All language subtitles for Law.and.Order.Special.Victims.Unit.S11E20.Beef.1080p.AMZN.WEB-DL.DDP2.0.x264-NTb

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Original subtitles

Dans le système judiciaire,

les crimes sexuels sont considérés comme particulièrement monstrueux.

À New York, les inspecteurs qui enquêtent sur ces crimes

sont membres d'une unité d'élite appelée Unité spéciale pour les victimes.

Voici leurs histoires.

Chérie, je ne veux pas louper ce concert.

J'aimerais bien te voir porter ces chaussures.

Oh. Attends, Freddy.

Coucou, Chuey.

Que fais-tu dehors à cette heure-ci ?

Gina, non. Ne recommence pas.

- Il vit à côté. - Ça démarre dans 20 minutes.

Je dois faire rentrer Chuey. Allez, viens.

Le tout premier concert de Son de Cuba dans ce pays

et on va le louper ?

Je te jure que je vais te tuer si on arrive en retard.

Voilà, on y est.

Il y a quelqu'un ?

Il y a quelqu'un ?

Oh, la vache.

Laura Santiago, 24 ans. Elle s'est vidée de son sang par la gorge

tranchée de la gauche vers la droite à l'aide d'un couteau aiguisé.

Sa culotte était baissée et couverte de sécrétions.

L'heure du décès ?

Je dirais entre 22 h et 22h30.

- S'ils pouvaient parler. - Je ne suis pas le Dr Doolittle

mais la salive du chien pourrait indiquer

s'il a mordu le coupable pour la protéger.

- Il faut un véto ? - Non, ça ira.

Viens, mon chien. C'est bien.

- Ça va ? - Oui.

Il me rappelle mon ancien chien, Petey.

J'ignorais ce détail.

Vu mon boulot, retrouver quelque chose qui respire fait du bien.

On avait une chienne aussi.

Mon père a trébuché par sa faute

et l'a mise à la fourrière le lendemain.

Comme on fait son lit, on se couche.

Reste à savoir avec qui.

NEW YORK UNITÉ SPÉCIALE

Tout semble en ordre, pas d'entrée par effraction.

Une connaissance ?

Des assiettes dans l'évier. Elle a dû l'inviter.

Il l'égorge pour le dessert et garde l'arme en souvenir.

Espérons qu'il ne soit pas resté sur sa faim.

La gardienne n'a rien entendu.

Le nom de son copain ?

Vous pensez que je n'ai que ça à faire ?

Vous savez ce qu'ils ont acheté.

Laura était toujours avec lui ?

- Pas toujours. - Comment ça ?

Parfois, il venait seul. Il avait sa clé.

J'ai trouvé son ordi. Il n'y a rien.

- Rien de suspect ? - Rien du tout.

C'est suspect.

Morales est sur le coup. J'ai aussi son téléphone.

Un Jan l'a appelée plusieurs fois récemment.

Le novio ?

Oui, c'est lui.

Je pourrais le récupérer ?

Vous rêvez, il s'agit d'une preuve.

Il y a l'adresse de ce Jan ?

Sur la 83e, East Street.

Ah, oui. Faites attention.

Ceux qui ont l'air d'agneaux sont souvent les pires.

Parole d'experte.

DOMICILE DE JAN EYCK VENDREDI 2 AVRIL

J'ai laissé Laura il y a deux heures. Elle allait bien.

Très bien.

Ce n'est pas possible.

J'aimais tant Laura.

- Jusqu'à ce qu'elle vous mette en colère. - Bon sang, vous...

Vous ne pensez pas que je...

Je ne tue même pas les cafards. Je les mets dehors.

Cet argument risque de faire léger.

Et votre rencontre ?

J'enseigne le yoga Anusara.

Laura était mon élève.

- L'Anusara est une célébration du cœur. - Très bien. On y va.

- Vous m'emmenez au poste ? - Vous avez tout compris, oui.

- Je peux nourrir ma chienne avant ? - Faites vite.

Molly, viens.

Je reviens vite, Molly, d'accord ? Ne t'en fais pas.

- Et Chuey ? - Il est à la fourrière.

Où on ne pique pas les chiens ?

Je dois le récupérer. Il a besoin de moi.

Nous d'abord.

À quelle heure êtes-vous parti ?

Vers 21h30.

- Si tôt ? Suite à une dispute ? - Je ne dormais pas toujours là-bas.

Nous n'étions pas envahissants.

Et je devais sortir Molly.

Vous m'avez l'air plus à l'aise avec les chiens

- qu'avec les femmes. - Comment ça ?

Les chiens sont malléables. Ils obéissent au doigt et à l'œil.

Leur amour est inconditionnel.

- Et ? - Et Laura souhaitait rompre

mais pas vous ?

Et vu sa désobéissance, vous l'avez violée et tuée.

- Laura a été violée ? - Il y avait des sécrétions.

On parie que ce sont les vôtres ?

Je n'ai jamais forcé Laura. C'était consenti.

Contrairement au fait qu'on lui tranche la gorge.

Quelqu'un a dû passer après moi.

- On vous a vu sortir Molly ce soir ? - Oui.

J'ai même eu... pas une dispute mais une discussion avec une voisine.

- Quel appartement ? - Elle est au 4A.

- Bien, je dois passer à la fourrière. - Assis.

Restez là.

Fin, fais-nous une fleur.

- Vérifie l'alibi de "PETA Pan". - OK.

Et le prélèvement ?

J'attends l'appel de la vétérinaire

mais bizarre,

j'ai deux groupes sanguins dans ces sécrétions.

Laura a couché avec deux hommes.

Chuey et les perroquets n'ont pas dû s'ennuyer.

- Merci. - Jan a la clé.

Il les surprend, le type décampe et Jan inflige une leçon à Laura.

Ne te fatigue pas. Ce type porte un pantalon en chanvre.

Laura avait quelqu'un d'autre.

Ce qui veut dire que vous passiez après.

J'aurais respecté son choix.

On arrête sa comédie, Gandhi.

Vous avez surpris Laura et cet homme dans le même lit.

Que faisaient-ils ? Des gâteries devant le chien ?

Non, je vous ai répondu.

Puis vous l'avez viré avant de vous en prendre à Laura.

Et vous dissimulez tant de rage derrière ce masque de bon samaritain...

Non !

Je vous ai répondu.

Et j'en ai assez de vos tactiques de machos, tous les deux.

J'exige un avocat.

Il veut un avocat.

Et là, il médite ?

Il se détend avant de plonger.

Malheureusement, ça n'arrivera pas.

Fin a appelé. La voisine de ce Yogi l'a vu en bas de chez lui à 22h15.

Ils se sont disputés à cause d'une crotte.

Et on lui met une amende ?

Prélevez son ADN avant de le relâcher.

Si Jan a un alibi, l'autre est forcément notre tueur.

Les parents de Laura pourraient connaître le deuxième.

DOMICILE DES SANTIAGO SAMEDI 3 AVRIL

Ce pays...

Déjà qu'elle fréquentait cet Americano.

Mais deux hommes ?

Nous pensons qu'elle avait un autre petit ami, oui.

- Jamais elle... - Si ça avait été le cas...

- Vous seriez excédé. - Évidemment,

il vient de perdre sa fille.

Je vous en prie, partez.

Plus que quelques questions, Mme Santiago.

Qu'est-il arrivé à votre main ?

- C'est un accident. - Il travaille dans un restaurant.

Et où étiez-vous hier soir ?

- Il voyait des amis. - Il nous faut les noms.

Vous pensez que j'ai tué ma propre fille ?

Vous êtes tous dingues, dans ce pays ?

C'est pour elle que nous sommes venus dans ce pays.

Pour lui donner une chance dans la vie.

Elle a fait quatre ans d'études puis...

elle devait rentrer ici

mais non, elle enchaîne les petits boulots et bosse pour ce genre de types.

- Où travaillait Laura ? - Dans une boutique : Bella Moda.

Mais elle avait perdu son boulot.

Notre but ici, c'est de vendre.

Et de vous trouver les bottes permettant d'assumer votre nature.

Dure mais sexy, qui ne fait pas dans la demi-mesure.

Et si vous offrez ce modèle à votre femme,

tous vos dérapages seront pardonnés.

Ce week-end, du moins.

J'en déduis que Laura Santiago n'avait pas assez la tchatche ?

Laura était adorable au début.

Son enthousiasme pouvait convaincre la sexagénaire lambda

que le bon foulard faisait d'elle Meryl Streep.

"Pouvait" ? Il y a eu un problème ?

Très chère, c'est peu de le dire.

C'est affreux. Ce sac est une horreur.

- Ce jour-là, elle était méconnaissable. - Horrible.

N'achetez rien. Pitié.

Vous tous. Ouste. Du balai. N'achetez rien ici. Partez.

Partez.

J'étais en réserve, je l'ai entendue crier, j'ai voulu lui donner du Xanax.

- Qu'est-ce qui la contrariait ? - Aucune idée.

Elle a filé et je ne l'ai jamais revue.

Ciao et bon débarras.

Ça ne tient pas debout.

Elle bosse ici un mois et débloque ?

Tu as vu ces prix ? Une allergie au mercantilisme abusif ?

Au point d'exploser ?

Pas seulement ça

mais elle fréquentait deux types en cachette,

et avait des parents plutôt vieux jeu.

Stabler ?

OK.

Bien, on arrive.

Morales a trouvé quelque chose.

Quelque chose d'intéressant ?

Dix gigas de fesses sur son ordinateur portable.

Effectivement, sacrée collection.

- Laura était lesbienne ? - Elle avait deux copains

mais ça n'empêche rien.

Peut-être publiait-elle sur un site fétichiste.

Un site entier dédié aux derrières de femmes ?

Ça pose un problème ?

L'alibi du père est confirmé.

Il était au bar avec deux amis.

OK. Laura voit deux types, aime les fesses de femmes

et débloque dans une boutique hors de prix.

Qui voudrait tuer cette fille ?

Quiconque a fait le ménage sur son ordi ? Enfin, a cru le faire.

Récupérer tout ça a pris du temps.

- Il y avait autre chose ? - Seulement ça.

Des combats de coqs ?

De la volaille sous stéroïdes pour amuser la galerie ?

- Sympa. - Regardez les pattes.

Ils leur mettent des petites lames.

Attends.

C'est le père de Laura.

Je vais zoomer.

Oui, c'est M. Santiago.

Il y a un panneau.

Pennsylvania Avenue à Brooklyn.

J'adore mes oiseaux.

J'adore ma femme mais sans lames aux orteils

pour la voir crever des yeux.

Il a omis de dire qu'il était ici après le bar.

Un coq l'a blessé.

- Je voulais seulement m'amuser. - Ah oui ?

Ça amusait aussi Laura ?

Laura détestait ça.

Alors, que faisait-elle ici à prendre des photos ?

Elle voulait voir son papa ?

Sa mère lui avait dit que je continuais à venir. Elle a rappliqué.

- Elle était hors d'elle - Ces combats sont illicites.

On risque même la prison.

- Vous deviez y mettre un terme ? - Non.

On s'est simplement disputés.

C'était il y a trois semaines. La dernière fois où je l'ai vue.

Pourquoi ça contrariait Laura à ce point ?

Elle craignait que vous ayez des ennuis ?

Laura adorait les oiseaux.

Elle m'a dit que tant que je continuerais,

je ne serais plus son père.

Laura adorait les animaux, tout comme le type qu'elle fréquentait.

Les présentoirs qu'elle a fait tomber

contenaient des bottes et des sacs en cuir.

Une militante pour la cause animale.

Mais quel rapport avec ces fesses ?

Warner. Elle nous envoie l'analyse de la salive du chien.

On a retrouvé les fibres de deux pantalons.

Il l'a défendue.

Le premier en polyester bleu, l'autre en chanvre.

Notre homme mystère portait le bleu.

Celui en chanvre ne laisse aucun doute.

Oui. Chuey m'a mordu.

Il était jaloux quand Laura et moi couchions ensemble.

- Avec votre pantalon ? - C'est illégal ?

Pas dans ce pays, pas plus que les fesses,

mais les combats de coqs, si. Laura photographiait les deux.

- D'où ça vient ? - De son PC. Il y en a des dizaines.

Vous saviez qu'elle prenait tout ça ?

Elle faisait des documentaires mais n'aimait pas en parler.

Elle avait son processus créatif

- et je le respectais. - Bien entendu.

Mais elle interviewait du monde, ce qui la rendait moins disponible.

Et vous le respectiez.

- Y aurait-il autre chose ? - Euh, oui.

Laura et moi devions manger aujourd'hui dans notre resto végétarien préféré

après une dédicace de livres à Tribeca.

LIBRAIRIE CHEZ MAVIA SAMEDI 3 AVRIL

Notre société perçoit les femmes et les animaux de la même façon.

"VIANDEZ TOUS" CHEZ BIG T'S

Comme des bouts de viande.

Manger de la viande va de pair avec le système patriarcal.

L'objectification de la femme ne cessera pas

tant que nous continuerons à manger nos amis à poils et à plumes.

Merci.

Ces fesses ne te rappellent rien ?

Oui, Laura s'est chargée de toutes les photos pour mon livre.

Elle était mon élève à l'université. Très douée.

Elle aurait accompli de grandes choses, comme son documentaire.

Quel genre de documentaire ?

Elle filmait une enquête sur l'industrie de la viande.

Elle m'a interviewée.

Quelqu'un aurait pu s'y opposer ?

Un copain macho ? Carnivore ?

Végétalien. Peut-être pas l'autre.

Qui d'autre a-t-elle interviewé ?

Dean Jones, bien sûr. Un homme très en colère.

Évidemment que je suis en colère.

Le 4 Juillet, je me fais un burger.

Et voilà que mes reins me lâchent et que j'enchaîne les crises.

- À cause d'un steak haché ? - Il était plein d'E. coli.

J'ai attrapé le SHU. Dix semaines de coma artificiel.

Il restera dans ce fauteuil à vie.

Au moins, je suis toujours là.

Une gosse de quatre ans a mangé pareil.

Ses poumons l'ont lâchée, puis ses reins, son cœur et son cerveau.

On tente de poursuivre la chaîne de supermarchés.

Eux accusent leur fournisseur.

- Vous n'êtes pas tombée malade ? - Elle est végétarienne.

C'est justement ce qui l'a sauvée.

- D'où l'interview de Laura. - Elle voulait tout révéler.

Un steak haché peut contenir la viande de mille vaches.

Et nous, on met toutes ces bactéries entre deux morceaux de pain.

Mais pas de souci,

ces boîtes traitent leur viande à l'ammoniaque.

Elle cherchait donc à devenir la Michael Moore du steak haché.

Grâce à Jake Bradshaw.

- L'un de ses amis ? - Non, Laura l'appelait son parrain.

J'ai appris pour Laura. Quel gâchis. Une fille super.

- J'espère que ce n'est pas au bœuf. - J'aime vivre dangereusement.

Tout comme l'a fait Laura en filmant ce documentaire.

Où l'avez-vous rencontrée ?

À une manif contre la vente de bœuf contaminé.

Oui, vous êtes devenu son parrain.

J'ai voulu l'encadrer, oui.

Et bien sûr, elle m'a interviewé pour ce documentaire.

Ah. Elle n'a pas dû me garder au montage.

Elle a parlé aux grands groupes ? À des acteurs de ce lobby ?

Ce docu aurait pu en excéder ?

Absolument tous.

Du producteur du maïs qui nourrit ces vaches

aux gens qui transforment la viande.

Même le ministère de l'Agriculture

pourtant censé vous protéger de telles choses.

La dernière chose que je souhaite, c'est que le gouvernement

décide de ce que j'ai le droit de manger.

Le docu de Laura a l'air de vous déplaire.

Pas au point de vouloir la tuer.

Je vous serai peut-être plus utile après avoir vu ce documentaire.

On vous appellera. Merci.

Ah. Bon appétit.

Il ne nous a rien appris.

Ce type a beau être végétarien, il a tout d'un prédateur.

Il sait qu'il y a quelque chose dans ce docu.

DOMICILE DE LAURA SANTIAGO SAMEDI 3 AVRIL

J'ignore où il peut être caché.

Si ce documentaire était ici, on l'aurait déjà trouvé.

Ou au moins sa caméra.

Je veux voir la bande.

Oui, tout comme ton ami le prédateur.

Bradshaw l'a peut-être tuée alors qu'il cherchait l'enregistrement.

Pourquoi aurait-il accepté de nous voir ?

- Pour nous berner. - Je ne sais pas.

Il donnait vraiment l'air de ne pas l'avoir vu.

Mais aussi d'être prêt à tout pour l'obtenir.

Demandons un mandat pour prélever son ADN.

Passons déjà voir Fin.

Il semblerait qu'il ait une piste.

Bradshaw a été nommé rédacteur en chef à la mort de Laura.

Ce n'est peut-être pas un tueur mais il est sans pitié. Regardez :

"Dans les cuisines des dix restaurants les plus cotés."

"Jouer avec la mort : produire des jouets au péril de nos enfants."

- Bradshaw aime dénoncer. - À tort ou à raison ?

Défenseur de la liberté ou terroriste ? Question de point de vue.

Voilà un autre article :

"La nouvelle filière clandestine :

les producteurs de viande recrutent des Mexicains."

Et voilà. Laura est la fille

d'un immigré qui parle espagnol, défend la cause animale,

il lui fait faire son sale boulot.

Cette fille n'avait pas peur des grands groupes.

Ce ne serait pas une première pour Bradshaw.

Son journal l'a viré il y a deux ans

pour avoir envoyé un gosse enquêter sur les voitures de course.

Le gosse est mort écrasé.

- Et Bradshaw continue ? - Il a dédommagé les parents.

C'est confidentiel.

Comment tu l'as su ?

J'ai fait mon numéro de charme à l'archiviste.

Bradshaw bosse désormais pour un site d'actualités :

- La Vraie Version. - Oui, il me tarde d'entendre la sienne.

LOCAUX DE LA VRAIE VERSION SAMEDI 3 AVRIL

J'ai dit que Laura ne travaillait pas pour moi.

- Vous disiez l'avoir encadrée. - Je l'aidais un peu.

Vous faites entrave à l'enquête.

Écoutez, elle me demandait de l'aide. Je lui disais où aller,

qui interviewer,

quel genre de caméra utiliser.

- Ah oui ? Le docu était bon ? - Je n'en sais rien.

Elle allait me montrer l'ébauche cette semaine.

Écoutez. Trouvez-moi ce film et je publierai un article.

- Sur Laura ? - Afin qu'on sache ce qu'elle a découvert.

Signé de votre nom ?

Je suis journaliste. Je cherche à connaître la vérité.

Je croyais en ce que Laura faisait.

Comme vous croyiez en ce gosse tué sur un circuit ?

Allez, Bradshaw. Donnez-nous la vraie version.

Pour quelle raison précise Laura a-t-elle été assassinée ?

Elle s'était infiltrée chez Donna Rosa. Une usine où la viande est transformée.

Elle voulait témoigner des conditions.

Elle comptait intituler son film Au Cœur du massacre.

Sauf que c'est elle qu'on a charcutée.

Je m'appelle Rosa Doletti.

Chaque dimanche soir, ma famille vient dîner

et nous nous délectons des mêmes boulettes et des mêmes saucisses

que je prépare chez Donna Rosa depuis 50 ans.

Et désormais, nos produits sont à la portée de tous.

Buon appetito. Mangia. Mangia.

Et coupez. Bravo, Rosa.

Très convaincante.

Sympa de travailler pour une affaire familiale.

Je le fais depuis 16 ans. Sympa mais c'est du boulot.

- Les employés changent souvent ? - Oui.

Sans arrêt, je n'ai pas le temps de les connaître.

- Mais vous avez embauché Laura Santiago. - Oui. Une fille sympa.

Ça se passait bien. Elle parlait espagnol.

Pourrions-nous parler à ses collègues ?

Je vous en prie.

Laura était très sympa. Elle disait bonjour chaque matin.

- Y a-t-il eu des tensions ? - Non, elle était adorable.

Personne ne veut une augmentation ou travailler moins ?

Non, nous sommes ravis ici. Ce sont des gens bien.

Laura a travaillé ici trois semaines.

Mais oui, les gens l'appréciaient.

Et quelqu'un l'appréciait beaucoup.

- Ah oui ? Qui ça ? - Jorge Vargas. Papi Chulo.

Il se prend pour un play-boy.

Oui, je vois le genre.

Tout le monde connaît Vargas.

C'est un homme bien.

Surtout avec les femmes ?

Dès qu'une nouvelle arrive, c'est lui, le comité d'accueil.

Laura Santiago l'aurait envoyé bouler ?

Ils m'avaient l'air proches.

- À quel point ? - Je vais vous dire.

Cette fille était un spaghetti et Vargas voulait être sa boulette.

Oui, Vargas était toujours à dragouiller les filles.

Il avait même les mains baladeuses.

Il était trop distrait pour la découpe.

- Quand l'avez-vous viré ? - Il y a quelques jours.

- Vous avez son adresse ? - Oui.

Comment l'a-t-il pris ?

Ça, il était contrarié. Il est simplement parti.

Il n'a même pas vidé son casier.

On pourrait y jeter un œil ?

Vargas joue au basket ?

Certains jouent au coin de la rue pendant leur pause.

Ça lui arrivait parfois de travailler ?

Il n'a jamais été employé du mois.

Vingt dollars, Molina.

Sans oublier les 10 dollars de la dernière fois.

Jose Vargas.

Vous m'avez l'air fatigué. Prenez cinq minutes.

Il y a erreur. J'ai un permis de travail.

Ce n'est pas La Migra.

Ni le SAMU

mais vous avez une sacrée coupure.

- Je découpe de la viande. - Sauf qu'on vous a viré.

- Ce n'était pas un chien ? - Je n'en ai pas.

Mais vous aimez leurs propriétaires, comme Laura Santiago.

Laura ? Non, on est amis.

Oui, mais ça ne vous suffisait pas et vous l'avez violée.

Violée ? Quoi ?

Qu'est-ce que vous dites ? On est amis.

Bossez votre conjugaison, papi.

Vous "étiez" amis. Laura est morte.

Laura m'aidait.

Elle me donnait des cours, m'aidait pour mes papiers.

On se voyait chez elle.

Et vous avez vu qu'elle avait un copain.

Son copain, Jan ?

- Qui ? - Vous avez été jaloux.

- Vous l'avez violée et tuée. - Non.

OK. Où étiez-vous vendredi soir entre 22 h et 22h30 ?

Ma femme et moi, on s'est disputés après dîner.

- Je suis sorti prendre l'air. - "Prendre l'air" ?

- Quelqu'un vous a vu ? - Non. J'étais contrarié.

J'ai marché.

Et vous marcherez bientôt jusque dans une cellule, Jorge.

Votre ADN correspond aux sécrétions retrouvées.

- Mon ADN ? Je ne l'ai pas donné. - Mais vos baskets puantes, si.

- Il faut porter des chaussettes. - Non.

Je n'étais pas avec Laura.

- Votre sperme, si. - Comment ça ?

Laura était très jolie

mais jamais je ne l'ai touchée. C'est la vérité.

Demandez à ma femme. Je suis sorti prendre l'air.

Coinçons cette ordure.

Passez voir sa femme.

Trouvez qui porte la culotte bleue chez eux.

DOMICILE DES VARGAS DIMANCHE 4 AVRIL

Ses pantalons sont là.

Je les lave tous. Todos. Toutes les semaines.

Il nous faut que les bleus.

Et ses chemises ? Otras cosas ?

- Que ses pantalons. - Porque ?

Afin qu'on puisse l'aider.

Si ? Aidez-le à déménager.

- Vous vous séparez ? - Il voyait une autre femme.

Je le fiche à la porte.

Qu'y a-t-il ?

Il a jeté un pantalon il y a quelques jours.

- Il était déchiré, taché de sang. - Vous l'avez gardé ?

Les fibres bleues correspondent au pantalon de Vargas.

M. Polyester ne fait plus de mystère.

Ni le sang dessus. C'est celui de Laura.

- On tient cet enfoiré. - Pas si vite.

J'ai aussi trouvé quelque chose d'étrange :

une tache de sueur à l'entrejambe.

L'ADN de Vargas,

l'ADN de cette sueur.

- Ça ne colle pas. - Il n'est pas fiché

mais c'est celui d'un homme.

Comment c'est possible ?

Quelqu'un d'autre a porté le pantalon de Vargas ?

Un nouvel homme mystère.

De l'ADN par la sueur ?

Faire gaffe où l'on transpire ?

La magie de la science.

Bien, que sait-on ?

Laura Santiago contient les sécrétions...

de Jorge Vargas et Jan Eyck.

La gueule du chien contient les fibres de deux pantalons distincts.

Le polyester bleu de Vargas et le chanvre d'Eyck.

Bien. Comment expliquer la sueur d'un autre dans le pantalon de Vargas ?

Soit Vargas loue ses pantalons,

soit on cherche à le piéger.

Quelqu'un disposant de son sperme.

Et ayant marre de ses infidélités, comme Mme Vargas.

Deux heures avant ce meurtre, où vous rendiez-vous ?

D'où ça vient ?

L'épicerie d'en face dispose d'une caméra.

- J'allais pique-niquer avec une amie. - De nuit ? Il faisait moins cinq.

Je n'ai rien fait de mal.

Contrairement à lui.

Ses infidélités ne justifient pas de le faire inculper pour meurtre.

Jamais je ne ferais ça.

Il me trompait.

Et avant ça, avec une autre.

- Ce sont vos photos ? - Non.

Une femme me les a envoyées avec une lettre.

"Je n'ai appris ton existence qu'une fois avec lui

mais il s'avère qu'il ne veut plus aucune de nous deux

et s'apprête à partir avec Laura.

Le laisser nous infliger ça ?"

Que deviez-vous faire ?

Cette femme m'a dit que si je lui donnais l'une de ses chemises, un pantalon

et un peu de son...

Sperme ?

"Je l'accuserai de viol et lui ferai vivre un enfer.

Nous lui donnerons une bonne leçon et jamais plus il ne trompera de sa vie."

Il est rentré un soir.

Il avait envie. Il met toujours un préservatif.

Vous l'avez mis dans la glacière avec ce pantalon.

La femme m'avait dit de la laisser sous un banc

dans le parc près de mon église.

Pour aller vous confesser ?

J'ignorais qu'il serait accusé de meurtre.

Le lendemain, elle dépose le pantalon de Jorge

dans un carton devant ma porte avec un mot

me disant de le donner à la police si besoin.

Vous n'avez donc jamais rencontré cette femme en personne.

C'est signé "Jane Smith". Sûrement un pseudo.

Pourriez-vous libérer Jorge ? Il peut rentrer ?

À quoi bon puisque vous ne serez plus là ?

Vanessa Vargas, je vous arrête pour entrave à la justice.

Vous avez le droit de garder le silence. Tout ce que vous direz

pourra être retenu contre vous.

- Vous êtes libre. - Et ma femme ?

Elle vous a piégé.

Vous voulez la récupérer ? Payez sa caution.

- Non, merci. - Le bouc émissaire idéal.

Problèmes de couple, un côté dragueur.

La tueuse se sert de lui et de sa femme.

Mais pourquoi s'en prendre à Laura ?

Peut-être avait-elle vu quelque chose de compromettant à l'usine.

Peut-être serait-il temps d'aller en juger par nous-mêmes.

USINE DONNA ROSA LUNDI 5 AVRIL

Déjà au ménage et si ça se passe bien, tu auras une promotion. OK, Tanya ?

Oui, entendu. Merci.

Hé, dis quelque chose en russe, ma belle.

J'adore.

Je te vois demain.

D'accord, monsieur...

- Appelle-moi Kiki. - D'accord, Kiki.

Hé, tu lui as dit quoi ?

"Va te faire cuire le cul."

Pas mal.

Cet endroit est répugnant, immonde, plein de cafards.

Tu me donnes faim.

Il y a des déjections de rats partout.

Quelqu'un rapplique. Je dois y aller.

Désolée. Je ne parle pas espagnol.

- C'est toujours aussi sale ici ? - Oh, oui.

Sauf en cas d'inspection.

C'est plein de cucaracha.

Ah, question d'habitude. Ne t'en fais pas.

Ils ne vont pas dans la viande ?

- Le congélateur fuit. - Ne pose pas trop de questions.

Une fille bossait ici et s'est mise à prendre des photos.

- Des photos ? - Si, avec un appareil.

Là, on la voit et on lui prend l'appareil. Le lendemain, plus personne.

- Le grand type ? Kiki ? - Non, le chef d'atelier.

Je dois retourner bosser.

On dirait que Reilly a surpris Laura.

Je vais monter fouiller son bureau.

- Que faites-vous ici ? - Je nettoie.

- Ah oui ? - Tout va bien.

Je dirais plutôt que tu fouines.

Police. Lâchez-la.

- M. Reilly, je vous arrête. - Pour ? Elle est en infraction.

Agresser un agent de police.

Et dès qu'on aura votre ADN, pour meurtre.

Vous pensez que j'ai tué Laura ?

Non, que vous lui avez tranché la gorge, avez mis l'ADN de Jorge

et avez formaté son PC.

Que filmait-elle, Reilly ?

Cette porcherie que vous qualifiez d'usine ?

Nos locaux sont propres.

Pitié. Je n'y ai passé qu'une heure et j'ai manqué de vomir.

Vous êtes bon pour la prison.

Et là, vous serez la chair fraîche.

Heureusement qu'il vous reste l'imagination

vu que vous n'avez aucune preuve.

- Levez-vous. - Pourquoi ?

- Baissez votre pantalon. - Dis,

si tu veux voir mon cul, commence par les préliminaires.

Baissez-le.

Tournez-vous.

- Pas de morsure. - Ma femme n'aime pas ça.

Une Irlandaise.

- Aucune morsure ? - Pas la moindre trace.

Chuey n'a dû mordre que le tissu, pas la chair.

Et on vient de perdre une sacrée preuve.

Il s'en tirera en disant avoir cru que tu le volais.

Après avoir réduit le film de Laura en miettes.

Si Morales ne récupère rien, on est cuits.

Alors, tenez-vous bien.

L'ADN du cure-dent de Reilly correspond à celui de la sueur.

- Reilly portait le pantalon de Vargas. - Taché du sang de Laura.

Reilly était donc chez elle.

- Allez lui dire qu'il est cuit. - Il est en garde à vue.

Vous allez devoir patienter.

S'il vous plaît, vous retenez mon chef d'atelier, M. Bailey.

- Vous voulez dire M. Reilly ? - Nos excuses.

Mme Rosa est très contrariée.

- Et vous êtes ? - Maître Sarafini, l'avocat de la société.

J'aimerais voir mon client.

On remonte son pantalon. L'avocat est là.

M. Sarafini.

Mme Rosa est là ?

Laissez-moi le voir.

Désolé, mais M. Reilly est avec votre avocat.

Mais je... Je ne comprends pas.

Il a toujours été un employé modèle. Il travaillait dur, obéissait toujours.

Sans vous manquer de respect,

à votre arrivée, vous ne connaissiez pas son nom.

Mais je le connais.

C'est un homme bien. Il n'a pas pu mal agir sans raison.

Nous pensons que Laura Santiago avait décelé des problèmes à l'usine

et que M. Reilly voulait les garder sous cloche.

Bien. Si c'est vrai, il me le dira.

Il écoutera Donna Rosa.

Donna Rosa se fait du souci pour vous.

Il y a de quoi.

Nous avons la preuve de sa présence sur les lieux du crime.

- Quoi ? - Détendez-vous.

Ils veulent vous faire peur.

Mme Rosa ?

Dites-moi la vérité, M. Reilly.

Si vous vous en êtes pris à cette pauvre fille,

vous devez me le dire car...

seule la vérité permettra de vous racheter. Pitié.

M. Reilly, je vous en supplie.

Reilly, écoutez-la. Vous avez anéanti la vie de cette femme.

C'est l'occasion de vous conduire en homme. Dites-le.

Je l'ai fait.

- M. Reilly, silence. - J'ai tué Laura.

- Bouclez-la. - Laura nous filmait.

- Je vous l'ordonne. - Elle allait nous faire fermer.

J'ai besoin de ce boulot. Ma femme a eu des jumeaux.

Laura allait tout nous enlever.

Elle allait anéantir ma vie.

Je travaille chez Donna Rosa depuis trois semaines.

Ma formation n'a duré qu'une heure.

Tout ce que vous allez voir a été filmé en caméra cachée.

L'eau de ce congélateur qui fuit

pourrait contenir une bactérie mortelle qu'on appelle listeria.

Sans parler des rats qui se promènent.

J'ai vu des choses dangereuses passer dans le hachoir

des steaks hachés.

Des insectes, du verre, des abats pleins de matière fécale.

- Tu te fais une soirée docu ? - Oui, Morales a tout rassemblé.

- Je me dévoue à la cause. - Oui.

"Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es."

Les vaches ne sont pas censées manger du maïs.

Elles ne le digèrent pas.

Mais le maïs est bon marché.

On leur injecte des antibiotiques pour les empêcher de tomber malades.

Des hormones pour accélérer leur croissance.

Hormones et antibiotiques qu'ingèrent ensuite nos enfants.

Allez, plus vite. On perd de l'argent.

Voilà notre meurtrier.

Téméraire au boulot mais minable à l'interrogatoire.

Je ne comprends pas. Se coucher de la sorte ?

Vous ne lui aviez même pas parlé de l'ADN.

Écarte-toi.

Voilà comment on coupe une carcasse, Rivera.

Minute. Repasse ça au ralenti.

Voilà comment on coupe une carcasse, Rivera.

- Tu vois ce que je vois ? - Reilly est gaucher.

La gorge a été tranchée de la gauche vers la droite,

ce qui veut dire que notre tueur est droitier.

On sait que Reilly était sur les lieux.

- Avec quelqu'un d'autre. - Qui avait beaucoup à perdre.

DOMICILE DE ROSA DOLETTI

Je vous en prie, entrez.

Souhaiteriez-vous rester dîner ?

Chaque dimanche, je cuisine pour toute ma famille.

C'est très gentil à vous, Mme Doletti mais non, merci.

Sans oublier que nous sommes mardi.

Je prends de l'âge. Je n'ai plus toute ma tête.

Nous aurions des questions.

Je ne vous dévoilerai pas mes recettes.

Au sujet du meurtre de Laura Santiago.

Ah... Terrible. Horrible.

Je n'arrive pas à croire que M. Reilly a pu faire une chose pareille.

Ça par exemple, nous non plus.

Alors, j'espère que vous trouverez le coupable avant qu'il ne recommence.

Ça ne saurait tarder.

Nous pensons qu'il s'agit d'une personne proche de Reilly.

Il nie déjà tout en bloc

et soudain, sans explication, il avoue tout.

Dès votre arrivée.

Comme s'il voulait vous protéger.

- Me protéger ? Pourquoi ? - Pourquoi ? Car il s'agit de votre fils.

Regardez. Le voilà avec vous qui tenez ses jumeaux, vos petits-enfants.

Et voilà sa photo de mariage. Plutôt bizarre

d'avoir celle de son chef d'atelier.

Très bien.

Johnny est mon fils. Celui de mon pauvre mari, béni soit-il.

Reilly ? Vous n'êtes même pas italienne.

Enfin... irlandaise.

Nous avons opté pour Doletti car les gens préfèrent

les boulettes de viande "faites par des Italiens".

Que pourrions-nous découvrir d'intéressant ici, Rosa ?

Hein ?

La machine à écrire ayant servi à taper la lettre ?

Je n'ai pas de machine.

Enfin, une dame de votre âge ne voudrait pas d'un ordinateur.

Vous faites les choses à l'ancienne.

Ce mensonge n'est pas votre fonds de commerce ?

Qu'est-ce que vous fabriquez ?

- Où est la machine ? - Vous ne toucherez à rien.

Ou sinon quoi ?

Vous allez nous tuer comme Laura ?

Pour avoir découvert vos petits secrets ?

Voyez donc ça.

Encore une cachotterie.

Où allez-vous, Rosa ?

Regarde, Munch. Elle a choisi le couteau.

- Oui, et de la main droite. - Comme l'assassin de Laura.

Johnny était trop faible. Il a toujours été trop faible.

Je n'ai jamais pu encadrer ce pignouf et je l'ai confié à ma sœur.

Vous l'avez embauché.

Car il faisait toujours ce que Mama Rose lui disait de faire.

Mis à part trancher la gorge de Laura.

Vous êtes allés ensemble chez elle.

Mais il était incapable de la tuer.

J'ai découpé de la viande toute ma vie.

Je suis fille de boucher.

Je fais ce que j'ai à faire pour protéger ce pour quoi j'ai tant travaillé.

Et vous allez vous protéger en déposant ce couteau.

Et mon dîner, alors ? Mes boulettes ne sont pas cuites.

Ma famille est sur le point d'arriver.

Ils devraient parvenir à apprécier ce dîner sans vous.

Tant qu'ils ne savent pas ce qu'il contient.

CECI EST UNE FICTION

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