Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Dutch
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Italian
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (SoranĂ®)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Fait chier.
Vous m'entendez ?
Excusez-moi.
Excusez-moi !
Je suis avec une patiente et je ne l'entends plus.
On en a déjà ...
Rabat-oij, celle-lĂ !
Bonjour, vous ĂŞtes sur la messagerie de Paula Cohen-Solal.
Laissez-moi un message, merci.
Oui, Dr Steiner au téléphone.
C'est la troisième séance que vous manquez, Paula.
Au bout de trois séances, mon inquiétude est justifiée.
Pour rappel, les séances manquées sont dues.
Raba-oij, verlan pour rabat-joie.
Casse-couilles, vieille pie, casse-bonbons, frigide, emmerdeuse.
Enfoiré.
- Que faites-vous lĂ ? - Bonsoir.
Mais... ce n'est pas notre jour.
Je sais, mais je dois vous parler.
Bon... Ne restez pas comme ça. Venez.
Merci.
Allongez-vous.
Vous ne voulez pas vous allonger ?
Très bien.
Vous vous souvenez, il y a huit ans,
quand je suis venu ici pour la première fois ?
- Au début, c'était pour... - Arrêter de fumer.
Voilà . C'était un prétexte pour faire une psychanalyse.
J'ai fait cette analyse, mais je n'ai jamais arrêté de fumer.
Donc, voilĂ .
Lundi dernier, j'ai vu une hypnotiseuse.
Vous ne voulez pas vous allonger ?
- Ce serait plus facile... - Attendez.
Docteur, écoutez-moi.
Je vous écoute.
François m'a donné son nom.
- L'ami de ma femme... - Je vois.
... qui aime la médecine parallèle.
Mme Grangé, à Aubervilliers.
Et lui... il a arrêté de fumer, grâce à elle.
Au départ, elle m'a des conneries :
"Détendez-vous." "Que voyez-vous comme image ?"
J'ai dit : "Mes parents nus dans une maison."
Bref.
Ça a duré 20 minutes. C'était court.
J'ai payé la consultation, 50 euros.
J'étais perplexe. Je suis sorti.
D'un coup, j'ai jeté mes cigarettes à la poubelle.
J'ai continué à marcher,
puis je suis revenu, j'ai regardé mes cigarettes.
Contre toute attente,
j'ai aussi jeté mon briquet.
Ça fait quatre jours.
Je n'ai rien fumé.
C'est incroyable. Presque une semaine.
Je l'éteins. Je croyais qu'il était en silencieux.
Je suis avec vous. Oui ?
Je me sens libéré de quelque chose.
Libéré de la cigarette, bien sûr.
Je me sens libéré de vous.
VoilĂ .
Je n'ai plus envie de venir vous voir.
Bon, très bien.
Peut-ĂŞtre...
on fixera une date d'arrĂŞt ensemble.
- Ou je vous recommande un collègue. - C'est terminé.
Ma femme a fait le calcul.
Huit ans, une fois par semaine, sans les vacances,
ça fait 32 000 euros.
Plus 8 000 euros, gaspillés en cigarettes.
Voilà , c'est terminé.
Au revoir.
Bonjour, je suis Valérie, la fille de Paula.
J'ai vu que vous aviez essayé d'appeler plusieurs fois.
J'ai une nouvelle très triste à vous annoncer.
Elle nous a quittés.
Je vous invite Ă nous rejoindre.
On se réunit tous demain pour se recueillir.
Merci.
VIE PRIVÉE
Merci d'ĂŞtre lĂ . Il y a du monde avec maman.
Je vais demander aux étudiants de partir.
Vous savez ce qui lui est arrivé ?
Aucune idée. C'est très soudain.
Surtout pas. Ça réveille les dibbouks.
Les quoi ?
Les dibbouks, les esprits.
Les dibbouks.
Bonjour, je suis son collègue de Jules Ferry.
C'est gentil d'ĂŞtre venu.
Allez-y. On va se recueillir devant elle.
Entrez. Allez-y.
Aaron, tu viens ?
Aaron, viens.
- Il s'est évanoui. - Mettez-le sur le côté.
Ses jambes sur un coussin.
- Un verre d'eau. - Surtout pas ! Je suis médecin.
- OĂą sont les toilettes ? - Juste lĂ .
Quelqu'un peut venir ?
Papa, qu'est-ce que t'as ?
Reste lĂ , respire.
- Tenez, monsieur. - C'est gentil. Merci.
- Merci. Ça va aller... - Respirez bien.
Qui ĂŞtes-vous ?
Je suis Lilian Steiner.
Je suivais votre femme depuis neuf ans.
- Je suis désolée. - Foutez le camp.
- Je suis désolée. - Foutez le camp !
Que faites-vous ici ? Qui l'a laissée entrer ?
C'est chez moi ici ! Comment osez-vous ?
Foutez-la dehors !
Son mari réagit de façon inattendue.
Agressivité envers moi,
culpabilité reportée sur la thérapeute...
et émotions refoulées...
... culpabilité reportée...
- Merde. - Merde.
Tenez, madame. Ça va aller ?
Asseyez-vous, monsieur. Tout va bien.
T'as sonné ?
Pour ne pas réveiller Joseph, préviens avant.
Je l'ai réveillé ?
Non, mais tu aurais pu.
Tu m'engueules pour un truc hypothétique ?
Qui n'est pas arrivé.
- Tu sais comment ça s'appelle ? - Non, je ne veux pas savoir.
Cinq minidiscs, 25 euros ?
Tu m'en commandes 50.
Non, 100 plutĂ´t.
Cinq cents balles pour ce truc préhistorique ?
C'est absurde. Passe Ă un truc plus moderne.
J'aime les avoir Ă la main.
Ils peuvent se perdre ou s'endommager.
C'est exactement pour ça qu'ils me sont précieux.
Oh non, pitié.
Cinq cents balles, quand mĂŞme...
C'est pour mon travail.
Toi, ton ordinateur, tu l'as payé comme moi.
Tu viens que quand tu as besoin de quelque chose.
Tiens.
Tu es malade ?
Oui, non, pas vraiment.
Tu as du gel ?
Si, lĂ .
Profites-en pour acheter quelque chose qui te fait plaisir.
Ça me ferait plaisir que tu viennes quand ton petit-fils est réveillé.
Ce n'est pas ma faute si les bébés dorment beaucoup.
L'achat est confirmé.
Tu vas pouvoir voir Joseph.
Non, je dois m'en aller. J'ai un rendez-vous.
C'est plus important que 30 secondes avec nous ?
Allez, viens.
Alors, mon bonhomme, qu'est-ce qu'il y a ?
Tu as faim ?
Du calme.
C'est pas l'heure pourtant.
C'est un petit bouton.
Je m'en vais, chéri.
Je suis malade, je suis pleine de miasmes.
Je ne veux pas trop m'approcher.
Bisous.
- Ça fait un bail ! - Il est là ?
- Vous pouvez y aller. - Merci.
Lillian ?
Ça va ?
- Je te dérange ? - Pas du tout.
Tout va bien ?
Non. Je...
J'ignore ce qui m'arrive. J'ai attrapé quelque chose.
- Tu peux m'examiner ? - Bien sûr.
Installe-toi. Ton dernier fond d'œil, c'était...
Notre dernier rendez-vous.
- Appuie ton front. - OK.
- Tu as vu Joseph récemment ? - Oui.
Je viens de passer. Il dormait.
Il dort beaucoup ce bébé.
Je le trouve bien éveillé pour son âge.
Il a deux mois.
Il en fait facilement trois.
Julien est jeune,
pour être père. Tu trouves pas ?
Jeune ?
- Tu avais son âge. - Justement.
Appuie. Appuie ton front.
Dis donc, chérie, ça coule.
Tu m'appelles "chérie" ?
C'est la première fois que je te vois pleurer.
- Je sais. - Ça te va bien.
Je ne pleure pas. Ce sont mes yeux.
- Tu as trouvé quelque chose ? - Non, tout est normal.
Tu n'as pas un collyre ou un placebo Ă me donner ?
Des larmes artificielles pour hydrater la cornée,
mais sinon, il faut attendre que ça passe.
Je ne peux pas attendre. J'ai des patients, du boulot...
Il s'est passé quelque chose ?
Non, rien de spécial.
Tu cherchais un prétexte pour me voir.
Non, pas du tout.
Un texto pour m'inviter à dîner aurait suffi.
C'est plus facile.
Je ne pense jamais Ă toi.
C'est vrai, jamais.
En m'engueulant avec Julien, je me suis dit :
"Le pauvre, il a hérité du sale caractère de son père."
C'est quoi ce bordel ?
Excuse-moi.
- Bonjour. - Bonjour.
Je suis Valérie.
- La fille de Paula Cohen-Solal. - Je vous reconnais.
J'ai besoin de vous parler.
LĂ , je ne peux pas. J'ai un patient dans pas longtemps.
- Une autre fois. - Je peux attendre au café à côté.
Pas de problème.
Venez.
Alors... Je suis Ă vous.
Vous savez comment elle s'est suicidée ?
J'ignorais que c'était un suicide.
Elle allait bien la semaine précédente,
et ça ne vous étonne pas ?
Ça arrive à tout le monde de mourir.
Maintenant que je vous le dis, vous ne ressentez rien ?
Pas du tout.
Pardon, je ne voulais pas vous faire pleurer.
Non.
Ce n'est pas vous.
Elle a avalé tout ce que vous lui avez prescrit.
J'entends.
Vous pensez que je suis responsable de sa mort ?
Mon père le pense.
Il n'est pas lĂ . C'est Ă vous que je parle.
Elle avait ça dans la main.
Regardez ce qu'elle a griffonné derrière.
Avant de mourir.
Je n'arrive pas Ă lire.
L'écriture est très altérée.
Je crois que c'est un message.
Un message...
- Pour qui ? - Lisez-la !
Lisez-la Ă voix haute.
Je ne peux pas. J'ai un patient.
Gardez-la.
Vous me la rendrez plus tard.
Je vous ouvre.
Valérie,
vous le savez peut-ĂŞtre, peut-ĂŞtre pas,
mais je ne peux rien révéler de ce que Paula m'a confié.
C'est le secret professionnel.
J'ai besoin de comprendre.
Comment a-t-elle pu faire ça ?
Justement maintenant.
Maintenant que je suis dans cet état.
Quel état ?
Ah, bien sûr.
Comment s'est passé l'enterrement ?
On ignore quand il aura lieu.
Pourtant, dans la religion juive...
Ils doivent faire une autopsie.
- Une enquĂŞte. - Il y a une enquĂŞte ?
C'est la règle pour les suicides.
Ça prend du temps.
On était garés au bord de la route...
On était au bord de la route, et je devais avoir 10 ou 11 ans.
On avait un minivan blanc avec des finitions dorées.
C'était à ce moment ou à un autre moment,
mais les freins ont lâché,
alors ma mère a dû tirer le frein à main.
- C'est dur Ă dire... - Avant de venir,
je me suis rendu compte que...
Je ne comprends plus.
Je donne mon sperme en vain.
- Pourquoi je me sens coupé ? - Je griffe et je griffe...
les yeux des chats.
Je gratte, je gratte.
Je pense beaucoup Ă vos mains.
Vos mains sur mon corps.
Fait chier !
Lundi dernier, j'ai vu une hypnotiseuse.
François m'a donné son nom.
Grangé, à Aubervilliers. Il a arrêté de fumer grâce à elle.
Au départ, elle a m'a dit des conneries :
"Laissez-vous faire. Que voyez-vous..."
- C'est pas un problème oculaire ? - Non.
Il faut peut-ĂŞtre consulter quelqu'un.
Je suis psy.
Si j'étais en dépression, je le saurais.
Je ne peux pas vous empĂŞcher de pleurer.
Pourquoi ?
Vous avez encore besoin de pleurer.
On ne panse pas les plaies pas nettoyées.
Vous vivez un deuil.
Un deuil très profond.
Je le vois.
Vous n'ĂŞtes pas seule.
Il y a quelqu'un avec nous.
Ă€ part vous, je ne vois personne.
C'est une femme.
Elle est blonde.
Je viens de perdre une patiente.
Et ce n'est pas la première fois qu'un patient meurt.
C'était une patiente, pas une amie.
Ce que je peux vous proposer,
si vous ĂŞtes d'accord...
C'est une thérapie basée sur le souvenir.
Et...
Je vous sens prête à lâcher prise.
C'est la première fois qu'on me dit ça.
Bon, on reprend rendez-vous ?
Non, on va régler ça tout de suite.
Ça ne traîne pas avec vous. Vous vouliez me laisser pleurer...
J'aime bien quand les gens guérissent vite.
Pas comme les psys, c'est ça ?
On y va ?
Oui.
Vous enregistrez ?
Oui. Je vous le donne après.
C'est pour le travail d'intégration, après la séance.
Ce que vous entendrez peut vous surprendre.
Beaucoup de choses dites en séance nous échappent.
J'ai votre e-mail ?
Comme vous voulez. Je suis souple.
Moi aussi, je suis souple.
VoilĂ .
Alors, relâchez bien.
Relâchez bien.
Regardez sans voir.
Maintenant, fermez les yeux.
Tout est noir.
Vous entendez battre votre cœur.
Vous ĂŞtes...
dans le ventre de votre maman.
Lilian, arrêtez de confondre méfiance
et intelligence.
Votre ironie est la manifestation de votre peur.
Vous ĂŞtes dans le ventre de votre maman.
Vous êtes un fœtus.
Avancez.
Avancez encore.
Vous voyez une porte.
Derrière la porte,
vous voyez des escaliers.
Quand vous ĂŞtes prĂŞte, descendez-les.
Très bien.
Il neige.
Continuez, prenez votre temps.
Vous voyez une porte.
Ouvrez-la.
Non, pas celle-lĂ .
Non, s'il vous plaît.
Alors, refermez-la.
Ă€ votre rythme,
descendez encore.
Je suis lĂ .
Quelle genre de pièce ?
Pouvez-vous la décrire ?
Sombre.
Boisée.
Les visages sont éclairés.
Des instruments.
Parlez-moi de cette pièce.
Il y a une femme.
Au violoncelle.
Continuez de me décrire ce que vous voyez.
C'est...
C'est moi.
C'est elle.
C'est Paula. Paula Cohen-Solal, ma patiente.
On est dans une fosse d'orchestre.
On accorde nos instruments.
C'est pendant la guerre.
Il y a des Allemands.
C'est un public...
Le public nous regarde.
Et nous nous aimons.
Follement.
Je sens que c'est ma maîtresse.
C'est fou.
Je la sens angoissée.
Que se passe-t-il ?
Que se passe-t-il, Lilian ?
Simon, son mari.
Elle me dit quelque chose. Je n'entends pas.
Je dois l'entendre.
Laissez-la maintenant, Lilian.
Non, je dois l'entendre.
Quand vous ĂŞtes prĂŞte, retrouvez la porte.
- Non. - Reprenons les escaliers.
À mon signal, vous quittez la scène.
- En plein concert ? - Quittez la scène.
- Je dois l'entendre. - Partez.
- Allez. - Il est armé.
Retournez Ă la porte.
Il y a de nouveau une porte...
- Je fais quoi ? - Attendez devant.
Avant de l'ouvrir, j'ai quelque chose Ă vous dire.
Vous n'allez plus pleurer.
C'est terminé.
Plus besoin de pleurer.
Vous savez que Paula fait partie de votre vie.
Elle a été votre maîtresse.
Autrefois, dans une autre vie.
C'était normal de souffrir.
Maintenant, Ă mon signal,
vous ouvrirez la porte.
Ouvrez la porte.
Quand vous ĂŞtes prĂŞte, ouvrez les yeux.
Il est armé.
Le mari, le chef d'orchestre, Simon, il est...
Vous êtes un sujet très réceptif.
C'est très rare de descendre les escaliers aussi rapidement.
Bon...
Je dois dire que je n'y crois pas du tout.
Bon...
Ce n'est pas une question d'y croire ou pas.
Vous ne pleurerez plus en sortant de ce cabinet.
Je peux vous poser une question ?
Toute simple.
Avez-vous déjà eu la sensation
de tomber amoureuse de votre patiente ?
Ou d'être troublée par elle ?
Bon, merci pour tout.
Je vous dois combien ?
C'est cinquante, non ?
Non.
Je décide quand je veux être payée, ou pas.
C'est comme ça.
Ça va marcher quand même ?
Oui, ça va quand même marcher.
Pas d'inquiétude. Ici la guérison ne dépend pas de l'argent.
On dit que Freud avait arrêté l'hypnose
parce que c'était moins intéressant financièrement
de guérir les gens trop vite.
Ce n'est pas un peu antisémite, votre remarque ?
On va en rester lĂ , Lilian.
Quarante-sept ans...
Une vie inaccomplie...
Paula laisse derrière elle
un vide immense.
Elle rejoint ici,
à quelques mois d'écart,
sa tante adorée,
Perle.
Perle qui lui a légué son amour des livres.
- Vous auriez un mouchoir ? - De la culture.
Son amour de la langue allemande.
- Amen. - Amen.
Dieu plein de compassion,
qui réside dans les cieux...
Je ne comprends pas ce que je mérite dans la vie.
Comment me débarrasser de ça ?
Chaque fois que j'ai peur.
Il m'a fait douter.
Je crois que c'est un message.
Je me rends compte du mensonge.
De l'énormité du mensonge.
C'est trop tard, maintenant.
On ne peut pas revenir en arrière.
La vérité détruirait Valérie.
Ça la détruirait vraiment.
Elle est trop instable.
Vous savez...
c'était mon plus grand malheur.
Ces enfants qui ne voulaient pas s'accrocher.
Les fœtus ne sont pas encore des enfants.
Oui.
Simon les appelait : "nos enfants morts."
Et vous vous sentiez...
culpabilisée par lui ?
Une partie de moi a fini par épouser sa façon de penser.
Il devenait fou.
Il sentait qu'il était le problème.
C'est-Ă -dire ?
Valérie.
Il sait que ce n'est pas sa fille.
Ce n'est pas un secret. Vous m'aviez dit que Valérie le sait.
Je vous ai menti.
Je ne lui ai jamais dit.
Ça pourrait déclencher des crises. Des crises monstrueuses.
Si elle l'apprenait, elle me tuerait.
Je vous ai menti.
Je ne lui ai jamais dit.
Ça pourrait déclencher des crises. Des crises monstrueuses.
Si elle l'apprenait, elle me tuerait.
L'agressivité envers la mère est banale,
mais un meurtre ?
Tout est possible.
Même si je n'ai jamais vu ça.
Je te dis des conneries. Si !
J'avais un collègue à Nice il y a 20 ans.
En t'en parlant, ça me revient.
Une fille avait tué sa mère lors d'un épisode délirant,
au dernier mois de grossesse.
Elle l'avait poignardée, je crois,
et éviscérée.
C'était violent.
On observe une transparence psychique en fin de grossesse.
Ça me rappelle un autre cas. La fille a tué tout le monde.
Sa mère et ses sœurs, toutes empoisonnées.
Toutes des femmes.
- Intéressant. - Oui, très.
- T'en as jamais entendu parler ? - Non.
Mais c'était déjà un tableau délirant avant la grossesse.
AllĂ´ ?
AllĂ´ ? Qui est-ce ?
Tu viens toujours le lundi.
Je suis un homme d'habitudes.
- Je peux ? - Bien sûr.
Tes yeux ?
Ils vont bien. Mais j'ai besoin des tiens.
- Quoi ? - Ça concerne ma patiente.
De quoi tu parles ?
De ma patiente. Celle qui s'est...
Oui ?
Ma patiente qui s'est suicidée.
Tu attendais quoi pour me le dire ?
J'ai envie de boire beaucoup en peu de temps.
Je t'accompagne.
Je n'arrĂŞte pas de recevoir des appels.
Anonymes.
Madame prendra des tagliatelles, sans la crème.
Regarde.
Qu'est-ce que tu lis, toi ?
- De l'allemand ? - Elle était prof d'allemand.
"Kinder", c'est "enfants".
- Oui. Ne le salis pas ! - Oh, ça va...
Et "tod"...
C'est pas "tod", c'est "tot". Ça veut dire "mort".
J'ai l'impression...
que c'est un message qu'elle m'a adressé.
Un message ?
Oui.
Écoute, j'ai...
J'ai une idée, Gaby. Je veux que tu la prennes au sérieux.
- Oui. - OK ?
Vas-y, dis.
Je n'ai jamais décelé la moindre pensée suicidaire.
Ce n'est pas normal, en neuf ans. Je n'ai pas pu me tromper Ă ce point.
Mais de quoi tu parles ?
Mais de ma patiente !
Je pense...
qu'elle a été assassinée.
Assassinée ?
Mais par qui et pourquoi ?
C'est la question.
J'y pense sans cesse. Instinctivement...
je dirais que c'est sa fille.
Elle est border.
Une décompensation psychotique ne fait pas d'elle une criminelle.
Mange quelque chose.
Tu ne manges pas ?
Si.
Merci.
Je me souviens de ces boucles d'oreilles.
On a beaucoup bu, non ?
Oui.
Je n'ai pas envie de rentrer.
- Merci. - Merci.
Non, pas encore !
Vous nous dérangez. C'est pas le moment.
Je suis sur le point de coucher avec mon ex-femme.
Alors, ça suffit ! Merci.
Tu es vaniteux.
Tu ne connais pas chez moi.
Je n'ai pas envie de croiser Vera.
Il n'y a plus de Vera.
Depuis deux ans.
Je croyais que tu savais.
Comment veux-tu que je sache ?
Tu as déjà vu un hypnotiseur ?
Non... Si, j'en ai vu un. Une fois, pour mes ronflements.
Quoi ?
Excuse-moi. Ça me fait rire. Tu disais toujours :
"C'est juste quand je suis dans une mauvaise position."
Mais lĂ ...
ça n'a pas d'importance, parce que tu dors seul, non ?
Non.
Pas tous les soirs.
Elle est mariée, ça me va très bien.
Et toi ?
Moi quoi ?
Tu as déjà vu un hypnotiseur ?
Merde.
Valérie ?
Fait chier.
Merde.
Qui est lĂ ?
Le liquide rouge sang sur le pare-brise.
En fait, concrètement,
vous portez plainte pour harcèlement,
pas pour vol.
Appelez ça comme vous voulez,
mais je suis sûre que ce n'était pas un suicide.
Je crois que c'est sa fille.
Elle m'intimide. Elle cherche des choses sur la mort de sa mère.
Elle cherchait les cassettes.
Quelles cassettes ?
Quand j'ai dit "mort",
ça pourrait vouloir dire "meurtre".
Vous avez bu, madame ?
Non. Enfin, si, mais il y a plusieurs heures.
- Combien d'heures ? - Quoi ?
- C'est interdit par la loi ? - Non...
Je fais de l'hyperosmie.
Quoi ?
Le COVID m'a rendu hypersensible aux odeurs.
Je voulais savoir depuis combien de temps vous aviez bu.
Mon dernier verre était à minuit.
L'hyperosmie... Je connaissais pas.
Oui, pardon.
Vous disiez...
C'est peut-ĂŞtre un meurtre.
Évidemment, elle vient fouiller chez moi.
Elle ? Elle qui ?
Sa fille ! Valérie.
Je sais des choses sur elle que je ne devrais pas savoir.
Quel genre de choses ?
Je ne peux pas vous le dire.
Secret professionnel.
Reprenons depuis le début.
- Votre profession ? - Psychiatre.
- Ça va ? - Oui.
J'ai eu peur.
Tu me crois maintenant ?
- Elle cherchait quoi ? - Les cassettes.
Les cassettes l'intéressent.
Comme une conne, j'ai pas écouté la dernière séance.
La séance du 22.
Merde...
- Il y a quoi dans cette séance ? - Le mobile, évidemment !
Je dois réécouter ce qu'elle a dit sur Valérie, sur lui.
- Tu l'as dit Ă la police ? - Oui.
Pourquoi j'ai pas réécouté la dernière cassette ?
- Putain. - J'appelle un serrurier.
Votre appel est en attente. Restez en ligne.
Oui, j'attends.
Drôle de métier.
Serrurier ?
Non, psychiatre.
Connaître la vie des gens, leurs secrets, sans pouvoir agir.
Sans pouvoir rien faire.
Rien du tout.
Alors que toi... On vient te voir pour réparer les yeux.
Tu les répares. Moi, je répare quoi ?
Leur âme.
J'aurais dû être gynécologue.
Tu aurais été formidable.
C'est trop tard pour changer de vie ?
Tu parles de nous ?
Oui, serrure.
Je ne sais pas, monsieur.
Un cambriolage...
Il part deux ou trois jours par semaine.
Avec ses cours, il n'en a que pour deux demi-journées.
Je l'encourage à passer plus de temps à Chérence.
Mais je le lui fais payer quand il revient.
C'est pervers.
Non ?
Qui est pervers ?
On a des horaires très différents.
Il se couche tôt et se lève tard. Moi, c'est l'inverse.
C'est banal.
J'ai développé des stratégies pour ne pas le déranger.
Au lit, je ne pense qu'à lui, à comment préserver son sommeil.
Mais...
il est dur.
Tellement dur.
Comment ça ?
Comme s'il avait toujours un couteau dans la voix.
Et un flingue dans le regard.
Comme s'il attendait que je quitte son espace pour me tolérer.
Il veut que je disparaisse.
Valérie !
Vous ne répondez pas à mes appels ?
Arrêtez de venir, comme ça, à l'improviste.
Je dois vous voir tout de suite.
J'ai besoin d'aide.
Bon, pas dans mon cabinet.
Au café en bas.
D'accord.
- Putain. - AllĂ´ ?
Gaby ?
C'est elle ! Elle est lĂ !
Valérie.
Sa fille.
Je lui ai donné rendez-vous au café en bas. Viens.
Je suis Ă vous.
Je me sens tellement mal.
Je suis un monstre.
Un monstre ?
Ça va, c'est bon.
Mais... pourquoi ?
"Monstre", pourquoi ce mot ?
Ma mère vient d'hériter de Perle. Perle Friedman, sa tante.
Elle vous en a parlé. Un conflit familial.
Je l'adorais aussi.
Elle passait sa vie à la bibliothèque.
Elle était bénévole à la Mazarine.
Elle m'y emmenait quand j'étais petite.
Je la regardais trier des livres toute la journée.
C'est beaucoup d'argent, beaucoup.
Tout va Ă Paula, mais...
maintenant, on se partage tout avec papa.
J'avais du mal Ă joindre les deux bouts.
Je ne sais pas...
Ma vie a changé.
Valérie, tout ce que vous ressentez semble parfaitement normal.
- Voici le numéro d'un confrère. - Pourquoi pas vous ?
Non.
Vous comprenez ? Je ne peux pas. On n'a pas le droit.
Oui, vous avez tout Ă fait raison.
Je comprends mieux ma mère.
Elle parlait souvent de vous.
Mais elle disait jamais votre nom.
Elle vous appelait "mon rendez-vous nocturne".
Elle se sentait bien avec vous.
Elle a dit ça ?
Oui, souvent.
Papa disait qu'elle était...
tombée amoureuse de vous.
Et maman répondait :
"C'est comme si je la connaissais...
depuis toujours."
Ce n'est pas elle.
Non, ça doit être son père...
qui n'est pas son père... Le mari.
Il n'est pas le père. J'adore ça !
- Écoute, je n'ai rien dit. - Non, non.
Elle n'a mĂŞme pas pris son ordonnance.
Elle n'est pas dans une phase maniaque.
Elle m'a donné le mobile.
C'est l'argent.
- L'argent ? - Paula venait d'hériter.
- Ce n'est pas elle. - Tu voulais l'assommer.
- Mais non. - Quinze gouttes au coucher !
Quoi ? C'est cinq milligrammes.
Cinq milligrammes, en comprimé.
- Avec ton écriture... - Donne.
Mais...
Quelqu'un a trafiqué ça !
- Tu as l'adresse de la pharmacie ? - Elle est dessus.
Tu m'attends lĂ ?
- Voici votre monnaie. - Merci.
- Voici. Bonne journée. - Merci. Au revoir.
- Bonjour. - Bonjour.
Je suis le Dr Steiner,
la psychiatre qui suivait Paula Cohen-Solal.
Elle vivait dans l'immeuble.
Pour l'insomnie, on passe souvent aux gouttes.
- Je les connais depuis des années. - Nadia, regardez-moi.
Je vais pas faire de signalement.
Jusqu'à présent,
j'ai toujours prescrit des comprimés.
Absolument.
C'est ce que j'ai dit Ă M. Cohen-Solal.
C'est lui qui est venu les chercher ?
C'est lui ?
Allez, Nadia.
Je veux juste savoir qui a récupéré ces médicaments.
Oui, c'était son mari.
Il allait toujours chercher les ordonnances.
Enfin, les prescriptions.
Il a demandé les flacons ?
On a déchiffré l'ordonnance ensemble.
Comme moi, il a lu 15 gouttes.
Il a dit qu'elle allait très mal.
Elle traversait une période difficile.
Un décès dans la famille.
Démarre !
- Vite, vite, vite ! - OK.
C'est quoi, ce truc ?
La gardienne a parlé.
Et alors ?
Il est parti Ă la campagne.
- OĂą ? - Elle m'a pas dit.
Je suis monté à l'étage,
et je suis tombé sur ça.
Ouvre-le.
Tu es sûre ?
Oui, Ă ce stade...
Voilà pourquoi je reçois jamais mes colis.
Un lisseur.
Il a les cheveux longs ?
C'est peut-ĂŞtre pour Paula.
Commande passée il y a huit jours.
Pardon ?
Qui commande un lisseur trois jours après la mort de sa femme ?
Il faudrait en savoir plus sur cette tante.
La tante dont parlait Valérie.
Pourquoi ? Tu crois que...
Il a dĂ» la supprimer avant.
Paula n'avait jamais parlé d'elle.
J'ai peut-être oublié ou mal entendu.
- C'est impossible. - Oui.
Ça fait un peu beaucoup.
Tout ça pour se retrouver avec un gode capillaire.
Oh putain, j'y vais.
Tu m'attends pour la suite ?
Je venais souvent quand il y avait
cette vieille dame...
Elle était bénévole ici.
J'oublie son prénom.
Ah si, Perle !
Ah, oui, Perle.
C'était une de nos mécènes.
Oui, une vieille dame, très gentille.
Je crois qu'elle est morte, hélas.
- Non. - Il y a...
Non.
- Non ? - Elle était pas très gentille.
- Mais elle est morte. - Oui.
De quoi ?
- Vous le sauriez ? - Pas du tout.
Mais elle était vraiment pas sympa.
- D'accord... - Lucie ?
J'aimerais envoyer une lettre de condoléances.
Vous auriez son adresse ?
On ne donne pas ces informations.
- Viens voir ! - Excusez-moi.
- Vous patientez une minute ? - Oui.
OK. Friedman.
Nom de jeune fille : Kinder.
Kinder ?
Perle Kinder.
"Kinder tot."
La mort de Perle.
- Putain... - Madame !
Non, je ne crois pas.
Vous êtes trop rationnelle pour ça.
Dites-moi la vraie raison.
Si vous ne pleurez plus, pourquoi une autre séance ?
Elle m'a dit quelque chose.
Vous vous souvenez ?
Je n'ai pas entendu. Je dois l'entendre.
Vous avez l'enregistrement de la séance.
Je vous ai dit de le réécouter.
Oui, mais il me manque une clé.
Et si je refuse ?
Écoutez, ne soyez pas orgueilleuse.
Je m'excuse.
J'ai été très grossière avec vous.
Non, pas grossière. Insultante. Vous m'avez traitée d'antisémite.
J'ai dit "un peu" antisémite.
Mais...
Excusez-moi.
Pardon !
Non.
- C'est impossible. - Non, je monte !
Non !
Pardon, Lilian, on est vendredi.
J'ai un train Ă prendre.
Et lundi ?
Lundi, non. Je serai en formation.
Puis, je pars en vacances.
Au revoir, Lilian.
En vacances.
Putain de Français.
- Champagne ? - Non, merci.
Vous vous sentez coupable Ă cause de cette patiente.
Vous créez tout un scénario à partir de ce faux souvenir.
Un médecin est censé soigner ses patients.
Au lieu de ça, votre traitement l'a tuée.
Ce qui me frappe, c'est la prescription.
L'ordonnance.
Que voulez-vous dire ?
Vous savez aussi bien que moi qu'en France,
les psychanalystes n'ont pas le droit de prescrire.
On se connaissait très bien
et elle souffrait d'insomnie.
- Vous avez enfreint la procédure. - C'est faux.
J'ai le droit de prescrire.
Je leur ai fourni tout ce qu'il leur faut pour porter plainte.
C'est faux.
Vous fuyez la situation.
Vous ne voulez pas affronter l'affaire,
alors vous vous laissez embarquer par votre hypnotiseuse.
Redites-moi comment votre mère est morte.
Non.
Vous ne pouvez pas faire ça.
Je ne suis plus votre patiente. Je suis votre collègue.
Vous n'avez pas changé, Lilian. Toujours aussi sûre de vous.
Qu'est-ce que je fais ici ?
Derrière la porte, vous voyez des escaliers.
Quand vous ĂŞtes prĂŞte, descendez-les.
Continuez.
On est dans une fosse d'orchestre.
Qu'est-ce que tu fais ?
T'es oĂą lĂ ? Tes partitions.
Je suis enceinte de toi, mon amour.
Je suis enceinte de toi, mon amour.
Ça me bouleverse. Mais je ne peux pas partir comme ça.
Qui vous demande de partir ?
Un régisseur derrière le rideau, il me dit de m'enfuir.
Ils sont lĂ !
Qui ?
La police.
La milice.
Ils vont contrĂ´ler nos papiers.
Tous nous rafler. Il faut partir !
Décrivez-moi, Lilian.
Julien !
C'est un milicien.
Julien ?
C'est mon fils.
Quoi d'autre ?
Il a une arme.
Et quoi ?
Et quoi ?
Vite. Je m'en vais.
Je fouille mes poches.
Une carte postale.
- Retournez-la. - Chérence.
Partez, Lilian. Partez !
Allez-y.
- Chérence. - Ouvrez la porte !
Chérence.
Vous sortez de Paris.
Limite de vitesse dépassée.
Prenez la prochaine sortie.
Vous arrivez à Chérence.
Le voilĂ .
Bon sang.
Merde.
Mon Dieu.
Lilian, tu as disparu.
Je m'inquiète.
Les serruriers sont venus ?
N'oublie pas le dîner chez Julien ce soir.
Ça lui ferait tellement plaisir.
Dr Steiner, c'est Pierre Hallan.
Je ne voulais pas vous prendre en traître.
Ma femme et moi réclamons le remboursement
des 40 000 euros, dépensés dans votre cabinet.
Mon avocat vous a écrit. Ne le prenez pas mal.
Il a arrêté de fumer en une séance.
Escroc ! Vous nous rembourserez !
ArrĂŞtez de me faire chier !
Bordel. Enfoirés.
Merci.
Il a tué la tante, puis sa femme.
Je croyais que tu n'aimais pas les huîtres.
C'est vrai. Je déteste ça.
J'ai trouvé des choses compromettantes chez lui
- dont il se débarrassait. - Tu fais ses poubelles ?
Oui, c'est mon boulot.
Tu trembles.
Je suis pérsuadée qu'il m'a vue.
Mais non.
On a fini.
Je prends la sauce.
Dire que vous aviez refusé de dîner pour mes 20 ans.
Votre séparation m'a pourri mon adolescence.
Et maintenant...
C'est pas du tout sympa.
Julien, écoute.
On ne te doit rien.
Notre intimité nous appartient, notre sexualité nous appartient.
Pose-toi la question : "Ça t'enlève quoi ?"
- Une tisane ? - Avec plaisir. Merci.
On pille ce qu'on désire posséder. On détruit ce qu'on aura jamais.
C'est classique.
ArrĂŞte de faire la psy.
Petit, j'adorais traîner à côté de son cabinet.
Je collais mon oreille Ă la porte, me demandant ce qu'ils racontaient.
Ça me fascinait.
Mais quand on connait les coulisses,
c'est difficile d'y croire.
Ça veut dire quoi ça ?
Tout ça, c'est bidon.
Je ne te crois plus.
Ce n'est pas une question de croire.
Tu trouveras toujours des raisons. Ce sera toujours ma faute.
C'est la faute des mères.
Vanessa, tu vas voir.
Ça suffit. Tu as assez bu.
Tu sais pourquoi tu m'agresses ?
Dans ma vie antérieure,
tu étais dans la milice, et tu voulais nous arrêter.
Pardon ?
D'ailleurs, tu voulais prendre l'allemand au collège.
Pour rester dans la classe d'Adrien.
Tu adorais l'allemand. Tu avais toujours des 15 et des 17.
Pas vrai, Gaby ?
C'est bizarre d'apprendre l'allemand avec une mère américaine.
Ne pas parler la langue de ta mère, c'est bizarre.
ĂŠtre bon en allemand fait de moi un nazi ?
Pas nazi.
Tu étais membre de la milice à Paris.
Ça explique tout.
D'accord.
N'importe quoi. Toi, tu étais une fillette juive ?
J'étais un jeune violoncelliste juif.
Pourquoi ?
Tu as toujours le bon rĂ´le.
Quoi ? Tout le monde est juif ici !
- Sauf Vanessa. - Quand ça t'arrange.
Je suis mĂŞme pas circoncis.
- Julien ! - T'entends ça ?
C'est n'importe quoi.
Ado, elle parlait Ă mes potes de mon stade anal.
- Pas cette histoire ! - Qu'est-ce que tu fais ?
Tu m'écoutes, oui ou non ? Tu m'écoutes ?
Difficile de ne pas t'entendre. Tu cries !
Il y a Joseph qui dort à côté.
Donc, chut !
Écoute.
Tu étais dans la milice en 1942, à Paris.
On jouait avec Paula à l'opéra. Il y avait un chef d'orchestre.
Il nous voulait du mal et il était armé.
Tu deviens flippante.
Et moi, j'étais quoi ?
Rien. Tu n'étais pas là .
On voulait nous déporter, parmi les musiciens.
Et...
elle était enceinte de moi.
J'ai dĂ» fuir.
C'est toi...
qui les as arrêtés.
Ça suffit. Tu vas trop loin.
Pas du tout, vous ne comprenez pas !
Ça explique tout !
Pourquoi ça ne va pas entre nous, pourquoi...
tu as toujours eu peur de moi.
Et pourquoi je me sens toujours un peu mal Ă l'aise avec toi.
Mais maintenant qu'on le sait,
tout ira mieux.
On a nommé des choses, on a mis les mots.
Je pourrai t'aimer comme je n'ai jamais pu avant.
Pas vrai, chéri ?
Vous êtes méchante, Lilian.
Alors, on va tous se coucher.
Je vais voir Joseph.
C'est délirant.
Comment toi, Lilian Steiner,
tu peux croire à ces conneries de vies antérieures ?
D'autres, mais pas toi !
- Tu es vexé car tu n'y étais pas. - Pour qui tu te prends ?
- T'es bourrée. Laisse-moi conduire. - Je conduis mieux quand j'ai bu.
Tu vas trop vite.
Stop !
Je ne suis pas en état de conduire.
Écoute.
Gabriel, je sais que ça a l'air fou.
Mais je crois que j'ai libéré le dibbouk de Paula.
Tu n'as pas Ă croire Ă l'hypnose.
Mais je sais ce que j'ai vu à Chérence.
Sa double vie,
la maison, l'héritage, la femme.
C'est peut-ĂŞtre sa cousine,
une voisine, une amie, qui sait ?
Il a tué la tante, puis sa femme.
Il a griffé ma voiture, volé la dernière séance,
la cassette.
Laisse la police faire.
Ils ne feront rien.
Comme toujours.
Depuis le début,
il veut me faire peur.
Je suis un témoin gênant.
Et notre fils a servi dans la Waffen.
J'ai besoin que tu me croies.
J'ai besoin que tu soies de mon côté.
Regarde-moi.
C'est quand la dernière fois que je t'ai demandé quelque chose ?
Tu fais quoi lĂ ?
Je dois savoir si tu deviens folle, si je dois m'inquiéter.
Et figure-toi, j'ai envie de savoir maintenant.
Suis-moi.
Viens !
Ta gueule, toi !
Merde !
- Viens. - Qu'est-ce qui se passe ?
C'est pas sa cousine.
Il a quel âge déjà ?
J'y vais.
- On fait quoi ? - On suit plan.
Je détourne son attention et tu cherches la cassette.
Non, tu as raison, je suis folle ! Rentrons.
Gaby !
Gaby !
Désolée de vous déranger.
Pardon, je...
- Je suis en panne. - Ah, mince !
Je suis vraiment désolée.
Ma voiture est au bout de...
- Là -bas ? - Oui, j'ai vu de la lumière.
Je me demandais si vous aviez
un bidon d'essence ?
Oui, un bidon d'essence, je peux vous trouver ça.
Je vais enfiler quelque chose. Sèchez-vous.
- Mettez-vous Ă l'abris ! - Je suis sous le...
On y va !
- Attends ! - Un parapluie...
Venez, suivez-moi. C'est par lĂ .
Merci.
Vas-y !
J'en ai au garage.
Zut, ça marche pas avec l'humidité...
C'est à mon beau-père. Elles ne sont pas chargées.
Vous chassez ?
Non, pas trop.
Moi non plus, je ne comprends pas. Attendre un animal toute la journée.
D'habitude, j'en laisse toujours pour la tondeuse.
Il y a de l'huile dedans.
C'est fou ce qu'on accumule comme choses.
T'es qui, toi ?
T'es qui ?
Je suis dans ton rĂŞve.
Je suis une gentille dame qui rassure les enfants les nuits d'orage.
Tu ne savais pas ?
Non.
Tu vas refermer les yeux,
et je reviendrai dans ton rĂŞve,
quand tu seras couché.
Allez.
Regarde-moi...
sans voir.
Maintenant...
retourne dans ton lit.
Doucement.
Allez.
Il fait froid, hein ?
Bien... Je vais vous laisser.
Je vais arrĂŞter de vous embĂŞter. Merci pour tout et au revoir.
- Il a des armes ! - Il est dangereux.
- Ne t'approche plus de ce type. - C'était ton idée !
Il a une double vie. Tueur ou pas, c'est terminé.
- Il l'a tuée. - On a aucune preuve.
Ce type peut porter plainte pour effraction.
Tu cherches quoi ?
Te faire radier de l'ordre des médecins ?
Tu as raison...
C'est allé trop loin.
- On y va ? - Non, attends.
Ah, non.
Il faut attendre que l'eau s'écoule.
T'as une clope ?
Je ne fume plus.
Dans la boîte à gants... Ah oui.
Pourquoi tu m'as quittée ?
Quoi ?
Pourquoi tu m'as quittée ?
File-moi la clope.
La vérité.
Je n'ai quitté personne, Lilian. J'ai juste renoncé.
Tu ne m'aimais plus. Je l'ai vu en premier.
Puis je t'ai attendue.
Je savais qu'on avait pas fini toi et moi.
Comment ça ?
Oui.
J'attendais qu'un jour tu entres dans mon cabinet,
en disant : "J'ai un problème aux yeux.
Vous pouvez m'aider Ă y voir plus clair ?"
Je t'ai tellement aimée.
Moi aussi.
Mais j'ai pas envie...
qu'on revive ensemble.
Moi non plus.
Qu'est-ce qu'on fait ?
Il doit bien y avoir...
un truc Ă mi-chemin.
ĂŠtre amis ?
Mon ami.
Mon amie.
Appel entrant : Commissariat.
Pierre ?
Docteur, pardonnez-moi.
Je ne sais pas ce qui m'a pris...
Asseyez-vous, madame.
Les appels anonymes ? La voiture ? Le cambriolage ?
C'était pour récupérer mes cassettes.
Je n'ai rien pris d'autre.
La croix gammée aussi ?
Quelle croix gammée ?
Une petite, près de la sonnette.
Vous décidez de porter plainte ?
Vous voulez vous allonger ?
Pas spécialement.
C'est vous qui voyez. C'est vous la patronne.
J'ai peur de m'endormir.
Des patients s'endorment ?
Ils parlent de tout, leurs mères, leurs parents,
et ils se mettent Ă ronfler ?
Ils terminent leurs nuits ici ?
Ça fait cher la sieste.
J'ai peur de m'endormir, oui.
Vous avez peur de m'ennuyer ?
Non.
Pas du tout.
Je manque peut-ĂŞtre de modestie, mais...
je ne crois pas, non.
Au contraire...
J'ai l'impression que quand nos séances commenceront,
vous attendrez impatiemment la suite.
Enfin...
Tout le monde vous dit ça.
Non ?
Enfin, tout le monde l'espère secrètement.
Oui, j'ai peur de m'endormir.
Il ne me laisse pas dormir.
Qui ?
Simon.
- Qu'est-ce que vous faites lĂ ? - Mon mari.
Qu'est-ce que je fais lĂ ?
Comme vous, je vous suis, je vous surveille.
Votre serrure est cassée, c'était quasiment ouvert.
Vous avez raison. Je n'aurais jamais dĂ» venir hier.
J'ai envie d'une cigarette. Vous avez du feu ?
Je n'arrive pas à me débarrasser de ce vice.
D'accord. Je comprends. Vous ne m'aimez pas.
C'est parce que Paula...
Aimer quelqu'un qui connaît sa femme mieux que lui ?
Elle m'a confié qu'une petite partie de sa vie.
Je ne suis pas votre patient !
Ne faites pas ça avec moi.
Je suis le père de Valérie.
Les femmes choisissent toujours le père de leurs enfants.
Paula m'a choisi.
J'ai toujours respecté ça.
Alors, pourquoi l'avez-vous tuée ?
Vous pouvez tout dire ici, Simon.
Vous êtes protégé par le secret professionnel.
Je sais que vous avez récupéré les flacons.
Vous ne vous ĂŞtes pas dit
que Paula avait trafiqué son ordonnance elle-même ?
C'est absurde.
Pas pour elle.
Pour Perle.
Perle ?
Non.
Attendez, vous voulez me faire croire que Paula a tué Perle ?
Tout de suite, les grands mots.
L'accompagner pour son dernier voyage.
Perle le lui avait demandé.
Paula l'a soulagée de quelque chose,
de tout.
Je n'ai pas...
Je n'ai pas saisi que ça la briserait.
Non, vous mentez.
Vous les avez tuées toutes les deux. Paula n'avait jamais parlé de Perle.
Vous croyez que vos patients vous disent tout ?
Ils ne s'inventent pas une petite vie ?
Paula a dĂ» adorer inventer une vie
oĂą je n'avais pas d'autre femme.
Ou vous n'avez pas su l'écouter.
C'est pour ça que vous les enregistrez.
Comment vous avez cette cassette ?
Vous avez du feu ?
Oui, la cassette !
Peut-être que le soir du cambriolage, la porte était ouverte.
Je suis passé.
Ou ma fille, Valérie, est venue ici.
Pourquoi pas Paula elle-mĂŞme ?
On s'en fout, non ?
On est bien dans ce fauteuil.
C'est simple, vu d'ici.
Allongez-vous.
- Allongez-vous, j'ai dit. - Non.
Vous avez mal travaillé, Lilian.
Vous l'avez tuée.
Je ne parle pas de culpabilité pénale,
mais d'une responsabilité.
Je ne suis pas coupable.
- Je ne le suis pas. - Qui a dit ça ?
J'ai dit responsable,
pas coupable.
Vous voyez, vous n'écoutez pas.
Pourquoi l'aurais-je fait ? Je l'aimais.
Paula savait tout, je cachais rien. Je n'avais pas de double vie.
La vie, on n'en a qu'une.
On l'a perdue ensemble.
Tous les deux.
Pour toujours.
Vous ne dites rien aujourd'hui ?
Paula ?
C'est Ă cause de Perle.
- J'ai perdu ma Perle. - Paula ?
Quelle perle ?
Paula, je suis fatiguée.
- Perle a demandé... - J'ai besoin de toi.
C'est Ă cause de Perle.
- J'ai perdu ma Perle. - Quelle perle ?
Paula a soulagé Perle de quelque chose.
De tout.
Je ne peux pas vivre avec ça.
Je ne peux pas vivre avec ça.
Je n'ai pas saisi que ça la briserait.
Je suis épuisée.
Je suis si fatiguée.
Paula, pardonne-moi.
Maman ?
Pardon pour hier.
Vous vous êtes trompée d'étage. Ma mère ne s'excuse jamais.
- Je te fais un café ? - Oui.
Vanessa dort encore.
Laisse. J'y vais.
Coucou, Joseph.
Salut, bébé.
Quel grand garçon.
Regarde-toi, un grand garçon.
Coucou, mon grand.
Bonjour. Tu viens de te réveiller ?
Tu es réveillé ?
Oui.
Oui.
Je te tiens.
Joseph.
Joseph.
Tiens.
Voilà . Tiens, mon chéri.
Tu en veux encore ?
Oui.
Quand tu étais petit,
je te mettais dans les bras de tous nos invités.
J'avais peur que tu t'attaches trop.
Je voulais que tu puisses me survivre.
- La mĂŞme chose. - Tout de suite, monsieur.
Et...
- Quoi ? - Tu t'es jamais dit que...
Que quoi ?
Quoi ?
Que j'avais tout orchestré.
- Toi ? - La cassette, le cambriolage...
Regarde...
Depuis quand tu n'as pas eu besoin de moi ?
Non.
Tu n'es pas si malin.
Beau, mais...
- Merci beaucoup. Excusez-moi. - Je vous en prie.
- Alors, il est pas bon... - Mais non !
Il est pas bon du tout, il est râpeux.
- Il blague. - Il est bouchonné.
- Je vous la change. - Non, il est bien !
C'est pour nous embĂŞter.
- Il fait toujours ça. - Servez madame.
- Tu l'as angoissé. - C'est vrai.
- Bois. Tu vas voir. - C'est bon ça.
Santé. Pourquoi tu fais ça ?
Pour te faire rire.
Je n'ai jamais vu cette cheminée.
Vous avez changé la disposition.
Oui.
Ça vous perturbe ?
Un peu.
Vous n'allumez pas ? Il fait sombre.
Ça vous fait peur, n'est-ce pas ?
Oui.
Je le sens.
Ça vous terrifie
d'avancer dans le noir.
Ça nous fait tous peur.
Vous n'enregistrez plus ?
Non.
J'ai arrêté.
Je vous écoute.
Je suis lĂ .
VIE PRIVÉE
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.