All language subtitles for La.Crim.S05E08

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (SoranĂ®)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Merci beaucoup. Bonjour.

Fred, Polo, la lutherie. Voilà, nous avons découvert la lutherie.

Merci.

La victime est de sexe féminin, allongée dans une baignoire remplie d'eau. Elle

porte une nuisette.

Un foulard recouvre son visage. 1,65 m, 55 kg environ.

Réflexe de protection, de défense au niveau des avant-bras.

Griffure au niveau de la face et sur la poitrine.

Suzanne Leskine, le haut du pavé de la lutherie contemporaine.

Ces violons atteignent une cote plus qu'estimable, sans parler de sa

collection privée.

Il pourrait s'agir d'un cambriolage qui a mal tourné.

Son appartement et la boutique ont été fouillés.

Je suppose que si on est là, c'est que c'est plus compliqué.

Exactement.

Le corps a été découvert par Maurice Dumont, l'employé de Suzanne Esquine.

Il a prévenu le docteur Rodier, qui habite dans l'immeuble.

C'est lui qui a constaté le décès avant de nous appeler.

Je ne sais pas ce qu'il voulait chercher, mais en tous les cas, ce n'est

pas du pognon ni des bijoux.

Il n'a pas une petite fortune.

Deux causes possibles au décès.

Strangulation, noyade.

Difficile d'être plus précis, le corps est resté immergé de longues heures.

L'heure du décès ? Là encore, il nous faudra attendre le rapport de Dr

Salinos. Quant aux empreintes, un séjour prolongé en milieu aquatique.

a vraisemblablement effacé toutes les traces papillaires.

L'âge de la victime, le mode opératoire du meurtrier, le quartier, qu'en pensez

-vous ? A ce stade de l'enquĂŞte, je pense rarement.

Quoi qu'il en soit, j'attends vos nouvelles.

Rapidement.

On verra comme ça.

Suzanne, c'est pas possible.

Monsieur Dumont, vous êtes arrivé à 8 heures.

La boutique était fermée, c'est bien ça ? 32 ans.

Jamais, jamais.

Suzanne, c'était une patronne vraie. Elle était toujours là avant les autres.

Alors, quand je ne l'ai pas vue à la lutherie, je me suis inquiété.

Je suis monté dans sa chambre.

Bon, et je vois que l'alarme n'était pas branchée.

Ça aussi.

Suzanne, elle la mettait toujours, l'alarme, la nuit.

La semaine dernière, pendant la panne, elle ne dormait plus.

Heureusement, ça a duré que deux jours.

Dites, samedi soir, avant de partir, elle vous a dit ce qu'elle comptait

faire de son dimanche ? Le dimanche de Suzanne, vous savez, le matin, un

tour au cimetière Montmartre, sur la tombe de son mari et de son fils, et

puis retour Ă  la maison.

L'après-midi, elle allait danser.

Elle adorait ça, d'une vraie passion.

Moi,

j'ai... J'ai jamais su danser.

Elle avait de la famille ? Elle avait sa petite fille, Katia.

Telle qu'elle a élevée après la mort de son fils et de sa brue dans un accident

de voiture.

Vous savez, on peut la joindre ? Non, je ne l'ai pas revue depuis qu'elle n

'habite plus ici.

Elle vit Ă  droite, Ă  gauche.

Mais vous pouvez demander chez l'hérodi et c'est là où elle travaillait quand

elle habite ici.

Monsieur Dumont, vous étiez où hier soir ?

Elle était chez moi.

Seule ? Oui.

Travailler, c'est beaucoup dire.

Un peu d'accueil, quelquefois, mercredi.

Du babysitting, occasionnellement, mais enfin rien de... rien de régulier.

Je suis redit qu'elle travaillait au black, on s'en fout.

Ce qu'on veut, c'est la retrouver avant l'enterrement de sa grand-mère. Je vous

assure, je... Je sais pas oĂą elle est.

Katia est quelqu'un de très instable.

Puis ses problèmes de drogue... Ah ? Vous ne saviez pas ? Non.

C'était le drame de sa grand-mère.

Suzanne... Suzanne Leskine... Elle se demandait oĂą elle avait failli dans son

éducation. Mais enfin, vous savez, la drogue n'a pas toujours une origine

aussi identifiée, c'est trop simple.

Vous connaissiez bien Madame Leskine ? Oui, Suzanne était... ma voisine.

Elle était aussi ma patiente.

Bonjour.

Christine, mon épouse. C'est la police. Ils cherchent Katia.

Vous ne la trouverez pas chez nous.

Malgré toute l'amitié que nous avions pour Suzanne, c'était devenu impossible.

On a dû s'en séparer il y a dix jours.

Son caractère particulier s'accordait mal avec le cabinet médical.

Et encore moins avec la garde d'enfants en bas âge.

Excusez-moi.

Je dois aller chercher mes enfants.

Je vous en prie.

Ah, une question tout de mĂŞme.

Hier soir, vous n'avez rien entendu de suspect ou de particulier ? J'ai passé

le dimanche Ă  l'Oufsienne, chez mes parents.

Nos garçons sont restés dormir là-bas, j'en ai profité pour aller au cinéma.

François était d'astreinte à l'hôpital.

J'avais pas envie de passer la soirée toute seule.

Mais Christine, qu'ils ne reviennent pas couverts de cadeaux, comme la dernière

fois, parce que sinon, je ramène toi à tes parents. Attends, fais pas.

Je leur ai demandé de ne plus jouer au Père Noël en dehors de la date

officielle.

Toutes les familles ont leur petit tracas.

Oui, allĂ´ ? Ah, bonjour.

Ah merde, j'avais complètement oublié.

Ben non, non, non, je vais m'arranger. Il est vraiment bien.

Oui.

Bon, alors, 7 avenue Mozart.

D'accord, je suis là dans environ une demi-heure, ça va ? D'accord, merci.

Oui, que tu détestais le 16ème.

Tu l'idées à mon père ou tu nous fais une crise d'embourgeoisement aigu ? Bon,

on parle de ton père ou on n'en parle pas ?

À ce prix-là, vous avez tort d'hésiter.

Je ne sais pas, vous allez peut-ĂŞtre me trouver un petit peu sectaire, mais

franchement, je ne me vois pas habiter ici.

Le 16e est beaucoup plus convivial qu'on ne l'imagine.

Puis pensez aussi en termes de commodité. Vous savez, vous n'êtes pas

loin de votre lieu de travail.

C'est vrai.

Je vais réfléchir.

Pas trop longtemps, Jean-Louis. Je ne veux pas vous forcer la main, mais je ne

pourrai pas m'occuper de vous pendant quelque temps.

Partez en vacances ?

Oui, en quelque sorte, mais un peu forcé.

Vous avez des ennuis, c'est ça ? Remarquez, l'immobilier, c'est une

source d'emmerde.

Je ne reconnais pas un qui ne soit pas s'attraper. Non, non, c'est avec la

médecine que j'ai des soucis.

Je dois entrer Ă  l'hĂ´pital et je ne sais pas pour combien de temps.

Vous avouerez que c'est assez contrarien.

Oui.

Mais pas un mot de tout ceci à Hélène. Je ne veux pas qu'elle s'inquiète et

surtout pas qu'elle s'apitoie.

Bien sûr, je comprends.

Vous pouvez compter sur moi.

Merci, je vous remercie. C'est moi qui vous remercie. A bientĂ´t.

Vous ne vous remettez pas, alors ? Non, non, j'ai ma voiture.

Bien conservée, la gueule. Vous

m'avez gâté.

On meurt par strangulation entre 22h et minuit, assurément avec une étoffe.

Plus croustillant, l'appareil génital, en parfait état de marche, a été

opérationnel quelques heures avant le décès.

Il n'y avait pas de traces de liquide séminal.

Monsieur a pris ses précautions.

Ou madame, chose en main.

Comme dit la chanson, seuls les draps s'en souviennent. Et encore... Avec ou

sans violence les relations sexuelles ? Si pour toi les violences se limitent Ă 

la pénétration d'un consenti, je te dirais qu'elle a peut-être été violée.

Ceci étant, toutes les issues restent ouvertes. Si j'ose dire, amants

réguliers, délinquants sexuels...

Les deux ou aucun.

Je vous laisse.

D'accord.

Merci.

Bon, ils ont retrouvé Katia Leskine dans un hôtel de la rue des Martyrs. Ils nous

la ramènent.

Alors, la fouille de l'appartement, ça a donné quoi ? Ah, ça.

Bon.

J'y compte Paris.

L'inventaire de la collection de Suzanne Leskine avec celui de Ligy. On voit tout

de suite qu'il manque un violon, pas n'importe lequel.

Un Stradivarius, acquis en 1920 par son père.

Et la valeur, t'as regardé ? La valeur, c'est... Bon, on a peut-être son mobile.

Autre chose ? Non, pas grand-chose, à part un abonnement de 20 séances à la

Jabba Bleu.

Elle était dansant en rue de Pique.

LĂ -bas, ils se souviennent de Suzanne, elle venait de temps en temps.

D'après eux, que pour la danse.

En même temps, il contrôle les entrées et pas les sorties.

En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'ils l'ont pas vue hier.

Et les relevés bancaires ? On voit qu'elle était pas du tout panie percée.

Sauf le mois dernier, oĂą elle a fait un retrait de 30 000 euros en liquide. C

'était la première fois.

Elle est pas peur, mamie.

Et le voisinage, Polo ? Tout le monde est sous le choc.

Surtout que ces derniers temps, il y a eu pas mal de cambriolages chez les

luthiers.

Sinon, Suzanne Deskine était respectée par tous pour son savoir-faire et sa

droiture. Rien de spécial, quoi.

Et pas de liaison affichée ? Non, à part du monde, personne.

Et d'ailleurs, la romance entre la luthière et l'ouvrier, ça faisait

sourire un peu tout le quartier.

Parce qu'il paraît qu'il était jaloux quand même.

Mais il avait des raisons.

Non, aucune raison et surtout pas le droit. Elle a jamais voulu de lui.

Bon, alors, le vol du violon, l'appartement retourné, on cherchait

probablement les 30 000 euros.

Ça fait plutôt penser à un cambriolage, mais le corps de Suzanne dans la

baignoire, le foulard, ça fait plutôt penser à un crime de maniaque.

C'est pas clair.

Ă€ moins qu'on cherche Ă  nous induire en erreur, mais alors dans quel sens ?

Katia Leskine est arrivée. Merci.

Bon.

Fred. Non.

Je vais avec elle.

Après l'accident, elle a remplacé mon père et ma mère.

Pourquoi on lui a fait ça ? On sait pas encore. Peut-être pour lui voler un

violon. Un Stradivarius.

Mais non, c'est pas pour ça.

Le violon, il a été volé avant, il y a huit jours.

Ma grand-mère a porté plainte.

D'ailleurs, c'était pas la première fois qu'on essayait de la braquer.

Elle ou les autres luthiers, on les arrĂŞte pas dans le quartier en ce

moment. On vérifiera.

Depuis quand vous ne vivez plus chez Madame Leskine ?

Depuis que je me suis fait jeter par Christine Rodier, soi-disant que j'avais

volé des ordonnances.

Mais c'était faux. Ça va pas, voler des ordonnances.

La vérité, c'est qu'elle voulait que je me casse. Elle a raconté n'importe quoi.

Son mari, ça l'arrangeait bien de la croire.

Une mort de trouille devant elle.

Ma grand-mère, elle jurait que par les Rodiers.

Alors là, Christine, elle est allée baver chez elle.

Et là aussi, je me suis fait virer par ma propre grand-mère.

Vous vous êtes disputée avec votre grand-mère.

Mais vous voulez pas me croire que j'avais rien fait ? Alors, je... J'ai

pété les plombs.

J'ai dit que je serais jamais comme elle, parfaite, quand je voyais le

genre. Une connerie, quoi.

C'est la dernière fois que je l'ai vue vivante.

Si je vous ai bien suivie, le violon a été volé après votre départ. Comment le

savez-vous si vous n'avez pas revu votre grand-mère ? Eh ben, à plus tôt de

suite.

Évidemment, elle était persuadée que c'était moi. Mettez-vous à sa place.

Je lui jurais que j'étais pour rien.

Il vous a cru ? Oui, pourquoi ? Maurice Dumont, vous connaissez ? Oui, bien

sûr.

Suzanne et Momo.

Toujours fourrés ensemble.

Ils se connaissaient depuis perpète.

Ils s'engueulaient au moins dix fois par jour.

Comme un vrai couple, quoi.

Quand j'étais petite, je voulais qu'ils se marient.

Mais ma grand-mère, elle ne l'aimait pas.

Et votre grand-mère, elle avait quelqu'un d'autre ? Ça va pas. Vous avez

toujours les clés de chez elle ? Oui.

Vous étiez où hier soir ? À un concert.

Je copitaine. Quelqu'un vous accompagnait ? Non, et alors ? Cherchez

quoi ? Bah, ton alibi.

Ça va pas, vous êtes malade ? Vous croyez quand même pas que j'ai tué ma

grand-mère ? Ça va ?

Bon, alors, je reviens des fraudes, et Cathy a pas menti.

Le violon a bien été volé une semaine avant la mort de sa grand-mère.

Elle a même porté plainte contre X le jour même.

Bon, elle a décidé de faire confiance à sa petite-fille.

Tu me diras, avec les vols dans le quartier, ça peut se comprendre.

Ouais, enfin, lĂ  encore, pas d'effraction, et comme par hasard, le

jour du meurtre, le système d'alarme était en panne.

Tu dînes là ? Non, je surveille la cuisson pour Polo.

Ah. Si on a bêté, c'est plutôt bon signe, non ? Ah oui, certainement, oui.

Ça va pas ? Hein ? T'as quelque chose à me dire ?

Oui, c'est... C'est pour votre père.

Il est malade.

Enfin, je... Je crois.

Maman, et qu'est-ce qu'il a ?

Laisse-moi deviner, un cancer, une tumeur au cerveau, le sida quand mĂŞme.

Écoute, je ne sais pas exactement.

En tous les cas, il rentre Ă  l'hĂ´pital, voilĂ .

Ă€ mon avis, tu devrais le voir quand mĂŞme.

Ah bravo, c'est tout lui.

Et toi, tu tombes dans le panneau.

Écoute Jean-Louis, franchement, joue pas au médiateur familial, ça ne te va pas.

Merde Hélène, merde.

Lave ton astral en famille si tu veux, mais Ă  l'avenir, ne me demande pas de l

'étendre, d'accord ?

C'est incroyable, j'étais en train de penser à toi, là.

Moi aussi.

De l'autre côté de la porte.

Je me demandais si tu serais lĂ .

C'est bien que tu sois lĂ .

Tout seul comme un con en train de faire mes cartons, je commençais à gamberger.

Tu me connais, quand je gamberge, c'est pas très bon.

T'as le moins un peu ? Pas très bonne mine, toi.

Ça va pas, Béthune ? Avec ton mec ? Non, il me fait chier.

J'ai besoin de prendre l'air.

Tu veux pas qu'on en parle ?

Pas obligé.

Cinq leçons sur la psychanalyse ? Tu lis Freud, toi ? Pas longtemps, je l'ai même

pas terminé.

Remarque, mets l'autre côté.

T'as pu m'y remettre.

Bon.

T'es lĂ , tu m'aides alors, maintenant ? AllĂ´ ? Toi, tu l'aimes.

Accusé du meurtre de sa maîtresse, une prostituée de Pigalle, à l'âge de 18

ans, Dumont est blanchi deux mois plus tard, paraît-il faute de preuve.

Ensuite, il s'engage volontaire dans la légion étrangère.

Alors, ce qui prouve tout simplement que M. Dumont, Ă  l'instar de nombreux jeunes

gens de sa génération, a eu recours au service d'une péripateticienne, avec

tous les ennuis parfois afférents à ce genre de fréquentation.

Oui, mais il n'y a pas que ça.

Un Stradivarius, on ne peut pas le refourguer comme un autoradio.

Il faut avoir le certificat d'authenticité, il faut connaître le

milieu.

Et lĂ , M.

Maurice Dumont est tout Ă  fait le client possible.

Surtout, surtout qu'il n'a pas d'ennemi.

Brillante démonstration, Capitaine Moreau.

Et même si nous avons retrouvé le fameux certificat sur les lieux du crime, ce

sont vos quelques mois sabbatiques qui vous ont redonné.

Le feu sacré. Vous savez, en ce moment, le travail, c'est tout ce qu'il me

reste. Vous pouvez bien comprendre ça, vous, non ? Ah, c'est une étape. Une

étape nécessaire, mais qu'il faut éviter de considérer comme définitive.

Vous faites un bon métier.

Moi aussi, fabriquer avec ma main, ça m'aurait plu, mais je n'étais pas doué.

J'ai deux mains gauches.

Le don.

Mais si vous n'avez pas fait ça, c'est que vous avez fait autre chose.

C'est bon.

C'est du maringogip.

Une vraie drogue.

J'y ai goûté un la fric.

Ça ne doit pas être tous les jours évident, là, les gens.

Vous êtes au courant ? J'ai payé très cher autrefois pour une connerie que je

n'avais pas faite.

C'est pour ça que vous êtes là.

J'aurais dĂ» m'en douter.

Ça recommence.

Non, c'est pas pour ça que je suis né. Vous ne vous fatiguez pas, je connais la

chanson.

Un casier judiciaire plombé.

Je n'ai pas d'alibi.

Mais vous faites fausse route.

Suzanne, c'était tout pour moi.

Depuis la communale.

C'est elle qui m'a aidé à remonter la pente à mon retour de la Légion.

C'est la seule personne qui m'a fait confiance.

Je ne connais pas une femme qui lui vienne Ă  la cheville.

Vous ĂŞtes musicien ? Non, je ne suis pas musicien.

Moi, je ne fais que réparer le violon.

Pourquoi vous me demandez ça ? Parce que celui-là, il me semblait être en bon

état. Mais ça, c'est...

Le violon d'un ami.

Il me l'a confié pour moi.

Écoutez, moi, je ne suis pas très calé, mais peut-être que vous pouvez me

rencarder.

Ce violon-là, ça ne serait pas un Stradivarius ? C

'est un Stradivarius.

Bon, on retrouve le violon chez toi.

Tu ne l'as pas volé.

Et le jour du vol, il n'était pas à Paris.

C'est bien ça, je n'invente rien.

Je l'ai passé le dimanche à Lille chez un ami.

Vous pouvez vérifier.

Vous pouvez compter sur nous.

Par contre, ça ne prouve rien.

Vous avez très bien pu envoyer quelqu'un pour le voler à votre place.

Monsieur Dumont, ce violent, il n'est pas arrivé tout seul chez vous.

Alors si ce n'est pas vous,

c'est quelqu'un d'autre qui l'a apporté.

Et nous, on aimerait savoir qui.

Bon.

Je vais te dire ce qui s'est passé, moi.

Ta patronne, elle avait un amant.

Si, si, si, oui, oui, oui, oui.

Crois-moi.

Elle avait un amant.

Alors, qu'elle veuille pas de toi, ça encore, tu pouvais l'admettre.

Par contre, qu'elle se tape un autre mec, ça... Ça, t'as pas pu le supporter,

ça. Il est dedans, de quel bras vont me tutoyer ?

Vous ne changez pas, vous les condé.

Il y a 40 ans, vous avez déjà essayé de me vendre les mêmes salades.

Allez-y, allez-y, allez-y, j'ai l'habitude.

D'accord, continue alors.

Pour qu'elle renonce à ton rival, tu t'en prends à ce qu'elle est plus chère,

son Stradivarius.

Et lĂ , tu lui fais un chantage bien sordide.

Tu lui rendras le violon uniquement si elle quitte son mec.

Mais puisque je vous dis que je n'étais pas à Paris.

Allez-y, téléphonez, on gagnera du temps.

C'est pas la peine, je suis sûr qu'il est en béton, ton alibi.

T'as bien préparé ton coup.

Et je te crois même assez malin pour avoir détraqué toi-même le système d

'alarme. Oh, t'es tombé en peine, ça arrive, hein ? Oui, bien sûr. Bien sûr,

ça arrive.

Eh oui.

Tout arrive.

Hein ? Tout.

Même des mecs qui butent des gonzesses par des pieds. Mais je l'ai pas tué,

Suzanne ! Je l'aimais, oui, je l'aimais ! Ça t'arrive par la loi d'aimer, non ?

Ça va, c'est bon ?

Monsieur ! Ça va, t'es calmé ? C'est bon ? Ouais, ça va.

D'accord, j'étais jaloux, oui.

Mais... Quand on est... On peut devenir jaloux, non ?

Allez, c'est bon.

Allez.

Suzanne, elle... Elle a toujours plu au mec.

Même à son âge.

Justement... Coup d'âge, de mec, tout ça.

C'était quoi son rapport avec les hommes ? Je sais pas, mais on peut parler

jamais de ça.

Moi, je comprends que ça vous a rendu dingue.

Mais peut-ĂŞtre que Suzanne s'en foutait du vieux nom et de vos menaces.

Mais alors, un jour, elle a rencontré un jeune mec fringant qui vient chanter

Ramona et tout le tralala. Oui, oui, oui.

Et alors, elle voulait vous dénoncer.

Et lĂ ,

là, vous l'avez tuée.

C'est pas moi.

Mais non, je vous jure que c'est pas moi. Mais si ! Ou alors on s'est gouré

depuis le début.

T'as fait ça juste pour le pognon.

C'est vrai que voler un Strat, c'est moins compliqué qu'une bagnole. Et

surtout, ça rapporte au plus.

Malheureusement, la pauvre Suzanne, elle s'est trouvée sur ton chemin.

Et voilĂ .

Monsieur Dumont, vous avez aidé quelqu'un ou vous avez un complice ?

Mais vous savez, avec ou sans votre aide, On va le trouver.

Et moi, je crois que c'est à votre intérêt que ce soit avec.

Je l'ai pas tué.

Je le jure, je l'ai pas tué.

Bon, je récapitule.

Celle d'objet d'art, complicité de vol, voire de meurtre, ça va chercher dans

les... Polo, hein ? 10, 15 ans ? Oh oui.

VoilĂ .

Vous entendez ?

Ça fait cher le silence, non ? Crime passionnel ou crime crapulé, il faudrait

savoir.

Malheureusement pour lui, dans les deux cas, c'est un coupable envisageable.

Garde Ă  vue.

HĂ´pital Pompidou ? Service des admissions ?

Oui, j'aurais voulu savoir si vous avez admis un passé au nom de Georges Thomas.

Thomas, oui, comme le prénom.

Oui, c'est ça.

Ne négligeons pas, capitaine, l'une des rares certitudes que nous ayons dans

cette affaire pour le moins confuse.

La victime est un amant.

Je suis désolée, je vous rappelle, je ne peux pas vous parler.

Ce qui est étonnant, voyez-vous, c'est que celui-ci ne soit pas venu nous

trouver. Oui, enfin, en mĂŞme temps, si c'est un de ces petits rigolos amateurs

de vieilles peaux, je comprends qu'ils la mettent en veilleuse.

Parlez, Polo.

Ah oui, c'est tout à fait possible, bien sûr.

Ah, qui plus est, M.

Dumont était bien à Lille le jour du vol. Son alibi vient d'être confirmé.

J'ai du neuf.

Je viens de déjeuner avec un copain des stups. Un copain, ouais.

Ouais, un copain.

Bon, la petite fille de la victime, Katia Leskine, ça fait un moment qu'ils

l'ont dans le collimateur.

Les stups surveillent le chez-soi, un bar de pigales où Katia achète sa dope.

Le soir du meurtre de Suzanne, elle avait rendez-vous avec un mec dans ce

bar. Un vieux type inconnu de leur service. Je vous passe les détails, mais

son signalement correspond exactement Ă  celui de Dumont.

Merde ! Ils se foutent de nous depuis le début.

Dumont nous a dit qu'il n'avait pas revu Katia depuis la mort de Suzanne.

Alors Katia se drogue. Elle a besoin d'argent.

Elle est la seule bénéficiaire de la mort de sa grand-mère.

On a vérifié son alibi ? Le soir du meurtre, personne ne l'a vu au concert.

Ok. On va aller revoir.

Tous les deux, ensemble.

Mais pas ici, Ă  la lutherie.

Il y en a bien un qui finira par craquer.

Bon, on s'y retrouve tous dans deux heures, les marchands. J'appelle le

procureur pour demander l'autorisation de la confrontation.

Vous avez trouvé un parapluie ? Oui.

Oui, ben, vous auriez mieux fait de trouver un banc Ă  l'abri.

J'ai froid et puis j'ai horreur de l'humidité.

Mais si vous préférez, nous pouvons aller ailleurs.

Oui, ici ou ailleurs.

Vous avez du feu ? Oui, bien sûr.

Vous fumez ?

Je suis déçue.

Pardon.

Oh ! ArrĂŞtez.

C'est insupportable, votre sollicitude dégoulinante.

J'ai pas besoin qu'on s'occupe de moi.

En tout cas, pas comme ça. J'ai l'impression d'être malade.

Mais je vous raccompagne, vous avez raison.

Le parc, aujourd'hui, c'était pas une bonne idée.

C'était pas une bonne idée.

Excusez-moi, Michel.

C'est plus de prendre les choses simplement.

Ne me secouez pas, je suis pleine de larmes. Qui a dit ça, déjà ? Ça fait

deux jours que je cherche.

Torgas.

Miguel.

Torgas. Le poète.

J'ai choisi votre jour pour ĂŞtre en retard.

Bon, on va commencer ? Commençons donc par le commencement, si vous le voulez

bien. Monsieur Dumont, vous nous avez déclaré que vous n'aviez pas revu

mademoiselle Leskine après son départ de chez sa grand-mère.

Vous confirmez cette déclaration ? Oui.

Et toi, tu confirmes ? Oui.

Nous reviendrons plus tard sur le vol du violon.

Venons-en au soir du meurtre.

Le témoin s'est remonté, affirme vous avoir vu ensemble au bar tabac, le

chez soi, aux alentours de 20h, 20h30.

C'est bien ça ? Pardon ?

Très bien.

S'il vous plaît.

Monsieur Dumont, après avoir quitté mademoiselle Leskine, puisque vous êtes

parti le premier, n'est-ce pas, vous ĂŞtes rendu directement chez sa grand

-mère ? Je ne suis pas venu ici, je suis rentré chez moi.

Bon, vers 21h, tu arrives Ă  la lutherie. Qu'est-ce que tu fais ? Tu utilises tes

clés ou tu sonnes à la porte ? Pourquoi revenez-vous ? Pour récupérer le

certificat d'authenticité du violon ? Peut-être mademoiselle Leskine vous a-t

-elle rejoint ?

Quand Suzanne s'aperçoit que vous venez à cause du violon, son univers vacille.

Trahi par sa petite fille et son meilleur ami.

Dès ton monte, elle menace d'appeler la police.

Vous paniquez.

Maurice n'a rien fait.

C'est moi qui ai volé le Stradivarius toute seule.

Ce dimanche, c'était deux jours après le départ de chez moi.

J'étais venue voir ma grand-mère pour lui parler.

LĂ , je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai vu le Stradivarius.

Ça a été plus fort que moi.

Je devais beaucoup d'argent Ă  des gens qui ne rigolent pas.

Pourtant, vous saviez très bien que vous ne pourriez pas le revendre.

Sur le moment, je n'y ai pas pensé.

Quand ma grand-mère m'a téléphoné, j'ai compris qu'elle allait porter plainte.

Alors j'ai menti et elle m'a crue.

J'ai gardé le violon avec moi pendant une semaine.

Dimanche du meurtre, je n'en pouvais plus, alors j'ai appelé Maurice.

J'ai accepté de l'aider.

En revanche, Katia m'avait promis de se faire soigner.

Si Suzanne n'était pas morte, je lui aurais rendu le violon le lendemain.

J'aurais expliqué.

Je l'aurais fini par comprendre.

Bien.

On continue.

HĂ©, il n'y a plus la lettre.

Dès samedi, j'en suis certain, sinon Suzanne l'aurait remarquée.

Vous pouvez nous éclairer ? Il y a un mois, Suzanne a ramené ce cadre avec une

vieille lettre dedans.

Je l'avais rarement vue aussi heureuse.

J'étais un peu... un peu jaloux, quoi.

Alors, je lui ai demandé ce que c'était. Elle m'a dit que ça avait beaucoup de

valeur. Et qui avait-il décrit dans cette lettre ?

Ouais, c'était pas long.

Georges, mon amour, tu m'as rendu toute la musique du monde.

Et c'était signé C.

C'est tout ? Ok, on l'aimait.

Il n'y a pas une ordonnance dans cette baraque.

Ni le moindre médicament dans la salle de bain ou ailleurs, à part un tube d

'aspirine. Et alors ? Et alors, pour quelqu'un qui va deux fois par semaine

chez son médecin, c'est un peu bizarre, non ? Bien vu, Fred. Merci.

Si vous nous faisiez une petite visite surprise chez Rodier ? Oui. Oui.

Jean-Louis, tu l'accompagnes ? Oui.

J'ai l'impression d'être poursuivi par le corps médical en ce moment.

T'as pris des nouvelles de ton père ? Pas directement, non.

Bon.

Tiens, garde-le.

Ce ne sera pas long, juste deux ou trois questions Ă  vous poser.

Votre femme est lĂ  ? On aimerait l'entendre Ă  dossier.

Non, Christine fait ses visites à l'extérieur, mais enfin ma femme n'a

rien à voir dans tout ça.

Madame Lesquine était votre patiente ? Est-ce qu'on peut voir son dossier

médical ? Suzanne n'était pas malade. Enfin, pas vraiment, en tout cas rien

qui justifie un dossier médical.

Oui, enfin, consultez souvent pour quelqu'un en bonne santé.

S'il faut en un mois...

Elle était très angoissée, elle somatisait, mais fondamentalement elle n

'avait rien. C'est pour ça que je ne facturais pas mes actes non plus.

D'autres à votre place, ça va être abusé.

Mais apparemment, vous, vous donnez dans l'humanitaire.

Vous employez des junkies, vous ne faites pas payer des vieilles dames

hypochondriques.

L'hiver, vous hébergez les SDF.

Mais vous vous en sortez. Enfin, je veux dire financièrement.

Au fait, vous pourriez nous fournir votre comptabilité ?

Ne m'en veuillez pas, commandant, mais votre père a toujours affirmé ne pas

avoir de famille.

De famille biologique, j'entends.

Je voulais savoir pourquoi il est chez vous.

Ne craignez rien, professeur, j'ai l'habitude d'affronter la réalité.

Mon métier... Oui, je n'en doute pas.

Mais lĂ , il s'agit d'un proche.

C'est si grave ?

Votre père a une leucémie assez avancée.

Il est... Enfin... Il a une chance

de s'en sortir.

Ă€ condition que l'on puisse effectuer une greffe de moelle osseuse, ce qui

suppose un parent compatible.

Et je dois vous prévenir que même dans ce cas, le succès de l'opération n'est

jamais garanti Ă  100%.

Bon,

c'est quoi ton père ? Il n'a pas dit de conneries ? Une fois j'avais préféré.

Ce n'est pas une décision facile.

C'est un fantôme qu'on t'a rien demandé.

Réfléchis, d'accord ? Réfléchis bien.

Quelle que soit la décision que tu prendras, personne ne pourra t'en

vouloir. Personne.

Redonner mon père ou lui redonner la vie ? Tu parles.

C'est peut-être l'occasion de remettre les compteurs à zéro tous les deux, non

?

L'encadreur est formel. Le cadre valait mille fois plus que l'objet encadré. Et

c'est normal, la lettre était une photocopie.

Le cadre a été payé en trois fois par chèque par François Roudy.

En vérifiant la compta du cabinet, je suis tombé sur un versement en liquide

de 30 000 euros du mois dernier.

Ça leur a permis de souffler un peu car ils étaient dans le rouge.

Commandement de huissier et tout le bordel. Ils étaient au bord de la

faillite. 30 000 euros ? Généreuse, la mère Leskine.

Ce qui est étrange, c'est que sa femme n'ait rien vu. Ni les cadeaux, ni l

'argent, ni les rendez-vous. Ils habitaient quand mĂŞme le mĂŞme immeuble.

Sauf si son complice, Suzanne, s'est peut-être aperçue qu'il se foutait d

'elle.

Elle leur a demandé de lui rendre l'argent qu'elle leur avait prêté.

30 000 euros, on a déjà tué pour moins que ça.

Ils sont médecins tous les deux.

Si Suzanne Leskine porte plainte contre eux, ils peuvent dire adieu Ă  leur

carrière. Non mais attends, il la tue pour récupérer une photocopie ? C'est le

petit bras, les diaboliques. Ça tient pas debout.

En tout cas, diabolique ou non, il faut maintenant libérer Dumont.

Et puis, bien au contraire, capitaine Moreau, tout se tient

parfaitement debout.

Cette lettre photocopiée qui n'a aucune valeur marchande signe d'une façon

criante la liaison de Suzanne avec son amant, la faisant disparaître, Rodier

efface toutes les traces.

Je vois pas très bien.

Le destinataire de cette lettre s'appelle en réalité Aurore Dupin,

baronne du Devant, plus connue sous le pseudonyme de Georges Sand. Quant Ă  la

lettre C, c'est tout simplement la première lettre du nom de Chopin.

Frédéric Chopin, Georges Sand, célèbre en dehors de leur talent réciproque pour

leur liaison amoureuse passionnée qu'une grande différence d'âge rendait plus

scandaleuse encore.

Le problème, c'est que tout bibe, il a un alibi.

Le soir du meurtre, il était de garde à l'hosto.

Non, astreinte.

Capitaine Scandella, astreinte, pas de garde.

Ce qui fait que son alibi est bancal puisqu'il n'était pas tenu de demeurer

physiquement dans les lieux.

Très bien, je les convoque tous les deux.

Les nocturnes.

Je parle.

Vous aimez ? Remarquable le travail d'encadrement.

Vous ne trouvez pas ? Nous savons qui a

offert ce cadre Ă  Mme Leskine et ce qu'il contenait.

Depuis quand ĂŞtes-vous l'amant de Suzanne Leskine ? Six mois.

C'est venu doucement.

J'ai pas compris tout de suite que j'étais amoureux d'elle.

Faut dire qu'un couple comme le nĂ´tre est plutĂ´t improbable.

Pour Suzanne et moi, les années comptaient pas.

Oui.

Vous n'êtes pas très fort en comptabilité, ça.

On a pu le constater.

Comment s'est-il que votre maîtresse rend flouées les caisses de votre

cabinet, docteur ? Elle m'a prêté de l'argent, c'est vrai.

Je devais lui rendre.

Alors, vous voyez, moi, ce qui m'étonne le plus, c'est que votre épouse ne se

soit rendu compte de rien.

Oui, des cadeaux luxueux, de l'argent, qui arrivent comme par miracle sur un

compte en péril, des rendez-vous.

Pour vous qui vivez dans une telle promiscuité professionnelle.

Les cadeaux, je les ai cachés. L'argent, j'ai prétexté un emprunt à la banque.

Quant aux visites, le médecin n'est pas arrivé dans son cabinet.

Christine n'a jamais rien su, quand mĂŞme.

Je vous en prie, laissez-nous nous faire une opinion personnelle de ce que Mme

Wadier sait ou ignore.

Oui, Suzanne nous a beaucoup aidé quand nous nous sommes installés ici.

Une clientèle ne se fait pas toute seule.

Elle connaissait beaucoup de monde.

Et c'est pour la remercier que vous avez employé cette équipe.

Ça parle ou pas ? Alors ? Je sais pas,

j'ai quand mĂŞme du mal Ă  l'imaginer d'essouder une petite fille pour le

fric. On s'est tellement assisté, il a fini par me convaincre.

Cathy a été sur la mauvaise pente.

On a voulu l'aider.

Attendez, il y a un truc que je comprends pas lĂ .

Vous dites que vous voulez l'aider et vous la congédiez du soir au lendemain ?

Ensuite, vous allez vous plaindre chez sa grand-mère qui la vire à son tour.

Non mais j'étais obligée de prévenir Suzanne.

Elle est allée beaucoup trop loin.

En volant les ordonnances ? Bah oui.

Bah oui mais... Cathy apprêtant qu'elle n'a rien volé.

Et que vous avez tout inventé pour vous débarrasser d'elle.

Elle dit n'importe quoi.

Vous allez pas croire une droguée, quand même.

C'est surtout une pauvre mĂ´me.

La cam, on peut en sortir.

À condition de se sentir aimé et soutenu.

C'est pas un médecin que je vais apprendre ça.

Bon.

Votre cabinet connaît de sérieuses difficultés financières. Moi, j'aimerais

bien savoir d'où viennent les 30 000 euros qui ont été déposés sur votre

compte le mois dernier.

François a obtenu un prêt de son banquier.

On va voir son adresse, parce qu'un banquier qui aide les particuliers sur

-endettés, ça court pas les guichets.

Le soir du meurtre, vos enfants ont dormi chez vos parents Ă  l'Oufsienne.

Vous les avez récupérés le lendemain. Est-ce que ça vous arrive souvent de

leur faire manquer l'école le lundi matin ? Vous n'êtes pas obligés de

répondre tout de suite.

Prenez votre temps, d'accord ?

Faut continuer Ă  leur mettre la pression. Il y en a bien un des deux qui

va finir par craquer. Ils se sont servis de Katia pour amadouer la grand-mère.

Et comme ça suffisait pas, monsieur a dû donner de sa personne.

Du coup, ils avaient plus besoin de la gamine.

Et pire, elle devenait gĂŞnante.

Alors on la charge et existe.

Faut faire Katia écarter.

Ils ont pu continuer leur petit manège tranquillement.

Seulement Suzanne s'est aperçue qu'il se foutait de sa gueule. Alors il voulait

porter plainte.

Et lĂ ...

Ils ont franchi une étape supplémentaire de la saloperie.

Oui.

Et comme ils connaissaient ses habitudes, ils savaient qu'ils ne

seraient pas dérangés.

Pendant qu'un s'occupe de Suzanne, l'autre met l'appartement Ă  sac. Et

comme ça, plus d'indices de leur passage dans la vie de la luthière.

Ce que je ne comprends pas, c'est qu'ils évoluent la lettre et pas le cadre. En

général, quand on veut effacer des preuves, on les efface vraiment.

C'est aussi la question que je me pose, mais je crois que j'en connais la

réponse et pourquoi j'aimerais voir les Rodier ensemble.

Madame

Rodier,

Ă  chaque fois que je vous vois,

vous me faites penser Ă  quelqu'un.

Vraiment. Je viens de trouver qui.

Alors voilĂ , j'ai connu autrefois, si tant est qu'on puisse se vanter de

connaître véritablement une femme, j'ai connu, dis-je, une femme qui avait tout

sacrifié, de ses petites ambitions personnelles, à un homme, par amour.

Le jour où elle a appris qu'elle n'était trompée, elle est devenue folle.

VoilĂ .

C'est Ă  cette femme que vous me faites penser.

Je ne vois pas le rapport.

Mme Rodier, Ă  quel moment avez-vous compris que votre mari vous trompait ?

Mais Christine n'a rien fait, c'est ridicule, de quoi est-ce que vous l

'accusez ? Non, non, je pose une simple question, voyez-vous.

Alors qu'il est, personne d'autre que vous ne l'accuse. Mais non, au

contraire, je viens de vous dire qu'elle n'a rien Ă  voir. Oui, parce que vous

avez compris, vous avez saisi son mobile, le mobile qui est la vengeance d

'une femme trahie, humiliée.

Trompée par l'homme qu'elle aimait.

Trompée par une femme qu'on pourrait trouver moins désirable, moins

belle qu'elle.

Et surtout plus âgée.

Je vous en prie. Écoutez, c'est moi, c'est moi qui... Non, je vous en prie,

pas vous.

Je vous en prie, c'est bon.

Parce qu'en subtilisant la lettre qui trahissait vos amours coupables, vous n

'auriez certainement pas laissé traîner le cadre sur lequel...

était inscrit le nom de l'encadreur qui nous permettait de remonter jusqu'à

vous. On a le droit Ă  un avocat. Ne dis rien, Christian. Surtout, ne lui dis

rien. Je suis persuadé que votre épouse ne me dira rien.

Ă€ moi, rien.

Ă€ vous, si.

Depuis des mois, tu avais changé.

C'est plus l'amour.

Et puis tout ce temps que tu passais chez Suzanne.

Au début, j'ai fait que c'était pour y retrouver Katia.

J'ai tout fait pour qu'elle s'éloigne de nous.

Mais t'as continué tes visites.

J'aurais pu tout comprendre. Tu vois ? Mais pas ça.

Pas avec elle.

Vraiment, on dit à quel moment avez-vous décidé de...

Tu es sous un mesquine.

Dimanche, en entrant chez elle, je voulais juste lui parler.

Essayer de comprendre ce qu'elle avait de plus que moi.

Et puis quand je suis arrivée, elle se faisait coulombe.

Elle a voulu aller arrĂŞter l'eau. Je sais pas pourquoi je l'ai suivie.

Et puis... En entrant dans la chambre...

J'ai vu le lit.

Et je vous ai imaginé, elle et toi, nus.

Il y avait un foulard comme ce que tu portais depuis quelque temps.

Alors je l'ai pris et... Arrête ! Arrête ! Mais regarde-moi, François.

Hein ? Regarde-moi ! Regarde mon corps. Tu l'aimais, mon corps. Tu aimais me

toucher, tu aimais me faire l'amour.

Je l'ai dit à elle pendant que je l'étranglais.

T'aurais vu comme elle se débattait. Elle n'avait pas ma jeunesse et ma

force.

J'ai vu son visage obscène pendant qu'elle crevait.

Tais-toi, je t'en supplie, tais-toi.

Elle était horrible.

Horrible ! Madame Rodière, pour avoir tué Suzanne Lesquine, qu'avez-vous fait

?

Je

voulais effacer les traces du passage de François.

J'ai cherché partout, mais il n'y avait rien.

Rien qu'une lettre.

Dans la lutherie.

Alors je l'ai arrachée.

J'ai laissé le cadre vide. J'ai pensé qu'il appartenait à Suzanne.

J'étais heureux avec elle.

VoilĂ .

Je l'aimais.

Je l'aimais.

Monsieur, s'il vous plaît.

Je serai en retard demain matin.

Je vais faire des examens Ă  l'hĂ´pital.

T'as pris une décision ? T'es sûr de toi ?

On n'a qu'un père dans une vie, et lui n'a qu'une fille.

C'est idiot dit comme ça, mais c'est vrai.

Pour votre fille, elle aime bien de m'emmerder en ce moment, je sais pas ce

qu'elle a.

Elle arrĂŞte pas de me tourner autour.

J'ai l'impression qu'elle a un truc à me dire, mais bon, ça sort pas.

Elle est chiante, quoi.

Les chiens vont pas les chiens.

J'ai rien préparé pour dîner.

C'est pas grave.

J'ai pas avancé les cartons non plus.

C'est pas grave non plus.

Nat ? Qu'est-ce qui va pas, Nat

? Ça fait deux jours que t'es là, t'as pas dit un mot.

Tu peux tout me dire, tu sais bien ? Ouais, mais lĂ , justement, c'est pas

facile, papa. Je suis dans la merde.

C'est pas possible, t'as plus 15 ans.

Dans quelle galère tu t'es encore fourré ? Bon, bah, vas-y, dis-le ! C'est quoi,

ce coup-là ? Après avoir largué ton boulot, t'être calmé avec une bande de

junkies et foutu Ă  la colle avec un mec de 40 pistes... Bah, vas-y ! Vas-y,

crache-le ! Dis-le qu'Antoine, c'est un connard ! Je croyais que j'avais ton

assentiment pour vivre avec lui.

C'est vraiment un faux cul.

Puis t'as raison, les conneries, je les accumule.

Alors tu veux connaître la dernière ? Je suis enceinte.

Puis tu sais quoi, le connard, je le largue et l'enfant, j'ai l'intention de

le garder.

La plus belle connerie de ma vie, je ne l'ai quand même pas passée à côté.

Attends.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.