All language subtitles for La.Crim.S04E12

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Original subtitles

Ça y est, on est connectés.

Qu'est-ce qui se passe ? Il se passe qu'on a eu un appel, comme quoi une

femme serait en train de mourir en direct sur Internet.

Alors, j'y crois pas trop, mais on nous a filé un code secret pour accéder au

site. On va voir.

Oh merde, c'est pas vrai. Oh putain.

Oh putain, c'est quoi ça ? C'est quoi, c'est un truc virtuel ? Non, réel et en

direct.

Bon, j'ai le numéro de la société qui gère le site, hein, j'appelle, c'est

WebExtra. On peut pas les laisser crever comme ça, il y a bien moyen de savoir où

elle est, merde ! Bon, je confirme, hein, d'après sa page d'accueil, elle

vit à Paris. Je comprends pas, c'est quoi ce site, là ? C'est simple, tu t

'abonnes et tu peux mater une fille 24h sur 24. Putain, c'est un répondeur,

évidemment, elle a l'air finie, de toute façon.

Tiens. Bien, alors, il y a huit florages sur Paris dont le patronyme commence par

SANT, S-A-N-T.

On les appelle.

Allez, je prends le premier.

Oh, c'est...

Allô, Flora Santory ? Oui, Flora Santamon, s'il vous plaît. Non, pardon.

Flora Santamon, s'il vous plaît. Flora Santini, s'il vous plaît. Comment ? Stop

! Stop ! Ça somme ! Flora Santini, elle habite près de la gare de Lyon.

Enfance ! Merger, vous restez en contact.

Vous appelez le procureur et le SAMU. Procureur, SAMU, d'accord.

Vous nous appelez, hein, et vous biffez l'adresse.

Décroche ! Allez, c'est moi, décroche ! Oh, putain !

Je connais ce criminel, Flora Santenic, à l'étage. Cinquième gauche ? Mais qu

'est-ce qui se passe ? Mais j'ai le droit de savoir, je suis la propriétaire

! Il y avait un double des clés ? Oui, je crois.

Un trait ! Non, madame, c'est impossible.

Laissez-moi un trait.

Sortez. Le Samu arrive.

Laisse-moi, mais c'est trop tard.

Oui, Polo.

Vous nous voyez, là ? Ah oui, j'ai l'impression de voir un film à la télé.

Je peux vous assurer qu'ici, c'est bien réel.

Bon, ça fait au moins 10 minutes qu'elle ne bougeait plus.

Je voudrais passer un message à toutes les personnes connectées. Si vous avez

vu quelque chose ou si vous avez des informations, appelez au 36 Quai des

Orfères, la criminelle.

Merci.

Oui. Bien.

Fin de connexion.

Ça y est, c'est coupé. On vous rejoint.

Ça fait longtemps que Flora Santelli habitait ici. Six mois.

C'est mon mari, père à son âme, le vieux aussi, qui lui avait loué.

Celui-là, dès qu'il voyait un jupon, il perdait les pédales.

N'empêche que maintenant, je peux pleurer sur mes loyers.

Pourquoi elle ne payait pas ses loyers ? Depuis trois mois, ça allait mieux. Elle

était à peu près à jour.

Sinon, pas de visite particulière ? Vous n'avez rien remarqué de spécial ? Non,

elle était discrète.

Vous savez, avec les jeunes d'aujourd'hui, on n'est jamais sûr.

Evidemment, personne n'a rien vu, rien entendu.

Pas de va-et-vient inhabituel, juste un pizzaïolo vers 20h qui va me délivrer le

6ème étage.

Sinon, voilà, je vais continuer mon voisinage.

Mais c'est plein de sang ! Euh, Cisco ? Oui ? Fais tes envies.

Oui, d'accord, venez, venez, madame, venez.

Allez, non mais venez.

Bon,

il y avait une caméra dans la salle de douche, et avec celle près du lit, ça

fait trois.

Ouais, t'es plus branché technologique déco, hein.

Vraiment.

Bon, la blindade.

Voilà. Alors, elle était étudiante en doc de communication à Jussieu, 21 ans

en juillet.

Presque l'âge de ma fille.

C'était pas le dernier soir de natte à Paris ? Tu devais pas le passer avec

elle ? Si, mais avec tout ce bordel, c'est mort maintenant.

Mais vas-y, on terminera sans toi.

Laisse tomber. Je viens d'appeler, il y avait le répondeur. Elle doit dormir

maintenant.

Maître Alice Auclair, avocate à la cour.

Apparemment, Flora Centenu a eu rendez-vous avec elle ce matin.

Bien.

La victime n'a été frappée que d'un seul coup de couteau, mais très violent.

Et près du cœur, il s'est enfoncé à hauteur de l'épigastre avant qu'elle ne

l'arrache.

Mais c'est un couteau, somme toute, très ordinaire. Oui, j'ai le même à la

maison. Oui, mais vous avez un alibi.

Bon,

je viens de voir le standard du 36.

On ne peut pas dire que les témoins se bousculent.

C'est incroyable, il doit y avoir des milliers de mecs qui l'ont vu se faire

buter en direct.

Oui, certes, oui, mais l'infestination malsaine et inavouable qu'exerce le

voyeurisme n'engendrera pas, croyez-moi, de miracles civiques, soyez-en sûrs.

Mais, par exemple, vous, le marchand, vous auriez maté, vous nous auriez

appelé.

Non.

Il est quelle heure ? Il est tard.

Qu'est-ce que c'est mignon ça ? Pourquoi tu m'as rien dit ? Je voulais te faire

une surprise.

Salade niçoise, jambon de parme et charlotte au chocolat.

Oh la vache, une charlotte au chocolat, ça fait des mois que j'en rêve. Non,

fais pas des tonnes.

C'est ça là ? Bordeaux 96 ? C'est parfait.

Rien, tu m'aurais fait ça tous les soirs, t'aurais jamais laissé partir.

Je voulais te remercier d'avoir téléphoné à Antoine.

Et puis nous vous êtes expliqués.

Enfin, en tout cas, c'est grâce à toi que je retourne vivre avec lui.

Il aura fallu que ma fille me déteste, qu'elle se drogue, qu'elle quitte la

police pour que je comprenne.

Je suis un petit peu long à... Ouais, je suis pas non plus la fille idéale dont

tu devais rêver.

Bah oui, je sais bien, mais... J'en ai qu'une et... Et je l'aime.

Ça, je le sais maintenant.

Je te sers ? Ouais.

Bon, t'es sûre pas rien oublié, hein ? Si.

Merde quoi ? Un tas de trucs.

Ça me permettra de revenir.

T'as raison.

Béthune, c'est pas le bout du monde, hein ? Bah non.

Bon. Dis donc, si vous voulez avoir votre train, il faudrait peut-être...

Oui, ça va, elle arrive.

Merci.

Il paraît que la fac de droit est pas mauvaise là-bas.

Bon.

Tu promets, tu fais attention, hein ? Arrête, papa, tu vas me foutre les

boules.

Je vois pas pourquoi y'a que moi qui les aurais, hein.

Bon, au revoir. Au revoir.

Allez.

Bravo, fête.

Merci, je t'aime, papa.

Je ne sais pas, vous ne saviez même pas que Flora avait un site sur Internet ?

Non.

Pourtant, je suis allée chez elle, j'ai vu qu'il y avait une caméra sur son

ordinateur, mais ça se trouvait à le filmer.

Elle était peut-être une star sur la net maintenant.

Et vous, vous la connaissiez ? Moi ? Oui.

Je ne suis pas de la fac, on est ensemble, c'est tout, tu viens ?

Attends, deux secondes, deux secondes. Et vous ? Moi, on a juste travaillé

ensemble sur un projet.

Et puis, elle ne parlait jamais d'elle. Et en fait, c'était difficile de savoir

ce qui se passait dans sa tête.

C'était quelqu'un de super et puis elle n'était pas exhibitionniste.

Est-ce que vous savez au moins si elle avait quelqu'un dans sa vie ? Je ne peux

pas vous dire.

Vous ne savez rien.

Non, enfin, ce n'est pas possible. Vous étiez avec elle tous les jours, alors

vous avez bien remarqué quelque chose, non ? Vous n'êtes jamais à la fac, vous,

peut-être ? Ah si, il y avait quelqu'un qui tournait un peu autour, un Kevin.

Ah oui, Kevin.

Ils étaient en licence et puis ils sont sortis ensemble.

C'est bon ? On peut y aller ? C'est bon, on peut y aller. Au revoir.

T'es allé à la fac toi ? T'es allé à la fac ou non ? Un peu.

Bon alors après Jussieu, j'ai rejoint Berger chez WebExtra.

WebExtra c'est la société qui gère le site de Flora. Vous savez que la loi les

oblige à garder quelques temps les enregistrements des diffusions pour

éviter quelques dératages.

Alors évidemment ils ont refilé l'enregistrement du meurtre de Flora.

Bon alors on a calé le CD-ROM. Regardez.

Là il est 20h39.

Tiens, monte le son.

Attends parce que... Vas-y.

Qu'est-ce que tu fais là ? Vous entendez ? Oui, il est clair

que Flora Santény ne s'attendait pas à une visite et elle connaissait son

agresseur, elle l'a tutoyé.

Oui, si la jeune femme a été agressée dans l'entrée, c'est probablement parce

que son meurtrier connaissait l'existence des caméras et il a tout

fait pour ne pas apparaître dans le champ des dites caméras.

Nous avons donc affaire à un meurtre prémédité.

Bon, WebExtra nous a aussi refilé la liste de ses abonnés, alors...

Peut-être que Flora a sympathisé avec l'un d'entre eux et serait tombée sur un

maniaque. Oui, un seul coup de couteau, ça m'étonnerait que ce soit le meurtre d

'un détraqué. Mais ok, il faut éplucher cette liste. Et trouvez-moi Kevin, l'ex

de Flora.

On en est où par rapport à la famille Santeno ? La famille, autant dire que c

'est le père Lachaise.

Les parents sont morts quand elle était gosse. Elle a été élevée par sa grand

-mère qui est morte elle aussi l'année dernière. Il lui reste un frère aîné qui

vit à Nouméa. Je crois qu'ils ne se sont pas vus depuis un bon moment.

Bon, bref, notre étudiante a dû se débrouiller toute seule. D'où les

problèmes de fric, d'où la création du site.

On sait pourquoi elle a vu un avocat hier.

On va le savoir, maître Claire ne devrait pas tarder.

Eh, patron, vous passez hyper bien à l'image.

Je voudrais passer un message à toutes les personnes connectées. Si vous avez

vu quelque chose, ou si vous avez... Ah ben non ! Non, je vous jure de créer un

site et de vous abonner tous.

Michel,

vous viendrez nous voir. C'est gentil. Je serai votre premier client.

Allez, moi aussi.

J'ai vu Flora Santny une seule fois. Une fille charmante, très décidée.

Vous pouvez ? C'était lié à la société qui gérait son site ? Oui.

Je vous ai apporté le contrat qu'elle avait signé avec eux. Enfin, si on peut

appeler ça un contrat.

Vous lirez, vous comprendrez.

Elle avait décidé d'arrêter ses activités, c'est ça ? Oui.

Il lui réclame plus de 20 000 euros pour rupture de contrat.

Généreuse évaluation de leur manque à gagner sur les deux prochaines années.

Elle en devait encore.

20 000 euros, mais c'est du racket.

Une méthode de proxénète, oui. Le contrat est un modèle de flou

artistique.

Particulièrement pour le calcul des indemnités.

Toujours à leur avantage, bien sûr.

Je devais prendre rendez-vous avec le directeur de WebExtra. Et croyez-moi, on

n'y serait pas allés pour prendre le thé.

Désolée, mais je plaide dans un quart d'heure au palais.

Maître Auclair, excusez-moi.

Flora Santini vous a-t-elle dit pourquoi elle envisageait de s'arrêter ? Oui.

Elle avait une relation sérieuse qui n'était plus compatible avec ses

activités, mais je n'en sais pas plus. Maintenant, si vous voulez bien m

'excuser... Pardon, je t'en vais.

Oh, merci.

Commandant ? Oui ? Bien évidemment, la société Vevextra pouvait décider d

'éliminer Flora Centenay pour le manque à gagner, mais aussi pour le bataille

que la presse ne va pas manquer de faire autour de cette affaire, leur créant

ainsi une publicité sordide, mais ô combien lucrative.

Il y en a les jours prochains, je pense que le nombre de leurs abonnements va

augmenter. Oui, enfin, il faut être complètement tordu pour imaginer un truc

pareil.

Non, pardon, je ne disais pas ça pour vous, mes chéris.

Non, non, mais je l'ai pris comme un compliment.

Oui, j'imagine.

Bon, eh bien, il ne nous reste plus qu'à trouver la relation sérieuse de Flora

Santény. Très bien, merci monsieur. Au revoir. Merci.

Jean-Louis, c'était donc le pizzaïolo qui a livré hier soir dans l'immeuble.

Alors, en repartant de l'immeuble, il a rencontré Flora Santini, qui était un

pétard dans l'escalier, parce qu'elle venait de se disputer avec un jeune

homme, un ado, qui habite au 3e.

C'est quoi, son nom ? Damien Volnet, qui s'appelle.

Hier soir, je sonnais chez lui, mais il y avait personne. Peut-être qu'on peut y

aller ? Tout sauf député Sputin de l'Estime.

Dis-moi, Nat, t'es bien arrivé ? Ouais, pas de problème, ouais.

L'appart est vide, quoi.

Ça me fait un peu bizarre.

T'as qu'à y mettre Valo.

C'est mon appart, Valon.

Attends, peut-être tu peux prendre un appartement plus grand ? Ou peut-être t

'as de nouveau le cul entre deux chaises, comme d'habitude ? Un petit

peu, oui.

À part Nat, y a pas grand monde que je supporte.

Mais pas tout le monde a la chance de rencontrer Sonia, mon pote.

Justement, fais gaffe avec Sonia.

Je connais un mec de la BRP qui lui colle au train.

De là à ce que ça remonte jusqu'à toi, fais gaffe.

Mais je les emmerde, la BRP ! Je les emmerde, je les réenfroute, merde ! Bien

sûr que Danny était là hier soir.

Nous, on était chez des amis.

Il n'a pas voulu venir, tout ce qu'on fait est naze ! Il devait dormir, il

vous a pas entendu sonner ! Pourquoi vous voulez le voir exactement ?

Quelques questions à lui poser, c'est tout.

Damien ! La police est là ! Ouvre cette putain de porte tout de suite ou je la

défonce ! Raph, Pierre ! Qu'est-ce qu'il y a ?

On va peut-être pouvoir s'entendre.

Dis-moi, t'as fait un feu de camp ? J'ai brûlé des vieux papiers, c'est pas

interdit. Mais tu veux foutre le feu à la baraque ou quoi ? Amiens, quelqu'un t

'a vu hier soir vers 20h avec Flora Santoni dans l'escalier.

On est arrivés en même temps dans le hall et on est montés ensemble, c'est

tout.

Vous vous êtes parlé ? Mais je sais pas moi, bonjour, bonsoir.

Pourquoi vous me demandez ça ? Je la connais pas cette meuf.

Moi Jean-Louis, on n'a pas déjà vu ça quelque part.

Je veux voir.

T'as raison.

Flora Santoni avait le même sur la photo.

Alors ? T'es bien sûr que tu la connais pas, cette meuf ? Tu l'as piqué, ce fou

-là, hein ? C'est ça, hein ? Nom de Dieu, si t'étais mon fils ! Sur ce coup

-là, j'ai eu du bol.

T'en as marre ! Ça va, ça va ! Doucement.

Fiche-lui la paix, toi aussi ! Avec une console de jeu à la place du cerveau,

faut pas s'étonner qu'il fasse des conneries !

Et l'axe de Flora Santény, c'est une piste ou pas ? Kevin Latour ? Oui.

Non, il est à l'hosto depuis la semaine dernière.

Une appendicite aiguë.

De toutes les façons, sa relation avec Flora était plutôt du genre fulgurante.

Oula, 48 heures chrono même.

En fait, dès qu'il a vu qu'il y avait des caméras, le mec il s'est tiré aussi

sec. Elle l'avait prévenu pourtant, mais elle lui disait qu'elle s'en foutait

parce qu'elle ne savait pas qui la regardait.

Mais il y a peut-être un autre mec qui s'est fait piéger et qui n'a pas

supporté de se retrouver sur le net.

Allez, qu'est-ce qui se passe ? Il se passe que c'est certainement pas cette

histoire de site qui a à voir quelque chose avec le meurtre, voilà.

Taisez-vous et ramez.

Oui,

Jean-Louis.

D'accord, est-ce qu'il y a un volnet ou un mongin sur la liste des abonnés ?

Oui, on a reçu les résultats du labo.

Non, à part les empreintes de Flora Santéline sur le couteau, il n'y a rien.

Non, non, non. J'ai pas de manger en magasin. Et non, il n'y a pas de volnet

non plus.

Bon, bah apparemment, ton ado n'est pas sur la liste des abonnés.

Oui.

C'est quand même incroyable parce qu'il y a des mecs qui utilisent la carte

bleue de leur société pour s'inscrire.

Ah ouais ? Il y a aussi des femmes.

Catherine, Christine.

Mais ça, c'est la parité.

T'es pas au courant ? Aujourd'hui, les femmes ont le droit d'être aussi cons

que les mecs. C'est moderne. Ton putain ! Là, Ribot-Guillaume.

C'est le mec qui était avec sa copine ce matin devant la fac, quand j'étais avec

Polo.

Souris, berger. On est filmés.

Comme ça, Guillaume Ribot se finance ce week-end.

Il a vraiment tiré le gros l'eau, lui.

On m'a tapé à la maison du beau-père.

Je suis Victor Marinsky, j'ai prévenu Guillaume, il descend tout de suite.

Pourquoi voulez-vous lui parler ? Nous enquêtons sur la mort de Flora Santoni.

Oui, Cathy m'a raconté, c'est terrible ce qui est arrivé à cette jeune femme.

Après vous.

Qu'est-ce que vous faites là ? Votre secrétaire m'a dit qu'on pouvait vous

trouver ici.

Est-ce qu'on peut vous parler ? En privé, monsieur Ribaud.

Oui, bien sûr.

Allez dans mon bureau.

C'est par là.

Vous étiez vraiment obligé de venir ici ? Vous auriez pu m'appeler, on se serait

vu à mon atelier.

Mais on aime bien les surprises, monsieur Rimeau.

Vous aussi, je crois, non ? Ce matin, j'ai cru comprendre que vous ne

connaissiez pas Flora Santini, et hop, je vous retrouve parmi les abonnés de

son site.

Mettez-vous à ma place.

Je pouvais rien dire.

Pas comme ça, devant tout le monde, à la fac.

Puis en plus, c'est une blague, cette histoire.

C'est vraiment un truc sans importance.

Et elle a commencé quand, cette blague sans importance ?

C'était une soirée d'étudiants à la fac.

Tout le monde était un peu bourré.

Flora est venue vaguement me draguer, elle m'a parlé de son site, ça l

'amusait. Moi j'étais un peu curieux.

Voilà, c'est tout.

Elle était jolie, mais je me suis vite emmerdé.

Vite emmerdé, pourtant vous êtes toujours abonné.

Ah bon ? Je ne savais pas.

Non, je pensais que c'était juste pour un mois.

En tout cas, ça fait un moment que je ne suis pas allé sur son site.

Très bien, et en dehors du site, vous l'avez revue pour lui faire vos

commentaires ? Non.

J'ai dû la croiser vaguement deux, trois fois à la fac, comme ça, mais... Cathy

et Flora se voyaient pas en dehors des cours, donc j'avais aucune raison de la

voir. Très bien, que faisiez-vous hier entre 20h et 21h ? Vous avez fini ?

Presque.

Hier, on était invités à un vernissage dans une galerie dans le 9e

arrondissement. Vous me demandez ce que j'ai fait hier soir ? Euh... Voilà, oui,

j'ai dû quitter mon cabinet d'archives vers 20h.

Et après, on s'est retrouvés devant l'opéra. Il devait être un peu plus de

8h30.

Écoutez, Guillaume a parlé du site.

Et je ne voudrais pas que mon père pense que Guillaume soit lié à ce crime

sordide. Alors, si vous avez terminé... Enfin, une dernière question quand même.

Comment s'appelle la galerie ? Je ne sais plus.

Mais je ne vous conseille pas l'expo.

À part les petits fours.

Dites-moi, une dernière question, encore une autre.

Combien il y a de caméras comme ça dans cette maison ? C'est mon père qui fait

des équipements de sécurité.

Et nous, on joue les cobayes.

Interrogatoire de Damien.

Volney. 17h12.

Reste naturel, tout se passera bien.

Monsieur Volney, vous avez des problèmes d'audition ? Non.

Pardon ? Non.

Non ! Vous me voyez rassuré.

Alors dites-moi, alors, pourquoi vous n'avez pas répondu aux policiers lorsqu

'ils ont frappé à votre porte ? J'écoutais de la musique au casque. Et

je jouais à ma PlayStation en même temps.

J'ai le droit, non ? Oui, bien sûr, mais dites-moi, lorsque vous sortez, vous ne

mettez pas systématiquement votre casque sur vos oreilles ? Bah non.

Je comprends pas, là.

Bon, c'est simple. Ça veut dire que lorsque vous étiez sur le palier en

compagnie de Flora Santoni, vous avez bien entendu ce qu'elle vous a dit.

Elle a dit quelque chose ? Le livreur de pizza l'a entendu taper petit con.

Mais apparemment, c'était pas au creux de l'oreille.

T'as pris un bide avec Flora, c'est ça ? Mais n'importe quoi ! Tu l'aimais bien

cette meuf, dis pas le contraire.

Sinon, pourquoi t'aurais son foulard sous ton oreiller ? Parce que c'est bien

le sien, on a vérifié.

Alors tu l'as pris chez elle ? J'ai trouvé dans les escaliers, je savais pas

que c'était elle.

T'as pas reconnu son parfum, regarde ? Mais non ! Ah, on dit pourtant que l

'adolescence, elle éveille des sens.

Contre, me semble, sérieusement endormi.

C'est les fameux brouillons de maths qu'on a retrouvés brûlés dans ta

poubelle. D'après le labo, ce sera des images.

T'aurais pas récupéré les photos de Flora sur son site par hasard ? Mais

quel site ? Tu vas pas nous faire croire que tu savais pas qu'elle avait un site.

T'as un ordinateur, tu vas sur Internet.

Je vais te dire un truc, moi je te comprends.

Avec l'adolescence, les hormones qui montent, tout ça... Y'a pas de honte à

se pignoler devant un site de cul. Mais parlez pour vous, j'y suis jamais allée

sur ce site.

Nous sommes en train de vérifier.

Au cas où votre mémoire vous ferait défaut, nous espérons que la mémoire de

votre ordinateur saura pallier vos défaillances.

D'après l'IGI, il n'y a aucune trace de sang dans l'appartement Volnay. Le labo

examine les fringues du môme, les baskets, mais a priori, il n'y a rien à

signaler. Nous avons regardé les couteaux et la mère est sûre qu'il n'en

voit pas. Mais bon, elle est prête à tout pour la protéger aussi.

A mon avis, il nous cache quelque chose.

Oui, mais c'est ça, les ados.

Ils préfèrent se bouffer la lampe plutôt que s'aider un adulte. Moi, j'ai vu,

avec la mienne, c'était l'enfer, quoi.

Enfin, en tout cas, on peut pas le garder pour la nuit. Ah, ça, c'est sûr.

Polo, il faut que je vous parle deux minutes.

J'ai vu Sonia, ça a l'air d'être une fille très sympa, mais j'ai peur que la

BRP soit pas aussi sympa qu'elle.

Patron, c'est Nustardamon. Si vous croyez que je relève la compteur, là,

vous vous bourrez.

Polo, si c'était le cas, vous ne soyez plus dans mon groupe. Non, ce dont j'ai

peur, c'est que les boeufs carottes vous fassent de gros ennuis. Mais je les

emmerde ! Je fais ce que je veux. À partir de maintenant, Sonia, c'est ma

vie. Ok, c'est ce que je leur dirai.

Enfin, pensez que vous êtes à deux ans de la retraite et que finir en taule, je

pense pas que ça vous enchante.

Je ne la quitterai pas, patron.

Je ne la quitterai pas.

Écoutez, Polo, je vais les retenir encore quelques temps, mais de votre

côté, réfléchissez, d'accord ? C'est ça.

Quoi de neuf ? On a vérifié l'alibi de Guillaume Ribaud.

Alors le problème, c'est que personne ne se souvient l'avoir vu à la galerie.

Par contre, on se souvient très très bien de Cathy Marinski.

Et surtout, on a découvert qu'il a une ligne internet.

Et en consultant son historique, vous savez, c'est l'endroit où on voit tout

ce qu'ils ont fait, on a appris une chose, c'est que Flora Santini fermait

de temps en temps son site, durant deux à trois heures, toujours la nuit.

Et que pendant ce temps libre, elle s'adonnait.

À quoi ? Des conversations, disons... Intimes.

Avec Guillaume Ribaud.

C'est peut-être lui la relation sérieuse de Flora.

Regarde.

Une photo de Nat en vacances à Salary.

Elle avait 12 ans, là.

Elle était déjà belle, hein ? Chiant, tout de suite.

Qu'est-ce qui avait pu m'emmerder avec les moustiques ? Tu veux voir ? Bon, dis

-moi, ton verre, tu le finis avant ou après t'être coupé les veines ?

Je sais, t'as raison.

Faut que je rense ce bordel, mais y a pas de place ici, c'est trop petit.

Oh, c'est comme chez moi.

J'ai acheté un tas de trucs et je sais jamais où les ranger.

Et j'arrive pas à m'en débarrasser.

Oh, dis-moi, on est un peu cons, non ? On pourrait prendre un grand espace.

Chacun sa chambre, sa salle de bain pour les jours où on s'engueule.

Non ? Qu'est-ce que t'en penses ? Faut voir, ouais.

Tu sais que quand tu regardes des annonces, c'est beaucoup plus

intéressant de prendre un grand appartement qu'un petit.

Oui, sûrement, oui.

Bon, moi je suis crevé, je crois que je vais aller me coucher.

Moi aussi je suis lessivée.

D'autant que j'ai convoqué Catherine Marinski avec son fiancé demain à l

'aube.

Je t'appelle un taxi ?

Attends,

t'appelles qui là ?

Faire ça à toi ce soir, c'est dessus de mes forces.

Alors dis-moi, tu me disais quoi ? Parce que dans la cuisine, j'ai rien entendu.

Rien, je disais rien.

Rien.

Oui, c'est vrai, Guillaume n'était pas avec moi au vernissage.

Mais c'est juste un malentendu. Il aurait dû être là.

Vous vous êtes dit qu'on allait vous emmerder avec ça. Remarquez, vous avez

raison, c'est notre boulot.

Donc, vous avez accordé vos violons.

C'est-à-dire, il y a eu un quiproquo.

On s'est mal compris, Guillaume et moi.

Je l'attendais à l'opéra Garnier et lui pour arrêter l'opéra Bastille.

Pas de chance.

Du coup, on ne s'est pas retrouvés. C'est moi qui avais l'adresse de la

galerie.

Enfin, je suis allée toute seule. Lui, il est rentré chez lui. Après, je l'ai

rejoint. Il devait être 10 heures.

Fin de l'histoire.

Il est où, Guillaume ? Il faut qu'on y aille.

Il me semble que son interrogatoire n'est pas terminé. Le vôtre non plus.

Allez. Je vous en prie, asseyez-vous.

Moi, il y a quand même une question que je me pose.

En ne le voyant pas arriver, vous deviez être énervé, non ? Il était quand même

en train de vous poser un lapin. Vous n'avez pas essayé de le joindre ? Bien

sûr, j'ai essayé de l'appeler.

Mais en ce moment, les charrettes sont un gros projet immobilier. Je pensais qu

'il était en retard.

J'ai eu sa boîte vocale.

Enfin, j'étais furieuse, mais après il m'a expliqué qu'il n'avait pas son

portable sur lui.

Eh oui, c'est ça les problèmes avec les portables de nos jours. On oublie

presque qu'il y a des cabines téléphoniques dans les rues. À croire

que votre copain, il est passé que dans des rues où il n'y en a pas. Mais peut

-être qu'il n'avait pas de carte, je ne sais pas moi.

Et pourquoi vous êtes après lui comme ça ? Il était juste abonné au site de

Flora, c'est tout.

Écoutez, moi j'ai un truc à vous demander.

Voilà.

En fait, je suis hyper jalouse.

Moi, si mon mec devait s'abonner à un genre de site, je crois que j'aimerais

pas.

Ça vous fait quoi, à vous ? Peut-être si je l'avais su plus tôt, je me serais

fâchée. Mais maintenant, on va se fiancer, non ? Tiens, dites-moi, vous

êtes au courant depuis quand ? Il m'en a parlé hier.

Hier, avant ou après qu'on soit passé à la fac ? Écoutez, il avait peur d'être

ennuyé à cause de ce rendez-vous raté.

On va se fiancer demain.

Tout ça, c'est ridicule, vraiment.

Bon, est-ce que vous savez...

Aussi que votre futur fiancé se connectait en direct avec Flora la nuit

sur Internet. Est-ce que ça aussi vous l'a dit hier ? Quoi ? Bon maintenant ça

suffit, arrêtez ! Dites-nous tout tout de suite. Je vous crois pas.

C'est pas vrai.

Guillaume ne m'aurait pas menti.

Qu'est-ce que vous cherchez ? Bref, les deux tourtereaux nous ont raconté la

même histoire alors c'est un vrai concours de circonstances.

Ribot se trompe d'opéra.

Précisément, ce soir-là, il n'avait pas son portable.

Enfin, tout ça me paraît... Fumeux. Ils n'ont pas peur des mots.

Et oui, sans compter qu'il ne peut pas prouver où il était entre 20h15 et

21h30. Il disposait donc de plus d'une heure pour se rendre au domicile de

Flora, situé à moins de 10 minutes de l'Opéra Bastille.

Je viens de voir les potes de Damien à son bahut. Il s'est fait une belle

petite réputation de tourbeur.

Alors, il dit à tout le monde depuis quinze jours qu'il a une petite amie,

une certaine Flora.

Il prétend même avoir couché avec elle.

Il aurait-il pris ses désirs pour une réalité ? C'est les choses qui arrivent.

Oui, le dépit amoureux était-il si grand qu'il déchaîne en lui cette violence ?

Bon, le service des flots d'informatique a récupéré un message dans l'ordinateur

de Guillaume Briveaux.

C'est Flora Santini qui l'a envoyé deux heures avant sa mort.

Apparemment, leur histoire fonctionnait bien.

Et vous ? Bien, c'est ainsi que vous communiquiez

avec Flora Santény.

C'est troublant, hein ? On se parle comme si on était l'un à côté de l

'autre, alors qu'on n'est même pas dans la même pièce.

Entre nous, vous ne faisiez pas que bavarder avec Flora Santény. Qu'est-ce

qui se passait entre minuit et deux heures du matin ? C'était un

jeu érotique, on s'excitait mutuellement.

Plus de mensonges, plus de... Plus de risques, non plus, puisque vous prenez

votre pied à distance, c'est pas ? Moi qui suis slave, je trouve que tout ça

manque un petit peu de chaleur.

Pas vous ? Et Flora, Anthony, oui.

Au bout d'un moment, montrer ses fesses à un écran, hein, ça n'a qu'un temps.

Ecoute, arrêtez de m'emmerder avec tout ça, c'est fini depuis plus d'un mois

maintenant.

Depuis que Cathy et moi avons décidé de se marier, j'ai tout arrêté.

Voilà, c'était une expérience, c'était un jeu, c'est tout.

Oui, mais pour Flora Santoni, apparemment, ce n'était pas un jeu.

Sinon, pourquoi vous aurez-t-elle envoyé ce message deux heures avant d'être

assassinée ? Je lis.

Qu'est-ce que dirait ta fiancée si elle apprenait ce qu'on fait ensemble et ce

que tu m'as promis ? Salaud.

J'en sais rien. J'ai rien compris à ce message. Je sais pas.

Je sais pas.

C'est pourtant clair.

Contrairement à ce que vous voulez nous faire croire, votre relation virtuelle s

'était transformée dans la vie réelle. Mais non, c'est n'importe quoi. C'est

faux. Il n'y a jamais rien eu entre elle et moi. Je ne l'ai même pas touchée,

cette fille.

Eh oui, mais Flora s'est prise à son propre jeu.

Il faut absolument que son fantasme devienne une réalité.

Qu'il prenne corps, chair.

Si je puis m'exprimer ainsi.

Et voilà, tout ceci risque fort de compromettre votre mariage avec la fille

unique d'un entrepreneur fortuné union qui vous promettait un avenir sans

nuages pour vous et pour votre cabinet d'architecture. C'est pas vrai, j'aime

Cathy. Et le chèque-fier du beau-père aussi.

Je vous interdis de dire ça, c'est pas vrai. Allez, allez, allez, asseyez-vous.

Et regardez cette caméra.

Et dites-moi, c'est bien le futur beau-père, n'est-ce pas, qui vous a

commandé le gros projet d'architecture sur lequel vous travaillez en ce moment,

n'est-ce pas ? Mais ouais, mais j'ai pas tué Flora.

Putain, c'est pas vrai, c'est un cauchemar.

C'est quand même bizarre que personne n'ait jamais vu Ribot et Flora s'en

tenir ensemble.

Je veux dire, dans la vraie vie, quoi.

Ribot allait se marier, il allait quand même pas le crier sur tous les toits.

C'est marrant cette manie de vendre de la bouffe hyper grasse avec des

serviettes qui sont pas plus épaisses qu'une feuille de PQ, regarde.

T'as qu'à manger des sushis comme moi.

Regarde, c'est nickel, j'ai rien sur les doigts et en plus c'est très bon pour la

lignée. T'as raison, ouais.

Le mec qui me fera bouffer de la bouffe pour brider, il est pas encore né, je te

le dis.

Qu'est-ce qu'il y a, Polo ? Chose qui va pas ? Sonia ? Non, je...

Je réfléchis.

Et tu te sens bien, ça va aller ? Vous savez, je crois que je vais partir

à la retraite.

Sérieux, là ? Si.

Parce que je crois que c'est la seule solution. Si je veux partir avec Sonia

et qu'on nous foute la paix, il n'y a que ça à faire.

Sinon, c'est la merde.

Non ? Voilà, je pars.

Bah écoute, mon polo, tu vas le tuer, notre Jean-Louis, là. Il vient de perdre

sa fille, il va pas perdre son meilleur pote, quand même, non ? Qu'est-ce que...

Non, attends, tu sais, je viendrai le soir te faire la popote, quand t'es

permanence. Bon, ben voilà, ben... Hein ? On a perdu un flic, on a gagné un

cuistot.

Attends, ça va, ma fille se barre, j'ai l'impression de prendre 10 piges dans la

gueule. Maintenant, c'est mon meilleur pote, pas en gros 10 piges. Ouais,

ouais, je sais. Voilà, je serai bientôt à la retraite, hein.

Alors, venez pas vous mettre à chialer, les deux pédés, là, hein ? Allez, on va

se prendre un petit verre aux trois souris, d'accord ? Allez.

C'est bien fichu de nous, Damien.

On sait que t'allais sur un site qui fournit des faux numéros de carte

bancaire. Comme ça, ni vu ni connu. T'allais sur le site de Flora.

On sait que tu la matais tous les jours depuis deux mois. Alors qu'est-ce qui s

'est passé ? T'as connu ta voisine sur le net, c'est ça ? Et à force de la voir

en liberté chez elle, tu t'es dit que tu pourrais la voir pour toi tout seul ?

Seulement, elle t'a envoyé sur les roses.

Alors ça t'a tellement foutu les boules que... J'ai rien fait.

Monsieur Volney.

Quel est votre jeu vidéo de prédilection ? Les simulations de course, c'est ça ?

Non, c'est chiant, on tourne en rond sur un circuit.

Ah oui, bien sûr, vous préférez l'action, les héros qui luttent dans un

univers hostile.

C'est bien ça, n'est-ce pas ? Pardon ? Oui, bah, dans la vie réelle, la vraie

vie, Flora, elle, était loin d'être aussi soumise qu'une héroïne virtuelle.

Alors vous vous retrouvez dans votre chambre, seul, en point...

à un terrible sentiment d'humiliation.

Mais c'est pas vrai.

Bien, vous êtes connectée sur le site de Flora entre 20h17 et 20h28.

Elle était là, seule, à portée de l'âme invulnérable. J'ai rien fait, je vous

jure, j'ai rien fait. Vous ne pouviez pas cliquer pour la faire disparaître.

Je comprends. Alors vous vous êtes rendue chez elle. Non !

C'est vrai, j'ai pas pu m'empêcher de regarder Flora, mais je me suis

déconnectée, je lui en voulais trop. Et ensuite, qu'avez-vous fait ? J'ai été

manger un truc dans la cuisine, et j'ai entendu du bruit dans les escaliers.

Et par le judas, je l'ai vu descendre.

Qui avez-vous vu descendre ? Mais Flora ! Tu te rends compte de ce que ton

histoire a d'impossible ? Je sais, c'est dingue.

Le lendemain, quand j'ai appris qu'elle était morte, j'ai pas compris.

Ah, et t'as vu son visage ? Oui.

Oui. Enfin non, il y avait pas de lumière dans les escaliers.

Mais j'ai vu ses cheveux, je suis pas fou.

Alors, son histoire de flora dans l'escalier, à moins que Guillaume Riveau

ait mis une perruque blonde sur la tête.

Oh, t'as picolé, toi ? Oui, j'ai picolé, oui.

Commandant... Polo nous quitte.

Non. Retraite anticipée.

On l'a laissé chez lui, il était pas en bon état.

Ah, je me disais aussi que cette histoire de message concernant Ribot

avait quelque chose, enfin, me semblait artificiel.

Un instinct d'intelligence qui parcourt les circuits électroniques de nos

ordinateurs. Jolie tournure, Michel, mais l'info dans tout ça ? Mais

justement, les fraudes informatiques viennent de m'en communiquer une

magnifique et étonnante. D'après eux, il n'y a pas la moindre trace du message

envoyé par Flora dans son propre ordinateur.

Mais alors, et où le scoop ? Ça veut dire qu'elle l'a envoyé d'ailleurs ?

Je sais pas moi, par exemple, ces cafés là où on peut se connecter.

Oui, hypothèse plausible, Capitaine Scandella.

Mais néanmoins, erroné. Le message a bien été envoyé à 20h15, Flora était

bien chez elle, mais elle ne s'est pas servi de sa messagerie ce soir-là.

Rien ? Alors si personne ne l'a envoyé, qui l'a fait ? Le meurtrier.

Quelqu'un qui connaissait à la fois Ribot et Flora.

Quelqu'un qui leur en voulait à tous les deux.

Y a-t-il Marinsky ?

Attends, t'as vu comment elle le défend ? Puis de toute façon, tuer parce que

son mec se pignole devant un écran, moi je trouve ça un peu léger.

Oui, mais aussi virtuelle que soit cette relation, il n'empêche qu'elle peut être

considérée d'un point de vue moral comme un adultère et d'un point de vue

personnel comme une trahison.

Je suis désolé, mais moi j'appelle pas ça tromper.

Ah, ben voilà. Pas de contact, pas d'infidélité. C'est bien un raisonnement

de mec, ça.

Non. Bon, je vous laisse, j'ai encore une réunion syndicale pour discuter des

salaires. Vous me convoquez, Cathy Marinsky, demain.

Bonne nuit.

Pour l'heure, avec Sonia, il est bien accroché.

Et toi, avec Mario, t'en es où ? Ça va.

On remonte la pente, quoi.

Elle ouvre un resto dans un mois.

On reste plus qu'à aller faire un enfant, quoi.

T'en veux ? Si j'en veux, moi ? J'en veux dix, vingt.

Si elle a passé l'âge limite, je sais pas.

On adoptera.

Tu me diras, peut-être qu'elle t'aura fait des gosses avec Valon, toi, d'ici

là.

Jean-Louis ? Jean-Louis, j'ai pas de conseils à te donner, mais... Surtout

que Valon, tu la connais beaucoup mieux que moi.

Sauf que... C'est vrai qu'elle est grande gueule, comme ça, et elle

encaisse bien les coups, mais entre son parcours à la DAS, son mari qui s'est

balancé par la fenêtre, je pense qu'elle a le droit à une vie un peu plus juste,

non ? Elle veut habiter avec moi, maintenant.

Nad vient à peine de partir.

Si je dis que je suis pas amoureux, je suis pas amoureux.

Hélène, c'est une copine, c'est tout.

J'ai oublié mes clés.

Pensez pas trop sur l'alcool.

Oui ? Maître Claire ? Ok, faites la montée.

Alors ?

Alors, Cathy Marinski a bien passé un coup de fil à Guillaume Ribaud le soir

du meurtre, mais pas du tout des marges de l'Opéra Garnier. Oui.

Son appel de 20h42, en fait, a été relayé par une bande téléphonique qui se

trouve juste ici, à 200 mètres de l'immeuble de Flora.

C'est elle que Damien a vu s'enfuir.

En fait, elles ont la même silhouette, cheveux longs, et dans la pénombre, on

peut très bien confondre.

Ok, alors, elle tue Flora, et pour crédibiliser son alibi, elle téléphone à

Guillaume Ribaud sur son portable, qu'elle a sans doute subtilisé le matin

même. Et ensuite, elle se rend à la galerie...

Où là, elle fait tout pour se faire remarquer. Oui, le tout en une demi

-heure chrono. Et après, elle nous fait le coup de la fiancée modèle qui veut

sauver son mariage. C'est vraiment une sacrée comédienne.

C'est curieux quand même. Vu sa personnalité, je ne comprends pas qu

'elle n'ait pas rompu avec Guillaume Ribaud.

Je ne sais pas. Elle a voulu se venger, lui faire payer.

En ce cas-là, c'est carrément pathologique.

Ah, Maître Claire.

Bonjour. Quel mouvement vous amène ? Je voudrais voir Guillaume Ribaud.

Pourquoi ? Vous êtes son avocate ?

Pas encore, mais c'est le père de sa fiancée qui m'a demandé de le

conseiller. Excusez-moi, je suis un peu pressée.

Pourquoi, vous êtes aussi l'avocate de Victor Marinski ? Oui.

Attendez, vous êtes à la fois l'avocate de Victor Marinski et de la victime ?

Vous pouvez me dire comment Flora Santoni vous a contactée ? Mais par

monsieur Marinski.

C'est lui qui m'a demandé de la conseiller.

Et vous, vous vous êtes pas demandé... Quel était le type de leur relation ?

Absolument pas, pourquoi ? Mais parce que c'est probablement lui, la relation

sérieuse dont Flora Santoni vous a parlé.

Comment avez-vous rencontré Flora Santoni, M. Maraski ? Cathy m'avait

parlé du site.

Elle trouvait ça obscène, cette façon de partager son intimité avec tout le

monde. Mais j'ai voulu voir.

Et en regardant Flora vivre derrière ces caméras, c'est sa solitude qui m'a

touché.

J'ai eu envie de lui parler.

On s'est rencontrés il y a un mois, et puis après... Cathy n'a pas pu faire une

chose pareille.

C'est pourtant bien elle qui a envoyé le message à Guillaume Ribaud.

Ça va vous vérifier. C'est absurde. Vous ne connaissez pas ma fille. C'est

impossible.

Peut-être avait-elle découvert votre relation avec Flora.

Vous avez pourtant pris la précaution de vous abonner au site de Flora en

utilisant la carte bancaire de l'une de vos sociétés.

Flora et moi, on avait décidé de cacher notre relation, surtout à Cathy.

J'appréhendais sa réaction.

Elle avait trois ans quand sa mère est morte. Elle a toujours été une jeune

fille fragile, vulnérable.

C'est pour ça qu'il n'y a jamais eu d'autre femme dans ma vie.

Avant Flora.

Monsieur Marinsky, nous sommes ennuyés. Nous n'arrivons pas à joindre Cathy ni

sur son portable, ni chez vous.

C'est pas normal qu'elle ne réponde pas.

Vous avez Internet ici ? Oui, bien sûr.

Il arrive via Internet à se connecter aux caméras surveillance de chez lui.

Elle est dans mon bureau.

Mon Dieu, elle a mon pistolet.

Cathy décroche, je t'en supplie.

Cathy décroche.

Bon, allez-y, allez-y. Il n'y a que vous qui puissiez ouvrir. Vous l'accompagnez.

On est arrivé là. Dépêchez-vous.

Non, Cathy, non ! Cathy, non !

Cathy,

chérie, mon petit enfant.

C'est vous, Guillaume, même.

C'est vous qui l'a choisi.

Il voulait juste pour sa carrière.

C'est pour ça que vous l'avez piégé ? Mais il m'a trahi ! Quand je l'ai vu

devant son ordinateur avec Flora sur l'écran, j'étais dans la pièce à côté.

Vous croyez que je dormais ? C'était tellement sordide, il y avait cette

chaîne qui se déshabillait devant lui.

Il y avait mon père qui... qui allait vivre avec elle.

Je l'avais découvert, je ne pouvais pas le laisser faire ça.

Je n'avais que lui.

Alors je l'ai tué, quel salope ! J'ai enfoncé le couteau et j'ai regardé dans

les yeux.

Je voulais juste qu'elle se fasse de ma vie.

Et elle est toujours là.

Vous avez décidément tous les talents.

Étonnant qu'il n'a rien de virtuel.

C'est quoi ? Surprise.

La question, c'est vous voulez nous tuer maintenant ou tout de suite ? TGV, c'est

une bonne base.

Tequila, gin, vodka.

Je me suis laissé dire que ce breuvage avait des qualités aphrodisiaques.

Ça tombe très bien parce que moi j'ai une meute d'enfant à faire à Mario et il

nous reste peu de temps.

Un discours ! Un discours ! Un discours ! Un

discours ! Un discours ! Vous savez, moi, les mots, je préférais les

extorquer au suspect, mais là, je tiens juste à dire un truc.

C'est que maintenant, Sonia et moi, on part à la retraite. Et alors, merde,

vous allez me manquer beaucoup tous.

Et surtout toi, Jean-Louis, le meilleur ami de toujours.

Moi aussi, tu vas me manquer, mon pote.

Je te le confie, Sonia. T'en prends soin.

Et vous, Sonia, vous avez pas quelque chose à nous raconter sur cette... sur

cette sacrée histoire d'amour ? Moi, qui ai passé ma vie à éviter des flics, vous

voir tous réunis, j'ai impressionné.

Bon, alors, vous dire que vous allez me manquer, ce serait vous mentir.

Mais bon, je vous promets que je vais prendre soin de lui.

Le marchand !

Écoutez, maintenant que je pars, on peut peut-être se tutoyer, vous ? Bon, une

fois n'est pas coutume, alors... Allez, je vous embrasse.

T'es en train de penser à Polo, là.

J'espère que ça a marché avec Sonia.

Oui, j'espère.

C'est plutôt une fille bien.

Au bout de Jean-Louis, je crois qu'on se gourre tous les deux.

C'est plutôt un mec bien, il était plutôt une affaire, mais... Comme qui

dirait, je crois qu'on n'est pas sur la même longueur d'onde.

Je sais pas.

Peut-être.

Si tu le dis.

C'est pas ton avis ? Écoute, à 4h du matin, excuse-moi, mais j'ai du mal à

avoir un avis, là.

Franchement, moi, je...

T'as pas peur que je me fasse violer dans le quartier, là, à ce temps-là ?

Non.

Non.

Bon.

Ben, à demain, patron.

C'est ça, oui.

À demain, capitaine.

...

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