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La dame en noir détient -elle la clé du mystère ? Elle a assisté le colonel
Jamin dans ses derniers moments, et Franck essaie de savoir par elle dans
quelles conditions son oncle a rédigé le testament qui le dépouille. L
'infirmière lui donne toutes les explications nécessaires, mais Béatrice
méfiante.
Qu 'est -ce qu 'elle a ? Elle a dû manger une herbe polluée par un produit
chimique quelconque.
On lui a fait un lavement tout de suite.
Laissez -la à la diète.
On lui donnera un mâche ce soir.
Laissons -la tranquille maintenant.
Tu vois, mon petit, on a beau s 'isoler, la sottise et la saleté finissent
toujours par vous atteindre.
Dans la vie, tout m 'a déçu.
Les hommes, les femmes...
Mais les chevaux, jamais.
J 'ai vécu dans un monde à part, mort depuis si longtemps que je n 'ai jamais
établir de contact avec mes semblables.
Maintenant que je suis vieux, j 'ai l 'impression que j 'ai tout manqué,
que je n 'ai jamais su me rendre utile.
La seule raison d 'exister, c 'est l 'amour de mes chevaux.
Est -ce suffisant ? De toute façon, je connaîtrai bientôt la réponse.
On te dira que les chevaux n 'ont pas de sentiments, qu 'ils n 'ont que des
habitudes. Ne crois pas cela, c 'est faux.
Tu n 'auras jamais de meilleur copain que ton cheval.
Tiens, regarde.
Flambeau.
C 'est mon meilleur ami.
Il te plaît, Flambeau ? Oh oui.
Eh bien, quand je ne serai plus là, ce sera à ton cheval.
À moi seul ? À toi tout seul.
Avec toi, c 'est lui que j 'aurais le plus aimé. Il est normal qu 'il te
revienne. Mais grand -père, je ne veux pas vous mourir.
J 'aime mieux ne pas avoir flambeau.
Comment va ta main ? Très bien.
Mais ça me démange.
C 'est la peau qui repousse.
Quel dommage.
Quel dommage que M. Perry ne soit pas venu l 'autre jour.
Il est venu.
Avec la dame.
On leur a dit que vous étiez malade.
Roger ! Monsieur, allez immédiatement au ranch Picard.
Vous dire à M. Perry que je désire le voir le plus tôt possible.
Bien.
Pas trop pénible, l 'enfermement ? Et tu as vu l 'avion ? Complètement
déchiqueté.
Christine a dû être tuée sur le coup.
Rien, j 'ai à te parler.
Deux villes sont là.
Qui ? L 'inspecteur vétérinaire et le membre de la SPA.
C 'est la suite de l 'affaire Vétheuil ?
Je compte sur toi pour aller leur expliquer et les rassurer.
Non.
Comment non ? Ne compte plus sur moi.
Si on m 'interroge, je dirai la vérité.
Ah oui, au risque de m 'attirer des ennuis.
J 'étais assez prévenue.
Enfin, je sais très bien que je n 'avais que ce moyen -là pour payer mes dettes.
Ça n 'explique pas tant de brutalités inutiles.
Depuis que j 'ai quitté les brouillards, je ne suis plus le même.
Je sais.
Vous avez dû parler de moi avec Franck pendant le voyage.
Non.
Excuse -moi, mais nous avons surtout parlé de Christine.
Non. Toi, tu t 'es inventé un personnage.
Et ce personnage, tu l 'as cru parce que tu as beaucoup trop d 'imagination.
Et derrière cette façade, il n 'y a qu 'un homme froid et méchant.
Et tu as découvert ça subitement ? Il ne faut pas longtemps pour ouvrir les
yeux.
Tu les avais donc fermés jusqu 'à présent ? Je croyais être amoureuse de
Je pense même que dans un instant, je vais te connaître encore mieux.
Dans un instant ? Pourquoi ?
Quand je t 'aurai dit que je te quitte.
Tu me quittes ? Oui, Walter.
Et tu me soutiendras encore que Franck n 'y est pour rien ? Il est à son lieu de
le soupçonner.
Je viens de prendre cette décision en posant le pied dans la cour.
Tu vois, tu es un lâche.
Non, pardon, je ne voulais pas. Tu sais pas ce qui m 'a pris. Tu m 'ennuies !
Béatrice ! Béatrice.
Je t 'en prie, ne pars pas.
Tu es tout ce qu 'il me reste des bruyères.
Encore ? Béatrice, je te jure qu 'il n 'y aura plus de difficultés entre nous.
Tu veux que les chevaux soient bien traités, ils le seront.
Si tu le souhaites même, nous nous marierons.
Je vais te dire ton fait en trois mots.
Et après de Walter, il n 'en sera plus question.
Aux bruyères, ton but était de t 'emparer des deux filles pour régner sur
domaine.
Christine t 'a jetée dehors.
Alors tu t 'es retrouvée avec moi.
Tu n 'avais que faire.
Pendant six mois, tu me l 'as fait sentir.
Aujourd 'hui, Christine est morte.
Tu t 'aperçois avec horreur.
Si tu avais été un peu plus patient.
Et si surtout tu m 'avais épousée.
Tous tes rêves se seraient réalisés.
Il est trop tard.
Je suis amoureuse de quelqu 'un d 'autre.
Adieu.
Béatrice ! Méfie -toi, Béatrice.
Tu croyais bien me connaître.
Mais tu n 'es peut -être pas au bout de tes découvertes.
N 'importe.
Je n 'ai plus peur de toi.
Ça va.
Allez -y.
Je suis en règle.
Mes écuries sont salubres et les eaux résiduelles évacuées.
Les fumiers ? Les fumiers enlevés quotidiennement et les litiers
Il y a pourtant une plainte.
Une calomnie, vous voulez dire. On cherche à menuer, c 'est clair.
Dites -moi, monsieur, vous êtes fuyant du ranch ? Je suis en pension avec mon
cheval.
Magnifique.
C 'est Cyrus.
Je m 'en occupe moi -même.
Vous connaissez dans les chevaux ? Je suis guide équestre.
Ah, voilà qui tombe bien.
Nous serions heureux de recueillir votre témoignage. Non, impossible.
Monsieur n 'étant pas précisément mon ami, son jugement serait partial.
C 'est un peu vrai. Il vaudrait mieux que vous interrogiez quelqu 'un d
Mais à quel sujet vouliez -vous m 'entendre ? Le traitement des chevaux
cette maison.
Ça, c 'est différent.
Sur ce point, je me sens obligé de parler.
Vous voyez ? Pourquoi ? J 'ai été témoin de l 'accident survenu au jeune
Vétheuil. Et je tiens M. Picard pour directement responsable de ce qui s 'est
passé. On ne loue pas des chevaux malades à des novices.
Je regrette.
Je n 'étais pas au courant de la condition physique de ces chevaux.
Vous mentez.
Les journées de travail de vos chevaux ne sont pas limitées à 7 heures comme
elles devraient.
C 'est 10 au moins qu 'ils font quand ce n 'est pas plus.
Mais vous accusez sans preuve.
Des preuves ? Allez donc voir derrière le dernier bungalow à 500 mètres d 'ici.
Vous y trouverez deux pauvres bêtes, les membres couverts d 'édemmes, amaigris,
crevants de misère.
On a tout simplement voulu les soustraire à votre examen.
Si monsieur dit vrai, les sanctions pourraient être prises envers vous.
Votre cadre professionnel vous sera retiré et on vous obligera à fermer
range. Allons -y.
Je m 'en vais.
Il le sait ? Je crois même quelques gestes de violence de sa part.
Vous m 'aiderez à sortir d 'ici ? Avec joie.
Vous retournez au brouillard ? Je vous l 'ai déjà dit, je ne retournerai pas au
brouillard sans vous.
Je ne peux pas.
Je comprends.
Tant pis, j 'attendrai.
Votre monsieur Gazal me fera bien une petite place.
Je vais chercher les chevaux.
Tu pars ? Oui.
Alors tu partiras à pied. Laisse le cheval. Elle le garde.
Non ! Non ! J 'ai des remords.
Je crois avoir été trop dure.
Vous avez bien de la pitié à perdre.
Je vous le dis et je vous le répète, c 'est un salaud.
Ça vous suffit ? Je vous retrouverai, Frank Perry.
Je vous retrouverai.
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