All language subtitles for La.Crim.S04E09

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Original subtitles

Ouais, Berger, tu m'appelles La Fluviale ? Ouais, nous sommes bons.

Prélèvement de flotte effectué.

Sylvain de Causserie, né en 75, 26 ans.

Bon, madame, au revoir, monsieur.

Au revoir.

Sympathique, cette petite promenade matinale, non ? Voilà, 6h du mat', je

suis pas très vert, moi.

Allez, aspire.

Un sourire, monsieur le substitut.

On l'a retrouvé la tête la première plongée dans les 30 centimètres d'eau du

bassin.

Pour l'instant, il est trop tôt pour dire si c'est un meurtre, mais vu à qui

on a affaire... De Causserie, ça vous dit quelque chose ? Oui, grand médecin,

ministre de la Santé, mais il est mort, non ? Il y a deux ans.

Son fils, Sylvain Causserie, 26 ans.

Il va recevoir aujourd'hui la Légion d'honneur donnée à son père à titre

posthume. On a retrouvé le carton d'invitation dans sa poche. Comme ça, il

laissera sa part de petit four.

Aucune échymoses, pas de contusions apparentes. La position initiale du

corps laisse supposer qu'il n'y a pas eu de lutte préalable au décès. La bouche

est ouverte, ce qui peut nous laisser supposer une mort par noyade.

Vu le passage, on va avoir du mal à trouver des traces et des entrailles.

Question, que faisait notre homme dans un jardin public, fermé à cette heure-là

au public ? Selon vous, comment est-il arrivé jusqu'ici ?

La escalade et les grilles ? Non, trop haute.

Elles viennent d'être repeintes, alors logiquement l'escalade aurait dû laisser

des traces sur ses vêtements.

Nous avons là un costume qui semble sortir tout droit du teinturier.

Berger, allez à cette adresse, c'est à deux pas d'ici.

Un épauleau avec vous quand il en aura fini avec le gardien.

Photo.

Réception IML.

Non, dès que j'ai vu ce pauvre type là de tronche dans la flotte, j'ai tout de

suite appelé la police.

Il était quelle heure ? 5h, 5h15, il faisait encore nuit.

Il veut commencer à 7h30.

On peut dire que vous aimez votre boulot, quoi.

Vous savez, ce jardin, je suis comme chez moi.

Il y a les clés à part.

Je crois qu'ils ont un jeu à la mairie, il y a les poulets.

Au commissariat aussi, ils ont un jeu. Le conservateur en a un, je crois que c

'est tout.

Dites-moi, quand vous êtes arrivé, vous êtes sûr que les portes étaient toutes

fermées ? Certains, et je me vois encore les ouvrir.

Non, je vois pas comment il a pu entrer, là, le pauvre.

Vous le connaissiez ? Non, pas vraiment, je le connaissais de vue.

Il venait souvent avec sa caméra, il restait planté des plombes, là, à filmer

les roses.

Polo ? On va chez la victime.

Oui, allez-y.

C'est un meurtre, hein ?

Cette surprenante concision dans votre propos, dépourvue une fois les pas

coutumes de toute remarque sarcastique et superfétatoire, m'enchante au plus

haut point, cher docteur Salinas.

Néanmoins, dans le cas présent, je serais tenté d'ajouter, mais encore.

Bah, vu la quantité d'eau qui va dans les poumons, c'est clair qu'il a essayé

de remonter plusieurs fois en essayant de se faire un bon coup.

On lui aurait maintenu la tête sous l'eau.

On lui aurait maintenu la tête sous l'eau, hein.

Mais... Le type a un peu picolé.

Ça l'a un peu gêné pour se débattre. Bien, heure de la mort ? Entre minuit et

trois heures.

Autre chose ? Oui, dis-nous.

Franchement, mon petit Michel, la prochaine fois, tu m'amènes quelque

chose de plus consistant. Il n'y a pas une égratignure, pas une goutte de sang.

C'est à vous dégoûter du métier, vraiment.

C'est-à-dire que vous auriez l'intention de raccrocher votre blouse au vestiaire

d'acteur Salinas ou est-ce que vous dites ça pour me faire plaisir ? Mais

non, mon petit Michel, je déconne.

C'est les épreuves pour votre concours ? Oui.

Dis donc, je ne savais pas que le niveau de culture générale était aussi balèze

pour passer commissaire. Ben oui, regardez le marchand.

Ah non merci, je carbure déjà la vitamine C, c'est l'enfer.

Alors, votre enquête ? Deux pièces terrasse avec vue sur le jardin au

cinquième étage. Oh, un rêve. Oui, Sylvain de Cosserie était architecte

paysagiste. On a retrouvé des plantes du jardin chez lui.

En fait, il y a trois mois, la ville de Paris a organisé un concours pour le

réaménagement des espaces floraux. Il bossait dessus.

Il avait même remporté une première étape du concours avec deux autres

cabinets concurrents. Comment vous savez ça ? Sa femme, elle l'attendait, on a dû

lui annoncer la nouvelle.

Vous me la convoquez ? Pas la peine, elle a tenu à nous accompagner.

Vous savez, c'est une fille qui a du cran.

Scandella vient de démarrer l'audition.

Berger ? Oui ? Date du premier code pénal.

Premier code pénal, j'ai un trou là.

C'est pas un trou, c'est une fosse.

Il n'est pas gagné votre concours, il faut vous mettre au boulot.

12 avril, 15h12, coloration bleutée du cœur.

chute des pétales externes. Et voilà, c'est la quatrième cassette constable et

c'est toujours la même merde. Mais Paolo, calme-toi, passe tes nerfs sur

ton psy, ça va plus.

C'est joli ça, qu'est-ce que c'est ? Le rouge patron.

Ah merci Paolo, oui, jusque-là ça va, oui.

29 juin, 15h12, coloration bleutée du cœur, chute des pétales externes.

Génial, ça va faire avancer le chemiblique.

Ces images, Capitaine Moreau, nous renseignent au moins sur une chose, nous

savons maintenant ce qui poussait la victime à passer son temps au jardin

muni de cette caméra.

On a trouvé ce matériel dans son appartement.

Matériel de pro, en tout cas. L'indispensable lorsqu'il s'agit d

'étudier des roses qui s'étiolent lentement.

Sylvain de Causserie cherchait à connaître la cause de leur mort

prématurée. Oui, le gardien nous a dit en effet qu'il y venait régulièrement

observer les roses dans la journée. Ça ne nous dit toujours pas ce qu'il y

faisait la nuit et sans caméra. Sa femme va peut-être nous éclairer sur ce

mystère.

Polo, vous êtes plus chez la paperasse et vous téléphonez à la mairie pour

connaître le règlement du concours auquel participait de Causserie. Ça m

'aura peut-être à voir avec son job.

Cisco ? Attends. Oui ?

Quand vous aurez un moment, retournez au jardin pour enquêter sur cette histoire

de Rose.

Allô, écoute-moi. Quand vous aurez un moment. Oui, mais... Oui, allô.

Attends, mais laisse-moi parler, écoute-moi.

Mais non, non, non, non. Larguer ton appartement, c'est pas une solution, c

'est une connerie, voilà.

Mais parce que... Parce qu'il est pas cher et que ça fait 15 ans que tu l'as,

voilà pourquoi.

Écoute, pour le fric... Pour le fric, laisse-moi faire, hein.

Je m'en occupe, d'accord ?

Je sais pas, je peux peut-être trouver un job le soir.

J'ai un pote qui tient la gérance d'un club, je vais le remplacer de temps en

temps. Je t'embrasse. Je t'embrasse, on en parle ce soir.

Je t'embrasse, bisous.

Pas le con, Cisco.

Un job dans le privé, tu sais ce que tu risques. Oui, je sais, me faire virer,

voilà, mais j'ai pas le choix et Marguerite a plus de fric.

D'accord ? Si elle lâche son appart maintenant, on fait quoi ? Merde !

Tout se passait bien entre vous ? Je sais, c'est... C'est un petit peu

indiscret, mais c'est important.

Sylvain et moi, on s'est mariés il y a un an.

On était vraiment heureux.

Mais vous ne viviez pas ensemble.

Si.

Mais si.

On vivait ensemble le prioré. Pardon ? Le prioré, c'était à 60 kilomètres de

Paris.

Alors quand Sylvain s'est inscrit à ce concours, je...

Je l'ai encouragé à louer un petit appartement près du parc.

Pour travailler, c'était plus pratique.

Il était sur place, vous comprenez.

Notre mari est à Paris et vous à la campagne.

C'est pas très pratique, ça.

On se voyait tous les jours.

Et hier soir ? Oui.

Oui, on a dîné ensemble.

Où, pourquoi, comment et avec qui y aller ? Dans un restaurant, pas très

loin du jardin. Je sais plus, non.

Sylvain est parti vers 23h, il était très fatigué.

Moi je suis restée un peu à table avec Axel avant de rentrer au priori.

C'est qui ce Axel ? Un ami.

Un ami à vous ou un ami à votre mari ? Un ami commun.

Axel participe aussi au concours sur le réaménagement du jardin.

Si je comprends bien, votre mari et lui étaient concurrents. Dans les faits,

oui.

Mais ils sont amis surtout et...

Axel n'aurait jamais rien fait contre Sylvain.

Madame de Causserie, Cécile.

Ça serait vraiment important qu'on lui parle.

Il doit être la dernière personne à avoir vu Sylvain vivant.

Où est-ce qu'on peut le trouver ?

T'es content ? Nathalie a l'air d'aller mieux.

Ouais, sa cure de désintox s'est bien passée.

C'est pas gagné, avec la CAM, tu peux reponger vite fait.

Oui, mais fais-lui confiance.

Elle t'aime, t'es son modèle. Plus tu lui feras confiance, plus elle aura

envie de s'en sortir.

Dis-donc, t'as l'air de t'y connaître, toi, si tu es en rapport filio.

Qu'est-ce que t'attends pour faire des gosses ? Le père.

Bon, si y a que ça pour te rendre service.

Fais gaffe, je pourrais te prendre en moute.

Ça, il est là, le mec.

Qu'est-ce qu'il fout là, Cisco ? Il veut interroger les jardiniers.

Bonjour.

Je vous présente Axel Bellet, qui est le conservateur du parc.

Commandant Vallon, capitaine Scandella.

Monsieur Bellet, nous sommes passés à votre cabinet.

Vous êtes aussi architecte ? Je suis avant tout architecte paysagiste, mais

de longues études onéreuses m'ont obligé à cumuler les jobs, d'où ma place de

conservateur ici. Monsieur Bellet m'expliquait qu'il a lui-même inventé

cette variété de roses blanches.

Ah, celles que Monsieur de Causserie passait son temps à filmer ? Oui, c'est

la rose de midi.

Elle a la particularité de se colorer très légèrement de bleu lorsqu'elle est

exposée au rayon du soleil. Excusez-moi, en tant que conservateur du parc, vous

avez certainement un jeu de clés ? Oui, bien sûr.

Vous ne les auriez pas prêtés à votre ami pour qu'il puisse rentrer dans le

parc la nuit dernière ? Non.

Pourquoi j'aurais fait ça ? Parce qu'il a bien fallu pourtant que quelqu'un lui

ouvre. Je ne sais pas comment il s'est débrouillé.

Toutes les portes s'ouvrent avec une seule clé.

Numéroté répertoriée. Seuls les policiers du commissariat en ont une.

Et Roland.

Comment ? Roland, le gardien du parc.

Vallon ? Oui, Michel.

Ah, Roland, justement, nous en parlions avec M. Bellet.

Très bien, on arrive.

Décidément, ce jardin réserve bien les surprises.

M. Bellet, pouvez-vous nous suivre dans nos locaux ? La procédure exige que nous

prenions votre déposition par écrit.

Je touche plus à rien, moi. C'est fini, les conneries, je vous jure.

Et votre affection pour les substances narcotiques, telle l'héroïne, vous ont

tout de même mené loin, M.

Roland. Voilà la tire, deal de drogue dure, braquage dans un supermarché,

trois ans de prison.

Joli palmarès. J'ai payé ma dette, c'est du passé, tout ça.

Un passé surprenant pour un employé de la ville de Paris.

Où je ferais glos, maintenant ?

C'est le jable qui m'a eu ce boulot d'employé municipal, la preuve que je me

suis bien conduit.

Néanmoins, la présence d'un ex-repris de justice héroïnomane de surcroît sur les

lieux d'un crime a de quoi nous surprendre. On est en droit de se poser

des questions, voyez-vous.

Oh putain, c'est bien les flics, ça ! Je vous dis que ce type, je le connaissais

de vue ! Je peux rien vous dire de plus, merde ! Bien, où étiez-vous la nuit

dernière entre minuit et trois heures du matin ? Euh... J'étais au Cinoche.

Nom et adresse de l'établissement, heure de la séance, titre du film.

16. C'est à Pigalle.

Je crois, voyez-vous, que ce que M. Roland n'ose pas me dire, c'est qu'il

est allé voir un film à caractère pornographique.

Et ce n'était pas encore un crime, le saviez-vous ? Nom et adresse de l

'établissement. C'est le 6 coups à Pigalle, à porno.

Bon, qu'est-ce que je peux vous dire d'autre ? Vous avez déjà vu un film de

cul ! Pardon, madame.

Mais vous, vous savez ce que c'est ? Vous voulez peut-être aussi que je vous

raconte l'histoire ? Faites donc, monsieur Roland.

Je sais plus, moi, merde ! Ah si, au début, il y a des gars qui prennent une

gonzesse en stop sur la route pour la tringler, quoi.

Quel genre de route ? Départementale ? Nationale ? Chemin vicinal ? Autoroute ?

Pourquoi,

depuis près de trois mois...

Votre ami venait dans le parc filmer vos roses. Pourquoi cette obsession ? Ça le

rendait malade de voir les points mourir les uns après les autres. Il voulait

absolument découvrir de quoi il souffrait.

Il aimait cette fleur. Mais ça veut rien dire, ça non plus.

La rose de midi, c'était votre création. C'était à vous de faire les recherches,

non ? Comment vous expliquer ? Les roses sont des fleurs fragiles. Elles peuvent

attraper des tas de maladies. On peut mettre des mois avant de découvrir le

point faible d'une variété.

Entre le concours et mon travail au jardin, j'avais pas assez de temps pour

m'y intéresser.

Bon. Merci pour cette petite leçon de jardinage, monsieur Vallée.

Mais de rien, monsieur.

Si vous le permettez, à mon tour de faire une petite démonstration.

Hier soir, après le dîner, vous décidez d'aller vous balader dans le parc avec

votre concurrent, histoire d'aller voir à minuit l'état des roses de midi.

Une fois sur place, vous essayez de convaincre de ne pas participer au

deuxième tour du concours, pour vous laisser plus de chance.

Après tout, De Causerie est un homme riche. Il possède son propre cabinet d

'archi, alors que vous, vous avez trimé pour en arriver jusque-là.

Et le concours vous ouvrirait des portes, jusque-là, fermées.

Évidemment, Sylvain refuse.

Vous êtes un petit peu bourré tous les deux.

Vous bousculez, il te rébuge dans la fontaine et là vous en profitez pour lui

maintenir la tête sous l'eau.

Donc si je vous suis bien, j'ai tué un ami parce qu'il passait le même concours

que moi.

Justement dans le jardin où je travaille parce que c'est plus pratique.

Vous me croyez plus malin quand même.

Mais ça, ça veut juste dire que le crime n'était pas prémédité.

Et ça, vous assise, très bon pour vous.

Arrêtez là, c'est ridicule.

De toute façon, j'ai passé une bonne partie de l'année au multicolore.

Là, il n'y a pas ce cliché.

Salle de jeu maintenant.

Un tripot en fumée, bourré de chinois et de corse qui joue en se peintant à la

bière. Ben oui, mais c'est pratique aussi comme alibi vérifiable.

Écoutez, faut une carte pour entrer. Hein ? Je vais arriver là-bas vers 11h,

je dois repartir vers 3h30, 4h, vous n'avez qu'à vérifier.

On va se gêner.

Hein ? On va se gêner.

C'est bon, je peux partir là ? Mario ?

Qu'est-ce que tu fais là ?

Tu m'as dit que tu passais ta soirée à interroger un suspect.

Je voulais te faire une surprise pour égayer un peu cette soirée.

Manifestement, je vois que tes plans ont changé.

Non, non, non, c'est pas ça, mais... Mais ? J'allais vérifier un alibi.

Brune ou blonde, ton alibi ? Mario, je vais au multicolore. Voilà, place de

clichy.

Je me suis dit que... Tu t'es dit que j'allais vouloir t'accompagner.

Évidemment, une flambeuse comme moi.

T'as peur de quoi ?

Que je puisse pas résister, que je me jette en transe sur le tapis vert, c'est

ça ? Franchement, Mario, je trouve pas que ce soit le meilleur endroit pour t

'empêcher de... Je te l'accorde, mais ce qui m'exaspère, c'est que tu m'aies

menti. Parce que là, tu vois, je me sens beaucoup mieux.

Tes marques de confiance me feront droit au cœur. Excuse-moi, excuse-moi, ok ?

Excuse-moi.

D'accord ? J'ai rien dit.

Bon, alors, je sais pas... Est-ce qu'avant d'aller manger un petit morceau

à Montmartre...

Ça te dirait de faire un petit détour avec un super flic dans un flippo de

troisième zone ? Tu vois que tu sais trouver les mots quand tu veux.

Mais t'inquiète pas, je suis sevré maintenant.

Sympa l'armiste de médaille.

Pas très rock'n'roll mais assez touchant.

La légion d'honneur posthume pour Cosriper et un petit laïus sur le fils.

Et à part ça ? À part ça, d'après les amis de son père, Sylvain était quelqu

'un de plutôt sympa, bien dans sa tête.

Une jeunesse dorée au priori, la maison de famille.

Après la mort de Madame de Causserie, le père de Sylvain ne s'est jamais remarié.

Il a préféré se consacrer à son fils.

Il lui a légué sa fortune aussi.

Ça veut dire que Sylvain n'avait pas vraiment besoin de bosser.

Ah non, vu ce que son père lui a laissé, il n'était pas vraiment dans le besoin.

Alors en fait, il avait deux passions dans la vie.

Sa femme et son boulot d'architecte paysagiste.

C'est elle qui est venue ? Oui, mais d'après les témoignages, mariée depuis

un an et très heureuse.

Dans le mariage, des raisons de se buter, c'est pas ça qui manque.

Oui, toujours cette belle vision idéale du couple. C'est sympa, tu m'as un peu

plombé ma soirée.

Allez, bonsoir.

Depuis que je révise.

Bonne chance.

Merci.

Il y a quelque chose qui ne va pas, Jean-Louis ? Je viens d'avoir ma fille

au téléphone.

Elle passe la soirée à la maison avec des copines, des filles de son ancien

bahut. C'est ce qu'elle dit.

Évidemment, elle préfère que je passe la soirée dehors.

C'est normal, père rabat-joie, c'est chiant.

J'espère qu'elle ne va pas en profiter pour... Bon, allez, lâche-la un peu.

Si elle change d'univers, c'est pas mal, non ? Alors, tu fais quoi, toi, ce soir

? Paulo voit son psy...

Si Siku vérifie l'alibi d'Axel Belé au multicolore, alors je sais pas. Moi

aussi j'ai un alibi à vérifier.

Celui de Roland.

Le Siku à Pigalle, tu connais ? Tu veux aller voir un film de cul ? Oui.

Tu m'accompagnes ? Je t'invite.

Euh, ouais.

Qu'est-ce qu'on fait, on y va ?

Non, chez moi, c'est peut-être le bordel, mais chez toi, c'est carrément

les putes.

C'est quand même pas de bol pour Roland.

Depuis qu'on sait que le cinéma qui lui sert d'alibi est fermé depuis huit

jours, c'est moche.

C'est pas de bol pour Roland, mais c'est bon pour nous.

Je vais dire à Michel de le remettre sur le grill.

On va fêter ça.

Je sers de toi.

Oui, Nat, c'est moi, ça va ? Ouais.

Non, non, là, je suis chez Vallon.

D'accord.

Bon, bah, de toute façon, j'essaierai de te rappeler... Alors ? Alors, je lui ai

dit que j'étais chez toi et elle m'a dit d'y rester, voilà.

Eh ben, en toi utile, ou la bouteille.

Trois heures du matin, elle s'est toujours occupée. C'est pas possible,

elle a mal raccroché.

Il faudrait peut-être qu'on dorme un peu, non ? Si tu veux, j'ai...

Je crois que j'ai deux ou trois pornos en réserve.

Ils datent un peu, mais bon... Avec un petit porno, t'en a l'intention ? Oui, c

'est... C'est direct.

Efficace.

Hein ?

Remarque, on a peut-être pas besoin d'un porno, qu'est-ce que t'en penses ? Je

crois pas, non.

Non, hein ? Non.

Ça y est ! Ça y est ! J'ai obtenu un nom lieu.

Tant mieux.

Alors je t'annonce que je suis terrée d'affaires, c'est tout ce que ça te fait

? Non, je suis heureuse pour toi, maman. Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

Faut que j'aille bosser.

Tu sais, c'est grâce à ton ami Maître Chotan, hein, si je suis libre.

Je sais, oui, c'est quelqu'un de bien.

Mais toi aussi, t'es quelqu'un de bien.

Tu sais, je suis très fière de toi.

Non, je savais pas.

Tu mérites ce qu'il y a de mieux, tu sais.

Bien, je vais te présenter les gens avec lesquels je travaille.

Je vous présente ma mère, le commandant Vallon, mon chef de groupe.

Le capitaine Scandella ? Tu sais, je t'en ai parlé, Scandella. Oui, vous

travaillez avec ma fille, n'est-ce pas qu'elle est formidable ? Oui, oui.

Je ne devrais pas rester toute seule, tu sais. Maître Chotan et toi, vous êtes

fait l'un pour l'autre.

Épouse-le.

Vous connaissez Maître Chotan ? Chotan ? Oui, oui, on l'aime beaucoup.

On l'adore, même.

Bien. Au revoir, madame. Au revoir. À tout à l'heure.

À tout à l'heure.

Merci. Bon, ben...

Je te laisse. Ah bon ?

Ah,

Michel, c'est lui ? Loin sans faux.

Certes, Roland a menti. Il s'est inventé un alibi en raison de son passé

criminel, m'a-t-il dit.

Et maintenant, il prétend avoir passé la nuit dehors à se promener seul.

Mais détail important, depuis quelque temps, il dort dans l'un des cabanons du

parc, son propriétaire l'ayant remercié.

Ah, mais c'est interdit, ça.

La mairie est au courant ? Non, sinon, il aurait été licencié, voyez-vous.

Si Decauserie est au courant, il a peut-être pu le balancer, non ? Moi, je

vois pas Decauserie décrit comme quelqu'un de gentil, riche, amoureux des

roses. Elle a dénoncé ce pauvre type parce qu'il piote dans le parc. Non, c

'est vrai.

Et Axel Bellet ? Il était bien multicolore le soir du meurtre. Sa carte

de club a été enregistrée. Bon, un suspect qui a un alibi contre un suspect

qui n'en a pas, je suis une grande fille toute simple.

Je m'acharne d'abord sur le deuxième.

Continuer à creuser du côté de Roland. Et vérifier aussi l'alibi de la femme de

Causserie. Jean-Louis, tu t'en occupes ? Ça va aujourd'hui ?

Bon, on y va ?

Madame de Cauchery est arrivée vers minuit avec sa voiture.

J'habite la maison forestière, là.

De là, je vois tout ce qui se passe.

Personne ne peut rentrer et sortir sans que je le voie.

Pauvre monsieur de Cauchery.

Je me disais bien qu'un jour, tout ça finirait mal.

Vous pouvez préciser, monsieur comment, d'ailleurs ? Charles.

Appelez-moi Charles.

Ce que j'en dis, c'est que Sylvain et Cécile, C'était pas du même monde.

Elle, c'était la fille de Marthe, la cuisinière du Père Causserie.

La pauvre. Elle aussi a mal tourné.

C'est-à-dire ? La cuisinière était veuve.

Et un jour, elle a eu une aventure avec un bouseux du coin.

Enfin, c'est ce qu'on a dit.

Mais tout le monde sait que le petit, il était du Père Causserie.

Alors le gosse, il a fallu le faire passer.

Et Marthe s'en est jamais remise.

A peine deux mois après, elle est morte.

C'est bien triste.

Apparemment, le fils de monsieur ne voyait pas les choses comme son père.

Lui, il a épousé Cécile, bien qu'elle ne soit pas du même monde que lui.

C'est parce qu'il a fait de mieux, la preuve.

Vous voyez comment il a fini.

Ils avaient quand même une drôle de vie, tous les deux.

Surtout ces derniers temps.

Lui n'était jamais là.

Elle, elle recevait son ami, Axel.

Axel... Axel Bellet.

Oui, un garçon pas très agréable d'ailleurs.

Un roturier, lui aussi.

Enfin bref, le pauvre Sylvain, il n'avait pas l'air de se rendre compte de

grand chose.

Il est même devenu copain comme cochon avec lui.

Oui, mais dites-moi une chose.

Pendant les absences de Cosserie, est-ce que Belay venait ici à ses dénuits ? Un

nombre de fois où c'est arrivé.

Je sais que c'est Charles qui vous a raconté tout ça.

Cet être misérable a toujours colporté des ragots.

Madame de Cosserie, tout ça c'est peut-être des ragots, mais nous, on peut

croire que vous y avez cru un jour.

Ce qui vous aurait donné de bonnes raisons de détester la famille.

Le père d'abord, le fils ensuite.

Alors, on l'épouse, on se fait mettre sur l'héritage et un soir, on va se

promener dans un parc après un dîner bien arrosé.

Comment expliquer à un homme à la vision si étriquée une histoire d'amour ?

Mais j'ai peur que la tâche ne soit impossible.

Je me contenterai de vous dire que j'aimais Sylvain.

J'aimais mon mari.

Épouser la fille de la cuisinière dans ce genre de milieu, c'est quand même pas

banal, vous en conviendrez.

Ça vous a fait quoi le premier jour où vous êtes devenue Madame Deux Cosserie ?

Je vous parle d'amour et vous me parlez de lutte de classe ? Vous êtes tous

comme ça dans la police ou je suis tombée sur un temps d'amis de choc ?

Madame Deux Cosserie, vous n'êtes peut-être des flics bornés, mais vous,

vous ne répondez pas aux questions.

C'est parce que je n'ai pas été avec Claire.

Oui, tu as raison.

Je vais essayer de faire plus simple.

Votre relation avec Axel Belay, c'était juste un ami ou... Il y avait une petite

histoire de cul là-dessous ? Pardon ? Ah ben là, c'était clair, hein.

Axel Belay, vous l'avez bien rencontré il y a cinq ans, alors que vous étiez

apprenti jardinière pour la ville de Paris, c'est ça ? J'ai un tout petit peu

regardé sur lui.

Pas d'une famille très fortunée non plus, hein.

Il a fallu qu'il trime pour en arriver là, passer le concours.

Concours qui risquait de lui passer sous le nez.

À moi, évidemment, de se débarrasser... du bon Sylvain.

Le bon Sylvain qui voit le mal nulle part, qui laisse piéter son pote chez

lui quand il n'est pas là.

Peut-être que Sylvain, lui, il était au courant.

Quand vous couchez ensemble... Hé ! Quand vous couchez ensemble... Le bon

Sylvain... Il vous matait ou il participait ? C'est assez niable !

Commandant Vallon ?

C'est Berger.

Vous pouvez venir deux minutes ? Putain, vous trouvez pas que vous y allez un peu

fort, là ? Mais attends, elle est pas claire, cette fille.

D'abord, elle nous présente Axel comme étant un vague copain, après on se rend

compte que finalement, il a vécu avec eux pendant je sais pas combien de

temps. Plus cette histoire de famille, tu crois pas que ça fait beaucoup ? Oui,

bon, c'est possible, mais c'est pas une raison pour dégueulasser sa relation

avec son mari. Les histoires d'amour entre gens de milieux différents, ça

existe, figure-toi.

C'est pas en train de mélanger ton histoire avec Chotan avec celle des

Cosseries, toi ? Quoi ? Non mais tu délires, c'est pas toi qui serait en

train de tout mélanger, là ? Dis-moi, c'est...

C'est pour ton avancement que tu fricotes avec la chef de groupe ? Non

mais remarque, t'as raison.

La promo canapé, il n'y a rien de mieux, vraiment.

Je t'en mets à revertir.

Axel Belay, chez le marchand, il a entendu dire que Cécile de Cousserie

était dans nos locaux. Il est très en colère.

Mais on va laisser ça impressionner. Alors, vous deux, continuez d'interroger

Cécile en douceur. Et envoyez Polo en père qui est chez Belay. Au fait, il est

où Polo ?

Bon, Jean-Louis, si son psy est à deux heures de route, je sais pas, tu lui dis

d'en changer ou d'emmener avec lui sur l'enquête.

Enfin bref, qu'il se démerde.

Cisco, vous m'accompagnez ? C

'est

vrai qu'au début, j'ai eu beaucoup de peine à accepter ça.

Mais maintenant, c'est l'évidence, quoi.

Le divorce, c'est ce qu'il y a de mieux pour tout le monde, en fin de compte.

30 ans de mariage, ça use.

Mais je pense que des trucs comme ça, vous les voyez souvent, vous, non ? Bon,

plus de trois membres, ça n'arrange rien.

Surtout quand il y en a un qui est donc... Dites-moi, est-ce que... vous

avez déjà vu un père qui est fier d'avoir un fils pédé ?

Je vous ai posé une question, hein ?

Rallongez-vous, M.

Morand. Ah, du coup, c'est la première fois que j'entends votre voix.

Allons chez vous. Mais tiens, c'était quoi ? 75 euros ? Tiens, on entend des

merdes pareilles.

Mais c'est pas vrai.

Regardez toutes ces notes-là.

C'est moi qui les ai faites sur le dossier du concours de Sylvain. Et là, c

'est son écriture. Et j'ai mes erreurs sur mon dossier. Vous comprenez ce que

ça veut dire, ça ? Parfaitement.

Monsieur Decausserie vous a aidé à élaborer le meilleur dossier pour le

concours. Et vice...

Voilà, exactement.

On s'est entraidés pour avoir toutes les chances de te sélectionner ensemble pour

le second tour.

Mais du coup, il n'y aurait eu qu'un gagnant. Et si ça avait été votre... ami

? On s'en foutait.

Ce qu'on voulait, c'est que ça soit l'un ou l'autre.

Ça prouve bien que j'ai rien à voir dans sa mort.

Et sa femme non plus, merde ! S'il aurait été comme mon frère... Et Cécile

comme votre sœur ? Partager tout.

Enfin... Sylvain partageait tout ce qui était à lui. Il disait que c'était à

moi. Vous partagez quoi exactement ? Ses voitures, ses clubs de golf, sa belle

maison, sa femme ? Aviez-vous avec la femme de la victime les mêmes relations

qu'elles sont maries, Monsieur Bellet ? Cécile n'est pas quelqu'un...

Cécile n'est pas quelqu'un qu'on partage.

On l'aime... On l'aimait tous les deux.

Et cette belle relation durera depuis longtemps ? Depuis toujours.

Depuis qu'on s'était rencontrés.

Dites-moi, le vœu de fidélité commune prononcé par les époux lors de la

cérémonie nuptiale, qu'en faites-vous ? Ça n'avait rien changé, je suis désolé.

Non, ne vous excusez pas, il est si rare de rencontrer quelqu'un qui fait passer

la grandeur d'âme devant la jalousie, le condottisme ou l'inconcupissance.

Si vous aviez connu Sylvain,

Tous ses sentiments lui étaient étrangers.

Simplement, il voyait pas pourquoi se compliquer la vie avec des principes

quand on peut vivre simplement ce qu'on a à vivre.

Bien, lui était génial, hein ? Mais vous, vous, dans votre... Dans votre

fort intérieur, il y avait pas un petit peu de jalousie ? Si.

Si, au début, oui.

Je me demandais où ça nous mènerait, et très vite, j'ai compris que Sylvain

avait raison.

C'est si elle était d'accord, alors on... On se posait pas de questions.

Oui, et ben nous, on s'en pose quelques-unes.

Et pour commencer, pourquoi ne pas nous avoir raconté ça tout de suite ? Je

savais que vous alliez tout salir.

Tout transformer en une histoire sordide de jalousie d'argent. C'est bien ce que

vous êtes en train de faire, là, non ? On se calme.

Oui.

Berger ? Oui.

Très bien.

Bien, je résume.

Vous connaissez Sylvain depuis l'enfance.

À 20 ans, alors que vous décidez de suivre une formation pour devenir

jardinière, vous faites la connaissance d'Axel et vous le présentez à Sylvain.

Là, d'après les dires de M.

Bellet, le trio se forme.

Vous décidez de vivre ensemble une relation amoureuse à trois.

Sans jalousie, ni conflit.

C'est bien ça, Cécile ? Ouais.

Moi, on me raconte une histoire comme ça à la télé, j'y crois pas, pardon.

Faut comprendre, Sylvain, il fallait le connaître, c'était un homme à part.

Oui, à part, et plein de thunes aussi.

Dois-je encore m'abaisser à vous répondre pour vous dire que l'argent n

'avait rien à voir avec nous ? Toujours mieux que quand on en a pas.

Ce qui était votre cas avec Axel.

Vous vous êtes forcément dit qu'un jour tout ça pouvait s'arrêter.

Ces petites angoisses, ça vous a rapproché, vous et votre ami Axel.

Et ça vous a même tellement rapproché qu'un jour vous avez décidé de le buter.

C'est sordide ce que vous racontez.

Mais c'est logique.

Puisque tout roulait très bien entre vous trois, et que le mariage n'y

changeait rien, alors pourquoi vous avez épousé Sylvain ? Pour faire la fête.

Sylvain adorait ça.

C'était quelqu'un d'heureux, de généreux.

Il aimait recevoir.

Il avait un don pour ma vie.

C'est chaud, hein ? Faut

pas

un coup ?

Pour

juste un coup, c'est 75 euros.

D'accord.

Quelque chose me chagrine dans le comportement de la victime, que l'on

décrit comme un homme heureux, généreux, chaleureux, aimant la vie.

Alors pourquoi avait-il cette obsession quasi anormale pour l'agonie de la rose

de midi ? Même Axel Belles, son propre créateur, lui consacrait moins de temps.

Oui, quel rapport avec le meurtre, Michel ? Je ne sais pas.

Peut-être aucun.

Mais quelque chose dans l'agencement de ce puzzle ne s'emboîte pas bien, voyez

-vous. Je vais vous dire moi ce qui s'emboîte. C'est Axel et la jolie Cécile

qui complotent.

Pour buter le fils du ministre.

Vous connaissez un mec qui serait pas jaloux que sa femme se tape son meilleur

pote ? Moi, pas. Oh bah, simple question d'ouverture d'esprit.

Moi, l'idée ne me dérange pas.

Viens, en fouillant dans l'univers de Roland, tu permets de tomber sur ses

potes, des dealers.

Notamment deux qui se sont fait pincer la semaine dernière dans une rixe.

Vous devinez où ? Dans le parc où travaille Roland.

La police a embarqué tout le monde.

Ok, on creuse cette piste. On vérifie l'identité des dealers et on essaye de

connaître l'application du gardien.

énormément de monde, ça.

Oui, je vous remercie, c'est notre déjeuner.

Bien, nous avons la preuve que Sylvain de Causserie a effectué un

enregistrement vidéo de ces roses non noires dans votre cabanon, alors que

vous étiez en train de négocier avec vos revendeurs de drogue. Il a donc assisté

à la chose.

Mais c'est pas vrai. Mais vous connaissez les dealers.

Mais vous le savez bien qu'ils étaient en tourne avec moi.

Vous avez échappé aux forces de l'ordre, cette fois-ci.

Mais il vous restait un témoin gênant que vous avez oxy en le noyant.

Moi, c'est vrai.

Il m'a été là avec sa caméra.

Mais ce qu'il a vu, c'est pas ce que vous dites.

Je voulais pas que mes anciens potes se servent de mon cabanon pour leur dire.

Je voulais pas replonger. C'est pour ça que je me suis colqué avec eux.

C'est bien difficile à croire, voyez-vous.

Mais j'y étais pas dans ce putain de jardin la nuit du meurtre ! Ah bon ?

Alors après le cinéma fermé et la balade nocturne, vous nous avez trouvé un

nouvel alibi ? J'étais au multicolore cette nuit-là.

C'est Axel, le conservateur, qui m'avait refilé sa carte.

Pardon ? Oui, Barretti.

Comment ça ? Oui, je viens.

Vous prétendez donc qu'Axel Belay vous a confié, donné sa carte du multicolore le

soir du meurtre ? Non, il me l'avait refilée avant.

Il avait bien vu que je pensais dans le cabanon du jardin.

Il m'avait filé sa carte pour que je me distraîte un peu, quoi.

Le lendemain, quand j'ai découvert le cadavre, Axel est venu me voir.

Il voulait sa carte et que je vous dise pas que j'étais allé jouer.

Vous n'avez pas pensé que c'était lié au corps que vous venez de découvrir ? Ben

non, mais quand... Je pouvais savoir, moi.

Il a été chic avec moi, ce gars-là.

Il a rien dit pour le cabanon, mais pourtant, il a risqué son job, lui

aussi.

Mais je pouvais bien faire ça pour lui, non ?

Putain, Polo, t'as vu l'heure ? T'étais où ? Avec une pute.

Non. Ah si ? Journée tarif B. Entre mon connard de psy et ma partie de jambe en

l'air, 150 euros.

Bon Dieu, Polo ! Vous avez vu l'heure ? Vous étiez où ? Ben, je suis passé chez

Axel Bled. Ah oui, c'est ça. Je vous ai demandé une perquise, hein. Pas de

nettoyer la moquette.

Je vous envoie une minute.

Bien sûr.

Bon, je dirais pas grand-chose.

J'ai pris une photo, il y a Axel, Cécile et Sylvain. Ils ont les regrets, non ?

Voilà, madame.

La carte d'accès au multicolore d'Axel Belay numéro 4444. C'est un 9.

Sur cette photo, il portait la barbe, comme Roland l'apporte aujourd'hui. La

confusion entre les deux visages est plausible, voyez-vous.

Oui.

Nous n'avons plus la piste Roland, nous avons la piste Axel Belay. C'est un

meurtre prémédité. Le seul mobile possible, c'est le fric.

Mais ça suppose la complicité de Cécile ? Non pas.

Axel n'y est pour rien. Il n'était pas avec Sylvain cette nuit-là.

Vous ne pourrez pas le protéger, Cécile.

Et si je vous dis que c'est lui qui a passé la nuit au priori à ma place ?

Étonnant.

Parce que l'intendant... Charles a vu ma voiture, c'est tout.

Charles.

J'avais passé les clés à Axel en sortant du restaurant.

J'avais prévu de le rejoindre parce que...

Parce qu'avec ce concours, j'ai passé beaucoup de temps avec Sylvain et moi

avec Axel.

Je voulais qu'Axel sache que rien n'avait changé entre nous.

Vous n'êtes pas allée au prio, c'est ça ? Non, parce que Sylvain, il n'avait pas

l'habitude de boire.

Je le sentais mal.

Je suis allée le rejoindre dans son appartement.

Il m'a dit qu'il voulait être seul.

Il est parti se promener, je l'ai attendu.

Il n'est jamais revenu.

En admettant que vous disiez la vérité, Cécile, c'est vous qui allez être

accusée du meurtre de votre mari.

Vous l'avez vu boire, vous l'avez suivi dans le jardin.

Quand vous l'avez vu près de la fontaine où vous êtes approchée, vous lui avez

maintenu la tête sous l'eau.

Non, non.

Mais même en prenant le meurtre de votre mari sur vos épaules, vous ne

parviendrez pas à couvrir Axel.

Lui seul a pu ouvrir les grilles du parc.

Axel avait donné les clés à Sylvain.

Mon mari voulait...

Il voulait voir les roses.

Les roses de midi.

Il était chaud.

C'est quelqu'un d'autre qui l'a tué dans le parc.

Vous savez très bien que c'est faux.

Axel était au courant pour le meurtre.

Sinon, pourquoi avoir demandé au gardien de mentir sur son alibi ? En faisant ça,

il consolidait le vôtre, le prierait, le sien, le multicolore. Deux alibis, deux

alibis parfaits.

Pour un meurtre.

Dommage. Pour un peu, j'y aurais cru.

Pas une seconde, moi.

La pièce du mobile qui nous manquait pour que le puzzle soit complet, le

dossier médical de la victime.

Depuis le début, nous nous trompons de mobile.

Jour après jour, semaine après semaine, Sylvain de Causserie venait filmer l

'agonie des roses de midi.

Étrange obsession pour un jeune homme de 26 ans.

À moins que... Quelle est l'image que nous regardons le plus souvent ? La

nôtre.

Soit au matin dans le miroir de la salle de bain, dans le reflet d'une vitre.

Ailleurs, c'est précisément ce que Sylvain faisait.

Ce ne sont pas les roses de midi qu'il observait, mais lui-même.

Et dans leur dépérissement, la métaphore de sa propre mort à l'œuvre.

J'ai ici le dossier.

médicale de la victime, Sylvain de Cossu, était atteint de la maladie de

Creutzfeldt-Jakob.

Impossible à détecter sans une autopsie ciblée.

Tout aussi difficile à dissimuler, à cacher, à la femme qu'on aime.

Vous saviez que votre mari était malade ? Oui.

Je savais qu'il allait bientôt mourir.

Pourquoi vous ne m'en avez pas parlé ? La réponse est là, dans ce

silence.

Si Mme de Causserie et M. Bellet ont caché la terrible maladie de la victime,

c'est qu'elle est liée au meurtre, n'est-ce pas ? Mais on savait que

Sylvain allait mourir dans six mois.

Cécile venait de l'épouser, elle héritait de tout, alors pourquoi on l

'aurait tuée ? Précisément parce qu'il allait mourir dans six mois.

Parce que la maladie commençait à le faire souffrir, horriblement.

Et que cela vous était insupportable, parce que vous l'aimiez tous les deux.

Sylvain m'a épousée pour nous léguer sa fortune, Axel, moi.

Il voulait qu'on l'aide à partir.

Dès que les signes de la maladie apparaîtraient vraiment.

Et ces signes sont apparus ? Oui.

D'abord des maux de tête, des malaises.

Puis des troubles moteurs, parfois il ne maîtrisait plus ses gestes.

Et cette nuit-là, ça s'est passé comment ? Sylvain...

A demandé les clés du pack à Axel après le dîner.

Il voulait voir les roses.

J'ai dit à Axel de rentrer au priori.

Je voulais rester seule avec mon mari. Il avait l'air tellement mal.

Vous l'avez suivi jusqu'au jardin ? Oui.

Jusqu'à la fontaine.

Quand il s'est baissé pour se rafraîchir, il est tombé. Alors j'ai

maintenu sa tête souvent.

Il a presque pas résisté.

C'est comme s'il m'implorait de le faire.

Puis vous avez appelé Axel.

Au priori.

Cécile voulait appeler la police.

Moi, je suis rentré pour l'endiffader.

J'ai refermé la grille du parc et... On est restés ensemble jusqu'au matin.

C'est moi qui aurais dû faire ça.

C'est moi qui aurait dû faire mourir Sylvain.

J'aurais dû laisser Cécile en dehors de ça.

Connaissez-vous l'étymologie du mot « euthanasie » ? « Euthanatos

» en grec, ce qui signifie « la mort heureuse ». C'est précisément ce que

vous avez tenté d'offrir à Sylvain, vous et Cécile, au lieu des terribles

souffrances de la maladie.

Euthanasie.

N'oubliez pas ce mot aux essais, s'il vous plaît.

Soyez courageuse.

Putain de merde, il y a des jours quand même.

On aimerait bien ne pas boucler les enquêtes.

Cette histoire ne m'a pas vraiment ouvert l'appétit, mais un japonais, ce

soir, ça te branche ? Merde, vraiment, ce soir-là, je ne peux pas.

Bon, ben, alors, dodo, histoire de récupérer.

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