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Ah, merde, l'odeur ! Ah ! Ouais, bel endroit pour crever.
Pardon ? J'ai dit bel endroit pour crever.
Reflet du monde moderne. Ah, dites-moi, le marchand, j'ai l'impression qu'on va
encore bien se marrer avec vous aujourd'hui.
Monsieur dame. Bonjour.
Bruno Cassini, 12 ans.
Son père, Remo Cassini, un gardien d'immeuble, a déclaré sa disparition au
commissariat du 16e il y a deux jours.
Vu la recrudescence d'actes pédophiles, il serait bon que votre groupe mette les
bouchées doubles.
Bon courage.
Au revoir, mesdames, messieurs, mesdames. Au revoir. Écoute, je ne peux
pas, parce que lĂ , j'ai vraiment un boulot monstre. Passe au 36 Ă 13 heures
et je te le présente. Je t'aime fort, moi aussi.
Sincèrement, capitaine, trouvons-nous aujourd'hui une bonne raison de rigoler
? Bien, la plaie de faible envergure, mais profonde au niveau du parietal,
gauche semble être à l'origine du décès, objet contondant à déterminer.
Dites-moi, le marchand, c'est pas étrange, cette absence de lividité
cadavérique dans le bas du dos pour un corps qui a été mis sur le ventre ? Non,
pas vraiment, commandant. La victime a vraisemblablement été tuée ailleurs,
puis transportée sur le dos dans une voiture, sans doute.
En plus, on voit qu'il n'y a pratiquement pas de sang sur le matelas
et que l'arme a vraisemblablement traversé toute la tête. C'est ça. Il a
dĂ» se vider ailleurs.
Demandant, on a trouvé un truc qui a brûlé là . Il semblerait que ce soit des
fringues sur le lieutenant Fayard. Si c'est ça, il est vachement prudent.
Travail de pro.
Impossible. Moi, je vois que c'était un bon gamin.
Qui c'est qui a pu faire ça ? Monsieur Cassini, ces derniers temps,
tout allait bien ? Bruno, il avait des amis ? Des camarades de classe ?
Trop non.
Bruno, c'est...
C'était un solitaire.
Personne ne vient jamais ici.
Des fois, la petite de l'immeuble, Juliette, fait du
juge Bouchard.
Une bonne petite.
Tout le monde l'aimait, mon gosse.
Demandez-le en colocataire.
Vous verrez.
Tout le monde l'appréciait. Et à l'école ? Ça se passait bien à l'école ?
Ah oui.
Comme tous les gars à cet âge-là , ils veulent rien foutre.
Monsieur Cassini... Où est votre épouse ? Au cimetière.
Elle est morte, il y a six ans.
Pardon, excusez-moi.
Faire un moum dans un monde pareil, ça me tue, moi.
C'est pour ça que j'en fais pas, moi.
C'est peut-être aussi parce que j'ai pas trouvé le mec.
Surtout que tu t'arrĂŞtes sur un. Plus de deux jours.
C'est pas faux.
Qu'est-ce que c'est fou, là , ça ? Ça vaut au moins 600 euros.
Oh, bingo ! T'as vu ça ? 500 euros dans le livre de Sciences Nat.
Joli marque-page.
Excusez-moi, M. Cassini, mais Bruno, vous l'avez vu quand pour la dernière
fois ? Dimanche matin.
Avant d'aller Ă la pĂŞche comme tous les dimanches.
T'es couché quand je suis parti.
Dormais comme un bébé.
Et bien le regarder quand il dormait.
Quand je suis rentré le soir, il était plus là .
Monsieur Cassini, c'est vous qui avez offert un appareil de cette valeur Ă
votre fils ?
Ça va pas, j'ai pas les moyens, moi.
Mon fils, c'était pas un voleur ! On est amis honnêtes ! Je n'en doute pas,
monsieur Cassini.
J'ai d'ailleurs retrouvé le bon de garantie de l'appareil. Avec le cachet
du vendeur, je conclue donc que Bruno se l'est offert tout seul.
Mais avec quel argent ? Avec ses économies, enfin, son argent de poche.
Et donc, les 500 euros retrouvés dans son cartable, c'est le vendeur qui lui a
rendu la monnaie ?
Je ne sais pas.
Bruno, c'était un bon gamin.
Pourquoi, madame Bouchard, dites-vous que votre concierge battait son fils ?
Il ne s'est jamais remis de la mort de sa femme.
C'est un chauffard qui l'a écrasé. Bruno traversait la route sans regarder. Il a
voulu le rattraper.
C'est dur Ă dire, mais Cassini faisait porter la responsabilitĂ© de cette mort Ă
Bruno.
Et qui vous a dit ça ? Notre fille Juliette, c'était une amie de Bruno. C
'est lui un jour qui le lui a raconté. J'ai surpris leur conversation dans la
cage d'escalier. Demandez-lui, elle le confirmera. Ça suffit maintenant,
nettoie.
Commandant, je souhaiterais que vous laissiez Juliette en dehors de toute
cette affaire. Ça pourrait la traumatiser.
N'ayez crainte, monsieur le juge.
Mes collègues vont auditionner votre fille avec douceur.
Nous ne lui dirons ni oĂą, ni comment nous allons retrouver Bruno.
Écoutez, commandant, je connais votre réputation, votre savoir-faire.
Alors j'imagine que vous allez trouver un autre moyen pour résoudre cette
affaire que celui d'interroger une fillette de 12 ans, non ? Monsieur le
juge, je connais aussi votre savoir-faire et votre réputation, et j
'imagine que si vous aviez Ă instruire cette affaire, vous n'hĂ©siteriez pas Ă
nous faire interroger l'ami de la victime. Fût-ce-t-elle une fillette de
12 ans et la fille d'un éminent magistrat ? Maintenant, cette audition
peut avoir lieu chez vous et en votre présence, au calme, puisqu'elle n'a rien
de formel.
Je vous la confie.
Juliette, tu réglisses.
Bon, monsieur le juge.
Non, merci.
Moi, en ce moment, j'en mange des quantités industrielles.
Monsieur, depuis que ma femme est enceinte, ça me détend. Ah oui.
Dis-moi, Juliette, la dernière fois que monsieur Cassini a vu Bruno, c'est
dimanche matin, avant de partir Ă la pĂŞche.
Bruno, c'était ton copain ? T'as peut-être une petite idée de ce qu'il
faisait dimanche, moi ? Non.
Oui.
Non, tu vas pas nous filer ta camelote à chaque fois, comme ça.
D'accord, d'accord. Intéresse personne, quoi.
Dis-moi, Juliette, dimanche, tu restais chez toi, t'es sortie,
tu... Je suis restée chez moi.
Toute la journée ? Oui.
Papa était à son bureau et maman à son classe.
J'ai mon cours de violon Ă 15h.
Donc tu n'as pas vu Bruno ? Non, vous êtes sourd ou vous le faites exprès ? Il
vient de vous dire qu'il avait pas quitté la maison.
C'est pas grave, remarque...
Il y a un épicier au coin de la rue, je crois qu'il est ouvert le dimanche. Il
va peut-ĂŞtre pouvoir nous dire s'il a vu quelqu'un sortir de l'immeuble.
Si, si, en fait, je me rappelle.
Je suis sortie de chez moi dimanche.
Je suis allée voir une copine de glace.
D'accord.
Il est fatigué.
Le café est prêt.
Merci, ça aurait été avec plaisir, mais vraiment, il faut qu'on y aille.
Pas de traces de sévices sexuels. Quant à ce qu'on lui a enfoncé dans le crâne,
un pic-feu, une sardine, un piquet de tente.
Il y avait des résidus férus sur le cuir chevelu. C'est tout ? Je crois que non.
J'ai des petites traces un peu bizarres sur le vidage. Le labo m'a analysé en
express. Ils ont trouvé de l'huile d'olive et du yaourt aux fruits.
Le yaourt, ils ne sont pas encore sûrs de la roue. Tu ne m'en voudras pas.
J'imagine les cruautés psychologiques qu'a dû subir cet enfant avant de
mourir.
Ça, mon petit Michel, il y a des jours où je veux bien faire des efforts, mais
lĂ , te raconter des histoires cochonnes ou te parler cul... Ah, faut pas te
formaliser, ma petite Fred. Avec mon Michel, on a nos habitudes. Tu sais,
pour que je me formalise, surtout quand on parle de cul... Oh, mais quel régal !
En plus d'être gironde, elles ont de la répartie ! Mais quel régal ! Quand en
plus d'être con, ils se croient péter d'humour !
Un vrai commandant ? Je dois dire que pour une fois, je préférais entendre ces
crétineries débilitantes de notre cher docteur Salinas plutôt que d'enquêter
sur ce meurtre, voyez-vous.
C'est mon trépard alcoolique qui supporte pas son gosse. La Juliette qui
le cache des trucs et le juge qui fait tout pour les couvrir.
Je sais pas, c'est moi qui suis parano ou personne est clair dans cette affaire
? Doucement, Jean-Louis. Le juge Bouchard est un type retort. Très bien
vu au parquet. Merci.
Concentre-toi plutĂ´t sur Cassini, un type qui tuerait son fils. C'est dĂ©jĂ
vu, non ? Comment, Cisco ? Le réglisse passe encore, mais c'est quoi ce truc
dégueu que tu bouffes ? C'est génial, c'est un spécial Cisco. C'est avec de l
'agneau, des poivrons, des tomates, de la salade, de la vinaigrette, avec un
supplément de mayonnaise.
Je fais une couvade.
Euh, Cisco, à propos de couvade, c'est... Y a un problème.
Y a un problème, c'est ça ? Qu'est-ce que tu fais là ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Une envie de femme enceinte.
Je sais pas ce qui m'a pris, tout à coup j'ai eu très très envie de grimper
toutes les marches du 36 dans mon état.
Et de pouvoir rester deux heures comme une conne en attendant que mon mari
revienne, la gueule enfarinée, pour me présenter à Cuistot qui je suppose ne
viendra pas.
Merde, j'ai complètement oublié mon pote, je devais l'appeler... Tu le
savais toi en plus que je devais le... J'ai complètement... C'est qu'on est sur
une affaire un peu... Avec ce gosse là qui m'a complètement bouleversé. Mais
vous, ça t'a pas coupé l'appétit ? Non, pas trop. T'en veux ? Oh non.
Ah, merde, la mayonnaise, par contre, je vais t'en chercher.
Oh, tu vas manger. Dis pas non, tu vas manger. Dans ton état, il faut que tu
manges quelque chose.
T'es monté à pied jusqu'ici, y'a pas d'ascenseur. Y'a pas... Tout le monde s
'en cogne de ce bordel, y'a pas d'ascenseur. Je vais te faire chercher
un brancard pour te redescendre. Calme-toi, Alex.
Alex ! Calme-toi.
Je te signale que notre bébé est très en forme, mais que tu devrais être un tout
petit peu plus attentif pour qu'il le reste.
Maintenant, tu m'excuseras, j'ai un cuistot Ă trouver avant ce soir. Mais
non, mais parce que... Mais Mario, faut pas... Mario, Mario, dis-moi ça. Tiens
-moi ce putain.
Mario ! Oui ?
J'aime assez quand t'as un truc Ă te faire pardonner.
Moi j'aime assez quand t'es grognon comme ça.
Je vous en prie, asseyez-vous, Pilar.
Merci.
Je suis vraiment très heureux que vous ayez été choisi par le camp médical et
que vous ayez accepté.
Vous savez comme c'est difficile de trouver une infirmière spécialisée dans
ce genre de cas. Et je me suis souvenu de notre ami, atteint de ces cités dont
vous êtes si bien occupé.
Mais je suis très heureuse de pouvoir à nouveau vous rendre service, commandant.
Alors voilĂ .
Son adresse et les clés de son domicile. D'accord. J'ai fait tout nettoyer, fait
un peu de rangement, tout est propre, mais c'est un endroit sans vie. Mais ça
c'est mon travail de remettre, vous inquiétez pas.
Bien.
Camille sort dans deux jours.
J'espère que vous allez bien vous entendre.
Surtout, tenez-moi régulièrement informé. Je le ferai, commandant.
Discrètement.
Le marchand, on n'attend plus que vous pour le brief.
Le rouge.
Le rouge est mis.
Non, non.
Non, mais c'est sûrement une ampoule qui a pété. Si vous voulez, je peux vous la
changer.
Bonjour, madame. Bonjour.
Lieutenant Robert Schieser.
Si vous voulez, vous pouvez m'appeler Fred.
J'arrive, lieutenant.
J'arrive tout de suite. Oui, oui, pardon.
Excusez-moi, Pilar.
C'est quoi ce délire ? Je te dis que le marchand se tape une grosse.
Mais sincèrement, si t'avais vu comment il la regardait.
Ah ouais, vous me faites bien rire, moi, avec le mystère, le marchand. Mais moi,
il m'a mĂŞme pas fallu six mois pour comprendre.
Qu'y a-t-il à comprendre, lieutenant ? À comprendre que c'est sûrement un crime
pédophile.
Parce que je suis allée voir le mec qui a vendu l'appareil photo.
Et il a bien vendu ce modèle, mais il l'a pas vendu à Bruno.
Il l'a vendu à un photographe du coin, un mec qui s'appelle, j'ai noté, un mec
qui s'appelle Mathias Lavergne.
Et Lavergne, il est spĂ©cialisĂ© dans les photos d'enfants, du genre Ă
photographier les mouments à poil et puis après qu'il se les tape. J'ai vu un
article lĂ -dessus, mais c'est pas... Bien, rapport d'autopsie, n'accuser
personne trop vite, lieutenant, mais il est vrai que l'hypothèse d'un crime
pédophile doit être retenue malgré l'absence d'abus sexuels.
Les pédophiles ne passent pas toujours à l'acte de simples attouchements. Même la
contemplation passive de l'enfant syphite a caractérisé le crime.
Ok, Bruno se laisse faire.
Lavergne lui fait des cadeaux, l'appareil, l'argent.
Et puis un jour, le monde en a marre. Il menace de donner le pédophile au flic.
LĂ -dessus, le mec panique et le tue.
Ah ouais ? Et les cachoteries du juge et de sa fille, alors, lĂ -dedans ? Parce
que si la petite était victime, elle aussi, de pédophilie, Vous croyez
franchement que je lui dirai rien, vous ? Non, il est pas un mec comme le juge.
Il laisserait pas un enculé pareil en liberté sans rien faire.
On a quoi sur les Bouchards ? Ça, on connaît, hein, les Bouchards.
Lui, c'est un gros bosseur, genre 15 heures par jour au palais de justice.
Elle est rédactrice en chef d'un magazine de mode. Elle en a ouvert un
deuxième, d'ailleurs.
Genre, hyperactive.
J'ai tout de mĂŞme l'impression que la petite Juliette, personne s'en occupe
des masses.
OK, bon, avant d'extrapoler Jean-Louis, on file chez le photographe.
Fred, vous occupez des dossiers sur les pédophiles. Cisco, vous convoquez
Cassini et vous me cuisinez avec le marchand. Je veux savoir ce qu'il sait.
Le procureur nous met la pression. Allez, go !
Bonjour. Je suis Lavergne, commandant Vallon. Je vous en prie.
Excusez-moi, je n'ai pas vraiment compris le sens de votre coup de fil.
Vous cherchez quoi exactement ?
Je vous en prie, faites comme chez vous.
Excusez-moi, c'est le chalut voisin qui a encore fait mes poubelles.
Nous sommes là pour ça, monsieur Lavergne.
Connaissez-vous cet appareil photo ? Oui, enfin, j'ai
acheté le même la semaine dernière.
Il a été retrouvé chez un jeune garçon de 12 ans, Bruno Cassini, assassiné
dimanche dernier.
Quoi ? Vous connaissiez Bruno ? Non, non, je ne le connais pas.
Est-ce que vous croyez qu'il aurait pu rentrer ici et voler cet appareil ? Oui,
c'est possible.
Je ferme jamais, c'est ouvert Ă tous les vents.
Pourquoi ne pas avoir déclaré le vol de l'appareil, monsieur Lavergne ? Parce
que je ne m'en avais pas rendu compte. C'est un tel foutoir, ici.
Il n'est pas con, le petit Bruno.
Il a même piqué la garantie avec l'appareil.
Il a eu du bol de la retrouver, parce que dans ce foutoir... Mon collègue a
raison.
Il serait plus logique qu'on ait offert l'appareil à ce jeune garçon.
Je vous dis que je ne connais pas ce gosse. Oui, monsieur Lavergne.
Ils ne sont pas très habillés, les moums, sur vos photos.
Les parents acceptent ça ? Il y a des questions de flics.
Vous voulez voir mon pressbook ? Vous savez, je fais beaucoup de choses. Je
travaille pour des groupes de presse, des agences de pub, de communication,
des éditeurs. Je ne fais pas que des photos de gosses.
Je fais aussi des photos de vieux, de paysages, de produits alimentaires.
Et ça, ça s'appelle une photo d'art.
Ça, c'est une photo d'art.
Le dernier Ă avoir pris une photo du petit Bruno Ă poil, c'est un flic de
chez nous.
Je peux vous dire que ce cliché, c'était pas une photo d'art, d'accord ? Monsieur
Cassini, la Marne est-elle toujours aussi poissonneuse ? Oui.
La pĂŞche.
C'est formidable, la pêche. Rien de tel pour un repos dominical bien mérité que
ces bords de Marne.
Vous vous y rendiez régulièrement pour vous détendre et pour vous empêcher
ainsi de frapper votre jeune fils Bruno.
Pourquoi vous me dites ça ? Vous, parce que notre médecin légiste, après un
examen approfondi, a découvert des traces de marbrures sur le corps de
Bruno. Marbrures bien antérieures à sa mort. Pourriez-vous nous expliquer cela
? Bien.
Monsieur Cassini.
Vous ne collez pas très fort, hein ?
Avec le petit Bruno.
Il vous présentait aucun de ses petits copains, personne ne venait à la maison,
vous trouvez ça normal ? Ses bulletins scolaires étaient médiocres, voire
mauvais.
Jamais signés.
Plusieurs remises Ă l'ordre du principal, que vous auriez vous-mĂŞme
envoyé chier.
Votre fils était un cancre, M. Cassini, il passe encore, sauf que vous vous en
foutiez, hein ? C'est ce qu'a dit le principal.
Nous ne sommes pas lĂ pour vous juger.
Nous savons que la vie ne vous a pas épargné. On nous a relaté votre
difficulté à vivre depuis la mort de votre épouse. Vous n'avez pas le droit d
'en parler. Mort atroce que Bruno, par sa seule présence, vous rappelait sans
cesse, chaque jour.
Bruno qui était indirectement responsable de cette mort.
Pourquoi fallait-il qu'il le payât de sa vie ? Vous êtes dingue ? Vous n'allez
pas me soupçonner d'avoir du bonbon quand même, non ? Ah non, rassurez-vous.
Car nous avons vérifié votre alibi.
Entre 15h et 18h, heure du décès, vous taquiniez le goujon avec vos amis.
Alors pourquoi vous m'emmerdez avec vos questions ? Pourquoi vous me faites
chier ? Monsieur Cassigny, est-ce que vous frappiez votre enfant uniquement Ă
cause de votre femme ou y avait-il une autre raison ? Monsieur Cassigny, il y
avait bien autre chose.
Qui voyait-il en dehors de l'école ? Qui voyait-il ? Répondez, merde !
J'ai tout fait pour lui.
C'était une tête de mule.
Je n'ai rien compris Ă ce gosse.
C'est pas de ma faute à moi s'il fréquentait les vieux pédés.
De qui parlez-vous, M. Cassini ? Le mec rondouillard que j'ai vu deux fois
avec lui.
C'est lui, je suis sûr, qui lui a refilé l'appareil photo.
Benoît, il voulait être photographe.
Tu parles.
L'autre, il avait l'air gentil comme tout.
Sale tante.
Que croyez-vous que Bruno lui donnait en échange ? Son cul ! Voilà ce qu'il lui
donnait ! Son cul ! Mon petit bonhomme, je demande
pardon au Bruno.
Oui,
oui, oui.
Oui, maître.
Ok, très bien, je vous remercie beaucoup, au revoir.
Bon, j'ai appris des choses limites sur la verne, hein.
Un procès intenté par son ex-femme il y a dix ans.
Il prétendait que la vergne a obligé ses modèles nubiles à coucher avec lui.
Nus, quoi ? Nubiles. De très jeunes filles, quoi.
Oui, enfin...
Ça en fait pas de lui un assassin, cachotier peut-être, suspect à la
limite, mais pas un coupable. Ok, alors vous attendez la suite. Donc j'ai eu son
avocat, qui dit que son ex a tellement bien répondu à la calomnie que
finalement un de ses anciens modèles a porté plainte contre lui. Bon, il s
'avère que la nana était mythomane et que... Enfin, les jurés ont conclu un
non-lieu, mais enfin... Ok, on se pointe demain matin chez Lavergne.
Dis-moi, ça fait longtemps qu'on s'est pas fait un petit cinoche, tous les
deux. Oh, c'est ça les vieilles, ça tient plus le coup.
Non, mais demain on a une perquise Ă l'aube.
Demande à la jeunesse, je suis sûre qu'elle est partante.
Dis-moi Fred, comme t'as bien bossé et que tout travail mérite salaire, ça te
dirait un petit cinoche ou un steak purée chez Gérard en ma charmante
compagnie ? T'avais que ce passe-camp, mais le tripotage au ciné et les tétatés
au resto, ça m'emmerde un peu.
Surtout après avoir baisé.
Tu peux te marrer.
Je suis un con, j'aurais pas dĂ» coucher avec elle.
Elle me charrie pour faire bonne figure, mais... Je sais pas comment lui dire que
c'est fini.
Oh, laisse-la faire.
Fred est une fille intelligente. Elle sait que les mecs sont lâches. Elle
finira par comprendre et te larguer.
C'est bien ce que j'ai fait, moi.
Bonne vie.
Dis donc, Jean-Louis.
Que tu te sers de moi pour récupérer Valan, toi, ça a plutôt moyen.
J'ai limite qu'on couche ensemble, je suis pas contre.
Tu vois ?
Mais pour ce qui est de tes affaires de cœur, je règle ça tout seul, d'accord ?
J'aurais pas de manquer de respect, mais t'as 40 balais. T'es plus bas qu'à ça,
pépère.
Qu'est-ce qu'il y a ? Il y a que les femmes me font chier, voilĂ ce qu'il y
a. Eh, bonjour Louis, c'est pas nouveau chez toi, ça, hein ? Je vais retrouver
la mienne, justement, avant qu'elle se barre, avec un futur bébé.
Mais j'en ai marre, Jean-Louis.
Ce boulot de merde...
Je crois que je l'ai raccroché.
Arrête, tu vas pas nous faire chier avec ton bébé.
Les flics ont une vie de famille, j'en connais plein. J'en connais plein aussi
qui ont quitté leur femme, leur famille, leurs gosses. Je connais qui se sont
tirés une balle dans la bouche.
Tu vas pas faire ça.
Tu veux m'aider ? Bah oui. Dis rien pour me retenir aujourd'hui.
C'est quoi ça ? Un cheveu ou un poil de cleps ? Un cheveu. Et j'ai le bulbe.
Nickel pour l'ADN. C'est sans collecter. Au niveau preuve, on est au max.
Je suis pas d'accord.
J'ai mal barré la verne.
Ah, yaourt fraise.
Identique au tache décelée sur le visage du petit Bruno.
Le docteur Salinas a confirmé. Le parfum.
Deme pour l'huile d'olive.
Monsieur la verne.
Le sac ayant contenu tous ces déchets, c'est quand même pas le chien du voisin
qui l'a englouti. Oh, Ă moins que ce sac poubelle ait servi tout simplement Ă
envelopper la tête du petit Bruno, afin que son sang ne se répande pas partout
dans votre véhicule, par exemple.
Voilà ce qu'on a trouvé au fond du labo.
Des photos d'une petite fille à poil, debout, couchée sur un canapé. Elles
sont encore dans le bac du fixateur.
La fille du juge Bouchard.
Eh, dis donc, artiste.
Le lit, là -derrière, c'est ton lit ? Et le décor derrière, c'est pas ton décor ?
T'invites pas Ă me dire que c'est un montage, sinon je... Photos d'art.
Fois rien.
Faites-vous convoquer les parents de Juliette pour cet après-midi.
Je veux aussi voir la petite.
Il faut faire craquer Lavergne et avant l'arrivée des Bouchard, ses aveux
signés, le juge ne pourra plus faire obstruction à l'enquête, c'est clair ? J
'appelle le proc pour l'analyse de l'ADN des cheveux et du sang trouvé chez
Lavergne. Oui.
Quelque chose ne va pas, Cisco ? Oui, je trouve aberrant qu'un type comme
Bouchard ne se soit rendu compte de rien.
Il va connaître sa fille à ce point, merde.
Son propre père.
Agence Doménil ? J'aurais voulu parler à Georges Thomas.
Le commandant Vallon.
Euh, Hélène.
Sa fille.
AllĂ´, Georges ? Pour papa, c'est peut-ĂŞtre un peu tĂ´t, non ?
Je voulais vous demander, ça vous dirait de venir déjeuner avec moi ? Oui,
aujourd'hui, au 36 ?
D'accord.
Oui.
Et moi aussi, je suis contente.
Et dimanche, vous faisiez quoi dans la forĂŞt de Meudon ? C'est pourtant pas la
saison des champignons.
Je faisais un reportage sur les conifères pour un magazine sur la
nature. Sur la nature.
Bien. Ça se résume bien. Vous avez donc rencontré un jour le petit Bruno qui
pleurait sur un banc.
Le croisant souvent dans le quartier, vous avez sympathisé avec lui parce que
c'était un garçon largué, déchiré selon vous par l'indifférence d'un père qu'il
adorait et qui avait donc un énorme besoin d'être aimé.
Et cet amour, tu l'as donnĂ©, pas vrai ? Non, c'est pas vrai ! J'ai pas touchĂ© Ă
ce gamin ! Il voulait apprendre la photo, c'est pour ça qu'il venait chez
moi.
Il était un peu... comme mon fils.
Et le modèle dans le passé qui vous a mis un procès au fest, elle était comme
votre fille ?
J'ai été jugé non-lieu.
Je connais la loi, vous n'avez pas le droit de me parler d'elle. Non, d'elle
non.
De la petite Juliette.
Oh, mais je connais pas cet enfant, merde ! Mais on a des potos, lĂ , toutes
fraîches ! Tu te rends compte quand même que ta ligne de défense ne tient pas la
route ? C'est pas moi qui les ai prises. J'ai prouvé la pellicule ce matin sous
un meuble. Je vais dire la vérité, moi.
Bruno, c'était ton rabatteur. C'est lui qui t'a présenté Juliette.
Parce que c'était sa petite copine.
Et c'est lui qui l'a convaincu de venir faire des cochonneries.
Mais dis-moi, par ta vie...
C'était quoi, la carotte qu'on les a pâtées ? Le pognon ? C'est quoi ? Et ça
? Tu crois pas que ça nous débecte, ça ? Oh, regarde ! Peut-être que Bruno aussi
n'en pouvait plus, lui.
Par contre, je suis con, au contraire.
Il en voulait plus, le petit fumier.
Plus de fric.
Sinon, il balançait au flic.
Finalement, c'est lui qui a fini par le baiser, pas vrai ? C'est pour ça qu'ils
se sont disputés, bien sûr.
Le petit, il t'a fait chanter.
Alors, il a paniqué, puis il a essayé de le raisonner un petit peu, il l'a poussé
malencontreusement contre la grille, il est tombé et il s'est tué tout seul.
Il a raison.
Tout ça, tu pourras le dire au procès.
Finalement, c'est un accident.
Vous êtes complètement malade ! Monsieur Laveigne, aucun droit ne nous autorise,
il est vrai, à faire la moindre allusion à un procès ancien.
NĂ©anmoins, pouvez-vous nous expliquer quel intĂ©rĂŞt aurait une Ă©pouse Ă
propager de telles horreurs sur le compte de l'homme avec qui elle
partageait sa vie ?
Ma femme et moi, on a eu une petite fille, Sandrine.
J'adorais mon enfant.
Ma femme était dépressive, elle ne travaillait pas, elle a rencontré quelqu
'un.
Elle a voulu divorcer.
Elle a eu peur que j'obtienne la garde de Sandrine.
C'est pour ça qu'elle a inventé tout ça et la rumeur a fait le reste.
Et votre épouse a obtenu la garde de Sandrine et vous n'avez plus jamais revu
votre enfant.
Comme tout le monde, Sandrine a cru sa mère.
Ce qui explique en partie l'amour que vous portez aux autres enfants.
Mais Bruno n'a pas compris cet amour d'adulte.
Et il vous a fait chanter.
D'où les 500 euros retrouvés dans ton cartable.
Et bien toi qui l'as refilé.
Oh, les 500 euros ! C'est bien les tiens ! Garde Ă vue.
Bien sûr qu'on va être diplomate, mais la fille du juge est quand même
impliquée dans cette histoire.
Bon, d'accord. Merci de votre soutien.
C'est un peu plus cher, mais franchement...
La préfecture se moque de vous. Ils vous logent dans des endroits sinistres, en
grandes banlieues. Un SDF n'en voudrait pas.
Il est où, votre 3 pièces ? À deux pas d'ici.
Plus de galères de transport, plus d'essence payée, plus de stress.
Donc, plus efficace.
Vous vous y retrouverez largement.
Bonjour,
ma chérie.
En arrivant, j'ai rencontré le lieutenant Fayard qui m'a parlé de ses
problèmes de logement. Or, il se trouve que j'ai exactement le produit qu'il lui
faut. Il faut le saisir tout de suite.
Est-ce que ça t'ennuierait beaucoup de décaler notre déjeuner d'une demi-heure
? Mais pas du tout. J'ai attendu 40 ans. Je peux bien attendre une demi-heure de
plus. Ne te fâche pas, s'il te plaît. Maintenant qu'on s'est retrouvés, on
aura tout le temps de parler.
Puisqu'on aura tout le temps de parler, aujourd'hui j'ai du travail. Alors, on
va remettre ce déjeuner.
Mais tu es sûre ? Oui.
Lieutenant Fayard, on y va.
C'est moi qui t'appelle, d'accord ? Venez.
Il a l'air sympa, votre père.
Oui, il est très sympa, oui, surtout avec les autres.
Il y a les bouchards qui arrivent tout à l'heure. Et moi, je vais déjeuner au
Mamouchka et je vous invite.
C'est très gentil, Fred.
Merci, mais lĂ , j'ai vraiment plu.
C'est pas possible, ma fille n'a jamais pu accepter de faire ça.
Enfin, peut-ĂŞtre que ces derniers temps, on voyait peu Juliette, peut-ĂŞtre qu'on
s'en est éloigné, mais ça, c'est... C'est pas vrai, je connais ma fille,
quelqu'un l'a forcée. Oh, fortement incitée, sans doute, mais forcée.
Juliette a l'air très souriante sur ce cliché. Ça suffit, commandant.
Je ne peux pas m'opposer Ă cette audition, je tiens Ă y assister.
Désolé monsieur le juge, vous connaissez la procédure. L'audition de Juliette
sera enregistrée et la cassette sera remise au terme de cette enquête.
EnquĂŞte ? C'est quoi votre enquĂŞte ? C'est harceler une gamine de 12 ans,
victime d'un pédophile, en l'occurrence ma fille, ou bien mettre cette
pourriture sous les verrous ? Nous avons une piste, un faisceau de preuves mĂŞme.
Mais sans aveu, nous ne pourrons jamais le confondre. C'est pourquoi le
témoignage de Juliette est indispensable en parlant, qu'en racontant ce qu'elle a
vécu, elle nous permettra de faire tomber le suspect.
C'est l'avocat du juge. Il vient de voir Juliette et Ă mon avis, il est plus tĂ´t
pour l'inciter Ă se taire.
Ça va pas être facile, vous vous y collez avec moi ? Ça va aller mon ange.
Ça va aller.
Non, c'est pas moi sur les photos.
Juliette. Tu n'es pas responsable.
Seuls les adultes sont en cause dans ce genre d'histoire.
T'as vu comment ton père a réagi ? Il t'aime.
Tes parents vont comprendre.
Mais il faut absolument punir celui qui t'a poussé à faire ça.
Bruno était ton ami.
Même s'il n'a pas fait des choses très bien, il n'est pas responsable lui non
plus. T'as pas envie de le venger ? Juliette, regarde-moi.
Est-ce que Bruno...
Menacer Monsieur Lavergne.
Et est-ce que c'est pour ça que le photographe lui a fait du mal ? S'il te
plaît. Sois gentille, Juliette. On est sûr que tu sais quelque chose.
Alors, qu'est-ce que tu as fait dimanche après ton cours de violon ? Elle s
'appelle comment, euh... Ta copine de classe avec qui t'es allée te promener ?
Non, mais... Je l'ai... Je l'ai pas vue, ma copine.
Je suis allée me promener toute seule.
Oui, oui, oui, Pilar.
Surtout, soyez Ă l'heure.
Camille sort demain Ă 8h du matin.
VoilĂ .
Non, non, non, je ne m'inquiète pas, mais appelez-moi tout de même.
Dans l'après-midi, dans la journée, quoi.
VoilĂ , je vous remercie.
Bonjour. Bon, bonsoir.
Vous faites, le marchand ? Je me suis occupée de votre ampoule pour votre
bureau.
C'était peut-être pour ça que vous appeliez.
Franchement, Cisco, qu'on soit tous obligés de vous suivre au Mamouchka
parce que vous devez jouer les serveurs pour dépanner votre épouse, moi, je
trouve ça limite.
Vous avez intérêt à offrir l'apéro.
Marc, maintenant, l'affaire est pliée. Le labo a confirmé que le sang et les
cheveux étaient bien ceux de Bruno. Alors, à part la vergne, qui a pu tuer
le gosse ?
Néanmoins, voyez-vous, un doute me taraude vu l'absence de lutte et le coup
mortel juste occasionné par la chute. Nous pourrions en conclure qu'il s'agit
d'un meurtre de type réactif, voire accidentel, donc impulsif et non
prémédité. Et alors ? Et alors, il est tout de même étrange qu'après un tel
acte, le meurtrier ait pris autant de soin à faire disparaître toutes les
traces de son forfait. Eh oui, le marchand a raison.
L'assassin a pensé à tout. Il a mis un sac poubelle sur la tête du gosse pour
éviter que le sang s'écoute dans la voiture et...
Il brûle ses fringues à la décharge. D'ailleurs, l'IG a bien confirmé que c
'est bien du textile qui a cramé.
Enfin bref, il fait tout ça parce qu'il sait qu'au labo, on aurait inspecté les
fringues et qu'on serait remonté au lieu du crime et aux moyens de transport. Et
vu le désordre qui règne chez la vergue, vu le profil du personnage, le
photographe n'a pas du tout l'envergure d'un criminel professionnel. Ça veut
rien dire, ça.
Quand on a tué un homme, on peut faire n'importe quoi pour s'en sortir.
C'est de quoi je parle.
Attendez. À part un truand, qui connaît autant de choses en matière d'analyse
criminelle ?
Il y a un légiste, un flic, un mec de la scientifique, il y a l'IG, un
criminologue, un avocat, qui d'autre ? Et pourquoi pas un juge ? Ah oui,
on sait que Juliette leur ment. Alors sûrement par peur des flics ou tout
simplement parce que tout ça la dégoûte. Mais pourquoi est-ce qu'elle mentirait
sur son alibi du dimanche ? Elle va avoir une copine, puis d'un coup, hop,
plus de copine.
Alors si dimanche, elle était tout simplement allée rendre visite à Bruno,
chez la Vergne...
Pour leur dire que c'est fini, en attendant que Lavergne termine son
reportage en forĂŞt, elle se dispute avec Bruno. Merci.
Elle pousse Bruno.
Bruno tombe dans le jardin. Bruno se tue.
Nazdala revient.
Nazdala revient. Le juge se doute de quelque chose pour sa fille. Ce jour-lĂ ,
il a su chez Lavergne. Il assiste à la scène. Il décide de couvrir Juliette, se
débarrasse du corps de Bruno. C'est ça ? Pile poil. Ouais, ça peut coller. Mais
non ! Tu vois pas Juliette tuer et se taire ? C'est beaucoup trop lourd Ă
porter comme secret.
J'ai l'air écraqué.
Et Michel, vous en pensez quoi ? Michel ? Exceptionnellement, commandant, me
serait-il permis d'arriver demain légèrement en retard ? Vous, Michel, en
retard ? S'il vous plaît.
Je m'attendais.
Merci.
Au revoir, Fabrice. Au revoir, docteur.
Allez, on y va.
Attention, attention, attention.
Reprenez votre souffle.
Doucement, respirez doucement.
Vous m'entendez ? Oui, c'est moi.
Détendez-vous.
Allez-y en taxi, Pilar. Nous allons marcher un peu.
C'est juste le trop plein d'air.
Après tout ce temps à l'hôpital, ça m'a un peu secouée.
Ça va aller maintenant.
Ça va aller.
Commandant, j'ai trouvé la preuve de l'application du juge. dans les gazettes
du palais.
Un pote archiviste m'a dit que quelqu'un était récemment venu fouiller dans le
dossier de la Vergne et ce quelqu'un, c'est le juge Bouchard.
Évidemment, c'est troublant.
Maintenant, on a juste confirmation que le juge a procédé à sa propre enquête et
qu'il a conclu comme nous aux actes pédophiles du photographe.
Qu'il est voulu étouffer la fesse sans doute pour protéger sa fille.
Un père même juge peut agir ainsi, enfin, je suppose.
D'accord.
Je vous remercie.
Au revoir.
En vérifiant l'emploi du temps de Juliette, j'ai eu son prof de violon qui
m'a pas appris grand-chose. Sauf que Juliette, normalement, a cours tous les
dimanches Ă 14h.
Et là , ce dimanche, le juge l'a appelé pour lui demander de retarder le cours d
'une heure sous prétexte qu'il avait une course à faire avec sa fille. Donc elle
n'avait pas cours Ă 14h, mais Ă 15h.
Oui, mais alors là , il y a un problème, parce qu'à 14h, le juge est passé
déposer un dossier à son bureau.
Il était pas avec sa fille.
Mais alors pourquoi avoir retardé le cours de violon d'une heure, si ce n
'est... Si ce n'est pour bloquer Juliette une heure de plus chez elle.
Putain, c'est le juge qui a buté. C'est le juge, c'est pas la fille.
Ce dimanche, il sait que Juliette a rendez-vous avec Bruno et Lavergne. Il
décale d'une heure le rendez-vous de violon.
Ils foncent au hangar.
Lavergne, absent, se jette sur Bruno et lui dit, si tu touches ma fille... Le
juge s'emporte, pousse Bruno et c'est l'accident.
Et lĂ , ta suite reste la mĂŞme.
Sauf que quand Juliette débarque, Bruno n'est pas là .
Ouais, tu m'étonnes. Il y a son père qui est en train de déposer le cadavre à la
décharge. Doucement, doucement. Ça peut très bien être le juge qui a tué Bruno,
mais on n'a aucune preuve. Et ça pourrait très bien être la verne qui l'a
tué avant.
Après sa nuit en garde à vue, il doit pas être bien frais.
Maintenant ou jamais. Fred, on finit ? Yes.
S'il vous plaît, arrêtez.
Je sais pas ce qui s'est passé.
Renaud avait les clés de chez moi.
Il venait quand j'étais en reportage, quand c'était trop dur avec son père.
C'est peut-ĂŞtre lui qui a fait les photos de la petite, je sais pas.
Bien sûr, je suis passé à ta banque.
Le mec du guichet m'a dit qu'il t'avait retiré 500 euros la semaine dernière.
Tiens, regarde, 5 coupures de sang.
Alors dis-moi, l'amateur de petits culs, tu vas nous prendre encore longtemps
pour des cons ? ArrĂŞtez de m'emmerder.
Mais on arrêtera de vous emmerder quand vous nous direz la vérité, la verve ! J
'avais posé une dernière fois la question.
Regardez-moi.
Pourquoi vous avez donnĂ© cet argent Ă Bruno ? Bruno voulait faire un cadeau Ă
son père pour ses 40 ans.
Une belle montre.
Je lui ai prêté cet argent.
Je lui ai donné.
C'était important pour lui. Dis-moi, espèce de grosse merde. Tout est contre
toi. Alors, qu'est-ce que t'attends pour cracher ? Sans avis, tu vas prendre
beaucoup plus.
Alors, tu la signes, cette dépôt, ou merde ? C'est fini, la vergne.
Ne vous mettez pas à dos, le juge l'est juré.
Avouez, maintenant qu'il est encore temps.
Je ne suis pas sûr.
Bonne idée.
T'as raison.
On reprend des forces, la verne.
Tu vas en avoir besoin pour les 20 ans Ă venir.
Après, chier que tu crèves avant de comprendre ce qui va t'arriver en taule.
Ă€ moins qu'on assiste pour vous mettre en cellule d'isolement.
20 ans en cellule d'isolement.
Alors il est balèze, ce con.
Avec le coup du relevé, il aurait dû craquer. Oui, mais il n'a pas craqué.
Bon, j'ai eu le proc tout Ă l'heure. Il estime que les charges contre le juge
sont minimes, alors si on doit le cuisiner une fois, il faut que ce soit
la bonne.
Regardez, c'est sa grosse qui le fatigue.
C'est vrai, c'est bien connu.
Les grosses tiennent beaucoup mieux la route que le maigre.
Mais bon, celles qui tiennent mieux la route, c'est quand mĂŞme les petites.
Tu vas te taire un jour.
Le marchand, j'espère que vous êtes en forme, nous avons un juge sur le feu.
Vous essayez le gingembre, le marchand.
Comprenez notre suspicion naturelle, monsieur le juge.
Pourquoi ne pas avoir évoqué votre enquête personnelle concernant le
photographe Mathias Lavergne ? Et alors, je ne vous suis pas très bien, ça prouve
quoi ? Que vous saviez pertinemment que votre fille était en relation avec lui.
Effectivement, j'ai essayé de prendre des renseignements sur ce Lavergne.
Vous avez remarqué que Juliette se rendait chez ce type en cachette et...
J'avais envie de savoir qui c'était.
Alors, où est le crime ? Le crime, vous l'avez commis en préférant vous taire.
Le crime, c'est d'avoir laissé Juliette aux mains de son bourreau.
Vous imaginez maintenant l'horreur d'un procès médiatique ? Elle va grandir avec
l'image d'un père si lâche qu'il n'a rien fait pour elle.
Qui ĂŞtes-vous, commandant, pour vous permettre de juger de ce que je dois
faire ou ne pas faire ? Qu'est-ce que vous croyez ? J'aime ma fille.
Je devais résoudre cette affaire tout seul, empêcher cette ordure de nuire.
Juliette aussi voulait tout arrĂŞter. C'est la raison pour laquelle elle s'est
disputée avec Bruno.
Malheureusement, monsieur le juge, que vous ayez maquillé son crime n'occultera
en rien l'homicide. Pardon, mais qu'est-ce que vous dites ? Mais c'est
ridicule ça.
Juliette n'a pas tué Bruno.
Mais alors qui ? Ne serait-ce pas plus simple de parler maintenant ? Avant
que la petite Juliette ne soit attaquée de toutes parts, harcelée de questions.
Doit-on définitivement violer son âme d'enfant après avoir violé son corps ?
Asseyez-vous, monsieur le juge.
Dimanche dernier, vous avez retardé le cours de violon de Juliette d'une heure.
Vous saviez qu'elle avait rendez-vous avec Bruno chez Lavergne, n'est-ce pas ?
Oui, effectivement, oui.
Elle notait ses rendez-vous sur un petit carnet, oui.
Seulement, c'est vous qui êtes allé chez Lavergne.
Et vous avez trouvé Bruno.
Je n'ai pas voulu lui faire de mal, je voulais essayer de discuter, de
comprendre avant d'agir.
Ce salopard est un petit menteur, il prétendait aimer ma fille, il prétendait
que les choses étaient sérieuses entre eux.
Alors devant tant de perversion, n'est-ce pas, vous ĂŞtes devenu fou, vous
avez secoué Bruno, il est tombé sur la tête.
Oui.
Il fallait que je protège ma fille.
Il fallait que j'essaye de lui faire oublier tout ça.
Je devais essayer de maquiller ce... Ce meurtre.
Monsieur le juge.
Ce meurtre.
Il y a un malaise ? Il y a un malaise, oui.
Le malaise, c'est qu'on s'est fait gourer sur la verne.
Je reviens de chez le bijoutier, j'ai vérifié cette histoire de montre que...
Bruno devait offrir à son père.
Et alors ? Et alors, en effet, le bijoutier connaît bien Bruno, sauf
que... C'est pas une montre qu'il était venu acheter.
Mais une alliance.
D'une valeur de 500 euros. Il devait la récupérer aujourd'hui.
Une alliance, mais pour offrir Ă qui ? Juliette.
Il a fait graver leurs deux prénoms à l'intérieur.
Le juge a bien eu tort de ne pas écouter Bruno.
Ses deux enfants s'aimaient.
Aussi simple que ça.
Elle délaissée par une famille carriériste, lui par un père qui ne l
'aimait pas non plus.
Cette amour crevait les yeux et personne ne pouvait le voir, ou ne voulait le
voir.
En fait, personne ne pouvait l'accepter.
Juliette, Bruno voulait t'offrir cette alliance.
Aujourd'hui.
Tu savais ?
Juliette, tu peux parler,
t'as plus rien Ă craindre.
Il faut mĂŞme que tu parles, parce que sinon, monsieur Lavergne, le
photographe, il va passer toute sa vie en prison.
Alors qu'il n'a rien fait, n'est-ce pas ?
Tiens.
Allez, Ă toi cette bague.
Dis-moi, Juliette... La photo de toi...
C'est Bruno qui les faisait, n'est-ce pas ? Parce qu'ils se trouvaient belles.
Et Monsieur Lavergne, il savait que vous étiez chez lui quand il n'était pas là ?
On n'avait que lĂ oĂą aller.
C'était mon amour.
C'était mon amour.
Je suis la mère.
Je me suis occupé de toutes les formalités administratives. Vous pouvez
partir, vous ĂŞtes libre.
Libre de quoi ? De retourner vivre seul dans mon hangar ? D'attendre que ma
fille me pardonne une faute que j'ai pas commise ?
Écoutez, au nom de tous les fonctionnaires de la brigade, je tenais
à vous présenter nos excuses, voyez-vous.
La rumeur a joué en votre défaveur et malgré notre objectivité, nous n'avons
pu y échapper.
C'est tout ça pour une histoire d'amour.
Prenez soin d'elle.
On m'a dit que tu prenais l'air.
Ça te dérange pas ? Détends-toi, Hélène.
Le jus sera déféré au parquet dans une heure.
Tu peux peut-être arroser ça, non ? Jean, laisse-moi. Va boire des godets
avec Fred, avec qui tu veux, mais laisse-moi.
ArrĂŞte ! Avec Fred, il n'y a rien entre nous, d'accord ? Qu'est-ce que t'as ?
Je ne sais pas. Je pense Ă Juliette.
Ă ses parents qui sont des gens pourtant intelligents mais qui n'ont rien compris
à leur fille, à Bruno qui aimait son père mais que lui n'aimait pas.
Tu penses à ton père, c'est ça ? Ouais.
Georges, Thomas.
Qu'est-ce qu'il peut comprendre ? Il connaît rien de moi, il connaît rien de
ma vie.
C'est juste un type de plus égoïste et lâche.
Ça, c'est comme tous les mecs.
Surtout comme moi.
Non ? Oui.
Mais lui, c'est mon père.
Quelle connerie.
Pourquoi j'ai cherché à la rencontrer ? C'est ridicule.
Je n'ai rien Ă lui dire.
Pourquoi je serais obligée d'aimer ce type ?
Moi, j'en avais assez d'entendre parler de meurtre toute la journée, de sang, et
de rentrer Ă des heures pas possibles, hein, dis-le. Et puis surtout de ne pas
avoir poussé mon petit môme, là . Ça, ça me faisait peur de le retrouver trop
tard, largué, comme la petite Juliette.
Voilà . Alors j'ai pas six mois, un an de disponibilité, et puis... Après, on
verra, je vais m'occuper du resto avec Mario, vous viendrez quand vous voulez,
vous avez table ouverte.
Et puis si elle me supporte pas, je reviendrai.
Ah non, je t'en supplie, non, garde-le, parce qu'avec ses costumes de tarlouze,
et ses lunettes de mafieux, je peux plus, mais... Mais quoi ? Dis donc.
Attends, attends.
Alex.
Bien, Alexandre, bonne chance dans votre nouvelle vie.
Et soyez un bon père pour votre enfant.
Voyez-vous, il fut un temps, j'aurais bien aimé avoir un fils comme vous.
Si, Michel.
AllĂ´ ? Oui.
Oui, Georges.
Au fait, c'est ce qu'on... Oui, toi, je sais ce que tu vas me dire, je sais.
Non, non, tu peux écouter, je sais ce qu'elle va me dire. Mais si, tu peux
écouter. Ce que tu vas me dire, c'est que t'aurais adoré coucher avec moi, et
tout ça, mais en même temps, je comprends très très bien, parce que des
beaux-gosses comme moi, il n'y a pas d'autre lacryme. Pas du tout, pas du
tout. Je suis désolée, tu m'excites pas du tout.
Non, c'est pas ça. Ton costume, tu l'as acheté où ? Parce que j'ai un de mes
neveux qui se marie, et comme il est toujours habillé comme un sac... Excuse
-moi, excuse-moi, tout de suite, un instant.
Non, Georges, je crois qu'on n'a plus rien Ă se dire.
Ouais, c
Je préférais qu'on se revoie plus.
VoilĂ .
Au revoir, monsieur.
Jean-Louis m'a... expliqué pour votre père.
C'est pas facile, la famille.
Moi qui sais d'informer une en ce moment, je suis bien placé pour le dire.
Commandant. Écoutez, Cisco...
Ce soir, je préférerais qu'on mette le commandant vestiaire.
Je préférerais Hélène.
Puisqu'on en est là , Hélène, je voulais vous dire que malgré des débuts un peu
houleux, des moments où on s'est pas très bien compris, et maintenant
vous faites un peu partie de ma famille, vous aussi.
C'est ça le problème avec moi.
Les gens que j'aime, soit je suis pas foutue de les garder, soit je suis pas
foutue de leur dire.
Vous me manquerez, Sisko.
Mais je peux encore revenir.
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