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[musique de western]
Haute-Californie, 1821.
Voilà 20 ans que Don Diego de la Vega n'a plus enfilé le costume de Zorro.
Alors que les populations locales souffrent du pouvoir espagnol,
le souvenir du héros semble avoir disparu de ces contrées arides...
[fin de la musique de western]
Je sais pas si c'est moi, ça.
[il souffle, stressé]
Je pensais que ce jour n'arriverait jamais.
Merci, Bernardo.
[un rapace glatit au loin]
Je crois que je vais rebaptiser la place centrale
du nom de mon pĂšre pour le remercier.
Qu'en penses-tu, Bernardo ?
[une femme crie] Au secours ! Ă l'aide !
[les bandits lancent des cris] [les chevaux hennissent]
[coups de feu] [musique héroïque]
Oui, j'ai vu, ils dépouillent cette pauvre famille.
Non, non, non. Ăa fait vingt ans
que je te répÚte que c'est fini tout ça.
La violence ne résout rien.
[la musique s'arrĂȘte] [les bandits crient]
[homme] Ă l'aide !
[il soupire] Oui, oui.
[musique héroïque] [un bandit rigole]
[la femme crie, apeurée]
[l'homme] LĂąche-la !
Et que faites-vous de la tradition d'hospitalité
de notre beau pays ?
[musique de suspense]
Messieurs, écoutez-moi.
[la musique s'arrĂȘte]
Quand je vous vois, je...
je ne vois pas que des brigands,
des bougres de piĂštre vertu.
[le bandit respire fort]
Non, je vois surtout deux hommes...
Deux hommes qui ont fait de mauvais choix dans leur vie.
[Zorro] Beaucoup de mauvais choix.
Vous n'ĂȘtes pas condamnĂ©s Ă ĂȘtre des bandits de grand chemin.
Partez,
et prenez en main votre destin.
Pourquoi on ferait ça ?
Parce que c'est le choix de la justice.
Et lĂ oĂč il n'y a pas de justice,
il n'y a pas de paix.
Ăa fait rĂ©flĂ©chir, quand mĂȘme.
N'est-ce pas ?
[musique de suspense] [les hommes crient]
[bruit des épées]
[des castagnettes claquent]
[la musique s'arrĂȘte]
Vous nous avez volé nos épées, là ?
Oui, c'est finement observé.
Rendez-nous nos épées, alors.
Pardon ?
Vous dites que c'est important, la justice, alors... rendez-les.
Oui, théoriquement, oui.
Mais je n'ai aucune garantie.
- On vous promet de se rendre. - C'est un peu court.
[un bandit] Un peu court ?
[un bandit] C'est notre parole.
Elle vaut moins que la vĂŽtre ?
Non, je n'ai pas dit ça. C'est simplement...
Vous promettez de vous rendre, je vous fais confiance ?
- Oui. - Oui.
Et vous partirez dans le droit chemin ?
- [murmurant] Oui. - [Zorro] Promis ?
[murmurant] Oui.
Vous savez, un peu de bon sens et de communication...
[Zorro tombe Ă terre]
[l'homme soupire] [le cheval hennit]
[musique rythmée]
La violence n'aurait rien résolu.
[Zorro] DĂ©pĂȘchons-nous.
[la ville est animée] [musique de flamenco]
[femme] Encore une chute de cheval.
Eh oui.
Promets-moi de reprendre des leçons.
- [murmurant] Surtout maintenant. - D'accord.
[notes de trompette]
[musique solennelle]
[la foule] Bravo !
Bravo !
[la foule l'acclame]
[la musique s'arrĂȘte]
[il se racle la gorge]
Des fois, je me demande si t'es vraiment mon fils.
[Zorro rit timidement]
[épouse de Zorro] Qu'a-t-il dit ?
[pĂšre de Zorro] Mes chers concitoyens !
Compañeros !
Mais devrais-je plutĂŽt dire mes amis ?
[la foule applaudit]
Me donnez-vous cette autorisation,
aprĂšs quarante ans passĂ©s Ă la tĂȘte de la ville ?
Quarante-huit plutĂŽt, non ?
[pÚre de Zorro] Si nous sommes réunis ici,
c'est pour nous réjouir d'une bonne nouvelle.
[la foule] Aaaah !
Pour fĂȘter mon dĂ©part !
[la foule] Ooooh !
[pĂšre de Zorro] Si, mes amis ! Un grand jour joyeux.
Car je vais remettre les clés de la ville
Ă un jeune homme de confiance
qui a toute l'expérience nécessaire.
Enfin...
presque toute.
Car j'attends toujours d'ĂȘtre grand-pĂšre.
[la foule rigole]
[pÚre de Zorro] J'ai nommé, mon fils,
Don Diego !
[la foule applaudit]
[musique solennelle, par des cuivres]
[la musique s'arrĂȘte] [la foule l'acclame]
- Bravo ! - Bravo !
[la foule se tait]
[Don Diego tousse]
Mes trĂšs chers amis,
mon trĂšs cher pĂšre,
c'est avec une vive émotion que je relÚve le défi
de prendre la suite de vos 48 années de rÚgne.
[la foule ne réagit pas] [le vent souffle]
Depuis trop longtemps déjà , nos enfants sont réduits
Ă d'incessants trajets vers la riviĂšre,
ce qui les empĂȘche d'Ă©tudier.
Or, sans école,
l'enfant ne peut pas développer sa raison,
pourtant son bien le plus précieux,
qui seul l'Ă©lĂšve au-dessus de la bĂȘte.
[silence gĂȘnant]
[femme] Qué dice?
[Don Diego] Nous devons donc, et c'est un geste fort
qui ne vous laissera pas indifférents,
apporter l'eau dans notre ville !
[applaudissements timides]
[Don Diego] VoilĂ .
D'abord, nous procéderons
à de grands travaux de prospection géophysique
et de forage, afin de trouver
des... des nappes phréatiques...
[dans la foule] Plus fort !
... qu'un systĂšme de canalisation acheminera...
euh, jusqu'aux fontaines... vers les fontaines.
Les fontaines,
mais aussi les robinetteries, les douches,
[le public discute]
et en somme, tout l'équipement sanitaire qui...
Fils. [le public se tait]
Puis-je ajouter une chose ?
Ăvidemment, pĂšre.
Mon pĂšre veut ajouter une chose
et je reprends juste aprĂšs.
[le public l'acclame]
[pĂšre de Don Diego] Mes amis !
[le public se tait]
J'ai un doute.
L'honnĂȘtetĂ© m'oblige Ă reconnaĂźtre qu'ĂȘtre mon fils
n'est pas une qualité suffisante pour diriger la ville.
PÚre, ça fait 20 ans que je travaille avec vous.
[pÚre de Don Diego] Oui, il m'a fidÚlement assisté,
je lui en sais gré.
C'est pourquoi je dois prendre une décision difficile, mais...
qui s'impose Ă moi.
Diego, est-ce que tu crois
que je devrais continuer
Ă diriger notre ville ?
[air de guitare mélancolique]
[dans la foule] Oui, bien sûr, bien sûr, oui !
[murmurant] Non, non.
Ăvidemment, pĂšre.
[pĂšre de Don Diego] Bravo, mon fils.
[le pÚre gémit]
[la foule] Bravo !
[fin de l'air de guitare mélancolique]
[la musique solennelle reprend]
Merci, merci.
[pĂšre de Don Diego] Merci, les amis !
Ah ! Ah !
[le bruit de la foule est étouffé]
[les cuivres continuent Ă jouer]
[la musique solennelle prend fin]
[la panique de la foule est étouffée]
[musique dramatique]
[des femmes hurlent]
[bruit sourd]
[musique triste]
[des cloches sonnent]
[la musique s'arrĂȘte] [des oiseaux chantent]
[homme prĂšs du cercueil] C'est quand vous voulez.
[Il inspire]
[Il gémit]
Vous n'avez pas un double ?
Non.
Faut toujours faire un double.
[musique intrigante] [un cheval hennit]
[ambiances de la ville]
[Don Diego] Hola !
[homme] Hola !
[des oiseaux pépient]
[la musique s'arrĂȘte]
Pénis.
[un autre homme] Pénis.
De quoi ?
[accent espagnol] ProblÚme de pénis.
Eh... Excusez-moi, mon brave, je comprends votre embarras,
sauf qu'il ne s'agit pas d'un problĂšme municipal,
mais médical.
[accent espagnol] Pénis, mauvais.
[un autre homme avec accent] Arracher le pénis !
Je veux bien jeter un Ćil, mais sachez que mon...
rudiment mĂ©dical est extrĂȘmement limitĂ©.
PĂ©nis empĂȘche maĂŻs pousser. VoilĂ !
Ah non, oui, non... du panis !
[les paysans] Aaah ! VoilĂ !
Oui, non, je connais, c'est un herbacée ligneux.
Vous savez qu'on peut en tirer des céréales savoureuses
et un fourrage pour les bĂȘtes.
Attendez. Chacun Ă son tour.
[la porte s'ouvre]
[garde du corps] Dégagez, allez !
[l'homme] Trop de monde. Trop de monde.
Alors... le tyran prend ses marques.
Don Emmanuel, je n'ai aucune intention d'ĂȘtre un tyran,
je veux juste diriger cette ville équitablement.
Ah, oui...
Comment fait-on pour diriger une ville équitablement ?
[Don Diego] Eh bien, en étant...
En étant exemplaire.
J'ai d'ailleurs déjà versé ma contribution financiÚre
Ă l'installation de l'eau dans notre ville.
Et je compte sur votre grande popularité,
pour impliquer les notables de la ville.
Oui, Don Diego, je vous arrĂȘte.
C'est une excellente idée.
Don Emmanuel, venant d'un homme d'affaires
aussi avisé que vous, j'en suis flatté.
DÚs que la ville m'aura remboursé ce qu'elle me doit,
je vous promets d'y réfléchir.
C'est-Ă -dire ?
Oui, c'est ça, voilà . Exactement.
[musique intrigante]
Qu'est-ce que c'est que ça ?
Des reconnaissances de dettes de la ville en ma faveur.
Mon pÚre a signé tous ces papiers ?
Ah oui.
Mais elles expirent le...
Avant-hier. Le jour de la mort de votre pĂšre.
[silence]
Comment est-ce possible ?
Il me disait toujours :
"Emmanuel, de mon vivant,
tu n'auras jamais un sou de la ville."
Alors on s'est mis d'accord.
Les dettes seraient dues Ă sa mort.
Quel homme, ce Don Alejandro...
Il poigne, hein ?
Ăcoutez, il va falloir
que l'on discute de nouveaux délais.
La ville ne possĂšde pas le quart de cet argent.
[Don Emmanuel] Ah non ?
Mais comment allez-vous faire ?
Mais vous venez d'inaugurer votre sixiĂšme ranch.
Vous avez des ressources suffisantes pour...
Ăcoutez, ce que je veux, c'est que le droit soit respectĂ©.
La ville a le droit Ă l'eau potable,
moi aussi, j'ai des droits.
[Don Emmanuel] Non ?
Oui.
Don Diego.
Don Emmanuel.
[ses pas s'éloignent]
[des femmes rient] [musique enjouée]
[dame en mauve] Hier, je passais dans le couloir,
et il me crie de sa petite voix mignonne :
"Giorgina, viens me voir."
[une autre dame] "Giorgina", mais qu'est-ce qu'il est drĂŽle !
Les enfants sont extraordinaires !
C'est votre prénom, je vois pas ce qu'il y a de drÎle.
Les enfants nous appellent maman, normalement.
Là , il m'a appelée Giorgina !
[une autre dame] C'est ça qui est drÎle !
Mais enfin, vous ne pouviez pas savoir.
[l'Ă©pouse de Don Diego est gĂȘnĂ©e]
Si, je... Je sais qu'un enfant appelle sa mĂšre maman.
Sur le coup, j'ai...
Quelle chance vous avez, Gabriella,
de ne pas avoir cette charge des enfants à élever.
[Giorgina] Oh oui ! Ahah.
Ces petits diables qui me réveillent
pour un cùlin ou du réconfort.
Dormir tard le matin, traßner la journée
dans le silence d'une grande maison vide.
Le bonheur !
[le bébé babille]
[les femmes sont attendries]
[musique intimiste]
Puis-je vous demander quelque chose, Gabriella ?
Je vous en prie.
L'aimez-vous suffisamment, votre Don Diego ?
Bien sûr que je l'aime, quelle question !
Ăvidemment, c'est plus la mĂȘme passion qu'au dĂ©but.
On s'est installés dans le quotidien
au fil des années, mais... c'est agréable...
Mais, oserais-je vous demander : vous l'aimez
combien de fois par semaine ?
[la musique s'arrĂȘte]
Eh bien...
On s'aime euh... réguliÚrement.
Par semaine...
Je ne saurais pas bien vous dire.
Il y a un proverbe chez moi qui dit :
"Plus on sĂšme de graines,
plus il y a de chances que l'arbre pousse."
Hein, ça veut dire que plus on baise...
Oui, non, j'avais compris.
Merci.
Deux fĂȘtes du maĂŻs dans la mĂȘme annĂ©e ?
[murmurant] Complétement irresponsable.
Bonsoir, mon amour.
Ah ! Bonsoir, chérie.
Ben tu tombes bien, j'allais rentrer, lĂ .
[Gabriella] Je peux ?
Bien sûr, je t'en prie.
Quel travail, hein.
En mĂȘme temps, c'est normal, reprendre une ville...
Tu es beau, Ă ce bureau.
Merci.
Tu l'as bien mérité.
Faut pas que je mélange.
[le bois grince]
[un chien aboie au loin]
[Don Diego] Mmh.
[musique romantique]
[ils gémissent]
[Gabriella] Oh ! Ăa fait longtemps.
[Don Diego] Oui, trĂšs longtemps.
[Don Diego] Ah ! Attention.
[Don Diego] AĂŻe, aĂŻe.
[Gabriella gémit]
Attends, d'accord, donc sur le bureau?
Sur ton bureau.
AĂŻe.
[la musique s'arrĂȘte]
Panis.
Pardon.
[la musique reprend]
[Gabriella] Mmh ?
Tu es avec moi ?
Oui.
[la musique s'arrĂȘte]
[coup de feu] [cris dehors]
[coup de feu]
[une cloche sonne]
[Don Diego] Qu'est-ce que c'est ?
Je dois y aller, c'est mon devoir d'alcade.
Je dois aller voir.
[homme, menaçant] Dégagez !
[le peuple crie] [musique de guerre]
[homme, menaçant] Allez, dégage d'ici !
Diego, fais quelque chose !
Sergent !
[l'homme menaçant crie]
Rappelez vos hommes.
Stop !
[le peuple arrĂȘte de crier]
Merci.
Donc, vous me donnez les ordres, maintenant ?
C'est-Ă -dire ?
Ben...
Moi, je croyais que je prenais pas les ordres de l'alcade,
à cause de la séparation des puissances.
Non, c'est la séparation des pouvoirs.
Alors, c'est juste,
en tant qu'officier de l'armée réguliÚre,
vous répondez directement à la Couronne d'Espagne,
alors que je ne représente qu'un pouvoir exécutif local.
VoilĂ . [des gens toussent]
On reprend !
[cris] [la musique de guerre reprend]
[bris de verre]
Attendez ! Qui vous a dit ça ?
Stop !
[silence]
[Don Emmanuel] Allez, on y va, voilĂ .
Non mais, c'est... C'est comme un nouveau départ.
Dans toute situation, il y a du positif. Tiens.
[Don Diego] Qu'est-ce que ça veut dire ?
Je... Je me rembourse
de ce que la ville me doit, comme prévu. Tenez, regardez.
LĂ .
"Le droit de..." Non, lĂ , on comprend rien.
Non, c'est plus bas. LĂ , voilĂ .
"En absence de liquidité,
"la ville s'engage à céder
"les parcelles indiquées en annexe 3,
- "vides de tout bien mobilier..." - "et immobilier !"
Mais enfin, Don Emmanuel.
Il s'agit de tout le quartier de Buenaventura.
Ces gens vivent ici depuis des décennies.
[en pouffant] C'est des squatters. Pouah...
Ils disposent de terrains illégalement. C'est des Indiens.
Non. Vous ne pouvez pas les appeler comme ça.
Qui, les Indiens ?
Vous...
Vous réalisez que ce ne sont pas les Indiens.
Nous savons tous maintenant que notre bon Christophe Colomb
n'a pas découvert les Indes, mais les Amériques.
Ah bon ?
Et pourquoi on les appelle les Indiens ?
Une simple erreur de navigation.
Ce ne sont pas des Indiens.
[il pouffe]
On ne peut plus appeler un chat un chat.
Ah si, on doit.
Si on appelle un chat un serpent, on n'y comprend plus rien.
N'est-ce pas, Don Emmanuel ?
Comment faut-il dire, alors, pour les... ces... ?
Autochtones.
Du grec ancien, auto , soi-mĂȘme,
chthon , la terre.
D'accord... Alors, ces autochtones disposent de ce terrain illégalement.
Ăa, c'est mieux ?
Beaucoup mieux. Merci.
Oui, je vous en prie. Bon, on reprend !
On reprend !
[la musique de guerre reprend]
[homme] Laissez mon fils !
- [Gabriella] Laissez cet enfant ! - Mon fils !
[Gabriella] Laissez cet enfant !
[bruits de bagarre]
Laissez cet enfant partir, il n'y est pour rien !
Stop !
[coups de tambour]
[Don Diego] Merci.
Mais, du coup,
vous avez le droit de me donner des ordres ou pas ?
Je comprends plus rien, moi.
Alors, ce n'est pas un ordre, c'est une suggestion.
C'est bon, les gars !
C'était juste une suggestion. On embarque le petit.
[garçon] Aidez-moi !
[musique tragique] Me laissez pas !
[garçon] Lùchez-moi !
[garde] Avance ! [le pÚre du garçon] Nakaï !
[garçon] Aidez-moi !
[la musique s'arrĂȘte]
Cet enfant tout seul en prison,
on peut pas laisser faire ça.
[Don Diego] T'inquiĂšte pas.
[notes de suspense]
[tintement d'une épée] Il va voir ce qu'il va voir.
[il ricane]
Que fais-tu ?
Tel que tu me vois,
j'écris une lettre carabinée à Ferdinand VII
pour l'informer de la situation.
Le roi d'Espagne ?
[Don Diego] Exactement.
Je peux te dire qu'il va avoir une sacrée surprise, le Don Emmanuel.
- Ăa va mettre un moment, non ? - Plus maintenant.
Non, avec les moyens d'aujourd'hui,
c'est 16 semaines de navigation maximum.
Donc avec le retour, 32.
Le temps que ça soit traité sur place,
faut peut-ĂȘtre ajouter quatre semaines.
Allez, huit Ă tout casser, pour ĂȘtre large.
D'ici un an, il est dehors, ton petit autochtone.
[Don Diego] Il faut faire les choses bien,
car lĂ oĂč il n'y a pas de justice...
Il n'y a pas de paix, je sais.
Exactement.
J'envoie ça
et je te rejoins pour honorer mon devoir conjugal.
[Don Diego] Mince, ça a bavé.
Bon je... Je recommence et j'arrive.
[Don Diego] Tu vas voir...
[le feu crépite]
[une plume gratte sur une feuille]
[voix de Don Alejandro en écho] Diego.
[voix de Don Alejandro en écho] Gratte papier, un jour,
gratte papier, toujours.
[Don Alejandro rigole en écho]
[musique stressante, mystérieuse]
[le vent siffle]
[Don Alejandro] T'as pas une secrétaire pour ça ?
[la musique s'arrĂȘte]
PĂšre ?
Qu'est-ce que vous faites lĂ ?
Bah...
Je dois ĂȘtre un produit de ton imagination
lié à notre conflit irrésolu.
Ne fais pas cette tĂȘte, ça m'amuse pas non plus.
[Don Alejandro ricane]
Bon, je m'en vais si c'est comme ça...
[vrombissement]
Non, euh...
Attendez... Attendez ! PĂšre !
PĂšre !
[vrombissement]
[Don Alejandro] Mmh ?
Vous auriez pu me dire que vous aviez endetté la ville.
Pour des fĂȘtes, en plus.
Une petite dette de rien du tout.
Ah oui ? Et qu'est-ce que j'en fais ?
Surtout, faut pas négocier.
Comment ça ?
T'as pas dit que t'allais payer ?
[Don Alejandro soupire]
Dios mĂo , cet enfant !
J'étais censé faire quoi ?
Mais repousser !
Ils augmentent les intĂ©rĂȘts, tu dis "pas de problĂšme".
Et la fois suivante, tu repousses.
Et à un moment donné, la dette est tellement grosse
qu'ils seront obligĂ©s de te reprĂȘter.
Sinon, ils ont tout perdu
et c'est reparti pour un tour.
Vous devriez ĂȘtre content.
J'aurais pu le révéler et vous couvrir de honte.
Pourquoi t'as pas fait ça ?
Qu'est-ce que j'en ai Ă fiche ?
Je suis mort, t'es au courant ?
C'est ton premier jour et tu t'en es déjà fait rabattre.
- Non, c'est mon deuxiĂšme jour. - Pardon ?
C'est le deuxiÚme. Le premier s'est trÚs bien passé.
Je t'ai donné la ville.
Oh, pĂšre !
Si, je t'ai donné la ville.
[Don Alejandro] Et regarde le résultat.
Los Angeles a besoin d'un défenseur à sa mesure et...
j'ai bien peur que tu ne sois pas cette personne.
[musique intrigante]
[Don Diego, chuchotant] Bernardo.
[chuchotant] Bernardo.
[chuchotant] Pardon, tu dormais ?
[Bernardo respire fort]
[Don Diego] Désolé.
[chuchotant] J'avais une question. Tu sais, le...
[chuchotant] Ouais.
[chuchotant] On l'a toujours ?
[musique trépidante]
J'ai pas dit que je le mettais encore.
[la musique ralentit]
[musique trépidante]
[cliquetis métallique]
[frottement des pierres]
[musique enjouée]
Je me souvenais pas que c'était aussi lent.
[la musique s'arrĂȘte]
[musique trépidante]
[le portail se referme]
[la musique devient triomphante]
Bon.
Essayons.
[la musique s'arrĂȘte]
[tintement d'une épée] [une cape claque]
[les chaussures grincent]
C'est pas la mĂȘme matiĂšre, non ?
[tintement de l'épée]
Aah !
[un cheval hennit]
Tornado !
Mon fidĂšle Tornado.
[Bernardo corrige]
Son fils ?
Et comment s'appelle-t-il ?
Tornado.
[tintement de l'épée] [musique intrigante]
Bernardo...
la nuit a retrouvé son héros.
[il rit] [la musique s'arrĂȘte soudainement]
[Zorro] Bon, ça... ça va revenir, hein.
[Bernardo soupire]
[musique intrigante]
[musique d'action] [le cheval hennit]
[la musique s'arrĂȘte]
[Homme] Ronda !
[un homme rit]
C'est pas vrai...
[grincement]
Ah, ça, c'est quoi ?
[les grincements continuent]
PhacochĂšre ?
C'est gros pour un phacochĂšre, non ?
Moi, d'oĂč je viens, il y en a des gros, tu sais.
Mais il est monté comment ?
Je sais pas... il a dû prendre l'échelle.
Ăa peut pas monter une Ă©chelle, un phacochĂšre.
Ah oui ?
T'en as pas marre d'ĂȘtre dĂ©sagrĂ©able, toi ?
"Il est trop gros", "il peut pas monter".
Il fait avec ses pattes, comme tout le monde.
Des sabots, quand mĂȘme.
Et quoi, ça l'empĂȘche de monter ?
[quelqu'un renifle]
[les trois soldats discutent dehors]
[un air de suspense est sifflé]
[voix tremblante] Zorro.
Sergent.
[l'air sifflé continue]
Donnez-moi les clés des cellules.
[l'air sifflĂ© s'arrĂȘte]
"Zorro,
"Je t'Ă©cris cette lettre pour le jour oĂč tu reviendras.
"J'ai plusieurs choses Ă te dire.
"Je veux que tu saches
"que la maniÚre dont tu t'es moqué de moi
"Ă de nombreuses reprises, il y a vingt ans,
"a eu de graves conséquences
"en ce qui concerne mon estime de moi-mĂȘme.
"Mais dans chaque mal, il y a un bien,
"et j'ai su tirer profit de ces expériences douloureuses.
"J'ai étudié le droit, mais aussi le zen,
"cette sagesse ancestrale qui nous vient de l'Orient.
"Cela m'a fait beaucoup de bien,
"et je ne peux que te conseiller d'en faire autant.
"Qui sait, peut-ĂȘtre que tu pourras mĂ©diter lĂ -dessus,
"au clair de lune, entre deux escapades héroïques."
[musique de suspense]
[Gabriella, chuchotant] Bonsoir, mon petit.
N'aie pas peur, je suis venue t'apporter Ă manger.
[un cheval hennit] [un homme tombe et gémit]
[un cheval hennit]
[le garçon gémit]
J'ai mĂȘme pas pensĂ© Ă prendre de couverts.
Ne bouge pas, j'arrive.
Oh !
[le garçon gémit]
[musique d'action]
[cliquetis de clés]
[la musique s'arrĂȘte]
Gab...
Qui ĂȘtes-vous ?
Ben...
Zorro.
On m'appelle Zorro.
Que faites-vous ici ?
Je, euh... Je viens délivrer le petit.
[soulagée] Ah.
Et vous, vous vous appelez comment ?
Gabriella de la Vega, pour vous servir.
Enchanté, Señora de la Vega.
Enchantée, señor.
Vous voulez pas me libérer, plutÎt ?
Juste.
[des voix s'approchent]
[musique de suspense]
Qu'est-ce qu'il a, José, en ce moment ? Il est pénible, non ?
Je sais pas. Il l'est toujours.
Señora.
[Gabriella] Bonsoir.
Il doit regretter son ancienne garnison.
Señor.
[Zorro] Messieurs.
Oh, écoute...
[grincement]
Non, mais attends !
Ben !
Il est oĂč ?
[musique d'action]
[Zorro ricane]
Qui ĂȘtes-vous ?
Ben, Zorro. Je suis pas parti si longtemps.
AUX ARMES ! AUX ARMES !
[un autre garde crie] ArrĂȘtez-le !
C'est qui, lui ?
[tintements des épées]
[garde] Ah !
[la musique s'arrĂȘte] [Gabriella soupire]
Mais si, je l'ai en fait, c'est bon.
C'est Zorro.
[la musique reprend]
[Gabriella] HĂ© !
Oh ! Pardon !
[garde] Alors ? Viens !
Ah !
[cliquetis métalliques]
[bruit de strangulation]
[la musique d'action ralentit]
[la musique reprend de plus belle]
[un garde] Il est lĂ !
[une cloche sonne]
[garde] Restez lĂ ! ArrĂȘtez-les !
[garde] Tirez ! Tirez !
[Gabriella] Par lĂ .
[garde] Rattrapez-les !
[la musique s'arrĂȘte]
"J'ai perdu du poids
"et je me sens mieux dans mon corps.
"J'ai aussi décidé de te pardonner
"et je me sens mieux dans mon cĆur.
"Je ne suis plus la mĂȘme personne,
"et je suis sûr que..."
Sergent.
[le sergent soupire]
[trois tintements d'épée]
[il s'éloigne en courant]
[sergent] Tss !
[musique tragique]
Zorro !
[un cheval hennit] [garde] Poursuivez-les !
[garde] Il s'échappe !
[la musique devient calme]
[un cheval hennit] [le son est étouffé]
[respiration au ralenti]
[le cheval souffle]
[le cheval hennit]
[la musique s'arrĂȘte]
Mais comment savez-vous que j'habite ici ?
[Zorro marmonne]
[des criquets stridulent] [une chouette hulule]
[un cheval hennit]
[Gabriella respire fort]
Laissez-moi vous regarder.
Merci.
[musique intrigante]
[le cheval hennit]
[il respire fort]
[fin de la musique trépidante]
"Qui est Zorro", de Julie Roué
[musique rythmĂ©e] âȘ Qui est Zorro ? âȘ
âȘ Qui est Zorro ? âȘ
âȘ DerriĂšre le masque âȘ
âȘ Un homme, un dieu âȘ
âȘ Ou un brigand ? âȘ
âȘ Qui est Zorro ? âȘ
âȘ Qui est Zorro ? âȘ
âȘ Un chevalier moderne âȘ
âȘ Qui fait rĂ©gner la justice âȘ
âȘ S ans jamais verser le sang. âȘ
[la musique s'arrĂȘte]
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