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On jette l'éponge, non ?
Je crois, oui.
Quoi ?
Ils dorment.
Je sais. Tu crois que...
- Je vais à l'hôtel ? - Ce serait trop radical.
Je sais, mais...
Ou je pourrais dormir sur le canapé.
Non.
C'est pas la peine. On va...
Quoi ?
Coucou, mon grand.
Tu dors pas ?
Vous vous disputez ?
On ne se dispute pas du tout.
On ne se dispute jamais.
C'est vrai.
Recouche-toi, mon cœur.
Viens, Charlie.
Sors de là.
Au pied, Charlie.
Allez, viens.
- Notre baroud d'honneur. - Quoi ?
- Puisque... - Ah oui.
L'autre jour, on regardait un docu apocalyptique,
les météores, les guerres, tout ça.
Il avait un regard bizarre.
À la fin, je lui ai demandé :
"Ça te fait quoi, ça t'angoisse ?"
Je pensais qu'il dirait : "Comment on peut arranger ça ?"
Que dalle.
Il s'en fout, de la fin du monde.
Il a répondu :
"J'ai eu une belle vie, pourquoi je serais triste ?"
Jalen, mon ado de 17 ans.
Il est brillant, il réussit tout ce qu'il entreprend.
Mais quelle drôle de mentalité !
Ça ne se voit pas physiquement, mais à l'intérieur,
j'ai encore 24 ans, maximum.
Merci. La ferme, Stephen.
Sérieux, je veux pas que tout s'arrête. Vous, si ?
Cela dit, il vit dans un monde
où on peut faire sauter la planète à tout moment.
Et nous, on a connu la guerre froide.
- Rien à voir. - Oui, on avait peur.
- Pas lui. - Il est vivant, il fonce !
Il fonce, tous les jours. Il envoie, tous les jours.
C'est vrai.
Et ça le met en joie.
Vive la joie !
C'est beau, quoi.
De s'en foutre d'être comme les autres,
d'être un adulte.
Putain !
- Tu parles de moi ? - Non, quelqu'un de vivant !
Sympa.
- Je rigole. - Pas toi.
C'était pour rire.
Tu es très vivant, chéri.
- Trouvé ! - "Chéri" ?
Merde !
- La vache. - Ça va ?
Ça va ?
C'est pas vrai. Tu t'es fait mal ?
- Le tapis... Désolé. - Bordel de merde !
- Balls ! - Désolé.
J'y retourne. Non, laisse.
- Le lait ! - Je retourne en chercher.
- C'est pas loin. - Reste, ça ira.
- À chaque fois... - Désolé.
Ce qui est lait est lait.
Ça suffira pour toi.
Sans déc !
- C'est tous les jours. - C'est bon.
Ça va ?
Oui, mais je suis un peu stressé.
Oui, je vois ça.
Un des acteurs
peut pas jouer samedi en matinée, si tu veux venir.
Putain. Tu connais tout son texte ?
Oui, et celui de tous les disciples.
- De Jésus ? - Oui.
Par chance, j'ai une barbe fournie. J'ai l'air d'un disciple ?
Je m'y prends mal ? Pardon.
- Je rêve. - Ça arrive souvent.
Je suis toujours à moitié dans le texte.
C'est la croix de ma sublime épouse.
Bien sûr, saint Paul.
Vivre avec un artiste, c'est ça, les amis.
Au fait, à Oyster Bay, on prend la grande chambre.
- C'est trop tôt. - C'est dit.
- Pourquoi pas ? - C'est loin !
Laisse, ils sont jeunes mariés.
Vous préférez le nid d'amour au grenier. C'est parfait.
Tu sais pourquoi ?
C'est là qu'on a conçu Jalen.
On ne va plus faire de bébés.
Va savoir. Non, exact.
Vous avez pas fait les deux premiers comme ça.
- Ça suffit. - Pas vrai ?
Arrête.
- Il faut baiser. - Tais-toi.
- Désolé. - On baise, mais...
On va peut-être s'arrêter là.
Vous les avez eus en baisant ?
Tu as trop fumé.
Je croyais que vous aviez fabriqué un zygote.
- J'en peux plus. - Christine.
- Quoi ? - Tu fais tes cookies ?
Pourquoi, ça sent ?
Ah bon ?
Non, je crois que c'est l'odeur de ma cuisine.
En plus, j'ai réchauffé les plats au four.
Tu veux un dessert ?
Notre Uber arrive.
On a des biscuits.
Vous voyez Macauley Culkin ? À la fin, il était changé à jamais.
- J'y ai cru. - On les raccompagne.
- Tu lui as demandé direct ? - Oui, elle a menti.
Elle les cachait, pour après notre départ.
Pour se défoncer encore plus, tu crois pas ?
Christine, quand elle plane pas...
Elle est de mauvais poil.
On a bien fait de rien dire.
Ils auraient pas pu encaisser.
J'en ai peut-être fait un peu trop.
Sérieux ?
Quoi ?
Parce que tu m'as appelé "chéri" une fois ?
Genre...
Si c'est ça,
pour toi, en faire trop...
T'en as pris un ?
Tu m'étonnes.
Quand je suis allée aux toilettes,
c'était pour le voler.
Tu risques de planer grave.
C'est l'idée.
Et puis merde.
T'en as mangé plus que moi.
C'était une belle connerie.
J'adore !
Tu fais quoi ?
Qu'est-ce que je fous ?
Merde.
Ça va ?
Toi, ça va aller ?
Je crois, oui.
Toi, ça va ?
Le cookie fait pas encore effet.
Ça va aller.
Ça va aller.
EST-CE QUE ÇA FONCTIONNE?
Bordel.
Ça va ?
Je voudrais boire un verre.
C'est 15 $ l'entrée.
Pour un verre ?
C'est un comedy club.
C'est drôle ?
C'est 15 $, mec.
Vous l'avez dit.
J'ai pas de fric sur moi.
Je sais pas quoi vous dire.
- Bonne chance. - Merci.
Pourquoi elle paie pas ?
Elle s'est inscrite.
Alex Novak, en bas dans deux minutes.
C'est moi.
Vaudrait mieux descendre, alors.
- Où ça ? - Juste derrière toi.
En bas des marches.
Laisse ta veste avec les autres.
- Ici ? - Oui, on surveille.
C'est différent.
Ça peut pas être qu'un plan cul, avec une femme.
Il faut lui payer à dîner, au minimum.
Avec les hommes, c'est moi, le dîner.
C'est plus facile, c'est plus simple.
- Désolé. - Ça va ?
On m'a appelé.
Quand tu vois la lumière, tu dégages.
Voilà. Parle aux gens, amuse-toi.
Je sais, je m'en vais. J'y vais.
Rolo, messieurs dames. C'était très drôle.
Bon, j'ai plein de noms d'habitués sur ma liste,
alors pour changer un peu,
veuillez applaudir Alec Novak...
Alec Novak.
Alec Novak, messieurs dames.
J'ai pas vraiment de blagues.
En fait, je m'appelle Alex Novak, madame.
C'est rien.
Mes parents vous en voudront pas.
Je vais vous raconter quoi ?
Je crois que je vais divorcer.
Ce qui m'a mis la puce à l'oreille, c'est que je vis en appart, seul.
Sans ma femme et mes enfants.
C'est assez clair, comme indice.
J'ai été marié pendant 20 ans.
Deux ans de fiançailles.
Trois ans ensemble avant.
Et on s'était rencontrés encore un an avant.
Soit 26 ans.
C'est logique.
Ma femme disait que vivre avec moi,
c'était presque un marathon.
Je sais pas trop ce qui est arrivé...
à mon couple.
Je suis rentré un jour.
Ma femme jusqu'à nouvel ordre...
Elle s'appelait Tess.
Elle s'appelle toujours Tess.
Je la laisse garder ce prénom après le divorce.
Donc je suis rentré,
on a eu une conversation, et quelqu'un a dit...
"On peut dire
que c'est fini ?"
Et on est tombés d'accord.
Je crois que c'est elle...
Elle avait raison,
je suis pas attentif.
Je suis rentré.
On était d'accord tous les deux que c'était fini.
C'est génial,
d'être au moins d'accord là-dessus.
C'était moins génial pour nos enfants.
C'est bon, ils ont dix ans.
Ils sont pas jumeaux.
On les a eus coup sur coup.
Pourtant,
leur mère était un mauvais coup, alors je suis parti.
Allons.
On est là pour rire,
je croyais que c'était un spectacle de comédie.
Bref.
Je crois que j'ai gagné mon verre.
Quoi d'autre ? Moi, c'est Alex.
Alex Novak.
Pardon, il y a des WC ici ?
Maintenant, faites du bruit pour Jill McKenzie !
La voilà.
Applaudissez Kemp, c'est la meilleure.
Ça va ?
Les côtés sont tout fins.
Donc les côtés, le milieu, c'est pareil, quelle que soit la taille.
Vous voyez ? Et quand on l'enlève...
En gros, faut choisir une lèvre.
On a conquis toute l'Europe
On dira jamais stop
Vos gueules. Je vous explique.
Ma pote me donne de mauvais conseils pour que je me sente mieux.
Elle est canon.
Elle a la chatte assez mince pour le minislip.
Qu'est-ce qu'elle m'a dit, déjà ?
Elle a parlé de limites, vous voyez ?
Vous en parlez entre vous ?
T'es novice ?
"Tu dois fixer des limites."
Soutiens les collègues.
"Mon mec doit m'envoyer un SMS tous les soirs :
'Bonne nuit, je t'aime', ou c'est fini."
Elle me dit qu'il lui envoie le SMS tous les soirs, donc tout va bien.
Je l'ai remerciée.
Si je dis ça à n'importe quel mec, il répondra :
"Parfait. J'hésitais, mais tu dégages, meuf."
Je demande pas un service, je veux juste un mec...
Je dois trouver mieux.
Les mecs de mes copines courent 10 km le week-end pour le plaisir.
Mon ex m'interdisait de toucher ses cartes Magic
par peur que je les torde.
On m'a rien dit sur le nouveau cul de ma sœur.
J'aurais apprécié un avertissement.
Un mot, quelque chose.
"Reggie, va à la cuisine,
y a Meg Thee Stallion."
Je bade d'avoir maté le cul de ma sœur.
Sur PS5, un jeu de kung-fu.
Qu'est-ce qui va se passer, maintenant, entre maman et toi ?
Comment ça ?
Vous nous avez dit que vous étiez séparés.
Vous allez divorcer ?
- Vous vous souvenez du dragon ? - Quel dragon ?
À la fête de l'école, le grand dragon rouge.
Tu parles du lion ?
On aurait dit un dragon.
Il y avait que deux danseurs.
- Quel rapport avec un dragon ? - Un lion.
Bref, lion ou dragon...
- Lion. - Il était grand et courageux.
C'est ce que j'attends de vous.
T'as rien compris. Le lion mange la salade,
signe de prospérité pour le nouvel an.
Voilà, c'est ça.
Exactement, oui.
Tu vas nourrir le lion ?
Moi ? J'en sais rien.
- Et toi ? - Oui.
J'ai des buts à atteindre cette année.
Tu en as aussi ?
Bien sûr.
Papa, tu devrais avoir des objectifs.
Bonne nuit.
Sous la couette, allez.
- Je t'aime. - Moi aussi.
- Je t'aime. - Allonge-toi.
Allez, bonne nuit.
Et on ne bavarde pas.
- Je n'ai rien dit à ton père. - Quoi ?
Non, c'est pas entre nous. Pas de secrets.
Les garçons savent tout.
Ne me fais pas honte. Ton père n'est pas au courant.
- De quoi ? - De la séparation entre maman et moi.
Dis-lui, papa.
- Super. - Oui, ça n'a rien à voir avec moi.
- Dis ça à mon couple. - Tu exagères.
Arrête d'être jaloux de mon amitié avec Tess.
Je l'adore. Je l'aime très fort.
- Papa. - Quoi ?
Et tu sais quoi ?
Vous avez toujours été très différents.
Et pas papa et toi ?
- Ton père était un immigré. - Je sais.
J'ai toujours été attirée par l'exotisme, voilà pourquoi ça marche.
Sérieux !
Je parle devant les enfants, puisqu'il n'y a pas de secrets.
Je sais.
Il faudrait savoir.
Pour l'amour du ciel.
Felix, à toi.
Maman, il te reste...
des jus de fruits ?
Ton père a tout bu.
Il y a des petits bretzels.
Tu les as mis un par un ?
Au début, oui, puis je les ai collés ensemble.
Sauf un ou deux.
Il y a même la moutarde et le ketchup.
Mais le vendeur a pris sa journée.
Comme tous les habitants.
Tout le monde est en congé.
Elle croit que je ne sais rien, mais je sais.
Tiens, pose ça.
Je n'en fais pas un fromage.
C'est pas rien, papa, je crois qu'on va divorcer.
Doucement.
Doucement.
N'en laissez pas une miette.
Mamie, tu as des flans ?
Dans le frigo.
Non, personne n'a trompé personne.
Alors, c'est quoi, le problème ?
Je ne sais pas...
C'est compliqué.
"C'est compliqué."
J'en sais quelque chose.
Ça va aller, pour papa ?
Bien sûr. Pourquoi ?
Je sais pas, il est loin, tout seul.
Il n'est pas seul.
Il adore quand vous dormez chez lui.
Mais il dort sur le canapé.
On prend son lit.
Oui, c'est trop bien.
Chouette.
Fait chier.
Bonsoir, je m'appelle Alex Novak.
Comment ça va ?
Cette fois encore, je voulais pas payer 15 $,
alors je monte sur scène.
Non, je déconne.
Non, je déconne...
J'étais prêt à payer, cette fois,
mais je voulais...
Je me suis dit que je voulais m'amuser, ici, ce soir.
Vous aussi ?
Je viens de me faire virer.
C'est la 5e fois que je me fais virer, putain.
J'ai eu que trois boulots.
Donc j'ai été viré deux fois de deux boulots.
Les WC, c'est au fond à droite.
Non, je suis le prochain.
On m'a appelé.
J'ai une Tesla.
J'ai une question.
Vous pouvez arrêter de rayer ma putain de voiture ?
Au bout de deux mois,
le psy fait venir mes vieux pour la journée des parents,
pour faire un bilan de mes progrès.
Je suis ado, à ce stade.
Mes parents viennent, et Pete leur dit :
"Alex s'épanouit, voici ce dont on a parlé,
ce qu'il ressent à tel sujet, pour telle dynamique à la maison..."
Mes parents l'écoutent.
Dans la voiture, après...
Je m'en souviens.
J'étais à l'arrière du break de ma mère,
mais mon père conduisait.
C'est toujours lui qui conduisait,
même la voiture de ma mère.
Et je me souviens d'elle sur le siège passager.
Elle s'est retournée,
elle m'a regardé et elle a dit :
"Comment oses-tu raconter tous nos secrets de famille ?"
J'ai répondu : "Vous m'obligez à parler à ce type.
Vous le payez pour qu'il écoute mes problèmes.
C'est votre faute. C'est vous qui m'y emmenez !"
C'est dingue, comme...
Comme si ta copine
t'emmenait à une partouze
et qu'elle te disait :
"J'en reviens pas que t'aies baisé tous ces gens."
"C'était le but, non ?
Tu savais où j'allais. J'étais à poil dans la voiture."
Bref, voilà.
Ça commençait à être drôle, mais j'ai fini.
C'est génial. À la prochaine fois.
Je reviendrai, on se retrouve ici.
C'était Alex Novak. Merci beaucoup.
Le dépressif, tu restes ? Dernière banquette à droite.
De vrais comiques, à suivre.
Merci.
Oui, ça détend. Comme être avec mon chien.
- Je peux m'asseoir ? - Il est revenu !
Je me souviens de toi.
- Salut. Dan. - Alex.
C'était bien ? Je pensais pas te revoir.
- J'étais si nul ? - Franchement...
- C'était nul. - Non.
T'es dans quoi ?
Il veut un job.
Dans la finance.
Tu veux un site utile ?
- Envoie-moi des DM. - D'accord.
Toutes les scènes ouvertes : badslava.com.
Continue à y aller.
Faut y aller cinq à six fois par semaine.
Cinq à six ?
Parfois, cinq le même soir. Les longues soirées.
Si tu veux travailler une blague, tu enchaînes.
T'as 5 min dans la petite salle.
- Alex. - Ravie.
C'est la patronne. Et lui...
- Donc... - La regarde pas dans les yeux.
Baisse le regard.
La ferme. J'ai quatre salles.
Tu vois la scène du bas, où tu étais.
Fais pas le malin devant Laverne et Shirley !
On vous emmerde !
- On bosse. - Laverne, c'est moi.
- Redis-moi ton nom. - Alex.
Viens ici.
- C'est mon esclave blanc ! - Boucle-la.
On vous le laisse.
- Viens parler à de vrais humoristes. - Ça va ?
Tu tiendras ma poche à la sortie.
La comédie, c'est pas une prison, Dan.
Il a la trouille.
Dan, lâche-le.
- Il est flippé. - Tout pâle.
Relax. Tu montes souvent sur scène ?
Je sais pas, c'était que ma 2e fois.
Mon daron me laissait regarder Def Comedy Jam à 6 ans,
en faisant semblant de l'interdire.
"Ta belle-mère et moi, on regarde ça, sur HBO.
Monte voir autre chose."
Avec un clin d'œil. Dingue !
Je me suis fait choper par mon daron. Je cherchais du X.
Les émissions de la nuit, genre Taxicab Confessions.
- Pur Sexe. - Du porno, quoi.
Je suis tombé sur Def Comedy Jam, avec Greer Barnes
qui parlait de Mike Tyson et Arnold Schwarzenegger en codétenus.
J'étais mort de rire. J'ai fait : "C'est un boulot, ça ?"
Il a dit : "Oui, après tes études."
- J'étais lancé. - Faut trimer.
Ouvre ton journal, Anne Frank. Au boulot.
- Quoi ? - Vous notez tout ?
- Je lui dis d'avoir un journal. - Faut écrire.
Ça se travaille.
Il faut écrire.
CNN dit que c'est officiel,
d'après les chercheurs...
D'après les chercheurs, c'est officiel,
les hommes mûrs sont plus sexys.
Victoire.
On a même convaincu les femmes que rien n'est plus sexy
qu'un "dad bod".
On a la cote !
On n'a rien à perdre.
On peut faire passer quoi d'autre ?
C'est super sexy, d'être pauvre.
- Il l'a volé. - Tu peux pas...
Il s'en sert pas.
Regardez qui est là.
- Salut. - Papa ?
- C'est pas ton tour. - Je confirme.
Je sais, mais il y a une surprise dehors
qui a un rapport avec ça.
Une voiture ?
Pas sûr que ce soit le terme juste.
Venez, elle est devant.
Attendez, on prend le petit-déj !
C'est stylé !
Elle est pas belle ? Attendez.
Trop cool.
Je prends votre mère.
- À quoi tu joues ? - Je t'immortalise.
Au moment où tu découvres cette beauté.
- Je suis pas d'accord. - Tu as ta matinée.
Pour faire quoi ?
Je sais pas. Les JO, c'est dans deux ans.
Imagine ce que tu peux faire.
Pardon ?
Les JO, putain ?
Il trouve ça drôle ?
Je l'emmerde !
Il croit que c'est à moi que je pense ?
Non, c'est pas le cas.
Non, c'est pas ce qu'il a dit. Il dit jamais rien.
C'est lui tout craché !
T'es bien placée pour le savoir, t'es sa mère !
Marilyn !
J'ai sonné.
Je déteste le téléphone.
Je voulais te voir.
Entre. T'es mignonne.
Jan ne sait pas que je suis partie. Je dois rentrer.
Vous êtes en état de choc, c'est tout.
Ça va.
Je voulais te dire une chose.
Enfin, deux choses.
Primo...
Donne-toi
la permission
de ressentir ce que tu ressens.
Sans filtre.
Deuzio,
les JO, c'est dans deux ans en effet.
Je rêve.
Marilyn, va te faire foutre !
- Mais j'ai compris. - Oui ?
J'ai compris.
Je crois.
Viens là.
Tu vas baiser ?
Illico.
Il te faut de la bite.
Bien profond. Pas de la baise de charité.
Ou c'est ce qu'il te faut ?
- Y a plus que ça qui marche avec Balls. - C'est vrai ?
Vous baisez clairs, parfois ?
Non, je le déteste trop.
Red flag.
Sans déc.
Je vais rejouer en club.
Et je sonde mes contacts pour entraîner.
Ça m'inquiète.
Pourquoi ?
Tu as une vie bien remplie.
Tu te réduis pas à cet exploit incroyable.
Alors j'espère
que, le temps ayant passé,
tu peux retourner dans ce monde sans te mettre trop la pression.
C'est impossible, maintenant que tu l'as dit.
Je veux juste te rappeler tes autres exploits.
Comme quoi ?
Comme être une mère.
Cette maison.
Je me contrefous du volley. Tu es géniale.
Venez, mes toutous.
Venez, mes bébés.
Viens, Charlie.
Contre moi.
Viens là.
Oui, bébé.
Maman !
Débarrassés des poux ?
Je suis sur le coup, mais...
Lui, c'est bon. Lui, j'ai pas fini.
- On va s'inspecter. - Il va te filer des poux.
J'essaie de voir...
- C'est des pellicules ou bien ? - Il te reste du sopalin ?
Oui, je suis passé chez Costco.
Il y en a dans la chambre.
Pourquoi ils sont chez le médecin ?
Donc tu te sers de notre ancienne armoire ?
Oui, je l'ai sortie du garde-meuble.
- Tu veux que je la remette ? - Illico.
Non, c'est juste qu'on en a pas parlé.
Oui, désolé.
- J'aurais dû te demander. - C'est rien.
Vous aimez votre nouvelle coiffure ?
Il me faut ce sopalin.
On va l'adopter.
Bouge pas !
Même sans poux, vous garderez ce look.
Je crois que j'ai des poux.
Tu en vois sauter sur mon crâne ? Pourquoi tu...
Tu vas y passer, ça vaut mieux.
Il y en a un entre tes dents.
- Maman est enceinte. - C'est clair.
- Tu t'es tapé un pou. - Les garçons, ça suffit.
- Tu dis qu'on attrape les poux comme ça. - Ah bon ?
Non, c'est une blague, parce que la vidéo parlait des bébés.
C'est une blague.
Tu t'es tapé un pou ?
Mais t'as des lentes.
- Si, tu t'es tapé un pou. - C'était un secret.
- Toi aussi. - Tu t'es tapé un pou !
Allez répéter dans votre chambre. Au boulot.
C'est bon.
Pas trop fort.
On monte le son.
- Non, justement. Je rigole pas. - Où est l'enceinte ?
Tu vois vraiment rien ?
- Ni piqûres ni... - Je crois pas.
Cela dit, à force de regarder, ça me gratte.
Je dois en avoir. Tu m'examines ?
D'accord.
On a parfois des petites piqûres.
Regarde bien partout.
"Under Pressure" ?
C'était donc ça.
T'avais pas reconnu ?
Non, pas les 40 000 premières fois.
Ils sont obnubilés.
En boucle.
Ils jouent dans longtemps.
Je me demande d'où leur vient cette rigueur.
Les pauvres.
J'inspecte encore ici.
Je vais tâter le terrain
pour postuler comme entraîneuse.
T'étais en ville pour ça ?
Non, je suis venue parce que tu m'as appelée.
J'ai cru, parce que tu as dit que tu arriverais vite.
Je voulais voir le centre de réadaptation à mi-temps de nos enfants.
T'as compris l'ambiance.
C'est très réussi.
J'ai parlé à aucun programme encore, mais...
Je trouve ça super.
Ils se battront pour t'avoir.
Je trouve ça super aussi.
Je crois que c'est bon.
Tant mieux.
Tu veux te doucher,
pour te rincer avec le shampoing antipoux ?
N'hésite pas.
C'est au fond, à gauche.
Tu vas y arriver.
J'ai lu que le fantasme ultime des mecs...
- C'est pour ? - La scène ouverte.
Ici, inscris ton nom.
T'es le suivant.
- Déjà ? - Oui, prépare-toi.
La lumière me dit de partir.
La lumière !
Oui, la lumière...
J'ai oublié son nom.
Yo, ça va ?
J'espérais juste entrer pour observer ce soir.
J'ai 15 $ sur moi.
Non, garde-les. Offre-toi un truc sympa.
- Entre. - Merci.
Pas de souci. Mais d'abord, finis ton sandwich.
Faut que je finisse ?
Mets-toi à l'aise.
Je peux ?
Oui, il y a personne ici.
Ta soirée se passe bien ?
Plutôt pas mal.
Je suis allé à une autre scène ouverte...
J'ai 25 ans de métier, et j'adore ça, je veux rien faire d'autre.
Ce qui me plaît, c'est ton innocence. C'est pas de la naïveté.
Ça fonctionne.
T'as une idée, tu l'écris et tu vas sur scène.
C'est une thérapie, ça parle aux gens.
- Je sais pas. - Tu sais rien.
Mais je sais qu'ici, je me sens...
Oui, c'est un refuge.
Bien mieux.
Tu es bon.
Nul en stand-up, mais un type bien.
Tu as bon cœur, tu as quelque chose de pur.
Je vois bien, t'es venu par hasard et t'es tombé amoureux du stand-up.
Même si je me sens insulté, merci.
Tu es mauvais, très mauvais.
L'épilation faisait pas mal.
Elle a fini d'un coup, j'ai pas compris.
Elle a dit : "Vous avez un triangle."
"Vous avez un triangle."
Elle m'a fait...
Je peux prendre votre serviette ?
Ce à quoi je m'attendais, c'est ça.
C'est ce que je voulais, d'accord ?
Vous voyez ?
C'est raisonnable.
Elle m'a fait...
Voilà.
C'est ridicule !
Regardez ce que je vous montre.
Ça va pas, c'est minuscule.
J'ai apporté mon verre.
- C'est pas grave ! - Ça va ?
Attendez, je vais le poser là.
Sers-t'en !
C'est bon ? Je le surveille, alors pas de...
Pitié, droguez-moi.
J'adorerais être inconscient ce soir.
Je vous en prie.
C'est vrai que tu fais de la magie ? C'est véridique ?
Oui, c'est mon vrai boulot.
Un de mes gamins est fou de magie.
Il va fêter son anniversaire chez sa mère, et je veux contribuer.
T'es susceptible de faire ce genre de choses ?
Oui, ça peut se faire.
Je bloque pas ?
Ça ira, ils vont pas bouger de toute façon.
Ça fait pas doré du tout.
J'aurais dû choisir les ballons.
Quoi ?
- Entre. - Je connais pas le protocole...
Quoi ? Amène-toi.
On va s'éclater.
Tu m'aides pour le buffet ?
Prends les crudités au frigo. Il y a deux paquets.
Seulement les carottes, en fait. Ils touchent pas au reste.
Salut, mon grand.
Tu t'amuses bien ?
- La magicienne est bien ? - Top.
Ton père s'excuse, il est encore parti en balade.
Le voilà !
Charlie aime pas être dans les bras.
C'est son nom ?
- Oui, tu savais pas ? - Non !
- Depuis tout ce temps ? - T'es en forme.
Tu trouves ?
T'as perdu du poids ? C'est un nouveau pull ?
Non, je l'ai depuis un bail.
Porte-le plus souvent.
T'es rongé par le remords.
- Pardon ? - Christine.
- Quoi ? - Ne dis pas ça.
Pourquoi ? De quoi tu parles ?
C'est ton nom ?
Je t'ai fait quelque chose ?
Si c'est le cas, si tu m'en veux, alors...
Non, laissez tomber. Je viendrai pas à Oyster Bay.
Pourquoi ?
C'est la fête !
Cours !
Allez, Jude !
Elle a eu le message !
Vous allez participer, OK ?
On le fait tous les trois ?
Oui, tous les trois.
Je crois que j'ai abusé.
Je savais pas que je tenais le chien.
C'est parfait.
C'est pas à cause de moi que tu renonces à Oyster Bay ?
Non, pas du tout.
Viens. Y a pas de raison que ce soit gênant.
Comme maintenant ?
Désolé de m'être énervé, tout à l'heure.
Je me suis senti attaqué.
- Pourquoi on en parle déjà ? - Oui !
C'est loin.
Ils sont fous.
De vrais tarés du planning.
En tout cas, on a deux garçons merveilleux.
Pas vrai ?
Joyeux anniversaire, Jude
Joyeux anniversaire
Quel rapport ça a avec le vin ?
Aucun.
- Merci. - Merci à toi.
Tu as assuré, ils ont adoré.
- C'était génial. - Merci.
- Je tombe. Enchanté. - Mon pote.
- Moi aussi. - Balls.
- Balls ? - Oui.
Cool.
À chaque fois.
Fais pas le coup à ma mère.
À chaque fois quoi ?
Rien. Dis, qu'est-ce qui se passe ?
T'es toujours barbu, mais la pièce est finie.
- Mon perso me quitte quand il veut. - Tes persos.
Et je me dis que je peux intéresser les directeurs de casting,
sur ma lancée.
- Merci d'être venu. - Deux fois.
T'as même pas joué, la 2e fois.
Je sais.
Ce connard de Paul a dit qu'il était malade,
mais il est venu quand même.
Par chance, il a contaminé saint Paul.
J'ai joué 15 jours.
- Le pied. - Coup de bol.
Et on m'a dit que j'étais...
meilleur.
Que lui ? J'en doute pas.
On m'a reconnu dans la rue. On m'a pris pour un vrai disciple.
Mais c'était peut-être un fou de Dieu.
Pas un fan de la pièce ?
Il l'a vue plein de fois.
Je crois qu'il a vu presque toutes mes prestations.
J'ai pas dit que j'étais doublure.
Mais on parlait de toi.
Putain, arrête de changer de sujet.
Je reformule.
Qu'est-ce qui se passe, mec ?
Il se passe rien, mec.
Comment elle s'appelle ?
Très bien.
Tu promets de rien dire ?
Non. Comment elle s'appelle ?
C'est le stand-up.
Je connais pas ce pseudo. C'est une star ?
Non, je fais du stand-up sur scène, en ville.
Quoi ?
Pour passer le temps ?
Je vais pas démissionner et partir en tournée.
Franchement, j'adore ça. C'est super.
C'est assez incroyable, et terrifiant.
Mais j'aime vraiment ça et j'ai hâte d'y retourner.
- Fait chier. - Quoi ?
Je le savais.
Tu savais quoi ?
T'as toujours été le comique de la troupe.
Depuis la fac. Et si tu te lances pour de bon...
Je me lance pas.
Tu vas tout déchirer.
Et ça me tue, mais je déteste cette idée parce que...
ça me rassurait que tu aies choisi une vie rangée, pépère.
Alors que moi...
je prends des risques, c'est mon truc.
Sérieux, Balls.
Je sais, c'était lourd à porter.
Je veux pas de malentendu : j'ai pas de copine.
- Fais ce que tu veux. - Juré.
T'as pas à te justifier, t'es célèbre.
- On s'en fout. - Tu délires ?
T'as à te justifier auprès de personne.
Ni Tess ni personne.
Et elle a pas à se justifier auprès de toi.
De quoi ?
De rien.
Tess a quelqu'un ?
Non.
Elle cherche ? Je sais pas, je crois pas.
Mais elle cherche, oui, peut-être.
Christine te l'a dit ?
Qui ?
Christine.
Dit quoi ?
Que Tess a quelqu'un.
Non, elle l'a dit ?
C'est ce que je te demande.
- Quoi ? - T'as des infos ?
- Christine dit quoi ? - Elle dit quoi ?
Je te le demande.
Olga ?
J'ai sorti la poubelle. Autre chose ?
Non. Merci.
Tant mieux. Merci à toi.
Tu t'en vas ?
Je finis de ranger.
Oui, il faut que j'y aille.
Comment ça va ?
Génial.
Purée. Je m'appelle Alex.
Vous êtes en forme ce soir ?
Bien. Moi aussi, je suis en forme.
Je viens de me séparer de ma femme.
Merci.
Et je crois qu'elle a peut-être quelqu'un.
Oui, je viens de l'apprendre.
Et je gère super bien.
N'est-ce pas ?
J'ai fait une liste
de scénarios catastrophes, ça me paraît plutôt sain.
Numéro un,
c'est un radiologue.
Ça voudrait dire que c'est quelqu'un d'instruit,
de noble,
et qu'il est pété de thune.
Affreux, le numéro 1. Numéro 2,
c'est un surfeur.
Le surf, c'est cool.
Ces mecs-là ont l'air hyper cools,
ils savent tout faire et ils ont des vieux pickups.
Ils se foutent de vivre pieds nus.
Ils ont jamais de mal à ouvrir un bocal.
Vous voyez ?
Ils ont pas besoin de se couper les cheveux
et ils sont toujours bronzés.
Et ils ont l'air d'avoir les avant-bras très musclés.
On imagine direct la personne, la femme qu'on aime,
avec un mec aux avant-bras musclés.
Moi, j'ai les avant-bras atrophiés.
C'est faux, je fais pas mal de sport.
J'ai ce que j'appellerais, ce que les femmes appelleraient,
un "dad bod".
Au fait, je me rends compte que les hommes ont bien joué
en convainquant les femmes qu'une bedaine de daron, c'est sympa.
"Il a un dad bod, trop bien !"
Comme si on s'était tous mis d'accord sur ce complot.
Vous me suivez ? Bref.
Donc, un radiologue, un surfeur.
Quel cauchemar,
si c'était un radiologue surfeur !
Parce que là, ce serait...
Genre, il va se pointer devant ma maison
avec sa superbe Porsche à la noix,
pour l'emmener dîner ?
Franchement...
Jill, c'est là que je sèche.
Continue ?
C'est là que...
J'ai écrit quoi, après ?
Ça dit quoi après l'histoire...
du dîner, sur le papier ?
"J'ai un petit pénis."
J'ai pas écrit ça !
"Un micropénis."
Je les suis !
Je les suis. Merci beaucoup.
Mon amie Jill, très serviable.
Au fait, si j'avais un micropénis, j'aurais pas oublié.
Au fait, c'est pas le cas.
Bref.
Allez savoir.
MICROPÉNIS
J'ai mis ça pour te rappeler d'avoir confiance en toi.
La chemise jaune, c'est pas possible.
Pourquoi ? Ça permet de classer.
Ça fait daron qui part au boulot. On fait pas ça.
On garde tout en tête, comme des adultes.
J'aime que tu l'aies écrit en majuscules, comme si c'était moi.
Comme un mec.
Je l'ai gravé.
J'ai imité ton écriture.
On peut pas savoir que c'est moi.
Je crois qu'on devrait baiser.
Toi et moi ?
Je délire ?
On devrait.
Je délire ?
On va baiser.
T'es infirmière ?
Non, je suis humoriste.
T'es infirmier, toi ?
Laisse pas mon chat sortir.
Jill ?
Et réponds pas à mon interphone !
- J'ai compris, ça va. - Pareil.
- Non, tu comprends rien. - Mais si.
Votre "Under Pressure" va tout défoncer ?
- Oui. - Tu me coinces.
- Papa ? - Oui.
- Tu es triste ? - Non, j'en ai l'air ?
Arrête.
Putain, les garçons !
Désolé.
Vous avez trouvé ça où ?
À côté de ton lit.
Sur la table.
Il faut pas toucher aux affaires des autres.
C'était sur la table de nuit.
- Je sais. - Sous notre nez.
- Mais... - C'est là qu'on dort !
Quand on trouve des affaires,
quand ça appartient clairement à quelqu'un d'autre,
faut pas y toucher.
C'est une règle de base.
Oui, mais c'est bizarre.
Je sais, c'est juste...
C'est un cahier de blagues.
Des blagues ?
Non, disons plutôt...
des ébauches de blagues.
- J'invente des histoires drôles. - C'est pas drôle.
Tu écris plein de trucs sur le radiolologue...
Et le surfeur.
- C'est quoi, un radiolologue ? - Tu parles de nous, de maman.
Oui, mais vous, vous existez vraiment.
Maman et moi aussi.
Le radiologue, je l'ai inventé. C'est un médecin.
Le surfeur est inventé aussi.
Ce sont des personnages. En gros...
J'invente des histoires
parce que...
les choses changent,
et c'est une façon de digérer tout ça.
Vous comprenez ?
Non, allez...
Écoute, rien de tout ça n'est vrai.
C'est pour de faux, d'accord ?
Allez, c'est pour de faux.
Ça n'existe pas dans la vraie vie, d'accord ?
Parfois, on se sert de son imagination
pour inventer des histoires,
des jeux, ce genre de choses.
C'est pareil.
C'est la même chose, pour les adultes.
Je sais pas ce que je fais.
Posez-moi des questions, je dirai la vérité.
D'accord, mais c'est bizarre.
Je sais.
La vie est bizarre.
Excuse-moi.
- Salut, Kemp. - J'ai un set pour toi.
Trop bizarre.
- Une scène ouverte ? - Non, un plateau.
C'est vrai ?
- Quand ? - Ce soir, à 20 h.
Ce soir, genre aujourd'hui ?
Non, je suis pas sûr de pouvoir...
Je suis pas sûr de pouvoir m'absenter.
Non, attends. Pardon.
Non, je prends. Tant pis, je prends.
Tout se passe bien ?
Oui, super, tout va bien.
- Les garçons, ça va ? - Nickel.
Je peux te les laisser quelques heures ?
- C'était pas prévu... - Sérieux ?
S'il te plaît.
Débarque pas à l'improviste, devant eux.
Ils vont croire qu'ils peuvent pas rentrer chez eux,
que je veux pas d'eux à la maison !
Franchement, c'est chiant.
T'es chiant.
C'est toi qui es chiante !
- Putain. - Tu vas où ?
Je vais me débrouiller.
- Tu vas où ? - Laisse tomber.
- Lucy ! - Parfait. Charlie !
- Au pied. - J'emmène tout le monde.
- C'est bon. - Et leurs laisses ?
Ça va aller, j'ai les miennes.
J'ai plein de laisses.
- Mamie ! - Avec les toutous !
Coucou, mes trésors.
Désolé, je sais que c'est au pied levé.
Je t'en prie, ravie que tu aies pensé à nous.
Tu plaisantes ? Bien sûr.
Ne donnez rien aux chiens.
Salut, papy.
- Papa. - Salut, fiston.
Non, je reste pas dîner.
On m'attend en ville, c'est pour ça que je suis là.
Il ne faut pas courir le ventre vide.
Lis entre les lignes, il a un rencard.
Un rencard ?
- Tu peux manger un morceau vite fait. - Non, je dois filer.
Tu as des flans ?
Je vous dis que je dois filer.
Il faut que je me change pour aller dans un comedy club.
Tu iras plus tard.
C'est mieux, parce qu'ils mettent les types les moins drôles au début,
comme faire-valoir pour les pros.
Je peux pas être en retard, parce que...
je monte sur scène.
- Je fais des scènes ouvertes. - Des quoi ?
Et on vient de m'appeler,
un comique maître de cérémonie m'accorde 10 min sur scène.
Je fais un passage.
- Toi ? - Oui, moi.
Je comprends pas, tu fais quoi ?
Tu racontes des blagues ?
En quelque sorte.
Plutôt des anecdotes marrantes sur ma vie.
Elle est marrante ?
- J'ignorais que ta vie était affreuse. - Mais non.
C'est pour ça qu'elle t'a viré !
- Elle t'a viré ? - Personne m'a viré.
Je suis parti. Maman, à quoi tu joues ?
Personne m'a viré, c'était d'un commun accord.
Tout le monde sait qu'on était d'accord.
Et je suis pas à plaindre, je suis heureux.
Le stand-up, ça me fait du bien.
- Ça m'aide. - Comment ?
En quoi ça t'aide que tout plein de gens se moquent de toi ?
- Ils se moquent pas. - Fiston.
Et j'aime les rires.
Tu sais quoi ?
C'est une crise de la cinquantaine, c'est tout.
Pourquoi tu ne t'achètes pas une moto ?
Une veste de motard.
Je t'aime.
Je vous aime tous.
À demain matin. Merci.
Reviens nous chercher en moto !
Il n'y aura pas de moto.
Non, ça n'a rien à voir avec un date.
Parce qu'il est marié,
avec des enfants,
depuis une éternité.
Oui, mais toujours en amis.
Il a appelé en apprenant que je m'intéressais au coaching.
Bienvenue.
J'ai rendez-vous...
Je le vois, merci.
Excusez-moi.
Ça va ?
"Préserve ta main, Roche !"
Arrête !
Je frappais de toutes mes forces et je faisais comme si je n'avais pas mal.
C'est la marque d'une championne,
ta concentration, ta détermination.
Sachant que tu voulais entraîner, je devais te contacter.
C'est vraiment flatteur.
Ça m'a fait très plaisir.
La moitié de l'équipe nationale féminine sort de notre programme.
Honnêtement,
ça me manque tous les jours depuis que j'ai arrêté.
Je savais qu'entraîner me permettrait de revenir,
mais au fond, je ne pouvais pas accepter de ne plus jouer.
C'était la base de mon identité.
Je comprends, mais vraiment,
entraîner, ça comble ce manque.
Ça t'oblige à t'adapter.
Tu arrêtes de dire : "Quand j'étais sur le terrain..."
Tu apprends à améliorer le jeu des autres
sans les comparer à toi.
Je vois. Formidable.
Ce n'est pas frustrant ?
Si ! C'est carrément frustrant.
Ça va de soi.
Ça le sera toujours.
Mais je peux pas te dire combien c'est satisfaisant
de participer à l'évolution du sport,
même sans jouer.
C'est ce qui m'épanouit.
Encore mieux, mes trois filles adorent ça.
Elles trouvent leur père cool.
Comment va Tracy ? C'était une machine !
Ça va.
Elle est à Salt Lake City, elle vit sa vie.
Pour le ski ou bien...
La polygamie.
Ça nous a pris au dépourvu, forcément,
mais tout est pour le mieux.
- J'ignorais votre séparation. - Il y a 7 ans.
Je dois dire que le célibat à la quarantaine bien tassée, c'est...
Quel est le mot juste ? Intéressant ?
C'est ça, le mot juste ?
Je serais perdu sans le coaching.
Ça m'a sauvé.
Mais assez parlé de moi.
Alex, comment il va ?
- Deux garçons ? - C'est ça.
- Ils vont bien ? - Super.
Enfin, ils s'adaptent...
Alex et moi, on fait une pause.
Désolé, je savais pas.
Non, ce n'est pas une pause.
On est séparés. Il est parti.
C'est fini.
C'est une bonne chose.
Franchement, je suis choqué.
Je vous prenais pour le couple idéal.
Moi aussi, mais...
En fait...
on s'est éloignés l'un de l'autre, disons.
Je comprends.
Eh bien, Tess,
je suis content d'avoir appelé.
Tu es fatigué ? Parce que moi, non.
Non, pas du tout.
On m'a recommandé un bar à côté, d'ailleurs.
Génial.
Je vais juste...
passer aux toilettes.
Je reviens.
Et merde.
Je te suis.
Sympa.
Non, je vais pas faire ça.
Jamais de la vie.
Tu passes, ce soir ?
J'espère, je suis en retard.
Putain, tu pousses !
J'ai été retenu, désolé.
J'ai cru à un lapin.
Quoi ? Non, pas du tout.
- Un verre ? - Non, c'est bon.
Une bière.
On se retrouve ici.
Après.
Sam Jay termine, tu as 2 minutes.
Tu vas cartonner.
"On peut pas faire un bébé en baisant.
Comment on fait ?
Il faut du jus, et je vais pas en acheter.
J'irai pas au magasin de jus demander du jus."
Elle s'est fâchée, elle m'a dit : "T'es conne.
On en a pas besoin, on peut adopter."
Donc on va au magasin de bébés acheter un bébé entier.
Moi, c'est Sam Jay. Merci beaucoup.
Applaudissez Sam Jay !
- Elle était excellente. - Grave.
- C'est fun. - Cool, hein ?
J'adore.
Le suivant...
Je suis ravi.
C'est son premier passage ici.
Envoyez-lui vos bonnes ondes et faites un max de bruit...
Il y en a un autre.
Alex Novak !
Ça va ?
Vous êtes en forme ?
Applaudissez notre MC, il assure !
C'est quoi, ce bordel ?
Moi aussi, j'assure !
Je te jure, je savais pas...
Moi non plus.
- Il fait du stand-up ? - Non !
Je loue un appart merdique
et je rembourse une maison où j'habite plus.
C'est rien.
Et j'ai mal à une dent, mais je sais pas où est mon dentiste.
Mon ex s'occupait de ça.
Mais sinon...
J'ai couché avec une femme.
Oui, comme je disais, ça roule pour moi.
Je pensais pas me faire applaudir un jour pour avoir baisé.
Genre : "Enfin, tu l'as fait !"
Donc j'ai couché
avec une femme,
après un certain nombre d'années de mariage.
Et c'était...
flippant.
Mais au moins,
j'ai pas été très bon.
Je crois qu'après 20 ans de mariage,
on a ses petites habitudes
en la matière.
Faire l'amour avec ma femme, c'était bien.
C'était super.
C'est comme quand on va dans un Airbnb.
On inspecte la cuisine, elle ressemble un peu à la nôtre,
mais avec quelques différences.
Genre, les cuillers sont pas au même endroit.
Alors on tâtonne, on ouvre des tiroirs...
J'ai fait ça sur un corps humain.
J'ai l'impression que les pratiques sexuelles ont changé
depuis l'époque où j'étais dans le game.
J'ai jamais trompé ma femme, alors c'est nouveau pour moi.
On s'en va ?
Elle poussait des cris presque bestiaux.
Je bouge pas.
Deux singes qui niquent !
Les singes, ça fait pas l'amour.
Personne les imagine comme ça,
les yeux dans les yeux,
disant : "Je t'aime.
On va jouir en même temps."
Ils font pas ces conneries.
Les singes le font en levrette, bordel.
Ou en singette, je sais pas comment on dit.
J'en sais rien.
Mais franchement, après cette expérience, ma femme me manque.
Je vous jure.
Ça m'a surpris
parce que...
on s'engueulait souvent, je dois dire.
Mais certaines de nos disputes commencent à me manquer aussi.
Oui, nos engueulades étaient...
psychologiques ?
Vous voyez ce que je veux dire ?
Tous les mecs le savent.
Pour nous, toute interaction
est un terrain miné, psychologiquement.
Comme quand votre femme ou votre copine devient mutique,
et qu'il faut deviner le problème.
Alors il faut poser la question la plus vague possible,
la plus générale...
Une fois, mon ex et moi, on était en voiture,
on rentrait de chez un ami.
Et elle disait pas un mot.
Elle était si silencieuse...
Vous avez vu L'Échelle de Jacob ?
C'était comme ça.
Je dévoile un peu mon âge, mais c'était ça.
Ce silence me faisait douter de ma propre existence sur la planète.
On est tous les deux
dans la voiture,
et j'ai la trouille de ce qu'elle va dire.
Alors je fais...
Je rassemble mon courage.
"Chérie, tu m'en veux ?"
Elle me regarde et elle dit :
"Parfois, j'aimerais que tu me parles
comme tu parles à tes amis."
Je réponds : "D'accord.
Mec, ma femme me rend dingue."
Vous avez été extras.
Merci beaucoup, c'était Alex Novak !
Merci, bonne soirée.
Allons-y.
Applaudissez bien fort Alex...
Alex, c'était exceptionnel !
Tu as été incroyable !
Un verre d'eau, s'il te plaît ?
- Laird. - Nina. Enchantée.
Alex fait aussi les mariages...
- On s'en va. - Oui, je comprends.
C'est chaud.
Vous êtes prêts pour le suivant ?
Commencez à applaudir,
faites du bruit pour la légende, M. Dave Attell !
Quelle soirée !
- C'était bien ? - Top. Je suis fière de toi.
- Juste avant Dave Attell. - Le cran !
Et surtout devant ta femme.
- Respect. - Comment ça ?
Tess est venue avec le grand Laird.
Tess est là ?
Ils sont sortis.
- Tu les as pas invités ? - Non !
La vache !
- Merde ! - Je te dis.
Tranquille, mec.
Attends !
- Quoi ? - T'as une baby-sitter ?
Non, ils font des falafels à côté.
- Ils sont chez tes parents ? - Oui.
- Qu'est-ce que tu fous ? - Et toi ?
Moi ? Plutôt toi !
Tu as tourné la page ?
Moi ? Tu t'es pointée avec Laird !
- Je lui ai dit au revoir. - N'empêche.
- Depuis quand tu le baises ? - Des années.
Ça fait longtemps...
- C'est arrivé qu'une fois. - Le stand-up ?
Désolé, j'ai cru...
Le stand-up, ça fait un moment.
J'étais la seule à pas savoir ?
Ce soir, c'était un grand moment.
Évidemment, c'est encore plus mémorable maintenant...
J'avais fait que des scènes ouvertes,
y avait moins de monde.
Pourquoi le cacher ?
Je m'avouais même pas que ça prenait de l'importance.
C'est sexy.
Vraiment ?
File-moi une taffe.
Tu me passes mes clopes ?
Sur la table de chevet.
Allume. L'interrupteur est juste là...
Voilà.
Il y a le briquet aussi.
Merci.
Tu fumes comme un pompier.
Ça me rappelle nos 20 ans.
Tu sais,
je m'accorde la permission de...
Marilyn ?
Parlons de Marilyn.
Pardon.
Putain, qu'est-ce qu'on fout ?
On se permet de baiser furieusement.
Pardon, désolé.
Je promets de plus parler de ma mère.
Non, c'est sexy.
Et les garçons ?
On peut le dire à personne.
Non, bien sûr.
Il faut pas les embrouiller.
Et il y a de quoi être dérouté.
Bien sûr. C'est déroutant.
Je reste dormir.
Caleçons et t-shirts dans le premier tiroir.
- Là ? - Oui.
Je suis toute tremblante.
Putain !
J'en reviens pas que t'en aies baisé une autre !
Tu l'as baisée ici, juste devant notre armoire ?
Voyons, je l'aurais jamais fait devant notre armoire.
Ce serait vraiment tordu de faire ça devant notre armoire !
C'était dément.
Complètement dément.
Tu me quittais pas des yeux.
Comme toujours.
T'es une mère de compète depuis la séparation ?
J'étais bien obligée.
Oui, mais je veux dire...
Tu te retrouves à...
Tu te retrouves à...
J'en sais rien.
Tu lâches ton téléphone
devant les garçons
parce que tu te dis
qu'ils te verront dessus
moins souvent que moi ?
Tu essaies d'être plus attentive
pour être meilleure que moi ?
Pour me surpasser comme parent ?
Oui, mais j'ai toujours fait ça.
Tu trouves pas ça risible ?
Mais je veux toujours gagner.
Oui, évidemment.
Je l'aurais parié.
C'est vachement passif-agressif.
Ma mère a dit qu'elle voulait pas
fourrer son nez dans mon couple.
C'est pile ce que disent les fouineurs
avant de fourrer le nez dans votre couple.
Mes enfants...
Je sais que mes enfants...
Ils seraient heureux qu'on soit ensemble.
Ça leur ferait plaisir.
Mais on peut pas leur dire.
Au cas où ça déraperait encore cette fois-ci.
C'est ce qui m'inquiète.
Mais en attendant, je profite
de cette folle aventure,
à savoir...
ma liaison
avec mon ex-femme.
Je voulais te voir pendant ma pause. C'est bien, tu deviens bon.
Merci, vieux.
Pardon.
Tiens, tiens.
Il paraît que t'as fait un tabac avec tes nouvelles blagues.
Tu me dois du fric pour ma weed.
En clair, ta go est ton bail, et ton bail est ta go.
- Sa nouvelle go. - Voilà.
Tu commandes du poulet avec du poulet en garniture.
"Des wings avec des wings."
Ma mamie disait que se rabibocher,
c'est comme vouloir remettre son caca dans son cul.
Je vous emmerde.
- Lâche l'affaire ! - On t'emmerde !
On t'aime, jeune Novak.
Allez ! Couvre !
Ton ace sur la 5...
Incapable de renvoyer le flottant.
- Et notre attaque de feu ? - La boîte que t'as mise !
T'es fou !
Ça va pas ?
T'as fait tout ce chemin pour me ramener ?
47 minutes, c'est que dalle.
C'est flippant.
Mais putain, c'est chouette.
C'est maman ?
Stylé.
Ça vous plaît ?
- C'est plutôt cool. - Très cool.
C'est quand elle a fait les JO ?
C'est la classe, non ?
Merde.
Comme tous les ans, il est là.
J'ai cru que vous l'aviez raté !
Je guettais à toutes les portes.
- Quelqu'un s'est endormi sur mon épaule. - La bagnole est juste en bas.
Je t'aide ?
Non, c'est léger.
Ça va ?
- Oui, et toi ? - Super.
T'aimes ma moustache ?
- C'est quoi, ce look ? - C'est que j'ai...
J'ai une 4e audition pour jouer un cow-boy dans une série western.
- Quoi ? - Excellent.
Ça se pose là.
Oui, je suis trop content !
Merci, mec.
Je vais devant !
Je sais où c'est.
Je suis tout émoustillé, c'est clair.
C'est dingue.
Où elle est ?
Bienvenue à Oyster Bay !
L'année a passé tellement vite !
- Tu as bossé dur ! - Tu m'étonnes.
- Tu as le grenier, bien sûr. - Parfait.
Geoffrey, Stephen, la grande chambre.
Soirée jeu, comme d'hab ?
On continue ?
- Carrément. - Quel jeu ?
Alex, tu veux un verre ?
Le même que tous les ans.
Et si on jouait à...
Bananagrams ?
Qu'est-ce que tu dis ?
On sait à quoi on va jouer.
- Relax. - Commençons par Bananagrams.
- On pourrait changer. - Pourquoi ?
C'est génial, on vient ici pour ça.
Attendez,
commencez pas sans moi !
Allez, pas question de vous engueuler.
On est là pour s'amuser. Viens, ma belle.
Ne l'oublie pas. Sans déc.
- Ils ont commencé ? - Non, je leur ai dit d'attendre.
À notre tour de poser la question. Évidemment...
T'es sûr ?
Il m'en reste 4.
Que tu crois.
Je vois rien.
Attendez.
C'est fascinant de le voir cogiter.
C'est clair !
- Est-ce qu'elle... - Un peu de sérieux.
Elle rend ses livres de bibliothèque en retard ?
Oui !
Bien vu.
C'est la bibliothécaire.
Garde-la.
Tous les ans, ça finit mal.
- Non, touche pas. - Ces deux-là.
C'est pas elle.
- Non, c'est elle. - C'est elle.
- On est prêts. - Est-ce que c'est...
Joan ?
Joan !
J'y crois pas !
On est trop forts !
Trop forts !
- Salut. - Tu fais quoi ?
Je fume.
- Je peux m'asseoir ? - Oui.
Ça y est, il pleut.
Tu me demandes pas ce que je faisais dans le noir ?
Désolé. Qu'est-ce que tu faisais ?
Je tiens à te dire...
Je te tire mon chapeau.
C'est vrai ?
Oui, t'as l'air heureux.
T'avais pas été aussi heureux
depuis longtemps.
En tout cas, tu m'inspires.
Tu prouves qu'il est pas trop tard, à notre âge,
pour changer de vie, prendre un nouveau départ.
Découvrir qui on est vraiment.
Merci, vieux.
Du coup, je vais demander le divorce à Christine.
Quoi ?
Je te comprends.
Je vais le faire. Je prends ma vie en main.
De quoi tu parles ?
Je te dis, tu m'inspires.
Non, je t'inspire pas.
Si.
Je suis malheureux depuis un bail, mais j'étais lâche.
- Fais pas ça. - Pourquoi ?
Notre fils part à la fac. Si j'ai le rôle, le tournage est au Texas.
J'ai jamais auditionné hors de NY pour pas m'éloigner de Jay,
mais c'est fini.
Je veux être heureux.
D'accord, mais t'as pas à...
- Tu me le souhaites pas ? - Si, bien sûr.
Écoute.
Donne-moi une bonne raison de pas divorcer.
Je me sens bien avec la moustache, ça me plaît.
Désolée. Il est un peu petit.
Tu veux d'autres couvertures ?
Tu es sûr ? Elle est vieille.
Non, ça fera l'affaire.
- Ça va. - Un oreiller, autre chose ?
C'est parfait, merci.
Désolée, c'est pas un grand canapé.
Ça va aller.
Je te dis mon secret ?
Il le faut ?
La raison pour laquelle je te méprise.
D'accord.
Tu me fais penser à moi.
Surprise.
Te regarder dépérir toutes ces années,
ça me rappelait comme tu étais canon, avant,
comme tu étais marrant.
Follement magnétique.
Tu m'attirais, même.
Je te drague pas, c'est pour dire.
Te voir disparaître sous mes yeux,
ça faisait que me renvoyer à la putain de vérité.
Le mariage, ça marche pas.
Celui de mes parents a pas marché.
Je les ai vus en mourir, littéralement.
Ça t'a tué aussi,
et c'est en train de me tuer.
Quand je me réveille chaque matin,
ma première émotion,
c'est la colère.
Je décolère jamais, putain.
Alors quand je te vois, je me vois, et je pète les plombs.
Je nierai avoir eu cette conversation.
Mais c'était sympa.
On en avait besoin, peut-être ?
Bon, dors bien.
Bonjour.
Bien dormi ?
Super. Et toi ?
- Très bien. - C'est vrai ?
- Le canapé est confortable. - Ah oui ?
Tiens.
Vous me suivez ?
Je sais que les temps sont difficiles
pour certains.
Il y a du changement.
Mais c'est pas grave.
J'ai lu une citation dans un livre.
Je me souviens plus trop, ça disait en gros :
"Les gens changent, mais l'amour reste toujours le même."
Un commentaire ?
Je vois pas trop le rapport...
- Non, j'adore. - C'est très joli.
D'ailleurs, puisque tu en parles,
j'aimerais porter un toast, moi aussi.
- À une amie formidable. - Merci.
Elle s'appelle Tess.
Vous le savez, elle a récemment renoué avec sa passion.
Et même si elle s'y est remise il y a peu de temps...
Quelques mois ?
Oui, mais...
Non, c'est fabuleux.
On lui a déjà demandé
d'être coach assistante
de l'équipe féminine nationale
pour Los Angeles 2028 !
- Sans blague ? - C'est pas décidé.
Non, vraiment...
Debout.
Oui, s'il te plaît !
J'hallucine.
J'avais pas prévu ça.
- T'en fais pas. - Désolée. Elle était à la maison.
C'est rien. Excellente nouvelle.
Je voulais te le dire. C'est énorme.
- Exceptionnel ! - Me proposer ça !
- Tu le mérites. - Je suis pas sûre d'accepter.
- Tu devrais. - Ce serait beaucoup de pression.
Imagine, avec les garçons...
- Au fait... - Je me tâte.
Je sais même pas ce que ça représente.
Regarde ça.
C'est drôle, justement...
Regarde.
C'est toi.
C'est où ?
J'ai retrouvé cette photo de toi,
je l'ai agrandie et accrochée au mur, chez moi.
Pour que les garçons voient leur légende de mère.
Pourquoi t'as pas choisi une photo de moi avec eux ?
Parce que j'ai pris une photo de toi au sommet de ta gloire.
Regarde comme tu sautes haut.
C'est un truc de malade, tu te rends compte ?
Ce smash !
C'est incroyable. Ils en sont dingues.
Je l'adore aussi, c'est une photo extraordinaire.
Ce n'est plus moi.
Mais si.
Non.
Tiens.
Tu te lèves jamais avant 14 h 30 ?
Ils se sont levés tôt ?
Tu regardes quoi ?
Je comprends pas.
Je suis contrariée.
C'est tout.
Tu peux me contrarier, et réciproquement.
D'accord ?
C'est normal, dans un couple.
J'ai jamais dit le contraire.
Je sais que tu voulais être gentil.
Mais tu m'as vexée.
On rentre.
Je viens quand même au grenier ?
Quoi ?
Et ça ?
C'est bon.
- Prends ça. - Mince.
J'ai la dalle.
Pourquoi tu prends pas une cuiller ?
Je veux pas salir trop de trucs.
On fera la vaisselle demain matin.
J'aime manger avec les doigts.
Bordel de merde.
C'est animé, ce soir.
On t'a vu monter ?
Non, ils sont dans leur bulle.
J'ai regardé une vidéo d'un thérapeute de couple.
Il donnait un exercice à ses patients :
demander ce qu'on aime pas l'un chez l'autre.
Que t'aies couché avec une autre, déjà.
Je croyais que tu l'avais fait, j'étais jaloux.
Tu réponds jamais à mes photos,
alors que tu les réclames.
Je like avec un pouce ou un cœur.
Je suis là à m'agiter
pour essayer d'avoir l'angle parfait pour eux,
et j'ai l'impression de passer
pour une folle ou une idiote,
parce que tu t'en fous.
J'adore ces photos, c'est faux.
Ton silence à la maison.
T'étais différent avec moi d'avec les autres,
ça me rendait dingue.
Non, d'abord...
Merde, t'es bonne à ce jeu.
D'abord, ça m'a rendue perplexe,
puis triste, puis dingue.
Comme si on n'était pas assez intéressants pour toi.
En tout cas, pas moi.
On aurait dit que t'étais plus là.
J'étais plus là ?
- T'étais absente. - Moi ?
Comme après une défaite.
Sauf que je savais pas pourquoi, je me sentais seul.
Heureusement qu'on est séparés.
On l'est ?
Tant qu'on se cache, c'est qu'on est pas ensemble.
Ça compte pas, ce que les autres pensent.
J'ai peut-être honte.
De quoi ?
De moi.
Pourquoi ?
Parce que je sais pas si tu m'aimes.
Tu aimes une image de moi, accrochée à ton mur.
Pas la femme en face de toi.
- Là, tout de suite. - Ne me dis pas ce que je ressens.
Je t'aime peut-être pas, je sais pas.
Je t'ai peut-être baisé pour me venger,
ou parce que j'ai aimé t'entendre dire que je te manquais.
C'est gênant.
C'était con de ma part, je m'en veux.
Pourquoi ?
On avait pas de comptes à se rendre.
Même là, on s'engage à rien.
- Bien sûr que si. - À quoi ?
À se rendre heureux.
Parce qu'on fait ce qui nous comble individuellement.
Et si on est heureux, c'est bon,
on rend heureux les gens qu'on aime.
C'est bon ? Tu as quel âge, 8 ans ?
Dans un vrai couple, on peut aussi être malheureux ensemble.
On se soutient mutuellement.
Nous, on a arrêté de se soutenir.
J'ai toujours essayé de te soutenir. Tu plaisantes ?
Tu voulais pas de moi, tu préférais gérer seule.
Tu me laissais pas de place.
Crois-moi, j'entendais : "Alex adore ça.
Il est toujours là, à tous les matchs, il adore."
C'était vrai !
Oui ? Et à ma retraite ?
Quand j'ai lâché ma passion depuis l'âge de 11 ans ?
Tu t'es renfermé !
Tu t'es senti seul ? Tu m'as laissée seule, il y a des années.
Tu veux la vérité ?
C'est pas moi qui déprimais.
C'est toi.
Tu as raison.
Je déprimais.
Après des années à me dévouer corps et âme,
j'ai cru pouvoir arrêter.
Et compter sur mes enfants et toi comme substituts.
C'est vrai.
Je voulais pas reconnaître que c'était la fin d'une vie.
Je savais pas quoi faire de mon ressenti.
Ensuite, j'ai fait 6 ans de FIV
et j'ai dû m'injecter tous ces produits chimiques douteux.
Au fait, j'ai adoré ce challenge.
Mais ça me posait problème
de n'avoir que les enfants et toi
pour m'épanouir.
Et tu savais que j'allais mal,
mais que par orgueil, je demandais pas d'aide.
Tu te réfugiais derrière ça.
Et j'étais soulagée
que tu me demandes jamais rien,
parce que je pouvais faire l'autruche.
- Je pouvais pas te demander ça. - T'aurais pu !
- Mais si. - Chéri.
Tu m'as abandonnée.
Je t'ai abandonnée ? T'étais aux abonnés absents.
Tu crois que c'était fun ?
Je veux pas retomber là-dedans. Je refuse !
- Tu veux quoi ? - Je te dis...
Putain !
Saloperie.
Bordel de merde, Christine !
Tu vas te mêler de ton cul, pour une fois ?
Règle d'abord ton propre merdier.
Pardon ?
Faites du bruit maintenant
pour mon pote, le seul, l'unique, Alex Novak !
La vie de couple, ça bouffe.
Je dis pas que c'est la déprime,
je dis que ça nous bouffe.
Vous m'avez pas bien compris.
La vie de couple, ça nous bouffe.
Quand on est en couple avec une autre personne,
elle essaie de pomper toute notre énergie vitale.
C'est un putain de vampire.
Et dès qu'on est heureux, attention !
Dès qu'on est heureux, bordel,
elle voit ça comme du putain de sang pur
et le suce jusqu'à nous vider complètement
pour nous laisser émacié et exsangue.
Elle nous bouffe tout entier.
Vous savez pourquoi ? Le bonheur, c'est son soleil !
Le bonheur, c'est comme un pieu dans son cœur.
Elle en veut pas, elle veut pas qu'on soit heureux.
Il y a que deux issues
à cette putain d'existence glauque et pourrie !
Soit on devient pareil, soit on crève.
Je refuse.
Je veux pas être un putain de vampire.
Je refuse.
Papa !
- Qu'est-ce que tu fous là ? - Fiston.
Je suis venu en ville voir de quoi il retournait.
Bon sang !
Tu étais vraiment remonté contre le public.
Désolé, je sais pas trop ce qui m'a pris.
Je ne dirais pas que c'était drôle, mais c'était...
un peu inquiétant.
- Papa. - Fiston.
- Non, écoute. - Fiston.
Tu es un homme bien, Alex.
Tu peux te donner la permission d'affronter tes problèmes,
tu sais ?
Maman.
On déteint l'un sur l'autre, c'est bien.
Ta mère et moi,
on a cette chance.
C'est rare.
C'est très rare, tu comprends ?
Tout va bien, viens là.
Allez.
Laisse-toi aller.
Je suis désolé...
Tu n'as pas à t'excuser.
La vie distribue les cartes, tu sais ?
Ce qu'il faut faire,
c'est comprendre sa place et savoir l'apprécier.
Ça va aller.
Tu vas t'en sortir.
Et pour ici,
la prochaine fois...
fais plus de blagues.
- À bientôt. - Salut.
Au moins, une blague.
Salut, mec.
J'apporte des bagels !
Tu fais chier.
Ils l'ont pas confirmé totalement,
mais mon agent dit que la prod a appelé plusieurs fois.
Pour récupérer son stetson ?
Laisse-moi rêver, mon pote.
T'as sûrement raison.
C'est super que t'aies eu le rôle et vécu cette expérience,
mais maintenant que t'es rentré,
tu devrais pas affronter la réalité ?
Je me fais pas d'illusions.
Je sais que mon personnage a été tué. Mais imagine...
Et s'il revenait en fantôme pour se venger ?
J'ai écrit un synopsis à envoyer à la prod.
Je vais rendre le stetson d'abord.
Mais on sait jamais.
J'écris bien.
Je parlais de ton mariage.
Pourquoi ?
Je veux dire, avec Christine...
Tu l'as quittée, tout ça.
Tout s'est arrangé.
- C'est vrai ? - Oui.
Oui, on a parlé à cœur ouvert.
Elle a vidé son sac.
C'était dur à entendre, mais nécessaire.
Et après, j'ai vidé le mien, et voilà.
D'ailleurs,
elle veut que j'y retourne encore plus que moi.
Elle me répète : "Écris-leur, ton personnage doit revenir."
C'est incroyable !
Tu crois pas qu'elle...
je sais pas, qu'elle veut...
passer un peu de temps loin de toi ?
Pourquoi ?
Tu serais loin d'ici.
Elle m'a accompagné au Texas.
Ah bon ?
- Elle est venue ? - Oui, les 9 jours.
C'était son idée, le vol du stetson.
Elle trouve que ça me rend très beau.
Je suis largué.
C'est une bonne chose.
Je suis souvent largué.
Mais j'aime être largué avec elle.
Qui aurait cru qu'avec Jalen...
Je l'adore, mais son départ a été positif pour nous.
C'est quoi, derrière moi ?
Une photo de Tess.
Je vois pas son visage.
C'est pris de derrière.
Tu devrais la retourner.
Je crois pas que ce soit possible.
Un jour.
Elle a disputé un match par soir en équipe universitaire.
Elle a peu évolué à l'étranger,
mais vu son parcours dans la Big Ten et la façon dont elle s'est distinguée...
- Elle assure. - John Cook l'a coachée.
John Cook.
C'est la Rachel dont Arch disait qu'elle avait fait UVA ?
- Ça va ? - Oui.
J'ai déposé les garçons à l'école, mais je voulais passer te voir.
Je suis en pleine réunion du staff...
Je voulais te montrer vite fait.
Regarde.
C'est quoi ?
Toi, quand tu as vu le minibus.
Regarde ta tête.
J'en suis dingue.
Je vois.
C'est moi qui étais malheureux.
J'étais malheureux dans notre couple.
J'étais pas malheureux de notre couple.
Je veux être malheureux avec toi.
Soyons malheureux ensemble.
Fait chier !
Je vais y réfléchir.
À ce moment-là, je me suis levé et j'ai dit :
"Votre mère n'ira nulle part
avant de m'avoir aidé à ouvrir ce bocal."
Inspiré d'une histoire vraie
Adaptation : Sabine de Andria
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