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Original subtitles

Hé, meuf, tu vas le réveiller !

J'ose pas ! Vas-y, toi. - Tu vas le réveiller, putain.

Trop drĂŽle avec les poils !

C'est hyper moche, meuf ! Regarde, il est tout petit.

Oui, devant, fais... - Le gland, le gland !

Il fait chaud.

À Berlin, l'Ă©tĂ© 2018 est le plus chaud depuis le dĂ©but des relevĂ©s.

Les arbres sont si secs qu'on les arrose avec de grands seaux.

Et notre peau est si brûlée qu'elle pÚle.

Nous muons,

fuyons à la piscine et sortons ratatinés par l'eau chlorée.

Chez nous, Ă  Kottbusser Tor, tout est encore plus bruyant, puant et collant.

On est comme des poissons dans un aquarium.

On nage toujours en rond.

D'un cÎté du Kotti à l'autre, et vice-versa.

Jusqu'Ă  ce qu'on saute hors du bassin.

Meuf, je suis tellement grosse.

C'est vrai, Aylin.

Si Greenpeace te trouve sur la plage,

ils te remettront Ă  la mer.

Et toi, t'es tellement grosse, si tu sautes, les chercheurs

penseront que c'est une nouvelle planĂšte. - Salope.

Toboggan Ă  sperme.

Tu l'as vraiment supprimé ? - Nora m'a filmée de dessous,

ça grossit. - C'était une super vidéo.

Remercie ta petite sƓur.

T'en veux ?

Avale, salope ! - Beurk, c'est dégueulasse.

Vous avez fait les courses quand ?

Tiens, suce ma queue ! - Meuf, t'es vraiment débile.

Je crois qu'il est encore bon. - Y a du moisi dessus.

C'est pas du moisi, c'est le fromage.

Mais non, c'est du fromage frais turc.

C'est ça. Tu parles super bien turc.

On parie ?

VoilĂ . Fromage frais !

Vous avez du jus d'orange ?

C'est zéro calorie, parce que ça ressort direct aux toilettes.

Toutes les top models font ça.

Tiens.

Allez, Nora, toi aussi.

Avale !

Allez, vas-y ! Avale, avale... - Putain, Nora, ouvre la bouche.

Allez, Nora !

Avale ou j'ouvre.

Avale ou j'ouvre ! - Allez !

Mais putain, vous ĂȘtes dingues ?

Avale, maintenant !

...encule le travail, encule ton chef.

On va faire la fĂȘte, pas besoin de cash.

Donne-moi une clope, Donne-moi une biĂšre.

La nuit ne fait que commencer, Il est Ă  peine quatre heures.

Aujourd'hui, je vais danser en boßte avec mes pétasses.

On entre et tous les loosers nous matent.

Cette merde va flinguer tes enceintes,

je suis en boßte, avec mes pétasses.

Oh, ça va, mec ? - C'est quoi, ça ?

HĂ©, tout va bien pour toi !

... quatre, cinq, six, sept, huit...

Hé, faites ça dans une chambre !

Un, deux, trois, quatre, cinq, six...

Abandonne !

Regarde, il se détend pendant que tu le fais.

Oui, un baiser, un baiser !

Faut qu'on sente la passion !

Tu vois, il adore vraiment. - Un, deux, trois,

trois, trois, trois...

Ça fait mal ? - Oui, super mal.

Ça fait cinq ! - Non, trois.

Ça fait quatre. - Quatre !

Allez... Encore un !

Allez !

Défonce-la ! - Ta gueule !

HĂ©, pas trop fort, ok ? C'est une fille.

Oh, quel gentleman ! - Je suis comme ça.

Ici, on pratique l'égalité hommes-femmes. - Un, deux, trois, quatre,

cinq, six, sept... - ExagĂšre pas, gros !

Mais si, il exagĂšre ! - Abandonne !

Ok, ok. Stop, stop. - HĂ©, arrĂȘte. T'as exagĂ©rĂ©.

J'te jure, ça suffit ! - Un doux baiser ! - Kiss, baby, kiss !

Oh, j'adore !

Je suis fan.

Je suis super fan !

Junkie... - Oh, il abuse, lĂ  ! - Tu as un truc sur le nez.

Yo, alors, mec ?

Oh, non, wallah ! Je fais pas ces conneries ! Je suis pas une pédale, moi !

... six, sept, huit, neuf, dix. - Il kiffe ! - Il kiffe !

Tu veux me sucer la bite ? - Jamais, mec !

Reste assis, ok !

EspĂšces de petits branleurs !

Allez, Tarek. Avec Nora !

Allez, la main sur la table.

HĂ©, exagĂšre pas, ok ?

Neuf.

Un, deux, trois, quatre...

Vas-y, mon gars ! - ... cinq, six, sept, huit...

ArrĂȘte. Wallah ! - Vas-y Ă  fond. Allez !

Un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept... - À fond !

... huit, neuf, dix, onze, douze ! - Vas-y Ă  fond, mec !

Mec, tu fais quoi, lĂ  ! Elle est petite, tu vois pas ?

Wallah, c'est encore une enfant ! - Nora ! Nora, regarde-moi !

Nora, tu te fous de nous ? - T'es con ou quoi ?

Mais j'ai pas fait exprÚs ! Nora, désolé.

Respire ! Inspire, expire.

Ça fait super mal ! - Tout va bien.

C'est encore une enfant ! - De la glace !

On y va. - Vous exagérez, là.

Tout va bien. - Ça fait mal.

Ma main. - Tout va bien. Je suis lĂ  ! Tout va bien.

Vous avez tous participé !

HĂ©, Nora, regarde !

Putain !

Votre interlocuteur... - Merde !

Hé, meuf, pas besoin de détruire ton portable.

C'est du verre blindé.

C'est dingue qu'elle réponde jamais quand on a besoin d'elle.

Tu peux me donner du papier toilette ?

Y en a plus.

Fais comme les Indiens. T'as encore une main.

Tiens, avale ! - Nora, t'es dégueulasse !

Nora !

Une de tes chenilles s'est barrée. Elle est sous mon lit.

Elle est vraiment grosse.

Elle va sĂ»rement pondre des Ɠufs et je vais en rĂȘver.

Quand on élevait les chenilles avec maman, tu les trouvais pas dégueu.

Oui, et alors ?

Quand on est enfant, y a plein de trucs qu'on trouve pas dégueu.

Tu pissais toujours dans la baignoire. Tu le fais encore ?

Et toi, tu mangeais tes crottes de nez.

C'est ça ! C'est toi qui faisais ça.

Si une de tes bestioles se barre,

je la tue.

Jule ?

J'arrive pas Ă  dormir.

J'ai faim.

Moi aussi.

Ce coton de merde ne coupe pas la faim.

Les pauvres top models.

Ah, mais qui voilĂ  ?

Mes jolies filles.

En chemise de nuit !

Bonjour !

Que c'est gentil. Viens !

HĂ© bien, et toi ?

J'ai des verres pour tes chenilles.

Maman... - Oui, trésor ? - On a trÚs faim. - Quoi ?

Le frigo était vide, on a dû manger du coton.

On dirait que vous venez d'un pays en développement.

ArrĂȘte ! - Tenez.

Enfin,

vous ne pouvez pas vous faire un truc ? Quand mĂȘme !

Tu as faim toi aussi ? - Stop !

HĂ©...

Ma puce !

C'est quoi, ça ? Qu'est-ce qui s'est passé ?

On a joué au pouilleux massacreur.

Au pouilleux massacreur ?

C'est un jeu. - Un jeu ?

C'est vraiment cassé ?

Bon sang, les filles...

Et du coup, ta sortie avec la classe ?

Mais c'est une jolie couleur ! Le bleu, ça te va bien.

Bonjour Mme Novak ! - Bonjour.

Je vous amĂšne Nora.

Avec son bras cassé, elle ne peut pas partir.

Elle voulait ĂȘtre dans la classe de sa sƓur.

Ok. - C'est ok pour toi ? - Bien sûr.

Viens par lĂ .

Voici Nora. C'est la petite sƓur de Jule.

Elle s'est cassé le bras et ne peut pas faire de canoë.

Elle restera donc ici les deux prochaines semaines.

Jule, tu t'occuperas un peu de ta sƓur, ok ?

Tu as une place derriĂšre.

Pourquoi tu es venue ?

Ne me fous pas la honte, ok ?

Bon, on continue.

Que voyez-vous ici ?

Un tableau.

Un peu plus que ça, peut-ĂȘtre ?

Regarde celui-lĂ . C'est le pire de tous.

Tu veux nous donner ton avis, on dirait. - Mme Novak, honnĂȘtement.

Tout ça ressemble à des chattes.

À des vagins.

Vous voyez ? C'est exactement ce que je veux dire.

Alex fait partie de l'Ɠuvre d'art.

Il est trÚs préoccupé par le sujet de la sexualité,

il voit donc des vagins partout.

Mais Mme Novak, c'est pas que moi ! C'est nous tous.

Allez ! - Pour le cours avant les vacances,

vous préparerez une présentation sur le thÚme de l'abstraction.

Vous représenterez abstraitement comment vous vous sentez.

Un tableau, un texte... Peu importe. Exprimez-vous.

La classe 10A a reçu le mĂȘme devoir.

On présentera ça dans la grande salle.

Donc faites un petit effort.

Okay. À vos marques, prĂȘt, partez !

Donne, c'est Ă  moi.

LĂąche !

Un point pour Aylin.

Je l'ai attrapé en premier. Donne !

Donne.

Défonce-la. Allez !

Tiens !

PrĂȘt... partez !

Mon top, mon soutif !

Ah, merde.

Allez, ferme-le.

Aujourd'hui, il fait presque 37 degrés.

Dehors, il fait aussi chaud que dans mon corps.

Je vais fondre, si je ne me refroidis pas ?

Happy birthday !

Happy birthday, maman.

Referme, s'il te plaĂźt. J'ai mal Ă  la tĂȘte.

Ton cadeau d'anniversaire. On a transformé ton ancien vélo.

Super.

Je me suis levée une heure plus tÎt exprÚs.

On a préparé un petit déj' d'anniversaire. - Laisse-le.

Je le mangerai plus tard.

JUDITH BUTLER CES CORPS QUI COMPTENT

À MA TRÈS CHÈRE AMIE VIVIENNE...

Lis Ă  haute voix.

« Ma trÚs chÚre amie Vivienne,

te souviens-tu du temps que nous avons passé sur l'ßle ?

Je crois qu'on n'a pas porté de chaussures de tout l'été.

La vie autour de nous a peut-ĂȘtre changĂ© mais nos pensĂ©es

restent fortes et libres.

Happy birthday ! Ta Twiggy. »

Super.

Elle passe la nuit avec elle. Mais pour déjeuner avec nous...

Moi aussi, je suis triste.

Mec, Sarah arrive derriĂšre !

HĂ©, gros, filme-la.

Mais tout bouge trop sur elle.

Je l'ai vue dans les vestiaires. Elle a des vergetures sur les seins !

Comment on peut se laisser aller comme ça ?

Soyez pas mĂ©chantes ! C'est pas facile d'ĂȘtre aussi belles que vous !

HĂ©, mets un filtre au ralenti. - Attends...

Regarde. - Oh, trop bien !

Oh non ! Ça ballotte de partout. - Dernier tour, on doit y aller !

Bon, on donne tout, lĂ , ok !

Bien, donne-moi ta main.

J'ai peur de tomber. - Tu fais ça super bien.

J'ai pas d'équilibre. - Faut pas regarder par terre.

La princesse sur la poutre !

Oh, Wallah, j'ai réussi ! - Allez, Jule, à toi.

Allez, Jule, tu vas y arriver ! - Allez, Jule. - Super.

Avec les hanches ! T'auras l'air plus sexy.

Yunus ? - On a l'air d'un pédé en faisant ça.

Je ne le ferai pas. Vous me ferez pas monter lĂ -dessus.

Yunus, allez, s'il te plaĂźt ! - Non.

On a l'air d'un pédé en faisant ça. - Allez, vas-y !

Ah, Yunus, c'est vrai, c'est tout nul. - ArrĂȘte.

Allez Nora, toi aussi. Je te tiens, il ne t'arrivera rien.

Attention.

C'est super, ce que tu fais.

N'aie pas peur.

Oh mon Dieu. - Tu vois ? Je te tiens.

Elle peut pas mettre un tampon ? - Oh, merde...

Une tache sur le pantalon. - Regarde devant, Nora.

Merde, c'est quoi ?

Oh mon Dieu. - Oh, shit !

Regarde, Ahmad a fait une vidéo.

Occupé.

Ouvre. C'est Romy.

Donne-moi ton pantalon.

Je vais le laver.

Tu as mal ?

Un peu.

Ça me fait toujours du bien.

Merci.

Tu cherches quoi ? - Je cherche mon déo.

Merci, Nora. Trop la honte.

Viens !

Les tampons existent en quatre tailles.

Il y en a aussi avec applicateur.

Cela évite de mettre les doigts dans le vagin.

Ils absorbent beaucoup d'humidité

et vous pouvez vraiment vous sentir en sécurité.

Passons Ă  la deuxiĂšme alternative, c'est-Ă -dire les serviettes.

Le problĂšme que j'ai, perso, avec les serviettes, c'est la nuit,

quand je dors, parce qu'elles glissent.

Je me souviens trĂšs bien d'une nuit, j'avais 14 ans,

et tout était plein de sang.

Et j'ai eu tellement peur que j'ai...

Tu peux manger une portion de salade grande comme ça

ou une assiette de pùtes petite comme ça. Pour que vous compreniez.

Je croyais que tu les avais depuis longtemps, espÚce d'attardée.

T'as des questions ?

J'ai déjà regardé des tutoriels.

Ah, d'accord.

Okay.

Je me suis fait un en-cas.

J'ai donc pris du fromage frais,

une portion de saumon pour sushi, c'est trĂšs sain et trĂšs bon,

on peut le manger cru.

Et j'ai aussi une petite salade...

Nous sommes le 27 juillet 2018.

Dans le ciel, la Terre passe entre le Soleil et la Lune et la colore de rouge.

C'est la plus longue éclipse de Lune du 21e siÚcle.

La Lune s'appelle Lune rouge pendant 103 minutes.

Jule dort.

Et j'ai mal au ventre.

Tu veux que je t'aide ?

CrĂšme-moi le dos, Jule.

Nora, crÚme le dos d'Aylin. - Elle a le bras cassé. T'as oublié ?

Et alors ?

Comment tu vas ?

Merci, je vais bien.

C'est nul. Je ferai ça avec Yunus.

Meuf, y a David.

Il fait quoi avec elle ?

C'est qui, ça ? - C'est la nouvelle de l'autre classe.

Elle s'appelle genre Romy.

Elle a redoublé deux fois.

C'est dégueu. Elle fouille dans les poubelles !

Nora !

Les mate pas comme ça. C'est la honte.

Tiens, chef, ta balle.

Mon Dieu, il est trop mignon. Je vais mourir !

Tu ferais mieux d'aimer un Turc ou un Arabe.

Ils sont plus solidaires que les Allemands.

Oui, c'est ça.

C'est pour ça que ton pÚre a quitté ta mÚre.

C'est elle qui l'a quitté ! Mais elle regrette.

Comment savoir si un mec te kiffe.

Ce que chacun sait, je crois,

c'est que le garçon cherche toujours le contact visuel.

Soit il vous fixe, soit il essaie d'attirer votre...

Jule ?

Tu es heureuse quand Aylin prend ta main ?

Quoi ?

Ben, tu trouves ça bien quand vous marchez main dans la main ?

Bien sûr ! On est des BFF.

Et qu'est-ce que tu cherches avec David, alors ?

Mais c'est totalement différent.

Oui, mais vous écrivez toujours sur Insta que vous vous adorez.

Que vous n'avez besoin que de vous deux.

Mais...

c'est quand mĂȘme totalement diffĂ©rent.

Je peux dormir maintenant ?

IntĂ©ressant. On peut tourner sa tĂȘte.

C'est quoi, ça ? - De la carotte.

Ça, ça a l'air mieux : prune et poire.

Coucou !

Tu le traumatises, lĂ , Jule.

J'ai une question pour les filles de la classe !

Si vous tombiez enceintes maintenant, vous feriez quoi ?

Je trouve ça irresponsable d'avoir un bébé à 15 ou 16 ans.

Je le jure, oui. On est des enfants encore, non ?

J'avorterais, c'est sûr. - C'est ma copine.

Pourquoi ? Dans d'autres cultures, c'est normal d'avoir un bébé à notre ùge.

Ça a des avantages. - Ah oui ? Lesquels ?

Réfléchis ! Si tu as un enfant maintenant, il sera à l'école

quand tu auras 25 ans. Pour faire carriÚre, c'est génial.

Oh, tu veux ĂȘtre business woman ?

Non, sans blague. Je fais quoi jusqu'Ă  25 ans ?

Tu aides la famille. En plus, ça renforce la cohésion.

Ma mÚre m'a eue à 16 ans. Je ne trouve pas ça super,

parce que c'était dur pour elle et mon pÚre est en Turquie.

Mais quand j'imagine que sinon, je n'existerais pas...

Oui, ce serait une catastrophe pour l'humanité.

Tais-toi ! Pour moi, ce serait une catastrophe, si Aylin n'existait pas.

Je suis contre l'avortement. - Oui, moi aussi.

Oui, Zahra, arrĂȘte de baiser avec tout le monde !

Je jure sur le Coran, c'est pas drĂŽle.

EspÚce de taré ! - Oui, oui.

Ok, ok. Qui veut essayer ?

Pour quelques jours, mĂšre... ou pĂšre Ă  l'essai. - Moi.

Oui, tiens ! Tiens, prends.

J'ai hùte de voir ça. - Ferme-la.

Quelqu'un d'autre ?

Oui. - Jule ! TrĂšs bien.

Tu n'as mĂȘme pas de copain. - Ta gueule. - Oui, dĂ©solĂ©.

Elle en a pas, mais elle peut en avoir un.

Et un garçon, peut-ĂȘtre ?

Moi ! - Juste pour impressionner Jule, débile.

Tu prends jamais aucune responsabilité. - Tiens, ton enfant.

Attention, c'est un bĂ©bĂ© ! - Amuse-toi bien. À toi de t'en occuper.

Tu t'es laissée influencer par Zahra ?

C'est possible pour elle, elle a une grande famille

qui l'aide.

Chez nous, personne t'aidera.

Nora, arrĂȘte de toujours critiquer notre famille.

Maman adore les bébés.

« Afin d'éviter d'autres désagréments,

je prie les jeunes habitantes du bĂątiment

de renoncer à l'avenir, sur tout le périmÚtre,

Ă  porter des vĂȘtements provocants. » - Le type pense vraiment

que l'exhibitionniste revient à cause de ça.

On fait toujours croire aux filles que c'est de leur faute.

Oui, bon. Mais certaines exagĂšrent.

Oui, mais on s'habille aussi comme ça pour aller à des soirées.

Oui, à des soirées, d'accord. C'est normal.

Pour se sentir un peu différentes.

Oui, mais c'est bizarre que « différente », ce soit toujours sexy.

Et finalement, elles se ressemblent toutes.

Avant, je délirais totalement en soirée.

Je me déguisais en licorne, maquillée de haut en bas,

et couverte de paillettes.

Cool.

Tu pourras le faire aussi, si tu veux !

J'ai encore le costume, en bas de l'armoire. - J'ai apporté un truc.

Ceci est un simulateur de bébé.

On doit s'occuper de la poupée comme d'un vrai bébé.

Tu veux un bébé, Jule ?

T'es pas un peu trop jeune pour ça ?

Pourquoi ? J'y arriverais. Vous pourriez m'aider.

C'est vrai, vous le feriez, si c'était un vrai bébé, non ?

Oui, on le ferait.

VoilĂ  donc ma petite-fille.

Coucou !

Ou bien c'est un garçon ?

Nan ! C'est une fille, bien sûr.

Dans notre famille, on sait faire que ça.

Elle ne veut pas aller avec mamie.

Coucou.

On s'en sort bien.

Station Görlitzer Bahnhof.

En raison de travaux, ce train ne dessert pas la gare de Kottbusser Tor.

Attention au départ du train !

HĂ©, KrĂŒmpy !

KrĂŒmpy !

Voici KrĂŒmpy. Elle aboie, mais elle mord pas.

Tu veux te faire couper les pointes ?

Pogo coupe les cheveux aujourd'hui.

Viens !

Voilà ! Terminé.

Merci.

Ta sƓur a pris une poupĂ©e Ă  la maison.

Toi aussi, tu t'es occupée du bébé ?

Pas vraiment.

Tu t'intéresses pas aux bébés ? Non.

Je vous vois chacun sĂ©parĂ©ment parce qu'il y a peut-ĂȘtre des questions

que tu ne veux pas poser en classe.

As-tu une question ?

Je trouve les autres filles si belles parfois.

Oui.

Il y a beaucoup de jolies filles ici.

Oui, mais je crois que je les regarde autrement.

Enfin, plutÎt comme un garçon les regarderait.

Comment regarde un garçon ?

Je sais pas. Autrement, en tous cas !

Moi aussi, je trouve les femmes plus belles.

Oui, mais j'aime bien sentir aussi le corps d'une autre fille.

Quand on se chamaille par exemple.

Quand tu sens un autre corps tout prĂšs, il peut arriver

que ça fasse une sensation agréable.

Tu as 14 ans, Nora. On a tant de sentiments différents !

Tout aura peut-ĂȘtre changĂ© dans quelques mois.

Ok.

Merci.

J'ai demandé quoi faire pour les boutons sur la chatte quand on se rase.

Et elle a dit quoi ?

Elle sait pas. Elle se rase pas.

Elle est vraiment dégueu.

T'as demandé quoi ?

Beurk, Nora, ça pue ! EnlÚve ça.

Allez, dis. T'as demandé quoi ?

Rien.

Mais oui !

Pourquoi ? J'ai rien demandé non plus.

Je pensais qu'on devait poser une question.

Non, non !

Encore une seringue de junkie, putain !

HĂ©, attention, Nora. Elle peut ĂȘtre infectĂ©e.

Ici, on peut arrĂȘter le temps. On sort les couteaux...

Welcome to Berlin.

Lemon, Haze, Silver.

Images en noir et blanc. 24h sur 24, sept jours sur 7.

Hiver ou été, toujours bien habillée. Je vais la...

FrĂšre, toi-mĂȘme tu sais. ... compte les billets.

J'encule mes ennemis au 9 mm. Observation. C'est moi l'auteur.

Salut Ă  la prison et au juge Peter. Je baise ta fille,

36 Drugster. Je serai une star. Comme « Ong Bak », full contact.

Quoi, mec ! J'arrive la nuit, je prends ma part et je m'enfuis.

Je tire au Glock. Clic, clac, cloc. Froid comme un roc, je fais mon job.

J'encule la police et j'apporte la coke !

C'était quoi l'abstraction, là ?

Qu'en dites-vous ? Était-ce abstrait ?

Non. - Et pourquoi ?

J'en sais rien ! Il a...

parlé directement. J'en sais rien ! Euh...

ConcrÚtement. - C'est ça !

Merci mon trésor. - Oui.

Yunus veut dire que c'était trÚs créatif,

Alex, mais pas vraiment abstrait.

Car les images que tu décris disent exactement ce que tu penses.

Elles ne remplacent rien par association.

Et toi, Yunus ? Tu as préparé un truc abstrait ?

Yallah, Yunus. - Allez, mon gars ! Vas-y.

Montre-leur, montre-leur !

Dépouille-les ! - Salam, les gars.

Et les filles. Et Aylin, mon trésor.

Voici ma chaussure préférée.

On peut la serrer Ă  fond.

Comme ça !

Et c'est comme ça que je me sens quand je suis sur scÚne

et que je dois vous dire des conneries

pour avoir une bonne note.

Mais...

on peut aussi détacher la boucle.

Et c'est comme ça...

que je me sens quand je chille avec mes potes.

Merci !

Bon travail, frÚre. - Sens-moi ça !

Deux filles encore ? Linda ?

Je n'ai rien préparé.

Nora ?

« Le Papillon ». D'Isabel Tuengerthal.

« Quand le papillon vole, pense-t-il, dÚs que la lumiÚre le touche, au déclin ?

Ou se sent-il un nouveau courage ?

L'amour par la lumiÚre et se précipite dans l'ardeur ?

Quand le papillon brûle,

est-il tout proche de son rĂȘve ou a-t-il peur ?

Maudit-il sa passion

et élÚve-t-il ses ailes contre la lumiÚre, à bout de force ?

Quand le papillon meurt,

sent-il l'arrĂȘt de son cƓur

et sait-il que cette lumiÚre de l'infini le récompense ?

Que par cette lumiÚre, toute sa vie a un sens ? »

VoilĂ .

Encore une.

Ah, encore une, oui !

Appuyez sur « Play ».

Toi aussi, tu as rendu le bébé ?

Ma maman s'en occupe. - Enfin,

j'ai trouvé ça dingue. Tu vois ?

Si on s'en occupe à deux, c'est différent. Mais seul ?

C'est trop dur. - Oui.

Il faut se serrer les coudes avec un bébé.

Oui.

TU VIENS NAGER AVEC MOI CE SOIR ?

Pourquoi tu as un livre pour enfants ?

Yunus l'a offert Ă  mon frĂšre pour son anniversaire.

Mais je vais le rendre. C'est Ă  partir de six ans.

C'est un cadeau débile, mec.

T'es vraiment... Lis-le d'abord.

Ok, mec, relax !

Oh, non, tu fais quoi ? ArrĂȘte, arrĂȘte, arrĂȘte !

T'es dégueu, mec ! Putain !

Va te faire enculer.

C'est super. Maman nous le lisait toujours.

Vous compreniez, malgré les bafouillis ?

T'es con, mec ? Je te raconterai plus rien. - Quoi ?

Tu croyais vraiment que maman le ferait ?

Je croyais qu'avec un petit-enfant, elle boirait moins.

Je nous prépare une pizza avec plein de fromage.

Et lundi, on rendra la poupée.

Les bois autour de Berlin brûlent

et les feuilles tombent des arbres, épuisées.

On dirait partout que c'est déjà l'automne,

mĂȘme si la chaleur Ă©touffe encore la ville.

Mais le vent souffle aujourd'hui.

HĂ©.

HĂ©, viens !

HĂ©.

Salut.

Viens !

Allez, vite !

Nora, viens !

Viens !

Nora ! Nora, viens !

Nora, sors !

Nora !

Allez ! - Restez lĂ  !

Nora, viens ! - Stop, arrĂȘtez-vous !

HĂ©, viens !

Par ici !

J'aimerais bien avoir ma chambre.

Je préfÚrerais partager la mienne. C'est plus drÎle.

Mais tu devrais ranger, alors. - Pourquoi ?

Ah, tu as de la visite. - Oui, imprévue.

Tu as l'air d'une sainte, maman.

C'est ce que je suis. Je suis de garde tĂŽt demain.

Vous pouvez faire moins de bruit dans cette porcherie ?

Excusez-nous, madame.

Depuis quand tes amis sont si polis ?

Ta mÚre est médecin ?

Elle travaillait dans un cabinet d'avocats.

Mais il est arrivé un truc et elle est devenue urgentiste.

Arrivé quoi ? - Je te raconterai une autre fois.

Je dors toujours nue.

J'éteins la lampe ?

Je la laisse toujours allumée.

Ok, je te raconte.

Mais tu dois promettre de ne rien ajouter.

Et aprĂšs, tu dois me parler de toi.

Ok.

J'ai eu une sƓur. Elle s'est laissĂ©e mourir de faim.

Elle s'est décomposée.

Et ma mĂšre a fait une formation d'urgentiste

pour se confronter chaque jour Ă  des trucs horribles.

Mon pĂšre n'a pas du tout voulu s'y confronter.

Il est parti au Brésil.

À toi, maintenant !

Je ne sais pas quoi raconter.

Si.

Quand j'ai nagé, avant,

j'ai vu un truc dans l'eau.

C'était magnifique.

Plein de lumiĂšre et d'eau.

Et quand je l'ai remonté,

c'était juste un sac en plastique.

Imagine que tout ce qui est beau est comme ça !

C'est là, et puis ça disparaßt.

Je ne crois pas.

Je pense pas que ce soit comme ça.

C'ÉTAIT CHOUETTE AVEC TOI

Tu Ă©tais oĂč hier ?

Chez Romy.

La nouvelle ?

Celle qui traĂźne avec David ?

Tu traĂźnes avec elle ou quoi ?

Et pourquoi tu ne m'as rien dit ?

Tu ne me dis pas non plus quand tu dors chez Aylin.

Et David était là ?

Juste au début.

Jure sur le Coran que tu me préviendras s'il est là.

Je le jure. - Viens, maintenant !

C'ÉTAIT CHOUETTE AVEC TOI

KrĂŒmpy !

KrĂŒmpy, viens !

T'en veux aussi ?

Penche la tĂȘte.

Donne-moi la teinture.

Coucou, les filles ! - Coucou !

Fais voir. - On est parties aux CaraĂŻbes, comme vous pouvez voir.

On est Ă  Tropical Island. - Et c'est top.

C'est vraiment comme aux CaraĂŻbes.

Sauf qu'il y a plein de culs blancs ici.

Y a mĂȘme un cul blanc ici, hein, Jule ?

On va faire un truc génial. - Le tobogan !

Ne lis pas les lignes.

Pourquoi ?

Parce que ma ligne de vie ne va que jusque-lĂ .

Et Jule dit toujours que ça veut dire qu'on meurt tÎt.

Pour moi, ça ressemble à un nouveau départ.

Aylin fait une soirée ce soir.

Cool.

Je crois que Jule aimerait que tu amĂšnes David.

Je peux le faire.

Wahou ! Cool, ton look ! - Merci.

Romy est déjà là ?

Je sais pas. Peut-ĂȘtre.

Je dois te montrer un truc. Viens.

Faut que tu voies ça. Y a un renard.

Regarde, lĂ .

Je ne te plais pas ?

Si.

Mais je suis déjà amoureuse.

Ok.

De qui ?

De Romy ?

Vraiment ?

De Romy ?

Tu crois que je suis lesbienne, du coup ?

J'en sais rien.

Peut-ĂȘtre.

En tous cas, je trouve ça cool.

Vraiment ? - Oui.

À plus.

HĂ© Nora, va voir Jule.

Je l'ai enfermée dans les toilettes. J'ai pris de la poudre.

En tous cas, faut t'en occuper, je peux pas le faire, lĂ .

Je lui ai dit que les Allemands sont des loosers.

Elle est avec sa bouteille de vodka parce que ce con de David

pelote ta salope de copine.

Jule ? - Hé, Jule, t'as déconné ?

Jule ? - Laisse-la tranquille.

Viens lĂ  !

Viens lĂ .

Allez, bois quelque chose.

Tu vas voir, ça va vite te remettre sur pied.

Je jure sur le Coran, je boirai plus jamais.

Depuis quand tu jures sur le Coran ?

On dit ça maintenant.

Ah.

J'ai appris un truc.

Pas comme ça ! Aïe.

On est invitées à dßner.

On va donc dans un restaurant de grillades.

Il y a lĂ  deux obstacles.

Primo... - Tu vas mieux ?

Dieu merci, il est rien arrivé à Jule hier.

Heureusement que je t'ai prévenue, sinon, tu serais partie.

... ce que l'on a ingéré,

parce qu'on ne prĂ©pare pas le repas soi-mĂȘme. Cela signifie

que je vais vous montrer ce que je mange.

Mais les calories que je note...

Nora, on veut savoir si tu es dans notre camp.

Quoi ?

Si tu veux traßner avec cette salope dégueu, tu peux nous oublier.

Elle savait peut-ĂȘtre pas que Jule kiffe David.

Tu le connais Ă  peine.

Ça me blesserait que tu continues à traüner avec elle.

Tu es dans notre camp ?

... un litre de vin. Ça signifie

que je contrÎle totalement la quantité bue.

Sur cette bouteille, je bois...

... et si j'avance, c'est sans faire attention.

Check, check. Je suis Ă  sec. Le beat est de Lash.

Dealer des rues, cash. On court comme Flash.

Portion, gangstas, dope. Bienvenue au 36.

Je ferme les yeux et je réfléchis :

ce serait tellement cool d'avoir une Benz,

postée jour et nuit devant chez moi.

Encore un rĂȘve, mais bientĂŽt rĂ©alitĂ©.

Inch Allah.

HonnĂȘtement, je vais pas bien du tout.

Trop d'eau dans les yeux, comme une malédiction.

THC dans le sang, les yeux rouges et morts.

À la maison, maman dit : « T'Ă©tais oĂč, fils ? »

Je peux pas lui dire que j'ai vendu des kilos.

C'est la vie, frĂšre, chacun mesure les risques.

Tu parles trop ? On te frappe Ă  la matraque.

J'aime le Kotti, Kreuzberg. C'est mon univers !

0-3-0. On encule ton gang.

Ton gang, ton gang, ton gang.

0-3-0. Oui, on encule ton gang.

Ton gang, ton gang.

Oui, on encule ton gang. Ton gang, ton gang...

Pas de méduses.

J'ai regardé partout.

Sans toi, y a que des déchets dans l'eau.

Tu me détestes maintenant ?

Tu es beaucoup trop belle avec tes cheveux courts.

Viens par lĂ .

MĂȘme si les papillons se dĂ©composent dans le cocon,

ils se souviennent de leur vie de chenille.

Ils se souviennent qu'ils ont rampé partout

et ont perçu depuis la terre

tout ce qui apparaßt si différent dans l'air.

Le souvenir est tout ce qui reste au papillon de sa vie de chenille.

Et à moi de cet été-là.

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