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Vacances, joie de l 'air pur, ivresse du plaisir, paradis de la nature
retrouvée.
On a dit que partir c 'était mourir un peu, mais pendant les vacances, partir
fait vivre mieux.
DĂšs aujourd 'hui, organisez vos futures vacances. Loin de la foule des grandes
villes, vous retrouverez la joie de la libertĂ© au cĆur de la solitude.
Vous qui travaillez comme tout le monde, reposez -vous comme personne.
Mais confiez le soin de vos loisirs à des spécialistes. Au siÚcle de l
'organisation, il ne faut plus improviser ses vacances. Des loisirs
planning, c 'est un repas sans fromage.
Vacances sur mesure, plaisir sans mesure.
BientÎt, votre visage s 'éclairera d 'un beau sourire.
Si vous vous adressez Ă la plus grande organisation de tourisme et de loisirs,
321 Champs -ĂlysĂ©es.
Alors, messieurs, vous avez envie d 'applaudir M. Talleyrac ?
Et vous, M.
Hubert, vous qui avez de goût, qu 'est -ce que vous pensez de ce que nous
de voir ? C 'est assez difficile Ă dire.
Et vous, M. le secrétaire général adjoint ? Bon.
Et vous, Brossard ? Bon.
Qu 'est -ce que ça veut dire, bon ? Ah, pardon, M. le directeur général, c 'est
M. Frépillon qui a dit bon. Moi, j 'ai dit bon.
Martin. M. le directeur général. Bien que vous ne fassiez pas partie des
peut -on connaĂźtre votre opinion ? La mĂȘme que la vĂŽtre, M. le directeur
général.
VoilĂ quelqu 'un d 'intelligent.
VoilĂ quelqu 'un de lucide.
Messieurs, parlons net.
Que votre projet publicitaire soit lugubre comme un gala de bienfaisance,
passons. Mais il est parfaitement inefficace. Et cela, messieurs, je ne le
tolérerai pas.
La propagande de papa est morte.
Nous ne sommes plus là pour séduire, mais pour faire peur.
J 'entends. Vous m 'entendez, messieurs ? Ăcoutez -moi.
J 'entends que dans deux mois, Un million de travailleurs exsangues se
nos villages de toile comme un troupeau de buffles affolés par les feux de la
savane. Et comment saurait -il qu 'il est exsangue, le travailleur ? Brossard,
il faut le lui expliquer.
Donc, à l 'avenir, je ne veux plus voir sur notre matériel publicitaire ni
vahie, ni opulente, ni goduro bronzé. Je veux voir de la fesse, mais pas de la
fesse comme ça. Je veux voir de la fesse blafarde de Prince -Honneur, de la
poitrine creuse de ManĆuvre LĂ©gĂ©e. Je veux des images choc.
de l 'épilepsie, je veux de la fatigue, du sang partout.
Nous avons dit... Banzard ! Nous avons dit l 'année derniÚre à tous ceux qui n
'avaient pas la carte du 321 qu 'ils étaient des crétins. Il faut leur dire
cette année qu 'ils sont condamnés à bord. Nous y gagnerons en efficacité ce
nous perdrons en subtilité.
Or, du 321, pas de salut, pas de rescapé. Le 321 ou l 'ossuaire.
Messieurs, voilĂ comment je vois les choses et c 'est tout simple.
Il fallait y penser.
Bien entendu, vous me refaites tout ça pour la semaine prochaine.
Messieurs.
Si vous l 'aviez connu avant son infarctus, les vacanciers n 'avaient pas
jeu. Ils voulaient les expédier en petite vitesse.
Par wagon plombé.
Rousseur ! Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Nos projets d 'affiches pour le
25e anniversaire de la maison, monsieur le directeur. Je tenais Ă vous les
présenter. Trop petite.
Trop grande. Trop compliquée.
Trop simple.
Ah.
VoilĂ , voilĂ , voilĂ .
Trop cher.
Enfin, bon Dieu, ça n 'est pourtant pas difficile.
Le 25e anniversaire du 321 dont est clipsé le 14 juillet. Le coup du 2
et celui du 13 mai. Je veux du grandiose, vous comprenez ? Du
charolais. Alors, conseil d 'administration, mardi, j 'exposerai mon
vous accorde une demi -heure.
Pour quoi faire ? Pour la trouver.
Mais, monsieur le directeur... Monsieur le directeur... Mais, mon cher Norbert,
donnez -moi au moins quelques précisions.
Bon, Manoir, vous avez entendu M. le directeur. En s 'adressant Ă moi, c 'est
vous qu 'il parlait.
Ă bon entendeur.
Non, non, non, je n 'ai pas le temps de vous voir, Manoir.
Prépions ! Il ne vous reste plus que 28 minutes et 15 secondes.
MonsĆur,
allez -vous -en.
Je veux vous voir d 'ici un quart d 'heure dans mon bureau. Vous n 'avez
instant Ă perdre.
Martin ! Martin ! Monsieur le directeur général vous a remarqué. Tùchez de ne
pas le décevoir.
Trouvez -lui une idée.
Une idée, mais... Dites -donc, vous.
Quoi ? Rien.
Alors Ginette, vous me le passez, Radio -Luxembourg ? Oui, j 'attends.
Ăa va
? Radio -Luxembourg ? C 'est le 321.
Alors comme d 'habitude, le 321 vous donne le temps exact.
Temps variable.
Assez nuageux sur le sud -ouest.
Avec tendance orageuse sur la cÎte méditerranéenne.
Un anticyclone se déplace vers les Açores.
Non, autant pour moi.
L 'anticyclone ne se déplace pas vers les Açores, mais en direction de l
'Irlande. Bon, dis -donc, Solange n 'est pas là ? Non, elle est montée au
secrétariat général. Elle m 'a dit qu 'elle en avait pour 10 minutes.
Eh bien, ensuite de peu, on reste tranquille, non ?
Alors, M.
le directeur général, c 'est Paul Martin.
Oui, le Martin du rez -de -chaussée.
Est -ce que je peux monter vous voir tout de suite ? Ăcoutez, mon cher,
par la voie hiérarchique. Je n 'ai pas une minute de libre avant mardi
Ah, c 'est que je crois que je tiens l 'idée.
Quoi ? Mais quelle idée ?
La vÎtre, monsieur le directeur général.
Moi, une idée ? Pas d 'impertinence, Martin.
Ne vous fùchez pas, monsieur le directeur général.
Je veux dire, l 'idée pour le conseil d 'administration.
Mais l 'idée, quoi ! Ah ! Bon, attendez.
Restez lĂ , hein.
Vous ĂȘtes lĂ ? Dans ce cas, montez tout de suite, mais passez par l 'escalier de
service. TĂąchez qu 'on ne vous voit pas.
Inutile de vexer ces messieurs.
Vous comptez sur moi, monsieur le directeur général.
Je m 'assinue, je me faufile.
Personne ne vous a vu ? Oh, personne, monsieur le directeur général.
Alors, cette idée ? Eh bien, monsieur le directeur général, une grenouille.
Une grenouille ? Ah, mais attention, monsieur le directeur général.
Une grenouille en haut de son Ă©chelle, l 'Ćil fixĂ© sur le soleil, beau, fixe,
soleil assuré.
Merdure, campagne, papillon, formidable.
Vous ĂȘtes formidable.
Nous sommes formidables. Et je suis formidable.
Mais cette grenouille sera le croche -pied qui stoppe le regard.
Le point sur lit. Le point sur lit du verbe vendre. Mais je vois ça. Mais
regardez. Mais je vois trÚs bien ça. Des grenouilles. Des grenouilles. Regardez
les grenouilles. Je vois des grenouilles partout.
Des grenouilles partout.
Dans les distributeurs de bonbons.
Dans les chute -box.
Dans les bénitiers.
Dans les pochettes surprises.
Des grenouilles.
aspirante et foulante, expectant les vacanciers sur nos belles routes de
Ăa vous est venu comme ça ? La vĂ©ritĂ©, monsieur le directeur gĂ©nĂ©ral, j 'y
pensais depuis longtemps.
J 'attendais que ça mûrisse. Sache précaution.
Mais monsieur le directeur général... Non, non, non, laissez -moi. J 'incube,
'extrapole.
Monsieur le directeur général, ce n 'est pas tout.
Avec la grenouille du 321...
Le beau temps devient certain.
Oh, assez, assez.
Deux idées par jour.
Il y avait un génie au rez -de -chaussée, je ne le savais pas.
Allez -vous reposer, mon petit ? Allez -vous étendre ? à partir d 'aujourd
je veillerai personnellement sur vous. C 'est que j 'ai encore quelque chose Ă
vous soumettre, monsieur le directeur général.
Encore une idĂ©e, petit bourreau ? Non, une requĂȘte.
Vous n 'ignorez certainement pas, M. le Directeur Général, que M.
Brossard prend sa retraite dans un mois et que je dois lui succéder à la
direction des informations, au premier étage. L 'un s 'en va, l 'autre monte
dans son jeune.
Mais dites, admirable maison de la nĂŽtre, oĂč l 'on rĂ©compense l 'anciennetĂ©
non pas le talent, ce qui serait arbitraire. Mais M. le Directeur
Mais quand M. Frépillon s 'en ira vous montrer au deuxiÚme étage, il n 'y aura
plus de suite.
Jusqu 'ici peut -ĂȘtre. Mais M. le Directeur GĂ©nĂ©ral, je n 'ambitionne pas.
J 'y suis bien, moi.
Il est vrai que j 'ai eu de la chance.
Je n 'étais alors que secrétaire général lorsque l 'irremplaçable M.
Minot a explosé sur une mine en 1947.
Il n 'Ă©tait pas dĂ©mobilisĂ© ? Non, il pĂȘchait la crevette au trĂ©pas.
Alors il poussait son aveneau en chantant... Lorsque tout Ă coup... Mort
la France, je me suis retrouvé directeur général adjoint.
Mais au fait, pourquoi parlions -nous de ce brave brossard ? Parce que non
seulement je lui succĂšde...
Mais j 'épouse sa fille.
Ah, bravo, bravo, charmante idée.
Le mariage est l 'aboutissement logique du célibat. Le point surlie du verbe...
Du verbe s 'endetter.
Justement à ce propos, monsieur le directeur général, puis -je solliciter
votre haute bienveillance une attestation de ma future promotion ?
faire ? Pour faire face Ă mes obligations.
Je me marie, je viens de prendre un appartement à crédit, je viens de m
une voiture à crédit aussi.
Bien sûr.
Mlle Brossard n 'a pas de dot ? Oh, je ne suis pas renseigné.
Soyez -vous léger, Martin ? Oh, amoureux, M. le directeur général.
Amoureux. Oh, l 'amour.
L 'amour, la bohĂšme, MurgĂšre.
C 'est de votre ùge. J 'ai connu ça, moi aussi.
Et puis la réussite. Oh, combien mériter.
Dévorante, chÚre petite dévorante.
J 'ai dĂ» quitter tant de choses.
Jeune villier, ma vieille bicyclette.
Et tout ça pourquoi ? On l 'a venue fauche.
La bonne tĂȘte.
On ne peut malheureusement pas tout avoir.
Mais pourquoi ? Il y en a bien qui n 'ont rien.
Absolument rien.
On n 'en parle assez. Alors pourquoi sur la partie en tout, le sang rétablirait
la balance, le juste équilibre, l 'harmonie universelle. On parle toujours
minimum vital et on lésine sur le maximum. Mais pourquoi ? Mais pourquoi ?
dites -moi, pour votre petit papier, c 'est d 'accord, on va chercher ça dans
deux jours.
AllĂŽ, non pas monsieur, mademoiselle, de quoi s 'agit -il ? Bon, mademoiselle
Auréa. M.
Prins, M.
Martin viendra aprĂšs -demain demander une attestation et vous la lui
Bon, bien.
Eh bien, si c 'est pressé, envoyez -moi une coursiÚre.
Oui, une coursiĂšre. Viens ici, Martin. Viens ici.
Bon, tant pis, un coursier.
Regardez donc quoi vous faites -y.
C 'est l 'enfer, c 'est l 'apocalypse.
Je crois que j 'ai eu l 'idée de l 'année, non ?
Oui. Oui.
Oui.
Le fou vient de m 'appeler.
Vous connaissez sa derniĂšre ? Non.
La nouvelle emblĂšme du 321 n 'est plus un palmier ni une colombe, c 'est une
grenouille verte.
C 'est complÚtement dément.
Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Ah, ça c 'est un projet pour Club Nautique. La
cigarette imperméable en gabardine. Elle permet de fumer en faisant de la
plongée sous -marine. Vous avez chronométré ma plongée.
Vous me taperez sur l 'épaule si ma nuque devient violette.
Si je ne bouge plus, vous appelez les pompiers.
J 'y vais.
Bonjour, papa.
Bonjour, amour. Bonjour, Tendré.
Paul, Paul, Paul.
Papa peut nous en prendre.
Mais non, il trompe.
Alors, on me laisse lĂ -dessous. On veut me supprimer.
On profite que je suis dans l 'euphorie des grandes profondeurs.
Bonjour, papa.
Qu 'est -ce que tu fais lĂ , toi ? Tu sais trĂšs bien qu 'il faut que je m
de tout.
Je suis passée une seconde pour te dire que tu ne t 'inquiÚtes plus pour le
déjeuner du mariage.
Inutile de chercher un traiteur, maman a eu une idée.
On rentre Ă chez Maxime. Chez Maxime ? Mais vous ĂȘtes folle ! Moi, je trouve
ça ne manque pas de classe.
Eh bien, puisque nous sommes tous d 'accord, je me sauve.
J 'ai mon taxi qui m 'attend au double fil.
Bien entendu, le compteur tourne.
Papa paiera.
Amour.
Peux -tu venir une seconde ? Il y a six mois de tir.
Mais oui, Tendré.
Tu sais quel jour nous sommes ? Jeudi.
Le 1er avril. Ăa ne te dit rien, le 1er avril. Non, non, attends, laisse -moi
chercher. Le 1er avril, ça me dit quelque chose.
Ah, ça y est, j 'y suis.
La bataille de Bouvines.
Quoi ? La bataille de Bouvines.
Possible. Mais c 'est aussi la fĂȘte de papa.
Alors ? Oh, pardon.
Tu m 'écoutes ? Mais oui, mais oui.
Non, Paul.
Je t 'en prie, Paul.
J 'en peux plus, moi, je t 'aime trop.
Tu es si jeune, si belle, si pure.
Commence pas avec ma pureté.
Hier, tu en parlais dans le placard de la cuisine.
Aujourd 'hui, c 'est dans l 'ascenseur.
Ăa fait bien, je t 'assure.
Mais je t 'aime, moi.
PrĂȘte de baliserne.
C 'est dit que le 1er avril, c 'est la fĂȘte de papa.
Oui, alors ? Et alors, tu invites papa au restaurant ce soir ? Oh, je veux
mais oĂč ? Chez Maxime, s 'il faut bien essayer.
Ah bon ? Et tĂąche de ne pas oublier que c 'est toi qui invites ce soir.
Oh, j 'avais compris pourquoi cette remarque.
Pour que tu ne mettes pas une heure Ă tirer ton portefeuille.
Je t 'ai déjà vue à l 'heure.
J 'ai retenu pour 8 heures, c 'est l 'heure oĂč maman a faim.
Non, non.
Ici, c 'est le premier.
Je vais aller annoncer la bonne nouvelle Ă papa.
à ce soir, Tendré.
Au revoir, amour.
Oh, les gonzesses, que ça peut ĂȘtre chiant.
Elle est toute petite, hein ? C 'est pauvre, hein ? C 'est pauvre.
Dis -donc.
Pardon. Je vous en prie.
Qu 'est -ce qu 'on dit ? Bonjour.
Tu pourrais ĂȘtre un peu plus aimable. Tu sais combien on est aujourd 'hui ? Non.
Le 1er, le 1er avril. Tu ne te rappelles rien ? C 'est la fĂȘte Ă Brossard ?
Quoi, ce n 'est pas la fĂȘte Ă Brossard ? Il y a autre chose.
Il y a quoi ? Il y a ce salaud ! Alors, Martin, toujours dynamique ?
Ah, mademoiselle Solange, toujours plus jeune, plus belle, plus élégante. Chaque
fois que je vous vois, je repense Ă cette vierge Florentine devant laquelle
'ai passé des heures au musée de Ferrar.
Monsieur Beaumanoir, toujours le mĂȘme.
Mais la jeunesse actuelle sait -elle rendre à la beauté l 'hommage qui lui
dĂ» ?
Oh, mademoiselle Brossard, que ne vous voit -on plus souvent ? Vous ĂȘtes rare
comme les beaux jours.
Savez -vous, ma chĂšre enfant, Ă quoi vous me faites penser ? Ă une vierge
espagnole devant laquelle vous passez des heures au musée de TolÚde.
Alors, je t 'écoute. Ce 1er avril, ça vient ? Je te proposerais bien la
de Bouvines.
Tu veux que je la pique, ma crise de nerfs ? C 'est ça que tu veux ? Non,
non, tais -toi, tais -toi.
Le 2 avril, c 'est l 'anniversaire de notre premier jour.
Oh, mais oui, naturellement.
le 2 avril. Mais pourquoi t 'essaies de me mettre sur une fausse piste ? Nous
sommes le 1er, pas le 2 avril. Hein ? Mon anniversaire, ça se souhaite la
Oui, oui, trĂšs bien.
Si t 'avais été un peu bien élevé, ben tu saurais.
Tu sais ce qu 'on va faire ? Non.
Je vais acheter des pĂątes chez l 'Italien, puis on fera la dĂźnette Ă la
On se cachera de bonheur. Ah ben justement, ce soir ça tombe mal parce
un dĂźner d 'affaires.
... ... ...
... ...
Il est 9h.
Bonjour, bonjour.
321 vous souhaite un travail fort, bleu et une ambiance calme.
Paul.
Que vous ayez une maĂźtresse, l 'homme du monde crie bravo.
Mais le bon pÚre créalte là doucement les bases. Question de morale.
Question pratique également.
N 'allez pas vous figurer, jeune homme. Je vous aurai de quoi entretenir de
ménage.
Je le sais.
J 'ai essayé.
Alors, Antoine, qu 'est -ce que je dois faire?
Dites Ă Solange que vous aimez ma fille.
J 'ai essayé de l 'en parler hier soir.
Ăa ne gĂȘne pas.
Finalement, on a de bel partage.
Non, cher.
Solange.
Solange.
Fais attention à ce que tu vas me répondre.
Est -ce que tu aimes la France ? Bien sûr. Non, mais par -dessus tout.
Il faut voir.
Il y a aussi l 'amour.
Le café liégeois, je dis à l 'idée.
Bref, tu aimes la France.
Si tu aimes la France, tu aimes l 'ordre.
Si tu aimes l 'ordre, tu aimes la légalité.
Par conséquent, tu condamnes des situations fausses et des enfants
Tu déplores mon mariage sur le plan affectif.
Mais tu l 'approuves sur le plan national.
Hé ! Au fond, tu es une héroïne.
Hein ? Pendant que tu as le squelette en mouvement, passe -moi dans une pipe.
Non, non, non, non.
Tant pis.
Ne sois pas vulgaire.
J 'aimerais que cet ultime entretien conserve l 'élégance de nos rapports
passés.
Dire qu 'il y a déjà un an.
Pour moi, c 'était hier, je revois tout.
Le petit hÎtel de la rue Vavin. C 'était la nuit du 3.
Non, mais je vais parler du 2, le jour oĂč on s 'est rencontrĂ©s.
Je venais d 'entre au 321 et tu m 'as appelé pour me dicter une lettre. Tiens,
je pourrais te la rĂ©citer par cĆur.
Oui, oh monsieur, comme si c 'était à votre honoré du 15 courant. Méchant, tu
bu mon plus beau souvenir.
J 'entends encore ta voix quand tu me dis que tes voici des fruits.
Des fleurs, des feuilles et des branches.
Et puis voici mon cĆur qui ne bat que pour toi.
Et puis tu m 'as dit que tu étais là , des poupées sans cervelle, et que ce que
tu aimais en moi, c 'était mon intelligence.
Et puis tu m 'as emmenée à l 'hÎtel.
C 'était la premiÚre fois. Hein ? La premiÚre fois qu 'on m 'aimait pour mon
intelligence.
Embrasse -moi, gros nounours ! Non, c 'est pas le moment.
T 'es élégante, mise à part.
Pourquoi tu me dis pas carrément, j 'ose pas parler à la mÎme brossard, j 'ai la
trouille, alors je te plaque.
Parce que c 'est bien ça, hein.
Dire qu 'il y a à peine deux mois, je me serais tuée.
Je m 'autant dire qu 'il n 'en est plus question.
Je ne resterai pas seule longtemps.
Ah, il y a déjà quelqu 'un, bravo.
Il n 'y a pas déjà , il y aura bientÎt.
Et peut -on savoir le nom du futur ? J 'aurais aimé que tu le choisisses avec
moi. Quoi ?
Pourquoi ne donnerais -tu pas ton avis ? Non, mais ne trouve pas que ton cynisme
dépasse les bornes. Je ne vois pas en quoi l 'heureux successeur... Pourquoi
? Le ou la ? Solange, mon petit,
reprends -toi.
Essaie d 'avoir le chagrin normal.
Ne lui donne pas cette ampleur babylonienne.
Ce n 'est pas raisonnable.
Puisque tu vas chercher ma grande nounou.
Non, parce que si c 'est un garçon, je l 'appellerais tout simplement comme toi,
Paul.
Absolument.
Qu 'est -ce que tu comptes faire ? Accoucher.
Il suffira de changer les radiateurs de place et de percer une porte de
communication et comme ça, bébé aura sa chambre du cÎté des arbres au bon air.
Que dit ton avis, Paul ? Pardon ? En fait, on ne voudrait quand mĂȘme pas qu
mette la chambre de bébé cÎté nord.
Surtout pas.
Remarque, on entend le temps du penser, mais pendant qu 'on y est, on peut en
prévoir. Dany, le papier à coquelicot, c 'est pour ta chambre ? Non, pour la
chambre du tissu, c 'est plus un tonneur et plus chaud.
Ce n 'est pas tellement plus cher.
Dites -moi, mon petit Paul, ça vous amÚne à combien, ce petit nid d 'amour,
Avec l 'avance de la construction, ça fait 48 000 francs par mois. Et votre
voiture, vous la touchez quand ? Demain, 30 000 francs par mois pendant un an et
demi. Oui, alors 48 plus 30 au taux de 85 reste 7.
Voyons, papa, tu sais trĂšs bien que dans un mois, Paul gagnera 250 000 par mois.
Oui, oui, oui, bien sĂ»r. Il nous reste mĂȘme 126 000 francs par mois pour vivre.
Comment ça, 126 000 ?
Ben, 850 000 moins 78 000, ça n 'a jamais fait 126 000.
Vous comptez étouffer 50 000 par mois ? Pour l 'enfant ? Quel enfant ? Ben,
l 'enfant que nous aurons. Tu penses bien Ă sa chambre, moi je pense Ă son
livret de caisse d 'épargne.
Paul sera un pĂšre formidable.
C 'est Ă croire qu 'il s 'exerce en cachette.
Prenons le temps d 'organiser le beau.
Pour votre repos, reposez -vous sur trois.
Au revoir.
Ăa s 'Ă©crit pas vrai.
Non, il n 'y a pas de... Non mais pas, c 'est ça le secrétariat.
TĂąche Ă l 'esprit, non pas Ă la lettre.
Alors dĂ©pĂȘche -toi, c 'est urgent.
Mais ça attendra, c 'est l 'heure de mon petit goût de thé.
Non mais sans indiscrétion, tu prends combien de repas par jour ? J 'ai oublié
le petit Paul.
Une bouchée pour moi.
Une bouchée pour lui.
Heureusement que j 'y pense, moi.
Tu y penses, toi ? Je ne pense qu 'à ça.
Regardez -les de plus prĂšs, je vous assure.
Monsieur le directeur, c 'est sain, c 'est aéré, c 'est confortable. C 'est
chaussant. Et je ne crains pas d 'affirmer que ces semelles -lĂ peuvent
abattre leurs mille kilomĂštres sans rechappage.
Je ne peux tout de mĂȘme pas faire une commande de 300 000 paires sans constat.
Vous allez m 'envoyer deux huissiers avec ça au pied qui me feront Bordeaux
-Paris Ă retour.
Prenez note, professeur.
Je n 'impose pas de moyen horaire, je suis bon prince.
Monsieur, s 'il vous plaĂźt, je vous excuse, mais je vais faire pardonner.
Nous ne vous espérions plus.
Allez vous asseoir.
Bon, messieurs, résumons -nous.
Je veux que le 25e anniversaire du 321 soit une date.
Je vois les choses en grand.
DĂźner camping de 200 couverts sur la nouvelle terrasse, aprĂšs le souper.
Présentation de nos nouveautés aux journalistes. Et ensuite, distribution
cadeaux souvenirs.
Et c 'est lĂ , messieurs, qu 'il fallait ĂȘtre inventif sans ĂȘtre dispendieux.
Dispendieux ! Et savez -vous ce que j 'ai trouvé, Martin ? Allez -vous en,
Et savez -vous ce que j 'ai trouvé ? Mais non, monsieur le directeur général.
Une grenouille.
Et non pas seulement une grenouille emblĂšme, mais une grenouille souvenir.
Petit bocal en verre de Venise.
Petite échelle en acajou.
Support et bouchon en cuir.
façon HermÚs pour les personnalités importantes et en plastique pour les
Qu 'est -ce que vous en dites ? C 'est génial, monsieur le directeur général.
Je vous donne jusqu 'Ă la fin de la semaine pour me trouver 10 000
10 000 échelles, le tout dans 10 000 bocaux.
Moi ? Vous.
OĂč ça ? Je ne sais pas, dans les marais poids de vent, Yougoslavie, oĂč vous
voudrez.
Vous arrivez bien.
Nous allons boire à la santé de nos grenouilles. Vous venez, Martin ?
Madame Tiscotte qui sera bienvenue.
Merci.
Il manque un verre.
Je ne vous avais pas prévu.
Et moi, je boirai dans ce vide d 'Alerac. N 'est -ce pas, d 'Alerac ?
plaisir. Vous ne risquez rien, vous.
Vu les viandox, il faut vraiment ĂȘtre perverti.
Je ne vois pas pourquoi le lait, le sang, les deux mamelles de la santé.
Bon, messieurs, au futur anniversaire du 321.
Qu 'est -ce que vous vouliez me dire ? Oui, d 'aller Ă CĂŽte d 'Ivoire.
Mademoiselle Andréa, pourriez -vous me donner mon petit papier, s 'il vous
? Quel papier ? Mon certificat testant ma promotion.
Ah oui.
Eh bien, non. Une petite phrase.
Du nouveau.
Il ne vous a pas expliqué ? Non, mais... Eh bien, demandez -le lui, il est
encore temps.
Eh bien, c 'est entendu, cher ami. A tout Ă l 'heure.
Eh bien, Martin, qu 'est -ce que vous faites lĂ ? Vous devriez dĂ©jĂ ĂȘtre Ă New
York ou Ă Sarajevo.
Ce n 'est pas lĂ que je vais trouver mon petit papier, monsieur le directeur
général. Quel petit papier ? Mon attestation pour ma promotion.
Vous savez bien pour mon crédit.
Mais elle ne vous a rien dit ? Vous n 'avez pas lu le journal officiel ? Non.
Mon petit Martin, vous connaissez ma devise. Faire jeune, camper jeune, vivre
jeune. Je l 'ai fait mienne, monsieur le directeur général.
Eh bien, mon petit Martin, nous sommes trahis.
Nous sommes torpillés.
Le dernier conseil des ministres vient de reculer l 'Ăąge de la retraite de 5
ans. Et c 'est la victoire des fossiles.
Votre futur beau -pĂšre ne nous quitte plus. Vous ne devenez pas chef de
Et vous ĂȘtes condamnĂ©, Ă moins d 'une Ă©pidĂ©mie de variole dans les Ă©tages, Ă
rester l 'homme le plus intelligent du rez -de -chaussée. Monsieur le
Monsieur le directeur général, c 'est catastrophique. J 'ai pris des
engagements, j 'ai signé une retraite.
Mais qu 'est -ce que je devais faire ? Je ne sais pas.
Les messieurs du comité de patronage sont arrivés. Oui.
Monsieur Martin, d 'une Ăšre de l 'audace.
Tous les espoirs vous sont permis. Vous avez le feu d 'Ćuf. Vous avez le
fanflet. Un beau jeune homme comme ça. Et vous avez ma confiance.
Messieurs.
Je vous assure, Paul, que c 'est pas parce que vous avez eu une contravention
'il faut faire une colĂšre. D 'autant qu 'Ă partir de demain, il a droit au
garage la direction, n 'est -ce pas, Paul ? Elle est neuve, Paul, elle est
neuve. Ne la poussez pas, je ne vous le conseille pas.
Ah, vous, hein ! Attention ! Non, mais ça va pas en complÚte pensionné, non ?
priorité, les travaux.
Ah, ça m 'étonne pas, une voiture neuve qui sort d 'usine, immatriculée W, il y
a pas longtemps qu 'on a permis de conduire, mais par correspondance.
Travaux, un million.
Famablement, 650 000 francs.
Voiture, 430 000 francs. Et mariage et alliance, 280 000 francs.
Tu sais que c 'est toi le plus heureux.
L 'enfance ne devrait jamais finir. On aurait moins de responsabilités.
Mais qu 'est -ce que tu veux que je fasse ? Je suis bien obligé d
Solange et Daniel, le mĂŽme et la voiture, le mariage et l 'accouchement ?
bien sûr, si on soustrait au lieu d 'additionner.
Brossard Îté de 321, ça fait 126 000 francs de plus par mois.
Alors voilĂ , il y a un petit ennui. C 'est qu 'on ne peut pas ĂŽter Brossard.
On ne peut pas.
On ne peut pas.
Tu entends ? On ne peut pas.
Tiens, je te dis.
Si les honnĂȘtes gens n 'ont presque jamais la situation qu 'ils mĂ©ritent, c
parce qu 'ils tuent moins que les autres.
Moi, j 'ai des principes.
On viendrait me dire, votre futur beau -pÚre vient de se faire écraser, je
dirais bravo.
Mais de lĂ Ă le supprimer de ma propre main, je sais bien ce que tu vas me
rĂ©pondre. On n 'est jamais mieux servi que par soi -mĂȘme.
Oh, monsieur, monsieur, je t 'en veux pas, moi aussi j 'ai eu ton Ăąge, c 'est
que c 'est. La spontanéité, l 'enthousiasme, on tuerait pÚre et mÚre.
Comment bien on a des scrupules.
Tu vas encore me dire qu 'on a surtout peur de se faire piquer. J 'ai rien dit,
moi, j 'ai rien dit.
Alors qu 'on va rester lĂ toute la journĂ©e ? Si vous ĂȘtes pressĂ©, allez -y
vous -mĂȘme. Il paraĂźt que ça bloque devant... Eh bien, on va voir.
Alors, on ne peut plus avancer ? Qu 'est -ce que c 'est que cette pierre qui a
mis en tout le monde ? C 'est la voiture de M.
Charolais, ça vous gĂȘne ?
Regarde, tu vois bien que ça ne descend pas en dessous du cinquiÚme.
Alors je reste lĂ -haut.
Une mécanique formidable.
Tout d 'un coup, crac, la bagnole de charolais reste bloquée entre ciel et
terre. Rien ne monte plus, rien ne descend plus.
C 'est comme ici.
La convention collective.
Il faut que ça décanille au -dessus pour qu 'en dessous, ça remonte.
C 'est le sommet qui fait bouchon.
Le sommet qui fait bouchon ?
Tu sais que c 'est vrai que t 'es intelligente des fois.
Bien entendu, trouver dix mille grenouilles est un problÚme à résoudre.
Mais poser un problÚme, n 'est -ce pas déjà le résoudre à moitié ? Et je vous
connais, Martin, vous ĂȘtes l 'homme.
Martin,
votre attention serait -elle ailleurs ? Mais pas le moins du monde, monsieur le
directeur général.
Je réfléchissais à l 'autre moitié du problÚme, celle qui reste à résoudre.
Oui ? Monsieur le directeur, Mme Charolais est ici.
D 'accord.
Chérie, je ne fais que passer.
Je cours chez le coiffeur. Patricia m 'attend dans la voiture.
Bonjour. Monsieur Paul Martin, de mes collaborateurs les plus aßnés. Monsieur,
Norbert, Norbert, chĂ©rie, je vais ĂȘtre obligĂ©e de rester une heure chez le
coiffeur. Et tu sais, chez Amédéo, il fait une chaleur atroce, une chaleur que
Fiffine... Fiffine ! Fiffine ! Oh ! Fiffine ! Une chaleur que
Fiffine ne supportera absolument pas.
Qu 'est -ce qui va rester bien sagement avec son petit papa ? Un enfant.
J 'ai un emploi du temps extrĂȘmement chargĂ©. Vous prĂ©fĂ©rez que Fifi ne fasse
syncope ? Absolument pas.
J 'étais ravie de faire la connaissance d 'un des collaborateurs de mon mari.
Je ne les connais malheureusement pas tous.
Madame Charolais est une exquise parisienne.
Elle est de Limoges.
Mais en fait, qu 'est -ce que nous disions ? Vous disiez que poser un
était déjà le résoudre à moitié.
Eh bien, ça me paraßt trÚs pertinent.
N 'est -ce pas ? Eh bien, alors allez -vous -en.
Vous en allez.
Oh, vous ĂȘtes d 'oĂč, vous ? Qu 'est -ce que c 'est que ça ? Oh non, monsieur,
pas de chien ici.
Pas de chien, pas de quĂȘte, pas de dĂ©monstrateur.
Vous m 'avez excusé, non ?
Vous dites quelque chose, monsieur Jean ? Ah non, alors, pas de chien, pas de
quĂȘte, pas de nom.
Pour le sein, un quart champagne et la viande ox.
Allez, allez, allez.
Allez, allez.
Oh,
excusez -moi, monsieur, dame, je ne peux vraiment plus ĂȘtre chez soi.
Léviandox. Sacré beau manoir.
EspĂšce de haranceur, tu es
vraiment le roi des
cocus. Ta femme te
trompe avec vos manoirs.
PremiĂšre solution.
Charolais prend un coup de sang et tue Beaumanoir et Martin monte au premier
étage.
DeuxiĂšme solution.
Charolais est un lùche et vide Beaumanoir sous un prétexte utile. Et
monte au premier étage.
TroisiĂšme solution.
Charolais provoque Beaumanoir en duel et le bon chasseur tue le petit directeur.
Et Martin monte au premier étage.
Qu 'est -ce que tu dis de ça, toi ? Tu dis rien.
Je n 'ai rien Ă dire.
C 'est impeccable.
Désolé.
Je ne vais pas manger avec toi.
On est déjà dans la cantine. Bonjour.
Si tu veux, allez, viens.
Monsieur l 'Andréa, tout va bien là -haut ? Le patron est content ? Pas de
poupie ? Non, ça va.
Pas de mauvaise nouvelle ? De qui ? Alors, pas de nouvelle.
Bonne nouvelle, hein ? Allez, viens.
Elle se penche, crac, elle avale la cerise.
Elle est des acrobates.
Sacré beau manoir, toujours polisson.
T 'as vu ces deux talons ? Qu 'est -ce qu 'il te prend ? Une amouralité
devrait relever les tribunaux.
Ils sont infects.
Tiens, ça m 'a coupé l 'appétit.
Tu déjeuneras sans moi.
Quoi ? D 'ailleurs, j 'en ai un premier chargé, plein de grenouilles à voir.
Non, monsieur, d 'un arrondissement de Paris à l 'autre, en période normale.
J 'excuse les grĂšves et les fĂȘtes. Une lettre ne peut pas mettre plus de 24
heures Ă ĂȘtre distribuĂ©e. Mais alors, une lettre postĂ©e il y a quatre jours...
Oh, monsieur, elle a été reçue, lue, et on y a répondu.
Mais pourquoi vous me demandez tout ça ? Non, simplement parce que je trouve
votre mĂ©tier passionnant. Oui, quand j 'Ă©tais petit, je rĂȘvais d 'ĂȘtre facteur.
Tenez, prenez ça là -dessus.
Entrez. Il y a 240 grenouilles, combien d 'hiver, c 'est des marmes, on les met
ici ? Ah non, pas ici, les grenouilles, moi j 'en ai plein le dos.
On ne répond pas, on ne dit rien.
Ah bon, alors on les rembarque ? Ah non, non, pour ce soir, mettez -les dans le
cagibi des femmes de ménage.
Il est 6 heures.
Bonsoir, bonsoir.
321 vous souhaite une soirée heureuse.
Tu comptes passer la nuit ici ? Tu bivouaques ? Non, je comptabilise mes
grenouilles. J 'en ai au moins pour une heure.
Et aprÚs ? Tu dßnes en famille ? AprÚs, je rentre et je me couche, puisque ça m
'intĂ©resse. Ah oui, ça m 'intĂ©resse. VoilĂ , laisse -moi travailler. Ăa va
EspĂšce de haranceur !
... ... ... ... ...
Vous faites là , vous ? Une de mes grenouilles qui vient de s 'échapper.
Et comme je n 'en ai pas trop...
C 'est raté. On l 'excuse.
Oui, non, moi, je ne suis pas malé. Pourquoi on l 'excuse ? Nenni, je
Non, mais on ne gagne pas une bataille aussi vaste que celle que nous
entreprenons sans subir quelques pertes.
Nous avons perdu une grenouille, mais nous n 'avons pas perdu la guerre. Et d
'ailleurs, c 'est à moi de m 'excuser, puisque je vous ai trouvé dans votre
pĂȘche, dans votre chasse. Mais pas du tout, monsieur le directeur gĂ©nĂ©ral. On
'est pas un honneur d 'homme si on n 'est pas sĂ©vĂšre avec soi -mĂȘme. Et d
'ailleurs, moi, je ne me passe rien.
Je ne me passe rien.
L 'intransigeance n 'est chrétienne qu 'envers soi.
Et savez -vous qui a dit ça, jeune homme ? Les écrits sur, monsieur le directeur
général.
Beaumanoir.
ChÚre Hubert, j 'admire votre santé.
Il est vrai que vous l 'entretenez.
Le sport, les viandox, la marche.
Mais dans le fond, nous sommes faits pour nous entendre.
Regardez -moi, je fume comme un pompier, je bois comme un trou, je... Enfin,
comme un chef.
Car vous ne savez peut -ĂȘtre pas, mais j 'ai un tempĂ©rament terrible, terrible.
Comment le saurais -je ? Moi, pas d 'alcool, pas de tabac, pas de femme.
Mais vous ĂȘtes l 'homme des espaces, l 'homme du grand air, l 'homme des
Les fleurs.
Mestre, quand j 'entrais dans votre bureau, j 'avais toujours l 'habitude de
vous trouver sur votre joli balcon.
Vous n 'allez plus ? Depuis deux jours, je crains de couver une légÚre angine.
Et vous ne voyez pas qu 'un bon bol d 'air, non ? Oui.
Ah, Martin.
Entrez, mon petit Martin.
Entrez.
Vous m 'avez demandé, monsieur le directeur général ? Oui.
Dites -moi alors, la fĂȘte approche. Je bouillonne, j 'Ă©bule.
OĂč en sont nos travaux ? Je crois que la terrasse est Ă peu prĂšs finie, mais la
cantine, c 'est moins sûr.
Comment moins sûr ? Oui, à cause du nouvel ascenseur.
Ah, mais Saint -Martin, vous savez que je ne suis pas l 'homme des
des demi -mesures et des Ă peu prĂšs. Je travaille dans le concret, moi, et je
veux voir ça. Nous montrons ce soir aprÚs six heures.
Une fois éteint, monsieur le directeur général.
Je suis apaisé.
Mais vous n 'avez pas l 'air dans votre assiette, mon petit ami.
Qu 'est -ce qui ne va pas ? Quelques petits projets contrariés, monsieur le
directeur général.
Mais bravo. Mais un jeune homme doit avoir des projets, mĂȘme contrariĂ©s. Mais
les projets, c 'est l 'avenir. C 'est le point surlie du verbe entreprendre. J
'espĂšre qu 'ils sont ambitieux, ces projets.
Ils le sont, monsieur le directeur général.
Et peut -on savoir ? Laissez -moi le loisir d 'en garder le secret.
Soit. A tout Ă l 'heure, mon petit.
Ce garçon est décidément extraordinaire.
Laissez -moi le loisir d 'en garder le secret.
Il parle en alexandrin. C 'est un génie.
Maintenant, nous sommes contents de vous.
Proportions néoclassiques, nous aimons.
Par fonctionnel.
C 'est exactement le mot que je cherchais.
Monsieur le directeur général, je pense que si vous preniez un peu de recul,
vous jugeriez mieux.
Vous croyez ? Les harmonies, l 'équilibre des masses.
Reculez encore un peu, monsieur le directeur général.
Ah, mais vous avez raison.
La symphonie éclate dans toute son ampleur.
Reculez un peu, monsieur le directeur général.
Vous avez saumé la vie. C 'est admirable. C 'est bouleversant. C 'est
'est -ce que vous voulez ? Je divague.
Pardonnez -moi, monsieur le directeur. Mais vous ĂȘtes tout pardonnĂ©. Je suis
votre pĂšre et vous ĂȘtes mon fils.
Vous me devez jusqu 'alors respect, obéissance et assiduité. Maintenant,
devez tout.
Vous me devez tout. C 'est merveilleux. Dans mes bras, mon petit papa.
Monsieur le directeur général.
Oh non. Appelez -moi Tonton Norbert.
Appelez -moi Tonton Norbert.
150 grammes de dynamite.
5 grammes de fédite.
25 grammes de félicrotoluÚne.
Ah, je l 'en fous de moi du respect.
Je l 'en fous de moi du Norbert.
Plein le pif, plein la gueule. Je vais lui dynamiter la tronche, ce con.
Se disperter aux quatre vents. Le réduire en fumée.
Ah, qu 'on retrouve plus jamais rien.
Plus un os.
Rien.
Jamais.
Avec les compliments.
L 'ambassade d 'Angleterre.
France Roche.
Une grenouille. L 'archevĂȘque de Paris.
Une grenouille.
Général de la FrappiniÚre.
Rien du tout. En 1945, il a essayé de me faire passer en haut de cour.
Oh.
Général de Fluganzin.
Eh bien, lui, tout ce qu 'il voudra. C 'est grĂące Ă lui que je ne suis pas
en haut de cour.
Le comte de Paris.
Une grenouille.
On pourrait ĂȘtre plus gĂ©nĂ©reux.
Il y a les enfants.
Combien ?
Demandez -donc ça à Beaumanoir. C 'est son truc, ça.
Demandez -lui donc ça par le balcon. C 'est tellement plus simple.
Monsieur Beaumanoir ! Monsieur Beaumanoir ! Vous ĂȘtes fou ! Qu 'est -ce
prend qu 'il est comme ça ? Combien le comte de Paris a -t -il d 'enfants ? Qu
'est -ce que ça peut vous faire ? Votre fille est déjà fiancée.
C 'est monsieur le directeur général qui le demande.
C 'est sur le balcon ? Oui. Dis ! On vient ! Dis ! Merci ! Sur quel balcon
? Sur le balcon de son secrétariat.
Pourquoi ? Eh bien, je ne sais pas. Je ne sais pas pourquoi.
Bon, attribuez. Une douzaine de grenouilles pour la famille de France.
Un cadeau pour vous.
Je l 'ai trouvé sur ma table.
Avec les compliments de... l 'ambassade d 'Angleterre.
Je fais profiter le comte de Paris de mes largesses.
La reine Elisabeth me comble de ses bontés.
Charolais traite de puissance Ă puissance. Ăa doit ĂȘtre grisant. Oui, c
Je me demande tout de mĂȘme qui a pu mettre ça sur ma table.
Une intelligence service, qu 'est -ce que vous en faites, hein ? Dites, vous
ferez penser Ă vous dicter une lettre de remerciement. Je peux vous laisser, je
vous laisse ? Vous laissez ? Avec tout le travail qui nous reste Ă faire ? Vous
ĂȘtes fou, mon petit Paul ? Venez, venez, venez !
Qu 'est -ce que vous faites lĂ ? Brossard.
Monsieur. D 'apprécier.
Dites, Brossard, je vais vous mettre dans une confidence.
J 'ai l 'intention de donner une mĂ©daille Ă Dalerac pendant la fĂȘte pour
ans de service.
Alors occupez -vous d 'en faire graver une avec un motif original, une
Que Dalerac sache bien de qui ça vient.
Attendez.
Une grenouille, peut -ĂȘtre ?
Oh, mais c 'est bien savoir ça.
Vous croyez gùteux, fini, éclusé. Bon, pour les petits ménages. Mais voilà que
le citron donne encore quelques gouttes. Bon, maintenant, occupons -nous de nos
projets de décoration.
Bon, alors.
Alors, M.
Beaumanoir suggÚre, pour l 'entrée, un dé en velours vert avec des festons et
des palmes.
321 pourra vous donner un point de vue nouveau sur la plus belle avenue du
monde.
Mais bien entendu, chers amis, cette terrasse est témoin ce soir d 'un de ces
événements dont Paris parle longtemps aprÚs que se soient éteints les lampions
de la fĂȘte.
Un petit orchestre dont vous entendez certainement les
échos fait danser des couples dont je ne veux pas vous détailler les noms, mais
ces noms sont sur toutes les lĂšvres.
Il y a chez Gilbert quelque chose de fou, cher ami.
Quelle est cette chose ? J 'aime assez.
C 'est une commode Louis XIII, gonflable en tissu nylon.
Et d 'ailleurs, qui dit gonflable, dit dégonflable. L 'homme moderne doit
dégonfler ou périr.
Nous sommes dévorés par l 'encombrement aussi et j 'ai décidé de le supprimer.
Ma devise sera désormais un chùteau dans une musette.
Un chĂąteau dans une musette, voilĂ certainement un slogan.
Chers grands amis du club sportif, on fera date dans les annales du camping.
Je crois ne pas me tromper, je crois qu 'il est par lĂ .
Tonton Norbert ! Non, mais dites donc, vous, Tonton Norbert ! Non, mais enfin !
Monsieur le directeur général, dites -moi, l 'inspecteur délégué par la
compagnie de protection était un véritable possédé. Il a voulu fouiller
commissaire à la jeunesse et au sport et a exigé de voir les papiers de la
dutesse de Guermand.
La police privée, bon, calmez -le, moi j 'ai autre chose à faire. Dites -moi, je
vais répéter mon petit speech, alors je suis dans mon bureau à l 'étage au
-dessous et qu 'on ne me dérange sous aucun prétexte.
Mais sous aucun prétexte, vous avez compris ? Sous aucun prétexte, monsieur
directeur gĂ©nĂ©ral. Dis -moi, est -ce que vous ĂȘtes assurĂ© qu 'on a barrĂ© les
fenĂȘtres de la nouvelle cantine avec des planches ? Parce que je ne tiens pas Ă
retrouver un de mes invitĂ©s aplati sur les Champs -ĂlysĂ©es.
Bien sûr, monsieur le directeur général.
Monsieur l 'inspecteur, monsieur le directeur général souhaiterait que vous
tempériez un peu votre zÚle.
Pas de conseil Ă recevoir de lui.
Avant de venir, j 'ai vu son dossier.
Prud 'homme, je regarde toujours.
Collaboration économique de 42 à 44.
Sans compter une histoire pas trĂšs trĂšs jolie, hein, de campagne en Afrique
noire. Ah, je ne savais pas.
Savoir n 'est pas le métier de tout le monde.
Tenez, entre nous, un exemple, un titre amical. Comment vous appelez -vous ?
Paul Martin.
Martin, Paul, André, Marcel.
Vous ĂȘtes la petite coiffe du rez -de -chaussĂ©e ? Ben dites donc, vous. Vous
avez volé une bicyclette en 47 ?
Il n 'y a pas eu de plainte parce que vos parents sont allés pleurnicher au
commissariat. Moi, je vous aurais collé en maison de correction jusqu 'au
service militaire.
Ensuite, bataillon disciplinaire, et alors Ă partir de lĂ ... Bon, pour un
malheureux vélo, j 'aurais passé la main.
Vous ĂȘtes vraiment trop bon. J 'essaie de comprendre les choses.
Qu 'est -ce que c 'est encore que ces races d 'aquaire ? Mais vous ĂȘtes fous,
'ai construit Birmanie et ta femme.
Les Birmans ? Mais vous croyez ça, hein ? Mais la Birmanie, c 'est la route des
Indes. Les Indes, c 'est l 'Orient. L 'Orient, c 'est la Chine. Et la Chine, c
'est le Péril Jaune.
De voir un peu leurs papiers Ă Roubirement.
Si leurs passeports sont pas en rÚgle, ils sont mûrs pour le troisiÚme degré.
La lampe dans les yeux, la rĂšgle Ă en faire, et oui, quoi, les moyens du bord.
Puisqu 'on n 'a plus le baignoire.
Vous ĂȘtes trop jeune, vous.
Vous n 'ĂȘtes pas connu, rue Lloriston.
Je n 'ai pas eu ce plaisir.
Une époque.
Et puis 45, la pagaille.
La canaille dans la rue.
Dans un pays, quand on s 'attaque au sanitaire, c 'est forcément la pagaille.
Mon cher Hubert, voulez -vous dire une seconde ? Je vous prie de bien vouloir m
'excuser.
Dites -moi, mon cher Hubert, vous qui aimez les honneurs, vous allez ĂȘtre
L 'aléra qui est plus votre ami que le mien, alors c 'est vous qui allez lui
remettre sa médaille.
Mais c 'est que je n 'ai pas préparé de discours.
Non, mais c 'est moi qui ferai le discours.
Dans ce cas, bien sûr. Je vais aller le répéter un peu dans la nouvelle cantine.
Alors dites -moi, la médaille est sur mon bureau, alors soyez gentil, allez la
chercher et vous venez me retrouver.
Dans la nouvelle cantine. Alors vous prenez une nouvelle ascenseur, il faut
personne ne vous voie. Alors dites -moi, un peu comme personne, mais absolument
personne ne doit ĂȘtre au courant.
Mais je sais me taire. Oui, je sais que vous ĂȘtes la discrĂ©tion mĂȘme en
Jérusalem.
Pardon.
Merci beaucoup.
Oh, la jolie petite bĂȘte.
Qu 'est -ce que vous faites là , vous ? J 'avais dit qu 'on ne me dérange pas.
Vous ne pouvez plus y aller maintenant ? Mais monsieur le directeur général. Il
n 'y a pas de mais.
Foutez -moi encore. Tournez dans votre soupe.
Norbert.
Messieurs, mesdames, je vous demanderai de faire un peu arrĂȘter l 'orchestre et
de bien vouloir vous compter.
Normalement, il devrait manquer quelqu 'un. Mais qu 'est -ce qui se passe ?
Quelqu 'un de chez vous vient de tomber dans la rue.
Mes trĂšs chers amis, il paraĂźtrait qu 'un tragique accident... Un accident ?
ne connais pas.
Silence ! Ne craignez rien, j 'ai la situation bien en poigne.
Allez, tous en vue ! Et vous, la derniĂšre de la nuit !
Et qu 'est -ce qui lui prend ?
Je ne sais pas, il paraĂźt qu 'il y a eu un accident.
Un accident ? Un accident, non, Franck.
nous prive de l 'inestimable présence de notre cher directeur général.
Mais je suis sûr qu 'il nous regarde, qu 'il nous écoute, de là -haut, bien
entendu, et sans doute il regrette de ne pouvoir vous annoncer lui -mĂȘme les
modifications que sa disparition entraßne dans la hiérarchie de notre
maison.
C 'est notre ami Beaumanoir, dont l 'incompétence indiscutée trouvera ce
élevé toutes les occasions de s 'exercer, qui devient directeur général
laissant sa place à notre cher Frépillon, que sa formation préparait
au secrétariat général.
Cependant que Brossard, au terme d 'une carriÚre toute de dévouement et d
'efficacité, montera d 'un étage, et que Paul Martin...
accédant à la hiérarchie des cadres, occupera le bureau de son futur beau
Ăa me fait tout drĂŽle d 'ĂȘtre lĂ avec toi.
Tu sais ce que ça prouve ? Non.
Ăa prouve que contrairement au crime, le travail pĂšse.
Tendresse.
30 ans de bagne. Peut -ĂȘtre mĂȘme 40, si vous tenez le coup.
Le mariage, mon cher, c 'est le biribis des amours.
Moi, ça fait 20 ans que je déguste.
Je suis marié en 42 parce que ça donnait droit à un costume pur laine et une
paire de chaussures en cuir.
C 'est pas lĂ oĂč ça mĂšne l 'Ă©lĂ©gance.
Bon, passez pas tout ça, va falloir qu 'on cause un peu tous les deux.
J 'ai pas dit tous les trois ! Allez, allons !
Dans le
bureau de votre patron, on a trouvé des lettres anonymes, tapées à la machine.
Avril Baudu.
C 'est comme si c 'était signé sur les assises.
Le panique sur.
Monus d 'en -vous ! Jean Euclid, j 'ai tous les droits.
Vous avez de la chance, ça n 'a pas été tapé ici.
Mon peuple, ça rigole. C 'était la réclusion à perpÚte.
Mais la complicité peut aller chercher 20 ans.
Vous connaissez toutes les machines de la maison. Je veux savoir sur laquelle
cette lettre a Ă©tĂ© tapĂ©e. Vous n 'avez qu 'Ă vĂ©rifier vous -mĂȘme. C 'est votre
métier, aprÚs tout.
Enfin, si on peut appeler ça comme ça.
Mais voyons, Solange, monsieur l 'inspecteur te demande gentiment.
Certains de mes collÚgues travaillent en férocité, moi j 'ai des maniÚres.
Oh, Gandhi, talon rouge, le bonheur.
Je ne fais pas l 'habitude de me laisser charrer par des fonciers.
Alors je veux savoir sur quelle machine a été tapé cette lettre.
Sur quelle machine ?
Monsieur
Martin, vous ĂȘtes intelligent.
Voyez un peu ça.
La lettre, c 'est un petit défaut. Regardez le mot cocu.
Ăa tombe bien. Il aurait Ă©crit sale ou vendu. Je n 'aurais pas d 'indice. Vas
-y, d 'un.
Les photocopies, chef.
Voyons un peu.
Machine frappillon.
Machine Beaumanoir.
Machine d 'Alerac.
Ăa y est, je le sens.
C 'est d 'Alerac qui a fait le coup. C 'est signé, ça. C 'est sa machine.
Vous ne craignez pas que cette déduction soit un peu prématurée ? Quand il s
'agit de faire tomber une tĂȘte, rien n 'est prĂ©maturĂ©.
Ce qui prouve la solidité de la peine de mort, ce sont les erreurs auxquelles
elle a survécu.
C 'est rapide.
Dalirac envoie la lettre anonyme, son patron la reçoit, il est désespéré et se
jette par la fenĂȘtre. Et voilĂ ! Le drame de l 'homme sensible.
J 'en aurais fait autant.
Pardon d 'ĂȘtre outrecuidant, chef.
Je m 'avance peut -ĂȘtre, mais si par hasard c 'Ă©tait quelqu 'un d 'autre qui
avait tapé sur la machine de M. Dalirac.
Adjoint Legray, vous n 'ĂȘtes pas outrecuidant, vous ĂȘtes con comme un
C 'est bien que c 'est normal.
Si vous étiez une lumiÚre, vous ne seriez pas adjoint, vous seriez
Réfléchissez un peu. Qu 'est -ce qu 'il se dit d 'un les racs ? Il se dit, si je
tape ma lettre sur une autre machine, on croira que le possesseur de l 'autre
machine ne taperait pas sa lettre sur sa propre machine.
Donc, le possesseur de la machine a tapé sa lettre sur sa propre machine.
Seulement, moi, je me dis, il croit que je vais croire que le possesseur d 'une
machine ne taperait pas sa lettre sur sa propre machine.
Donc c 'est le possesseur de la machine qui a tapé sa lettre sur sa propre
machine, voilĂ .
Je pensais que l 'enquĂȘte serait faite par un imbĂ©cile, manque de chance, tombĂ©
sur moi.
Pour des raisons extrĂȘmement personnelles, M.
Dallérac a proposé sa démission au conseil d 'administration qui, sur la
communication de documents un peu particuliers, a cru devoir l 'accepter
immédiatement.
Je suis donc heureux de saluer mon jeune et talentueux ami Paul Martin au
fauteuil que Brossard a, il faut bien le dire, Ă peine eu le temps d 'occuper,
et qu 'il abandonne au profit de celui de secrétaire général.
Cependant que M.
Frépillon, accédant hiérarchiquement aux derniers étages de la maison, devient
directeur général adjoint.
C 'est tout de mĂȘme une chose Ă©blouissante de pouvoir.
Je comprends, César.
Si j 'avais pris ma retraite, je n 'aurais pas connu tout ça.
Tu seras oĂč ça va ? Tous les espoirs te sont permis ? Comment ? Cocotte, n
'agace pas les malheurs.
La maison, à partir de certains étages, n 'est plus tellement sûre.
Ah non, non, non, n 'ouvre pas la fenĂȘtre.
C 'est ici que Beaumanoir a attrapé son angine, tu le sais bien.
Bon, je vais aller embrasser Paul.
J 'ai vu Ribonaporte, un petit secrétaire Lucas.
Maintenant, on peut se payer ça.
Si on avait dit qu 'on montrait jusqu 'ici...
Il va falloir envoyer ces
photocopies Ă l 'inspecteur.
Ce n 'est pas mal, cet homme -là , incapable, énergique.
Moi, j 'aime ça, les nerfs.
Qu 'est -ce que tu regardes ? Qu 'est -ce que tu regardes ? Oh ben toi, dis
donc, alors, comme hypocrite.
Tu es vraiment le roi des cocus.
Tu es vraiment le roi des cocus.
Avec un nĆud.
Tu sais que c 'est futĂ©, ça, mon minet, d 'avoir tapĂ© ça sur la machine Ă
dalerac. Que dis -tu ? Je te demande pardon.
Mais tu n 'as pas Ă me demander pardon.
Mais c 'est idiot de dire des choses comme ça.
Si on t 'entendait... Je te demande pardon de t 'avoir pris pour un pauvre
Quoi ? Avoue que tu cachais bien ton jeu.
C 'est largement... Oui, monsieur le directeur général.
à vos ordres, monsieur le directeur général.
Et puis, vlo, le coup du lapin. Le directeur général.
Tu sais que tu es un champion.
Mais dis -toi.
Tu vas taire, dis -tu, tu vas taire. Mon petit secrétaire général à moi.
Mon grand champion. Dis -tu, tu vas me raconter maintenant.
Et quoi, quoi te raconter quoi ?
Ne sois pas modeste, mon polo. Je veux parler de ton avancement. Tu as dĂ» ĂȘtre
formidable. Je te vois torse nu, couvert de sang, je suis Ă la main.
Les autres, tu les avais tués comment ? Quoi ? Je parle des autres, quoi.
Ceux d 'avant qu 'on se connaisse. Tu ne vas pas me dire que c 'était tant que
laissé. Ce serait trop beau, tu serais trop douée.
Si. Tu n 'es pas folle, non ? Oui, folle de toi.
Pire qu 'avant.
Mon veille de main, mon ravachol, mon barbe bleue.
Moi qui venais justement te parler de secrétaire.
Je vois que tu as ce qu 'il te faut.
Non, non, écoute, Daniel, je vais... Vous pouvez désormais m 'appeler
mademoiselle. D 'ailleurs, ça fera plaisir à madame.
Alors comme ça, c 'est gagné.
Oui, maintenant, je te réponds moi toute seule.
Oh, quand je pense. Non, mais quand je pense.
Pense plus à moi. Non, mais quand je pense que j 'ai fait tout ça pour avoir
foyer agréable et un garçon bien élevé.
Non.
Tu vas économiser sur les deux tableaux.
Plus de mariage et...
Et plus d 'enfants.
Solange, tu n 'as pas... Tu n 'as pas fait quelque chose de mal ? Si.
Quoi ? Je t 'ai menti, je n 'attends personne.
Que ça veut dire, je n 'attends personne ? Moi non plus, je n 'attends personne.
Il n 'y a jamais eu de petit Paul.
J 'ai dit ça pour te taquiner.
J 'étais jalouse.
Mais tu vois, maintenant qu 'on a les moyens... Qu 'on aurait pu lui faire
des études secondaires, je comme un regret.
Je suis sûre qu 'il t 'aura ressemblé, qu 'il aurait été tout pareil à toi.
Secrétaire général ? Assassin ! Assassin ! Assassin ! Je tiens l 'assassin. Ce n
'est pas un accident, c 'est un crime.
J 'ai l 'analyse du labo. La médaille a parlé.
Elle a tout avoué.
DĂšs lors, tout est limpide.
Comme une source coulant parmi des aides élevées.
Les empreintes sur l 'objet, l 'objet sur le lieu du crime.
On en a raccourci pour moins que ça.
On va raccourcir qui, monsieur l 'inspecteur ? Beaumanoir, voyons, c 'est
lumineux. Les lettres anonymes de l 'horrible d 'Alérac préviennent l
Marie que l 'affreux Beaumanoir a des relations coupables avec l 'abominable
madame Charolais.
Se voyant dĂ©couvert pendant la fĂȘte, l 'affreux tue l 'imbĂ©cile.
Seulement attention, Ă ce moment -lĂ , Baudu arrive, lui.
DĂ©duction, conclue, arrĂȘte et craque.
Le couperet tombe.
Qu 'est -ce que vous dites de ça, jeune Jean ? C 'était de la bonne police.
Le monsieur de Beaumanoir a avoué.
Celle -lĂ , c 'est la meilleure.
On refuserait d 'avouer Ă Baudu.
On ferait des ennuis Ă ce brave Baudu.
On forcerait Baudu Ă sortir ses outils.
Baudu les sortira tous, tous, tous.
Il avoue, le docteur Kranz.
Faites marcher son bain.
Quand j 'aurai fini de le pomponner, de le bichonner, il n 'y aura plus de
Beaumanoir, jeune homme. Il n 'y aura plus qu 'une bĂȘte gluante, le monstre
idéal, le coupable, l 'estampillé Baudu. Il aura assassiné tout le botin.
Buter la terre entiĂšre.
Abel, Marc -Antoine, le duc d 'Anguin et le regretté président d 'HomÚre.
Toute la lire.
Je lui offrirai alors une cigarette.
Que je lui allumerai moi -mĂȘme.
Bourdieu est comme ça.
Jugulaire, jugulaire.
Mais donnant, donnant.
Je vais le cravater de ce port.
En dépit de leur fréquence assez inhabituelle,
les promotions dont vous ĂȘtes l 'objet mĂ©ritent les chaleureux fĂ©licitations de
votre nouveau directeur général.
Cependant, en raison des divers assassinats, arrestations...
et menus désagréments qui agitent notre chÚre maison, c 'est dans la gravité qui
convient en pareille circonstance que nous allons gravir les échelons de notre
hiĂ©rarchie. Un Ćil dictĂ© sur notre devoir, cependant que de l
'autre, nous pleurerons la disparition de notre grand charolais dont la devise,
toujours plus haut, prend un caractĂšre d 'actualitĂ© extrĂȘmement vivant.
Tout de mĂȘme, ça doit faire quelque chose d 'ĂȘtre ici. J 'y ai Ă©tĂ© prĂ©parĂ©
par ma formation.
Oh, quand mĂȘme. Vous n 'avez pas peur ? Peur ? Peur de quoi ? Celui qui a la
conscience calme et l 'esprit libre plane au -dessus de l 'obscurantisme et
superstitions.
Mlle AndrĂ©a, je vous serai prĂȘt reconnaissant de bien vouloir me
désormais lorsque vous vous obtendrez.
Tiens, Martin, vous ĂȘtes lĂ ?
Je tenais absolument à vous féliciter, monsieur le directeur général.
Promotion bien méritée. Pas plus que la vÎtre, monsieur le secrétaire général.
Vous ĂȘtes souffrant ? L 'estomac.
à votre ùge ? On n 'a que l 'ùge de fésulcÚre.
C 'est amusant. Je le replacerai. Vous ĂȘtes plein d 'esprit.
Avec les compliments de l 'ambassade d 'Angleterre.
Frépouille ! Voici le frépouille. Je vous y prends, hein ? On fume déjà les
cigares du patron.
Je vous ai fait peur.
Vous savez pas oĂč vous Ă©tiez lĂ ? Je suis partout.
C 'est un jeu de mots.
Il est remarquable.
Tenez, offrez -moi un cigare. Non, j 'ai pas ça.
Vous n 'ĂȘtes pas dedans, vous.
La derniÚre fois que j 'ai fumé à Havane, c 'était dans un bunker, quand
nommé préfet de police le dernier jour.
Les voyous à Leclerc étaient à une portée de Mozart.
Sous -titrage Société Radio -Canada
C 'est Prépillon.
C 'est PrĂ©pillon ? Oui. Alors, oĂč est le nouveau directeur gĂ©nĂ©ral ? Lequel ? La
brossard.
Altaj en dessous. Merci.
Tape la main, Victor ! OĂč allez -vous ? Qui ça peut vous faire, vous ? Ătat
-mergeau, c 'est article 16. Répondez ! Monsieur
le directeur général !
Monsieur le directeur général ! Je suis parti ! Mais vous devez présider le
conseil d 'administration ! Vous devez pleurer sur le grand charolais et me
nommer officiellement secrétaire général ! Mais on l 'a bien fait pour les
autres ! Ouvrez ! Ouvrez ! Vous me faites rager l 'immeuble !
Le griffon et moi le bureau ! Et filez sur tout ce que vous voulez ! Partez de
chez vous ! Monsieur le directeur général, alors un peu de dignité ! Mais
notre jour J !
Le Panthéon ! Vous n 'allez pas nous faire rater une occasion pareille, non ?
Non ! Je ne veux pas monter lĂ -haut ! C 'est le bureau du malheur ! L
'antichambre de la mort ! L 'avancement qui fait cuit ! Allons, Brossard !
Brossard, portez à la fierté de Mme Brossard ! De Mlle Brossard ! Ah non !
une veuve et une orpheline ! Pas encore ! Ah non ! C 'est du rouge ! La
merveilleuse ! La sorciĂšre ! Ah non ! Non, M. Billy ! Le potaille Ă bascule !
potaille Ă bascule ! La sableur sĆur ! Le cigare Ă cuir !
Non ! Non ! Ah non ! Non ! Je ne suis pas directeur général ! Je démissionne !
Je suis un homme comme les autres, un inconnu ! Oh, passe Ă mon adjudant !
à mon adjudant ! J 'aime mieux la cour martiale et la corvée de patates ! Je n
'ai pas demandé à venir au monde ! Je ne veux pas aller au front ! Je suis un
garçon ! Je l 'ai, le Figaro ! Mademoiselle ! Mademoiselle ! Ne m
au cabinet noir ! Je vous copierai cent fois la rĂšgle du plus petit comme un
multiple ! Je suis jeune encore, j 'ai le droit de vivre !
Vous avez entendu ? Il a démissionné. Je suis directeur général adjoint.
Monsieur Martin ! Monsieur le directeur général ! Conseil d 'administration,
tout de suite ! Mais qu 'est -ce que vous racontez ? Martin est directeur
gĂ©nĂ©ral ? Ăvidemment, depuis 15 secondes. C 'est mĂȘme un de ceux qui a
plus longtemps.
C 'est un ami, je vous le ramĂšne. D 'accord, j 'attends lĂ -haut.
Martin, savez -vous qui est le directeur général ? Frépillant. Il est mort !
On vient le chercher.
Venez, ça vaut la peine.
Oh, il est superbe. Il est cum.
Il beurre de la mousse verte.
Mais venez, c 'est grandiose. Ăa fume, ça pĂ©tarade. C 'est Jumain 40.
C 'est Traquerque. Et infolingue.
Qu 'est -ce qui se passe ? On n 'entend
plus.
Il est parti avec le balcon.
C 'est dans ça le petit bruit de la scie.
Toi alors, tu n 'auras jamais fini de m 'épater.
On se demande oĂč tu vas chercher tout ça.
Monsieur le directeur général est là ? Monsieur Martin est en projection dans
nouvelle fave. Il a interdit qu 'on le dérange.
Alors, messieurs ?
Vous avez envie d 'applaudir, M.
Michelot ? Mon Dieu, M. le directeur général.
Que pensez -vous de ce que vous venez de voir, M. Tuiles ? C 'est assez
difficile Ă dire.
Dites -moi, jeune homme, bien que vous ne fassiez pas partie des cadres, peut
-on connaĂźtre votre opinion ? Mais la mĂȘme que la vĂŽtre, M. le directeur
général.
Comment vous appelez -vous ? Lambert, monsieur le directeur général.
Je travaille au rez -de -chaussée.
Je l 'aurais parié.
Vous pouvez disposer, monsieur.
J 'ai dit, vous pouvez disposer.
C 'est que j 'ai une requĂȘte Ă vous adresser, monsieur le directeur gĂ©nĂ©ral.
Vous mariez le mois prochain ? Oui.
Et monsieur Machepron, dont vous avez remarqué l 'absence, prématurément usé
ce qu 'il appelle les tragiques événements, doit prendre sa retraite
dans 15 jours.
Alors j 'ai pensĂ© que je pourrais peut -ĂȘtre solliciter de votre haute
bienveillance une attestation de votre future promotion.
VoilĂ .
Bon, ben, je vais y réfléchir.
Allez, mon petit.
Merci, monsieur le directeur général.
Merci beaucoup.
PrĂšs de moi est venu s 'asseoir un jeune homme vĂȘtu de noir qui me ressemblait
comme un frĂšre.
Tendresse, veux -tu prendre une lettre ? Tu la posteras Ă l 'adresse que je t
'indiquerai, si jamais il m 'arrive des bricoles pendant les semaines Ă venir.
Monsieur le procureur de la République.
Quoi ? Monsieur le procureur de la République.
N 'ayant plus que quelques jours à vivre, et désireux de mettre ma
accord avec la morale,
traditionnel de zen et de zĂšle de notre beau pays, je vais vous faire l
'historique de quelques petits événements.
L 'année derniÚre, au mois de mai, M. le Directeur Général
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