
la soirée.
Vous pouvez le confirmer ? Heureusement non, j'étais de service sur un vol
paritaliste.
Bon.
Merci.
Merci.
Tiens.
C'est quoi cette déposition ? C'est signé Polo. Il est où Polo ? Il a eu un
problème ce matin. Il arrive là .
Il ferait bien, oui.
Au fait, j'ai du nouveau sur les Dubreuil.
Il y a deux ans, ils ont saisi le juge des tutelles.
Motif, leur fille faisait obstacle aux relations personnelles entre Adrien et
ses grands-parents.
C'est interdit par la loi, ça ? Sauf pour motifs graves ? Ça ne devait pas
ĂŞtre le cas, parce qu'ils ont obtenu gain de cause.
Vous pouvez voir leur petit-fils deux jours par mois. D'où la présence de l
'enfant chez eux le soir du meurtre ? Bon genre de marigot familial, hein ?
Mais ils le voyaient beaucoup plus ce mois-ci.
Et ils avaient tout fait pour ça, d'ailleurs.
J'ai interrogé la baby-sitter qui m'a dit qu'elle avait reçu 5000 euros de la
part des Dubreuil pour démissionner et ne plus s'occuper de leur petit-fils.
Oh lĂ lĂ , c'est pas clair cette histoire de gamin.
Jean-Louis, tu me convoques les Dubreuil.
Fred, vous convoquez Ina Presky, je veux tirer cette histoire de séparation au
clair. Ah, et tu convoques aussi Barnet, il est pas très impliqué dans l'histoire
du gamin, mais je veux connaître sa version.
Apollo,
c'est quoi cette déposition ?
On a retrouvĂ© un tĂ©moin qui dit avoir une silhouette masculine se prĂ©senter Ă
la boutique d'Axel le soir du meurtre vers 20h45.
Alors, selon la description, il pourrait s'agir de Bertrand Lenoir.
Bon, ben, tu me convoques aussi Bertrand Lenoir pour une présentation à témoins.
Polo, vous faites un effort, hein. On a tous nos problèmes. C'est ça, oui, c'est
ça.
Dis, Polo, ton copain Véran, là , de la BRP, t'auras son numéro de téléphone ?
LĂ , tu me gonfrettes, tu vois ? Hein ? Vraiment, tu me fais chier.
Qu'est-ce que tu veux ? C'est une mensuration ou quoi ? Non, non, lĂ , c
'est bon, je me ferai l'idée par moi-même.
Juste son portable.
Allez.
Oui.
Quoi ? Bien.
Lorsque vous avez appris que Mlle Dubreuil était enceinte, hors des liens
sacrés du mariage, vous avez engagé un détective afin d'en savoir un peu plus
sur le...
fautif. Ce faisant, vous avez découvert les penchants sapphiques assumés et
officialisés de votre fille.
C'est d'ailleurs parce qu'elle est lesbienne que vous l'avez écartée
définitivement de votre prestigieuse entreprise et que vous lui avez coupé
les vivres.
À l'époque, Mlle Pevski pourvoyait à ses besoins.
Quand Axel l'a quittée il y a deux mois, je lui ai proposé de l'aider. Une fois
de plus, elle a refusé.
Je prétendais avoir un projet qui mettrait fin à tous ses problèmes.
Quel était ce projet ? Je ne sais pas.
Elle ne me l'a pas dit et je n'ai pas osé insister.
Elle se braquait facilement, même si nos relations s'amélioraient ces derniers
temps. D'ailleurs, Adrien venait de plus en plus souvent Ă la maison et Axel s'en
réjouissait. Est-ce que vous n'auriez pas plutôt contraint votre fille à vous
laisser Adrien ? Mais Axel vivait seule avec Adrien et elle travaillait.
En vous occupant de notre petit-fils, de lui allégions la tâche.
Cette attention, voyez-vous, vous honore, monsieur.
Comme celle.
de lui ôter une charge financière supplémentaire en la privant de sa baby
-sitter. Si Axel l'a appris, elle ne vous l'a certainement pas pardonné. Peut
-être même vous atteindre menacé d'un procès ou de toute autre action en
justice, risquant fort de ternir votre illustre patronyme.
Axel ne l'a pas su.
Nous ne supportions plus de voir aussi peu Adrien. Nous étions inquiets pour
lui. Il fallait bien trouver quelque chose.
Jamais nous n'aurions souhaité ce qui est arrivé.
Notre unique consolation est de savoir Adrien bien chez nous. Le pédiatre qui
le suit pourra vous le confirmer.
Vous nous avez déclaré que le soir du meurtre, je vous cite...
Ensemble, vous avez regardé un film à la télévision.
Votre domestique était absent et ne peut pas confirmer.
Chacun d'entre vous est donc le garant de l'alibi de l'autre.
Et vice versa.
Et vous, vous ĂŞtes quoi pour Adrien ? Moi, je suis une sorte de tonton.
Il a compris que je travaillais dans les avions, mais il croit que c'est moi qui
les pilote. Il veut pas en démordre.
Et ça vous a pas dérangé que votre... M.
Olnois accepte de faire un fils Ă quelqu'un d'autre ? C'est...
C'est quand même une sacrée décision, je ne sais pas moi. Non, vous ne savez pas.
Vous ne savez pas combien de nuits on a passé, Bertrand et moi, à se demander si
on avait raison ou si on avait tort.
Il faut beaucoup d'amour, croyez-moi.
Beaucoup d'amour pour faire ce genre de choix.
Pouvez-vous m'expliquer ce que signifie cette convocation ? Elle signifie tout
simplement qu'un témoin a vu un homme entrer dans la boutique le soir du
meurtre et que d'après la description, cet homme s'est bourré de vous.
Prenez un numéro et choisissez votre place.
La présentation n'est qu'une simple formalité.
Ne vous en offusquez pas, M. Oumenoir.
Bonjour.
Bonjour.
VoilĂ , prenez votre temps.
Gardez bien.
Bertrand, c'est quelqu'un de rare.
C'est quelqu'un d'une générosité.
On s'est rencontrés à l'hôpital, il s'occupait des malades atteints du sida,
bénévolement. Il s'est beaucoup occupé de Christophe, mon ancien compagnon.
Ensuite, il m'a aidé à remonter la pente après sa mort.
C'est-à -dire que tout s'est très noir et ça s'est passé tellement vite, vous
savez.
OĂą est-on les faire tourner, les mettre de profil ? Oui, oui.
Vous pouvez vous mettre de profil, s'il vous plaît, sur la gauche ? Je ne l
'avouerai. Je n'avouerai personne.
Merci Ă vous. Au revoir.
Je suis désolée, M.
Aulnoy. Veuillez nous excuser.
J'espère que c'est la dernière fois que vous ne dérangez pour rien. La
plaisanterie a assez duré.
Ça peut être des préjugés discriminatoires.
Heureusement condamnés par la loi.
Et vous, vous en vouliez pas, Axel, de ne pas vous avoir donné cet enfant tant
espéré ? Vous savez, il y a des femmes qui sont plus amoureuses que mères, et
bien c'est pareil pour les hommes.
Moi, j'ai pas besoin d'avoir un enfant pour savoir que j'appartiens Ă cette
catégorie. Bertrand, c'est tout pour moi.
Et puis finalement, c'est peut-ĂŞtre mieux qu'on ait pas eu d'enfant
ensemble. Ah oui.
Je vous ai rien contre les BD.
Par contre, des parano, je m'en tape tous les jours. Et justement, aujourd
'hui, j'ai pas eu ma dose.
Ça, là ...
Non,
mais regarde-moi ça.
Regarde-le avec son siwart.
C'est les Village People.
On n'en a plus que l'Indien et le chef de chantier avec son petit marteau.
Laisse tomber, Jean-Louis. T'as pas l'impression que t'as des gens assez d
'emmerdes comme ça ? Des emmerdes, moi ? Un peu du tout, non ?
une terlouse diplomatique m'accuse d'homophobie et ma fille va devenir
mère. Enfin, fille-mère plus exactement.
Par ça, tout va bien.
Il faut pas tout mélanger, Jean-Louis.
Et puis en plus, tu vas pas obliger Nat Ă se marier non plus.
Ce qui vous transformerait illico en défenseur d'une société dirigiste idéale
et, disons-le, carrément machiste. Bon, ça suffit pour aujourd'hui. On va
laisser Jean-Louis s'occuper de ses problèmes personnels tout seul. Il est
assez grand comme ça.
AllĂ´ ? Quoi ?
On a kidnappé le petit Adrien dans un square devant la domestique des
Dubreuil. La description correspondait Ă ... Irina Prefsky ? Exactement.
Allons-y.
Mademoiselle Prefsky ? Commandant Vallon de la brigade criminelle, ouvrez, s'il
vous plaît.
Vous n'avez pas le droit ! Je suis sa mère ! Vous ne le prendrez pas.
Mademoiselle Prefsky, soyez raisonnable.
Laissez Adrien rentrer chez ses grands-parents, sinon vous ne pourrez
pas le revoir.
Je suis ta mère ! T'as aimé ! Il est à moi ! Putain, mais qu'est-ce qu'il fout
de la mère, Irina ? Elle va se buter ? Elle va se foutre en l'air avec le gosse
? Ils vont arriver, il faut juste maintenir la pression.
Permettez-moi.
Irina, c'est Fred.
C'est moi qui vous ai interrogé aux flambeuses.
Pensez Ă Axel.
Elle n'aurait pas aimé ça, ni pour vous, ni pour Adrien.
Faites pas de bĂŞtises, Irina.
Il faut vous battre pour Adrien.
Bonjour Irine.
Ça va mon petit chat ? Merci d'avoir une belle.
Allez, calmez-vous.
Alors Irine ? Allez.
J'ai oublié son spray.
S'il a une crise, il faut appeler votre collègue.
Ah non, je suis pas lĂ .
Son asthme a empiré.
Faut pas qu'il retourne lĂ -bas. Faut pas qu'il retourne lĂ -bas.
Tout ça c'est de leur faute !
Ses parents, elle ne m'aurait jamais quittée.
C'est où ? Très bien, vous allez me raconter pourquoi elle est partie, d
'accord ? Calme-vous.
Elle a pensé que je l'avais trahi.
Mon agence m'a demandé de m'occuper de la nouvelle ligne de produits martial du
Bré.
Que celle-lĂ suive.
C'est ses parents qui lui ont dit, c'est ça ? Oui.
C'était simple, j'acceptais ou je devais quitter mon poste. C'était un énorme
marché, mon boss a refusé.
Il me voulait moins et personne d'autre, il savait ce qu'il faisait.
Je n'ai pas accepté.
Je l'ai trahi.
Le pire, c'est qu'après ça, Axelle a recommencé à les voir.
Oui, et vous, vous avez cessé de voir Adrien, c'est ça ? Oui, mais vous pensez
que c'est vraiment Ă cause de cette histoire de dossier qu'elle vous a
plaqué ? Il n'y a pas une autre raison que celle-là ? Non.
Axelle était sans concession.
Écoutez, je suis obligée de vous mettre en garde à vue, mais ne vous inquiétez
pas. Quelqu'un va s'occuper d'Adrien. Allez.
Prenez soin d'elle.
Merci.
Bon, si elle est capable d'enlever le gamin, elle a pu tuer Axel.
Son fils, elle l'aime comme une folle et ça fait deux mois que l'autre l'en
séparait.
Moi, je pense surtout qu'elle est au bout du rouleau.
Oui, je suis aussi de cet avis.
Et si c'est le cas, si elle a tué Axel, elle ne tardera pas à passer aux aveux.
Moi, je suis d'accord avec Jean-Loup.
Pefkin a pu supporter de ne pas voir son grand-gosse.
Alors, c'est monté, c'est monté.
Ensuite, en rentrant de voyage, elle a été déchaudée, Axel.
Marc, Irina avec sa dégaine un petit peu... Je sais pas, on peut peut-être la
prendre pour un mec, non ? Non.
Bon, enfin, le seul moment oĂą elle aurait pu la tuer, c'est entre sa sortie
de l'agence et le cocktail. Les créneaux horaires correspondent. Alors, il faut
maintenant vérifier si elle pouvait matériellement le faire.
Ah oui, et puis, demandez au pédiatre aussi si Adrien était vraiment malade et
pourquoi. Parce que ça pourrait nous aider.
Qu'est-ce qu'il y a, Michel ? S'il vous plaît.
Comment ? Je vous en prie.
Commandant, votre monsieur Thomas vous fait dire qu'il vous attend Ă Place
Dauphine.
Merci, Michel.
Bonjour.
Bonjour.
Excuse-moi de te déranger pendant ton travail.
Je voulais m'excuser pour hier Ă l'hĂ´pital.
Ça fait 20 secondes que je suis là et tu t'es déjà excusé deux fois.
Oui, je le sais.
Je n'arrive pas Ă faire autrement avec toi.
Peut-ĂŞtre qu'il faudrait que je fasse une liste de tout ce que j'aurais dĂ»
faire et que j'ai déjà fait.
Je te l'enverrai.
Puis... Puis si j'en oublie... Et j'en oublierai forcément.
Tu complèteras.
Quand elle sera terminée, on gardera chacun un exemplaire.
Et on pourra peut-ĂŞtre passer Ă autre chose.
Ce sera peut-ĂŞtre un peu long, non ? C'est pas ce que j'attends de toi, papa.
Qu'est-ce que tu attends de moi ?
Ça. Juste ça.
Ma fille.
Ma petite fille.
Isabelle Dubreuil est une amie de longue date.
J'étais déjà la pédiatre d'Axel.
En revanche, je n'ai examiné Adrien qu'une seule fois, le mois dernier.
Son grand-père tenait à ce qu'Elisabeth me l'amène.
Il ne faisait pas confiance au médecin qui le suit depuis sa naissance.
Pour quelle raison ? Eh bien, Marcel Dubreuil est un homme très attaché à son
image et Ă son nom.
L'homosexualité d'Axel était déjà un drame pour lui. Mais là , avec Adrien, ça
devenait insupportable.
Alors d'après Elisabeth, qui lui donnait raison, il était fou de rage contre les
adultes qui éduquaient son petit-fils.
Mais quel rapport avec les problèmes de santé d'Adrien ? Eh bien, il était
persuadé que c'est le...
milieu marginal dans lequel Adrien a été élevé, qui était à l'origine de ces
troubles. Alors qu'au contraire, c'est depuis qu'Axel s'est séparé de sa
compagne et que l'asthme d'Adrien s'est aggravé.
L'hospitalisation de moi, c'est très, très inquiétant.
Pauvre gosse.
Vous avez expliqué à Mme Dubreuil ce que vous venez de nous dire ? J'ai fait mon
devoir de pédiatre.
Mais son opposition viscérale à l'homosexualité et la crainte d
'affronter son mari me laisse peu d'espoir d'avoir été entendue.
Je doute qu'elle lui fait part de mes remarques.
Votre présence ici le confirme.
Bien, merci pour ces informations.
Au revoir.
Au revoir, docteur. Merci.
Au revoir.
Julie, j'ai été très surprise de constater que le carnet de santé d
'Adrien comporte des vaccinations contre des maladies rares, du type de celles qu
'on trouve dans certains pays d'Afrique ou d'Asie.
Vaccination obligatoire.
Ou un voyage ou un séjour, certainement, oui.
Merci.
Axel avait l'intention de partir, en Afrique ou en Asie.
Sa mère elle-même a mentionné son projet au cours de son interrogatoire.
Alors on peut imaginer que les Dubreuil, connaissant les projets de leur fille,
ont tout fait pour empĂŞcher Axel de partir.
Ou alors Iréna apprend qu'Axel veut se barrer avec leur fils.
Elle fait tout pour l'en dissuader, ça marche pas.
Plutôt que de perdre les deux, elle bute Axel pour récupérer Adrien.
L'emploi du temps d'Irina ne colle pas avec le déroulement du meurtre.
Elle a enchaîné les rendez-vous à son agent jusqu'à 20h30.
Donc, elle n'a pas eu le temps d'aller Ă la boutique d'Axel, de retraverser
Paris, afin d'ĂŞtre vue Ă son cocktail de pub Ă 21h10. Ce n'est pas possible.
Oui, d'autant que...
Tuer Axel pour récupérer Adrien, c'est un mauvais calcul, elle le savait. Non,
non, les Dubreuil ont tout Ă gagner.
Non mais attendez, des parents qui tuent leur enfant, c'est quand même énorme.
Oui, mais c'est perdre une fille pour récupérer un petit-fils. Imaginons par
exemple qu'ils aient fait venir Adrien chez eux pour exercer un chantage sur
Axel et l'empĂŞcher de partir.
Et... Alors quoi ? Ça foire et ils passent directement du chantage au
meurtre ? C'est un peu léger, non ? D'autant que nous ignorons...
S'il et Dubreuil étaient au courant du projet de voyage de leur fille. C'est
quand mĂŞme curieux cette envie soudaine d'aller s'installer ailleurs, non ?
Cherchons d'abord pourquoi elle voulait partir et oĂą.
C'est bon pour ce soir, merci.
T'aurais pu prévenir, merde.
C'est la moindre des choses.
Je me suis inquiété, moi.
Tu veux du café ? Non, merci. Pas maintenant.
Je me suis même dit que t'étais à l'habitude pour voir ton mec.
Il va bien falloir que vous preniez une décision. Vous pouvez pas rester comme
ça. Toi ici, lui là -bas... Tu l'aimes bien Antoine depuis que je l'ai quitté.
Comme on dit, mieux vaut tard que jamais.
Pardon. Le thème ou pas, c'est pas le problème.
C'est lui le père. Un enfant, ça se fait à deux.
En ce moment, c'est pas terrible entre vous, mais une naissance, ça peut
ressouder un couple.
Ça change un homme aussi, crois-moi.
Rassure-moi papa, t'es pas en train de me dire de retourner avec Antoine ? Pas
après tout ce que tu m'as balancé sur lui pendant des mois ? Je préfère te
savoir avec lui que seul avec un gamin.
T'as pas l'air de te rendre compte de ce qui t'attend.
Tu vas en chier, Nat.
Je vois que je peux compter sur toi. Merci.
Réfléchis.
T'as toute la vie devant toi.
Le gosse, une fois qu'il est lĂ , il faut faire avec.
On peut pas revenir en arrière.
C'est tout réfléchi.
Je t'en fais pas, va. T'auras pas besoin de dire fille mère.
Maintenant, on dit mère célibataire.
Tu verras, ça écorche moins la gueule.
Il n'y a pas un seul mec en ADRT qui lèvera le petit doigt pour son mort.
Il y en aurait un bas d'une pute.
Oh, attends, ça se tasse.
Son Mac, il ne sera pas tout le temps en abri.
Mais tu n'as pas entendu Véran ? Et Fred qui a flashé sur ce connard.
Véran ? Ben oui ! Véran, ce n'est pas possible. C'est pareil.
Je ne reprendrai jamais les gonzesses.
Marc...
Ça veut pas dire qu'elle veut se taper. Elle se renseigne, elle fantasme. Je te
parie 20 euros qu'elle largue l'autre, l'urgentiste, avant l'accouchement de
Mario. Oh, mais fais-toi de ton pari. L'accouchement de Mario est imminent.
Ah oui, mais ce que tu sais pas, c'est que Véran aussi.
Ah ! Désolé d'interrompre votre petite réunion, mais notre jeune collègue a...
Comment dites-vous ? Un scoop.
C'est ça. Ah, et le scoop, il est perso ou... Il est perso sur Axel Dubreuil. C
'est Ă Nairobi qu'elle devait partir.
Axelle Dubreuil a obtenu un poste d'éducatrice dans un établissement
scolaire géré par l'association Enfants du Monde.
Son départ était prévu pour le mois prochain.
Elle passe d'un poste de vendeuse à un poste d'éducatrice ? À part les gamins,
je ne vois pas le rapport.
Je me suis renseignée sur l'association.
C'est le ministère des Affaires étrangères qui avalise les missions d
'Enfants du Monde et leur apporte son soutien financier.
Ce qui veut dire que pour avoir ce poste, il lui fallait le quai d'Orsay et
donc l'autorisation de Bertrand Aulnois.
Fuir là -bas, fuir comme disait en son temps Stéphane Malarmé. Oui, tout à fait
le marchand.
Bon, mais à part ça, les remontées d'appels du domicile d'Aulnoy font
apparaître un coup de fil passé chez les Dubreuil la veille de la mort d'Axel.
Tenez, regardez.
Ah, ce qui veut dire que c'est peut-être lui qui a prévenu les parents du départ
d'Axel.
L'appel a été donné mardi matin à 11h30, heure à laquelle en principe, et sauf
information contraire, Aulnoy se trouve au Quai d'Orsay.
Si c'est pas lui qui a téléphoné, c'est Barnet, alors.
Très bien. On vérifie le planning du steward.
Celle du gruil allait partir au Kenya avec la bénédiction du cadorsé. En l
'occurrence, la vĂ´tre.
Vous nous l'aviez pas dit, ça. Là encore, c'était pour respecter sa
mémoire ? C'était un accord entre elle et moi.
Quel type d'accord ? J'avais accepté de l'aider à changer sa vie après sa
rupture avec Irina.
Elle voulait repartir de zéro.
Vous n'êtes pas rancunier, hein ? Elle refuse de vous faire le deuxième gamin.
Axel avait beaucoup souffert. Elle méritait d'être aidée, non ? Savoir
aider.
Tout un art.
Ça y est, on n'a pas que du quai d'Orsay.
Vous êtes prêt à laisser partir les milliers de kilomètres d'ici avec Adrien
sans aucune garantie de l'avoir ni l'un ni l'autre ?
C'est quoi, le deal ? J'ai pas besoin de conditions.
Après sa séparation avec Irina, nous nous sommes vus autrement. Elle, moi
et... notre fils.
J'ai compris que... qu'un lien profond nous unissait. Vous et Axel ? J
'ai partagé les mêmes sentiments.
Un jour, nous avons même cédé à notre attirance.
Et comme vous l'aimiez, vous avez tout fait pour qu'elle se barre.
C'est assez logique.
Axel avait choisi sa vie. Ça n'avait rien à lui imposer.
Mais beaucoup Ă partager, semble-t-il.
J'ai lĂ votre demande de mutation comme conseiller Ă l'ambassade de France de
Nain.
On avait décidé de vivre ensemble.
Avec notre fils.
Ici, c'était impossible.
Nous installer à l'étranger était pour nous la seule solution.
Mais je ne comprends pas les deux autres, qu'est-ce qu'ils deviennent ?
Il vous accompagne à l'aéroport en chantant ? Finalement, vous êtes très
comédie musicale, vous.
Ils n'étaient pas au courant.
On n'a rien dit Ă personne.
Elle ne vivait plus avec Irina et moi, je voulais prendre le temps de préparer
Stéphane.
Malheureusement, votre amie a eu vent de vos projets. Le coup de fil passé de
chez vous, chez les Dubreuil, ne l'a pas été fait par vous, mais par Stéphane.
Ils ont vérifié son emploi du temps.
Sans doute pensait-il que les parents d'Axel allaient empĂŞcher...
Son départ est, par conséquent, le vôtre. Et quand il a compris que les
Lubreux ne pouvaient ou ne voulaient rien faire, il a paniqué.
Monsieur le noir, je ne vais pas y aller par quatre chemins.
Ou vous nous dites tout ce que vous savez, ou je vous mets en garde avec.
Vous n'avez plus rien à goûter.
J'espère pour vous que vous réalisez les conséquences de la décision que vous
venez de prendre.
Ne vous inquiétez pas pour moi.
Je sais ce que je risque et je ne prends jamais aucun risque au hasard.
T'as intérêt à la jouer file, hein ? Non, on a surtout intérêt à jouer la
montre. On peut pas le garder ici très longtemps, il le sait.
J'ai envoyé Fred interroger le voisinage d'Aulnoy et Polo à Roissy pour récupérer
Barney. Allez, viens.
Ah, on a fait le maximum Ă rien.
Personne n'a vu Stéphane Barney depuis hier soir.
Putain, c'est pas vrai, il s'est quand même pas envolé, le steward, toi.
En volée, Stuart ? Bon, on a quand même du nouveau.
Polo a revérifié son alibi à Roissy.
Alors, Barnet a bien pris le premier vol pour Paris-Papette. Seulement, ce qu'il
a oublié de nous dire, c'est qu'il y avait une escale à Los Angeles.
Alors, ses petits camarades sont restés là -bas trois jours. Mais lui, il a pris
le premier avion pour Paris le soir même, prétextant un problème familial.
Merde. Ce qui veut dire que s'il a pris le premier avion, il pouvait très bien
ĂŞtre Ă Paris Ă 19h.
Et il a pu voir Axelle Ă la boutique.
D'autant qu'il savait très bien qu'elle était là tous les jeudis soirs après la
fermeture. Et pour empêcher Olnoa de partir, il l'a tué, ça se tient ? Il y a
un truc que je comprends pas, c'est pourquoi Bertrand Olnoa fait tout pour
nous empĂŞcher de le retrouver.
Peut-être qu'il a tué Barnet.
Pardon.
AllĂ´ ? Oui, oh ! Alors... Amandine, 3,5 kilos.
C'est quoi ? Oui.
Évidemment, on te rappelle.
On t'embrasse, hein, on te rappelle.
Voyez-vous, c'est de Stéphane Barnet dont j'aimerais entendre parler.
Je vous en prie, essayez-moi.
Jean-Louis.
Soft, on est d'accord, hein ? Au moindre dérapage, on part tous dans le décor.
Si Barnet a tué Axel Dubreuil et qu'il s'est fait dessouder par Bertrand, il
nous faut du solide, des preuves et du concret.
OK ? Bon.
Monsieur Aulnoy, votre ami disparaît dans la nature sans dire un mot et il ne
vous dit pas non plus que...
Le soir du meurtre, il revient Ă Paris pour convaincre Axel de ne pas repartir
avec vous.
Mais la belle est mordue, elle n'en démord pas. La suite, dans les journaux
d'avant-hier.
Si M.
Barnet est coupable, il bénéficiera, j'en suis certain, des circonstances
atténuantes. Les jurés n'en vont pas d'entrevoir l'abîme qui s'ouvre devant
lui en découvrant votre liaison avec Axel.
À la douleur d'être abandonné s'ajoute celle d'avoir été trahi par un proche,
une femme qui plus avec laquelle vous aviez l'intention de partir au bout du
monde. Ce n'est pas...
Seulement, la perte douloureuse d'un amour, c'est l'effondrement de toute une
vie. Quant à vous, monsieur Aulnoy, foudroyé par la mort d'Axel, une
interrogation obsédante vous hante sans répit.
Qui ? Aussitôt relayé par une autre, tout aussi obsédante.
Pourquoi ? Vous ne comprenez pas tout de suite, mais peu Ă peu, vous en arrivez Ă
l'évidence insupportable monstrueuse. C'est votre compagnon, Stéphane.
L'insoupçonnable, celui-là même avec qui vous avez pleuré sa perte, qui est
responsable de la mort d'Axel Dubreuil. Non, non, non, non.
Alors sa présence devient intolérable tout autant que la perte par sa faute de
l'être aimé.
Vous commettez donc l'irréparable ? Non ! Non ! C'est faux !
C'est faux ! Alors dites-moi, s'il est encore en vie,
Où est-il ? Stéphane avait les clés.
Il avait les clés.
Le studio que je possédais. En 15e, je crois qu'il est là -bas.
Il m'a livré.
Il me l'a promis.
Bertrand ! Bertrand, c'est moi, Bertrand ! Ouvre ! Ouvre !
Ouvrez !
Je
lui ai dit, Bertrand, je ne pouvais pas te laisser partir, mais elle n'a pas
compris. Je ne t'aimais pas comme je t'aime.
Elle, elle a Adrien, mais moi...
J'aurais pas pu.
Je t'aime.
Je t'aime.
Non.
Non, non. C'est fini, Bertrand. Mais je l'ai tué, tu comprends ? Soyez
raisonnable. Donnez-le-moi.
S'il vous plaît.
Donnez-le-moi.
C'était fun.
Elle est belle, elle est vraiment belle. Tu rigoles, elle est magnifique.
Ici, à la maternité, ils ont dit qu'ils n'ont jamais vu des comme ça.
Non mais dis-leur, parce qu'ils vont pas me croire après.
Ah oui, c'est vrai, ils n'avaient jamais vu un aussi beau bébé.
Ils ont resté mieux à l'admiration, ils n'ont pas dit un mot.
VoilĂ .
Regarde le marchand.
Le marchand, le marchand, prenez-la dans vos bras, vous en aurez envie.
Non, je vous en prie, pas en public, il y va de ma réputation, n'est-ce pas ?
Néanmoins, vous pouvez m'inscrire sur la liste des éventuels... Je ne le dis pas
à la légère.
Pour le cadeau, nous, on est un petit peu indécis encore. Mais t'inquiète pas,
on s'en occupe. L'important, c'est que vous soyez lĂ . Il n'y a pas eu urgence
du tout pour le cadeau.
Ah bah si, c'est vachement important, un cadeau de naissance. Vous allez l'avoir,
vous l'aurez.
T'inquiète pas, tiens aussi, il va être très beau.
Ça va s'arranger avec ton père.
Elle est bien comme maternité, non ? T'es d'accord ? J'espère au moins qu'ils
seront copains, tous les deux.
Elle dort. Elle dort. Elle dort. Elle est ma princesse.
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