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Franck Péry a trouvé du travail au centre équestre des bruyères que
deux jeunes femmes, les sœurs Fourcault.
La place lui conviendrait parfaitement, n 'était la présence de l 'écuyer
professeur Walter Picard.
Je te demande pardon.
Il n 'y a pas de honte Ă s 'excuser.
Je regrette que tes observations soient toujours Ă sens unique et que toi, tu ne
reconnais jamais tes torts.
Nous n 'allons pas recommencer.
Viens.
J 'ai rencontré Madame Debard cet après -midi.
Elle me disait que le cheval avait transformé ses fils.
L 'un était trop violent, l 'autre trop timide. Les voilà tous les deux
équilibrés.
Alors... Si l 'Ă©quitation a de telles vertus, pourquoi veux -tu la rĂ©server Ă
certains et l 'interdire à d 'autres ? Mais tu résonnes comme une dame
patronesse. Et toi comme un ancien de saumur.
Mais où est le mal ? Mais nulle part, à condition de ne pas exagérer.
L 'ouvrier a autant besoin d 'évasion et d 'exercice que le cadre.
Pourquoi lui refuser l 'accès de nos centres ? Parce que l 'équitation est un
art.
Et que cet art est réservé à une élite.
Et tu veux le prostituer ! Tu vas un peu fort.
C 'est la vulgarité qui va nous envahir.
J 'avoue que j 'ai du mal Ă m 'y faire.
Il y avait jusqu 'à maintenant un domaine un peu préservé. Oh, très peu,
C 'est fini.
Et c 'est ici, dans cette propriété admirable, que vont s 'ouvrir les
vannes.
Tu me fais peur.
Je te fais peur ? On ne dirait pas.
Si, tu me fais peur.
J 'ai quelquefois l 'impression que tu serais capable de commettre un crime
satisfaire tes ambitions.
Comme tu y vas.
Ce mot peut s 'appliquer Ă bien des choses.
Je sais Ă quoi tu penses.
Mais rassure -toi.
Ce crime, pour reprendre ton expression, je ne commettrai jamais.
Tu me le jures.
Oui.
Je te le jure.
Je ne demande qu 'Ă te croire.
Autre.
C 'est vous le neveu du colonel Jamin ? Comment le savez -vous ? C 'est ma soeur
qui me l 'a dit.
Mais même sans ça, je l 'aurais deviné à cause de Cyrus.
Vous connaissez Cyrus ? Je m 'en souviens, je l 'ai monté autrefois.
Alors, vous connaissez Larry Baudière ? J 'y ai fait mes premiers stages.
Je dis tant que Larry Baudière était le plus beau haras de la région.
Le colonel était un homme extraordinaire.
Oui, c 'est ce qu 'on m 'a dit, mais en ce qui me concerne... Il vous a pas gâté
? Vous savez ça aussi ? Vous savez, les bruits ne courent pas, ils galopent.
Je m 'appelle Béatrice.
Je prépare mon monitorat.
Mon ambition, c 'est plus tard de passer mon brevet d 'instructeur d
'équitation. C 'est difficile ? Encore assez.
C 'est une question de patience et de volonté.
L 'embêtant, c 'est que la patience n 'est pas mon fort quant à la volonté.
Eh bien ? J 'en ai pour des choses qu 'il faut faire et aucune pour les choses
qu 'il ne faut pas faire.
Par exemple ? Vous êtes mort chez vos ménages ?
Excusez -moi, c 'est l 'heure de malson.
Vous vous souvenez de ce que vous m 'avez dit Ă la forge ? Oui.
Que vous étiez le maréchal Ferrand le plus sexy que j 'ai jamais vu.
Vous ne voulez pas me répéter ça ? Eh bien, vous êtes le maréchal Ferrand le
plus sexy que j 'ai jamais vu.
Merci.
Eh, bravo pour le... Ce qui paraît, vous avez la frite.
Qu 'est -ce que c 'est, la frite ? C 'est le jus, le punch.
Ah, OK.
C 'est un vrai garçon manqué, Mlle Fourcault.
Plus le garçon est manqué, plus la fille est réussie.
Ça, tu l 'as dit. Mais un bon conseil, si tu veux garder ta place, tu ne
pas trop.
En hache doublée au passage.
main gauche.
En A, départ au galop à gauche.
De F Ă H, diagonale, au changement de pied au temps.
Reculez de six pas.
Avancez de quatre.
Reculez de quatre.
Rompre au trot.
Ă€ toi maintenant, au travail.
Tiens -toi à droite ! On dirait la fric à la bosse ! Demi -volte renversée,
appuyez Ă gauche.
Bon, arrĂŞte.
C 'est du massacre.
Vous croyez pourtant avoir appris quelque chose ?
Avec hanche en dedans.
Tiens -le dans les jambes, tiens -le.
VoilĂ .
VoilĂ .
VoilĂ . VoilĂ .
Doucement.
Ne le lâche pas.
VoilĂ .
Et voilà , ça vient, c 'est pas mal.
C 'est étonnant ce qu 'on peut faire faire à un cheval.
Oui.
Encore, ça, c 'est qu 'une reprise 3.
Marche large.
Autre.
Double.
Et quand tu seras prête, on a appuyé avant.
Ça suffit pour aujourd 'hui.
Ça n 'a pas très bien marché.
Fais ce que je te dis, et tout ira bien.
Les cavaliers comme les chevaux ont besoin d 'être menés durement.
Et n 'oublie pas que si je suis sévère avec toi, c 'est pour ton bien.
D 'accord, je prends vos chevaux en pension. Vous inquiétez pas.
Merci. Ça me fait un poids de moins sur le cœur.
Quand pourrais -je vous les envoyer ? Prenez pas cette peine.
J 'ai deux chevaux à aller chercher du côté de l 'emballe.
J 'utiliserai le grand vent et on ramènera les vôtres par la même
C 'est que je suis au bord de la mer, moi.
Oh, ça te fera pas faire un grand détour.
Oh, mais un jour au bord de la mer, c 'est formidable.
On ira se baigner, ça vous dit, Walter ? Entendu.
Tout compte fait, je crois qu 'il est préférable que tu restes ici demain. J
'aurais besoin de toi.
Vraiment ? Oui. Il nous arrive 30 tonnes de fourrage dans la journée. J
'aimerais que tu sois là pour les réceptionner.
Comme tout le monde.
Ça ne te contrarie pas ? Non, non, du tout, du tout.
Tu as l 'air... Non, non, je regrette un peu la mer, mais c 'est surtout l
'arbitraire de ta décision qui me choque. Oui, tu voudrais me faire sentir
je suis ton employé, que tu ne t 'y prendrais pas autrement.
Walter, nous avons eu assez d 'ennuis comme ça la dernière livraison.
Très bien.
Allez, dis -moi.
Et les chevaux Ă l 'emballe, qui ira les chercher ? J 'enverrai quelqu 'un d
'autre.
Ok. You are the boss.
Tu restes pas ? Non. Pour ça, c 'est encore moi qui décide.
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