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Zulu
Musique calme
...
Musique rythmée
...
*-T'as retrouvé Mathilde ?
-Elle s'est volatilisée.
*Ils ignorent où elle est, désolé.
-Non !
...
Sirènes
...
-La brigade de recherche.
S'il vous plaît, rapidement.
-Mathilde Fabre, 1 m 72,
45 ans, blonde. Je vous envoie les infos.
-Le suspect s'appelle Max Bret, 32 ans, 1 m 92,
métis.
-Il connaît la montagne, il profitera de la nuit pour bouger.
-Allez, on y va.
-C'est parti.
Musique calme
...
*-Vous étiez censés la protéger.
-On la retrouver.
-Comment on peut aider ?
-Vous en avez déjà assez fait.
*Pas d'initiative !
-J'aurais pas dû la laisser. -On va la retrouver.
-Tu vas pas t'y mettre.
-Mais Rob !
Musique calme
...
... Notification
...
-Qu'est-ce qui s'est passé ? *-Mathilde Fabre
reste introuvable, Max Bret court toujours dans la nature.
*-Bravo ! On fait quoi, maintenant ?
-Je rentre.
-Waouh... Tranquille, tranquille, Jo, s'il te plaît.
Regarde, c'est écrit 30. Joséphine, s'il te plaît.
Accélération
*-Nouveau retournement dans le mystère de la chambre jaune
*qui captive les gorges du Verdon depuis plusieurs jours.
-Holà. *-La victime,
*Mathilde Fabre, a disparu.
Crissement
*Max Bret, soupçonné de l'avoir kidnappée, est recherché.
-Je vais mourir ou vomir.
Jo ! Mais tu vas où, là ?
-J'ai une idée pour retrouver Mathilde.
Ici, ça capte mieux, je recevrai vite les notifications.
Il souffle.
-Rassure-moi,
t'as pas envoyé un appel à témoins sur les réseaux sociaux ?
Jo, t'as pas fait ça ?
Putain... T'interfères sur une enquête de police.
-Je vais pas attendre sans rien faire !
-"Hashtag disparition", "hashtag masculinité toxique" ?
Ca fera pas le buzz.
Elle souffle.
Voilà.
-"Hashtag love",
"hashtag fashion, fitness" ?
Mathilde est en danger, je vais pas mettre ça !
-Attends 10 minutes et tu verras.
Musique calme
...
-Ca fait une demi-heure, là ! Ca, ça sert à rien,
ça, c'est un mytho, ça, c'est en Picardie.
Oh !
Une graffeuse l'a vu cet aprèm.
Regarde, elle décrit son tatouage. -Bah, voilà.
-C'est lui, c'est sûr. J'appelle Larsan.
...
-Larsan nous a donné la localisation
de la planque de Max Bret.
...
Lève les mains.
Il gémit.
...
-Elle est où ?
-Qui ? -Mathilde ! Elle est où ?
-Je sais pas. Il crie.
-Tu lui as fait quoi ? -Inspecteur.
Il gémit.
-Embarquez-le.
Vous avez vendu votre voiture, vidé votre maison,
pris votre sac.
-Je fais de la rando.
-Avec une foulure ?
Où est Mathilde Fabre ?
-J'en sais rien.
-Vous n'en savez rien. -Non.
-Pourquoi on vous a vu à l'hôpital ?
Qu'y faisiez-vous ?
-Je suis venu voir Mathilde.
-Pourquoi ?
-Parce que... Mathilde et moi...
On a eu une histoire.
-Une histoire ? Quelle histoire ?
-Je sais pas... Une aventure, quoi.
-Ca se complique pour vous.
On a retrouvé votre sang à l'arrière du Pin Noir.
Montrez-moi votre blessure.
Comment vous expliquez ça ?
-Le soir de l'agression,
quand j'ai entendu Mathilde crier, j'ai trébuché sur ce spot.
-Donc...
Vous accourez du village,
mais au lieu de passer par l'entrée principale,
vous faites un détour à l'arrière, par les jardins du Pin Noir.
Il rit. Non, ça colle pas.
Je vais vous dire ce qui s'est passé.
C'était vous dans la chambre jaune.
Je trouverai comment vous en êtes sorti.
-Inspecteur !
Des nouvelles de Mathilde ?
-Non, rien pour l'instant.
Merci...
pour l'arrestation de Max Bret.
Les réseaux sociaux, c'est pas dans le protocole, mais c'était malin.
La prochaine fois, prévenez-moi,
sinon, je vous arrête pour entrave, c'est clair ?
*"Feel good" (Charlotte Cardin)
*...
-Merci.
Pour le hashtag "fashion".
*...
-Instagram, c'était ton idée.
*...
-J'avoue.
*...
-On fait une bonne équipe.
-Oui, je suis d'accord.
*... Elle rit.
*...
*-Je vois le genre : le berger,
*jeune, costaud, qui connaît la montagne.
*S'il a planqué la victime là-bas...
-J'ai demandé un hélicoptère mais c'est compromis.
Je peux au moins avoir des drones ?
*-Ca, j'en ai pas. Porte
Mais j'ai trouvé un café.
-De mauvaise humeur ?
-Je me lève aux aurores et y a pas de sucre.
Plutôt beau gosse, le berger.
-C'est plus l'urgence, Bret.
L'urgence, c'est Mathilde Fabre, disparue depuis 16 heures.
-Je sais. Vous en êtes où ?
-Nulle part.
-Et avec le live de Joséphine Truc. -Belisaire.
-Face à ce Jacques Machin. -Arras.
-L'affaire est partout !
La pression médiatique
est à son comble. Et le Préfet qui me lâche pas.
-Justement !
Ce serait pas l'occasion de demander des moyens exceptionnels ?
-Comme des drones ?
-Par exemple.
-Oh ! Effectivement !
En vrai, il a plutôt une aura assez... sexy.
On pourrait l'interroger.
-C'est déjà fait.
*"Feel good" (Charlotte Cardin)
*...
-Max a vraiment enlevé Mathilde ?
-Je sais pas.
J'ai du mal à y croire mais leur liaison lui donne un mobile,
donc... je sais pas.
-Une ancienne star du foot et un berger ?
Mathilde a un goût éclectique.
-Je dirais qu'elle s'arrête pas aux apparences.
-Justement, je trouve ça bien. De toute façon quand...
Quand y a une attraction...
*...
Ca se contrôle pas.
*...
*-Mathilde Fabre... -Ta gueule, toi.
On continue
ton podcast ? -Carrément.
Podcast.
Et hop. *-Au début d'une enquête,
*on a une première idée de ce qui s'est passé.
*Est-ce involontaire, un crime passionnel ?
*-Cette idée influencera la façon d'interpréter les indices,
*au risque de ne rien envisager d'autre.
*-C'est "le biais d'ancrage". -Attends,
mets pause, là.
Depuis le début, on voit que l'évidence :
Max, l'amant rejeté, et Mathilde, sa victime.
Et si on se trompait ?
Eliza a bien donné
de l'argent à Max ?
-Et ? (-Putain.)
Faut interroger Eliza.
Crissement
-Ho !
Musique rythmée
...
-Les drones sont déployés.
-Vous avez des nouvelles ?
-Non.
-Comment elle a pu disparaître ?
Max était à l'hôpital, il a dit quelque chose ?
-Rien.
Vous étiez au courant pour la liaison entre Max et Mathilde ?
C'était il y a 5 ans.
-Quand on s'est séparés.
-Pourquoi cette séparation ?
-Je lui avais demandé de venir vivre chez moi,
dans ma villa de La Redonne.
Elle y était souvent. On y accueillait souvent Jo.
Mais elle s'est braquée.
-Etrange.
-Au lieu de jouer les psys, bougez-vous un peu, non ?
-C'est ce qu'on fait.
-Je vous conseille de baisser d'un ton.
Musique rythmée
...
... *Messages radio
... *...
...
*-Max Bret...
-C'est nous, là.
*-Depuis son arrestation,
*hier soir, dans les gorges du Verdon.
*Il est actuellement en garde à vue,
*pour la tentative d'homicide appelée
*"le Mystère de la chambre jaune" et le kidnapping de Mathilde Fabre
*qui est portée disparue depuis presque 24 heures.
*Toute la région est mobilisée pour la retrouver.
*L'inspecteur Larsan est en charge de l'interrogatoire.
-Un truc de journalistes.
-Depuis le début, je dis que c'est Max.
-Qu'est-ce tu fais ?
-Ca va, ces conneries !
Ca va ?
-Ouais.
-C'est grâce à toi que Max a été arrêté.
-Oui, mais on n'a pas retrouvé Mathilde.
Il acquiesce.
-Vous voulez quoi ?
-De l'eau.
Eliza n'est pas là ?
-Elle est en livraison.
-Merci. -Pourquoi ?
-Pour rien, un truc de filles.
-C'est pas Max !
Pourquoi vous faites semblant de ne pas comprendre ?
Une descendante Fabre,
qui disparaît la veille de ses 45 ans.
-Arrête un peu avec le fantôme.
Tu fais peur aux touristes.
-Albert.
J'étais devant l'unique issue.
Max est arrivé de l'extérieur.
Personne n'est sorti.
Mathilde était seule dans la chambre.
Cinq jours qu'ils enquêtent !
Ils ont toujours aucune explication.
Le fantôme, ça pourrait devenir la théorie la plus plausible.
-Putain... Ca va ?
(-Ouais.) -Qu'est-ce qui t'arrive ?
Musique angoissante
-Je crois que...
...
J'ai vu le fantôme.
-Quoi ?
-Où sont les vidéos de l'hôpital ?
-On travaille dessus.
Mme le juge.
-J'ai décidé de rester vous prêter main forte.
-Vous voulez interroger Max Bret ?
-Toujours. Surtout que j'ai lu votre interrogatoire.
-Et ?
-Le psychopathe, beau comme un dieu,
qui enlève la maîtresse éperdue, c'est d'un cliché !
-Cliché ? -Non, mais le poncif
de la Belle kidnappée par la Bête, c'est attendu !
-Attendu...
-On joue à Jacques a dit ? Il fait un AVC, le patron ?
Notification
-Inspecteur,
on a reçu les vidéos de l'hôpital, ils nous les transmettent.
-Pour quoi faire ? -Jusqu'ici,
on a suivi la piste logique :
Max Bret avait l'air en fuite, Mathilde avait disparu.
Sauf qu'il faut pas se fier aux apparences :
ce n'est pas forcément lié.
Musique calme
...
-Vous pouvez zoomer plus ?
...
-Mathilde Fabre.
...
Elle n'a pas été kidnappée.
...
Elle s'est enfuie.
...
-Bravo.
...
-Roujou, prévenez le PC.
-Il faisait nuit, je l'ai suivie jusqu'ici.
Je me souviens plus où.
Mais, en fait, la...
La silhouette, pouf ! Elle a disparu.
-OK. Donc une cape noire
qui disparaît tout d'un coup, comme ce que Jacques a décrit.
-Tu vas où, là ?
Hein ?
Attention !
Joséphine !
-Y a un renfoncement.
Ce que Jacques et toi avez vu, c'était pas un fantôme...
Mais quelqu'un.
(Allez.)
-D'accord.
M'attends pas, hein !
-On a voulu "tracker" son téléphone,
mais elle l'utilise jamais.
Elle n'a aucun compte sur les réseaux.
-Mais pourquoi elle s'enfuirait ?
-C'est la seule
qui sait ce qui s'est passé.
Elle ne veut peut-être pas que le mystère soit résolu.
-On a vérifié tous les billets de train et d'avion
au nom de Fabre. Regardez ce qu'on a trouvé.
Un billet d'avion au nom de Mathilde Fabre
pour Istanbul à 14 h 55
et un billet de train pour Turin à 13 h 50, départ de Marseille.
Larsan soupire.
-OK, je veux une équipe en gare de Marseille
et une autre à l'aéroport.
-Il faut la rattraper. Tenez-moi au courant.
Musique intense
...
Faudrait faire les ferries aussi, tous les départs.
...
-OK... Respire...
Respire.
-Donc si la silhouette est passée par ce chemin,
c'est qu'elle connaît le coin.
Il crie.
Gémissements d'effort
...
Chute de cailloux
-Oh...
-Ca va ?
-Ouais, ça va. -Allez.
-Merci.
-Je pense que ça va pas plus loin, hein, Joséphine ?
On devrait s'arrêter là, non ?
-Figure-toi
que je connais le chemin : Mathilde et moi, on venait ici.
Y a un passage un peu caché. Ca doit être par là-bas.
-Mais si l'agresseur de Mathilde est vraiment passé par là,
c'est pas à Larsan de faire ça, plutôt ?
*Mélodie
*-Votre attention, dernier appel pour le vol AL-90 pour Paris.
*-Vous m'entendez ?
-On vient d'arriver.
-Surtout, vous êtes bien aux aguets.
-Oui. Des équipes de deux.
Toi, commence par la boutique, toi, viens avec moi.
*Annonce au haut-parleur
-Quadrillez bien la gare.
*-Oui, Inspecteur.
Il soupire.
-Un billet d'avion au nom de Mathilde Fabre
pour Istanbul, à 14 h 55
et un billet de train pour Turin, à 13 h 50, départ de Marseille.
-C'est trop facile, là.
-Je lui avais demandé de venir vivre chez moi,
dans ma villa de la Redonne.
Elle y était très souvent.
Musique calme
...
-Elle est chez Darzac.
...
Joséphine souffle.
...
Elle gémit.
-Là-bas.
(C'est par où, c'est par où ?)
Là ! Viens, c'est là. C'est par là.
Musique inquiétante
...
-Euh...
T'es sûre, là ?
-Ouais, viens.
-On est où ?
-Dans les tunnels creusés y a plus de 100 ans.
...
-Je crois qu'on a un visuel : une femme blonde avec un foulard.
*Elle lit un journal.
-On intervient.
-Reçu. On intervient !
-What's going on ?
-Qu'est-ce qui se passe ? Je vous entends pas.
*-C'est pas elle.
Excusez-nous, Madame.
Allez, on y va.
Excusez-nous.
-Si on continue, on arrive à la rivière.
Musique calme
...
Ah ?
...
Ca existait pas, ça.
...
C'est quoi, ce truc ?
...
-Oh...
...
-C'est le logo de la fromagerie de Max.
-Quoi ? De Max ?
...
Tiens, Joséphine.
-Mm ?
...
-Ca pourrait être à Mathilde, non ?
...
-Non, c'est pas son parfum.
Entrechoquements lointains
Mais... -Chut.
-J'arrive pas à savoir ce que c'est.
-Chut.
...
(Putain... Chut !)
(Ferme le rideau.)
Musique inquiétante
Oh, merde, putain. Attends.
...
Attends !
-Ho !
...
Arrêtez ! Ho !
...
Attends !
...
Hé !
...
Ho !
...
Attendez !
Musique rythmée
...
-Et on pense pas souvent à...
...
-Là !
...
Tiens.
-C'est pas une bonne idée.
-Ho !
-Dépêche-toi ! Allez !
Allez.
-Arrêtez !
...
-On vous le ramène.
-Allez ! -Oui, OK !
...
-On peut pas passer par là.
C'est dangereux !
-Deux, trois, allez !
On va le rattraper.
-Ouais.
...
... Jo crie.
...
-Accroche-toi.
...
C'est bien, continue.
Plus vite !
...
-Ca se dégonfle.
-Pas du tout ! -Ca se dégonfle.
-Non, pagaye ! A gauche.
...
-Oh !
-Hé !
-Hé ! Putain, non !
...
-Ho !
...
Oh !
...
-Joséphine !
Joséphine !
Gémissement d'effort
...
Elle tousse.
...
-Eliza ?
Musique calme
...
*-Bienvenue en gare de La Redonne. Départ pour Martigues, voie 2.
*Départ imminent, éloignez-vous de la bordure du quai.
...
... Léger cri
...
-Bonjour, Mlle Fabre. -Inspecteur.
-Vous alliez chez Robert Darzac ?
...
(-Oui.)
...
-Reste pas comme ça, enlève ça.
...
-Donc c'était toi ?
Le fantôme que Jacques a décrit, c'était toi ?
T'as essayé de tuer Mathilde ?
-Je suis coupable d'office avec toi.
-T'as l'air super innocente !
-Joséphine. -Quoi ?
-Arrête.
-Ouais, j'ai merdé.
J'ai merdé quand on était au lycée.
J'aurais dû être là pour toi quand la vidéo a tourné.
J'avais pas la force de devenir une paria.
J'étais une gamine.
Je suis tombée amoureuse de Fabien,
je t'ai pas chassée. -C'est tout comme.
Tu savais ce que ça me ferait.
-Je suis désolée. Crois-moi, je suis désolée.
Ca aurait été plus facile si t'avais pas...
-Si j'avais pas quoi ?
-OK, stop, c'est bon ! OK ?
Joséphine soupire.
OK.
Eliza souffle.
Joséphine ?
Si t'as un secret, faut le sortir maintenant, OK ?
Autrement, ça va te ronger.
-J'étais avec Max
le soir de la chambre jaune.
On était derrière le Pin Noir. C'est pour ça qu'il ment.
-Tu te fous de moi ? -T'avais une liaison avec Max ?
-Ca nous est tombé dessus. On n'a rien dit.
-Tu trompes Fabien et laisse croupir ton amant en prison ?
-Faut rien dire à Fabien, je vous en supplie.
-Non, j'ai jamais rien caché à Fabien,
démerde-toi !
-Je peux pas perdre ma fille.
Je peux pas
perdre Maya.
Je t'en supplie.
-Si tu parles aux flics, je lui dirai rien. A toi de voir.
-OK.
Musique calme
Merci.
...
-Je ne voulais pas que mon agresseur me retrouve.
Je voulais le semer et me cacher chez Rob.
-M. Darzac le savait ? -Non.
-Le billet d'avion pour Istanbul, le train pour Turin ?
-Pour faire croire que j'étais loin.
-Comment votre agresseur aurait su ?
-Il fait des choses inexplicables comme disparaître d'une chambre
fermée de l'intérieur.
Y a beaucoup d'irrationnel.
-Max Bret est venu à l'hôpital.
Quels sont vos rapports avec lui ?
-On est amis.
Soupir agacé
On a eu une aventure y a des années.
Pourquoi ?
Vous le suspectez ? C'était pas lui.
-Donc vous savez qui c'est.
-Non.
Je peux y aller ?
-Vous êtes libre. Mais vous ne dites pas tout.
Une porte claque.
-Me fais plus jamais ça.
-Pardon.
-Allez.
Musique calme
...
-Vous croyez à son histoire ?
...
-Mathilde ?
Mathilde !
T'es vivante !
J'ai eu si peur.
-Je suis désolée, Jo. -T'étais où ?
-Jo,
elle a besoin de se reposer.
-On se voit plus tard ? -Oui.
-On y va ?
-On y va.
-Je vous laisse ?
-Tenez, vous remplissez ça.
Mlle Belisaire ?
Vous devenez une habituée.
-Eliza Laugier a une déclaration à faire, mais...
-Elle préfère l'inspecteur Larsan.
-C'est important. -Très bien.
-Mathilde a expliqué sa fuite ?
-Non. Peut-être qu'elle a menti, ou qu'elle est folle.
-Bien sûr, carrément hystérique.
-Ou hystéro. Vous venez avec moi ?
-Je peux me mettre là ? -Oui.
-OK, merci.
-Tenez. -Merci beaucoup.
-Bonjour. -Bonjour.
-Je nous ai offert ça pour célébrer.
-Des lacets fraise ? C'est mes préférés.
Elle rit.
-Alors ? Ils t'ont dit quelque chose à propos de Mathilde ?
-Non.
Rien, mais je comprends pas.
Mm ! Tu l'as pas trouvée bizarre, toi ?
-C'est toi qui la connais.
Mais elle a pris l'arme de Michel,
et elle l'a pas avoué dès son réveil.
-Et elle s'enfuit de l'hôpital. Pourquoi ?
-Mm.
T'as pas une idée ?
Notifications
...
Bon.
Musique calme
...
-Vous m'avez désobéi.
Une fois de plus.
Mais Max Bret confirme ce qu'Eliza vient de me dire.
Ils étaient ensemble le soir de l'agression.
(-Ca va ?)
-Il n'y a aucune explication rationnelle
à l'agression de Mathilde.
Je n'ai jamais fait face à un tel mystère :
une victime trouble qui semble nous cacher la vérité
et une véritable galerie de suspects.
D'abord Michel Fabre.
La mort de sa femme
était officiellement accidentelle.
Mais aucun témoin n'a pu le prouver.
Il aurait très bien pu la tuer
et agresser ensuite sa propre fille.
Jacques Arras, sociopathe qui s'en prend aux animaux, donc.
Pourquoi pas aux êtres humains ?
Max Bret
et Eliza Laugier, notre couple adultère,
où chacun peut couvrir l'autre.
Choc
Il gémit. (-Max !)
-Ils étaient présents et ils nous ont déjà menti.
Pour chaque suspect,
on manque de preuve.
Mais on ne peut pas les innocenter. Et surtout,
on ne sait pas
comment l'agresseur est sorti de la chambre jaune.
Enfin,
Mathilde Fabre.
Elle ment.
Musique douce
Pourquoi ?
...
Et si ce n'était pas la victime qu'elle prétend être.
...
Pourquoi protège-t-elle son agresseur ?
...
Musique inquiétante
...
Robert Darzac a-t-il pardonné à Mathilde
son aventure avec Max ?
Musique douce
C'est pourquoi
il faut tout reprendre.
-C'est-à-dire ?
-J'organise une reconstitution, ce soir, au Pin Noir.
-Ce soir ? -Oui.
Pour l'effet de surprise. -Quelqu'un ment
sur la chorégraphie de cette soirée.
En confrontant chacun à son récit, la vérité se révèlera d'elle-même.
-C'est brillant, ça.
-Il faut pas se focaliser sur une idée, éviter...
-Le pied d'ancrage.
-Le pied d'ancrage.
J'ai besoin de votre regard,
ce soir, à différents points stratégiques.
Rendez-vous à minuit
pour que toutes les conditions soient réunies.
-OK. Bon...
-M. Sainclair, je vous ai jugé trop vite.
C'est pas facile de choisir une voie
où votre père était reconnu.
C'est presque voué à ne jamais être à la hauteur.
Faut du courage.
Musique douce
...
-Voilà.
C'est bon comme ça.
...
Elle soupire.
(Euh...)
-JE...
-Non, vas-y.
-Non, vas-y, vas-y.
-Euh... Je...
Je sais que j'ai pas eu de père, enfin...
J'ai un père, mais je le connais pas.
Bref !
Ce que je veux dire, c'est que...
Même si j'ai pas connu ton père,
et... que je sais pas ce que c'est
d'avoir l'impression
de jamais pouvoir lui arriver à la cheville...
Je pense que Larsan a raison.
Musique douce
...
Qui ne serait pas fier de toi ?
...
-Tu sais...
...
J'ai passé tout mon temps à vouloir le rendre fier de moi.
...
Et si j'y arrive aujourd'hui, c'est grâce à toi.
...
Laisse-moi finir.
...
(-Oui.)
...
-Tu m'as amené ici.
...
Tu m'as ouvert ton monde.
Tu m'as fait confiance.
...
Et ça m'a aidé à me dépasser.
...
Ton courage, ton...
...
Ton intelligence.
...
Ton empathie.
...
Ca m'aide à devenir une...
...
Une personne meilleure.
...
Et à comprendre que, dans la vie, tout seul...
...
On n'est rien.
...
Pardon, je sais pas ce que j'ai.
...
...
-Pour ce genre de décisions, vous devez m'avertir.
*-Je viens de le faire.
-A 23 h ? Alors que je suis dans mon lit, peinarde ?
Vous connaissez le respect des horaires de travail ?
Pourquoi je vous pose la question ?
*Et ces journalistes, c'est bien de les impliquer ?
-Oui, ils sont bons.
-Oui, mais quels nids à emmerdes !
*-Justement.
-Justement quoi ?
-Soit ils sont avec nous, soit contre nous.
-Vous êtes futé. C'est agaçant.
Elle soupire.
Musique douce
...
-Euh...
...
Est-ce que tu vois quelqu'un ?
-Bah...
-Non, parce que je me suis déjà enflammé pour une femme,
et elle voyait quelqu'un d'autre.
...
-Non. Je suis une éternelle célibataire.
...
Disons que j'ai un peu de mal à faire confiance.
...
-A cause de ton histoire avec Eliza ?
...
-Ouais... C'était ma meilleure amie.
...
Et... Un soir, j'ai couché avec un mec.
...
-Avec Simon, le gars du labo.
...
-Oui.
C'était pendant une soirée, du coup, on nous a filmés et...
...
La vidéo a tourné.
Je me suis fait traiter de tous les noms. Et...
...
Et tout le monde m'a tourné le dos.
...
Et même elle.
...
Et... quand je suis allée porter plainte,
je suis tombée sur Roujou.
...
Il m'a pas prise au sérieux et le dossier a été enterré.
...
(-Je suis désolé.)
...
Portière
-Putain ! -Ta mère ?
-Je crois. -Non ?
-Vite ! -Arrête !
(-Vas-y, vite. Allez.)
Joséphine rit.
-Ah, Sainclair ! Tu tombes bien.
On va publier ce que tu nous as envoyé.
-Attends, deux secondes, je...
Elle fredonne.
...
J'ai été un peu caricatural
*sur les habitants. Ils sont bien plus complexes
que ce que je croyais.
Et j'ai été aidé depuis le début par notre ancienne stagiaire,
Joséphine.
-Ah, mais oui ! Mais c'est ça !
La petite qui a failli se faire trucider en direct !
-Ouais, c'est ça, exactement.
Elle connaît super bien la région. Du coup, je me disais...
On va faire le podcast ensemble.
-Formidable.
Elle commence à avoir une sacrée notoriété !
Entre le live et le post Instagram,
*c'est une vraie détective moderne.
*Bravo, Sainclair.
Bon, on publie demain ?
-Non, Jeanne, s'il te plaît.
Si on publie en l'état, les gens m'en voudraient ici.
*-Sainclair,
je crois que tu tiens un carton.
*J'en ai parlé avec le patron
et on re-signerait trois saisons avec toi.
*Ce podcast va sauver ta carrière,
crois-moi.
Bon, j'ai pas encore dîné. On se rappelle ?
*-On se rappelle.
Il souffle.
Musique grave
...
-Désolé, Jo.
...
-Laisse-la.
...
On est là pour comprendre ce qui s'est passé.
Ca fait 5 jours que ma fille a été sauvagement agressée,
et la police ignore ce qui s'est passé.
L'inspecteur Larsan veut faire une reconstitution,
sans doute pour pallier aux faiblesses de son enquête.
-Que chacun reproduise exactement ce qu'il a fait ce soir-là.
J'ai besoin de comprendre qui a pu faire ça.
Et surtout comment.
Les gendarmes sont là pour vous suivre durant l'opération.
Est-ce que vous avez des questions ?
On se met en place. M. Sainclair,
postez-vous devant le Pin Noir.
Au moindre bruit, appelez-moi.
Les autres, suivez-moi.
Vous aussi, M. Darzac.
Vous jouerez le rôle d'Eliza.
Officiellement, elle n'était pas là,
donc vous partez
avec l'officier Roujou et Max Bret.
-D'accord.
-Allons-y.
-Où tu vas ?
-Je vais aider Max.
-Non !
-On y va.
-On peut encore tout arrêter.
-Non, moi aussi, je veux comprendre.
-Si c'est trop, tu le dis. -Ca va.
Cloche
...
...
...
-En place, je lance la reconstitution.
*-Bien reçu.
-J'étais à Milan ce soir-là. Qu'est-ce que je fais ici ?
-Vous jouerez le rôle de l'agresseur.
-Hors de question. -Si !
Je préfère si c'est toi.
-C'était là, on était allongés ici.
-Vous avez pas bougé ?
-C'est moi qui pose des questions. -Je vous aide !
J'ai déjà fait les frais de vos enquêtes.
-Ca veut dire quoi ? -Rien.
Rien.
-Les filles de votre génération, je comprends pas.
Craquement de branche
Clochette (-Faut que je te parle.)
-Vous avez entendu ?
-Le bruit d'une brebis ?
Hululement
-Donc vous étiez là, allongés, avec Eliza ?
-Ouais. Ouais, juste là.
(-Qu'est-ce qu'il y a ?)
... -Vous faites quoi ?
-Comme l'inspecteur Larsan a dit,
on reste au plus près des événements.
-Voilà, c'est ça.
(-Quoi ?) (-Y a un truc que j'ai pas dit.)
-On va pas tout faire pareil, non plus ! Venez.
Venez, j'ai dit !
-J'ai pris l'arme
dans la chambre de mon père.
J'ai rien dit, je voulais pas l'inquiéter.
Et puis, je suis rentrée dans ma chambre.
J'ai fermé à clé.
Comme ça.
Et puis... je crois que j'ai enlevé mon manteau.
J'étais mal, j'avais peur, j'ai...
Je suis allée me coucher.
Et... Je me suis allongée, mais j'ai gardé l'arme
auprès de moi.
Et...
Je crois que je me suis endormie.
Ah oui, et j'ai senti
comme une présence.
Y avait du bruit derrière la porte et j'ai cru...
Mais en fait non, j'ai tiré.
Et j'ai crié. -Non.
D'abord, tu as crié.
Jacques et moi, on est montés, et t'as encore crié.
Et ensuite, tu as tiré.
Et puis plus rien.
-Ah bon ?
-C'est forcément après qu'on a tenté de vous étrangler.
Vous n'avez pas vu son visage car il est arrivé dans votre dos.
Musique sombre
...
M. Darzac, s'il vous plaît.
Elle soupire.
...
...
Là, vous avez vu les mains rouges.
... Elle respire mal.
... ...
-Non !
Elle souffle.
-Tu peux pas me demander de faire ça.
-Rob.
Elle souffle.
-Gardez un oeil sur Darzac.
*-Roujou pour Robert, on garde un oeil sur Darzac.
-Oui, bien reçu.
-C'est comme si...
Je sentais encore sa présence.
-Mécanique traumatique.
Votre corps se souvient. Tout va bien, vous êtes en sécurité.
Je peux jouer le rôle de l'agresseur ?
-Oui, ça va aller, on y va.
Cri lointain
Froissement de feuillage
-Vous avez entendu, je suis pas fou ?
-Non, ça va, c'est rien. C'est les bruits de la forêt.
-Vous sortez jamais de chez vous ?
-Pourquoi me parler comme ça ?
-Vous vous souvenez vraiment pas de moi ?
-Attendez... On se connaît ?
Froissement
Attendez. Musique angoissante
-Non, ça, c'est pas une brebis.
... ...
... Craquements
-T'as raison, je reviens.
-Belisaire, restez ! Bouge pas, toi.
Belisaire, revenez.
... Hululements
...
... ...
Elle soupire.
-Merci.
-J'ai essayé d'ouvrir la porte, t'as crié encore.
Et moi, j'ai appelé "Mathilde ! Mathilde !"
-Et j'ai essayé d'ouvrir la porte. Elle était bloquée,
alors je suis sorti pour voir s'il y avait quelque chose.
Musique inquiétante
...
-Et là, j'entendais du bruit.
J'ai appelé la police. C'est là qu'il y a eu le coup de feu.
Détonation
Et heureusement, Max est arrivé pour défoncer la porte. Voilà.
-M. Bret ?
Musique calme
...
Roujou ? Roujou, vous m'entendez ?
...
Répondez !
Cri de femme lointain
... -Joséphine.
Musique dramatique
...
-Max !
...
-Joséphine.
...
Il est mort. Il est mort...
-Homme à terre.
On a un homme à terre.
-Adjudant.
*Adjudant.
-Mon adjudant ?
Mon adjudant ?
Roujou a été assommé.
Musique dramatique
...
Musique calme
...
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