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Il est difficile d'imaginer la famille que j'ai eu. C'était pas une famille. Et mon père lui a mis
un marché dans les mains. Ça, je l'ai vu écrit. Après, tu fais l'enfant et après tu peux partir.
Donc elle est venue en Hongrie quelques semaines et puis ensuite elle est rentrée parce qu'elle
voulait accoucher chez sa mère. Donc je suis née à Dijon. Ma grand-mère habitait Dijon. Je ne suis
jamais retournée là-bas pratiquement. Et euh je sais que j'ai été baptisée dans la maison de ma
grand-mère près de Bordeaux le 15 août 1950. Hm hm. Ma mère y était. Elle a accompagné mon père
à Budapest et moi pour vérifier qu'Anouchka qui avait quand même élevé six ou sep de ses frères
et sœurs puisque leur maman est morte jeune vérifier qu'elle savait changer mes couches
et me donner un biberon. Hm. Voilà. Et ensuite, elle est rentrée en France. Et donc ta mère est
retournée en France, ils se sont divorcés ? Non mais non mais non, ça elle le racontait
moins parce qu'elle était très féministe. Non non, mon père a payé sa vie jusqu'en 1960,
ça elle le disait pas trop. Et voilà. Et donc elle vivait à Paris. Euh elle elle voulait
être comédienne. Mais c'était qui avec qui tu as passé euh les jour ? C'était à Nouka, n'est-ce
pas ? C'était Anouchka, bien sûr. C'est elle qui m'a élevé, qui n'avait pas d'horaire. Elle était
comme une comme une mère. Je n'ai jamais entendu qu'elle voulait prendre son weekend ou que elle
devait elle voulait partir à 5h parce qu'à 5h, elle avait fini. Elle était là le jour, la nuit.
Quelle activité partagez-vous ? Avez-vous un je sais pas des des lieux favoris ? Enfin, on était
très seul parce que je pense qu'il était dangereux pour les autres de parler avec des Français.
Autrement, euh je n'ai pas rencontré d'enfants hongrois à Budapest. J'étais seule avec Anouuska
toute la journée, souvent le soir puisque mon père avait beaucoup d'invitations, des cocktails. Il
faut dire aussi que nous n'avions pas de chambre. En fait, Anouka avait sa chambre et mon père
dormait dans la bibliothèque et moi dans le salon qui communiquait par une porte vitrée. Et comment
était-elle Anouka ? Comment tu te souviens d'elle ? Ah ben je me souviens d'elle comme quelqu'un de
ben de très aimant. Je je pense que j'étais comme sa fille. Elle n'a pas eu d'enfant puisque elle
a été mariée mais très peu puisque son mari est parti sur le front russe 3 mois après leur mariage
quelque chose comme ça. C'était la langue angroise que tu tu parlais dans ces années ou tout à fait.
Oui. Et mon père pour ça d'abord mon père était quand même pas souvent là quand on mangeait mais
quand il était là on parlait hongrois parce qu'il trouvait que par rapport à Anouchka c'était plus
poli. Anouka ne comprenait pas le français. et qu'on parlait hongrois. H et puis lui il voulait
apprendre le hongrois. Donc il me parlait français quand même mais on était très peu ensemble tous
les deux. Très très peu. Hm hm. Et quand je suis arrivée en France, j'écoutais le soir à la radio,
il y avait un compte tous les soirs, je crois que c'était à 8h et ça j'adorais.
Donc ça n'avait aucune difficulté à me mettre au lit parce que j'écoutéis ça dans mon lit.
Et euh autrement euh j'ai il m'a appris à lire dans un livre que je n'ai plus et dont
je vois parfaitement la couverture que j'ai vu un jour à Vasyoutsa dans une vitrine et j'ai été
idiote. Je suis pas allé le racheter. C'est un livre d'occasion. Bon, c'est comme ça. Euh c'est
un livre qui doit parler de des des animaux de la forêt ou d'un d'une d'un fan ou d'une
biche. Le fan, c'est le petit de la biche. Et la couverture est en carton et il y a un trou,
un grand rond en trou et on voit l'image de la première page de l'intérieur. Est-ce que tu as
des souvenirs des artistes on croit qui avaient des relations amicales avec ? Oui oui oui. Alors
dans mon souvenir, je les confonds tous mais c'est vrai que et oui parce que ben je savais pas qu'il
faisait de la peinture, qui faisait de la la sculpture ou qui faisait de la musique. Mais
je me souviens très bien de Sobel ou de Barta par exemple dont mon père parlait toujours avec
affection. Hm hm. Voilà. Ensuite Rogeda on l'a rencontré, c'est moi qui l'ai rencontré une fois
à à Reins. Il était venu à la maison de la culture où je travaillais. Et quand j'ai vu son nom euh et
qu'on m'a dit qu'il était là, je je voilà, je suis et du coup il est venu à la maison et euh et mon
père était là pour quelques jours donc c'est très bien tombé. Il m'a emmené à l'allégation près de
la place des héros et j'ai passé là. Alors, je sais pas qu'est-ce qu'on était. Le 26,
le 27, le 28 octobre, le 29, je ne sais pas. Peut-être que c'est écrit dans ses mémoires,
j'en sais rien. Et j'ai passé là une dizaine de jours avec des journalistes autrichiens,
me semble-t-il. Hm hm. et euh nous allions alors on dormait sur des matelas et je me souviens quand
même d'avoir été dans la cave. Alors, est-ce qu'il y avait des moments d'alerte euh où je
parce que je voyais il y avait un soupirail, une petite fenêtre qui est rat du sol et je voyais les
pieds du soldat qui montait la garde. Voilà. Donc, tu n'es pas sorti dans la rue ? Non. pendant les
jours de la révolution. Non non, quand j'étais encore assez de ça, euh on voyait des lumières
dans le ciel, on entendait du bruit et euh je sentais qu'a été inquiète. Hm hm. Quand mon père,
parce qu'il est arrivé qui ne rentre pas à l'heure du couvre-feu et euh h et une fois ça je l'ai vu,
elle essayait de me retenir mais je l'ai vu. Euh en fait, il est rentré avec un tank qui le suivait
et qui s'est arrêté. C'est c'est cochoulayoche hein, le boulevard là qui s'est arrêté sur le
boulevard et qui a tourné sa tourelle, versé tout ça jusqu'à ce que mon père rentre à la maison.
Bon, il a pas tiré évidemment mais et puis il y avait l'hôtel de Paris qui était en feu au coin
de ces puzzas et de coch. Et en fait, il m'a emmené chez ma grand-mère et il m'a laissé chez
ma grand-mère le 14 novembre 1956. Donc j'avais exactement 6 ans et demi. Il m'avait promis que si
je travaillais bien, je pourrais venir à Budapest en au mois d'avril. Hm hm. Pour les vacances. Et
puis euh ma grand-mère, mon adorable grand-mère, elle est tombée malade en fait. Elle a eu une
tuberculose et donc j'ai attrapé le le bassile et on s'en est aperçu quand je suis arrivée en
Hongrie. Donc il pouvait pas me renvoyer chez ma grand-mère évidemment. puisque elle était
contagieuse. Donc il m'a gardé à Budapest et il a fait venir ma grand-mère, sa mère. H voilà.
Et j'ai été malade comme un chien. J'ai tout eu. Alors la la rouge la cocuche, enfin j'ai tout eu.
On est rentré en France en été, l'été 57. On s'est arrêté à Malnit pour que j'aille à la montagne et
c'est la seule fois de ma vie où j'ai vu pendant une semaine mon père et ma mère ensemble. C'est
les seuls souvenirs que j'ai vraiment de mon père jouant avec moi euh me construisant des
petits moulins euh dans les ruisseaux avec un bout de bois. enfin voilà, faisant des choses avec moi,
c'est pour moi c'est c'est la première fois de ma vie que ça arrivait quand j'étais petite. Et
puis ensuite, il m'a laissé à Bordeaux chez un cousin à lui pendant 1 an. Donc en effet,
on le le qu d'ors lui a de proposé deux postes ridicules à Upsala et je ne sais plus où en
Argentine où il ne risquait pas de bah en tout cas pas dans la capitale quoi, où il ne risquait pas
de et puis dans des pays où c'était moins moins risqué de de se mêler de la politique intérieure.
qui s'est retrouvé professeur de français dans la première année de collège donc avec les gamins,
hein, à qui on apprend Rosa, Rosé, enfin voilà, les les les béabas du latin et euh et je pense
qu'il s'est senti très très humilié. Il est resté 2 ans prof de collège et ensuite il y
a eu un poste à l'université et là euh tous les repas ça se faisait où nous les enfants puisqu'ils
s'étaient remariés, il y avait il y avait deux autres enfants euh ben voilà, on l'écoutait
nous expliquer les grandes thèses universitaires sur le 17e siècle. Voilà, vous pouvez pas vous
imaginer. Il y avait un repas de fiançaille ou de mariage. Au bout de d'une demi-heure,
tout le monde finissait par se taire à ce qu'il nous racontait l'arrivée des Turcs à Budapest ou
la bataille de les pentes ou la révocation de l'ignant ou je sais pas quoi. C'était
insupportable. Et mon père lorsque j'ai dit que je voulais être institutrice était furieux.
J'étais agrégé ou rien. Moi, je voulais enseigner aux petits enfants. C'était comme ça. Je voulais
m'occuper des petits toute la journée et tant qu'à faire des gamins que leurs parents n'aimaient pas
ou leurs parents ne s'occupaient pas. Voilà. Quand il y a quelque chose à réparer. J'ai commencé à
bricoler quand j'étais avec mes enfants petits et que je ne travaillais pas et j'ai j'ai eu envie de
faire des choses avec mes mains. Petites aussi. Je me voilà, c'était pas assez bien au départ,
c'était on fait pas une enfin dans ma famille euh c'est ça m'est même pas venu à l'idée que je
pourrais le faire davantage. et la céramique, ben j'ai commencé avec la pâte à sel avec mes élèves
et puis ben c'est quand j'ai quitté le père de mes enfants avec à la suite d'un et ben de
choses bien douloureuses dont il y a toujours des séquelles malheureusement. Euh j'ai j'ai mis les
mains dans l'argile et là depuis une semaine où il y a de nouveau des choses compliquées euh je suis
dedans et ma fille me dit "Oh mais quand on voit tes tes pièces et quand on connaît l'histoire,
on reconnaît des choses, on reconnaît les moments. Ça me permet de mettre à côté. Donc voilà. Et puis
parce qu'il y avait aussi, c'est ce que je t'avais dit, les trois petites sculptures de Kovat Margit
qu'elle lui avait donné pour moi puisque quand on a quitté la Hongrie, il a pris soin de rassembler
deux trois petites choses de Hongrie. Hm hm. Et euh qui m'ont suivi partout. Moi,
je suis retournée en 1975 avec mon fils Fabien en train avec son père et Anouka est venu,
quelqu'un de l'ovage brille l'a emmené. Et euh et voilà et elle pleurait comme une madeleine
et moi aussi. Et on pouvait plus parler puisque je parlais plus hongrois. Mais voilà, je me suis
dit ben oui, c'est ça l'amour d'une maman. Ça pose pas de questions et ça ouvre les bras. Voilà. M.
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