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Original subtitles

ScĂšne du crime - AccĂšs interdit

Repose en paix, Sugar

Un jeu de guerre qui tourne à la tragédie

- Chuck D, c'est un nul, mec. - Quoi ?

Déconne pas. Chuck D est pas si mal.

Ce Black de Chuck D, il est foutu et le reste de Public Enemy.

Speech, connard. T'en dis quoi ?

Speech ? C'est une enflure.

Comment ce machin peut dire que Chuck D est un dur chez les rappeurs ?

- Il a jamais flinguĂ© personne. - Faut ĂȘtre un dur de nos jours !

Je connais des blacks qui cognent pas leur gonzesse et qui baisent pas.

Des Blacks qui se shootent pas, qui ont pas fait de taule.

Peuvent pas ĂȘtre des durs.

Fais ce que tu veux. Moi, j'achĂšte pas si c'est pas hard.

Pas besoin de flinguer quelqu'un pour ĂȘtre hard.

Attends.

Les seuls Blacks que je représente, c'est Tupac, G-Rap et Wu-Tang.

- Enculé de Dr Dre, carrément. - Tu l'as dit. On déconne pas.

Ces blacks qui racontent tous ces trucs positifs.

Ce putain de monde est pas positif.

C'est pour ça que le sexe et la violence, ça fait vendre.

Moi, j'aime bien les rappeurs positifs, d'accord ?

- Fais pas chier ! - Ces Blacks, c'est pas des voyous.

Va poser ton cul de Black lĂ -bas.

Allez. Oublie ces conneries, mec. On a du boulot.

T'es pas censĂ© ĂȘtre ici.

Bouge ton cul. T'es censé faire le guet.

- Je déconne pas. - Il fait chaud dehors, mec.

- Faut qu'on le gagne ce fric. - Je sais mais il fait chaud.

- Quoi de neuf, mec ? - Quoi de neuf, mec ? Ça roule ?

- Il te faut quoi ? - T'as quoi aujourd'hui ?

Capsules rouges. Planantes. Deux pour le prix d'une.

- J'en prends deux. - Deux ? D'accord, accroche-toi bien.

- Tout va bien, mec ? - Ouais.

Merde, tu connais, mec.

Ça roule, mec ? T'as le fric ?

Surveille le coin, OK ?

Alerte !

- Enculé ! Viens par ici ! - Lùche-moi, mec ! Lùche-moi !

OĂč est la putain de dope ? Debout, putain.

Elles sont oĂč les ampoules ? Je sais que t'en as ?

On cravate pour du fric. C'est quoi ? La brigade de paroisse ?

Oui. Je te tiens !

Qu'est-ce que vous foutez ? J'ai rien. C'est quoi cette fouille ?

Lùche-moi le cul ! Je suis pas de la pédale.

- J'adore l'odeur des surprises... - Renifle-toi la gueule.

C'est l'odeur de la victoire, mon frĂšre !

Ouvre la gueule. SoulĂšve la langue.

Fais-moi voir sous ta langue. Ouvre.

EnlĂšve ton pantalon, ou ce qui y ressemble. Dicky, l'heure.

Écarte les fesses, mec. Écarte. On y va.

Fais-moi voir sous tes couilles. Tu sais que je déteste faire ça.

Fais-moi voir sous tes valseuses.

Strike en strip-tease.

Trois-deux. Le compte est bon. Bases occupées. Avec maillots déshabillés.

- Remonte ton pantalon, connard. - Alors, t'as pas d'hygiĂšne ?

Tu mens. Je vide mes tiroirs tous les jours. Je reste clean.

Allez, on se casse. C'est fini.

- À plus, mon frùre. - Je t'emmerde, mec.

Emmerde qui tu veux...

Y a des Blacks qui vous ont balancés.

Contents de pouvoir rendre service, les gars !

Tu vas te prendre un bloc-cylindres sur le cul !

Ramasse ton insigne et ton flingue...

Je supporte plus ces conneries.

T'as vu mon docteur ?

Tu vas le voir comme je t'ai dit ?

C'est cette merde qui te réussit pas. Jette-moi ça.

Tiens. Bois ça. Pas toute la bouteille.

Rodney. Je vais plus supporter ça longtemps, c'est moi qui te le dis.

T'auras peut-ĂȘtre plus Ă  supporter ça longtemps.

- Tu sais qui c'est ? - C'est Darryl.

Darryl Adams, le voleur. VoilĂ  qui c'est.

Il m'a volé.

Il se sert Ă  la coupe, revend Ă  son compte et ramasse le fric.

Joli boulot d'intérieur. Du propre, du sûr.

Ce clown revend pour toi ? Pourquoi lui ? Et moi ?

Parce que t'es comme mon fils. Strike, mon fils.

Si je suis comme ton fils, qu'est-ce que je fous dans ce parc ?

C'est lĂ  que j'ai besoin de toi.

J'ai fait ce rĂȘve hier soir.

Je suis dans le désert avec tous mes gamins.

Mes vrais gamins, de la boutique.

Ils sont tous alignés devant moi, comme mon armée.

Dieu apparaĂźt et te montre du doigt.

Il me dit : "Celui-ci sera ton épée et ton bùton."

C'est ce que Dieu m'a dit. En te montrant du doigt.

Darryl Adams Ă©tait mĂȘme pas dans mon putain de rĂȘve,

parce que ce gosse est un voleur, et il faut le descendre.

- Le descendre ? - Le descendre.

Tu peux pas demander Ă  Errol ?

Tu sais bien qu'Errol s'est piqué au sida.

Le virus.

Il a déconné et a pris le mauvais train.

Tu vois Errol en train de vendre des sandwiches de baleine et de la dope ?

Tu veux vraiment arrĂȘter les bancs ?

Tu t'en occupes, pour moi.

- T'as du chocolat Moos ? - Non. C'est un bar ici.

- HĂ©, Ronnie ! - Merde.

- Ça roule, mec ? - Qu'est-ce que tu fous ici ?

Je fais que passer.

Grand frĂšre. Je pensais justement Ă  toi.

- Ouais ? - Ouais.

- Moi aussi, je t'aime, Ronnie. - D'accord. Bien.

Tiens. Essaie ça. C'est sucré.

- Tu connais Chez Ahab lĂ -bas. - Quoi ?

- Tu connais Chez Ahab lĂ -bas. - La concurrence.

Tu connais le clown qui travaille là. Le gérant de nuit, Darryl ?

- Darryl ? Non. - Darryl Adams.

Ce type, c'est un vicieux.

Pourquoi Darryl Adams serait un vicieux ?

Parce qu'il a tabassé cette nana, Charise.

Elle a que 16 ans. Elle était venue demander du travail.

Il la fait venir dans le bureau et lui demande de lui tailler une pipe.

Elle dit non alors il se met Ă  la cogner et tout.

Ce type, c'est un dégueulasse.

Il cogne les femmes.

- Un dealer qui cogne les femmes. - Ça j'en sais rien.

- Et qui raconte tout ça ? - C'est vrai tout ça.

La mĂšre de la fille est folle de rage.

Elle veut que sa fille soit vengée. Elle veut le voir mort.

Et si c'était ta fille à toi ? Elle n'a que Charise.

- Il faut l'allonger. - Eh bien ?

Je te tiens, j'arrive, Du plomb dans la caboche...

- C'est pas ta chanson préférée ? - Allez, mec.

Vic, pourquoi tu te fous de moi ?

Je te parle de trucs graves.

J'aurais dû savoir que c'était pas la peine de venir te voir.

- Je connais quelqu'un. - Qui ça ?

- Le Meilleur. - Qui ça ?

Le Meilleur. Un ami d'un ami.

Il le fera.

- Combien il veut ? - Rien.

Alors, on marche comment ?

Je t'écoute. Tu veux que je fasse quoi ?

Rien. Relax. D'accord ?

Mes petits hommes, mes neveux, comment ils vont ?

- Mes gosses me manquent. - Pourquoi tu rentres pas alors ?

Tiens, l'enfoirĂ©. Ça roule, Strike ?

On est fermés.

Je croyais que tu bouffais pas ça parce que ça te bousillait le ventre.

C'est Chez Ahab ici.

On n'a pas de pilules digestives ici.

Boum ! Je t'ai eu !

Boum. Je t'ai eu.

T'es toujours lĂ , enfoirĂ© ? Ça roule ?

Il nous faut du Mylanta pour la fillette ici !

Sans doute triple homicide.

Dehors dans la boue, 60 cartouches par terre,

et un troupeau de Blacks qui piétinent toute la scÚne.

- Alla salute. - Mazel tov.

J'aime pas ces bouteilles qu'on sert en avion.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Ce type s'est fait descendre ! - Par qui ?

J'étais pas là donc je peux pas en parler intelligemment.

Je voudrais pas que t'arrĂȘtes de parler intelligemment.

Le corps est déjà froid.

Pardon. Je passe. Merci.

Merde ! Excusez-moi !

Bienvenue au spectacle sans fin.

Bartucci, on a quoi ?

On a un Noir, mort. Darryl Adams, 22 ans.

C'est le gérant de nuit de ce bouge.

Le gamin est Ă  la porte en train de discuter avec un autre homme.

Pan, pan. Darry tombe. Le tireur prend la fuite.

Dans le quartier, on a entendu quatre coups de feu.

Jusque-là, c'est tout ce qu'on a écrit.

- Un cambriolage ? - Non. Beaucoup trop rapide.

Drogue ? C'était une ordure ?

Pour tout te dire, j'avais encore jamais vu ce gamin.

Les gars, Darryl Adams. Darryl Adams, les gars.

- Salut, Darryl. - Salut.

À vĂ©cu par le flingue, est mort par le flingue.

- Le gamin avait de la cervelle. - Il avait son or, heureusement.

- Ça a fait ricochet. - Je crois que c'Ă©tait la bouffe ici.

Hal, par ici. Dis-moi ce qu'on a.

Allons-y.

Voyons ça. Pas de résidus de poudre sur le visage.

- Ces yeux nous ont trompés. - Sans doute 30-35 ans.

- Portes un et deux. - Rien dans la manche.

Il ira peut-ĂȘtre mieux mais il ira jamais bien.

- Et presto ! - On lui a serré la main.

Un peu trop fort.

Regardez. On dirait une sorte de signe de paix égyptien.

- Tu as raison. - Ça dit au revoir.

Moe. RelĂšve les empreintes sur cette porte.

Fais chier, Rocco. Ça va bien nous avancer.

On aura la moitié de Brooklyn sur cette porte.

Quoi, t'as bouffé un hamburger Ahab ?

- Tu m'en dois six de plus. - J'adore mon boulot, moi aussi.

Plus d'empreintes que sur mon ex.

- Il a gardé les dragées ? - Donne-moi une seconde.

Ça doit ĂȘtre son habit de golf. 18 trous.

Bon sang !

Sors de lĂ , oĂč que tu sois. Le singe est dans le tram.

On dirait que c'est ressorti. En voilĂ  une. Deux sorties.

Le téléphone arabe, ça dit quoi ?

Comme d'habitude. "Rien vu, rien entendu."

- Un revendeur ? - Je sais pas.

- Hal, comment ça va ? - Salut, Lar.

Regarde dans les poches.

- Le salaud ! C'est Darryl Adams ! - Qui ça ?

Il travaillait pour Rodney. Je le voyais souvent.

S'il travaillait pour Rodney, alors c'est un revendeur.

- Regarde encore dans les poches. - Bien sûr. Attends.

- Rien. - Alors, Darryl ?

- Un enfoiré de revendeur. - Vous avez fini ?

Marvello, le magicien !

- L'a attrapé une balle de ses dents. - Quel coup !

T'as dépassé Willie Mays. Je te vote meilleur joueur de l'année.

Encore une tache sur le trottoir.

- Un seau et une serpilliĂšre. - Un, deux, trois.

Arrivederci !

TrÚs bien. Le spectacle est terminé. Tout le monde rentre chez soi.

- À la prochaine, Hal. - À bientît.

Moe, me fais pas revenir pour ces putain d'empreintes !

- De quoi tu te plains ? - Désolé.

Excuse-moi.

TrĂšs bien. Je le referai plus.

Je me tire, mec.

- T'as 50 dollars ? - Non, mec.

Ce que je trouve, je garde.

Me regarde pas comme ça. Ou t'auras le cul peint sur ce mur.

Je connais ce regard. Tu te demandes comment j'ai attrapé le sida, hein ?

- Non, mec. - Sale menteur !

Je me suis pas envoyé ces crétins.

- Je suis pas homosexuel. - J'ai pas dit ça, d'accord ?

C'est cette saloperie.

J'arrive pas à croire que j'ai attrapé cette saloperie.

Tout ce temps que j'ai passé dans la rue.

Et je suis un malin.

Je sais que j'aurais dĂ» arrĂȘter cette saloperie.

À une Ă©poque, je faisais des Ă©tudes de comptabilitĂ©.

Et maintenant, ce truc me bousille le corps. Je suis un condamné à mort.

C'est pour ça que j'en ai rien à foutre de personne.

Et je veux plus voir ta gueule !

T'as pas Ă  toucher Ă  cette saloperie.

Tu finiras comme moi. Ou pire.

Mon vieux était pasteur.

Quand j'ai commencé à y toucher,

il m'a dit : "Tu paieras un jour.

"Tu paieras pour cette merde, petit."

Il avait raison.

On la trompe plus, cette saloperie.

Maintenant, tire-toi !

Pourquoi faut toujours que tu me contredises ?

Écoute-moi bien. T'as combien de paires de baskets ?

- Six avec celle que j'ai aux pieds. - Rodney.

- Une seconde. Six, c'est ça ? - Oui.

- T'as combien de pieds ? - Deux comme tout le monde.

Il voit pas de quoi je parle.

- Tu vois pas, c'est ça ? - Quoi ?

Comment tu vas gagner 10 si tu dépenses 10 ? 10 moins 10, ça fait ?

- ZĂ©ro. - Tu veux ĂȘtre un zĂ©ro ?

- Je veux pas d'un zéro. - T'as pas de zéro.

Tu vois ce que j'essaie de te dire ?

Le Black qui dépense tout se réveille fauché tous les jours,

parce que le Black ne croit pas en lui.

Il voit pas plus loin que le bout de son nez.

Pensez à long terme. À votre avenir.

Si vous venez travailler pour moi, ce sera différent.

Vous ferez des économies.

Vous achĂšterez une maison Ă  Strong Island Ă  votre mĂšre.

Tendez tous vos mains, paumes vers le bas.

- Vous voyez quoi ? - Noir.

Vous devez voir vert comme le dollar.

TrÚs bien. C'est pigé ?

- Non. T'as pigé ? TrÚs bien. - C'est pigé.

Excusez-moi.

- Vous avez du boulot à l'intérieur. - Ouais.

Allez. Vos ordures.

Qu'est-ce que t'as ?

- T'es pas au courant ? - On m'a rien dit.

Tu m'as dit que si je voulais quitter la rue...

Tout ce que je sais, c'est que Ahab recherche un nouveau gérant.

Tu gardes le profil bas pour une ou deux semaines.

Laisse tout ça retomber. Tu bosseras toujours sur ma zone.

Tu restes dans la rues mais Ahab, c'est la prison.

Je te le dis. C'est bon. Tout va bien.

Il a l'air méchant, ce black.

On va faire passer la came sur le réseau alimentaire.

En ce moment, on travaille trop sur ma zone.

On a nos clients, des voitures venant d'autres états...

Ils feront une enquĂȘte. Ils vont me balancer, appeler les flics.

Avec mon dossier, je peux pas retourner en taule.

Ahab fera une belle couverture. Bien joué, Strike.

Pourquoi tu me regardes comme ça ? Ça va pas ?

Tu sais que c'est toi et moi, hein ?

Je te l'ai dit. T'es comme mon fils.

Je serai lĂ  pour toi. D'accord ?

Je t'ai encore jamais laissé tomber, si ? OK, alors.

Viens ici. Je vais te trouver quelque chose Ă  manger. Viens.

C'est quoi cette revue de trains que t'as ?

- C'est pas mal. - Putain de loco tchou-tchou.

Tu lis un livre sur les trains ?

On devrait tous avoir un passe-temps. Toi tu collectionnes les allocs ?

C'est pas drĂŽle. Pourquoi tu me fais marcher, Strike ?

Chier, mec !

Je parle pas des joujoux que t'as dans ton berceau.

Je sais, parce que je vais te casser la gueule.

Shorty, pourquoi tu ris ?

- Pas un geste ! - Merde !

Petit. Tu ne bouges pas de lĂ .

Debout, le génie.

C'est Rodney, ça ?

- Rodney a appelé ? - Tu dois bien savoir.

- Vous ĂȘtes au courant pour Darryl ? - Ouais, mec.

J'ai dû aller prévenir ses parents hier soir.

- C'est pas drÎle. Je déteste ça. - Un coup dur.

J'espĂšre que j'aurai jamais Ă  rendre ce genre de visite Ă  vos parents.

Touchez pas Ă  cette saloperie !

Et les trains, ça marche ?

Petit, viens ici.

Je t'ai déjà dit de pas traßner autour de ces crétins.

Je te surveille. Monte.

Andre, va donc attraper des criminels, tiens !

Shorty. Qu'est-ce que tu regardes ? Viens ici. Oui, toi.

Allez, grouille-toi. Vite. Le temps, c'est de l'argent.

Viens ici.

Bon sang, t'as une sacré touffe.

- T'es allé quand chez le coiffeur ? - Je sais pas.

Les mains en l'air.

Attention. Saute. Tire.

Attention ! Allez. Lance autre chose.

- T'as perdu tes maniĂšres. - Merci.

- Comment tu t'appelles ? - Tyrone Jeeter.

TrĂšs bien. Shorty.

VoilĂ  mon frĂšre, Victor. Merde.

- Attends ici, d'accord ? - D'accord.

Je reviens.

Attention ! Saute !

Je t'ai eu !

Qui a fait ça ?

Qui a fait ça ?

Qui a joué au papa de mon fils et l'a emmené chez le coiffeur ?

Plus personne ne sait rien ?

Je te connais. Je te connais.

Cedric Stanley Gilmore.

- Toi aussi. Ronnie Dunham. - Merde.

On était voisins, tu te rappelles ?

Je connais ta mĂšre. Gloria.

Vous n'ĂȘtes tous que des bons Ă  rien, de sales dealers de mort.

Je trouverai qui a touché à Tyrone

et je lui collerai une balle dans le derriĂšre moi-mĂȘme.

Et priez que je trouve pas Andre non plus.

Bon dimanche.

Merde. C'est pas Ă  moi que la salope parlait.

- Scientific, la ferme. - Toi, la ferme, mec.

OK, Victor ?

Tu es prĂȘt ?

Je devrais te passer les menottes mais t'as l'air d'un type fiable.

Je l'ai dit. J'ai bu quelques verres Ă  Kool Breeze. Du scotch.

- Quelques ? - Deux ou trois.

C'est lĂ  que je vais d'habitude aprĂšs le travail.

T'y es resté combien de temps ?

Je sais pas. De 20 h 30 Ă  environ 22 h.

Allez voir à Hambones... Je suis gérant là-bas.

Je finis pas avant 22 h. J'étais pas trÚs bien, je suis parti plus tÎt.

T'étais pas bien alors t'es allé à Kool Breeze ?

C'était pas du genre à vouloir rentrer à la maison.

Mal de tĂȘte ? Dispute ?

- Non, juste fatigué. - Continue.

J'ai quitté Kool Breeze et suis rentré à pied.

J'ai coupé par le parking de Chez Ahab.

Et ce type m'est rentré dedans. Il est sorti de nulle part.

- J'ai eu peur. Vous savez le reste. - Raconte-moi, Victor.

Je l'ai abattu.

Petit. J'aime bien ta nouvelle coupe.

- Qui t'a coupé les cheveux ? - Le coiffeur.

T'avais la tĂȘte sur les Ă©paules avant que Rodney te mette le grappin dessus.

Ça n'a pas changĂ©.

Tu sais, j'ai été là pour toi depuis que t'es haut comme ça.

Tu veux pas de mes conseils, trĂšs bien. C'est ta vie.

Mais je vais te dire une chose.

Un seul regard en direction du petit Tyrone,

et tu peux ĂȘtre sĂ»r que tu regretteras que je t'aie pas tuĂ©.

On s'est bien compris ? On s'est bien compris ?

Ouais.

Pourquoi on recommence encore ? Je vous l'ai déjà dit.

Le type m'est tombé dessus, j'ai eu peur... Puis, je me suis enfui.

Tu veux dire pan, pan, pan, pan.

- Quoi ? - Quatre balles dans le corps.

- OĂč Ă©tait cachĂ©e ton arme ? - Dans mon sac de gym.

Il y a quoi d'autre dans ce sac ?

Mon uniforme Hambones, un sandwich de chez moi.

Je mange pas du Hambones, je le dis Ă  personne.

Le sac était fermé par fermeture éclair. Un cadenas ?

Ne secoue pas la tĂȘte, Victor.

- OĂč sont mes tapis ? - Quoi ?

Je t'avais parlé de ces tapis pour les gosses.

Si on veut avoir un club d'acrobatie, il nous faut des tapis.

J'ai dit : "Strike va les acheter. Il a promis."

Je t'ai pas encore cueilli,

mais jusque-lĂ , tu vas ĂȘtre mon bienfaiteur.

Tu vas sponsoriser ce club, tu m'as bien compris ?

Et Ronald, je ne te le redirai pas.

Le magasin était fermé. Un de ces congés juifs.

- Quel congé juif ? - Je sais pas. Choisis-en un.

Demain, d'accord ? Je passerai demain, c'est promis.

- Ces menottes sont trop serrées. - On se serrait les coudes avant.

- Tu m'arrĂȘtes ? - Pourquoi ?

Tu pourrais m'enlever ces menottes et me laisser partir ?

Tu n'as pas à vivre comme ça.

Il n'y pas que la cité dans la vie.

T'as pas envie d'aller voir ailleurs ?

Tu adores les trains mais t'as jamais pris que le métro.

Vas-y. Descends de lĂ .

Et trouve-moi ces tapis pour mes gosses, d'accord ?

- Jamais. - Jamais ?

T'es jamais passĂ© devant, un jour oĂč il fait chaud, avec tes 2 gosses ?

- Vous arrĂȘter boire une limonade ? - Avec mes deux gosses ?

Je les vois Ă  peine. Je travaille tout le temps.

Quand je rentre, je suis épuisé. Vous avez des gamins ?

Oui. J'ai une fille de deux ans.

Ça vous est dĂ©jĂ  arrivĂ© de rentrer fatiguĂ©

au point de haĂŻr les pleurs de vos propres enfants ?

La chair de votre chair.

Ma femme, Sharon, m'a dit de quitter un boulot. J'en ai deux.

Est-ce qu'elle croit que je fais ça pour le plaisir ?

J'essaie, mec.

J'essaie vraiment de nous sortir de la cité.

Vous comprenez ?

Je travaille, j'économise, je fais tout ce que je peux.

Pour ça, il faut que je travaille.

Je ne suis jamais en retard. Je dois travailler.

Victor, écoute-moi.

T'es un garçon bien, honnĂȘte, qui va Ă  l'Ă©glise et qui craint Dieu.

Et si c'est bien toi qui as tiré,

il doit y avoir une bien meilleure raison que celle que tu m'as donnée.

Pourquoi Darryl, le gérant de chez Ahab,

essaierait de te voler dans son propre parking ?

Ça devait ĂȘtre personnel Ă  mon avis.

Non. Je ne l'avais jamais vu avant.

- Il a flĂ©chi et t'as tirĂ©. - J'arrĂȘte lĂ .

Je vous ai dit ce qui s'était passé. Vous voulez quoi d'autre ?

- La vérité. - Elle est en face de vous !

S'il a fait quelque chose, qu'il a menacé ta famille, ça peut t'aider.

La fatigue, les insomnies. Ça peut t'aider au tribunal.

Qu'est-ce que ce con t'a fait ?

C'était de l'auto-défense.

De l'auto-défense ?

Je veux voir ce que tu vois.

Je ne suis pas d'accord.

J'ai quand mĂȘme pas l'air aussi con.

Le massacre du fast food Un homme de Brooklyn tué

Dans les journaux.

Je croyais que Vic était réglo. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Le type avait déjà 5 boulots.

Merde ! Qu'est-ce que la criminelle vient faire ici ?

235 Hoyt, la cité Mandela, c'est ça.

- Tyrone. - Quoi ?

Tu vas surveiller la voiture pour moi, d'accord ?

- D'accord ? - Cool. Et tu nous donnes quoi ?

- Je te retrouve tout Ă  l'heure. - On le fait pas gratuit.

Je m'occupe de toi tout Ă  l'heure.

Pardon, c'est oĂč le 235 Hoyt ?

- Juste lĂ . - Merci.

C'est Nintendo ou Sega ?

- Sega. - C'est quoi ?

- "Gangsta". - Que sont devenus les jeux de puce ?

Rocco, tu sais pas que c'est la nouvelle coqueluche du pays.

- OĂč tu vas ? - Chez mon ami.

Tout le monde veut ĂȘtre gangsta, c'est ça ?

Ça te plaüt, hein ? T'aimes bien regarder ça, hein ?

- Tu veux savoir combien ça coûte ? - Je sais déjà.

Ouais, j'en suis sûr. T'en veux sans doute un, hein ?

J'en ai peut-ĂȘtre dĂ©jĂ  un.

- Pourquoi avait-il cette arme ? - Tout le monde en a.

- Il boit beaucoup ? - Le soir seulement.

On est deux.

- Et la drogue. - On peut pas ĂȘtre plus clean.

Il s'est fait de nouveaux amis récemment ?

- Il fréquentait d'autres gens ? - Pas que je sache.

Vous pensez peut-ĂȘtre Ă  Ronald mais ça fait un temps qu'il vit plus ici.

- C'est un sacré athlÚte. - Oui.

Vous devez ĂȘtre fiers de votre papa.

Je parie. Quelque chose cloche.

Quand je travaille sur une affaire, je veux faire les choses bien.

Ce sont mes deux fils, Victor et Ronald.

Victor est un beau jeune homme, un travailleur.

Il ne ment pas. S'il vous l'a dit alors c'était de l'auto-défense.

- Pourquoi vous ne le croyez pas ? - Je peux vous emprunter ça ?

Je dois reconstituer son trajet de l'autre soir,

et je préférerais pas montrer une photo de police.

Soyez sages. Prenez soin de votre mĂšre.

- Strike. - Tu le connais ?

Un petit merdeux arrogant.

Il travaillait pour Rodney dans sa boutique et avec Darryl.

Maintenant il dirige l'équipe de la cité.

Revendeur pour Rodney, comme Darryl. Allons le cueillir.

- Alors, mec ? - Ils sont allés au 9e étage.

Merde ! Je le savais.

- Ils ont dit quelque chose ? - M'ont parlé de "Gangsta".

- Autre chose ? - Non.

TrÚs bien, Shorty. Bien joué.

Monte avant que ta mĂšre fasse une crise.

D'accord.

Remonte.

- De qui tu te caches ? - Tu me files ou quoi ?

Je te redirai pas de le laisser tranquille.

- Va lui dire ça ! - Et ton frÚre ?

Il est foutu, mec.

- Il a avoué. T'es allé le voir ? - J'y vais. J'y vais.

Faut que tu te fasses examiner l'estomac.

Mes gamins te remercient de tout leur cƓur pour les tapis.

C'est pas agréable de faire le bien ?

Vous le connaissez ?

- Oui. Il était ici. - Quand ?

Il était là vendredi. Il a bu un verre.

- Un verre ? Il n'était pas soûl ? - Non.

Il était pas poli.

Je ne fais que m'échauffer. Mais c'est la bombe.

Il était avec quelqu'un ?

Il est arrivé seul. Il se pourrait qu'on ait discuté. J'ai oublié.

- Et les coups de feu aussi ? - Qui vous a appelés, à votre avis ?

C'est ça que vous cherchez alors ?

Est-ce qu'il était là avant ou aprÚs les coups de feu ?

Avant. Vous savez comment je le sais ?

Je le surveillais. Je l'avais jamais vu avant. Il était nerveux.

J'ai cru que c'Ă©tait peut-ĂȘtre un de ces jeunes braqueurs.

C'est Strike. Bon sang.

- Ils se ressemblent pas. - Et lui ?

Oui. Victor ? Un habitué. Qu'est-ce qu'il a ?

Pourquoi tu m'as pas dit que c'était ton frÚre ?

Rodney, mec. T'as oublié ?

Tu m'as dit que tu voulais pas savoir.

- Victor a flinguĂ© Darryl ? - Je sais mĂȘme pas si c'est lui.

Victor est ton frĂšre. Tu devrais savoir.

Errol, tu...

On n'a jamais eu cette conversation au sujet de Darryl, hein ?

- Quelle conversation ? - Tu vois ? Pas de problĂšme.

Vas-y, Ă  toi l'honneur.

Bravo !

Il n'est venu lĂ  qu'un soir, le soir de la fusillade.

Il est nerveux. Il ne s'assoit pas. Il n'est pas soûl quand il repart.

Il a été condamné pour détention illégale de drogue,

d'armes Ă  feu

et pour agression et pour ça, il a encore trois ans à faire.

Écoute, Rocco. Il est dĂ©foncĂ©. Il a un peu forcĂ© sur la dose.

Il se fait engueuler, il sort de Kool Breezer avec le flingue dans son sac.

Adams lui saute dessus, le surprend.

Il flingue le premier type qui marche sur ses Nikes.

Un accro dans un mauvais jour.

C'est comme ça chez les Blacks. Un peu de religion et on abandonne.

Je ne vais pas perdre mon temps pour ça.

Tu vois pas qu'ils nous mĂšnent en bateau ?

Il nous raconte que c'est lui le tueur.

Pas d'antécédents, deux adorables gamins, deux boulots.

Le citoyen modÚle. Il plaide l'auto-défense.

- D'accord. - Qui ira le contredire ?

Maintenant, l'autre. Strike.

Il essaie un coup pareil, personne le croit. C'est une ordure de premiĂšre.

Pas étonnant que son histoire tient pas debout. Il ment.

Victor n'a jamais décollé de ce bar.

- Il a pris la place de son frĂšre. - Pourquoi ?

Par amour fraternel ? Par peur ? Pour de l'argent ?

Ils se sont joués de moi, parce que ce salaud est innocent.

Tout ça parce qu'un Black a une femme, un boulot, des gosses

et un compte bancaire, alors il peut pas ĂȘtre un tueur ?

Tu as tout essayé.

Rien ne l'a fait changer d'avis.

MĂȘme si ce Victor nous a racontĂ© des conneries,

ils le font tous, de toute façon, mĂȘme s'ils nous mĂšnent en bateau,

ça reste une affaire qu'on peut classer.

Et si je me trompe et que Rodney ou Strike sont derriÚre tout ça,

ou le cartel de Medellin, j'en ai rien Ă  foutre.

Parce qu'on a notre tueur.

- On a pas le bon frùre. - À toi de t'en occuper, d'accord ?

J'aimerais savoir comment ces négros ont eu le culot

de croire qu'ils pouvaient me faire avaler ça.

J'en ai assez de votre vocabulaire. Ça suffit.

Pardon, lieutenant. Je ne voulais pas vous offenser.

N'importe qui peut flinguer un junkie. Vic est comme tout le monde.

Les journaux disent qu'il avait un .38.

- On s'en fout de ce qu'ils disent. - Attends, enfoiré.

La derniÚre fois que t'as flingué un junkie, c'était quand ?

J'ai jamais tué personne mais je vais commencer maintenant !

Du calme. Moins fort. La criminelle arrive.

Comment ça va, les gars ?

Regardez qui est lĂ . Ronnie Dunham.

- Ronnie ? - Je peux te parler une minute ?

Vas-y, petit con.

Rocco Klein, de la brigade criminelle.

- T'as une minute ? - La criminelle.

Je m'occupe de l'affaire Adams. Ton frĂšre, tu sais ?

- Comment il va ? - Je sais pas, je l'ai pas encore vu.

On rigole pas là-dedans. T'as déjà été en taule ?

Juste une nuit. C'était rien.

- Errol. Je te croyais mort. - Je l'étais. Je suis revenu.

- M. Barnes t'attend ? - Non, pas moi.

Je ne suis pas content.

Ton frĂšre s'est mis Ă  table mais son histoire, c'est n'importe quoi.

Tu sais ce qu'il nous a dit ?

Comment je le saurais ? J'étais pas là.

- T'étais pas là ? - Quand il vous a raconté tout ça.

- Il s'est passé quoi, à ton avis ? - J'en sais rien.

Tu crois que lui et Darryl avaient des comptes à régler ?

- Tu connaissais Darryl Adams ? - Non, non.

- Tu connaissais pas Darryl Adams ? - Non, mec.

On s'est jamais rencontrés. Non.

C'est quand la derniĂšre fois que t'as vu ton frĂšre ?

- Un bout de temps. - En semaine, mois, années ?

- Ouais. - Ouais quoi ?

- Deux mois. - Deux mois ?

- Tu veux répondre ? - Quoi ? C'est pas le mien.

Qu'est-ce que tu sais ?

Ronnie, je cherche un peu d'aide, des idées.

Ton frĂšre a des gosses, tes neveux.

- Le type Ă©tait peut-ĂȘtre accro. - Un accro qui craque ? D'aprĂšs qui ?

Personne... C'est ce qu'on raconte.

Vous savez bien ce que je veux dire.

- T'es revendeur ? - Non.

- Revendeur depuis combien de temps ? - Vous ĂȘtes sourd ou quoi ?

Je te donne ma carte.

Si t'entends quelque chose... Décroche le téléphone.

- Boum ! - Bien.

On se reverra, Ronnie.

- Qu'est-ce qu'il voulait ? - Me parler de mon frĂšre.

De la part de Rodney. Mets ça en sachet de 30 grammes.

- Il te verra tout Ă  l'heure. - Ouais, d'accord.

- Tu connais Rodney Little. - Bien sûr.

- Il a ce revendeur, Strike. - Qui boit toujours du Moos.

Il faut qu'il parle. Tu peux le bousculer un peu.

- Ça dĂ©pend. - Qu'il panique un peu.

- Et tu feras quoi en échange ? - Rien de plus que toi.

Strike, mon vieux ! Une nouvelle Ăšre, Strike.

Rudy arrive. Ordre public. RĂ©duction de budget. La fĂȘte est finie.

Mesures énergiques contre la drogue, le crime, les Noirs,

les Ritals, les sans-abris, les Afro-américains.

- Assieds-toi. Alors quoi de neuf ? - Rien du tout, détective.

Appelle-moi Jo-Jo. T'aimes le basket ?

Non. J'aime pas le sport.

- T'aimes quoi ? - Les trains.

Les tchou-tchous ? Les paniers, tu sais pas faire.

- Non. - Non. Déconne pas, mec.

Tu savais taper du ballon avant de savoir marcher.

Bon, écoute-moi. Je suis là parce que je t'aime bien.

Demain soir, ça va ĂȘtre la fĂȘte ici.

On fait une descente sur la cité, ça va dégager.

À ta place, j'emmùnerais mes gars, disons vers 21 h,

boire du Moolies au chocolat ou ce que tu veux, jusqu'à 23 h, ça marche ?

Ouais, ça marche.

Je t'aide et toi, tu m'aides.

- Ouais, d'accord. - Non, non. Pas "d'accord".

Je t'aide et toi, tu m'aides.

- Tu m'as l'air d'un 500. - 500. C'est un début.

Bien. Chaque semaine, je t'aide.

Je te prĂ©viens oĂč la descente aura lieu. Et chaque semaine, tu m'aides.

- C'est cool ? - Cool.

C'est mon partenaire, Kirby.

Kirby va repasser dans 30 minutes. Tu lui expliques.

Dis Ă  Rodney que j'ai de la bonne marchandise qu'il pourrait utiliser.

De qualité supérieure.

Paix.

T'as laissé tomber ça.

À ta place, je l'appellerais, ce type.

Strike !

Un visiteur pour Victor Dunham ?

Je t'aime, vieux.

- Cool. - T'as l'air en forme.

AprĂšs toi.

Un type en a eu marre de se raser.

Alors ils ont décidé de me couper au rasoir.

On m'a volé mes baskets aussi.

Grand frĂšre.

Tu fais la une des journaux.

Ronnie, tu peux me sortir d'ici ?

- J'essaierai. Combien la caution ? - 50 000.

50 ? Merde !

- Et si on paie cash ? - L'avocat dit que dans une semaine,

j'aurai peut-ĂȘtre ces 10 %.

Peut-ĂȘtre que Rodney...

Dis Ă  ces connards d'arrĂȘter de te faire chier.

Ouais. Peut-ĂȘtre.

Je vais essayer de te sortir d'ici.

Certains Blacks ici, certains hommes, ils adorent la prison.

Mais tout ça, c'est pas pour moi.

Je vais te sortir d'ici.

Embrasse mes bébés pour moi.

- D'accord. - Merci.

On a ouvert il y a un an. Jusque-là, ça marche plutÎt bien.

Quand je l'ai appris, ça m'a brisĂ© le cƓur. Victor est adorable.

- Ça lui arrivait d'ĂȘtre en retard ? - Nom. RĂ©glĂ© comme une montre suisse.

- De voler ? - Non, il Ă©tait honnĂȘte.

- Il avait de la visite ? - Non.

- Vous l'avez vu ici ? - Non.

Victor était mon intermédiaire. Il savait les raisonner.

C'est arrivé qu'on le menace ?

Je peux vous aider ?

- Je peux vous aider ? - Laisse-moi entrer dans ta boutique.

C'est ta boutique, hein ? On achĂšte des trucs dans ta boutique.

- Qu'est-ce que tu veux acheter ? - Ce que t'as.

On n'a peut-ĂȘtre pas ce que tu veux.

Attends. T'es qui toi ? Le vigile de la boutique ?

- On te paie Ă  l'heure ? - J'essaie juste de vous aider...

Fais chier ! Je suis noir alors ça veut dire que je vais voler.

Je suis venu acheter un cadeau d'anniversaire Ă  ma maman !

Mais t'es qu'un pauvre mec,

et la boutique de ta salope de Chinoise, c'est de la merde !

Je t'emmerde, connard !

Je vais chercher mon flingue et t'arroser le cul de plomb.

Je rigole, tu crois. Manquer de respect Ă  l'anniversaire de ma mĂšre.

Je fais 2000 dollars par jour. Tu fais combien au mois ?

Tu vois ça ? Un billet de cent dollars, hein ?

Pour l'anniversaire de tes gamins.

Je vais revenir. Je reviendrai te tuer.

- Merci. - Je viendrai te tuer.

- Que voulait-il ? - Rien.

- Ce jeune est revenu ? - Non.

- Bonjour, M. Brown. - M. Dunham.

C'est mon propriétaire, M. Brown. Alors, ça va ?

- Comment ça va, monsieur ? - Ravi de te connaßtre, jeune homme.

C'est Tyrone. C'est mon petit frĂšre.

Si ces camĂ©s t'embĂȘtent, fais-moi savoir.

Je leur fais pas non plus de cadeau Ă  ces accrocs au crack.

Fais comme ton grand frĂšre. Touche pas Ă  la drogue.

J'ai quelque chose sur le feu. À tout à l'heure.

D'accord. Allez, monte les escaliers. Vite.

Qu'est-ce que tu fais ? Touche pas à ça.

Merde. Tu sais Ă  quoi tu touchais ?

- Non ! - Petit mec.

Les trains Lionel. Construits au début du siÚcle.

Mais cette merde, ça marche qu'à piles sÚches.

Mais aprĂšs la guerre 39-45,

quand les gens ont commencé à avoir l'électricité chez eux,

boum, ils ont sorti les nouveaux.

- Génial, non ? - Ouais.

Le profit, c'est dans la façon de couper. N'oublie jamais ça.

Shorty, si je te vois ou que j'apprends

que t'as touché à cette merde, que t'as sniffé ou fumé...

Viens par ici. Je le jure devant ma mĂšre.

Je t'en colle une au cul.

Et c'est pas comme ces conneries de violence à la télé.

La rue, c'est la réalité.

Les vraies balles, ça fait mal. Et les vrais flingues, ça tue.

Tu vois ça ? Un .25 automatique.

Je les garde contre tous les malades du quartier.

Comme ce mec, Errol. Celui-lĂ , il est dingue.

Il t'explosera la gueule, il en a rien Ă  foutre.

Et le pire, c'est qu'on retrouvera jamais le corps.

Il restera que des taches de sang par terre.

Si un jour, il essaie de m'avoir, il me trouvera.

Toi aussi, t'as intĂ©rĂȘt Ă  faire pareil.

Va pas croire que parce que t'as que 12 ans et tout, il te tuera pas.

L'année derniÚre, il s'est fait un gamin de 10 ans.

Tu dois penser Ă  ce que M. Brown a dit tout Ă  l'heure et tout.

C'est rien. Te laisse pas emmerder pas ces conneries.

Il est vieux et pauvre. Il sait pas l'heure qu'il est.

C'est comme ça que tu te fais du fric.

À ton avis, comment je me suis payĂ© ce super train ?

En revendant cette saloperie.

Dans ce monde, n'importe quelle saloperie coûte de l'argent.

Et c'est comme ça qu'on le gagne. En dealant. N'oublie jamais ça.

Shorty, t'es malin, pas vrai ? Réponds un peu.

Le patron lui achĂšte un kilo Ă  22 000 dollars, d'accord ?

Il coupe ça en 3500 sachets à 10 dollars chaque.

Le patron prend 60 %, ça lui fait 17 000 de bénéfices, il reste 7000,

et 50 % des 7000 sont Ă  moi.

Ça fait combien ?

3500.

Bravo, Shorty. Continue à étudier, d'accord ?

Et si je te prends à sécher les cours, je t'en colle une.

Je m'appelle M-O N'oublie pas ça

J'ai descendu tes gars Tu sais pas comment j'ai fait

Toute ton équipe, un par un

Te mets pas dans non chemin Ça se trouve j'ai un flingue

L'est peut-ĂȘtre chargĂ©, peut-ĂȘtre pas Je suis une menace pour la sociĂ©tĂ©

Je suis pas Thiggy-thiggy mais je reste cool

Alors dégage et... Relax

Tu me marches dessus T'as plus qu'à rédiger ton testament

Je suis la pile Energizer, Je suis immortel

Joli coup d'essai

Je t'ai vu rentrer dans l'immeuble et balancer tous mes flingues

C'est reparti les flics arrivent

Passe par-derriÚre, mec Je dévale les escaliers

Pas de temps Ă  perdre Personne ne m'a vu

Je disparais sans laisser de trace...

À partir de maintenant, tu fais les livraisons sur Smith Street.

Ouais, d'accord. Jo-Jo, le ripoux.

Il dit qu'il a de la came pour toi.

Oublie cet enfoiré.

Sale pédé. Il m'a tapé de 500 dollars.

Errol m'a dit que t'avais parlé au flic de la criminelle.

- Comment ça s'est passé ? - OK.

"OK" ou bien ?

"OK", d'accord ?

Je t'ai raconté la premiÚre fois que j'ai tué quelqu'un ?

- Non. - Errol Barnes m'a forcé à le faire.

Trois types nous avaient arnaqués sur de la fausse came.

Errol avait déjà tué les deux autres. On tenait le troisiÚme.

Cool, mec. Relax, enfoiré, relax.

- C'est ça quand on nous entube. - Je vous ai pas entubés.

T'as de la chance qu'on t'éclate pas la gueule comme les autres.

- J'ai rien fait, mec. - Comment je m'appelle ?

- Errol, mec. - T'as raison.

Le pauvre mec pleurait comme un bébé. Les larmes, le nez qui coulait.

Errol se tourne vers moi et me dit : "Descends-le ou je te descends."

Mec, c'est pas la peine de faire ça.

Je vais pas descendre ce gars. Il est mort de trouille.

Tu crois que je rigole ? Ouvre la bouche.

Tu vas prendre ce flingue,

et tu vas éclater la cervelle de ce connard.

- C'est compris ? - J'ai compris.

Vas-y.

Je t'avais dit que t'aurais pas dû faire ça, mec.

- Allez, s'il te plaüt. - À trois, Rodney.

J'ai la main qui tremble.

- Te dégonfle pas maintenant. - J'ai la main qui tremble !

- Descends-le ! - D'accord !

Je vous en supplie...

Tu regrettes de nous avoir entubés ?

Faut jamais me chercher, mec.

Tu me connais ? Je suis méchant.

Errol pouvait pas me laisser partir aprĂšs ce qu'il avait fait

sans m'impliquer moi aussi personnellement.

Personnellement, Strike.

Autrement, j'aurais pu le balancer un de ces jours, tu comprends ?

C'est pour ça qu'il fallait que tu te salisses les mains avec Darryl.

Tu m'entends ? Errol Barnes.

Le salaud m'avait mis le canon de son flingue dans la gueule.

C'est aussi mon meilleur ami.

- Qu'est-ce que t'as ? - Merde.

Faut prendre soin de toi. Tiens. Essuie-toi.

Ça va ? T'as pas Ă©tĂ© voir le docteur, hein ?

Pourquoi faut toujours que je te dise les choses trois, quatre fois ?

Pourquoi tu m'écoutes pas ?

Ça va ?

Merde.

En fait, j'en ai rien Ă  foutre parce que tu m'as menti.

Tu as dit que Darryl était un drogué, un accro au crac.

- Je me suis renseigné. Clean. - C'était juste des suppositions.

Pas trĂšs sympa, tes suppositions.

Vous me posez des questions dingues.

J'essaie juste de répondre.

- T'as dit que tu le connaissais pas. - Peut-ĂȘtre de vue, d'accord.

"De vue". Des désaccords entre vous ?

C'est pas possible que Victor ait coupé par le parking

dans le noir et que Darryl l'ait pris pour toi ?

Non, mec.

Parce que toi et ton frĂšre dans le noir, deux gouttes d'eau.

Vous insinuez quoi ? Tous les Noirs se ressemblent dans le noir ?

MĂȘme de jour, pour moi, vous ĂȘtes tous pareils.

Vous ĂȘtes marrant.

- T'es proche de ton frĂšre ? - Pas vraiment.

C'est vrai. Vous vous ĂȘtes perdus de vue. C'Ă©tait quand la derniĂšre fois ?

Il y a un mois.

Strike, l'autre fois, tu m'as dit deux.

Pourquoi vous me demandez si vous en savez tant ?

- L'Alzheimer, tu connais ? - C'est une biĂšre ?

- Malin. Tu lui as rendu visite ? - Oui.

Il plaide l'auto-défense.

S'il va en procÚs avec ça, ses deux gosses,

quand il sortira de taule, c'est eux qui y entreront.

Ça vous est jamais venu Ă  l'idĂ©e qu'il avait peut-ĂȘtre rien fait ?

Tu sais qui c'est alors ?

- Qui ? - Faut que j'y aille. Je suis malade.

- Tiens, ma carte. - J'en ai déjà deux.

Tu devrais aller voir un docteur.

Qu'est-ce que vous regardez ?

- Merde ! - Ça va, mec ?

Strike ! Tu fumes du crack, connard ! Debout !

Une ambulance ! Il faut appeler une ambulance !

Emmenez-le !

Ça va aller. Attention, les gars.

Un, deux, trois. Allons-y.

Et voilĂ . Tout va bien.

- T'as fumé aujourd'hui ? - Oublie. Il touche pas à ça.

On t'a dĂ©jĂ  dit de pas toucher Ă  la drogue ? T'habites oĂč ?

Il vous le dira. Emmenez-le Ă  l'hĂŽpital.

Bienvenue Chez Ahab. Que désirez-vous ?

- Une double baleine sur brioche. - Avec du fromage ?

Oui avec du fromage. Un crevettier frit.

Un crevettier frit.

- Deux. - Deux crevettiers...

Je peux avoir mon Capitaine Ahab avec des moules ?

- Capitaine Ahab... - Comment ça va, les gars ?

Belle voiture que vous avez lĂ .

- C'est celle de mon pÚre. - Comment ça va ?

Vitres électriques, airbags, téléphone.

Ça doit pas ĂȘtre donnĂ© tout ça.

Oui. On cherche le centre commercial de Short Hills.

Pas ici. On vient du Connecticut pour s'acheter du poisson ?

Des balles de golf.

Autre chose que je devrais savoir ?

- Du chewing-gum. - Non.

- T'aimes la bouffe soul ? - Pas vraiment.

- T'aimes mettre du rouge Ă  lĂšvres ? - Todd, allez, on se tire.

McCauley, Ă  l'arriĂšre, il en met, de temps en temps.

- T'aimes les jupes ? - On a fait quelque chose ?

- T'as déjà sucé la bite d'un Noir ? - Tirons-nous d'ici !

Un gros joujou de 40 cm ?

Si je trouve de la drogue dans cette voiture, j'ai 12 babouins en cage

qui se feront un plaisir de s'occuper de vous.

- La ferme ! - Qui a la drogue ?

- On n'a pas de drogue. - Vous avez 5 secondes.

- C'est Todd qui a la drogue ! - La ferme !

- Merde, les gars ! - Les mains sur la voiture.

- Doucement ! - Sale fumier !

Essaie encore de le toucher et je te tranche la gorge. Les mains en l'air.

- Comment ça va ? - À toi de me le dire.

Alors quoi de neuf ?

C'est toi qui fais tout le spectacle dans le coin.

Comment tu fais pour toujours savoir d'oĂč je sors ?

Je suis au courant de tout.

Je t'avais pas dit d'aller voir un docteur ?

Je t'avais pas dit d'arrĂȘter de boire cette saloperie ?

Oui, c'est vrai. Y a pas de doute.

- Si malin et en mĂȘme temps si bĂȘte. - LĂąche-moi un peu.

ParaĂźt que le flic de la criminelle est revenu te voir hier.

Il m'accuse pas. Il se renseigne, c'est tout.

Vous ĂȘtes copines maintenant ?

- T'es marrant. - Allez, monte.

- Comment tu te sens ? - Ça va.

Il y a intĂ©rĂȘt parce qu'il y a une autre grosse commande qui arrive.

Si Dieu a créé quelque chose de mieux que le crack,

il l'a gardé pour lui.

Ce truc, c'est le sĂ©rum de vĂ©ritĂ©. Ça fait ressortir qui tu es vraiment.

Si t'es un pauvre minable, un sale enculé,

qui vendra son bébé pour un coup de cette bite de verre,

le crack te montrera comme t'es.

Noir, blanc, chinois, riche, pauvre, je m'en fous.

T'en prends une fois, et te voilĂ  parti en mission.

Et cette mission ne s'arrĂȘte jamais.

MĂȘme quand t'as plus de maison, d'argent, de famille, d'amis,

qu'on t'envoie en taule, tu voudras encore ta dose.

C'est sûr.

C'est seulement quand t'es six pieds sous terre que ça s'arrĂȘte.

C'est pour ça que je veux pas que tu prennes de cette saloperie.

- Tu m'as compris ? - T'es fou ou quoi ?

D'accord.

Parce que c'est aussi pour ça que je ferai jamais faillite.

Je suis un excellent homme d'affaires.

Et je vends le meilleur produit du monde.

Réfléchis à ça.

- Qu'est-ce qu'elle a ? - Je te retrouve Ă  la boutique.

- Vas-y. - D'accord.

Je sortais avec elle quand elle ressemblait encore Ă  quelque chose.

- Tu savais pas ça, hein ? - Elle était bien à l'époque, non ?

Elle était mieux que maintenant.

- Ce qu'on a de mieux aujourd'hui. - Fais voir.

- Ouais. - 50 dollars.

Mais t'es pas enceinte ?

- Faut faire attention ? - Ça on le sait dĂ©jĂ .

C'est la derniĂšre fois que je vous en vends.

Faut vraiment vous prendre en main.

- T'as des capsules rouges ? - J'en ai marre des petites doses.

- Les autres, c'est à combien ? - On les fait pas comme ça.

Allez, on y va.

C'est bon ?

J'ai des rouges et des jaunes. Il te faut quoi ?

- Deux jaunes. - Deux jaunes ?

Je veux deux rouges.

D'accord, Veronica. Doucement. Pourquoi t'es pressée comme ça ?

- Parce que je veux me tirer d'ici. - Tu veux te tirer ?

- Fais-moi voir le fric. - Non, j'ai dit deux.

- Fais-moi voir le fric. Relax. - Je veux des jaunes.

- Tu veux des jaunes ? - Je veux des rouges.

C'est pareil. Ça vous dĂ©foncera pareil.

- J'en veux trois. - Et moi deux.

Vous avez remarqué les nappes avec les dessins africains ?

La moquette et les plantes suspendues au plafond ?

Des idées de Victor.

Victor voulait qu'on se sente Ă  la maison ici.

Il traitait tout le monde avec respect.

Les employĂ©s, les clients... MĂȘme les revendeurs.

Vous vouliez que je vous parle de vendredi soir.

Trois faces de chocho

ont voulu installer leur petite boutique chez moi.

Moi, je prends ma fidĂšle batte Clemente Louisville que voici,

prĂȘt Ă  caresser de ma batte une tĂȘte ou un bras. Mais Victor...

Non, Seigneur, non. Laisse-moi m'en occuper.

On a installé quelqu'un dans les toilettes.

On a mis quelqu'un Ă  faire le guet prĂšs de la fenĂȘtre.

Désolé, mais tes copains ne peuvent pas dealer ici.

C'est un restaurant familial et j'aimerais que vous respectiez ça.

Prenez ces boissons.

Un Pepsi. Un jus d'orange. Et un Sprite.

J'apprécierais beaucoup

que vous quittiez les lieux quand vous aurez fini vos boissons.

D'habitude, les boissons gratuites, ça leur suffit,

mais ce soir-là, Leroy sort une liasse de billets grosse comme ça...

Mon patron est prĂȘt Ă  payer 300 dollars si tu nous laisses faire.

Il a répondu quoi ?

Victor dit merci et s'il vous plaĂźt Ă  toutes les phrases. Soit...

Non. S'il vous plaĂźt, merci.

- Soit... - S'il vous plaĂźt. Non, merci.

Quoi ? T'essaies d'ĂȘtre l'employĂ© modĂšle du mois ?

Ta copine, elle aime ça, que tu sentes la frite ?

- Non. Ma femme... - Ta femme. OK, je vois. Écoute.

- On essaie de faire quelque chose. - Je respecte ça.

Tu vas faire tes affaires dehors et moi je m'occupe des miennes ici.

Tu sais mĂȘme pas sourire. T'aimes pas ce boulot. Touche un peu ce fric.

- C'est le pouvoir. - Vous devez respecter ça.

Tu vas me manquer.

Faut que je descende au resto. J'ai du travail.

- Donc,... HĂ©-sus... - Ça se prononce "JĂ©sus".

Je préfÚre t'appeler "Hé-sus".

Ma mÚre, mon pÚre m'appellent Jésus. Alors, vous aussi.

D'accord, Jésus. C'est pour ça qu'il est parti plus tÎt vendredi ?

Il a dit qu'il se sentait pas bien.

- Je dois passer un coup de fil. - Il y a un téléphone dans le resto.

Il ne se sentait pas bien ?

Pas étonnant aprÚs 65 heures de boulot dans un endroit pareil.

Ça vous rend malade. Essayez. On peut Ă©changer insigne et tablier.

T'as fait combien hier ?

J'ai fait 1000 dollars. Pas mal.

- Strike ! - VoilĂ  Shorty.

- Prends ça. - Shorty, qu'est-ce que je t'ai dit ?

- C'est à toi. - Je t'ai prévenu.

VoilĂ  ta mĂšre.

- C'est Ă  toi. - T'es dingue ?

- Qu'est-ce que je t'ai dit ? - Qu'est-ce que tu fous ?

Tu m'entends ? Je t'ai dit de laisser mon fils tranquille !

Mets pas tes putains de mains sur mon visage.

Je les mets oĂč je veux !

- Lui achĂšte plus de saloperie. - Je lui achĂšte pas de saloperie.

- Merde ! - Rentre. Allez !

La paire de Nike, la console Sega, la coupe de cheveux !

Tu t'es cru malin, c'est ça ?

Je l'ai vu sur son vélo. Tu ne l'as pas laissé le ramener à la maison.

Te mets pas devant moi comme ça.

Tu me fais pas peur. AndrĂ© te fait peut-ĂȘtre peur.

Va le chercher. Je m'en fous.

Tu vends la mort Ă  tes frĂšres.

Je vais pas te laisser entraĂźner mon fils lĂ -dedans.

Tu m'entends ? Je peux pas te laisser faire ça.

Je peux pas. T'as compris ? Je vais aller chercher André.

Elle lui est rentrée dans le mou.

Tiens, voilĂ  ton copain, mec.

Tu bats des femmes sans défense maintenant ?

- Ça donne quoi ? - C'est elle qui m'a attaquĂ©.

Je peux te parler une minute. Assieds-toi.

Prends pas cet air dĂ©primĂ©. Ça aurait pu ĂȘtre pire.

Est-ce que je t'ai traité comme un pauvre couillon ?

- Quoi ? - Je t'ai pas traité comme un homme ?

- Avec respect, poliment. - De quoi vous parlez ?

Alors pourquoi tu te fous de ma gueule comme ça ?

- De quoi vous parlez ? - De quoi je parle ?

Tu m'as dit que tu connaissais pas Darryl Adams.

Et comme un con, je base mon enquĂȘte sur ça.

Non seulement j'apprends que tu le connais

mais tu as travaillé un an avec lui à la boutique de Rodney.

Pourquoi tu me l'as pas dit ?

Je croyais que c'était un autre Darryl.

Quel autre Darryl ? Si tu connaissais un autre Darryl,

t'aurais dĂ» dire : "Ouais, je le connais," non ?

- Je comprends pas. - J'en connais qu'un Darryl.

Tu m'as dit que t'avais pas vu ton frĂšre depuis 2 mois.

- Bon Dieu. - Tu t'étais...

Quoi ? Pas de "bon Dieu" avec moi.

T'étais tout énervé contre moi comme maintenant,

parce que j'avais oublié que tu me l'avais déjà dit, pas vrai ?

Devine ! Je vais faire un tour Ă  Kool Breeze,

le bar oĂč est allĂ© ton frĂšre juste avant le meurtre,

le barman t'a identifié. Il t'a vu cette nuit-là.

Il se rappelle mĂȘme le verre qu'il t'a servi.

Piña colada, direct de la boĂźte. Ça te dit quelque chose ?

Pourquoi tu m'as menti ?

- Parce que c'est mon frĂšre. - Quoi ton frĂšre ?

- Ton frÚre t'a demandé de mentir ? - J'essaie de l'aider.

Explique-moi comment ça peut l'aider de mentir. Il est en prison.

Vous essayez de me le mettre sur le dos ?

Je n'ai pas dit ça. C'est toi.

Je t'ai demandé pourquoi tu m'as raconté des conneries. Pourquoi ?

Vous déformez tout ce que je dis.

Vous mélangez tout. Vous essayez de m'embrouiller.

Moi ? Qui embrouille qui ici ?

Pourquoi tu t'es foutu de moi comme ça, c'est tout ce que je veux savoir.

- ArrĂȘte de me faire chier. - Qu'est-ce que t'y gagnes ?

Ces quoi ces conneries ? Un interrogatoire ou quoi ?

On parle toujours de ça.

Je veux juste savoir ce que tu sais ?

Vous m'arrĂȘtez ou quoi ?

Non ! Si je t'arrĂȘte, je peux plus te parler.

- Alors la conversation est finie. - Bien. T'es pas forcé de parler.

Mais si tu veux continuer tes petites affaires ici,

sans Jo-Jo et son équipe pour vous foutre les mains dans les poches,

j'accepterais un petit tour en voiture, lĂ  maintenant.

Tu me prends pour qui ?

J'irai nulle part avec ta gueule de poulet.

- Regarde. - Merde.

Alors, tu viens ou quoi ?

Comment ça va ?

T'es dingue ou quoi ? Je rentre pas lĂ -dedans.

Non ?

Rocco. Allez, mec. J'ai rien Ă  dire.

J'espérais que tu pourrais m'aider ici.

Parce que pour te dire la vérité,

je suis tout à fait d'accord avec ta façon de penser.

- C'est quoi ma façon de penser ? - Ton frÚre est innocent.

Si Victor était mon frÚre et que je savais ce que tu sais,

ma vie serait un enfer.

Tu crois que tu peux faire quelque chose ?

- Pour quoi ? - On arrĂȘte un peu de dĂ©conner.

Toi, moi, Victor, on sait tous qui a tué Darryl Adams.

- Qui ? - À ton avis ?

- Je sais pas. Dites-moi. - Toi !

- Moi ? - Toi, petit con. C'est toi.

Je le sais ! Je le sais !

- Ton frĂšre le sait. - Merde.

C'est ce que tu croyais ? S'il plaide l'auto-défense,

il s'en tirera parce qu'il a pas d'antécédents ? Sa vie est foutue !

Je sais que c'est dur la vie pour les jeunes Noirs,

avec le racisme, le chĂŽmage, les familles monoparentales...

- J'en ai rien Ă  foutre. - Prends pas cette attitude.

Aie un peu de respect. Mais t'es qu'un sale serpent !

T'es qu'un sale nÚgre minable, un petit dealer sans pitié...

- Le pire que j'ai jamais vu. - Qu'est-ce que vous racontez ?

Quoi ? Tu lui as offert de l'argent ?

Tu te prends pour qui ? T'es pas de la mafia.

T'es mĂȘme pas Rodney Little ! T'es qu'un pauvre connard sans couilles.

Tu te crois malin. T'es qu'un pauvre con insensible.

Vous me connaissez pas.

Vous n'ĂȘtes qu'un sale flic raciste.

Vous savez pas ce que c'est pour nous.

Et c'est sûr...

- Pointe pas du doigt ! - Vous savez que dalle.

Pointe pas ton putain de doigt vers moi.

Dis-moi alors ! Qu'est-ce que je vois pas ?

Je vous dirai rien avant de voir mon avocat.

J'ai parlé à... Regarde-moi. J'ai un truc sympa à dire.

J'ai parlé à toutes les relations de ton frÚre. C'est un type bien.

Et sans doute, dans son honnĂȘtetĂ©, il croit faire une chose noble.

Mais toi et Victor, vous me prenez pour un pigeon ?

ArrĂȘtez vos conneries.

Je sais exactement ce qu'il y a dans ta petite tĂȘte !

J'ai toujours su ce qu'il y avait dans ta pauvre cervelle d'oiseau.

Ça fait 20 ans ! C'est pas toi qui me fais marcher, c'est moi !

Merde !

Rocco, tu peux pas faire ça devant le commissariat.

T'as compris ? C'est pas bien.

T'as envie de te rendre dingue sur cette affaire ?

- Le voilĂ  ton coupable, juste lĂ . - Attends.

Allez, monte.

Je l'emmerde Rodney. Il croit s'en tirer peinard.

Il va tomber, Larry. Je vais lui coller le meurtre.

Du calme.

- Comment ça va ? - On t'emmerde aussi, Rodney.

- Allez. Du calme. - Je vais le démolir, ce connard.

Je le jure, sur la tombe de ma mÚre, que je vais le démolir.

T'Ă©tais censĂ© ĂȘtre Ă  ton poste, il y a une heure.

Je suis censé faire quoi ? Dire aux flics que je peux pas parler ?

Faut que j'aille couper de la dope pour mon patron, Rodney Little ?

- Il t'a arrĂȘtĂ© ? - Non.

Pourquoi tu l'as pas envoyé balader ?

Qu'est-ce qu'il voulait ?

Rien. Toujours la mĂȘme chose.

- Il a parlé de moi ? - Non.

Non. Merde.

Parce que je t'ai jamais demandé d'aller descendre quelqu'un.

J'ai juste dit que c'était à toi de te débrouiller pour avoir la place.

- Merde, j'ai mĂȘme pas dit ça. - Je t'emmerde, Rodney.

Pardon. À qui tu parles comme ça ?

Ça va pas la tĂȘte ou quoi ?

Tu me prends pour un de tes sales nÚgres de la cité ?

Ouvre la gueule. Tu sens ça ?

Je te fourre ce flingue dans ta bouche puante et je tire.

Je fais éclater ta petite cervelle

sur le cuir de ma voiture.

C'est la voiture neuve de ma femme donc j'en ai rien Ă  foutre.

- C'est compris ? - Ouais.

- C'est compris, connard ? - Ouais !

Je vais te dire une chose.

Si j'apprends encore une fois que t'as parlé à ce flic,

ce Rocco, mĂȘme si c'est juste pour te demander l'heure,

si j'apprends que mon nom a été mentionné,

je saurai que c'est toi et je te tuerai.

T'es au 1-87 de la rue, compris ?

- C'est compris ? - Ouais.

Je tiens toujours parole. Maintenant, fous le camp.

Qui t'a acheté cette saloperie ? C'est Strike qui t'a acheté ça ?

Qu'est-ce que fait ta mĂšre ? Elle sait que t'es lĂ  ?

Quand j'étais petit, mon pÚre m'aurait botté le cul.

- J'ai pas de pĂšre, d'accord ? - T'en as un maintenant.

Quand Errol te parle, tu écoutes.

- T'es pas mon pĂšre. - Maintenant je le suis.

Tu vas te...

Allez, les petits morveux, dégagez !

Maintenant, faut que je m'occupe de ça. Regarde.

Merde. Qu'est-ce qu'il fout ?

- Je suis méchant. - Errol !

LĂąche-moi.

- Qu'est-ce que tu fous ? - Casse-toi.

Errol, viens par ici.

Fous le camp.

Shorty. Maintenant, on joue plus.

Je t'avais prévenu pour Errol, pas vrai ?

- Pas vrai ? - Qu'est-ce qui se passe ?

Je veux plus te voir traĂźner autour de moi.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? - Rentre chez toi.

Je veux plus te voir !

T'es qu'un petit. C'est des affaires de grands.

Tu devrais ĂȘtre Ă  l'Ă©cole. Allez, monte...

- Je croyais que j'étais super ! - La ferme !

Rentre chez ta mĂšre.

Monte ces putain d'escaliers. Grouille, mec !

- Allez, grouille ! - Fallait pas m'apprendre alors.

Pauvre con.

J'ai coincé quatre fils à papa chez Ahab.

Ils allaient se shooter dans la Mercedes de papa.

Et alors ?

Je vais me servir d'eux pour coincer ce sale crñne d'Ɠuf de Rodney.

- Je lui ai tendu un piÚge. - T'as piégé Rodney ?

Fait comme un rat.

Laisse-moi te rendre un service.

Moi et Mazilli, on connaĂźt l'oiseau. On le cueille pour toi.

Ça fera deux services que tu me devras.

T'oublieras pas. Je m'en fais pas pour ça.

Non.

M. Mazilli.

Klein. Qu'est-ce qu'il te faut ?

- Toi, mon frĂšre. - Ouais ?

- Pour quoi ? - J'ai un mandat.

- Mandat pour quoi ? - Un mandat d'arrĂȘt.

Tu veux m'arrĂȘter ? Pour quoi, Mazilli ?

T'as dĂ» te faire avoir par un flic en civil.

Je vous en prie !

T'es si dĂ©sespĂ©rĂ© que tu vends ta merde toi-mĂȘme ?

- Excusez-moi. - D'accord.

- C'est qui ce coup monté ? - Est-ce que je sais, moi ?

- Allez, mec. - Je suis de la criminelle.

Ça fait combien de temps qu'on fait affaire, hein ?

Et tout d'un coup, ça compte plus ?

Tout ce que je sais, c'est qu'on a dit, Rodney, c'est ton pote.

Il bougera pas si tu vas en taule. Alors ?

Pas vrai, Rodney ?

Rocco Klein, Rocco Klein. J'ai toujours voulu vous demander.

Vous ĂȘtes italien ou juif ? Vous arrivez pas Ă  vous dĂ©cider ?

- Moi ? - Ouais, vous.

Je suis de la tribu noire perdue d'Israël.

Range ton chiffon, ferme ta boutique, prends ton barda, on y va.

Je suis dans les affaires, d'accord ? J'essaie de gagner ma vie.

- Je suis fier de vous. On y va. - Nous aussi, on a un boulot.

Skyler, va chercher Errol.

Il tiendra la boutique. Dis Ă  ma femme d'amener le fric de la caution.

Dis bonjour Ă  Errol de ma part.

On a intĂ©rĂȘt Ă  mettre ce psychopathe en laisse.

Le Santa Fe F-3.

Sans doute le train le plus séduisant qui existe.

"M. Brown,

"je dois partir soudainement mais tout ira bien.

"Si... mon...

"petit... frĂšre...

"passe...

"il... peut... avoir...

"mes... maquettes... de train."

Pacifique, Texas Sud, Special Wabash,

Illinois Central, Baltimore et Ohio, Milwaukee Road...

Rio Grande, le Pacifique canadien et New Haven.

Nous nous concentrerons sur les caractéristiques

des chùssis et peintures de 40 modÚles différents.

Nous effectuerons une analyse point par point...

Merde ! Qui m'a volé mon flingue ?

Qui m'a piégé, Mazilli ?

Vaut mieux pas me dire. Ça m'Ă©vitera de me faire coincer pour meurtre.

Nous dis rien, mec. On préfÚre trouver tout seul.

Autrement, il y a plus de plaisir dans les enquĂȘtes.

Sérieux, qui m'a balancé ?

De quoi j'ai l'air ? D'un de tes sbires ?

Toi, le gĂ©nie. À ton avis ?

Il est dans la mĂ©lasse. Ça doit ĂȘtre le chocolat Moos.

- HĂ©, Sharon ! - Salut, oncle Ronnie.

- Ça va, Mark ? Cool ? - Ouais.

D'accord.

Comment va Victor. On en est oĂč pour la caution ?

- On est passés à 5000. - Bien.

Bien. Il était temps. Tiens.

Strike, on va te voir.

Range ça. Vite.

Il y a 5000 dollars lĂ -dedans.

Donne ça à maman. Dis-lui de sortir son fils de prison.

Lui dis pas que ça vient de moi, d'accord ?

Tu pars ?

Ça se pourrait, je sais pas.

Ronald, il faut que tu parles Ă  ta mĂšre.

- Tu écoutes ? - Oui, j'ai entendu.

Merci.

- Bon. - À plus.

C'est parti ! C'est au tour des frĂšres Dunham et il l'attrape. Oui !

- HĂ©, Scientific ? - Quoi, B ! Quoi ?

Qu'est-ce que vous foutez lĂ  ?

Pas besoin de hurler comme ça ! Rodney s'est fait coffrer.

- Pour quoi ? - Tu sais pas ?

Non.

- Mais si, tu sais. - Attendez.

Shorty. Tire-toi !

Faut que je te parle. Faut que je te parle, je te dis !

Tire-toi !

- ArrĂȘte de m'ignorer ! - Merde !

Par ici, vieux. Je veux te parler une minute.

Tu me cherches ! Tu vas voir ce que c'est quand on me cherche.

Qu'est-ce que tu racontes ?

Ton patron est en taule. Je suis passé te remercier.

Je t'emmerde Rocco. Tu peux pas me mettre ça sur le dos !

Non ? Tout ce que je sais, c'est que Rodney sort demain.

Il sera dans la rue demain.

Ils vont lui dire quoi, tes revendeurs, Ă  ton avis ?

À ta place, je foncerais au bureau du procureur pour me faire protĂ©ger.

J'ai arrĂȘtĂ© les conneries. Je deale plus.

Ronald, pour ton bien. Dis-moi ce qui s'est vraiment passé.

Que ton patron Rodney t'a forcé à tuer Darryl.

C'est ce connard qui a balancé Rodney. Je le sais.

Personne t'en veut pour ça. T'avais pas le choix. Rodney t'a fait peur.

Tuer ou se faire tuer, c'est ça ?

Vous savez mĂȘme pas de quoi vous parlez.

Vous avez signĂ© mon arrĂȘt de mort pour une connerie.

Un Noir dit qu'il a rien fait, on le croit pas.

Il dit qu'il a fait quelque chose, on le croit toujours pas.

- Je te souhaite une belle vie. - Merde !

Vous allez pas croire que j'irais balancer Rodney.

Le flic mijote quelque chose. Juré.

Devant Allah. T'es qu'un pauvre connard, un sale menteur !

Salaud ! Salaud ! T'es qu'une sale balance !

Ce sale nÚgre a balancé Rodney. Et tu cognes comme une salope !

- Ta mÚre est au lit ! - Je vais pas la réveiller.

Tu comprends rien.

- Je suis au trou. - Au trou ? Pour quoi ?

Je sais pas. J'ai pas encore compris.

Mais je sais Ă  qui la faute.

Ce salaud de Strike.

Tu sais ce que t'as Ă  faire, non ?

- C'est dĂ©jĂ  fait. - À demain.

- T'es toujours dans le coin ? - À ton avis ?

D'accord. Errol t'a pas encore mis le grappin dessus.

Errol ? Qu'est-ce qu'il me veut ?

- Qu'est-ce qu'il veut, imbécile ? - Qu'est-ce que j'en sais ?

Il veut peut-ĂȘtre jouer avec tes trains.

- Va te faire foutre. - Sale nĂšgre ! Ou plutĂŽt, balance.

Merde. Shorty, faut que je te le dise combien de fois ?

LĂąche-moi. T'es qu'un gamin.

C'est des trucs de grands. Il va t'arriver quelque chose.

Prends tes bonbons, ton petit vélo

et trouve-toi des copains, d'accord ?

Merde ! Putain de gosses.

Merde !

Qu'est-ce que tu veux, petit...

espÚce de petit enfoiré !

Qu'est-ce qui t'a pris ? T'es dingue ?

Merde.

Je sais pas ce qui s'est passé.

Je connais ce gamin depuis toujours. Et sa mĂšre. Des gens biens, honnĂȘtes.

Je sais pas ce qui s'est passé, mais c'était une erreur.

Tyrone n'a jamais eu d'ennuis avant ça. C'est...

Il est dans les premiers dans les tests de l'éducation nationale.

Ce truc pourrait foutre sa vie en l'air.

Aide-les, lui et sa maman, à faire sa déclaration.

Tu vois de quoi je parle.

Est-ce que mon fils va devoir aller en prison ?

M'autorisez-vous Ă  lui parler ?

Si vous lui parlez, doit-il toujours aller en prison ?

Tyrone, tu sais ce que tu as fait, n'est-ce pas ?

- Oui. - Tu sais que c'était mal ?

- Il le sait. - Voilà une chose de réglée.

Tu as fait quelque chose de mal.

Mais tu as eu peur, pas vrai ? Tu n'as pas pu t'en empĂȘcher.

Mon fils était terrifié.

Tyrone, t'es un gosse bien mais grandir en cité, c'est dur.

Drogue, crime, les pressions des autres. Tu sais ce que c'est ?

- Oui. - T'es trĂšs intelligent, il paraĂźt.

Tes copains se moquent de toi

quand t'as de bonnes notes, que tu parles bien,

que tu vas à l'école, que tu traßnes pas dans la rue.

Ils te traitent pas de Blanc ?

Et de dégonflé parce que tu traßnes pas avec les durs ?

Je sais que c'est vrai mais toi tu veux bien faire, c'est tout.

Mais ils te menacent sans cesse, ils menacent ta mĂšre.

Alors tu te trouves un flingue. Toi aussi, tu peux ĂȘtre un vrai dur.

Te protéger et protéger ta mÚre.

- Tu connais l'homme que t'as tué ? - Oui.

C'était Errol Barnes, un tueur sans pitié.

Il a fait de la prison pour avoir tué un gamin de ton ùge.

Et t'es là, à faire du vélo, à t'occuper de personne.

T'as une arme pour te protéger.

Et soudain, tu vois Errol, le tueur d'enfant, juste devant toi.

Il a cet horrible regard.

Tu le vois mettre la main... Tyrone, regarde-moi. Regarde-moi, Tyrone.

Tu le vois mettre la main Ă  son .38 qu'il porte Ă  la taille.

Tu sais qu'il va t'avoir. Et qui protégera ta mÚre alors ?

Tu ne t'étais jamais servi de l'arme mais Errol allait tirer.

Tu as eu peur.

Tu voulais juste faire du vélo. C'était lui ou toi.

Ce tueur est en face de toi. Pas le temps de réfléchir,

il a le doigt sur la gĂąchette.

- T'as l'arme dans les mains. - Voilà ce qui s'est passé.

Voilà exactement ce qui s'est passé.

Et quand je te demanderai ce qui s'est passé avec le magnétophone,

c'est exactement ce que tu me diras, d'accord ?

Parce que tu dis toujours la vérité.

Une derniĂšre chose.

On a besoin de savoir. Dis la vĂ©ritĂ©. D'oĂč tu tiens l'arme ?

- Je l'ai trouvĂ©e. - Tu l'as trouvĂ©e oĂč ?

- Dans les buissons. - Dans les buissons ?

Je n'ai pas encore allumĂ©. OĂč dans les buissons ? Quels buissons ?

- PrĂšs de mon immeuble. - Tyrone, il faut que tu m'aides lĂ .

Et ta maman aussi.

La vérité.

Je l'ai empruntée par accident.

À qui ? Rappelle-toi, tu dis toujours la vĂ©ritĂ©.

Je l'ai empruntée à Strike par accident.

L'enfoiré !

C'est bon, petit. T'as fait ce qu'il fallait.

Je voulais le lui rendre mais il ne me parle plus.

J'ai essayé plusieurs fois mais il m'ignore toujours.

C'est bon, petit. Je vais allumer le magnétophone.

Tu donnes ton nom et tu me racontes ton histoire, relax,

exactement comme tu viens de me la raconter.

- Ton nom ? - Tyrone Jeeter.

Merde.

Dérouille-le ! Qu'est-ce que tu fous ?

T'as bousillé la vie de ce gosse, sale parasite !

- J'y suis pour rien ! - J'en ai assez de tes excuses !

- Maman ! - Tu sais rien !

"C'est pas ma faute." J'avale plus tes conneries !

C'est des salauds comme toi qui ont agressé Rosa Parks.

- C'est qui Rosa Parks ? - C'est qui Rosa Parks !

- Pas sympa avec tes frÚres. - Pauvre imbécile, espÚce d'ignorant.

Tes frÚres ? C'est comme ça que tu t'occupes de tes frÚres ?

Un vrai frĂšre, c'est responsable. Tu peux ĂȘtre sĂ»r que tu vas l'ĂȘtre.

J'arrĂȘte mes conneries. Tout ça, c'est fini.

C'est fini ? Quoi ?

Tu peux en ĂȘtre sĂ»r. Ce quartier, c'est fini pour toi.

Cette cité, New York, c'est fini pour toi.

Tu m'entends ?

Merde !

Allez, viens espĂšce de salaud !

Pourquoi pas t'en prendre Ă  celui-lĂ  pendant que t'y es ?

- Allez. - Reculez ! Reculez !

- Tu vas descendre tout le monde ? - Reculez !

- Vous cherchez quelque chose ? - C'est bon, mec, c'est bon.

Debout. Debout !

Si je te revois, je te tue !

Je t'en tire une dans la caboche, je te mets une arme dans la main,

je dis que t'as voulu te venger pour le savon que tu viens de prendre.

T'as compris ?

Merde !

Regardez qui est lĂ  ! Je partais juste te chercher.

Rodney ou André ?

Rodney ! T'es second sur la liste !

Qu'est-ce que tu croyais ? Que t'allais devenir président ?

Pourquoi Tyrone est allé faire cette connerie ?

Il l'a fait pour toi. Il te protégeait.

Rodney n'est pas bĂȘte. Il a mis Errol Ă  tes trousses,

et ce pauvre gosse s'est engouffré dans la brÚche. David et Goliath.

Maintenant, c'est un assassin de 12 ans. Bien joué, Strike.

- Me mettez pas ça sur le dos. - Pas te mettre ça sur le dos ?

- J'y suis pour rien. - Tu n'y es pour rien ?

Tu peux te regarder dans une glace et me dire

que t'y es pour rien ?

Pourquoi venir me serrer la main, alors ?

Je t'avais prévenu qu'il fallait pas se foutre de moi, non ?

J'en ai rien à foutre. Vous pouvez pas me mettre ça sur le dos.

Pourquoi ce serait sur toi que tout retomberait ?

Tu dois ĂȘtre un type fantastique,

tout le monde essaie de te protéger. Tyrone, Victor.

Ils sont tous tombĂ©s Ă  cause du mĂȘme type,

et il court toujours.

Je suis le seul à pouvoir te protéger maintenant.

C'est ça. Moi. Moi.

Alors tu me racontes comment Rodney t'a forcé

Ă  descendre Darry Adams et on se charge de lui.

Me dis pas que c'est lui qui a tiré si c'est pas lui.

Tu n'as qu'à dire la vérité.

As-tu descendu Darryl Adams ?

Non, mec. Merde.

- Qui alors ? - Scientific.

- C'est qui ça, Scientific ? - Un de mes gars.

- Tu l'as vu le faire ? - Non.

- Il te l'a dit ? - Non !

- Il l'a dit Ă  quelqu'un ? - Je sais pas. LĂąchez-moi.

C'était Errol Barnes !

- Debout, sale menteur ! - Vous ĂȘtes fou ?

Je vais te jeter en pĂąture Ă  Rodney moi-mĂȘme !

Je le jure ! C'était un type appelé Le Meilleur.

Mon frĂšre m'a dit que Le Meilleur le ferait.

- Le Meilleur ? - J'ai pas pu le faire moi-mĂȘme.

J'ai pas pu ! Victor m'a dit que Le Meilleur le ferait.

Il était à Kool Breeze et tout, et Victor,

il a dit "Le Meilleur".

Il Ă©tait peut-ĂȘtre tellement soĂ»l qu'il a dit Ă  Meilleur de le faire.

Des conneries ! Allons voir Rodney.

LĂąchez mon fils ou sinon...

- Victor m'a appelée du bar. - Ne lui dis rien.

Victor m'a appelée du bar.

Maman ? Je crois que je vais faire une bĂȘtise.

Je le sens. Je suis fatigué, c'est tout.

J'en ai plus qu'assez.

Et quelqu'un va payer. Quelqu'un va payer.

Il est rentré une heure plus tard.

Victor, que se passe-t-il ?

Maman, j'ai tué quelqu'un ! J'ai tué quelqu'un.

Il a vomi toute la nuit.

Je savais mĂȘme pas qu'il y avait ce mort dans le parking.

Le lendemain, il me dit qu'il ne peut pas se lever,

qu'il a des crampes, qu'il ne peut pas marcher.

Faut que je te dise, c'Ă©tait comme dans un rĂȘve,

comme si quelqu'un d'autre appuyait sur la détente.

- C'est comme ça que ça s'est passé. - Je le jure, je vais aider Victor.

Que va-t-il arriver Ă  mon fils ?

Sharon t'a donné l'argent ?

- Pour la caution ? - Elle n'en a pas voulu.

Mon fils a dit que c'était de l'auto-défense. Croyez-le !

Merde !

"Salaud, t'es mort."

Le connard m'a volé mes sacs.

Ton pote Rodney s'est défoulé sur ta voiture.

- Tu veux aller vivre oĂč, Ronnie ? - J'en sais rien. À vous de me dire.

On va Ă  la gare routiĂšre.

Rocco, emmĂšne-moi Ă  la gare.

C'est la mĂȘme chose.

L'auto-défense. Victor plaide l'auto-défense.

Et Tyrone ? Il sera mis en liberté provisoire ?

Pas pour les mineurs. Il reste avec sa mĂšre jusqu'au procĂšs.

Il va en prendre combien ?

Peut-ĂȘtre 6 mois dans une maison de correction, s'il a de la chance.

Rocco, avant que je parte, réponds juste à une question.

Pourquoi tu t'es acharné comme ça sur cette affaire ?

Les Noirs qui s'entretuent, les flics, ils s'en foutent.

Pourquoi tu t'es soucié de moi, mon frÚre, Darryl Adams et de Tyrone ?

Pourquoi tu t'es intéressé ?

Si je te revois, je te coffre

pour encouragement au crime et complicité de meurtre.

Je laisserai André te tabasser à nouveau,

j'irai cueillir Rodney sur les mĂȘmes chefs d'inculpation

et je vous mettrai dans la mĂȘme cellule.

Le mĂȘme lit. C'est bien compris ?

Oui, c'est compris.

Je voulais juste vous remercier de m'aider Ă  quitter la ville.

C'est pas le mien. J'ai arrĂȘtĂ© ça.

Descends de voiture.

Le Final Call ! Le dernier numéro de Final Call !

Monsieur, comment ça va ? Le tout dernier numéro.

- La justice noir sur blanc. - Non, merci.

Merci beaucoup, monsieur. Bonne journée.

Le Final Call ! Le tout dernier numéro du journal Final Call !

Établissement pĂ©nitentiaire de Brooklyn

"Je te tuerai."

Quelqu'un a dĂ» voir son t-shirt Ă  l'envers.

- En pleine gueule. - Une autre tache sur le trottoir.

- Hal ! Déjeuner. - Un autre enfoiré de mort.

TrĂšs bien. Au boulot.

Emmenez-le, lieutenant. Comment ça va, les gars ?

On devrait envoyer ces cités à Tombouctou.

Pourquoi ? Ils s'entretuent. Comme un four auto-nettoyant.

Ça se fait tout seul.

C'est comme ça qu'ils font. Le cycle de la merde.

- Doucement, les gars. - Doucement.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Le jeune Scientific s'est fait descendre.

C'est quoi un Scientific ?

Ce sera peut-ĂȘtre toi le suivant. M. Scientific.

Rien de nouveau.

Tu as vu quelque chose lĂ -bas ?

Au début du siÚcle, quand les trains roulaient à pile,

que les gens ne connaissaient pas encore l'électricité...

AprĂšs la guerre 39-45.

- Tu sais que je t'aime, pas vrai ? - Oui.

- AprĂšs la guerre 39-45. - Oui.

Quand les gens ont eu l'électricité chez eux,

ils ont sorti ceux-lĂ , les nouveaux. Tu veux l'entendre siffler ?

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