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Original subtitles

...

- Je peux vous aider ? Ça a pas l'air d'aller.

...

- Ça va ? - Et toi ?

- Ouais.

- Ça va ?

- Bien. Et toi ?

...

- Vous nous dites pourquoi on est là ?

- Homicide. - l'homicide de qui ?

- Pourquoi, t'en as buté plusieurs ? - Ah, quand même.

- Ça te fait marrer ?

On commençait à s'inquiéter, maître.

- J'en doute pas. Quel est le motif de la garde à vue ?

- Le meurtre d'un policier.

- Où puis-je parler à mes clients ? - Vos clients ?

- Je défends les 2 frères, oui.

- Je crois pas. Prenez-en un, filez l'autre à un confrère.

- Qui s'occupe de la défense ?

- Avec un avocat, ils vont ajuster leurs versions.

- On doit les interroger en parallèle.

Vous pourriez calibrer leurs versions.

- 2 mis en cause, 2 avocats. - C'est une nouvelle circulaire ?

- J'appelle la permanence du Conseil de l'Ordre ?

On peut s'éviter ça, non ? - Appelez-les.

- Pardon. Merci.

- Regardez devant vous.

- L'avocate ne devra se dessaisir

que si un des 2 frères accuse l'autre.

Sinon elle peut défendre les 2.

- Super... - Je peux enfin les voir ?

- (T'inquiète, ça va aller.)

...

- Les flics de la BAC, je les connais de vue.

Mais lui, je le connais pas.

- Par contre, lui,

il vous connaît.

Regardez.

Regarde, là, aussi. - Je fais rien de mal

sur les photos.

- Pourquoi il te suivait ? - Je sais pas.

Je me tiens à carreau.

- On te parle d'un policier qui a été tué et décapité.

Il était sur ton frère

et sur toi. - C'est à vous

de savoir.

- Pourquoi a-t-on pris ces photos ? - Vous n'avez pas à intervenir.

Dis pas que tu connais pas,

vous êtes sur les photos.

- Pourquoi on nous suit ?

On pourrait porter plainte.

- Que faisiez-vous

dans cet immeuble ? - Je sais plus.

- Tu sais plus ? Vous y êtes pourtant allés plusieurs fois.

- On a dû aller voir une famille. Si y a un problème avec un gamin

à la boxe

ou à l'aide aux devoirs,

on va voir la famille. - Tu fais de l'aide aux devoirs ?

C'est bien... - Je suis président de l'assoce.

Je l'ai montée.

- Waouh, nickel.

Les baskets saisies

chez vous, c'est à qui ?

- A mon frère. - Pourquoi

y a du sang, dessus ?

Regarde.

Ça vient d'où, ça ?

- J'en sais rien.

- C'est mes baskets, ouais.

- Et ces traces de sang ? - Un chien a voulu me mordre.

Mon coup lui a ouvert les babines. - C'était quand et où ?

- En face de la salle de boxe. Je sais pas à qui

était le chien, il traînait sur le parking.

- Cet immeuble, tu le connais ?

- Ouais, c'est Cléry, ça. Vers la salle de boxe.

- Que faisiez-vous là-bas

avec ton frère ?

- Vous nous avez pris

en photo ? - Alors ?

- L'immeuble menaçait de s'effondrer et les gens voulaient rester.

La mairie nous a demandé

de les faire partir. - Elle aurait pu appeler

la police. - On fait pas peur.

Les gens nous connaissent.

On discute, on les écoute...

Ils savent qu'on est cool.

Désolé de dire ça, mais...

avec la police, ça se passe toujours mal.

- Mais avec vous, l'évacuation s'est faite dans le calme ?

- J'étais coincé dans mon milieu, éduqué à détester les autres.

J'ai boxé

pour décharger ma haine.

Dans mon club, on est tous mélangés.

Rebeus, renois, babtous...

Tous ensemble, on est solidaires.

On nous respecte pour ça.

- On a trouvé ça chez toi dans un sac plastique, c'est à qui ?

- A ma femme.

- C'est son sac à main ?

- Désolée, je sors encore de mon silence,

mais ça a un rapport avec l'homicide ?

- Si vous continuez, je vous sors.

- C'est bon, je peux y aller ? J'entraîne les cadets, moi,

tout à l'heure.

...

On frappe.

-Il y a quelqu'un pour vous.

- On peut se parler ?

- Qu'est-ce qui se passe ?

- J'ai été violée.

Non, non, ça va.

- Tu veux t'asseoir ? - Non.

- Tu... tu l'as vu ?

Tu saurais le reconnaître ?

- Je me souviens de rien, je me suis réveillée au port de l'Arsenal.

Hier,

après l'audience,

je suis allée dans un bistrot en face du palais, y avait un pot.

J'ai bu un verre ou deux

et après, c'est le trou noir.

Quand j'ai rouvert les yeux,

j'avais la culotte baissée, plus de collants, plus de chaussures

et la certitude d'avoir eu un rapport.

- Ça ressemble à un viol au GHB.

Ça efface les souvenirs et ça rend obéissante.

- C'est ce que je me suis dit. - Tu t'es lavée ?

Tes vêtements aussi ? - Non, ils sont chez moi.

- Mets-les à l'abri de la chaleur et de la lumière.

Allons les chercher. - Non, je vais le faire.

- Tu dois voir un médecin. Le GHB reste 24h dans le sang.

- C'est inutile, je porte pas plainte.

- Mais c'est indispensable.

- Je veux juste savoir qui m'a fait ça.

- Pas sans plainte.

- Ce sera pas ta 1re enquête

en off.

- Pour demander

les prélèvements, j'ai besoin

d'un cadre d'enquête. Sinon, je peux pas agir.

- Tu ferais quoi si ça t'arrivait ? Tu voudrais qu'on le sache ?!

J'ai que mon travail dans ma vie !

Qui confiera sa défense à une avocate

qui s'est fait violer ?

- Je voudrais pas que ça se sache, mais j'aimerais que quelqu'un

m'aide à parler.

Le 1er pas pour remonter la pente, c'est la plainte.

Ce sera traité confidentiellement.

- Au parquet ?

Fais-moi rire.

...

- OK, merci. On se voit demain ?

Alors, t'as réfléchi ? Tu fais toujours cavalier seul ?

A tout à l'heure.

Où est mon client ?

- Je sais pas.

Sonnerie

- La cour.

- L'audience est reprise.

- Ça va ?

- Ouais.

- Vous pouvez vous asseoir.

On m'a informée que le prévenu R. Lamanac a attenté à ses jours.

Il est hospitalisé. -Il va comment?

- Un 1er avis a été rendu sur son état.

Ça semble bénin, puisqu'il pourra être là dans l'après-midi.

L'audience est donc suspendue jusqu'à 14h.

- On t'avait rien dit pour ton client ?

- On est toujours les derniers au courant.

- Que se passe-t-il ? - Vous avez entendu ?

Vous inquiétez pas.

Ça n'a pas l'air grave. On va s'informer.

- Didier.

Vous auriez la gentillesse de descendre me chercher un thé ?

- A la machine ?

Mais vous ne l'aimez pas. Je peux vous en faire un ici.

- Allez quand même m'en chercher un, je vous prie.

Marianne, bonjour, c'est François Roban.

Voilà, Marianne, je veux pas vous importuner,

mais j'aimerais vous voir.

J'aimerais vous parler. C'est un peu délicat. C'est personnel.

Vous auriez la gentillesse de me rappeler ? Merci.

Au revoir, Marianne.

- On fait pas fausse route avec les Camara.

- Pour l'instant, si.

Le labo a appelé, c'est bien du sang de chien sur les baskets.

Tiens, c'est l'ex de Mercier, Armelle Bihon.

Tu peux l'appeler ? Je dois filer à l'hôpital.

- C'est pour la petite, ça va pas ?

- Tant qu'elle est pas sortie de réa, on sait pas.

- Et pour les Camara, alors ? On annule la garde à vue ?

- Ben... faut se préparer à les relâcher.

- Laure...

Elle va s'en sortir, la petite. C'est une guerrière, comme toi.

- Tu trouves que je suis une guerrière ?

Elle soupire.

Ah, t'es là ?

Comment elle va ?

- Ils ont eu peur car la fréquence cardiaque a chuté.

- Ah bon ?

- Mais maintenant, ça va. Tout est rentré dans l'ordre.

Toi, tu tiens le coup ?

- Un peu mieux depuis que j'ai repris

le boulot. - D'ailleurs, t'as fait une bourde.

Avant de taper les Camara,

t'aurais dû consulter le fichier des objectifs.

- Vous êtes sur eux ?

Il acquiesce.

- On travaille sur un cambriolage qui a eu lieu dans le 11e.

Merde...

Un vrai truc de pros.

Ils ont démonté la porte blindée et ont embarqué le coffre-fort.

Un de nos indics les a désignés.

La perquise a rien donné ? - On aurait dû trouver quoi ?

- De l'or.

C'est bizarre.

L'indic aura été mal renseigné.

- Vincent, surchaussures.

Tu passerais pas au DPJ pour nous renseigner sur cette histoire ?

- Si tu veux, oui.

C'est bien que tu passes du temps avec ta fille.

-Il peut pas s'empêcher.

Elle a pas l'air très contente, là.

Elle rit.

- T'as ta petite main coincée,

Romy ? Elle fait des acrobaties. Oui, t'es pas contente.

Ça va mieux, ça, hein ?

Les petits pieds bien au chaud.

Voilà. Parfait.

- Je sais que tu te bats, ma petite guerrière.

Tu vas y arriver.

- L'audience est reprise.

Vous pouvez vous asseoir.

M. Lamanac, les médecins ont estimé

que vous pouviez être présent.

Quelle rémission...

- Mon client voudrait s'exprimer.

- Nous vous écoutons.

- Le cambriolage s'est pas passé

comme je l'ai dit. - C'est-à-dire ?

- J'étais d'accord pour voler les montres.

C'était facile. J'avais qu'à entrer et me servir. Mais son père

devait pas être là.

Quand il m'a vu, j'ai paniqué.

Il m'a attaqué. Je l'ai tapé avec son tisonnier.

-Il n'y a rien de nouveau.

- Je l'ai pas tué. Il était blessé, mais il respirait.

- Donc, il était sonné, mais conscient. Après ?

- Je suis sorti. J'ai appelé Thomas dans la rue.

Je lui ai dit que son père

était blessé...

- C'est faux !

- M. Weber, asseyez-vous

ou je vous fais évacuer.

Poursuivez.

- Il est monté. Je pensais qu'il appellerait les secours.

Mais pas du tout. Quand il est redescendu, il m'a dit: "J'ai fait"

"ce qu'il fallait,"

"je l'ai tué." - T'es un sale enculé !

- M. Weber.

- Doucement.

- Je vais te défoncer !

Enculé de ta race !

Connard !

Enculé de ta mère !

Elle halète.

...

- Bonjour, Marianne. - Bonjour, François.

Enfin, M. le juge.

- Non, François, c'est très bien.

Vous avez l'air en forme.

- Qu'est-ce que je vous sers ?

- Un Perrier, s'il vous plaît.

Comment ça se passe à Pontoise ?

- Bien, très bien. Je suis au parquet des mineurs.

Ça change.

Mais surtout, je suis près de ma fille et de ma petite-fille.

- Ah oui, c'est vrai que... que vous êtes grand-mère.

Merci.

Heu, Marianne,

pardonnez-moi de vous mêler à mes problèmes personnels,

mais on se connaît depuis longtemps

et je me suis dit que...

- Ne vous inquiétez pas, Didier m'en a parlé.

- Didier ?

Il est au courant?

-Il est comme moi, il vous observe.

D'ailleurs, c'est lui qui vous a conseillé d'aller voir un médecin.

- Vous croyez que je vous ai fait venir

pour vous parler de ma santé ? - Je sais pas.

Comme vous aviez ces saignements... - De quoi il se mêle, Didier ?

Non, laissez-moi plutôt vous faire écouter quelque chose.

Tenez.

*- Un ami a fait un malaise.

*- Votre adresse, s'il vous plaît ?

Votre adresse, monsieur ? *-4 rue Vieille du Temple.

Dernier étage.

- Cette voix, celle de celui qui appelle les pompiers,

elle vous dit pas quelque chose ?

- On dirait la voix du procureur Machard.

- Je savais que je pouvais compter sur votre clairvoyance.

-Il lui est arrivé quelque chose ?

- Désolé, mais je peux pas rentrer dans les détails de l'instruction.

Et votre petite-fille, alors ?

Elle s'appelle comment ? - Elsa.

Je crois que je vais partir. Je n'aime pas

prendre le RER quand il est tard.

Au revoir, M. le juge.

- Vous voulez bien nous laisser,

s'il vous plaît ?

Bon, vous êtes calmé ? -Il m'a accusé, je me suis défendu.

- En le traitant d'enculé.

- Elle l'a cru, la présidente ? - A votre avis ? Depuis le début,

elle pensé que c'est un meurtre prémédité.

- C'est lui qui l'a tué. - Dites-le.

Car on a pas le marteau et vous avez un vrai mobile. Tout vous désigne.

- Je risque combien ? - Cher.

Les commanditaires prennent plus.

- Et vous voudriez que j'avoue ?

- Je suis pas adepte de la vérité à tout prix,

mais avec la vérité,

vous pourriez vous en sortir.

Vous serez pas acquitté, mais si je parviens à démontrer

que les montres et l'argent n'ont rien à voir

et que c'est une forme de légitime défense, je pourrais vous sauver.

- Une sorte de légitime défense ?

- Bon, votre père

était un pervers, c'est ça que les jurés

doivent retenir. Il vous a humilié, manipulé...

Il vous a tellement fait souffrir

que vous avez voulu vous échapper. Vous n'aviez pas d'autre choix.

- Et si j'avoue et qu'on me donne pas de circonstances atténuantes ?

- Y a un risque.

Mais s'il y a une chose que je sais faire,

c'est raconter comment un père peut détruire

la vie de son enfant.

Porte

- Suivez-nous, on vous ramène.

- Essayez de vous reposer. La journée de demain va être longue.

- Le type qui s'est fait cambrioler avait 12 lingots.

Des petits. 250g.

Ça vous dit rien ? - Ben non. Et toi ?

- Non, non.

Mais pourquoi on irait pas taper une nouvelle perquise chez eux ?

- Y avait rien, on va perdre du temps.

- Peut-être qu'on a mal regardé.

- Ouais, qu'est-ce qu'on risque à y aller ?

Profitons des dernières heures de garde à vue.

Si y a l'or, on aura des billes contre les Camara.

Téléphone

- Allô ? Ouais, c'est moi.

- Comment ton indic connaît les Camara ?

- Ils sont clients chez lui. -Il a un magasin ?

- Une boutique de téléphonie.

Bon, si vous trouvez l'or, il est pour moi.

- T'inquiète, t'auras ta part. Tu veux combien de lingots ?

- Bon, vous allez chercher les vedettes, Tom et JP ?

- Salut. - Ça va ?

- Bien.

- Bon, allez.

On fouille partout. Ce coup-ci, on repart pas bredouille.

- Je vais faire le bas. - Non, tu connais le haut.

Hé, merde.

Merde !

Pourquoi c'est pas là ?

...

- Alors ?

- Oh. - T'as trouvé quelque chose ?

- Rien. Rien du tout.

- Nous non plus. - Et Tintin ?

- Rien non plus. - Bon...

- Gilou ? - Ouais ?

- Ça va ? - Ouais.

Je continue, y a du boulot.

- Patron, vous avez 2 min ? C'est pour l'enterrement de Mercier.

Vous voyagerez avec nous ? - Je voyagerai avec mes hommes, oui.

Vous avez vu pour les fleurs ? - Le syndicat s'en occupe.

On voit avec le préfet si on peut lui rendre les honneurs.

Vous ferez un discours ? - Oui, de 2 min.

- Pour un collègue assassiné ?

- Tant que l'enquête n'a pas livré ses conclusions, restons prudents.

Je parlerai de son parcours exemplaire,

de son choix courageux de la BAC...

- J'ai pas compris pourquoi il avait demandé sa mutation.

-Il avait demandé sa mutation ? Quand ?

- Y a 3 ou 4 semaines. Vous saviez pas ?

Je pensais que vous aviez refusé et qu'il s'était mis en congé maladie.

- Merci de ce que vous faites pour Mercier.

- C'est normal.

- Ah, Roussel,

demandez au secrétariat si Mercier a fait une demande de mutation.

- Je m'en occupe.

- Si ça se trouve,

y a jamais eu d'or.

Va falloir trouver autre chose.

C'est ça, fais le malin, va.

- Didier.

On frappe.

M. le procureur. - Bonjour, M. le juge.

- Merci d'être venu. - Non, c'est moi.

J'avais manifesté mon intérêt personnel

pour cette affaire. -lnstallez-vous.

- Un thé ? - Volontiers.

- C'est du thé vert. - Mon préféré.

Merci.

Vous avez reçu les résultats de l'anapath ?

- Heu, pas pour l'instant.

Vous vous rappelez sans doute

que nous disposons de l'enregistrement d'un appel

au secours passé par une personne anonyme

depuis l'appartement de Nicolas Bodin ?

- Vaguement.

-Il semble établi que cet individu

était un client de Nicolas Bodin.

Le fils de votre amie se livrait à la prostitution avec des hommes.

La maman l'ignore aussi.

Je vais vous faire écouter l'enregistrement.

*-Les pompiers, bonjour. Quelle est votre urgence ?

*-Je suis avec un ami qui a fait un malaise.

*-Votre adresse, s'il vous plaît ?

Votre adresse, monsieur ?

*-4 rue Vieille du Temple.

Denier étage, porte droite. Faites vite.

*-Votre ami est-il conscient ? *-Dépêchez-vous.

- Cette voix vous dit-elle quelque chose ?

- Non.

Ça devrait ?

- Vous allez dire que je me fais des idées,

mais la personne à laquelle je pense, c'est précisément vous.

- Vous essayez de me faire rire ?

C'est tout à fait absurde.

- C'est ce que je me suis dit.

Parce que la situation serait aussi improbable...

que choquante.

C'est pour ça que j'ai voulu m'entretenir avec vous

avant d'entamer quoi que ce soit.

- Enfin, Roban, vous perdez la tête ?

Vous croyez que c'est moi ?

- Ça me serait pas venu à l'esprit

si un autre fait ne m'avait pas mis la puce à l'oreille.

Votre mensonge sur vos prétendus liens avec Mme Bodin.

Cette dame

n'a jamais entendu parler de vous.

Il rit.

- Pardonnez-moi.

...

C'est plus fort que moi.

Puisque vous attendez une confession,

oui, je vous ai menti. Un peu.

En réalité, c'est un compagnon de ma loge maçonnique qui veut

suivre cette enquête. C'est un ami

de la famille. Vu votre aversion pour la franc-maçonnerie,

j'ai inventé ce lien avec Mme Bodin.

Ce n'est évidemment pas ma voix sur cette bande.

Vous n'y croyez pas vous-même,

sinon vous m'auriez convoqué officiellement, n'est-ce pas ?

...

Roban crie.

- M. le juge, ça va ? Vous vous êtes blessé ? Vous m'entendez ?

- Ça va, monsieur ?

- Vous vous sentez bien ? Ça va ? - Non, ça va.

- Laissez-moi vous aider. - Non, ça va, merci.

Ça va, merci. - Vous vous sentez bien ?

- Oui, oui. Oh...

Passez-moi l'enveloppe, s'il vous plaît.

- Tenez.

Allez, laissez-moi

vous aider... Mais si.

- Qu'est-ce qui vous prend ? Vous avez un truc à me demander ?

...

Je sais que d'autres juges le font, moi, j'ai pas l'habitude.

- De m'apporter des scellés cassés ?

- Non, de comparer les empreintes sur la tasse et sur la clé.

S'il y avait concordance, je vous demanderais une analyse officielle.

Si je me suis trompé, on aura évité un tapage inutile.

J'ai besoin de rapidité et de discrétion.

- Je sais garder un secret.

Je vous appelle. - Merci.

- Mme la présidente,

mon client souhaiterait faire de nouvelles déclarations.

- Décidemment, la nuit porte conseil.

M. Weber, levez-vous, s'il vous plaît.

Nous vous écoutons.

- Je savais que mon père était chez lui.

Rudy aussi le savait.

Quand j'ai vu le sang sur le blouson de Rudy, j'ai compris

qu'il l'avait fait. - Comment avez-vous réagi ?

- J'ai pleuré.

- Que pensiez-vous de votre père ?

- Je l'aimais et, en même temps, je lui en voulais.

- De quoi ?

- De pas s'intéresser à moi,

de bosser tout le temps. D'avoir jamais de temps à me consacrer.

- De ne pas vous donner d'argent ?

- Non. Quand il m'en donnait pas, c'était pour m'humilier.

- Ça vous mettait en colère ? - Non, j'avais l'habitude.

Après il se calmait et m'en donnait.

Parfois 200 ou 300 euros d'un coup.

C'était pour se racheter. Je pense qu'il s'en voulait.

- Mme la présidente, je ne crois pas

qu'on tue son père pour des montres ou une assurance-vie.

Encore moins à 17 ans.

- C'est pourtant bien de ça dont il est question.

- Thomas.

la cour doit entendre les raisons

pour lesquelles vous avez fait ça.

C'était pour quoi ?

-Il m'humiliait.

Il adorait ça.

- Comment vous humiliait-il ?

- Je sortais avec une fille du lycée,

Emma...

Mon père était jamais là dans la journée. On est allés chez lui.

C'était ma 1re vraie copine.

On a commencé à...

Mon père est rentré plus tôt.

Il nous a surpris dans la chambre, on était nus.

Il avait bu, ça se voyait.

Il a dit à Emma qu'elle était jolie.

Qu'il comprenait pas

ce qu'elle foutait avec moi.

Que j'étais un loser.

- Que quoi, Thomas ?

- Que je pissais encore au lit à 17 ans.

Je l'ai détesté, je voulais qu'il la ferme.

- Et qu'a fait Emma après ça ?

- Elle nous a traités de tarés et est partie.

- Et vous ?

- J'ai appelé Rudy. J'avais la haine contre mon père.

C'est là qu'il m'a proposé de le tuer.

Pour me rendre service.

- J'en ai terminé, Mme la présidente.

- Je peux savoir ce qui se passe, s'il vous plaît.

- Laurent est décédé de mort brutale.

Il a été assassiné.

Tu peux lui chercher un verre d'eau ?

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

Téléphone

- On peut vous poser quelques questions ?

- Bien sûr.

- Après votre rupture, Laurent s'est mis en arrêt maladie. C'était lié ?

- Je crois pas. Quand je lui ai dit que je voulais qu'on arrête...

...

Il a à peine réagi, il ne m'a pas rappelée.

Excusez-moi.

- Et vous, vous l'avez appelé ?

- Non, je sais pas, ça avait pas marché entre nous,

j'ai pas voulu insister.

- Votre dernière rencontre, c'était la rupture ?

- Oui. - Et il était comment ?

- Je vous dis, il était indifférent.

Franchement, il était peut-être même un peu préoccupé.

- Il a pas parlé...

Sonnerie

Vous pouvez pas éteindre votre truc parce que ça me...

D'un certain Bambi ?

- Bambi, non, ça me dit rien. C'est qui ?

Vibreur

...

- Pardon.

Oui, M. le juge.

- 2 perquisitions qui donnent rien, une garde à vue inutile,

du sang qui est pas celui de Mercier,

la piste des Camara nous pète à la figure.

- Mercier était sur leur dos depuis un bail.

- Pour des raisons peut-être pas liées à sa mort.

Et l'audition de la fiancée ? - Bof.

Ils étaient plus ensemble. - Parfait.

J'aime quand les portes se ferment. On va se concentrer sur celle

qui me turlupine. - Laquelle ?

- La BAC de Cléry-sous-bois. Souvenez-vous,

avant le drame, l'IGPN enquêtait sur Mercier et son équipe.

- Ça a donné quoi ?

- Pas grand-chose. Des heures d'écoute d'un ennui épouvantable.

- C'est leur truc, à l'IGPN.

- Justement, je les ai lues une à une

et quelque chose m'a frappé.

Après le meurtre de Mercier, ses 2 coéquipiers en ont pas parlé.

- Ils se voient tous les jours,

pourquoi ils s'appelleraient pour en parler ?

- J'aimerais que vous les interrogiez.

- On comptait le faire.

- Que vous les interrogiez

comme potentiellement suspects.

Ce meurtre est peut-être lié à la duplicité de l'escouade.

- Je peux vous dire qu'ils sont réglos.

- Votre intuition ne suffit pas.

- Si l'IGPN a rien trouvé, y a une raison.

- Si ça vous gêne d'enquêter sur des collègues,

je m'adresserai à un autre service.

- On va le faire, M. le juge.

On va les convoquer.

- Oui, mais là, vous me montez une usine à merde.

Pardon. Excusez-moi. Roussel ?

- Pas de trace de demande de mutation de Mercier.

- Oui, on m'aurait prévenu.

Les syndicalistes, ils foutent la merde.

- Oui ? Ben, vous me demandez mon avis.

Oui, excusez-moi encore.

- Mme Mangin. - Faites-la entrer.

J'ai un rendez-vous. Je vous rappelle.

- Bonjour, commissaire. - Mme le maire.

M. le directeur de cabinet. Asseyez-vous.

Vous venez me parler de ce qui s'est passé ?

- J'ai su que 2 de mes administrés avaient été placés en garde à vue.

- Les frères Camara ? Ils ont été libérés.

- Les Camara sont impliqués dans la ville.

Ce sont des modèles.

Quand une arrestation a lieu, informez-moi.

- Cette enquête ne dépend pas de mes services.

- Votre prédécesseur m'aurait appelée. Que voulait-on aux Camara ?

- Je ne peux pas parler d'une enquête en cours.

- On devrait se concentrer sur les vrais problèmes.

Les vols à la portière

ou les vendeurs à la sauvette.

- La garde à vue des Camara, c'est l'affaire de la PJ.

En ce qui concerne ces nuisances,

j'en avais parlé à la réunion de sécurité.

Sauf erreur,

ces problèmes n'étaient pas dans vos chantiers prioritaires.

- La sécurité de mes administrés est une préoccupation essentielle.

- Vous avez supprimé la police municipale.

- On a un commissariat. Ça suffit.

Vous savez ce que ça coûte ?

Je VOUS en veux pas,

vous êtes là depuis peu, vous ne connaissez pas ma ville.

Je crois en la force des institutions

et la police en est une.

- Vous avez dû être affectée par la mort du gardien de la paix.

- Bien sûr, c'est horrible.

On a intérêt à s'entendre si on veut travailler en bonne intelligence.

Vous aimez la boxe ?

Les Camara organisent des combats ce soir au club.

Ce serait bien de vous voir.

Je compte sur vous. - Mme le maire.

- Vous souhaitiez la mort de votre père,

vous avez acheté un marteau pour le tuer,

mais vous avez confié le sale boulot à Rudy Lamanac.

Comment voulez-vous

qu'on vous croie ? Assumez cet acte, dites que vous l'avez tué.

- Pourquoi mentir ? Je risque plus si je commandite que si j'exécute.

- Alors où est le marteau ? Pourquoi a-t-il disparu ?

-Il a pas disparu.

- Peut-on savoir où il se trouve ?

- Dans un sac à dos avec les montres.

Je l'ai jeté dans la cage d'ascenseur.

- Quel espoir a-t-on de le retrouver

2 ans après ?

- Aucun.

- Pour pouvoir le vérifier, il est indispensable

que votre cour aille sur les lieux. - Avec une pelleteuse

et des archéologues. Soyons sérieux. - Un peu de calme.

S'il vous plaît.

Non, la cour n'ira pas sur les lieux après un tel délai, maître.

- Merci, Mme la présidente.

- Vous avez statué sans avoir délibéré avec vos assesseurs,

ce n'est pas la procédure.

Je vais déposer des conclusions.

- C'est assez compliqué comme ça.

- Je demande le transport de la cour sur les lieux

et aussi que vous missionniez

un policier pour faire les investigations nécessaires.

- Très bien.

Inutile de déposer des conclusions. On demandera au Cdt Delvaux,

chargé de l'enquête sur la mort de M. Weber, d'aller sur place

et de vérifier la présence de ce sac.

L'audience est suspendue.

- A Cléry, ça parle sur la mort de Mercier ?

- On a le moral dans les pompes, alors ça cause pas des masses.

On est focus sur les obsèques, tout le monde veut y aller.

- Vous connaissez les Camara ?

- Très bien. Au service, ils serrent même la main des collègues.

- Ils viennent au service ? - Pour chercher des gamins.

Avec les frères, les mômes savent qu'ils vont se faire engueuler.

- Mercier était en relation avec eux ?

- Pas plus que nous, je crois pas.

- Ils l'intéressaient peut-être. - C'est-à-dire ?

- Pour les filocher, par exemple.

-Il les filochait ?

- Peut-être qu'il s'intéressait... - Non, je vois pas.

-Il essayait pas de les coincer ?

- Les Camara ? - Ouais.

- C'est des stars.

Pour faire un joli coup, il aurait serré un dealer.

- Je vois pas Laurent aller seul sur le terrain en dehors du service.

Ça lui ressemblait pas.

- Et Bambi, vous connaissez ?

Ça peut être le nom d'un voyou

ou d'un gars que vous connaissez. - Je vois pas.

- Bon. OK, merci, les gars. - Salut.

- Merci à vous. - Ciao.

- Merci à toi.

- Ciao. - Ciao.

- Bon, ça sent le poulet grillé, oui ou non alors ?

- Ça sent comme chez nous, la camaraderie, la sueur,

les nuits sans dormir.

T'en penses quoi ? - Pareil.

Patron ? - Ça sent l'enquête qui piétine.

Vous avancez sans savoir où vous mettez les pieds.

La mort de Mercier ne sera pas résolue.

- Vous devez nous encourager. - J'encourage la raison,

pas l'obstination. Vous mettez trop d'affect.

Mercier était peut-être une pourriture.

Une ordure. Si vous prenez pas de recul,

je détache un groupe. - On connaît le dossier.

- Roban veut que les gars de la BAC

soient entendus,

interrogez-les ou je le fais faire par d'autres.

- Herville. - Trop d'affect, j'adore.

- Oui, patron. Ça le fait marrer que je l'appelle

patron. Quand ?

C'est à quel endroit ? D'accord.

Merci de nous avoir prévenus.

Y a un match

de boxe au club de Cléry ce soir, organisé par les Camara.

Applaudissements

...

Cloche

*-Fin du combat.

Applaudissements

...

J'aimerais donner la parole à Mme le maire

de Cléry-sous-bois, Fabienne Mangin.

Applaudissements et huées

...

*-Bonsoir, bonsoir à tous. Juste quelques mots.

Je voulais vous dire que je suis heureuse que ce gala

chaleureux, convivial, se tienne chez nous,

dans notre ville.

On doit cette organisation à un club exceptionnel,

le Cléry Boxe Club.

Applaudissements

Et à son président...

...

Drissa Camara, à ses salariés...

...

Et à tous ses bénévoles.

Vibreur

- Réponds.

...

Elle va te saouler après. - Elle sait

que je bosse. - Ouais.

C'est ce que je me disais avec Christine.

Elle sait, elle comprend. Résultat,

j'ai les papiers du divorce à signer.

- Tu veux un stylo ?

Il rit.

Elle rit.

Rires

- C'est ça, foutez-vous de ma gueule.

Vous ignorez ce que c'est, le couple.

- Excellente soirée à tous. Merci.

Applaudissements

- Merci, Mme le maire, merci.

Et maintenant,

le combat vedette de la soirée.

Combat professionnel en 6 reprises de 3 minutes.

- Je vous félicite.

C'est très gentil, ça. Merci beaucoup.

- Si t'étais heureux, fallait te bouger pour la garder, ta Christine.

- Fais pas chier, toi. Tu t'es jamais bougé

pour personne, toi.

Pauvre con.

- Tu m'insultes pas.

- Arrêtez, oh. Calmez-vous.

- T'as un problème ?

- Gilou.

Stop, vous vous calmez.

Oh, Gilou...

Choc

clameurs

...

- Berthaud, putain, répondez. Bordel de merde.

- Gilou, Gilou, tu le lâches.

Putain,

vous arrêtez ou quoi ? Gilou,

je te chope les couilles.

Vibreur

- Bakary s'est barré. Rappelez-moi vite.

Et merde. Putain.

- Arrête. - C'est un petit connard.

- T'es complètement taré. - Calmez-vous.

Herville a téléphoné, putain.

Que se passe-t-il ?

- Qu'est-ce que vous foutez ?

- Bakary s'est barré avec une bagnole de la mairie.

Fourgonnette blanche.

Qu'est-ce qu'on fait ?

- On attend, vous voulez qu'on fasse quoi ? L'autre est encore là.

- Désolé, patron. *-Oui, ouvrez l'œil.

- Super, bravo. Fous-toi ici.

Super, on a raté la filoche.

On a attendu 3 plombes pour rien.

Elle soupire.

Super, vraiment. Vous êtes... Bien, c'est bien.

...

*-Victoire...

de Toungara.

Clameurs

...

Mme le maire, si vous voulez bien

aller chercher la ceinture pour le champion.

...

- Y a un utilitaire blanc

qui se pointe.

C'est lui, c'est lui.

- Patron,

comment ça se passe ?

- Une salle de boxe, au bout de 3h, c'est moite.

- Bakary s'est posé. *-il est revenu ?

Qu'est-ce qu'il a branlé pendant tout ce temps ?

Dans la même bagnole ? - Oui.

*-Vous avez l'immat' ? - Tu vois

l'immat' ? - Non, laisse tomber.

- Vas-y. On a merdé, mais on est pas des bras cassés.

...

- Bingo.

2 infractions cette nuit, 2 excès de vitesse.

- T'as les photos ? - C'est Bakary.

- Boulevard de la République, à Cléry-sous-bois. Et l'autre ?

Avenue Louis Aragon. - Match retour.

- Le trajet dans la nuit, il était pressé. Tu peux zoomer ?

- S'il te plaît. - S'il te plaît.

- C'est bien lui. - C'est clair.

-Il est allé chercher un truc.

Je vois que ça.

- Oh...

- J'ai de la visite.

- Qu'est-ce qu'elle fout là ?

- C'est mes vêtements. Je porte plainte.

- C'est bien. - Par quoi je commence ?

Sous-titrage ST' 501

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